Skip to main content

Full text of "Bibliothèque de l'École des chartes"

See other formats



















- .*• 





? h- n ♦ 


lV\. < - 'J 

. ~ WMfJr îi 

A- 


K#*S 






ifi/î 



r t* s/\ 






* JLÆïr > * • •J u . ' : . i. 

• . * t ■* • 

ry'•»• **V » ,T i ' «-* î&.v 3 —* / ’*( • J **i 


r 








• • 1 





y , ' î J! 

i fu<n 




. , < % w- - - V- ; •* . - 

\ •,/■ * n *' f. 'yM JkW . « ’ . ; , | ', •' • • - * 

' ' ■ 

•W'fc -V '■V . • i S; P 


?j • v*^5 ■ /“ * if' 7 • 

$ * ? ;-V . 


*A Vrx 

Ç -» • * ;... «vÆ. r *? 

jj*y k i a- < *k«r y,.>-# V'» ■ / v •». 

; -*~ 


*.< <J W m 

rvj il 



, i C, . > L t« 

• * . -A-* *.•*' 

/V ,» ^ vvj* 
*yS SC', .’. ' ^; V 




' t 












•Y 

J 7 


x 




#*• 




>|V 


S.AT 








t,; :>■w 




!« 


Us 






■* t 


■i 1 ’ . “>• 

:V l i • 7 - 4 




ul 




\,4 




w v.'* 




S ** 


> n* ^ 




À 






\f 


/ 


'V 

^#* 


V- a 










Digitized by 


Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHK 




















































































































BIBLIOTHÈQUE 

DE L’ÉCOLE 

DES CHARTES 


LXXI. 


« 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



IMPRIMERIE DAOPELBY-GOUVERNBUR, A NOGBNT-LB-ROTROU. 


% 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOTHÈQUE 

DE L’ÉCOLE 

DES CHARTES 


REVUE D'ÉRUDITION 


CONSACRÉE SPECIALEMENT A L’ÉTUDE DU MOYEN AGE 


LXXI. 

ANNÉE 1910. 


PARIS 

LIBRAIRIE ALPHONSE PICARD ET FILS 

BOB BOHAPARTB, 82 

1910 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 





Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



LA 


FRONTIÈRE DE LA FRANCE 

ET DE L’EMPIRE 

SUR LE COURS INFÉRIEUR DE L’ESCAUT 

DU IX* AU XIII* SIÈCLE. 


I. La Flandre impériale. — IL Le château « impérial » de 
G and et la fosse ottonienne. — III. Le pays de Waes. — 
TV. Les comtes et châtelains de Gand. 


I. 

On désigne sous le nom de Flandre impériale certains terri¬ 
toires pour lesquels le comte de Flandre relevait, non du roi de 
France, son suzerain, mais de l’Empereur. Ces territoires, 
abstraction faite du Hainaut et de Valenciennes 1 , comprenaient : 

1° Le pays entre l’Escaut et la Dendre, ou comté d’Alost; — 
2° le petit district d'Over-Schelde , ou Terre d’outre-Escaut ; — 
3° à l’embouchure de l’Escaut, le long de la Hond, les quatre 
localités dites « les Quatre-Métiers » (de vier Ambachten) ; — 
4° un instant les îles zeelandaises de Walcheren, Nord et Sud- 
Beveland; — 5° le Waes ; — 6° le château de Gand. 

L’origine de cette Flandre impériale et la nature du lien qui 


1. Valencienne* fut occupé vers 1012 par Baudouin V de Flandre, dont le 
fils épousa (1051) Richeut, héritière du Hainaut (voy. Léon Vanderkindere, 
la Formation territoriale des jn-incipautês belges au moyen âge, Bruxelles, 
1902, t. Il, p. 83 et 91-92). Mais Valenciennes et le Hainaut, quoique réunis à 
plusieurs reprises entre les mêmes mains que le comté de Flandre, ne cessèrent 
pas d'étre considérés comme pays parfaitement distincts. 


Digitized by 



..l 

. x 





Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


6 


LÀ FRONTIÈRE DE LA FRANCE ET DE L*EXPIRE 


l’unissait à l’Empire sont encore obscures 1 . Bien qu’on ait l'ha¬ 
bitude de désigner en bloc l’ensemble de ces régions sous le 
nom de Flandre impériale, il faut s’attacher, au contraire, à les 
distinguer soigneusement. 

Les quatre premières ne donnent pas lieu à grande controverse. 

Il est tout naturel que le territoire entre l’Escaut et la Dendre, 
appelé pays d’Alost 2 , relevât de l’Empire. C’était en effet une 
portion du Brabant dont les marquis de Flandre s’approprièrent 
la suzeraineté effective vers le milieu du xi* siècle 3 et dont les 


1. La Flandre impériale a été l’objet de bien des mémoires. On peut se bor¬ 
ner à signaler les suivants : 1* Siegfried Hirscb, Reichsflandem und die 
deulsche Burg von Gent, dans les Jahrbilcher des deutschen Reicks unter 
Heinrich II, t. I, 1862, p. 507-529; — 2* Àlph. Wauters, le Château impérial 
de Gand et la fosse othonienne, dans le Bulletin de VAcadémie royale 
de Belgique, 3* série, t. XI, 1886, p. 165-189; — 3* Léon Vanderkindere, 
la Formation territoriale des principautés belges au moyen âge. I : la 
Flandre , dans le Bulletin de la Commission royale dhistoire de Belgique, 
5* aérie, t. Vin, 1898, p. 257-295 et 397-500; 2* éd. du t. I, Bruxelles, 1902, 
p. 62-78; — 4* A. De Vlaminck, Origines de la ville de Gand, dans les 
Mémoires de l'Académie royale de Belgique, t. XLV, 1891, 121 p. et 1 carte. 
— 5* G. Vuylsteke, Het Gravenkastel, dans les Annales du Cercle archéolo¬ 
gique de Gand, t. I, p. 57 et suiv.; — 6* Léonard Willems, les Frontières de 
la France et de l’Empire à Gand et dans le pays de Waes du IX * au 
XII • siècle, Gand, 1908, 136 p. 

2. Il est bien certain que les seigneurs d’Alost sont les commensaux des 
comtes de Flandre aux xi* et xii* siècles. Néanmoins, le duc de Basse-Lor¬ 
raine revendiquait encore la suzeraineté sur ce pays. En 1127, quand Iwan 
d’Alost reconnaît pour comte de Flandre Thierry d’Alsace, le duc Godefroi de 
Louvain émet la prétention de subordonner cette reconnaissance à son propre 
consentement (Galbert de Bruges, p. 146). — Les historiens, égarés par André 
Ducbesne (Généalogie de la maison de Guines, de Gand, Paris, 1631, p. 36, 
299, etc.), ont confondu les maisons des seigneurs d’Alost et des châtelains de 
Gand. Vanderkindere (2* éd., t. I, p. 113) montre quelles sont distinctes. 
Cf. plus loin, p. 30, note 2. — Les donations d’Arnoul I* r et Arnoul II aux 
abbayes de Saint-Pierre et Saint-Bavon montrent que les marquis de Flandre 
possédaient des biens patrimoniaux dans le Brabant, ce qui explique leur 
influence sur ce pays et le succès de leurs empiétements au xi* siècle. Peut- 
être même étaient-ils déjà suzerains d’une partie de cette région au x* siècle. 
En 972, on voit le marquis Arnoul souscrire, sans doute comme suzerain, la 
donation d’Étienne et de sa femme Gile, qui gratifie l’abbaye de Saint-Pierre 
de Gand d’un alleu a in pago Bracbantensi, in comitatu Biesult, in loco Her- 
sel » (Van Lokeren, n* 47). Hersel est Herzeele, au sud d’Alost, au co*ur du 
futur comté de ce nom. 

3. En 1057, selon Jacob Meyer : « Ea pace terram omnem inter fluvium 
Scaldem et Teneram, quinque insulas Zelandiae, castrum Gandense cura 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



SUR LE COURS INFERIEUR DE L'ESCAUT. 7 

empereurs leur reconnurent la possession, à charge d’hommage 
bien entendu. 

De même le petit district à'Over-Schelde , terra ultra Scal- 
dim disaient les Flamands, citra Scaldim pour les Allemands 1 ; 
sorte de banlieue de la ville de Gand entre deux bras de l’Escaut 2 . 

Quant à la Zeelande ( Zelandia inter Scaldem et Hedensee ) 3 , 
comprenant les îles de Walcheren, Zuid-Beveland, Noord- 
Beveland, Borsselen et Wolphaartsdijk (ces deux dernières unies 
de nos jours à Zuid-Beveland), bien que cédée beaucoup plus 
tôt, dès 1018 4 , au marquis de Flandre, elle cessa officiellement 
en 1323, en réalité dès le milieu du xin* siècle (1256), d’être 
considérée comme partie de la Flandre impériale et fut rattachée 
au comté de Hollande 5 . Q n’est pas douteux, au surplus, que ces 


quatuor offlciis Balduinus retinuit. » Mais quelle autorité à accorder à cette 
compilation du xvi* siècle I On s'étonne que Hirsch (t. I, p. 510-511) prenne 
cette assertion au sérieux. On ignore, en réalité, la date précise à laquelle le 
pays entre l'Escaut et la Dendre fut rattaché A la Flandre. La chose semble 
s’étre faite sous Baudouin V. Cf. Vanderkindere, t. I, p. 112. 

1. Sur l' Over-Schelde , voy. Wauters, loc. cil., p. 184-185; Hirsch, loc. cil ., 
p. 507, note 2. De Vlaminck (Origines de la ville de Gand, p. 83) suppose 
que l’ Over-Schelde était le pays de Termonde sur la rive gauche de l'Escaut, 
mais avec doute; il se demande même si les chancelleries des xm* et 
xiv* siècles savaient ce qu'était la terra supra Scaldim. Vanderkindere (t. I, 
p. 224-226) montre que cette opinion est insoutenable. 

2. La comtesse Marguerite réunit le quartier A'Over-Schelde k la ville de 
Gand en la soumettant en 1254 à la juridiction échevinale. Il en résulta pour 
ce petit territoire une situation juridique ambiguë. Comme partie de la ville 
de Gand, elle semblait faire partie du royaume, tandis que les empereurs la 
revendiquèrent, dans la seconde moitié du xm* siècle, comme partie de la 
Flandre impériale. Cependant, en 1226, 1237,1245, cette petite ville avait donné 
des garanties au roi de France lors de l'avènement du comte Ferrand, puis de 
la comtesse Marguerite, ce qui indique qu’elle était alors de France. Voy. 
Warokœnig et Gheldolf, t. II, p. 53; t. HI, p. 334, 341, 344; Wauters, loc. cil.; 
De Vlaminck ( Origines , p. 100-101). Sur Y Over-Schelde, et. note précédente, 
et plus bas, p. 15, note 1. 

3. Vanderkindere se demande ce que peut être Hedensee (t. I, p. 95). Il éta¬ 
blit que ce doit être l'Escaut occidental actuel. Bien entendu, le nom moderne 
de Hond dérive de Heden-See. 

4. Hirsch, t. H, p. 281 ; Vanderkindere, t. I, p. 92-94. 

5. Vanderkindere, t. I, p. 213, 263. La Zélande, que Guillaume, roi d'Alle¬ 
magne, avait intentionnellement omise dans le jugement de 1252 (cf. Hirsch, 
p. 507, note 1; Vanderkindere, t. I, p. 222), reparaît comme partie de la 
Flandre impériale dans le jugement du roi Richard du 27 juin 1260. Voy. Duvi- 
vier, op. cil., p. 310, et Preuves, n* CCCVI. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



8 


LÀ FRONTIÈRE DE LA FRANCE ET DE L’EMPIRE 


îles aient été comprises dans l'héritage de Lothaire 1 ; par suite, 
elles relevaient bien de l'Empereur, héritier du royaume de 
Lotharingie. 

Plus délicate est la question en ce qui touche la région dite 
« les Quatre-Métiers », en néerlandais De vier Ambachten 2 . 
Bordant au sud la branche occidentale de l’Escaut, appelée la 
Hond, elle eût dû, semble-t-il, faire partie du royaume de 
France, puisque le traité de Verdun attribuait à ce royaume 
tout le pays à gauche de l'Escaut. En fait, elle ne cessa de faire 
partie du diocèse d’Utrecht et, par suite, du royaume de Lotha¬ 
ringie. Des considérations ethniques justifièrent sans doute cette 
dérogation à la géographie : le pays frison ne commençait pas 
à l’Escaut, mais un peu au sud ; on aura voulu mettre dans le 
royaume de Lotharingie l’ensemble de la Frise, du Sincfal 
(Zwin) au Weser 3 . Au reste, jusque vers le xv* siècle, la Hond 
n’était pas encore le large estuaire qu’ont fait les envahisse¬ 
ments de l’Océan; entre ce pays et l’île zeelandaise de Sud- 
Beveland n’existait pas la profonde coupure qu’on voit aujour¬ 
d’hui. D’autre part, les quatre petites villes d’Axel, d’Hulst, 
d’Assenede, de Bouchaute, les « Quatre-Métiers », formaient 
comme des îlots, séparés par des alluvions marécageuses de la 
Flandre, si bien que, même géographiquement, il existait une 
séparation entre ces deux pays dans le haut moyen âge 4 . 

Il paraît probable que cette région échappa aux comtes de 

1. La preuve en est que, dès 841, Lothaire donna en bénéfice Walcheren à 
Heriold, chef des pirates danois {Annales Bertiniani , éd. Waitz, p. 26). 

2. Le mot germanique ambacht (rendu en latin par ministerium) s’entendait 
dans les Pays-Bas de tout groupe régi par des régies communes, soit profes¬ 
sionnelles [métiers), soit juridiques et politiques ( communautés urbaines, etc.). 
Cf. Warnkœnig, t. II, p. 115-116. Chacune des villes d’Axel, Hulst, Bonchande, 
Sassenade formait une communauté, un ambacht. Leur ensemble quatre com¬ 
munes vier ambachten. C’est le sens vague de ce mot ambacht qui explique 
la traduction française si bizarre au premier abord de Quatre-Métiers. 

3. Cf. Vanderkindere, t. I, p. 14. 

4. Hirsch, t. I, p. 508; cf. Vanderkindere, t. I, p. 39 : « L’axe du pays étant 
un peu plus incliné vers le nord-est permettait à la mer de pénétrer plus pro¬ 
fondément à l'intérieur des terres. Les territoires d’Axel, Hulst, Bouchaute et 
Assenede formaient encore de véritables ilôts. » Cf. p. 96. La vraie séparation 
géographique eût été l'Escaut oriental, le bras du fleuve le plus important jus¬ 
qu’au xv* siècle. — La Flandre empiéta légèrement sur la Frise et parvint dè6 
une époque très ancienne à annexer au diocèse de Tournai le doyenné d'Arden- 
burg, sorte d’ile comprise entre le Sincfal (branche de l'Escaut, aujourd'hui 
comblée, qui, se détachant vers Soeflingen, rejoignait la mer vers l'Écluse) et 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



SCR LE COURS INFÉRIEUR DE L’ESCAUT. 


9 


Westfrise, en même temps que la Zeelande, vers 1018 1 . Les 
marquis de Flandre en disposèrent désormais de concert avec 
les châtelains de Gand, leurs représentants 2 . Mais marquis et 
châtelains devaient naturellement hommage â l’Empereur pour 
une région faisant partie de la Lotharingie 3 . 

Le litige porte donc surtout sur le château impérial de Gand, 
le fossé d’Otton, le pays de Waes, la mouvance du comte ou 
châtelain de Gand. 


II. 

La majorité des érudits qui se sont occupés de la question 
est d’accord pour admettre qu’il a existé au x® ou au xi® siècle 
un château impérial à Gand, ville frontière. De là, un empereur, 
Otton, aurait fait tracer jusqu’à la mer un fossé, qui aurait servi 
de frontière entre la France et l’Empire. Le Waes, à l’ouest de 
l’Escaut, mais à l’est de ce fossé, aurait été enlevé de la sorte 
au rovaume de France. 

■r 

Si l’on recherche l’origine de cette assertion, on voit qu’elle 
repose sur un seul témoignage, celui de Jean de Thilrode. Il 
convient de le reproduire ici 4 : 

Otto imperator de Scaldi fossatum, ante pontem sancti Jacobi 
usque in mare extensum, a nomine suo Ottingam vocavit, quo 

l'embouchure de l'Escaut occidental (la Hond). Mais cette petite région n'a 
jamais fait partie des < Quatre-Métiers ». Voy. Vanderkindere, t. I, p. 39, 
95, 96. 

1. Vanderkindere, t. I, p. 76, 92-94, 112. 

2. Vanderkindere, t. I, p. 76, 99, note 1; De Vlaminck, Origines, p. 112. 

3. Vanderkindere (t. I, p. 76, 99) s'exprime d'une manière arbitraire en 
disant que les châtelains devinrent (vers 1018) les arrière-vassaux' de l’empe¬ 
reur et que celui-ci « rattacha à leur dignité le territoire des Quatre-Métiers, 
qui resta toujours leur principal apanage ». Il cite à l'appui des actes du 
xn* siècle qui situent a in castellania Gandensi > un certain nombre de loca¬ 
lités, des fondations de châteaux et des confirmations de heures par le châte¬ 
lain de Gand. Ces deux textes établissent l'autorité du châtelain dans le pays; 
mais le mot castellania doit s'entendre de l'office du châtelain; il n'a pa6 un 
sens territorial. On dut se garder de confondre la castellania du châtelain au 
sens général avec la « châtellenie du Vieux-Bourg » (de Kasselrij van het 
Ouderburgsche), qui formait une circonscription administrative d'un seul 
tenant, comprenant quarante-cinq villages autour de Gand; cette dernière ne 
remonte, d'ailleurs, qu'au xm* siècle. Voy. De Vlaminck, p. 114-116. 

4. Éd. Heiler, Monumenta Ger manioc, Scriptores, t. XXV, p. 563; cf. Hirsch, 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



10 


LA FRONTIERE DE LA FRANCE ET DE L'EMPIRE 


regni Francorum et imperii orientalium Anes determinavit. Ante 
Ottonem, castellum quod ad ripas Leie situm est non reges Fran- 
cie, non comités Flandrie, sed imperatores in libéra sancti Bavonis 
possessione propter divisionem regni et imperii slatuerunt; de quo 
censum v solidorum sancto Bavoni longo tempore comités solverunt 
et nunc solvunt. Huic castello non castellani sed comités praefue- 
runt; quibus quatuor ville cum appendiciis suis, scilicel Hasnethe, 
Bocholt, Ascla, Hulsta cum tota Wasia subjecte fuerunt. Quidam 
horum comitum, Wicmannus nomine, uxorem suam Lietgardem, 
morti vicinam, ad oraculum sancti Pétri sanctique Bavonis deduxit, 
eamque slatim, fatis urgentibus, mors abstulit. Pro cujus anima 
non sane sollicitus villam Thesselam, que nunc dicitur Desselberghe, 
sancto Bavoni abstulit et sancto Petro tradidit; non tamen castellum 
ad spoliationem ecclesie sed ad defensionem structum fuit. Quomodo 
idem castellum de potestate imperiali in manus comitum reductum 
est, eminens dirute munitionis cumulus secus villam Bochold indi- 
cat memoriamque hujus rei posteris représentât. 

Suit une longue histoire racontant comment le comte Arnoul 
de Flandre réussit à s’emparer du château impérial grâce à l’ha¬ 
bileté de son vassal, Lambert. Il le récompensa en le nommant 
châtelain héréditaire de la forteresse. 

Jean de Thilrode a écrit sa chronique dans les dernières 
années du xiii® ou les premières du xiv* siècle. Cet ouvrage est 
rempli de fables et d’erreurs grossières 1 . On s’accorde à consi¬ 
dérer comme fabuleux son récit de la prise du château impérial 
par Lambert. Les stratagèmes qu’il attribue aux assiégés et aux 
assiégeants sont du folklore. On doit s’étonner d’autant plus 
de la crédulité quasi-universelle que rencontre la première par¬ 
tie de son récit. On chercherait vainement ses sources; rien 
absolument dans l’histoire ne confirme son récit *. Et cependant, 

t. I, p. 512, note 2. Wauters ( loc. cit., p. 168) a donné une traduction de ce 
texte. 

1. M. Holder-Egger déclare aa chronique une des plus pitoyables composi¬ 
tions du moyen Age (dans les Hist. Aufsütze dem Andenken an Georg Waitz , 
p. 659). 

2. Hirsch (t. I, p. 512) trouve « merkwürdig » qu’aucun contemporain n’ait 
parlé de ce fief impérial et que nous ne possédions que le témoignage de Jean 
de Thilrode. Mais, par un manque de critique surprenante chez cet érudit, il 
utilise cet auteur, sur la valeur duquel il ne se fait pas grande illusion 
cependant. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


SCR LE COURS INFERIEUR DE L’ESCAÜT. 


11 


au lieu de rejeter en bloc cette histoire, on cherche à identifier 
l’empereur Otton; les uns y voient Otton I #r , c’est la majorité 1 , 
d’autresOtton II 2 ,moi-même, prohpudor!, ai parléd’Otton III 3 ; 
un fantaisiste a avancé Otton IV 4 . On a beau chercher, on ne 
trouve rien dans l’histoire qui permette de voir à quel moment 
un empereur Otton aurait creusé ce fameux fossé. Il y a mieux : 
ce soiniisant fossé d’Otton, YOttegracht , ne se dirige pas vebs 
la mer; il joint deux branches à Gand même, un bras de la Lys 
à un bras de l’Escaut : c’est, à vrai dire, un fossé d’enceinte de 
la cité, d’environ 700 mètres de long ; enfin, il s’appelait d’abord 
simplement, non Ottegracht, mais Gracht , « Fossé » tout 
court 5 . Le creusement d’un fossé de Gand à la mer eût été, dans 
le haut moyen âge, une œuvre d’une exécution impossible, et il 
n’est pas resté trace d’un travail de ce genre 6 . 

Le fossatum, dit Ottinga , est donc une chimère. Passons au 
castellum. 

On n’a pas assez remarqué que notre chroniqueur le dit 
construit antérieurement h Otton {ante Ottonem) par les empe¬ 
reurs pour diviser France et Empire. On doit tout de suite faire 
observer que, s’il s’agit d’Otton I er (empereur en 962) dans la 
pensée de Jean de Thilrode 7 , son assertion est aussitôt rui¬ 
née. Le seul empereur (antérieur à Otton) qui aurait pu cons¬ 
truire ce château à la frontière serait nécessairement Lothaire I er , 
le fils aîné de Louis le Pieux. C’est visiblement absurde. Néan¬ 
moins, pour se rendre pleinement compte de l’ignorance ou de 
la fourberie de cet auteur, il convient de retracer en deux mots 
les origines de la ville de Gand. 


1. Sans doute parce que chez Jean de Thilrode cette histoire fait suite à un 
récit de la dédicace d'une chapelle à Gand rapportée par lui à l'année 941. 

2. Hirsch, p. 522. 

3. Les Derniers Carolingiens, p. 181 (en note). 

4. Voy. son nom dans Vanderkindere, 1" éd., p. 425, note 2. 

5. Voy. Wauters, loc. cil., p. 186-187; De Vlaminck, Études sur la Flandre 
impériale (Messager des sciences historiques de Gand, 1876, p. 159 et suiv.); 
Origines de la ville de Gand [loc. cil., p. 74, et la carte, p. 121); Diericx, 
Mémoires sur la ville de Gand (Gand, 1814, t. I, p. 573; cité par Wauters). 
De Bast ( Ancienneté de la ville de Gand, Gand, 1821, in-4*, etc.) avait nié 
très justement l'existence du fossé d’Otton. Ce malencontreux fossé a été 
recreusé de nouveau par Warnkœnig et Hirsch, sans doute sous l'influence 
d'un chauvinisme inconscient. 

6. Voy. encore Waulers, loc. cil., p. 188, note 1. 

7. Cf. ci-deasus, note 1. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



12 


LA FRONTI&RE DE LA FRANCE ET DE L’EMPIRE 


Gand ( Ganda , Gandavum ), nommé pour la première fois au 
vri* siècle, n’était pas situé comme la ville actuelle entre les 
deux rivières de la Lys et de l’Escaut à leur confluent, mais sur 
la rive gauche de ce dernier fleuve, dans un repli du Bas-Escaut 
(Nederschelde) '. 

Il s’y établit un monastère, dédié à saint Bavon. Autour de 
l’abbaye se groupaient quelques demeures de pêcheurs et de 
marchands dont l’agglomération forma un vicus. Aux vu®, vin® 
et ix® siècles, Gand et Saint-Bavon sont identiques 2 . On disait 
indifféremment l’un ou l’autre. Il est probable qu’ici, comme 
ailleurs, le nom du saint l’eût emporté. Le vicus de Ganda fût 
devenu Saint-Bavon comme Elnone est devenu Saint-Amand, 
Sithiu Saint-Omer, etc. Une catastrophe vint anéantir cette 
première ville. Les Normands prirent (879 et 881) 3 et brûlèrent 
Saint-Bavon. Les moines s’étaient enfuis à Saint-Vincent-de- 
Laon et ils restèrent dispersés un demi-siècle. Il n’y a aucune 
vraisemblance qu’il existât un « château » ; ou plutôt le castrum 
c’était l’abbaye même avec ses dépendances, fortifiée comme 
tant d’autres sous le règne de Charles le Chauve ou de ses suc¬ 
cesseurs. 

Après la retraite des pirates, les marquis de Flandre songèrent 
à restaurer cette localité. Saint-Bavon était en cendres, Gan- 
dum déserté 4 . Les pêcheurs et marchands échappés aux Nor- 

1. Voy. les cartes do vieux Gand reproduites par De Vlaminck ( Origines, 
p. 120-121) et Des Marez, Étude sur la jnropriité foncière dans les villes du 
moyen âge et spécialement en Flandre (Gand-PAris, 1908), p. 200 et in fine. Cf. la 
carte ci-jointe. De Vlaminck prouve (p. 50 et suiv.) que l’abbaye n'a jamais changé 
d'emplacement depuis sa fondation ; mais il se trompe du tout au tout en sou¬ 
tenant (p. 16 et suiv.) que, dès le ix* siècle, il existait entre la Lys et l'Escaut 
un centre urbain entouré de fortifications et en déniant (p. 36-37) que Saint- 
Bavon ait jamais été un castrum. Le portus, qui commence peut-être à se 
former au ix* siècle entre la Lys et l'Escaut, n'était certainement pas encore 
entouré de murailles (il eût été une exception unique à cette é|>oque), et, s'il 
est vrai que, primitivement, Saint-Bavon ne fut pas un castrum, il mérita 
cette qualification lorsque, à la fin du ix* siècle, il dut s'entourer de murailles 
comme toutes les autres grandes abbayes du nord de la France. 

2. Une suite de textes cités par Hirsch (toc. cil., p. 514, note 2) met ce fait 
hors de doute ; ajoutez les diplômes de Lothaire de France de 966 (Halphen et 
Lot, Recueil des actes de Lothaire et de Louis V, p. 3 et 64, ligne 5). 

3. Annales de Saint-Vacut (à la suite des Annales de Saint-Berlin), 
éd. C. Dehaisnes, p. 301, 305, 312. 

4. c In solitudinem redactus et pene inhabitabilis effectua », est-il dit en 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



O N 1 S 


Nord 





H 0 YE 




icÆ 


i CA yî' £LLVM 

; DOM INI 

/DE ravescoot^i 




P rat a 


Monac ho ru m 


V 


5ancta 

Maria 


r 


s 


N 




Abbatia 

S.Pietri 






•9> 


(San ® 


DU 


IX é - e au XIII'-'siècle 

( C.937-C.1250 ) 


Digitized by 


oogle 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


SUR LE COURS INFÉRIEUR DE L’ESCAUT. 


13 


mands 1 revinrent se grouper, non plus sur la rive de l’Escaut, mais 
entre les deux rivières, dans la presqu’île dite, depuis le x® siècle, 
portus Gandensis : c’est là que se développa la ville et la 
célèbre « commune » de Gand 2 . 

Au sud du portus , sur une éminence appelée Blandinium , 
s’élevait une abbaye dédiée à saint Pierre et contemporaine de 
Saint-Bavon 3 . C’est elle qui attira l’attention et les faveurs des 
marquis de Flandre. 11 la rétablit avec l’approbation du roi 
Louis IV, par un acte du 8 juillet 941, et lui fit don, entre 
autres bienfaits, du cens qu’il prenait sur les maisons du por- 
tus , entre la Lys et l’Escaut 4 . 

A la même époque, et même un peu antérieurement-’, les 

954 dans le diplôme de Lotbaire (Halphen, op. cil., p. 3). Cf. les Miracles de 
saint Bavon, rédigés à la tin du x* siècle : « Ut lotus circumjacens pagus ita 
et Gandensis cœnobii locus pœne videbatur similior deserto, vacuatus culto- 
ribus » (Mon. Germ., Script., t. XV, p. 591). 

1. Les Miracles de saint Bavon mentionnent des tanneurs (coriarii), des 
pécheurs, qui ne sont pas de simples pécheurs à la ligne, puisqu’ils s’en vont 
chasser la haleine, certarii ad balenas capiendas (Ibid., p. 411 et 414). 

2. Sur la naissance et l'accroissement de Gand, voy. De Vlaminck, Origines, 
p. 13 et 96-106 ; Guillaume Des Marez, Étude sur la propriété foncière dans 
les villes du moyen âge et spécialement en Flandre, Gand-Paris, 1898, p. 9 
et 184 et sniv. 

3. Les deux abbayes se disputaient l’ancienneté. Voy. Holder-Egger, op. cit., 
p. 636 et 664-665. 

4. Cet acte a été l’objet d’une étude détaillée de M. Guillaume Des Marez 
publiée dans le Bulletin de la Commission royale dhistoire de Belgique, 
5* série, t. VI, 1896, p. 219-252. Cf. un diplôme de Louis IV de 950 dans les 
Historiens de France, t. IX, p. 607. 

5. Les Miracles de saint Bavon rapportent que, lorsque sept moines de 
Saint-Bavon revinrent de Laon vers 937, l'abbaye était encore en ruines. En 
attendant sa reconstruction, les religieux déposèrent les reliques a in ecclesiam 
in novo castello aediiicatam » (Mon. Germ., Script., t. XV, p. 593). Les mots 
novo castello ont fait couler des flots d'encre et suscité maintes hypothèses. 
On s'est demandé quel pouvait être le « vieux château » ; la réponse est toute 
simple : pour les moines de Saint-Bavon, c'est leur abbaye fortifiée, et il n'y 
a même pas lieu de supposer avec Vuylsteke (Hei Graven-Kasteel, publ. dans 
les Annales du Cercle historique et archéologique de Gand , t. I, 1895, p. 57) 
que l'épithète novum ait été inventée par l'bagiographe pour appuyer les pré¬ 
tentions de Saint-Bavon à représenter l’antique Ganda; ces prétentions 
paraissent, en effet, justifiées (cf. plus haut, p. 12, note 2, et page suivante, 
note 3). — Ce novum castellum est l'unique château comtal qui ait existé 
(juqu’en 1368); c'est le castrum ou castellum comitis, en français le chastel, 
en flamand 's Gravensteen, comme l’a démontré De Vlaminck ( Origines , 
p. 61-68). Quand le portus fut entouré d’un rempart, au cours du xi* siècle 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



14 


LA FRONTIÈRE DE LA FRANCE ET DE l'eüPIBE 


marquis de Flandre avaient pris soin de fortifier cette position. 
Mais ils ne se préoccupèrent ni des abbayes de Saint-Pierre et 
de Saint-Bavon, ni du portus des marchands. Ils se bâtirent 
une forteresse ( castellum) dans une petite île formée par deux 
bras de la Lys, au nord-ouest du portus , qui se trouvait ainsi 
borné au nord-ouest par le château, au sud par Blandinium 
(Saint-Pierre) 1 . 

Quant à Saint-Bavon, l’antique Ganda, il fut tant soit peu 
négligé. L’abbaye fut, il est vrai, rebâtie. Saint Gérard de 
Brogne la réforma de 941 à 953 2 . Mais elle fut loin de recouvrer 
son ancienne prédominance. Les donations furent moins nom¬ 
breuses. Les marquis de Flandre la négligèrent; Saint-Pierre 
fut leur résidence favorite, alors qu’on ne les voit presque jamais 
à Saint-Bavon 3 . Cette abbaye en conçut un vif dépit. Elle le 
manifesta d’abord par des attaques violentes contre l’établisse¬ 
ment rival, par de faux récits hagiographiques 4 ; parfois aussi 
en faisant mine de se croire sur territoire d’Empire et non de 

probablement (la fortification de 902 dont parle de Vlaminck, p. 59-61, aprêe 
d'antres est une fable), l’ile où était située la forteresse comtale prit le nom de 
a vieux bourg » ( Oudburcht), c’est-à-dire de « vieux château », vu qu'en pays 
germanique le mot burg a le sens de « château », contrairement à ce qui a 
lieu en territoire roman. Il s'écoula plusieurs siècles avant que Y Oudburcht 
fût considéré comme faisant partie de la ville ( portus) de Gand ; ce fut seule¬ 
ment en 1274 que la comtesse Marguerite le céda à l'échevinage gantois 
(Warnkœnig et Gheldolf, Histoire de la Flandre, l. III, p. 235). — L’église du 
novum castellum, où, en 937, les moines revenus de Laon déposèrent le corps 
de saint Bavon, est Sainte-Pharaïlde, à côté du 's Gravensteen . Voy. Hirsch, 
op. cit., p. 517, note 3. 

1. Voy. les cartes citées plus haut, p. 12, note 1. 

2. Sur la restauration des abbayes de Saint-Pierre et de Saint-Bavon (937), 
voy. W. Schultze, Gerhard von Brogne und die Klosterreform in Nieder- ■ 
lothringen und Flandern (dans les Forschungen zur deuischen Geschichte,v 
t. XXV, 1885, p. 238), et surtout De Vlaminck (Origines, p. 25, 52 et suiv.) et 
Sackur, Die Cluniacenser, t. I, p. 129. 

3. Voy. plus loin, p. 24, note 7. 

4. La jalousie des deux abbayes rivales et leur lutte pseudo-hagiographique 
ont été étudiées d'une manière pénétrante par M. Holder-Egger, Zu den Heili- 
gengeschichten des G enter St. Bavosklosters, dans les Historische AufstUse 
dem Andenken an Georg Waitz (Hannover, 1886, in-8*), p. 622-665. Le but de 
Saint-Bavon est de prouver son identité avec l'ancien Ganda. Si les moyens 
sont détestables, la chose n’en était pas moins exacte (voy. plus haut, p. 12, 
note 2). M. Holder-Egger reconnaît ( loc. cit., p. 635) que les objections de Saint- 
Bavon aux moines de Saint-Pierre, qui prétendaient identifier de toute ancien¬ 
neté Gand et Blandinium, sont « vollkommen richtig ». 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



SUR LE COURS INFÉRIEUR DE L’ESCAUT. 15 

France 1 . Et nous saisissons un dernier écho de ses sentiments 
chez Jean de Thilrode 2 . 

11 est aisé de se rendre compte de la manière dont il a forgé 
son roman. 

L’emplacement où fut bâti le château des comtes, vers le 
début du x e siècle 3 , avait été pris à Saint-Bavon. Quand Jean 
nous dit que, de son temps encore (nunc), le comte de Flandre 
paye au monastère un cens récognitif de cinq sous, il y a tout 
lieu de le croire. Ce fait lui a donné à penser que le château 
primitif, celui du x e siècle, était in libéra sancti Bavonis pos- 
sessione 4 . D’autre part, le nom à’Ottegrachl y porté par un 


1. En 1007, elle fait bon accueil à Henri II, qui vient dévaster les domaines 
du marquis Baudouin IV (voy. Thietmar, t. VI, p. 22) « cum ad abbatiam quae 
Gent dicitur [= Saint-Bavon] veniret, a fratribus illius loci susceptus, loco 
eodem et bonis adpertinentibus cunctis pepercit ». En 1236, c'est la comtesse 
de Flandre elle-même qui prétend que Saint-Bavon est sur territoire d’Empire, 
« sicut per diverse privilégia que propter hoc inspici fecimus, plene constat » 
(Serrure, Cartulaire de Saint-Bavon, p. 197). Elle voulait, en réalité, trouver 
dans ses États une abbaye qui pût échapper à l’interdit jeté sur le royaume 
de France à la suite de l'affaire de l'église de Beauvais. Cette assertion est 
donc tendancieuse et ne peut être accueillie qu’avec méfiance. Il y a un indice 
cependant qu’anciennement Saint-Bavon fut compris dans le pagus du Bra¬ 
bant. Un diplôme de Louis le Pieux, du 13 avril 819, porte « monasteriura 
quod dicitur Ganda quod est situai in pago Bracbantinse » (Serrure, Cartu¬ 
laire de Saint-Bavon , p. 4). C’est peut-être un des privilégia dont parle la 
comtesse Jeanne. Et un souvenir de cette antique dépendance se poursuivit 
peut-être à travers les siècles : au xiu* siècle, la région & l'ouest de Saint- 
Bavon, entre les deux bras de l'Escaut, s’appelait Quartier de Brabant. Elle 
était traversée par une route dite Digue de Brabant. Enfin, le pont qui 
l'unissait au portus Gandensis était le Pont de Brabant; cette région, Over- 
Schelde, ne fut réunie i la ville de Gand qu'en 1254. Néanmoins, il est bien 
certain qu'au x* siècle, et même dés 843, Saint-Bavon avait cessé politique¬ 
ment de faire partie du Brabadl. Voy. De Vlaminck, Origines, p. 47-53; 
cf. Léonard WiUems, p. 17-18. — Si l'abbaye a obtenu nombre de diplômes 
des Ottoniens, c'est pour des domaines situés en Zélande et en Brabant» donc 
dans l'Empire. 

2. Sur les sentiments impérialistes de Jean de Thilrode, voy. Wauters, 
p. 189, et Hirsch, t. I, p. 515. 

3. L’opinion que ce château serait antérieur à 912 et aurait été bâti ver6 
867 (De Vlaminck, Origines, p. 61-62) ne repose que sur les assertions d’Ou- 
degherst et de Jacob Meyer ; elle est de nulle valeur. 

4. Vanderkindere ne s'est pas rappelé ou a mal interprété ces mots quand il 
dit (t. I, p. 64) : « Thilrode raconte qu’il y avait à Gand un château impérial 
construit dans l'enceinte du monastère de Saint-Bavon. » Thilrode ne dit 
rien de pareil. D’abord, il ne pouvait s'imaginer vers 1300 ce qu’était un cas- 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



IG LA FRONTIÈRE DE LA FRANCE ET DE L'EMPIRE 

canal qui prenait en face de Saint-Bavon (à Paddegat) pour 
aboutir derrière YOudburcht (à Krommewal), lui suggéra la 
pensée que ce canal ( gracht) tirait son nom de l’empereur 
Otton I er . De plus, vers 1300, les liens qui unissaient le Waes à 
la France étaient oubliés, ou plutôt contestés; on pouvait croire 
en y mettant quelque bonne, — ou plutôt mauvaise, — volonté 
que la Flandre impériale commençait au point dit Ottegracht *. 
Enfin, il connaissait par des textes diplomatiques l’existence, à 
Gand, d’un comte Wichmann, contemporain et vassal d’Ot- 
ton I er2 . Toutes ces notions se sont brouillées dans sa tête, et, 
presque inconsciemment, il nous a donné comme fondée sur la 
réalité une série d’hypothèses à lui personnelles. 

En toute cette affaire, la seule chose surprenante, c’est qu’on 
ait pris au sérieux ces divagations. Nombre d’érudits se sont 
épuisés à chercher h Gand un château impérial; les plus esti¬ 
mables se sont étonnés de n’en pas trouver trace 3 . 

En réalité, il n’y a jamais eu de château impérial à Gand. 
L’unique château, il faut le répéter, fut celui que, dans le pre¬ 
mier tiers du x 6 siècle, le marquis de Flandre établit entre deux 
bras de la Lys, au nord-ouest du portus. A la fin du xn® siècle, 
ce bâtiment croulait de vétusté. Le comte de Flandre Philippe 
d’Alsace, vers 1180, le remplaça par une nouvelle construction 
située tout près de l’ancienne 4 . Sur la rive gauche de la Lys et 

trum carolingien du ix* siècle (ville ou abbaye fortifiée). Ensuite, le but qu’il 
poursuit est tout autre. Il veut montrer que le château des comtes de Flandre 
a été construit sur l’alleu (in libéra potestate) de Saint-Bavon. Cette base 
étant ruineuse, les déductions de Vanderkindere (t. I, p. 64, 71, etc.) tombent 
du coup. 

1. Remarquer qu’il n’y a pas d 'Ottinga ou d ’Ottingen A Gand même. Mais, 
dans la Heure des Quatre-Métier s de 1242, il est question d’une localité nom¬ 
mée Otinghe, probablement située sur la mer (Warnkœnig, op. rit., t. n, 
p. 28). Notre Jean de Tbilrode, guidé par une analogie de tons, n’aurait-il pas 
rejoint par un fossé imaginaire cette localité et YOUegracht de Gand? Warn¬ 
kœnig (t. U, p. 30) croit fermement au fossé ottonien. Seulement, des ensable¬ 
ments ont dû le combler! 

2. Sur ce personnage, voy. ci-dessous, p. 24-25. 

3. On s’étonne de voir Vanderkindere (1” éd., p. 432; 2* éd., t. I, p. 69-71) 
rebAtir ce malencontreux château, jeté à bas par Wauters et De Vlaminck, et 
vouloir le placer dans l’enceinte de Saint-Bavon, où il « n’a guère laissé de 
traces b. II n’en a laissé aucune. Voy. Van £>okeren, Histoire de l'abbaye de 
Saint-Bavon, p. 26; cf. Léonard Willems, p. 18-19. 

4. Tel est du moins l’opinion de Vuylsteke, Il et Gravenkastel (Annales du 
Cercle historique et archéologique de Gand, l. I, 1895, p. 57 et suiv.). Selon 
Wauters (loc. cit., p. 179) et De Vlaminck (Origines, p. 64-67), Philippe d’AI- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



SUR LE COURS INFERIEUR DE 1/ESCAUT. t7 

de la Liève on trouve, il est vrai, un autre château, t ’ hof ten 
Walle , mais c’est le manoir des châtelains 1 . 

Nous pouvons, je crois, déclarer que la question du château 
« impérial » de Gand est une affaire réglée. Il n’a jamais existé 
que dans l’imagination de Jean de Thilrode. 

III. 

C’est lui également, et lui seul, qui prétend que le Waes était 
terre d’ Empire dès le X e siècle. Il en gratifie les comtes du 
« château impérial » de Gand et leur attribue, en outre, les 
Quatre-Métiers. En l’absence de tout autre témoignage, nous^-r 
serions en droit de récuser celui-ci, même si nous ne possédions 
pas de textes le contredisant. Mais nous en possédons et 
d’explicites. 

Le Waes appartint à Charles le Chauve. Un diplôme du 
13 avril 870 en fait foi : par cet acte, le roi fait don au monas¬ 
tère de Saint-Pierre au Mont-Blandin de la villa Temseca, 
située « in pago Wasiae super fluvium Scaldae »' 2 . Ce domaine 
est Tamise, sur la rive gauche de l’Escaut 3 . Nous le retrouvons 
en 951,964,966 dans les diplômes confirmatifs des rois Louis IV 
et Lothaire en faveur de la même abbaye 4 . 

sace se borna A restaurer le vieux château carolingien. Cette divergence est 
sans intérêt pour nous. Prévenons que vêtu» castellum, dans une charte du 
15 juillet 1199 (Warnkœnig, t. III, p. 244), ne désigne pas le vieux chAteau 
carolingien, mais l'ensemble des maisons qui l'entouraient, l'ile entre la Lys et 
le Plottersgracht : c’est I ’Oudburcht, identique au castrum ou castellum comi- 
tis , qui sera cédé A la commune de Gand en 1274. Voy. Wauters, p. 179; 
De Vlaminck, p. 67; cf. plus haut, p. 13, note 5. On ne saisit pas pourquoi 
M. L. Willems (p. 31) veut distinguer du chAteau du comte ('» Gravensteen) la 
domu* comitis dont parle Galbert de Bruges et faire de cette domus • une 
demeure aménagée avec le confort moderne ». 

1. Louis de MAle en fit l’acquisition régulière en 1368 et depuis il s'appela 
la c Cour du prince >, het Prinsenhof; dés 1349, le comte avait mis la main 
sur lui. Voy. Vander Haeghen, Het Kloster ten Walle (publication des biblio¬ 
philes flamands, 1886, p. 85), cité par De Vlaminck, Origines, p. 68. — Le 
chAtelain ayant vendu au comte la garde du chAteau, un peu avant 1191 (Gil¬ 
bert de Mons, Chronique, éd. Vanderkindere, p. 276*277), il est A présumer 
que c’est alors qu'il s’établit hors de YOudburcht, au manoir 't hof ten Walle, 

2. Historiens de France, t. Vin, p. 625, n* 229. 

3. Belgique, Flandre orientale, ch.-l. de cant. de l'arr. de Termonde. 

4. Van Lokeren, Chartes de Saint-Pierre de Gand, p. 28, n* 21 ; Halphen, 
Recueil des actes de Lothaire, p. 47, 60. 

1910 2 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



18 




LA FRONTIÈRE DE LA FRANCE ET DE L’EMPIRE 

Au x® siècle, ce pagus continue donc à dépendre du royaume 
de France occidentale. Il en fait si bien partie que, le 13 avril 
969, le roi Lothaire concède au comte Thierry, son « fidèle », 
la « foret » de Waes en pleine propriété 1 . Ce Thierry (II) était 
comte de Westfrise (Hollande). A ce titre, il relevait du royaume 
de Lorraine, dont l’empereur Otton I er était alors souverain. 
Mais le père de Thierry, le premier du nom, avait reconnu la 
suzeraineté du grand-père du roi de France, de Charles le 
Simple 2 , et il est certain que son fils avait conservé des attaches 
avec le roi de France, puisque celui-ci l’appelle son « fidèle ». 
Il peut paraître, néanmoins, surprenant au premier abord que 
le roi dispose ainsi d’une région faisant partie du grand terri¬ 
toire entre l’Escaut et la Candie dont Baudouin le Bon et ses 
successeurs s’étaient emparés et qui constituait le « marquisat » 
de Flandre. Mais il faut se rappeler qu’Arnoul de Gand, en 
962, avait fait du roi son héritier et que celui-ci, à la mort 
d’Arnoul en 965, prit au sérieux ce testament 3 . 

1. Il importe de reproduire les termes mêmes de cet acte : < ... dilecta con- 
c jux nostra Hemma regin a, adiens nostre ceisitudinis presentiain, huiniliter 
a deprecata est ut cuidam nostro fîdeli, sc.il icet Theoderico coiniti, forestum 
« Wasda in codem comitatu cum pratis et aquis, terrisque aratoriis, exitibus 
« et regressibus cumque rebus pertinentibus ad predictuin forestum perintegre 
« nostro daremus precepto. Cujus petilionibus dignurn prout est faventes, pre- 
« dicto comiti predictuin damus atque largimus forestum, ut habeat, teneat, 
a possideat suis cum ad se pertinentiis, tam ipse quam sui heredes seu cui 
« ipse suique heredes vendere vel mancipare voluerint sine omni contradic- 
< tionc » (Halphen, Recueil , p. 79). On discutera plus loin (p. 28) le sens qu'il 
convient de donner au mot forestum. Il n'importe ici, où nous montrons 
simplement que le Waes fait partie du royaume de Lothaire. 

2. Le 1S juin 922, Charles le Simple fait don au fidèle Thierry de l'abbaye 
d'Egmond, non loin d'Alkmaar (Nord-Hollande). Voy. Historiens de France, 
t. IX, p. 558, n* 90. 

3. Voy. F. Lot, les Derniers Carolingiens , p. 42, 43, 46-48. Lothaire, A la 
mort d'Arnoul I* r , mit la main sur le marquisat. U se contenta de s'approprier 
les grandes abbayes de Saint-Vaast d'Arras et de Saint-Amand, la ville de Douai 
et le pays jusqu'à la Lys. Le petit-fils d'Arnoul, Arnoul H, fut investi du reste. 
Il est facile de comprendre que, maître du marquisat pendant plusieurs 
années, le roi de France ait pu en détacher le pagus de Waes (ou la forêt de 
Waes) pour en gratifier un fidèle, Thierry de Westfrise, un des exécuteurs tes¬ 
tamentaires d'Arnoul le Vieux (Van Lokeren, Chartes de Saint-Pierre , n* 36). 
On peut même supposer que le roi voulait par cette manœuvre détacher 
Thierry □ du jeune Arnoul n et brider celui-ci. Hais, dés 972, Thierry avait 
reconnu la suzeraineté d'Arnoul n, car on le voit faire la tradition d'on bieu 
à Saint-Pierre de Gand (Van Lokeren, op. cil., n* 45)- 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



SIR I.E COURS INFÉRIEUR DE L ESCAUT. 


19 


Toutefois, il est certain que les descendants de Thierry II ne 
détenaient plus ce pays à titre allodial ou même bénéficiaire. 
Les marquis de Flandre n’avaient pas accepté d’être évincés 
par le roi. Arnoul II de Flandre et Thierry II de Westfri.se 
moururent la même année, en 988. Un différend s’éleva aussitôt 
entre leurs fils et successeurs, Baudouin IV et Arnoul I er (de 
Westfrise). Nous savons par une allusion d’un contemporain 
que le litige portait sur un territoire, et on a conjecturé avec 
toute vraisemblance que ce territoire était près de la frontière, 
du côté français, entre la Westfrise et la Flandre, c’est-à-dire 
qu’il répondait au Waes 1 . Qu’advint-U du différend? Bau¬ 
douin IV, qui venait de recevoir l’investiture du roi Hugue 
Capet 2 , put-U récupérer le Waes? On ne sait 3 . 

Toujours est-d que les guerres qui éclatèrent au début du 
Xi* siècle entre les comtes de Westfrise et les marquis de 
Flandre se terminèrent par le complet triomphe de ces derniers. 
Vers 1018, on Ta vu 4 , Baudouin IV obtint de l’Empereur les îles 
de Zélande ; son successeur, Baudouin V, s’empara des Quatre- 
Métiers et du comté d’Alost 5 . Il est plus que probable que le 
comte de Westfrise perdit alors le Waes, enclavé entre la 
Flandre et la Zeelande, qui lui échappait. Lui et ses successeurs, 
les comtes de Hollande, ont pu conserver, peut-être jusqu’au 
xm e siècle, de vagues prétentions sur le Waes 0 ; U est certain 
qu’à partir de cette époque ce pays était retourné aux marquis 
de Flandre, qui en disposèrent à leur gré. En 1082, le marquis 
Robert I er le Frison en investit le chevalier Baudouin II d’Alost ; 
en 1101, Robert II en dépouille sa veuve; mais, en 1120, Bau¬ 
douin III d’Alost recouvre cette possession, qu’il obtient de 
Charles le Bon. Puis c’est Iwain d’Alost qui, en 1127, obtient 
de Thierry d’Alsace l’héritage de son frère, Baudouin III, au 
détriment de la fille de celui-ci. En 1165, enfin, le fils d’Iwain 


t. Lettre» de Gerbert, publiées par Julien Havel, p. 104 et note 2; cf. Van- 
derkindere, t. I, p. 86. 

2. Voy. la lettre de Gerbert citée A la note précédente; cf. F. Lot, Fidèles 
ou vassaux, p. 12. 

3. La chose est assez peu probable, car on voit les comtes de Westfrise 
Arnoul I*' (988-993) et Thierry IH (993-1018) se maintenir à Gand jusque vers 
1018; A plus forte raison ont-ils dû conserver le Waes jusqu’A la même époque. 

4. Voy. p. 7. 

5. Voy. p. 6. 

6. Voy. Vanderkindere, t. I, p. 76; cf. plus loin, p. 22. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



20 


LA FRONTIÈRE DE LA FRANCE ET DE L’EMPIRE 


# * 


t * 


étant mort sans enfants, sôn ; fief revient à ses suzerains, les 
comtes de Flandre Thierry et Philippe d’Alsace 1 . 

Mais il ne s’ensuit nullement que le Waes, au cours des xr 
et xii c siècles, ait cessé de faire partie du royaume de France' 2 . 
Un diplôme de Henri I w , de 1037 3 , qui confirme en les énumé¬ 
rant les possessions de l’abbaye de Saint-Pierre au Mont-Blan- 
din, prouve que le Waes relevait toujours de la France, car on 
y relève le domaine de Tamise en Waes, déjà connu par les 
actes de 870, 950, 964, 966 4 . 


1. Voy. Léonard Willems, les Frontières de la France et de l’Empire à 
Gond et dans le pays de Waes, p. 11-13, el Note sur les droits des comtes de 
Hollande dans le pays de Waes au XII • siècle (extraits des Annales de la 
Société. (Thistoire et darchéologie de Gand, t. VIII, 1908). Le plus solide 
mérite de ces mémoires, à notre avis, est d’avoir établi qu’au xn* siècle le 
Waes était un fief tenu du comte de Flandre par la maison d’Alost. Ce que dit 
Vanderkinderc à ce sujet (l. I, p. 122-125) n’est qu’erreur et confusion. Sur les 
sires de Beveren, qui avaient aussi des droits ou des prétentions sur le Waes, 
voy. Willems, les Frontières, p. 13-18. 

2. Les érudits se sont épuisés, à grand renfort d’hy|>othè8es, faute de textes, 
à chercher la date du passage du Waes de la souveraineté de la France à celle 
de l’Empire. Pour ne citer que les plus récents exemples, Vanderkinderc pro¬ 
pose ¥079, De Vlaminck 1056, Willems 980. Aucun ne s’est avisé que le pro¬ 
blème qu’ils -voulaient résoudre n’existait pas. — Wauters, qui a vu juste sur 
le château impérial, le fossé d’Otton, le comté de Gand, croit cependant 
(p. 180) que le Waes ne Ht pas partie de la France. 

3. Voy. Soehnée, Catalogue des actes de Henri /•', p. 43, n* 50 ( Bibliothèque 
de l'École des hautes éludes, fasc. 161). 

4. Voy. plus haut, p. 17, notes 2 et 4. — M. Willems (p. 32) 6e refuse à voir 
dans le diplôme de Henri I*' (voy. note précédente) une preuve que le pays de 
Waes était encore français à la date de 1037. Il suppose que Baudouin V, à la 
prière duquel est obtenu le diplôme de Henri I*', a n’étant vraisemblablement 
« pas parvenu à obtenir de Conrad l’investiture de la marche de Valenciennes, 
o ni celle d’Eenham, ni du pays de Waes, aura trouvé plus simple de faire 
a hommage de ces pays au roi de France; c’est ce qui explique, je crois, que 
« Henri I* r , par ce même diplôme, confirme à Saint-Pierre ses possessions à 
« Douchy (marche de Valenciennes), sur la rive droite de l’Escaut, alors qu’il 
« n’y a pas l'ombre d'un doute que c'était là un territoire d'Empire ». Et il 
ajoute : t Vanderkinderc n'est pas parvenu à expliquer ce que le roi de France 
a avait & voir à Douchy, et il conclut (p. 61) qu'il y régnait quelque incerti- 
« tude. S'il en est ainsi pour Douchy, pourquoi n’en serait-il pas de même 
« pour Waes? » — Le report d’hommage de Baudouin V est une hypothèse en 
l’air. La remarque concernant Douchy est intéressante, mais l'explication ne 
vaut rien. Le nom de Douchy et aussi celui de Noyelles-sur-Selle ont été 
empruntés par le scribe qui a rédigé l'acte à deux diplômes de Lothaire de 
964 et 966 (voy. p. 17, note 4), dont l’acte de Henri I” de France n’est en 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



S(JR LE COURS INFÉRIEUR DE L'ESCAUT. 


21 


La contre-épreuve justifie notre assertion. Un diplôme du 
28 mai 1040, de Henri III de Germanie, en faveur de la même 
abbaye ne cite aucune localité sur la rive gauche de l’Escaut 1 . 
Il faut s’y résigner : aucun texte ne signale le Waes comme 
revendiqué par l’Empire avant le milieu du xni® siècle. Un 
diplôme de Frédéric II, de juillet 1245, cite parmi les fiefs d’Em- 
pire tenus parla comtesse de Flandre, Marguerite, la « terre en 
deçà de l’Escaut » dans le Brabant, Alost, les Quatre-Métiers et 
les îles (Walcheren, etc.) 2 . Il n’est pas question du Waes 3 . 

Ce pays apparaît pour la première fois comme fief impérial 
dans le jugement de Francfort, du 11 juillet 1252, par lequel le 
roi d’Allemagne, Guillaume, déclare que la comtesse de Flandre, 
Marguerite, a forfait les fiefs qu’elle tient de l’Empire 4 . Mais il 
convient de remarquer que : 1° par lettre au pape du 3 décembre 
de la même année, Marguerite proteste que le Waes n’est pas 
d’Empire, mais de France 5 ; 2° dès le retour de la croisade de 
Louis IX, en 1254, la comtesse de Flandre signale au roi les 
atteintes portées par Guillaume au royaume de France : la terre 


grande partie que la reproduction et la confirmation. Le scribe n’a pas pris 
garde que ces localités (et aussi Eenham), bien que tout prés du territoire du 
marquisat de Flandre, sont situées en Hainaut, donc sur terre d’Empire. 
Peut-être y a-t-il aussi, et surtout, un calcul des moines de Saint-Pierre de 
Gand, car, déjà sous Lothaire, on les voit demander la confirmation de locali¬ 
tés en Hainaut (et Brabant); en gens prudents, ne sachant si la Lotharingie 
appartiendrait toujours à la maison de Saxe, ils ont demandé au souverain de 
l’ouest de leur confirmer la possession de plusieurs de leurs domaines de 
Basse-Lorraine, sans qu’on puisse, du reste, affirmer que le roi ni sa chancel¬ 
lerie aient été au courant de ce calcul. Bien entendu, ces domaines, sur la 
rive droite de l’Escaut, sont énumérés dans les diplômes des empereurs 
Otton II, Conrad, Henri III (voy. note suivante). Mais il est significatif que, 
dans aucun, on ne voit figurer Tamise en Waes sur la rive gauche de 
l’Escaut. 

1. Van Lokeren, Charles de Saint-Pierre de Gand , t. I, p. 86, n* 122; 
ci. les diplômes d’Olton II (20 mai 988) et de Conrad II (4 juillet 1036), Ibid., 
n** 65 et 117, p. 57 et 86. 

2. Acte publié par Ch. Duvivier, les Influences françaises et germaniques 
en Belgique au XIII* siècle : la Querelle, des d Aresnes et des Dampicrrc 
(Bruxelles-Paris, 1894, 2 vol. in-8*), Preuves, n" LXXV, p. 113. 

3. Vanderkindere (t. I, p. 221), dont cette omission contrarie le système 
(voy. page suivante), veut corriger dans le texte, contre toule évidence, terra 
de Alost en terra de Wasia. 

4. Ibid., Preuves, n»* CLXIX et CLXX, p. 283 et 287; cf. p. 349 et 350. 

5. Ibid., t. I, p. 231 et 232, et Preuves, n** CCXXXV1I, p. 410. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



22 


LÀ FftOimiRE DE LA FRANCE ET DE L'EMPIRE 


qu’elle tient du roi de France lui a été « robée » 1 ; 3° enfin, par 
deux actes de février 1255, la comtesse déclare tenir en fief de 
la France la terre de Waes et le château de Ruppelmonde 2 . 

Lequel du roi d’Allemagne ou du roi de France est l’usurpa¬ 
teur? Warnkœnig et Vanderkindere n’ont pas d’hésitation : 
c’est le Français 3 . Il ressort de tout ce qui précède que c’est 
une erreur. L’usurpateur, c’est le roi d’Allemagne. Et sa con¬ 
duite s’explique très naturellement. Il agit moins pour le bien de 
l'Empire que pour les intérêts de sa maison. Leroi d’Allemagne, 
c’est Guillaume de Hollande. Il descend de ce Thierry II de 
Westfrise, à qui, en 969, avait été concédé le Waes 4 . On a dit 
que, vers le début du xi® siècle, ses successeurs avaient perdu 
cette région, recouvrée par les comtes de Flandre 5 . Les comtes 
de Westfrise, puis de Hollande, ne purent se résigner 6 . Faute 
de pouvoir tenir directement le pays en sa main, Guillaume 
voulut y exercer son autorité comme suzerain et roi d’Alle¬ 
magne. Et, ce qui prouve bien que l’acte de 1252 est tendan¬ 
cieux, c’est que Guillaume supprime les îles dans l’énuméra¬ 
tion des terres composant la Flandre impériale. Pourquoi? 


1. Ibid., t. I, p. 258, et Preuves, n* CCXXXI, p. 394 : « Waise ke je tieng 
de vos. » 

2. Ibid., et Preuves, n M CCXXIX et CCXXX, p. 388 et 389. 

3. Warnkœnig, Histoire de la Flandre et de ses institutions, trad. Gheldolf, 
t. II, p. 83. Vanderkindere perd tout son sang-froid : « Cette dernière clause, 
par l’imprécision de ses termes, fournit à la justice de Louis IX un fallacieux 
prétexte pour exiger de la comtesse Marguerite qu’elle reconnût la suzeraineté 
française sur le Waes » (t. I, p. 201, 202); a Louis IX mit en avant la singu¬ 
lière prétention de faire reconnaître sa suzeraineté sur le pays de Waes » (t. I, 
p. 211). Le même montre (p. 216-218) que l’autorité impériale sur la région était 
pratiquement nulle. De même Duvivier écrit à ce propos, dans son intéressant 
ouvrage (t. I, p. 260) : a C’était la politique des rois de France au xiit* siècle 
« d’étendre leur domination vers l’Escaut, au détriment de l’Empire, trop faible 
« pour s’y opposer. Par deux actes datés du mois de février 1255, Margue- 
« rite, contrairement à la vérité, déclare tenir en fief de la France la terre 
« de Waes et le château de Rupelmonde, qui dépendaient de l’Empire. » Les 
lettres de 1255, ainsi qu’un arrêt du Parlement de 1324, furent encore invo¬ 
qués par la France en 1505 {Ibid., p. 260, note 4), et en 1648 selon Warn¬ 
kœnig ( loc . cit ), Galand s’en autorisait pour revendiquer ce pays pour la 
France. 

4. Voy. plus haut, p. 18. 

5. Voy. plus haut, p. 19. 

6. Voy. Vanderkindere, p. 202. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


SUR LE COURS INFERIEUR DE L’BSCAUT. 


23 


C’est qu’il avait mis la main sur la Zeelande et entendait bien 
se l’approprier 1 . 

Il paraît inutile de prolonger cette étude. Les témoignages 
invoqués suffisent à montrer que, de 843 à 1255, pour le moins, 
le pays de Waes n’a cessé de faire partie du royaume de France 2 . 

IV. 

Avant d’en finir avec ce sujet, il convient de parler, au moins 
brièvement, des liens qui unissaient cette contrée au château de 
Gand. 

Il semble avéré que, dans la seconde moitié du x* siècle et 
jusqu’aux premières années du xi* siècle, les possesseurs du 
Waes, qui, — nous l’avons dit, — étaient les comtes de West- 
frse, étaient en même temps les maîtres de Gand et du comté de 
ce nom. Une série de textes 3 mettrait ce fait hors de contesta¬ 
tion : Arnoul (988-993) est qualifié Gandensis par l’auteur des 


L Philippe d'Alsace, comte de Flandre, reprit de force la Zélande à Flo¬ 
rent III en 1165. Depuis lors, cette contrée fut disputée avec acharnement. 
Cf. Duvivier, t. I, p. 166, note 2, et p. 226-333. Guillaume avait promis le 
19 mai 1250 de faire hommage des lies à la Flandre. Il n'en fit rien, et Mar- 
gueite et ses fils, ayant voulu s’emparer de Walcheren, essuyèrent une défaite 
conydète le 4 juillet 1253 (Ibid., p. 228). Peu après, la Zeelande échappa à la 
Flandre. Yoy. plus haut, p. 7, note 5. 

2. Notons encore que, dans l’acte du 27 juin 1260, par lequel le roi d’Al- 
lemigue, Richard, casse le jugement de Francfort de 1252 et investit Margue¬ 
rite de la Flandre impériale (Duvivier, t. I, p. 310, et Preuves, p. 545, 
n* ÉCCM), le Waes ne figure pas. Néanmoins, Jean d’Avesnes se fait investir 
parl’Kmpereur, en 1279, 1280, 1281, de la terre de Waes, ainsi que d'Alost, 
des Quatre-Métiers, etc. (Kluit, Hist. cril. com. Hollandiae , t. I, p. 224 et 
suiv, t. II, p. 823-837). Mais Jean d’Avesnes est un aventurier qui, pour s'as- 
sucr un appui contre Gui de Dampierre, protégé du roi de France, a intérêt 
à augmenter l'étendue de la Flandre impériale : en 1246 déjà, il avait renoncé 
à fVaise, qu’il rattachait à l’Empire (Duvivier, Preuves, p. 207, n* CXXV). 
Ptur l’histoire ultérieure du pays de Waes, voy. Vanderkindere, t. I, p. 221 et 
nv.; Brosien, Der Streit um Reichs-Flandem in der zweiten H al fte des 
XJlten Jahrhunderts, Berlin, 1884; Hasse, Kônig Wilhelm von Holland, 
Stmsbourg, 1885. Je n'ai pu avoir connaissance de ces deux derniers ouvrages. 
— Une fois la tradition établie, les empereurs ont continué à revendiquer la 
suzeraineté du Waes. Il est visible que cette prétention n’était fondée ni en droit 
ni ;n fait. 

3 D sont réunis par Vanderkindere, t. I, p. 65-66. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



24 


LA FRONTIÈRE DE LA FRANCE ET DE L'EMPIRE 


G esta episcoporum Cameracensium 1 et Sigebert de Gem- 
bloux 2 ; Laurent de Liège dit Amulfus cornes Gandeva- 
densis 3 et son texte est corrigé par Gilles d’Orval : Amulfus 
cornes Gandensis 4 . Dans la Vie de Walbodon par Renier on 
lit : « Cœterum ad id tempus debellabat Gandavensis cornes 
Theodericus' 0 . » Enfin, les Miracles de saint Bavon composés 
vers l’an mil parlent d’un « cornes quidam ejusdem Gandavi 
portus » 6 7 8 . Si, en outre, on observe que le père d’Arnoul. 
Thierry II, apparaît dans nombre d’actes de Saint-Pierre de 
Gand, s’échelonnant de 942 à 988", et qu’il figure le 28 mars 
964 au nombre des exécuteurs testamentaires d’Arnoul le Vieux *, 
il est difficile de ne pas admettre que lui aussi était comte (fe 
Gand. Il avait succédé à Wichmann, gendre d’Arnoul le Vieus, 
que Jean de Thilrode nous apprend avoir été comte de Gand. Ily 
aurait eu ainsi quatre comtes de Gand, « incontestablement vas¬ 
saux de l’Allemagne », de 950 environ jusqu’en 1014. A cete 
dernière date, le marquis de Flandre s’empare du château fe 
Gand et le confie à des châtelains. Les comtes et le comté fe 
Gand disparaissent alors 9 . 

Cette construction me paraît dépourvue de solidité. 

Tout d’abord, éliminons Wichmann. Des recherches récente! 10 


t. Mon. Germ., Script., t. VII, p. 471. 

2. Ibid., t. VI, p. 355. 

3. Ibid., t. vm, p. 268. 

4. Ibid., t. XXV, p. 60. 

5. Ibid., t. XX, p. 568. 


6. Ibid., t. XV, p. 596 : « Cornes quidam ejusdem Gandavi portus reliqias 
sancti obtinuit et secum navi asportavit; ob reverentiara itaque cancla 
jugiter exarsit in nocle. Casu contigit ut, cunctis dormientibus, in sentirtm 
decidit. Pernox in aqua effulsit et cum admiratione omnium tantae venea- 
tioni exhibuit obsequia. » On ne sait quel est ce cornes qui, entre 937 et 1Q0, 
obtint un instant de disposer des reliques du saint. 

7. Van Lokeren, Chartes de Saint-Pierre de Gand, n M 18, 22, 28, 30, 32, 4, 
43, 44, 45, 46, 48, 53, 59, 60, 61, 64. — Dans ces actes, Thierry est tanlt 
témoin, tantôt bienfaiteur. Depuis 970 (n* 43), on voit & côté de sa souscrit- 
tion celle de son fils Arnoul; celui-ci joue même le rôle principal en 911 
(n* 53) et 984 (n* 61). 

8. Ibid., n* 36, p. 39. 

9. Vanderkindere, t. I, p. 65, 66, 76, 97, 325. 

10. Holder-Egger, Zu den Heiligengeschic.hte des Genter St. Bavosklostas, 
dans les Historische Aufstltze dem Andenken an Georg Waitz, p. 68, 
note 1; Vanderkindere, t. I, p. 69, 77,78; G. Depoin, Wichmann H,comleie. 
Hamaland, Gand, 1907, in-8“ (extrait du Congrès international de Gart, 


« 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



soa LE COURS INFÉRIEUR DE L’ESCAUT. 


25 


ont établi qu’il était comte du Hamaland, région située sur la 
rive droite du Bas-Rhin, entre Emmerich et Zwolle. Il n’existe 
aucun indice qu’il ait été comte de Gand. Ses seuls rapports 
avec cette ville viennent de ce qu’il avait épousé Liégeard ( Let - 
gardis), fille du marquis de Flandre. Celle-ci, étant tombée 
malade, fut conduite par son mari à l’abbaye de Saint-Pierre de 
Gand ; elle y mourut le 29 septembre 962 et fut enterrée dans le 
monastère. Le 18 octobre suivant, le veuf fit don, pour l’anni¬ 
versaire de sa femme, du domaine de Destelberghem (près de 
Gand) 1 , domaine qui provenait certainement du douaire de 
Liégeard. Par la suite on n’entend plus parler en Flandre de 
Wichmann : il retourna en Hamaland, où il mourut vers 978, et 
jamais ses descendants n’élevèrent de prétention sur le Gantois 
(ou le Waes) 2 . Quant à l’assertion de Thilrode, elle s’explique 
aisément : lisant dans les archives gantoises la donation du 
« cornes Wichmannus » et sachant que Destelberghem est dans 
le canton de Gand, il en a conclu tout naturellement que ce 
personnage était comte de Gand 3 . Ici encore, il n’y a donc 
aucune foi à ajouter aux assertions de Thilrode 4 . Et les considé¬ 
rations sur la politique d’Otton I er , suzerain de Wichmann, se 
dissipent en fumée 5 . 

Les textes invoqués pour prouver qu’une autre maison, celle 

1907, t. n, p. 315); V. Pris et L. Willem», Notes critiques sur la biographie 
de Wichmann //, comte du Hamaland {Ibid.). 

1. Van Lokeren, Chartes de Saint-Pierre de Gand, p. 35. — Cet acte, 
daté du régne de Lothaire de France, fut confirmé par ce roi le 22 février 964 
(Halphen, Recueil des actes de Lothaire, p. 44). On »e demande comment 
Vanderkindere (t. I, p. 69) peut concilier ces actes avec l'assertion que les 
titulaires du comté de Gand furent « incontestablement » des vassaux de 
l'Allemagne. 

2. C’est ce que fait justement remarquer M. Willem», qui, après Wauters 
(p. 182) et Depoin (p. 5-7), achève de démontrer que Wichmann n'a jamais été 
comte de Gand. On s'étonne de voir le même érudit accepter le» yeux fermés 
(p. 23) les assertions de Vanderkindere et déclarer qu' a il est sûr que A. Wau¬ 
ters s'est trompé lorsqu’il prétend qu'il n'y a jamais eu de comtes de Gand ». 

3. Cf. Willems, p. 24. 

4. Il est étrange de voir Vanderkindere écrire (p. 66) : « Thilrode nomme 
comme premier comte de Gand Wichmann, fidèle d’Otton I", et il n'y a 
aucun motif de ne pas ajouter foi à ce renseignement. > 

5. Voy. ces considérations dans Vanderkindere, t. I, p. 69. Comme une 
erreur en entraîne une autre, sa méprise au sujet du comté de Gand a amené 
cet auteur à embrouiller (p. 75-77) la question des rapports du Waes avec la 
Flandre et la couronne de France. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



26 


LA FRONTIERE DE LA FRANCE ST DE L’EMPIRE 


des comtes de West fri se, a succédé à Wichmann dans le comté 
de Gand ne sont nullement décisifs. 1° Touchant Thierry II, 
nous avons une hypothèse, mais rien de plus 1 . 2° Arnoul est 
dit « de Gand », mais non « comte de Gand », sauf chez Lau¬ 
rent de Liège, qui écrit un siècle et demi après sa mort, et chez 
Gilles d’Orval, qui compile vers l’année 1250; tous deux se bor¬ 
nant h copier, l’un, le Chronicon de Rupert, qui n’est pas un 
contemporain, étant mort en 1135, l’autre, la Vit a Walbo- 
donis de Reinier, mort peu après 1182. 3° Tandis que les 
Oesta episcoporum Cameracensium et Sigebert de Gembloux 
accolent l’épithète Gandavensis au nom d’Arnoul, ils qualifient 
simplement son fils, Thierry III, de cornes. Seule la Vita Wal- 
bodonis dit celui-ci « comte de Gand ». Mais ce témoignage 
a-t-il plus de valeur que celui de YAnnalista Saxo, qui, dans son 
énumération des croisés en 1097, cite un « Balduinus cornes de 
Ganda », alors que ce personnage, Baudouin d’Alost, est sim¬ 
plement châtelain de Gand 2 , que celui des Gesta episcoporum 
Cameracensium , qui signalent la mort, au milieu du xi® siècle, 
d’un Lambert, « comte de Lens », qui était, en réalité, châtelain 
de Lens 3 ? Au surplus, l’auteur de la Vita Walbodonis, Reinier, 

1. Le même Vanderkindere, qui montre (p. 77. 78) l’inanité de l'opinion de 
Kluit (t. I, p. 177) et d’Holder-Egger (p. 658, note 1), qui rattachent A Wich¬ 
mann la maison de Westfrise par un soi-disant lien de parenté, écrit (p. 75) : 
a II n’est donc pas téméraire d'affirmer, comme l'ont fait Kluit et tous ses 
successeurs, que Thierry II fut investi du même titre et qu’il succéda À Wich¬ 
mann peu après 9G2. > — Cette date de 962 a perdu toute valeur depuis que 
nous savons que Wichmann, qui quitte Gand à cette époque, n'a jamais été 
comte de Gand. La maison de Westfrise s'est installée à Gand soit en 969, en 
même temps qu'elle recevait le Waes de Lothaire (voy. p. 18), soit à une 
époque antérieure, vers 940, date à laquelle on voit Thierry II souscrire des 
actes gantois. Voy. p. 24, note 7. 

2. Mon. Germ., Script., t. VI, p. 730. Vanderkindere (t. I, p. 67, note 4) 
donne comme explication de cette méprise que le territoire d'Alost, gouverné 
par Baudouin de Gand, formait un comitatus. Cette explication vaudrait aussi 
pour Thierry III : il est appelé « comte b parce qu’il possède, non le comté de 
Gand, mais celui de Westfrise. Mais il n’existe, que je sache, aucun texte du 
xi* siècle où Alost soit qualifié de « comté » ; je ne crois pas que cette quali¬ 
fication soit fréquente avant le xm* siècle. 

3. Mon. Germ., Script., t. VU, p. 494. Ce Lambert fut remplacé par un cer¬ 
tain Vautier qui, en 1065, souscrit simplement < S. Walteri de Lens b deux 
actes du roi Philippe I* (M. Prou, Catalogue des actes de Philippe /**, p. 63, 
66). Ce Vautier descend du « Walterius Lensensis castri vassallus b qui, au 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



SUR LE CODES INFÉRIEUR DE L'ESCAUT. 


27 


qui mourut peu après 1182, s’inspire du Chronicon Sancti 
Laurentii de Rupert, et celui-ci se borne à amplifier 1 le texte 
de Sigebert de Gembloux, lequel, on vient de le voir, ne dit pas 
que Thierry fut comte de Gand. Quant au texte des Miracles 
de saint Baron , il peut s’entendre d’un burgrave ou châtelain 
et non d’un comte du pagus de Gand. 

A ce propos, une question se pose : le pagus de Gand avait-il 
encore une existence réelle? Etait-ce autre chose qu’un souvenir 
géographique? 

Un acte de 992, ou environ, met le village de Heurne « in 
comitatu Gandensi » 2 . Un autre, de 1025, mentionne une dona¬ 
tion de deux bonniers de terre, « in comitatu Gandensi in pago 
Wasae preuve, selon Vanderkindere 4 , que, « au xi* siècle, 
le pays de Waes était compris dans le comté de Gand ». Et 
c’est ce que confirme une lettre écrite entre 1019 et 1024 à la 
comtesse de Flandre, Ogive, par l’abbé Othelbold. Celui-ci, énu¬ 
mérant les biens soustraits à Saint-Bavon, cite entre autres 
« Wasmonasterium in pago Gandensi » 5 : il s’agit de Waes- 
munster, au milieu du Waes, dont il était peut-être le chef- 
lieu 8 . On peut même se demander si dans le diplôme de Lothaire 
de 969, cité plus haut 7 , il n’y a pas une lacune. La phrase 


siècle précèdent, bafoue les évêques de Cambrai; il eut un fils du même 
nom. Voy. F. Lot, les Derniers Carolingiens , p. 85 et 113, note 5. Lambert 
n’était certainement qu’un châtelain, puisque Lens, depuis 1028 pour le moins 
jusqu’au xm* siècle, appartint aux comtes de Boulogne. Voy. un acte signifi¬ 
catif dans Miræus-Foppens, t. I, p. 159-161. Sur les châtelains postérieurs, 
cf. Dictionnaire historique du Pas-de-Calais. Arrondissement de Béthune , 
t. n, p. 356 et suiv. — L’existence de comtes de Hesdin est aussi des plus 
douteuses. Cf. Vanderkindere, t. I, p. 332. On verra plus loin que les soi- 
disant comtes de Tournai, de Courtrai, etc., de la fin du x* siècle, sont en 
réalité des châtelains. 


1. Voy. Mon. Germ ., Script., t. Vin, p. 268; t. XX, p. 568. 

2. Vau Lokeren, Chartes de Saint-Pierre de Gand, n* 71, p. 60. — Heurne, 
arr. de Gand, cant. de Cruyshautem. 

3. Ibid., n* 99. 

4. Op. cil., t. I, p. 65; cf. Ch. Piot, les Pagi de la Belgique, dans les 
Mémoires couronnés publiés par VAcadémie royale de Belgique, t. XXXIX, 
1876, p. 58-62. 

5. N eu es Archiv, t. Vin, p. 372. 

6. Selon Longnon, Atlas historique de la France, p. 126. 

7. Voy. p. 18. 


« 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



28 


LA FRONTIÈRE DE LA FRANCE ET DE L'EMPIRE 

« forestum Wasda in eodera comitatu » n’a pas de sens. Il ne 
peut s’agir d’une forêt royale dans le Waes, comme le veut Van- 
derkindere 1 . Au x® siècle, le mot forestum ne s’entend pas 
d’une forêt ( sylva ) au sens moderne, mais d’un terrain de chasse 
ou de pêche ; la mention de prés, cours d’eaux et terres labou¬ 
rables dans le diplôme montre bien que le roi concède au comte 
Thierry l’ensemble du Waes, considéré comme une région natu¬ 
relle (comme la Pevele, la Brie, etc.). Il arrive, quoique rare¬ 
ment, qu’une région naturelle constitue un comté administratif. 
Le Waes a pu être dans ce cas ; mais alors on attendrait « in 
ejusdem nominis comitatu ». L’expression « in eodem comitatu » 
surprend. L’acte ne nous étant connu que par une mauvaise 
copie retouchée 2 , ne peut-on corriger « in eodem comitatu » en 
« in Gandensi comitatu »? 

Quoi qu’il en soit, l’identité du Waes et du Gantois est 
démontrée pour le début du xi® siècle. Pour l’époque antérieure, 
elle est à peu près certaine 3 . 

Depuis le partage de 843, aucune extension d’un comté de 
Gand sur la rive droite de l’Escaut n’était possible. Entre ce 
fleuve et la Lys s’étendait le pagus de Courtraisis, qui arrivait 
même jusqu’à l’abbaye de Saint-Pierre au Mont-Blandin 4 . Force 

1. Op. cit., 1.1, p. 85. 

2. Voy. Halphen, Recueil des actes de Lothaire , p. 79, note 2. 

3. Pour Piot, le Waes est une partie du pagus de Gand. Voy. les Pagi de 
la Belgique, dans les Mémoires couronnas de C Académie royale de Belgique, 
t. XXXIX, 1876, p. 58-60. 

4. Des diplômes d’Otton II et d’Otton III disent en 977 et 988 le monastère 
de Saint-Pierre situé c in pago Curtracensi vel Listrigaugensi > {Mon. Germ., 
Diplomata, t. II, p. 163 et 444). M. Longnon {Atlas, p. 125) écrit : < Le pagus 
Gandensis, ainsi nommé de Gand, son chef-lieu, fut sans doute plus d’une 
fois gouverné par le comte qui résidait A Courtrai, car un acte de 988 place 
le monastère de Saint-Bavon {sic) de Gand dans le pays de Courtrai, auquel 
d’autres documents attribuent aussi certains villages du doyenné de Gand. » 
— Ces documents montrent que le pagus de Courtrai s’est étendu jusqu’à 
Gand même et portent à croire qu’il n’y a jamais eu de pagus de Gand. Mais 
il ne s’ensuit nullement que, en 977, Courtrai fût le siège d’un soi-disant 
comte de Gand. Disons à ce propos que les comtes de Courtrai durent dispa¬ 
raître de très bonne heure. Dans la Vie de. saint Bertoux de Renty {Mon. 
Germ., Script., t. XV, p. 638), du début du zi* siècle, il est bien question 
d'un certain Ibodon qui gouvernait le Courtraisis, « qui Curtracensi territorio 
praesidebat ». Lui et sa femme Imma jouissaient d’une grande autorité dans 
cette région ; à la mort d’Arnoul II (988), des troubles y éclatèrent pendant la 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



SUR LE COURS INFERIEUR DE L’ESCAUT. 


29 


était donc au « Gantois » de ne comprendre que la région entre 
cette localité et la Hond. 

Au surplus, que Gand ait été ou non le chef-lieu d’un pagus 
carolingien, la question n’a point d’intérêt. Même dans l’affir¬ 
mative, on peut être certain qu’il a perdu ses « comtes » propres 
de très bonne heure. Dans tous les duchés ou marquisats consti¬ 
tués à la fin du ix® ou au x® siècle, le duc ou le marquis s’attri¬ 
bue toutes les prérogatives comtales des pagi, dont la réunion 
constitue son Etat. Il est arrivé en Flandre, à coup sûr, ce qui 
s’est produit en Aquitaine, en Gothie, en « France etc. Les 
]>agi de Flandre, de Waes ou Gantois, de Courtraisis, de Mem- 
pisc, d’Artois et d’Ostrevant, de Tournaisis, qui composaient la 
« marche » ou comté de Flandre' 2 , perdirent leurs comtes à la fin 
du ix® ou dans la première moitié du x® siècle et furent adminis¬ 
trés par des vicomtes, châtelains ou burgraves, sous l’autorité 
du seul « comte » de la région, le marquis 3 . 

minorité de Baudouin IV et la régence de sa mère Suzanne, et ce fut seule¬ 
ment à la mort d’Ibodon que le jeune marquis put ramener sous son autorité 
le comitalus de Courtrai. Rien n'indique qu'Ibodon ait été comte; il ne prend 
aucune qualification dans la charte du 6 octobre 975, par laquelle, avec sa 
femme Imma, il donne à Saint-Pierre de Gand des terres en Flandre, en 
Artois, en Escrebieu; cet acte, dont on possède encore l'original, est souscrit 
par le marquis Arnoul le Jeune. Voy. Duvivier, Actes et documents anciens 
intéressant la Belgique, t. I, 1898, p. 333. Le récit de la Vita S. Bertulfi 
montre que le comitalus de Courtrai doit s'entendre, non de l'ensemble du 
comté de Courtraisis, mais de l'autorité A Courtrai même : quand il rap¬ 
porte que les Courtraisiens, rebelles A Baudouin IV, envoient quinze hommes 
incendier Harlebecques, qui reconnaissait l'autorité du jeune marquis, il est 
évident que ces Curtracenses sont les habitants de la ville de Courtrai et non 
de tout le pagus. Ibodon était probablement vicomte ou chAtelain de Courtrai. 

1. Voy. F. Lot, Études sur le règne de Hugues Capet et la fin du X • siècle, 
p. 192, 196, 202, 206, 210. 

2. Les cointés de Boulogne et de Ternois (Saint-Pol), vassaux de la Flandre, 
n'ont pas été considérés comme partie intégrante de la a marche ». 

3. Pour le Courtraisis, voy. plus haut, note 4. Le Mempisc (chef-lieu Cassel) 
et ses annexes, les petits pays de Carembaut et de Melentois, furent certaine¬ 
ment unis politiquement de très bonne heure au pagus Flandrensis (chef-lieu 
Bruges) proprement dit; on ne connaît même aucun comte carolingien ayant 
administré cette région. A la disparition d’Alleaume, en 931, les marquis de 
Flandre deviennent comtes d'Arras. La partie orientale de l’Artois, l'Oslrevant 
(chef-lieu Douai), perd ses comtes A la mort de Raoul II de Gouy en 943. Pour 
le Tournaisis, on verrait pour la dernière fois un comte en 994 : on trouve la 
souscription d’un cornes Gerulfus au bas d'une charte de l’évèque Rabeuf, 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



30 


LA PROTHESE DE LA FRANCE ET DE L EMPIRE 


Les Arnoul et les Thierry de Westfrise ont pu posséder le 
pagus de Waes ou Gantois sous la suzeraineté du marquis de 
Flandre ou du roi de France, mais s’ils portaient le titre com¬ 
tal, c’était comme maître de la Westfrise. A Gand même, s'ils 
jouent un rôle, c’est celui de vicomte : ils sont les gardiens du 
château comtal; ils sont châtelains ou burgraves 1 . En dehors du 
château du comte ou marquis de Flandre, il n’a existé aucune 
autre forteresse du x* au xii e siècle. Si la possession du Waes 
ou pagus de Gand et les fonctions vicomtales à Gand ont pu 
valoir à ces personnages la qualification de Gandensis, ils n’ont 
jamais été, à proprement parler, des « comtes de Gand ». Il est 
significatif qu’au moment où les comtes de Westfrise perdent le 
Waes et Gand, que recouvrent les marquis de Flandre, appa¬ 
raît à Gand une dynastie de châtelains qui se prolongera pen¬ 
dant plusieurs siècles 2 . Maîtres de Gand, les marquis de Flandre 

délivrée A Tournai (Van Lokeren, n* 76, p. 64). Vanderkindere (t. I, p. 48, 102) 
reconnaît en ce personnage, avec pleine raison, un ascendant du châtelain 
Géroux qu’Hermant de Tournai signale, vers la fin du xr siècle, comme légi¬ 
time héritier du castellvm: mais comment ne voit-il pas que ce prétendu 
« comte », ici encore, est un burgraf ou vicomte, et que le cornes Genilfus 
de 994 est identique à l'avoué de ce nom qui, le 9 janvier 984, souscrit 
[S. Gerulfi advocali) une charte de Saint-Pierre de Gand (Van Lokeren, Ibid., 
n* 60). — Sur les soi-disant comtes de Lens [pagus de Pevele ou Escrebieu) et 
de Hesdin (au sud du Boulonnais), voj. plus haut, p. 26, note 3. Au nord du 
Boulonnais se forma la seigneurie ou comté de Guines. Ce que dit de ses ori¬ 
gines Lambert d'Ardres, qui écrivait après 1203, est fabuleux ou tendancieux. 
Les sires de Guines descendent sans doute de quelque personnage obscur qui 
usurpa cette localité sur l'abbaye de Saint-Bertin, qui la possédait au ix* siècle 
(Folcuin, Cartulaire de Saint-Berlin, p. 70; Historiens de France, t. Vin, 
p. 664). Le premier acte par lequel le sire de Guines revendique le titre de 
comte est, semble-t-il, sa souscription apposée à Corbie en 1065 à un diplôme 
de Philippe I* r (Prou, op. cit., p. 63). 

1. Le burgrave ou châtelain flamand hérite (en partie) des prérogatives du 
graflo carolingien. Cf. Giry, Histoire de Saint-Omer, p. 98; cf. Julien Havet, 
dans la Bibliothèque de l'École des chartes, 1879, p. 231. 

2. La série des châtelains de Gand se poursuit sans interruption depuis 
Foucard, qui apparaît en 1032-1038 (Van Lokeren, n** 109, 110). Le récit de 
la translation de saint Bavon en 1010 signale, à cette occasion, la présence 
de « Landbertus qui curae presidiali praeerat > [Mon. Gertn., Script., t. XV, 
p. 597). On peut donc croire que Lambert, que nous savons être père de Fou¬ 
card, était châtelain dés 1010. Seulement, cette date soulève des difficultés. La 
prise du castrum de Gand par le marquis Baudouin IV est rapportée par Jean 
de Thilrode sous l'année 1014, sous l’année 1046 par la compilation de Jacob 
Meyer, qui déclare que Lambert obtint alors la dignité de châtelain. Écartons, 
avec Vanderkindere (t. I, p. 97, note 4 in fine), cette dernière daté, A coup sûr 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



SUR LE COURS mnÉRIECH DE l’escaut. 31 

ont confié leur château à des vassaux moins puissants : eux 
seuls ont vraiment été comtes de Gand 1 . 

erronée; la première n'est pas mieux établie, vu le peu d'autorité de l'auteur. 
Est-il prudent, d'ailleurs, de mettre la prise, hypothétique, du castrum par le 
marquis en rapport avec la dépossession du comte de Westfrise? Il faut bien 
avouer qu'en dehors de l'épithéte Gandensis il n'existe aucune preuve que les 
comtes de Westfrise aient été comtes ou châtelains de Gand. Si l'hypothèse 
émise plus haut (p. 28) de l'identité du < pagus Wasiae », qu'ils ont possédé, 
avec le Gantois était admise, elle suffirait à expliquer leur qualification « de 
Gand ». D'autre part, le fait que c'est seulement vers 1010 ou 1030 que les 
avoués de Saint-Pierre de Gand sont qualifiés « châtelains » peut tenir A un 
simple hasard. Lambert, le premier connu, descend A coup sûr des Guinemer, 
que l’on voit paraitre en 915, 942, 937, 918 (Van Lokeren, n M 19, 18, 14; Fol- 
coin, Cartulaire de Saint-Berlin, p. 135) comme avoués de Saint-Pierre. Ces 
personnages étaient des laïques ( Winedmarus laicus, dit Folcuin) et des servi¬ 
teurs du marquis de Flandre, car il est impossible de ne pas les rattacher au 
IVenemarus, qui, A l’instigation de Baudouin le Chauve, assassina l'archevêque 
de Reims, Foulques, en 899 (cf. Depoin, p. 6, 7). Le titre de châtelain appa¬ 
raît seulement an xi* siècle, tout au plus à la fin du x* (cf. Vanderkindere, 
t. I, p. 102, 103, 113); mais les fonctions existaient A coup sûr avant le titre. 
A Gand, comme A Tournai (voy. plus haut, p. 29, note 3), comme A Noyon 
(Lefranc, Histoire de Noyon, p. 105), les avoués ont dû exercer les fonctions 
de châtelains avant que ce titre fût usité. — A côté de la maison de Gui- 
neraer, on voit A Gand, A partir du milieu du x* siècle, une autre dynastie 
d'avonés. Elle desceod d'un certain Enjoubert, qui apparaît en 918. C'est A elle 
que les comtes de Flandre confieront ie pays d'Alost au xi* siècle (Vanderkin¬ 
dere, p. 113) et aussi celui de Waes (Willems, p. 10-13). Ses membres, dans 
la seconde moitié du xi* siècle, sont dits < de Gandavo », alors qu'ils n’ont 
plus d’attaches avec la ville de Gand. Ils sont, en effet, remplacés comme 
avoués de Saint-Pierre par la première famille. Ce fait coïncide avec la rup¬ 
ture du marquis de Flandre et des comtes de Westfrise : passé 998 (Van Loke¬ 
ren, n* 87, p. 69), ces derniers cessent de [ traître A Gand et de souscrire les 
chartes de Saint-Pierre. C'est entre cette date et 1018, ou même 1010, que la 
rupture s’est accomplie. Les marquis ont alors donné en fief les pays d’Alost 
et de Waes A la maison d’Enjoubert, la châtellenie de Gand A celle de Guine¬ 
mer. On peut supposer que la châtellenie venait d'être enlevée aux comtes de 
Westfrise. -•- Bien que les chAtelains, descendants de Guinemer, eussent 
vendu vers 1190 la garde du château de Gand au comte (voy. plus haut, p. 17, 
note 1), la châtellenie continua son existence. Il est faux qu’elle ait disparu 
vers 1310, comme le dit Warnkoenig. Elle poursuivit son existence, très affai¬ 
blie il est vrai, jusqu’A la Révolution française, sous le titre de a vicomté de 
Gand ». Voy. De Vlaminck, toc. cil., p. 119, 120. 

1. C’est ce qu'avait déjà affirmé Wauters (toc. cil., p. 182), mais sans moti¬ 
ver son opinion. Les travaux subséquents de Vanderkindere et de Willems 
marquent, A mon avis, un recul sur ceux de Wauters et de De Vlaminck. — 
Inutile de discuter l’assertion de Vanderkindere (t. I, p. 99) que « l’usurpation 
(sic) commise par Baudouin IV finit par être sanctionnée par l'Empereur ». 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



32 LA FRONTIÈRE DE LA FRANCE ET DE L’EMPIRE SI'R L ESCAUT. 

Conclusions : 

1° Il n’y a jamais eu de château impérial à Gand. 

2° Le fossé d’Otton est une mystification. 

3° Le pays de Waes n’a cessé de relever de la France de 843 
à 1255 pour le moins. 

4° Il est très probable que le pagus de Waes et le Gantois 
ont été toujours réunis entre les mêmes mains et qu’il n’y a 
jamais eu de comtes particuliers de Gand ; en tous cas, ceux-ci 
ont disparu à la fin du ix e siècle. Les comtes de Westfrise (Hol¬ 
lande), vassaux du marquis de Flandre et du roi de France 
pour le Waes, n’ont pu jouer à Gand même que le rôle de 
vicomtes ou châtelains. 

Ferdinand Lot. 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



NOTE SUR UN MANUSCRIT 


DE LA 

BIBLIOTHÈQUE DE CHARLES V 

• - - »o»- 


Le manuscrit français 1348 de la Bibliothèque nationale est la 
traduction en langue française du traité de Ptolémée, connu sous 
le nom de Quadriparti *, et des gloses d’un médecin arabe, Ali 
ibn Ridouan, qui en sont le commentaire perpétuel' 2 . Ce manus¬ 
crit, qui provient de la bibliothèque d’Émeric Bigot 3 , figurait 
plus anciennement dans celle du roi Charles V 4 . Les inventaires 
de la « librairie » royale le décrivent, en effet, avec toute la 
clarté désirable. Voici, groupés en une seule notice, les rensei¬ 
gnements qui le concernent et qu’on trouve dans ces inventaires : 
« Quadriperti Ptolomei , couvert de soie tennée, à deux fer¬ 
moirs d’argent doré, escript en lettre de forme, en françois, à 
deux coulombes. Commencement 3 : tement entendre. Fin 6 : vese 
fortune... 8 livres. » 

Cette description convient très bien au manuscrit précité, h 


1. Traité d’astrologie judiciaire en quatre livres, appelé aussi pour ce motif 
le Tetrabiblos. 

2. Incipit : « Ce est le Quadriperti de Ptholomée ovec le comment Haly. » 
Le nom du commentateur est donné plus explicitement au folio 1 v* : « Le pre¬ 
mier traitié de la glose Haly Abenrudian ». Le nom complet du commentateur 
est : Abu’ lhasan Ali ibn Ridouan Haghribi (Hadji-Kbalifa, Lexicon biblio- 
graphicum et encyclopxdicum. Traduction latine par Gustave Fluegel, Leipzig, 
1835, in-4*, t. VI, p. 50). La traduction arabe du Quadriparti de Ptolémée fut 
exécutée par Isbak ibn Honeïn (Ibid.). 

3. N* 146 de ladite bibliothèque. 

4. L. Delisle, Recherches sur la bibliothèque de Charles P, Paris, Champion, 
1907, 2 vol. in-8*, t. U, p. 114, n* 691. 

5. Commencement du deuxième feuillet. 

6. Commencement du dernier feuillet. 

1910 3 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


34 


NOTE SUB DN MANUSCRIT 


l’exception des détails relatifs à la reliure, refaite au xvii* siècle 1 : 
traduction française du Quadriparti de Ptolémée, écrite en 
lettre de forme, c’est-à-dire en gros caractères, sur deux 
colonnes. Le commencement du deuxième feuillet est tel que 
l’indiquent les inventaires : « [comple-]-ctement entendre, etc. » 
Il en est de même pour les premiers mots du folio 223 et der¬ 
nier : « [mal-]-vaise fortune, etc. 2 . » 

L’identification ne paraît donc pas douteuse, quoiqu’elle n’ait 
pas été proposée jusqu’à présent 3 . Quant à l’auteur de la traduc¬ 
tion, il s’est nommé lui-même dans un avant-propos, où sont 
données quelques précisions intéressantes sur l’origine de son 
travail. Dire que l’auteur s’est nommé lui-même, c’est, il est vrai, 
préjuger la solution d’un problème qu’il reste à poser et à 
résoudre. Le traducteur s’appelait incontestablement Oresme. 
Mais quel était son prénom, indiqué dans le manuscrit par une 
seule initiale, dont la lecture est aujourd’hui incertaine? Bigot a 
cru que ce prénom commençait par un G, et c’est un G, — d’une 
forme assez insolite pour le xrv* siècle, — qu’il a restitué à la 
place de l’initiale devenue illisible. Le nom de famille Oresme a 
été récrit aussi en partie, mais la surcharge n’a porté que sur les 
trois premières lettres, et le mot tout entier se lit sans difficulté. 
Une note de la main de Bigot, consignée dans la marge supérieure 
du manuscrit 4 , a mis en évidence une attribution, qui depuis n’a 
jamais été contestée 5 . 

1. Reliare en veau plein, aux armes de Bigot. 

2. Les très légères différences de graphie (ctement, tentent; vaise, vexe) pro¬ 
viennent de ce que les articles de l'inventaire étaient dictés à un scribe par le 
bibliothécaire chargé du récolement des volumes. — Au bas du fol. 1 ont été 
peints en grisaille deux lions tout à fait analogues à ceux qu'on voit souvent 
sur les manuscrits de Charles V. Ils accompagnent un écu, jadis sans doute 
fleurdelisé, mais dont le blason est aujourd’hui complètement effacé. 

3. Ce manuscrit ne figure pas sur la liste dressée par M. L. Delisle, où l'on 
trouve le ms. fr. 1349, qui contient la traduction française de deux traités de 
Ptolémée, le Quadriparti, glosé par Ali, et le Centiloge (op . cil., t. I, p. 265, 
n* LX1V ; t. II, p. 114, n* 691 bis. — Cf. Cabinet des manuscrits , t. III, p. 147, 
n* 691 bis). 

4. « Le tout (c’esUA-dire le Quadriparti et les gloses) translaté par G. Oresme. » 

5. Ernest de Fréville, Mémoire sur la cosmographie du moyen Age. Le traité 
de la sphère par Nicolas Oresme et les découvertes maritimes des Normands, 
dans la Revue des Sociétés savantes, t. II, 1859, p. 711 et suiv. — P. 718- 
719 : « ... on voit avec étonnement qu’il lui fut (à N. Oresme) beaucoup plus 
facile de triompher du régime vicieux des monnaies que de l'astrologie judi- 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



35 


DE LA BIBLIOTHÈQUE DE CHARLES V. 

Au lieu de G. Oresme ne faudrait-il pas lire N. Oresme? Maté¬ 
riellement, la question peut se poser, car on ne distingue plus 
suffisamment la lettre que recouvre le G de Bigot, et, même en 
admettant l’exactitude d’une lecture, au moins douteuse, une 
erreur de transcription, imputable au copiste du manuscrit, reste 
une hypothèse très admissible. Moralement, plusieurs raisons 
militent en faveur d’une correction que je crois plausible. 

Le nom d’Oresrae n’a pas été porté uniquement, au xiv* siècle, 
par Nicole, le grand maître du collège de Navarre, le doyen du 
chapitre cathédral de Rouen, l’évêque de Lisieux, mais, en 
dehors de lui, qui donc a illustré ce nom, ou même qui l’a fait 
connaître? Il avait un frère, Henri Oresme, qui n’a jamais rien 
écrit, qui n’a joué aucun rôle*. Une bulle de l’année 1376 nous 
révèle un Guillaume Oresme, « bachelier en théologie et cha¬ 
noine de Bayeux ; c’est un personnage obscur et sur lequel on 
n’a pas d’autres renseignements 3 . 

Tout le monde sait, au contraire, quelles forent, sous le règne 
de Charles V, et même du vivant de Jean 11, la notoriété et l’in- 

cuire. Sur ce dernier point, il parait avoir trouvé des adversaires jusque 
parmi ses parents, car nous trouvons qu'un certain Guillaume Oresme « trans» 
c lata de latin en françois > et offrit à Charles V le fameux Quadriparti de Pto- 
lémée commenté par Haly ». — En note : < C'est le livre Quadriparti de Ptholo* 
mée avec le comment Haly », tel est le titre de la traduction présentée par 
Guillaume Oresme à Charles V, lorsqu’il n’était encore que lieutenant général 
dn royaume, c’est-à-dire entre les années 1358 et. 1360. Le ms. de cet ouvrage 
a fait partie de la bibliothèque d'Emeric Bigot, où il portait le n* 146, etc. » — 
L'abbé J. Féret, la Faculté de théologie et ses docteurs les plus célèbres , 
L III, p. 291, a vu dans cette traduction du Quadriparti un traité posthume 
de N. Oresme, mais, comme il renvoie uniquement A l'article d'Ernest de Fréville 
et ne pose même pas la question d'attribution, il est visible que la différence, 
an moins apparente, des prénoms lui a échappé. — L. Delisle, Inventaire géné - 
ral et méthodique des mss. fr. de la Bibl. nationale, t. Il, Paris, Champion, 
1878, in-8*, p. 243, n* 1348 (Bigot), a Ce est le livre Quadriperti de Ptholomée, 
ovec le comment Haly. Traduction de G. Oresme, etc. » 

1. Arch. nat., LL. 106 A , p. 61 (20 sept. 1357) : < Hagister Henricus Oresme, 
procurator domini Raymond! de Salgis (decaoi Parisiens»), etc. » Cf. Ibid ., 
p. 72 (13 nov., même année), p. 76 (18 déc., même année). — Arch. de la Seine- 
Inférieure, G. 2118, fol. 69 v* (13 août 1379) : « ... presentibus (à la réception 
dn doyen du chapitre de Rouen) domino episcopo Lexoviensi, inagistro Henrico 
Oresme, ejus fratre, etc. » Voy. Denifle et Châtelain, Chartularium Universi- 
tatis Parisiensis, t. II, p. 641, n. 3 et 11; t. III, p. 272. 

2. Reg. Vat., 288, fol. 183 v*(10 mai 1376) : « Dilecto filio Gulllermo Oresme, 
canonico Baiocensi, bacallario in theologia, etc. » 

3. Denifle et Châtelain, Ohartul. Univ. Paris., t. Il, p. 641, n. 3. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



36 


NOTE SCR CN MANUSCRIT 


fluence de Nicole Oresme 1 . Le dauphin recherchait ses conseils; 
il s’inspirait de ses doctrines en matière monétaire. On peut sup¬ 
poser sans témérité que déjà il le prenait pour le confident et 
l’exécuteur d’un dessein, que le roi Charles V eut toujours très à 
cœur. Que lisons-nous, en effet, dans le préambule de cette tra¬ 
duction du Quadriparti , dont l’auteur s’appelait certainement 
Oresmeï Qu’elle a été entreprise à la demande de Charles, l’hé¬ 
ritier de la couronne, à qui appartient présentement le gouver¬ 
nement du royaume, et dont l’ambition est d’imiter ses prédéces¬ 
seurs, en faisant mettre dans une langue, accessible à tous, 
certaines œuvres « pleines de bons exemples et dignes de 
mémoire ». 

Ne semblerait-il pas que ceci a été écrit dix ou quinze ans plus 
tard, en plein règne de Charles le'Sage? Au demeurant, le mieux 
sera de citer, comme je le ferai plus loin, l’avant-propos tout 
entier. Nul argument plus probant ne saurait être apporté à l’ap¬ 
pui de la conjecture, précédemment émise, qu’il faut rendre à 
Nicole Oresme ce qui, par suite d’une méprise, avait été attribué 
à Guillaume Oresme. Quel autre que lui eût été capable, à cette 
époque, d’écrire d’une langue aussi ferme, aussi nette et parfois 
aussi fière? On remarquera la phrase d’une concision heureuse, 
où, pour justifier les traductions en langue française, l’auteur 
déclare que « le français est un beau langage et bon ». 

Mais il y a mieux. Si ce morceau n’est pas de Nicole Oresme, 
il le connaissait du moins à merveille, car, dans la préface de sa 
traduction des Éthiques d’Aristote, il s’en est beaucoup ins¬ 
piré, au point de reproduire certaines phrases presque dans les 
mêmes termes. Évidemment, en 1372, il n’avait d’autre devan¬ 
cier que lui-même, et il puisait dans son propre fonds. 

L’héritier du trône, — on aura noté ce synchronisme, — était 
également le «c gouverneur du royaume ». Doit-on en conclure 
que Nicole Oresme, si c’est bien de lui qu’il s’agit, a commencé 
ou terminé sa traduction entre les premiers mois de l’année 
1358 et la fin de l’année 1360, alors que le fils aîné de Jean II por¬ 
tait le titre de régent? A priori, on serait tout disposé à l’admettre, 
mais il n’est pas impossible qu’il faille descendre un peu plus 

1. Francis Meunier, Essai sur la vie et les ouvrages de Nicole Oresme, 
Paris, 1857, in-8*. Émile Bridrey, la Théorie de la monnaie au XIV* siècle. 
Nicole Oresme, Paris, 1906, in-8*. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE LA BIBLIOTHÈQCE DE CHARLES V. 37 

bas, pour déterminer approximativement la date à laquelle écri¬ 
vait le traducteur. Le mot gouverneur n’a pas, au xiv* siècle, 
un sens très rigoureux, et, après 1a délivrance de son père, le duc 
de Normandie a été à deux reprises lieutenant général du Roi, 
pendant le voyage d’Avignon (1362-1363)', et lorsque le roi 
Jean fut retourné en Angleterre*. Or, — et ceci m’inclinerait à 
reporter le préambule en question aux dernières années du règne 
de Jean II, — le dauphin s’est occupé de former une biblio¬ 
thèque composée d’ouvrages astrologiques, surtout à partir du 
moment où il fut installé à l’hôtel Saint-Pol. C’est en 1361 et 
1362, que Pèlerin de Prusse et Robert Godefroy traduisirent par 
son ordre un certain nombre de traités spéciaux, ayant tous pour 
objet soit l’astronomie proprement dite, soit l’astrologie judi¬ 
ciaire 1 2 3 . N’est-il pas au moins vraisemblable que Nicole Oresme 
ait travaillé dans le même temps que Pèlerin de Prusse et Robert 
Godefroy et collaboré à la même entreprise ? 


Avant-propos du traducteur. 

« Anciennement, le commun language du peuple romain estoit 
latin, mais les estudians usoient de grec pour ce que en greeestoient 
les sciences escriptes. Puis, afin que il peussent plus communément 
et plus legierementles sciences entendre, leurs princes firent par phi¬ 
losophes les livres de grec translater en latin, et estoit lors illeques 
le grec ou resgart du latin, comme est ici maintenant le latin ou res¬ 
gart du françois 4 . Car françois est un biau langage et bon, et sont 

1. Ordonn ., t. III, p. 602. — Froissart, Chron., t. VI, p. 78 : « ... et laissa 
monsigneur Charle, son ainsnet fil le dac de Normendie, regenl et gouvre- 
neur doa royaume de France. » 

2. Coniin. chron. Guillelmi de Nangiaco, t. II, p. 333 : « Regimen autem 
regni sui cornmisit domino Karolo, prirnogenito suo, etc. » — Contin. chron. 
Richardi Scott , p. 160 : t ... regni regimine Karolo, duci Normanie, filio suo 
prirnogenito, relicto... # — Froissart, t. VI, p. 94 : « Si ordonna IA (à Amiens) de 
recief son fil le duc de Normendie à estre regens et gouvreneres dou royaume 
de France jusques à son retour. > 

3. Histoire de Charles V, t. II, p. 279 et n. 1. — Bibl. de l'Arsenal, 
ins. 2872, fol. 85 ( Catalogue , t. III, p. 135). 

4. Préface de la traduction des Ethiques d’Aristote : « Or est il ainsi que 
[tour le temps de lors (au temps de Cicéron) grec estoit eu resgart de latin 
quant as Romains, si comme est maintenant latin eu resgart de françois quant 
à noos. Et estoient pour le temps les estudians introduiz en grec, et A Homme 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



38 NOTE sua UN MANUSCRIT DE LA BIBLIOTHEQUE DB CHARLES V. 

pluseurs gens de langue françoise qui sont de grant entendement et 
de excellent engin et qui n’entendent pas souffisanment latin 4 , et 
pour ce les vaillans roys de France ont fait aucuns livres translater 
en françois, et principalment la divine escripture et certaines hys- 
toires plaines de bons examples et dignes de mémoire, des quels 
roys est issu Charles, hoir/ de France, à présent gouverneur du 
royalme, qui nulle vertu ne veut trespasser ne laissier, en la quelle il 
ne ensuive ou sourmonte ces bons prédécesseurs, et après ce que il 
a eu en son language l’escripture divine, il veut aussi avoir des 
livres en françois de la plus noble science de cest siecle, c’est vraie 
astrologie sans superstecion et par especial ce que en ont composé 
les philosophes excellens et approuvés. Et quant à présent, à son 
commandement, par moy [...] Oresme sera translaté, à l'aide de Dieu, 
de latin en françois, le Quadriperti de Ptholomée ovecques le com¬ 
ment de Haly, afin que si très noble science ne périsse, mais soit 
manifeste à l'onneur de Dieu et au prouffit publique, par quoy 
le prince dessus dit ait en ce monde perpétuel mémoire et soit 

rémunéré de Dieu en joie perdurable. Amen. » 

% 

R. Delà chenal. 

et aillieurs, et les sciences communelment bailliées en grec, et en ce pays le 
langage commun et maternel c'estoit latin » (Bibl. royale de Bruxelles, 
ms. 9505-9506, fol. 2. — Fr. Meunier, Essai sur la vie et les ouvrages de 
Nicole Oresme, p. 93-94). 

1. Ibid. : « Et pour certain translater telz livres en françois et baillier en 
françois les arts et les sciences est un labeur moult proffitable, car c'est un 
langage noble et commun A genz de grant engin et de bonne prudence. » 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



UN PRÉTENDU VOYAGE 


DE PHILIPPE VI DE VALOIS 

DANS LE MIDI DE LA FRANCE 

en 1349. 


Lorsqu’une erreur se propage à l’abri d’un nom qui fait auto¬ 
rité dans l’érudition, il est très difficile de la déraciner. On a 
trop souvent tendance à accepter, sans les contrôler, les affirma¬ 
tions d’historiens qui, tout en étant des hommes de haute valeur, 
n’en sont pas moins exposés à se tromper. 

Dom Vaissète, dans sou Histoire générale de Languedoc ', 
dit : « Le roi Philippe de Valois fit, quelque temps après, un 
voyage à Avignon, à la cour du pape et dans le bas Languedoc, 
voyage dont aucun de nos historiens ne fait mention ; mais nous 
avons divers monumens qui le prouvent : 1° Ce prince étant 1 2 à 
Montaut, près de Villeneuve et du pont d’Avignon, au mois 
d’avril de l’an 1349, y ratifia, avec Jacques II, roi de Majorque, 
l’achat que Pierre de la Forest 3 , chancelier de Normandie, avoit 
fait en son nom, le 18 de ce mois, de la seigneurie de Montpel¬ 
lier et de Lattes. 2° Il confirma 4 à Aigues Mortes, le 8 de mai de 
Van 1349 , en faveur des habitans de Montpellier qui lui avoient 
prêté serment de fidélité entre les mains de l’évêque de Noyon, 
chancelier de France, et de Guillaume Flotte, seigneur de Revel, 
le privilège que Jacques I er , roi de Majorque, leur seigneur, leur 


1. Éd. in-fol., t. IV, p. 268, et éd. Privât, t. IX, p. 612. 

2. Trésor des chartes, Maguelone , sac 2, n* 39, [J 340]. Voir preuves, 
p. 214 et suiv. [note de D. Vaissète], et éd. Privât, t. X, col. 1028-1035. 

3. D. Vaissète a appelé par erreur le chancelier de Normandie Pierre Flotte 
au lieu de Pierre de la Forest. 

4. Reg. 47 de la sénéchaussée de Nîmes, fol. 119. [Note de D. Vaissète.] 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



40 


UN PRÉTENDU VOTAf.E DE PHILIPPE VI DE ViLOIS 


avoit accordé de ne pouvoir être tirés hors de la ville, devant 
aucun autre juge que leur juge naturel. 3° Enfin, les anciens 
comptes du domaine de la sénéchaussée de Beaucaire nous 
apprennent qu’on y imposa un subside à cause de l’arrivée du 
roi dans le pais, que ce prince étoit à Montpellier le 11 de mai 
de cette année, et le lendemain à Sommières. Nous ignorons les 
autres circonstances du voyage de Philippe de Valois dans la 
province ; mais il paroît assez, par ce que nous venons de rappor¬ 
ter, qu’un des principaux motifs qui l’engagèrent à l’entre¬ 
prendre fut l’union de la ville de Montpellier au domaine de la 
couronne qu’il négocia alors et dont nous avons rapporté ailleurs 
les circonstances. » 

M. Auguste Molinier, dans la nouvelle édition de Y Histoire 
générale de Languedoc , ajoute en note 1 , à propos de ce voyage : 
« Philippe VI paraît avoir parcouru un peu dans tous les sens le bas 
Languedoc en avril, mai et juin 1349. En avril, il résida à Avi¬ 
gnon et aux environs de cette ville; le 8 mai il est à Aigues- 
Mortes, le 11 à Montpellier, le 15 à Nîmes (JJ 80, n° 314), le 
16 à Sommières. — Nous ignorons si le duc de Normandie 
accompagna son père dans ce voyage ; il dut néanmoins le suivre 
pendant une partie, car, en juillet, nous trouvons le prince Jean 
à Lyon (JJ 78, n° 52, lettres de rémission pour un écuyer du 
Vêlai). — Suivant Ménard, t. II, p. 126, on leva dans la séné¬ 
chaussée de Beaucaire un subside à l’occasion du voyage de Phi¬ 
lippe VI ; il n’a fait que répéter ce que Dom Vaissète vient de 
dire, et nous avons tout lieu de croire que celui-ci s’est trompé 
et a mal compris le texte des comptes de la sénéchaussée cité par 
lui. — Philippe VI profita de son voyage pour régler certaines 
affaires financières restées en suspens. Dès le 18 avril 1349, 
étant encore dans le nord de la France, il avait chargé Thomas 
Dorres, sergent à cheval du Châtelet de Paris, et Girart de 
Saint-Venant de poursuivre les débiteurs du roi dans les séné¬ 
chaussées du Languedoc... (JJ 81, n°* 131-132). Le 15 mai 
1349, le roi, étant à Nîmes, députa Guillaume Pinchon, archi¬ 
diacre d’Avranches, maître des requêtes de l’hôtel, et Philippe 
de Talaru 2 , chanoine de Lyon, pour faire enquête contre les per¬ 
sonnes qui auraient transigé avec les usuriers italiens et lom¬ 
bards, leurs créanciers... » (JJ 80, n° 314). 

1. ffist. gén. de Languedoc , éd. Privât, t. IX, p. 613, note 1. 

2. M. A. Molinier l'a mal désigné sous le nom de Philippe de Taleri. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



DANS LE MIDI DE LA FRANCE. 


41 


A la suite de Dom Vaissète, nous voyons tous les historiens et 
les érudits affirmer maintenant que Philippe de Valois se rendit 
dans le Midi à propos de l’acquisition de Montpellier : l’abbé 
Ménard dans son Histoire de la ville de Nîmes 1 ,* Germain dans 
son Histoire de la commune de Montpellier 1 2 3 4 5 ; Lecoy de 
La Marche dans son ouvrage sur les Relations politiques de la 
France avec le royaume de Majorque* ; Dognon dans son 
volume sur les Institutions politiques et administratives du 
pays de Languedoc du XIIL siècle aux guerres de reli¬ 
gion 4 ; Molinier dans son Étude sur la réunion de Montpellier 
au domaine royal* , etc. 

On peut voir, d'après tous ces témoignages, qu’il est bien admis 
maintenant, conformément à l'affirmation de Dom Vaissète, que 
Philippe de Valois alla dans le Languedoc aux mois d’avril et 
mai 1349. Et cependant, il n’en est rien. L’éminent auteur de 
Y Histoire de Languedoc et tous les érudits qui après lui ont 
répété ce qu’il a avancé, ont fait complètement erreur. Philippe 
de Valois n’alla qu’une seule fois dans le Midi, à la fin de 
décembre 1335 et dans les mois de janvier, février et mars 1336. 
Dans les mois d’avril et mai 1349, il resta autour de Paris et 
dans le Gàtinais, comme nous l’établirons à l’aide de son itiné¬ 
raire dont nous préparons la publication. Mais, avant de faire 
connaître avec exactitude les lieux où il résida, nous allons 
déjà examiner les pièces sur lesquelles s’appuient Dom Vaissète 
et A. Molinier pour affirmer que le roi se rendit en Languedoc 
en 1349. 

Dom Vaissète dit : « Ce prince étant à Montaut, près de Ville- 
neuve et du pont d’Avignon, au mois d’avril de l’an 1349 y ratifia, 
avec Jacques II, roi de Majorque, l’achat que Pierre de la Forest, 
chancelier de Normandie, avoit fait en son nom le 18 de ce mois 
de la seigneurie de Montpellier et de Lattes * ; et en note il ren¬ 
voie à une pièce du Trésor des chartes, Maguelone , sac 2, n° 39 

1. Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de Nismes, in-4% 
t. II, p. 125. 

2. T. II, p. 168-169. 

3. T. II, p. 159. 

4. P. 345 Ma, note 1. 

5. Extrait de la Revue historique, 1884, p. 52. — L’abbé Aigon, dans une 
histoire à’Aigues-Mortes (Nîmes, 1908), p. 18, répète également, après quelques- 
uns de ces auteurs, que Philippe de Valois visita Aigues-Mortes le 8 mai 1349. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



42 


UN PRÉTENDU POTAGE DE PHILIPPE TI DE TALOIS 


[J 340]. Dans cette phrase, l’éminent bénédictin veut évidemment 
désigner la pièce conservée aujourd’hui aux Archives nationales 
sous la cote J 340 B , n° 39*. C’est l’acte de vente de la ville de 
Montpellier scellé des deux sceaux, de Philippe VI, l’acquéreur 
(celui-ci manque actuellement), et du roi de Majorque, le ven¬ 
deur. En lisant cet acte, sans tenir compte des mentions qui 
figurent sur le repli, on a de suite l’impression que les deux rois 
devaient être ensemble à Montaut. En effet, dans toute cette 
pièce qui débute ainsi : Phi lippus Dei gratia Francot'um rex, 
et Jacobus eadem gracia rex Majoricarum , aucune allusion 
n’est faite à des mandataires ou à des représentants. Bien plus, 
la mention de la prestation de serment par les deux rois peut 
tout à fait induire en erreur et semble donner raison à Dom Vais- 
sète : Que omnia et singula premissa , nos reges ambo pre- 
dicti; videlicet : nos rex Fr and e , bona fide, et nos rex 
Majoricarum , tactis Euvangeliis , prestito juramento , pro- 
mitlimus et promisitnus stipuladone solemni tenei'e firmiter 
et inviolabiliter observare , et in nullo contravenire , directo 
vel per oblicum , tadte vel expresse , etc. Il semblerait donc 
bien, d’après cette mention, que les deux rois étaient à Montaut 
au moment où cet acte fut rédigé, c’est-à-dire au mois d’avril 1 . 

C’est par un exemple comme celui-ci que l’on peut se rendre 
compte de l’utilité, je dirai plus, de la nécessité de publier les 
formules de chancellerie qui sont placées au bas des actes et que 
malheureusement on néglige trop souvent. D’après l’acte ci-des¬ 
sus, publié sans ces formules, tout historien pourrait soutenir, 
comme l’a fait Dom Vaissète, que Philippe de Valois était à 
Montaut au mois d’avril, au moment de la vente de Montpellier. 
La teneur des lettres et l’importance de l’acquisition justifieraient 
cette assertion. Mais la mention qui se trouve sur le repli, à 
gauche de la pièce, près du sceau de Philippe de Valois, nous 
donne de suite la preuve que dans la rédaction de ces lettres, 
comme dans toutes les autres conventions passées avec Jacques II, 
les représentants seuls du roi de France, munis des pouvoirs 
nécessaires, agirent en son nom. Voici cette mention, qui aurait 


1. La date de cette pièce est ainsi libellée : Datum apud Monlem Altum 
prope Villam novam juxta pontem Avinionensem, anno Domini millesimo 
Irecentesimo quadragesimo nono, mente aprilis. 


9 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DANS LE MIDI DE LA FRANCE. 


43 


pu mettre en garde l’illustre bénédictin et son savant annotateur 
M. A. Molinier, s’ils ne l’avaient pas négligée : De mandato 
Regis , vobis domino de Ravello et cancellario Normannie 
litteratorie facto. J. Chaillou. Duplicata. On voit de suite, 
par cette note, que le notaire Jean Chaillou a dressé cet acte, 
non en présence du roi ou sur l’ordre du roi donné verbalement, 
mais sur l’ordre du roi donné par écrit à ses mandataires, le sire 
de Revel et le chancelier de Normandie. Or, si pour un acte de 
cette importance on ne fait allusion qu’aux représentants du roi 
munis de ses pouvoirs et non à la présence du roi lui-même, 
c’est que réellement il n’était pas alors à Montaut, mais dans une 
autre localité. 

Au reste, si nous examinons attentivement les conventions 
qui durent précéder la rédaction de ces lettres et dont les procès- 
verbaux nous ont été conservés, nous y trouverons la preuve 
absolue que le roi de France n’était pas présent à tous ces pour¬ 
parlers, mais seulement représenté par quelques-uns des per¬ 
sonnages les plus considérables de son entourage, Firmin 
Coquerel, chancelier de France, Guillaume Flote, sire de Revel, 
et Pierre de la Forest, chancelier de Normandie. 

Dans une des pièces justificatives publiées par Dom Vaissète 1 , 
pièce ainsi datée : In Christi nomine amen. Anno Incama- 
tionis ejusdem M CCC XLIX , die sabbati intitulata X VIIII 2 
die mensis aprilis, apud Montem Altum propre Villam 
novam Avenionensis diocesis, in aula inferioris prioratus 
beate Marie de Monte Alto , illustrissimo principe domino 
Philippo Dei gratia Francorum rege régnante , il est dit que 
Jacques, roi de Majorque, vendit et titulo venditionis transtulit 
magnificis et potentibus viris dominis Firmino de Cocurello , 
honorabili cancellario dicti domini Francorum regis , Guil- 
lelmo Flote , militi, domino de Revello, et Petro de Foresta , 
cancellario Normannie, procuratoribus, ut asserebant , dicti 
domini nostri Francorum regis et procuratorio nomine pro 
eodem ... stipulantibus , etc. 

1. BiiU gén. de Languedoc , in-fol., t. IV, preuve*, col. 214; noue, éd., t. X, 
col. 1028. 

2. H faut lire xvra. Dans les deux exemplaires des Archives nationales, 
J 340», n M 39*~*, il y a en tontes lettres décima octava, et, en 1349, le 18 avril 
est bien nn samedi. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



44 UN PRÉTENDU TOT AGE DE PHILIPPE VI DE VALOIS 

Plus loin, au sujet de la somme à payer pour l’acquisition de 
la ville de Montpellier, il est encore dit : Que quidem centum 
viginti milia scudatorum auri dicte lighe et ponderis , pre- 
nominati domini Firminus, Guillelmus et Petrus procura- 
tores, ad hec omnia, ut asseruerunt , plenarn potestatem 
habentes , omnes très et quilibet eorum , nomine et vice dicti 
domini Francorum regis , promiserunt per solempnem et 
validam stipulacionem dicto domino Majoricarum régi , 
presenti et pro se et suis heredibus et successoribus stipu- 
lanti et recipienti , dare et solvere, seu dari et solvi facere 
cum effectu, sibi domino Majoricarum régi , etc. Enfin, dans 
tout le cours de cette pièce, les mêmes personnages sont toujours 
qualifiés procuratores et agissent nomine et vice... Franco¬ 
rum regis. Nulle part dans ce document on ne trouve trace de 
la'présence du roi de France, tandis qu’il est bien spécifié, dans 
le corps de l’acte et dans la formule ajoutée au bas par le 
notaire, que le roi de Majorque était présent 1 . 

D est donc bien établi maintenant, croyons-nous, par tout ce 
que nous venons de dire, que Philippe VI n’était pas à Montaut 
au moment où la vente de la ville de Montpellier fut conclue. 
Mais il aurait pu être dans les environs, car Dom Vaissète 
ajoute : « Il confirma à Aigues Mortes, le 8 de mai de Van 
1349 , en faveur des habitans de Montpellier qui lui avaient 
prêté serment de fidélité entre les mains de l’évêque de Noyon, 
chancelier de France, et de Guillaume Flotte, seigneur de Revel, 
le privilège que Jacques I er , roi de Majorque, leur seigneur, leur 
a voit accordé de ne pouvoir être tirés hors de la ville devant 
aucun autre juge que leur juge naturel. » La pièce à laquelle 

1. Voici la formule qui se trouve au bas des actes n M 39* •' 5 du car¬ 
ton J 340* des Archives nationales : < Et ego, Johannes Chaiilo, Aurelianensis 
diocesis, publicus apostolica et iraperiali auctoritate notarius, premissis omni¬ 
bus et singulis, dum per predictos dominos regein Majoricarum, presenlem, 
ex una parte, et cancellarium Francie, Guillelmum Flote, dominum de Ravello 
et cancellarium Normannie, vice et nomine domini regis Francie et pro ipso, 
ex altéra, modo et forma superius annotatis agerenlur, una cura prescriptis et 
nominalis notariis et testibus, presens fui et huic publico instrumenta ex pre- 
dictis confecto, me subscripsi, signuraque meura apposui requisitus et rogatus 
in testimonium eoruradem, anno, mense, die et loco predictis, indictione 
secunda, pontiiicatus sanctissimi patris et domini nostri démentis, divina 
Providencia pape sexti, anno septimo. » 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



I 


I 

I 

t 

DANS LE MIDI DE LA FRANCE. 45 

I 

l’historien du Languedoc fait allusion a été publiée par Germain 
dans son Histoire de la commune de Montpellier *. Malheu¬ 
reusement, il a omis les formules de chancellerie. De cette 
manière, elle semblerait, comme celle que nous avons citée en 
premier lieu, donner raison à Dom Vaissète. Mais, de même que 
pour la précédente, la formule placée à la fin montre de suite 
qu’elle n’émane pas du roi. C’est une lettre donnée en son 
nom, mais nullement par lui. Après la date, ainsi que nous l’a 
fait savoir très obligeamment M. Berthelé, archiviste de l’Hérault, 
cette charte porte la mention : Per vos , Adam ; ce qui signifie 
qu’elle fut donnée par le chancelier agissant toujours en vertu 
des pouvoirs qui lui furent conférés. On ne peut donc encore, 
dans ces conditions, s’appuyer sur ce document pour affirmer 
que Philippe de Valois était à Aigues-Mortes le 8 mai 1349. 

Dom Vaissète, continuant à tracer l’itinéraire de ce roi en 
Languedoc, ajoute : « Enfin, les anciens comptes du domaine 
de la sénéchaussée de Beaucaire nous apprennent qu’on y 
imposa un subside à cause de l’arrivée du roi dans le pais, que 
ce prince étoit à Montpellier le 11 de mai de cette année et le 
lendemain à Sommières... » Nous n’avons pu contrôler ce que 
Dom Vaissète avance ici. Mais, si nous nous en rapportons à 
tout ce qui précède et à ce que nous établirons dans la suite, il y 
a tout lieu de croire, ainsi que le dit M. A. Molinier lui-même en 
note, que l’éminent bénédictin « s’est trompé et a mal compris 
le texte des comptes de la sénéchaussée cité par lui ». 

Aux différents lieux désignés par Dom Vaissète dans l’itiné¬ 
raire qu’il a tracé, M. A. Molinier ajoute en note une ville. Après 
avoir constaté que Philippe de Valois était encore le 18 avril 
1349 dans le nord de la France (ce qui ne concorde guère avec 
ce que l’historien du Languedoc affirme d’autre part, qu’autour 
de cette date il était dans les environs d’Avignon), il dit : « Le 
15 mai 1349, le roi, étant à Nîmes, députa Guillaume Pinchon, 
archidiacre d’Avranches, maître des requêtes de l’hôtel, et Phi¬ 
lippe de Talaru, chanoine de Lyon, pour faire enquête contre 
les personnes qui auraient transigé avec les usuriers italiens et 
lombards leurs créanciers... » (JJ 80, n° 314). 

Si nous examinons la pièce sur laquelle M. A. Molinier 

1. T. Il, pièce justificative n* 13, p. 374. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



46 


UN PRÉTENDU VOYAGE DE PHILIPPE TI DE TALOIS 


s’appuie pour affirmer que Philippe de Valois était à Nîmes le 
15 mai 1349, nous voyons qu’il tombe dans la même erreur que 
Dom Vaissète pour avoir, comme lui, négligé la formule de chan¬ 
cellerie placée au bas de l’acte. Cette lettre est en effet signée 
non pas Per Regem , ce qui pourrait impliquer la présence du 
roi 1 , mais Per consilium in quo eratis, Adam; ce qui prouve 
qu’elle fut faite absolument en dehors de la présence du roi. 

Maintenant que nous avons suffisamment démontré que Phi¬ 
lippe VI n’était dans aucune des localités désignées par 
Dom Vaissète et par A. Mobilier, nous allons, à l’aide de lettres 
royaux signées Per Regem et à l’aide d’autres documents nous 
offrant de bonnes garanties, faire connaître dans quelle région 
se trouvait le roi pendant les mois d’avril et de mai 1349. 

En l’année 1349, Pâques tomba le 12 avril. Or, souvent le roi 
allait célébrer la solennité de cette fête et de quelques autres 
dans une des grandes abbayes des environs de Paris, et nous 
voyons, par une mention des Journaux du trésor 2 , qu’il était 
alors à l’abbaye du Lys 3 , où on lui porta les saintes rebques qui 
en temps ordinaire restaient dans la chapelle royale à Paris. Il 
dut même séjourner quelque temps dans cette abbaye, car dès 
le 23 mars précédent nous l’y trouvons déjà 4 5 . Si, quelques jours 
plus tard, il quitta l’abbaye du Lys, il ne s’éloigna pas néanmoins 
de cette région, car nous le trouvons à Savigny-le-Temple à les 
15 6 , 17 7 , 18 8 et 19 9 du même mois d’avril; le 20 10 11 , le 22 n et le 

1. Voir O. Morel, la Grande chancellerie royale et Fexpédition des lettres 
royaux ... (1328-Î400), p. 299. 

2. Dominus Dyonisius Magni, prior capellanus Regis, pro denariis sibi tra- 
diiis pro ducendis sanctis reliquiis ca pelle regalis Parisiensis apud abbatiam 
Lilii prope Meledunum, io instanti festo Pasche, ad dominum Regem, per lit— 
tarera recognitoriara dicti doraini D. datam vu* hujas menais, 28 1. p. comp. 
per dominum P. Rêvant ut supra, super Regem ( les Journaux du Trésor de 
Philippe VI de Valois , n* 886). 

3. Le Lys, abbaye de religieuses de l’ordre de Citeaux, dont les ruines subsistent 
sur la commune de Dammarie-les-Lys, Seine-et-Marne, arr. et cent, de Melun. 

4. Ordonnances des rois de France, t. II, p. 300. 

5. Savigny-le-Temple, Seine-et-Marne, arr. et cant. de Melun. 

6. Ordonnances, t. II, p. 301 ; Arch. nat., X 1 * 12, fol. 370 r\ 

7. Arch. nat., JJ77, n* 399; X*‘5, fol. 109 r*. 

8. Arch. nat., JJ77, a* 369; X‘* 12, fol. 371 r\ 

9. Arch. nat., JJ 77, n* 395. 

10. Arch. nat., JJ 78, n* 43. 

11. Arch. nat., JJ 77, n* 368. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DANS LE MIDI DE LA FRANCE. 


47 


25‘, il est à Blandy 2 ; le 27 3 , nous le trouvons dans une de ses 
résidences, au Vivier-en-Brie 4 ; le 28 5 et le 29 6 à Crèvecœur-en- 
Brie 7 ; le l #r raai 8 à Becoiseau 9 ; le6 10 en l’abbaye de Jouy 11 ; le9 12 
à Marolles-sur-Seine 13 ; le 10 14 à Villeneuve-la-Guyard 15 ; le 11 1(i 
à Galetas 17 ; le 19 18 à Chantecoq 19 et dans une localité voisine, 
la Selie-sur-le-Bied 20 , que les éditeurs des Ordonnances appellent 
la Celle-Sarobiez 21 ; le 24 22 et le 25 23 , il était dans la célèbre abbaye 
de Ferrières en Gâtinais 24 ; enfin, le 31 2i à Montargis, où on lui 
conduisit les saintes reliques pour les fêtes de la Pentecôte. 

1. Arch. nat., JJ 77, n* 384. 

2. Blandy, Seine-et-Marne, arr. de Melun, cant. du ChAtelet en Brie. 

3. Arch. nat., JJ 77, n* 400. 

4. Le Vivier en Brie, Seine-et-Marne, arr. de Coulommiers, cant. de Bozoy, 
comro. de Fontenay-Trésigny. 

5. Arch. nat., JJ 77, n” 364 , 367. 

6. Arch. nat., JJ 77, n” 370, 371, 401. 

7. Crèvecœur en Brie, Seine-et-Marne, arr. de Coulommiers, cant. de Rozoy. 

8. Arch. nat., JJ 68, n* 428. 

9. Ancien château dont les ruines subsistent dans la commune de Mortcerf, 
Seine-et-Marne, arr. de Coulommiers, cant. de Rozoy. 

10. Arch. nat., JJ77, n** 417, 420; Ordonnances, t. II, p. 301. 

11. Jouy-1'Abbaye, Seine-et-Marne, arr. et cant. de Provins, comm. de 
Chenoise. 

12. Arch. nat., JJ 77, n* 416. 

13. Marolles-sur-Seine, Seine-et-Marne, arr. de Fontainebleau, cant. de 
Montereau. 

14. Arch. nat., JJ77, n* 404 ; X 1 * 12, fol. 303 r. 

15. Villeneuve-la-Guyard, Yonne, arr. de Sens, cant. de Pont-sur-Yonne. 

16. Arch. nat., JJ 77, n** 405, 412. 

17. Galetas, Loiret, arr. de Montargis, cant. de Courtenay, comm. de Fou- 
cherolles. 

18. Arch. nat., JJ 77, n* 307. 

19. Chantecoq, Loiret, arr. de Montargis, cant. de Courtenay. 

20. La Selle-sur-le-Bied, Loiret, arr. de Montargis, cant. de Courtenay. 

21. Ordonnances, t. II, p. 302. 

22. Arch. nat., X 1 * 12, fol. 300 v*. 

23. Arch. nat., JJ 78, n* 245. 

24. Ferrières, Loiret, arr. de Montargis, ch.-l. de cant. 

25. Dominus Dyonisius Magni, prior capellanus Regis, pro simili, per ejus 
recognitoriam datam xxiiii* dicti menais, pro ducendis sanctis reliquiis capelle 
regalis predicte, de Parisiua apud Montera Argi, in instanti festo Penthecostes 
Domini, ad dominnm Regem, easque de dicto loco Parisiua reducendis, ac 
aliis neccessitatibus in hoc facto, 58 1. p. corapt, per dominura Petrum Renardi 
ut et ubi supra (Journaux du Trésor de Philippe VI de Valois, n* 1199; 
voir aussi Guesnon, Inventaire chronologique des chartes de la ville d’Arras, 
p. 95, n* 95). 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



48 VOYAGE DE PHILIPPE VI DE VALOIS DANS LE MIDI DE LA FRANCE. 

Pendant le mois de juin, il continua à séjourner dans le Gâti- 
nais. Nous le trouvons successivement, pendant la première 
partie de ce mois, à Montargis, à Lorris, à Paucourt. On peut 
ainsi se rendre compte, par l’énumération de tous ces séjours, 
que Philippe de Valois était alors loin du Languedoc. 

L’erreur considérable dans laquelle sont tombés Dom Vais- 
sète, son annotateur A. Molinier et tous les autres érudits après 
eux montre une fois de plus combien il est nécessaire, quand 
on veut dresser l’itinéraire d’un roi, de bien examiner les for¬ 
mules qui se trouvent, soit sur le repli des actes, dans les origi¬ 
naux, soit à la suite de ces actes dans les transcriptions, et par 
suite quelle faute commettent les éditeurs de lettres royaux en 
omettant ces mentions, qui, pour bien dater l’acte et souvent 
pour bien le comprendre, sont de la plus grande importance. 

Jules Viard. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



ROULEAU MORTUAIRE DE MARIE 

ABBESSE DE LA TRINITÉ DE CAEN 

(t 4404). 

--- i :- 

Sous le n° LXXIX de ses Rouleaux des morts 1 , M. Delisle 
écrit : € Le 5 août 1862, j’ai vu chez M. Mancel, ancien libraire 
à Caen, un assez long morceau d’un rouleau funéraire du com¬ 
mencement du xv* siècle. Il a été expédié par l’abbaye de la 
Trinité de Caen. Le fragment qui subsiste renferme l’encyclique, 
la liste des maisons qui étaient en communion de prières avec 
l’abbaye de la Trinité et un certain nombre de titres qui sont en 
général datés et conçus suivant la formule habituelle des rou¬ 
leaux de cette époque. » Et dans le Supplément à la liste de 
ces rouleaux, dont il a fait précéder l’édition phototypique du 
Rouleau mortuaire du B. Vital , abbé de Savigni 2 : « Ce 
rouleau a été mis en circulation après la mort de l’abbesse 
Marie, arrivée le 3 avril 1404 (n. st.). Deux peaux de ce rouleau 
sont conservées à Caen, dans la collection Mancel, à la fin du 
volume XVI du Recueil de chartes. » 

Pierre-Bernard Mancel 3 , libraire caennais, parut, de son 
vivant, toujours peu enclin à mettre les travailleurs au fait des 
manuscrits qu’il avait diligemment rassemblés. Ce n’était point 
sans raisons. Mais sa libéralité, prudemment contenue, s’affirma 
après la mort. Aujourd’hui, ses collections diverses sont tenues 
à la disposition de tous par la ville de Caen, son héritière. La 
copie du rouleau de l’abbesse Marie 4 ne nous présentait donc 

1. Paris, Société de ( histoire de France, 1866, in-8*, p. 475. 

2. Paris, 1909, in-fol., p. 35, n* 29. 

3. 1798-1872. 

4. Marie de Wargnies, fille du picard Robert de Wargnies, bailli de Caen. 
Cf. A. Corille, les États de Normandie , leurs origines et leur développement 
au XIV* siècle. Paris, 1894, in-8*, p. 308-311. 

1910 4 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



« 


50 ROULEAU MORTUAIRE DE MARIE 

d’autre difficulté que celle, assez forte, il est vrai, qui résulte de 
son mauvais état de conservation. Le parchemin, dont nous ne 
possédons que deux fragments (de 620 x 225 et 490 x 220) *, a, 
en eflet, longtemps souffert de l’humidité, et la préparation à 
base de noix de galle, qui, par la suite, lui fut appliquée, ne lui 
a pas été favorable. Il convient de voir, sans aucun doute, dans 
ce rouleau mortuaire, l’un des titres précieux que la dernière 
abbesse de la Trinité de Caen, M me de Pontécoulant, enferma, 
en 1790, dans une malle dissimulée sous les combles de son 
église. Vingt ans plus tard, lorsque l’historien de Caen, l’abbé 
Gervais De La Rue, fit découvrir la cachette, la pluie avait 
gâté presque tout 2 . D’où les graves lacunes du fonds de la Tri¬ 
nité aux archives du Calvados. 

L’encyclique de notre rouleau expose, en termes empruntés 
à la Bible, les mérites de l’abbesse Marie; ce que nous y trou¬ 
vons sur les constructions et les biens dont elle enrichit son 
monastère est, par malheur, bien imprécis. Après la liste des 
sœurs, amis, bienfaiteurs et familiers de l’abbaye recommandés 
aux prières, vient une liste des religieuses récemment défuntes, 
dans l’ordre des quantièmes de leur mort. Il est aisé de recon¬ 
naître que cette liste, qui ne compte pas moins de vingt-trois 
noms, va de 1400 à 1404. Nous savons 3 , en effet, que Caen, et 
particulièrement le Bourg-1’Abbesse, subit en ces années l’at¬ 
teinte de la peste. Enfin, on peut rapprocher l’énumération qui 
suit des monastères affiliés, de celle que présente le rouleau de 
la première abbesse de la Trinité, Mathilde, fille de Guillaume le 
Conquérant 4 . 

Le porteur du rouleau mortuaire quitta l’abbaye le 25 mars 
1405 \ 

L’abbesse Marie était morte le 3 avril précédent, 1404- Nous 

1. Collection Mancel, à l'hôtel de ville de Caen. Recueil de chartes et pièces 
diverses, t. XVI, n M 94-95. 

2. 6. De La Rue, Essais historiques sur ta ville de Caen. Caen, 1820,2 vol. 
in-8*, t. Il, p. 28. 

3. O. De La Rue, Nouveaux essais historiques sur la ville de Caen. Caen, 
1842, 2 vol. in-8*, t. H, p. 256. 

4. L. Delisle, Rouleaux des morts , XXXVI, p. 177-279. 

5. Plusieurs titres montrent que le rouleau circulait encore en 1408. Mais 
les deux peaux qui restent ne nous permettent de relever le passage du rotu- 
larius que dans le Maine et l’Anjou (août 1405), puis dans le Beauvaisis (juil¬ 
let 1408), par deux intercalations. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



ABBESSE DE LA TRINITÉ DE CAEN. 


51 


possédons de sa pierre tombale, disparue à la Révolution, deux 
dessins exécutés dans les premières années du xvm* siècle 1 . 
L’inscription qu’on y lit date la mort de l’abbesse du 4 avril 
1401 ou du 4 avril 1407. Le copiste aura pris, dans le premier 
cas, pour le mot un le chiffre IIII, et, dans le second, les deux 
premiers II pour V. La Neustria pia 2 et la Gallia christiana 3 
ont adopté la date de 1407. En fait, la liste des abbesses de 
Caen, dans ces deux recueils, est pleine d’incertitude et d’er¬ 
reurs. Et, pour la rectifier, le rouleau mortuaire de l’abbesse 
Marie nous enlève quelque peu de la confiance que l’on pour¬ 
rait avoir dans les reproductions conservées des anciennes dalles 
mortuaires 4 5 . 

R. N. Sauvage. 


Universis* ecclesie Christi fidelibus presentem litteram inspecturis, 
Margarita, abbatissa monasterii Sancte Trinitatis de Cadomo, Baio- 
censis diocesis, ordinis Sancti Benedicti, et ejusdem Ioci conventus 
humiles, salutem et suarum precum suffragia devotarum. Cum fortis 
mulier laudari debeat, secundum sentenciam Salomonis, potissime 
in illo tempore quo sanctitatis mérita solidius extolluntur, scilicet 
post presentis vite curricula, quando nec laudato adulatio nocet, nec 
temptare potest elatio coramendatum, hinc est quod bone memorie 
mater nostra, Maria, monasterii nostri nuper abbatissa, nuncautem, 
quod sine merore loqui non possumus, sublata de medio, a nobis, 

1. B. Bouchot, Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières, 
Paris, 1891, 2 vol. in-8*, t. Il, p. 57, n* 4160, et Catalogue des abbesses de 
la Trinité de Caen, rédigé par G.-A. de La Roque, transcrit et illustré de la 
reproduction de leurs blasons et de leurs tombeaux par La Bataille- 
Auvray , annoté et complété par l'abbé De La Rue . Collection Mancel, 
ms. 80(11), fol. 28. — M. de Blangy a donné de ce curiepx manuscrit du 
xvin* siècle nne édition, tirée à très petit nombre, sons le titre : Abbesses et 
pierres tombales des abbesses du moustier de Sainte-Trinité de Cain. Caen, 
Valin, s. d., in-4\ — Cf. aussi : E. de Beaurepaire, les Pierres tombales de 
T église de Vabbaye de la Trinité et le monument des trois sœurs de Mont¬ 
morency (d'après les dessins de La Bataille-Auvray), dans les Réunions des 
Sociétés des beaux-arts des départements , t. XIX.*Paris, 1895, p. 523-533, fig. 

2. Rouen, 1663, in-fol., p. 664. 

3. Tome XI, col. 434. 

4. Le musée des Antiquaires de Normandie, à Caen, possède encore quelques 
dalles funéraires des abbesses de la Trinité. Cf. Gervais, Catalogue. Caen, 
1864, in-8*, p. 86-87. 

5. L’initiale U seule est ornée. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



52 


ROULEAU MORTUAIRE DE MARIE 


que ejus conversationem cognovimus laude dignam, merito debet 
commendari, ul omnes, vitara ejus audientes, ad orandura pro ipsa 
devocius valeant inflammari, nam, secundum veritatem catholicam, 
pro illis defunclis esse orandum credimus, qui in vita sibi prodesse 
ecclesie suffragia meruerunt. Sane a juventutis sue flore, ut mulier 
fortis, manum suam mittens ad forcia, amore veri sponsi Christi, 
regnum mundi et omnem ejus omatum contempsit, et, accingens 
fortitudine lumbos suos, pudiciciam suam Domino consecravit, 
insuper et, brachium suum corroborans, sponso suo actione virtu- 
tum multimode placere studuit, sicut tradunt omnes qui ejus vitam 
ab initio noverunt. Sciebat enim, sicut de Ruth legitur, omnis 
populus, qui intra portas ejus habitabat, eam esse mulierem vir- 
tutis; ceterum, quia laudabant eam in portis ejus opéra, fama boni* 
tatis ejus inter consorores crebrescente, ad earuradem regimen, divina 
favente gracia, meruit promoveri ; offlcium sibi commissum non 

segniter exercuil, sed eandem humilitatem eandemque mansuetudi* 

♦ 

nem, quibus antea polebat, sectabatur; porro, quia lex clemcncie in 
lingua ejus fllias non sarcina preceptorum agravabat, non asperitate 
verborum oiïendebal, sed erat in correctione benigna, in exhorta- 
cione discretta, in oratione devota, parca sibi et aliis larga, quippe 
ut lucerna super candelabrum posita, omnibus, qui in domo erant, 
ad exemplum virtutum fulgoribus relucebat, nam, secundum ver- 
bum Sapientis, mulieris bone sj)ecies in ornamentum domus ejus. 
Postremo, quia cure pastoralis est non tantum subdilis in spirituali- 
bus proftcere, verum etiam, prout nécessitas requirit, in lemporali- 
bus providere, ipsa, sicut de muliere fort! legitur, dédit predam 
domeslicis suis et cibaria ancillis suis, domum nostram ediflciis, 
prediis et possessionibus ampliavit, ut omnibus ibidem Deo servien- 
tibus possint vite necessaria minislrari habundancius et egenis 
largius erogari. Quamvis igitur piam matrem piis operibus con* 
summatam de fructu manuum suarum cum Christo perhenniter 
sociari credamus, tamen, quia nullus scit quantum ille judex equis- 
simus districte judicet et severe puniant (aie), qui eciam de verbis 
occiosis exiget rationem, rogamus affectuose caritatem vestram ut, 
si quod cremabile lignum, fenum aut stipam secum tulil, oblatione 
hostie salularis et orationum eidem impetrare misericorditer sata- 
gatis. Sed et sorores nostras et omnes utriusque sexus amicos, 
benefactores et familiares nostros, quorum, ut advertere possumus, 
nomina subnotantes, vestre caritati attencius commendamus : Guil* 
lelmum, regem Anglorum, Maltidem, régi nam, ejus uxorem, nostri 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



ABBESSE DE LA TBINITÉ DE CAEN. 


53 


cenobii fundatores, Petronillam atque Guillelmam, priorissas, Nico- 
laam, Luciam, Johannam, Johannam, Theophaniam, Johannam, 
Robinam, Philippam, Mariam, moniales sacratas, Johannam, Mar- 
tinam, Johannam, Guillelmam, Mariam, Johannam, Henriciam, 
Guillelmam, Guillelmam, Mariam, Nicholaam, expresse professas, 
Robertum, militem, Kalarinam, ejus uxorem, Johannem, militent, 
Robertum, Ingerendum, Ludovicum, Nicolaum, Keginaldum, Johan¬ 
nem, Johannem, presbyteros, Johannem, Johannem, armigeros, 
Simonem, presbyterum, Jamolum, Garinum et Robertum, Henri- 
cum atque Guillemetam, ejus uxorem, cum ceteris, ut preees et 
orationes vestras devotas in suis necessitatibus valeant percipere 
adjutrices, sic et nos pro vobis et vestris, in casu simili, virent pro 
vice reddere teneamur. Insuper et Johanni Guerart, noslro rotu- 
lario. subvenite, precamur pro Domino, ne penuria victusab incepto 
defficiat, sed, vobis sibi benigne sufraganlibus, bene ceptum opus ad 
effectum usque perducat diem qua apud vos fueril receptus. Pre- 
senti rotulo, si placet, subscribere curetis. Valentis in Christo Jcsu 
cum augmentatione virtutis et gratie. Amen. 


Obiit iij° nonas aprilis prefata Maria, nuper abbatissa; iiij 0 idus 
aprilis Petronilla, priorissa; iij° idus junii Guillelma, priorissa; 
iij° idus aprilis Nicolaa; vj° idus marlii Lucia; sexto kalendas junii 
Johanna ; xiij 0 kalendas octobris Johanna; xvj° kalendas junii 
Theophania; ij° kalendas julii Johanna et Philippa atque Robina; 
vj° nonas julii Maria, moniales Deo sacrale; vij° idus dccembris 
Johanna; ij° idus martii Martina; iiij 0 idus octobris Johanna; 
j° idus julii Guillelma; xij° kalendas augusti Maria; primo idus 
aprilis Johanna; viij° idus junii Ilenricia; primo nonas augusti 
Guillelma; viij° idus augusti Guillelma; ij° kalendas fehruarii 
Maria; iij° idus augusti Nicolaa et moniales expresse professe. 


A congregalione sancle Trinitatis Fiscanensis 1 nobis debentur 
septem officia, et ipsis a nobis. 

A congregatione sancte Trinitatis Montis 3 , totidem. 

A congregatione sancti Audoeni 3 , septem. 

A congregatione sancti Vandregisilli 4 , septem. 

» 

« 

t. L'abbaye de Fécatnp, diocèse de Rooeo. 

2. L'abbaye de la Trioité-da-Moat, A Rooeo. 

3. L'abbaye de Saint-Oaen, A Rooeo. 

4. L’abbaye de Saiot-Wandrille, diocèse de Rouen. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



54 


BOULEAU MORTUAIRE DE MARIE 

A congregatione sancti Pétri in Gemetico 4 , septera. 

A congregatione sancte Marie Recensis (aie)*, septem. 

A congregatione sancte Marie Columbensis 9 , septem. 

A congregatione sancti Leodegarii 4 , tringita (sic). 

A congregatione sancti Pétri de Pratellis 5 , septem. 

A congregatione sancte Marie Divensis 6 , septem. 

A congregatione sancti Martini de Troarno 7 , xxx u . 

A congregatione sancte Trinitatis Monasterii Villaris 8 , vij lem . 

A congregatione sancti Michaellis in monte 9 , septem. 

A congregatione sancte Marie Longensis 40 , septem. 

A congregatione sancte Marie Caulensi (sic) 44 , septem. 

A congregatione sancte Marie de Bello Hoyno (sic)**. 

A congregatione sancti Egidii 49 , tria. 

A congregatione sancte Marie de Bellomonte 44 , decem. 

A congregatione sancti Fulgencii 45 , septem. 

A congregatione sancti Juliani 46 , tria. 

A congregatione sancti Ebrulphi 47 , tria. 

A congregatione sancte Marie de Caritate 48 , vij t ® ,n . 

A congregatione sancti Stephani Cadomensis 49 , septem. 

A congregatione sancti Benedicti supra Ligerim 90 . 

A congregatione beate Marie de Lira 94 , tria officia, et a nobis 
li ben ter. 

1. L’abbaye de Jumièges, diocèse de Rouen. 

2. L’abbaye de Ressons, diocèse de Rouen. 

3. L’abbaye de Coulombs, diocèse de Chartres. 

4. L'abbaye de Saint-Léger de Préaux, diocèse de Lisieux. 

5. L'abbaye de Saint-Pierre de Préaux, diocèse de Lisieux. 

6. L'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dive, diocèse de Séez. 

7. L’abbaye de Troarn, diocèse de Bayeux. 

8. Sans doute l'abbaye de Notre-Dame de Montivilliers, diocèse de Rouen. 

9. L’abbaye du Mont-Saint-Michel, diocèse d’Aranches. 

10. L’abbaye de Longues, diocèse de Bayeux. 

11. L’abbaye de Chelles, diocèse de Paris. 

12. L'abbaye du Bec, diocèse de Rouen. 

13. Le prieuré de Saint-Gilles de Pont-Audeiner, diocèse de Lisieux. 

14. Le prieuré de Beaumont-en-Auge, diocèse de Lisieux. 

15. Non identifié. 

16. L'abbaye de Saint-Julien de Tours (T). 

17. L’abbaye de Saint-Évroul, diocèse de Lisieux. 

18. Le prieuré de la Charité-sur-Loire, diocèse d’Auxerre. 

19. L’abbaye de Saint-Étienne de Caen, diocèse de Bayeux. 

20. L'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire, diocèse d’Orléans. — Ajouté d'une 
autre main, ainsi que le suivant. 

21. L'abbaye de Lire, diocèse d'Évreux. — Les quatre derniers mots barrés. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




ABBESSE DE LA TB1NITE DE CAEIV. 


55 


Hanc societatem pepigimus cum monialibus sancte Marie Evraldi 4 
ut, per singulos annos, pro defunctis illis, tria officia mortuorum 
faciamus, in illis diebus qui sunt inter Pascha et Penthecostem, et 
ille similiter pro nostris. 

Item habemus de societate nostra religiosos sancti Nicholay Ande- 
gavensis*. 

Item religiosos monasterii Majoris Monasterii*. 

Sancti Quintini prope Belvacum 4 . 

Titulus monasterii sancte Trinitatis de Cadomo, ordinis sancti 
Benedicti, Baiocensis diocesis. Rotulus iste recessit a nobis vice* 
sima quinta die mardi, anno Doraini millesimo cccc mo anno 
quarto. 

Titulus ecdesie sancti Stephani de Cadomo 1 , ordinis sancti 
Benedicti, Baiocensis diocesis. Rotulus iste presentatus fuit apud 
nos anno Domini millesimo cccc® 0 quarto, xxv° mensis martii. 
Oramus pro vestris. O rate pro nostris. Anime eorum et omnium 
fidelium deffunctorum per misericordiam Dei requiescant in pace. 
Amen. 

Noverint universi quod iste rotulus fuit presentatus fratribus 
beate Dei genitricis virginis Marie de Monte Carraeli conventus 
Cadomensis 6 , Baiocensis dyocesis, feria sexta post Letare Jérusa¬ 
lem , anno Domini melesimo {sic) cccc° quarto. Anime omnium 
fidelium per misericordiam Dei requiescant in pace. Amen. 

»••#»•••#• • t •••••••••• 

Rotulus iste fuit presentatus in ecdesia collegiata [beatissimi] 
Mauritii Andegavensis 7 , die vicesima mensis augusti, anno Domini 
millesimo quadringentesimo quinto. Orate pro nostris. Oramus pro 
vestris. Anime omnium fidelium deffunctorum per misericordiam 
Dei requiescant in pace. 

Rotulus iste presentatus fuit in ecclesia collegiata [beati] Johannis 
Baptiste Andegavensis 8 , die vicesima mensis augusti, anno Doraini 

1. L’abbaye de Fontevrault, diocèse d'Angers. 

2. L’abbaye de Saint*Nicolas d’Angers. 

3. L’abbaye de Marmontier, diocèse de Tours. 

4. L’abbaye de Saint-Quentin de Beauvais. 

5. Saint-Étienne de Caen. 

6. Les Carmes de Caen. 

7. La cathédrale Saint-Maurice d’Angers. 

8. L’église Saint-Jean d’Angers. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




56 


.ROULBAU MORTUAIRE DE MARIE 


miUesimo cccc mo quinto. Orale pro nostris. O ram us pro vestris. 
Anime omnium fldelium deffunctorum per misericordiam Dei 
requiescant in pace. 

Rotulus iste presentatus fuit in ecdesia collegiata beate Marie 
in Castro Belvacensi 1 2 3 4 5 , décima octava die mensis julii anno Domini 
m° cccc 0 octavo. Orate pro nostris. Oramus pro vestris. Anime 
omnium fldelium defunctorum per misericordiam Dei requiescant 
in pace. Amen. 

Rotulus iste presentatus fuit in ecclesia beate Marie de Sancto Paulo 
juxta Belvasencem 8 , décima octava die mensis julii anno Domini 
m° cccc 0 octavo. Orate pro nostris. Oramus pro vestris. Anime 
omnium fldelium defunctorum per misericordiam Dei requiescant 
in pace. Amen. 

Rotulus iste fuit presentatus in ecclesia beatorum martirum Sergii 
et Bachi prope muros, Andegavis 3 , ordinis sancti Benedicti, die xx ma 
mensis augusti, hora complectorii. Orate pro nostris. Oramus pro 
vestris. Anime omnium fldelium deffunctorum requiescant in pace. 
Anno Domini millesimo cccc 0 quinto. 

Rotulus iste fuit presentatus in ecclesia beati Magnobodi, Ande¬ 
gavis 4 , die vicesima mensis augusti anno Domini millesimo qua- 
dringentessimo (sic) quinto. Orate pro nostris. Oramus pro vestris. 
Anime omnium fldelium defunctorum per misericordiam Dei 
requiescant in pace. Amen. 

Rotulus iste presentatus fuit in ecclesia sancti Micaelis Belvacen- 
sis 8 , hora misse. Orate pro nostris. Orabimus pro vestris. Et anime 
omnium fldelium requiescant in gaudium. Actum anno Domini 
millesimo quadrigentesimo (sic) octavo die sancti Arnulphi, marti- 
ris, et in mense julii. 

Rotulus iste fuit presentatus in ecclesia beatissimi Martini Ande- 
gavensis 6 , die vicesima prima mensis augusti, anno Domini mille¬ 
simo quadringentesimo quinto. Orate pro nostris. Oramus pro ves¬ 
tris. Anime omnium fldelium deffunctorum per misericordiam Dei 
requiescant in pace. Amen. 


1. L'église Notre-Dame de Beauvais. 

2. L’église Saint-Paul-lez-Beauvais. 

3. L'église Saint-Serge-lez-Angers. 

4. L’église Saint-Maimbeuf d’Angers. 

5. L'église Saint-Michel de Beauvais. 

6. L’église Saint-Martin d’Angers. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




ABBESSE DE LA TRINITÉ DE CAEN. 


57 


Rotulus iste fuit presentatus in ecclesia beatissimi Laudi prope 
Andegavum *, die vicesima prima mensis augusti, anno Domini 
millesimo quadringentesimo quinto. Orale pro nostris. Oramus pro 
vestris. Anime omnium fldelium deffunctorum per misericordiam 
Dei sine fine requiescant in pace. Ameri. 

Rotulus iste presentatus fuit in elemosinaria beati Johannis Evan¬ 
géliste Andegavensis 1 2 3 , die xxj* mensis augusti, anno Domini mille¬ 
simo quadringentesimo quinto. Orate pro nostris. Oramus pro ves¬ 
tris. Anime omnium fidelium deffunctorum per misericordiam Dei 
sine fine requiescant in pace. Amen. 

Rotulus iste presentatus fuit in monasterio Omnium Sanctorum, 
Andegavis 3 , ordinis sancti Augustini, die xx“* prima mensis 
augusti, anno Domini millesimo quadringentesimo quinto. Orate 
pro nostris. Oramus pro vestris. Anime omnium fidelium delfunc- 
torum per Dei misericordiam requiescant in pace. Amen. 

Rotulus iste presentatus fuit in monasterio beate Marie de Cha- 
lochys 4 , Cisterciencis ordinis, Andegavensis diocesis, ordinis sancti 
Bernardi abbatis, die xxij* secunda (sic) mensis augusti, anno 
Domini millesimo cccc® 0 quinto. Orate pro nostris. Oramus pro 
vestris. Anime omnium fidelium delTunclorum per Dei misericor¬ 
diam Dei (sic) sine finem (sic) requiescant in pace. Amen. 

Rotulus iste fuit presentatus apud nos in monasterio sancti Pétri 
de Solesmo 5 , ordinis sancti Benedicti, Cenomannensis diocesis, die • 
xxiij* mensis augusti, anno Domini millesimo cccc mo quinto. Orate 
pro nostris. Oramus pro vestris. Anime omnium fldelium defuncto- 
rum requiescant in pace. Amen. 


1. L'église Saint-Lô d’Angers. 

2. L'hôpital de SaintJean-l’ÉTangéliste d’Angers. 

3. L’abbaye de Toussaint d'Angers. 

4. L'abbaye de Notre-Dame de Chaloché, diocèse d’Angers. 

5. Le prieuré de Saint-Pierre-de-Solesmes, de l’abbaye de la Couture, dio¬ 
cèse du Mans. 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




DÉCOUVERTE 


DE 

DEUX IMPORTANTS MANUSCRITS 

DE LA 

« LIBRAIRIE » DES DUCS DE BOURGOGNE. 


I. 

Il y a vingt-deux ans, le 18 avril 1888, je lisais à la Société 
des Antiquaires de France un mémoire sur l’enlumineur flamand 
Loyset Lyedet. Dans ce mémoire, que j’ai eu le tort de laisser 
. inédit, j’étudiais principalement les œuvres exécutées par Lye¬ 
det pour les ducs de Bourgogne Philippe le Bon et Charles le 
Téméraire et pour leur contemporain et rival dans l’amour des 
beaux livres, Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse 1 . 

Parmi les documents établissant les rapports de Loyset Lyedet 
avec la cour de Bourgogne se rangent des extraits d’un compte 
rendu par Guilbert de Ruple, argentier du duc de Bourgogne, 
qui ont été publiés successivement par le marquis Léon de 
Laborde et par Pinchart et qui sont ainsi conçus : 

[Juillet 1468.] A Loyset Lyedet enlumineur (suivent des détails 
sur des manuscrits dont nous n’avons pas à nous occuper ici). 

Audit Loyset, pour avoir fait encoires xx ystoires de pluseurs 
couleurs ou livre intitulé : la Vengance de Nostre Seigneur 
Jhesu-Crist , toutes d’une grandeur, audit pris de xviij s. chascune 
ystoire : xviij livres. 

1. Cf. Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France , année 1888, 
p. 179. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DEUX MANUSCRITS DE LA « LIBRAIRIE » DBS DUCS DB BOURGOGNE. 59 


Pour avoir fait xxiiij grandes lettres à champaigne d’or et vin- 
gnettes dedens, à xij deniers piece, font xxiiij s. 

Pour avoir fait relyer et couvrir ledit livre : xxxj s. 

Pour x gros doux de letton ; pour petis doux, pour les attachier 
dessus, et pour couroyes de cuir à le fermer : xiiij s. 

A Yvonnet le Jeune, clerc, escripvain, pour avoir escryt et grossé 
en lettre bastarde ledit livre intitulé : la Vengance de Nostre Sei¬ 
gneur J hesu-C ris t, pour mondit seigneur, contenant xxxviij kayers 
de parchemin, au pris de xvj s. le kayer, font : xxx livres viij s. 1 . 


Q résulte, on le voit, de ce document que le calligraphe 
Yvonnet le Jeune avait copié, en grosse écriture bâtarde, un 
manuscrit intitulé : la Vengeance de Notre-Seigneur Jésus- 
Christ et que Loyset Lyedet avait peint vingt « ystoires », 
c’est-à-dire vingt miniatures, dans ce volume qu’il s’était occupé 
de faire recouvrir d’une reliure munie de gros et petits clous 
de laiton. 

Le compte en question se rapporte à l’année 1468, époque où 
le duché de Bourgogne avait déjà passé à Charles le Téméraire. 
Mais il régularisait, comme il arrive souvent en pareil cas, des 
travaux exécutés pour la cour de Bourgogne à une date un peu 
plus ancienne. Dans l’inventaire dressé à Bruges vers 1467, et 
qui fait partie des inventaires publiés par Barrois 2 , on voit déjà 
apparaître le manuscrit de la Vengeance de Notre-Seigneur 
Jésus-Christ , avec sa reliure à clous : 


Ung livre en parchemin, couvert d’ais noirs, bien clouez, intitulé 
au dehors : Cest la Vengence de N[of]re Seigneur Jhes. Christ; 
comançant au second feuillet apres la table : Contre Jh. Ch. leur 
seigneur , et au dernier : savoit la mort de J. C. (Barrois, p. 433, 
n° 792). 


1. Pinchart, Miniaturistes, enlumineurs et calligraphes employés par 
Philippe le Bon et Charles le Téméraire (dans le Bulletin des Commissions 
royales d'art et d’archéologie [de Belgique], t. IV (1865), p. 476), d’après le 
registre n* 1923 de la Chambre des Comptes am Archives du royaume 
[de Belgique]. — Le marquis (alors comte) Léon de Laborde avait déjà 
imprimé les mêmes textes en 1849 (les Ducs de Bourgogne, t. I, p. 502, 
n M 1959-1963), d'après un double du même compte conservé à Lille dans les 
archives du département du Nord, B. 2068. Cf. chanoine Déliais net, Inventaire 
sommaire des archives du Nord, série B, t. IV, p. 227. 

2. Bibliothèque protypographique. Paris, 1830, in-4*. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



60 


DECOUVERTE DE DEUX IMPORTANTS MANUSCRITS 


Le même volume est encore catalogué dans l’inventaire de 
Bruxelles, qui date de 1487 : 

Ung autre grant volume, couvert de cuir noir, à tout cloans et 
cincq boutons de léton sur chacun costé, historié et intitulé : la Ven - 
geance de Notre Seigneur Jésus Crist; encomenchant ou second 
feuillet : Corne 4 Jésus-Crist leur seigneur , et finissant ou der- 
renier : in secula seculorum. Amen (Barrois, p. 240, n° 1680). 

En préparant mon mémoire de 1888 sur Loyset Lyedet, je 
me préoccupai naturellement de retrouver ce manuscrit de 
la Vengeance , très important pour moi en l’occurrence 
puisqu’il renfermait vingt miniatures de mon enlumineur, 
authentiquées par un texte formel. Mais c’est en vain que je 
cherchai le volume dans les différents dépôts qui se partagent 
aujourd’hui la majeure partie des livres de l’ancienne « librai¬ 
rie » des ducs de Bourgogne, b Bruxelles, la Haye, Paris, 
Vienne et Oxford. Vainement encore, je fouillai, toujours dans 
le même but, la plupart des bibliothèques publiques de France, 
d’Angleterre, de Belgique, de Hollande, d’Allemagne, d’Es¬ 
pagne, d’Italie. Nulle part, je ne rencontrai la Vengeance 
illustrée par Lyedet. Déjà, avant moi, Pinchart avait fait, sans 
doute sur des bases beaucoup moins larges, une enquête ana¬ 
logue, et celle-ci ne lui avait non plus fourni aucun résultat 2 . 
On pouvait, d’ailleurs, vérifier, circonstance fâcheuse, que le 
manuscrit avait dû être distrait de bonne heure des anciennes 
collections de la maison de Bourgogne, car, après son enregis¬ 
trement dans l’inventaire de 1487 dressé à Bruxelles, sa trace 
disparaît complètement des documents relatifs aux bibliothèques 
restées en Belgique. 

Après vingt ans et plus de recherches infructueuses, j’avais à 
peu près perdu tout espoir de retrouver ce « manuscrit fan¬ 
tôme », lorsqu’au printemps de 1908 je reçus le catalogue de 
l’exposition de manuscrits enluminés qui devait s’ouvrir à 
Londres, au Burlington Fine Arts Club, le 19 mai 3 . Dans ce 

1. Le moi corne est évidemment une fausse lecture pour contre. 

2. Pinchart, dans le Bulletin des Commissions royales d’art et d’archiologie 
(déjà cité plus haut), t. IV, p. 503. 

3. Burlington Fine Arts Club. Exhibition of illuminated manuscripts , 
[rédigé par Sydney C. Cockerell.] London, printed for the Burlington Fine Arts 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE LA « LIBRAIRIE » DES DUCS DE BOURGOGNE. 


61 


catalogue figurait sous les n°* 161 et 162, exposé par Sa Grâce 
le duc de Devonshire, un exemplaire de la Vengeance de Notre- 
Seigneur Jésus-Christ , et cet exemplaire était orné de vingt 
miniatures., c’est-à-dire le nombre voulu. Mais le catalogue, 
dressé avec beaucoup de soin et de compétence par M. Sydney 
C. Cockerell, indiquait que l’on ne savait rien du premier pos¬ 
sesseur de ce manuscrit. En outre, il était constitué de deux 
tomes, alors que l’exemplaire jadis possédé par les ducs de Bour¬ 
gogne ne formait qu’un seul volume. 

C’était à Londres qu’il me fallait aller chercher la clef du 
mystère. Loyset Lyedet est heureusement un maître dont on a 
pu retrouver, grâce aux indications fournies par les textes, 
toute une série d’œuvres certaines 1 . Je me bornerai ici à citer 
les images des Faits et gestes d’Alexandre, par Vasco de 
Lucena appartenant à la Bibliothèque nationale de Paris 
(ms. français 22547), volume qui a été, précisément comme 
la Vengeance, calligraphié par Yvon net le Jeune et illustré 
par Lyedet. D’autre part, les productions indiscutables de 
Loyset Lyedet révèlent dans cet artiste un des enlumineurs 
flamands dont le style est le plus tranché en même temps que 
le plus constamment uniforme. Quand on a étudié, en en scru¬ 
tant les détails, quelques-unes des suites de miniatures sorties 
de son fécond pinceau, on arrive à pouvoir très facilement 
reconnaître à première vue la manière du maître, son dessin aux 
lignes très sèches, ses têtes reproduisant toujours la même col¬ 
lection de types peu variés, ses sourires béats, ses bouches 
énormes fendues en coup de sabre, ses corps émaciés, ses 
jambes démesurément longues. Étaient-ce ces traits si caracté¬ 
risés qui allaient m’apparaître au Burlington Fine Arts Club 


Club, 1908, in-4\ — Il a paru aussi de ce catalogue une grande édition de 
luxe, in-folio, illustrée de 162 planches. 

1. Voir : Pinchart, Miniaturistes, enlumineurs, etc., dans le Bulletin des 
Commissions royales d'art et d'archéologie, t. IV, p. 473-510; abbé Dehaisnes, 
Documents inédits concernant Jean te Tavemier et Louis Liédet, dans le 
même Bulletin, t. XXI (1882), p. 20-38; L. Delisle, te Cabinet des manuscrits, 
t. III, p. 341 ; Henry Martin, Une œuvre de lenlumineur Loyset Lyedet, 
dans Musées et monuments de France, 1907, p. 65-67; Paul Durrieu, Alexandre 
Bening, dans la Gazette des beaux-arts, 1891, t. II, p. 62; Georges Doutre- 
pont, la Littérature française à la cour des ducs de Bourgogne (Paris, 1909, 
in-8*), aux pages indiquées à la table au mot Loyset; etc. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



62 


DÉCOUVERTE DE DEUX IMPORTANTE MANUSCRITE 

dans l’exemplaire de la Vengeance exposée par le duc de 
Devonshire ? 

A peine eus-je fiait quelques pas dans la salle où s’entassait un 
éblouissant trésor de merveilleux volumes à peintures que j’aper¬ 
çus dans la vitrine M, sur la planche supérieure et à la gauche 
de cette planche, deux in-folio grossés de cette belle écriture 
bâtarde, bien connue des spécialistes en la matière, qu’em¬ 
ployaient les Yvonuet le Jeune et autres calligraphes de la 
cour de Bourgogne du temps de Philippe le Bon. En m’appro¬ 
chant de plus près, je vis sur l’un et l’autre des deux volumes, 
à l’endroit où ils étaient ouverts, une miniature présentant de la 
manière la plus nette l’aspect des créations de Loyset Lyedet. 
Et ces deux volumes étaient précisément la Vengeance de 
Notre-Seigneur Jésus-Christ 1 . 

Tenais-je enfin le manuscrit tant cherché à travers maintes 
contrées? Pour en être sûr, il me restait à vérifier si l’exem¬ 
plaire correspondait au signalement donné par les articles que 
j’ai reproduits plus haut des inventaires de la librairie des ducs 
de Bourgogne. J’obtins, grâce à la complaisance de M. S. C. 
Cockerell et de mon ami M. Henry Yates Thompson, le grand 
et libéral amateur anglais, la faveur de feuilleter le livre. Je 
reconnus d’abord que les deux tomes actuels, recouverts d’une 
reliure du xvm® siècle en maroquin olive, répondaient en réa¬ 
lité à un unique volume primitif, arbitrairement coupé en deux ; 
et ce volume primitif comptait 304 feuillets formant, à raison de 
huit feuillets par cahier, trente-huit cahiers, c’est-à-dire exac¬ 
tement les « xxxviii kayers » payés à Yvon net le Jeune en 
1468. D’un autre côté, dans le volume primitif, le second feuil¬ 
let après la table commençait bien par les mots : contre Jésus 
Crist leur seigneur, tandis que le dernier débutait par : savoit 
la mort de Jésus Crist et se terminait par : in secula seculo- 
rum. Amen. 

1. La grande édition illustrée dn Catalogue de l’exposition du Burlington 
Club en 1908 donne sur la planche 7 une vue d'ensemble de la vitrine M. 
Les deux tomes de la Vengeance se voient sur cette planche, occupant l’angle 
gauche supérieur de la vitrine. En examinant la page à la loupe, on peut y 
distinguer la grosse écriture bâtarde du calligraphe de la cour de Bourgogne 
et les deux miniatures de Loyset Lyedet. Celles-ci représentent Pilate qui 
converse avec sa femme, ayant un diable derrière lui, et Néron siégeant au 
milieu de son Conseil. 


✓ 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE LA « LIBRAIRIE » DES DUCS DE BOURGOGNE. 


63 


La preuve était faite. J’avais effectivement sous les yeux 
cette copie, insaisissable jusqu’alors, de la Vengeance de Notre- 
Seigneur Jésus-Christ , exécutée pour un des ducs de Bour¬ 
gogne et que Lyedet avait illustré de vingt miniatures 1 . 

Je ne veux m’occuper ici que de ce qui touche à l’origine du 
manuscrit; mais j’indiquerai d’un mot le grand intérêt qu’offre 
encore son contenu. 

Ce que renferme le livre, c’est un Mystère par personnages , 
écrit en vers et destiné à la représentation scénique. Ce Mystère 
de la Vengeance de Notre-Seigneur Jésus-Christ est très 
important pour l’histoire du théâtre au xv® siècle. On en a 
mentionné deux rédactions : l’une, qui est l’œuvre d’Eus- 
tache Mercadé, est conservée en manuscrit à la bibliothèque 
d’Arras (n° 625, ancien 697) ; l’autre, très différente, plus éten¬ 
due et comprenant un plus grand nombre de personnages, a été 
imprimée à Paris, chez Antoine Vérard, en 1491 2 et rééditée chez 
le même libraire en 1494 3 . D’autres éditions encore en ont été 
données par « Le petit Laurens pour Jehan Petit » (fin du 
xv e siècle), Jean Trepperel (1510 et 1531), la veuve de Jean 
Trepperel et Denis Jehannot (s. d.), Alain Lotrian (1539). 
L’attribution de cette seconde rédaction a été très discutée ; on 
a successivement mis en avant, sans preuve sérieuse à fournir, 
Coquillart, Pierre Blanchet et Jean Michel 4 . 

La découverte que l’exposition du Burlington Qub m’a per¬ 
mis de faire, dans les collections du duc de Devonshire, de 
l’exemplaire provenant de la librairie des ducs de Bourgogne 
élargit singulièrement la question et impose une nouvelle étude 
du texte du Mystère de la Vengeance. Dans cette étude, à 
laquelle je me permets de convier quelqu’un de mes confrères, 
il faudra évidemment s’attacher avant tout à cet exemplaire, 
dont les frais d’exécution furent, nous le savons maintenant, 
soldés en 1468, ce qui fournit, pour la discussion critique de 
l’attribution possible à tel on tel auteur, un précieux élément de 
chronologie. 

1. Pour prendre date, j’ai déjà signalé cette identification, le 12 mai 1909, à 
la Société des Antiquaires. Cf. Bulletin de la Société nationale des Antiquaires 
de France, année 1909, p. 236. 

2. Achevé d'imprimer le 28 mai. 

S. Achevé d'imprimer le 6 mars 1493 (v. st.). 

4. Cf. Petit de JollevUle, Histoire du théâtre en France. Les mystères 
(Paris, 1880, 2 vol. in-8‘), t. U, p. 415-418 et 451-460. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



G4 DÉCOUVERTE DE DEUX IMPORTANTS MANUSCRITS 

II. 

La bonne fortune qui m’est advenue à l’exposition du Bur¬ 
lington Club en 1908 s’est répétée quelques mois plus tard, lors 
d’un voyage que j’ai fait à Rome. J’ai reconnu à la bibliothèque 
Vaticane, dans un manuscrit totalement ignoré jusqu’alors et 
dont le savant Père Ehrle, préfet de la Bibliothèque apostolique 
et correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 
avait bien voulu me signaler l’existence, le n° 1989 du fonds 
Palatin, un autre volume sorti de la librairie des ducs de Bour¬ 
gogne, peut-être plus attachant encore que le Mystère de la 
Vengeance de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il s’agit d’un 
exemplaire de la traduction française, par Laurent de Premier- 
fait, du Décaméron de Boccace ; et cet exemplaire est un livre 
provenant de Jean Sans-Peur, qui fut, à la suite de la mort de 
ce duc, catalogué à Dijon en 1420, que l’on retrouve encore à 
Bruges vers 1467 dans la librairie de Bourgogne, mais dont la 
trace se perdait complètement à partir de l’époque de Charles le 
Téméraire. 

J’ai raconté, dans une communication faite à l’Académie des 
inscriptions et belles-lettres le 7 mai 1909*, comment la pre¬ 
mière pensée de cette identification m’avait été suggérée par la 
présence, sur un feuillet de garde du volume, d’une sorte d’éti¬ 
quette se référant à une ancienne reliure, hélas! disparue 2 et 
donnant le nom du grand relieur flamand Liévin Stuvaert : 

Stuvaert Lievin 
Me lya ainsin 

à Bruges. 

J’ai dit également à l’Académie comment j’avais constaté que 
le Palatinus 1989 du Vatican correspondait exactement à cette 

1. Comte Paul Durrieu, le Plus ancien manuscrit de la traduction fran¬ 
çaise du « Décaméron », extrait des Comptes-rendus des séances de l'Aca¬ 
démie des inscriptions et belles-lettres , 1909, p. 342-350. 

2. Aujourd'hui, le volume ne porte plus qu'une reliure moderne en veau, de 
la plus grande simplicité. — A ce propos, j'indiquerai ici, après l'avoir déjà 
signalé à la Société des Antiquaires de France, dans sa séance du 14 avril 
1909 (cf. Bulletin de ladite Société,>1909, p. 209), que la bibliothèque Vaticane 
s'est récemment enrichie, grâce à l’acquisition des manuscrits Barberini, d'une 
belle reliure originale de Liévin Stuvaert, en très bon état de conservation. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


DE LA « LIBRAIRIE » DES DUCS DE BOURGOGNE. G5 

description donnée par un inventaire dressé à Dijon le 20 juil¬ 
let 1420, quelques mois après le trépas de Jean Sans-Peur : 

Ung livre de Bocace, autrement nommé I)e Cameron, autre¬ 
ment surnommé le Prince Galehaut, couvert de satin blanc figuré 
de vermeil, à x clouz et deux fermouers de cuivre dorez, commen- 
eans ou n* fueillet : Ilz pevent à leur plaisir, et ou derrenier : 
long temps soit passé*. 

La leçon, contenue dans le Palatinus 1989, de la traduction 
du Décaméi'on par Laurent de Premierfait présente une haute 
valeur pour l’établissement du texte de l’auteur français. En 
effet, c’est le 15 juin 1414 que Laurent de Premierfait, nous le 
tenons de lui-même, a terminé son travail de traduction du 
Décaméron. D’autre part, le manuscrit du Vatican est déjà 
porté sur un inventaire du 20 juillet 1420. Comme il a fallu 
évidemment un certain temps pour le calligraphier soigneuse¬ 
ment, l’illustrer de ses miniatures qui ne s’élèvent pas à moins 
de cent et enfin le recouvrir de cette reliure munie de clous et 
de fermoirs de cuivre doré que mentionne le susdit inventaire 
de 1420, on peut dire que le Décaméron du Vatican est à peu 
près contemporain de la création littéraire même de l’œuvre de 
Laurent. 

Mais il y a plus. Laurent de Premierfait n’a pas traduit en 
français, parmi les écrits de Boccace, que le seul Décaméron. 
Il a encore fait passer dans notre langue le traité, fort apprécié 
au xv® siècle, Des cas des nobles hommes et femmes. De ce 
traité, il existe à la bibliothèque de l’Arsenal, n° 5193, un très 
beau et très précieux exemplaire, qui a la même provenance que 

1. N* 238 (p. 160) de l'excellente édition de l’inventaire de 1420 donnée par 
M. Georges Doulrepont pour la Commission royale d'histoire [de Belgique], 
Inventaire de la « librairie » de Philippe le Bon (1420). Bruxelles, 1906, 
in-8*. Dans l'inventaire dressé à Bruges vers 1467 et qui a été publié par Bar- 
rois ( Bibliothèque prolypographiqve, p. 185, n* 1259), le manuscrit retrouvé 
par moi au Vatican est ainsi décrit : a Ung livre en parchemin, couvert de 
cuir blanc, escript en deux coulombes, historié en pluiseurs lieux, contenant 
le» Cent nouvelles de Bocace, quemenchant le second feuillet : Ils pevent à 
leur plaisir, et de dernier : long temps soit passé. » — On voit, par le rap¬ 
prochement des inventaires, qu'entre 1420 et 1467 le volume avait perdu Ba 
première couverture « de satin blanc figuré de vermeil » pour recevoir une 
reliure de cuir blanc. C'était vraisemblablement cette dernière reliure qui avait 
été exécutée par Liévin Stuvaert. 

1910 5 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



66 DÉCOUVERTE DE DEC! IMPORTANTS MANUSCRITS 

le Dècaméron du Vatican, c’est-à-dire qui faisait également 
partie des livres catalogués à Dijon en 1420 après la mort de 
Jean Sans-Peur 1 . Or, M. Henri Hauvette le premier, dans une 
excellente thèse de doctorat consacrée à Laurent de Premier- 
fait 2 , et moi-même après lui, mais sans connaître encore son 
opinion, nous sommes arrivés à cette même conclusion que le 
manuscrit 5193 de l’Arsenal pouvait être considéré comme une 
sorte d’original, ayant été exécuté sous la direction personnelle 
de Laurent de Premierfait. Nous avons signalé l’un et l’autre, 
entre autres caractères remarquables, ce détail que, dans le 
manuscrit 5193 de l’Arsenal, par une particularité qui ne se 
trouve que dans ce seul exemplaire du même texte, l’introduc¬ 
tion à l’ouvrage, contenant une dédicace au duc Jean de Berry, 
est suivie du prénom français : Laurens, placé au-dessous de la 
dernière ligne d’écriture et bien détaché de celle-ci, comme une 
signature au bas d’une lettre ou d’un envoi d’auteur. Or, cette 
disposition donnant l’impression d’une signature du littérateur 
français, elle se retrouve précisément aussi dans le Dècaméron 
du fonds Palatin. Là également, au-dessous de Yeœplicil final 
qui clôt le livre, et bien mis en vedette, on voit écrit le nom, 
cette fois complet : Laure[n\t de Premierfait. Et cet arrange¬ 
ment, qui fait ressortir la personnalité de l’auteur, c’est en vain 
qu’on le chercherait dans toutes les autres copies de cette tra¬ 
duction des Nouvelles de Boccace. 

J’ai déjà développé ces considérations devant l’Académie des 
inscriptions 3 . Aujourd’hui, j’oserai m’avancer encore davan¬ 
tage. En confrontant des photographies que j’ai fait faire à 
Rome d’après le Palatinus 1989 avec l’original du manus¬ 
crit 5193 de l’Arsenal, j’ai constaté qu’il y avait dans l’un 
et l’autre volume des parties qui ont dû être transcrites par la 
même main. Non seulement on y retrouve la même graphie des 

t. C’est l’édition donnée, en 1906, par M. G. Doutrepont de l'inventaire de 
1420, qui fournit le plus ancien renseignement actuellement connu sur le 
manuscrit 5193 de l'Arsenal. Déjà, auparavant, M. Henry Martin, en 1899, dans 
le tome VIII de son Catalogue des manuscrits de l'Arsenal , p. 126, et 
M. Henri Hauvette, en 1903, dans sa thèse de doctorat dont je vais parler à 
l’instant, p. 55, en note, avaient indiqué que le susdit manuscrit 5193 a fait 
partie de la librairie des ducs de Bourgogne. Voir aussi sur cet exemplaire : 
comte Paul Durrieu, le Boccace de Munich (Munich, 1909, in-fol.), p. 24. 

2. Henri Hauvette, De Laurentio de Primofalo (Laurent de Premierfait). 
Paris, 1903, in-8*. 

3. Communication faite le 7 mai 1909, citée plus haut. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


Un (lu les te du manuscrit Palatin us Pin du proloyue de dédicacé du manuscrit âl!K{ 

de la bibli<dliê(jue Yaticane . de la bibliothèf/ue de l'Arsenal. 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


67 


DE LA « LIBRAIRIE » DES DUCS DE BOURGOGNE. 

lettres; mais on y rencontre un même signe caractéristique, 
employé comme point final, qui affecte la forme d’une sorte de 
z suivi d’un petit losange plein 1 . Et quelles sont ces parties qui, 
dans le volume de l’Arsenal et dans le Palatinus 1989 de 
Rome, présentent une identité d’écriture? Ce sont, entre autres 
passages : dans le manuscrit 5193 de l’Arsenal, le prologue 
contenant la dédicace au duc de Berry, au bout duquel est 
placé, seul sur une ligne, le mot Laurens; dans le Décaméron 
de Rome, la terminaison du texte, s’achevant par Yeccplicit , qui 
est souscrite Laurent de Premier fait ; c’est-à-dire que ce sont 
les portions les plus directement en relations avec ces inscrip¬ 
tions de nom ou prénom qui donnent, ainsi que je le signalais plus 
haut, par la manière dont elles ressortent en évidence, l’impres¬ 
sion d’être des signatures de l’auteur. En tenant compte de toutes 
ines observations, j’estime qu’il n’est pas téméraire de conclure 
que nous pouvons avoir très vraisemblablement, dans les sus¬ 
dites parties des deux manuscrits en question, des autographes 
de Laurent de Premierfait 2 . 

Le Décaméron du fond Palatin au Vatican est illustré de 
cent miniatures disposées en largeur, correspondant à chacune 
des cent Nouvelles de Boccace. Ces miniatures constituent, par 
elles-mêmes, un charmant exemple de ce que savait produire 
l’art des enlumineurs français vers la fin du règne de Charles VI. 
Elles se prêtent, en outre, à une amusante remarque. 

De nos jours, la plupart des « bibliophiles », en prenant ce 
mot dans le sens spécial d’amateurs de beaux livres, ne s’at¬ 
tachent nullement à avoir une très grande variété d’ouvrages 
tous différents. Pourvu que les exemplaires soient dignes d’un 
fin connaisseur, ils acceptent parfaitement de posséder plu¬ 
sieurs fois le même texte. Assez souvent même, ils mettent leur 
plaisir à collectionner toute une série d’éditions d’une unique 
œuvre littéraire. Les bibliophiles du xv e siècle procédaient déjà 
un peu de semblable façon. Les ducs de Bourgogne, entre 


1. Ce signe apparaît, dans les fac-similés que nous donnons ici d'après le 
ms. 5193 de l’Arsenal et le Palatinus 1989, avant le noin Laurens ou & la 
suite du notn Laurent de Premicrfait et à la tin des paragraphes de texte 
qui précèdent l'un et l'autre de ces deux noms. 

2. M. Henri Hauvette ( op. cil., p. 55, en note) avait déjà été tenté d’émettre 
semblable opinion pour le manuscrit 5193 de l'Arsenal, mais sans pouvoir con¬ 
clure aussi nettement que me permet de le faire aujourd'hui la découverte de 
l'exemplaire du Vatican. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



68 


DÉCOUVERTE DE DEUX IMPORTANTS MANUSCRITS 


autres personnages, se sont laissés aller sur cette pente, et la 
traduction française du Décaméron par Laurent de Premier- 
fait en fournit justement un exemple. 

Le duc Philippe le Bon avait hérité de l’exemplaire inven¬ 
torié à Dijon en 1420 et que j’ai reconnu dans le Palatinus 1989. 
Non content d’avoir ce volume, capable cependant de satisfaire 
le goût d’un amateur raffiné, il plaça encore dans sa « librairie » 
une autre très belle copie du même Décaméron, que les hasards 
ont fait arriver à la bibliothèque de l’Arsenal, où elle porte le 
n° 5070. Cette seconde copie est signée de l’écrivain Guillebert 
de Metz, qui l’a exécutée à Grammont, petite localité de la 
moderne Belgique. Différents artistes, dont un était de langue 
flamande 1 , l’ont illustrée de cent miniatures, une par Nouvelle. 
Ce Décaméron de Philippe le Bon, manuscrit 5070 de l’Arse¬ 
nal, est un volume très connu; critiques ou historiens l’ont 
maintes fois cité. Mais ce qu’on a absolument ignoré jusqu’ici, 
et que l’examen m’a démontré, c’est que ce fameux Décaméron 
de l’Arsenal n’est, au point de vue de son illustration, qu’une 
imitation, presque un plagiat, du Palatinus 1989 de la biblio¬ 
thèque du Vatican. Sans cesse, les compositions peintes dans le 
manuscrit de Rome ont été prises comme modèles fidèlement 
reproduits pour les images correspondantes du manuscrit de 
l’Arsenal. La ressemblance est parfois telle qu’il semblerait que 
l’on se soit servi d’un décalque pour reporter les linéaments 
des tableaux d’un volume à l’autre. Je mentionnerai principale¬ 
ment sous ce rapport les miniatures qui illustrent les 15 e2 , 
37 e3 , 48 e4 , 49® 5 ,77 eü , 93 e7 , 96 e8 et 97 e9 nouvelles de Boccace. 

1. Voir Samuel Berger et Paul Durrieu, les Notes pour l'enlumineur dans 
les manuscrits du moyen âge , p. 27-28 (Paris, 1893, in-8*; extrait des 
Mémoires de la Société nationale des Antiquaires de France , t. LIII). Dés 
1889, dans le tome V du Catalogue des manuscrits de TArsenal, p. 37, 
M. Henry Martin a signalé l’existence, sur les marges du susdit exemplaire du 
Décaméron , de notes destinées à guider l'artiste qui sont rédigées en langue 
flamande. 

2. Palatinus 1989, fol. 46; Arsenal, n* 5070, fol. 54 v\ 

3. Pâlot., fol. 139; Arsenal, fol. 168. 

4. Palat., fol. 171 ▼*; Arsenal, fol. 208. 

5. Palat., fol. 174 ▼•; Arsenal, fol. 211 ▼*. 

6. Palat., fol. 242 t*; Arsenal, fol. 293. 

7. Palat., fol. 293 ▼*; Arsenal, fol. 355 v*. 

8. Palat., fol. 301 ; Arsenal, fol. 365. 

9. Palat., fol. 304; Arsenal, fol. 368. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




DE LA « LIBRAIRIE » DES DUCS DE BOURGOGNE* 69 

Cette réédition des peintures de l'exemplaire ayant appartenu 
au père, Jean Sans-Peur, dans l’exemplaire destiné au fils, Phi¬ 
lippe le Bon, est un fait qui ouvre de piquants aperçus pour 
l’histoire de la confection des livres de grand luxe dans le milieu 
de la cour de Bourgogne. 


Note supplémentaire. 

J’ai mentionné, au début de cet article, le nom du célèbre 
bibliophile flamand du xv* siècle, Louis de Bruges, seigneur de 
la Gruthuyse. On sait que la plus grande partie des manuscrits 
collectionnés par cet émule des ducs de Bourgogne se trouve 
aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de Paris, étant devenue 
la propriété de la couronne de France dès le règne de Louis XII. 
Néanmoins, comme l’a depuis longtemps expliqué notre illustre 
confrère M. Léopold Delisle, les livres de Louis de Bruges ne sont 
pas tous à la Bibliothèque nationale 1 . Petau avait recueilli, par 
exemple, et la bibliothèque publique de Genève possède mainte¬ 
nant 2 deux beaux volumes venant du seigneur de la Gruthuyse, 
les Déduits de la chasse , par Gaston Phébus, et la traduction 
française du Livre sur les oiseaux , de Frédéric II. D’autre 
part, j’ai étudié jadis, dans la malheureuse Bibliothèque nationale 
de Turin, avant le déplorable incendie de 1904, un exemplaire du 
Romuléon qui avait la même provenance 3 . Je profite de l’occasion 
pour signaler que l’exposition des manuscrits ouverte au Bur¬ 
lington Fine Arts Club en 1908 fournissait un nouvel exemple du 
cas. Le duc de Devonshire y avait envoyé, en même temps que la 
Vengeance de Notre-Seigneur Jésus-Christ , un superbe exem¬ 
plaire du roman de Gillion de Trasignies , daté de 1464 et orné 
de huit grandes miniatures, qui a appartenu successivement à 
Louis de Bruges et au roi Louis XII. 

M. S. C. Cockerell a parfaitement reconnu et indiqué dans le 

♦ 

1. Cf. L. Delisle, le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, 
t. I, p. 140-146, et t. III, p. 349. 

2. N*' 169 et 170 du catalogue de Senebier. 

3. Cf. Paul Durrieu, les Manuscrits à peintures de la bibliothèque incen¬ 
diée de Turin, dans la Chronique des arts et de la curiosité, année 1904, 
p. 64 (réimprimé dans la Revue archéologique, même année, t. I, p. 405). 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



70 


DÉCOUVERTE DE DEl’X IMPORTANTS MANUSCRITS 


catalogue de l’exposition du Burlington Club (n° 160 du cata¬ 
logue) que ce manuscrit avait été exécuté pour le seigneur de 
la Gruthuyse, dont il porte les emblèmes. Mais, ce que je puis 
ajouter, pour compléter les renseignements donnés par le savant 
anglais, c’est que, d’après le style et la facture des peintures et 
des ornements, le Gillion de Trasignies du duc de Devonshire* 
a été certainement décoré et illustré dans le même atelier et par 
les mêmes mains qu’un des plus ravissants manuscrits de Louis 
de Bruges conservé à la Bibliothèque nationale, le récit de la 
Conquête de la Toison d’or , manuscrit français 331. 

Les images de ce dernier volume sont l’œuvre d’un artiste de 
premier ordre que je me suis efforcé de tirer de l’ombre dans mon 
étude sur Y Histoire du bon roi Alexandre de la collection 
Dutuit, et à qui j’ai donné provisoirement, précisément d’après 
le manuscrit français 331, le surnom de « Maître de la Con¬ 
quête de la Toison d’or » 2 . J’ai groupé naguère, comme ren¬ 
fermant des peintures empreintes du style de ce maître, qui se 
trouvent assez souvent mélangées avec des produits de mains 
différentes, d’une part, deux manuscrits de Louis de Bruges, la 
susdite Conquête de la Toison d’or et le Livre des secrets 
d’Aristote (Bibl. nat., mss. français 331 et 562), d’autre part, 
trois volumes sortis de la « librairie » des ducs de Bourgogne, 
les Chroniques de Jérusalem , Y Histoire du bon roi Alexandre 
et le tome II des Miracles de la Vierge (Bibl. impériale de 
Vienne, n° 2533; collection Dutuit au Petit-Palais de la ville 
de Paris; Bibl. nat., ms. français 9199), auxquels il faut très 
probablement adjoindre encore le célèbre Froissart de la biblio¬ 
thèque de Breslau, ayant appartenu au Grand Bâtard de Bour¬ 
gogne, et peut-être les remarquables Heures, en partie sur 
vélin noir, qui constituent le ms. n° 1857 de la Bibliothèque 
impériale de Vienne. Des observations plus récentes me per¬ 
mettent d’ajouter à cette liste quatre livres de prières de petit 

1. Une des pages à miniature de ce manuscrit est reproduite dans la grande 
édition illustrée du Catalogue de l'exposition du Burlington Club en 1908, 
pl. 111. Le manuscrit se voit aussi dans l’angle inférieur de droite de la 
planche 6 du même Catalogue, laquelle donne l'aspect d’ensemble de la 
vitrine L. 

2. Comte Paul Durrieu, l'Histoire du bon roi Alexandre. Paris, 1903, in-4*, 
avec fig. (extrait de la Revue de l'Art ancien et moderne, t. XIII, n*' de jan¬ 
vier et février 1903). 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE LA « LIBRAIRIE » DES DPf.S DE BOCRGOGNE. 71 

format, l’un paraissant avoir été exécuté pour Charles le 
Téméraire (collection Durrieu), un deuxième qui a été dépecé 
et dont j’ai recueilli des fragments dans une vente publique, 
un troisième conservé à Milan dans la bibliothèque des princes 
Trivulzio (Cod. n° 472) ! , le quatrième enfin portant des 
armoiries allemandes (collection Jeffery Whitehead), qui a figuré 
en 1908 à l’Exposition du Burlington Club 2 sous le n° 234. 
Le Gillion de Trasignies du duc de Devonshire doit à son tour 
être rangé parmi les manuscrits enluminés qui permettent d’ap¬ 
précier le mérite exceptionnel du « Maître de la Conquête de 
la Toison d’or », miniaturiste au talent exquis, qui pourrait 
bien quelque jour être identifié, soit avec le fameux et encore si 
mystérieux Simon Marmion, soit avec un autre enlumineur très 
estimé en son temps, nommé Philippe de Mazerolles, qui a 
résidé à Bruges, mais que nous savons avoir été, circonstance 
intéressante à noter pour nous, un Français de nationalité 
implanté en Flandre. 

Comte Paul Dürrieu . 


1. Une brève description de ce volume est donnée aux pages 331-332 du 
Catalogo dei codici manoscriUi délia Triwlziana, par Giulio Porro (Turin, 
1884). 

2. Reproduction dans l’édition illustrée du catalogue de celte Exposition, au 
bas de ia planche 145. 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE 


Louis Halphen. Le comté d'Anjou au XI e siècle. Paris, Picard, 
1906. In-8°, 428 pages. 

Il est regrettable de constater que la plupart des monographies qui 
ont été composées jusqu’ici sur les principautés féodales sont rédigées 
suivant un plan fort contestable, qui en rend la lecture presque 
impossible. Ce plan, que les auteurs ont emprunté à Y Art de vérifier 
les dates, n’est qu’un plan apparent; il consiste à classer par règnes 
une collection imposante de faits et à écrire une suite de biographies, 
sans s’inquiéter de savoir si à l’avènement d'un nouveau prince cor¬ 
respond un ensemble de modifications notables dans la condition de 
l’état dont on écrit l'histoire. Aussi doit-on tout d’abord féliciter 
M. Halphen d’avoir, dès la première page de son livre, manifesté son 
intention de procéder autrement : « Notre but est différent ; au risque 
de paraître incomplet, nous voudrions tenter de montrer comment 
s’est formé le comté d’Anjou au xi® siècle au point de vue territorial 
et au point de vue interne. Nous nous sommes efforcé d’ailleurs de 
n’omettre aucun des faits essentiels de l’histoire angevine, et, si impar¬ 
fait que soit cet essai, peut-être, surtout s’il est imité, ne sera-t-il pas 
sans profit pour l’histoire générale 1 2 . » 

La préface du livre est consacrée à l’étude des ouvrages précédents 
et à l’examen des documents narratifs et diplomatiques. Si cet exa¬ 
men est court, c’est parce que M. Halphen a fait ailleurs la critique 
des annales et des chroniques angevines*. Le volume est divisé en 
deux parties, dont la première est affectée aux règnes de Foulque 

1. P. i. 

2. L’auteur a étudié la Chronique parvenue sous le nom de Foulque le Réchin 
dans son Étude sur l’authenticité du fragment de chronique attribué à 
Foulque le Réchin ( Bibl. de la Faculté des lettres de Paris, l. XIII. Paris, 
1901, p. 7-48); les Annales des églises d'Anjou et du Vendômois dans la préface 
de son excellent Recueil dAnnales angevines et rendômoises (Collection de 
textes pour servir à l’étude et à l’enseignement de l’histoire. Paris, 1903); 
les Gesta consulum Andegarorum et les G esta Ambaziensium dominorum , 
dans son Élude sur les Chroniques des comtes d Anjou et des seigneurs 
d’Amboise. Paris, 1906. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


73 


Nerra et de Geoffroi Martel (987-1060), la seconde à ceux de GeofTroi 
le Barbu et de Foulque le Réchin (1060-1109). Une introduction nous 
renseigne sur les débuts du comté. Les conquêtes de Foulque Nerra 
et de son successeur, ainsi que l'histoire de leurs relations avec 
l'Aquitaine, le Vendômois et le Maine, sont exposées dans les deux 
premiers chapitres. La suite nous montre comment le comté s’est 
développé sous ces deux comtes « au point de vue interne ». Le cha¬ 
pitre sur l’organisation administrative du comté, fort intéressant, nous 
prouve que cette organisation était encore très rudimentaire dans la 
première moitié du xi* siècle; Foulque Nerra n'a eu, contrairement 
aux affirmations de M. Beautemps-Beaupré 4 , ni sénéchal, ni conné¬ 
table, ni chancelier. 

La seconde partie a pour objet l’histoire de l’Anjou sous Geoffroi le 
Barbu et Foulque le Réchin. Le plan de cette partie nous parait un 
peu artificiel, parce que les règnes de ces deux comtes marquent un 
temps d’arrêt plutôt qu’un progrès dans le développement de l’état 
angevin. Un chapitre, d’ailleurs suggestif, sur les barons et la consti¬ 
tution de la petite féodalité dans l’Anjou est rattaché à l’histoire de 
ce développement par un lien qui semble assez ténu. 

La conclusion indique très sommairement ce que devint pendant la 
première moitié du xn e siècle le comté, dont l’évolution avait été 
momentanément entravée. Elle semble destinée à atténuer l'impres¬ 
sion un peu trouble que cause le récit de la situation critique de l'An¬ 
jou à la fin du Xi° siècle. Cinq appendices et un catalogue de 334 actes 
complètent l’ouvrage. Une table alphabétique très détaillée en rend 
l’usage facile. 

Comme on le voit, l’ouvrage de M. Halphen révèle un effort vigou¬ 
reux pour composer un livre intéressant et utile, et cet effort — la lec¬ 
ture seule de cet ouvrage pourrait le démontrer — a été couronné de 
succès. On doit ajouter que les affirmations de l'auteur sont fondées 
sur des recherches minutieuses et étendues, que la disposition du 
volume et la sobriété de la forme dissimulent élégamment. Les dis¬ 
cussions sont rejetées, en effet, dans des notes; cet arrangement per¬ 
met aux lecteurs un peu pressés de lire l’ouvrage sans être gênés par 
l’appareil d’une érudition pénétrante, mais sévère. Mais il faut lire ces 
notes, et en particulier certaines d’entre elles, la note 4 de la page 18, 
la n. 2 de la p. 28, la n. 2 de la p. 37, la n. 2 de la p. 41, la n. 1 de la 
p. 59, la n. 4 de la p. 91, la n. 1 de la p. 99, etc., pour se rendre 
compte de la riche documentation de l’auteur et de son habileté à s’en 
servir sans en être encombré et sans être encombrant. 

Si le détail du livre est assez généralement impeccable et si le plan 

1. Coutumes et institutions de l'Anjou et du Maine antérieures au 
.Y VI* siècle, t. I, passim. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



74 


BIBLIOGRAPHIE. 


de l’auteur marque, comme on l’a montré, un progrès très net sur 
celui des auteurs qui l’ont précédé, il est regrettable que M. Halphen 
ait glissé sur certaines questions dignes d’attention, peut-être un peu 
insaisissables, mais qu’il eût été curieux de poser, sinon de résoudre. 
Les origines du comté d'Anjou sont esquissées dans une brève intro¬ 
duction qu’il eût sulïi d’allonger de trente pages pour nous donner 
une histoire de ce comté au ix® et au x® siècle. Il eût été, d’autre part, 
intéressant d’indiquer la manière dont les comtes ont usurpé la plu¬ 
part des droits régaliens; or, l'analyse de ces usurpations, en particu¬ 
lier de celle du droit de monnayage, est passée sous silence. Dans le 
chapitre v de la première partie, M. Halphen expose très clairement 
les luttes du comte et de l’évêque ; il aurait été utile de faire précéder 
cet exposé d’une dissertation relative aux droits du comte sur l’évêché 
d’Angers. Ces droits, qui étaient des droits régaliens et qu’on dési¬ 
gnait au moyen âge sous le terme assez vague d'epiRCopalua. ont été 
la cause de nombreux conflits, soit que plusieurs comtes s’en soient 
disputé la jouissance, soit que d’autres s’en soient vu contester l’exer¬ 
cice par certains évêques. Quelques indications sur l’eptscopafus 
angevin auraient pu servir de préface à une étude sur les rapports des 
comtes et des évêques. Les institutions «lu comté sont étudiées dans 
deux chapitres (l r0 partie, chap. iv, et 2® partie, chap. iv); ce que ces 
chapitres renferment, c’est un tableau, qui paraît complet et exact, de 
l’organisation du comté au xi® siècle; n’aurait-il pas été opportun de 
consacrer une ou deux pages à l’origine de cette organisation et aux 
rapports qu’on peut constater entre l’administration du xi® siècle et 
celle de la cour carolingienne ou «les grands domaines au ix* siècle? 
De telles remarques font défaut, sauf pour les voyers 1 2 . Il eu est de 
même pour le iléveloppemont de la petite féodalité et la construction 
«les châteaux. Quelques pages «lu livre® nous montrent nettement 
comment les châteaux se sont multipliés au cours du xi® siècle et 
comment un grand nombre de dynasti«'8 féodales se sont établies en 
Anjou à cette époque, et ces pages ne sont pas un résumé de notions 
recueillies dans «l« i s études antérieures; M. Halphen a consacré, en 
(*fT«*t, à chacun«« <l<* ces dynasties une note détailhie, et l’ensemble de 
ces notes forme autant de petit«*s monographies, faites «l’après les 
documents eux-mêmes. Mais les raisons qui ont déterminé ce déve¬ 
loppement sont rapidement esquissées; M. Halphen s’est contenté 
«l'indiquer ce qu’on peut appeler les causes occasionnelles et locales 
de ce phénomène, peut-être par un sentiment de «léfiance pour les 
systèmes qu’ont imaginés les juristes et les sociologues. 

1. Si M. Halphen s’est attaché à étudier l’origine des voyers, c'est parra qu'il 
tenait A critiquer la théorie que M. Lot a émise sur ce sujet (Nouvelle Revue 
historique du droit français et étranger , t. XVII, 1891, p. 281-302). 

2. P. 152-175. 


v 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


75 


Pour résumer ces remarques, on peut «lire que l’auteur, soucieux 
avant tout d’élucider une histoire, qui était encore obscure sur bien 
des points, s’est moins préoccupé du pourquoi que du comment. 
Après avoir lu son livre, on sait l’histoire de l’Anjou au xi® siècle, et 
il est probable que c’est le but qu'il se proposait d'atteindre; mais il y 
a tels problèmes d’histoire comparée, comme l’usurpation des droits 
régaliens par le comte, les droits du comte sur l'évêché, l’origine de 
l’organisation administrative, la naissance de la féodalité, qu'il a jugé 
inutile d’aborder, parce qu’il craignait peut-être de n’apporter qu’une 
solution provisoire en limitant son examen à l’Anjou. 

Dans le détail, l’ouvrage de M. Halphen n’offre qu’assez rarement 
prise à la critique, même à une critique pointilleuse. P. 66, note 5 : 
les indications que donne l’auteur sur les comtes du Maine du x® siècle 
sont incomplètes. L’existence de David, père prétendu du comte 
Ifugue I er , est fabuleuse et repose sur trois chartes fausses du Cartu- 
laire de Saint-Pierre-de-la-Cour au Mans. — P. 70 : la relégntion du 
comte Herbert Bacon dans un monastère est datée à tort de 1038, car 
on voit ce comte souscrire encore après le 21 juin 1040 les actes qui 
sont analysés aux n°® 76 et 78 du Catalogue d’actes. — P. 70, note 3 : 
la charte de fondation du prieuré de Saint-Guingalois 4 est citée 
d’après l’original, qui se trouve aux archives de la Sarthe. M. Halphen 
ne savait pas, sans doute, qu’elle avait déjà été publiée deux fois, 
d’abord par l’abbé Charles dans la Revue historique et archéolo¬ 
gique du Maine, t. V, 1879, p. 333, puis par M. E. Vallée dans le 
Cartulaire de Château-du-Loir a , n° 27. — M. Halphen a cherché 
généralement à donner la traduction romane des noms latins de per¬ 
sonnes. Cette traduction est assez périlleuse, et il est difficile de ne 
jamais être en contradiction avec soi-même. M. Halphen, qui traduit 
Hildemannus par Audemand (p. 104), eût dû traduire Hildegardis 
par Audegarde, et non par Ifildegarde (p. 11, n. 1). Ajoutons qu’il est 
bon de tenir compte dans ces traductions des formes dialectales de la 
région dont on étudie l’histoire. Engebaud est donné comme l’équivalent 
du latin Ingebnldus ip. 286) ; la forme Anjubaud serait préférable, car 
c’est un nom très répandu dans le Maine et l’Anjou.— L’identification des 
noms de lieux est faite avec soin. Remarquons cependant en passant 
que l’auteur aurait pu identifier sans hésiter le lieu de la Blanchelande 
ou de la Bruère, dont il est question à la p. 184, n. 3, après le récit 
de la prise de la Flèche, avec la Bruère, qui est située dans la com¬ 
mune de la Flèche. 

Avec raison, M. Halphen a montré l'inutilité d’une étude sur la 
diplomatique des comtes d’Anjou, ces comtes n’ayant pas eu de chan- 


1. Comtn. de Ch&teau-du-Loir, arr. de Sainl-Calais (Sarthe). 

2. Au Mans, 1905 (Société des Archives historiques du Maine). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



76 


BIBLIOGRAPHIE. 


cellerie organisée *. Il aurait même pu, croyons-nous, se dispenser de 
faire des remarques sur le style chronologique communément suivi 
dans les actes de ces comtes. Ces remarques, comme toutes les autres 
remarques diplomatiques qu’il eût faites, sont nécessairement empi¬ 
riques, et elles n’auraient eu un caractère systématique que si l’au¬ 
teur s’était astreint, ce qui eût été un travail considérable et hors de 
propos, à étudier le style en usage dans chacune des abbayes ange¬ 
vines 9 . 

Toutes ces critiques paraîtront probablement bien minimes; mais 
nous devons dire en terminant, pour nous excuser, que, si la critique 
ne perd jamais ses droits, elle a quelquefois — trop rarement, hélas! 
— de la peine à les exercer. 

R. Latouche. 

J. de La Martinière. Saint Cybard, étude critique d’hagio¬ 
graphie, vi®-xii* siècle. Paris, A. Picard; Angoulème, Cons¬ 
tantin, 1908. 1 vol. in-8°, 292 pages. (Extrait du Bulletin de la 
Société historique et archéologique de la Charente.) 

La valeur historique de la Vita Eparchii reclusi Engolismensis, 
fortement ébranlée depuis l’édition de M. Krusch, a été depuis l’objet 
d’une tentative de réhabilitation de la part de M. Esmein. Celui-ci 
accorde que la rédaction que nous possédons n’est pas antérieure au 
ix® siècle, mais il croit aussi pouvoir y discerner des « passages 
excellents reproduits sans doute d’un texte ancien ». M. de La Marti¬ 
nière s’est appliqué à réfuter la thèse de M. Esmein, et il a conduit la 
discussion avec autant de modération dans la forme que de force dans 
la démonstration. Il faut, croyons-nous, lui donner pleinement raison 
et admettre avec lui que la Vita n’a d’autre source que Grégoire de 
Tours. Quant à la manumissio, acte d’affranchissement de 176 serfs 
et serves par le saint, M. Esmein a eu la main singulièrement mal¬ 
heureuse en niant son authenticité. Aucun de ses arguments histo¬ 
riques, philologiques, môme juridiques, n’a la moindre valeur, et il 
faut féliciter le jeune archiviste de la Charente d’avoir réhabilité un 
texte curieux à maints égards. Signalons aussi de très bonnes pages 
(p. 136-185) sur la « réclusion » en Orient et en Occident au moyen âge, 

1. L’impossibilité de faire une étude d'ensemble sur les actes des comtes 
d'Anjou explique et justifie parfaitement, à notre avis, la brièveté des analyses 
et des indications bibliographiques du Catalogue. 

2. M. Max Fazy a publié dans cette revue (t. LXIX, 1908, p. 169-184) une 
Note sur le style employé par Étienne de Tournai pour dater ses actes, en 
raisonnant comme si ce personnage avait eu une chancellerie cl comme si 
tous ses actes y avaient été rédigés. Ce postulat étant très contestable, les con¬ 
clusions de son article paraissent par là même caduques. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


77 


La seconde moitié de l’ouvrage est consacrée aux « interpolations 
angoumoisines » que renferme Vllisloria d'Adémar de Chahannes. 
M. de La Martinière montre que les renseignements sur saint Cybard 
et divers épisodes de l’histoire de l’église d’Angoulême fournis par 
ce texte ne méritent aucune créance. Il a l’idée, — et c’est la partie 
la plus originale de son ouvrage, — de diviser ces renseignements en 
deux groupes : une partie peut être l’œuvre d’Adémar, mais une série 
d’assertions sur saint Cybard, sur la consécration de l’église cathédrale 
par saint Grégoire de Tours, saint Germain de Paris, sur la qualité de 
chapelain du roi de France attachée au siège épiscopal d'Angoulême, 
des modifications au texte d’un diplôme de Charles le Chauve, etc., 
lui sont de beaucoup postérieures. Ces impostures tendancieuses ne 
sauraient être antérieures au xn° siècle. Elles seraient l’œuvre de 
l’évêque d’Angoulême Girard II (1101-1130). On objectera que ces pas¬ 
sages suspects se trouvent dans le ms. lat. 5927 de la Bibliothèque 
nationale, lequel est attribué au xi« siècle. M. de La Martinière 
remarque que les interpolations ne sont au complet que dans ce seul 
manuscrit, qu’il est écrit de plusieurs mains, qu’il représente une 
rédaction ultime de 17 /istoria d’Adémar, remaniée à Angoulêmo, 
enfin qu’il convient d’attribuer sa date au premier tiers du xn® siècle; 
en outre, la miniature qui orne la page 157 représente le couronne¬ 
ment de Louis le Pieux et est postérieure à l’année 1108 (elle s’inspi¬ 
rerait du sacre de Louis VI). Il faut avouer que l’argumentation de 
l’auteur est des plus séduisantes. Néanmoins, on doit faire observer 
que, pour bien comprendre l’intérêt des interpolations « capella- 
nesques », il faudrait descendre jusqu’à 1138. En cette année, en effet, 
on voit l'évêque d’Angoulême, profitant du passage en Aquitaine du 
roi Louis VII, revendiquer les prérogatives de chapelain royal. On 
serait tenté de croire que c’est à cette occasion que furent composés 
les passages « capellanesques » interpolés dans l’œuvre d’Adémar. 
Mais osera-t-on abaisser la composition du manuscrit jusqu’à 1138 et 
même plus bas? A cette date, l’évêque d’Angoulême n’est pas l’ambi¬ 
tieux et turbulent Girard II, mais un saint personnage, du nom de 
Lambert, dont l’honnêteté peut difficilement être incriminée. M. de 
La Martinière s’est très bien rendu compte de la difficulté, et il admet 
(p. 254) que la revendication de 1138 « représente le développement 
d’une revendication plus ancienne du titre de ca pellanus regis par 
un évêque d’Angoulême ». Cet évêque serait Girard II. Mais quel 
intérêt sérieux pouvait-il avoir à revendiquer le titre de chapelain 
royal? Il lui était impossible de prévoir le mariage de Louis VII avec 
Aiiénor d’Aquitaine, qui, seul, pouvait transformer cette prétention en 
réalité. Rien de ce qu’on sait de l'histoire de ses prédécesseurs ne 
révèle d’intérêt pratique à cette falsification. Dès lors, on ne voit pas 
pourquoi on se refuserait d'attribuer la paternité de cette interpola- 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



78 


BIBLIOGRAPHIE. 


9 

tion, et d’autres encore, à Adémar de Chabannes, dont la vénération 
pour saint Cybard et l'église d’Angouléme est bien connue; seule¬ 
ment le mobile de la falsification demeurerait mystérieux. Un bon 
argument en faveur de la thèse de M. de La Martinière, c’est que dans 
le texte du ms. 5927 les interpolations « capellanesques » et celles qui 
concernent les dédicaces sont si intimement unies qu’il semble diffi¬ 
cile qu’elles n’aient pas été rédigées à une même époque par le même 
imposteur. Or, ces dernières paraissent bien dater de l’épiscopat de 
Girard II. Il commence en 1110 la reconstruction de sa cathédrale; il 
en fait la dédicace en 1128. « Cette reconstruction, cette dédicace, 
devaient naturellement provoquer le désir de retrouver les anciens 
constructeurs et consécrateurs de l’édifice et au besoin l’idée de les 
inventer » (p. 250-251). Personnellement, en attendant l’avis des 
paléographes sur la date du ms. 5927, — et leur décision tranchera le 
débat, — je me sens sinon persuadé, du moins ébranlé par les 
remarques «le M. de La Martinière. Son livre constitue une des meil¬ 
leures études critiques que nous aient fournies depuis longtemps les 
archivistes de province. 

Ferdinand Lot. 

H. Delachenal. llistoii'e de Charles V. Paris. A. Picard et fils, 
1909. 2 vol. in-8°, xxxv-475 et 494 pages. 

Le très beau livre que notre confrère M. Roland Delachenal vient 
de consacrer à l’histoire de Charles V jusqu'à son avènement au trône 
est de ceux dont on peut dire qu’ils renouvellent quelques pages de 
l'histoire de France. 

C’est d’abord par la richesse des informations que notre confrère 
l'emporte de beaucoup sur ses devanciers. 11 ne s’est pas borné à tirer 
parti des chroniqueurs ou des chartes déjà imprimées; il a recherché, 
avec une ardeur infatigable, les documents inédits que recèlent les 
archives françaises, aussi bien les dépôts départementaux et munici¬ 
paux que les Archives nationales; il s’est adressé, directement ou par 
d’obligeants intermédiaires, aux grands dépôts de l’étranger, notam¬ 
ment aux archives du Vatican, de Turin, d’Aragon, de Tournai, 
d’Ypres et surtout au Record Olfice. Aussi s’est-il procuré une masse 
énorme de renseignements empruntés à des sources contemporaines, 
dont beaucoup étaient inconnus. Il lui appartenait de les classer et 
d’en apprécier la valeur : c’est une part de sa tâche dont il s’est 
acquitté avec autant de conscience que de sagacité. Quand il s’est agi 
de les mettre en œuvre, M. Delachenal a prouvé qu’il sait composer 
et qu’il sait écrire. Son livre est d’une belle et sévère ordonnance : la 
langue qu’il y parle est forte et vigoureuse; de temps en temps se 
marquent par quelque trait l’élévation des vues de l’auteur et sa 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


79 


perspicacité. Les gens du métier devineront sans peine le redoutable 
effort que cette œuvre a coûté à M. Delachenal. Le lecteur profane 
s’en rendra compte moins parfaitement, et c’est là encore un éloge. 

Le livre contient des renseignements précieux et souvent inédits 
sur la personnalité du futur Charles le Sage, sur son éducation, sur 
son mariage, sur la famille des Valois, sur leur cour brillante, et che¬ 
valeresque, sur leurs relations avec la maison impériale de Luxem¬ 
bourg. Comme le fils aîné du roi Jean fut le premier dauphin français, 
l'auteur consacre un intéressant chapitre à l’acquisition du Dauphiné 
par la maison royale; il pousse cette histoire jusqu’au traité de 1355, 
qui « fit œuvre durable en substituant les frontières naturelles aux 
limites conventionnelles et changeantes » qui séparaient les posses¬ 
sions du dauphin de celles du comte de Savoie. Ainsi, M. Delachenal 
est amené à s’occuper des relations de la France avec l’Empire; il met 
fort bien en lumière la politique traditionnelle de la monarchie capé¬ 
tienne sur la frontière du sud-est. Il est à remarquer que cette poli¬ 
tique, grâce à laquelle la France s’assimile peu à peu les provinces du 
royaume d’Arles, dépendant de l’Empire, n’a pas été abandonnée, 
même à l'époque de nos plus grands désastres. C'est au lendemain de 
Crécy que se décide l’acquisition définitive du Dauphiné; c’e.st au len¬ 
demain de Poitiers que le dauphin y obtient le vicariat impérial. 
Entre Crécy et Poitiers, le gouvernement royal ne cesse de convoiter 
la Provence; malgré les objections de M. Delachenal et les démentis 
officiels, je crains bien que l’administration française n’ait été la com¬ 
plice des bandes qui, en 1357, se préparaient à y attaquer la domina¬ 
tion de la reine Jeanne. 

Mais, en réalité, tout ceci n’est qu’accessoire dans ces deux premiers 
volumes de la nouvelle Histoire de Charles V. La véritable matière 
du livre de M. Delachenal ce sont les faits qui forment un des cha¬ 
pitres les plus tragiques de l'histoire de France, celui qui devrait être 
intitulé : Poitiers. Les événements s’y déroulent comme un drame 
poignant, dont les scènes complexes peuvent être réparties en quatre 
actes : avant la guerre, la bataille de Poitiers, la France après la 
défaite, le traité de Brétigny. Qu’il me soit permis de dégager ici 
quelques-unes des impressions que m’a laissées la lecture de cette 
œuvre, sans doute définitive sur beaucoup de points. 

I. — Le dauphin Charles, fils aîné du roi Jean, était encore mineur 
en 1355, lorsque l’horizon de la royauté française se chargea de nuages 
menaçants. Depuis huit ans, des trêves conclues au lendemain de la 
prise de Calais et renouvelées à diverses reprises par les soins des 
papes Clément VI et Innocent VI avaient suspendu les hostilités 
entre la France et l'Angleterre. Mais, en dépit des efforts du pontife 
romain, on sentait alors que la guerre ne pouvait manquer d’éclater 
bientôt entre les deux grandes monarchies de l'Occident, tant était 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



80 


BIBLIOGRAPHIE. 


vive l’impatience avec laquelle les Anglais, enorgueillis de leurs 
victoires, supportaient l’inaction à laquelle ils étaient condamnés. 
Peut-être, cependant, n'eussent-ils pas réussi à ranimer la lutte s'ils 
n’avaient été servis à la (ois par la conduite criminelle d’un prince 
français et par les lourdes fautes du roi Jean. 

# 

Le prince français, chef de la branche capétienne d’Evreux en 
même temps que roi de Navarre, était l’arrière-petit-fils de Philippe 
le Hardi et le gendre du roi Jean ; il avait pour aïeul maternel le roi 
Louis le Ilutin; dans l’histoire, il porte le nom significatif de Charles 
le Mauvais. Il faut lire le portrait que trace M. Delachenal de ce petit 
homme, « ardent, sensuel, âpre à la vengeance, d’une fourberie égale 
à la cruauté, qui, comme les tyrans italiens, a recours au poison pour 
se débarrasser de ceux qui le gênent, d’ailleurs esprit plein de res¬ 
sources, politique d’une habileté consommée, adroit, insinuant, beau 
parleur, avec des brusques retours qui trahissent sa cruauté native, 
masquant ses convoitises effrénées sous une bonhomie et une familia¬ 
rité d’emprunt ». Il n’a jamais oublié qu’il se rattache plus étroite¬ 
ment aux Capétiens directs qu’Édouard III; n’ayant pu se résigner à 
l’exclusion dont sa mère a été la victime, il est l’ennemi irréconci¬ 
liable des Valois et poursuivra pendant toute sa vie la revanche de sa 
famille. Mais il n’ose affirmer franchement ses revendications; âme 
cauteleuse et irrésolue, « il est maladroit par excès de duplicité; près 
de toucher au but, il hésite et faiblit, se contentant de parler quand il 
aurait fallu agir; comme d’autres favoris de la fortune, il a reculé 
devant l’effort suprême, et, à l’heure décisive, n’a pas su vouloir ». 

Le 8 janvier 1354, Charles le Mauvais avait fait mettre à mort, par 
des assassins à ses gages, son adversaire politique, le connétable de 
France Charles de La Cerda. Craignant le courroux du roi Jean, il 
fait mine de se jeter dans les bras des Anglais. Dès lors, pendant une 
année, il oscille entre la France et l’Angleterre, s’offrant d’abord à 
Édouard III, puis se reprenant pour se donner de nouveau à lui, au 
moins en apparence, car il n’y a de sincère chez lui que son ambition 
et sa rancune. Au printemps de 1355, les Anglais, se croyant sûrs de 
son concours, « qui leur ouvre la porte de la Normandie », refusent 
définitivement tout renouvellement de trêve et en appellent aux 
armes. Ils comptaient d’ailleurs sans leur hôte, car, bientôt après, le 
Navarrais, leur faussant compagnie, fait provisoirement sa paix avec 
le roi Jean par le traité de Valognes (septembre 1355). Mais, tandis 
qu’ouvertement il promet de se montrer bon et loyal envers le roi, il 
essaie sournoisement de détacher de lui le jeune dauphin et de l’en¬ 
traîner daus une vaste conspiration dont le but est de se saisir de 
Jean II pour l’enfermer dans une prison et peut-être abréger sa rie. 

« Les scrupules du dauphin, des circonstances fortuites peut-être 
prévinrent une équipée qui aurait pu avoir des suites graves. » Le 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


81 


jeune Charles reprit sa place auprès de son père, qui, loin de le ch⬠
tier, lui donna le duché de Normandie. Cependant, le roi de Navarre 
ne cesse d’entretenir en lui des sentiments de défiance à l’endroit de 
Jean II, en même temps qu’il forge de nouveaux projets d’enlèvement 
et fomente le mécontentement de la noblesse normande. 

Remarquez que tout cela se passe au moment où le prince de 
Galles, à la tête d’une armée, ravage le Languedoc, tandis qu’une 
autre armée anglaise menace la Normandie du même sort. Il eût 
fallu au roi Jean, ainsi menacé et provoqué, une perspicacité peu 
commune, alliée à une extrême habileté, pour déjouer les manœuvres 
du Navarrais sans paraître s'en apercevoir; or, c’est précisément la 
perspicacité et l'habileté qui manquaient à ce prince « dont le front 
bas, le regard vague et inexpressif révélaient la crédulité naïve et 
l'entêtement; dominé par l’impulsion du moment, il était incapable de 
réagir et de se maîtriser ». Comme il avait eu vent des mauvais des¬ 
seins du roi de Navarre, auquel il avait plus d’une fois pardonné, 
« toutes les injures du passé revinrent à sa mémoire » ; il vit rouge et 
ne songea plus qu’à foncer sur son adversaire. Ainsi s'expliquent les 
événements dont la ville de Rouen fut le théâtre le 5 avril 1356; 
M. Delachenal les raconte avec une remarquable précision. Ce jour-là, 
le duc de Normandie recevait au château, avec le roi de Navarre, 
toute la noblesse de la province. On vit le roi Jean, qui n’était pas 
attendu, apparaître au milieu de la salle du festin, qu'il fit retentir des 
éclats de sa colère; il ne se borne pas à s'emparer de la personne de 
Charles le Mauvais, il livre au bourreau, qui attendait, trois gen¬ 
tilshommes, dont le comte d’Harcourt, auxquels il ne laisse même pas 
le temps d’appeler un ' confesseur, tant il a hâte de les punir d’avoir 
participé aux crimes du Navarrais. 

Quelle que fût la valeur des griefs que le roi Jean pouvait invoquer 
contre le roi de Navarre, sa conduite était à la fois criminelle et 
impolitique. Du coup, il jeta le parti Navarrais dans l’alliance 
anglaise, en même temps qu’il indisposa une fraction importante de 
l’opinion française, sur laquelle Charles le Mauvais exerçait une pro¬ 
fonde influence. Jean II s’aperçut bientôt de sa faute, quand il dut 
combattre en Normandie l’armée anglo-navarraise, à la tête de 
laquelle était le duc de Lancastre, tandis que lé prince de Galles, 
après avoir dévasté le Midi sans être inquiété, remontait vers le nord 
et menaçait la Loire. La guerre s'imposait sans doute à la France, 
puisque les Anglais semblaient l’avoir voulue; un roi politique se 
serait pourtant gardé d’augmenter les chances de ses adversaires en 
leur donnant à point nommé des auxiliaires et des alliés. 

II. — Le fait capital des opérations de guerre qui marquent l'été de 
l’année 1356 est la bataille de Poitiers. La portion de son livre qu’y a 

1910 6 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


Ô2 

consacrée M. Delachenal est un chapitre d’histoire militaire qui 
demeurera comme un modèle du genre. 

Ce qui s’en dégage d’abord, c’est que le Prince Noir chevauchait À 
travers la France avec une armée dont l’effectif était inférieur à celui 
d'une de nos divisions modernes. M. Delachenal croit que l’on n’est 
pas loin de la vérité en l’estimant à six ou sept mille hommes. D’ail¬ 
leurs, le chef de cette armée semble bien n’avoir pas eu de plan stra¬ 
tégique nettement arrêté. « Au xiv® siècle, dit fort bien l’auteur, les 
Anglais ne connaissent, — et personne ne connaît, — d’autre méthode 
de guerre que le pillage du territoire ennemi. » C'était ce qu’on appe¬ 
lait courir le pays; les juristes du moyen âge donnaient parfois à cette 
opération une couleur juridique en la présentant comme une voie 
d’exécution sur les biens d'un débiteur récalcitrant. Si les escar¬ 
mouches étaient nombreuses, si les sièges étaient fréquents, parce 
que les belligérants avaient intérêt à se rendre maîtres d’une ville ou 
d’un château, en revanche les batailles rangées étaient plutôt rares; 
le corps expéditionnaire chargé de ravager une province n’avait guère 
intérêt à y risquer le sort de la campagne entreprise et du butin réa¬ 
lisé. Au début de cette année 1356, le duc de Lancastre n’avait rien 
négligé pour esquisser la bataille; il est certain (M. Delachenal le 
démontre péremptoirement) que le Prince Noir, quoi qu’il ait pu 
écrire après son triomphe, ne la cherchait pas davantage. 

Dès qu’il connut l’approche du roi Jean, c’est-à-dire vers le 11 sep¬ 
tembre, il s’empressa de quitter les environs de Tours pour battre en 
retraite vers la Guyenne par le Poitou. Ce fut alors que le monarque 
français, qui avait la supériorité du nombre (M. Delachenal, faisant 
justice des exagérations trop répandues, donne environ quinze mille 
hommes à l'armée française), résolut de redoubler de vitesse « pour 
couper la retraite à son ennemi ou pour couvrir la ville de Poitiers 
qu’il croyait menacée ». Le plan était heureux; ce fut, de l’avis de 
M. Delachenal, ce qu’il y eut de meilleur du côté français dans cette 
campagne. Le Prince Noir en conçut une vive inquiétude; c’est ce qui 
explique qu’à la veille de la bataille il ait prêté l'oreille aux ouver¬ 
tures du légat du pape, le cardinal de Périgord, qu’il avait éconduit 
quelques jours auparavant; il accepta de se retirer en restituant toutes 
ses conquêtes personnelles, tous ses prisonniers, tout son butin, et 
« se montra disposé à prendre l’engagement de s’abstenir pendant 
sept ans de porter les armes contre le roi de France ». Pour leur 
malheur, le roi Jean et ses conseillers, assurés qu’ils étaient du suc¬ 
cès, répondirent à ces propositions en demandant une capitulation sans 
condition : c’était acculer l’adversaire à une lutte désespérée. Le 
49 septembre au matin, le Prince. Noir, qui, pendant la nuit, avait 
tenu un conseil de guerre, ordonne la continuation de la marche en 
retraite vers le sud; mais, comme il a sur son flanc droit l’armée 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


83 

française et qu’il prévoit une attaque générale, il prend ses disposi¬ 
tions afin de l'accepter en un lieu, dit-il, « qui n'estoit mye très-graun- 
dement à nostre desavauntage ». C’est ainsi qu’il livra une bataille 
d’abord défensive ; ce n’est que plus tard que les circonstances favo¬ 
rables l’amenèrent à prendre l’offensive. 

On sait le résultat de la journée et quel désastre ce fut pour le plus 
grand roi de l’Europe et pour la puissance militaire de la France. Les 
causes de la défaite apparaissent très nettement dans le récit de 
M. Delachenal. La supériorité de l’armée anglaise, si inférieure en 
nombre, tint surtout à la « parfaite régularité qu’Édouard III avait su 
imprimer aux opérations de recrutement et de mobilisation », à la 
discipline des archers anglais aussi bien qu’à la valeur de l’infan¬ 
terie galloise et irlandaise, à la solidité des hommes d'armes anglo- 
gascons, à la cohésion de toutes ces troupes tenues en main par des 
chefs exercés et aguerries par les chevauchées de l'année précédente 
et du dernier printemps. D’ailleurs, cette armée l’emportait sur les 
autres par la tactique : elle n'était point réduite à combattre à cheval; 
non seulement l'infanterie y était nombreuse, mais elle pouvait, en un 
clin d'œil, s’accroître des hommes d'armes habitués, par les guerres 
d’Ecosse, à lutter à pied. Nul n’ignore le parti que le Prince Noir en 
sut tirer pendant la journée du 19 septembre. 

L’armée française avait sans doute pour elle la supériorité du 
nombre; mais, les contingents des communes ayant été éliminés lors 
de la levée de 1356, elle était dépourvue d'infanterie. Les éléments en 
étaient exclusivement fournis par une brillante noblesse, « d'une bra¬ 
voure indiscutée, mais réunie hâtivement, dont la concentration s’était 
faite un peu au hasard, en cours de route, et surtout mal commandée, 
mal encadrée. Les prescriptions très sages de l’ordonnance de 1351 
n’avaient pas porté leurs fruits ou n’avaient pas été obéies. Nul grou¬ 
pement sérieux de ces compagnies à effectifs si variables, venues de 
toutes les provinces du royaume et qui ne pouvaient acquérir sur le 
champ de bataille une cohésion dont elles n’avaient jamais eu l’idée ». 
— Ce fut bien pis quand l’entourage de Jean II, après avoir reconnu la 
position ennemie, dut convenir qu elle ne pouvait être abordée par la 
cavalerie et qu’il était nécessaire d’ordonner à la plus grande partie 
des hommes d’armes de quitter leurs montures et de combattre à pied. 
On les vit alors piteusement < ôter leurs éperons et leurs poulaines et 
retailler leurs lances à la longueur de cinq pieds » ; cette infanterie 
improvisée était vaincue d’avance. La journée de Poitiers fut le 
triomphe de l’organisation, de la méthode et de la tactique rationnelle 
sur le laisser aller, la routine et l'infatuation; la noblesse française, 
dirigée par des chefs qui n’avaient dû rien prévoir, paya chèrement, 
comme le dit M. Delachenal, la frivolité de ses goûts et l’oubli des 
habitudes militaires qui avaient fait la force de la nation. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


84 


BIBLIOGRAPHIE. 


Quant au dauphin, avec deux de ses frères, il fut emmené du 
champ de bataille de bonne heure, après l’échec lamentable de la 
première attaque, dont la direction lui avait été confiée. Les cheva¬ 
liers français, peut-être trop prudents, qui arrachèrent ainsi l’héritier 
du trône au combat où se jouait le sort de la France ont-ils agi de 
leur propre initiative ou étaient-ils couverts par les ordres du roi? 
C'est un problème que M. Delachenal n’ose pas résoudre. Qui sait ce 
qui se passa alors dans l’àme du futur roi? Et, s’il se laissa entraîner 
loin du péril, n’est-ce point parce que, déjà prudent et avisé, peut-être 
mis en défiance par les conseils et les insinuations du Navarrais, il 
éprouvait une aversion d’ailleurs trop justifiée pour la conduite aven¬ 
tureuse et folle de son père? Il n’est pas invraisemblable de voir dans 
la retraite du dauphin une manifestation, — malheureuse à coup sùr 
et probablement à demi consciente, — de l’opposition qui, sur tant de 
points, existait entre son caractère et celui du roi Jean. 

III. — Lorsque, quelques jours après Poitiers, le dauphin rentra à 
Paris, il y fut reçu honorablement, s’il faut en croire les contempo¬ 
rains. Il ne s’en trouva pas moins en face d’une situation dont les 
difficultés étaient bien faites pour effrayer et décourager un jeune 
prince de dix-huit ans. 

Du peuple s’élevaient des voix nombreuses qui criaient à la trahi¬ 
son. Mais ces accusations s’adressaient bien moins au roi et aux 
princes qu’aux nobles. « Aux gentilshommes qui revendiquaient 
jalousement pour eux seuls l’honneur de porter les armes, le peuple 
reprochait leur couardise et une connivence imaginaire avec les 
Anglais. » La Jacquerie, dirigée exclusivement contre les nobles, sera 
dans une certaine mesure un amer fruit de ce sentiment populaire. 

Plus dangereuse était pour la royauté l'hostilité d’une partie de la 
haute bourgeoisie. Les mécontents, tout près de devenir les oppo¬ 
sants, se rencontraient surtout dans la capitale; mais ils comptaient 
des amis politiques dans d’autres villes, par exemple à Amiens, où 
l’impulsion donnée de Paris fut fidèlement suivie. Rompus aux 
affaires, informés par les renseignements qu’ils recueillaient périodi¬ 
quement dans les foires, souvent alliés par des mariages à des com¬ 
merçants d'autres cités, ces bourgeois n’épargnaient pas les critiques, 
d'ailleurs trop souvent justifiées, aux membres de l’administration 
royale ; ils eurent beau jeu après Poitiers. Un homme se trouva pour 
incorporer leurs griefs; ce fut Étienne Marcel, « qui domine son 
entourage et concentre sur lui seul toute l’attention ». Une opinion 
un peu naïve en a fait une sorte de tribun de la plèbe ; s’il a ambi¬ 
tionné la faveur populaire, par sa naissance comme par ses tendances 
c’était au fond un grand bourgeois. Voyez avec quel dédain, dans la 
lettre qu’il adresse en 1358 aux bourgeois d’Ypres, il parle des con¬ 
seillers « de petit estât », auxquels le dauphin a eu tort de donner sa 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


85 


confiance; voyez aussi, dans la même lettre, le témoignage de la 
crainte que lui inspire le menu peuple de Paris, trop docile, à son 
avis, aux excitations du dauphin et de ses amis. Au surplus, il se 
défend énergiquement d’étre le complice des Jacques; si, à un 
moment, il semble leur tendre la main, il ne sc soucie nullement 
d’étre confondu avec eux. Il ne parait pas non plus qu’il faille voir en 
lui, dès qu’il apparaît sur la scène, un agent du roi de Navarre. Sans 
doute, au lendemain de Poitiers, les sympathies étaient vives entre 
l’opposition bourgeoise et le parti de Charles le Mauvais; mais ces 
deux courants politiques, suivant assez souvent une direction paral¬ 
lèle, n’en étaient pas venus encore à mêler leurs eaux. « Longtemps, 
écrit M. Delachenal, Marcel agit de son propre mouvement comme 
chef d’un parti bourgeois. Ce n’est qu’après la délivrance du roi de 
Navarre (c’est-à-dire au cours de l'année 1357) qu’il commence à lier 
partie avec ce prince, et c’est seulement dans l’été de 1358 qu’à bout 
de ressources, sa popularité ruinée, il se jette dans les bras de Charles 
le Mauvais. • 

Il n'en est pas encore là à la fin de 1356 et au début de 1357; mais 
déjà son parti, tout-puissant aux Etats généraux, subordonne à des 
conditions d'une rigueur extrême le concours financier indispensable 
au dauphin pour refaire une armée et résister à l’Anglais. C’est, en 
fait, la déchéance de la royauté qu'il demande quand il réclame, outre 
le renvoi des conseillers du roi Jean et l’épuration du personnel 
administratif et judiciaire, la constitution d’un conseil de gouverne¬ 
ment élu par les Etats. Trop faible pour résister, le dauphin louvoie 
et gagne du temps : il donne de bonnes paroles, se laisse mettre plus 
ou moins en tutelle; s'il évite le fameux conseil qui eût substitué, 
selon l’expression de M. N. Valois, une assemblée entièrement issue 
du suffrage au conseil nommé par le roi sur lequel reposait la charge 
principale du gouvernement, il ne lui en faut pas moins subir des 
ministres qui représentent les influences hostiles, tel Robert Le Coq, 
le célèbre évêque de Soissons, qui se trouve parfois investi de la mis¬ 
sion de parler et d'agir au nom du dauphin. C'est que les opposants, 
l'échevinage parisien aussi bien que Charles de Navarre, quand, 
échappé de la prison où l’avait jeté le roi Jean, il fut venu les 
rejoindre, hésitaient à rompre définitivement avec l'ordre de choses 
établi. Au lieu de couper les câbles et de se déclarer ouvertement les 
ennemis des Valois, ils trouvaient plus opportun de consolider leur 
influence sous le couvert de l'autorité du dauphin, d’autant mieux 
qu’ils n’étaient pas assurés que la nation les suivrait plus avant. Mais, 
ce qu’il leur faut à tout prix, c’est la docilité du dauphin; selon les 
circonstances, ils useront, pour l’asservir, des promesses et surtout 
des menaces; au besoin, ils essaieront de le terrifier, comme ils le 
firent dans cette fameuse journée du 22 février 1358, où le sang de 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



86 


BIBLIOGRAPHIE. 


deux de ses conseillers, assassinés dans sa propre chambre, rejaillit 
sur la robe du prince. 

Visiblement, cette situation, en se prolongeant, devenait intolé¬ 
rable; le dauphin, réduit à l’impuissance, était hors d’état de servir 
utilement les intérêts de la monarchie, tant à l’intérieur qu’à l’exté¬ 
rieur; ni les forces militaires, ni les forces financières de la royauté 
ne pouvaient se reconstituer; le roi Jean demeurait indéfiniment pri¬ 
sonnier de son vainqueur. Puisque les adversaires du dauphin ne se 
décidaient pas à résoudre eux-mêmes, en renversant le jeune Charles 
et avec lui la dynastie, le problème qu’ils avaient posé, une autre 
solution pouvait seule être envisagée; que le régent reconquit sa 
liberté et, se rendant en province, y ralliât les forces royalistes encore 
considérables, peut-être ainsi arriverait-il, en triomphant de ses adver¬ 
saires, à rétablir les affaires si compromises des Valois. Déjà on avait pu 
croire que cette solution se réaliserait au cours de l’été et de l’automne 
de 1357, alors que Charles, après avoir marqué sa volonté de secouer 
le joug des réformateurs, devenus pour un temps impopulaires, avait 
séjourné plusieurs mois hors de Paris. Pourquoi y rentra-t-il au mois 
d’octobre et se remit-il ainsi, sans garanties,' entre les mains de ses 
adversaires, c’est une énigme dont M. Delachenal ne nous a point 
donné l’explication. Après la journée du 22 février 1358, il fallait s'at¬ 
tendre à ce que le dauphin ne songeât plus qu’à abandonner une capi¬ 
tale où ses jours n’étaient plus en sûreté, et où Charles le Mauvais 
devenait de plus en plus puissant. Des serviteurs dévoués formèrent 
le projet de l’enlever pour le soustraire au joug qui pesant sur 
lui. Telle parait bien avoir été la pensée secrète de cet écuyer, 
Philippot de Repenti, qui, s’étant laissé prendre à Saint-Cloud le 
17 mars, fut décapité aux Halles deux jours plu6 tard. Les révolution¬ 
naires de 1358, pas plus que ceux de 1791, n'entendaient se dessaisir 
de leur otage. Cependant le dauphin fut plus heureux, et vraisembla¬ 
blement plus habile que Louis XVI ; il sut, le 25 mars, échapper à la 
domination des factions parisiennes. Par quel moyen réussit-il à sor¬ 
tir de la cité, nous n’en savons rien; ce que nous savons, c’est qu’aus- 
sitôt sorti il répondit aux sollicitations des Parisiens que jamais il ne 
reparaîtrait dans la capitale du vivant du prévôt des marchands. 

Désormais, le régent (ainsi le nommait-on depuis quelques semaines), 
était en mesure de rallier ses partisans; bientôt il pourra relever le 
gant que lui ont jeté ses adversaires. Survient pendant les derniers 
jours de mai et les premiers jours de juin la courte, mais sanglante 
insurrection de la Jacquerie; elle ne laisse pas que d’embarrasser les 
chefs de l’opposition, dont l’un, le roi de Navarre, combat les Jacques, 
tandis que l'autre, Etienne Marcel, semble enclin à les soutenir et en 
tout cas proteste contre les excès de la répression dont ils sont vic¬ 
times. A coup sùr, il n’y avait pas harmonie parfaite entre la conduite 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


87 


du prince, qui parait s'étre souvenu en cette occurrence qu'il était 
gentilhomme, et celle du bourgeois, qui, sans épouser absolument la 
cause des paysans, tient à ménager en eux des auxiliaires dont le 
secours sera peut-être utile. En dépit de ces divergences, le 14 juin, 
Étienne Marcel se trouve réduit à appeler le roi de Navarre dont il 
fait, malgré les répugnances de beaucoup de Parisiens, le capitaine 
de la cité; bien plus, « le prévôt des marchands déclare qu’on écrira 
à toutes les bonnes villes afin que le roi de Navarre soit reconnu 
comme capitaine universel du royaume ». Ouvertement, les deux 
alliés avaient jeté le masque; c’est ce qui pouvait survenir de plus 
heureux pour le parti du dauphin. On sait le reste : les fautes du roi 
de Navarre, qui ne tarde pas à soulever contre lui les défiances et les 
rancunes des Parisiens; les luttes sanglantes entre les bourgeois et les 
mercenaires anglais qu’il avait appelés à Paris; la résolution de plus 
en plus accusée, chez le prévôt des marchands, de mettre Paris à la 
discrétion des Navarrais; enfin la journée du 31 juillet, qui, à la 
grande joie des Parisiens, les affranchit de la domination des adver¬ 
saires du régent. « L’âme populaire, — l'âme humaine, — est partout 
et dans tous les temps semblable à elle-même. La mort du prévôt et 
de ses complices les plus déterminés amena l'effondrement de son 
parti; Paris se trouva tout entier acquis au régent. » En réalité, 
comme le pense M. Delachenal, Marcel s'était irrémédiablement perdu 
le jour où, poussé par des événements qu’il ne gouvernait pas, il 
s’était résigné à imposer définitivement à la capitale et à la France la 
dictature du Navarrais, prélude d'un changement de dynastie. « Les 
fautes de Marcel sont, au demeurant, celles de tous les hommes que 
la faveur populaire élève ou laisse retomber avec une capricieuse 
inconstance? Lequel a jamais eu un programme, une idée directrice? 
Lequel n'a pas vécu d’expédients, au jour le jour, poussé, ballotté en 
sens contraires, incapable de maîtriser ceux qu'il se flattait de diriger? 
Artevelde, Rienzi, Marcel ont été, comme les tribuns de tous les 
temps, à la merci des événements et à la remorque de la foule qui les 
avait pris pour chefs. » 

IV. — Il est temps de nous demander, avec M. Delachenal, quelle 
était, pendant ces années de déchirements intérieurs, la marche des 
négociations engagées avec l'Angleterre. L'histoire de ces négocia¬ 
tions, qui aboutirent au traité de Brétigny, occupe la majeure portion 
du second volume; c’est une des parties les plus neuves de VHistoire 
de Charles V. 

Les papes, notamment Clément VI et Innocent VI, n’avaient 
négligé aucun effort pour conjurer ou arrêter la guerre qui, mettant 
aux prises les deux plus puissants souverains de l’Occident, troublait 
profondément la chrétienté et la livrait sans défense suffisante aux 
attaques du Croissant. Aussi, à peine quinze jours s’étaient-ils écoulés 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



88 


BIBLIOGRAPHIE. 


depuis la bataille de Poitiers qu’innocent VI « s’interposait une fois 
de plus entre les deux adversaires, prenant en main la cause du 
vaincu et prêchant la modération au vainqueur ». Ce n’était pas au 
roi Jean qu’il était besoin de recommander une attitude conciliante. 
« Si brave sur le champ de bataille, le roi avait une idée fixe depuis 
qu’il était prisonnier, celle de regagner sa liberté » ; il lui semblait que 
pour racheter un semblable bienfait, le royaume ne pourrait faire de 
trop gros sacrifices. En revanche, il ne parait pas qu'Édouard III se 
soit montré aussi pressé, non pas d'arrêter les hostilités (dès le début 
de l’année 1357, une trêve avait été conclue à Bordeaux, qui devait 
durer jusqu'au printemps de 1359), mais de régler la situation par un 
traité de paix définitif. C’est seulement en mai 1358, à Londres, où le 
roi Jean avait été transféré, que les deux rote arrivèrent à une 
entente, approuvée par le dauphin et son conseil. Ce premier traité 
de Londres, dont M. Delachenal a retrouvé le texte, était ignoré des 
historiens : nous sommes, grâce à lui, en mesure de constater que les 
conditions de cet accord furent à peu près celles qui se retrouvèrent 
plus tard dans le texte du traité de Brétigny. Les cessions territoriales 
consenties par la France sont les mêmes de part et d’autre; la seule 
différence importante est que la rançon du roi est fixée par le traité 
de Londres à 4,000,000 d'écus d'or, tandis qu’à Brétigny le roi anglais 
n’exigea que 3,000,000 d’écus. Le 8 mai 1358, l’entente était faite sur 
tous les points : les deux rote, qui se trouvaient réunis à Windsor, 
s’embrassèrent plusieurs fois, échangèrent leurs anneaux et soupèrent 
ensemble amicalement. 

Cette première paix ne tarda pas à être rompue. La cause avouée 
de la rupture fut l'inexécution d’une clause en vertu de laquelle un 
premier acompte de 600,000 écus d’or, sur la rançon du roi, devait 
être versé avant la Toussaint de l’année 1358; ce versement était la 

condition mise à la délivrance du roi Jean. Mate cette cause suffit-elle 

# 

à expliquer un événement aussi grave? Edouard III sut bien patienter 
après Brétigny, alors que le premier terme de la rançon n’était pas 
intégralement payé au jour marqué. M. Delachenal croit que, en pro¬ 
fitant des circonstances pour se dégager du traité, Edouard III, engagé 
dans un conflit de juridiction avec le Saint-Siège à propos de l’évêque 
d’Ély, a voulu faire sentir son mécontentement à Innocent VI, le 
principal auteur de la paix conclue entre les deux rois. Ne peut-on 
pas supposer aussi que le monarque anglais n’a pas été fâché de pro¬ 
fiter des embarras causés à la France par la prise d'armes du Navar- 
rate, qui, depuis les événements qui s'étaient produits à Paris à la fin 
de juillet 1358, était en guerre ouverte avec le dauphin, si bien que le 
Beauvaisis et la Picardie étaient en feu? 

Quoi qu’il en soit, près d’une année s’écoula avant qu’une conven¬ 
tion nouvelle ait été substituée au traité rompu. Cette convention fut 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


89 


arrêtée à Londres, le 24 mars 1359; c’est le second traité de Londres. 
Les conditions en étaient infiniment plus dures pour la France que 
celles du premier traité. Si la rançon de Jean demeurait fixée à 
trois millions, le roi d'Angleterre se faisait céder à peu près la moitié 
occidentale de la France, du nord au sud. Pour recouvrer sa liberté, 
le roi Jean avait consenti à tout; il semble résulter de ses lettres qu’il 
ne regrettait rien. On devine la perplexité du dauphin et de son 
conseil, lorsque, de Londres, ce traité fut soumis à leur approbation; 
peu désireux d’assumer sur eux seuls la responsabilité de la décision, 
ils convoquèrent les trois ordres du royaume. Ceux-ci, réunis à Paris 
en mai 1359, répondirent au régent « que le traité n'était ni passable 
ni faisable, et, pour ce, ordonnèrent à faire bonne guerre à l’Anglais ». 

9 

Cette réponse unanime des Ëtats marque une date mémorable dans 
rhistoire de notre pays; « un sentiment nouveau et bien ancien tout 
à la fois s’y fait jour avec une force singulière. Le peuple de France 
s’est ressaisi lui-méme » ; il s’est serré autour du dauphin, dont l’au¬ 
torité est désormais affermie; il saura opposer à l'envahisseur une 
résistance qui, peu à peu, sans batailles décisives, sans rencontres 
meurtrières, brisera le suprême effort d’Édouard III. L’héroïque épi¬ 
sode de Longueil-Sainte-Marie, où, sous la direction de Guillaume 
l’Aloue et du Grand Ferré, les paysans résistèrent victorieusement 
aux Anglo-Navarrais, est un symptôme, et non des moins significatifs, 
des dispositions nouvelles du pays. Sans doute Édouard III, de 
novembre 1359 à mai 1360, parcourt la moitié septentrionale de la 
France à la tête d’une armée; mais ces troupes, si elles font beaucoup 
de mal au pays qu’elles pillent, dévastent et rançonnent, n’en sont 
pas moins hors d’état de triompher de la résistance de Reims et sont 
réduites à ne faire devant Paris qu’une manifestation impuissante. Les 

9 

sages, comme le duc de Lancastre, représentent à Edouard III qu’il 
est temps de traiter, parce qu’en un jour on pourrait perdre plus que 
l’on avait gagné en vingt ans. Et, le 8 mai 1360, les plénipotentiaires 
des deux partis signent à Brétigny un traité, qui sans doute impose à 
la France des sacrifices territoriaux considérables, mais ce sont ceux 
du premier traité de Londres et non du deuxième; en même temps, la 
rançon du roi est réduite de quatre millions d’écus à trois millions. 
Un premier acompte de 600,000 écus devait être à bref délai versé 
aux mains des agents du roi d’Angleterre à Calais. 

Ce traité n’était que provisoire ; c’est plus tard, au moment du ver¬ 
sement des 600,000 écus, que les deux rois devaient solennellement 
ratifier leurs accords et que le roi Jean retrouverait sa liberté. Le 
véritable et définitif traité qui mit fin à la guerre déchaînée depuis 
près d’un demi-siècle fut juré le 24 octobre 1360, par les rois de France 
et d’Angleterre, dans l'église Saint-Nicolas de Calais. Encore cet ins¬ 
trument, rédigé en apparence avec tant de soin, se présentait-il 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



90 


BIBLIOGRAPHIE. 


dépourvu de clauses importantes, celles qui concernent les renoncia¬ 
tions réciproques déjà réservées à Brétigny. 

M. Delachenal raconte, après MM. Petit-Dutaillis et Collier 4 , l'his¬ 
toire de cet incident diplomatique, moins glorieux pour la France 

qu'il ne lui fut utile. Jean II devait renoncer à la souveraineté et au 

# 

ressort sur les provinces cédées aux Anglais; à Edouard III, il incom¬ 
bait de renoncer non seulement au titre de roi de France qu’il avait 
pris, mais à la souveraineté et au ressort de diverses provinces, par 
exemple la Normandie et la Touraine, qu’il avait revendiquées à titre 
particulier et qu’il ne recouvrait pas. A l’Anglais, les renonciations 
n’enlevaient que des prétentions « chimériques et surannées » ; elles 
étaient bien plus onéreuses au roi de France, puisqu'elles devaient 
rompre le dernier lien juridique qui existait entre lui et ses anciens 
sujets et effacer à tout jamais sa souveraineté. Or, les renonciations 
ne furent jamais faites. C’est, non pas aux Anglais, ni même au roi 
Jean que M. Delachenal, après MM. Petit-Dutaillis et Collier, attribue 
l’omission des renonciations; il y voit l’œuvre d’hommes infiniment 
plus expérimentés, habiles et même retors, les conseillers du dauphin 
et le dauphin lui-même. C’est lui qui, d’ailleurs, devait profiter de 
cette omission pour ébranler l’œuvre, funeste à la France, de Brétigny 
et de Calais. A toutes les sommations d’Édouard III, il opposera que 
son père avait toujours retenu expressément la souveraineté et le res¬ 
sort des pays cédés, tant que les renonciations n’auraient pas été 
faites. Or, elles avaient été omises; donc le roi Charles V de France, 
s’il avait perdu dans ces pays le domaine utile, y conservait encore la 
souveraineté. Il parait bien que les Anglais avaient été victimes d’une 
manœuvre dont ils n'avaient pas aperçu la portée. Charles le Sage 
employa contre eux des armes que ne soupçonnait pas Jean le Bon ; 
ici encore se manifeste le contraste entre les deux hommes et les deux 
politiques. A coup sûr, le futur Charles V, en agissant ainsi, suivait 
moins les exemples de son père que ceux de son oncle Charles IV de 
Luxembourg. 

J’en ai dit assez, je crois, pour permettre au lecteur d’apprécier 
l’importance de l’œuvre de M. Delachenal, à laquelle l’Académie des 
inscriptions et belles-lettres a accordé sa plus haute distinction. Puisse 
l’auteur nous donner bientôt l’histoire du roi comme il nous a donné 
l’histoire du dauphin l 

Paul Fournier. 

1. La diplomatie française et le traité de Brétigny (le Moyen Age , 2* série, 
t. I, année 1897, p. 1-35). U. Petit-Dutaillis fait remarquer à ce propos que 
Charles V était déjà, avant son avènement, le subtil personnage qu'il fut 
depuis. C’est bien l’impression qui résulte de la lecture du livre de M. Dela¬ 
chenal. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


91 


Auguste Longnon. Atlas historique de la France depuis César 
jusqu’à nos jours. Texte explicatif des planches. 1” partie : 
De 58 av. J.-C. à 1380 ap. J.-C. Paris, Hachette, 1907. In-4°, 
vi-290 pages. 

C’est en 1884 que parut le premier fascicule de Y Atlas historique , 
dont M. Longnon vient de terminer la première partie par l’adjonc¬ 
tion d’une table alphabétique des vocables géographiques destinée à 
en faciliter le maniement. Si depuis cette époque l’ouvrage de l’émi¬ 
nent créateur de la géographie historique française est devenu clas¬ 
sique, si tous ceux qui s'intéressent à l’histoire de la Gaule et de la 
France féodale y ont largement puisé, nulle part plus que dans le 
milieu de l’École des chartes on n'a eu à le pratiquer et par suite à l’ad¬ 
mirer. Peut-être même actuellement ne se rend-on pas suffisamment 
compte de tout ce que l'on doit à ce monument national, tant par sa 
diffusion ont pénétré dans l'usage des idées et des vérités qui y ont été 
pour la première fois doctrinalement exprimées. 

Le volume de texte qui accompagne les quinze planches d’atlas est 
intitulé texte explicatif. Ce titre est insuffisant; c’est en effet une véri¬ 
table histoire de la formation territoriale de la France qui y est dévelop¬ 
pée, en prenant comme points de repère certaines dates, où l’abondance 
des documents et l’importance des événements ont guidé le choix de 
l’auteur. Ces explications sont des dissertations sur des points souvent 
douteux, souvent controversés, que M. Longnon a fixés avec sa sagacité 
et sa prudence scientifique. C’est dans Y Atlas historique que l’on 
trouvera une liste complète des peuples gaulois pour lesquels on a 
des textes certains et la nomenclature des variations des divisions 
ecclésiastiques de la Gaule, l’énumération des noms de lieu de l’époque 
gallo-romaine et de l’époque gallo-franque, des notices sur les par¬ 
tages mérovingiens et l'état de l’empire de Charlemagne en 806 et sur 
les divisions de la France au x« siècle avec l’énumération des pagi. 
On voit au milieu des perturbations et des révolutions les divisions 
territoriales se perpétuer et de l’époque préromaine ou impériale se 
maintenir jusqu'à la fin du xviji® siècle. Quant à la partie consacrée 
à la France sous les Capétiens, ce n’est pas seulement une constatation 
géographique, c’est un récit vivant de la formation de l’unité française 
par l’agrandissement progressif du domaine royal. On y suit le pro¬ 
grès continu, l’idée maîtresse qui a permis à notre pays d'acquérir 
sous les Capétiens l'unité politique et territoriale. 

Terminons par un souhait qui est celui de tous les élèves et de tous 
les admirateurs de M. Longnon; c’est que bientôt le savant maître 
donne la continuation de ce grand et capital ouvrage. 

L. Mirot. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



92 


BIBLIOGRAPHIE. 


Henri 8 te in. Bibliographie générale des cartulaires français 
ou relatifs à l’histoire de France. (Manuels de bibliogra¬ 
phie historique , t. IV.) Paris, A. Picard, 1907. In-8°, xv- 
627 pages. 

Il est à peine besoin de faire ressortir l’intérêt et l'utilité de ce 
répertoire, dù à un érudit dont la science bibliographique est univer¬ 
sellement connue. M. Stein a voulu réunir tous les cartulaires ou 
recueils d’actes « relatifs à un même établissement, à une même ins¬ 
titution, à une même localité, quelle qu’en soit l’origine, quelle qu’en 
soitladate ». Tous les documents de cette nature, concernant des éta¬ 
blissements religieux, des communes, des familles, des provinces, des 
universités, sont compris dans ce recueil. 

Beaucoup de cartulaires ont disparu, que nous ne connaissons plus 
que par les copies qui en ont été faites par les érudits du xvn e et du 
xviii* siècle. Déjà un grand nombre ont été signalés dans de précé¬ 
dents répertoires bibliographiques, tels le Catalogue général des 
cartulaires des archives départementales, VInventaire des cartu¬ 
laires conservés dans les bibliothèques de Paris et aux Archives 
nationales , telles les Notices bibliographiques sur les archives 
des églises et des monastères de l’époque carolingienne, tels enfin 
les inventaires publiés par la Commission royale d’histoire de Bel¬ 
gique. 

L’ouvrage de M. Stein rectifie et complète ces diverses publications. 
Les cartulaires modernes y ont trouvé place comme les recueils 
anciens; on a groupé les textes se rapportant aux pays où, à un degré 
quelconque, s'est fait sentir l'influence de la France; les originaux 
ont été distingués des copies ; entre plusieurs originaux, les différentes 
familles ont été notées; on a indiqué, autant que possible, les car¬ 
tulaires utilisés aux xvii* et xvin* siècles et aujounl'hui disparus. 

L’ordre suivi est l’ordre alphabétique des localités. On a donné le 
titre du cartulaire, la date de sa composition, les dates extrêmes des 
documents qu’il contient, le nombre de pages ou de folios, l’endroit 
où il est actuellement conservé. Puis on a indiqué soit les publications 
qui en ont été faites, soit les notices où il en a été. question. 

Deux tables, l’une par provinces pour les cartulaires civils, l'autre 
par diocèses pour les cartulaires ecclésiastiques, complètent cette 
publication d'une importance capitale, et que l’on ne saurait assez féli¬ 
citer M. Stein d’avoir entreprise. 

L. Mirot. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


93 


Gallia typographica ou Répertoire biographique et chronolo¬ 
gique de tous les imprimeurs de France , depuis les origines 
de Vimprimerie jusqu'à la Révolution, par Georges Lepreux. 
T. I : Flandre , Artois , Picardie. Paris, H. Champion, 1909. 
In-8°, 316 pages. Prix : 10 fr. (Revue des bibliothèques, Supplé¬ 
ment I.) 

Les premiers temps de l’imprimerie ont seuls suscité jusqu’ici les 
recherches des érudits; la période postérieure n’a encore fait l’objet 
d’aucun travail d'ensemble et les ouvrages déjà anciens de Deschamps 
et de La Caille sont les seuls que nous puissions consulter pour retrou¬ 
ver les noms des imprimeurs des xvn® et xvm® siècles. Cette lacune 
va être heureusement comblée. M. Lepreux n’a pas craint de s’atta¬ 
quer à la tâche énorme qu’est l’édification d’une Gallia typographica, 
et il nous donne aujourd’hui le premier tome de cet important 
ouvrage. On y trouve, divisée par départements, l’histoire de l’impri¬ 
merie dans les trois provinces les plus septentrionales de la France. 
Pour chaque département, M. Lepreux donne la liste chronologique 
des imprimeurs, ville par ville, avec les dates entre lesquelles ils ont 
exercé leur profession, puis, par ordre alphabétique, la notice biogra¬ 
phique de chaque imprimeur. Le volume est complété par une série 

P 

d’analyses de pièces en général émanées du Conseil d’Etat, par une 
table onomastique et un index des enseignes. Fait avec soin, après 
de longues et patientes recherches, ce premier tome fait bien augurer 
de ceux qui le suivront. Nous ne pouvons que souhaiter de voir 
l’œuvre entière paraître promptement. 

Henri Lemaître. 

La Vie de saint Quentin , par Huon Le Roi de Cambrai , 
publiée pour la première fois par Artur Lângfors et Werner 
SOderhjelm. Helsingfors, 1909. In-4°. {Acta societatis scien- 
tiarum fennicæ, t. XXXVIII, n° 1.) 

J’ai annoncé, dans un numéro précédent de cette revue, la publica¬ 
tion du Regret Nostre Dame, de Huon Le Roi de Cambrai, faite par 
M. Artur Lângfors; c’est une autre composition du même rimeur 
qu’imprime aujourd’hui le jeune érudit finlandais, en collaboration 
avec son compatriote M. Werner SOderhjelm. La Vie de saint Quen¬ 
tin a été traduite du latin par Huon sous le règne d’un roi Philippe, 
qui parait être Philippe le Hardi ; elle comprend 4,092 vers octosylla- 
biques dans l’unique manuscrit qui nous l’a conservée. L’édition de 
MM. Lângfors et SOderhjelm est précédée d’une étude sur la langue 


% 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



94 


BIBLIOGRAPHIE. 


(lu copiste du manuscrit 4 et sur celle de l'auteur, sur la date et les 
sources du poème et sur d’autres vies françaises de saint Quentin. 
Elle est suivie de quelques notes sur le texte, d’un glossaire et d’un 
index des noms propres; le tout fait avec beaucoup de soin. 

Je comprends autrement que les éditeurs quelques passages qui leur 
ont paru peu clairs. Le sens des vers 50 et suivants est : « La France 
est bien fortifiée et bien gardée de reliques du côté où saint Quentin 
repose ; Dieu veuille la garantir des autres côtés » ; vers 435, 1’ ne se 
rapporte pas à la parole du vers suivant, mais à saint Quentin, qui 
vient de parler; la parole est le régime direct de joi, qui est un verbe 
actif; il faut donc mettre une virgule après l'ol et supprimer celle qui 
suit parole; vers 459, des « verges de plain puing trencans » ne 
peuvent pas être des « verges si épaisses qu’on pouvait à peine les 
tenir dans la main » (cette explication n’est donnée au lexique qu’avec 
un point d’interrogation); des verges de cette grosseur ne seraient 
plus des verges, mais des bâtons, et précisément les « bastons » sont 
mentionnés au vers suivant; d’ailleurs, de grosses verges ne seraient 
pas tranchantes : de (peut-être faut-il lire a) plain puing signifie « à 
pleines mains, en poignées »; au vers 1513, je crois qu’il faut lire toi 
au lieu de roi; au vers 2421, mors est un substantif et non un adjectif 
(autrement on devrait substituer cors à chars) ; au vers suivant, il faut 
lire ains au lieu de a inc : la perte de la chair ne fut pas une mort; 
au contraire, les souffrances qu’endura le corps furent un grand bien 
pour l’âme. 

Ernest Langlois. 

Guillaume de Machaut. Poésies lyriques. Édition complète en 
deux parties, avec introduction, glossaire et fac-similés, publiée 
sous les auspices de la Faculté d'histoire et philologie de Saint- 
Pétersbourg, par V. Chichmaref. 2 vol. in-8®, dont le l' r com¬ 
prend les pages i-cxvi et 1-275, le II* les pages 277-705. Paris, 
1909, à la librairie Champion. 

Guillaume de Machaut, « le grant rethorique de nouvelle fourme », 
fut considéré par ses contemporains et par les versifieurs de la géné¬ 
ration qui a suivi la sienne comme un maître en poésie et en musique. 
Quelle est la place qui lui revient en réalité dans l’histoire de ces 


t. L’unique argument invoqué pour faire du copiste un Hainuyer est fondé 
sur « le traitement picard du c, réuni avec la diphtongaison i« < Ç *. En 
réalité, M. Hermann Suchicr, dont l’autorité est invoquée, ne confine pas, et 
il a raison, la juxtaposition de ces deux phonèmes dans le Hainaut, ou, s’il le 
fait, et il aurait tort, c'est en élargissant considérablement les frontières de 
cette province, et en y enfermant, par exemple, la ville d’Aire (Pas-de-Calais). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


95 


deux arts ; on ne pourra le savoir sûrement avant d’avoir en mains 
toutes ses œuvres. En 1849, P. Tarbé imprima un choix de ses poé¬ 
sies; il en donna d'autres en 1856, dans sa publication des Poésies 
d'Agnès de Navarre-Champagne; en 1871, P. Paris publia le Voir 
Dit pour la Société des bibliophiles françois; en 1877, L. de Mas 
Latrie fit paraître la Prise d'Alexandrie pour la Société de l'Orient 
latin; en 1903, quinze rondeaux et ballades ont été imprimés dans un 
livret pour noces. Toutes ces publications réunies ne donnent pas la 
moitié des vers du trop fécond rimeur. La Société des anciens textes 
français décida en 1906 de publier, par les soins de M. E. Hoepffner, 
les Œuvres de Guillaume de Machaul, moins le Voir DU et la 
Prise dAlexandrie; le premier volume de M. Hoepffner a paru en 
1908 : il comprend le Prologue , le Dit dou Vergier , le Jugement 
dou roy de Behaingne, le Jugement dou roy de Navarre et le 
Lay de Plour. Mais un savant russe, M. Chichmaref, préparait, 
depuis de longues années peut-être, une édition des poésies lyriques 
de Guillaume de Machaut; il ne s’est pas laissé faucher l’herbe sous 
le pied, et personne ne serait autorisé à le lui reprocher. 

L’édition de M. Chichmaref est précédée d’un court avant-propos et 
d’une longue introduction. Dans son avant-propos, il prévient que 
son édition de l’œuvre lyrique de Guillaume de Machaut « devait 
suivre, comme une sorte de complément documentaire, une histoire 
de la poésie lyrique dans le nord et le midi de la France pendant la 
seconde moitié du moyen âge >. Des « circonstances imprévues », 
qu’on devine sans peine et sans jugement téméraire, l'ont « amené à 
faire paraître d’abord cette seconde partie », que l’autre, espère-t-il, 
suivra de près. Il réserve donc « pour le volume en préparation l’ana¬ 
lyse de cette œuvre et l’appréciation de son rôle dans l’ensemble du 
mouvement littéraire de l’époque. Les traits essentiels et caractéris¬ 
tiques de son inspiration y seront mis en relief et présentés comme 
un des sujets d'étude les plus intéressants pour l’histoire de cette 
décadence poétique ». Tout le monde prendra acte avec plaisir de cette 
promesse. 

La partie la plus intéressante de l'introduction est le chapitre con¬ 
sacré à la « Vie de Guillaume de Machaut » ; on y trouvera de nom¬ 
breuses rectifications aux biographies antérieures, des précisions et 
des identifications nouvelles. Ce chapitre est suivi d’un autre sur les 
manuscrits des poésies de Guillaume. 

Les textes publiés sont : 1° le Prologue; 2° la Louange des dames, 
qui se compose de 274 courtes pièces : rondeaux, ballades et chants 
royaux; 3° dix pièces groupées sous le titre, qui ne convient pas à 
toutes, de Complaintes ; 4° un Dit intitulé : Vez ci les biens que ma 
dame me fait; 5° les Lais, au nombre de vingt-quatre ; 6° les Motets, 
au nombre de vingt-trois; 7° les Ballades notées (les manuscrits en 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



96 


BIBLIOGRAPHIE. 


donnent quarante-cinq, mais seize figurant déjà parmi les ballades 
sans musique, M. Chichmaref naturellement n’imprime ici que les 
vingt-neuf autres); 8° les Rondeaux notés (vingt et un dans les 
manuscrits : trois ont été imprimés parmi les rondeaux sans musique ; 
les dix-huit autres le sont ici); 9° les Chansons balladées notées*; 
10° un Appendice comprenant dix-neuf ballades et un virelai (auquel 
il manque un vers). La raison pour laquelle ces vingt pièces ont été 
rejetées en appendice est donnée dans une note de la page en : c’est 
qu’elles n'existent que dans un seul manuscrit et que l'éditeur n’est 
pas certain de leur authenticité. 

Le Prologue, déjà publié par Tarbé, figure aussi en tête de l’édi¬ 
tion de M. Hoepffner, où il est mieux à sa place que dans celle de 
M. Chichmaref, puisqu’il doit précéder immédiatement le Dit dou 
Vergier. Le Lay de Plour a été de même imprimé à la fois par 
M. Hoepffner et par M. Chichmaref ; comme M. Chichmaref, M. Hoepff¬ 
ner a donné dans son introduction une bonne biographie du poète. 
Ces doubles emplois sont très regrettables, mais on n’en fera grief à 
aucun des deux éditeurs : M. Chichmaref avait commencé d'imprimer 
en janvier 1907 ; il ne pouvait, à cette époque, connaître le contenu 
du volume de M. Hoepffner, et, d’autre part, M. Hoepffner ne pouvait 
savoir de quoi se composerait la publication de M. Chichmaref, parue 
après la sienne. La Société des anciens textes publie avec une lenteur 
qui peut être sage, mais qui n’en est pas moins excessive : le pre¬ 
mier volume des Œuvres d’Eustache Deschamps a paru en 1878, le 
neuvième et dernier en 1903; le premier volume des Œuvres de 
Christine de Pisan est daté de 1886, le troisième de 1896, et l’on 
n’entend pas encore parler du quatrième; on ne peut donc que souhai¬ 
ter avec reconnaissance la bienvenue à l’édition, d’ailleurs soignée, 
de M. Chichmaref. 

Ernest Langlois. 

Géraud Lavergne. Le parler bourbonnais aux XIII • et 
XIV e siècles. Étude philologique de textes inédits. Paris, Cham¬ 
pion, 1909. In-8°, 175 pages. 

Ce livre utile ne répond pas à son titre. Le sous-titre seul est exact. 
Nous avons là un bon nombre de textes inédits, principalement des 
aveux, d'origine bourbonnaise, s'étendant sur une période qui va de 
1245 à 1325. Les particularités phonétiques et morphologiques de ces 
textes ont été relevées avec soin. Mais elles nous renseignent fort 
incomplètement sur le « parler bourbonnais » des xni* et xiv e siècles. 
Comme l’auteur le reconnaît lui-même, page 137, « le problème de la 

1. Ni pour les ballades, ni pour les rondeaux, ni pour les chansons balla¬ 
dées, M. Chichmaref n’a donné la musique. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


97 


langue parlée en Bourbonnais au moyen âge reste à peu près intact ». 

Il ajoute, en effet, très justement : « Nos constatations portent, il ne 
faut pas l'oublier, sur la langue écrite officielle, dont l’orthographe 
déjà fixée, compliquée de fausses élégances et modelée sur le latin des 
clercs, supprime déjà la spontanéité de la langue parlée. » Le phéno¬ 
mène le plus curieux qui transparaisse, c’est, dans une pièce de Ver- 
neuil, la désinence atone en eis , à rapprocher de la désinence en ais 
qu’on rencontre en 1308 dans la Parabole de l’Enfant prodigue, 
traduite en patois d’Ébreuil. Signalons, dans une note détaillée des 
pages 140 et 141, un complément de la Bibliographie de Behrens en 
ce qui touche le Bourbonnais. Le volume se termine par une table des 
noms de personnes et des noms de lieux qui paraissent dans les textes 
publiés. 

L. C. 

L. Salembier. Les œuvres françaises du cardinal Pierre 
d’Ailly, évêque de Cambrai, J350-f420. Arras, Sueur-Char- 
ruey (s. d.). ln-8°, 109 pages. (Extrait de la Revue de Lille, 1907.) ' 

Alors que les œuvres latines de Pierre d’Ailly sont très connues et 
que les manuscrits, aussi bien que les éditions, en sont nombreux, ses 
œuvres françaises ne nous sont parvenues que dans un manuscrit de 
la bibliothèque d’Avignon (ms. 343), et une édition gothique, dont le 
seul exemplaire connu est à laColombine de Séville (Rec. G. 37-27); il 
est vrai que ces œuvres françaises sont peu nombreuses et d’impor¬ 
tance secondaire. On sera heureux toutefois d'en posséder une édition 
moderne. Malheureusement, si M. Salembier connaît mieux que qui¬ 
conque la vie de Pierre d’Ailly 1 et sait très bien commenter ses 
ouvrages, il semble peu préparé à la publication de textes en vieux 
français; il n'indique jamais quelle leçon il donne, ses lectures ne sont 
pas très sures 1 , enfin sa graphie, non seulement n’est pas conforme 
à celle adoptée généralement aujourd’hui, mais elle est loin d’étre 
logique, les accents et les élisions étant tantôt employés et tantôt pas. 

H. L. 

Georges Durand. Emoul Boulin, Alexandre Huet et les autres 
huchers des stalles de la cathédrale d’Amiens. Notes biogra¬ 
phiques. Amiens, impr. de Yvert et Tellier, 1908. In-8°, 54 pages. 
(Extrait des Mémoires de l’Académie d'Amiens, 1908.) 

M. Georges Durand, dans cette intéressante notice parue voici déjà 

1. Cf. Petnu de Allioco, a uct or e Ludovico Salembier,... Insulis, ex typis 

J. Lefort, 1886, in-8*. 

2. Nous relevons, entre autres erreurs, riengle pour rieugle, p. 34. 

1910 7 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



98 


BIBLIOGRAPHIE. 


quelque temps, nous fait pénétrer dans la vie des bûchers d’Amiens 
au xvi* siècle, décrit leur mobilier, leurs ateliers, leur outillage. Dans 
les premières pages, M. Durand montre la différence qui existait entre 
les huchers, ouvriers du bois, et les menuisiers, qui se livraient aux 
travaux délicats, en pierre, bois ou métal. Plus loin, M. Durand 
recherche le salaire attribué aux maitres qui ont sculpté les stalles ; 
ce salaire, fixé à 4 s. par jour, semble assez rémunérateur. Cette notice 
se termine par une étude sur les compagnons des maitres huchers 
d’Amiens, au nombre desquels était Jehan Turpin, à qui l’on attri¬ 
buait, avant les travaux savants de M. Durand, la paternité des stalles 
d’Amiens. 

M. A. 

Recueil mémorable d’aulcuns cas advenus depuis l’an 1573 
tant à Beauvais qu’ailleurs, publié d’après le manuscrit origi¬ 
nal, avec notes et documents complémentaires, par le D r Victor 
Leblond,... Paris, H. Champion; Beauvais, impr. départemen¬ 
tale de l'Oise, 1909. In-8°, xvn-276 pages. (Publications de la 
Société académique de l’Oise, II. Documents pour servir à l’his¬ 
toire de Beauvais et du Beauvaisis au xvi* siècle.) 

L’auteur de ce Recueil mémorable est un certain Ricquier, sur la 
personnalité de qui on manque de renseignements. Il commença à 
écrire en 1573 et nota dans son registre les événements locaux, la 
chute du clocher de la cathédrale, le prix des denrées, les phénomènes 
météorologiques, les accidents de la foudre, les mutations de mon¬ 
naies, les petites séditions qui eurent lieu à Beauvais, le décès de 
dignitaires ecclésiastiques (il n’appartenait pourtant pas lui-même au 
clergé, car il semble avoir été marchand drapier), les épidémies, le 
passage d’illustres personnages ou de troupes royales, les processions 
extraordinaires, etc. Tout d’abord, son horizon fut étroit, et c’est à 
peine s’il songea à marquer quelques faits intéressant la politique 
générale du temps; mais, vers la fin du règne de Henri III, il com¬ 
mença à élever davantage ses regards, et son journal prit une bien 
plus grande extension. De 1589 aux premiers mois de 1593, il abonde 
en renseignements fort précieux. Naturellement, ce sont les guerres 
de religion qui alimentent son récit, la lutte des ligueurs triomphants 
à Beauvais contre les royalistes de Henri III et de Henri IV. Mais il 
ne se contenta plus de rappeler le souvenir de ce qui se passait autour 
de lui; ce sont maintenant tous les faits accomplis entre Paris et 
Amiens par exemple qui eurent le don de l’intéresser. Aussi son 
Recueil devient-il une source des plus importantes pour l’histoire de 
cette région. 

Le manuscrit qui l’a conservé se trouve aujourd’hui dans cette belle 
collection de pièces d’archives, que M. le baron de Brétizel, au château 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


99 


du Vieux-Rouen, communique si libéralement aux érudits. Il avait 
déjà été connu et utilisé; même des copies partielles en avaient été 
répandues. Il appartenait à M. le D r Leblond, si dévoué à la Société 
académique de l’Oise qu’il préside, et si passionné pour l’histoire de 
sa ville, de nous le présenter avec tout l’appareil scientifique exigé. Il 
a enrichi son édition de nombreuses notes explicatives; il a ajouté 
même de très abondants documents qui ont plus que doublé l’impor¬ 
tance de son volume. Ces documents, qui permettent le contrôle du 
Recueil mémorable et complètent ses lacunes inévitables, ont été 
extraits des Mémoires historiques de Jean Mollet ou de chroniques 
contemporaines plus étendues, des registres capitulaires de la cathé¬ 
drale, des registres des délibérations de l’hôtel de ville, des recueils 
Le Mareschal et de Troussures. 

J’aurais cependant peut-être souhaité une autre disposition de ces 
notes et documents, car il est assez incommode d’être obligé de cher¬ 
cher les unes et les autres à la fin du volume. Les notes explicatives 
du texte, les identifications des personnages présentés, les rectifica¬ 
tions du Recueil auraient fort bien pu être imprimées au bas des 
pages, tandis que les documents auraient été donnés dans un appen¬ 
dice distinct, chacun avec son numéro d’ordre et une courte analyse en 
tête. J’ai remarqué aussi que la table alphabétique des matières et 
des noms était loin d’être complète : je n’y ai pas trouvé les person¬ 
nages étrangers au pays signalés par Uicquier. Puisque j'en suis à ces 
remarques, me permettra-t-on d'observer que les « connins » n’étaient 
pas des canards (voir p. 5), mais des lapins, et de rectifier Fernaques 
(p. 7) en Fervaques? Mais je serais injuste si je ne donnais un tribut 
mérité d’éloges à l’activité et à la science historique de M. le 
D r Leblond. Son volume est extrêmement précieux, et il faut le féli¬ 
citer de nous l’avoir présenté si riche de renseignements de tout pre¬ 
mier ordre. 

L.-H. Labande. 

J.-B. Martin, docteur de l’Université de Lyon. Histoire des 
églises et chapelles de Lyon , publiée avec la collaboration de 
MM. J. Armand-Caillat, L. Bégule, J. Beyssac, D r J. Birot, 
A. Bleton, R. Cox, F. Desvernay, P. Dissard, F. Benolt-d’En- 
trevaux, Mgr Forest, L. Galle, J.-B. Giraud, A. Grand, R. Le 
Nail, S.-M. Perrin, A. Poidebard, J.-B. Vanel. Introduction par 
S. G. Mgr Dadolle, évêque de Dijon, ancien recteur des Facul¬ 
tés catholiques de Lyon, et M. l’abbé J.-B. Vanel, curé de Saint- 
Bonaventure de Lyon. Lyon, H. Lardanchet, 1908-1909. 2 vol. 
in-4°, planches hors texte et gravures. 

C'est un bien gros travail et d’une utilité incontestable qu’a entrepris 
sous ce titre M. l’abbé J.-B. Martin, aidé de dix-huit collaborateurs. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



100 


BIBLIOGRAPHIE. 


Pareil ouvrage semblait comporter de la part du conducteur un 
plan... méthodique, topographique, chronologique..., ou le plan 
démocratique de l’ordre alphabétique. 

M. Martin débute, chapitre i or , par la cathédrale, Sainte-Croix et 

g 

Saint-Etienne, ses annexes, nous laissant entrevoir un plan protoco¬ 
laire. Mais, dès le second chapitre, il groupe ensemble, sans souci des 
dates, de la topographie, des origines, les Célestins du bord de la 
Saône, au cœur de la ville, Saint-Bruno des Chartreux, sur la colline 
de la Croix-Rousse, les Frères Prêcheurs, qui, du centre de la presqu’île, 
l’entraînent aux Brotteaux, d’où il remonte à la Croix-Rousse pour 
décrire l’église Saint-Denis des Augustine, redescendre à la chapelle 
de l’Hôtel de ville, traverser la Saône, escalader la colline de Four- 
vière, pour traiter du couvent des Minimes. 

Sans plus de souci, M. Martin groupe dans le même chapitre (t. II, 
ch. vu) religieux et religieuses : Cordeliers de l’Observance, Petites- 
Sœurs de l'Assomption, Sœurs de Marie-Joseph, religieuses du 
Sacré-Cœur, Sœurs de Notre-Dame de Fourvière, religieuses Notre- 
Dame de l’Assomption, Nazareth, Servantes des pauvres, Missions 
africaines, Notre-Dame d’Afrique, Oratoriens, Saint-Polycarpe, Pro¬ 
pagation de la foi. 

Notre-Dame d’Afrique, une fondation du cardinal Lavigerie, Naza¬ 
reth, l’Assomption, le Sacré-Cœur et autres ordres du xix° siècle sont 
dans le même chapitre que les Cordeliers de l’Observance fondés au 
xv« siècle et les Oratoriens au xvn«. 

D’un bout à l’autre de l’ouvrage, la classification de M. l'abbé Mar¬ 
tin déroute le chercheur; ses notices semblent jetées au hasard. 
Peut-être faut-il en trouver la raison dans ce fait que, des dix-huit 
collaborateurs, neuf seulement ont fourni une collaboration effective 
et dans une mesure fort restreinte. Le travail presque tout entier est 
donc l’œuvre de M. Martin, et on doit lui savoir gré de l’avoir mené 
à bien. 

Mais accomplir une lourde tâche dans un délai relativement court 
n’est point une garantie pour la perfection du travail; en lisant le 
livre de M. Martin, on se demande d’une page à l’autre si c’est là 
œuvre de vulgarisation, d’édification ou d’érudition ; cette impression 
provient sans doute de la précipitation avec laquelle il a été procédé 
à la rédaction; précipitation sensible surtout pour ceux qui, connais¬ 
sant quelque peu l’histoire de Lyon, retrouvent, presque dans les 
mêmes termes, ce qu'ils ont pu lire ailleurs : 


J.-J. Grisard, Documents pour ser¬ 
vir à t histoire du couvent des 
Carmélites. Lyon, 1887, p. 2. 

... firent venir de la capitale sept 
religieuses qui arrivèrent A Lyon le 


J.-B. Martin, Histoire des églises et 
chapelles, t. I, p. 80. 

... Elles arrivèrent le 12 septembre 
1616 et logèrent d’abord A Ainay, chez 
les Dames de la Visitation, d'où elles 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


101 


12 septembre 1616 et furent logées d'a¬ 
bord à Aioay, chez les Visitandines, 
d'où elles sortirent le 9 octobre sui¬ 
vant pour s'installer dans le monas¬ 
tère qu elles ont occupé jusqu'en 1792 
et qu elles devaient & la munificence 
de Jacqueline de Harlay, qui prit le 
titre de fondatrice de leur couvent, 
dédié par la première prieure, la 
R. M. Magdeleine de Saint-Joseph, à 
Notre-Dame de la Compassion. 

Le lieu choisi pour l'établissement 
du nouveau couvent faisait |»artie du 
territoire de la Geila et était situé au 
sommet de la côte Saint-Vincent, qui 
prit dés lors le nom du nouvel éta¬ 
blissement. Il ressortait de la rente de 
l'abbaye d'Ainay en concours avec 
celle de Saint-Pierre. 


sortirent le 9 octobre suivant pour 
occuper le monastère qu elles ne quit¬ 
tèrent plus qu'en 1792 et qu'elles 
durent à la munificence de Jacque¬ 
line, dont elles récompensèrent le 
zèle par le titre mérité d'insigne fon¬ 
datrice. Leur première prieure, Ma¬ 
deleine de Saint-Joseph, dédia cet 
asile définitif A Notre-Dame de Com¬ 
passion. Le lieu choisi faisait partie 
du territoire de la Gella, au sommet 
de la côte Saint-Vincent, qui prit dès 
lors le nom du nouvel établissement. 
Le terrain ressortait de la rente de 
l'abbaye d'Ainay en concours avec celle 
de Saint-Pierre... 


Les Carmélites n’ont pu loger en 1616, à Ainay, chez les Dames de 
la Visitation, puisque M. Martin (même tome, p. 126-127) constate 
que les Visitandines, arrivées à Lyon le 1 er février 1615, furent ins¬ 
tallées aux Terreaux, rue du Griffon, et que ce n’est que le 14 juin 
1617 qu elles prirent possession de leur monastère de Bellecour sur la 
paroisse Saint-Michel. 

Cette impossibilité n'avait point échappé à J.-J. Grisard, qui, p. 345, 
corrige : « à Ainay, dans le logis de M. d’Halincourt, joignant 
l’abbaye. » 

Dans la bibliographie du chapitre v du tome II, deux noms d’au¬ 
teurs seulement sont cités pour le couvent des Carmes déchaussés, 
ceux des abbés Duplain et Giraud ; il en est un troisième qui s’impo¬ 
sait, celui de Paul Saint-Olive, preuve : 


P. Saint-Olivb, le Quartier de* 
Grands-Capucin», dans Revue du 
Lyonnais , 1874, 3* série, t. XVII, 
p. 180 et saiv. 

La première maison queje remarque 
au sommet de la montée des Grands- 
Capucins. aujourd'hui des Carmes- 
Déchaussés, est celle des Mascrani, 
originaires du pays des Grisons. Ils 
vinrent s'établir à Lyon vers 1580 et 
furent naturalisés français en 1622 
(Arm. lyonnais)... 

Ils avaient le titre de seigneurs de 
Laverrière et de Thunes, et ce der¬ 
nier titre indique parfaitement leur 


J.-B. Martin, Hist. des églises, t. II, 

p. 171. 

... C'est la maison Mascranni, ainsi 
nommée de ses propriétaires, origi¬ 
naires des Grisons. Les Mascranni 
vinrent s'établir A Lyon vers 1580 et 
furent naturalisés français en 1622; 
ils devinrent seigneurs de Laverrière 
et de Thunes; ce dernier titre indique 
parfaitement leur propriété sur le 
coteau de Fourviére. Leurs posses¬ 
sions s’étendaient sur la plus grande 
partie du terrain jusqu’au plateau 
supérieur dit tènement de la Thibau- 
dière. Ce fut Paul Mascranni, ban- 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



102 


BIBLIOGRAPHIE. 


propriété sur ce coteau. Us possé¬ 
daient une grande partie du terrain 
situé au-dessous de Fourrière, dit 
tènement de la Thibaudiére, et ce fut 
un Paul Mascrani, prérôt des mar¬ 
chands, en 1667, qui vendit aux Laza¬ 
ristes la maison où ils établirent leur 
communauté, occupée aujourd’hui par 
le raste pensionnat des Frères des 
Écoles chrétiennes. Ce Paul Mascrani 
mourut en 1675 et fut inhumé dans 
l'église des Grands-Capucins... 

Pareil travail de marqueterie pourrait être constaté dans d’autres 
notices, notamment tome I, page 182, les Recluseries , dont le texte 
est à rapprocher de celui de la Bibliothèque historique du Lyon¬ 
nais, p. 73. 

De cette constatation, pour qui connaît M. l’abbé Martin, il n’y a 
qu’une conclusion à tirer, c’est qu’obligé de faire vite, il a .conscien¬ 
cieusement dépouillé lui-même, ou par procureur, les ouvrages 
qui pouvaient lui être utiles, établissant des fiches avec larges 
citations, et que, dans la hâte de la rédaction, il a oublié de guille- 
meter les emprunts et de noter exactement les références, car la 
bibliographie, fort riche, même pour de petits sujets, devrait être 
rationnellement réduite à l'ouvrage utilisé. 

Cette hâte se constate un peu partout : qu’il s'agisse de l’église 
Saint-Pothin (t. I, p. 248), M. Martin oublie que l’un de ses collabo¬ 
rateurs a signalé une paroisse sous ce vocable (même tome, p. 47) ; de 
la maison des religieuses Trinitaires, il oublie de nous en préciser 
l’emplacement actuel. De la Propagation de la foi, fondation du 
xvii* siècle (t. II, p. 337), qui aurait été œuvre de « douceur », il nous 
est dit : « Voici comment un ancien document manuscrit raconte la 
fondation de la maison de Lyon », et le lecteur devra chercher quel 
est ce manuscrit. De la Propagation de la foi, œuvre contemporaine, 
deux notices (t. I, p. 295; t. II, p. 254) ne peuvent être lues avec pro¬ 
fit que par les initiés capables de faire la distinction ou le rapproche¬ 
ment entre la fondation de l’abbé Moyne et les dizaines de Pauline- 
Marie Jaricot, etc., etc. 

Il y a pourtant dans ce livre des pages traitées de main d’ouvrier 
qui démontrent que M. l’abbé Martin pouvait être à la hauteur de la 
tâche assumée et rompre cette sorte de fatalité qui, depuis et y com¬ 
pris la publication de la Nouvelle histoire de Lyon d’A. Steyert, 
semble marquer les ouvrages illustrés publiés sur la région lyon¬ 
naise. 

Telle qu’elle est, l'Histoire des églises et chapelles de Lyon, 
incomplète, écrite hâtivement, ne sera point sans rendre service à 


quier, prévôt des marchands en 1667, 
qui vendit aux Lazaristes la maison 
oh ces religieux établirent leur com¬ 
munauté. Devenue à la Révolution 
bien national, elle fut achetée plus 
tard par les Frères des Écoles chré- 
tiennnes, qui y fondèrent un vaste 
pensionnat appelé Les Lazaristes , du 
nom des anciens religieux qui l’avaient 
occupé. Paul Mascranni mourut en 
1675 et fut inhumé dans l’église des 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


103 


ceux qui en useront avec prudence et négligeront celles des gravures 
qui nous donnent des reconstitutions romantiques. 

M. l’abbé Martin est capable de faire bien; il se doit à lui-même 
une revanche. Qu’il veuille bien considérer le retard apporté à la 
publication du présent compte-rendu comme une marque de confiance 
et de sympathique intérêt. 

G. G. 


Ville de Marseille. Inventaire sommaire des archives com¬ 
munales antérieures à 1790. Série BB... T. I. Marseille, 
Moullot fils aîné, 1909. In-4°, 239 pages. 

M. Philippe Mabilly, qui conserve actuellement les archives muni¬ 
cipales de Marseille, continue avec zèle la publication de ses inven¬ 
taires entreprise depuis trois ans. Voici le deuxième fascicule qu’il 
nous donne : il contient l’analyse des quatre-vingt-treize pièces ou 
délibérations distinctes qui composent les liasses BB 1 à 10, et des 
vingt-trois premiers registres de délibérations. Les pièces séparées 
datent de 1225 à 1788; le plus grand nombre appartient à la période 
antérieure au xvi« siècle. Les registres ici présentés débutent en 1318 
et finissent en 1481; mais que de lacunes! Une première nous 
empêche de connaître les décisions prises par les assemblées munici¬ 
pales en 1321 et pendant les dix premiers mois de 1322; une autre 
embrasse toute l’année 1324; puis c’est pour les années 1327, 1330 et 
1331 (dix premiers mois) ; c’est encore de novembre 1332 à novembre 
1336, de mai 1337 à octobre 1339, de novembre 1340 à août 1348, etc. 
Si le xiv* siècle est en somme assez favorisé, le suivant est tout à fait 
appauvri : nous n’y avons de délibérations que pour les années 1401, 
1403, 1469, 1470, 1471, 1472, 1480 et 1481. Elles nous sont aussi par¬ 
venues dans le plus grand désordre. Les registres du xiv* siècle, qui 
ont été respectés, sont encore loin d'être en parfait état : beaucoup de 
leurs feuillets ont été gâtés par l'humidité et sont devenus presque illi¬ 
sibles. Ne nous plaignons pas trop cependant; ces volumes fournissent 
de très abondants documents. 

Le rédacteur du présent inventaire a compris toute l’importance des 
liasses et registres qu’il a eus entre les mains; ils les a analysés fort 
longuement et n'a laissé de côté aucune des décisions prises par les 
assemblées municipales. Son exemple est vraiment à retenir : si les 
mêmes principes avaient été toujours adoptés, nous n’aurions pas 
aujourd'hui tant d’inventaires insuffisants. 

On se doute bien que les matières traitées sont des plus variées. On 
trouvera donc ici, avec les documents qui intéressent la vie et les 
événements d’une grande ville, de précieux renseignements sur les 
rapports des Marseillais avec les comtes de Provence, les guerres 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



104 


BIBLIOGRAPHIE. 


soutenues par eux, les expéditions faites sur terre ou sur mer, la pèche 
et le commerce du corail, le consulat de Naples, etc. On relèvera de 
nombreuses décisions pour la défense des commerçants attaqués par 
les pirates italiens et catalans ou bien exposés aux effets des lettres 
de marque ; on peut en signaler d'autres sur l’assistance médicale, les 
hôpitaux, l’enseignement, même celui des sciences naturelles, la police 
des rues, les marchés, les monnaies, le traitement des Juifs, la régle¬ 
mentation des bonnes mœurs et nombre d’autres sujets. Les récep¬ 
tions des papes au xiv* siècle et des rois préoccupèrent encore assez 
fréquemment les Marseillais. Ils avaient aussi à enregistrer les lettres 
patentes nommant aux fonctions administratives et judiciaires, telles 
que celles de sénéchal de Provence et de viguier, de sous-viguier et 
de juge. On voit qu’ils pouvaient se refuser à accepter un fonction¬ 
naire du comté qui ne leur plaisait pas. Je n'en dirai pas plus long 
sur l’intérêt que présente ce premier tome d’inventaire de la série BB. 
On n'aura qu a lire la lettre de M. Mabilly, qui sert de préface, et sur¬ 
tout à parcourir le volume pour être pleinement édifié. 

Les analyses ont été soigneusement rédigées; j'aurais cependant 
quelques rectifications à proposer d’ajouter aux errata, surtout pour 
des noms de personnes. Ainsi, il faut lire, p. 37, le Soudan de Baby- 
lone, au lieu de Saudan Bobilonie; p. 42, 2 e col., Simon Boccane- 
gra, doge de Gênes, au lieu de Simon Bouchenoire, duc de 
Gênes (aux errata, Boccanegro; voir aussi p. 94, 2° col.; en général, 
les doges de Gênes sont ici improprement appelés ducs); p. 43, 2 e col., 
et p. 45,1" col., Ayton Doria, au lieu d 'Aycon Doria; p. 44, l ro col., 
teneri prostibulum, au lieu de teni postribulum; p. 79, 1” col., 
Lercari, au lieu de Larcari; p. 80, 2 e col., Pierre de Cervole, au 
lieu de Pierre de Cervola, et je doute que le mot de Ginasservis, 
nom d’un prieuré, soit bien lu; p. 104, 2 e col., Louis de Tabia, non 
Louis de Tubia; p. 109, l™ col., au lieu des châteaux de Monteux 
et d’Adhémar, ne faut-il pas lire le château de Montélimar; même 
col., faro et non farot; p. 110, 1™ col., Adomo , et non Adomi; 
p. 125, 1" col., Jean Doria , au lieu de Jean d’Auria; p. 138, 2° col., 
château de Grimaud, et non Grimaldi; p. 141, 2 e col., Jean d’Èze, 
et non Jean d’Isie (voir aussi p. 215, l re col., Isnard d’Èze, au lieu 
d ’lsnard d’Ysia), etc. Pourquoi imprimer aussi la patrie de Provence, 
au lieu du terme consacré de pays de Provence? Qu’est-ce aussi que 
que le duc de Berivo en 1382 (p. 161, 2 e col.)? 

Ce sont là de petites taches qui ne doivent pas nous faire oublier 
les efforts du rédacteur de cet inventaire pour nous donner, dans le 
plus bref délai possible, communication d’une foule de documents 
extrêmement, importants, non seulement pour l'histoire de Marseille 
et de la Provence, mais encore pour le commerce méditerranéen au 
xiv® siècle. Il me faut donc encore insister sur ses mérites et le féli- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 105 

citer de la conscience qu’il a apportée dans l’accomplissement de son 
œuvre. 

L.-H. Labande. 


Jos. Berthelé. Montpellier en il68 et en 1836, d’après deux 
manuscrits inédits. Montpellier, impr. Serre et Roumégous, 
1909. In-fol., 188 p. (Extrait des Archives de la ville de Mont¬ 
pellier, inventaires et documents, t. IV.) 

— Plaquettes montpelliêraines et languedociennes. IV : 
la Vieille chronique de Maguelone, chronicon Magalo- 
nense vêtus, nouvelle édition. Montpellier, impr. générale du 
Midi, 1908. In-8°, paginé 101-200. — V : Un conflit sco¬ 
laire au XIV e siècle. Le Vigan, impr. Ch. Bausinger, 1909. 
In-8°, paginé 201-208. (Extrait de la Revue historique du dio¬ 
cèse de Montpellier.) 

— Opuscules campanaires. III : les Fontes de cloches à 
l'intérieur des églises. Château-Thierry, impr. moderne, 1908. 
In-8°, paginé 25-36. (Extrait des Annales de la Société histo¬ 
rique et archéologique de Château-Thierry.) — IV : 
Anciennes cloches municipales de Bordeaux, d’Orléans et 
d’Amiens. Montpellier, impr. coopérative ouvrière, 1909. In-8°, 
paginé 37-58. (Extrait du Bulletin mensuel de l’Académie des 
sciences et des lettres de Montpellier.) 

L 'État et description de la ville de Montpellier , rédigé en 1768 
par un anonyme, dont M. Berthelé n’a pu découvrir la personnalité, 
est un mémoire considérable qui nous fournit sur l’état matériel et 
moral de la ville un peu après le milieu du xviii* siècle, sur les 
classes sociales, sur les institutions et les mœurs, sur le commerce et 
l'industrie une ample moisson d’informations. 

Le Voyage à Montpellier en 1836 est également anonyme; mais 
M. Berthelé a pu établir qu’il a pour auteur François-Louis Jourdan, 
père du directeur du télégraphe à Montpellier, Alexandre Jourdan. 
Simple journal rédigé par l'auteur pour sa famille, ce Voyage n’est 
pas, comme le mémoire précédent, une description raisonnée et sys¬ 
tématique. Les extraits qu’en donne notre confrère, qui l’a jugé 
indigne d’une publication intégrale, contiennent plus d’un détail 
curieux et permettent de constater sur quelques points comment la 
physionomie de Montpellier s’était modifiée ou au contraire conservée 
en trois quarts de siècle. 

Le Chronicon magalonense vêtus est une œuvre du xii* siècle, 
qui est bien loin d’étre inconnue des érudits, puisque déjà elle a été 
trois fois éditée. Elle abonde en indications sur la construction de la 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



106 


BIBLIOGRAPHIE. 


cathédrale, et M. Berthelé, après avoir montré que l’attribution 
qu’Alexandre Germain en a faite à l’évêque Jean de Montlaur ne 
repose que sur l'interprétation erronée d’un des passages de la chro¬ 
nique, émet l'hypothèse que l'auteur est le chanoine « ouvrier » de la 
cathédrale au temps de cet évêque, et que ce chanoine pourrait être 
Bernard de Tréviers, l’auteur supposé de Pierre de Provence. Les 
arguments de M. Berthelé sont ingénieux sans emporter la conviction. 
Quant à l’édition qu’il nous donne du texte de la chronique, elle se 
distingue surtout par l’abondance et la précision des éclaircissements 
topographiques dont il l’a enrichie. 

Le conflit scolaire élevé au xiv* siècle entre le curé et les habitants 
de Marsillargues ne nous est connu que par une bulle de Jean XXII, 
dont la publication a donné naissance à la cinquième des Plaquettes 
montpelliéraines de M. Berthelé; nous n’apprenons guère que l’ob¬ 
jet du conflit : prétention du curé d’être seul instituteur dans sa 
paroisse et prétention contraire des habitants de choisir un instituteur 
à leur gré. 

En même temps que la publication de ses Plaquettes montpellié¬ 
raines, notre excellent confrère continue celle de ses opuscules cam- 
panaires. Dans l’un, il établit qu’un four découvert en 1892 dans une 
église de Château-Thierry, et où l’on avait prétendu voir un four cré¬ 
matoire, est un four ayant servi, suivant un usage assez commun 
chez les saintiers, à la fonte ou refonte des cloches. Dans l’autre, il 
nous fait connaître quelques documents sur les cloches municipales 
de Bordeaux (1774-1775), d’Orléans (1458) et d’Amiens (1748-1757). 

E.-G. Ledos. 


* 

Une relique nationale. La maison de Jeanne d’Arc à Orléans , 
par Eugène Jarry. Ouvrage accompagné de 7 gravures et de 
4 plans. Orléans, Marcel Marron, 1909. In-8°, 90 pages. 

La gloire croissante de Jeanne d’Arc, à laquelle il nous est bien 
permis de dire que l’École des chartes n’a pas été étrangère, fait avi¬ 
dement rechercher toutes les traces de son passage sur notre sol. « La 
moindre bourgade en recherche avec passion les vestiges, dit notre 
confrère Eugène Jarry dans l’avant-propos du travail dont on vient de 
lire le titre. Quelques villes pourtant, continue-t-il, sont plus fortu¬ 
nées. Parmi elles, Domrémy garde la maison où naquit et grandit la 
Pucelle; Chinon, les murs ruinés du château où brillèrent les pre¬ 
miers signes de sa mission; Reims, sa cathédrale splendide où Jeanne, 
radieuse, vit sacrer le roi; Rouen, la sombre tour où elle fut mise en 
présence des instruments de torture, et les fondations de celle qui vit 
sa captivité : émouvants souvenirs de l’épopée merveilleuse qui res¬ 
taura la France, en la replaçant dans les conditions politiques néces- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


107 


gai res à son existence nationale et à son développement. — A Orléans, 
nous possédons encore l'abside de notre cathédrale et ses charmantes 
chapelles, où vinrent s’engouffrer en ondes formidables les harmonies 
d’un enthousiaste Te Deum. — Récemment reparurent à nos yeux 
les bases des tours de la bastille des Tourelles, où se joua le dernier 
acte de la délivrance. — Nous avons enfin, de science certaine, la 
maison du trésorier Jacques Boucher et une portion notable de l’ap¬ 
partement où Jeanne reçut asile pour accomplir l’un des grands actes 
de sa mission : la levée du siège d’Orléans. » 

A cette dernière « relique », connue à Orléans sous le nom de 
« maison de la Pucelle » et menacée dans l’un de ces conflits où l’ar¬ 
chéologie et les souvenirs de notre histoire se trouvent aux prises 
avec la passion de régularité dont sont animées les autorités de nos 
jours, notre confrère a voulu apporter le témoignage et le secours de 
l’érudition, et il en a entrepris dans cette vue la monographie détail¬ 
lée. Il s’est imposé là un rude labeur, qu’il n’a pu mener à bien que 
par de longues et patientes recherches dans les archives anciennes 
des notaires d’Orléans, mais d’où est résulté un remarquable travail 
de topographie et de reconstitution historiques. 

Il a distribué sa matière en cinq chapitres : I. La maison de Jacques 
Boucher au xv e siècle. II. L’emplacement de la Porte-Renard. III. Les 
transformations de l’hôtel de Jacques Boucher au début du xvi* siècle. 
IV. Vente de l’hôtel à la famille Colas des Francs. — Nouvelles trans¬ 
formations. — La chambre et l’hôtel de la Pucelle. V. Examen archéo¬ 
logique et historique. — Conclusion. — Deux appendices ont pour 
sujets : I. Les possesseurs anciens de la maison de Jeanne d’Arc. 

II. Discussion du plan de restitution. — Trois documents sont publiés 
en pièces justificatives : I. 30 octobre 1543. Vente de la maison de 

Jacques Boucher à la famille Colas des Francs (Minutes Provenchère. 

• 

Etude Gillet). — II. 2 mars 1599. Description de la maison de Fran- 

_ 9 

çois Colas des Francs (Extrait de partage. Minutes Riou. Etude Les- 
tang). — III. 15 mars 1635. Description des maisons de l’Annonciade 
et de la Pucelle (Extrait de l’acte de vente à Pierre Baron. Minutes 

9 

Cahouet. Etude Gaullier). — Les planches suivantes illustrent le 
texte et aident l’intelligence du lecteur : I. Ancienne maison de 
Jacques Boucher (maison de la Pucelle). II. Porte de la maison de 
Jacques Boucher. III. Plan de restitution au xv° siècle. IV. Plan ter- * 
rier. V. Plan général. VI. Pavillon dit de Jeanne d’Arc. VII. Maison 
de la Vieille-Porte-Renard. VIII. Fenêtre voisine du pavillon dit de 
Jeanne d’Arc. IX. Premier étage de la maison de Jacques Boucher 
(extérieur). X. Solives du premier étage. XI. Coupes et plan du soli¬ 
vage de la maison de Jacques Boucher (premier étage). 

Notre confrère, dans ses recherches et son exposé, a voulu suivre 
en toute rigueur la forte méthode de notre école. Son travail est 


bigitized by 


Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



108 


BIBLI06BAPME. 


P88entiellement technique. Il a bravé l'aridité afin d’obtenir une com¬ 
plète précision. Il s'est dédommagé dans son avant-propos, où il a 
donné libre vol aux élans de son cœur, exprimé en termes éloquents 
et même poétiques son culte pour la vierge libératrice, marqué 
notamment son adhésion au caractère surnaturel, inséparable selon 
nous, de la vie et de l’œuvre de Jeanne d’Arc. 

Marius Sepet. 

Mémoires de la procession de la ville de Valentienne, compo¬ 
sés par sire Simon Le Boucqécrits en 1653, publiés par 
M. Bauchond. Valenciennes, G. et veuve P. Giard, 1908. In-8°, 
208 pages, avec 5 planches par A. Boutique. 

La « procession de la ville de Valentienne » remonte au haut moyen 
âge. En 1587, un écrivain local, Jean Cocquiau, expose son origine 
dans des termes que reproduit M. Bauchond : « On raconte qu’en l’an 
mil VIII, la procession de ceste ville fut instituée, parce qu’ung her- 
mitte, demorant près la chapelle de Nostre Dame de la Fontaine, près 
de Pont, durant que la peste estoit ici très vehemente, annoncea que 
la Vierge Marie commandoit de, au lendemain vin de septembre, faire 
le mesme tour avec ung cordeau, à l’environ de la ville, comme on 
l’avoit veu du soir le faire avec ung cordeau, lequel s’est depuis gardé 
en la fierte des royés. » 

Depuis le xi a siècle, cette cérémonie ne parait pas avoir cessé d’être 
célébrée. Mais les historiens ne s’en occupèrent pas avant le xvi*. Ce 
fut au milieu de la période séculaire suivante qu’un écrivain valen- 
ciennois fort connu, Simon Le Boucq, « escuier, ancien prévôt de la 
ville », écrivit à son sujet deux mémoires conservés en autographe 
dans un manuscrit de la bibliothèque de Mons et dont la publication 
forme l’origine et le fond du travail de M. Bauchond. 

Ils sont précédés d’une introduction comprenant trois parties. D’une 
part, comme cette cérémonie n’a été étudiée, nous venons de le dire, 
qu'à une époque relativement récente, mais qu’elle est bien antérieure, 
l’auteur expose les sources de son histoire au moyen âge. Elles se 
ramènent à trois groupes : les archives des comtes de Hainaut, main¬ 
tenant au dépôt de l’État à Mons et remontant à 1265; les archives 
municipales de Valenciennes, renfermant en particulier les comptes 
depuis 1347 : M. Bauchond en a donné le seul conservé intégralement, 
de 1484; enfin, les archives, valenciennoises encore, des confréries et 
débutant aussi au xiv® siècle : une charte de la confrérie des royé6 du 
8 septembre 1380 existe en original. La seconde et la troisième partie 
de l'Introduction comprennent la bibliographie et l'iconographie, 
celle-ci relative aux seules gravures ; l’une et l'autre ont été dressées 
depuis le xvn e siècle. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


109 


Viennent ensuite naturellement les deux écrits : les < mémoires de 
la procession de la ville de Valentienne », de 1653; puis « l'abandon 
de la Mere de Miséricorde par... la ville », « plainte de la glorieuse 
Vierge sur son abandon » ; c’est une sorte d'apostrophe de la Vierge 
aux habitants, où elle leur rappelle ses bienfaits et se plaint de leur 
ingratitude, surtout de leur délaissement de son sanctuaire tradition¬ 
nel de Notre-Dame-la-Grande. Deux appendices, comprenant deux 
documents de 1761 et de 1766, complètent les mémoires. 

Enfin, cinq planches, reproduisant soit des miniatures du xvi® siècle, 
tirées d'un manuscrit de la bibliothèque de Douai, soit des gravures 
anciennes de l'auteur, ont été reproduites en phototypie par M. Bou¬ 
tique. 

Des deux mémoires que contient l’élégant volume de M. Bauchond, 
le premier en particulier donne certainement plus encore que son titre 
ne le promet. L’exposé dans tous ses détails de cette cérémonie reli¬ 
gieuse constitue en effet une précieuse contribution à l’histoire de la 
civilisation urbaine au milieu du xvii® siècle. Les chapitres consacrés 
à la « marche et à l’ordre de la procession », à la « marche des confré¬ 
ries », à la « suite des fiertres et corps saints » que porte le clergé 
abbatial, offrent une énumération précise et utile de tous les éléments 
personnels et réels du défilé : « Serments », « stilz et mestiers », ordres 
religieux, confréries, ou reliquaires et autres richesses du même genre, 
surtout des abbayes; ainsi, la liste des cinquante corporations énonce 
les dates de « leurs premières ordonnances » et de « leurs Chartres », les 
noms de leurs patrons, les « dates de leurs fetes et de leurs églises » ; 
des indications analogues existent au sujet des autres groupements. 
La description de toutes les châsses et parties de trésors mérite éga¬ 
lement d’étre mentionnée au point de vue artistique. On a ainsi un 
ensemble précieux de renseignements sur la vie des associations dans 
une cité du nord de la France sous l’ancien régime. On ne peut donc 
que féliciter M. Bauchond qui, dans de telles conditions et avec tous 
les éclaircissements désirables, a ajouté un nouveau chapitre à la 
monographie de cette ancienne fête religieuse et plus généralement a 
contribué encore à nous faire connaître l’histoire de la ville de Valen¬ 
ciennes, qui lui est si familière. L’auteur a déjà donné, en effet, il y 
a quelques années, on se le rappelle, un excellent mémoire sur « la 
juridiction criminelle du magistrat de Valenciennes au moyen âge », 
dont il a été parlé ici même 4 ; à ce travail juridique vient maintenant 
s’en ajouter très heureusement un autre d’histoire religieuse et sociale. 

Georges Espinas. 


1. Bibliothèque de l'École des chartes , t. LXVI, 1905, p. 144. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



110 


BIBLIOGRAPHIE. 


L'Abbaye de Villers-en-Brabant aux XII* et XIII* siècles , 
étude d'histoire religieuse et économique par E. de Moreau,... 
suivie d'une notice archéologique par le chanoine R. Maerb,... 
Bruxelles, A. Dewit, 1909. In-8°, lxxii-350 pages, planches. 

Comme il l’indique dans sa préface, M. de Moreau ne s’est pas 
attaché à décrire les ruines pittoresques d’une ancienne abbaye, bien 
connue de tous les habitants de Bruxelles et du Brabant. Il s’est 
efforcé de retracer la fondation, le développement pendant le xii* et 
le xm e siècle d’un des monastères les plus riches des Pays-Bas, et 
l’étude qu’il nous donne est excellente ; les faits sont présentés avec 
clarté, selon un plan très bien conçu et bien divisé. Le lecteur passe 
successivement en revue l’histoire générale, si l’on peut dire, de l’ab¬ 
baye et de ses abbés, la vie religieuse menée par les moines et enfin 
l’administration des biens temporels du monastère. Une notice 
archéologique sur l’abbatiale et les bâtiments claustraux complète 
heureusement le volume. 

La fondation de l’abbaye cistercienne de Villers date du voyage 
effectué par saint Bernard dans les Pays-Bas en 4146-1147. L’influence 
exercée par le saint fut telle que de nombreux laïcs fortunés, des 
clercs prébendés abandonnèrent leurs biens pour entrer dans l’Ordre 
de Clteaux; les monastères d’Aulne, de Cambron, de Loos se fon¬ 
dèrent ou passèrent sous la dépendance de Clairvaux. Villers naquit 
du même mouvement; saint Bernard y envoya dix-huit moines de 
Clairvaux. Les premiers temps furent rudes; mais le travail opiniâtre 
des religieux vint à bout de toutes les difficultés en même temps que 
leur ferveur et leur zèle leur conciliaient les faveurs et les dons des 
seigneurs voisins. Les abbés ne tardèrent pas à prendre dans le Bra¬ 
bant une place qui leur assura l’appui souvent utile des ducs. Pendant 
tout le xiii° siècle, les biens s’accrurent, les bâtiments claustraux se 
complétèrent, mais quand apparut le xiv e siècle, par suite d’une crise 
commune à tous les monastères de la région, Villers vit venir, avec 
la décadence financière, une période de déclin. 

La vie religieuse suivit la même évolution ; la ferveur très vive des 

« 

premiers temps, entretenue par l’exemple de nombreux ascètes, par 
les visions de mystiques, se modéra petit à petit avec les progrès de 
la prospérité matérielle. 

L’histoire économique du domaine est une des parties les plus inté¬ 
ressantes du volume, et elle peut servir de modèle aux érudits qui 
voudront entreprendre des monographies de monastères. M. de Moreau 
montre très bien les différentes phases de la formation du domaine : 
d’abord la création des différents centres d’exploitation agricole, les 
divers modes d’acquisition, les dons qui viennent s’ajouter aux pre¬ 
miers biens de l’abbaye, enfin la consolidation du domaine ainsi 


« 


V 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


111 


formé, échanges de terres trop éloignées contre d’autres plus voisines 
des granges. L’organisation, l’administration de ce domaine, la gestion 
financière de cette vaste entreprise de culture font autant de chapitres 
également instructifs. 

On ne saurait trop louer M. de Moreau pour cet excellent travail, à 
la fois bien conçu et bien traité; la seule critique qu'on puisse lui 
faire est d'avoir laissé passer sous sa plume un trop grand nombre de 
provincialismes. 

Henri Lemaître. 

Lettres de Jean XXII (1316-133^ ). Textes et analyses publiés par 
Arnold Fa yen. T. 1: 1316-132 4. Rome, Bretschneider ; Bruxelles, 
Dewit; Paris, Champion, 1908. In-8°, lxix-753 pages. [Analecta 
Vaticano-Belgica, publiés par l’Institut historique belge de 
Rome, vol. II.) 

L’Institut historique belge de Rome, qui poursuit pour le royaume 
de Belgique un but analogue à celui que notre École française de 
Rome se propose pour notre pays, donne dans ce second volume de 
ses Analecta les lettres de Jean XXII, de 1316 à 1324, se rapportant 
aux anciens diocèses de Cambrai, Liège, Thérouanne et Tournai tels 
qu’ils existaient à cette époque. Cette indication permet de suite de se 
rendre compte de l’importance que peut présenter une semblable 
publication pour l’histoire des provinces du nord de la France. De 
plus, comme M. Arnold Fayen publie ou analyse non seulement les 
lettres secrètes et curiales, mais aussi les lettres communes, on pourra 
trouver dans ce recueil beaucoup de renseignements précis et intéres¬ 
sants sur un grand nombre de personnages importants ou secondaires 
de la première moitié du xiv* siècle. 

Ce recueil est précédé d'une introduction de près de 80 pages, dans 
laquelle l’auteur fait connaître d’une façon claire et succincte l’impor¬ 
tance et l’état des registres pontificaux du xiv° siècle. Cette introduc¬ 
tion contient également une description sommaire de tous les registres 
ou fragments de registres relatifs au pontificat de Jean XXII. Ces 
registres sont au nombre de 102, soit 46 volumes numérotés de 2 à 47 
pour la série d'Avignon et 56 volumes numérotés de 62 à 117 pour la 
série du Vatican, qui offre une copie sur parchemin de la première 
série. Pour former son recueil, M. Fayen ne s’est pas contenté seule¬ 
ment de dépouiller ces deux séries, il a pu ajouter aux documents 
recueillis aux archives du Vatican un certain nombre de bulles con¬ 
servées dans les dépôts d’archives de Belgique ou de l’étranger (spé¬ 
cialement de Paris et de Lille) et dont il n’avait pas trouvé trace dans 
les registres. A la suite de l’Introduction, M. Fayen a publié sous le 
titre de Formulaire 31 lettres in extenso, représentant différents 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



112 


BIBLIOGRAPHIE. 


types de lettres expédiées couramment par la chancellerie pontificale ; 
elles permettront de reconstituer ainsi le texte complet des actes ana¬ 
lysés qui presque tous sont des lettres communes. Les lettres secrètes 
ont été au contraire imprimées in extenso ou par extraits. Ce volume 
contient 1,630 pièces publiées ou analysées. L’éditeur a accompagné 
sa publication de quelques notes destinées en général à faire connaître 
les personnages mentionnés dans les actes. Une table des noms de 
lieux et des noms de personnes permet d’utiliser facilement cet 
ouvrage qui offre une mine d’excellents renseignements pour l'histoire 
du premier quart du xiv® siècle. 

Jules V IARD. 

R. P. René, de Nantes, O. M. C. L’Indulgence de la Portion- 
cule et la critique moderne . Couvin (Belgique), maison 
Saint-Roch, 1908. ln-8°, 40 pages. (Extrait des Etudes francis¬ 
caines.) 

Contestée depuis le xm a siècle, la question de l'indulgence de la 
Portioncule a été agitée de nouveau par M. Sabatier dans sa Vie de 
saint François; depuis lors, elle a été étudiée par un certain nombre 
d’érudits qui se sont prononcés pour et contre l’authenticité. Le 
P. René s’efforce dans le présent travail de résumer le débat et de 
démontrer que l’on peut faire remonter l’indulgence au temps de 
saint François, malgré l'absence de documents contemporains. Les 
premiers actes certifiant la vérité de l’indulgence datent de 1277; ces 
actes offrent toutes garanties d’authenticité; ce sont des procès-ver¬ 
baux d’une enquête au sujet de l’indulgence ; les témoins interrogés 
rapportent ce qu’ils ont appris traditionnellement, c’est-à-dire que 
saint François serait allé demander à Honorius III, alors à Pérouse 
(fin juillet 1216), une indulgence pour tous ceux qui visiteraient la 
Portioncule, qu’il aurait obtenu gain de cause et qu’il aurait proclamé 
l’indulgence devant sept évêques le jour de la dédicace de l’église. 

Avant cette date de 1277, aucun écrit relatif à saint François ne 
fait allusion à l’indulgence; fait plus grave, aucune bulle, aucun texte 
officiel ne la promulgue, et c’est un fait pour le moins singulier 
qu'une grâce de cette importance n’ait pas été notifiée aux fidèles 
intéressés à en connaître l'existence. Aussi, quelles que soient les 
garanties présentées par l’enquête de 1277, les conclusions du P. René 
sont loin d’entraîner notre conviction. Nous penserions plutôt que la 
croyance à une indulgence a pris naissance et s’est constituée petit à 
petit parmi les pèlerins attirés annuellement à Sainte-Marie-des- 
Anges par la fête de la dédicace et qu’elle s’est enfin affirmée dans 
l’enquête que nous possédons. 

H. L. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


RIBLI0GBAPB1Ë. 


113 


La carrière d'un favori : Jacques d’Albon de Saint-André , 
maréchal de France (1512-1562) t par Lucien Romier. Paris, 
Perrin, 1909. In-8°, vi-462 pages. 


C’est une curieuse figure que celle de Jacques d’Albon de Saint- 
André, maréchal de France; ami intime de Henri II, il joua un rôle 
important sous le règne de ses fils jusqu’en 1562, mais n'exerça pas 
cependant une influence aussi considérable que celle d’un Montmo¬ 
rency, d’un Guise ou d’un Condé; il fut avant tout un favori, « mais 
un favori qui eut de la valeur et qui sut employer à l’édification, à 
l’accroissement et au maintien de sa fortune un véritable talent ». 

C’est cette impression qui se dégage du travail de M. Romier, dont 
la remarquable, étude semble définitive : il a comblé de fort heureuse 
façon une importante lacune dans la littérature historique du 
xvi c siècle. 

L'ouvrage, présenté d’abord comme thèse d’archiviste paléographe, 
à l'École des chartes, en janvier 1909, s’appuie sur des documents de 
la Bibliothèque nationale (lettres du fonds français), des Archives 
nationales (séries J, K, P, X, Y, etc.), d’archives départementales 
et communales (entre autres Lyon, Clermont-Ferrand, Moulins, 
Périgueux, Saint-Flour, etc.) et des Archives du royaume de Belgique 
(correspondance de Chantonay, vol. 189 des cartulaires et manuscrits). 

Jacques d’Albon, de modeste famille roannaise, fut introduit à la 
cour par son père, Jean, gouverneur de Henri, le second fils de Fran¬ 
çois I er . Grâce à son caractère séduisant, il devint l’ami du jeune 
[•rince et. fit partie du groupe des mécontents qui l’entouraient. Il 
commença sa carrière militaire en Roussillon, à Thérouanne, à Céri- 
soles et à Boulogne. Dans l’intervalle, le 27 mai 1544, il épousa Mar¬ 
guerite de Lustrac, mais, devant la colère du roi, il dut. se tenir pru¬ 


demment à l’écart. 

Sa fortune politique et matérielle commença avec l’avènement de 
Henri II. Créé chevalier de l’Ordre de Saint-Michel et maréchal «le 
France, il entra au Conseil, et sa souplesse lui permit de rester en 
bons termes avec Montmorency, l’ennemi déclaré de la nouvelle 
royauté. Héritier des charges paternelles, il fut chargé de missions 
diplomatiques avec la principauté de Monaco et l’Angleterre. 

Il dirigea ensuite les travaux de fortification et de défense de Ver¬ 
dun et mérita par son activité des félicitations de. Montmorency. Il 
sut maintenir les communications entre la cour et Metz assiégé. En 
Picardie, il contribua à la défaite des Impériaux à Doullens-Beau- 
quosne (13 août 15531, puis, nommé lieutenant général, il ravagea les 
provinces du Nord jusqu’à la trêve de Vaucelles (février 1556). 

Fait prisonnier par le duc de Brunswick à la bataille de Saint- 
Quentin. Saint-André ne se résigna pas à son sort; il obtint un congé 


1910 


8 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


114 

pour venir sonder les dispositions de Henri II et s’efforça d'orienter 
la situation vers la paix. Il fut du nombre des plénipotentiaires avec 
Montmorency, son compagnon de captivité, et assista aux différentes 
réunions qui eurent lieu à Cercamp, puis au Cateau-Cambrésis. La 
mort de Marie Tudor interrompit les négociations : Saint-André en 
profita pour venir en France régler la question de sa rançon, qui était 
de 60,000 écus d’or. Il n’hésita pas à rentrer plus tard que la date qui 
lui était fixée et manqua ainsi à sa parole, puisqu’il était prisonnier 
de guerre. La paix fut enfin conclue, mais Saint-André ne fut délivré 
qu’en avril et ne vint à la cour qu’en mai. 

Cependant, il profita de l’inébranlable amitié du roi pour acquérir 
une fortune considérable ; afin de faire face aux dépenses qu’il fit dans 
ses résidences de Vallery, de Saint-André et de Fronsac, il n’hésita 
pas à recourir à de nombreuses exactions. Gouverneur et lieutenant 
général d’un immense gouvernement du Centre (Lyonnais, Beaujo¬ 
lais, Bourbonnais, Auvergne, Marche, etc.), il se fit suppléer par diffé¬ 
rents lieutenants, entre autres Néry de Torvéon, Louis de Grignan et 
Antoine d’Albon, et sut trouver dans cette charge importante des res¬ 
sources pécuniaires. 

i A la mort de Henri II, la situation de Saint-André fut compro¬ 
mise par l’arrivée au pouvoir des Guises, oncles de la nouvelle reine 
et tout-puissants sur l'esprit du jeune roi François II. Le maréchal 
sut se concilier le duc et le cardinal et entra en relations suivies avec 
Chantonay, le nouvel ambassadeur espagnol. Il contribua à la répres¬ 
sion du tumulte d’Amboise et fut chargé de surveiller le prince de 
Condé, soupçonné d'avoir organisé la conjuration : il essaya, — mais 
en vain, —de le compromettre dans la tentative que firent les protes¬ 
tants pour s’emparer de Lyon. 

Peu après la mort de François II (5 décembre 1560), Saint-André 
parvint à rapprocher Montmorency et Henri de Guise et fonda avec 
eux le Triumvirat (6 avril 1561); puis il sut gagner le roi de Navarre 
à la défense de foi et enflammer son zèle. Après le massacre de Vassy, 
les Triumvirs entrèrent triomphalement à Paris et obligèrent 
Charles IX à les suivre par le coup de force de Fontainebleau; la 
régente d'ailleurs se lia avec eux et abandonna Condé. La guerre 
civile imminente éclata à la fin de juin 1562. Saint-André s’empara 
de Poitiers, qui fut livré au pillage, puis de Bourges, qui capitula le 
31 août. En octobre, il se rendit en Champagne pour barrer le passage 
aux Allemands de d’Andelot, mais en vain. Il défendit Corbeil contre 
Condé et mourut le 19 décembre 1562, à la bataille de Dreux, assas¬ 
siné par Jean Perdriel de Bobigny. 

Telle fut la carrière de ce « prodigieux trompeur », qui fut guidé 
par son intérêt personnel et sut par ses intrigues influencer les évé¬ 
nements. M. Romier, frappé de l'importance du rôle du maréchal, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


115 


l’explique par l'attrait et le charme séduisant de son esprit. Cette 
curieuse personnalité est mise en relief avec beaucoup de vigueur et 
de finesse par M. Romier, dont l'étude est agréablement écrite et pré¬ 
sentée, et qui a joint à une très complète et très consciencieuse étude 
des sources une pénétrante sagacité 4 . 

Paul-M. Bondois. 

J. Paquibr. Lettres familières de Jérôme Aléandre (1510- 
1540j. Paris, A. Picard, 1909. In-8°, [vn-]183 pages. 

Ces lettres « familières » du célèbre cardinal ont été publiées par 
M. l’abbé J. Paquier, dont on connaît les nombreux travaux relatifs à 
Jérôme Aléandre, dans la Revue des études historiques. 

Beaucoup de ces lettres sont signées des noms de Michel Hummel- 

* f 

berg, Enckenvoirt, Adrien Amerot, Christophe de Brillac, Etienne 
Poncher, Alberto Pio de Carpi, Gilles de Viterbe, J. M. Giberti, 
J. P. Caraffa, Marino Grimani, Antoine Éparque, etc. L’auteur a eu 
l’heureuse idée de les réunir en volume, après les avoir revues et 
accompagnées d’un copieux index, où l’on trouve cités quantité de 
noms de grands personnages et savants allemands, français, italiens 
ot grecs de la Renaissance. 

H. O. 

D r Karl Gottfried Hugelmann. Die deutsche Kœnigswahl im 
Corpus juris canonici. Breslau, Marcus, 1909. In-8°, xvi- 
. 221 pages. (Fasc. 98 des Untersuchungen zur deutschen 
Staats- und Rechtsgeschichte , publiées sous la direction du 
D r Otto Gierke.) 

L’auteur semble bien avoir donné à son sujet tout le développement 
qu’il comporte. Et ce n’est pas peu dire, puisqu’il s’agit ici des rap¬ 
ports du droit canonique avec le droit germanique. Après une intro¬ 
duction de vingt-deux pages, où il expose les théories qui eurent cours 

* _ 9 

au moyen âge sur les relations de l’Etat allemand et de l’Eglise, 
— le synergisme, le droit de translation, la hiérocratie, le droit de 
dévolution, — M. Hugelmann rappelle les règles du droit canon et de 


1. M. Romier a complété son travail par trois appendices sur la généalogie 
de la maison de Saint-André, sur la compagnie du maréchal et sur sa person¬ 
nalité dans la littérature, et par vingt-huit pièces justificatives intéressantes. 
Quelques observations de détail : on aurait aimé que M. Romier fit suivre son 
Avertissement d'une bibliographie. Il y a des fautes d'impression : p. 77, J455 
pour 1555; p. 189, n* pour note; p. 224, J. Charlety pour S. Charlety, — 
P. 246, c’est dans l’inventaire manuscrit de 1789 des archives de Saint-Flour 
que sont mentionnées les lettres patentes dont parle M. Romier. — P. 288, ce 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



116 


BIBLIOGRAPHIE. 


sa glose en ce qui touche la provision du trône d’Allemagne, règles 
empruntées au Décret de Gratien, aux Décrétales de Grégoire IX, au 
Liber Sextus, aux Clémentines, aux Extravagantes 4 , et il en étudie 
les applications à divers cas célèbres dans l’histoire d’Allemagne. 

Au xiii° siècle, alors que le droit canon semble formé et clos à tout 
jamais, le système électif s’introduit définitivement dans le Saint- 
Empire par l'organisation du collège des Sept et ne laisse plus guère # 
à la papauté, en fait, qu’un droit de confirmation qui ne fut pas tou¬ 
jours respecté. C’est la lutte de ces deux influences, leur pénétration 
réciproque, leur opposition fatale qui font l’objet du second chapitre 
de ce mémoire. La distinction à faire des deux notions de royauté et 
d’empire*, puis leur confusion, y sont rappelées et prises en considé¬ 
ration, comme elles l’étaient dans la théorie et la pratique du temps. 
Pris en considération également les incessants conflits politiques et 
juridiques entre l’Eglise et l’Etat; car si en ces matières le droit pro¬ 
cède de la vie publique (etn Produkt des Gemeinschaftslebens), 
l'État n’en est pas moins l'expression d'un droit antérieur déjà déve¬ 
loppé. 

Entraîné par son sujet plus loin peut-être qu’il n’était indispen¬ 
sable, M. Hugelmann s'arrête à la difficile question de l’origine du 
collège des grands électeurs, — si controversée depuis bientôt qua¬ 
rante ans entre Schirrmacher, Quidde, Kirchhoefer, Lindner, — puis 
nous montre l'influence que le droit canonique exerça sur les décisions 
de ce collège jusqu’à la promulgation de la Bulle d’or. Cette influence 
fut grande assurément, et pourtant, constate notre auteur, le droit 
public de l’Allemagne n’en fut pas étouffé. 

Le mémoire de M. Hugelmann est l’œuvre d’un historien inspiré et 
guidé par deux juristes aussi éminents que les professeurs von Sche- 


n’est pas en octobre que François II cassa et annula les aliénations du domaine 
royal, mais le i8 août i559. Voir : Arcb. nat., X u 8623, fol. 1; P 2555, 
fol. 57; Arch. de l’Isère, B 3193, etc. Le texte est d'ailleurs imprimé, entre 
autres dans Isambert, t. XIV, p. 3. — P. 297, dés le 1*' novembre, François II 
était à Orléans. C'est au milieu du mois d'octobre qu’il s'arrêta a Vailery. 
Pour son itinéraire A cette époque, voir de Ruble, la Jeunesse de Marie 
Stuart , p. 258, et Dupré-Lasale, Michel de L'Hospital , p. 259, d'après Arcb. 
nat., K 92. 

1. 11 est surprenant que M. Hugelmann ne connaisse pas ou du moins ne 
cite pas les travaux des grands canonistes d’Italie et de France en cette 
matière. — M. Hugelmann renvoie (p. vm) au Jus pontificium d'Estevan 
Daoyz, édité en 1624 h Burdegalæ, sans paraître se douter qu’il s’agit de Bor¬ 
deaux. 

2. Voy. le travail du D r Krammer, Der Reichsgedanke , dont nous avons 
rendu compte dans une précédente livraison de la Bibliothèque , 1909, p. 370. 


\ 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


117 


rer de Vienne et Rietschel de Tubingue. Il tient compte des principes 
autant que des laits, conformément à la vraie méthode d’interpréta¬ 
tion historique. 

Alfred Leroux. 

Histoire de la dîme ecclésiastique principalement en France 
jusqu'au Décret de Gratien . Thèse pour le doctorat par Paul , 
Viard, docteur ès lettres, docteur en droit. Dijon, Jobard, 1909. 
In-8°, xi-266 pages. 

Ce sujet, très intéressant et peu étudié en France, était trop vaste 
pour que M. Viard pût le traiter à fond dans sa thèse de doctorat et, 
avec raison, il s'est arrêté à la date importante de l’apparition du 
Décret de Gratien. Après avoir parlé brièvement de la dîme juive, ori¬ 
gine logique sinon historique de la dîme chrétienne, et de l’organisa¬ 
tion financière chrétienne des premiers siècles, il étudie, en juriscon¬ 
sulte et en historien, la dîme dans les régions soumises à la domina¬ 
tion franque, puis, à partir de la fin du ix* siècle, dans la partie qui 
constitue le royaume de France. Pour être plus complet, il examine 
en passant l'état de la dîme dans l'ancienne Lotharingie et compare 
au besoin la dîme française avec la dime allemande et la dîme ita¬ 
lienne. 

La dime, ou mieux les dîmes, dont aucune décision ecclésiastique 
ne prescrivit le paiement pendant les premiers siècles de l’Église, 
étaient considérées par saint Jérôme comme un impôt cultuel, tandis 
que saint Augustin en faisait une aumône obligatoire; elles devaient 

être remises à l'évêque qui veillait à leur répartition entre les 

# 

ministres du culte et les personnes secourues par l’Eglise. Au début 
du V e siècle, leur paiement apparaît dans les constitutions apostoliques 
comme obligatoire, mais seulement en conscience et non au for exté¬ 
rieur; on les trouve surtout dans le sud-est de la France : Pomère et 
saint Césaire d’Arles en font souvent mention, le premier comme 
d’un usage, le second comme d’un devoir moral. C’est au siècle sui¬ 
vant qu’apparaît nettement l’obligation morale; les évêques de la pro¬ 
vince ecclésiastique de Tours le rappellent en 567 et le concile de 

# 

Mâcon (585) en parle comme d’un impôt exigé par l’Eglise çur les pro¬ 
duits du sol dans tout le royaume de Gontran, sous peine d’excom¬ 
munication, et destiné au soulagement des malheureux, au rachat des 
captifs et à la subsistance du clergé. La sanction civile fait encore 
défaut. 

A la fin du vu 0 siècle, une charte de l’évêque du Mans prouve que 
les terres ecclésiastiques payaient aussi la dime et que les évêques se 
réservaient le droit d’en choisir les bénéficiaires. Il faut cependant 
noter que l’usage de la dime, bien établi alors dans la Grande-Gre- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



118 


BIBLIOGRAPHIE. 


tagne, n’était pas encore admis par la masse des populations de l’em¬ 
pire franc. A l’avènement de Pépin, l’institution s’étendit considéra¬ 
blement; dans la France orientale, saint Boniface contribua beaucoup 
à l’implanter, et, dans une lettre adressée (probablement en 765) 
d’abord à Lull, archevêque de Mayence, puis à tous les évêques 
francs, Pépin ordonna que la dîme fut payée dans son empire ; c’est 
. la première intervention du pouvoir civil dans le paiement de cette 
redevance. Le capitulaire d’Héristall (mars 779) alla plus loin, désor¬ 
mais la dîme entra dans le droit civil ecclésiastique comme un impôt, 
dont le recouvrement pouvait être obtenu avec l’aide du bras séculier. 
A vrai dire, les populations manifestaient une opposition sérieuse, 
quoique passive, et quelques ecclésiastiques, notamment Alcuin, pro¬ 
testaient au nom de la doctrine. La dime se prélevait sur tous les 
produits du sol et le croit des animaux. Le célèbre évêque d’Orléans, 
Tbéodulfe, l’exigeait bien des bénéfices commerciaux, mais son 
exemple ne fut pas suivi. 

Le taux est uniformément le dixième, et la perception de cet impôt, 
strictement réel et de quotité, se fait en nature, directement par le 
curé dans l’étendue de sa dîmerie, sans l’intermédiaire des autorités 
laïques. Généralement, le produit est réparti entre l’évêque, le reste 
du clergé, les pauvres et la fabrica, c’est-à-dire l’ensemble des édi¬ 
fices sacrés d’une paroisse. Cette division matérielle était opérée par 
le curé en présence de témoins. En cas de conflits, de procès, les tri¬ 
bunaux ecclésiastiques demeuraient compétents. Déjà le clergé régu¬ 
lier et des laïques entrent en possession des dîmes, et cette grave 
dérogation aux principes ne peut être arrêtée ni par les protestations, 
ni par les condamnations. 

Nous arrivons à l’histoire de la dîme féodale (887-H50), et désor¬ 
mais il existe trois classes de décimateurs : le clergé séculier, les 
moines et les laïques. L’assiette ne change pas avec la qualité du 
bénéficiaire; elle s’étend aux produits agricoles, aux bénéfices indus¬ 
triels (produits des salines, de la chasse, de la pêche...) et aussi, mais 
rarement, aux bénéfices commerciaux. Quant aux revenus seigneu¬ 
riaux (droits de marché, de péage, de port...), ils ne sont décimables 
que par une concession de leurs propriétaires. La dîme est donc un 
impôt qui atteint la production matérielle ou juridique des richesses, 
dont le taux est toujours du dixième, et qui est dû par tous les fidèles, 
même par les abbayes, mais pour ces dernières les exemptions 
devinrent bientôt la règle. Sur qui pesaient ces dîmes, que les cano¬ 
nistes distinguent en réelles et personnelles, grosses et menues, 
anciennes et novales? Il est difficile de savoir si elles incombaient au 
propriétaire ou au tenancier, mais, en fin de compte, elles retombaient 
très probablement sur ce dernier. En ce qui concerne la date des paie¬ 
ments et les détails matériels de la perception, les textes sont rares et 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


119 


I 


peu précis. La répartition en quatre parte n’a pas changé et l’inter¬ 
vention du bras séculier pour en assurer le recouvrement demeure 
très vraisemblable; dans certains cas, elle est certaine. Le clergé 
séculier reste toujours un décimateur important; mais, à ses dépens, 
se sont considérablement développées les dîmes monastiques et les 
dîmes laïques. La papauté a imposé à l’épiscopat la reconnaissance 
juridique des premières, dont ne voulait pas l'austère fondateur de 
Clteaux, et qu’il est difficile d’apprécier juridiquement. Quant aux • 
dîmes laïques, condamnées par les conciles et les papes, surtout par 
Grégoire VII, elles persistèrent sans prendre une plus grande extension. 

Comment était considérée la dîme par les décimateurs? Ecclésias¬ 
tiques aussi bien que laïques la considéraient comme une redevance 
purement patrimoniale, analogue au champart, dont on pouvait trafi¬ 
quer, bien plus que comme un impôt religieux. 

Voici M. Viard arrivé au terme qu’il s’est fixé; après de brèves 
indications sur les nones, les prémices et les redîmes, sur la dîme 
établie en Palestine parles croisés et dont les Sarrasins se trouvaient 
exemptés, il synthétise les idées de Gratien sur cet ouvrage important. 
Pour le célèbre canoniste, les dîmes sont obligatoires; après trois 
admonitions, les récalcitrants peuvent être excommuniés, mais l'in¬ 
tervention du bras séculier n'apparaît pas ; les laïques ne doivent pas 
en posséder, ils ne peuvent invoquer la prescription et sont obligés à 
les restituer; enfin les dîmes s’étendent à tous les produits agricoles, 
commerciaux et industriels. 

Bien documentée, exposée avec clarté et précision, la thèse de 
M. Viard rendra de réels services à tous ceux, et ils sont nombreux, 
qui s’intéressent au moyen âge. Il faut l’en remercier et prendre acte 
de l’excellente intention qu’il manifeste de continuer l’histoire de la 
dîme ecclésiastique en France. 

F. Aubert. 

Prof. D r Andrea Galante. L’efficacia del diritto canonico in 
Inghilterra. Catania, R. Tip. Giannotta. In-8°, 25 pages. 
(Estratto dalla parte I del volume in onore di Federico Cicca- 
glione.) 

Le sujet étudié par le savant professeur d’Innsbruck offre un réel 
intérêt non seulement pour l’histoire du droit ecclésiastique de l’An¬ 
gleterre, mais aussi pour l’extension du droit canonique romain dans 
ce pays et sa persistance depuis Henri VIII. Aux recherches appro¬ 
fondies et aux arguments très sérieux de Frédéric William Maitland, 
dont la science historique déplore la mort prématurée, M. Galante 
ajoute les siens et arrive à la même conclusion : malgré l’interdiction 
faite par Henri VIII d’enseigner le droit canonique dans les univer- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



120 


BIBLIOGRAPHIE. 


sitég anglaises et malgré l’affectation des juristes d’ignorer ce droit, 
l’influence de la législation canonique émanée de la cour de Rome 
persista dans la Grande-Bretagne. 

F. Aubert. 

Ernest Champeaux. Les Ordonnances des ducs de Bourgogne 
sur l’organisation de la justice dans le duché, avec une 
introduction sur les origines du parlement de Bourgogne. Paris- 
Dijon, 1908. 1 vol. in-8°, cccxxxi-351 pages. (Collection de textes 
relatifs au droit et aux institutions de la Bourgogne, par une 
Société de professeurs et d'anciens élèves de la Faculté de droit 
de l’Université de Dijon. Extrait de la Revue bourguignonne , 
publiée par l’Université de Dijon, 1907, t. XVII, n 011 2-3.) 

Le fort volume que publie M. Champeaux comporte une introduc¬ 
tion qui occupe à peu près la moitié de son étude totale. Sous un 
titre modeste, elle constitue donc, en réalité, une étude fondamentale. 
Nous y trouvons l’histoire des origines du parlement de Bourgogne, 
faite grâce à une enquête patiente et originale dans les archives. 
Pareille histoire nous manquait jusqu’ici, et son auteur a vraiment 
comblé une grave lacune. Le sujet, en effet, peut être considéré 
comme entièrement neuf. Les historiens du parlement, de Dijon 
n’avaient guère débrouillé les antécédents du parlement de l'époque 
monarchique, objet de tous leurs soins : il faut reconnaître, d’ailleurs, 
que la tâche était malaisée. C’est que les sources même se dérobaient. 
Chroniqueurs ou écrivains politiques de la Bourgogne ducale, histo¬ 
riographes officiels ou officieux out prêté aux faits de guerre et aux 
pompes de cour une attention qui les a détournés des questions 
administratives. Les tournois et les banquets ont fait tort aux institu¬ 
tions. Heureusement les sources diplomatiques suppléent aux insuffi¬ 
sances des sources narratives : les Ordonnances des Valois n’ont pas 
péri aussi complètement qu'on l’avait cru et qu’on l’avait affirmé avec 
trop de facilité. Les coutumiers épars, les pièces isolées ou groupées 
dans les liasses d’archives permettent d’en reconstituer assez bien la 
série. Du moins, M. Champeaux en a rassemblé un assez grand 
nombre pour en former la matière de son ouvrage, et la découverte 
de si précieux textes a été la récompense méritée de son zèle opi¬ 
niâtre. On doit le féliciter particulièrement d’avoir mis au jour la 
grande ordonnance de 1474, qui témoigne avec tant d’éclat de la sollici¬ 
tude de Charles le Téméraire pour l’organisation judiciaire du duché. 

Dans son étude, abondamment documentée, l’auteur analyse la 
genèse et la croissance du parlement, depuis cette nébuleuse primi¬ 
tive des institutions ducales que fut la Curia ducis jusqu’à la réu¬ 
nion définitive de la Bourgogne à la France. Les divers degrés de la 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


1*21 

justice capétienne nous sont expliqués par un spécialiste averti et 
attentif; nous assistons à la naissance et au développement de l’appel, 
au fonctionnement des jours généraux et de Vauditpire des cours 
d'appeaux. Des tableaux chronologiques, clairs et commodes, nous 
permettent de suivre les tribunaux supérieurs dans leurs sessions 
successives. A cet égard, le livre de M. Champeaux forme répertoire, 
et peut-être, pour la consultation comme pour la lecture, l’économie 
de l’ouvrage aurait gagné à une combinaison un peu différente : reje¬ 
ter ces tableaux eu un appendice, qui les eût groupés tous, semble¬ 
rait, en effet, d’une méthode plus pratique. Quoi qu'il en soit, 
M. Champeaux n’a pas craint de couper son développement par ces 
tableaux étendus et fréquents, non plus que par des citations do 
textes fort longs parfois, insérés dans ses chapitres. I)u moins, si ces 
ruptures fréquentes du développement gênent le lecteur, elles n’en¬ 
lèvent rien à la valeur scientifique de l’teuvre, et c’est l’essentiel. 

Les progrès de l'appel, la situation respective des juridictions 
ducales et des juridictions royales sont autant de points que M. Cham¬ 
peaux examine avec le plus grand soin. Grâce aux détails minutieux 
dont s'accompagne son exposé, nous comprenons comment, après le 
perfectionnement du xitt® siècle, les juridictions supérieures se 
dégagent et se fortifient dans le duché au xiv®. En 1301, il n’existait 
encore, comme tribunaux supérieurs et distincts, que ceux des baillis 
et les jours généraux (grands jours de Beaune), tandis qu’en 1314 nous 
trouvons la cour d’appeaux, issue de l’emploi des juges commissaires, 
et la cour du chancelier, subordonnée à la précédente, destinée, à 
décharger d’une partie de leurs occupations le Conseil et les baillis. 
La cour d'appeaux apparaît comme soumise à l’appel du Conseil en 
1321. Il ne reste plus à cette date qu’à distinguer et à subordonner à 
la cour d'appeaux les tribunaux du gruyer et du maître des foires de 
Chalon et, d’autre part, à doubler le parlement de Beaune du parle¬ 
ment de Saint-Laurent. Cette tâche est terminée en 1362. Les Valois 
n’ont donc pas à créer de nouveaux tribunaux; ils n’ont qu’à perfec¬ 
tionner l’organisation qui leur a été léguée et à obtenir pour la justice 
ducale une souveraineté que le roi Jean a déjà fait entrevoir. 

A l'avènement de Philippe le Hardi, le 6 septembre 1363, l’édifice 
judiciaire en Bourgogne présentait, dans son ensemble, l’aspect qu’il 
devait conserver jusqu’à l’annexion : en bas, c'était la foule des 
minores judices et des justices seigneuriales comprimées par la 
puissance ducale; au-dessous et à coté se dressent les quatre tribu¬ 
naux des baillis, du chancelier, du gruyer, du maître des foires de 
Chalon comme autant de colonnes qui supportent l’auditoire des 
causes d’appeaux, tandis que, plus haut encore, le parlement de 
Beaune domine le tout. L’appel est à plusieurs étages, puisque « les 
appeaux en Bourgogne vont par ordre », et l’on peut appeler en der- 


ê 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



122 


BIBLIOGRAPHIE. 


nier ressort devant le parlement de Paris. La belle ordonnance archi- 
tecturale de cet édifice judiciaire a frappé d’admiration les contempo¬ 
rains. Aussi bien, Philippe le Hardi a-t-il su avoir une bonne justice. 
Il avait l’art de faire que l’on vit « toutes ses terres gouvernées par 
belle, sage et traittable pollicie >, selon le mot à peine complaisant 
de Christine de Pisan. Or, le premier duc Valois n’a pas seulement 
veillé au bon fonctionnement des juridictions, il a sérieusement tra¬ 
vaillé à consolider l'œuvre judiciaire de ses prédécesseurs. M. Cham¬ 
peaux le prouve en étudiant à fond l’ordonnance de 1370 et ses consé¬ 
quences : il n’en résulte rien de moins, en effet, qu’une transformation 
du parlement en ce qui concerne la procédure, le personnel, la pério¬ 
dicité. Un nouveau pas en avant est fait lorsque la présidence du 
parlement passe à un Bourguignon au lieu d’étre confiée à un agent 
royal. 

Antoine Chuffain dirige le parlement de Beaune en 1397, 1398 et 
1401 ; il reçoit une nomination ducale, en vertu de lettres données à 
Conflans-les-Paris, le 30 septembre 1400. Toutefois, si l’on peut vrai¬ 
ment dire qu’il y a désormais un président du parlement de Bour¬ 
gogne, ce président est encore, en môme temps, président de l’audi¬ 
toire des causes d’appeaux et bailli de Dijon. 

Une simplification des juridictions d’appel semblait maintenant 
désirable. Mais Jean Sans-Peur paraît avoir singulièrement négligé 
l’administration judiciaire. Sous son règne, un seul parlement se tient 
à Beaune. Sous Philippe le Bon, l’organisation, au lieu de se simpli¬ 
fier et de se fixer, se complique et se trouble : la compétence judiciaire 
du Conseil ducal tend à faire échec à celle du parlement; il se produit 
alors des conflits, tandis que les appels débordent les uns sur les 
autres. Il en résulte la confusion et l’instabilité. M. Champeaux ana¬ 
lyse, à travers ses multiples péripéties, cette sorte de crise qui,* au 
XV e siècle, mit trop souvent obstacle à la bonne marche de la justice 
ducale, favorisant môme, à certaines heures, les prétentions de la 
Cour de Paris. En revanche, l’auteur réhabilite Charles le Téméraire, 
qu’il ne craint pas d’appeler « un grand justicier ». Peut-être y a-t-il, 
à l’œuvre judiciaire du dernier duc, une face politique qui est trop 
laissée dans l’ombre par M. Champeaux; mais on ne saurait se refu¬ 
ser à reconnaître avec lui la haute portée de l’ordonnance de 1474, 
qui constituait véritablement le parlement de Beaune comme cour 
annuelle et qui en déterminait le ressort, en même temps qu’elle 
l’affranchissait du parlement de Paris. Par ces mesures décisives, le 
dernier duc Valois conférait enfin au parlement de Bourgogne une 
existence propre, tandis qu’il le dotait de la vitalité et de la force 
nécessaires à une grande et durable institution. 

Les textes qui suivent cette savante étude en forment les pièces 
justificatives, en même temps qu’ils offrent à quiconque étudiera la 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 123 

justice du duché à ses différents degrés un appoint de premier ordre. 
Des tables tainutieuses en facilitent la consultation. 

En somme, l’ouvrage, par l’ampleur et l’abondance des documents 
comme par la nouveauté et l'intérét des éléments qu’il met en 
lumière, mérite d’être considéré comme l’une des plus importantes 
parmi les contributions qui ont été apportées, en ces derniers temps, 
à l'histoire des institutions en Bourgogne. 

J. Calmette. 

Ernest Perrot, docteur en droit. Note sur les divers registres 
Saint-Just conservés aux anciennes archives de la Chambre 
des comptes. Paris, Larose, 1909. ïn-8*, 16 pages. (Extrait de la 
Nouvelle revue historique de droit français et étranger , 
t. XXXIII, année 1909.) 

Jusqu'à présent, l’on avait pensé qu'il n’y avait jamais eu qu’un 
geulvr&i registre Saint-Just, le Saint-Justl normand, et que le Saint* 
Just2, ou second livre de Saint-Just, auquel renvoient les copies de 
mémoriaux, exécutées aux xvn a et xviir siècles, n’existait que dans 
l’imagination des copistes de ces mémoriaux. M. Perrot, qui a donné 
récemment une édition des Arresta communia de l'Échiquier de 
Normandie, croit au contraire qu'il existait deux registres Saint-Just, 
dont l’un au moins fut détruit par l'incendie de 1737. Le registre qui 
fut brûlé à ce moment (dénommé Saint-Just a par M. Perrot) était le 
mémorial de la Chambre des comptes de Paris. Il contenait, ainsi que 
nous l’apprend la table fragmentaire dressée par (ou pour) Pierre 
Pithou*, « les droictz et la coustume de Normandie » (fol. 44-100), 
qui ne se trouvaient pas dans le Saint-Just normand (ou Saint-Just b). 

L'existence des deux registres est d'ailleurs prouvée par la note qui 
se trouve dans les manuscrits fr. 4411 et lat. 9045 de la Bibliothèque 
nationale, en tête des extraits donnés par ces manuscrits d’après le 
Saint-Just a. Cette note est ainsi conçue : « Dans la Chambre de Nor¬ 
mandie se trouve un pareil registre que celluy de Saint-Just, à la 
réserve du traitté des droicts et coustumes de Normandie. • 

Georges Lardé. 

Ministère de l’Instruction publiqueet des Beaux-Arts. Archives 
nationales. Inventaire analytique des ordonnances enre¬ 
gistrées au Parlement de Paris jusqu'à la mort de Louis Xll, 
par Henri Stbin,... Paris, Impr. nationale, 1908. In-4 # , xi-132 p. 

On ne saurait trop applaudir à la décision prise par l’administration 
des Archives nationales de publier un inventaire analytique complet 

1. Cette table se trouve à la Bibliothèque nationale dans le ras. Dupuj 142. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



124 


BIBLIOGBàPHIE. 


des ordonnances enregistrées au Parlement de Paris, qui constituent 
l'une des plus précieuses séries du fonds si riche des archites de cette 
cour. On y trouve la transcription officielle d’actes du pouvoir souve¬ 
rain depuis le xiv e siècle jusqu’en 1785, avec les vidimus d’actes plus 
anciens, auxquels leur enregistrement par ordre du roi donnait force 
de loi. Ce fut au début du règne de Philippe VI, après l’établissement 
définitif d’un parlement sédentaire à Paris, que l’on sentit l’utilité que 
présenterait la constitution d’un recueil spécial contenant la suite des 
ordonnances royales. Sur un premier registre, coté aujourd’hui U 446, 
furent transcrits des actes royaux, de 1306 à 1557, qui, choisis quelque 
peu arbitrai rement jusqu’au xvi e siècle, sont pour la plupart relatifs à 
la juridiction criminelle du Parlement à partir de cette époque. La 
grande série, qui devait se poursuivre sans lacunes presque jusqu’à la 
chute de la royauté et qui comprend 242 registres (X ,A 8602-8843), fut 
commencée vers le milieu du règne de Philippe VI. Les pièces y sont 
transcrites à peu près dans l’ordre chronologique de l’enregistrement. 
On comprendra tout le prix d’une pareille collection, si l’on songe 
qu’un grand nombre des actes qu’elle comprend ne se rencontrent pas 
dans les Ordonnances des rois de la troisième race et dans les 
recueils de Fontanon et d’Isambert. 

Le premier fascicule de l’inventaire analytique des ordonnances 
enregistrées au Parlement de Paris vient de paraître sous la signature 
de M. Henri Stein, qui a fait précéder son travail d’une introduction 
où l’on trouve d’intéressants détails sur la formation de cette collec¬ 
tion. Il comprend l’analyse des neuf premiers registres antérieurs à 
l’année 1515 (registres A-J, aujourd’hui X 1 * 8602-8610), et, en appen¬ 
dice, du registre primordial (U 446). M. Stein ne s’est point contenté 
de nous donner une très claire analyse de tous les actes transcrits sur 
les registres du Parlement, il a encore pris la peine de faire suivre 
chaque notice, lorsqu’il y avait lieu, de l’indication du recueil ou du 
volume où ces actes avaient été publiés intégralement. Ces rensei¬ 
gnements bibliographiques,' qui ont coûté à M. Stein de longues 
recherches, ne pouvaient être absolument complets. Nous nous per¬ 
mettrons de lui signaler quelques impressions qu’il n’a point connues. 
L’ordonnance pour les orfèvres parisiens, du 23 mars 1429 (n° 575), a 
été publiée à Paris, chez S. Cramoisy, en 1636 (in-8°). Il existe des 
lettres patentes d’octobre 1410 sur la trésorerie de la Sainte-Chapelle 
(n° 1052), une édition in-fol. (s. 1. n. d.), de l’édit de novembre 1482, 
en faveur des notaires royaux, une édition in-4°, de 1637, sans indi¬ 
cation de lieu. Les privilèges de l’Université de Paris, de mai 1489, 
ont été publiés à Paris, chez M. Brunet, en 1638 (in-8°). Enfin Guil¬ 
laume Eustace a donné en 1512 une édition en caractères gothiques 
de l’ordonnance de décembre 1344 sur le style du Parlement (n° 1494). 
L'inventaire de M. Stein se termine par une table alphabétique des 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


125 


matières, des noms de personnes et de lieux, — ceux-ci identifiés 
avec le plus grand soin, — qui rendra de réels services aux travailleurs. 

Albert Isnard. 


Bibliothèque nationale. Département des estampes. Un siècle 
d’histoire de France par l’estampe , 1110-iSli. Collection 
De Vinck , inventaire analytique, par François-Louis Bruel,... 
T. I : Ancien régime. Paris, Impr. nationale, 1909. Gr. in-8°, 
xxxvii-692 pages, 23 pl. en héliogr. 

Avec le don que vient de lui faire M. De Vinck, le Cabinet des 
Estampes s'accroît d'une collection historique de tout premier ordre, 
qui complétera heureusement les séries de la « Collection de l’His¬ 
toire de France » et de la collection Hennin. Près de 25,000 estampes 
entrent de ce chef à la Bibliothèque nationale, admirablement clas¬ 
sées et bientôt luxueusement répertoriées. Le présent volume fait 
bien présager de ce que sera le catalogue et des services qu'on pourra 
en attendre. Non seulement les estampes y sont décrites de façon 
très détaillée, mais un commentaire historique puisé en grande par¬ 
tie dans les gazettes du temps vient encore ajouter à l'intérêt que pré¬ 
sentent les pièces en elles-mêmes; aussi sera-ce bien « Un siècle 
d'histoire », comme l’annonce le titre, que nous fera passer en revue 
cette belle publication. L’historien comme l’artiste y trouveront 
maints documents intéressants, et ils les trouveront d'autant plus 
facilement que les groupements sont faits selon une excellente 
méthode. M. De Vinck a reconnu avec beaucoup de justesse les 
imperfections d’un classement purement chronologique, qui réunit 
souvent des événements entièrement étrangers l’un à l'autre alors 
qu'il sépare les différentes phases d’un même événement. Il a donc 
réparti sa collection en chapitres, si l'on peut dire, et en a fait ainsi 
un instrument facilement maniable et un recueil d'autant plus instruc¬ 
tif que chaque pièce profite du voisinage de celles qui l’entourent. Ce 
premier volume contient la description de plus de 1,400 estampes, 
concernant l'histoire de Louis XVI depuis son mariage jusqu’à la 
convocation des états généraux, illustrée par de nombreuses repro¬ 
ductions en héliogravure. Des sommaires placés en tête de chaque 
chapitre permettent au lecteur de chercher rapidement en attendant 
qu'ait paru la table générale. 

Henri Lemaître. 

Araédée Boinet. Les Richesses d’art de la ville de Paris. Les 
édifices religieux , Moyen âge, Renaissance. Paris, H. Lau- 
rens, 1910. In-4°, vi-210 pages, planches. 

Les églises de Paris sont intéressantes par leur construction pro- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



126 


BIBLIOGRAPHIE. 


prement dite, par les objets qu’elles renferment et par les souvenirs 
qu’elles évoquent. M. Boinet a su nous les montrer sous ces différents 
aspects. L’archéologue et l'historien trouveront à glaner dans cet 
ouvrage, mais surtout, et c’est là le but que se proposait l’auteur, 
nous pourrons tous visiter maintenant avec plus d'intérét nos monu> 
ments parisiens. Combien de fois ne sommes-nous pas passés près de 
telle ou telle chapelle sans y prêter grande attention; il est certain 
que beaucoup de ces anciennes églises sont bien déchues de leur 
ancienne splendeur ; le xvm e siècle, hostile à tout ce qui était gothique, 
la Révolution avec ses incendiaires et ses bandes noires, le milieu du 
xix e siècle et ses pseudo-restaurations, enfin les grands travaux de 
voierie modernes, tout contribue depuis deux siècles à les faire dispa¬ 
raître, et, aujourd’hui encore, elles sont quelquefois menacées; mais, 
cependant, il subsiste encore à Paris d’admirables monuments de 
toutes les époques, depuis le XI e siècle de Saint-Germain-des-Prés 
jusqu’au xvi e de Saint-Eustache, en passant par les chefs-d’œuvre de 
l’architecture gothique que sont Notre-Dame et la Sainte-Chapelle. 
Parmi les historiens et les archéologues, combien dédaignent ces 
monuments qui sont trop près de nous, pour aller étudier bien loin 
quelque monument perdu, et cependant beaucoup d’églises de Paris 
n’ont pas encore d’histoire; bien des problèmes, même pour celles qui 
sont plus connues, restent encore à élucider; les guides ne font guère 
que répéter ce qui a été dit avant eux. C'est justement un des mérites 
de l’auteur d’avoir su prendre dans les vieilles histoires de Paris et 
dans les guides et notices du xix a siècle ce qui pouvait être intéressant 
et vrai ; nous ne le suivrons pas dans le détail de chaque monument, 
dont l’historique et la descriptioh sont traités d'une manière claire et 
précise. La critique trouverait peut-être certaines choses à reprendre ; 
mais les quelques erreurs ou omissions que l’on pourrait rencontrer 
dans cet ouvrage ne doivent pas surprendre dans un travail embras¬ 
sant un si grand nombre de monuments, dont presqu’aucun n'a encore 
été étudié d'une façon scientifique et critique. 

L’illustration, abondante et très heureusement choisie, complète 
fort bien ce bel ouvrage; on aimerait cependant à y trouver des plans 
qui, pour le travailleur, et même pour le simple visiteur, permettent 
de mieux saisir l’ensemble d’un monument et de mieux en suivre la 
description. 

Marcel Aubert. 

L’abbé E. Dambrine. Créteil (Seine), premiers monuments de 
son histoire. I : Origines. Deux monnaies mérovingiennes. 
Le diplôme de l'an 900. Paris, Vie et Amat, 1908. In-8°, 
104 pages et planches. 

' Comme M. l’abbé Dambrine, curé de Créteil, l'annonce dans son 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


127 


introduction, ce volume ne formera que la première partie d'un tra¬ 
vail plus considérable destiné à nous donner une histoire complète de 
cette localité. Dans ce volume, ainsi que l’indique le sous-titre, l’au¬ 
teur ne s’occupe que des périodes préhistorique, mérovingienne et 
carolingienne. D’après les objets trouvés sur le territoire de Créteil, 
l’origine de cette ville remonterait à une haute antiquité; mais l'au¬ 
teur s’avance sans doute beaucoup en disant que ce lieu « pouvait 
être habité environ 5,000 ans avant l'ère chrétienne ». 

A l’époque mérovingienne, Créteil devait avoir déjà une certaine 
importance, car des monnaies y furent frappées et deux d’entre elles 
sont conservées au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale. 
M. Dambrine s’étend longuement sur ces monnaies et donne à ce 
propos des renseignements qui seraient mieux placés dans un traité 
de numismatique que dans une histoire locale. 

Dans le troisième chapitre, consacré à l’étude du diplôme de Charles 
le Simple du 24 avril 900, nous relevons le même défaut. Par ce 
diplôme, Charles le Simple confirme la donation de quinze manses 
situées à Créteil, faite par Grimohard, vicomte de Paris, à l’église 
Saint-Christophe. Or, à propos de cette charte, M. Dambrine donne 
une suite de dissertations sur les serfs, le droit de poursuite, les cor¬ 
vées, le formariage, le cens, la justice féodale, l’esclavage, le droit 
d'asile, les sceaux, etc., qui sont un peu longues dans une histoire 
locale. Il tire en outre des conclusions plutôt hasardées, surtout au 
sujet du chiffre de la population de Créteil à l'époque carolingienne. 
Malgré ces défauts, qui montrent chez l’auteur le désir d'être aussi 
complet que possible, cette histoire de Créteil, surtout quand elle sera 
terminée, ne pourra manquer d’intéresser les habitants de cette com¬ 
mune et leur fournira sur elle d’utiles renseignements. 

Jules Viard. 

P. Aubry. La musique et les musiciens d’église en Norman¬ 
die au XIII • siècle , d’après le Journal des visites pastorales 
d’Odon Rigaud. Paris, Champion, 1906. Gr. in-8°, 54 pages, 
avec musique et reproductions. Prix : 3 fr. 50. 

Notre confrère M. Pierre Aubry, dont l’érudition s’est portée depuis 
longtemps, avec une sagacité rare, sur les choses de musique, a eu 
l'idée, qui n’était encore venue à personne, de rechercher si le Journal 
de l’archevêque de Rouen, Odon Rigaud (1248-1369), si précieux pour 
l'histoire de la société religieuse au temps de saint Louis, ne contien¬ 
drait pas quelques indications intéressantes au sujet de l’exécution du 
chant liturgique dans les églises. Et, s’il n’a pas trouvé grand’chose, au 
bout du compte, ce qu'il a trouvé, une fois mis en lumière et com¬ 
menté comme il sait faire, ne laisse pas d’être vraiment piquant et bon 
à noter. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



128 


BIBLIOG&APHIE. 


D’autant, — il le fait justement remarquer, — que plus d’une obser¬ 
vation consignée, à juste titre, en ce xm c siècle, par l'austère prélat, 
pourrait être exactement de mise encore aujourd’hui. Quand Odon 
Rigaud examinait un prêtre qui se proposait à lui comme curé, après 
les questions essentielles sur la connaissance du latin, il ne manquait 
jamais de lui demander s’il chantait et de l’interroger sur le chant. Et 
nous constatons qu'en plus d’un cas il n’hésitait pas à l’écarter pour sa 
nullité sur ce chapitre. Cette conviction que le chant et la musique 
sont des quantités négligeables parmi les qualités nécessaires au minis¬ 
tère ecclésiastique et spécialement pastoral était courante au xui« siècle ; 
nous l’apprenons sans étonnement, car la masse du clergé, en dépit 
des séminaires et des prescriptions venues de haut lieu, ne sait pas 
chanter les choses les plus élémentaires, de nos jours encore, et ne se 
soucie nullement de le savoir. Combien d’ecclésiastiques, interrogés 
dans les mêmes conditions par leur évêque, ne mériteraient-ils pas la 
note qu’inscrivait Odon Rigaud : Noluit cantare et dixit se nihil 
scire de cantu ? 


L’un de ceux qu’interrogea ainsi l’archevêque de Rouen, et qu’il 
refusa, a donné lieu à une indication assez énigmatique. Non seulement 
il ne savait pas chanter sans musique, mais encore, musique en main, 
il chantait faux : Nihil sciebat cantare sine soif a sive nota, et etiam 
discordabat in solfa sive nota. Le texte est doublement curieux, 
quelque sens qu’on lui donne (M. P. Aubry hésite), soit que le solfa, 
prototype de « solfège », soit pris ici comme synonyme de nota, ou 
qu’il désigne une autre notation que l’usuelle, la notation par lettres. 

Pour les exécutions liturgiques des offices, les reproches portent 
tantôt sur la mauvaise volonté des clercs ou des moines à chanter pour 
leur compte et à répondre aux chantres, tantôt sur l’habitude prise par 
certains de bredouiller (syncopare) ou encore de faire chevaucher ver¬ 
sets sur versets sans attendre, la fin de l’un pour entamer l’autre (on 
appelle ceci, paraît-il, le tuilaye, et le mol est assez suggestif en effet), 
ou enfin de ne pas respecter la pause marquée au milieu des versets. 
D’autres renseignements nous sont donnés sur d'autres façons imagi¬ 
nées par les chantres des deux sexes, — dans les couvents de femmes 
le fait est encore plus souvent relevé, — pour tromper l’ennui des 
offices et en varier le texte. C’est, d’une part, les chants farcis , avec 
intercalation soit de français, soit de latin, tantôt pour amplifier sim¬ 
plement l’exécution, tantôt pour la tourner en passe-temps. M. Aubry 
cite deux spécimens d’« épîtres farcies » avec leur musique; toutes 
«leux étaient pour la fête des saints Innocents, où la coutume avait fini 
par permettre bien «les choses. De l’autre, les chansons pieuses à cou¬ 
plets et à refrains, où l’on « faisait le vireli » ou le virelai, c’est-à-tlire 
les reprises, ou, chose plus grave, les chants mêlés de danses, voir»* les 
processions déguisées, en chaîne joyeuse, autour du chœur. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


129 

Les réprimandes, ici, qui ne portaient d’ailleurs que sur la pratique, 
aux heures et au lieu des offices, de divertissements propres aux seuls 
temps de récréation, étaient d'autant plus justifiées que de telles habi¬ 
tudes entraînaient à accepter ou même rechercher le concours d’* ar¬ 
tistes > professionnels, et que ces ambulants de très basse condition, 
clercs défroqués, jongleurs, bohèmes de toute façon, se donnaient large 
licence pour farcir les versets et môme exercer leur verve la plus gros¬ 
sière contre les choses saintes, l’Église, le pape ou le roi. Du reste, non 
seulement l’envie de s’amuser un peu, mais le manque de conscience 
pouvaient engager les chantres à tolérer de tels auxiliaires, car nous 
trouvons encore cette constatation que certains n’hésitaient pas à aban¬ 
donner leur poste pour aller chanter ailleurs quelque office lucratif. 

M. P. Aubry termine son substantiel et amusant travail par un mot 
sur les livres de chant. Leur bon état, leur correction et leur authenti¬ 
cité comptaient parmi les conditions essentielles à maintenir pour la 
célébration du culte. Mais, comme nous savons par ailleurs quelle 
unité l’Église a toujours eu le soin constant de maintenir au moyen âge 
dans ces manuscrits liturgiques, nous nous étonnerons peu de trouver 
fort peu de renseignements sous la plume de l’archevêque Odon Migaud. 
Ne trouvant rien à redire, il n’a rien noté, ou peu s’en faut. 

Henri de Curzon. 

Jules Valéry. Une traite de Philippe le Bel. Contribution à 
l’histoire de la lettre de change. Paris, 1909. In-8°, 45 pages. 
(Extrait de la Revue générale du droit ) 

Dans cette brochure, M. Valéry étudie un mandement de Philippe 
le Bel au bailli de Caux, ordonnant de payer à Rodolphe de 
Saint-Ouen une somme qui lui est due par le roi; la lettre est du 
lundi d'avant la Chandeleur 1296 (1297, n. st.), et le jour fixé pour le 
paiement est la mi-carême. Ce document n’est pas inédit, mais l’au¬ 
teur l'a choisi pour objet de son analyse, parce qu’il y voit le premier 
modèle connu d’une lettre de change, présentant toutes les conditions 
requises pour ce genre de pièce et rien de plus. C’est ce que prouve 
l’examen des textes antérieurs où l’on a vu des lettres de change, la 
comparaison avec celui-ci et avec les prescriptions de notre code. 

M. Valéry en conclut que c’est la chancellerie royale qui a inventé 
cet instrument si utile au commerce, ou qui du moins lui a donné 
cette forme concise et substantielle seule capable d’assurer sa valeur 
légale. Le commerçant a le génie de l’activité féconde, mais non pas 
celui des formes rigoureuses ; tant pour aller vite que pour éviter 
d’importuner son client, il a Une tendance à s’échapper des formali¬ 
tés, qui ferait tort aux affaires elles-mêmes, si l’administration ne 
donnait à cet excès d’individualisme un contrepoids souvent salutaire. 

1910 9 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


130 

La lettre de change existait dans le commerce, mais n'offrait pas toutes 
les garanties d’un titre consacré : un scribe en a formulé la rédaction 
définitive, et le commerce s’est bien trouvé de l'adopter. 

A un autre point de vue, la notice de M. Valéry nous montre com¬ 
bien se développait dès le règne de Philippe le Bel le mouvement de 
l’argent et presque déjà le crédit; les règlements à terme et à distance 
étaient courants ; aussi faut-il nous méfier des interprétations étroites 
appliquées aux opérations du monnayage de cette époque et chercher 
plutôt la clef des variations monétaires, avec M. Borrelli de Serres, 
dans une étude approfondie de la comptabilité publique et privée. 

A. Dieudonné. 

Ad. Dieudonné. Mélanges numismatiques. 1 r ® série. Paris, 
Rollin et Feuardent; A. Picard et fils, 1909. In-8°, 372 pages et 
11 planches. 

Les Mélanges numismatiques de M. Dieudonné sont une réunion 
d'articles parus en général dans la Revue numismatique et rangés 
par ordre d’apparition. Us sont au nombre de vingt-deux : un se rap¬ 
porte à la numismatique en général, quinze à la numismatique 
grecque, un à la romaine et trois à celle du moyen âge. On ne peut 
tout à la fois que féliciter l’auteur de cette diversité et la regretter 
comme lecteur, car, si elle prouve la variété des connaissances du 
premier, il n’en résulte pas moins pour le second que la plupart des 
recherches en question sont en dehors du genre de cette revue. Nous 
tenons cependant à citer le premier mémoire, d’ordre général, inti¬ 
tulé : De l'authenticité des monnaies à propos de quelques écrits 
nouveaux. Ceux-ci, qui se rapportent plutôt, il est vrai, à l’histoire 
ancienne, concernent les moyens de prémunir les savants contre les 
monnaies non pas proprement fausses, mais pour ainsi dire artifi¬ 
cielles, fabriquées par des érudits marchands, et ils traitent des 
moyens légaux que l'on pourrait et devrait opposer à ces abus. Dans 
un spirituel article, M. Dieudonné fait justice de pareilles visées de 
constituer un code et des professeurs de l'authenticité. Mais, ces pré¬ 
tentions sont curieuses comme ces observations sont valables pour 
l'histoire numismatique générale et même les secondes ne manquent 
pas d’intérêt pour l’ensemble des historiens. 

Les trois articles concernant les monnaies françaises se rapportent, 
malgré leurs titres divers, à une même question : il s’agit des change¬ 
ments monétaires attribués à Philippe le Bel, exposés d’après l’exa¬ 
men du travail fort connu de M. Borrelli de Serres 1 . 

t. Les Variations monétaires tous Philippe le Bel , extrait de la Gazette 
numismatique française , 1901-1902. Paris, Picard, gr. in-8*. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


131 


Le premier mémoire, intitulé en effet les Variations monétaires 
sous Philippe le Del d'après un livre récent, est avant tout un 
« résumé » de l’étude du précédent érudit sur ce sujet, mais « un 
résumé dont le plan sera nouveau > et sans que l’on « s’interdise au 
besoin les observations de détail et les critiques ». Aussi, tout en 
acceptant le cadre de la contribution originelle, M. Dieudonné a établi 
un certain ordre qui, peut-être, n’était pas absolument inutile, et sur¬ 
tout il a complété les recherches d’un travailleur qui s’est limité aux 
manuscrits par les connaissances d’un numismate familier avec les 
monnaies; il a pu ainsi, d'ailleurs avec beaucoup de modération, faire 
quelques réserves et présenter quelques aperçus nouveaux. Dans l’en¬ 
semble, les unes et les autres sont plutôt favorables à Philippe le Bel. 
Ce n’est pas que M. Dieudonné ait prétendu innocenter complètement 
le roi. Il ne croit pas, il est vrai, que les gros dans leur immense 
majorité aient été altérés ni en poids ni en alliage; au seul témoi¬ 
gnage de Lautier, sur lequel M. Borrelli de Serres s’appuie, M. Dieu- 
donné oppose les pièces, leur aspect, leurs pesées, les analyses. Mais 
tout d'abord, il admet très bien l'altération des doubles émis avec la 
valeur de 2 d. et qui en vinrent à ne plus posséder en valeur de fin 
que le tiers du titre normal, et, à cette époque, les doubles comme les 
deniers ont plus d’importance qu’on ne le croit même pour les grosses 
sommes; l’or et les gros également sont moins répandus par contre 
qu’on ne se l'imagine. M. Dieudonné admet en outre une certaine 
altération temporaire de l’or. A cet égard, il croit aussi à des surélé¬ 
vations de cours dues à un rapport abusif établi entre ce métal pré¬ 
cieux et l’argent. Si l’on ajoute que, par suite de la guerre, la mon¬ 
naie se cacha et que des hausses spontanées en résultèrent, que le 
peuple attribua, bien entendu, à des manœuvres administratives, on 
voit bien que M. Dieudonné ne croit pas Philippe le Bel indemne de 
toute accusation. 

Le second article est intitulé le Livre de raison de Guillaume 
d’Ercuis (Monnaies du temps de Philippe le Del). Ce personnage, 
précepteur du roi et gros propriétaire du temps, a laissé en effet un 
livre de raison qui, déjà connu et étudié de préférence au point de vue 
économique, mérite de l'être également sous le rapport numismatique, 
car il fournit d’intéressantes indications au sujet de la circulation 
monétaire du temps. M. Dieudonné l’examine à cet égard et passe en 
revue successivement les monnaies d’or, d’argent et noires, en s’ap¬ 
puyant sur les principes déjà utilisés pour le mémoire précédent. 

Enfin, dans la dernière contribution, Essai de classification des 
gros tournois de Louis IX à Philippe le Del, M. Dieudonné s’occupe 
de nouveau de compléter le travail de M. Borrelli de Serres d’après 
l'étude spéciale d’une espèce fondamentale, le gros tournois de saint 
Louis à Philippe VI, et il recherche si les affirmations de l’auteur sont 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


132 


BIBLIOGRAPHIE. 


d’accord avec les monnaies mêmes. Il croit, après M. de Marchéville, 
que Louis X n'a pas frappé de gros et que tous ceux à la légende Lud. 
rex doivent être réservés à saint Louis. A l’égard de Philippe le Bel 
en particulier, il estime, contrairement à M. Borrelli de Serres, que 
les altérations qu’il apporta à cette pièce furent très minimes et 
qu’elle demeura excellente; les mutations portèrent presque uni¬ 
quement sur les deniers et sur les doubles, ce qui entraîna d'ailleurs 
une surélévation de cours pour les gros et pour les espèces supé¬ 
rieures. 

M. Dieudonné a enfin complété quelques-unes des idées précédentes 
dans une série d’additions et de corrections. 

On voit que ces trois recherches portent sur l’une des questions les 
plus délicates et les plus discutées de l’histoire non seulement moné¬ 
taire, mais en somme générale de la France. Ce problème pourra-t-il 
être jamais complètement élucidé? En tout cas, M. Dieudonné, par ses 
connaissances proprement numismatiques, a heureusement complété 
les recherches d’un historien un peu exclusif et, par la sagacité de ses 
déductions comme par la finesse de ses hypothèses, il a pu corriger en 
plusieurs points les assertions, d’ailleurs fort originales, de M. Borrelli 
de Serres. Dans certaines matières, ce dont il faut avant tout savoir gré 
aux auteurs, c’est de poser à nouveau les problèmes et ainsi de faire 
réfléchir et discuter le lecteur. M. Dieudonné s’est très heureusement 
arrêté à ce résultat; il s’est ainsi acquis un mérite trop rare pour qu’il 
ne convienne pas de l’en féliciter tout particulièrement. 

Georges Espinas. 

Jean Audouard. Un conflit entre le parlement Maupeou et la 
sénéchaussée d'Aix (avril illk). Paris, H. Daragon, 1909. 
In-8 # , 15 pages. 

La courte et estimable étude de M. Audouard sur le conflit survenu 
en avril 1774 entre le parlement Maupeou et la sénéchaussée d’Aix, 
d’après les documents inédits des archives du parlement de Provence, 
n’offre qu’un intérêt local. Entre les deux juridictions, les rapports 
manquaient de cordialité et, jalouse de ses nouvelles prérogatives, la 
commission judiciaire, instituée par le chancelier, n’admettait pas 
l’esprit frondeur de la sénéchaussée; de là des querelles qui sont loin 
de nous passionner actuellement. A vrai dire, ces conflits, cette oppo¬ 
sition souvent ridicule, se produisaient dans la plupart des provinces, 
mais on peut les regretter, car la réforme de Maupeou offrait un réel 
mérite. Les parlements étaient devenus si vains, si hostiles aux inté¬ 
rêts du peuple, qu’on ne devait pas désirer leur rétablissement. 

F. Aubert. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


133 


L’Assistance et l’État en France à la veille de la Révolution 
tgénéralités de Paris, Rouen, Alençon, Orléans, Châlons, 
Soissons, Amiens) (176U-H90), par Camille Bloch,... Paris, 

A. Picard et fils, 1908. In-8°, lxiv-504 pages. 

Le livre de notre confrère M. Bloch lui a valu le titre de docteur 
ès lettres, puis une des meilleures récompenses de l'Académie des 
sciences morales et politiques; il n'est pas de ceux que l’on puisse 
apprécier par un examen rapide. Il faut le lire et le relire pour bien 
se pénétrer de l’importance qu’il présente et se rendre compte du très 
grand progrès qu’il fait faire à nos connaissances sur l’assistance 
publique au xvni* siècle. Il est bourré de documents, il répond 
à des idées, il donne matière à de nombreuses réflexions. 

La difficulté, quand on embrasse un tel sujet, est de le bien déli¬ 
miter, car il y eut de très grandes différences entre la situation éco¬ 
nomique du nord de la France et celle du midi, entre celle de la Lor¬ 
raine et celle de la Bretagne. Notre confrère s'est volontairement 
borné à la généralité de Paris et à toutes celles qui l'enveloppaient. 
Cette région, soumise au même régime administratif, avait l’avantage 
d'avoir plus directement intéressé les personnages au pouvoir et 
d'avoir inspiré plus de projets de réformes. Les documents sont aussi 
extrêmement copieux pour elle, et il suffit, pour en être convaincu, 
de jeter les yeux sur la bibliographie dont M. Bloch a fait précéder 
son ouvrage. Je noterai en passant que cette bibliographie, fort com¬ 
plète, est en même temps analytique et critique ; elle est aussi distri¬ 
buée selon un ordre méthodique très judicieux. 

L’idée principale du livre dont je rends compte est que les lois de la 
Révolution sur l’assistance se trouvaient préparées par une série 
d’actes qui conduisaient à considérer la bienfaisance, non plus comme 
un devoir de charité et de religion, mais comme un service public et 
national. On a été amené à cette conception par les défauts et les 
vices de l’organisation de l’assistance sous l’ancien régime. Il fallait 
donc pour l'auteur, en premier lieu, dévoiler ces défauts et ces vices, 
montrer la misère profonde d’une grande partie de la population et 
les causes de cette misère, puis l'insuffisance et la mauvaise qua¬ 
lité des remèdes qu'on y avait appliqués. Et pourtant, depuis le 
xvi« siècle, l’État avait pris l'habitude d’intervenir; sous Louis XIV, 
on avait vu la création des hôpitaux généraux, le gouvernement avait 
entrepris la lutte contre la mendicité avec des mesures très rigou- • 
reuses; mais cette politique, continuée par Louis XV, n’avait produit 
que des résultats déplorables. La mauvaise exploitation des terres, le 
marasme de l’industrie, les guerres, les impôts trop lourds avaient 
augmenté le nombre des pauvres ; vagabonds et gens sans aveu pul¬ 
lulaient, contribuant encore à la ruine de ceux qui restaient dans leurs 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



134 


BIBLIOGRAPHIE. 


misérables chaumières. Les hôpitaux étaient trop peu nombreux, 
spécialisés à certaines maladies ou à certaines classes de la société ; 
l’esprit qui présidait à leur administration était souvent très étroit; le 
personnel médical n’y jouissait pas d’une influence légitime; dans les 
centres populeux comme Paris, l’entassement des malades était une 
chose vraiment écœurante. Les enfants abandonnés, cette plaie des 
sociétés besoigneuses, étaient extrêmement nombreux malgré une 
législation très dure pour les filles-mères et l’admission par les tribu¬ 
naux de la recherche de la paternité ; cela tenait à des causes mul¬ 
tiples, non pas seulement à la pauvreté des mères, mais encore à la 
dégradation des mœurs. Or, ces malheureux, recueillis dans les rues 
ou dans les tours des hôpitaux, avaient été mis à la charge de l’hôpital 
de Paris. On les expédiait donc de province, et de Paris on les ren¬ 
voyait chez des nourrices de la campagne; mais dans quelles condi¬ 
tions déplorables se faisaient ces voyages, combien peu arrivaient à 
destination! Une fois arrivés, combien trouvaient encore des soins 
insuffisants! Enfant abandonné, enfant tué : on aurait pu le dire. En 
dernier lieu, la charité de l’ancien régime, aux xvii® et xvm® siècles, 
s’était ingéniée à créer des œuvres paroissiales et des associations 
pour le soulagement à domicile des pauvres et des malades : c’était 
évidemment une grande amélioration, mais forcément le caractère 
religieux et confessionnel de ces bureaux de charité limitait leur 
action. 


Le mal était donc très grand et menaçait de tarir les sources vives 
de la nation. Aussi tous les économistes du xvm® siècle s’en préoc¬ 
cupèrent-ils. C’est Turgot et Necker qui engagèrent surtout de nou¬ 
velles mesures et se firent les protagonistes de cette idée que c’était la 
nation qui devait prendre la charge de ses pauvres, de ses malades et 
de ses vieillards. On n’avait pas attendu jusqu'à eux cependant pour 
entreprendre des réformes ; soutenu par l’opinion publique, le gouver¬ 
nement royal, pendant les dix dernières années du règne de Louis XV, 
s’était rendu compte des améliorations qu’il fallait apporter. En 1764, 
le contrôleur général L’Averdy avait commencé par nommer une 
commission, qui avait eu pour tâche d'établir un plan de classifica¬ 
tion des pauvres et des divers traitements qu’on aurait à appliquer à 
chaque classe. C’est elle qui rédigea la déclaration relative au vaga¬ 
bondage, promulguée le 3 août de la même année ; les vagabonds 
valides seraient punis des galères à temps; les non valides, les femmes 
et les enfants seraient enfermés pendant un temps plus ou moins long 
dans l’hôpital le plus voisin. Mais on aboutit rapidement à l’encom¬ 
brement et il fallut songer à augmenter les hôpitaux, à créer des 
dépôts de mendicité, etc. 

Je ne suivrai pas notre confrère dans le développement qu’il a 
donné aux diverses mesures administratives qui furent prises et aux 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


135 


résultats qui furent atteints. Il vaut beaucoup mieux renvoyer à son 
livre. Je noterai cependant la part très belle qu’il a faite à Turgot et 
à Necker, dont l'influence fut prépondérante : le premier considéré 
comme le théoricien de la législation des pauvres, le promoteur des 
bureaux et des ateliers de charité, où les mendiants étaient traités 
avec plus d'intelligence et de profit; le deuxième présenté comme le 
réformateur pratique des services des hôpitaux et des enfants trouvés ; 
tous deux ayant été les créateurs d'un service médical public. 

A ce propos, notre confrère aurait pu montrer ce que ces novateurs 
avaient emprunté aux institutions du passé, tombées déjà dans l’oubli. 
Depuis le xiv* siècle, peut-être même plus tôt en certains pays, 
comme par exemple la Provence, il avait existé des médecins et apo¬ 
thicaires recrutés et payés par les communautés, qui devaient leurs 
soins et leurs médicaments indistinctement et gratuitement à tous les 
habitants. En matière d’assistance comme en beaucoup d’autres, le 
progrès ne marche pas d’une façon uniforme; on est quelquefois 
obligé de revenir en arrière pour faire revivre d’anciennes habitudes*. 

L’impulsion donnée par Turgot et Necker, les réformes opérées par 
eux pour la réduction des mendiants, l’occupation des sans-travail, la 
réorganisation des hôpitaux et l’entretien des enfants trouvés, l’exemple 
donné par M m ® Necker elle-même suscitèrent une émulation féconde 
entre les particuliers et les représentants du gouvernement. Jusqu’au 
moment où s’ouvrirent les États Généraux de 1789,les bonnes volontés se 
mirent à l’œuvre, des essais furent tentés, de nouveaux établissements 
furent créés ; les Académies firent des enquêtes et mirent au concours 
l’étude des meilleurs procédés d’assistance; les curés et leur entourage 
instituèrent des hospices régionaux, des bureaux de charité, etc. Le 
gouvernement élabora de son côté toute une législation. 

Dans le nombre, des lois nouvelles ne répondirent pas à l’objet 
qu’on en attendait; d’autres ne faisaient qu’apporter de la confu¬ 
sion ou un remède insuffisant. Il y en a pourtant qui ont eu une très 
grosse portée. Ainsi, par exemple, l’édit de 1780, sur lequel notre 
confrère a insisté très justement. Partant de ce principe que les fon¬ 
dations pieuses n’étaient possibles qu’avec l’autorité de l’État, qu’elles 
avaient fini par constituer des biens de mainmorte privilégiés, que 
par conséquent l’État avait le droit de changer la destination des 
immeubles légués ou donnés aux établissements d’assistance, le légis- 

1. Cela est vrai aussi en matière d’assurances : le moyen Age les a connues. 
11 y eut des assurances contre la perte des marchandises, pour l'expédition 
des navires, etc. Des caisses de chômage avaient été organisées par des corps 
de métiers en certaines villes. Les études faites en Belgique ont montré que 
l'assistance A domicile des vieillards incapables de travailler, par une sorte de 
retraite légale, avait existé. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



136 


BIBLIOGKAPHIE. 


lateur permit aux hospices et hôpitaux d'aliéner leurs biens, d’acquit¬ 
ter toutes leurs dettes avec le produit de la vente et de verser le sur¬ 
plus dans la caisse du Domaine qui leur servirait une rente fixe. Ce 
n'était alors qu’une faculté donnée aux maisons endettées, la Con¬ 
vention en fera une obligation. 

La nécessité où se trouvait l'Etat de parfaire les ressources des 
hôpitaux surchargés amenait tout naturellement cette idée que l'État 
avait le droit de contrôler leur fonctionnement, de s’immiscer dans 

leur administration. De là à considérer le service d’assistance comme 

» 

une attribution de l'Etat, il n’y avait qu’un pas, et ce pas fut vite 
franchi. Tous les auteurs qui s'intéressèrent à la question du paupé¬ 
risme sous le règne de Louis XVI furent unanimes à déclarer qu’il 
n’appartenait plus seulement aux particuliers et aux membres du 
clergé de le diriger : les pauvres, les mendiants valides ou non, les 

9 9 

vieillards sont des membres de l’Etat, l’Etat lui-méme leur doit des 
secours. Les théories des publicistes, les mémoires des intendants et 
des sociétés académiques, les règlements des assemblées provinciales, 
les édits du pouvoir royal aboutirent tous à la doctrine que formula 
en 1790 le célèbre Comité de mendicité. On sait que La Rochefou¬ 
cauld-Liancourt en fut le personnage le plus connu. Rappelons en 
deux mots que le Comité préférait les secoure à domicile à l'hospitali¬ 
sation partout où cela était possible; qu’il entendait renfermer les 
mendiants valides, et ne voulant pas travailler, pour les corriger de leur 
paresse et non pas pour les accabler de punitions; enfin et surtout 
qu’il proposait d’organiser un service d’État, avec des fonctionnaires 
officiels, pour répartir les secoure et diriger les hospices, dépôts de 
mendicité, hôpitaux, ateliers de charité. Ce service serait alimenté par 
une caisse nationale constituée avec les biens des établissements hos¬ 
pitaliers, avec ceux du clergé séculier qui, à l’origine, étaient destinés 
à la charité, avec ceux des Ordres religieux spécialement voués à l’as¬ 
sistance ou à l’enseignement des pauvres, et enfin avec les allocations 
de l'État. 

La doctrine révolutionnaire était donc constituée ; ainsi que le dit 
fort bien M. Bloch, son programme, mis à exécution par la Conven¬ 
tion (les assemblées précédentes n’ayant pas eu le temps de le discu¬ 
ter), avait été dessiné, trait par trait, par les philanthropes et les éco¬ 
nomistes du xvnr siècle ; il avait été préparé par l’œuvre administrative 
des trente dernières années de l’ancienne monarchie. Ainsi présentée, 

« la transformation révolutionnaire de l’assistance sociale résulte 
donc d’une lente évolution. Elle a, dans l’ancien régime même, de 
fortes et profondes racines. Elle procède d’une réaction contre des 
institutions vicieuses, du besoin de leur en substituer de meilleures, 
de plus propres à faire obstacle à une mendicité exubérante... Elle a 
pour cause le mouvement continu et profond des idées philanthro- 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


137 


piques et politiques et une suite de tentatives officielles de réformes ». 
J’ai tenu à citer les phrases elles-mêmes de notre confrère, qui 
expriment bien la conclusion de son livre. On s'en rend compte main¬ 
tenant : la Révolution ne fut que l'héritière de l’ancien régime; c’est 
elle qui fut chargée de mettre en pratique des théories déjà discutées 
et admises. 

Il y aurait encore bien des choses à ajouter, mais j’ai hâte de ter¬ 
miner. J’espère en avoir assez dit pour marquer l’intérêt exceptionnel 
qui s’attache au livre de M. Bloch. J’ai déjà observé qu’il s’appuyait sur 
de très nombreux documents* et qu’il embrassait une région assez 
grande et surtout assez caractéristique pour permettre des généralisa¬ 
tions ; je ne reviendrai donc pas là-dessus. Assurément, le tableau qu’il 
a brossé de la misère publique et de l’organisation de l'assistance subi¬ 
rait quelques retouches s’il fallait l’appliquer à d’autres régions de 
la France : il serait peut-être encore plus sombre en Bretagne, beau¬ 
coup moins en Provence et Languedoc. Mais il n’en est pas moins 
vrai que ce sont les maux, dont on souffrait à Paris et dans les pro¬ 
vinces voisines, qui ont déterminé les réformes et décidé les théori¬ 
ciens du xvm e siècle à proposer des remèdes plus efficaces que ceux 
qu’on avait appliqués jusqu’alors. Par conséquent, c’était là que l'his¬ 
torien devait porter ses regards. Quand il a une méthode d’investiga¬ 
tion aussi sûre que notre confrère, quand il a un esprit aussi averti, 
il a chance d’écrire un livre non pas définitif, car il n’y a rien de 
définitif en histoire, mais d’un intérêt permanent et d’une consulta¬ 
tion indispensable : c'est certainement ce qu’a fait notre confrère 
M. Bloch 3 . 

L.-H. Labande. 

F. Uzureau,... Andegaviana. 8° série... Paris, A. Picard et fils; 
Angers, J. Siraudeau, 1909. In-8°, 540 pages. 

Le labeur de M. l’abbé Uzureau ne s’interrompt jamais. A peine un 

1. Peut-être notre confrère a-t-il montré une certaine facilité A accueillir 
ceux qui lui permettaient de stigmatiser les désordres et les vices des insti¬ 
tutions charitables de l’ancien régime. Je le trouve de ce côté un peu trop 
pessimiste, et il me semble qu'on pourrait lui opposer de nombreux exemples 
de bonne et intelligente administration des hôpitaux, de soins éclairés don¬ 
nés aux malades et aux invalides. Il faut se garder en effet de conclusions 
trop rapides. Je suppose que M. Bloch s’est laissé impressionner par les cri¬ 
tiques des réformateurs. Mais ceux-ci n'avaient-ils pas intérêt, pour se faire 
valoir, à décrier ce qui se faisait avant eux? 

2. Quelques lapsus se sont glissés dans la rédaction. Quelques-uns ont été 
relevés dans les errata, d'autres ont échappé A une révision de l’auteur, ainsi 
par exemple cette expression (p. 361, I. 5) : a Compagnie royale d'assurances 
contre la vie. # 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



138 


BIBLIOGRAPHIE. 


volume de ses Andegaviana est-il achevé et distribué qu’une nou¬ 
velle série est mise sous presse; en six ans, huit tomes ont paru. Il 
est vrai que la composition de ces recueils ne comporte que relative¬ 
ment peu d’efforts de la part de leur auteur. La rédaction de M. l’abbé 
Uzureau est réduite le plus souvent au strict minimum : quelques 
lignes en tête de chaque document pour en faire une présentation 
sommaire, et c’est tout. Ici, cependant, on trouve des notes biogra¬ 
phiques assez développées sur les membres du clergé et des congré¬ 
gations religieuses de plusieurs paroisses importantes de l’ancien 
diocèse d’Angers, même sur les généraux républicains morts en 
Vendée. 

Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le dire, l’intérêt de cette publi¬ 
cation réside entièrement dans les pièces transcrites. Avec cette 
huitième série, il nous est offert encore quelques notes d’après des 
ouvrages récents sur le moyen âge en Anjou; mais la plupart des 
notices sont relatives à l’époque révolutionnaire et aux temps posté¬ 
rieurs. On constate cependant que le xix® siècle est ici plus abondam¬ 
ment représenté que dans les séries précédentes : les renseignements 
sont extraits surtout des rapports officiels. 

A ce propos, je me permettrai de demander que ces rapports officiels 
soient contrôlés et critiqués. Il semble que ce travail peut être assez 
facilement exécuté : il ne manque pas de documents autres qui per¬ 
mettent de reconnaître l’exactitude de tel ou tel administrateur. 
M. l’abbé Uzureau sait lui-même combien les passions ont été vio¬ 
lentes en Anjou sous la Révolution et même longtemps après; il 
n’ignore pas combien l’esprit de parti a dénaturé jusqu’aux événe¬ 
ments les plus ordinaires de la vie publique. Mais, justement, ce tra¬ 
vail de critique, qui sera indispensable un jour ou l’autre, retarderait 
la publication des nouvelles séries, et M. l’abbé Uzureau semble 
avoir hâte d’en augmenter le nombre. 

Il y aurait beaucoup à signaler dans le volume actuel : je me con¬ 
tenterai de noter d’une façon particulière la notice sur l’assemblée 
provinciale d’Anjou en 1787 et la commission intermédiaire qui lui 
succéda; la correspondance des administrateurs du département de 
Maine-et-Loire avant et après le siège d’Angers par les Vendéens 
(décembre 1793); les documents sur les hôpitaux et établissements 
charitables de 1800 à 1802 et en 1836; la liste des émigrés rentrés en 
Maine-et-Loire de 1802 à 1804; les listes des préfets et des conseillers 
généraux, etc. 

M. l’abbé Uzureau ne se contente pas de publier ses Andegaviana ; 
il donne à différentes revues de nombreux articles, qu’il répand sou6 
la forme de tirages à part. Ën voici quelques-uns, dont il suffit de 
transcrire le titre, car la méthode de l’auteur consiste, ici comme ail¬ 
leurs, à éditer des textes. Il en est un cependant qui est une bonne 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


139 


étude de géographie historique pour l’époque qui s’étend du xvii* au 
xix* siècle : Les divisions administratives de la province d’Anjou 
et du département de Maine-et-Loire. Il est extrait des Mémoires 
de la Société nationale d’agriculture , sciences et arts d’Angers 
pour l’année 1907. 

Dans le même recueil ont paru : 1° Une page de l’histoire litté¬ 
raire de l’Anjou; c’est l’histoire de l'établissement de l’Académie 
royale des sciences et belles-lettres d’Angers, avec la biographie des 
académiciens auteurs, le tout rédigé par l’abbé Jacques Rangeard de 
1764 à 1770;—2° Le présidial d’Angers. Les dernières ■ Rentrées 
publiques » avant la Révolution , d’après l’unique journal de la loca¬ 
lité, les Affiches d’Angers; — 3° Les chouans dans le Craonnais 
(119^-1196); extraits des rapports adressés aux administrateurs du 
département par ceux du district de Segré. Dans la Revue des 
sciences ecclésiastiques (juillet 1907), le même auteur a publié de 
nombreux documents sur la Séparation de l’Église et de l’État 
dans un grand diocèse (1800-1802), c’est-à-dire sur l'organisation 
du culte catholique en Maine-et-Loire avant l’application du Concor¬ 
dat. Enfin, dans le Bulletin des sciences économiques et sociales 
du Comité des travaux historiques et scientifiques (année 1906), 
il a donné l’extrait d'un rapport adressé, le 17 septembre 1802, par le 
préfet Montaut des Isles, extrait concernant les Eaux minérales en 
Maine-et-Loire au début du XIX • siècle. 

L.-H. Labande. 

Collection de documents inédits sur l’histoire économique de 
la Révolution française, publiés par le ministère de l'Instruc¬ 
tion publique. Paris, E. Leroux, 1906-1909. In-8°. 

Vers la fin de l’année 1903, le ministre de l’Instruction publique, 
déférant à un vœu de la Chambre des Députés, a institué, à côté du 
Comité des travaux historiques et scientifiques, une Commission 
chargée de rechercher et de publier les documents relatifs à la vie 
économique de la Révolution. La présidence de la Commission fut 
dévolue à M. Jaurès, auteur de la motion parlementaire; une sous- 
commission, composée de M. Aulard, président, de M. Caron, secré¬ 
taire, de MM. Camille Bloch, Brette, Dejean et Seignobos, fut chargée 
d’assumer la direction effective des travaux. 

Le programme de la Commission comprend la recherche et la publi¬ 
cation de documents concernant les biens nationaux, les plaintes et 
doléances des paroisses en 1789, l’agriculture, le commerce des 
céréales, l’industrie, l’assistance, le papier-monnaie, de 1789 à 
l’an VIII. Ces limites chronologiques n'ont toutefois rien d’absolu, 
l’intelligence des faits de la période révolutionnaire pouvant, pour 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



140 


BIBLIOGBAPHIE. 


certaines catégories de documents, nécessiter un retour en arrière, ou 
l’évolution de l’état de choses nouveau pouvant normalement conduire 
l’historien au delà de 1800. 

Le premier soin de la Commission, une (ois son programme arrêté, 
a été de faire constituer dans chaque département des comités locaux 
composés de l’inspecteur d’Académie, de l’archiviste départemental et 
de personnes qualifiées, en raison de leur compétence ou de leur situa¬ 
tion, pour diriger la recherche des documents et collaborer à leur 
publication. 

Des circulaires et instructions ont été rédigées à l’usage de ces 
comités; des recueils de textes ont été publiés en vue de leur faciliter 
l’intelligence et le groupement des documents particuliers. Ces circu¬ 
laires, instructions, ainsi que les recueils de textes trop peu étendus 
pour former des volumes à part, sont insérés dans un Bulletin spé¬ 
cial qui paraît depuis 1906 1 2 . Cette revue contient également de courts 
mémoires historiques et une chronique des travaux de la Commission 
centrale et des comités départementaux. Quelques-uns de ceux-ci 
ont, en outre, grâce à des subventions des Conseils généraux, pu 
faire paraître des Bulletins locaux, c’est le cas pour les comités 
de la Sarthe (1906), des Vosges (1907), de Seine-et-Oise (1907) et dans 
une certaine mesure pour le comité de l’Aube*. 

La plupart des publications faites par la Commission nous ont été 
adressées. On analysera d'abord celles qui sont dues à la Commission 
centrale elle-même et qui ont un caractère général, on indiquera 
ensuite celles qui émanent des comités locaux et qui, comme telles, ont 
un caractère plus spécial 3 . 

Comités d’agriculture et de commerce. — La Constituante, la 
Législative et la Convention donnèrent successivement mission à des 
comités tirés de leur sein d’étudier, en vue de la préparation des 
décrets, toutes les questions concernant l'agriculture et le commerce. 
Nos confrères MM. Gerbaux et Schmidt ont été chargés de publier les 

1. Ministère de tInstruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes. Com¬ 
mission de recherche et de publication des documents relatifs à la vie éco¬ 
nomique de la Rérolution. Bulletin trimestriel (Paris, E. Leroux, in-8*). 

2. Dans ce département, il s’est fondé, à côté du comité officiel, dont le pro¬ 
gramme est limité à l'histoire économique, une Société départementale d’his¬ 
toire de la Révolution qui publie depuis 1908 un recueil périodique, intitulé la 
Révolution dans l'Aube, que dirigent nos confrères M. Boutillier Du Retail, 
archiviste du département, et O. Beuve, conservateur-adjoint de la biblio¬ 
thèque et archiviste de la ville de Troyes. 

3. Une innovation est à signaler pour ces dernières : toutes les fois que cela 
a été possible, la Commission, affranchie du monopole dont jouit l'Imprimerie 
nationale pour les publications de l'État, a confié l'impression des volumes A 
un imprimeur de la région intéressée. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


141 


procès-verbaux des séances de ces comités 4 . Parmi les nombreuses 
questions qui furent traitées au cours de ces séances, le partage des 
communaux, la création des canaux, le commerce des subsistances, 
les douanes, les ports francs, la circulation et l'exportation des grains 
furent plus particulièrement l'objet d’études approfondies que sanc¬ 
tionnèrent des décrets importants. Il est superflu d’insister sur l’inté¬ 
rêt que présente ce recueil ; les documents qui y sont rassemblés font 
suite à ceux qui sont compris dans l'Inventaire analytique des ■pro¬ 
cès-verbaux du Conseil du commerce et du bureau du commerce, 
par MM. Bonnassieux et E. Lelong. 

Abolition du régime féodal. — En votant la suppression des droits 
seigneuriaux, universellement réclamée dans les cahiers du tiers 
(décrets des 4-11 août 1789), la Constituante n’avait émis qu’un vote 
de principe ; pour étudier les questions nombreuses et complexes que 
soulevait l'organisation du régime nouveau, l'Assemblée nomma un 
comité des droits féodaux. Les légistes de ce comité répartirent les 
droits féodaux en catégories fondées sur des distinctions absolues : 
d’une part, droits légitimes ou droits réels qui n’atteignaient l’individu 
que par le moyen de la terre qu’il occupait, et, d’autre part, droits 
usurpés ou droits personnels qui pesaient directement sur les indivi¬ 
dus; les premiers étaient susceptibles de rachat, alors que les seconds 
étaient purement et simplement supprimés. Distinction parfaite en 
théorie, mais qui ne cadrait pas toujours avec la réalité. La légiti¬ 
mité des droits réels parut à ce point juridiquement établie qu’on mit 
à la charge non du créancier, comme dans le droit commun, mais du 
débiteur le soin de faire la preuve en cas de contestation ; et qu’on 
excepta même de la faculté de rachat les droits dont les titres n’im¬ 
pliquaient pas transfert de propriété, ceux qui étaient perçus pour 
simple jouissance. Mais on sait combien étaient variés les contrats 
passés sous le régime de l’ancien droit, combien étaient différents, au 
point de vue juridique, des baux qu’en diverses régions on désignait 
par un même nom. Dans quelle catégorie ranger des contrats mixtes 
impliquant, comme le domaine congéable breton, vente des édifices et 
louage de la terre? La complexité des questions que le comité eut à 
examiner est inimaginable, et il n’est guère de mesure législative 
prise en vue de l'application du décret du 4-11 août qui n’ait soulevé 
des difficultés d’application et provoqué des réclamations, tant de la 
part des seigneurs que de la part des tenanciers. Pétitions et adresses 
affluèrent au comité établi par la Constituante. 

La Législative, pour trancher les difficultés touchant la détermina- 

1. F. Gerbaux et Ch. Schmidt, Procès-verbaux des comités d'agricuUure et 
de commerce de la Constituante , de la Législative et de la Contention, I. I 
à III (Paris, 1906-1908, in-8*, xxrv-775, xxxi-823 et xiv-763 p.). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



142 


BIBLIOGRAPHIE. 


tion des droits réels, fit passer du débiteur au créancier le soin de 
faire la preuve en cas de désaccord. 

La Constituante alla plus loin encore, par le décret du 17 juillet 
1793, elle supprima toutes les redevances seigneuriales, à l’exception 
des rentes purement foncières dont la légitimité serait établie par pro- 
duction de titres. Cette production devait devenir de plus en plus dif¬ 
ficile au fur et à mesure que les brûlements de titres anéantirent les 
archives particulières. 

Les dossiers des comités des droits féodaux de la Constituante et de 
la Législative, ceux du comité de législation de la Convention forment 
une masse considérable de documents variés : projets de décrets, 
mémoires, adresses. M. Sagnac, professeur à l’Université de Lille, et 
notre confrère M. Caron ont, avec beaucoup de sagacité, fait un choix 
de pièces concernant soit des droits seigneuriaux d’un caractère géné¬ 
ral, soit des droits spéciaux particuliers à certaines régions 1 . Le recueil 
qu’ils ont ainsi formé n’est pas seulement intéressant pour l’histoire 
de l’abolition du régime féodal de 1789 à 1793, on y trouve sur l’or¬ 
ganisation même de ce régime à la veille de sa disparition des rensei¬ 
gnements d’une portée rétrospective souvent fort lointaine et dont les 
historiens et les juristes devront faire leur profit pour l’étude du 
moyen âge. 

Biens communaux. — La question des biens communaux fut, 
avec celle des droits seigneuriaux, l’une «les plus complexes qu’eurent 
à régler les assemblées de la Révolution. Les économistes des assem¬ 
blées provinciales préconisèrent maintes fois le partage de ces biens 
pour en porter le rendement à un degré que l’exploitation ou l’usage 
en commun était inapte à leur procurer et que seule la culture parti¬ 
culière pouvait obtenir. Si parfois l’opinion publique manifestée dans 
les cahiers de doléances engloba les communaux avec les terres sei¬ 
gneuriales et les biens ecclésiastiques dans ces vastes domaines dont 
on réclamait le morcellement, il faut bien reconnaître cependant qu’en 
bien des endroits le sentiment populaire, influencé par les traditions, 
guidé par le souci de besoins économiques particuliers, laissait les 
biens communaux en dehors des partages si ardemment souhaités. 
Au surplus, une première difficulté était à résoudre : le tiers des com¬ 
munaux appartenait au seigneur en vertu du droit de triage ; ce droit 
fut implicitement supprimé en même temps que les autres droits sei¬ 
gneuriaux, qu’allait-il advenir de ce tiers communal précédemment 
dévolu au seigneur? La Constituante laissa à peu près les choses en 
l’état, les droits des communautés furent réservés, mais sans qu’au- 


1. Ph. Sagnac et P. Caron, les Comités des droits féodaux et de législation 
et l’abolition du régime seigneurial (Paris, 1907, in-8*, xuv-826 p.). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 143 

cun moyen (ùt établi pour les faire valoir, les situations acquises 
reçurent provisoirement une consécration légale. 

Il appartenait à la Législative et à la Convention d’appliquer aux 
communaux une législation nouvelle. Ce sont les travaux prépara¬ 
toires de cette législation qu'a réunis notre confrère M. Bourgin*. Le 
comité d’agriculture de la Législative fit une enquête sur les commu¬ 
naux auprès des directoires des départements. Les mémoires émanés 
de quarante-cinq directoires nous sont parvenus ; pour treize autres, 
il a pu être suppléé à l’absence du mémoire du Directoire par les déli¬ 
bérations des Conseils généraux provoquées par l’enquête; pour sept 
autres enfin non encore représentés, on a pu recourir aux documents 
d’une enquête au second degré organisée auprès des districts. Grâce 
à cette recherche très avisée, M. Bourgin a pu, somme toute, reconsti¬ 
tuer à peu près intégralement l’enquête officielle du comité. Mais les 
rapports envoyés à l’occasion de cette enquête ne reflètent parfois 
qu’imparfaitement les sentiments populaires. Le désir de concilier des 
tendances opposées a pu amener tel rapporteur à atténuer l’expression 
de ces tendances ; la qualité même des rapporteurs a pu influencer le 
sens de leurs réponses. Pour corriger ce défaut inhérent à tous les 
rapports officiels, M. Bourgin a eu l’heureuse idée de donner le texte 
d'une quarantaine de mémoires et pétitions adressés directement au 
comité par des communautés ou par des particuliers. 

Deux rapports furent présentés à la Législative : l’un, par Aveline, 
concluait au partage facultatif; l’autre, par Danthon, de l’Isère, con¬ 
cluait à la vente. Une série de décrets s’ensuivit, deux sont particu¬ 
lièrement importants : l’un, du 14 août 1792, ordonnait le partage; 
l’autre, du 11 octobre 1792, ajournait l’exécution du précédent. Ces 
deux décrets provoquèrent la rédaction de mémoires et adresses qui 
furent présentés à la Législative et à la Convention par les directoires de 
départements et de districts, par des communautés et des particuliers. Ce 
sont là les documents d’une nouvelle enquête spontanément organisée 
par le sentiment populaire. Sur trois rapports de Fabre, de l’Hérault, 
de Souhait, des Vosges et de Marin, député du Mont-Blanc, la Con¬ 
vention rendit de février à juin 1793 une série de décrets qui reflètent 
les hésitations du législateur. Enfin, le 10 juin, le partage par tète, 
plus généralement réclamé par l’opinion publique, fut voté. Là s’arrête 
le recueil de M. Bourgin, mais notre confrère a le soin d’avertir que 
si la préparation de la loi fut marquée par bien des incertitudes, son 
exécution entraîna tant de difficultés qu’il fallut revenir par la suite à 
des dispositions moins radicales et que la question des communaux 
après le 10 juin représente un ensemble de faits et de textes qui pour- 

1. G. Bourgin, le Partage des biens communaux , documents sur la prépa¬ 
ration de la loi du 10 juin 1793 (Paris, 1909, in-8*, xxiv-757 p.). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



144 


BIBLIOGRAPHIE. 


rait fournir la matière d’une autre publication. L’excellent esprit de 
méthode dont l’auteur a fait preuve dans le premier volume ne peut 
que faire souhaiter la prompte apparition du second. Un vœu enfin 
nous est suggéré par le recueil sur les communaux, c’est que, sur ce 
point tout au moins, la Commission ne se laisse pas trop arrêter par 
la limite chronologique de ses travaux et songe quelque jour à nous 
faire connaître comment à travers le xix® siècle s’est reconstitué ce 
mode de propriété et nous apporte à ce sujet des données topogra¬ 
phiques dont les documents révolutionnaires dès maintenant publiés 
sont un peu trop sobres. 

Commerce des céréales et agriculture. — A côté de ces trois 
recueils de textes, d’autres encore ont paru dans le Bulletin de la 
Commission. Ils se rattachent à la circulaire du 2 avril 1906 concer¬ 
nant les documents relatifs à l'agriculture, aux subsistances, au com¬ 
merce et à l’industrie. Le premier, dû à notre confrère M. Caron, 
comprend des instructions pour la publication des documents locaux 
relatifs au commerce des céréales, des notes et documents sur la 
législation et l’administration de 1788 à l’an V, des rapports de Grivel 
et Siret, commissaires parisiens du Conseil exécutif provisoire, sur 
les subsistances et le maximum (septembre 1793-mars 1794) ; le second, 
dû à notre confrère M. Bourgin, contient des notes et documents ana¬ 
logues concernant l’agriculture. Tout récemment, notre confrère 
M. Camille Bloch a fait paraître des textes concernant l’assistance, et 
ce travail sera complété par la publication, en collaboration avec 
notre confrère M. Tuetey, des procès-verbaux du comité de mendicité; 
enfin nos confrères MM. Caron et E. Déprez préparent un autre recueil 
pour les biens nationaux ; un autre recueil encore concernant les assi¬ 
gnats est projeté. 

Les volumes publiés par la Commission centrale, les instructions 
insérées par elle dans son Bulletin ont pour objet de provoquer et de 
faciliter l’élaboration de recueils de documents régionaux concernant 
l’histoire économique de la Révolution. Ce sont ces recueils qu’il nous 
reste à signaler. 

Biens nationaux. — La première en date des publications faites 
sous les auspices de la Commission est consacrée aux dossiers de 
vente des biens nationaux dans le département du Rhône, réunis et 
analysés par M. Charléty. Ce volume ne nous a pas été envoyé, il a 
de plus fait l’objet de plusieurs comptes-rendus critiques, nous nous 
abstiendrons donc de l’examiner en détail. Il suffira de dire qu’il est 
formé de deux parties, l’une traite des inventaires de biens de première 
origine (biens ecclésiastiques) et de deuxième origine (biens des parti¬ 
culiers) et l’autre des ventes faites à des époques variées et dans des 
conditions différentes. Aussi bien dans la circulaire du 20 décembre 
1905 que dans la deuxième instruction parue dans le Bulletin de 1908 


a 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


145 

et que dans le recueil du département du Rhône, l'on semble avoir 
fait aux inventaires et déclarations une place trop étroite en compa¬ 
raison de celle accordée aux dossiers de vente. L'importance de ces 
derniers est certes incontestable : c’est d’eux que procède la réparti¬ 
tion nouvelle de la propriété, c’est à eux qu’il faut remonter pour 
trouver l’origine de l’un des principaux facteurs de la vie économique 
contemporaine. Mais cela ne doit pas faire oublier que les inventaires 
et déclarations constituent le bilan de la propriété mobilière et immo¬ 
bilière de la vieille France, le bilan d’antiques institutions religieuses 
et d’illustres fortunes patrimoniales dressé à la veille même de leur 
disparition. A chaque ligne de ces documents sont mentionnés les 
mêmes terres, les mêmes bâtiments, les mêmes objets qu’on trouve 
cités dans les chartes du moyen âge; beaucoup de ces droits et de ces 
redevances, qui existaient à la veille de la Révolution, ont une origine 
qui remonte à travers les siècles jusqu’à l’époque mérovingienne 
même. Quarante générations d’hommes ont vécu des fruits de tous 
ces biens, ont plié sous le faix écrasant de toutes ces charges. On con¬ 
viendra que, pour être d’un intérêt moins actuel que les dossiers de 
ventes, de tels documents sont, même au seul point de vue économique, 
d’une importance historique non moins grande. On a contesté, il est 
vrai, la précision et même la sincérité des déclarations et des inven¬ 
taires. Si les premières demandent à être contrôlées, doit-on envelop¬ 
per les seconds dans une même suspicion. Je ne le pense pas, pour ma 
part, après avoir examiné plus de 1,500 de ces inventaires, dont les dupli¬ 
cata existent aux Archives nationales, et m’être rendu un compte exact 
des conditions dans lesquelles ces procès-verbaux en ont été rédigés. 
Les officiers municipaux présents en personne dans les couvents s’y 
firent remettre les comptes des années précédentes, établis alors que 
rien ne faisait prévoir les événements qui devaient se dérouler par la 
suite ; les revenus de tout genre portés sur ces comptes furent contrô¬ 
lés sur les baux et titres de jouissance : conditions des tenures, noms 
et qualités des occupants, montant et nature des redevances furent 
relevés. Pour la partie des biens improductive de revenu, pour les 
bâtiments, le mobilier, les officiers n’avaient qu’à ouvrir les yeux. On 
ne saurait même supposer qu’il y ait pu avoir détournement préalable, 
du fait des religieux, ni complaisance coupable de la part des agents 
de l’autorité, car lorsque les inventaires furent dressés, l’on n’en était 
pas encore à la suppression de tous les établissements ecclésiastiques ; 
les religieux, par exemple, s’ils pouvaient rentrer dans la vie civile, 
avaient encore la faculté d’opter pour la continuation de la vie en 
commun, et à cet effet un certain nombre de couvents, et on ne savait 
lesquels, devaient subsister. Dissimuler une partie des biens d’une 
communauté, c’eût été appauvrir celles dont on attendait la reconsti¬ 
tution. Si ce n’était pas assez dit pour établir la sincérité des inven- 
1910 10 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



146 


BIBLIOGRAPHIE. 


taires, j’ajouterais que, pour quelques abbayes dont l’histoire m'était 
assez bien connue depuis leur origine, j’ai eu l'occasion de vérifier les 
assertions des inventaires et j’y ai trouvé, en ce qui concerne les biens 
fonciers, une concordance parfaite et complète avec ce que m’avaient 
appris les documents antérieurs. Je crois donc pour ma part qu’au 
moment où la publication des dossiers de vente des biens nationaux 
momentanément interrompue est appelée à être reprise activement, 
la Commission et ses collaborateurs doivent accorder à la recherche 
et à l'analyse des inventaires une attention toute spéciale 4 . 

Cahiers de doléances. — Dans l’enquête locale d’histoire écono¬ 
mique entreprise par la Commission, la recherche et la publication 
des cahiers de doléauces occupe de beaucoup la place la plus impor¬ 
tante. Une circulaire du 5 avril 1905 contient sur cet objet des ins¬ 
tructions sommaires, précisées, au point de vue purement pratique, 
dans une instruction complémentaire du 13 juin 1907. Les cahiers 
ont été définis : « L'ensemble des écrits contenant vœux, plaintes et 
doléances rédigés en 1789 dans les assemblées électorales qui avaient 
un caractère de légalité reconnue, soit parce qu’elles avaient été con¬ 
voquées en exécution d’ordres royaux, soit parce que les députés élus 
en conséquence de ces assemblées furent admis à l’Assemblée natio¬ 
nale. » Sont compris dans le programme de la Commission les 
cahiers de paroisses rédigés dans les assemblées primaires, ceux des 
corporations rédigés dans un certain nombre de villes, ceux du tiers 
état rédigés dans les assemblées dites préliminaires des bailliages 
secondaires et des bailliages principaux ayant des secondaires, ceux 
enfin destinés aux États-Généraux et rédigés par l’assemblée des trois 
ordres. Le bailliage ou la juridictiou assimilée, constituant la circons¬ 
cription électorale en 1789, a très justement été choisi comme cadre 
géographique pour la publication des cahiers. 

1. On annonce la publication des dossiers des biens nationaux de l’Aube, de 
l'Ille-et-Vilaine, de la Gironde, de l'Yonne, de la Saône-et-Loire, des Alpes- 
Maritimes et du district d'Épinal. Au moment même où ce compte-rendu est 
mis sous presse, nous recevons les tomes 1 et II des Documents relatifs à 
la vente des biens nationaux des Bouches-du-Rhône , publiés par M. Moulin 
(Marseille, 1908-1909, in-8*, lxu-592 et 674 p.). Ce recueil a certes plus d’am¬ 
pleur que celui du Rhône; une place toute spéciale y est faite a l'orfèvrerie 
des églises, et les historiens de l'art, non moins que ceux qui s'occupent d'his¬ 
toire économique, en seront satisfaits; mais il n'en reste pas moins que, 
en recourant aux dossiers des Archives nationales, l’éditeur n'aurait pas eu 
besoin de suppléer à l’absence de certains inventaires par des déclarations 
plus sommaires et plus sujettes à caution et qu'il aurait pu aussi faire figurer 
dans la première partie du recueil, consacrée aux inventaires, des établisse¬ 
ments pour lesquels les documents lui ont fait défaut, et dont le nom n’est 
que rappelé dans la deuxième partie, consacrée aux estimations et ventes 
par localités. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



I 


BIBLIOGRAPHIE. 147 

En même temps qu’elle rédigeait sa circulaire, la Commission don¬ 
nait avec les cahiers du bailliage d’Orléans, que notre confrère M. Ca¬ 
mille Bloch s’était chargé de publier, un spécimen dont pourraient 
s’inspirer les autres éditeurs*. L’introduction placée en tête du recueil 
constitue un véritable exposé de la méthode à suivre pour les ouvrages 
de ce genre. Le texte démontre l’excellence de cette méthode : déli¬ 
mitation géographique du bailliage, sources manuscrites et imprimées, 
groupement des cahiers ruraux selon leur degré de similitude ou 
d'analogie résultant de l’influence des mêmes présidents ou de la com¬ 
munication des mêmes mémoires et instructions, réunion pour chaque 
paroisse de renseignements géographiques, topographiques, Gnanciere, 
statistiques susceptibles à la fois de reconstituer les conditions dans 
lesquelles les cahiers furent rédigés et de contrôler les assertions qui 
s’y rencontrent. Cette manière de comprendre la publication des 
cahiers a permis à M. Bloch de tirer lui-même les conclusions géné¬ 
rales qui ressortent de leur examen et d'esquisser un tableau de l’état 
économique de l'Orléanais en 1789. Les textes compris dans le 
premier volume concernent 165 paroisses rurales du bailliage, sur 169 
qu’il comptait, et les villes de Jargeau, Meung, Pithiviers et Sully; le 
deuxième volume est consacré aux cahiers des communautés et cor¬ 
porations d’Orléans, à ceux du tiers état du bailliage principal d’Orléans 
et des bailliages secondaires, enün à ceux des trois ordres du bailliage. 
Une table générale contient, outre les noms de personnes et de lieux, 
un grand nombre des rubriques matières, qui permettent de retrouver 
tout ce qui dans les cahiers concerne les institutions et les mœurs. 

Aux deux volumes de M. Bloch a succédé rapidement toute une 
série de recueils similaires : 

M. G. Laurent, greffier du tribunal correctionnel de Reims, a réuni 
les cahiers des bailliages de la généralité de Ch&lons-sur-Marne com¬ 
pris dans le département actuel de la Marne; le tome I qui a paru 
comprend le bailliage de Châlons-sur-Marne (173 cahiers)*. 

M. Ch. Etienne, professeur au lycée de Bourg, a entrepris la publi¬ 
cation des cahiers des généralités de Metz et de Nancy et donné tout 
d’abord ceux du bailliage de Vie (161 cahiers sur 165)*, dernier ves¬ 
tige de l’ancienne principauté temporelle des évêques de Metz. 

Les cahiers du bailliage de Cotentin forment deux volumes publiés 

1. C. Bloch, Département du Loiret. Cahiers de doléances du bailliage 
dOrléans pour les États-Généraux de 1789 (Orléans, 1906-1907, in-8*, lxiv- 
800 p. et n-515 p.). 

2. G. Laurent, Département de la Marne. l r * série : Cahiers de doléances 
pour les États-Généraux de 1789. T. I : Bailliage de Châlons-sur-Marne 
(Épernay, 1906, in-8*, xxxii-872 p.). 

3. Ch. Étienne, Cahiers de doléances des bailliages des généralités de Metz 
et de Nancy pour les États-Généraux de 1789. P* série : Département de 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


148 


BIBLIOGRAPHIE. 


par M. Bridrey 4 . Pour cette circonscription, il existe de grosses lacunes 
dans les cahiers ruraux, et les cahiers des corporations font totale¬ 
ment défaut; l'éditeur, qui a eu recours à tous les moyens propres à 
lui faire retrouver les absents, a pu expliquer la plupart des lacunes 
par le fait qu'il ne fut pas toujours rédigé de plaintes et doléances. 
Son introduction renferme à ce point de vue des renseignements fort 
intéressants. Comme M. Bloch, M. Bridrey a reconnu l’existence de 
cahiers types, dont se sont inspirées ou qu’ont simplement copiés plu¬ 
sieurs communautés. A signaler en appendice des documents sur le 
commerce et l'octroi de Granville, sur les mesures, sur l’estimation 
des rentes, sur l’instruction dans le bailliage de Valognes, sur les 
foires et marchés dans la même région. 

Pour la sénéchaussée d’Angoulême et le siège royal de Cognac, des 
500 cahiers de communautés ou procès-verbaux d’assemblées qui ont 
été jadis résumés par Charles de Chancel dans son Angoumois en 
1189 (1847), la plupart ont disparu, mais M. Boissonnade, professeur 
à l’Université de Poitiers, a pu réunir un groupe encore important de 
documents restés généralement inconnus à Chancel et qui forment un 
volume*. 

La sénéchaussée de Nîmes a fait l’objet d’un recueil établi par 
M. Bligny-Bondurand, archiviste du Gard. Pour cette circonscription, 
il n’y a pas de cahiers des corporations et il n’y a pas d’indice qu’il en 
ait été rédigé; il n’existe pas non plus de cahiers spéciaux du tiers, la 
sénéchaussée de Nîmes étant sénéchaussée principale sans secon¬ 
daire. Malgré ces particularités, M. Bligny-Bondurand a pu grouper 
le texte de trois cent quarante-cinq cahiers de paroisses, plus les 
cahiers de chacun des trois ordres de la sénéchaussée 3 . 

Le bailliage de Blois avec son bailliage secondaire de Romorantin 
est l’une des plus vastes circonscriptions électorales de 1789, il com¬ 
portait 247 paroisses. MM. le D r F. Lesueur et A. Gauchie, membres de 
la Société des sciences et lettres du Loir-et-Cher, n’ont retrouvé que 
178 cahiers; pour les deux villes de Blois et de Romorantin 4 , il 

Meurthe-et-Moselle. T. I : Cahiers du bailliage de Vie (Nancy, 1907, in-S*, 
xxxvi-775 p.). 

1. Bridrey, Déparlement de la Manche. Cahiers de doléances du bailliage 
de Cotentin (Coutances) et secondaires pour les États-Généraux de 1789 
(Paris, 1907-1908, in-8*, 808 et 806 p.). 

2. Boissonnade, Département de la Charente. Cahiers de doléances de ta 
sénéchaussée dAngoulémc et du siège royal de Cognac pour les États-Géné¬ 
raux de 1789 (Paris, 1907, in-8*, 555 p.). 

3. E. Bligny-Bondurand, Département du Gard. Cahiers de doléances de la 
sénéchaussée de Nîmes pour les États-Généraux de 1789 (Nîmes, 1908-1909, 
in-8*, lv-584 et 676 p.). 

4. D* F. Lesueur et A. Caucbie, Département de Loir-et-Cher. Cahiers de 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


149 


n'existe pas de cahiers des corporations; le cahier de l’assemblée pré¬ 
liminaire de Blois fait également défaut. En dépit de ces lacunes, les 
éditeurs ont pu constituer un recueil compact dont tous les textes 
sont éclairés par les mêmes notices statistiques que celles données 
pour le bailliage d’Orléans. 

M. Fourastié, archiviste du Lot, a formé un volume avec les cahiers 
de la sénéchaussée de Cahors 4 , l’une des huit subdivisions de la géné¬ 
ralité de Montauban et la seule pour laquelle les cahiers nous soient 
parvenus. La collection en est presque complète, 106 cahiers pour 
109 paroisses. 

A l’activité si féconde de notre confrère M. Forée on doit le recueil 
des cahiers du bailliage de Sens 9 . Cette circonscription comprenait 
239 paroisses ou communautés réparties entre les généralités de Paris, 
Chàlons et Orléans ; il faut y ajouter 23 paroisses du bailliage secon¬ 
daire de Villeneuve-le-Roi réunies en sept groupes épars. La parenté 
étroite qui ressort de l’examen des cahiers a permis à M. Porée d’imi¬ 
ter l’exemple de M. Bloch au point de vue de leur classement, et de 
substituer à l’ordre alphabétique, plus généralement adopté par les 
autres collaborateurs de la Commission, un ordre fondé sur les rap¬ 
ports de filiation apparents entre les textes. 

La sénéchaussée de Marseille, dont M. Joseph Fournier a réuni les 
cahiers 9 , se présente sous un aspect un peu différent de celui des 
autres circonscriptions dont les doléances ont été publiées. Cette séné¬ 
chaussée ne comprenait en effet dans son ressort que la ville même 
de Marseille et sa banlieue. Par suite, les cahiers des corporations et 
non pas ceux des paroisses occupent la place la plus importante. C’est 
une particularité intéressante à retenir pour l’histoire de l’industrie et 
du commerce. 

A ces volumes déjà parus s'en ajouteront prochainement de nou¬ 
veaux : sont annoncés dès maintenant comme devant bientôt voir le 
jour les cahiers de doléances du bailliage de Saint-Mihiel, du bailliage 
de Troyes, Bar-sur-Seine, etc., de la sénéchaussée de Rennes et de la 

doléances du bailliage de Blois et du bailliage secondaire de Romorantin 
pour les États-Généraux de 1789 (Blois, 1907-1908, in-8\ xcix-576 et 510 p., 
carte). 

1. V. Fourastié, Département du Lot. Cahiers de doléances de la séné¬ 
chaussée de Cahors pour les États-Généraux de 1789 (Gahors, 1908, in-8*, 
xrv-383 p., carte). 

2. Ch. Porée, Département de VYonne. Cahiers de doléances du bailliage 
de Sens pour les États-Généraux de 1789 (Auxerre, 1908, in-8*, xxxvm-847 p., 
carte). 

3. J. Fournier, Département des Bouches-du-Rhône. Cahiers de doléances 
de la sénéchaussée de Marseille pour les États-Généraux de 1789 (Marseille, 
1908, in-8*, lxi- 557 p.). 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



150 


BIBLIOGRAPHIE. 


sénéchaussée de Grasse. Tous ces recueils ont été généralement rédi¬ 
gés sur le plan adopté par M. Bloch et conformément à la méthode 
préconisée par lui. Toutefois, quelques améliorations ou modifications 
d’ordre surtout matériel ont été suggérées par l'expérience ou intro¬ 
duites par les préférences personnelles «les auteurs, tel le rejet dans 
les notes des renseignements statistiques, tel aussi, par une heureuse 
innovation, pour les bailliages de Blois et de Sens et la sénéchaussée 
de Cahors, l’insertion de cartes qui donnent une forme concrète aux 
recherches géographiques qui se sont imposées aux éditeurs. La 
Commission rendrait un très réel service en faisant dresser et gra¬ 
ver des cartes pour les recueils précédemment parus et qui n’en sont 
point pourvus ; seul un groupement désintéressé comme l’est la Com¬ 
mission peut avoir la gracieuseté de réparer un oubli de cette nature. 

Des cahiers de doléances, il convient de rapprocher un groupe très 
original de documents particulier au Dauphiné. 

En se s'éparant le 16 janvier 1789, les États de Dauphiné, qui ne 
devaient plus se réunir, avaient nommé une commission intermédiaire 
«le douze membres. Le 28 février, cette commission adressa à toutes 
les communautés du Dauphiné un questionnaire en vingt-quatre 
articles. Les réponses fournies par les communautés de l’élection de 
Gap, l’une des six élections du Dauphiné, sont conservées, à de très 
rares exceptions près, dans la série C des archives des Hautes-Alpes, 
et M. l’abbé Guillaume, archiviste du département, les a publiées 4 . 

On aura quelqu’idée de la nature «les renseignements contenus dans 
ce recueil par une analyse sommaire du questionnaire : 1. Étendue 
territoriale; 2. Population; 3. Médecins et chirurgiens; 4. Accou¬ 
cheuses ; 5. Épidémies, inoculation de la petite vérole ; 6. Manière de 
bâtir; 7. Nature du sol; 8. Récoltes et arbres fruitiers; 9. Rapport 
entre les grains et comestibles et la consommation, nourriture ordi¬ 
naire; 10. Origine des grains en cas de disette; 11. Production sura¬ 
bondante, marchés, exportation, foires; 12. Bois et forêts; 13. Com¬ 
munes; 14. Rivières et torrents, irrigation, inondations; 15. Bétail; 
16. Vétérinaires et maréchaux ; 17. Industrie et commerce ; 18. Forme 
du régime municipal; 19. Revenus de la communauté; 20. Charges 
de la communauté; 21. Comptes des collecteurs; 22. Biens et revenus 
des pauvres ; 23. Hôpitaux et enseignement public ; 24. Date du der¬ 
nier parcellaire, conservation des titres. 

Sur chacun de ces points, les communautés fournirent des réponses 
sobres et précises et dont la sincérité a pu souvent être contrôlée par 
l’éditeur d’après d’autres documents qu’il cite en notes. M. l’abbé 

1. Abbé Guillaume, Recueil des réponses faites par les communautés de 
l'élection de Gap au questionnaire envoyé par la Commission intermédiaire 
des États du Dauphiné (1908, in-8% xvn-609 |>.). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


151 


Guillaume a fait précéder le mémoire de chaque communauté d’une 
courte notice contenant l’identification de la localité, son altitude, sa 
superficie et le nombre des habitants au recensement de 1906. Autant 
de renseignements qui permettent d’établir des comparaisons entre 
l’état ancien et l’état actuel. S’il faut louer ici la conscience de l’édi¬ 
teur, nous sera-t-il permis d’exprimer un regret au sujet de sa discré¬ 
tion? Son introduction de dix-sept pages paraîtra bien brève; sans 
prétendre tracer un tableau détaillé de la situation économique du 
département en 1789, à cela il faudrait consacrer tout un volume, 
n’aurait-on pas pu reprendre en une vingtaine de pages chacun des 
articles du questionnaire pour indiquer sommairement les réponses 
qui y furent généralement faites. L’homogénéité des documents, infi¬ 
niment plus grande ici que dans les recueils de cahiers de doléances, 
rendait ce travail facile. 

Nous ignorons si les réponses des communautés des cinq autres 
élections du Dauphiné (Grenoble, Vienne, Romans, Valence, Monté- 
limar) se sont conservées, M. l’abbé Guillaume ne nous le dit pas, il 
serait à souhaiter, si elles sont accessibles, qu’elles fissent l’objet de 
volumes analogues à celui qui a été consacré à l’élection de Gap. Ces 
réponses, peut-être moins spontanées que les cahiers de beaucoup de 
paroisses, ont sur ceux-ci l’avantage d’avoir été préparées par des 
interrogateurs avisés, au courant des hommes et des choses de leur 
temps et soucieux du bien public. 

Délibérations municipales. — Les registres municipaux peuvent 
fournir à l’histoire économique une multitude de petits renseigne¬ 
ments dont le groupement finit par former un ensemble significatif. 
C’est ce qu’a voulu montrer M. Mourlot en explorant les registres 
municipaux du département de l’Orne pour en tirer des extraits con¬ 
cernant les impôts, les droits féodaux, les biens nationaux, les biens 
communaux, l’agriculture, les approvisionnements et subsistances, 
l’industrie, le commerce, les salaires, l’assistance. Ces extraits sont 
publiés suivant un ordre géographique, chacun d’eux est précédé d’in¬ 
dications sur les registres de la commune. M. Mourlot, ancien inspec¬ 
teur d’Académie de l’Aveyron, aujourd’hui dans l'Orne, s’est toujours 
employé de son mieux en faveur des archives municipales; il a fait, 
pour intéresser les instituteurs et les secrétaires de mairie à leur con¬ 
servation et à leur étude, des efforts dont on ne saurait trop lui savoir 
gré; il apporte dans l’introduction de son volume, pour défendre ces 
modestes dépôts contre les dilapidations des particuliers et l’indiffé¬ 
rence des autorités à tous les degrés de la hiérarchie administrative, 
une chaleur qu’on aimerait à retrouver chez tous ses collègues. Ceci 
dit, pour rendre pleine justice à M. Mourlot, on me permettra de 
regretter le caractère factice des extraits tirés à un point de vue spé¬ 
cial ries registres municipaux. Les faits qu’ils énoncent se présentent 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



152 


BIBLIOGRAPHIE. 


isolés de tous les événements locaux concomitants, qui les expliquent 
ou qui en sont résultés et dont ces mêmes registres portent la trace. 
Au point de vue général môme, ces extraits ne sauraient avoir toute 
leur signification que si M. Mourlot trouve de nombreux imitateurs et 
si la Commission leur accorde son patronage. M. Mourlot se réfère 
bien à une circulaire du 2 mars 1906, mais il ne semble pas que le 
texte en ait été publié dans le Bulletin de la Commission, et on 
aimerait à savoir dans quelle mesure et comment les extraits des 
registres municipaux se rattachent à un plan de travail arrêté d’avance. 

D’autres publications préconisées par la Commission me paraissent 
mieux cadrer avec un programme directeur préconçu. Tel le volume 
de notre confrère M. Bruchet qui est le développement particulier pour 
la Savoie du recueil général de MM. Sagnac et Caron sur l’abolition 
du régime féodal; tel le recueil sur l’industrie dans le département de 
Vaucluse, sur le commerce des céréales dans les districts de Chau- 
mont-en-Bassigny et de Versailles, développements particuliers des 
Procès-verbaux du comité de l’agriculture et du commerce, et des ins¬ 
tructions particulières indiquées plus haut. 

L’œuvre accomplie par la Commission en trois années est considé¬ 
rable. Les subsides ne lui ont pas été ménagés, les collaborations les 
plus zélées ne. lui ont pas non plus fait défaut, et parmi celles-ci il 
faut noter tout particulièrement le concours direct et indirect que lui 
ont prêté les archivistes des Archives nationales et départementales. 
En s’associant en si grand nombre aux travaux d’histoire économique 
de la Révolution, les anciens élèves de l’Ecole des chartes ont mon¬ 
tré, mieux encore que par des plaidoyers pro domo , que la méthode 
scientifique de l’École s'applique non moins bien à l’histoire des temps 
modernes qu’à celle du moyen âge. 

A. Vidier. 




LIVRES NOUVEAUX 

SOMMAIRE DES MATIÈRES. 

Généralités, 175, 276, 307, 407, 450. 

Sciences auxiliaires. — Paléographie, 18, 347, 413, 500. — 
Manuscrits, 9, 13, 51, 64, 88, 112, 141, 182, 225, 234, 242, 243, 255, 

257, 273, 292, 324, 380, 400, 436, 484, 520. — Imprimés, typogra¬ 
phie, 59, 91, 121, 142, 190, 259, 361, 395. — Bibliothèques, 68, 84, 

258, 374, 494. 

Sources, 192. — Chroniques, H, 53, 170, 187, 198, 240, 266, 360, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


153 


442, 485. — Correspondances, 385. — Inventaires d’archives, 2, 212, 
228, 238, 270, 294, 345, 365, 378, 473, 483. — Cartulaires, 58, 90, 95, 
127, 143, 152, 168, 180, 220, 231, 244, 298-300, 364, 376, 411, 446. — 
Chartes, 70, 114, 171, 441, 499. — Regestes, 393, 493, 501. — Inven¬ 
taires, 50. — Censiers, pouillés, etc., 295, 297, 367. 


Biographie, généalogie. — Architectes, 87 ; artistes, 178; saints, 
46, 348. — Angleterre, 87 ; Artois, 204; Savoie, 77, 181 ; Séville, 178. 
— A. Adam, 170; Albert I er , 399; Amédée VIII de Savoie, 136; s. Aqui- 
lin, 338; s. Arbogast, 387; J. d’Arc, 89, 144, 435, 459, 489; Avitus, 
72 ; s. Basile, 415 ; s u Bathilde, 103 ; Boccace, 236 ; s. Boniface, 521 ; 
Caxton, 514; s. Célestin, 19; Charles V de France, 104; Clément VII, 
48; Conrad II, empereur, 95; Dante, 512; Fournier, 36; s. François 
d’Assise, 79, 157, 233; b. François de Florence, 363; Frédéric I er de 
Bohême, 69; Frédéric Barberousse, 441 ; Frédéric II, empereur, 196; 
Gilles Le Breton, 448; b. Girard, 183; L. Giustiniani, 153; s. Gré¬ 
goire le Grand, 461; Gui Foucoi, 460; Henri II, empereur, 95; 
Henri II, roi d’Angleterre, 220; Jacques de Vitry, 167; Jean XXII, 
pape, 152; Jean d’Andine, 78; E. Leblanc, 342; M&reschal de Longe- 
ville, 356; Mathilde de Toscane, 133; Médicis, 472; D. Morone, 107 ; 
N. Oresme, 278; Pétrarque, 247; Philippe-Auguste, 310; Philippe le 
Bon, 323; s. Pierre Damien, 140; G. de Rais, 89; René II de Lor¬ 
raine, 322; Robert le Pieux, 171; Rodrigue de Villandrando, 78; 
Ruysbroeck, 122 ; P. Savelli, 388 ; Savonarole, 421 ; Sidoine Apolli¬ 
naire, 5; Sigismond d’Autriche, 215, 418; s. Thomas Becket, 210; 
Thun, 279; Van Eyck, 135; P. Vischer, |392; W. v. d. Vogelweide, 
422. 


Droit, 24, 76, 81, 83, 84, 96, 97, 104, 137, 139, 174, 182, 191, 255, 
267, 280, 283, 334, 377, 398, 412, 425, 455, 491, 497, 521. 

Institutions, 24, 31, 129, 148, 219, 250, 269, 290, 301, 446. 

Histoire économique, moeurs, 1, 6, 27, 71, 86, 94, 110, 146, 160, 
166, 172, 177, 186, 214, 217, 219, 229, 248, 250, 261, 310, 330, 331, 
350, 370, 381, 438, 443, 453, 479, 490, 509. 

Médecine, 117. 

Sciences, enseignement, 12, 22, 23, 33, 102, 108, 124, 140, 179, 
200, 311, 416, 466, 476, 492, 506. 

Géographie, 400, 515. 

Religions. — Judaïsme, 200. — Christianisme, 49, 246, 481 ; 
papauté, 4, 130, 482; conciles, 130, 482; ordres religieux, 8, 43, 79, 
275, 349, 433, 464, 470; Inquisition, 283; liturgie, 17, 35, 52, 75, 138, 
163, 451, 504; théologie, 126,169,179, 224,251, 328, 434, 510; lipsano- 
graphie, 478. — Hétérodoxie, 263, 268, 284, 318, 428, 481. — Maho¬ 
métisme, 355. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



154 


BIBLIOGRAPHIE. 


Langues et littératures, 239, 3%. — Grec, 474, 510. — Latin, 
52 , 93, 109, 126, 138, 248, 328, 358, 369, 434. — Langues romanes, 340; 
français, 30, 57, 169, 204, 253, 282, 314, 384, 391, 430, 468, 496; ita¬ 
lien, 7, 20, 25, 92, 99, 100, 156, 162, 184, 185, 249, 286, 335, 353, 358, 
379, 382, 385, 443 ; provençal, 50, 155, 319, 507 ; wallon, 29. — 
Langues germaniques : allemand, 56, 206, 207, 265, 361, 380, 408, 
447, 452, 518 ; anglais, 194, 227 ; gothique, 65 ; néerlandais, 486, 487. 

— Langues Scandinaves, 67. 150, 159, 208, 397, 402, 439. — Langues 
slaves, 292. — Copte, 510. 

Archéologie, 14, 15, 26, 32, 44, 47, 60, 63, 74, 75, 99, 101, 120, 
125, 132, 149, 188, 189, 205, 209, 226, 237, 252, 271,272, 289, 302, 312, 

320, 329, 336, 339, 359, 383, 389, 409, 410, 419, 423, 440, 465, 475, 477. 

480, 502, 503, 522. — Architecture, 10, 16, 87, 151, 161, 193, 195,235. 
241, 281, 285, 2%, 304, 325, 357, 373, 394, 444, 458. — Sculpture, 21, 

111, 118, 317, 332, 392, 456, 458, 498, 519. — Peinture, 13, 21, 38, 39, 

61, 64, 107, 131, 135, 141, 173, 176, 211, 216, 254, 262, 273, 308, 315, 
324, 352, 371, 386, 458, 463, 472, 484, 505. — Peinture sur verre, 287, 
306. — Art industriel, 154, 293, 313, 343, 390. — Mobilier, 98, 288. 

— Armes, 203. — Sépultures, 62, 176, 274, 513. — Campanographie, 
113. — Musique, 234 , 401, 454. — Numismatique, 116, 119, 123, 316. 
426, 471. — Sigillographie, 28, 431, 437. 

SOMMAIRE GÉOGRAPHIQUE. 

Abbeville, 118; Aberdeen, 8; Airaines, 321; Alfeld, 228; Alle¬ 
magne, 27, 97, 139, 176, 196, 216, 219, 267, 277, 293, 381, 425, 452, 
470, 505; Amiens, 125; Angleterre. 1, 94, 193, 370, 460, 464 , 509; 
Antoing, 117; Anvers, 111, 214, 424; Arabie, 91, 217; Arcole, 85; 
Arezzo, 149; Arras, 30; Asie, 66; Assise, 151,189; Athos (Mont-), 275; 
Autriche, 176, 316, 330, 331, 360, 416, 517 ; Bade, 437 ; Bâle, 231,287 ; 
Bautzen, 205; Bayeux, 300; Belgique. 74; Bénévent, 336 ; Berne, 199; 
Besançon, 478; Boehmisch-Brod, 383 ; Bohême, 86, 377, 432 ; Bologne, 
222, 522 ; Bonelles, 223; Boulogne, 460; Boves, 125; Brake, 32; Bran¬ 
debourg, 357; Breda, 256; Brede, 164; Breno, 389; Brescia, 477; 
Breslau, 33; Bretagne, 129; Brickwall, 164; Brie, 449; Bruges, 180, 
488; Bruxelles, 123; Butjadingen, 32; Byzance, 172; Calvisson, 50; 
Capriata d’Orba, 128; Casal-Montferrat, 168; Castelvetro, 403; Cas- 
tiglione-Fiorentino, 320; Challans, 274; Chalon, 296; Chartres, 332, 
337; Cilli, 202; Coire, 83; Cologne, 147, 148; Conty, 125; Corsley, 
110; Cortone, 320; Dalmatie, 241 ; Darlington, 305; Dijon, 171; Dom¬ 
rémy, 40; Dordrecht, 483; Douai, 104, 146; Drente, 502; Durham, 
457 ; Écosse, 47, 462 ; Einsiedeln, 405 ; Eisenacli, 455 ; Eppeville, 
54; Eppingen, 359; Eschenbach, 209; Espagne. 6; Essex, 113; Étalle. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


155 


290; Eupen, 270; Faenza, 339; Flandre, 48; Flensburg, 344; Flo¬ 
rence, 45, 63, 76, 115; Forli, H; Fossano, 299; France, 98, 220, 
310, 324 , 373; Fribourg, 437; Gahmen, 280; Gand, 237; Gênes, 38, 
79, 80, 438 ; Genève, 136 ; Gisors, 394 ; Glasgow, 102 ; Gôrlitz, 244, 
245; Gotha, 455; Goths, 240; Grande-Bretagne, 14, 15 ; Gronau, 378; 
Hainaut, 191 ; Halicz, 28 ; Halle, 334 ; Hanovre, 228, 378 ; Heimburg, 
55 ; Hersfeld, 354 ; Hollande, 323 ; Hoogstraten, 2 ; Inde, 492 ; Irlande, 
14, 15, 198; Isigny, 232; Italie, 154, 211, 254, 268, 443, 480; Itzehoe, 
213 ; Jever, 32 ; Jumièges, 325 ; Kinsberg, 429; Kleinzell, 264 ; Krems- 
mün8ter, 414; Laeme, 16; Lancashire, 368; Lausanne, 41; Lebus, 
252 ; Lesum, 229 ; Leyde, 345 ; Liège, 367 ; Lierre, 190 ; Ligurie, 38 ; 
Lille, 398; Limbourg, 266; Limousin, 291; Livonie, 446; Lobbes, 
375; Lombardie, 106, 201, 456; Londres, 479; Lorrach, 437; Lund, 
127 ; Lusace, 244 ; Lwow, 24 ; Lyon, 43, 77, 78 ; Magdebourg, 426 ; 
Maine, 322; Malines, 221, 260; Malmédy, 270; Marchélepot, 62; 
Marches, 315 ; Mayence, 493, 501 ; Mecklenburg, 516 ; Meiningen, 
503; Melk, 475; Menton, 411 ; Mesnil-Domqueur, 186; Mirepoix, 406; 
Monjoie, 270; Montecchio-Vesponi, 320; Moravie, 69, 86; Münden, 
309; Namur, 68; Naples, 374; Nassau, 445; Neuenburg, 287; Neu- 
markt, 226; Nice, 38; Nîmes, 341 ; Nortbiam, 164; Notre-Dame-de- 
Foy, 165; Nuremberg, 427, 508; Orthez, 31; Osimo, 298; Ostende, 
471; Palatinat, 303; Paris, 30, 218, 376; Pays-Bas, 362 , 502, 505; 
Pforte, 58 ; Pistoia, 297 ; Posen, 195; Pouille, 197 ; Provence, 38, 348 ; 
Prusse, 404; Rambouillet, 304; Randazzo, 120; Ravenne, 132; Rhé¬ 
nans (pays), 21,148, 270 ; Riga, 73 ; Rome, 302, 469,513 ; Roquebrune, 
411; Rothem, 212; Rufach, 506; Ruremonde, 333; Rüstringen, 32; 
Saint-André-les-Bruges, 485 ; Saint-Denis, 295 ; Saint-Germain-en- 
Laye, 230; Saint-Germain-des-Champs, 467; Saint-Mars-la-Jaille, 
34 ; Saint-Omer, 499 ; Saint-Paul-Trois-Chàteaux, 3 ; Saint-Philbert- 
de-Grandlieu, 281; Saint-Pol-de-Léon, 285; Saint-Valéry, 70; Sainte- 
Marie, 290; Salm-Salm, 2; Haute-Saône, 294; Sardaigne, 42, 158; 
Savoie, 136; Schalmey, 327 ; Schleiz, 420; Séville, 178; Sienne, 417 ; 
Silésie, 69, 86, 177 ; Sinsheim, 359 ; Slaves (pays), 372 ; Soissons, 
145 ; Solothurn, 287 ; Southwark, 465 ; Spilamberto, 317 ; Stettin, 289 ; 
Suèves, 240; Suisse, 10, 215, 287 ; Sussex, 351 ; Syracuse, 329; Syrie, 
192 ; Tamise, 495 ; Tiron, 449 ; Tivoli, 409 ; Tombelaine, 134 ; Tongres, 
364-366 ; Tortora, 90 ; Toscane, 26 ; Tours, 37 ; Tréport, 101 ; Trêves, 
261, 326, 419; la Turbie, 411; Turnov, 440; Tyrol, 453; Valcamo- 
nica, 389; Vandales, 240; Varel, 32; Venise, 80, 463; Vérone, 44, 
107; Vesoul, 346; Vicence, 61, 187 ; Vienne, 416; Villigen, 437; Vin- 
cennes, 161 ; Waltershausen, 455; Westbury, 82, 511 ; Westminster, 
60; Westphalie, 269; Westprignitz, 271; Wieslach, 359; Würtem- 
berg, 272; Xanten, 301; Yorkshire, 368; Zerbst, 393; Zurich, 105, 
143, 431. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



156 


BIBLIOGRAPHIE. 


1. Abram (A.). Social England in the xvth century : a study of the 
offects of économie conditionB. New York, Dutton, 1909. In-12, 
xv-244 p. 1 d. 

2. Adriaensen (Ed.). Inventaire des archives de S. A. I. le prince 
de Salm-Salm, duc de Hoogstraten, concernant principalement le 
duché de Hoogstraten, au château princier à Anhalt (Westphalie). 
Brecht, impr. L. Braeckmans, 1908. In-8°, 20 p. (Extrait de Oudheid 
en hunst.) 1 fr. 25. 

3. Albanès (J.-H.), Fillet (L.). Histoire des archevêchés, évêchés 
et abbayes de France, d’après les documents authentiques recueillis 
dans les registres du Vatican et les archives locales. Complétée, anno¬ 
tée et publiée par le chanoine Ulysse Chevalier. Saint-Paul-Trois- 
Châteaux (évêques, prévôts). Valence, impr. Arthaud, 1909. Gr. in-4° 
à 2 col., xi-746 col. (Gallia christiana novissima.) 

4. Album pontificale. Die Bildnisse der Pàpste nach den Papstme- 
daillen. Mit e. kurzen Papstgeschichte v. Jos. Cardinal Hergenrôther, 
rev. u. erganzt nach dem heut. Stande der Wissenschaft. Nebst e. 
Wappenrolle der Pàpste, gezeichnet u. erlâutert v. Hugo Gérard 
Stroehl. Gladbach, B. Kûhlen, 1909. In-fol., 99 u. 37 p. et fig. 36 m. 

5. Allard (Paul). Saint Sidoine Apollinaire (431-489). Paris, 
J. Gabalda et C'*, 1910. In-18 jésus, xu-213 p. (Les Saints.) 

6. Altamira y Crevea (Rafael). Ilistoria de Espana y de la civili- 
zaciôn espanola. T. I, 2 a ediciôn, corregida y aumentada. Barcelona, 
tip. de los herederos de Juan Gili, 1909. In-8°, 659 p., 128 pl. 6 p. 50. 

7. Ancona (Dom.). Avarizia, avari, prodighi nelle 3 cantiche. Bari, 
Cooperativa tipografica, 1909. In-8°, 43 p. 

8. Anderson (P. J.). Aberdeen Friars : red, black, white, grey. 
Preliminary calendar of illustrative documents. Aberdeen, Taylor and 
Herderson, 1909. In-8°, 157 p. 5 s. 

9. Anecdota from Irish manuscripts. Ed. by Cl. J. Bergin, R. I. 
Best, Kuno Meyer, J. G. O’Keeffe. Vol. III. Halle, M. Niemeyer, 1910. 
In-8°, III-77 p. 3 m. 60. 

10. Anheisser (Roland). Altschweizerische Baukunst. Neue Folge. 
Bern, A. Francke, 1910. In-fol., 54 p., 100 tableaux. 28 m. 

11. Annales forolivienses, a cura di Giuseppe Mazzatinti. (Rerum 
italicarum scriptores, da L. A. Muratori. Nuova edizione, con la 
direzione di Giosuè Carducci e Vittorio Fiorini, fasc. 72, tomo XXII, 
parte II, fasc. 2). Città di Castello, S. Lapi, 1909. In-4®, xx-113- 
230 p. 10 1. 

12. Anthiaume (A.), Sottas (J.). L’Astrolabe-quadrant du musée 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


157 


des antiquités de Rouen. Recherches sur les connaissances mathéma- 
tiques, astronomiques et nautiques au moyen âge. Paris, G. Thomas, 
1910. In-8°, 167 p., avec fig. et pl. 

13. Antike Bilder, aus rômischen Handschriften in phototypischer 
Reproduction. Einleitung und Beschreibung von Richard Engelmann. 
Lugd. Batav., A. W. Sijthoff, 1909. In-fol., iv-32 p. et 29 pl. 14 f. 40. 
(Codices graeci et latini photographiée depicti duce Scatone de Vries. 
Supplementum VII.) 

14. Armstrong (Walter). Art in Great Britain and Ireland. New 
York, Scribner, 1909. In-12, xvi-332 p. (Ars una species mille ; general 
history of art.) 1 d. 50. 

15. Armstrong (Walt.). Geschichte der Kunst in Grossbritanien u. 
Irland. Stuttgart, J. Hoffmann, 1909. In-8°, xvi-355 p., 600 fig., 4 pl. 
coloriées. 6 m. 

16. Artigbs (Jean-Baptiste). Le Manoir de Laerne, petite étude 
historique et descriptive illustrée. Aerechot, impr. Fr. Tuerlinckx- 
Boeyé, 1909. In-12, 51 p., grav. hors texte. 

17. Atchlby (E. Godfrey Cuthbert Frédéric). A history of the use 
of incense in divine worship. New York, Longmans, Green and Co., 
1910. In-4°, xxix-404 p. (Alcuin Club collections.) 17 d. 50. 

18. Atlante storico paleografico del duomo di Modena, a cura di 
Giulio Bertoni. Modena, P. Orlandini e figli, 1909. In-8°, xv-97 p. 
et fig. 

19. Ayscough (John). San Celestino, an essay in reconstruction. 
London, Smith, Elder and Co., 1909. In-8°, 338 p. 6 s. 

20. Bacci (Orazio). Indagini e problemi di storia letteraria italiana, 
con notizie e note bibliografiche. Livorno, R. Giusti, 1909. In-16, 
viii-172 p. 2 1. 

21. Back (Frdr.). Mittelrheinische Kunst. Beitrage zur Geschichte 
der Malerei u. Plastik im 14. u. 15. Jahrh. Frankfurt a. M., J. Baer, 
1910. Gr. in-8°, x-102 p., fig. et 68 pl. 40 m. 

22. Bacon (Liber primus Communium naturalium Fratris Rogeri) 
partes prima et secunda ; edidit Robert Steele. New York, Oxford Uni- 
versity Press, 1909. In-8°, vi-137 p. (Opéra hactenus inedita Rogeri 
Baconi, fasc. II.) 3 d. 40. 

23. Bacon (Metaphysica Fratris Rogeri) de viciis contractas in stu¬ 
dio théologie; edidit Robert Steele. New York, Oxford University 
Press, 1909. In-8°, vm-55 p. (Opéra hactenus inedita Rogeri Baconi, 
fasc. I.) 1 d. 75. 

24. Balzbr (Oswald). Sqdownictwo ormiadskie w éredniowiecznym 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



158 


BIBLIOGRAPHIE. 


Lwowie. [Le tribunal arménien de Lwôw au moyen &ge.] Lwôw, 
Tow. dla popierania nauki pol., 1909. In-8°, 187 p. (Studya nad his- 
torya prawa polskiego, IV, 1.) 4 k. 

25. Baratono (Adelchi). Dante e la visione di Dio (commento al 
caoto XXXIII del Paradiso). Mortara, tip. P. Botto, 1909. In-8°, 23 p. 

26. Bargellini (Santé). Etruria méridionale. Bergamo, Istituto ita- 
liano d’arti grafiche, 1909. In-8°, 148 p. et fig. (Collezione di mono- 
grafie illustrate, sérié I. Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, 
n° 48.) 4 1. 

27. Barthold (F. W.). Die Geschichte der deutschen Hanse. Nebst 
1 Karte des Hanse-Gekietes. Magdeburg, Deubach und Lindemann, 
1909. In-8°, 426 et 499 p. et fig. 10 m. 

28. BARWiriSKi (Bohdan). Pieczçcie ksiqz^t halicko-wlodzimierskich 
z pierwszej polowy xiv w. Uwagi krytyczne z powodu pracy A. Lappo 
Danilewskiego : Pieczati paslednich galiczskowladimirskich kniazej i 
icb sawietnikow. [Sceaux des princes de Halicz.] Cracovie, l'auteur, 
1909. In-8°, 22 p. (Extrait des Wiadomàsci numizmatyczno-archeo- 
logiczne, 1909.) 

29. Bastien (Joseph). Morphologie du parler de Faymonville 
(Weismes). Liège, impr. H. Vaillant-Carmanne, 1909. In-8°, 78 p. 
(Extrait du Bulletin de la Société liégeoise de littérature wal¬ 
lonne, t. LI.) 2 fr. 

30. Bataille (La) d’Enfer et de Paradis (Arras contre Paris), poème 
inédit du xm° siècle, publié par A. Guesnon. Nogent-le-Rotrou, 
impr. Daupeley-Gouverneur ; Paris, 1909. In-8°, 15 p. (Extrait du 
Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l’Ile-de-France, 
t. XXXVI, 1909.) 

31. Batcave (Louis). L'Administration municipale à Orthez avant 
1789. Pau, impr. Empérauger, 1909. In-8°, 32 p. (Extrait du Bulle¬ 
tin de la Société des sciences, lettres et arts de Pau, 2* série, 
t. XXXVI.) 

32. Bau- u. Kunstdenkmàler (Die) des Herzogt. Oldenburg. Bearb. 
im Auftrage des grossherzogl. Staatsministeriums. V. Heft : Die 
Aemter Brake, Butjadingen, Varel, Jever u. Rüstringen. Oldenburg, 
G. Stalling, 1909. Gr. in-8°, ix-321 p. et fig. 8 m. 

33. Bauch (Gust.). Geschichte des Breslauer Schulwesens vor der 
Reformation. Breslau, F. Hirt, 1909. In-fol., xn-313 p. (Codex diplo- 
maticus Silesiae, 25. Bd.) 9 m. 

34. Baudry (J.). Saint-Mars-la-Jaille et ses anciens seigneurs. 
Paris, H. Champion, 1909. In-8°, 133 p. (Extrait de la Revue de la 
Bretagne.) 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


159 


35. Baumstark (Ant.). Die konstantinopolitanische Messliturgie vor 
dem ix. Jahrh. Bonn, A. Marcus und E. Weber, 1909. In-8°, 16 p. 
(Kleine Texte (. theologische und philologische Vorlesungen und 
Uebungen, 35.) 0 m. 40. 

36. Bbllevüe (X. de). Généalogie de la maison Fournier actuel¬ 
lement représentée par les Fournier de Bellevüe. Rennes, impr. 
F. Simon, 1909. In-4°, 511 p., avec carte et armoiries. 

37. Benoist de la Grandière (L.). Abrégé chronologique et histo¬ 
rique de la mairie de Tours, publié par G. Collon. I. Tours, L. Péri- 
cat, 1908. Gr. in-8°, xxm-451 p. et sceaux. (Bulletin et Mémoires de 
la Société archéologique de Touraine. Mémoires. T. XLVII.) 

38. Bensa (Thomas). La Peinture en Basse-Provence, à Nice et eu 
Ligurie, depuis le commencement du XIV e siècle jusqu’au milieu du 
xvi e . Cannes, impr. Guiglion, 1909. Petit in-4°, vm-179 p., avec grav. 

39. Berenson (Bernard). A Sienese Painter of the Franciscan 
legend. London, Dent, 1909. In-8°, 86 p. et 111. 6 s. 

40. Bernardin (Léon), Philippe (André). Domrémy-la-Pucelle. 
Guide du visiteur à la maison et au pays de Jeanne d’Arc. Épinal, 
impr. Huguenin, 1909. In-16, 58 p., avec grav. 

41. Besson (Marius). Contribution à l’histoire du diocèse de Lau¬ 
sanne sous la domination franque, 534-888. Fribourg, Suisse, Frag- 
nière frères, 1908. In-8°, 207 p. et vignettes. 6 fr. 

42. Besta (Enr.). La Sardegna medioev&le : le istituzioni politiche, 
economiche, giuridiche, sociali. Palermo, A. Reber, 1909. In-8°, 
vii-322 p. 15 1. 

43. Beyssac (J.). Notes pour servir à l’histoire de l'église de Lyon. 
Les prieurs de Notre-Dame de Confort, Ordre des Frères Prêcheurs. 
Lyon, impr. Vitte, 1909. In-8°, 95 p. 

44. Biadego (Gius.). Verona. Bergamo, Istituto italiano d’arti gra- 
fiche, 1909. In-8°, 154 p. et fig. (Collezione di monografie illustrate, 
sérié I. Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, n° 45.) 4 1. 

45. Biagi (Guido). Men and manners of old Florence. Chicago, A. C. 
Mc Clurg, 1909. In-8°, vii-15-320 p., 49 ill. 3 d. 50. 

46. Bibliotheca hagiographica graeca, ediderunt socii Bollandiani. 
Editio altéra emendatior, accedit synopsis metaphrastica. Bruxelles, 
Société des bollandistes, 1909. In-8°, xv-299 p. 15 fr. 

47. Billings (R. W.). The Baronial and Ecclesiastical Antiquities 
of Scotland. Ed. by A. W. Wiston-Glynn. Vol. III-IV. London, 
Foulis, 1910. In-4°. 7 s. 6 d. le vol. 

48. Bliemetzrieder (F.). L’Appellation du clergé de Flandre contre 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



160 


BIBLIOGRAPHIE. 


les vexations de l’antipape Clément VII (1379). Louvain, bureaux des 
Analectes, 30, rue de Bruxelles, 1908. Petit in-8°, 16 p. (Extrait des 
Analectes pour servir à Vhistoire ecclésiastique de la Belgique, 
3* série, t. V.) 1 fr. 

49. Blibmetzriedbr (Frz.). Literarische Polemik zu Beginn des 
gros8en abendlàndischen Schismas. (Kardinal Petrus Flandrin, Kar- 
dinal Petrus Amelii, Konrad v. Gelnhausen.) Ungedruckte Texte u. 
Untersuchgn. Wien, F. Tempsky; Leipzig, G. Freytag, 1910. Gr. 
in-8°, xii- 98 et 146 p., 2 pl. (Publikationen des ôsterreichischen histo- 
rischen Instituts in Rom.) 10 m. 

50. Bugny-Bondurand. Inventaire d’un forgeron de Calvisson 
(Gard) (1442). Texte en langue d’oc. Paris, Impr. nationale, 1909. 
In-8°, 11 p. (Extrait du Bulletin historique et philologique, 1908.) 

51. Blochet (E.). Catalogue des manuscrits arabes, persans et 
turcs offerts à la Bibliothèque nationale par M. J.-A. Decourde- 
manche. Paris, E. Leroux, 1909. In*8°, 95 p. (Bibliothèque nationale.) 

52. Blume (Clem.). Die Hymnen des Thésaurus hymnologicus 
H. A. Daniels u. andere Hymnen-Ausgaben. (Thesaurii hymnologici 
hymnarium.) II or Teil : Die Hymnen des 12.-16. Jahrh. aus den àltesten 
Quellen neu hrsg. Leipzig, O. R. Reisland, 1909. In-8°, xxui-358 p. 
(Analecta hymnica medii aevi, LU.) 12 m. 

53. Bock (Reich.). Die Glaubwürdigkeit der Nachrichten Bonithos 
v. Sutri im Liber ad Amicum u. deren Verwertung in der neueren 
Geschichtschreibung. Berlin, E. Ebering, 1909. In-8°, 195 p. (Histo- 
rische Studien, 73. Heft.) 5 m. 

54. Bocquet (E.). Notice populaire sur le village d’Eppeville. Ilam, 
impr. Juniet-Rasse, 1909. In-8°, vii- 308 p. 

55. Bode. Die Heimburg am Ilarz u. ihr erstes Herrengeschlecht, 
die Herren v. Heimburg. Wernigerode. Quedlinburg, H. C. Huch, 
1909. Gr. in-8°, vii- 252 p. et 1 pl. (Forschungen zur Geschichte des 
Harzgebietes, I.) 4 m. 

56. Bode (Karl). Die Bearbeitung der Vorlagen in des Knaben 
Wunderhorn. Berlin, Mayer und Müller, 1909. In-8°, iv-807 p. (Palaes- 
tra, 76.) 20 m. 

57. Bodbl’s (Jean) Saxenlied. II. Tl. : Unter Beigabe der abweich. 
Redaktion der beiden Pariser Handschriften v. neuem hrsg. v. 
E. Stengel. Vorangeschickt ist e. Abhdlg. v. A. Heins : Ueber das 
Verhàltnis der Redaktion Tl. zur Redaktion A. R. im 1 Abschn. 
des 2. Tls. v. Jehan Bodels Sachsenlied. Marburg, N. G. Elwert, 
1909. In-8°, vii-xxxix et 187-368 p. (Ausgaben u. Abhandlungen aus 
dem Gebiete der romanischen Philologie.) 5 m. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


ICI 


58. Boehme (Paul). Urkundenbuch des KIosters Pforte (1351-1500). 
II. Tl., 1. Halbbd. Halle, O. Hendel, 1909. Io-8°, xn-368 p. (Geschichts- 
quellen der Prov. Sachsen u. der angrenzenden Gebiete, 34. Bd.) 9 m. 

59. Bohatta (Hanns). Bibliographie der Livres d’Heures (Horae B. 
V. M.), Officia, Hortuli animae, Coronae B. M. V., Rosaria u. Cursus 
B. M. V. des xv. u. xvi. Jahrh. Wien, Gilhofer und Remschburg, 
1909. In-8°, vu-77 p. 

60. Bond (Francis). Westminster Abbey; illustr. by 270 photo- 
graphs, plans, sections, sketches and measured drawings. New York, 
Oxford University press, 1909. In-8°, xvi-332 p. 4 d. 

61. Borenius (Tancred). The Painters of Vicenza, 1480-1550. Lon¬ 
don, Chatto, 1909. In-8°, 260 p. 7 s. 6 d. 

62. Boulanger (M.-C.). Le Cimetière franco-mérovingien et caro- 

0 

lingien de Marchélepot (Somme). Etude sur l’origine de l'art barbare. 
Paris, Impr. nationale, 1909. In-4°, vM88 p., avec 6g. et 40 pl. 

63. Bourgeois (Victor-H.). Impressions artistiques et archéolo¬ 
giques à Florence. Florence, B. Seeber, 1909. In-16, xi-288 p., ûg. 
3 1. 50. 


64. Bradley (J. W.). Uluminated manuscripts. Chicago, A. C. Mc 
Clurg, 1909. In-16, xiv-290 p. et 21 ill. (Little books on art; ed. by 
Cyril Davenport.) 1 d. 


65. Braunb (Wilh.). Gotische Grammatik m. einigen Lesestücken 
u. Wortverzeichnis. 7* Auflage. Halle, M. Niemeyer, 1909. In-8°, 
viii-178 p. (Sammlung kurzer Grammatiken germanischer Dialekte, 
I.) 2 m. 80. 


66. Bretschneidbr (E.). Mediæval researches. From eastern Asia- 
tic sources. London, K. Paul, 1910. 2 vol. in-8°, 346 et 362 p. 21 s. 

67. Brigitte (Sainte). Uppenbarelser. I urval och ôfversâttning. 
Med inledning, anmàrkningar och fôrklaringar af Richard StefTen. 
Stockholm, Norstedt, 1909. In-8°, xiii-336 p. 5 kr. 75. 

68. Brouwers (D. D.), Courtoy (F.). La Bibliothèque publique de 
Namur. Bruxelles, G. Van Oest, 1908. In-8°, 22 p. (Extrait de la 
Reime des bibliothèques et archives de Belgique, t. VI.) 2 fr. 

69. Bruchmann (Karl). Die Huldigungsfahrt Kùnig Friedrichs I. v. 
Bôhmen (des « Winderkônigs ») nach Màhren u. Schlesien. Breslau, 
F. Hirt, 1909. Gr. in-8®, vi-106 p. (Darstellungen u. Quellen zur 
schlesischen Geschichte, 9. Bd.) 2 m. 40. 

70. Brunel (Clovis). Les Actes faux de l’abbaye de Saint-Valéry. 
Paris, H. Champion, 1909. In-8°, 43 p. (Extrait du Moyen âge, 
2* série, t. XII, mars-avril, mai-juin 1909.) 

1910 11 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



162 


BIBLI0G1APBIE. 


71. Bûcher (Karl). Die Frauenfrage im Mittelalter. Tübingen, 
H. Laupp, 1910. In-8°, vii-92 p. 1 m. 50. 

72. Bugiani (Carlo). L’imperatore Avito, opéra postuma pubblicata 
a cura di F. Bugiani. Pistoia, fratelli Bracali, 1909. In-8°, 123 p. 3 1. 

73. Bulmerincq (A.). Kàmmerei-Hegister der Stadt Riga, 1348- 
1361 u. 1405*1474. Leipzig, Duncker und Humblot, 1909. Gr. in*8°, 
viii-336 p. (Die Kâmmerei-Register, 1. Bd.) 13 m. 

74. Bumpus (T. Francis). The Cathédrale and Churches of Belgium. 
London, T. W. Laurie, 1909. In-8°, 308 p. 6 s. 


75. Cabrol (Dom F.). Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de 
liturgie, avec le concours d’un grand nombre de collaborateurs. 
Fasc. 18 : Calliste (cimetière de)-Cantorbéry. Paris, Letouzey et Ané, 
1909. Gr. in-8° à 2 col., col. 1729 à 2016, avec grav., plans et 5 pl. 

76. Caggesb (Romolo). Statuti délia repubblica fiorentina, editi, a 
cura del Comune di Firenze. Vol. I (Statuto del capitano del popolo 
degli anni 1322*25). Firenze, tip. Galileiana, 1910. In-4°, xi-342 p. 12 1. 

k 

77. Caillet (Louis). Les Entrées des princes et des princesses de 
la maison de Savoie à Lyon au xiv« et au xv* siècle. Lyon, L. Brun, 
1909. In-8°, 64 p. 


78. Caillet (Louis). Nouveaux documents relatifs aux dépôts d’ar¬ 
gent de Rodrigue de Villandrando et de Jean d’Andine à Lyon. Paris, 
H. Champion, s. d. In-8°, 7 p. (Extrait du Moyen âge , 1909.) 


79. Cahbiaso (Dom). S. Francesco e il terz’ ordine in Genova : 
monografia storica. Genova, tip. délia Gioventù, 1909. In*16, vm-247 p. 
et pl. 

80. Cappellini (G.). Appunti di storia genovese e veneziana, 1350- 
1420. Bologna, tip. U. Berti, 1909. In-8°, 44 p. 


81. Carlylb (B. W. and A. J.). A History of mediæval political 
theory in the West. Vol. II. London, W. Blackwood, 1909. In-8°, 
294 p. 15 s. 

82. Carpentbr (John). The disagreement between the dean and 
chapter of Westbury and the vicar of Westbury, with terms of seule¬ 
ment in a. d. 1463; also Notes on the earliest efforts to found a 
bishopric for Bristol by H. J. Wilkins. London, Arrowsmith, 1909. 
In-8°. 0 s. 6 d. 


83. Casparis (H.). Der Bischof v. Chur als Grundherr im Mittelalter. 
Bern, Stâmpfli, 1910. Gr. in*8°, vm-172 p. (Abhandlungen zum schwei- 
zerischen Recht, 38. Heft.) 3 m. 20. 

84. Catalogus van de provinciale bibliotheek van Zeeland. IV. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 163 

Rechtsgeleerdheid. Middelburg, Van Benthem en Jutting, 1909. ln-8°, 
viii-601 p. 0 fr. 50. 

85. Centi (Aug.). Arcola nella cultura e nella storia. Livorno, tip. 
S. Belforte, 1909. In*8°, viii- 120 p. 

86. Chadt (Jan Evang.). Déjiny lovu a lovectvî (myslivosti) v Cechâch, 
na Moravé a ve Sleszku. [Histoire de la chasse en Bohême, Moravie 
et Silésie.] Laun, l'auteur, 1909. Or. in-8°, 416 p., 80 ill. 6 k. 50. 

87. Chancellor (E. Beresford). The Lives of the British architecte 
from William of Wykeham to Sir William Chambers. London, 
Duckworth, 1909. In-8°, 348 p. 7 s. 6 d. 

88. Chantilly. Le cabinet des livres. Manuscrits. T. I et II : Errata. 
Paris, Plon-Nourrit et C u , 1909. In-4° à 2 col., xxv-29 p. 

89. Charpentier (F.). Une page de l’histoire du xv« siècle. Jeanne 
d’Arc et Gilles de Rais. Vannes, impr. Lafolye frères, 1909. In-8°, 
23 p. (Extrait de la Revue du Bas-Poitou.) 

90. Chartarium (II) dertonense, ed altri document! del comune di 
Tortona, 934-1346 [pubblicati a cura di] Erwig Gabotto. Torino, tip. 
ditta G. Derossi, 1909. In-8°, xviii-367 p. (Biblioteca délia société sto- 
rica subalpins, diretta de Ferdinando Gabotto, XXXI : corpus charta- 
rum Italiae, XXII.) 

91. Chauvin (Victor). Bibliographie des ouvrages arabes ou relatifs 
aux Arabes publiés dans l’Europe chrétienne de 1810 à 1885. T. XI : 
Mahomet. Liège, H. Vaillant-Carmanne, 1909. In-8°, 255 p. 8 fr. 

92. Cibele (Fr.). Il paesaggio italico nella Divina Commedia. 
Vicenza, tip. fratelli Pastorio, 1909. In-8°, 30 p. 1 1. 

93. Cicchitblli (Vinc.). Sulle opéré in prosa di Marco Girolamo 
Vida. Napoli, Biblioteca degli studiosi, 1909. In-8°, vn-151 p. 2 1. 

94. Clay (Rotha M.). The Mediæval hospitals of England. London, 
Methuen, 1909. In-8°, 382 p. et ill. (The Antiquary's Books.) 7 s. 6 d. 

95. Conradi II. Diplomata. Die Urkunden der deutschen Kônige 
u. Kaiser. 4* r Bd. Die Urkunden Konrads II. Mit Nâchtragen zu dem 
Urkunden Heinrichs II. Hannover, Hahn, 1909. In-fol., xxvi-554 p. 
(Monuments Germanise historiés. Diplomatum regum et imperatorum 
Germanise, t. IV.) 25 m. 

96. Conrat (Max). Arbor iuris des früheren Mittelalters, m. eigenar- 
tiger Komputation. Berlin, G. Reimer, 1909. Gr. in-8°, 41 p., 

1 tableau. (Abh. d. kgl. preuss. Akad. d. Wiss.) 2 m. 

97. Constitutiones et acta publics imperatorum et regum. Tomi V, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



164 


BIBLIOGRAPHIE. 


pars I. H&nnover, Hahn, 1909. In-!ol., 1*460 p. (Monument* Germa- 
niae historica, Legum sectio IV.) 20 m. 

98. Cornu (P.). Le Mobilier en France du moyen âge au xix # siècle. 
Paris, G. Vitry, 1909. Petit in-8°, 20 p. (Enseignement par les projec¬ 
tions lumineuses.) 

99. Cossio (Aluigi). Art in Dante and his artistic préparation. Lon¬ 
don, Sherratt and H., 1909. In-8°, 64 p. 1 s. 6 d. 

100. Costanzo (Gius. Aurelio). Il fine più proprio délia Divina Corn- 
media. Roma, O. Garroni, 1909. In-16, 337 p. (Biblioteca classica 
popolare, n° 4.) 0 fr. 50. 

101. Coutan. L'Église du Tréport. Abbeville, impr. F. Paillart, 
1909. In-16, 46 p., avec grav. et plan. 

102. Coutts (James). A History of the University of Glasgow. 
From its foundation in 1451 to 1909. London, Maclehose, 1909. In-8°, 
628 p. 21 s. 

103. Couturier (M.-J.). Sainte Bathilde, reine des Francs. Histoire 
politique et religieuse. Paris, P. Téqui, 1909. Petit in-8°, x-371 p. 
3 fr. 50. 


104. Crapbt (Aristote). Un chapitre des rapports du pouvoir royal 
et des villes au temps de Charles V. Suppression et rétablissement de 
la commune de Douai. Nancy, impr. Berger-Levrault, 1909. In-8°, 
16 p. (Extrait des Annales de l’Est et du Nord.) 


105. Dândlikbr (Karl). Geschichte der Stadt u. des Kantons 
Zürich. 2. Bd. Stadt u. Landschaft als Gemeinwesen von 1400-1712. 
Machthôhe u. beginn. Niedergang des alten Zürich (m. 2 Plànen : Die 
Vogteien des Kantons Zürich vor 1798 u. : Befestigungs werke der 
Stadt im 17. Jahrh.). Zürich, Schulthess, 1910. Gr. in-8°, m-503 p. 
10 m. 


106. Dahn (Fel.). Die Kônige der Germanen. Das Wesen des àltes- 
ten Kônigthums der german. Stâmme u. seine Geschichte bis zur 
AuflOsg. des Karoling. Reiches. Nach den Quellen dargestellt. XII. 
Bd. Die Langobarden. Leipzig, Breitkopf und Hârtel, 1909.Gr. in-8°, 
x-271 p. 

107. Dal Gal (Le P. Nie.). Un pittore mistico del quattrocento : 
Domenico Morone di Verona e il suo capolavoro nel patrio chiostro 
francescano di S. Bernardino (1442-1517). 2* edizione. Roma, tip. isti- 
tuto Pio IX, 1909. In-8°, 34 p., fig. 

108. Daniels (Augustin). Quellenbeitrage und Untersuchungen zur 
Geschichte der Gottesbeweise im 13. Jahrh., m. besond. Berücksicht. 
des Arguments im Proslogion des hl. Anselm. Münster, Aschendorff, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 165 

1909. In-8°, Xii-168 p. (Beitrage zur Geschichte der Philosophie des 
Mittelalters, VIII, 1, 2.) 5 m. 50. 

109. Dante. Quæstio de aqua et terra. Edit, and trans. by Charles I. 
Shadwell, Clarendon Press Frowde, 1909. In-8°, 86 p. 4 s. 6 d. 

110. Davies (M. F.). Life in an English village, an économie and 
historical survey of the parish of Corsley, in Wiltshire. London, 
Unwin, 1909. In-8°, 336 p. 10 s. 6 d. 

111. De Bosschbre (Jean). La Sculpture anversoise aux xv* et 
xvi« siècles. Bruxelles, G. Van Oest, 1909. Petit in-8° carré, 194 p. et 
pl. (Collection des grands artistes des Pays-Bas.) 3 fr. 50. 

112. De Bruynb (Donatien). L’Évangéliaire du vin* siècle conservé 
à Maeseyck. Liège, D. Cormaux, 1908. In-8°, 8 p., 2 pl. (Extrait du 
Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège , 
t. XVII, 1908.) 

113. Dbedes (Cecil), Walters (H. B.). The Church bells of Essex, 
their founders, inscriptions, traditions, and uses. Printed for the 
authors, 1910. In-4°, 497 p., 111. 

114. De’ Grandi (Ant.). Brevi cenni su di un diploma del 10 marzo 
11%, xiv indizione. Catania, tip. G. d’Ambrosio, 1909. In-8°, 12 p. 

115. Dejob (Charles). Le Politicien à Florence au xiv e et au 
xv* siècle, ses moyens d’existence, ses procédés, ses périls et la ran¬ 
çon de ses défauts. Paris, A. Fontemoing, 1910. In-8°, 72 p. (Extrait 
du Bulletin italien de 1909 et 1910.) 

116. De Jonghe (Baudouin). Un sou d'or pseudo-impérial du v* ou 
du vi* siècle. Bruxelles, Goemaere, 1909. In-8°, 9 p. et fig. (Extrait de 
la Revue belge de numismatique.) 1 fr. 

117. Delattre (Pierre). Cas de lèpre à Antoing, mœurs médiévales. 
Nancy, impr. Berger-Levrault, s. d. In-8°, 10 p. 

118. Delignières (Émile). Les Sculptures des clefs de voûte de la 
nef de l'église de Saint-Vulfran à Abbeville. Paris, impr. Plon-Nourrit 
et C ie , 1909. In-8°, 16 p. et pl. 

119. Dbloche (Maximin). D’une pièce sigillaire de l’époque méro¬ 
vingienne. M&con, impr. Protat frères, 1909. In-8°, 81 p. 

120. De Roberto (F.). Randazzo e la valle dell’ Alcantara. Ber- 
gamo, Istituto italiano d’arti grafiche, 1909. In-8°, 130 p., fig. et pl. 
(Collezione di monografie illustrate, sérié I. Italia artistica, diretta da 
Corrado Ricci, n° 49.) 4 1. 

121. Deutsche (Der) Ptolemâus, aus dem Ende des xv. Jahrh. (um 
1490) im Fksm.-Druck. Hrsg. mit einer Einleitung v. Jos. Fischer, 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



166 


BIBLIOGRAPHIE. 


S. J. Strassburg, J. K. E. Hoitz, 1910. In-8°, 45-69 p., avec 2 pl. 
(Drucke u. Holzschnitte des xv. u. xvi. Jahrh. in getreuer Nachbil- 
dung, XIII.) 8 m. 

122. De Vreese (Willem). Jean de Ruysbroeck. Bruxelles, établis¬ 
sements Émile Bruylant, 1909. In-8° à 2 col., 45 p. (Extrait de la 
Biographie nationale, t. XX, 1909.) 

123. De Witte (Alphonse). Un jeton inédit des receveurs de 
Bruxelles pour l’année 1465. Bruxelles, J. Goemaere, 1909. In-8°, 5 p. 
et fig. 0 fr. 50. 

124. De Wulf (M.). History of médiéval pbilosophy. Trans. from 
thc 3rd. edit. London, Longmans, 1909. In-8°, 10 s. 

125. Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie. I : 
Arrondissement d’Amiens, cantons d’Amiens, Boves et Conty. Paris, 
Picard fils, 1909. In-8°, vi-441 p. et carte. (Société des antiquaires de 
Picardie. Fondation Ledieu.) 

126. Dionysii Cartusiani opéra omnia in unum corpus digesta ad 
fidem editionum coloniensium cura et labore monachorum sacri ordi- 
nis cartusiensis favente Pont. Max. Leone XIII. Tomus XXXVIII, 
Opéra minora, VI. Tournai, typis cartusiae sanctae Mariae de Pratis. 
In-4°, 681 p. à 2 col. et grav. 15 fr. 

127. Diplomatarium diocesis Lundensis. Lunds àrkestifts urkunds- 
hok utg. af Lauritz Weibull. T. IV, 1461-1485. Lund, Lindstedts 
bokh., 1910. In-8°, iv-475 p. 15 k. 

128. Documenti e notizie da servire alla storia di Capriata d’Orba, 
per Campora Bartolomeo. Vol. I (sino a tutto il secolo xm). Torino, 
tip. éditrice, 1909. In-8°, 270 p. 12 1. 

0 

129. Documents inédits relatifs aux Etats de Bretagne de 1491 à 
1589, publiés par le vicomte Ch. de La Lande de Calan. T. II. 
Rennes, Société des bibliophiles bretons et de l'histoire de Bretagne, 
1909. In-4°, 307 p. (Archives de Bretagne, t. XV.) 

130. Dolan (T. S.). The papacy and the first councils of the church. 
St. Louis, Mo., B. Ilenler, 1909. In-8°, xiv-189 p. 0 d. 75 c. 

131. Dürer Meisterbilder (1471-1528). 60 Reproduktionen nach Orig.- 
Aufnahmen die des Künstlers Werk am besten charakterisieren. Ber¬ 
lin, W. Woicher, 1909. In-8°, 66 p. (Weicher’s Kunstbücher.) 

132. DOtschke (Hans). Ravennatische Studien. Beitrâge zur Ge- 
schichte der spàten Antike. Leipzig, W. Engelmann, 1909. In-8°, 
x-287 p., 116 fig. 12 m. 

133. Duff (Nora). Matilda of Tuscany, la Gran Donna d’Italia. 
London, Methueu, 1909. In-8°, 334 p. 10 s. 6 d. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


167 

» 

134. Dupont (Etienne). Tombelaine. Une citadelle anglaise et ses 
bastilles en France pendant la guerre de Cent ans. Caen, L. Jouan, 
1909. In-8°, 25 p. 

135. Durand-Gréville (E.). Hubert et Jean Van Eyck. Bruxelles, 
G. Van Oest, 1910. In-4°, 191 p., pl. et portr. hors texte. 20 fr. 

136. Duval (César). La Réunion du comté de Genevois à la Savoie 
par Amédée VIII de Savoie (1401-1422). Mœurs féodales. Annecy, 
J. Abry, 1909. In-8°, 18 p. (Extrait de la Revue savoisienne, 
année 1909, fasc. 2 et 3.) 

137. Eggen (J. L.). Repertorium der werken, verhandelingen en 
bijdragen betreffende het belgische recht in het Nederlandsch versche- 
nen (1830-1905). Antwerpen, De nederlandsche boekhandel (drukkerij 
Ed. Verbeke en C°, te Brugge), 1909. In-8°, 38 p. à 2 col. 1 fr. 50. 

138. Egli (Johs.). Der Liber benedictionum Ekkeharts IV., nebst 
den kleinen Dichtungen aus dem Codex Sangallensis 393. S* Galien, 
Fehr, 1909. Gr. in-8°, viii-li-440 p. (Mitteilungen zur vaterlàndischen 
Geschichte, XXXI, 4. Folge.) 15 m. 

139. Eichmann (Eduard). Acht u. Bann im Reichsrecht des Mittel- 
alters. Paderbora, F. Schôningh, 1909. Gr. in-8°, xvi-159 p. (Gûrres- 
Gesellschaft zur Pilege der Wissenschaft im katholischen Deutschland. 
Sektion f. Rechts- u. Sozialwissenschaft, 6. Heft.) 4 m. 40. 

140. Endres (Jos. Ant.). Petrus Damiani u. die weltliche Wissen¬ 
schaft. Münster, Aschendorff, 1910. Gr. in-8°, 36 p. (Beitrâge zur 
Geschichte der Philosophie des Mittelalters, VIII. Bd.) 1 m. 

141. Engelmann (R.). Antike Bilder aus rômischen Handschriften 
in phototypischer Reproduction. Leiden, A. W. Sijthoff, 1909. In-fol., 
xxxi p. et 29 pl. (Codices graeci et latini photographiée depicti, Sup- 
plementum VII.) 24 m. 

142. Ernst (K.). Die Wiegendrucke des Kestner-Muséums zu Han- 
nover. Leipzig, R. Haupt, 1909. In-8°, vii-104 p. 5 m. 

143. Escher (J.), Schwbizbr (P.). Urkundenbuch der Stadt u. 
Landschaft Zûrich. VIII. Bd. 1. Hàlfte. Zürich, Beer, 1909. 200 p. 
6 m. 25. 

144. Esmein (A.). Encore un historien de Jeanne d’Arc. Nogent-le- 
Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur ; Paris, 1909. In-8°, 28 p. (Extrait 
de la Revue historique , t. Cil, année 1909.) 

145. Espinas (Georges). La Commune de Soissons et son origine, 
d’après un livre récent. Paris, H. Champion, s. d. In-8°, 40 p. 

146. Espinas (Georges). Essai sur la technique de l’industrie textile 
à Douai aux xin® et xiv* siècles (1229*1403). Nogent-le-Rotrou, impr. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



168 


BIBLIOGRAPHIE. 


Daupeley-Gouverneur; Paris, 1909. In-8°, 83 p. (Extrait des Mémoires 
de la Société nationale des antiquaires de France, t. LXVIII.) 

147. Fabricius (Wilh.). Die beiden Karten der kirchlichen Organi- 
satiooen, 1450 u. 1610. 1. Hàlfte. Die kdln. Kirchen provins. Bonn, 
Behrendt, 1909. Gr. in-8°, xxxn-441 p. (Publikationen der Gesell- 
schaft f. rheinische Geschicbtskunde. XII. Erlàuterungen zum ge- 
schichtl. Atlas der Rheinprovinz, 5. Bd., 1. Hàlfte.) 12 m. 

148. Fabricius (W.). Kirchliche Organisation im Bereich der heu- 
tigen Rheinprovinz am Ende des Mittelalters um das J. 1450. Bonn, 
Behrendt, 1909. Carte in-fol. (Publikationen der Gesellschaft f. rhei¬ 
nische Geschicbtskunde, XII. Geschichtlicher Atlas der Rheinprovinz. 
Karte.) 4 m. 50. 

149. Falciai (M.). Arezzo : la sua storia e i suoi monumenti. 
Firenze, F. Lumachi, 1910. In-16, 172 p., fig. et pl. (La Toscana 
illustrata, III.) 2 1. 50. 

150. Falk (H. S.), Torp (Alf.). Norwegisch-dànisches etymolo- 
gisches Wôrterbuch. Mit Unteretützg. der Verff. fortgeführte deutsche 
Bearbeitg. v. Herm. Davidsen. 14. Lfg. Heidelberg, C. Winter, 1909. 
In-8°, 1041-1120 p. (Germanische Bibliothek, I. Abtlg., IV. Reihe, 
I. Bd.) 1 m. 50. 

151. Fausti (Lu.). Frate Filippo da Campello o frate Giovanni da 
Penna? a proposito dell’ architetto délia basilica superiore di san 
Francesco in Assisi. Spoleto, tip dell' Umbria, 1909. In-8°, 23 p. 

152. Fayen (Arnold). Lettres de Jean XXII (1316-1334). Textes et 
analyses. T. II, l r ® partie : 1325-1330. Bruxelles, A. Dewit, 1909. 
In-8°, p. 1 à 448. (Analecta vaticano-belgica publiées par l'Institut his¬ 
torique belge de Rome, vol. III, 1 M partie.) 5 fr. 

153. Fenigstein (Berth.). Leonardo Giustiniani (1383?-1446), vene- 
tianischer Staatsmann, Humanist u. Vulgàrdichter. Halle, M. Nie- 
meyer, 1909. In-8°, vii-150 p. 4 m. 

154. Ferrari (Giulio). Il Ferro nell’ arte italiana : cento tavole, 
riproduzioni in gran parte inédite di 169 soggetti del medio evo, del 
rinascimento, del periodo barocco e neo-classico, raccolte e ordinate, 
con testo esplicativo. Milano, U. Hoepli, 1909. In-4°, 221 p. et fig. 

155. Festa (G.-B.). Le Manuscrit provençal de la bibliothèque Bar- 
berini (XLV, 29). Toulouse, E. Privât, 1909. In-8°, 22 p. (Extrait des 
Annales du Midi , t. XXI, 1909.) 

156. Festa (G. B.). Un galateo femminile italiano del trecento (11 
reggimento e costumi di donna di Francesco da Barberino). Bari, 
G. Laterza e figli, 1910. ln-8°, xi-241 p. 3 1. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


169 


157. Fierens (A.). La Question franciscaine. Vita sancti Francisci 
anonyma Bruxellensis, d’après le manuscrit II, 2326 de la Bibliothèque 
royale de Belgique. Louvain, impr. Ch. Peeters, 1909. In-8°, 122 p. 
(Extrait de la Revue d’histoire ecclésiastique, t. VIII, IX et X.) 

158. Filia (Damiano). La Sardegna cristiana : storia délia chiesa. 
Vol. I : Dalle origini al secolo xi. Sassari, tip. U. Satta, 1909. In-8°, 
vii-153 p. 2 1. 50. 

159. Fischer (Frank). Die Lehnwôrter des Altwestnordischen. 
Berlin, Mayer und Müller, 1909. Or. in-8°, vii- 233 p. (Palaestra.) 6 m. 50. 

160. Foerstl (Joh. Nep.). Das Almosen. Eine Untersuchg. üb. die 
Grund8àtze der Armenfürsorge in Mittelalter u. Gegenwart. Pader- 
born, F. Schôningh, 1909. In-8°, iv-156 p. 3 m. 40. 

161. Fossa (F. de). Le Château historique de Vincennes à travers 
les âges. T. II. Monographie des divers bâtiments du château : don¬ 
jon, pavillon du roi et de la reine, enceinte, tours, Sainte-Chapelle. 
Paris, H. Daragon, 1909. In-4®, 444 p., 120 grav., pl. et dessins. 

162. Francesco (S.) d’Assisi. I cantici volgari (a cura dell’) avv. 
Carlo Del Santo. Napoli, tip. F. Sangiovanni e figlio, 1909. In-16, 77 p. 

163. Franz (Adph.). Die kirchlichen Benediktionen im Mittelalter. 
Freiburg i. B., Herder, 1909. In-8°, xxxviii-646 et vii-764 p. 30 m. 

164. Frewen (A. L.). A history of Brickwall in Sussex and of the 
Parishes of Northiam and Brede. London, G. Allen, 1909. In-8°, ill. 
7 s. 6 d. 

165. Fries (Félix). Histoire de Notre-Dame-de-Foy (près Dinant). 
Namur, Aug. Godenne, 1909. In-8°, xvii-294 p. et grav. 3 fr. 50. 

166. Fuchs (Eduard). Illustrierte Sittengeschichte vom Mittelalter 
bis zur Gegenwart. Renaissance. Erzgànzgsbd. München, A. Langen, 
1909. Gr. in-8°, ix-336 p., 257 fig. et 30 annexes. 25 m. 

167. Funk (Philipp). Jakob v. Vitry. Leben u. Werke. Leipzig, 
B. G. Teubner, 1909. In-8°, vi-188 p. (Beitrâge zur Kulturgeschichte 
des Mittelalters u. der Renaissance.) 5 m. 

168. Gabotto (F.), Fisso (U.). Le carte dell’ archivio capitolare di 
Casale Monferrato fino al 1313. II. Torino, tip. P. Celanza, 1908. 
In-8°, 328 p. (Biblioteca délia societâ storica subalpina, XLI. Corpus 
chartarum Italiae, 29.) 

169. Gabrielson (Arvid). Le Sermon de Guischart de Beaulieu. 
Édition critique. Uppsala, Akad. bokh., 1909. In-8°, lxviii-71 p. 
(Skrifter utg. af k. humanistiska vetenskapssamfundet i Uppsala, 
XII, 5.) 2 kr. 75. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



170 


BIBLIOGRAPHIE. 


170. Gass (J.). Der elsâssische Historiker A. Adam. Eine bio-biblio- 
graph. Skizze. Strassburg, Strassburger Druckerei u. Verlangsanstall, 
1909. Gr. in-8°, 139 p., fig. 2 m. 50. 

171. Gautier (Pierre). Étude but un diplôme de Robert le Pieux 
pour l’abbaye de Saint-Bénigne de Dijon. Paris, H. Champion, 1909. 
In-8°, 63 p., avec 1 croquis et fac-similé hors texte. (Extrait du 
Moyen âge, 2* série, t. XIII, juillet-août 1909.) 

172. Gelzbr (Heinr.). Byzantinische Kulturgeschichte. Tübingen, 
J. C. B. Mohr, 1909. In-8°, vn-128 p. 3 m. 


173. Gemâlde alter berühmter Meister im herzogl. Muséum zu 
Braunschweig in farbigen Reproduktionen. Wolfenbüttel, J. Zwissler, 
1909. In-fol., 10 pl. 10 m. 


174. Génestal (R.). Le Procès sur l’état de clerc aux xm* et 
xiv» siècles. Avec un rapport sommaire sur les conférences de l'exer¬ 
cice 1908-1909 et le programme des conférences pour l’exercice 1909- 
1910. Paris, Impr. nationale, 1909. In-8°, 74 p. (École pratique des 
hautes études, section des sciences religieuses.) 

175. George (H. B.). Historical evidence. London, Frowde, 1909. 
In-8°, 224 p. 3 s. 


176. Gerlach (Mart.). Alte Grabmalkunst. 52 Lichtdr.-Taf. Eine 
Sammlg. künstler., charakterist. Grabmàler Deutschlands u. Oester- 
reichs aus der Zeit Anfang des 15. bis Anfang des 19. Jahrh. Photo- 
graphische Naturaufnahmen. Mit e. Vorwort v. Biblioth. Jos. Dern- 
jac. Wien, Gerlach und Wiedling, 1909. In-fol., v p. 36 m. 


177. Gerstmann (B. E. Hugo). Beitrage zur Kulturgeschichte 
Sclilesiens, 14.-20. Jahrh. Leipzig, Selbstverlag, 1909. Gr. in-8°, 
xi-298 p. 20 m. 

178. Gbstoso y Pérez (José). Ensayo de un diccionario de los arti¬ 
fices que florecieron en Sevilla desde el siglo xm al xviii inclusive. 
T. III : Apendices à los tomos I y II. Sevilla, Oficina de la « Anda- 
lucia Moderna «, 1909. In-4°, vm-464 p., 320 facs. 10 p. 50. 

179. Geybr (Bemh.). Die Sententiae Divinitatis, e. Sentenzenbuch 
der Gilbertschen Schule. Aus den Handschriften zum 1. Male hrsg. u. 
historisch untersucht. Münster, AschendorfT, 1909. In-8°, vi-62 et 
208 p. (Beitrage zur Geschichte der Philosophie des Mittelalters, 
VII. Bd., 2. et 3. Heft.) 8 m. 75. 

180. Gilliodts van Sbveren (L.). Cartulaire de l’ancien grand 
tonlieu de Bruges faisant suite au Cartulaire de l’ancienne estaple. 
Bruges, impr. L. de Plancke, 1909. Gr. in-8°, iv-520 p. (Recueil de 
chroniques, chartes et autres documents concernant l’histoire et les 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


171 


antiquités de la Flandre. Recueil de documents concernant le com¬ 
merce intérieur et maritime, les relations internationales et l’histoire 
économique de cette ville. T. VI, année 1909.) 

181. Giovannini (Gemma). Le donne di casa Savoia, dalle origini 
délia famiglia fino ai nostri giorni. 2* edizione. Milano, L. F. Cogliati, 

1909. In-8°, viii- 456 p., portr. et fig. 3 1. 

182. Girard (P.*F.). Le Manuscrit Charpin du Code théodosien. 
Paris, L. Larose et L. Tenin, s. d. Petit in-8°, p. 493 à 506. (Nouvelle 
Revue historique de droit français et étranger.) 

183. Giraud (F.). Le Bienheureux Girard, fondateur et premier 
grand maitre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (Ordre de 
Malte). Étude historique et hagiologique, suivie de documents origi¬ 
naux et inédits. Aix, V. Legras, 1909. In-8°, 160 p. et 4 pl. 

184. Girolamo (Il trecentista fra) da Siena agostiniano e le sue 
rime inédite. Testo di lingua (a cura del) p. David A. Perini. Roma, 
tlp. istituto Pio IX, 1909. In-16, 48 p. (Per il giuhileo sacerdotale del 
p. Giuseppe Maria Quintarelli.) 

185. Gnaccarini (Giulio). Indice delle antiche rime volgari a stampa 
che fanno parte délia biblioteca Carducci. Vol. I. Bologna, Roma- 
gnoli Dali’ Acqua (Mareggiani), 1909. In-8°, lxvi-354 p. (Collezione di 
opéré inédite o rare dei primi tre secoli délia lingua, pubblicata per 
cura délia r. commissione pe’ testi di lingua nelle provincie dell’ Emi- 
lia.) 12 1. 

186. Godet (Marcel). Le Matreloge de l’église du Mesnil-Dom- 
queur, précédé d’une étude sur les biens et l’administration d’une 
paroisse rurale en Ponthieu à la fin du moyen âge. Abbeville, impr. 
F. Paillait, 1909. In-8°, 35 p., 1 fac-similé hors texte. (Extrait du 
Bulletin de la Société d’émulation d’Abbeville , année 1909, 
n°* 1 et 2.) 

187. Godi (Cronaca di Antonio), vicentino, dall’ anno MCXCIV 
ail’ anno MCC LX, a cura di Giovanni Soranzo. Seguono tre elenchi 
di famiglie vicentine. Città di Castello, casa ed. S. Lapi, 1909. In-4°, 
xxvm-51 p. (Rerum italicarum scriptores, da L. A. Muratori. Nuova 
edizione, con la direzione di Giosué Carducci e Vittorio Fiorini, 
fasc. 71, tomo VIII, parte II.) 10 1. 

188. Goeler v. Ravensburg (F. F.). Grundriss der Kunstge- 
schichte. 3. Aufl. Unter Mitwirkg v. Fachgenossen neu bearb. von 
Max Schmid. 1. Hàlfte : Altertum u. Mittelalter. Berlin, C. Duncker, 

1910. In-8°, n-288 p. tab. 4 m. 

189. Goff (Rob.). Assisi of St. Francis; togetherwith the influence 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



172 


BIBLIOGRAPHIE. 


of the Franciscan legend on Italian art, by J. Kerr Lawson; il. with 
60 full page il., nearly ail in color, from water color and sépia draw- 
ings raade for this book by Col. R. Goff, and by reproductions of 
paintings of the old masters. New York, Dodd, Mead and Co., 1909. 
In-8°. 6 d. 

190. Goffin (Théodore). Recherches sur les origines de l’imprime¬ 
rie à Lierre. Bruxelles, G. Van Oest, 1909. In-8°, 124 p. (Extrait 
de la Revue des bibliothèques et archives de Belgique, 1907, 1908 
et 1909.) 

191. Goldhardt (Otto). Die Gerichtsbarkeit in den Dôrfern des 
mittelalterlichen Hennegaues. Leipzig, Quelle und Meyer, 1909. Gr. 
in-8°, vi-62 p. (Leipziger historische Abhandlungen, 14. Heft.) 1 m. 80. 

192. Gorgonio (Artemio). Le font! geografiche dell’ Itinerarium 
Syriae di Francesco Petrarca. Castel S. Giovanni, tip. G. Amici, 
1908. In-8°, 27 p. 

193. Gotch (J. Alfred). The Growth of the English house : a short 
history of its architectural development from 1100 to 1800. London, 
Batsford, 1909. In-8°, 344 p. 7 s. 6 d. 

194. Gould (S. Baring-). Family Names and their story. London, 
Seeley, 1909. In-8°, 432 p. 7 s. 6 d. 

195. Graef (Paul). Die wichtigsten Baudenkmàler derProv. Posen. 
42 Lichtdr.-Taf. nach photograph. Aufnahmen. Mit e. Vorwort des 
Hrsg. u. erlàuternd. Text v. L. Kaemmerer. Berlin, Verlag der Blàt- 
ter f. Architektur, 1909. In-fol., vi-24 p. et fig. 24 m. 

196. Graefb (Frdr.). Die Publizistik in der letzten Epoche Kaiser 
Friedrichs II. Ein Beitrag zur Geschichte der J. 1239-1250. Heidel¬ 
berg, C. Winter, 1909. In-8°, vn-275 p. (Heidelberger Abhandlungen 
zur mittleren u. neueren Geschichte.) 7 m. 20 

197. Gravina (Dominicus de). Cronicon de rebus in Apulia gestis. 
Fasc. 3 (fine). Città di Castello, casa ed. S. Lapi, 1909. In-4°, 
p. 161-240. (Rerum italicarum scriptores, da L. A. Muratori. Nuova 
edizione, con la direzione di Giosué Carducci e Vittorio Fiorini, 
fasc. 70, tomo XII, parte III, fasc. 3.) 10 1. 

198. Green (Alice Stopford). The Making of Ireland and its undoing, 
1200-1600. London, Macmillan, 1909. In-8°, 598 p. 10 s. 

199. Grosse-Duperon (A.). Le Prieuré de Berne. Étude historique. 
Mayenne, impr. Poirier frères, 1909. In-8°, 83 p., avec grav. 

200. Grünfeld (Arnold). Die Lehre vom gôttlicben Willen bei den 
jüdischen Religionsphilosophen des Mittelalters von Saadja bis Mai- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


173 


muni.. Mün8ter, Aschendorff, 1909. In-8°, vii- 80 p. (Beitrage zur 
Geschichte der Philosophie des Mittelalters. VII. Bd., 6. Heft.) 2 m. 75. 

201. Guasco (Fr.). Dizion&rio feudale degli antichi Stati sardi e 
délia Lombardia dall’ epoca carolingia ai nostri tempi, 774-1909. 
Vol. I. Pinerolo, tip. già Chiantore-Mascarelli, 1909. In-8°, xv-328 p. 
(Biblioteca délia società storica subalpina, diretta da Ferdinando 
Gabotto, LIV.) 

202. Guba (A.). Geschichte der Stadt Gilli vom Ursprung bis auf 
die Gegenwart. Graz, U. Moser, 1909. In-8°, vm-481 p., plan et fig. 
6 m. 40. 

203. GOnther (Rhold.). Allgemeine Geschichte der Handfeuerwaf- 
fen. Eine Uebersicht ihrer Entwickelg. Leipzig, J. A. Barth, 1909. 
In-8°, xi-132 p., 123 fig., 4 tableaux. (Wissen u. Kônnen, 16.) 4 m. 

204. Gubsnon (A.). Publications nouvelles sur les trouvères arté¬ 
siens. Notices biographiques, textes et commentaires. Poésie lyrique. 
I : Jean de Neuville; II : Perrin d’Angicourt; III : Jean de Renti; 
IV : Oede de la Couroierie; V : Cardon de Croisilles. Paris, H. Cham¬ 
pion, 1909. In-8°, 31 p. (Extrait du Moyen âge, 2* série, t. XIII, 
mars-avril 1909.) 

205. Gurlitt (Cornel.). Bautzen (Stadt). Dresden, C. C. Meinhold 
und Sôhne, 1909. Gr. in-8°, vi-371 p., fig., 8 tableaux. (Beschreibende 
Darstellung der àlteren Bau-u. Kunstdenkmâler des Kônigr. Sachsen, 
33. Heft.) 20 m. 

206. Habel (Edwin). Der deutsche Cornutus. II. Tl. : Der Novus 
Comutus des Otto v. Lüneburg in den deutschen Uebersetzgn. des 
Mittelalters zum ersten Male hrsg. Berlin, Mayer und Müller, 1909. 
In-8°, 51 p. 1 m. 20. 

207. Habermann (Paul). Die Metrik derkleineren althochdeutschen 
Reimgedichte. Halle, M. Niemeyer, 1909. In-8°, vm-194 p. 7 m. 

208. Hægstad (Marius), Torp (Alf.). Gammalnorsk ordbok med 
nynorsk tyding. Tillægshefte. I : Det norske maalet fyre 1350 ved 
Marius Hægstad ; II : Gammalnorsk ordavleiding ved Alf. Torp. Kris- 
tiana, Samlaget, 1909. In-8°, viii- 564 p. et lxxi p. 11 kr. 

209. Hager (G.). Bez.-Amt Eschenbach. München, R. Oldenbourg, 
1909. Gr. in-8°, v-172 p., tableau, fig., 1 carte. (Die Kunstdenkmâler 
des Kônigr. Bayern, 2. Bd., XI. Heft.) 7 m. 

9 

210. Halphen (Louis). Les Biographes de Thomas Becket. Nogent- 
le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur, 1909. In-8°, H p. (Extrait de 
la Revue historique, t. Cil, 1909.) 

211. Hamann (Rich.). Die Frûhrenaissance der italienischen Male- 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



174 


BIBLIOGRAPHIE. 


rei. 200 Nachbildgn. m. geschichtl. Einführg. u. Erlâutergn. Jena, 
E. Diederichs, 1909. Gr. in-8°, 280 p. (Die Kunst in Bildem.) 4 m. 50. 

212. Hansay (A.). Les Archives de l’abbaye de Rothem aux archives 
de l’État à Hasselt. Bruxelles, G. Van Oest, 1908. In-8°, 9 p. (Extrait 
du t. VI, fasc. 1, de la Revue des bibliothèques et archives de Bel • 
gique.) 

213. Hansen (Reimer). Geschichte der Stadt Itzehoe. Itzehoe, Tb. 
Brodersen, 1910. Gr. in-8°, ix-268 p., fig., 16 pl., 2 cartes, 1 plan. 4 m. 

214. Hasse (Georges). La Pêche dans la région d’Anvers de la 
période robenhausienne au moyen âge. Communication faite à la 
Société d’anthropologie de Bruxelles dans la séance du 27 janvier 

1908. Bruxelles, Hayez, 1909. In-8®, 15 p., fig. et xn pl. (Extrait du 
Bulletin de la Société d’anthropologie de Bruxelles , t. XXVII.) 

215. Hegi (Frdr.). Die geàchteten Rate des Erzherzogs Sigmund v. 
Oe8terreich u. ihre Beziehungen zur Schweiz, 1487-1499. Beitrâge zur 
Geschichte der Lostrennung der Schweiz vom Deutschen Reiche. 
Innsbruck, Wagner, 1910. Gr. in-8°, xxi-668 p., 1 pl. généalogique, 
2 pl. et fig. 22 m. 

216. Heidrich (Ernst). Die altdeutsche Malerei. 200 Nachbildgn m. 
geschichtl. Einführg u. Erlâutergn. Jena, E. Diederichs, 1909. Gr. 
in-8°, 276 p., carte. (Die Kunst in Bildern.) 4 m. 50. 

217. Hell (Jos.). Die Kultur der Araber. Leipzig, Quelle und Meyer, 

1909. In-8°, 144 p., fig. et 2 pl. (Wissenschaft u. Bildung, 64.) 1 m. 

218. Hénard (Robert). La Rue Saint-Honoré, des origines à la 
Révolution. 2* édition. Paris, Émile-Paul, 1908. Petit in-8°, xxm- 
557 p. et plans. 5 fr. 

219. Hennig (Ernst). Die pàpstlichen Zehnten aus Deutschland im 
Zeitalter des avignonesischen Papsttums u. wâhrend des grossen 
Schismas. Ein Beitrag zur Finanzgeschichte des spàteren Mittelalters. 
Halle, M. Niemeyer, 1909, xu-91 p. 2 m. 80. 

220. Henri II (Recueil des actes de), roi d’Angleterre et duc de 
Normandie, concernant les provinces françaises et les affaires de 
France, publié, sous la direction de M. d’Arbois de Jubainville, par 
M. Léopold Delisle. Introduction. Paris, Klincksieck, 1909. In-4°, 
574 p. (Chartes et diplômes relatifs à l’histoire de France publiés par 
les soins de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.) 

221. Hermans (Victor). Le Magistrat de Malines. Listes annuelles 
des membres (xiii®-xviii® siècle). Malines, L. et A. Godenne, 1909. 
In-8°, 168 p. (Extrait du Bulletin du Cercle archéologique , litté¬ 
raire et artistique de Malines , t. XVIII-XIX, 1908-1909.) 4 fr. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


175 


222. Hessel (Alfr.). Oeschichte der Stadt Bologna von 1116-1280. 
Berlin, E. Ebering, 1910. Gr. in-8°, xvi-541 p. et 1 carte. (Historische 
Studien, 76. Heft.) 14 m. 50. 

223. Hiard (M.). Histoire de Bonelles (Seine-Inférieure). Chapitre u : 

9 _ _ _ 

l’Eglise. Le Cimetière. La Paroisse. La Fabrique. Le Presbytère. 
Sotteville-lès-Rouen, impr. Lecourt, 1909. In-8°, p. 21 à 50. 

224. Hildbgardb. Scivias ou les trois livres des visions et révéla- 

9 

tions de l’édition princeps, Henri Etienne, 1513. Traduit littéralement 
du latin en français par le traducteur de la Vie de la même sainte et 
des Œuvres complètes de Rusbrocb. Livre I. Paris, R. Chamonal, 
1909. In-16, xix-348 p. et portr. 2 fr. 50. 

225. Historical Manuscripts Commission. Mss. of Miss M. Eyre 
Matcham, Captain H. V. Knox Cornwallis Wykebam-Martin, Esq. 
and C. London, Wyman, 1909. 2 s. 3 d. 

226. Hofmann (Frdr.), Mader (Fel.). Stadt u. Bez.-Amt Neumarkt. 
München, R. Oldenburg, 1909. Gr. in-8°, vi-314 p., 216 fig., 13 pl. t 
1 carte. (Die Kunstdenkmàler des Kônigr. Bayern, XVII. Heft.) 11 m. 

227. Holzhausen (F.). Beowulf nebst den kleineren Denkmàlern 
der Heldensage. Mit Einleitg., Glossar u. Anmerkgn. 2. Tl. : Einlei- 
tung, Glossar u. Anmerkgn. Heidelberg, Cari Winter, 1909. In-8°, 
xxxi-176 p., 2 pl. (Alt- u. mittelenglische Texte, 3. Bd.) 2 m. 80. 

228. Hoogkweg (H.). Inventare der nichtstaatlichen Archive der 
Prov. Hannover, 1. Kreis Alfeld. Hannover, Hahn, 1909. In-8°, 
vi-73 p. (Forschungen zur Geschichte Niedersachsens, II. Bd., 
3. Heft.) 2 m. 50. 

229. Hoops (Heinr.). Geschichte der Borde Lesum. Bremen, G. Win¬ 
ter, 1909. In-8°, viii- 344 p. et pl. 4 m. 

230. Houdard (Georges). Les Ch&teaux royaux de Saint-Germain- 
en-Laye, 1124-1789. Étude historique d’après les documents inédits 
recueillis aux Archives nationales et à la Bibliothèque nationale. 
T. I, 1" partie : le Château des Capétiens, 1124-1364; 2* partie : le 
Château des Valois, 1364-1539. Saint-Germain-en-Laye, impr. Mir- 
vault, 1909. In-4°, xvi-176 p. (Les Archives du Pincerais. Bibliothèque 
historique de Saint-Germain-en-Laye et de sa région, 1™ série, t. I.) 

231. Hubbr (Aug.). Urkundenbuch der Stadt Basel. Hrsg. v. der 
histor. u. antiquar. Gesellschaft zu Basel, 11. Bd. Basel, Helbingund 
Lichtenhahn, 1910. Gr. in-8°, vi-472 p. 32 m. 

232. Huet (L.). Histoire civile, religieuse et commerciale d’Isigny 
(Calvados). Isigny, Renouf, 1909. In-8°, vm-336 p., avec grav., plans 
et armoiries. 5 fr. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



176 


BIBLIOGEAFHIB. 


233. Hugenholtz Jr. (P. H.). Frans van Assis!. Een karakterbeeld. 
Amsterdam, Van Holkemaen Warendorf, 1909. In-8°, iv-83 p. 0 fr. 90. 

234. Hughes (A.). British Muséum, Catalogue of Mss. music. 
Vol. III : Instrumental music treatises. London, Frowde, 1909. 
In-8°. 21 s. 

235. Humann (Geo.). Zur Geschichte der karolingischen Baukunst. 
Strassburg, J. K. E. Heitz, 1909. Gr. in-8°, 57 p., 34 fig. (Studien zur 
deutschen Kunstgeschichte, 120. Heft.) 4 m. 50. 

236. Hutton (Edward). Giovanni Boccaccio, a biographical study. 
London, Lane, 1909. In-8°, 454 p. 16 s. 

237. Inventaire archéologique de Gand. Catalogue descriptif et 
illustré des monuments, œuvres d’art et documents antérieurs à 1830, 
publié pour la Société d’histoire et d’archéologie de Gand. Fasc. XLV 
à XLIX. Gand, impr. N. Heins, 1908-1909. In-8°. 3 fr. 50 le fasc. 

238. Inventar des allgemeinen Archivs des Ministeriums des 
Innern. Bearb. v. den Beamten dieses Archivs im Auftrage des k. k. 
Ministeriums des Innern. Wien (Hof- u. Staatsdruckerei), 1909. In-8°, 
95 p. (Inventare ôsterreichischer staatlicher Archive, I.) 2 m. 

239. Isblin (Ludw. Emil). Der morgenlândische Ursprung der Gral- 
legende. Halle, M. Niemeyer, 1909. In-8°, iv-135 p. 3 m. 60. 

240. Isidor’s Geschichte der Goten, Vandalen, Sueven. Nebst 
Auszügen aus der Kirchengeschichte des Beda Venerabilis. Uebers. 
v. D. Coste. Leipzig, Dyk, 1910. In-8 # , xi*60 p. (Geschichtschreiber 
der deutschen Vorzeit in deutscher Bearbeitung, 10. Bd.) 3 m. 

241. Ivekovio (C. M.). Die Entwickelung der mittelalterlichen 
Baukunst in Dalmatien. Wien, A. Schroll, 1910. In-fol., 22 p., fig. et 
28 tableaux. 8 m. 60. 

242. Jame 9 (Montague R.). A descriptive catalogue of the manu- 
scripts in the library of Corpus Christi College, Cambridge. Part I, 
n°* 1-100. Cambridge, Univ. Press, 1909. In-8°, 204 p. 7 s. 6 d. 

243. James (Montague R.). A descriptive catalogue of the manu- 
scripts in the College Library of Magdalene College, Cambridge. 
Cambridge, Univ. Press, 1909. In-8°, 71 p. 5 s. 

244. Jecht (Rie h.). Codex diplomaticus Lusatiae superioris III, 
enth. die âltesten Gôrlitzer Ratsrechmungen bis 1419. 5. Heft. 
Gorlitz, H. Tzschaschel, 1909. In-8°, 665-786 p. 3 m. 60. 

245. Jecht (R.). Quellen zur Geschichte der Stadt Gorlitz bis 1600. 
Gorlitz, R. Worbs, 1909. Gr. in-8°, vii-248 p. 3 m. 

246. Jennings (Arthur C.). The Mediæval Church and the Papacy. 
London, Methuen, 1909. In-8°, 294 p. 2 s. 6 d. 


r 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 177 

247. Jerrold (M&ud F.). Francesco Petrarca, poet and humanist. 
New York, Dutton, 1909. In-8°, xn-352 p. 4 d. 

248. Joannis Saresberibnsis, episcopi Carnotensis, Policratici 
sive de nugis curialium et vestigiis philosophorum libri VIII; 
recognovit Clemens C. I. Webb. Oxford University Press, Amer. 
Branch, 1909. In-8°, xlix-588 p. et vm-510 p. H d. 

249. Jones (Florence Nightingale). Boccaccio and his imitators in 
German, English, French, Spanish, and Italian literature : « The 
Decameron. » Chicago, University of Chicago press, 1910. In-8°, 
iv-49 p. 50 c. 

250. Jordan (E.). De mercatorihus camerae apostolicae saeculo xm. 
Thesim proponebat facultati litterarum Universitatis pari sien sis. 
Rennes, impr. Oberthur, 1909. In-8°, 187 p. 

251. Jugie. Histoire du canon de l’Ancien Testament dans l’Église 
grecque et l’Église russe. Paris, G. Beauchesne, 1909. In-16, 144 p. 
(Études de théologie orientale, I.) 

252. Jung (Wilh.), Solger (Frdr.), Spatz (Willy). Die Kunstdenk- 
màler des Kreises Lebus. Unter der Schriftleitg. von Thdr. Goecke 
bearb. Berlin, Voss, 1909. Gr. in-8°, vii-xlvii-325 p. (Die Kunstdenk- 
maler der Prov. Brandenburg.) 20 m. 

253. Junker (Heinr.). Grundriss der Geschichte der franzôsischen 
Literatur von ihren Anfàngen bis zur Gegenwart. Munster, H. Schü- 
ningh, 1909. In-8°, xxm-608 p. (Sammlung v. Kompendien f. das 
Studium u. die Praxis, Sérié I.) 5 m. 20. 

254. Justi (Ludw.). Die italienische Malerei des xv. Jahrh. Berlin, 
Fischer und Franke, 1909. Gr. in-8°, 46-60 p., 16 tableaux. (Geschichte 
der Kunst, II. Bd.) 1 m. 

255. Justinianus (Augustus). Digestorum seu Pandectarum codex 
florentinus, olim pisanus, phototypice expressus. A cura délia Com- 
missione ministeriale per la riproduzione delle Pandette. Vol. II, 
fasc. 7-8. Roma, Danesi, 1908-1909. In-fol., 39 facs. 

256. Juten (G. C. A.). De collegiale kerk van O. L. V. te Breda. 
Leuven, bureel der Analectes, 30, Brusselsche straat, 1909. In-8°, 
42 p. (Extrait des Analectes pour servir à l’histoire ecclésiastique 
de la Belgique , 3 de reeks, V, 1909.) 2 fr. 

257. Katalog der deutschen Handschriften der k. k. off. u. Univer- 
sitàtsbibliothek zu Prag. Prag, J. G. Calve, 1909. Gr. in-8°, 155 p. 
(I. Tl. Die Handschriften bis etwa z. J. 1550.) 4 m. 

258. Katalog der grossherzogl. badischen Hof- u. Landesbibliothek 
1910 12 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



178 


BIBLIOGRAPHIE. 


in Karlsruhe. IV. Abtlg. Fachübereichten 1886*1907. Geschichte u. 
ihre Hilfswissenschaften. Karlsruhe, F. Gutsch, 1910. Gr. in-8°, 
viii-102 p. 0 m. 50. 

259. Katalog der schweizerischen Landesbibliothek in Bern. Alpha- 
betisches Verzeichnis der bis 1900 erschienenen Druckschriften. Cata¬ 
logue de la bibliothèque nationale suisse à Berne. Abtlg. A : Ge¬ 
schichte, Géographie u. Landeskunde. Bern, A. Francke, 1910. 
Gr. in-8°, xvi-841 et 910 p. 8 m. 

260. Kempbnber. Les Aliénations de Malines au xiv* siècle (1300- 
1357). Malines, L. et A. Godenne, 1909. In-8°, 16 p. (Extrait du Bul¬ 
letin du Cercle archéologique, littéraire et artistique de Malines , 
t. XIX, 1909.) 1 fr. 50. 

261. Kentenich. Aub dem Leben e. Trierer Patrizierin. Ein Beitrag 
zur Kunst- u. Wirtschaftsgeschichte der Stadt Trier im 15. Jahrh. 
Trier, F. Lintz, 1909. In-8°, vnt-73 p., 8 fig. 1 m. 50. 

262. Keppel (F.). Christmas in art; the Nativity as depicted by 
artists of the 15th and 16th centuries. New York, Duflield, 1909. 
In-8°, xi-158 p. 2 d. 50. 

263. Ketzerphilo8ophie des Mittelalters. Das Buch genannt « De tri¬ 
bus impostoribus » 1598. Uebers. m. e. Nachwort u. Anmerkgn. ver* 
sehen von Gregor v. Glasenapp. Riga, Jonck und Poliewsky, 1909. 
In-8°, 58 p. 1 m. 20. 

264. Kjssling (Benedict). Topographie u. Geschichte Kleinzells am 
Hallbach (Niederôsterreich). Wien, H. Kirsch, 1909. In-8°, xm-306 p. 
et 6g. 6 m. 

265. Kluge (Frdr.). Etymologisches Wôrterbuch der deutschen 
Sprache. 3. (Schluss-) Lfg. Strassburg, K. J. Trübner, 1910. Gr. in-8°, 
xvi et 289-519 p. 4 m. 

266. Knbtsch (Cari). Des Johs. Mechtel Limburger Chronik. Wies- 
baden, J. F. Bergmann, 1909. Gr. in-8°, xxvi-254 p., 1 pl. (Verôffent- 
lichungen der historischen Kommission i. Nassau, VI.) 10 m. 

267. Koeniger (Alb. Mich.). Quellen zur Geschichte der Sendge- 
richte in Deutschland. Mit Unterstützg. der Savignystiftg. hrsg. Mün¬ 
chen, J. J. Lentner, 1910. Gr. in-8°, xvi-331 p. 7 m. 60. 

268. Konstantin-Hansen (Thora). Valdeserne i Italien i Fortid og 
Nutid. Med 22 kort og billeder. Ved Udvalget for Folkeophysnings 
Fremme. (Folkelæsning Nr. 287). Kôbenhavn, Gad, 1909. In-8°, 112 p. 
1 kr. 15. 

269. Korte (Jos.). Das westfàlische Marschallamt. Münster, Uni- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 179 

versitàtsbuchh. F. Coppenrath, 1909. In-8°, vn-114 p. (Münstersche 
Beitràge zur Geschichtsforschung. XXI.) 2 m. 40. 

270. Krudewig (Jobs.). Uebersicht üb. den Inhalt der kleineren 
Archive der Rheinproviaz. Die Kreise Eupen, Monjoie u. Malmedy. 
Kôln, J. und W. Boisserée, 1909. In-8°, il et 185-315 p. (Annalen des 
bistorischen Vereins f. den Niederrhein insbesondere die alte Erzdiü- 
zese Kôln. Beihefte IX., III. Bd., 3** Heft.) 3 m. 60. 

271. Kunstdenkmàler (Die) des Kreises Westprignitz. Unter der 
Schriftleitg. des Thdr. Goecke bearb. v. Paul Eichholz, Frdr. Solger, 
Willy Spatz. Berlin, Vossische Buchh., 1909. Gr. in-8°, lxxxix- 
369 p., 4 cartes, 357 fîg. 20 m. (Die Kunstdenkmàler der Prov. Bran¬ 
denburg, I. Bd., 1. Tl.) 

272. Kunst- u. Altertums-Denkmale (Die) im Kônigr. Württemberg. 
Erganzungs-Atlas. 25. u. 26. Lfg. (59. u. 60. Lfg. des Gesamtwerkes). 
Esslingen, P. Neff, 1909. In-fol., 10 pl. Chaque fasc. 1 m. 60. 

273. Laborde (A. de). Les Manuscrits à peintures de la Cité de 
Dieu de saint Augustin. Paris, Rahir, 1909. 3 vol. in-fol., t. I, 
xix-308 p.; t. II, p. 309 à 534; t. III, 138 pl. 

274. La Croix (C. de). Une dalle mérovingienne trouvée à Chal- 
lans (Vendée). Poitiers, impr. Blais et Roy, 1909. In-8°, 11 p., avec 
fig. (Extraitdes Bulletins de la Société des antiquaires de l’Ouest, 
3* série, t. I, 1909.) 

275. Lakb (Kirsopp). The early days of monasticism on Mount 
Athos. New York, Oxford University Press, 1910. In-8°, 117 p. 
2 d. 90. 

276. La Martinibre (J. de). A propos de préhistoire. Le plaidoyer 
pour la préhistoire de M. Camille Jullian. Le plaidoyer pour la pré¬ 
histoire en Charente de M. G. Chauvet. L’idée de société et de patrie 
au moyen âge. La préhistoire et « l'ancienne conception des pre- 
mières civilisations ». La préhistoire et les « destins de l’humanité ». 
La méthode de la préhistoire et de l'histoire. Angouléme, impr. 
G. Chasseignac, 1909. In-8°, 19 p. 

277. Lamprecht (Karl). Deutsche Geschichte (Neue Aufl.). Der 
ganzen Reihe II. Bd. 1. Abtlg. : Urzeit u. Mittelalter. Zeitalter des 
symbol. typ. u. konventionellen Seelenlebens. 2. Bd. 4. durchgeseh. 
Aufl. Berlin, Weidmann, 1909. Gr. in-8°, xvii-4U p. 6 m. 

278. Landry (Adolphe). Notes critiques sur le « Nicole Oresme » 
de M. Bridrey. Paris, H. Champion, 1909. In-8°, 36 p. (Extrait du 
Moyen âge, 2" série, t. XIII, mai-juin 1909.) 

279. Langer (Edm.). Mittelalterliche Hausgeschichte der edlen 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



180 


BIBLIOGRAPHIE. 


Familie Thun. VI. Heft : Jakob II. u. seine Familie. Ergànzt u. 
hrsg. v. Rud. Rich. Mit Beilagen CXII-CXXV. Wien, C. Gerold’s 
Sohn, 1909. Gr. in-8°, viii-101 p. et 281-358 p. 5 m. 

280. Lappe (Jos.). Das Recht des Hofes zu Gahmen. Zur Geschichte 
der Hofverfassg. des Mittelalters. Dortmund, F. W. Ruhfus, 1910. 
Gr. in-8°, xii- 81 p. 2 m. 80. 

281. Lasteyrie (R. de). L’Église de Saint-Philbert-de-Grandlieu 
(Loire-Inférieure). Paris, C. Klincksieck, 1909. In-4°, 82 p., avec fig. 
et pl. (Extrait des Mémoires de l'Académie des inscriptions et 
belles-lettres, t. XXXVIII, 2* partie.) 

282. Lavergne (Géraud). Le Parler bourbonnais aux xm e et 
xiv e siècles. Étude philologique de textes inédits. Paris, Champion, 
1909. In-8° carré, 184 p. 5 fr. 

283. Lea (Henry Charles). Geschichte der Inquisition im Mittelal- 
ter. Autoris. Uebersetzung bearb. v. Heinz. Wieck u. Max Rachel 
rev. u. hrsg. v. Jos. Hansen. 2. Bd. Die Inquisition in den verschie- 
denen christl. Lândern. Bonn, C. Georgi, 1909.Gr. in-8°, x-666 p. 10 m. 

_r 

284. Lebon (Joseph). Le Monophysisme sévérien. Etude historique, 
littéraire et théologique sur la résistance monophysite au concile de 
Chalcédoine jusqu’à la constitution de l'Église jacobite. Louvain, 
J. Van Linthout, 1909. In-8°, xxxvi-551-24 p. (Universitas catholica 
Lovaniensis. Dissertationes ad gradum doctoris in facultate theolo- 
gica consequendum conscriptæ, sériés II, tomus quartus.) 7 fr. 50. 

285. Lécureux (Lucien-Th.). Saint-Pol-de-Léon. La cathédrale. Le 
kreisker. Paris. H. Laurens, s. d. In-16, 96 p., 38 grav., 2 plans. 
(Petites monographies des grands édifices de la France publiées sous 
la direction de M. E. Lefèvre-Pontalis.) 

286. Lee (A. C.). The Decameron, ils sources and analogues. 
London, Nutt, 1909. In-8°, 380 p. 12 s. 6 d. 

287. Lehmann (Hans). Zur Geschichte der Glasmalerei in der 
Schweiz. II. Tl. : Die monumentale Glasmalerei im 15. Jahrh., 
2. Hàlfte, II. Abschn. : Solothurn, das Gebiet des Bischofs v. Basel 
u. die Grafsch. Neuenburg. Zürich, Beer, 1910. Gr. in-8°, p. 317-359, 
fig., 12 pl. (Mitteilungen der antiquarischen Gesellschaft (kantonale 
Gesellschaft f. Geschichte u. Altertumskunde) in Zürich, XXVI. Bd., 
7. Heft.) 4 m. 

288. Leixner (Othm.). Einführung in die Geschichte des Mobiliars 
u. die Mobelstile. Leipzig, K. Grethlein, 1909. In-8°, vm-196 p., 
190 fig. 2 m. 80. 

289. Lemcke (Hugo). Die Bau- u. Kunstdenkmàler des Reg.-Bez. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


181 


Stettin. 14. Heft. I. Abtlg. : Das kônigl. Schloss in Stettin. Stettin, 
L. Saunier, 1909. Gr. in-8°, 128 p. et fig. (Bau- u. Kunstdenkmàlor 
der Prov. Pommern, II. Tl., 14. Heft, I. Abtlg.) 8 m. 

290. Lenoir (N.-J.). Histoire de la prévôté d’Étalle et de la seigneu¬ 
rie de Sainte-Marie. Namur, impr. V. Delvaux, 1909. In-8°, 167 p. et 
1 carte hors texte. 2 fr. 

291. Leroux (Alfred). Géographie historique du Limousin (Creuse, 
Haute-Vienne, Corrèze) depuis les origines jusqu'à nos jours. 
Limoges, Ducourtieux et Goût, 1909. In-8°, p. 303 à 429. (Extrait du 
Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 
t. LVIII.) 

292. Leskien (A.). Zur Kritik des altkirchenslawischen Codex 
Suprasliensis. Leipzig, B. G. Teubner, 1909. Gr. in-8°, 23 p. (Abhand- 
lungen der kônigl. sàchsischen Gesellschaft der Wissenschaften. 
Philologisch- histor. Klasse, 27. Bd., Nr. XIII.) 1 m. 

293. Lessing (J.), Creutz (Max). Wandteppiche u. Decken des 
Mittelalters in Deutschland. 4. Lfg. Berlin, E. Wasmuth, 1909. In-fol., 
10 pl. 20 m. 

294. Letonnelier (G.). Rapport sur le service des archives départe¬ 
mentales (Haute-Saône). Annecy, impr. J. Dépollier, 1909. In-8°, 8 p. 

295. Levillain (L.). Un état de redevances dues à la mense con¬ 
ventuelle de Saint-Denis (832). Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley- 
Gouverneur; Paris, 1909. In-8°, 14 pl., avec tableau. (Extrait du 
Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de- 
France, t. XXXVI, 1909.) 

2%. Lex (Léonce). La Chapelle des Gendrets dans l’église cathé¬ 
drale Saint-Vincent de Chalon (1499-1778). Paris, impr. Plon-Nourrit 
et C u , 1909. In-8°, H p. et 1 grav. 

297. Liber (II) censuum del comune di Pistoia, regesti di documenti 
inediti sulla storia délia Toscana nei secoli xi-xiv, per cura del dott. 
Quinto Santoli. Fasc. 3 (ultimo del testo). Pistoia, tip. Sinibaldiana, 
1909. In-8°, p. 401-527. (Pubblicazioni délia società pistoiese di storia 
patria, fonti storiche pistoiesi, I.) 

298. Libro (II) rosso del comune di Osimo (documenti dei secoli xn- 
xiii), pubblicato da Luigi Colini-Baldeschi. Maccrata, tip. F. Gior- 
getti, 1909. In-8°, xxv-143 p. 

299. Libro (II) verde del comune di Fossano, ed altri documenti fos- 
sanesi, 984-1314 (a cura di) Giuseppe Salsotto. Pinerolo, tip. già 
Chiantore-Ma8carelli, 1909. In-8°, xiv-266 p. (Biblioteca délia società 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



182 


BIBLIOGRAPHIE. 


storica subalpins, diretta da Ferdinando Gabotto, XXXIII : corpus 
chartarum Italiae, XXVI.) 

300. Livre (Le) rouge de l’évêché de Bayeux, manuscrit du xv* siècle. 
Publié pour la première fois, avec introduction et tables, par E. Anque- 
til. I. Bayeux, impr. Tuebœuf, 1908*1909. In-8°, xxxiv p. et p. 257 à 
408. (Aux frais de la Société des sciences, arts et belles-lettres.) 

301. Lôhr (J.). Die Verwaltung des kôlnischen Grossarchidiako- 
nates Xanten am Ausgange des Mittelalters. Stuttgart, F. Enke, 1909. 
In-8°, xvi-292 p. (Kirchenrechtliche Abhandlungen, 59.-60. Heft.) 
10 m. 60. 

302. Lohninger (Jos.). S. Maria dell’ Anima. Die deutsche Natio- 
nalkirche in Rom. Bau- u. kunstgeschichtl. Mitteilgn. aus dem Archiv 
der Anima. Rom (Regensburg, F. Pustet), 1909. Gr. in-8°, xxxiv- 
167 p. f avec fig., 2 pl. 4 m. 

303. Lommer (Fr. X.). Die bôhmischen Lehen in der Oberpfalz. 
Amberg, F. Pustet, 1909. In-8°, n-174 p. 2 m. 

304. Longnon (Henri). Le Ch&teau de Rambouillet. Paris, H. Lau- 
rens, s. d. In-16, 108 p., 35 grav., 2 plans. (Petites monographies des 
grands édifices de la France, publiées sous la direction de M. E. 
Lefèvre-Pontalis.) 

305. Longstaffb (N. H. D.). The History and Antiquities of the 
Parish of Darlington. London, K. Paul, 1909. In-8°. 15 s. 

306. Lorin (Ch.). Les Vitraux du moyen âge. Les vitraux de la 
Renaissance. Chartres, à l’hôtel de la Société archéologique, 16, rue 
Saint-Pierre, 1909. In-8°, 32 p. (Extrait du Cinquantenaire de la 
Société archéologique d’Eure-et-Loir.) 

307. Lot (Ferdinand). Mélanges carolingiens. V-IX. Paris, Cham¬ 
pion, 1908. In-8°, 69 p. (Extrait du Moyen âge, 2 e série, t. XII, juil¬ 
let-août, septembre-octobre 1908.) 

308. Lotto, Meisterbilder (1480-1556). Eine Auswahl v. 60 Repro- 
duktionen nach Photographien der Orig.-Aufnahmen, die am besten 
des Künstlers Lebenswerk charakterisieren. Berlin, W. Weicher, 
1909. In-16, 66 p. 0 m. 80. 

309. Lotze (Wilh.). Geschichte der Stadt Münden nebst Umgegend 
m. besond. Hervorhebung der Begebenheiten des 30jâhrigen u. 
7 jâhrigen Krieges. 2. Aufl. Münden, R. Werther, 1909. In-8°, 
xv-358 p. 6 m. 

310. Luchaire (Achille). La Société française au temps de Phi¬ 
lippe-Auguste. Paris, Hachette, 1909. In-8°, m-465 p. 10 fr. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


183 


311. Lucid&rius. En Folkebog fra Middelalderen. Med Indledning 
og Oplysninger ved Johannes Knudsen. Med 41 Billeder. (Folkelæs- 
ning Nr. 288). Kôbenhavn, Gad, 1910. In-8°, 192 p. 1 kr. 50. 

312. LObke (Wilh.). Grundriss der Kunstgeschichte. Esslingen, 
P. Neff, 1909. Gr. in-8°. 

313. Lüer (Herm.), Creutz (Max.). Geschichte der Metallkunst. 
2. (Schluss-) Bd. Kunstgeschichte der edlen Metalle. Stuttgart, 
F. Enke, 1909. Gr. in-8°, vm-462 p., 401 fig. 18 m. 

314. Luns (Frank). Over het ontstaan van het Fransche drama en 
zijn ontwikkeling in den loop der middeleeuwen (xu* eeuw, 1548). 
Amsterdam, Losco-uitgaaf, 1909. In-8°, xvni-62 p., 6 pl. (Fransche 
Letterkunde. Bijdrage tôt hare kennis en geschiedenis, I.) 1 fr. 40. 

315. Lupatelli (Ang.). Scuole pittoriche marchigiane del xiv, xv, 
xvi secolo, affermate nella mostra di arte antica nella esposizione 
régionale di Macerata del 1905. Macerata, tip. F. Giorgetti, 1909. 
In-16, 28 p. 

316. Luschin v. Ebenoreuth (Arnold). Umrisse e. Münzgeschichte 
der altôsterreichischen Lande im Mittelalter. Wien, Graz, Leuschner 
und Lubensky, 1909. Gr. in-8°, 54 p. (Aus Numismat. Zeitschrift .) 

2 m. 

317. Mabstri (A.). Il crocifisso bisantino di Spilamberto, breve 
nota aggiuntiva. Modena, tip. G. Ferraguti, 1909. In-4°, 7 p. 

318. Maillet (Henri). L’Église et la répression sanglante de l’hé- 
résie. Edité, avec préface et notes, par Karl Hanquet. Liège, impr. 
Vaillant-Carmanne, 1909. In-8°, xii- 109 p. (Bibliothèque de la Faculté 
de philosophie et lettres de l’Université de Liège, fasc. XVI.) 

319. Malvezin (Pierre). Glossaire de la langue d’oc. Paris, impr. 
Condert, 1908-1909. In-8°, 278 p. 

320. Mancini (Girolamo). Cortona, Montecchio, Vesponi e Castiglione 
Fiorentino. Bergamo, Istituto italiano d’arti grafiche, 1909. In-8°, 
166 p., fig. (Collezione di monografie illustrate, sérié I. Ita.Ua artis- 
tica, diretta da Corrado Ricci, n° 46.) 5 1. 

321. Marchand (A.). Notes pour servir à l’histoire d’Airaines. 
Abbeville, impr. Paillart, 1909. In-8°, 447 p. (Œuvre posthume. 
Extrait des Mémoires de la Société d’émulation d’Abbeville, 
t. XXII de la collection, 4 e série, t. III.) 

322. Marichal (Paul). René II, duc de Lorraine, et les possessions 
de la maison d'Anjou dans le Maine. Mamers, impr. Fleury, 1909. 
In-8°, 71 p. (Extrait de la Revue historique et archéologique du 
Maine , t. LXV et LXVI, 1909.) 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



184 


BIBLIOGRAPHIE. 


323. Marle (Raimond Van). Le Comté de Hollande bous Philippe 
le Bon, 1428-4467. La Haye, Mart. Nijhoff, 1909. In-8°, xii-161 et 
175 p. 5 fr. 

324. Martin (Henry). Les Peintres de manuscrits et la miniature en 
France. Étude critique. Paris, H. Laurens, 1909. In-8°, 127 p. et ill. 
(Les Grands artistes. Leur vie. Leur œuvre.) 

325. Martin du Gard (Roger). L’Abbaye de Jumièges (Seine- 
Inférieure). Étude archéologique des ruines. Montdidier, impr. Gron- 
Radenez, 1909. Gr. in-8°, 308 p., avec grav., fig. et pl. 15 fr. 

326. Martini (Rich.). Die Trierer Biscbofswàhlen vom Beginn des 
10. bis zum Ausgang des 12. Jahrh. Berlin, E. Ebering, 1909. In-8°, 
vii- 102 p. (Historische Studien, 72. Heft.) 2 m. 80. 

327. Matern (Domherr). Geschichte der Kirche u. des Kirchspiels 
Schalmey. Braunsberg, H. Grimme, 1909. In-8°, iv-136 p.,8 fig. 2 m. 

328. Matthiae de Janov, dicti Magister Parisiensis, regulae Vete- 
ris et Novi Testamenti. Primum in lucem ed. Vlastimil Kybal. 
Vol. II. Subsidio academiae scientiarum, artium et litterarum bohe- 
miae Pragensis. Innsbruck, Wagner, 1909. Gr. in-8°, xxiv-351 p. 12 m. 

329. Mauceri (Enr.). Siracusa e la valle dell’ Anopo. Bergamo, Isti- 
tuto italiano d’arti grafiche, 1909. In-8°, 136 p., fig. et pl. (Collezione 
di monografie illustrate, sérié I. Italia artistica, diretto da Corrado 
Ricci, n° 47.) 4 1. 

330. Mayer (Frz. Mart.). Geschichte Oesterreichs, m. besond. 
Rücksicht auf das Kulturleben. Wien, W. Braumüller, 1909. In-8°, 
x-671 et viii- 851 p. 20 m. 

331. Mayer (Thdr.). Der auswârtige Handel des Herzogt. Oester- 
reich im Mittelalter. Innsbruck, Wagner, 1909. In-8°, x-200 p. 
(Forschungen zur inneren Geschichte Oesterreichs, 6. Heft.) 8 m. 

332. Mayeux (Albert). Le Porche occidental de la cathédrale de 
Chartres. Chartres, à l’hôtel de la Société archéologique, 16, rue 
Saint-Pierre, 1909. In-8°, 15p., avec fig. (Extrait du Cinquantenaire 
de la Société archéologique d’Eure-et-Loir.) 

333. Meerdink (C. J. A.). Roermond in de middeleeuwen (Acade- 
misch proefschrift). Roermond, J. J. Romen en Zonen, 1909. Gr. in-8°, 
xvi-120 p. 1 fr. 

334. Meinardus (Otto). Das Halle-Neumarkter Rechtv. 1181. Bres- 
lau, F. Hirt, 1909. Gr. in-8°, v-82 p. (Darstellungen u. Quellen zur 
schlesischen Geschichte, 8. Bd.) 2 m. 

335. MelOdia (Giov.). Studi sulle rime del Petrarca. Catania, 
N. Giannotta, 1909. In-16, ix-187 p. 3 1. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


185 


336. Meomartini (Almerico). Benevento. Bergamo, Istituto italiano 
d’arti grafiche, 1909. In-8°, 131 p. et fig. (Collezione di monografie 
illustrate, sérié I. Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, n°44.) 4 1. 

337. Merlet (René). Documents sur les origines de l’église collé¬ 
giale de Saint-André de Chartres. Chartres, à l'hôtel de la Société 
archéologique, 16, rue Saint-Pierre, 1909. In-8°, 19 p. (Extrait du 
Cinquantenaire de la Société archéologique d'Eure-et-Loir.) 

9 

338. Mesnel (J.-B.). Saint Aquilin, évêque d’Evreux à la fin du 
vu» siècle. Évreux, impr. P. Hérissey, 1909. In-8°, 91 p. 

339. Messeri (Ant.), Calzi (Achille). Faenza nella storia e ncll’ arte. 
Faenza, E. Dal Pezzo, 1909. In-8°, 646 p., 18 pl. et fig. 7 1. 

340. Meyer-Lübke (W.). Einführung in das Studium der roma- 
nischen Sprachwissenschaft. Heildelberg, C. Winter, 1909. In-8°, 
xv-277p. (Sammlungromanischer Elementar-u. Handbücher.I. Reihe.) 
5 m. 

341. Michel (Robert). Les Chevaliers du château des arènes de 
Nîmes aux xii» et xm» siècles. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley- 
Gouverneur; Paris, 1909. In-8°, 19 p. (Extrait de la Revue historique, 
t. Cil, année 1909.) 

9 

342. Mirot (Léon). Notes sur Etienne Le Blanc et ses compilations 
historiques. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur, 1909. 
In-8°, 8 p. (Extrait du Bulletin de la Société de l'histoire de Paris 
et de l’Ile-de-France, t. XXXVI, 1909.) 

343. Mitius (Otto). Frankische Lederschnittbânde des xv. Jahrh. 
Ein buchgeschichtl. Versuch. Leipzig, R. Haupt, 1909. In-8°, vm-44 p., 
13 tableaux. (Sammlung hibliothekswissenschaftlicher Arbeiten.) 6 m. 

344. Mohr (W.). Flensburgs Ursprung. Flensburg, Huwald, 1909. 
In-8°, 37 p. 1 m. 

345. Molhuysen (P. C.). Inventaris van de Archieven der rijks- 
universiteit te Leiden. Leiden, A. W. Sijthoff’s Uitgevers-maatschap- 
pij. In-8°, iv-20 p. 0 fr. 40. 

346. Monnier (Louis). Histoire de la ville de Vesoul, avec de nom¬ 
breuses reproductions de monuments et de portraits. T. I. Vesoul, 
L. Bon, 1909. In-8°, vi-387 p. (Bibliothèque franc-comtoise.) 

347. Monumenta palaeographica. Hrsg. v. Chroust. I Abtlg., 
2. Sérié, 3. Lfg. München, F. Bruckmann, 1909. In-fol. 20 m. 

348. Morin (G.). La Formation des légendes provençales; faits et 
aperçus nouveaux. Bruges, impr. Desclée, de Brouwer et C'», 1909. 
In-8°, 10 p. (Extrait de la Revue bénédictine, janvier 1909.) 0 fr. 75. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



186 


BIBLIOGBAPHIE. 


349. Mortier. Histoire des maîtres généraux de l'Ordre des Frères 
Prêcheurs. Index général des noms propres de personnes et de lieux 
contenus dans les t. I, II, III et IV, par A. Mortier. Paris, A. Picard 
et fils, 1909. In-8°, 91 p. 

350. Mowat (Robert). Origine germanique du pied de roi et carac¬ 
tères de la réforme des poids et mesures opérée par Charlemagne. 
Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur; Paris, 1909. In-8°, 
32 p. (Extrait des Mémoires de la Société nationale des antiquaires 
de France , t. LXVIII.) 

351. Mundy (Percy D.). Memorials of Old Sussex. London, G. Allen, 
1909. In-8°, 318 p. et ill. 15 s. 

352. Muther (Rich.). Geschichte derMalerei. Leipzig, L. Grethlein, 
1909. In-8°, 567, 589 et 602 p., fig. 36 m. 

353. Nadiani (Pompeo). Breve interpretazione dei passi délia 
Divina Commedia riguardanti la Romagna Toscana. Castrocaro, tip. 
moderna, 1909. In-8°, 42 p. 

354. Nbuhaus (Wilh.). Die Gründung der Abtei Hersfeld u. ihre 
Vorgeschichte. Hersfeld, C. Vietor, 1909. In-8°, 41 p., titre illustré. 
0 m. 50. 

355. Nôldeke (Thdr.l. Geschichte des Quorans. 2. Aufl. bearb. v. 
Frdr. Schwally. 1. Tl. : Ueber den Ursprung des Quorans. Leipzig, 
Dieterich, 1909. In-8°, x-262 p. 11 m. 

356. Notice sur la famille Mareschal de Longeville, anciens sei- 

_9_ 

gneurs de Longeville, Vuillafans, l’Etoile et autres lieux en Franche- 
Comté. Tours, A. Marne et 61s, 1909. In-8°, 41 p., avec armorial. 

357. Nova (Max). Die Stadttore der Mark Brandenburg im Mittelal- 
ter. Berlin, E. Wasmuth, 1909. Gr. in-8°, vi-88 p., 95 fig. (Beitràge 
zur Bauwissenschaft, 15. Heft.) 5 m. 

358. Novi (Lu.). Catullo e gli umanisti italiani nel xiv, xv et 
xvi secolo. Napoli, tip. F. Giannini e figli, 1909. In-8°, x-73 p. 

359. Oechelhaeuser (Adf.). Die Kunstdenkmàler der Amtsbezirke 
Sinsheim, Eppingen u. Wieslach (Kreis Heidelberg). Tûbingen, 
J. C. B. Mohr, 1909. Gr. in-8°, iv-ii- 255 p., 131 fig., 21 pl., 1 carte. 
(Die Kunstdenkmàler des Grossherzogt. Baden, VIII. Bd., 1. Abtlg.) 
7 m. 

360. Oesterreichische Chronik v. den 95 Herrschaften. (Hrsg. v. 
Jos. Seemüller.) Pars II. Hannover, Hahn, 1909. In-fol., p. xiv-cccvii 
et 243-276 et 1 pl. (Monumenta Germaniae historica. Scriptorum qui 
vernacula lingua usi sunt. Deutsche Chroniken u. andere Geschichte 
bûcher des Mittelalters, 6. Bd.) 15 m. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


187 


361. Olschki (Léo). L’arte délia stampa e i tipografi secondo le 
vedute di poeti e di eruditi tedeschi. Firenze, L. S. Olschki, 1909. 
In-8°, 29 p. (Estratto con aggiunte dalla Bibliofilia , anno X, disp. 9-10.) 

362. Oppermann (Otto). Noord-Nederland in de geestelijke geschie- 
denis der middeleeuwen. Rede, bij de aanvaarding van het ambt van 
buitengewoon hoogleeraar aan de rijks-universiteit te Utrecht, den 
15 november 1909 uitgesproken. Utrecht, A. Oosthoek, 1909. In-8°, 
26 p. 0 fr. 60. 

363. Paolini (Fr. M.). Il b. Francesco dei Maleficii di Firenze, 
dell’ Ordine dei fratri Minori. Roma, tip. istituto Pio IX, 1909. In-8°, 
vii-136 p. et fig. 

364. Paquay (Jean). Cartulaire de la collégiale Notre-Dame à 
Tongres jusqu’au xv* siècle. Tongres, impr. Collée, 1909. In-8°, 
665 p. 6 fr. 

365. Paquay (Jean). Inventaires des petites archives de Belgique. 
Inventaire des archives de l’église primaire de Notre-Dame et de 
l'église paroissiale Saint-Jean à Tongres. Tongres, impr. Collée, 
1909. In-8°, 104 p. 1 fr. 25. 

366. Paquay (Jean). Les Origines chrétiennes dans le diocèse de 
Tongres. Tongres, impr. Collée, 1909. In-8°, 148 p., fig. et pl. 2 fr. 50. 

367. Paquay (Jean). Pouillé de l’ancien diocèse de Liège en 1497. 
Tongres, impr. Collée, 1908. In-8°, 168 p. 1 fr. 25. 

368. Partinoton (S. W.). The Danes in Lancashire and Yorkshire. 
London, Sherratt, 1910. In-8°, 254 p., ill. 5 s. 

369. Pascal (Car.). Letteratura latina medievale ; nuovi saggi e 
note critiche. Catania, F. Battiato, 1909. In-16, vii-197 p. 3 1. 

370. Paston (The) Letters. A Sélection illustrating english social 
fife in the 15th century. Edit, with intro. and notes by M. D. Jones. 
Cambridge, Univ. Press, 1909. In-12, 88 p. 1 s. 

371. Peintures ecclésiastiques du moyen Age, Herpen, Zalt-Bom- 
mel, Breda, Utrecht, Miracle d’Amsterdam, publiées par Gust. van 
Kalcken, 1™ et 2 e livr. Haarlem, H. D. Tjeenk Willink et fils, 1909. 
Gr. in-fol., vm-6 p., pl. 7 fr. 50. 

372. Peiskbr (J.). Neue Grundlagen der slawischen Altertumskunde. 
Ein Vorbericht. Stuttgart, W. Kohlhammer, 1910. In-8°, 8 p. 0 m. 60. 

373. Pennell (Elizabeth Robins). French cathédrale, monasteries 
and abbeys and sacred sites of France; il. with 183 pictures by Joseph 
Pennell; also with plans and diagrams. New York, Century, 1909. 
In-4°, xxxi-424 p. 5 d. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



188 


BIBLIOGBiPBIE. 


374. Per la storia délia hiblioteca dei re d’Aragona in Napoli (Inven- 
tario di gioie, libri et manoscritti dati in pegno dal re Ferdinando a 
Battista Pandolfini il 19 gennaio 1481, pubblicato a cura di T. De 
Marinig). Firenze, tip. Aldino, 1909. In*8°, 14 p. 

375. Pergameni (Charles). L’ancienne abbaye de Lobbes. A propos 
du livre de M. Warichez. Liège, impr. La Meuse, 1909. In-8°, 10 p. 
(Extrait de la Revue de l’Université de Bruxelles, octobre 1909.) 

376. Perrat (Ernest). Note sur les divers registres « Saint-Just > 
conservés aux anciennes archives de la Chambre des comptes. Paris, 
L. Larose et L. Tenin, 1909. In-8°, 16 p. (Extrait de la Nouvelle 
Revue historique de droit français et étranger, t. XXXIII, 
année 1909.) 

377. Petbrka (Otto). Das Gewerberecht Bôhmens im xiv. Jahrh. 
Wien, W. Braumüller, 1909. In-8°, 110 p. 3 m. 40. 

378. Peters (A.). Inventare der nichtstaatlichen Archive der Prov. 
Hannover. Kreis Gronau. Hannover, Ilahn, 1909. In-8°, v-80 p. 
(Forschungen zur Geschichte Niedersachsens, II. Bd., 4. Heft.) 2 m. 75. 

379. Petrarca (Fr.). Canzone : Chiare, fresche e dolci acque. Ver- 
sione latina, in métro asclepiadeo quarto, dei dott. Fortunato Capuz- 
zello. Roma, tip. E. Voghera, 1909. In-8°, H p. 

380. Pfaff (Frdr.). Die grosse Heidelberger Liederhandschrift. In 
getreuen Textabdr. I. Tl. Textabdr. Mit 1 Titelbild in Farbendr. Hei¬ 
delberg, C. Winter, 1909. In-8°, ni p. et vi-1444 col. 23 m. 

381. Philippi (F.). Die erste Industrialisierung Deutschlands (im 
Mittelalter). Münster, Universitatsbuch. F. Coppenrath, 1909. Gr. in-8°, 
32 p. 0 m. 90. 

382. Piccoli (RafT.). Astrologia dantesca. Firenze, stab. tip. Aldino, 
1909. In-8°, 42 p. 

383. Podlaha (Ant.). Der politische Bez. Bôhmisch-Brod. Prag. 
Leipzig, K. W. Hiersemann, 1909. Gr. in-8°, v-238 p., 2 tableaux, 
351 6g. (Topographie der historischen u. Kunst-Denkmale im Kônigr. 
Bôhmen von der Urzeit bis zum Anfange des xix. Jahrh., XXIV.) 
13 m. 50. 

384. Poètes (Les) du terroir du xv* siècle au xx« siècle. Textes 
choisis, accompagnés de notices biographiques, d'une bibliographie et 
de cartes des anciens pays de France, par Ad. Van Bever. Dauphiné, 
Flandre, Franche-Comté, Gascogne et Guyenne, Ile-de-France, 
Limousin et Marche. T. II. Paris, Ch. Delagrave, s. d. In-18, 580 p. 

3 fr. 50. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 



385. Poliziano (Ang.). Epistole inédite (a cura del) doit. Lorenzo 
D’Amore. Napoli, tip. M. D’Auria, 1909. In-8°, 41 p. 

386. Posse (Hans). Die Gemàldegalerie des Kaiser-Friedrich- 
Museums. 1. Abtlg. Die roman. Lânder. Byzanz. Italien. Spanien. 
Frankreich. (Entwurf des Umschlages u. des Orig.-Einbds. v. E. R. 
Weiss, des Wappens auf dem Titelblatt v. Heinr. Wieynk.) Berlin, 
J. Bard, 1909. Gr. in-8°, xviii-273 p. 20 m. 

387. Postina (Alois). Sankt Arbogast, Bischof v. Strassburg u. 
Schutzpatron des Bistums. Strassburg, F. X. Le Roux, 1910. Gr. 
in-8°, 38 p., 4 pl. 1 m. 20. 

388. Prou (Maurice). Notes sur Pandolfo Savelli, prévôt de Chablis, 
à propos d’un livre récent. Paris, H. Champion, 1909. In-8°, 11 p. 
(Extrait du Moyen âge , 2* série, t. XIII, juillet-août 1909.) 

389. Putelli (Romolo). Le Chiese di Valcamonica. I (Chiese di 
Breno). Breno, tip. Camuna, 1909. In-16, 127 p. 

390. Queen Matilda’s Tapestry (Bayeux). The Conquest of England. 
London, Low, 1909. In-4°, 12 s. 6 d. 


391. Raoul von Houdenc. Sàmtliche Werke. Nach allen bekannten 
Handschriften hrsg. v. Mathias Friedwagner. 2. Bd. : la Vengeance 
Raguidel. Altfranzôsischer Abenteuerroman. Halle, M. Niemeyer, 
1909. In-8°, ccvii-368 p. 16 m. 

392. Réau (Louis). Peter Vischer et la sculpture franconienne du 
xiv* au xvi* siècle. Paris, Plon-Nourrit et C'*, 1909. Petit in-8° carré, 
191 p. et pl. (Les Maîtres de l’art, collection publiée sous le haut 
patronage du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.) 
3 fr. 50. 


393. Regesten der Urkunden des herzogl. Haus- u. Staatsarchivs zu 
Zerbstaus den J. 1401-1500. Hrsg. v. Wàschke. 14.-16. (Schluss-) Heft. 
Dessau, C. Dünnhaupt, 1909. Gr. in-8°, viii et 625-751 p. Chaque 
livraison 1 m. 


394. Régnier (Louis). Quelques notes sur les monuments de Gisors. 
3* édition. Gisors, impr. Bardel, 1909. Petit in-16, 43 p., avec grav. 
et plans. 

395. Reichling (Dieter.). Appendices ad Hainii-Copingeri reperto- 
rium bibliographicum. Additiones et emendationes. Fasc. VI. Mün¬ 
chen, J. Rosenthal, 1910. Gr. in-8°, m-190 p. 10 m. 

396. Reimarus Secundus. Geschichte der Salome von Cato bis 
Ose. Wilde gemeinverstandlich dargestellt. III. (Schluss-) Tl. : Hero- 
dias von Matthaeus bis Wilde. Leipzig, A. Wigand, 1909. In-8°, 
iv-193 et iv p. 3 m. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



190 


BIBLIOGEAPHIB. 


397. Rémundar Saga Keisarsonar. Utgifven fôr Samfund til Udgi- 
velse af gammel nordigk Litteratur al Sven Grén Broberg. 1. Hefte. 
Kôbenhavn, Gyldeadal, 1909. In-8°, 112 p. 3 kr. 50. 

398. Renflbt (Daniel). Les Successions dans la coutume de la ville 
de Lille. Lille, Le Bigot frères, 1909. In-8°, 276 p. 

399. Rbnkbn (WUh.). Der angebliche Lebnseld Albrecht I. Halle, 
C. A. Kaemmerer, 1910. Gr. in-8°, 102 p. 1 m. 20. 

400. Revelli (Pa.). I manoscritti di carattere o d’interesse geogra- 
iico délia biblioteca comunale di Palermo : primo contributo al cata- 
logo ragionato dei documenti geografici delle biblioteche e degli 
archivi d’Italia. Venczia, tip. C. Ferrari, 1909. In-8°, 64 p. (Pubblica- 
zioni délia Société ramusiana, sérié I. Cataloghi e repertori, n° 1.) 

401. Riemann (Hugo). Katechismus der Musikgeschichte. 1. Ge- 
schichte der Musikinstrumente u. Geschichte der Tonsysteme u. der 
Notenschrift; 2. Geschichte der Tonformen. Leipzig, M. Hesse, 1909. 
In-8°, viii- 161 p. et v-231 p. (Hesse’s illustrierte Katechismen.) 3 m. 50. 

402. Rimnasafn. Samling af de ældste islandske Rimer. Udgixet 
for Samfund til Udgivelse af gammel nordisk Litteratur ved Finnur 
Jdns8on. 4. Hæfte. Kôbenhavn, Gyldendal, 1909. In-8°, 80 p. 2 kr. 

403. Rinaldi (Luigi). Castelvetro e le sue chiese; cenni storici. 
Modena, tip. G. Ferraguti, 1909. In-8°, vih- 246 p. et fig. 

404. Rindfleisch (Wilh.). Altpreussische Bibliographie für die 
J. 1905 u. 1906. Nebst Nachtragen zu den früheren Jahren. Im Auf- 
trage des Vereins f. die Geschichte v. Ost- u. Westpreussen zusam- 
mengestellt. Kônigsberg, F. Beyer, 1909. In*8°, 108 p. (Extrait de 
YAltpreuss. Monatsschr.) 3 m. 

405. Ringholz (Odilo), O. S. B. Geschichte des Benediktinerinnen- 
klosters zu Allen Heiligen in der Au bel Einsiedeln. Einsiedeln, Ver* 
lagsanstalt Benziger, 1909. In-8°, 142 p., 51 fig. 1 m. 

406. Robert (F.). L’Abbaye de Notre-Dame de Beaulieu, Ordre de 
Clteaux, à Mirepoix (Ariège). Foix, impr. Lafont de Sentenac, 1909. 
Petit in-8°, 20 p. 

407. Romano (Giacinto). Le dominazioni barbariche (fine). Milano, 
F. Vallardi, 1909. In-8°, p. 721-808 et xviii p. (Storia politica d’Italia, 
fasc. 153-155.) 

408. Rosenhaoen (Gust.). Kleinere mittelhochdeutsche Erzàhlun- 
gen, Fabeln u. Lehrgedichte. III : Die Heidelberger Handschrift cod. 
Pal. germ. 341. Berlin, Weidmann, 1909. Gr. in-8°, xli- 251 p., 2 pl. 
(Deutsche Texte des Mittelalters, hrsg. v. der kônigl. preuss. Akade- 
mie der Wisssenschaften, XVII. Bd.) 10 m. 60. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


191 


409. Rossi (Attilio). Tivoli. Berg&mo, Istituto it&liano d’arti grafi- 
che, 1909. In-8°, 167 p. et fig. (Collezione di monografie illustrate, 
sérié I. Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, n° 43.) 4 1. 

410. Rothbs (Walt.). Die Madonna in ihrer Verherrlichung durch 
die bildende Kunst aller Jabrhunderte. Kôln, J. P. Bachem, 1909. 
Gr. in-8°, xvi*223 p., 163 fig. et 8 pl. hors texte. 8 m. 

411. Saigb (Gustave), Labandb (L.-H.). Documents historiques 
relatifs aux seigneuries de Menton, Roquebrune et la Turbie, du xi* 
au xvi* siècle, publiés, avec une introduction et des tables, par 
L.-H. Labande. Impr. de Monaco, 1909. In-4°, ccxui-716 p. 

412. Sammlung altérer 8eerechtsquellen. 4. Heft, 2. Abtlg. : Die 
mittelalterliche Assisen v. Jérusalem nach der Handschrift München 
Cod. gall. n° 51. Diplomatischer Abdr. m. deutscher Uebersetz. Ein- 
leitg. Glossar u. 2. Ilandschriftproben. Berlin, R. L. Prager, 1910. 
Gr. in-8°, vi-32 p., 2 pl. 2 m. 50. 

413. Saunders (William). Ancient Handwritings. An introductory 
manual for intending students of palæography and diplomatie. Lon¬ 
don, Simpkin, 1909. In-4°, 64 p. 4 s. 

414. Schachnbr (H.). Das Benediktinerstift Kremsmünster, seine 
Geschichte u. seine Sehenswürdigkeiten. Steyr, K. Lintl, 1909. In-8°, 
79 p., fig. 2 m. 

415. Scuâfbr (J.). Basilius des Grossen Beziehungen zum Abend- 
lande. Ein Beitrag zur Geschichte des 4. Jahrh. n. Chr. Münster, 
Aschendorff, 1909. In-8°, vm-208 p. 5 m. 

416. Scheubr (08k.). Die geschichtliche Entwicklung des deutschen 
Studententums in Oesterreich, m. besond. Berücksicht. der Universi- 
tat Wien von ihrer Gründung bis zur Gegenwart. Wien, E. Beyer's 
Nachf., 1910. In-8°, xvi-425 p., H fig. 7 m. 50. 

417. Schevill (Ferdinand). Siena, the story of a mediæval com¬ 
mune. London, Chapman and Hall, 1909. In-8°, 448 p. 12 s. 6 d. 

418. Schiff (Otto). Kônig Sigmunds italienische Politik bis zur 
Romfahrt (1410-1431). Frankfurt, J. Baer, 1909. Gr. in-8°, vm-155 p. 

(Frankfurter historische Forschungen.) 5 m. 

« 

419. Schleinitz (Otto). Trier. Leipzig, E. A. Seemann, 1909. In*8°, 
viii-206 p., 201 fig. (Berûhmte Kunststatten, 48. Bd.) 4 m. 

420. Schmidt (Berth.). Geschichte der Stadt Schleiz. 2* r Bd. Bis 
zum Aussterben der Herren v. Géra (1550). Im Auftrage des geschichts- 
u. AltertumBforsch. Vereins zu Schleiz bearb. u. hrsg. Schleiz, 
F. Lâmmel, 1909. In-8°, iv-165 p., fig., 1 carte, 2 pl. 3 m. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



192 


BIBLIOGRAPHIE. 


421. Schnitzer (Jos.). Quellen u. Forschungen zur Geschichte 
Savonarola nach den Aufzeichngn. des Florentiners Pietro Parenti. 
Leipzig, Duncker und Humblot, 1910. ln-8°, clxii- 322 p. 11 m. 

422. Schônbach (Ant. E.). Walter v. Vogelweide. Ein Dichterleben. 
Berlin, E. Hofmann, 1910. In-8°, viii- 233 p. et 2 pl. (Geisteshelden. 
Führende Geister, 1. Bd.) 2 m. 40. 

423. Schônewolf (Otto). Die Darstellung der Auferstehung Christi, 
ihre Entstehung. u. ihre àltesten Denkmàler. Hrsg. v. Johs. Ficker. 
Leipzig, Dieterich, 1909. Gr. in-8°, xii-88 p., 2 pl., 1 fig. dans le 
texte. (Studien üb. christliche Denkmàler.) 3 m. 

424. Schoutens (Stephanus). Geschiedenis van het voormalig min- 
berbroedersklooster van Antwerpen (1446-1797). 2* édition. Antwerpen, 
drukkerij Van Os-De Wolf, 1908. In-8°, 446 p. 3 fr. 

425. Schrader (Erich). Das Befestigungsrecht in Deutschland von 
den Anfàngen bis zum Beginn des 14. Jahrh. Gôttingen, Vandenhoeck 
und Ruprecht, 1909. Gr. in-8°, m-123 p. 4 m. 

426. Schrôtter (Frdr. Frhr.). Beschreibung der neuzeitlichen Mün- 
zen des Erzstifts u. der Stadt Magdeburg 1400 -1682. Magdeburg, 
E. Baensch jun., 1909. In-fol., x-171 p., 36 pl. 20 m. 

427. Schrôtter (Geo.). Geschichte der Stadt Nürnberg. Nürnberg, 
C. Koch, 1909. Gr. in-8°, vii- 391 p., 185 fig. 6 m. 50. 

428. Schubert (Hans). Das atteste germanische Christentum od. 
der sogen. « Arianismus » der Germanen. Vortrag. Tûbingen, J. C. 
B. Mohr, 1909. In-8°, iv-36 p. 0 m. 80. 

429. Schubert (Heinr.). Beschreibung u. Geschichte der Burg 
Kinsberg in Schlesien. Nach urkundl. Material bearb. Breslau, 
M. Woywod, 1910. In-8°, vm-52 p., 1 esquisse. 0 m. 50. 

430. Schwan (Eduard). Grammatik des Altfranzôsischen. Neu 
bearb. v. Dietr. Behrens. 8. rev. u. um « Materialien zur Einführg. 
in das Studium der altfranzôs. Mundarten » verm. Aufl. Leipzig, 
O. R. Reisland, 1909. Gr. in-8°, vm-348 p. 5 m. 40. 

431. Schweizer (P.). Sigelabbildungen zum Urkundenbuch der 
Stadt u. Landschaft Zürich. 7. Lfg., Zürich, Beer, 1909. 9 tableaux, 
111-128 p. 3 m. 

432. SedlACek (August). Mistopisnÿ slovnik historickÿ krâlovstvi 
ceskeho. [Dictionnaire topographique et historique de Bohême.] 
Prague, Bursik et Kohout, 1909. Gr. in-8°, iv-1043 p. 16 k. 60. 

433. Seeberg (Rhold.). Lehrbuch der Dogmengeschichte. II. Bd. : 
Die Dogmenbildg. in der alten Kirche. 2. durchweg neu ausgearb. 
Aufl. Leipzig, A. Deichert Nachf., 1910. In-8°, xvi-538 p. 12 m. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


193 


434. Segmülleh (Fridolinus). Régula Sancti Bnnedicti. Ed. V, quam 
ad veteres codices revisit et emendavit. Einsiedelu, Beuziger, 1909. 
I11-8 0 , viii- 161 p., 1 grav. 2 m. 


435. Sepet (Marius). La Bienheureuse Jeanne d’Arc, son vrai carac¬ 
tère. Paris, P. Téqui, 1909. In-16, vm-4G p. 


436. Seraphim (A.). Handschriflen-Katalog der Stadthibliothek 
Konigsberg i. Pr. Unter Mitwirkg. v. Paul Khode bearh. Konigsberg, 
F. Beyer, 1909. In-8°, v-411 p. (Mitteilungen aus der Stadtbibliothek 
zu Konigsberg i. Pr.) 0 ra. 50. 


437. vSiegel der hadischen Stadte in chronologischer Reihenfolge. 
Der erlaut. Text v. Fritz Frankhauser u. Alb. Krieger. Die Zeichngu. 
v. Fritz Held. 3. Heft. Die Siegel der Stadte in den Kreisen Freiburg, 
Villigen u. Lürrach; Heidelberg, Cari Winter, 1909. In-8°, vu et 
49-75 p., 67 pl. 12 m. 


438. Sieveking (Heinr.). Aus Genueser Rechnungs- u. Stcuerbü- 
clieru. Ein Beitrag zur mittelalterl. Haudels- u. Vermogensstatistik. 
Wien, A. Hôlder, 1909. Or. in-8°, MO p. (Sitzungsberichte der kais. 
Akademie der Wissenschaften in Wien. Philosophisch-histor. Klasse, 
162. Bd.) 2 m. 60. 


439. Sievers (Eduard). Zur Technik der Wortstellung in den Edda- 
liedern. I. Leipzig, B. G. Teubner, 1909. Gr. in-8°, 38 p. (Abhandlun- 
gen der konigl. sachsischen Gesellschaft der Wissenschaften. Philo- 
logisch-histor. Klasse, 27. Bd., Nr. XV.) 1 m. 60. 


440. Simàk (Josef V.l. Politickÿ okres Turnovskÿ. Prague, Bursik 
et Kohout, 1909. Gr. in-8°. xn-263 p., pl. et fig. (Soupis pamâtek his- 
torickÿch a umèleckÿch v kràlovstvi ceském od pravèku do pocàtku 
XIX stoleti, 32.) 9 k. 30. 


441. SiMONSFKLD (Henry). Urkunden Friedrich Rotbarts in Italien. 
5. Folge. München. G. Franz, 1909. Gr. in-8°, 29 p. (Sitzungsberichte 
der konigl. bayorischen Akademie der Wissenschaften. Philosophisch- 
philologische u. histor. Klasse. Jahrg. 1909, 7. Abhandlg.) 0 m. 50. 


442. S mets (Georges). La Chronique «le Dino Compagni. Liège, 
impr. La Meuse, 1909. ln-8°, 119 p. (Extrait de la Revue de l’Uni- 
Kersitê de UruxeUea, 1908-1909.) 


443. Soderhjelm (T. og W.|. ltali<‘usk renassans. Litteratur och 
kulturstudier. 2a uppl. Stockluflm, Fritze, 1909. In-8°, xii-359 p. 
7 kr. 50. 


444. Som Mi- Pic en au ni (Guido). Le Torri de’ Picenardi, memorie e 
illustrazioni. Modena, tip. dell' Immacolata Concezione, 1909. In-16, 
171 p. et pl. 

1910 13 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



194 


BIBL10G1APHIB. 


445. Spielmann (C.). Geschichte v. Nassau (Land u. Haus) von den 
àltesten Zeiten bis zur Gegenwart. 4. Tl. : Politische Geschichte. 
Wie8baden, P. Plaum, 1910. Gr. in-8°, xii- 525 p., 1 carte coloriée, 
14 portr. historiques. 7 m. 50. 

446. Stavenhagbn (Osk.). Akten u. Recesse der livlândischen 
Standetage, III. Bd. (1494-1535). Bearb. v. Leonid Arbusow. 3. u. 
4. Ltg. Riga, J. Deubner, 1909. Gr. in*8°, 321-640 p. 5 m. 60. 

447. Stbhmann (Wilh.). Die mittelhochdeutsche Novelle vom Stu- 
dentenabensteuer. Berlin, Mayer und Müller, 1909. In-8°, ix-242 p. 
(P&laestra. 67.) 7 m. 

448. Stein (Henri). La Famille de l’architecte Gilles Le Breton. 
Fontainebleau, impr. Bourges, 1909. In-8°, 19 p. (Extrait des Annales 
de la Société historique et archéologique du Gâtinais , année 1909.) 

449. Stein (Henri). Les Possessions briardes de l’abbaye de Tiron. 
Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur, 1909. In-8°, 6 p. 
(Extrait du Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de 
l'Ile-de-France, t. XXXV, 1909.) 

450. Stenzel (Alfr.). Seekriegsgeschichte in ihren wichtigsten 
Abschnitten m. Berücksicht. der Seetaktik. 2. Tl. : Von 400 vor Chris- 
tus bis 1600 nach Christus. Unter Mitwirkg. des Admiralstabes der 
Marine bearb. durch Vize-Admir. z. D. Herm. Kirchhoff. Hannover, 
Hahn, 1909. Gr. in-8°, xvm-321 p., 13 pl. 15 m. 

451. Stibfenhofer (Dionys). Die Geschichte der Kirchweihe vom 
1.-7. Jahrh. München, J. J. Lentner, 1909. In-8°, vm-141 p. (Verflffent- 
lichungen aus dem kirchenhistorischen Seminar München, III. Reihe.) 
2 m. 80. 

452. Stockmaver (Gertr.). Ueber Naturgefühl in Deutschland im 
10. u. 11. Jahrh. Leipzig, B. G. Teubner, 1910. Gr. in-8°, v-86 p. 
(Beitràge zur Kulturgeschichte des Mittelalters u. der Renaissance, 
4. Heft.) 2 m. 40. 

453. Stolz (Otto). Das mittelalterliche Zollwesen Tirols bis zur 
Erwerbung des Landes durch die Herzüge v. Oesterreich (1363). 
Wien, A. Hülder, 1909. Gr. in-8°, 268 p. (Extrait de YArchiv f. ôst. 
Gesch.) 6 m. 20. 

454. Storck (Karl). Geschichte der Musik. Stuttgart, Muth, 1910. 
In-8°, xv-799 p., 1 portr. 12 m. 

455. Strenge (K. F.), Devrient (Ernst). Die Stadtrechte v. Eise- 
nach, Gotha u. Waltershausen. Jena, G. Fischer, 1909. In-8°, vn- 
106-442 p., tableaux, plans, carte. (Geschichtsquellen der thüringi- 
schen Prov. u. angrenzeoden Gebiete, IX. Bd.) 18 m. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 195 

456. Stückblbbrg (E. A.). Langobardische Plastik. Kempten, 
J. Kôsel, 1909. Gr. in-8 # , iv-94 p., 120 6g. et 7 pl. 5 m. 50. 

457. Surtbes (Robert). The History and Antiquities of the County 
of Durham. New edit. Gateshead and South Tyne Sections. Sunder- 
land, Hills, 1909. In-4°. 15 s. 

458. Sybel (Ludw.). Christliche Antike. Einführungin die altchristl. 
Kunst. 2. Bd. Plastik, Architektur u. Malerei. Marburg, N. G. Elwert, 
1909. Gr. in-8°, vm-341 et 44 p., 99 6g. 8 m. 50. 

459. Symptor (Raphaël). Jeanne d’Arc n’a jamais existé. Paris, 
édition bibliographique, 11, rue Glt-le-Cœur, 1909. In*16, 137 p. 2 fr. 

460. Talbert (J.). La Mission en Angleterre du cardinal Gui Fou- 
coi en 1264 et les conférences de Boulogne. Nancy, impr. Berger- 
Levrault, s. d. In-8°, 15 p. 

461. Tarducci (Fr.). Storia di s. Gregorio magno e del suo tempo. 
Roma, F. Pustet, 1909. In-8°, xii-499 p. 6 1. 

462. Terry (Charles S.). A Catalogue of the publications of Scot- 
tish higtorical and kindred clubs and societies, and of the vols, rela¬ 
tive to Scottish history, issued by His Majesty’s Stationery Office, 
1780-1908. With a subject index. London, Maclehose, 1909. In-8°, 
267 p. 10 s. 

463. Testi (Laudedeo). La storia délia pittura veneziana. Parte I : 
le Origini. Bergamo, Istituto italiano d'arti gra&che, 1909. In-8°, 
554 p., 6g. et pl. 30 1. 

464. Thomas d’Eccleston. Tractatus de adventu fratrum Minorum 
in Angliam. Edidit, notis et commentario illustravit Andrew G. Little. 
Paris, Fischbacher, 1909. In-8°, xxix-229 p. (Collection d’études et 
de documents sur l’histoire religieuse et littéraire du moyen âge, 
t. VII.) 8 fr. 

465. Thompson (Canon). The History and Antiquities of the cathé¬ 
dral church of 8t. Savlour (St. Marie Overie), Southwark Cathédral. 
3rd edit., enlarged and rev. With a new appendix. London, Simpkin, 
1909. In-8°, 374 p., 104 ill. 7 s. 6 d. 

466. Thorpe (E.). History of chemistry. Vol. I : From the earliest 
times to the middle of the nineteenth century. New York, Putnam, 
1909. In-16, xn-195 p. (History of the sciences.) 0 fr. 75. 

467. Tissibr (A.). Histoire de Saint-Germain-des-Champs (Yonne). 
Tours, impr. J. Allard, 1909. In-8°, 599 p., avec grav. 

468. Tobler (A.). Vermischte Beitrage zur franzôsischen Gramma- 
tik. V. Reihe. Berlin, G. Reimer, 1909. Gr. in-8°, 1137-1150 p. (Extrait 
des Sitzungtb. d. preu88. Ahad^ . d. Wiss.) 0 m. 50. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



196 


BIBLIOGRAPHIE. 


469. Tomassetti (Oius.). La campagna romana antica, medioevale 
e moderna. Vol. I. Rom a, E. Loescher et C. W. Regenberg, 1910. 
In-8°, v-354 p. et pl. 24 1. 

470. Tomek (Ernst). Studien zur Reform der deutschen Klôster im 
xi. Jahrh. I. Tl. : Die Frühreform. Wien, Mayer, 1910. Gr. in-8°, 
xxm-363 p. (Studien u. Mitteilungen aus dem kirchengeschichtlichen 
Seminar der theologischen Fakultat der k. k. Universitat in Wien, 

4. Heft.) 5 m. 

471. Tourneur (Victor). Le monnayage de l’atelier d’Ostende sous 
Marguerite de Constantinople et Guy de Dampierre. Bruxelles, Goe- 
maere, 1909. In-8°, 12 p. (Extrait de la Revue belge de numisma¬ 
tique.) 1 fr. 

472. Trapesnikoff (Trifon). Die Portratdarstellungen derMediceer 
des xv. Jahrh. Giovanni di Bieci, Cosimo il Vecchio, Piero di 
Cosimo, Giovanni di Cosimo, Lorenzo il Magnifico, Giuliano di 
Piero. Strassburg, J. K. E. Heitz, 1909. Gr. in-8°, xi-84 p., 35 pl. 
(Zur Kunstgeschichte des Auslandes, 73. Heft.) 8 m. 

473. Traversa (Antonio). Inventario delle pergamene rinvenute 
nell’ archivio notarile distrettuale di Cassino. Cassino, L. Ciolfi, 1909. 
In-8°, ix-255 p. 

474. Triandaphyllidis (Man. A.). Die Lehnwôrter der mittelgrie- 
chischen Vulgarliteratur. Strassburg, K. J. Trùbner, 1909. In-8°, 
38-192 p. 6 m. 

475. Trietze (Hans). Die Denkmale des politischen Bez. Melk. Mit 
Beitràgen v. Drs. Pat. Eduard Katschthaler, Hugo Obermaier u. 
Heinr. Sitte. Wien, A. Schroll, 1909. In-fol., vm-480 p., 1 carte, 
28 pl., 481 6g. dans le texte. (Oesterreichische Kunst. topographie, 
3. Bd.) 36 m. 80. 

476. Twardowski (Kazimierz). O ülozoîii sredniowiecznej wykladôw 
szeéc. [Six essais sur la philosophie du moyen àge.j Lwôw, H. Alten- 
berg, 1910. In-8°, v-138 p. 

477. Ugoletti (Ant.). Brescia. Bergamo, Istituto italiano d’arti gra- 
6che, 1909. In-8°, 152 p., 6g. et pl. (Collezione di monograhe illus- 
trate, sérié I. Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, n° 50.) 4 1. 

478. Un document sur le Saint-Suaire de Besançon, 1439-1794. 

5. 1. n. d. In-8°, 10 p. (Reproduit du procès-verbal officiel, mot à mot, 
ligne pour ligne, avec l’orthographe du temps, tel qu'il a été imprimé 
en 1794, à Besançon, par l’imprimerie de Briot.) 

479. Unwin (G.). The gilds and companies of London. New York, 
Scribner, 1909. In-8°, xvi-397 p., 37 ill. (Antiquary’s books.) 2 d. 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


197 


480. Urbini (Giulio). Disegno storico dell’ arte italiana dal secolo i 
a tutto il xvi. Seconda edizione. Torino, G. B. Paravia, 1909. In-16, 
xii- 320 p. et fig. 4 1. 

481. Vacandard (E.). Études de critique et d’histoire religieuse. 

9 

2 e série : l’Institution formelle de l’Eglise par le Christ. Les Origines 
de la confession sacramentelle. Le Service militaire et les premiers 
chrétiens. La question de l’âme des femmes. L’Hérésie albigeoise au 

9 

temps d’innocent III. La Nature du pouvoir exécutif de l’Eglise. 
Paris, J. Gabalda, 1910. In-18 jésus, îii- 313 p. 

482. Valois (Noël). La Crise religieuse du xv* siècle. Le Pape et le 
Concile (1418-1450). T. I et II. Paris, A. Picard et fils, 1909. 2 vol. 
in-8°, avec 10 pl. et fig. T. I, xxix-408 p.; t. II, 430 p. 

483. Van Dalbn (J. L.). Inventaris van het archief der gemeente 
Dordrecht. I : De grafelijke tijd, 1200-1572. Dordrecht, J. P. Revers, 
1910. In-8°, viii- 272 et 31 p. 1 fr. 50. 

484. Van den Gheyn (J.). Le Bréviaire de Philippe le Bon. Repro¬ 
duction des miniatures des manuscrits n°* 9511 et 9026 de la Biblio¬ 
thèque royale de Belgique. Bruxelles, G. Van Oest, 1909. In-4°, 
24 p., 41 pl. 30 fr. 

485. Van den Haute (C.). Une chronique inédite de l’abbaye béné¬ 
dictine de Saint-André-les-Bruges du xii*-xiii° siècle. Bruges, impr. 
L. de Plancke, 1909. In-8°, 30 p. (Extrait des Annales de la Société 
d’émulation pour l’étude de l’histoire et des antiquités de la 
Flandre , 4 e fasc., année 1909.) 1 fr. 25. 

486. Van den Vos Reynaerde, nach e. Handschrift des 14. Jahrh. 
im Besitze des Fürsten Salm-ReifTerscheidt auf Dyck, hrsg. v. Herm. 
Degering. Münster, F. Coppenrath, 1910. In-8°, xxn-110 p. et 1 pl. 
3 m. 

487. Vander Haeghen (Ferd.), Vanden Berghe (R.). Bibliotheca 
Belgica. Bibliographie générale des Pays-Bas. Publiée avec la colla¬ 
boration de Victor Vander Haeghen et Alph. Roersch, livraisons 183 
et 184. Gand, C. Vyt, 1909. In-12. 2 fr. 

488. Van de Vblde (A.). De ambachten van de timmerlieden en de 
schrijnwerkers, te Brugge; hun wetten, hun geschillen en hun 
gewrochten van de xiv a tôt de xix e eeuw. Gent, A. Sifîer, 1909. In-8°, 
261 p. et fig. (Uitgave der Koninklijke vlaamsche Academie voor taal 
en letterkunde, IV. reeks : Uitgaven der commissie voor geschiede- 
nis, bio- en bibliographie, n° 7. 4 fr. 

489. Vaucelle (E.). La Bienheureuse Jeanne d’Arc. Tours, A. Marne 
et fils, s. d. ïn-4°, 223 p., avec grav. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



198 


BIBLIOGRAPHIE. 


490. Vedel. Heldenleben. Mittelalterliche Kulturideale. I. Leipzig, 
B. O. Teubner, 1910. Iu-8°, vi-138 p. (Au» Natur u. Gcisteswelt.) 1 m. 

491. Vérel (Charles>. Le Bréviaire des Normands. Préface par Sta¬ 
nislas Millet. Alençon, impr. veuve A* Laverdure, 1909. In-18 jésus, 
x-301 p. 3 fr. 

492. Vidyabhusana (Satis Chandra). History of the mediæval 
school of Indian logic; in two books. Book I : The Jaina Logic; 
Book II : The Buddhist Logic. London, Luzac, 1909. Iu-8°, xxi-188 p. 
(University Studies, No. I.) 

493. Vigener (Fritz). Regesten der Erzbischôfe v. Mainz von 1289- 
1396. 5. II. Bd. (1354-1396). Leipzig, Veit, 1909. In-fol., p. 161-240 
4 m. 50. 

494. Vincent (Aug.). Le Catalogue de la bibliothèque royale. 
Bruxelles, G. Vau Oest, 1908. In-8°, 5 p. 

495. Vincent (J.-E.). The Story of the Thames. London, Smith, 
Elder, 1909. In-8°, 344 p. 7 s. 6 d. 

9 

496. V ingqvist (Herman). Etude sur la langue du Mistère de 6aiut 
Adrien. Lund, Gleerupska hokh., 1909. In-8°, vm-83 p. 2 kr. 

497. Vinogradoff (Paul). Roman law in mediæval Europe. Lon¬ 
don, Harper, 1909. In-12, 146 p. 2 s. 6 d. 

498. Vitry (Paul). Une tête de Christ du xn° siècle. Paris, 
E. Leroux, 1909. Iu-4°, 12 p., avec 4 fig. (Fondation Eugène Piot. 
Extrait des Monuments et Mémoires publiés par l’Académie des 
inscriptions et belles-lettres , 2 e fasc. du t. XVI.) 

499. Vlaminck (A.). A propos de la charte de Saint-Omer, dite de 

1168. Nancy, impr. Berger-Levrault, s. d. In-8°, 6 p. 

• 

500. Vogel (Marie), Gardthausen (V.). Die griechischen Schreiber 
des Mittelaiters u. der Renaissance. Leipzig, O. Harrassowitz, 1909. 
Iu-8°, xii-508 p. (Zeutralblatt f. Bibliothekswesen, Beihefte XXXIII.) 
24 m. 

501. Vogt (Ernst). Regesten der Erzbischôfe v. Mainz von 1289- 
1396. 6. I. Bd. (1289-1353). Leipzig, Veit, 1909. In-fol., p. 161-240. 
4 m. 50. 

502. Voorloopige lijst der Nederlandsche monumenten vau geschie- 
denis en kuust. II : Do provincie Drente. Utrecht, W. Lejddenroth 
van Boekhoven, 1909. In-8°, 51 p. 0 fr. 50. 

503. Voss (G.). Herzogth. Sachsen-Meiningeu. Kreis Meiningen. 
Amtsgerichtshez. Meiningen. (Die Stadt Meiningen u. die Landorte.) 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOOftiPIIE. 199 

Jena, G. Fischer, 1909. In-fol., x-584 p., 356 fig., 74 pl. (Bau- u. 
Kunst-Denkmàler Thüringens, 34. Heft.) 20 m. 

504. Wagner (Pietro). Origine e aviluppo del canto liturgico sino 
alla fine del medio evo. Versione italiana del sac. M. R., riveduta 
dair autore. Siena, tip. S. Bernardino, 1910. In-8°, xxi-310 p. (Biblio- 
teca del clero, vol. LXV.) 4 1. 

505. Wallerstbin (Vict.). Die Raumbehandlung in der oberdeut- 
schen u. niederlândischen Tafelmalerei der 1. Hàlfte des xv. Jahrh. 
Eine stilgeschichtl. Studie. Strassburg, J. K. E. Heitz, 1909. Gr. iu-8°, 
vi-109 p., 20 pl. (Studien zur deutschen Kunstgeschichte.) 8 m. 

506. Walter (Theobald). Das Schulwesen in der Stadt Rufach 
(1287-1909). Illustrierte Festschrift zur Erôiïng. des Neubaues der 
kaiserl. Landwirtschaftsschule zu Rufach im Herbst 1909. Gebweiler, 
J. Boltze. In-8°, vn-151 p., tableau. 20 m. 

507. Wehowski (Else). Die Sprache der Vida de la benaurada 
sancta Doucelina. Lautstand, Formen u. einige syntakt. Erscheinun- 
gen. Eine Studie zum Dialekt v. Marseille. Berlin, E. Ebering, 1910. 
In-8°, 178 p. (Romanische Studien, 8. Heft.) 4 m. 50. 

508. Weiss (Konr.). Geschichte der Stadt Nürnberg bis zum Ueber- 
gang der Reichsstadt an das Kônigr. Bayern im J. 1806. Nürnberg, 
C. Koch, 1909. Gr. in-8°, n-142 p., 66 fig. et 1 plan. 1 m. 

509. Welsford (J. W.). The Strenght of England, a politico-écono¬ 
mie history of England from Saxon times to the reign of Charles I. 
London, Longmans, 1910. In-8°, 380 p. 5 s. 

510. Wessely (Cari). Griechische u. koptische Texte theologischen 
Inhalts. I. Leipzig, E. Avenarius, 1909. In-fol., iv-181 p. (Studien zur 
Palaeographie u. Papyruskunde, IX.) 12 m. 

511. Wilkins (H. J.). Some Chapters in the Ecclesiastical History 
of Westbury on Trym, to which is appended a list of abbots, deans 
and vicars since a. o. 715. London, Arrowsmith, 1909. In-8°. 2 s. 

512. Willert (Max.). Dante Alighieri u. seine Zeit. Leipzig, 
Xenien, 1909. In-8°, 106 p. 2 m. 

513. Wilpert (Jos.). Die Papstgrâber u. die Câciliengruft in der 
Katakombe des hl. Kallistus. Freiburg i. B., Herder, 1909. In-fol., 
xiv-109 p., 70 fig. et 9 planches. (Rossi. Roma sotterranea.) 25 m. 

514. Winship (George P.). William Caxton, a paper read at a mee¬ 
ting of the Club of old volumes in Boston, Mass., February, 1908. 
London, Doves Press, 1909. In-4°. 10 s. 

515. Winstedt (E. O.). The Christian topography of Cosmos Indi- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




BIBLIOGRAPHIE. 


copleustes. Edit, witli geographical notes. Cambridge, Univ. Press. 
1009. In-8°, 386 p., 14 pl. 12 s. 6 d. 

516. Witte (Hans). Mccklenburgische Geschichte, in Anknüpfg. an 
Ernst Voll neu bearb. I. Bd. Von der Urzeit bis zum ausgeh. Mittel- 
alter. Wismar, Hinstorff, 1909. In-8°, vi-301 p. 7 m. 50. 

517. Wolfsgruher (Colestin). Kircbengeschicbte Oesterreich- 
Ungarns. Wien, II. Kirsch, 1909. Gr. in-8°. vi-215 p., 1 tableau, 
1 carte en couleur. 4 m. 80. 


518. Wüst (Paul). Die Lilie, eine mitlelfrankische Dicbtung in 
Reimprosa, u. andere geistliche Gedicbte aus der Wiesbadener lland- 
schrift. Berlin, Weidmanu, 1909. Gr. in-8°. x.xx-91 p., 1 pl. (Deutsche 
Texte des Mittelalters, hrsg. v. der konigl. preuss. Akademie der 
Wissenschafteu, XV. Bd.) 4 m. 60. 


519. Wui.FF (Osk.). Altchristliche u. mittelalterliche byzantinische 
u. italienische Bildwerke. 1. Tl. : Altchristliche Bildwerke. Berlin, 
G. Reimer, 1909. ln-fol., vm-336 p., lig. et 75 Taf. (Beschreibung 
der Bildwerke der christlicheu Epochen, 3. Bd.) 35 m. 

520. Zech (M.). La Papyrologie grecque et ses progrès. Anvers, 
impr. J. Van Hille-de Bocker, 1908. In-8°, 12 p. 

521. Zehetbauer (F.). Das Kirchenrecht bei Bonifatius dem Apos- 
tel der Deutschen. Wien, II. Kirsch, 1910. In-8°, vn-140 p. 3 m. 60. 

522. Zucchini (Guido). La facciata del palazzo del podestà dal 
secolo xv al xix. Bologna, L. Bertrami, 1909. Iu-8°, 47 p. et fig. 
(Bologna bella, n° 1.) 2 1. 





Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MÉLANGES 


— Par arreu'* ministériel, en date du 14 février 1910, ont été nommt 
archivistes paléographes dans l’ordre de mérite suivant : 



MM. 1. Hirschauer (Auguste-G hurles). 

2. Chohaut (//yacinfhe-Ernest). 

3. IIuisman ((Georges-Maurice). 

4. Hoykh (Louis). 

M ,,c 5. Ar.LOC.QUE (Léopoldine-Marie-Geneméwe). 
MM. 6 . Barennes (Jean-Marie-Jacques). 

7. Gastineau (.4/areef-Marie-Gustave). 

8. Godet (Jean-François -Marcel). 

9. Ruinaut (Julos-Josep/i). 

10. Loirette (Gabriel-Camille-Marius). 

H. Pichard du Page (ftené-IIippolyte). 

12. Faucher (Étienne-François-/jen;amtn). 

13. Barelon (Jean-François-Laurent). 


Et hors rang comme appartenant à des promotions antérieures 
(ordre alphabétique) : 

MM. Chodron de Courcel (Louis- Vaten/in-Joseph). 
Garric ((ïabnef-Marie-Picrre). 

Isnard (É/m7e-Marie-Noël). 

Loncle (Maitrice-Hector). 

Rousset (Maurice). 


— La Société de l’Ecole des chartes a procédé le 28 avril 4910 au 
renouvellement de son bureau et de ses commissions, qui se trouvent 
ainsi composés pour l’année 1940-4941 : 

Président d'honneur, M. Léopold Delisle; président, M. P. Viol- 
let; vice-président, M. E. Lelong; secrétaire, M. L. Mirot; secré¬ 
taire-adjoint, M. Marcel Aubert; commission de publication, 
MM. Omont, Stein et Valois, membres ordinaires; MM. Ledos et 
Poupardin, membres adjoints; commission de comptabilité, 
MM. A. Bruel, Eug. Lefèvre-Pontalis et H. Moranvillé; archiviste- 
trésorier, M. le comte de Germiny; commission de la collection 
des « Mémoires et documents », MM. P. Guilhiermoz, F. Lot, 
A. Morel-Fatio, M. Prou et N. Valois. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


202 


CflaONIQUE ET MÉLANGES. 

— Notre confrère M. Maurice Prou a été élu, le 11 février dernier, 
membre ordinaire de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, en 
remplacement de notre confrère M. Henry d’Arbois de Jubainville, 
décédé. 

— Par arrêté ministériel, en date du 12 décembre 1909, notre con¬ 
frère M. L. Halphen est chargé, pendant l’année 1910, du cours d’his¬ 
toire du moyen âge à l’Université de Bordeaux. 

— Par arrêté ministériel, en date du 13 janvier 1910, notre confrère 
M. R. Poupardin a été nommé secrétaire de l’École des chartes, et, 
par un .autre arrêté, en date du 10 mars, il a été nommé bibliothé¬ 
caire honoraire à la Bibliothèque nationale. 

— Par arrêté ministériel, en date du 28 février 1910, notre confrère 
M. Paul Cauwès a été nommé, pour trois ans, doyen de la Faculté de 
droit de Paris. 

— Par arrêté ministériel, en date du 21 janvier 1910, notre confrère 
M. Ch. de la Roncière a été nommé membre de la commission des 
Archives au ministère de la Marine. 

— Par arrêté ministériel, en date du i ,r janvier 1910, ont été nom¬ 
més nos confrères dont les noms suivent : MM. Camille Anchier, 
Camille Couderc, Adolphe Dieudonné, Philippe Lauer, Paul Le Bre- 
thon, Paul Le Cacheux, Léon Mirot, Charles Portai, René Poupardin, 
Henri de Roux, officiers de l’Instruction publique; et MM. Étienne 
Guillemot, Louis Jacob, Fernand Martin-Chabot, officiers d'Académie. 

Par un autre arrêté, en date du 2 avril, à l’occasion du Congrès 
des sociétés savantes, ont été nommés nos confrères dont les noms 
suivent : M. Max Prinet, officier de l’Instruction publique, et M. Henri 
Labrosse, officier d’Académie. 

% 

— Par arrêté ministériel, en date du 24 avril 1909, nos confrères 
MM. Gandilhon et Lesort ont été nommés correspondants du Comité 
des sociétés des beaux-arts. 

— Notre confrère M. Lesort a été chargé, pendant l’année 1909- 
1910, du cours d’histoire de l'architecture à l’École régionale des 
beaux-arts de Rennes. 

— Par arrêté préfectoral du 24 janvier 1910, notre confrère M. Henry 
Prost a été nommé sous-archiviste-adjoint aux archives de la Seine. 

— Par arrêté préfectoral du 16 avril 1910, notre confrère M. R. 
Burnand a été attaché à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. 

— Par arrêté préfectoral, en date du 31 mars 1910, notre confrère 
M. J. Machet de La Martinière a été nommé archiviste du Morbihan. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



203 


CMONIQUE ET MÉLANGES. 

— Par arrêtés, en date des 26 octobre, 24 novembre et 16 décembre 
1909, notre confrère M. Marcel Godet & été nommé conservateur de 
la bibliothèque d’Abbeville, archiviste communal de cette ville et con¬ 
servateur des musées d'Abbeville. 

— Par arrêté municipal du 28 février 1910, notre confrère M. Georges 
Ritter a été nommé bibliothécaire-adjoint de la ville de Rouen. 

— Par arrêté municipal du l* r mai 1910, notre confrère M. J. Kui- 
naut a été nommé bibliothécaire de la ville de Pau. 

— Nos confrères MM. Charles Beauquier, Jules Delafosse, Louis 
Passy et Camille Pelletan ont été réélus membres de la Chambre des 
députés. 

— Notre confrère M. Lecestre a commencé le 10 mars dernier une 
série de conférences à l’Institut catholique sur la Cour de Louis XIV 
de il 00 à 1115. 


— Nous empruntons au discours présidentiel de M. Bouché- 
Leclercq, prononcé dans la séance publique annuelle du 26 novembre 
1909, le passage suivant relatif au prix Gobert attribué à deux de nos 
confrères par l’Académie des inscriptions et belles-lettres : 

« Il est un nom qui, depuis trois quarts de siècle, signale À l’atten¬ 
tion les travaux les plus « éloquents », — au jugement de l’Académie 
française, — et « les plus savants et les plus profonds », — au juge¬ 
ment de l’Académie des inscriptions, — sur l’histoire de France : le 
nom du baron Gobert. Cette année, le premier prix Gobert a été 
décerné à M. R. Delachenal, auteur d'une Histoire de Charles V 
dont il nous donne les deux premiers volumes; le second, à M. L. 
Caillet, pour son Étude sur les relations de la commune de Lyon 
avec Charles VII et Louis XI. L’ouvrage de M. Delachenal ajoute 
aux sources jusqu’ici connues des documents inédits et apporte à 
l’histoire du règne de Charles V beaucoup de faits nouveaux, d’appré¬ 
ciations personnelles, qui rectifient sur bien des points des opinions 
accréditées. Au mérite d'une large information, d’un sens critique 
aiguisé, l’auteur joint un remarquable talent d’exposition, le don du 
style sobre et clair, qui dégage de la masse des textes et références 
rejetées dans les notes les faits et les idées mis ainsi en pleine 
lumière. Moins soucieux de la forme et de la coordination des 
matières, M. Caillet, admirablement servi par des archives d’une 
incomparable richesse, retrace la vie agitée de la commune de Lyon 
à une époque où la ville était, autant que Paris, la capitale écono¬ 
mique et morale de la France. Les appendices qui occupent plus de 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



204 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

la moitié de ce gros volume, c’est-à-dire 330 pièces justificatives 
choisies avec discernement, des tables des noms de personnes et de 
lieux témoignent du labeur patient et de la conscience de l’auteur. » 


NÉCROLOGIE. 

HENRI D’ARBOIS DE JUBAINVILLE. 

9 f 

L’Ecole des chartes et la Société de l'Ecole des chartes viennent 
d’étre attristées par la mort d’un confrère les plus estimés, dont la 
carrière et les travaux lui ont fait le plus d’honneur. Henry d’Arbois 
de Jubainville, décédé à Paris le 26 février dernier, dans sa quatre- 
vingt-troisième année, était né à Nancy le 5 décembre 1827. Sorti de 
l’École des chartes en 1850, le premier de sa promotion, après avoir 
été pendant vingt-sept ans archiviste du département de l’Aube (1852- 
1880), notre regretté confrère était venu à Paris occuper jusqu’à sa 
mort la chaire de langues et littératures celtiques créée pour lui en 
1882 au Collège de France. La même année il était devenu membre 
résidant de la Société nationale des Antiquaires de France ; deux ans 
après, en 1884, l’Académie des inscriptions et belles-lettres lui ouvrait 
ses portes et le désignait en 1896 pour faire partie du Conseil de per¬ 
fectionnement de l’École des chartes. 

Nous reproduisons les discours prononcés à ses obsèques par 
M. Edmond Pottier, président de l’Académie des inscriptions et 
belles-lettres; M. Émile Levasseur, membre de l’Institut, au nom du 
Collège de France; M. René Cagnat, membre de l’Institut, au nom 
de la Société nationale des Antiquaires de France, et M. le comte 
Paul Durrieu, au nom de la Société de l’École des chartes. 

DISCOURS DE M. EDMOND POTTIER, 

PRÉSIDENT DE L’ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET RELLES-LETTRES. 

Messieurs, 

Si grand que soit notre désir d’honorer nos morts, nous ne pouvons 
pas nous dissimuler que nos hommages restent faibles à côté des sen¬ 
timents profonds qu’inspire la perte d’un homme comme M. d’Arbois 
de Jubainville à ceux qui l'ont connu et tendrement aimé. En pré¬ 
sence d’une famille qui se souvient et qui pleure, en présence d’amis 
qui ont été les compagnons d’une vie si longue, que dire qui soit une 
vraie consolation? 

Je ne puis donc que leur apporter nos regrets sincères et saluer une 


i 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


I 



205 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

dernière fois, au nom de l’Académie, le confrère vénéré, le grand 
savant, — qui fut en même temps un cœur bon et modeste, — que 
pendant tant d'années nous avons eu la joie de conserver parmi nous. 

Mon rôle est de vous retracer brièvement les étapes d’une carrière 
uniquement consacrée au travail et à la science. Et cependant, com¬ 
ment ne pas dire aussi ce que nous pensions de l’homme, comment 
ne pas rappeler sa physionomie si expressive, en qui transparaissait 
l'àme même, le fond intime de la vie intérieure, tant il était sans 
détours et toujours semblable à lui-même, tant il s’imposait tout de 
suite à l'attention par la force et l'originalité de sa nature? 

Sa parole, d'abord un peu hésitante, puis martelée et comme scan¬ 
dée de gestes rythmés, devenait chaleureuse et pressante; l’étendue 
de son savoir, la vigueur de ses convictions, le sérieux et la gravité 
de son esprit toujours occupé de problèmes historiques apparaissaient 
dans ses moindres entretiens et, fùt-ce dans un salon, dans l’intimité 
d’une réunion d’amis, on le trouvait toujours prêt à causer des plus 
hautes questions, sans apprêt, sans pédanterie, même en souriant et 
avec cette bonne humeur qui éclairait si souvent son visage, mais 
avec l’invincible penchant d’un esprit né pour la réflexion et pour 
l'étude. 

La vie de M. d’Arbois de Jubainville explique son caractère. Né à 
Nancy, le 5 décembre 1827, fils d’avocat, il fut élevé au séminaire et 
se destina d’abord à l’état ecclésiastique, puis, entraîné par l’exemple 
de son père, il commença des études de droit qui, dans la suite, lui 
furent très utiles pour ses travaux, et eniin entra, en 1847, à l’École 
des chartes, d'où il sortait, en 1850, avec une thèse intitulée : 
Recherches sur la minorité et ses effets dans la France coutu¬ 
mière au moyen âge. 

En 1852, il s’installait à Troyes comme archiviste du département 
de l’Aube, et c’est là qu'il commence la série d'admirables travaux 
qui remplirent toute son existence et dont Gaston Paris a montré 
l'unité profonde, en présentant ses titres à l’Institut, il y a vingt-six ans. 

C'est l'histoire de France qui l'attire, mais, en remontant le cours 
des temps, il voit se poser devant lui le problème de nos origines 
nationales, et c’est dans ce domaine qu'il s’installe pour n'en plus 
bouger. Son étude sur YÉtat intérieur des abbayes cisterciennes 
est de 1858. Sa grande Histoire des ducs et des comtes de Cham¬ 
pagne est commencée en 1850 et ne s’achève qu’en 1800 avec sept 
volumes; elle lui a valu, dès 1864, le premier prix Gobert. L’Acadé¬ 
mie des inscriptions s’intéresse de plus en plus à ce travailleur obstiné 
et modeste qui, du fond de sa province, avec peu de livres à sa dispo¬ 
sition, lui envoie des œuvres de si haute valeur; en 1867, elle le 
nomme son correspondant. 

Mais voici que la pensée de l’historien évolue vers des époques plus 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



206 


CraoniQUE R rfURfi&B. 

anciennes. O’est par la philologie, et non par l’archéologie, que 
M. d’Arbois veut aborder le redoutable problème des origines fran¬ 
çaises. Ce n’est pas seulement un plan nouveau qu'il apporte, c'est 
une méthode. Comme me le rappelait un de ceux qui ont le mieux 
pénétré l’œuvre de notre confrère, M. d’Arbois apparaît comme un 
des premiers représentants de la méthode scientifique en histoire, à 
une époque où les historiens de la Gaule étaient surtout des écrivains 
éloquents, comme Michelet, Amédée Thierry, Henri Martin. Dans 
l’histoire, M. d’Arbois introduit comme bases l’ethnographie, la juris- 
prudence, la philologie, la paléographie. Son Étude sur la. décli¬ 
naison des noms propres dans la langue franque est de 1870. En 
1877 parait le livre qui rend l’auteur célèbre dans le monde savant et 
qui est comme le manifeste de cette école nouvelle, les Premiers 
habitants de l’Europe. Puis les livres ou les mémoires se succèdent 
coup sur coup, affirmant la maîtrise et l’originalité de ces théories : 
Études sur le droit celtique et Études grammaticales sur les 
langues celtiques (1881), Introduction à l’étude de la littérature 
celtique (1882), Essai d’un catalogue de la littérature épique de 
l’Irlande (1883), le Cyole mythologique irlandais et la Mythologie 
celtique (1884). 

Le modeste archiviste de Troyes était devenu un savant célèbre et . 
un chef d'école. A côté des érudits qui, comme Alexandre Bertrand, 
organisaient la science du préhistorique en classant et en étudiant lee 
monuments d’art et d’industrie, d’Arbois de Jubainville apportait a la 
môme science tout un outillage nouveau, construit avec d’autres 
matériaux. En trente ans, il avait accumulé un formidable appareil 
de connaissances historiques et linguistiques, tout entier dirigé vers 
un but unique, vers la solution de ce problème : qu’est-ce que l’élé¬ 
ment gaulois dans la formation et le développement de la nationalité 
française ? 

Gaston Paris l’a dit : dans ce grand effort, la persévérance de d’Ar¬ 
bois fut admirable. Dès qu’un obstacle se présentait, il allait droit à 
lui et le surmontait. Pensant que le breton d’Armorique est le repré¬ 
sentant moderne du gaulois, il avait appris le breton. Constatant 
ensuite que le bas-breton n’est que du gallois importé, il apprit le 
gallois. Possédant à fond les livres de Zeuss, — pour lequel il profes¬ 
sait une admiration profonde et qu’il fut un des premiers à faire con¬ 
naître en France, — et amené à comprendre l’importance de l'irlan¬ 
dais dans ce sujet, il étudia l’irlandais et toutes les langues 
germaniques voisines du groupe celtique; il alla en mission en 
Irlande. Jamais aucune difficulté ne le découragea ni ne le détourna 
de 1a voie qu’il s'était tracée. 

M. d’Arbois avait beau être très modeste, tant de mérites et tant de 
travaux originaux ne pouvaient pas le laisser dans l’ombre. En 4880, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



207 


CHtONIQUB ET MELANGES. 

il était venu à Paris pour y trouver plus de livres et de ressources 
scientifiques. En 1882, il fut nommé titulaire d’une chaire de celtique, 
créée au Collège de France sur les instances d’Henri Martin, qui avait 
bien compris quel appui l’histoire des antiquités nationales trouvait 
dans ce puissant ouvrier. En 1884, il était élu membre de l’Académie 
des inscriptions, ayant pour parrains Alexandre Bertrand et Gaston 
Paris. 

C’est à cette époque que j’eus l'honneur de rencontrer M. d’Arbois 
de Jubainville dans le salon de la rue du Bac, bien connu de plusieurs 
d'entre nous, où notre regretté et cher Gaston Paris recevait ses amis 
le dimanche et où l'on voyait tant de célébrités aujourd’hui disparues, 
Renan, Taine, Sully-Prudhomme, de Heredia, Albert Sorel. M. d’Ar¬ 
bois était un des plus fidèles habitués et l’on y goûtait fort sa tournure 
d'esprit si personnelle. Les paradoxes et les propos sceptiques avaient 
peu de prise sur lui. Dans un temps où toutes les idées semblent 
ondoyantes, où les principes fondamentaux d’autrefois sont mis en 
discussion, il apparaissait comme un homme d’un autre âge, par la 
force tranquille de ses convictions. Sa candeur, entendue au sens 
noble du mot, c’est-à-dire sa confiance indestructible dans les pré¬ 
ceptes simples qui règlent la vie, religion, science, patrie, famille, 
donnait à sa parole, dans ce milieu de philosophes, de romanciers et 
de poètes, une saveur toute particulière. Sa structure physique elle- 
même ajoutait à l’impression qu'il faisait et, en le voyant, on évoquait 
volontiers l’image d’un arbre robuste, dont les racines vont chercher 
dans une terre salubre les sucs qui vivifient; sa santé morale égalait 
sa santé physique. 

A partir de cette époque, vous connaissez, Messieurs, son histoire; 
elle vous appartient. Vous n’avez pas eu de confrère plus assidu à vos 
séances, plus intimement lié à vos travaux. Son zèle ne s’était pas 
ralenti et il a publié, comme membre de lTnstitut, des ouvrages consi¬ 
dérables parmi lesquels je citerai 1 Épopée celtique en Irlande (1892), 
la Civilisation des Celtes et celle de l’épopée homérique (1899). 
Après avoir étudié le breton, le gallois et toutes les langues germa¬ 
niques, M. d'Arbois s’était épris d’Homère et lisait le grec avec pas¬ 
sion. Il a dirigé pendant vingt-quatre ans la Revue celtique, après 
M. Gaidoz, et il a dispersé quantité d’articles et de comptes-rendus 
dans des publications savantes que je ne saurais énumérer ici. 

Quand l’heure du repos a sonné pour lui, ce n’était pas ce repos 
volontaire ou résigné que souhaitent les cerveaux fatigués et les corps 
lassés. C’était, ce ne pouvait être pour lui que l’heure du repos éter¬ 
nel. Il y a quinze jours, il travaillait encore à sa table; il y a un mois, 
nous avions vu avec admiration ce vieillard de quatre-vingt-deux ans 
franchir Paris inondé et monter en barque dans la rue Mazarine pour 
ne pas manquer notre séance du vendredi 28 janvier. Et maintenant, 


» 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



208 CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

confiant dans les promesses de la religion à laquelle il avait gardé 
l’ardente foi de son enfance, confiant dans la mort comme il l’a été 
dans la vie, ce grand et honnête cœur va dormir dans la terre fran¬ 
çaise, dans la terre gauloise qu'il a tant aimée. 


DISCOURS DE M. ÉMILE LEVASSEUR, MEMBRE DE L’INSTITUT, 

AU NOM DU COLLÈGE DE FRANCE. 


Messieurs, 

Le Collège de France vient de perdre sou doyen d’âge qui était aussi 
un de ses doyens du professorat. 

M. d’Arbois de Jubainville a eu une longue existence, toute remplie 
par le travail. Il n’y faut pas chercher d'incidents dramatiques; mais 
on y trouve le salutaire exemple de l'accomplissement constant du 
devoir professionnel uni à l’amour de la science et à la pratique de 
l’élude. 

D’Arhois de Jubainville appartenait à une famille originaire du pays 
messin qui s’était fixée depuis deux générations à Nancy. C’est là 
qu’il a vécu ses années de jeunesse et qu’il a fait ses classes. Au sor¬ 
tir du collège, il eut d’abord l’intention d’entrer dans la carrière ecclé¬ 
siastique et il passa un an au séminaire. Sa vocation était, ailleurs. Il 
# 

entra à l’Ecole des chartes, et, après sa thèse, en 1852, il fut nommé 
conservateur des archives du département de l’Aube. 

Nous étions presque contemporains; c’est en 1852, au sortir de 
l’Ecole normale, que j’ai été nommé professeur au lycée d’Alençon. 
Je n’ai pas tardé à entrer en relation avec d’Arbois de Jubainville. En 
1854, j ’étudiais en vue de Y Histoire des classes ouvrières l’ouvrage 
qu’il venait de faire paraître l’année précédente, Fouillé du diocèse 
de Troyes rédigé en ikOl et publié pour la première fois, ouvrage 
qui, indépendamment de l’intérêt géographique qui en est le fond 
essentiel, contient d’intéressants documents sur l’histoire des prix. 
Le volume est dédié à Guérard, directeur alors de l’École des chartes, 
comme « hommage de la reconnaissance et du respect de son ancien 
élève » ; l’élève devait se montrer digne du maître. Cette première 
œuvre a été suivie, à huit ans de distance, du Répertoire archéolo¬ 
gique du département de l’Aube, publié sous les auspices île la 
Société d’agriculture, sciences et belles-lettres du département. Ce 
répertoire est le premier et a été le modèle d’une série de travaux du 
même genre édités par le ministère de l’Instruction publique sous la 
direction du Comité des travaux historiques et dont les érudits regrettent 
l'interruption depuis une trentaine d'années. 

L’œuvre maîtresse de d’Arbois de Jubainville pendant sa carrière 
d’archiviste est YHistoire des ducs et comtes de Champagne depuis 
le VF siècle jusqu’à Philippe le Bel et Jeanne de Navarre. Des 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 209 

publications partielles avaient été faites sur ce sujet, mais aucune 
œuvre d'ensemble définitive. 

Les Bénédictins de Saint-Maur avaient amassé, pendant un demi- 
siècle, un grand nombre de matériaux, ils n’avaient pas commencé la 
rédaction. D’Arbois de Jubainville l’entreprit et l’acheva. « Une cor¬ 
poration, disait-il, pouvait seule donner autant de temps à la prépara¬ 
tion d’un livre. La congrégation de Saint-Maur croyait à son immor¬ 
talité... Aujourd’hui, privés du concours de ces associations puissantes 
que la Révolution a brisées, tout homme sait qu’un terme fatal est 
proche et que, pour ses entreprises littéraires, il n’aura pas d'hé¬ 
ritier. > 

11 n’a pas eu besoin d’héritier; mais il a eu un collaborateur auquel 
il se plaît à témoigner sa gratitude, M. Pigeotte, et, en sept années, 
de 1859 à 1866, il a composé et fait paraître en six tomes (et sept 
volumes) cette histoire très abondamment et très solidement documen¬ 
tée, dont il a tiré les pièces non seulement des archives de l’Aube, 
mais de maint autre dépôt; c'est une œuvre de bénédictin, cette fois 
définitive. 

Le temps que d'Arbois de Jubainville consacrait à ses travaux per¬ 
sonnels n’était pas pris aux dépens de sa fonction d'archiviste dépar¬ 
temental, car il la remplissait avec conscience. Il a laissé la trace de 
son passage à Troyes par des classements de pièces et par la publica¬ 
tion de plusieurs volumes d’inventaire, tant pour le fonds de l’inten¬ 
dance de Troyes que pour celui de l’église cathédrale. 

Il était tenu en haute estime par les savants qui se trouvaient en 
rapport avec lui ; il a fait des disciples dont quelques-uns ont été des 
érudits distingués. Pendant la guerre, au milieu du désarroi, il est 
resté à son poste, et il a bien voulu remplir auprès du préfet la fonc¬ 
tion, pénible alors, de chef de cabinet. 

La longue existence de d’Arbois de Jubainville offre cette particula¬ 
rité qu’elle a sulfi à une double carrière de savant et de fonctionnaire, 
et que, dans l’une et l’autre, il est resté une trentaine d’années, le 
temps réglementaire de l’activité de service. C’est par sa seconde car¬ 
rière qu’il appartient au Collège de France. Sur le vœu exprimé par 
les professeurs, un décret du 2 janvier 1882 dota le Collège de France 
d’une chaire de celtique, et un second décret du même jour nomma 
M. d’Arbois de Jubainville, alors correspondant de l’Institut, profes¬ 
seur titulaire de cette chaire. 

Ce n’était pas un professeur improvisé. D’Arbois de Jubainville 
s’était préparé pendant des années, à Troyes, à explorer ce nouveau 
terrain par des études de linguistique qui avaient porté principalement 
sur le sanscrit et sur les langues néoceltiques; c'était, dans sa pensée, 
un instrument nécessaire pour composer une histoire des Gaulois à 
laquelle il songeait et qu’il n’a jamais écrite. Il venait précisément 

1910 14 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



210 


CHRONIQUE ET IféLANGBS. 

d'être chargé, avec Alexandre Bertrand, d’une mission en Angleterre 
et en Irlande, dont l'objet était de dresser un catalogue des manuscrits 
irlandais et d’étudier les antiquités celtiques irlandaises. 

Son élection à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, après la 
mort de Lenormant, a suivi, à deux ans de distance, son entrée au 
Collège de France. 

Il avait alors passé la cinquantaine. Mais il avait encore toute la 
vigueur de son intelligence et toute sa puissance de travail, et il les 
conserva longtemps. Ses publications en rendent témoignage. Pour 
les deux plus importantes, les Anciens habitants de l’Europe , 
ouvrage qui, quoique ayant eu deux éditions, est resté inachevé, et 
l’Étude sur la propriété foncière en Gaule et les plus anciens 
noms de lieu , je me borne à rappeler les titres; le président de 
l’Académie des inscriptions et belles-lettres vient d’en parler avec la 
haute compétence qui appartient à sa Compagnie. 

C’est par le celte, qui n'avait qu'un cours à l’Ecole des Hautes- 
Etudes, tandis qu’il était professé à l’étranger dans des chaires d’Uni- 
versité, que d’Arbois de Jubainville est entré au Collège de France, 
et c'est par l’enseignement du celte et par les publications celtiques 
qui en ont été l’accompagnement que son nom y reste attaché. Cet 
enseignement, il l’a à peu près concentré sur le fenish-irlandais, qui 
est la source la plus riche de traditions et de poésies celtiques; il a 
étudié successivement la littérature, la grammaire et la phonétique, 
le droit, l'ancienne histoire de l’Irlande et de la Gaule, les épopées; 
l’analyse de l’Enlèvement du taureau divin et des vaches de Cooley a 
été le sujet de ses dernières leçons. 

Depuis 1886, il n'a pas cessé de diriger la Revue celtique , qui avait 
eu M. Gaidoz pour premier rédacteur en chef. 

Depuis 1883, il a publié une série de sept volumes sur la littérature, 
la mythologie, l’épopée de l'Irlande, la civilisation des Celtes compa¬ 
rée à l’épopée homérique qui reproduisent une partie de ses leçons, 
reproduction dont deux volumes ont été rédigés avec la collaboration 
de M. Loth. 

Les leçons et les publications de d’Arbois de Jubainville, depuis son 
entrée au Collège de France jusqu'à sa mort, représentent une somme 
énorme de travail accumulé pendant une trentaine d’années. Ceux qui 
ont pour mission de frayer des voies nouvelles dans une science et 
d’y pénétrer plus avant chaque année par leur enseignement savent 
seuls ce que coûte de recherches et d’études préparatoires l'acquisi¬ 
tion des connaissances qui se condensent dans une suite de leçons 
publiques. Pour d'Arbois de Jubainville, ce n’était pas un effort inter¬ 
mittent. Il travaillait, travaillait toujours, par habitude comme par 
goût. Il travaillait à Paris; il travaillait à la campagne. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE et MELANGES. 211 

C’était même à la campagne, dans le petit village de Jubainville, 
peu loin de la vallée de la Meuse, où il passait les mois d'été, qu’il 
préparait d'ordinaire la matière du cours de la prochaine année sco¬ 
laire. 

Sa propriété de Jubainville était le foyer estival de sa famille. Ses 
enfants et ses petits-enfants y ont pris leurs ébats. D'Arbois de 
Jubainville y retrempait ses forces, en se faisant tout rural et en 
surveillant l’aménagement et la coupe de son bois qu'il était fier 
d’exploiter lui-même en forestier compétent. 

J'estime qu’il a dû y vivre heureux : la campagne repose. D’ailleurs, 
la destinée ne semble pas lui avoir été cruelle, quoiqu’il soit bien 
difficile de pénétrer dans le fond d’une âme, et que le calme de la 
surface couvre parfois des soulèvements, des affaissements, des 
troubles intérieurs dont le patient seul possède le secret. D’Arbois de 
Jubainville, sans doute, a eu ses peines. Les mortels n’en sauraient 
être exempts, les vieillards surtout qui voient le vide se faire dans les 
rangs de leur génération. D’Arbois de Jubainville, malgré sa robuste 
constitution, a été éprouvé plusieurs fois par la maladie. Il y a envi¬ 
ron six ans, la phlébite l'a retenu plusieurs mois dans le lit ou sur 
une chaise longue. Pendant ce temps, le consciencieux professeur 
continuait à donner ses leçons à ses disciples qui se réunissaient aux 
heures réglementaires dans sa chambre. Il a eu la douleur de perdre 
un gendre et sa femme. D’autre part, chef de famille, il a eu la satis¬ 
faction de voir ses enfants conquérir par leur travail une situation 
honorable et ses petits-enfants grandir sous ses yeux. 

Arrivé au terme du chemin de la vie, à un grand âge, avant de fer¬ 
mer les yeux pour la dernière fois, s’il a porté un regard rétrospectif 
sur les étapes qu’il avait parcourues, il a dû n’avoir aucun reproche à 
se faire, ni peut-être aucun regret à concevoir, et, s'il a cherché à 
entrevoir devant lui le futur, il a dû avoir l’esprit tranquille sur l’ave¬ 
nir de la famille que sa mort allait laisser dans le deuil. 

Ce deuil, Messieurs, le Collège de France le partage avec elle, et 
c’est au nom de mes collègues que je lui adresse l’expression de notre 
sympathique condoléance. Nous aimions d’Arbois de Jubainville 
comme collègue en même temps que nous l’avions en haute estime 
comme savant. Son nom est inscrit dans nos annales à côté d'autres 
noms illustres; il restera comme étant le nom de l’homme qui dans 
notre maison, demeurée toujours fidèle depuis François I er à la tradi¬ 
tion des enseignements nouveaux, a été le docte initiateur de la géné¬ 
ration présente à la langue la plus anciennement connue de la Gaule 
et à la civilisation d’une des premières races ([ui ont peuplé dans les 
temps historiques ou semi-historiques l’occident de l'Europe. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



212 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 


DISCOURS DE M. CAGNAT, MEMBRE DE L’INSTITUT, 
PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DES ANTIQUAIRES DE FRANCE. 

Messieurs, 

Si quelqu'un était désigné par la nature même de ses études pour 
faire partie de la Société des Antiquaires de France, c'était bien le 
membre éminent que nous venons de perdre. Quel autre, mieux que 
d’Arbois de Jubainville, pouvait honorer un groupe d’érudits rassem¬ 
blés, suivant la charte même de leur fondation, pour « reproduire 
l'histoire des Celtes, rechercher leurs monuments, les examiner, les 
discuter, les expliquer »? Aussi bien était-il des nôtres depuis un 
demi-siècle. C’est en 1859, alors que sa situation d’archiviste le rete¬ 
nait encore en province, qu’il était élu correspondant national; le 
5 avril 1882, en possession de sa chaire du Collège de France, qui le 
fixait à Paris, depuis deux mois, il devenait membre résidant, huit 
jours exactement avant la mort de sou maître Quicherat, un de ses 
patrons les plus chaud6. Durant les cinquante années qu'il nous 
appartint, il n’a cessé de collaborer à notre œuvre, en nous envoyant 
des notes et des mémoires quand ses occupations professionnelles le 
retenaient encore loin de nous, en prenant une part active à nos 
séances lorsqu’il lui fut donné d’y pouvoir assister régulièrement. 
Notre Bulletin est véritablement le reflet de ses préoccupations scien¬ 
tifiques et de ses études successives; on y sent, année par année, le 
progrès de la vaste enquête qu’il a si vaillamment conduite sur l’his¬ 
toire et la civilisation de la Gaule, et qui a abouti à ces belles publi¬ 
cations que viennent d’énumérer ceux qui ont pris la parole avant 
moi. Nous l’avons entendu aborder, les uns après les autres, tous les 
problèmes que soulève l’origine de ce peuple gaulois, naguère si mal 
connu, sa langue, sa mythologie, son organisation militaire, civile ou 
religieuse, ses mœurs, sa géographie. Un jour, — et je choisis au 
hasard, — il fixait le senB des mots Galale , qui veut dire « brave », et 
Celte, qui signifie « grand » ; un autre jour, il combattait les juge¬ 
ments portés par Amédée Thierry sur les origines celtiques et montrait 
que ces jugements reposent sur des assertions peu exactes de Tite- 
Live; une autre fois, il expliquait la valeur de noms propres gaulois 
de personnes ou de lieux, Vercingétorix, Renogenus, Ploermel, Allo- 
brox, et tirait de ces exemples des règles générales sur la méthode à 
suivre dans les recherches d’étymologie celtique; une autre fois encore 
il établissait que l’inhumation et l’incinération avaient été également 
pratiquées chez nos aïeux, la première dans les classes élevées, la 
seconde surtout dans les classes inférieures; ou bien, en analysant les 
noms des grandes rivières de France, il prouvait que, celui du Rhin 
excepté, aucun ne s’explique par les langues celtiques et qu’ils 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



213 


CHRONIQUE ET MBLAAGES. 

doivent tous remonter à une population antérieure. Je pourrais mul¬ 
tiplier indéfiniment les citations; il suffira de constater que ces notes, 
dont il enrichissait nos volumes, et que j’ai relues ces jours derniers 
avec un vif intérêt, sont remplies de trouvailles de détail. Leur portée 
véritable apparaît clairement à ceux qui connaissent les grands 
ouvrages de d’Arbois de Jubainville, dont elles étaient la préparation 
et comme l’annonce. 

Et vous savez avec quelle fermeté, avec quelle chaleur il exposait 
toutes ces découvertes, mais aussi avec quelle bonhomie modeste, 
avec quelle mesure dans la discussion et dans la critique. C’est qu’il 
n'était pas seulement un maître dans l'érudition ; on sentait en lui le 
meilleur des hommes. Aussi attaché à ses opinions que tolérant pour 
celles des autres, l’esprit ouvert à toutes les nouveautés scientifiques, 
mais avec un discernement très réfléchi; réservant son approbation et 
au besoin sachant la refuser, mais toujours sans aigreur; comman¬ 
dant le respect par la sincérité de sa méthode, la sympathie par sa 
courtoisie, l’affection par sa bienveillance, il est de ceux que des 
confrères ne peuvent pas se résoudre à voir disparaître, après tant 
d’années de féconde collaboration et dont ils conserveront pieusement 
le souvenir. C’est ce que je tenais à dire, au nom de la Société des 
Antiquaires de France, à la famille qui le pleure aujourd’hui; surtout 
à ceux de ses petits-fils qui, frappés tout jeunes encore d'un deuil 
cruel, ont trouvé asile à son foyer et dont il m’a parlé, plus d’une fois, 
avec une tendresse touchante. Qu'ils n’oublient pas l’exemple de droi¬ 
ture et de bonté que leur a donné leur grand-père et qu’ils tiennent à 
honneur de lui ressembler. 

DISCOURS DE M. LE COMTE PAUL DURRIEU, MEMBRE DE L’iNSTITUT, 
AU NOM DE LA SOCIÉTÉ DE L'ÉCOLE DES CHARTES. 

Messieurs, 

La Société de l’École des chartes est cruellement frappée par la 
mort de M. Henry d’Arbois de Jubainville. Celui-ci comptait au 
nombre de nos doyens les plus révérés; il était, parmi nos confrères, 
un de ceux qui nous faisaient le plus grand honneur par la puissance 
de son érudition et l’éclat de sa carrière; un de ceux dont la fidélité 
nous était infiniment précieuse et que nous entourions du plus res¬ 
pectueux attachement. 

Des voix éloquentes ont rappelé devant vous les principaux traits 
de la vie de M. d’Arbois de Jubainville. vie toute de travail et qu’il y 
a un tiers de siècle, quand j’étais sur les bancs de l’Ecole des chartes, 
notre professeur Léon Gautier nous citait déjà comme un exemple de 
ce que doit être une existence d’érudit. 

Né à Nancy le 5 décembre 1827, Henry d’Arbois de Jubainville 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



214 CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

entra à l’École des chartes en 1847 et en sortit le 25 novembre 1850, 
classé le premier de sa promotion après avoir soutenu brillamment 
une thèse sur la Minorité et ses effets dans la France coutumière 
au moyen âge. 

Archiviste de l’Aube de 1852 à 1880, il montra combien il s’était 

9 

pénétré de l’enseignement professé à l’Ecole des chartes; il en appli¬ 
qua les rigoureux principes de méthode, non seulement en s’acquit¬ 
tant de ses fonctions professionnelles avec un zèle et une compétence 
hors ligne, mais encore en faisant paraître une série de publications 
se rapportant à l’histoire de France, qui lui valurent une brillante 
moisson de récompenses académiques. Plus tard, Henry d’Arbois de 
Jubainville, venu à Paris, nommé professeur au Collège de France, 
élu en 1884 membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 
s’engagea dans une nouvelle voie d’étude. Il consacra ses recherches 
aux langues et aux littératures celtiques. Mais même dans cette autre 
catégorie de travaux, c'est encore la forte discipline de l’éducation 
par l’École des chartes que l’on sent transparaître à travers les écrits 
de l’illustre érudit. Notre Ecole a donc grandement contribué à former 
son esprit et son talent; elle pourra en rester toujours justement fière. 

Nous avions manifesté la haute estime que nous éprouvions pour 
M. d’Arbois de Jubainville en l’élisant, en 1886, vice-président de 
notre Société, puis président pour la période de 1887-1888. De son 
côté, M. d’Arbois nous apportait un précieux concours scientifique. 
Pendant presque toute sa longue carrière, il a pris une part active à 
la publication de notre recueil périodique, la Bibliothèque de l’École 
des chartes, nous fournissant depuis 1851 une ample contribution 
d’articles très variés. 

Un heureux événement vint encore resserrer les liens qui l’unis¬ 
saient à nous. Il vit un de ses fils, Paul d’Arbois de Jubainville, suivre 

9 

ses traces, entrer à son tour à l’Ecole des chartes et en sortir avec le 
diplôme d’archiviste paléographe en 1893. L’Académie des inscriptions 
elle-même rattacha M. d’Arbois de Jubainville à l’École dont il sortait, 
en l’appelant en 1896 à faire partie de son Conseil de perfectionne¬ 
ment, où il ne cessa plus dès lors de siéger assidûment. 

La dernière fois que j’eus l’honneur de m’entretenir avec M. Henry 
d’Arbois de Jubainville, ce fut le vendredi H février dernier, au sortir 

de la séance de notre commune Académie des inscriptions. Ce jour-là, 

« 

l’Académie venait de procéder à l’élection d’un membre ordinaire, et 

9 

l’élu était justement un ancien élève de l’Ecole des chartes. En me 
séparant de M. d’Arbois de Jubainville, je lui indiquai que je m’ap¬ 
prêtais à aller féliciter chez lui le nouveau membre de l’Institut. Il 
me chargea alors de dire en son nom à celui-ci combien il était heu¬ 
reux du résultat des scrutins. Ainsi les derniers mots que j’ai recueil¬ 
lis des lèvres de notre vénéré confrère disparu célébraient un succès 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CflftOltIQUE ET MÉLANGES. 215 

de l'Ecole des chartes. Presque au seuil de la tombe, il témoignait de 
son attachement à la chère institution qui avait vu s’épanouir sa jeu¬ 
nesse de grand savant. 

La Société de l’École des chartes n’oubliera jamais son ancien pré¬ 
sident. Par ma voix, elle s’adresse particulièrement à celui des enfants 
de M. Henry d’Arbois de Jubainville qui se trouve être un des nôtres; 
elle le prie de vouloir bien recevoir et transmettre à tous les membres 
de sa famille l’expression des sentiments très douloureux avec lesquels 
nous nous associons de tout cœur à leur deuil. 


AUGUSTE-GABRIEL DEMANTE. 

M. Auguste-Gabriel Demante, professeur honoraire à la Faculté de 
droit de Paris, qui est mort i Castelnaudary le 24 novembre dernier, 
était, avec M. Chàtel, l’un des doyens des anciens élèves de l'École 
des chartes. M. Gabriel Demante, né à Paris le 3 mars 1821, était le 
fils de M. Antoine Demante, professeur à la Faculté de droit de Paris, 
et représentant du peuple en 1848. Il se fit recevoir licencié ès lettres 

9 9 

tout en suivant les cours de l’Ecole de droit et entra à l’Ecole des 
chartes au mois de décembre 1840; le 26 février 1843, il obtenait le 
diplôme d’archiviste paléographe en même temps que M. Cléophas 
Dareste, le futur doyen de la Faculté des lettres de Lyon. M. G. De¬ 
mante, comme son père et son grand-père, se destina à l’enseigne¬ 
ment du droit. Nommé professeur suppléant à la Faculté de droit de 
Toulouse en 1852, à la suite d’un brillant concours, il y professa le 
droit romain pendant plusieurs années. Au mois de novembre 1864, 
à la rentrée des cours, il fut appelé à une chaire de droit civil à la 
Faculté de droit de Paris, où il se distingua par la clarté de l’exposi¬ 
tion autant que par son savoir, et où il enseigna pendant vingt-six 
ans; mais, dans le dernier quart du xix® siècle, l’école exégétique, à 
laquelle il appartenait comme son père, commençait à tomber en 
défaveur et à être supplantée par une nouvelle école, qui, sous l'in¬ 
fluence des travaux de Zachariæ, préférait à l’interprétation du Code 
civil, article par article, un exposé systématique. 

L’œuvre juridique la plus importante qu’ait laissée M. G. Demante 
est son Exposition raisonnée des principes de Venregistrement 
en forme de commentaire de la loi du 22 frimaire an VII, qui a 
eu quatre éditions, dont la première est de 1857 et la quatrième, com¬ 
plètement refondue et mise au courant, a paru en 1888. Cet ouvrage, 
où l’autenr a montré toutes ses qualités de jurisconsulte, en déga¬ 
geant les principes qui régisseut une des parties les plus arides de 
notre droit fiscal, fait encore autorité dans la matière. M. G. Demante 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


216 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

a en outre prêté une active collaboration à la Revue critique de 
législation et de jurisprudence, danB laquelle il a inséré notam¬ 
ment des dissertations sur la loi et la jurisprudence en matière de 
donations déguisées (1855), sur la position que la loi du 24 mat 
1825 fait aux associations religieuses de femmes non autorisées 
(1858). Bien que M. G. Demante se soit plutôt spécialisé dans les 
questions de droit civil et d’enregistrement, il ne s’est jamais désin¬ 
téressé de l’histoire du droit et il n’a pas oublié la Bibliothèque de 
l’École des chartes, où il a publié l’Histoire de la publication des 
livres de Pierre du Puy sur les libertés de l’Église gallicane 
(1844), une notice nécrologique sur M. Pardessus, sa vie et ses 
ouvrages (1854), dans le volume suivant (1854-1855), des Observa¬ 
tions sur les actes d’affranchissement du Cartulaire de Notre- 
Dame de Paris , et plus tard des Observations sur la formule « Car 
tel est notre plaisir » dans la chancellerie française (1893), et une 
note sur l’École des chartes en 18>t0 (1898). Entre temps, il avait fait 
paraître dans la Revue historique de droit français et étranger, en 
1860, un court article sur les Précaires ecclésiastiques dans leur 
rapport avec les sources du droit romain. En6n un de ses derniers 
travaux est une Étude historique sur les gens de condition main- 
mortable en France au XVIIP siècle, insérée dans le Recueil de 
l’Académie de Toulouse (1893-1894), dont il avait été l’un des fonda¬ 
teurs. 

Au mois de février 1890, M. G. Demante ressentit les premières 
atteintes d’une fatigue cérébrale qui l’obligea d'abord à prendre un 
congé, puis à demander sa retraite. Il se retira alors dans le Midi, 
partageant son temps entre Toulouse et Castelnaudary ; c’est là qu’il 
passa les dernières années de sa vie s’occupant à rédiger des articles 
de revues, tout en n’oubliant pas les œuvres charitables et philanthro¬ 
piques. Il nous a paru utile de rappeler au souvenir des lecteurs de 
la Bibliothèque de l’École des chartes la carrière si bien remplie 
de ce jurisconsulte distingué qui, par l’élévation de son esprit et la 
dignité de son caractère, a tenu une place importante dans l’enseigne¬ 
ment du droit et que l’École des chartes peut, à juste titre, revendi¬ 
quer comme une de ses illustrations. 

J. Tardif. 


EUGENE CHATEL. 

Nous reproduisons les deux discours prononcés aux obsèques de 
notre regretté confrère Eugène Chàtel par M. A. Tuetey, vice-prési¬ 
dent de la Société de l’École des chartes, et par notre confrère M. A. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MELANGES. 217 

Héron de Villefosse, membre de l’Institut, au nom des amis du 
défunt. 


DISCOURS DE M. A. TUETEY, 

VICE-PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ DE L’ÉCOLE DES CHARTES. 

Quelques semaines à peine se sont écoulées depuis que nous 
avons eu le chagrin de conduire à sa dernière demeure l'un de nos 
anciens confrères, d’Arbois de Jubainville, et voici qu’un nouveau 
deuil vient de nous frapper inopinément. Cette fois c’est le doyen 
même de notre chère École des chartes, le digne et excellent Eugène 
Chàtel, qui nous a quitté, plein de jours, avec la résignation et la 
sérénité d’un ferme chrétien. Une voix plus autorisée que la mienne 
devait lui rendre un suprême hommage, mais l’absence de M. le comte 
Durrieu, président de la Société de l’École des chartes, m’impose la 
douloureuse mission d’apporter ici l’expression profondément émue 
des regrets unanimes que nous fait éprouver la perte de ce vénéré 
confrère. Athanase-Eugène Châtel, né à Rouen le 2 mai 1820, entré 
à l’École des chartes en 1843, appartenait à la promotion du 25 jan¬ 
vier 1849; quelques années après sa sortie de l’École, il fut nommé, 
au début de 1855, archiviste du Calvados, et il occupa ce poste jusqu'à 
la fin de 1884. C’est en Normandie que s’exerça son activité scienti¬ 
fique; il donna plusieurs mémoires aux deux Compagnies savantes, 
dont il devint le président, la Société des Antiquaires de Normandie 
et l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen. En dehors 
de ces notices historiques ou archéologiques, il se fit connaître par la 
publication, en 1856, en collaboration avec M. de Rozière, de la Table 
des mémoires de l’Académie des inscriptions et belles-lettres , 
qui obtint, cette même année, une mention hors ligne au concours 
des Antiquités de la France; plus tard, la croix de la Légion d’hon¬ 
neur vint récompenser sa laborieuse carrière d’archiviste. Lorsque 
Eugène Chàtel prit sa retraite il vint se fixer à Paris, où son besoin 
d’activité trouva un nouvel aliment au sein de la Société de l’École 

des chartes, dont il suivit assidûment les réunions. Il aimait tant sa 
» 

chère Ecole des chartes qu’il était heureux d’applaudir aux succès de 
tous les anciens élèveB de cette École, et s’associait à toutes nos joies 
avec un entrain communicatif et un enthousiasme juvénile qui ne se 
sont jamais démentis. Vous me permettrez de rappeler tout particu¬ 
lièrement le concours si dévoué qu’il apporta à l'Œuvre de secours des 
anciens élèves de l’Ecole des chartes, qu’il eut l’honneur de présider 
et à laquelle il. rendit d’inappréciables services. Obliger les autres, se 
dévouer sans cesse était l'un des traits distinctifs de son caractère et 
la préoccupation de toute sa vie. Tous ceux qui ont connu cet excel¬ 
lent confrère, cet homme, de bien aux sentiments si généreux et si 
élevés lui conserveront au fond du cœur un fidèle souvenir. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


218 


CHHONIQUE ET MELANGES. 


DISCOURS DE M. A. HÉRON DE VILLEFOSSE, MEMBRE DE l/lNSTITUT. 

Au nom des amis de M. Eugène Châtel, je voudrais exprimer la 
peine profonde qu’ils éprouvent aujourd'hui et adresser en môme 
temps un dernier souvenir à l’homme excellent que nous venons de 
perdre. Il appartenait à la promotion de 1849, dont nous comptons 
encore parmi nous, avec une fierté légitime, un très illustre représen¬ 
tant. A cette époque on entrait à l’École des chartes pour devenir 
archiviste départemental. Eugène Châtel suivit la carrière des archives 
et la plus grande partie de sa vie s’écoula doucement en province. Le 
riche dépôt du Calvados fut confié à sa garde et à sa vigilance. Avec 
une discrétion, un dévouement et un empressement qui ne se las¬ 
saient jamais, il y rendit d’importants services aux érudits normands. 
Préoccupé de ses devoirs professionnels, il ne songea pas à entre¬ 
prendre de grandes publications, heureux de réserver son temps aux 
travailleurs et de classer pour eux les documents intéressants conte¬ 
nus dans ses archives. Les Sociétés normandes se souviennent pour¬ 
tant du concours qu'il apportait à leurs travaux, notamment l’Acadé¬ 
mie des sciences, arts et belles-lettres de Caen, comme la Société des 
Antiquaires de Normandie dont il fut pendant plusieurs années le 
dévoué secrétaire, et qui lui doit plusieurs mémoires intéressants. 

La mort d'un fils tendrement chéri assombrit un instant sa vie, 
il reprit courage et continua bravement sa route. Quand l’heure de la 
retraite eut sonné, il vint se fixer à Paris : devenu chevalier de la 
Légion d’honneur, il trouva dans la capitale de nouvelles occupations. 
Les cours du Collège de France lui procuraient d’agréables moments ; 
tant qu’il put gravir les escaliers du Louvre il prit une part régulière 
aux réunions de la Société des antiquaires de France ; il suivait avec 
une égale assiduité les séances de la Société pour l’Encouragement 
des études grecques en France; enfin notre Société de l’École des 
chartes n'avait pas d’assistant plus fidèle et ne connaissait pas de 
membre plus obligeant. Devenu le doyen des archivistes départemen¬ 
taux il se montrait particulièrement fier de ce titre : aussi ne man¬ 
quait-il jamais, au banquet de l’École, de prendre la parole en leur 
nom avec sa vivacité naturelle, il y mettait môme une certaine coquet¬ 
terie. Depuis plusieurs années nous admirions le zèle qu’il déployait 
pour la Société de secours dont il était devenu le président. Ceux de 
nos confrères que la mauvaise fortune avait atteints trouvaient en lui 
un ami aussi affectueux que discret; en môme temps il prodiguait ses 
encouragements aux jeunes et s’efforçait de seconder leurs débuts. 
Habitués à sa bonté, aux effusions de son excellent cœur, aux témoi¬ 
gnages d’une amitié qui avait besoin d’expansion, nous en goûtions les 
charmes sans croire qu’elle pourrait un jour nous manquer. Le 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



219 


CHB0N1QDB ET MÉLANGES. 

moment est venu de rappeler le bien qu’il & su faire au cours de sa 
longue existence et d’assurer les siens que le souvenir de ce vénéré 
confrère restera vivant chez ceux qui l’ont connu, qui l’ont estimé et 
qui l’ont aimé. 


— Notre confrère M. l’abbé Antoine - Adrien - Paul Veyrier du 
Muraud, premier vicaire honoraire de Saint-Pierre de Neuilly, est 
décédé à l’âge de soixante-dix ans, le 23 février 1910, à Neuilly-sur- 
Seine. Il a été inhumé le 26 du même mois au cimetière de Neuilly. 
La Société de l'École était représentée à ses obsèques par son prési¬ 
dent, M. le comte Durrieu. 

M. Veyrier du Muraud appartenait à la promotion de 1860-1861. Sa 
thèse était intitulée ; Essai sur la juridiction et la procédure cri¬ 
minelles du Parlement durant la première moitié du XIV e siècle; 
elle est restée manuscrite. Au sortir de l’École, M. Veyrier du Muraud 
fut archiviste de la ville d’Orléans. Il entra deux ans plus tard au 
grand séminaire de Saint-Sulpice et occupa divers postes dans le dio¬ 
cèse de Paris. 

P. V. 

— Nous avons le regret d’enregistrer la mort d’un de nos confrères 
M. Charles Estienne, ancien archiviste de l’Aveyron, et, depuis 1884, 
archiviste du Morbihan, décédé à Vannes, le 27 janvier 1910, à 
l’âge de cinquante-huit ans. M. Charles Estienne, qui appartenait à 
la promotion de 1880, avait présenté comme thèse, pour obtenir le 
diplôme d'archiviste paléographe, une Étude sur le gouvernement 
et l'administration de la ville d'Orléans (XII e -XVIII e siècle). 

— Nous avons aussi perdu un de nos jeunes confrères, M. Fran¬ 
çois Emanuelli, bibliothécaire-archiviste de la ville de Cherbourg, 
directeur de la Revue d’études normandes , décédé à Pau, à l’âge 
de vingt-huit ans, le 18 avril dernier. Il avait obtenu le diplôme 
d’archiviste paléographe, en 1904, avec une thèse sur le Parler popu¬ 
laire des îles anglo-normandes. 


UN RÔLE GASCON D’ÉDOUARD I" RETROUVÉ. 

Le tome 646 du fonds Moreau à la Bibliothèque nationale contient 
des copies prises par les collaborateurs de Bréquigny sur les Rôles 
gascons. On y lit trois chartes datées de la 14® année d’un roi Édouard, 
qui a été identifié avec Édouard II, et rapportées par conséquent à 
l’année 1320 4 . Par la première (fol. 128), donnée à Saint-Pierre en l’île 

1. La 14* année du régne d’Édouard II a commencé le 8 juillet 1320. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


220 


CflRONIQCE ET MELANGES. 

d’Oleron le 2 octobre, le roi donne à son clerc, Itier Bochard d’An- 
gouléme, les terres, vignes et marais qui avaient appartenu à Guil¬ 
laume de Fay dans cette île. Par la seconde (fol. 130), donnée à Saintes 
le 12 octobre, le roi loue à un marchand du château d’Oleron, Jakes 
Le Engleys, les marais de « Fyneleres ». Par la troisième (fol. 132), 
il concède divers droits et privilèges aux bourgeois et habitants de 
111e. Il est facile de prouver que deux au moins de ces trois chartes 

9 _ » 

émanent de la chancellerie, non d’Edouard II, mais d’Edouard I ar . 
Dans la première, en effet, le roi concède < terram, vineas et mare- 
sia... que Bartholomeus de Podio tenuit de dono domini H. regis, 
patris nostri », et l’on sait de reste qu’Édouard I er était le fils de 
Henri III ; en outre, Itier Bochard d’Angoulême, personnage souvent 
mentionné dans les Rôles gascons , mourut en 1299*. Pour la troi¬ 
sième, qui est une caria, c’est-à-dire un diplôme rédigé dans une 
forme solennelle et toujours accompagné d’une liste de témoins*, il 
suffira d’interroger les noms de ces derniers. Voici seulement le début 
de la liste : « Hiis testibus : venerabili pâtre R., Bathoniensi et Wel- 
lensi episcopo, cancellario nostro, Henrico de Lascy, comité Lin- 
colnie, Hugone de Leziniaco, comité Marchie et Engolisme, Mauricio 
de Credonio, Johanne de Greilliaco... » Or, l’évêque de Bath et Wells 
mentionné en premier lieu ne peut être que Robert Burnell, chance¬ 
lier d’Angleterre en 1274, mort en 1292*; le second est Henri de Lacy, 
comte de Lincoln, mort en 1311 1 2 3 4 ; le troisième est Hugues XIII de 
Lusignan, comte de la Marche, mort en I302 5 6 ; le quatrième est Mau¬ 
rice V de Craon, mort en 1294 e ; le cinquième enfin Jean de Grilly, 
mort peu après 1301 7 8 . Ces deux actes sont donc certainement de 
l’année 1286 ; ils s’encadrent exactement avec l'itinéraire d’Edouard I ar8 , 
tandis qu’Édouard II ne quitta pas son royaume pendant la 14 a année 
de son règne. 

Mais comment l’erreur a-t-elle pu être commise? Le copiste de Bré- 
quigny a puisé les trois documents signalés plus haut dans un rouleau 
composé de trois pièces de parchemin ; sur le revers (membrana 1 in 
doreo), on lit deux cotes inscrites par d’anciens archivistes : la pre¬ 
mière, en très fine minuscule gothique : 14 E. 1; la seconde, en très 
gros caractères : 14 Edwardi 2 e *. Cette seconde cote a été répétée en 
tête de la troisième membrane, au dos : Vase. 14 Edw. II. Aussi, 

1. Rôles gascons, t. III, p. xcm. 

2. Rôles gascons, snpplément au t. I, p. xm-xiv. 

3. Rôles gascons, t. III, p. xxix-xxxn. 

4. Rôles gascons, t. III, p. lxx-Ixxij. 

5. L. Delisle, Bibl. de ÏÊcole des chartes, 4* série, t. U (1856), p. 544. 

6. Rôles gascons, t. III, p. I-lij. 

7. Rôles gascons, t. III, p. xxxiij-xlvij. 

8. Rôles gascons, t. III, p. xi. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



221 


CHRONIQUE ET lféLlN6E$. 

dans le dernier classement des rôles gascons au F. Record Office 1 2 3 4 , 
a-t-il reçu la cote suivante : 34 Vascon Roll. 14 Edw. II. L’erreur 
s'explique donc, non par le fait, en soi-méme invraisemblable, qu’un 
copiste de la chancellerie royale aurait par étourderie transcrit deux 

• # 9 

actes d’Edouard I er sur un rôle d’Edouard II, trente-quatre ans après, 
mais par la négligence d’un archiviste, qui s'est trompé d’un chiffre. 

Est-il besoin d'appuyer cette affirmation de preuves? Le nombre 
des actes transcrits sur ce rouleau de parchemin est de vingt-neuf. 
Dans ce nombre, on trouve deux actes datés de Paris l’an 1286, en 
toutes lettres 3 . Le second de ces actes est en outre une charte pour le 
Ponthieu délivrée par le roi Édouard et sa femme Aliénor. Les numé¬ 
ros 4 et 7 sont adressés au sénéchal de Gascogne, Jean de Grilly, qui 
géra en effet ces importantes fonctions pour la troisième fois dans les 
années 1283-1286 3 , et les numéros 6, 8, 10, 16 à Raimond du Mirail, 
connétable du château de Bordeaux, qui figure également parmi les 
fonctionnaires d’Édouard I er4 . Enfin, au n° 9, qui est aussi une lettre 
adressée au sénéchal Jean de Grilly, sont mentionnés comme vivant 
encore Gaston, vicomte de Béarn, B. (Béatrice), fille du feu comte 
Pierre de Savoie, comtesse de Vienne et d’Albon et dame de Fauci- 
gny, sa femme, cousine du roi d’Angleterre. Or, on sait que Pierre II, 
comte de Savoie, mourut en 1268, que sa fille Béatrice devint la 
seconde femme de Gaston de Béarn en 1273 et quelle resta veuve en 
1290 5 . Cela fait donc encore onze actes qu’il faut reporter certaine¬ 
ment au règne d’Édouard I« r , et il serait facile de grossir ce 
nombre. Par contre, aucun ne pourrait être attribué avec la moindre 
vraisemblance au règne d’Édouard II. Dernier fait à signaler. On a 
déjà dit plus haut qu'Édouard II ne quitta pas son royaume en 1320; 
Édouard I er au contraire vint en France en 1286; les vingt-neuf 
chartes du rôle retrouvé sont toutes datées de localités françaises; 
elles ajoutent quelques précisions nouvelles à l’itinéraire de ce roi. 
Elles nous le montrent à Paris pendant tout le mois de juin : le 4 
(n°« 1-5); le 8 (n° 8) ; le 9 (n°* 6, 7,17); le 10 (n°* 9-15); le 11 (n°* 16-18); 
le 14 (vendredi après la Saint-Barnabé, n°24); le 20 (n os 21-22); le 22 

1. Voir Scargiil-Bird, A guide to lhe principal classes of documents pre- 
served in lhe P. R. O., 3* éd., 1908, p. 38. 

2. C'est : 1* le n* 19 : « Datum et actum Paris., die lune proxiraa post 
festum apostolorum Pétri et Pauli, anno Domini m* .cc. lxxxvj ; » 2* le n* 24 : 
« Donné à Paris, le venderdi prochein après la (este saint Barnabé, apostre, 
l’an de grece m. cc. quatre vinz et sis. » 

3. Rôles gascons, t. III, p. Ixxxj. 

4. Rôles gascons, t. III, p. cm. 

5. Rôles gascons, t. II, n* 879, note 1 de la p. 245. Béatrice de Faucigny 
était cousine d’Édouard I* r , puisque la mère de celui-ci, Aliénor de Provence, 
était nièce de Pierre de Savoie. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


222 


CHBONIQOB ET MELANGES. 

(d° 23), et encore le l ar juillet (n° 19), puis le 22 du même mois (n° 20). 
Nous le retrouvons enfin sur la voie du retour : à Saint-Pierre d’Ole- 
ron le 2 octobre (n oa 25-26), à Saintes le 12 octobre (n° 28) et à Cognac 
le 16 octobre (n° 29). Il n’y a pas de doute : le rôle tout entier doit 
être attribué à Édouard I er et à l’année 1286. M. Salisbury, du Public 
Record Office, à l’érudition et à la bonne gr&ce duquel on ne s’adresse 
jamais en vain, a reconnu le bien-fondé de ces observations et, par ses 
soins, le rôle est désormais classé sous la cote 16 Vascon Roll. ik 
Edw. /. 

Dans la suite des Rôles gascons d’Édouard I ar qui ont été publiés, 
ce rôle retrouvé devrait prendre le n° XI bis. Le texte en sera publié 
dans le tome XLV des Archives historiques de la Gironde. 

Ch. Bémont. 


SUR JEANNE D’ARC. 

Les moindres mentions contemporaines sont précieuses sur la car¬ 
rière de Jeanne d'Arc. Au cours d’une révision des manuscrits du 
fonds français à la Bibliothèque nationale, entreprise en vue d’un 
répertoire des ouvrages et documents relatifs à la littérature drama¬ 
tique, et qui nous a donné quelques curieux résultats, notre attention 
fut attirée sur le n° 7519 des Nouvelles acquisitions, intitulé dans le 
catalogue de notre confrère Henri Omont : « Mélanges sur l'histoire 
de Charles VII », et plus particulièrement sur la pièce commençant 
au fol. 15 et désignée ainsi dans le même et si utile inventaire : 
« Chronique de France abrégée, jusqu’en 1440. » 

L’examen de cette chronique nous a convaincu qu’elle est un des 
produits de l’atelier historique existant à l’abbaye de Saint-Denis, 
comme l’indiquent les mentions relatives à cette abbaye (fol. 36 v°, 
39 v°, 42 v°, 50 r°, 67 r°, 83 v°). Dans sa dernière partie les notes qui 
la composent sont relativement contemporaines des faits qu’elles 
enregistrent. Voici celles qui concernent la Pucelle. On les trouve 

aux fol. 80 v° et 81 r° : 

« 

• L’an mil IIII« XXVIII, en mars, à Letare Jherusalem , arriva 
devers le roy Charles Jehanne la Pucelle... 

« L’an mil IIII C XXIX, en la fin de may, et au premier de juign, 
leva ladicte Pucelle le siégé d’Orléans tenu par Anglois, et assaillit et 
derompit leur bastille. (En marge , d’une autre main : Et à celui 
siégé fut tué d’un canon le conte de Sabbery qui y tenoit le siégé.) 

« Oudit an, vers la fin dudit mois de juign, eut une grosse destrousse 
sur Anglois à Patay près Boaisgency. (En marge : Et en celui temps 
ladite Pucelle print Jargeau d’assault, et fut prins le sire de Talbot et 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



223 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

celui d’Escalles. Et estoient avec ladite Pucelle le duc d’Alençon, le 
conte de Richemont, Jaques de Dinam et Poton de Santrailles et plu¬ 
sieurs autres.) 

* L’an mil 1111 e XXIX, en juillet, fut couronné le roy Charles, 
VII m * de ce nom, à Raina, en moult notable compaignie, et fit comtes 
et chevaliers pluseurs. Et à ce fut présente Jehanne la Pucelle, qui 
l’acompaigna à son sacrement. Audit sacre fist le roy conte le sire de 
Laval et celui de Suly. 

« L’an mil IIII C XXX, environ may, fut ladicte Pucelle prinse par 
les Bourgoignons devant la ville de Compiegne... 

« L'an mil 1111 e XXXI, la veille du Sacrement, fut ladicte Pucelle 
brullée à Rouan ou condampnée à l’estre. a 

La chronologie de l'auteur ou des auteurs de ces notes est un 
mélange singulier de précision et d'inexactitude. L’erreur est évidente 
pour la levée du siège d’Orléans (8 mai 1429). Mais, au contraire, il 
est parfaitement exact que le supplice de Jeanne d’Arc eut lieu la 
veille de la Fête-Dieu (mercredi 30 mai 1431). Quant à la date de l’ar¬ 
rivée de la Pucelle à Chinon, le quatrième dimanche de carême, dit 
Lætare, tombait en 1429 (1428, v. st.) le 6 mars, et notre chronique 
vient ici à l’appui de l'opinion généralement adoptée par les historiens 
de Jeanne d’après un continuateur de Guillaume de Nangis, dont le 
texte a été publié par Quicherat ( Procès , t. IV, p. 313) et avait été 
copié par l'auteur de la Chronique du Mont-Saint-Michel. Cette 
date a été contestée dans un mémoire présenté par M. de Boismarmin 
au Congrès des sociétés savantes et inséré dans le Bulletin histo¬ 
rique et philologique du Comité des travaux historiques (1892, 
p. 350). Le système de M. de Boismarmin, fondé sur le Livre noir de 
la Rochelle, fut adopté parM. Francis C. Lowell dans son très remar¬ 
quable livre : Joan of Arc (Boston et New-York, 1896, p. 62, note 1). 
Nous nous y étions rangé nous-méme dans l’une des révisions de 
notre livre sur Jeanne d’Arc, publié par la maison Marne, de Tours, 
mais, sur les observations que nous lit l’honneur de nous adresser, 
dans une lettre particulière, M. Andrew Lang, nous revînmes, dans 
les éditions ultérieures de notre ouvrage, à la date du 6 mars, adoptée 
aussi publiquement par M. Lang dans son récent et très beau livre : 
The Maid of France (Londres, 1908, p. xm, 79, 339). Le texte de 
notre chronique achève, croyons-nous, de fixer ce point. 

La fin de la dernière note est à remarquer. Il y est dit que « ladite 
Pucelle fut brûlée à Rouen ou condamnée à l’être ». Ce doute singu¬ 
lier nous parait se rapporter à l’apparition de la fausse Jeanne d’Arc, 
Claude des Armoises, qui réussit, on le sait, à décevoir les frères 
mêmes de l’héroïque vierge. Il suivrait de là que cette note fut rédi¬ 
gée, non seulement avant l’ouverture du procès de réhabilitation, 
mais, selon toute probabilité, avant l’avanie publiquement infligée à 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


224 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

l’aventurière, au mois d’août 1440, par l’Université et le Parlement de 
Paris ( Procès , t. V, p. 334, 335). 

Le manuscrit 7519 des Nouvelles acquisitions françaises provient de 
la bibliothèque de sir Thomas Phillipps. 

Marius Sepet. 


INSTRUCTION POUR LA PUBLICATION 
DES ANCIENS TEXTES FRANÇAIS. 

Notre savant confrère M. P. Meyer a rédigé dernièrement, avec sa 
compétence habituelle, pour les futurs éditeurs de la Société des 
anciens textes français ( Bulletin , année 1909, p. 64-79) une instruc¬ 
tion relative à la publication des textes français du moyen âge, qu’il a 
bien voulu nous permettre de reproduire. Ceux de nos confrères qui, 
avant d’éditer un document, peuvent hésiter parfois entre tel ou tel 
système de publication, trouveront dans la lecture de cette instruc¬ 
tion, avec des indications précises et logiques, un guide sûr et un 
profit certain : 

« Cette instruction a pour objet d’introduire dans nos publications 
l’uniformité, au moins extérieure, qui leur a manqué jusqu'ici. On 
peut en effet observer dans les nombreuses éditions que la Société a 
mises au jour depuis sa fondation de notables différences dans la 
façon de concevoir les introductions, de disposer les textes, de rédiger 
les glossaires ou les tables. Le moment est venu de faire un choix 
entre les diverses méthodes qui ont été mises en pratique par nos édi¬ 
teurs et d’adopter celles dont l’expérience a fait reconnaître les avan¬ 
tages. Même dans les cas où deux procédés sont absolument équiva¬ 
lents, il est plus régulier de s’en tenir à l’un d’eux et de l’employer 
exclusivement. D’ailleurs les règles qui vont être proposées ne sau¬ 
raient avoir pour résultat de gêner l’initiative des collaborateurs de la 
Société en fermant la voie à des perfectionnements toujours possibles. 
Elles ont un caractère très large et très élastique quand elles visent 
les principes généraux de l’art d’éditer les textes; elles ne deviennent 
précises que lorsqu'il s’agit de points de détail, de dispositions pra¬ 
tiques sur lesquels tout le monde peut tomber d’accord. 

« 1. Introductions. — L’introduction doit fournir au lecteur toutes 
les informations nécessaires pour lui permettre d’apprécier l’ouvrage 
publié au point de vue littéraire, historique, linguistique. Tout ce qui 
concerne la biographie de l’auteur, ou, s’il n’est pas connu, tout ce qui 
peut servir à déterminer la date, le pays d'origine, les sources de 
l’œuvre, doit être l’objet de recherches approfondies; mais on recom- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


f 



CHRONIQUE ET MELANGES. 225 

mande aux éditeurs de ne point se laisser entraîner à de trop longs déve¬ 
loppements. Certains poèmes, par exemple, offrent une forme parti¬ 
culière d'un conte plus ou moins traditionnel qui se retrouve en des 
états variés dans la plupart des littératures du moyen âge chrétien, 
parfois même jusqu’en Orient. 11 est juste d’indiquer ces formes 
variées d’un même récit et d’en noter les traits caractéristiques, mais 
il serait inopportun d'en imprimer ou réimprimer le texte, et même 
d'instituer entre elles une comparaison trop détaillée qui exigerait des 
développements démesurément étendus. Pour faire l'histoire des 
contes que l’on peut reconnaître dans la Manehine, VEscoufle, Robert 
le Diable, il faudrait écrire des volumes, et nous ne devons pas 
oublier que la Société des Anciens textes a pour but de publier des 
textes bien établis, et non pas des livres d’histoire littéraire. S’imagine- 

t-on un éditeur d’Homère traitant, dans sa préface, toute la question 

# 

homérique? Evidemment l’étendue à donner aux introductions ne 
peut être fixée a priori : c’est affaire de mesure, mais il ne faut pas 
perdre de vue que les recherches littéraires trouveront toujours leur 
place naturelle dans les mémoires des Sociétés savantes et dans les 
recueils périodiques, maintenant fort nombreux, qui sont spécialement 
destinés à la philologie du moyen âge. La même sobriété est recom¬ 
mandée en ce qui concerne l’étude de la langue. Les faits caractéris¬ 
tiques, c’est-à-dire qui sortent de l’usage commun, sont seuls à relever. 
Il ne faudrait pas, à l'occasion d’un texte même important, se laisser 
entraîner à passer en revue toute la grammaire de l’ancien français. 
L’analyse de l’ouvrage sera accompagnée de renvois fréquents aux 
numéros des vers ou des paragraphes du texte. Il sera bon enfin que 
les titres des diverses sections de l'introduction soient reproduits au 
haut des pages en titres courants. 

« 2. Edition des textes. — Il ne saurait être question d'exposer ici 
les méthodes variées qui, selon les cas, doivent être appliquées à 
l’édition des anciens documents de notre littérature. L’objet qu’on se 
propose est beaucoup plus modeste. On se contentera d’appeler l’at¬ 
tention sur certaines dispositions extérieures, sur certains agence¬ 
ments typographiques qu’il y aurait avantage à adopter d’une façon 
générale et constante, pour assurer dans la mesure convenable l'uni¬ 
formité de nos publications. Nous parlerons de l’emploi des accents et 
du tréma, de la numérotation des vers, ou, pour les textes en prose, 
de la division en paragraphes, de l’appareil critique et des notes. 

« Des accents. — L'introduction d'accents dans des textes qui en sont 
dépourvus 1 est sans inconvénient, pourvu qu’ils ne soient pas placés 

1. Nous laissons de côté les cas fort rares où le manuscrit d’après lequel se 
fait la publication est pourvu d'accents (par exemple le Psautier dit d'Oxford, 

1910 15 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



226 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

à contresens, puisque le lecteur, sachant bien que ces signes typo¬ 
graphiques n'existent pas dans les manuscrits, peut en faire abstrac¬ 
tion. En revanche, l’usage des accents a certains avantages, de même 
que la distinction de l’t et du ;, de l’u et du v et autres artifices typo¬ 
graphiques. Il facilite la lecture et empêche de confondre livre et 
livré, jure (et ivre) et juré. Nous transportons légitimement à l'an¬ 
cien français un usage qui ne s’est établi chez nous que du xvi* au 
xvu* siècle; et, comme cet usage ne s’est jamais établi d'une façon 
régulière en provençal, nous ne le transporterons pas à l’état ancien 
de cet idiome, où pourtant il pourrait trouver son application, puisque 
le provençal a, comme le français, des voyelles ouvertes et des voyelles 
fermées. Nous introduisons donc les accents dans les vieux textes 
français, pour la commodité des nombreux lecteurs qui, sans avoir 
poussé bien loin l’étude de notre vieille langue, veulent cependant 
prendre une connaissance directe de nos anciens auteurs. Et, comme 
le but qu'on se propose est simplement d'ordre pratique, on ne pré¬ 
tendra pas régler l’emploi des accents conformément aux règles d'une 
rigoureuse logique. Logiquement, il y aurait lieu d’appliquer nos deux 
accents à toute voyelle ayant deux sons. On placerait l’accent grave 
sur l’o ouvert et l’accent aigu sur l’o fermé 4 . En fait, nous n’employons 
nos accents que pour distinguer l’e ouvert de l’e fermé. C'est notre 
usage depuis Corneille. Nous transportons cet usage à l’ancien fran¬ 
çais, parce qu'il en résulte une certaine commodité pour le lecteur. 
Mais il est bien entendu que cet emploi doit être réglé, sinon de façon 
à toujours indiquer la prononciation, du moins de façon à ne pas la 
contrarier. On ne placera l’accent que sur l’e tonique, ouvert ou 
fermé 3 . Les éditeurs français, tout en étant à peu près d’accord sur ce 
principe, varient plus ou moinB dans l’application. Certains s’abs¬ 
tiennent d'accentuer l’e tonique suivi de t final, parce qu’on ne le fait 
pas actuellement en français (projet), mais ils accentuent le même e 
suivi d’un s (procès). Notre orthographe est ici inconséquente, et on 
ne voit pas bien la nécessité, quand il s'agit de l'ancienne langue, de 
la suivre dans ses erreurs, d'autant qu’il y a, en ancien français, des 
finales en -et où l’e est fermé, et réclame par conséquent l’accent 

dont le ms. appartient au fonds Douce, à la Bodléienne). 11 va sans dire qu’en 
tel cas les accents du ms. doivent être reproduits sans mélange d’accents 
modernes. 

1. L’accent circonflexe, qui est originairement un signe d’abréviation, doit 
être rejeté. Il n'existe dans notre ancienne langue aucun cas où son emploi 
soit légitime. 

2. On peut hésiter sur la question de savoir s'il ne conviendrait pas de pla¬ 
cer un accent (aigu) sur la tonique, quelle qu’elle soit, des proparoxytons, 
tels que àngele, àrdene, vlrgene, etc. (pour éviter la fausse prononciation 
angète , ordène, virgène), glérie , victôrie, ehanànie. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



227 


CHBOIfIQOE ET MELANGES. 

aigu 1 2 3 4 * * * * . Il nous semble que, pour la finale -ef, en raison de la diffé¬ 
rence de son, il y a lieu de faire usage de nos deux accents. Faut-il, 
de même, mettre l’aigu sur les finales en -er, -ier, -ez, -iez ? Ce serait 
logique, mais c’est moins nécessaire, l'usage moderne avertissant 
suffisamment de la prononciation 9 . On peut également hésiter sur 
l’utilité de l’accent dans les monosyllabes, tels que dès, mès (== mais), 
ou dans les cas où l'e tonique est suivi d'un e atone, amée, mangiée. 
Certains éditeurs n'en mettent point, contrairement à l’orthographe 
actuelle*. Même hésitation pour pere, mere, qui se prononçaient cer¬ 
tainement père, mère. L’important est de ne pas écrire père, mère. 
Il n’y a pas lieu, dans cette instruction générale, de prescrire une 
règle absolue, puisqu’ici aucune question de doctrine n’est engagée, et 
qu'il s’agit simplement de l’application à l’ancien français d’usages 
modernes parfois assez incohérents. 

< Il va sans dire que l’accent ne doit jamais être introduit dans les 
textes anciens pour distinguer les homonymes, comme on le fait en 
quelques rares cas dans notre orthographe actuelle (a à, la là, des 
dès, ou où). 

« Du tréma. — L'emploi du tréma est, en français actuel, comme 
celui des accents, fort irrégulier. On le fait servir à des fins diverses 
(ainsi dans haïr et dans aïeul). Appliqué à l'ancien français, ce signe 
doit être réservé aux cas où l’on veut indiquer que deux voyelles juxta¬ 
posées ne forment pas une diphtongue, mais se prononcent séparé¬ 
ment (eür, seür, Noël, praël, siënce ). Les éditeurs ne sont pas d’ac¬ 
cord sur la place qu’il convient d’assigner au tréma : les uns le 
placent sur la première voyelle, les autres sur la seconde; certaines 
lettres attirent le tréma de préférence à d’autres, sans qu’on sache 
bien pourquoi, notamment l't. Cela est assez peu important pourvu 
qu’un des deux systèmes étant adopté, on s’y tienne. Autre difficulté. 
Ici, comme pour l’emploi des accents, nous sommes dirigés plutôt 
par nos habitudes modernes que par la pure logique. Actuellement on 
écrit muer sans tréma, parce qu’il n’y a pas de doute sur la pronon- 

1. Dans les textes du nord de la France, les mots où la finale -ét correspond 
au lat. -a tu ni, prêt, gril, les part, passés de la première conjugaison, piét 
(pedem), etc. 

2. Amer, cher t millier, mer, Orner ont maintenant l'e ouvert, mais avaient 
jadis l’e fermé. 

3. On considère ici l'accent comme superflu, parce que dans ces finales il est 

impossible que la prononciation soit différente de la prononciation actuelle 

-ée. Ce ne serait pourtant pas une raison de ne pas la noter. Et en outre, 

dans les textes anglo-normands, ee est employé avec une tout autre valeur 

qu’en français du continent : ce double e correspond souvent à l’e tonique 

simple du français, et il y a avantage à le distinguer d’-ée en ne l'accen¬ 

tuant pas. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



228 


CHRONIQUE ET «LANGES. 

dation, l’ancienne diphtongue ue n’existant plus (cependant accueil, 
recueil); mais en ancien français la graphie de muer (lat. mu tare) 
et celle de muer (morior) sont semblables, bien que le premier ait 
deux syllabes, tandis que le second n’en a qu’une, d'où il suit que le 
tréma établirait ici une distinction nécessaire. 

« 3. Textes en prose : division en paragraphes. — Nos pages 
ont normalement 36 lignes, lorsqu’elles ne contiennent pas de notes. 
On ne peut y trouver sans perte de temps le mot auquel on est ren¬ 
voyé par le glossaire ou par l'index, lorsqu'il n’y a pas d’autre indi¬ 
cation que celle de la page ; d’où la nécessité d'une division qui per¬ 
mette des références plus précises. Dans certaines éditions, surtout à 
l'étranger, on a coutume de numéroter les lignes de cinq en cinq, et 
la table renvoie à la page et au numéro de la ligne. Nous écartons ce 
procédé qui, outre qu’il exige deux chiffres pour chaque renvoi, offre 
des inconvénients de plus d'un genre. Si la numérotation est placée 
dans la justification, la longueur des lignes se trouve notablement 
réduite; si elle est placée en dehors, il en résulte un surcroît de 
dépense. Ensuite cette disposition ne permet pas de préparer l’appa¬ 
reil critique avant l’impression, puisqu'on ne peut savoir d’avance à 
quelle ligne correspondra chaque variante. Le procédé que nous 
recommandons, et qui a été suivi déjà en plusieurs de nos volumes 4 , 
consiste à diviser le texte en paragraphes occupant au plus une demi- 
page, et généralement un quart ou un tiers. Ces paragraphes sont 
fixes, et par conséquent peuvent être reproduits dans des éditions 
successives, quels que soient le format et la juxtaposition adoptés 
dans ces éditions*. Ils se prêtent par leur brièveté aux références et 
permettent de disposer sur la copie, d’une façon définitive, les renvois 
aux variantes, renvois formant une série qui recommence à chaque 
paragraphe. Il est vrai que certains ouvrages, les romans en prose 
notamment, ne s'accommodent pas d’une division en courts alinéas. 
Mais on peut du moins numéroter les phrases sans les mettre à la ligne. 

« 4. Textes en vers : numérotation des vers. — La numérotation 
des vers doit être en rapport avec la forme du poème. Pour les poèmes 
en laisses à nombre de vers variable (chansons de geste ou poèmes en 
forme de chansons de geste), la numérotation par cinq, qui est la plus 
usitée, est très applicable. Il ne faut pas oublier que les laisses doivent 
être aussi numérotées, de préférence en chiffres romains. Il faut avoir 
soin qu’il n’y ait pas coïncidence entre un numéro de laisse et un 

1. Le Débat des Hérauts , le Voyage du seigneur d’Anglure, les Quatre 
âges de l'homme, la Chirurgie de Henri de Mondeville. 

2. C’est le grand avantage de la division de Joinville en paragraphes, tou¬ 
jours les mêmes, dans les diverses éditions de M. de Wailly. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


i 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 229 

numéro de vers, ce qui serait d’un effet déplorable au point de vue 
typographique. Le moyen d’éviter cette coïncidence est très simple : 
il suffit de placer le numéro du vers au vers précédent en le diminuant 
d'une unité 1 2 . 

< Pour les poèmes en vers accouplés, il vaut mieux adopter la 
numérotation par quatre, de façon que le numéro corresponde toujours 
au second vers d’une paire*. 

< Pour les poèmes strophiques, il convient d’adopter un mode de 
numérotation qui corresponde aux diverses parties de la strophe. 
Ainsi un poème en strophes de douze vers (la strophe des Vers de la 
Mort, aa b aab bba bba) devra être numéroté 3, 6, 9, 12, 15, etc., à 
quatre chiffres par strophe 3 . Une chanson en strophes de sept vers 
(abab bcc) sera numérotée 4, 7, 11, 14, etc., à deux chiffres par 
strophe, le premier correspondant à la fin de la première partie, le 
second à la fin de la strophe 4 . 

« 5. De l'appareil critique. — On n’y fera pas entrer les variantes 
purement graphiques, sauf en des cas exceptionnels. La graphie de 
chaque manuscrit pourra être étudiée en détail et justifiée par des 
exemples dans la partie de l’introduction réservée à la description des 
manuscrits. Lorsqu’il aura été possible de classer les manuscrits par 
familles, il sera le plus souvent inutile de publier les variantes isolées 
de tel ou tel manuscrit. Il suffira de donner les variantes communes à 
toute une famille. On économisera ainsi beaucoup de place, et l’appa¬ 
reil critique, débarrassé de leçons sans valeur, deviendra plus clair. 
Dans cet appareil critique, qui sera placé au-dessous du texte, on fera 
entrer tout ce qui intéresse l’établissement du texte : discussion des 
leçons, proposition de conjectures, rapprochement de passages paral¬ 
lèles, etc. En principe, les notes servant à l’interprétation ne doivent 
pas prendre place dans l’appareil critique. On pourra en faire une 

1. C'est le procédé qui a été suivi dans Aiol. — La coïncidence entre le 
numéro de la laisse et celui du vers se reproduit souvent dans Florence de 
Rome. Ainsi, t. II, p. 13, le numéro de laisse X a dû être placé en dehors de 
l'alignement A cause du numéro de vers 275. Il n'y avait qu'à mettre 274 au 
vers précédent. De même p. 19, 35, 37, 40, etc. — On peut toujours éviter la 
coïncidence en plaçant le numéro de la laisse en vedette, mais ce procédé, 
qui a été adopté dans la plupart des éditions de chansons de geste que nous 
avons publiées, a l'inconvénient de faire perdre beaucoup de place. 

2. C'est le système qui a été suivi dans les éditions de Guillaume de la 
Barre, des Œuvres de Guillaume de Machaul et de Simund de Freine. 

3. Dans l'édition des Vers de la mort, la numérotation recommence à chaque 
strophe. L'inconvénient de ce système est que les renvois doivent être indi¬ 
qués par deux chiffres : le n* de la strophe et le n* du vers. 

4. C’est le système qui a été suivi dans l’édition de Christine de Pisan, de 
Gace Brulé et des Cent ballades. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



230 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

série à part qui sera imprimée en petit texte, soit au bas des pages, 
si cette annotation exige peu de place, soit plutôt après le texte, avant 
le glossaire. Toutefois, en général, des notes de ce genre peuvent être 
fondues dans le glossaire, où doit entrer tout ce qui concerne l’inter¬ 
prétation du texte*. 

« Les variantes sont désignées pour chaque manuscrit par des capi¬ 
tales penchées, ou pour chaque groupe de manuscrits par une lettre 
grecque. Il est assurément indifférent que ces lettres soient placées 
avant la variante ou après. Cependant on conseille de les mettre avant, 
selon l'usage qui, jusqu’ici, a été le plus généralement suivi dans les 
publications de la Société. 

« Une question qui peut se poser est celle de savoir comment 
doivent être imprimées les variantes. La plupart des éditeurs s’at¬ 
tachent à reproduire, dans l’appareil critique, aussi littéralement que 
possible, le texte du manuscrit, s’abstenant d’accentuer, de ponctuer, 
de distinguer l’i du l’u du v. Il y a là une affectation d’exactitude 
qui n’offre aucun avantage. Si on place un mot en variante, ce n’est 
pas pour indiquer que le manuscrit ne distingue pas l’i du j; qu’il 
n’emploie ni les accents, ni les apostrophes, ni aucun autre des signes 
que les typographes ont inventés : on le sait bien. L’objet de la 
variante est de faire savoir que la leçon admise dans le texte n’est pas 
fournie par l’unanimité des manuscrits, que tel manuscrit présente 
une leçon différente. C’est sur cette leçon qu’on appelle l’attention et 
non sur la forme de l't ou de l’u. Il y a plus : cette affectation d’exac¬ 
titude dissimule en bien des cas une réelle inexactitude. Lorsqu’une 
leçon est donnée d’après plusieurs manuscrits, soit d’après A H C, la 
forme sous laquelle cette leçon est reproduite en variante est toujours 
celle d’A; les leçons de Ii et de C présentent assez ordinairement 
de légères différences graphiques dont on n’avertit point le lecteur, de 
peur de trop grossir l’appareil des variantes. Alors à quoi bon affecter 
une exactitude qui n’est rigoureuse que pour la leçon d’A ? 

« 6. Glossaire. — Le glossaire a un double but. Il doit suffire à 
l’interprétation du texte pour les personnes qui n’ont pas à leur portée 
les grands répertoires lexicographiques, et, d’autre part, il doit offrir 
le dépouillement de tout ce qu’il y a d’intéressant dans le texte édité 
tant au point de vue des mots qu’au point de vue des formes. Il n’est 
cependant pas nécessaire, 6auf en de rares cas, notamment lorsqu'il 
s’agit de textes d’une importance exceptionnelle, que ce dépouillement 
soit complet. Beaucoup de mots suffisamment clairs par eux-mémes 
et ne figurant pas en des locutions intéressantes n’ont pas besoin 

1. Des gloses interprétatives, comme celles qo’on a imprimées au bas des 
pages d'Kustache Deschamps, doivent être absolument proscrites. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


[ 



231 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

d'étre relevés. Et quant aux formes, le dépouillement, au moine pour 
l'essentiel, peut prendre place dans l’introduction. L’éditeur expéri¬ 
menté trouvera facilement la juste mesure. Dans certains cas, spécia¬ 
lement pour les verbes, il peut être utile de diviser l’article en deux 
parties, l’une consacrée au relevé des formes, l’autre à l'interpréta¬ 
tion; les mêmes références reparaîtraient dans les deux parties, la 
première fois pour noter la forme, la seconde pour noter le sens. 
Pour certains mots rares ou difficiles, on rendra service au lecteur en 
lui indiquant brièvement les interprétations proposées ailleurs. C’est 
souvent le moyen de couper court à de longues explications. Les 
glossaires déjà publiés par la Société pourront fournir l’occasion 
d’utiles références. 

« Pour les verbes, les formes devront être groupées sous l’infinitif, 
même si cet infinitif ne parait pas dans le texte. On pourra en ce cas 
le placer entre [ ], mais le seul fait qu’il ne sera pas accompagné d’un 
chiffre de renvoi montrera suffisamment qu’il a été introduit par l’au¬ 
teur du glossaire. Il sera toujours loisible, quand on le jugera utile, 
de placer les formes diverses à leur rang alphabétique avec renvoi à 
l’infinitif. 

« Lorsqu'une leçon restituée par conjecture est admise dans le glos¬ 
saire, il est utile de noter, entre parenthèses, que cette leçon est conjec¬ 
turale. Dans certains cas il est utile d’indiquer, également entre paren¬ 
thèses, qu’un mot est en rime, et de citer la rime correspondante; 
mais il faut s'abstenir de donner cette indication dans les cas où elle 
est sans utilité. 

« Des dispositions typographiques assez variées ont été adoptées 
dans les glossaires rédigés pour la Société. Ainsi, dans quelques-uns 
de nos volumes, les têtes d’articles ont été imprimées en caractère 
gras. C'est une complication inutile : deux caractères suffisent, le 
romain pour les mots du texte, les italiques pour les explications. Il 
est inutile de marquer le genre des substantifs, sauf quand il diffère 
de l’usage actuel. Inutile aussi d’indiquer les personnes des verbes : 
il suffit d’indiquer le mode et le temps. Le chiffre de renvoi sera placé 
après le mot, sans virgule entre deux, et sera suivi de la traduction, 
lorsque celle-ci sera jugée nécessaire. On aura soin de relever les 
expressions qui peuvent servir à caractériser le style d’un auteur, 
même lorsqu’elles ne présentent pas de difficultés d’interprétation, et 
les locutions proverbiales 4 . Plusieurs des glossaires déjà publiés 

1. On peut introduire dans le glossaire un article proverbe* (ce qui a été 
fait dans L'Escou/le). Si les proverbes sont très nombreux, comme dans cer¬ 
tains poèmes du xiv* siècle, on peut en faire une table A part, ce qu’a fait le 
baron de Reiffenberg dans son édition de Philippe Mousket. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



232 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

peuvent servir de modèle, ceux de G. Paris, celui du Tristan de Tho¬ 
mas par M. Bédier, etc. 

« 7. Table des noms. — A la suite du glossaire, nous plaçons 
ordinairement une table des noms de personnes et de lieux. Il est 
utile de distinguer typographiquement ces deux séries, en imprimant 
les noms de personnes en petites capitales et les noms de lieux en 
romain 4 . 

c D’ordinaire on relève les noms de lieux sous leur (orme actuelle, 
joignant en italiques la forme du texte lorsqu’elle diffère de la (orme 
actuelle. Cette forme en italiques pourra d'ailleurs être rangée dans 
la table à son rang alphabétique avec renvoi à l’article principal. 

« Pour les noms fréquemment cités, il sera nécessaire de rédiger 
les articles en forme analytique, car une table, comme on en fait trop 
souvent, où un nom est suivi de vingt ou trente renvois, sans aucune 
explication, ne sert à rien. Il est commode, au contraire, quand il 
s’agit d’un personnage qui joue un rôle important, de trouver à la 
table un résumé de ses faits et gestes. A ce propos, il faut se rappeler 
que la table doit rappeler tous les passages où parait le personnage 
qui est l’objet de l’article, de quelque façon qu'il soit désigné. Dans 
beaucoup de tables on se contente de renvoyer au passage où il est 
désigné par son nom, ce qui est insuffisant. L’article Charlemagne 
doit renvoyer aussi bien aux passages où le texte porte « l’empereur ». 
Ajoutons qu’il n’est pas nécessaire, pour les personnages qui sont en 
scène pendant des pages entières, de renvoyer à chacun des passages 
où ils sont nommés : il est plus simple et plus commode de rédiger 
des renvois collectifs, comme par exemple : « laisses xx-xxiv » ou : 
« vers 250-290 ». 

« Il est souvent nécessaire, pour donner une base à l'étude de la 
langue, d’insérer dans l’introduction une table complète ou partielle 
des rimes. Mais il est toujours indispensable, au moins pour les 
poèmes en laisses monorimes, surtout si les assonances y dominent, 
de placer à la suite du glossaire et de la table des noms une table des 
rime8qui sera divisée en deux parties : 1° rimes masculines; 2° rimes 
féminines. 

« Entre les avis proposés dans les articles qui précèdent, il en est 
assurément qui n’ont point une valeur essentielle. On ne saurait pré¬ 
tendre qu’il y ait toujours une raison évidente pour préférer une dis- 

1. Un emploi un peu différent de ces caractères a été fait dans la table du 
Tristan de Thomas, mais il s'agissait d'un cas exceptionnel qui a été expliqué 
dans une note. — Dans certaines des publications de la Société (Eustachc 
Deschamps, Orson de Beauvais), les noms de personnes et ceux de lieux ont 
été répartis entre deux tables. Il ne paraît pas que la commodité des recherches 
y gagne. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


233 


CBBONIQUE ET MELANGES. 

position typographique à une autre. Il est toutefois désirable, même 
lorsqu’il s’agit de détails sans importance, que les membres d'une 
même société, unissant leurs efforts en vue d’une œuvre commune, 
s’entendent, autant que possible, pour procéder de la même façon 
dans les cas identiques. 

Paul Meyer. 

« Novembre 1909. * 


MANUSCRITS BÉNÉVENTAINS ET WISIGOTHIQUESL 

» 

Un jeune américain, M. E. A. Loew, membre de l’Ecole américaine 
de Rome, qui prépare un recueil de fac-similés de manuscrits béné- 
ventains, m’a demandé de communiquer à l’Académie quelques obser¬ 
vations paléographiques, dont j'essaierai d’indiquer en peu de mots 
l'importance. 

M. Loew commence par définir, en termes plus précis qu’on ne 
l’avait fait jusqu’ici, d’abord les traits caractéristiques qui sont com¬ 
muns aux anciennes écritures de l’Italie méridionale et à celles de 
l’Espagne, puis ceux qui sont propres aux écritures de chacun de 
ces pays. 

Les caractères communs sont la forme des lettres a et f, l'emploi 
de l’t allongé dans des textes écrits en minuscules. Les différences 
s’observent dans la forme de la lettre g et dans les ligatures de la 
lettre t avec différentes lettres. 

Après avoir fait cette distinction, M. Loew étudie les règles que les 
copistes des deux pays suivaient pour figurer, dans certains cas, des 
lettres ou des groupes de lettres qui devaient prendre place dans les 
textes qu’ils avaient à reproduire. Ces règles ont pour objet l’emploi 
de la lettre I capitale ou allongée, et la distinction des deux formes de 
ligatures usitées pour unir, dans des cas déterminés, les deux lettres 
de la syllabe fi. 

Emploi du grand I allongé dans l’écriture bénéventaine. 

Ce grand I doit être employé quand la lettre i sert d'initiale à un 
mot et quelle est suivie d’une lettre dépourvue de haste montante 
dépassant le niveau supérieur des lignes. Exemples : /am, Iecit, 
Igitur, Impar, In, lob, Ira, Iter, Iubeo. 

L’initiale i suivie d’une lettre à haste ne doit pas dépasser la hau- 

1. M. L. Delisle a bien vonln noos autoriser a reproduire les remarques 
suivantes, publiées par lui dans les Comptes-rendu» de l’Académie des ins¬ 
criptions, séance du 5 novembre 1909, p. 775-778. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


234 


CHK0MQUE ET MELANGES. 

teurdes lettres dépourvues de haste. Exemples : ibi, illius, ipse, iste. 
Il y a des exceptions à cette règle dans quelques manuscrits du ix« et 
du x* siècle. 

La même lettre i, dans le corps des mots, prend la (orme allongée 
quand la syllabe où elle se trouve doit être prononcée comme notre j. 
Exemples : malus, élus, hulus, culus, Ielunia, malestate, 
conluge. 

Emploi de VI allongé dans les manuscrits wisigothiques. 

Mêmes règles que pour l'écriture bénéventaine. Toutefois, dans les 
plus vieux manuscrits espagnols, les copistes emploient l’I allongé au 
commencement des mots, même quand l'initiale est suivie d'une lettre 
à haste : Ille, Ibant... — La règle relative à l’I allongé qui devait 
être prononcé comme notre j a été scrupuleusement observée en 
Espagne. 

Double forme de la ligature unissant les deux lettres 

de la syllabe ti. 

A partir du ix a siècle 1 , les écrivains de l’Italie méridionale et ceux 
du X e siècle de l'Espagne ont figuré la syllabe ti de deux manières dif¬ 
férentes, suivant qu’elle devait se prononcer ti ou si. 

Dans l’Italie méridionale, on liait la tête des deux lettres par un 
trait arrondi au-dessus du niveau des lignes et on prolongeait la partie 
inférieure de la lettre i par un trait tourné du côté gauche et tracé 
au-dessous du niveau inférieur des lignes. 

En Espagne, on se contentait de réunir la tête des deux lettres par 
un simple délié et de prolonger le bas de la lettre i par un trait fort 
peu développé et tourné à gauche. 

Ainsi le copiste italien devait écrire le mot justifia en liant par un 
trait arrondi la tête des deux lettres de la troisième syllabe du mot. 
— Le copiste espagnol devait simplement unir par un petit délié la 
tête de ces deux lettres. 

Le professeur Rostagno a bien remarqué que le copiste du manu¬ 
scrit bénéventain de Tacite, qui est à la bibliothèque Laurentienne, 
avait observé la distinction ; mais il s’est mépris sur la cause de cette 
distinction. Il pensait que la ligature san6 trait arrondi se trouvait 
dans les mots où t est suivi d'une voyelle; mais le même manuscrit 
de Tacite contient les mots hostium et istius, dans lesquels les deux 
lettres de la syllabe ti sont unies par un simple délié. 

1. On cite même de pins anciens exemples de l'usage dont il est ici ques¬ 
tion. Il y en a des traces dans an manuscrit de la fin du vui* siècle, venu du 
Mont-Cassin, le n* 7530 du fonds latin de la Bibliothèque nationale. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



235 


CHBOltlQOE ET MELANGES. 

L’emploi de la ligature par un trait arrondi ou par un délié désigne 
à coup sûr les passages dans lesquels la syllabe ti doit être prononcée 
si, et nous devons transcrire ces passages par ti, jamais par ci. 

D’après ce qui vient d’être exposé, il est évident que plusieurs des 
règles imposées aux scribes de l’Espagne et de l'Italie méridionale 
avaient pour but de faciliter la lecture courante et correcte du manu¬ 
scrit. A la simple vue de la ligature des lettres ti, on était averti de la 
façon dont cette syllabe devait être prononcée, ti ou si. 

Au sujet de la double forme de la ligature des deux lettres ti, 
M. Prou m’a rappelé une observation de feu le professeur Paoli, insé¬ 
rée dans la Miscellane a di paleografia e diplomatica, XI (Archivio 
storico italiano, 4* série, t. XVI, p. 284-288). Paoli prétend que la 
ligature des lettres ti par un trait arrondi, sous la plume de quelques 
scribes de chartes, spécialement à Volterra et Passignano, représente 
le son du z, et cela dès la fin du vin* siècle. Car dans certains mots 
la lettre i est répétée après la ligature ti : redempt-iione, palat-iiolo. 
Paoli a cité une charte de 968 où un même nom d’homme est écrit 
Act-io dans le texte et Aczo dans la souscription. Le nom du notaire 
d’une charte d’Arezzo de 1013 contient la ligature t-i répétée : At-it-io, 
ce qui ne peut guère être lu qu’ A zzo. — Paoli a répété ses observa¬ 
tions à propos des chartes reproduites dans les planches 29 et 36 de la 
Collezione fxorenlina di facsimili (de Vitelli et Paoli). 

Quant à la distinction de Yi employé comme voyelle et du j comme 
consonne, ce n’est pas seulement dans l’Italie méridionale et dans 
l’Espagne qu’on a, au moyen âge, compris qu’il était utile de distin¬ 
guer par un signe particulier la façon dont devait être prononcée une 
syllabe contenant une lettre susceptible de causer de l’hésitation au 
lecteur. II existe à la Bibliothèque nationale un psautier français, de 
la fin du xii e siècle et d’origine anglaise, dans lequel le copiste a mar¬ 
qué un accent sur les i et les u qui devaient être prononcés comme 
voyelles, tandis qu'il ne mettait pas d'accent sur ces lettres quand 
elles étaient employées comme consonnes. 

Je n’ai pas vérifié sur les manuscrits bénéventains et wisigothiques 
qui sont à Paris, ni sur les fac-similés du grand recueil d’Ewald, les 
constatations dont M. Loew a rendu compte en termes qui m’ont paru 
clairs et judicieux. D’ailleurs, le contrôle en avait été fait par un pro¬ 
fesseur de l’Université de Saint-Andrews, M. Lindsay, qui, dans un 
récent voyage, a fait preuve de son expérience paléographique par de 
curieuses observations sur les abréviations d'un manuscrit wisigo- 
thique conservé à Autun, celui dont quelques feuillets, volés par Libri, 
ont été reconnus à la Bibliothèque nationale par notre confrère 
M. Châtelain. 

L. Delisle. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



236 


CHRONIQUE ET MELANGES. 


ORDONNANCE DE PHILIPPE LE BEL 

CONCERNANT LE RESSORT DES BAILLIAGES DE CHAMPAGNE 

(16 mars 1294). 

L’étude assez compliquée des divisions administratives de ia Cham¬ 
pagne au moyen âge a été successivement faite par MM. Lefèvre, 
Boutiot, d’Arbois de Jubainville et Auguste Longnon. M. le colonel 
Borrelli de Serres, dans ses Recherches sur divers services publics 
(t. II, Notices relatives au XIV e siècle , Paris, 1904, in-8°, p. 405- 
419, et Appendice B, III), a très heureusement complété et précisé les 
résultats acquis; mais une ordonnance de Philippe le Bel, du mardi 
16 mare 1294, renfermée dans un vidimus de Baudouin de Laon, bailli 
de Troyes, du jeudi 1 er avril de la même année et conservée aux 
archives départementales de l’Aube (G. 3344), ne parait pas avoir été 
utilisée par ces auteurs. L’ordonnance de 1294 a pour objet la fixation 
des bailliages auxquels devaient ressortir certaines seigneuries ecclé¬ 
siastiques, ainsi que les fiefs et gardes enclavés dans le comté de 
Champagne et en particulier les châtellenies de Nogent-sur-Seine 1 2 3 4 , 
Pont-sur-Seine*, Sézanne, Lachy et toutes les terres constituant le 
douaire de la reine Jeanne. Cette délimitation est une conséquence de 
la fin de l’autonomie du comté de Champagne consacrée, le 6 octobre 
1285, par l’avènement au trône de Philippe le Bel, époux, depuis le 
16 août 1284, de l’héritière de Champagne, Jeanne, fille de Henri III 
le Gros et petite-fille de Robert d’Artois par sa mère Blanche, nièce 
de saint Louis. Les documents, datés du commencement et de la fin 
du règne de Philippe IV, nous apprennent que Sézanne 3 et Lachy 4 
dépendaient du bailliage de Meaux-Provins ; de même, la seigneurie 
ecclésiastique de Meaux ressortissait à la prévôté de Paris avant 1294. 
L’ordonnance du 16 mars 1294, en plaçant ces localités dans le bail¬ 
liage de Troyes, nous fait connaître un état de choses qui n’a pas duré 
longtemps, mais dont il faut tenir compte pour l’interprétation d’autres 
textes et l’histoire .exacte de l'administration champenoise, aussi 
croyons-nous devoir publier in-extenso cet acte inédit : 

« A touz ces qui ces présentes lettres verront et orront, Bauduins 
de Loon, baillis de Troyes, salut. Saichent tuit que nous avons veu et 


1. Aube, ch.-l. d’arr. 

2. Arr. et cant. de Nogent-sur-Seinc. 

3. Marne, arr. d’Épernay. 

4. Marne, cant. de Sézanne. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


237 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

leu les lettres nostre seingneur le roi en la fourme qui s'ensulst : 
« Philippus, Dei gracia Fraucorum rex, uoiversis présentes litteras 
« inspecturis, salutem. Notum facimus quod nos ob transquillitatem 
« et utilitatem patrie ordinavimus quod Latigniacum super Mater- 
« nam*, ecclesia, cum omnibus pertinenciis eorum, sicuti se compor- 

■ tant et ripparia de Materna ex parte Brie Campanose, civitas Mel- 
« densis, episcopus, capitulum, omnes ecclesie, cum pertinenciis 
c dictorum locorum, ecclesia Faremonasterii 1 2 , villa et omnes perti- 
« nencie ex parte Brie Campaniose, episcopus et capitulum Trecenses, 
c omnes ville illius Trecensis ecclesie et omnes pertinencie in finibus 
« Campanie, in marchia baillivie Trecensis, remanebunt in baillivia 

• Trecensi et se gubernabunt per baillivum Trecensem et si aliqua de 

• Campania inclavata fuerint in Francia ex parte Senonensis, Viroman- 
« densis bailliviarum vel prepositure Parisiensis ultra metas superius 
« divisas, sicuti feoda et garde, ea remanebunt in resortibus baillivia- 
« rum in qua vel quibus fuerint inclavata. Similiter si qua de Francia 
« inclavata fuerint in Campania, videlicet feoda et garde, in Campania 
« remanebunt. Item, Nogentum, Pons super Secanam, Sezana, 
« Lachiacum et omnes pertinencie castellariarum ipsarum et omnia 

• alia que sunt de dotalicio Campanie et que marcantur ballivie Tre- 
« censis remanebunt in ressorto baillivie Trecensis, inhibentur bail- 
« livo Senonensi et preposito Parisiensi ne ipsi justiciare présument 
« in locis supradictis et quod ipsi teneant et custodient ordinationem 
« predictam. Item, civitas Lingonensis, ecclesia, episcopus et capitu- 
« lum ejusdem loci, ratione dicte ecclesie, remanebunt in resorto 
« baillivie Calvimontis in Bassigneio, inhibentur baillivo nostro Seno- 
« ne nsi ne de biis de cetera se intromittat. Domania vero, feoda archie- 
« piscopatus Senonensis remanebunt in baillivia Senonensi, inhiben- 

■ tur baillivo Trecensi ne de biis de cetera se intromittat. Actum 
« Parisius, die martis post Reminiscere, anno Domini rnillesimo CC° 
« nonagesimo tercio. » En tesmoing des quelx choses nous avons mis 
le seel de la baillie de Traies ou transcript de ces lettres. Ce fu feit le 
judi après mikaresme en l'an desus dit. 

« (Au dos :) Ordinatio regis pro resortis. » 

Maurice Jijsselin. 


1. Lagny, Seine-et-Marne, arr. de Meaux. 

2. Farerooutiers, Seine-et-Marne, cant. de Rozoy-en-Brie, arr. de Cou- 
lommiers. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




238 


CHRONIQUE ET MELANGES. 


LA PLUS ANCIENNE CHARTE SUR PAPIER. 

Deux diplômes grecs de Roger II de Sicile, des années 1139 et 1140, 
publiés avec fac-similé, en 1708, par Montfaucon, au livre VI de sa 
Palæographia græc a, ont été longtemps considérés comme les plus 
anciennes chartes sur papier. Montfaucon n'avait pas vu les originaux 
de ces diplômes, dont il devait une reproduction au P. Menniti, géné¬ 
ral des Basiliens, et il ajoutait, à la p. 380 de sa Paléographie, sans 
se prononcer au sujet de la matière sur laquelle ils étaient écrits : 
« Autographum nec ego, nec ipse fortasse vidit. » Il a été reconnu 
depuis que ces deux diplômes avaient été transcrits non sur papier, 
mais sur un vélin très fin (Bresslau, Handbuch der Urhundenlehre 
(1889), I, 892-893). 

On pouvait désormais croire qu’il n’existait en Sicile aucun docu¬ 
ment sur papier de l’époque normande, quand un érudit italien, M. le 
chevalier Giuseppe La Mantia, a eu la bonne fortune de découvrir, à 
l’Archivio di stato de Palerme, une charte sur papier de l’année 1109 
et lui a consacré récemment un savant mémoire intitulé : Il primo 
documento in caria (contessa Adelaide, 1109} esistente in Sicilia 
e rimasto sinora sconosciuto (Palermo, 1908, gr. in-8°, 34 p. et fac- 
similé). C’est un mandement, en grec et en arabe, de la comtesse 
Adélaïde, troisième femme du comte Roger I er et régente pendant la 
minorité de Roger II, adressé aux officiers de sa terre de Castrogio- 
vanni et relatif à des franchises pour le sel accordées aux moines de 
S. Filippo di Demone. 

H. O. 


JULES QUICHERAT 

ET LES CHANGEMENTS DE NOMS DES RUES DE PARIS. 

Nous empruntons à la Vie à Paris publiée par M. Jules Claretie 
dans le journal Le Temps, du 17 décembre 1909, le texte de la lettre 
suivante de Jules Quicherat adressée à Étienne Arago, maire de Paris, 
au lendemain du 4 septembre 1870. « Étienne Arago, dit M. Claretie, 
avait pris un arrêté portant la révision des noms qu’on avait donnés 
aux vieilles rues du temps de M. Haussmann. L’historien de Jeanne 
d’Arc, ami du passé, aimant Paris jusqu’en son vieux langage et ses 
inscriptions abolies, prit la plume et écrivit au maire pour le supplier 
de protéger les antiques appellations comme aussi les monuments qui 
sont la physionomie même, le visage d’une ville. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 239 

« La lettre est curieuse et, bien que datée d'une heure de fièvre, elle 
est de tous les temps. Quicherat disait : 

« Paris, 16 septembre 1870. 

« Monsieur le maire, 

■ Vous venez de prendre un arrêté pour la révision des noms nou- 
« veaux donnés à nos rues sous le précédent régime. 

« En ma qualité d’expert dans les choses qui concernent les anti- 
« quités de Paris, je profite de la circonstance pour demander le réta- 
« blissement pur et simple des dénominations anciennes auxquelles ont 
« été substitués, non seulement les noms de tant de personnages 
« obscurs ou indignes du premier et du second Empire, mais même 
« ceux de beaucoup d’hommes utiles et justement célèbres. 

« Les noms des rues, aussi bien que ceux des villes, appartiennent 
« à l'Histoire. Ils ont été créés le plus souvent par le peuple et rap- 
« pellent presque toujours des faits intéressants. 

« De plus, ils sont consignés dans une infinité d'actes authentiques, 
« de même dans des monuments littéraires dont leur changement rend 
« l’intelligence impossible, à moins d'une recherche que ne peut pas 
« faire le premier venu. 

« Enfin, en baptisant les rues comme on a fait, on a mis les écri- 
< vains qui auront à en parler dans la nécessité de les appeler par leur 
« nom ancien, c’est-à-dire par un nom qui ne dira rien à l’esprit des 
« lecteurs, ou bien d’accoupler des termes dont la rencontre consti- 
• tuera de bizarres anachronismes. Quoi de plus ridicule, par exemple, 
« que d'avoir à dire que le connétable Olivier de Clisson fut l’objet d'une 
« tentative d’assassinat dans la rue de Sévigné, ou que Racine demeura 
« successivement dans les rues Visconti et Champollion? 

« Il n’est raisonnable de donner des noms nouveaux qu’aux voies 
« nouvelles, et c’est une tentative insensée de vouloir qu'une ville, qui 
« a quinze cents ans de célébrité, ne rappelle à la mémoire que les 
« choses et les hommes d’aujourd’hui ou d’hier. 

« Je vous prie, monsieur le maire, de vouloir bien soumettre ces 
« observations à la commission que vous choisirez pour faire l'utile 
« travail dont vous avez décidé l'exécution. 

« Agréez l’assurance de toute ma considération. 

« J. Quicherat, 

« Professeur A l’École des chartes, 
« rue Casimir-Delavigne, 9. 

« Au citoyen maire de Paris. » 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




240 


CHRONIQUE ET MELANGES. 


LES ARCHIVES HISTORIQUES DES COLONIES. 

Le ministère des Colonies a transféré, dans sa nouvelle installation 
de la rue Oudinot, ses archives, à l’exception de la plus grande partie 
des documents antérieurs à 1789, qui présentent un intérêt unique¬ 
ment historique et pouvaient être sans inconvénient déposés aux 
Archives nationales. 

Le palais Soubise vient d’entrer, ces jours derniers, en possession 
de ce fonds précieux entre tous pour l’histoire encore mal connue de 
notre ancien domaine colonial. 

Assurément, des ouvrages comme ceux de M. le professeur Cultru 
sur Dupleix, de M. Salone sur le Canada, de M. P. de Vaissière sur 
Saint-Domingue, de M. Henri Lorin sur Frontenac, de M. Dessales 
et de M. L. Peytraud sur les Antilles, et quelques autres encore, sont 
là pour attester tout le parti que l’on peut en tirer, mais ce qui a été 
fait n'est rien en comparaison de ce qui reste à faire. Et si bien des 
papiers ont été perdus ou détruits, comme ceux de l'ancienne Compa¬ 
gnie des Indes (on en retrouve quelques débris au greffe de l’amirauté 
de Lorient), on a heureusement conservé des fonds à peu près intacts 
pour le Canada, pour la Louisiane, pour la Martinique, pour la Gua¬ 
deloupe, pour Saint-Domingue, pour la Guyane. 

La correspondance générale, les dossiers du personnel, la collection 
Moreau de Saint-Méry pourront fournir les matériaux de plus d’un 
livre d’histoire, quand tout cela sera inventorié et mieux connu. 

Voici le nombre de cartons et de registres pour chaque série : Cor¬ 
respondance (198); Extrême-Orient (22): Guadeloupe (48); Martinique 
(110); Saint-Domingue (211); Antilles (60); Canada (170); Louisiane 
(55); matricules et recrues (310); dossiers du personnel (392); collec¬ 
tion Moreau de Saint-Méry (280) ; ce dernier fonds du plus haut inté¬ 
rêt constitué par un homme politique originaire de la Martinique qui 
fut successivement membre du conseil colonial de Saint-Domingue, 
député de la Martinique à la Constituante, et, plus tard, historiographe 
de la marine et conseiller d’Etat. 

Ce qui manque à cette collection des archives coloniales, c’est un 
inventaire imprimé : à peine possède-t-on un petit fascicule pour le 
fonds de la Cochinchinc, édité il y a quelques années par le défunt 
chef du bureau des archives du ministère, E. Tantet. Pour le reste, 
un état général manuscrit, œuvre de Guet, est le seul moyen de 
recherches que l'on pouvait utiliser jusqu'ici. La confection et la 
publication d’un répertoire complet, analogue à celui qui fut imprimé 
naguère pour le fonds des archives de la marine également déposées 
au palais Soubise, est de tout point désirable. 

1T*11 

Bon à tirer, 12 mai 1910. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES 


DU 

MONASTÈRE DE NOUAILLÉ 

- _ --» > » T ♦ - - 


I. 

Le monastère de Nouaillè n’a pas eu la bonne fortune jusqu’à 
présent de trouver un érudit pour éditer un recueil de ses chartes, 
ni un historien pour raconter, en une monographie scientifique, 
sa vie tout entière. Ce ne sont point les bonnes volontés qui ont 
fait défaut. 

Au xvii® siècle déjà, un moine de Nouaillè, D. Barnabé Du Cas, 
copiait la plupart des chartes de Nouaillè et composait son Fas- 
ciculus antiquitatum Nobiliacensium , qui est à la fois une 
histoire du monastère et un recueil de documents ; mais l’œuvre 
est restée manuscrite 1 . Quelques années plus tard, D. Ëstiennot, 

1. Ce manuscrit est aujourd'hui la propriété de la Société des Antiquaires 
de l'ouest. Sur ce document, voir les notes de Rédet et de Barbier de Mon- 
tault dans Bulletin* de la Société de* Antiquaire* de l'ouest, 1839, p. 4, et 
2* série, t. III, p. 293-29(3. On l’attribue généralement à D. Ëstiennot, et 
D. Fonteneau déjà le citait sous le titre de Histoire manuscrite de Nouaillè 
comme étant de cet auteur. Cependant, l’écriture ne parait pas être celle de 
D. Ëstiennot, et D. Ëstiennot lui-méme, en tête de la troisième partie de 
ses Antiquité* de l'Ordre bénédictin dans le diocèse de Poitiers, nous 
indique ses sources et cite expressément le Fasciculus antiquitatum Nobi¬ 
liacensium comme l’œuvre de D. Bernard Lucas; en marge, ce dernier nom 
a été corrigé, d’une autre main, en Barnabé Du Cas. II y a d'autres correc¬ 
tions marginales dans les Antiquités d'Estiennot; elles sont probablement 
l'œuvre d’un moine de Nouaillè, car nous savons, par une lettre de D. Mabil- 
lon au prieur de Nouaillè D. Jean Navières, que les Antiquités furent ren¬ 
voyées à Nouaillè pour y être copiées. Voir cette curieuse lettre publiée par 
Barbier de Montault, Bull, de la Soc. des Antiq. de l'ouest, 2* série, t. III, 
p. 293. C'est pourquoi la correction du nom de l'auteur me parait devoir être 
acceptée. 

1910 16 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


242 


LES ORIGINES DU MONAStIbE DE NOUAILLÉ. 


se conformant au plan général des enquêtes bénédictines, écrivait 
une histoire sommaire des abbés et transcrivait de nouveau les 
chartes; il se servit, du reste, de l’œuvre de son devancier. Ce 
n’est, selon l’expression de D. Mabillon 1 , qu’un « tissu de pièces > 
qui se trouvaient dans les archives du monastère 2 . 

Au siècle suivant, D. Fonteneau réunissait, dans sa célèbre 
collection, les transcriptions de toutes les chartes de Nouaillé 
qui étaient venues à sa connaissance et faisait suivre chaque 
pièce d’abondants commentaires 3 . A la même époque, Gaignières 
constituait son Chartularium monasterii Nobiliacensis ordi¬ 
nis sancti Bénédicte. 

Ces documents ont été utilisés par les historiens de l’Église. 
D. Mabillon s’est servi de l’œuvre de D. Estiennot dans ses 
Acta sanctorum 5 et pour la rédaction de ses Annales Bénédic¬ 
tin t c , mais en la contrôlant et en la repensant : il a fait œuvre 
personnelle et solide. L’oratorien Le Cointe était aussi amené à 
parler, en passant, de l’abbaye de Nouaillé dans ses Annales 


1. Mabillon, lettre au R. P. Dom Jean Navières, 29 avril 1700, loc. cit. — 
L'original de cette lettre est relié avec le Fasciculus dans le manuscrit des 
Antiquaires de l'ouest; l'édition de Barbier de Montault n’est pas impeccable. 

2. Le titre complet est : Antiquitatum in dioecesi Pictariensi Benedictini 
or du us pars IIP complectens chronica coenob. Mariaci, Kobiliaci ad Miltio- 
nem, Maceriolarum ad Vigcnnam et aliorum modo asceterio Sobiliacensi 
vel unilorum tel subjcctorum (Bibl. nat., lat. 12757). D. Claude Estiennot a 
composé cette histoire lorsqu'il résida A Nouaillé avec le titre de sous-prieur 
(juin 1674 et 1675); il l'envoya à D. Mabillon, qui la confia deux ans au prieur 
de Nouaillé, D. Germain Ferrand (1675-1678), « pour en faire copie »; mais, 
du jour où ce prieur la lui eut renvoyée, elle « n'est pas sortie de mes 
mains », dit Mabillon en 1700. Cependant, D. Placide Porcheron, bibliothé¬ 
caire de Saint-Germain-des-Prés, ne sachant ce qu'elle était devenue, la 
demandait A D. Estiennot, qui, de Rome, lui répondait, le 19 novembre 1686, 
qu'il ne savait dire où elle était. Voir A. Vidier, Un ami de Mabillon : 
D. Claude Estiennot, dans Mélanges Mabillon, p. 283, n. 3, et p. 285. 

3. L'original de cette collection est conservé A la bibliothèque municipale 
de Poitiers; il en existe une copie moderne partielle A la Bibliothèque 
nationale de Paris. Je cite ici les documents d'après la collection de Poitiers. 

4. Bibl. nat., lat. 5450. Ce cartulaire ne renferme guère que des analyses de 
documents pour la partie ancienne; il contient quelques pièces originales 
pour la partie moderne. 

5. Mabillon, Acta sanctorum Ordinis sancti Benedicti , saec. IV, pars I*, 
p. 431. 

6. Mabillon, Annales Ordinis sancti Benedicti, liv. XV, n* 36; liv. XXIV, 
n* 74; liv. XXVI, n» 25; liv. XXX, n* 46, etc. (t. I, p. 474-475; t. II, p. 239- 
240, 307-308, 532, etc.). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DD MONASTBRE DE NODAILLÉ. 


243 


ecclesiastici 1 . Mais les auteurs de la Gallia christiana étaient 
les seuls à donner une histoire continue de l’abbaye, dans une 
notice relativement étendue 1 2 , que l’abbé Dutems ne fit guère que 
résumer dans le Clergé de France 3 . Les grands siècles de 
l’érudition ecclésiastique laissaient au xix® siècle un beau sujet 
à traiter. Alors M. l’abbé Dubois, curé de Mignaloux, consa¬ 
cra de longues années à réunir les matériaux d’une histoire de 
Nouaillé 4 ; mais il mourut en 1849 sans avoir rien publié. Un autre 
membre du clergé poitevin, M. l’abbé Véron, rédigea trente ans 
plus tard une Histoire de Nouaillé et de ses saints , qui devait 
être mise en vente par souscription « au profit du rétablissement 
de la crypte de l’église abbatiale de Nouaillé > 5 ; la table seule 
du livre (dont la publication resta à l’état de projet) a été livrée 
au public avec le prospectus de la librairie 6 : la lecture de ce 
papier commercial permet d’affirmer que la science historique 
n’avait rien à perdre à ce que l’œuvre de M. Véron demeu¬ 
rât inédite 7 . Et voici que pour savoir quel est, au début du 
xx® siècle, l’état des connaissances sur les origines de Nouaillé, 
nous serions encore obligés de nous adresser à une œuvre d’en¬ 
semble où les faits qui concernent Nouaillé sont dispersés, à 
Y Histoire générale, civile, religieuse et littéraire du Poitou 
du chanoine Auber, ou à des notices sommaires ou même à des 
ouvrages de piété, si les auteurs de tous ces travaux avaient, 
comme ceux des siècles précédents, travaillé immédiatement sur 
les sources; mais tous se rattachent plus ou moins directement 


1. Le P. Le Cointe, Annales ecclesiastici Francorum, t. VIII, passim. 

2. Gallia christiana, nouv. éd., t. II, col. 1237-1244. 

3. Dutems, le Clergé de France ou Tableau historique et chronologique 
des archevêques, évêques, abbés et abbayes du royaume (Paris, 4 vol., 1774- 
1775), t. II (1774), p. 441-445. 

4. Bull, de la Soc. des Antiq. de l’ouest, 1840, 2* trim., p. 43 et suiv. 

5. Sur cette crypte, voir le R. P. C. de la Croix, la Crypte de téglise de 
Nouaillé (Vienne), dans la Revue poitevine et saintongeaise, t. I, t882, p. 1-2. 

6. Ce prospectus (4 p. in-4*) a été imprimé chez Oudin A Poitiers. 

7. M. l'abbé Véron lut le chapitre de son œuvre consacré à Notre-Dame de 
Montvinard à C époque païenne dans la séance de la Société des Antiquaires 
de l'ouest tenue le 15 juin 1882 ( Bull. de la Soc. des Antiq. de T ouest, 
2* série, t. II, p. 441). Il avait soumis le manuscrit entier de son Histoire au 
chanoine Auber, l’auteur de la très médiocre compilation sur Y Histoire géné¬ 
rale, civile, religieuse et littéraire du Poitou, et A la Société des Antiquaires 
de l'ouest. Si le premier décernait A M. Véron des éloges, la seconde se 
montra peu empressée A accueillir Y Histoire de Nouaillé dans ses publications. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



2 \\ LES ORIGINES DO MONASTÈRE DE NOCAILLÉ. 

à D. Mabillon ; et comme ce qu’ils ont apporté de nouveau ne 
repose que sur des hypothèses ou sur des erreurs, on peut négliger 
toute l’œuvre de recherches historiques entreprise au xix° siècle 
sur l’histoire de Nouaillé 1 et demander à D. Mabillon ce que l’on 
sait jusqu’à présent de plus exact sur les origines de cet ancien 
monastère 2 . 


II. 

Pendant tout le moyen âge et jusqu’aux temps modernes, on 
a considéré que le monastère de Nouaillé avait été instauré 
par Louis le Pieux, roi d'Aquitaine, sous le règne de son père 
Charlemagne : c’était déjà au xi e siècle l’affirmation d’un conti¬ 
nuateur d’Aimoin de Fleury 3 qui s’inspirait là de la biographie 
anonyme de Louis le Pieux, dite de l'Astronome 4 . Mais les 
chartes de Nouaillé s'opposaient à cette doctrine comme le 
virent D. Du Cas, D. Estiennot et le P. Le Cointe; et D. Mabil¬ 
lon le premier allait établir l’histoire de Nouaillé sur toutes les 
sources connues. 

Pour l’illustre Bénédictin, l’abbaye de Nouaillé existait dès 
le temps où l’évêque Ansoaldus siégeait à Poitiers, c'est-à-dire 
au vu® siècle. Après avoir cité le fragment de document méro- 

1. Babault de Chaumont, Notes sur l'ancienne abbaye de Nouaillé, dans 
Bull, de la Soc. des Anliq. de l'ouest, 1840, p. 73-82. — De Longuemar. 
Essai historique sur l'église collégiale de Saint-Hilairc-lc-Grand, dans Mém. 
de la Soc. des Antiq. de l'ouest, t. XXIII, p. 177-178. — L’abbé Drochon, 
Notice sur Nouaillé, dans Robuchon, Paysages et monuments du Poitou. — 
Un anonyme, Nouaillé et son histoire, notice publiée, s. d. s. I., au dos 
d’une gravure extraite des Paysages et monuments du Poitou. — D. Cha- 
mard, Pèlerinage de. Notre-Dame de Montvinard à Nouaillé (près Poitiers). 
Poitiers, 1888, in-32, 8 p. — L’abbé N. Airault, Souvenir de la fête de la 
translation des reliques de saint Junien à Nouaillé le dimanche i6 août 
1891. Poitiers, typ. Oudin, s. d., in-32, 20 p. (extr. de la Semaine religieuse 
du diocèse de Poitiers des 9, 16 et 30 août 1891). 

2. C’est ce qu’ont fait, avant nous, l’abbé Largeault, lorsqu'il commenta 
les inscriptions métriques d'Alcuin pour Nouaillé, et A. de La Bouralière, 
lorsqu’il composa son Guide archéologique du congrès de Poitiers, dans 
Congrès archéologique de France, LXX* session (séances générales tenues à 
Poitiers en 1903), p. 79. 

3. Aimoin de Fleury, Historia Francorum, continuatio, liv. V, c. 8. Cf. Jean 
Bouchet, Annales d Aquitaine (Poitiers, 1644, in-4*), p. 93. 

4. L'Astronome, Yita Uludowici pii, dans Rec. des hist. de Fr., t. VI, 

p. 95. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DU MONASTERE DE NOUAILLÉ. 2'l5 

vingien (dans lequel il reconnut le testament d’Ansoaldus 1 ) rela¬ 
tif à l’attribution de Mazerolles au monastère d’un certain abbé 
Chroscelmus 2 , Mabillon raisonne ainsi : « Le monastère de 
Nouaillé était soumis à la basilique de Saint-Hilaire, et la celle de 
Mazerolles fut unie à ce monastère avant qu’il n’eût été établi 
par Aton [sous le règne de Louis en Aquitaine] ; d’où il suit que 
Chroscelmus était abbé du monastère auquel la celle fut remise et 
que déjà le monastère de Nouaillé existait... Parmi les premiers 
bienfaiteurs de cette dernière abbaye, on trouve les évêques de 
Poitiers Ansoaldus, Ebarcius et Gaozbertus, cités dans un 
diplôme de Louis, roi d’Aquitaine. L’antiquité de ce monastère 
est par là certaine, mais sa première origine ne l’est pas. Nous 
apprenons toutefois, par un jugement rendu au temps de l’abbé 
Hermenbertus, qu’un certain Frotselmus donna et soumit à Saint- 
Hilaire cette celle. Peut-être celui-ci était-il le fondateur du 
monastère 3 . » Mais l’abbaye fut réduite avec le temps à n'être 
plus qu’une petite celle « cui unicus fere sacerdos abbatis seu 
rectoris titulo praeerat ». Cent ans après Chroscelmus, elle 
avait à sa tête l’abbé Abbomierus, qui eut pour successeur 
Hermenbertus. C’est sous l’administration de ce dernier que 
l’abbé de Saint-Hilaire-le-Grand « Aton entreprit de restituer 
la celle dans son état premier », au plus tard en 793 4 5 , et « de 
la promouvoir au rang d’abbaye » b . 

Voilà tout ce que les textes autorisaient D. Mabillon à dire. 
Il n’est pas sans intérêt pour la suite de cette étude de voir ce 
que sa doctrine est devenue. 


III. 

L’incertitude qui entoure la première fondation du monastère, 
dans le système de D. Mabillon, a permis de donner à cette mai- 


1. Cette attribution, acceptée par tous les éditeurs, est des plus vraisem¬ 
blables. 

2. Pièces justificatives, n* I. 

3. Mabillon, Annales Bened., t. I, p. 471-475. — D. Esticnnot (Ilibl. nat., 
lat. 12757, p. 9) fait de Chroscelmus un abbé de Mairé; mais, comme il ne 
connaît pas d'autre source que le testament d’Ansoaldus, il n'y a pas A tenir 
compte de cette opinion. Mairé n'a été uni à Nouaillé qu’en 830. 

4. Mabillon, Ibid., t. Il, p. 307-308. 

5. Mabillon, t. II, p. 532. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



246 


LES ORIGINES DD MONASTÈRE DE NOOAILLÉ. 


son de moines une très haute antiquité. Déjà D. Fonteneau 
déclarait que probablement l’abbaye de Nouaillé « subsistoit... 
depuis le vi c siècle ou environ Avec Babault de Chau¬ 
mont, une nouvelle précision semble acquise : « Dès le milieu 
du vi° siècle, il existait sur les bords du ruisseau nommé dès lors 
comme à présent le Mioson ou Miosson (Milcione) une petite 
chapelle placée sur une colline et qui portait, comme de nos 
jours, le nom de chapelle Sainte-Marie de Mont-Vinard. Grande 
était la vénération des fidèles pour ce lieu qui est à huit kilo¬ 
mètres à l’est de Poitiers. Ce fut peut-être l’origine de l’abbaye 
de Nouaillé... 1 2 . » Et voici alors D. Chamard qui apporte l’auto¬ 
rité que lui donnaient ses recherches sur l’histoire ecclésiastique 
du Poitou : « Dom Estiennot, écrit-il, estime que le culte de 
Notre-Dame de Nouaillé et son pèlerinage remontent au berceau 
même de l’abbaye 3 . Or, l’origine du monastère de Nouaillé se 
perd dans la nuit des temps. On le trouve, au vm c siècle, 
dépendant de l’abbaye de Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers; 
mais il est bien probable que cette dépendance venait de ce 
qu’il avait été fondé, peut-être dès le v* ou le vi° siècle 
par les moines établis sur le tombeau de l’illustre docteur des 
Gaules. Peut-être même avait-il été créé plus tôt encore, comme 
semblent le prouver les substructions voisines de l’église 
actuelle 4 5 . » Confiant dans cette autorité, un anonyme a pu dire : 
« On a des raisons de croire que Nouaillé est une des premières 
fondations monastiques des Gaules et l’œuvre de saint Hilaire lui- 
même, dont il porta primitivement le nom ; » et cet auteur ajou¬ 
tera sans hésitation que, dès 664, le monastère était assez impor¬ 
tant pour avoir un abbé ’. Alors D. Besse croira pouvoir dire que 

1. D. Fonteneau, t. XXI, p. 26. 

2. Babault de Chaumont, Notes sur l'ancienne abbaye de Nouaillé , p. 74-75. 

3. Le passage de D. Estiennot, auquel D. Chamard fait allusion, est en 
réalité celui de D. Du Cas : Fascicnlus antiquitalum Nobiliacensium, cap. i, 
'i 2 : « In hac villula Nobiliacensi in fundo crclesiac beati Ililarii maioris 
Pictaviensis ci rca annum domini scxcentesimum octogesimum constructa fuit 
ccclesia sub invocationc b. Mariae seinper virginis et gloriosissimi confes¬ 
sons Ililarii. Cujus vero pictate sacer illc locus conditus fueril, cujusque 
liberalilatc ac munilicentia dotatus, hactenus reperire non licuil » (p. 4). 

4. D. Chamard, Pèlerinage de Notre-Dame de Montvinard, p. 3. — Je ne 
sais & quelles substructions cet auteur fait allusion. Le R. P. de la Croix n'a 
trouvé là que des murs d'époque assez basse, peut-être des vin* et ix* siècles 
{Bull, de la Soc. des Antiq. de l'ouest, 3* série, t. I, 1908, p. 306-307). 

5. Nouaillé et son abbaye, placard. — Cf. Drochon, Notice sur Nouaillé. — 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


les origines or monastère de nouaillé. 247 

* le monastère Noidgelense , dont il est question dans la vie de 
saint Lubin 1 , ne peut être que celui de Nouaillé » 2 . 

On a ainsi un curieux exemple des progrès à rebours dus à . 
l'abus des conjectures. Il est temps de revenir à l’étude directe 
des sources et de donner à l’histoire des origines de Nouaillé un 
caractère plus historique. 


IV. 

L’existence de l’église et du monastère de Nouaillé à l’époque 
mérovingienne n’est pas douteuse : un diplôme de Louis, roi 
d’Aquitaine, atteste qu’en 794 l’abbé Hermenbertus a soumis à 
ce prince les actes par lesquels les évêques de Poitiers, Ansoal- 
dus, Ebarcius et Gaozbertus avaient uni à la celle de Nouaillé 
des locella 3 . Et, comme le premier cité et le seul connu d’autre 
part de ces prélats poitevins est monté sur le siège épiscopal de 
Poitiers entre 672 au plus tôt et 677 au plus tard, et qu’il vivait 
encore le 14 mars 697 4 , il est sûr que, dans le dernier quart du 
vii® siècle, l’église de Nouaillé existait. 

De La Bouralière mentionne aussi cette date de 664 : « Tout ce que l'on sait, 
dit-il, c'est que, vers 664, il fut soumis A l'abbaye de Saint-Hilaire de Poi¬ 
tiers » ( Guide du Congrès archéologique. , p. 79). Cette date est le résultat 
d’une méprise assez singulière. D. Mabillon [Annales Rened., t. I, p. 474) a 
cru pouvoir identifier l'évêque irlandais Romanus, mentionné dans le testa¬ 
ment d'Ansoaldus, avec un prêtre irlandais dont parle Bède le Vénérable A 
l’année 664, et alors, sous cette date mise en marge, il rapporte l'acte d'An¬ 
soaldus et le commente sans prétendre aucunement placer en cette année les 
données qui concernent Nouaillé. — Il semble d'ailleurs que D. Mabillon 
avait commis ici une erreur sur la personne. Voir, sur cette question, Joseph 
Tardif, les Charles mérovingiennes de l'abbaye de Noirmoulier (Paris, 1899, 
in-8% extr. en partie de la Nouvelle Revue historique du droit français et 
étranger , t. XXII), p. 1S, et spécialement notes 3 et 4. 

1. Pseudo-Fortunat, VUa Leobini, g 1, éd. Krusch, Mon. Germ. hist ., Auc * 
tores anliquissimi , t. IV, 2* partie, p. 73 : « monachum Noidgelensera. » 

2. Dom Besse, les Moines de l'ancienne France (pétiode gallo-romaine et 
mérovingienne), p. 159. — Philologiquement, Noidgelum n'a aucun rapport 
avec les formes anciennes du nom de Nouaillé : Nobiliacus, Noviliacus, 
Novaliacus. S'il nous avait été donné de suivre pas A pas l'histoire d'un 
monasterium Noidgelense, cette histoire nous aurait conduit vers Nueil-sous- 
Faye, Nieuil-l'Espoir ou Nieuil-sur-l’Autise, tous trois en Poitou (les deux 
premiers dans le département de la Vienne, le troisième en Vendée), bien 
plutôt que vers Nouaillé. 

3. Pièces justificatives, n* VI. 

4. Joseph Tardif, les Chartes mérovingiennes de l'abbaye de Noirmoulier, p.14. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



m 


LES ORIGINES Dü MONASTÈRE DE NOUAILLÉ. 


C’est peut-être au testament d’Ansoaldus que le document 
précédent fait allusion : ce testament, que l’on conservait dans 
le chartrier de l’abbaye, est d’une telle importance ici que nous 
traduisons fidèlement la partie qui intéresse notre sujet : « J’ai 
trouvé la celle de Mazerolles-sur-Vieune déserte, inhabitée, 
improductive. Nous l’avons fait ensuite restaurer entièrement. 
J’y plaçai comme recteur le saint pèlerin de Dieu, l’évêque 
Romanus, de race irlandaise, avec ses compagnons; et j’avais 
décidé que ces étrangers y demeureraient toujours. Mais après 
la mort du saint homme de Dieu, — et comme il n’y avait per¬ 
sonne parmi ses compagnons en état de gouverner la congré¬ 
gation, — pour que l’œuvre accomplie ne pérît pas, j’ai recom¬ 
mandé cette petite celle à notre vénérable frère en Christ l’abbé 
Chroscelmus et je l’ai unie à son monastère afin que tous trouvent 
dans cette union la consolation de mieux servir Dieu 1 . » 

Les termes mêmes dans lesquels ces choses sont dites ne sont 
pas indifférents : tandis que le diplôme royal parle des « con- 
junctiones » accomplies par les évêques, Ansoaldus dit de son 
côté : « Ipsam cellulam... suo monasterio conjunxi. » En 
outre, Mazerolles, dont le nom disparaît des documents jusqu’au 
x° siècle, reparaît en 964 toujours au nombre des domaines de 
Nouaillé’ 2 ; et nous savons pertinemment que, dès le vm“ siècle, 
ce monastère possédait d’autres biens que celui-là dans cette 
même région de Lussac-le-Chàteau 3 . Le fait, enfin, qu’on gardait 
dans les archives de Nouaillé un exemplaire du testament d’An¬ 
soaldus vient s’ajouter aux indices précédents pour fournir une 
nouvelle présomption favorable à l’assertion de D. Mabillon que 
le monastère de Chroscelmus est bien Nouaillé. Mais il est un 
autre argument qui me parait aussi pouvoir étayer cette opinion 
et qui permet dans une certaine mesure de préciser l’époque de 
la fondation. 


1. Pièces justificatives, n* I. — L’union du monastère et de la celle de 
Mazerolles, étant postérieure à la mort de l’évéque-moine irlandais Romanus, 
ne saurait être antérieure au 1" avril 678, puisque, à celle dernière date, 
Romanus souscrivait encore l'un des actes d’Ansoaldus (J. Tardif, op. cit., 
p. 28, n* II). Cela permet de resserrer les dates extrêmes entre lesquelles le 
testament de l’évèque de Poitiers fut rédigé. 

2. Charte citée par L. Rédet, Dictionnaire topographique de la Vienne, 
v Mazerolles. 

3. Pièces justificatives, n* IV. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


LES ORIGINES DD MONASTERE DE NOUAILLÉ. 


249 


Dans un accord intervenu entre Hermenbertus de Nouaillé 
et un adversaire des droits du monastère, le premier de ces deux 
personnages invoque le testamentum, acte de dernières volontés 
ou simple donation, de Frotselmus 1 . Quoique le texte de cette 
notice soit mutilé, il semble bien que, par son acte, Frotselmus 
avait attribué au temporel de Saint-Hilaire les bois de Marnay 
et d’Artron en même temps qu’il soumettait la celle de Nouaillé 
à la basilique; et, depuis lors, les prédécesseurs d’Hermenber- 
tus avaient toujours été investis de la celle et des bois : per¬ 
sonne n’avait contesté aux hommes de Saint-Hilaire, de Nouaillé, 
de Marnay ou d’Artron, le droit de mener leurs bêtes au pacage 
dans ces bois. C’est ainsi que D. Mabillon entendait ce texte 2 : 
avec sa sagacité habituelle, il en a conclu que Frotselmus pou¬ 
vait être le fondateur du primitif monastère de Nouaillé puisque 
seul le fondateur eût eu le droit de disposer de cet établisse¬ 
ment monastique comme de sa propriété, dans le cas présent. 

Le rédacteur de l’acte parle du testament de Frotselmus 
comme d’un document de notoriété publique ; et les contemporains 
étaient, comme nous, censés connaître ce Frotselmus, qui nous 
est, à nous, en réalité inconnu. Son nom même ne nous est pas 
parvenu exactement orthographié : si D. Estiennot a lu Frot¬ 
selmus, D. Fonteneau le corrige et lit Frotfelmus. Frotselmus 
(ou Frotfelmus) peut désigner l’abbé Chroscelmus : on a souvent 
signalé que, sur les monnaies au vu 0 siècle et dans les textes au 
ym c , l’aspiration germanique initiale des noms propres, rendue 
par Ch devant les consonnes continues liquides, l et r, s’est 
transformé souvent en F au lieu de s’adoucir en H ou de dis¬ 
paraître. Ainsi, on eut Flodoaldus pour Chlodoaldus, Frodo- 
lenus pour Chrodolenus , Frodinus pour Chrodinus, etc.; et 
le radical du nom de Floovent, héros d’une chanson de gestes, 
est emprunté au nom d'un Chlodovechus. 

Si l’on admet la possibilité de cette identification, la conjecture 
de Mabillon tire une force nouvelle du texte d’Ansoaldus : ipsam 
cellulam venerabili in Christo fratri nostro Chroscelmo 
àbbati commendavi suoque monasterio conjunxi , parce qu’a- 
lors l’évêque de Poitiers ne veut pas dire seulement qu’il a uni 
la celle de Mazerolles au monastère dont Chroscelmus est abbé, 

1. Pièces justificatives, n* III. 

2. Voir plus haut, p. 245. 


Digitized by 


Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



250 


LES ORIGINES DO MONASTERE DE NOUAILLÉ. 


mais qu’après avoir recommandé la petite congrégation irlan¬ 
daise à l’abbé Chroscelmus, il a réuni Mazerolles au monastère 
fondé par celui-ci, à « son monastère ». D’où il résulterait que 
le titre d’abbé donné à Chroscelmus ne lui serait pas nécessai¬ 
rement attribué en sa qualité de supérieur de Nouaillé : l’abbé 
Chroscelmus devait être, en effet, abbé de Saint-Hilaire-le-Grand, 
car le monastère fut construit sous le vocable de saint Hilaire 1 2 , 
en l’honneur de la Vierge*, sur des biens de Saint-Hilaire. Arrivé 
à ce point, nous ne pouvons pas ne pas songer à un cas abso¬ 
lument analogue : une trentaine d’années plus tôt, en 651, 
l’abbé de la basilique Saint-Aignan d’Orléans, Leodeboldus, fon¬ 
dait à Fleury-sur-Loire un monastère qu’il dédiait à saint 
Pierre 3 . Ainsi s’expliquerait fort naturellement la dépendance de 
Nouaillé à l’égard de Saint-Hilaire-le-Grand, puisque nous appre¬ 
nons, par le cas même de Mazerolles, que l'union des petits 
monastères sous l’autorité d’un abbé, sans doute puissant, était 
un moyen d’assurer l’avenir des instituts qui, dans l’isolement, 
n’auraient peut-être pas échappé à la ruine ou à une subversion 
irréparable. 

Ainsi, les textes conduisent à affirmer l’existence de Nouaillé 
à une date comprise entre 678 et 697 et laissent entrevoir 
entre le célèbre monastère de Saint-Benoît-sur-Loire et le 
monastère de Nouaillé une certaine communauté d’origine dans 
le même siècle. 


V. 

La question est de savoir si cette dépendance de Nouaillé à 
l’égard de Saint-Hilaire dès le principe est contredite par quelque 
texte ou quelque conjecture fondée sur un témoignage. Les 
auteurs anciens n’ont pas abordé de front ce problème. Mais, 

1. Pièces justificatives, n* VIII : « Monaslerium ... de ratione sancli Hilarii 
et in suo sancto Domine editum. » La similitude du vocable a souvent été 
signalée par les historiens de l'Église comme une preuve de dépendance ori¬ 
ginelle d'un prieuré à l’égard de son abbaye. 

2. Voir plus loin, g VI. 

3. Leodeboldus, Testamentum, éd. M. Prou et A. Vidier, Recueil des 
chartes de l'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire, t. I (Documents publiés par 
la Société historique et archéologique du Gâtinais, t. V), p. 5. — Saint- 
Aignan était une senior basilica comme Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Mar- 
lin de Tours, etc., et on y trouve, comme dans ces deux églises, des chanoines. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DD MONASTÈRE DE NOUAILLÉ. 


251 


sans vouloir leur prêter une opinion qu’ils n’ont peut-être pas 
eue, je crois utile d’examiner ici l'objection qu’on pourrait tirer 
du fait que D. Mabillon a admis l’existence d'abbés propres à la 
congrégation de Nouaillé avant la réforme du vin® siècle 1 : la 
présence d'un abbas pourrait indiquer un certain degré d’indé¬ 
pendance. 

Les seuls abbés dont l’historien bénédictin ait rencontré les 
noms sont Chroscelmus pour le vu® siècle et un certain Abbo- 
mierus, prédécesseur d’Hermenbertus, mentionné dans une 
charte de décembre 780 : « Decessor ipsius Abbomiere abba 2 . » 
Pour l’abbé du vu® siècle, nous venons de voir qu’il y a doute 
sur sa qualité d’abbé propre à Nouaillé. Pour celui du vm® siècle, 
il faut faire de plus expresses réserves encore. 

Je dois dire immédiatement que le texte est assez obscur pour 
autoriser le P. Le Cointe à faire de cet Abbomierus un abbé de 
Saint-Hilaire, et que les auteurs de la Gallia christiana consi¬ 
dèrent ce mystérieux personnage comme le prédécesseur non 
d'Hermenbertus, mais d’un autre individu, Abolomierus, qui 
aurait été co-abbé de Nouaillé avec Hermenbertus 3 . Une telle 
diversité d'interprétations prouve jusqu’à l’évidence que le texte 
doit être examiné de très près. 

Le 1 er décembre 780, qui était un vendredi, le comte Abbon 
et l’abbé Jepron 3 tenaient un plaid à Poitiers. Abolomierus inter¬ 
vint ce jour-là au procès qu’un certain Gratianus soutenait 
contre Hermenbertus de Nouaillé. Ce dernier revendiquait le 
domaine de Jassay qui était du temporel de Nouaillé et que Gra- 

1. Mabillon, Annales Bened., t. II, XXVI, n* 25 : « Ejus loci abbas post 
medium saeculum septimum fuisse videtur Chrocelmus, a nobis suo loco lau- 
datus; et post annos fere centum Abbomierus, a quo Gratianus quidam 
praedium Jaciacum per commutationem comparatum fuisse contendebat » 
(p. 307). — Cf. D. Fonleneau, qui, à propos de notre deuxième pièce justifi¬ 
cative, écrit : « 11 paraît par cette charte et par plusieurs autres que le 
monastère de Noaillé subsistoit déjà depuis longtemps. Il n'avoit plus en 780 
le titre d'abbaye, mais il l'avoit eu auparavant, voiés la charte du mois de 
décembre 780 » (t. XXI, p. 26). La charte à laquelle D. Fonteneau nous ren¬ 
voie est celle à laquelle D. Mabillon fait allusion et dont nous allons nous 
occuper; mais notons qu'il n'y est pas question d'une « abbaye > de Nouaillé, 
et que la qualité d’abbaye est tirée de la mention « decessor ipsius Abbo¬ 
miere abba », qui est en question. 

2. Pièces justificatives, n* V. 

3. Jepron et Aepron, nom qui apparaît dans une charte de même époque 
{Pièces justificatives, n*IV), sont, d’après Mabillon, des déformations du nom 
d’Aper, abbé de Saint-Hilaire. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



252 


LES ORIGINES DU MONASTERE DE NOUAILLÉ. 


tianus détenait. « Abolomierus adyenit et concambium de nomi- 
nato Gratiano ibidem praesentavit quomodo decessor ipsius 
Abbomiere abba prout Gratiano ipsum locellum concamiaverat. » 
De quelque façon qu’on retourne le texte, on éprouvera 
quelque difficulté à faire du « decessor ipsius Abbomiere abba » 
un prédécesseur d’Hermenbertus. D’autre part, la qualité d’abbé 
donnée à ce « decessor ipsius » conduirait assez logiquement à 
appliquer le pronom démonstratif à une personne déjà nommée 
avec le titre d’abbé, c’est-à-dire à Jepron (ou Aper) : c’est ainsi 
que Le Cointe a dû traduire pour faire d’Abbomierus un abbé de 
Saint-Hilaire-le-Grand. Mais les auteurs de la Gallia sont dans 
la logique grammaticale de ce texte barbare quand ils rapportent 
« ipsius » à Abolomierus; et cela d’autant plus sûrement que 
« Abbomiere » est le résultat évident d’une cacographie. Ce nom 
propre est, en effet, à un cas-complément et non au cas-sujet 
que comporte le mot « abba » ; or, l’emploi fréquent que le rédac¬ 
teur de l’acte a fait du pronom ipse suivi d’un nom qu’il régit 
autorise à supposer que « Abbomiere » résulte d’une mauvaise 
transcription d’« Abolomiere » (pour Abolomieri) 1 . Le sens du 
passage est alors celui-ci : « Abolomierus vint et présenta l'acte 
d’échange du nommé Gratianus, en vertu duquel l’abbé prédé¬ 
cesseur de ce même Abolomierus, agissant ès qualité, avait 
échangé à Gratianus ce lieu même. » 

La suite du texte ne permet en aucune façon de croire qu’Abo- 
lomierus et son prédécesseur anonyme aient eu des attaches 
avec Nouaillé; Herraenbertus opposa au document produit la 
notice d’un jugement qui établissait les faits suivants : après 
l’échange fait à Gratianus, les clercs de Saint-Hilaire s’étaient 
pourvus par-devant le prince Waïfre pour réclamer, au nom de 
Nouaillé, le domaine de Jassay que Gratianus possédait contre 
tout droit; l’un d’eux, Uncgarius, avait présenté au prince le 
testamentum d’un certain Hernobertus antérieur à la cession de 
ce domaine : c’était le titre de propriété de Saint-Hilaire-sur- 
Jassay. Après examen de ce testament, Gratianus n’avait pu 
garder Jassay : par la remise de gages, il avait rendu cette celle 
avec toutes ses dépendances à Saint-Hilaire et il avait donné 

1. Une autre charte de Nouaillé présente un cas absolument semblable de 
cet emploi d 'ipse au génitif suivi d'un ablatif qu’il commande : « post mor- 
lem ipsius Frotselmo » ( Pièces justificatives, n* III). 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DU MONASTERE DE NOUAILLÉ. 253 

pour elle des fidejusseurs à Uncgarius. Les juges de 780 mirent 
l’affaire en délibéré et le jugement fut renvoyé au premier jour 
que le comte tiendrait ses assises à Poitiers : Abolomierus s’en¬ 
gageait, pour résoudre cette affaire, à se rencontrer de nouveau 
avec Hermenbertus et le représentant de Saint-Hilaire. 

Ainsi, Abolomerius nous apparaît comme l’abbé d’une église 
dont le nom ne nous est pas livré 1 et comme le successeur de 
celui qui avait transmis à Gratianus le domaine de Jassay 
qu’Hermenbertus revendiquait pour la celle de Nouaillé et que 
déjà Gratianus avait pris l'engagement de restituer, sans, du 
reste, comme il semble bien, avoir tenu sa promesse. En dernière 
analyse, le procès se réduisait à décider laquelle des deux, ou de 
l'église d’Abolomierus ou de la congrégation san-hilarienne, était 
légitime propriétaire de Jassay avant la cession faite à Gratia¬ 
nus : c’est pourquoi Abolomierus, qui intervenait en qualité de 
tiers et de témoin le 1 er décembre 780, comparaîtra comme par¬ 
tie au prochain plaid. 

Donc, nous ne trouvons pas d’abbé à Nouaillé au vin® siècle; 
au contraire, dès que les textes sont précis, ils nous montrent 
le monastère soumis à la grande basilique poitevine : en 780, 
Nouaillé est un prieuré, une celle qui est dite « de ratione sancti 
Hilarii » et qui est gouvernée, administrée par un obédiencier 
de Saint-Hilaire. Ce prêtre, nommé par l’abbé de la basilique, 
porte le titre de recteur, que nous lui conservons parce qu’il est 
difficile de traduire ici le mot rectoi' par abbé. U semble bien 
que cette condition remonte jusqu’aux premiers temps du monas¬ 
tère où Frotselmus investit le premier des prédécesseurs d’Her¬ 
menbertus de la celle et de ses dépendances 2 . 

1. Inutile d’ajouter que rien n’autorisait les auteurs de la Gallia christiana 
à faire d’Abolomierus un co-abbé d’Herinenbertus. Ici, il apparaît nettement 
comme un adversaire des droits de Nouaillé. Ailleurs (Pièces justificatives, 
n* IV), un clerc, Arembertus, qui appelle l’abbé Aepron « son seigneur », ce 
qui fait de lui-méme un clerc d’un prieuré de Saint-Hilaire, de Nouaillé, 
revendique au nom de Nouaillé un bien sis à Lussac contre les hommes de 
ce même Abolomierus. 

2. Pièces justificatives , n* III. Un certain N. avait osé chasser des bois de 
Marnay et d’Artron les porcs des hommes de Saint-Hilaire. Dans la suite, 
Constantin, prévôt ou prieur de Nouaillé, avait du reconnaître à N. quelques 
droits sur ces bois, puisque celui-ci prétendait maintenant en faire « son 
alleu »; ce qui provoque la plainte en justice d’Hermenberlus. On pourrait 
être tenté de voir dans ce prévôt un prédécesseur de Hermenbertus; mais 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



254 


LES ORIGINES DU MONASTÈRE DE NOUAILLÉ. 


YI. 

La basilique primitive du monastère de Nouaillé fut dédiée à 
Notre-Dame, et la Vierge fut l’objet d’un culte tout spécial à 
Nouaillé dans la suite. Alcuin est notre premier garant : « Ces 
lieux que tu vois, ô lecteur, dans la nef de cette église véné¬ 
rable, avaient été jadis une église. Mais le pieux père et pasteur 
Aton la fit surgir de terre, cette église, parce qu’il t’aima d’un 
amour infini, ô Vierge Marie, mère immaculée du Dieu tonnant, 
toi la reine du ciel, suprême espérance de notre vie ! Pour qu’un 
culte t’honore et garde en ce lieu ta mémoire, veille sur les ser¬ 
vantes et serviteurs de Dieu qui te prient avec leur piété accou¬ 
tumée, ô la plus douce des vierges 1 ! » Cette inscription, que 
D. Mabillon 2 et, après lui, Duemmler et l’abbé Largeault ont 
attribuée à l’église de Nouaillé, est en quelque sorte confirmée 
par des documents contemporains et postérieurs. Elle est, en 
effet, accompagnée, dans les manuscrits, d’autres inscriptions 
pour le réfectoire des moines, pour le dortoir, pour l’hôtellerie 
et pour l'infirmerie 3 . Or, l’abbé Aton de Saint-Hilaire-le-Grand 
nous enseigne qu’il avait fait reconstruire le monastère de 
Nouaillé : « Aliquod monasterium, cujus vocabulum est Nobi- 


Mabillon a probablement raison de le considérer comme un subordonné de ce 
recteur {Annales Bened., t. II, p. 287), et ce serait la souscription de ce per¬ 
sonnage qu’on trouverait, sans son titre, au bas de l'acte. 

1. Alcuin, Carmina, XCIX, xn : « Haec loca quae cernis, lector, venerabilis 
aulae | parti bu s ecclesiae, fiierant ecclesia quondam. | Sed pater et pastor 
supplex Ato sustulit ista | e terris, quoniam nimio dilexit amore, | virgo 
Maria, Dei genitrix lu intacta tonantis, | tu regina poli, vitae spes roaxima 
nostrae : | ut tibi cultus, honor tierel meinorabilis isthic, | tu quoque respi- 
ceres solita pietate precantes | hic famulas famulosque Dei, mitissima 
virgo. | Tu precibus nostris semper clementer adesto, | atque dies nostros 
precibus rege semper ubique, | ut nos conservet Jesu pia gratia Christ! » 
(éd. Duemmler, Mon. Germ. hisl ., Poetae latini aevi carolini, t. I, p. 325). 

2. Mabillon, Acta sanclorum Ordinis sancli Benedicti, saec. IV, pars I*, 
p. 431; Annales Bened., t. II p. 307. 

3. Voir l’intéressant commentaire qui accompagne le texte de toutes ces 
inscriptions dans Alfred Largeault, Inscriptions métriques composées par 
Alcuin à la fin du VHP siècle pour les monastères de Saint-Hilaire de 
Poitiers et de Nouaillé, dans Mém. de la Soc. des Antiq. de l'ouest , 2* série, 
t. VU, 1884 (Poitiers, 1885, in-8‘), p. 271-283. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DG MONASTÈRE DE NOGAILLÈ. 


255 


liacus... ipsum renovavimus 1 . » Et, enfin, il est incontestable 
que la Vierge fut, après cette.restauration, encore l’objet d’un 
culte assez important pour que son patronage éclipsât celui de 
saint Hilaire, dont le vocable avait été laissé au monastère 2 , et 
contrebalançât pendant quelque temps celui de saint Junien, 
qui finit par l’emporter 3 . Mais ce culte, pour être aussi ancien 
que le monastère, ne semble pas lui avoir été antérieur dans la 
région 4 . 

1. Pièces justificatives, n* Vin. 

2. Translatio sancli Juniani, 2 : « Inlatum est corpus ejus in basilicam 
beati Hilarii, quam idem venerabilis abbas (Godolenus) mira operis pulchri- 
tudine construiit » (Mabillon, Acta sanctorum Ordinis sancli Benedicti, 
saec. IV, pars I*, p. 433; cf. Le Cointe, Annales eccles. Franc., t. VIII, 
p. 60). — Charte de 868 : « inonasterium Nobiliacum in honorem sancti 
Hilarii construclum, ubi sanctus Junianus umato quiescit corpore, super 
amnern Miltionem. » — Charte de 901 : « monaslerium sancti Ilari de Nubi- 
liaco. » — Ces deux chartes inédites sont citées par Rédet, Dict. lopogr. de 
la Vienne , v* Nouaillé. Elles permettent d'affirmer que D. Mabillon a eu 
tort d’interpréter le texte de la translation de saint Junien en ces termes : 
« Id est, in basilicam abbatiae sancti Hilarii subjectam; nam ecclesia Nobi- 
liacensis beatae Mariae sacrata erat, saltem ab instauratione per Atonem 
facta, ex vetustis chartis et ex versibus Alcuini » ( Acta sanctorum Ordinis 
santi Benedicti, saec. IV, pars I*, p. 433, n. b). 

3. Charte de 912 : « monasterium Nobiliacense in honorent sancte Marie et 
sancti Juniani construclum, in pago Pictavo, infra quintam ipsius civitatis » 
(Rédet, Dict. lopogr. de la Vienne , v* Nouaillé). — L'importance prise au 
x* siècle par le vocable ancien de Notre-Dame coïncide avec l'apparition du 
culte de la Vierge à Montvinard. En janvier 906, le roi de France, Charles le 
Simple, confirme & l'abbaye la possession du domaine de Montvinard, « pre- 
diuin sancti Juniani quod nuncupatur Monte Vinardo » (D. Fonteneau, t. XXI, 
p. 175; cité par Rédet, op. cil., v 1 ' Montvinard et Nouaillé, et par D. Cha- 
mard. Pèlerinage de Notre-Dame de Montvinard, p. 3). Il n'est pas encore 
question de l'église de Montvinard. En décembre 934, cette église est men¬ 
tionnée pour la première fois : < Ecclesia beatae Mariae, sita in loco qui dici- 
tur Mons Vinarius, ex poteslate Nobiliacensis monasterii » (D. Fonteneau, 
t. XXI, p. 243; cf. Rédet et D. Chamard, loc. cil.). — Les recherches archéo¬ 
logiques du R. P. de la Croix ont établi que celle chapelle était bâtie sur 
l’emplacement d’un petit fanum romain et qu elle remontait à l'époque caro¬ 
lingienne (Bull, de la Soc. des Antiq. de l'ouest, 3* série, t. I, 1908, p. 306- 
307). C'est probablement de ce temple romain que provient la colonne antique 
qui se trouve dans le déambulatoire nord de l’église de Nouaillé. 

4. Voir la note précédente. — D. Chamard a dit de son côté : « 11 est pro¬ 
bable que c’est dans l'église même de l'abbaye de Nouaillé que l'on honorait 
à l'origine la Très Sainte-Mère de Dieu » (Pèlerinage de Notre-Dame de 
Montvinard , p. 3). Voir plus haut (p. 246) une opinion contraire de Babault 
de Chaumont. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



256 


LES ORIGINES DD MONASTÈRE DE NOUAILLÉ. 


VII. 

Le prieuré possède des biens dont la gestion et la défense 
sont confiées au recteur : il est incontestable que Saint-Hilaire 
de Poitiers et Saint-Hilaire de Nouaillé avaient des menses sépa¬ 
rées, car nos sources distinguent les partes de l’abbaye et les 
partes de la celle 1 2 . Mais il n’est pas moins certain que l’abbaye 
avait une sorte de droit éminent sur les biens de son prieuré ; 
la celle et toutes ses dépendances appartiennent aux < partes 
sancti Hilarii », sont « de racione sancti Hilarii »♦. La petite 
congrégation ne conserve que la possession avec usufruit de ses 
biens, mais la propriété a passé à l’abbaye ; le recteur, même s’il 
agit au nom de sa petite congrégation, ne peut aliéner définiti¬ 
vement des domaines du prieuré sans l’assentiment de l’abbé. 
Au contraire, celui-ci doit pouvoir, je ne dis pas distraire sans 
compensation, mais échanger des domaines au mieux des inté¬ 
rêts dont il a la garde et toute la responsabilité. 

D. Fonteneau a soutenu une théorie contraire : <t Ce petit monas¬ 
tère a voit des biens particuliers, — distincts et séparés de ceux 
de Saint-Hilaire. Les moines de Saint-Hilaire ne pouvoient pas 
s’en emparer d’autorité, il falloit un consentement du supérieur 
de ce petit monastère quand il étoit question de faire quelque 
échange; en effet, les biens qui avoient été donnés à Noaillé 
n’avoient pas été donnés à l’abbaye de Saint-Hilaire. Il en étoit 
des biens de Noaillé par rapport à l’abbaye de Saint-Hilaire 
comme de ceux des prieurés des différentes abbayes. Les prieu¬ 
rés en général appartenoient à ces abbayes, mais les biens de 
chaque prieuré n’appartenoient pas tellement aux abbayes, 
qu’elles eussent la liberté de les démembrer et de les affecter à 
d’autres prieurés; ç’auroit été contre les intentions des fonda¬ 
teurs. Les abbayes avoient l’usufruit de ces biens, c’étoit à quoi 
se bornoit leur autorité 3 . » 

Laissons aux textes le soin de départager les deux théories 
fondées, l’une et l’autre, sur eux. En juillet 780, l’abbé 
de Saint-Hilaire, Aper, procède à une mutation de biens et de 
serfs entre son abbaye et la celle de Nouaillé; nous devons, 

1. Pièces justificatives, n“ II et III. 

2. Ibid., n” III, VI et VIII. 

3. D. Fonteneau, t. XXI, p. 25. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DÜ MONASTERE DE NOCAILLÉ. 257 

d’après D. Fonteneau, trouver le consentement exprès de Her- 
menbertus, supérieur de Nouaillé. Ce consentement nous le 
cherchons en vain. L’acte abbatial n’est pas un simple échange 
conclu entre deux parties traitant sur le pied d’égalité, c’est aussi 
et surtout une redistribution de biens faite par l’abbé de sa propre 
autorité, selon son bon plaisir : « Placuit nobis ut aliquas reicu- 
las monasterii ex cella Novaliacinse... conmutare deberemus 1 . » 
L’abbé dispose ici en pleine indépendance : voilà le droit. En 
fait, l’acte est probablement sorti des délibérations du chapitre 
dont les membres ont signé après l’abbé ; mais la décision est 
prise par l’abbé qui est seul responsable. Il n’est fait aucune 
mention d’une requête du supérieur de Nouaillé, et celui-ci 
n’est même pas appelé à souscrire le document, à donner une 
adhésion quelconque aux résolutions prises. Même si l’on sup¬ 
pose que le recteur de la celle ait été consulté, ou qu’il ait 
pris l’initiative de la proposition, — hypothèse gratuite quoique 
très vraisemblable, — cela ne porte pas atteinte au droit qui 
est ici dans les formules et non dans des conjectures. Et cela 
s’accorde avec la conception qu’on pouvait se faire a priori 
des choses : l’affectation des biens est un acte d’administration 
intérieure. 

De même, lorsque plus tard l’abbé Aton rend à Nouaillé les 
domaines de Jouarenne et de Chaunay qui avaient été distraits du 
temporel de la celle, il se contente de dire : « Locella, quas a 
longo tempore ex ipso fuerant ablata. » Il ne dit pas que cette 
soustraction a été faite indûment, — ce qu’on n’oublie pas géné¬ 
ralement d’exprimer quand on répare une injustice : l’aveu de 
la faute et la réparation du tort causé sont actes louables. Ici 
l’abbé opère la restitution parce qu’il faut assurer la subsistance 
des moines bénédictins qu’il vient d’y installer, « propter néces¬ 
sitâtes monachorum et pauperum subplendas » 2 : c’est donc 
encore un acte d’administration intérieure. 

Mais quand un des biens affectés à Nouaillé est arraché à la 
congrégation san-hilarienne, c’est au recteur de la celle qu’il 
incombe d’en poursuivre la revendication parce que, en deve¬ 
nant recteur, il a pris en charge toutes les dépendances du 
prieuré et qu’il en doit compte à l’abbé et à la congrégation tout 


1. Pièces justificatives, n* II. 

2. Ibid., n* VIII. 

1910 17 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



258 


LES OBIGINES DU MONASTÈRE DE NOUAILLÉ. 


entière : c’est ce qu’exprime Hermenbertus lorsqu’il expose que 
les prieurs sont en quelque sorte investis des biens du temporel 
de Nouaillé 1 . 11 agit en qualité de représentant des intérêts de 
la congrégation entière, et, à son défaut, c’est un « missus de 
partibus sancti Hilarii » qui le suppléera 2 : ainsi le supérieur de 
Nouaillé, Hermenbertus, comparaît en personne dans les procès 
du 17 novembre et du 1 er décembre 780 3 ; mais, le 18 novembre 
780, c’est un fondé de pouvoirs qui plaide contre Abolomierus, 
le clerc Arembertus qu’on a eu tort d’identifier quelquefois avec 
le prêtre Hermenbertus 4 . 

Nous sommes bien imparfaitement renseignés sur l’importance 
du temporel de Nouaillé à la fin du viii® siècle. La celle, en 
dehors de ses terres de Nouaillé, gardait encore sans doute 
Mazerolles avec ses dépendances 5 ; on venait de lui enlever ce 
qu’elle possédait à Bonneuil, à Cambon et à Joussé pour lui 
donner, en compensation, d’autres biens sis en un lieu dont le 
nom ne nous est pas parvenu en entier 6 ; elle revendiquait aussi 
la propriété des bois de Marnay et d’Artron qui faisaient partie 
de la dotation primitive du monastère 7 , d’un manse à Lussac 8 , 
du domaine de Jassay 9 qu’elle cherchait à recouvrer depuis plus 
de douze ans 10 . Mais il n’est pas sûr que déjà Nouaillé fût entré 
en possession des biens sis à Le-Pin-Saint-Denis et réclamés, le 
lundi 27 avril 795, par Odascira, avoué d’une femme Abisana 
et de son fils Condraldus, à un certain Faramundus 11 . Enfin, 
elle avait possédé les domaines de Jouarenne et de Chaunay 12 qui 
lui furent rendus au moment où l’abbé Aton opéra la réforme - 
que nous allons maintenant étudier et qui clôt l’histoire primi¬ 
tive de Nouaillé. 

1. Pièces justificatives, n° III. 

2. Ibid., n* V. 

3. Ibid., n" III et V. 

4. Ibid., n* IV. Voir plus haut, p. 253, n. 1. 

5. Ibid., n* I. Voir plus haut, p. 248. 

6. Ibid., n* II : « ... danitus. » 

7. Ibid., n* III. Voir plus haut, p. 249. 

8. Ibid., n* IV. 

9. Ibid., n* V. Voir plus haut, p. 251 et suiv. 

10. Waifre, devant qui fut primitivement portée l'aflaire, est mort en 768. 

11. Pièces justificatives, n* VU. — Pour la date, voir la note relative au 
texte, p. 290, n. 2. 

12. Ibid., n* VUI. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DU MONASTERE DE NOUAILLE. 


259 


VIII. 

Il est possible, — mais les textes ne le laissent pas découvrir 
de manière à mettre le fait hors de contestation, — que le 
monastère de Nouaillé ait été construit pour abriter des moines 
qui, comme ceux de Fleury-sur-Loire, fussent soumis à la règle 
de saint Columban et de saint Benoît; on tire une présomption, 
assez faible du reste, de ce que l’évêque Ansoaldus unit le monas¬ 
tère fondé pour les moines irlandais de Romanus à Nouaillé ; la 
similitude de la règle suivie dans les deux établissements serait 
une raison du choix de l’évêque. 

La décadence de Nouaillé au vni® siècle n’aurait pas fait sor¬ 
tir les habitants du petit monastère de la grande famille bénédic¬ 
tine si l’on en croit le dernier historien qui a traité de l’histoire 
de Saint-Hilaire-le-Grand et qui s’est efforcé de montrer que 
l’abbaye de Saint-Hilaire, dont Nouaillé n’avait pas cessé de 
dépendre, avait conservé le caractère d’un institut bénédictin 1 ; 
et D. Fonteneau sait aussi qu’à Saint-Hilaire on pratiquait la 
règle de Saint-Benoît 2 . 

Qu’on me permette de passer rapidement en vue leurs argu¬ 
ments. Voici comment s’exprime D. Chamard : « Fondées sur 
les tombeaux et aussitôt après la mort des deux illustres pon¬ 
tifes leurs patrons, les deux abbayes de Saint-Martin de Tours 
et de Saint-Hilaire de Poitiers ont eu à peu près les mêmes des¬ 
tinées au point de vue monastique. Que l’abbaye de Saint-Mar¬ 
tin de Tours ait été jusqu’au ix e siècle habitée par des moines, 
c’est une vérité péremptoirement démontrée par Mabillon 1*1. 
D’autre part, voici les preuves qui démontrent l’origine monas¬ 
tique de Saint-Hilaire. Au commencement du vr® siècle, on l’ap¬ 
pelait monasterium sancti Hilarii ; les frères ( J fpatres ) avaient 
pour abbé un moine. On y pratiquait dès lors la vie monas- 

1. D. Chamard, Histoire ecclésiastique du Poitou , t. I. Poitiers, 1874, 
in-8* ( Mim . de la Soc. des Antiq. de l'ouest, t. XXXVII). 

2. D. Fonteneau, t. XXI, passim. 

[3]. Ann. Bened., lib. I, 20; VIII, 31; X, 57; XVII, 46; XIX, 59; XXVI. 
n # 47, ann. 7%, déjà observance relâchée, n* 12, ann. 791 : dès cette époque, 
un petit nombre se disaient moines; XXVIII, n* 10, ann. 813, 87, 178, 
ann. 818 : sécularisation. — Je reproduis sous une numérotation entre cro¬ 
chets les notes de D. Chamard. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



*260 


LES ORIGINES DD MONASTERE DE NOÜÀILïi. 


tique 0). Saint Achard fut confié Ansfrido Pictavis ex monaste- 
rio beati Hylarii coenobito justo Donc, au commencement 
du vu 0 siècle, des cénobites habitaient l’abbaye. A la fin du 
même siècle, même observation W. Au mois de juillet 768, le roi 
Pépin dit encore : Bertinus abba de monasterio sancti Hila- 
rii patroni nostri Pictavis civilate ... abba suique monà- 
chiM. En juillet 780, ces moines ne prennent déjà plus ce 
titre dans leurs signatures 151 . Enfin, en mai 808, c’est-à-dire à 
la même époque à peu près qu’à Saint-Martin de Tours, la règle 
de saint Benoît y est abolie. Les uns se retirent à Nouaillé pour 
y conserver l’observance monastique, et les autres qui restent 
dans l’abbaye revêtent l’habit des chanoines : dum hactenns 
illorum vita sub habitu canonico constituta fueraV 6 l » 

Le témoignage des textes invoqués par D. Chamard n’est 
guère recevable ou probant. La Vie de saint Fndolin est sans 
valeur historique aucune ; écrite à la fin du x° siècle par Bal- 
therus, moine de Saint-Gall, elle est, selon le jugement déjugés 
compétents, une œuvre de pure imagination 7 . Que pèse la don¬ 
née d’une telle source pour préciser l’état de Saint-Hilaire au 
vi° siècle? La Vie de saint Achard ne paraît pas être d’une note 
bien supérieure; œuvre d’un auteur anonyme, elle date vraisem¬ 
blablement du x° siècle après 920 s . Quant au témoignage de la 
Vie de saint Léger , il est bien du vii° siècle ; mais il faut encore 
ici distinguer. Nous avons deux vies anciennes de l’évêque 
d’Autun : l’une, composée par Ursinus, moine de Saint-Maixent 
et dédiée à Ansoaldus, évêque de Poitiers, et à Audulfus, abbé 
de Saint-Maixent, est une copie infidèle d’une autre vie absolu¬ 
ment contemporaine du saint ; l’autre, rédigée par un moine de 
Saint-Symphorien d’Autun et dédiée à l’évêque Hermenarius, 
successeur de saint Léger (678-690), a combiné les deux pré- 

[1]. Bolland. AA. SS., t. I, inarlii, p. 435, Vita S. Fridolini, n" 17, 19, 29. 

[2J. Ibid., t. IV, sept., p. 86, n* 1. 

[3] . Ibid., t. I, ocl., p. 425, Vita S. Leodegarii. 

[4] . Mém. de la Soc. des Antiq. de l'ouest, t. XIV, p. 1, 2. 

[5J. Loc. cil., p. 3. 

[6]. Loc. cit., p. 3. 

7. Voir la préface de Bruno Krusch, en tête de son édition, dans les i Mon. 
Germ. hist., Scriplores rerum meroringicarum, t. III, p. 350-353. — Cf. G. 
Kurtti, Clovis, 2* éd., t. II, p. 254. 

8. A. Moliuier, les Sources de l’histoire de France, t. I, p. 159, n* 570. 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


Digitized by Google 



LES ORIGINES DD MONASTERE DE NOOAILLK. 


261 


cédentes*. C’est à cette dernière que D. Chamard nous renvoie, 
autrement dit à la moins sûre; mais le petit ton détaché avec 
lequel il nous signale sa preuve n'est que trop justifié par le 
néant de cette preuve : le texte ne parle ni de moines, ni de 
cénobites, ni d’abbé, comme les textes précédents le faisaient 
expressément ; et là où il parle de monasterium , sa source porte 
basilica , qui est une leçon excellente. Mais que l’on accorde, si 
l’on veut, quelque autorité aux hagiographes les moins anciens, 
et que l’on accepte le mot monasteHum comme traduisant 
exactement la situation vraie de Saint-Hilaire, je dis qu’aucun 
des textes invoqués, pas plus ceux des vies de saints que celui du 
diplôme royal de 768, ne permettait de conclure à la pratique, 
dans le monastère de Poitiers, de la règle bénédictine : car ce 
n’est pas tant, à proprement parler, sur le caractère monastique 
que sur 1a qualité bénédictine de l’ordre monastique que porte le 
débat (nous le verrons tout à l’heure). Tout ce qu’on était en 
droit de dire, jusqu’à présent, c’est ce que M. de Longuemar 
avait dit en ces termes : « Nous ne savons rien de précis sur le 
lien qui unissait les clercs primitivement réunis par saint 
Hilaire pour le service de la petite église qu'il avait fondée sur 
le caveau sépulchral de sa famille ; mais il est certain que les 
termes des plus anciennes chartes (an. 768,834) désignent positi¬ 
vement les membres de la communauté alors existante sous le 
nom de monachi et l’abbaye sous celui de monasterium. Si 
donc les premiers clercs avaient été simplement séculiers, ce dont 
on peut douter faute de preuves, il est certain qu’ils ne tardèrent 
pas à être unis par une règle et soumis à la claustration, comme 
l’indiquent les mots monachi et monasterium '. » 

L’histoire de Nouaillé fournissait à D. Fonteneau les preuves 
de l'existence de la règle bénédictine à Saint-Hilaire, et il est 
possible que les commentaires du Bénédictin du xvm e siècle, 
connus par le grand chercheur qu’était D. Chamard, aient pesé 
sur l’esprit de ce dernier. 

En 794, l’abbé Aton introduisait la règle bénédictine à Nouaillé. 
D. Fonteneau commente ainsi l’événement : « Les moines qui 
furent mis dans le monastère de Noaillé furent incontestable- 

1. Kruscb, Die atteste Vita Leudegarii, dans Neues Archiv, t. XVI, 
p. 565-596; cf. Analecta Bollandiana , t. XI, p. 104-110. 

2. De Longuemar, Essai historique sur l'église collégiale de Saint-Hilaire , 
loc. cit., p. 84. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



262 


LES 011GINE8 DD K01VASTBHE DE NOUAILLé. 


ment tirés de l’abbaye de Saint-Hilaire, puisque Noaillé dépen¬ 
dent de cette abbaye. Or, puisque ces moines de Noaillé dévoient 
pratiquer la règle de saint Benoist, c’est une conséquence que 
cette règle étoit en usage dans l’abbaye de Saint-Hilaire 1 . » 
L’intervention de l’abbé Aton et de ses moines, domnus Ato 
abba suique monachi, auprès du roi d’Aquitaine pour que 
celui-ci confirme à la celle de Nouaillé l’immunité provoque 
cette explication du commentateur : « Si on n’avoit pas vu 
cy-dessus dans le diplôme de Pépin le Bref du mois de juil¬ 
let 768 qu’il y avoit des moines dans l’abbaye de Saint-Hilaire, 
dont Bertin étoit abbé, on pourroit dire que, dans ce texte Ato 
abba suique monachi, il ne s’agit pas des moines de Saint- 
Hilaire, mais de ceux de Noaillé qui s’étoient joints à Aton pour 
demander au roi le présent privilège. Mais ce seroit forcer le 
texte; le sens naturel qui se présente est qu’Aton, abbé de 
Saint-Hilaire, et les moines de cette abbaye supplièrent d’accor¬ 
der à leur petit monastère de Noaillé la confirmation des biens 
dont il jouissoit et l’exemption de toutes les charges publiques. 
Il y avoit donc encore des moines dans l’abbaye de Saint- 
Hilaire en 794 2 . » Enfin, prenant occasion de ce que Hermen- 
bertus, qui, dans les chartes antérieures, prenait la seule qualité 
de prêtre, se qualifie lui-même en 798 indignus sacerdos et 
monachus, D. Fonteneau écrit : « Ceci servira à éclaircir 
quelques endroits des chartes précédentes et ce qu’on doit 
entendre par les mots Hermenbertus presbite?' nos ter, sacer¬ 
dos, rector ex cellola Novaliacinse. Comme Hermenbert ne 
prend point dans ces chartes le titre de moine, mais seulement 
celui de prêtre, des personnes auxquelles les anciens usages sont 
inconnus pourroient en inférer qu’il n’étoit que prêtre, et non 
pas moine, sans faire attention que les moines-prêtres ne pre- 
noient souvent que le nom de prêtre, Presbyte?', Sacerdos, 
comme les moines-diacres, celui de diacres, les moines-clercs, 
celui de clercs, supprimant le nom de moines. 11 n’y a point ici 
d’équivoque, il prend les deux qualités, Sacerdos et monachus. 
Hermenbert étoit donc prêtre et moine. Or, dans la charte pré¬ 
cédente du mois de juillet 780, Aper, abbé de Saint-Hilaire de 
Poitiers, citant Hermenbert, dit Presbyter noster, notre prêtre, 
c’est comme s’il avoit dit notre moine, où (sic) le prêtre et moine 

1. D. Fonteneau, t. XXI, p. 5t. 

2. D. Fonteneau, t. XXI, p. 52; cf. aussi p. 65-66. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 





1 


LES ORIGINES DO MONASTÈRE DE NOUAILLÈ. 203 

Hermenbert qui est un d’entre nous, qui est sorti d’avec nous, 
que nous avons envoie pour gouverner le petit monastère de 
Noaillé. Il y avoit donc encore des moines au mois de juillet de 
l’an 780 dans l’abbaye de Saint-Hilaire de Poitiers 1 . > 

Mais un texte semblait devoir renverser cet édifice fragile de 
raisonnements : D. Fonteneau, — c’est une justice à lui rendre, 
— ne tait jamais ni ne fuit la difficulté quand il la voit. Si le roi 
d’Aquitaine, le futur empereur Louis le Pieux, nous dit en 808 
que les San-Hilariens ont jusqu’à présent vécu sous l’habit cano¬ 
nial, sub habitu canonico , D. Fonteneau, s’autorisant du nom 
de D. Mabillon, prendra soin de nous avertir que « l’habit des 
moines étoit aussi quelquefois appellé habitus canonicus 2 3 
parce que cet habit avoit été prescrit par la règle qu’on appelloit 
canonique ordo canonicus 3 et par les canons, c’est-à-dire par 
les loix et l’autorité ecclésiastique. Tous ces exemples doivent 
s’appliquer aux moines de Saint-Hilaire de Poitiers. Jusqu’ici 
ils avoient vécu sub habitu canonico,. c’est-à-dire sous l’habit 
régulier ou prescrit par la règle. U y avoit donc encore des 
moines dans l’église de Saint-Hilaire, au moins quant à l’habit, 
en 808 4 . * 

Bien plus, la célèbre basilique poitevine aurait même été une 
église de moines « jusqu’au ix® siècle avancé et peut-être même 
jusqu’au x® siècle et jusqu’à ce que l’église et le monastère furent 
ruinés par les Normands. S’il faut même ajouter foi à la chro¬ 
nique de Maillezais, les chanoines ne furent introduits dans cette 
abbaye que vers 921 par Ebles, abbé de Saint-Hilaire, frère de 
Guillaume, comte de Poitou, surnommé Tête d’Étoupe 5 . » 

Sur ce dernier point, dont la discussion nous entraînerait 
trop loin de notre sujet, je me contente de citer encore M. de 
Longuemar : « Le nom de chanoine, écrit cet historien, n’est 

1. Fonteneau, t. XXI, p. 66-67. 

2. Mabillon, Ann. Bened., i. DI, p. 72, n* 45 (note de D. Fonteneau). 

3. Cf. D. Fonteneau, t. XXI : « La règle de saint Benoist a été mise autre¬ 
fois parmi les Écritures canoniques, inter canonicas Scripturas; elle portoit 
le nom d'ordre canonique canonicus ordo , c'est-à-dire canonum ordo , où 
(sic) leges canonum quidquid canonicus ordo rcl régula sancti Benedicti 
edocet (Mabillon, Ann. Bened., t. I, p. 659, n. 2; p. 519, n. 37; p. 281, n. 28; 
t. IV, p. 623, n. 191) », p. 79-80. 

4. D. Fonteneau, t. XXI, p. 80-81. 

5. Ibid., p. 60. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



264 


LES ORIGINES DO MONASTÈRE DE NOUAILLÉ. 


prononcé pour la première fois dans nos chartes (de Saint- 
Hilaire) qu’en 922, et on ne les voit jamais souscrites avant le 
x° siècle que par des clercs-religieux (clerici et presbyteri). 
Ce n’est qu’à partir de cette époque qu’on voit apparaître suc¬ 
cessivement les dignitaires du chapitre, tels que le trésorier, le 
doyen, le chantre, etc. A ce moment, la constitution de la com¬ 
munauté subit donc une modification profonde et qui arriva, fait 
remarquable, précisément à lepoque où l’abbaye, après avoir été 
abandonnée par l’ancienne communauté, renaissait de ses ruines 
sous l’égide des ducs d’Aquitaine 1 . » La modification fut proba¬ 
blement moins profonde que le croit cet auteur. 

lie moindre défaut des raisonnements de D. Fonteneau, c’est 
de ne pas tenir un compte exact de la réforme opérée par l’abbé 
Aton : l’étude de cette réforme va nous montrer qu’il n’est point 
du tout incontestable que les mormchi de Saint-Hilaire aient été 
des Hénédictins; que 1). Fonteneau commet une pétition de 
principe et tourne dans un cercle en citant le cas de Hermenber- 
tus prêtre et moine, puisque celui-ci prend le titre de monachus 
après la réforme bénédictine de Nouaillé seulement; que c’est 
enfin enlever tout sens au diplôme de Louis le Pieux que de vou¬ 
loir ici traduire habitus canonicus par habit de moine et non 
par habit de chanoine 2 . 


IX. 


Trois documents nous font connaître l’œuvre accomplie à 
Nouaillé par l’abbé Aton : ce sont deux diplômes de Louis le 
Pieux, roi d’Aquitaine, respectivement du 3 août 794 et de 
mai 808, et la charte de l’abbé de Saint-Hilaire, Aton, évêque de 
Saintes, du mois de mars 798. 

Dans le premier des diplômes royaux 3 , Louis nous apprend 
que son parent, l’abbé de Saint-HÛaire, le diacre Aton, lui a 
montré l’acte par lequel, selon l’avis de Charlemagne, il a ins¬ 
titué dans la petite celle de Nouaillé une congrégation de moines 
astreints à la règle de saint Benoît ; et que cet abbé lui a demandé 
la confirmation des biens anciennement et récemment octroyés 


t. De Longucmar, Estai historique sur Sainl-Hilairc-le-Grand, p. 85. 

2. Voir Du Cange, Glossarium, t. II, v* canonicus. 

3. Pièces justificatives, n* VI. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DU MONASTERE DE NOUAILLÉ. 


265 


à ce monastère. Le roi accorde l’immunité 1 et abandonne les 
droits du fisc sur ces biens et sur ceux que le monastère recevra, 
pour l’entretien du luminaire et pour les besoins des frères, à 
charge de prières pour la paix du royaume. 

Par le document abbatial 2 , Aton porte à la connaissance du 
roi Louis, des grands et de tous les catholiques, que, pour se 
conformer aux avertissements de Charlemagne, il a reconstruit 
le monastère Saint-Hilaire de Nouaillé, à la tête duquel est le 
prêtre Hermenbertus, qu’il y a introduit des moines et qu’il lui 
a restitué les domaines de Jouarenne et de Chaunay depuis long¬ 
temps distraits du temporel de Nouaillé. Il interdit à ses succes¬ 
seurs d’oser jamais enlever ces petits domaines et les autres biens 
conférés au monastère par de pieux donateurs pour subvenir à 
la nourriture des moines. Hermenbertus, qui prend ici pour la 
première fois la double qualité de prêtre et de moine, ajoute au 
texte d’Aton, en son nom propre et au nom de ses frères les 
moines, la promesse de célébrer une messe journalière et de 
faire chanter, en guise de prière, pour l’évêque-abbé, un psaume 
à toutes les heures canoniales (ad omnes cursos) : cette pro¬ 
messe doit être tenue éternellement pour le salut de l’âme d’Aton. 
L’acte est souscrit par Aton, par le prêtre Bodosindus, coutre 
du tombeau de saint Hilaire, et par d’autres personnages, dont 
les uns étaient des ecclésiastiques, prêtres, diacre et clerc, 
membres sans doute du chapitre de Saint-Hilaire, les autres 
étant peut-être les nobiles viros invités par Aton à corroborer 
de leur souscription les termes de la charte. 

Par sa teneur, cette charte semblerait au premier abord devoir 
se placer avant le diplôme précédent ; mais, comme l’abbé Aton 
y est qualifié évêque, tandis qu’il est dit diacre dans le privilège 
de 794, force est bien d’admettre que la date de 798 est bonne 
et que ce document abbatial, reproduisant l’acte présenté au roi 
quatre ans plus tôt, est une confirmation du texte primitif 


1. Le savant diplomatiste allemand, Th. de Sickel, a cru que l’immunité 
visait ici Saint-Hilaire-le-Grand (Beilrilge zur Diplomalik, V. Die Immuni- 
tâtrechte nach den Urkunden der ersten Karolinger bis zum Jahre 840, 
dans les Sitzungsberichte der phil.-hist . Classe der kais. (Wiener) Akad. der 
Wissenschaften, t. 49 (1865), p. 320, n. 2). Son erreur a été dénoncée par 
M&hlbacher, Die Regesten des Kaiserreichs unter den Karolingem, t. I, 
1” édition (1889), p. 211 ; 2* édition (1908), p. 235. 

2. Pièces justificatives , n* VIII. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



266 


LES 0KIGINE8 DC MONASTERE DE NOUAILLÉ. 


auquel est venu s’ajouter l’acte promissoire d’Hermenbertus qui 
constitue la partie vraiment neuve et sans doute la raison d’être 
de cette pièce curieuse. 

Enfin, au mois de mai 808, des frères du monastère de Saint- 
Hilaire-le-Grand demandèrent au roi d’Aquitaine, Louis le 
Pieux, de leur permettre, bien qu’ils eussent vécu jusqu’alors 
sous l’habit canonial, de mener une vie plus étroite en un lieu 
approprié, où ils s’astreindraient à la vie cénobitique. Le roi les 
autorise à se retirer à Nouaillé « afin qu’ils y demeurent au ser¬ 
vice de Dieu et du bienheureux confesseur (Hilaire) sous la loi 
régulière, comme les cénobites ont accoutumé de vivre et vivent 
jusqu’à présent, à la façon antique, selon la constitution de saint 
Benoît ». Mais il met à son consentement cette condition qu’ils 
reconnaîtront la prépondérance de Saint-Hilaire-le-Grand. S’il 
consent, en effet, que, dans le présent et à l’avenir, ceux qui 
auraient été élevés auprès du tombeau du saint confesseur et 
qui voudraient choisir la vie cénobitique puissent faire leur rési¬ 
dence à Nouaillé et prendre part à l’élection de l’abbé de ce 
monastère, il ne veut pas cependant les séparer complètement 
de l’abbaye de Saint-Hilaire-le-Grand. Quant à ceux qui demeu¬ 
reront dans cette dernière abbaye, ils doivent observer pleine¬ 
ment l’institution canoniale. Afin de ne pas paraître avoir agi 
par motif intéressé et pour prévenir aussi toute tentative de 
revendication de l’abbé de Saint-Hilaire de Poitiers, au cas où 
l’abbaye eût tiré de son monastère de Nouaillé quelques revenus, 
Louis le Pieux décide de payer tous les ans, à la fête de saint 
Hilaire 1 , vingt sous sur sa cassette. « C’est pourquoi, ajoute-t-il, 
il nous a plu d’ordonner que l’abbé de Saint-Hilaire n’ait pas 
d’autre privilège à Nouaillé que celui de faire le bien » ; et on lui 
enlève le pouvoir de faire le mal. Enfin, le roi concède au monas¬ 
tère l’immunité et aux moines le droit de choisir parmi eux, avec 
sa permission, le successeur de l’abbé défunt, s’ils peuvent trou¬ 
ver dans leur communauté des hommes qui aient la volonté de 
vivre selon la règle 2 . 


1. Le 14 janvier. 

2. Pièces justificative*, n* IX. — Cf. Sickel, Beürüge zur Diplomatik, III. 
Die Mundbriefe, Immunüûten und Privilegien der ersten Karolinger bis 
zum Jabre 8b0, dans les SitzungsbericfUe... der kais. (Wiener) Akad., I. 47 
(1864), p. 211-212. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DU MONASTÈRE DE NOUAILLÈ. 


267 


X. 

Pour bien saisir la portée de ces trois textes et le sens des 
événements qui marquèrent, dans l’histoire intérieure de Saint- 
Hilaire-le-Grand et de Nouaillé, la fin du vin® siècle et le com¬ 
mencement du siècle suivant, il ne faut pas demander aux seuls 
pièces tirées des archives de ces établissements ou aux sources 
narratives dont se sont servis nos devanciers des lumières que 
de tels documents ne peuvent pas fournir. C'est aux conciles 
du temps qu’il convient de s’adresser pour connaître l’état delà 
vie monastique en ces âges reculés; et alors les textes ambigus 
de nos chartes deviennent clairs et nous dévoilent la vérité 
qu’ils contenaient et qu'il fallait apprendre à voir. 

En dehors des communautés de chanoines séculiers, de ces 
« canonici clerici civitatum » 1 , auxquels l’évêque de Metz, 
Chrodegang, a donné leur règle et dont nous n’avons pas à 
nous occuper ici, il existait deux autres sortes de congrégations : 
celles des chanoines-moines 2 et celle des moines ou cénobites. 

Il y avait, en effet, des « monastères dans lesquels on n’avait 
jamais cessé de pratiquer la vie canoniale » 3 et des « monastères 
de moines » 4 . Chanoines-moines et moines, sous l’autorité de 
leurs abbés respectifs, vivent en commun dans leurs cloîtres, 
dorment au dortoir, mangent au réfectoire, célèbrent à la 

1. Concilium Turonente , ann. 813, c. xxm, éd. WerminghofT, Mon. Germ. 
hist., Concilia, t. Il, p. 289. Cf. Hauck, Kirchengeschichle Deutschlands, t. II 
(2* éd. Leipzig, 1900, in-8*), p. 66. 

2. C'est à dessein que je ne me sers pas ici de l'expression « chanoines 
réguliers », qui serait légitime, mais qui pourrait prêter à confusion; je crois 
qu'il faut, en effet, réserver cette dénomination aux chanoines réformés par 
le pape Alexandre II en 1063. Du reste, l’expression de chanoines-moines est 
justifiée par un texte ancien, et déjà les historiens anciens des ordres monas¬ 
tiques s'en sont communément servis. 

3. Concil. Turon., c. xxiv : « Abbates monasteriorum, in quibus canonica 
vita antiquitus fuit vel nunc videtur esse, sollicite suis praevideant canoni- 
cis > (p. 289). 

4. Ibid., c. xxv : « ... monasteria monachorum, in quibus olim régula beati 
Benedicti patris conservabalur » (p. 290). Cf. Capitulare HaristaUense, mars 
779, c. iu : « De monasteriis qui regulares fuerunt, ut secundum regulam 
vivunt » (éd. Boretius, Mon. Gtrm. hist., Capitularia, t. I, p. 47). Cette 
façon de s’exprimer prouve qu'il y avait des monastères qui n'avaient jamais 
été « regulares », c’est-à-dire soumis à la règle de saint Benoit. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



268 


LES ORIGINES DO MONASTEBE DE NODAILLÉ. 


chapelle les heures canoniales. Mais, pour parler comme 
s’expriment les documents contemporains, les moines ont incon¬ 
testablement une existence « plus étroite » que celle des cha¬ 
noines-moines 1 : tandis que ceux-ci peuvent se vêtir de lin, se 
nourrir de chair et boire vin ou bière, posséder en propre des 
biens, et même, à la condition d’user modérément de cette faveur, 
faire affecter à leurs besoins personnels les revenus de biens 
appartenant à l’église 2 , les moines, eux, portent un costume 
d’étoffe grossière, ont un régime alimentaire plus austère, dont 
la rigueur ne s’atténue qu'exceptionnellement, se dépouillent de 
tout, car ils ont fait vœu de pauvreté et n’attendent plus rien 
que de la libéralité de leur abbé; enfin ils observent la règle du 
silence et sont soumis à la loi du travail obligatoire. 

Entre ces deux sortes de communautés, il y avait, en droit, 
des différences qui s’atténuaient dans la réalité : un double mou¬ 
vement en sens contraire s’était produit qui avait diminué 
l’écart entre moines et chanoines-moines. De bonne heure, on 
a demandé que les moines bénédictins observassent la règle de 
saint Benoît 3 , — ce qui laisse entendre qu’il y avait un certain 
dérèglement, — et tardivement encore on constatait qu’il y avait 
« des monastères de moines » dans lesquels on observait à 

1. Concil. Aquisgranense , ann. 816, c. cxv : « ... monachis, qui secundum 
regu larcin inslitutionein artiorem ducunt vilain » (éd. Werroinghoff, p. 397). 
Cf. Pièces justificatives, n* IX. 

2. Les termes dont se sert le rédacteur des actes du concile de Tours quand 
il parle des canonici' clerici civüatum (c. xxm), puis des canon ici monaste- 
riorum (c. xxiv), montrent qu’il n'y avait entre les deux sortes d'institutions 
que des différences légères, dont la plus importante devait être que les pre¬ 
miers vivaient sous l'autorité de l’évêque, les seconds sous celle de l'abbé. 
Aussi les conciles qui obligent les chanoines-moines à vivre selon les canon6 
n'ont fait que remettre en vigueur les anciens canons en nous indiquant les 
règles qui s'imposent aux chanoines : par là, ils nous ont fait connaître 
l’existence que, depuis longtemps, on devait mener dans les monastères 
canoniaux et dont Chrodegang a pu s'inspirer pour composer la règle des cha¬ 
noines de sa cathédrale. Cf. Concil. Aquixgran., ann. 816, c. cxv et suiv., p. 397. 
Voir une thèse légèrement différente dans Hauck, op. cit., t. Il, p. 586, et 
E. Lesne, t Origine des menses... au IX* siècle (Paris, 1910, in-8*), p. 39-40. 

3. Concil. germanicum, ann. 742, c. vu, p. 4; Concil. Liftin., ann. 743, c. i, 

р. 7; Concil. Suession., ann. 744, c. ni, p. 34, etc. — Charlemagne conforme 
ses décisions à celles des conciles antérieurs. Admonitio generalis, ann. 789, 

с. Lxxut : « Simul et hoc rogare curavimus, ut omnes ubicumque qui se 
voto monachicae vilae constrinxerunt monachice et regulariter omnimodis 
secundum votum suura vivant... > (éd. Boretius, p. 60). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DU MONASTÈRE DE NOUA1LLÈ. 


269 


peine la règle de saint Benoît, quand on la possédait, parce que 
les abbés, au milieu de leurs moines, donnaient l’exemple de 
vivre plutôt en chanoines qu’en moines ! : quelquefois même ces 
abbés de moines sont de vrais chanoines, comme on l’observe 
dans le monastère de moines de Saint-Pierre de Ferrières 2 . Mais, 
d'autre part, un texte conciliaire exige que les « évêques s’en- 
quièrent du nombre de chanoines que chaque abbé a dans son 
monastère », et il ajoute : « Si les chanoines veulent devenir 
moines, qu’ils vivent selon la règle; sinon, qu’ils vivent cano- 
nialement 3 . » On entrevoit ici assez clairement que, dans un 
même monastère de chanoines, les uns gardaient les traditions 
canoniales et que les autres vivaient à la façon des moines, en 


prenaient le nom et en arboraient même le costume ; un concile 
contemporain est obligé d’interdire aux chanoines le port de la 
coulle du bénédictin : < Il est aussi indécent pour un chanoine 
de se déguiser en moine qu’il l’est pour un homme de s’habiller 
en fe mm e ou pour une femme de prendre les habits masculins 4 . » 


t. Concil. Turon., ann. 813, c. xxv : « Aliqua sunt monasleria, in quibus 
jam pauci sunt mooachi, quae praedicli palris regu la m suis abbatibus pro- 
missain habeant, quippe cum ipsi abbates rnagis canonice quain monachice 
inter suos conversari videnlur » (p. 290). 

2. L'abbaye de Ferrières, surnommée Bethléem, était une colonie de 
Luxeuil. Par conséquent, au commencement du ix* siècle, elle était rangée 
parmi les monasleria monachorum; ce qui n'empéche pas que son abbé, 
Sigulfus, était chanoine, comme nous l'apprend Loup de Ferrières, Epist. 29 : 
« Certe Ferrariensis monasterii, cui indignus deservio, quondain nobilis 
abbas et presbiter Sigulfus, qui usque ad senium canonico habitu laudabiliter 
vixeral. spontc se |»otestate exuit et nostram, hoc est inonachicain, religio- 
nem assumpsit atque, donec diem obirel, suo passus est subici discipulo, 
quem ipsius voluntate ac fralrum consensu imperator Ludoguicus memorato 
loco abbalem praefecerat » (éd. Duemmler, Mon. Germ. hisl., Epislolae , 
t. VI, p. 35). — Il n’est pas plus anormal, somme toute, de voir un chanoine 
à la tète d'une abbaye de moines que d'y voir un simple laïque. 

3. Concil. Mogunlinense, ann. 813, c. xxi : « Si monachi fieri voluerint, 
regulariter vivant; sin autem, canonice vivant omnino » (p. 267). 

4. Concil. Aquisgranense, ann. 816, c. cxxv : « Sicut enim turpe est virum 
veslem muliebrein et mulierem vestem virilem induere, ita valde indecorum 
est canonicuin vestem monasticam induere, nisi tamen cum veste eliam pro- 
posituin voluerit assumere » (p. 405). Déjà, en 789, cette situation inquiétait 
Charlemagne. Admonitio gencralis, ann. 789, c. lxxvii : « Ut illi clerici, qui 
se 6ngunl habitu vel nomine monachos esse, et non sunt, omnimodis videtur 
corrigendos atque emendandos esse, ut vel veri monachi sint vel veri cano- 
nici » (éd. Borelius, p. 60). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



270 LES ORIGINES DU MONASTÈRE DE NOUAILL^. 

Les textes conciliaires ont ici leur illustration dans l’histoire de 
Saint-Martin de Tours. Charlemagne, qui a sujet de se plaindre 
des San-Martiniens, — du moins il le croit, — leur écrit et entre 
autres choses il leur adresse le reproche suivant : « Tantôt vous 
déclarez que vous êtes moines ; tantôt que vous êtes chanoines ; 
tantôt que vous n’êtes ni l’un ni l’autre... Vous qui méprisez nos 
ordres et qui continuez de vous dire ou chanoines ou moines, 
sachez que vous devez venir assister à notre plaid 1 . » Hélas! 
depuis qu'il y avait des chanoines séculiers de cathédrale soumis 
à la règle de Chrodegang et des moines réformés, les pauvres 
San-Martiniens, qui n’étaient du nombre ni des premiers, ni 
des seconds, pouvaient en effet être embarrassés pour le choix 
de leur dénomination si on les obligeait à choisir, en réservant 
les dénominations de chanoines et de moines aux seuls réfor¬ 
més 2 ; et, comme la chauve-souris du fabuliste, ils auraient pu dire : 

Je suis oiseau ; voyez mes ailes. 


Je suis souris, vivent les rats ! 

Mais il est probable que d’autres eussent été aussi embarras¬ 
sés qu’eux : par exemple, les chanoines de Saint-Martial de 
Limoges, qui en 804 sont qualifiés de monachi 3 , et les hôtes de 
l’abbaye de Saint-Denis, qui bientôt vont se diviser en deux 
camps ennemis dont la rivalité nous révèle, dans le célèbre 
monastère parisien, la présence des deux éléments monacal et 
canonial 4 , quand rien dans les documents ne nous en laissait 
supposer l’existence auparavant, — sans compter naturellement 
les habitants de la basilique poitevine, qui vivent « sub habitu 
canonico » et qui sont tout de même appelés monachi. 

L’origine d’un tel état de choses doit remonter assez haut : 
les moines ont vécu en Gaule sous des régimes très divers avant 
que les règles de saint Columban et de saint Benoît n’aient réussi 

t. Cette lettre est publiée par Duemmler au milieu du recueil des lettres 
d’Alcuin (Alcuin, Epiât. 247; Mon. Germ. hist., Epistolae , t. IV, p. 399-401). 

2. C’est ce que fait en particulier Charlemagne. Voir ci-dessus, p. 269, n. 4. 

3. L. Leviilain, Note sur une charte du monastère de Paunat, dans Bull, 
de la Soc. des Antiq. de t ouest, 1906, p. 526-533. 

4. L. Leviilain, Un état de redevances dues à la tnense conventuelle de 
Saint-Denis (832). Paris, 1909, in-8% p.’2-3 (extr. du Bull, de la Soc. de 
i Hist. de Paris et de l’Ile-de-France, t. XXXVI, 1909). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




LES ORIGINES DU MONASTÈRE DE NOUAILLÈ. 


271 


à éclipser les autres et à prendre leur place. Dès le vi° siècle, 
il y a des moines que l’on désigne indifféremment par les mots 
clerici et monachi : la plupart des exemples que l’on puisse 
citer de cette double désignation, sinon tous, visent des membres 
de ces grandes basiliques qu’un texte du vu® siècle appelle les 
seniores basilicae. Pour un certain nombre de ces basiliques, il 
y eut une réforme qui consista dans l’introduction de la règle de 
saint Columban et de saint Benoît : et précisément Saint-Martin 
de Tours et Saint-Denis de Paris sont nommément désignés 1 . 
Qu’en faut-il conclure? Que la réforme se heurta à un état de 
choses qui, ayant pour lui la durée, ne disparut pas, soit qu’il 
fallût composer pour la faire accepter, en laissant aux clercs le 
choix entre la discipline ancienne et la discipline nouvelle, soit 
qu’il y eût un retour aux traditions anciennes. Quelque chose 
d’analogue dut se produire à Saint-Rémi de Reims, où, dans un 
même acte, on distingue les clerici et les fratres 2 . La co-exis¬ 
tence des moines et des chanoines dans un monastère entraîna, 
selon toute vraisemblance, une pénétration réciproque des deux 
éléments qui rendit moins strict le genre de vie des moines et 
moins libre celui des chanoines, sans que ces deux éléments se 
confondissent jamais complètement ; il n’y a pas là, à propre¬ 
ment parler, le fruit d’un dérèglement profond : ainsi les frères 
de Saint-Martin de Tours ne donnaient en rien l’exemple d’une 
conduite répréhensible, et leur abbé Alcuin, qui est lui-même, 
comme il semble 3 , un chanoine-moine, prend leur défense et 
loue leur genre de vie dans une lettre qu’il écrivit en réponse à 
la diatribe de l'empereur 4 . 

1. Vita sanclae Balthildis (rédaction A), c. ix, éd. Krusch, Mon. Germ. 
hist., Scriploret rerum merovingicarum , t. U, p. 493. 

2. Charte de l'abbé Adon, avril 714 ou 715 (Pardessus, Diplomata, Char- 
tae , t. Il, p. 300, n* 492). L’original de cette pièce est conservé A la Biblio¬ 
thèque nationale (ms. lal. 11834, n* 1). Cf. M. Jusselin, Notes tironiennes 
dans les diplômes, dans le Moyen âge , 1907, p. 125. 

3. Si D. Mabillon a revendiqué ce glorieux nom pour l'inscrire sur la liste 
des illustrations de son ordre ( Acta sanctorum Ordinis sancti Benedicli, 
saec. IV, pars I*; Elogium Alcuini, g 9-24, p. 156; Annales Bened., t. II, 
liv. XXm, n* 28, p. 187-188), et s’il a été suivi de nos jours par des histo¬ 
riens avertis (A. Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands, t. D, p. 125, n. 1; 
Vaucelle, la Collégiale de Saint-Martin de Tours, p. 38, n. 2), U. W. Pückert 
(Aniane und Gellone, Leipzig, 1899, in-8*, p. 248-258) a reconnu en Alcuin 
un chanoine. 

4. Alcuin, Epist. 249, éd. Duemmler, p. 401-402. — Dans son ouvrage sur 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



272 


LES ORIGINES DU MOIUSlilE DE IfOUAILLé. 


Aux caractères qu'il présente nous pouvons, je crois, recon¬ 
naître facilement dans le monastère de Saint-Hilaire un monas¬ 
tère de chanoines-moines. De ce que, en 768, on trouve dans ce 
monastère un abbé et des moines 1 , il ne faut pas conclure trop 
vite que nous sommes en présence d’un « monasterium mona- 
chorum », c’est-à-dire d’un établissement monastique soumis à 
la règle de saint Benoît : c’est là le sens étroit que donnent à 
cette expression les réformateurs de la fin du vin® siècle et du 
commencement du ix° qui ne veulent plus connaître d’autres 
moines que les Bénédictins ; et alors la démarche des « frères du 
monastère de Saint-Hilaire de Poitiers » auprès de Louis le 
Pieux pour lui demander, « bien qu’ils eussent vécu jusqu’à 
présent sous l’habit canonial », qu’il leur fût loisible de mener 
une « vie plus étroite », la vie cénobitique des Bénédictins, ne 
permet pas de ne pas assimiler les monachi de Saint-Hilaire 
aux chanoines-moines de Saint-Denis de Paris, de Saint-Martin 
de Tours, de Saint-Martial de Limoges 2 . Et comment pour- 

la collégiale de Tours, M. l’abbé Vaucelle a cité un texte qui pourrait faire 
croire qu’il y avait réellement désordre moral A Saint-Martin depuis long¬ 
temps; l’auteur des Gesla abbatum Fontanel letisium raconte, en effet, qu’un 
des plus mauvais abbés de Saint-Wandrille, qui était aussi (et antérieurement 
même) abbé de Saint-Martin de Tours, Teutsindus, avait cependant coutume 
de dire aux San-Martiniens : « Si vous ne corrigez votre vie et vos mœurs, 
je vous amènerai de Fontenelle mon prévôt, Érinhard, qui vous apprendra A 
tracer droit votre sillon », car, ajoute notre chroniqueur, Érinhard était 
« fautor tamen et amator rcgulae castaeque religionis » ( op. cil., p. 51). Mais 
il eut été bon de prévenir que ce renseignement n’a pas grande valeur. 
L’œuvre, écrite par un moine de Saint-Wandrille d’après des chartes et des 
vies de saints, fut composée entre 833 et 845, environ cent ans après l’abba- 
liat de Teutsindus, à une é[>oque où la rivalité des moines et des chanoines 
bat son plein. Un tel renseignement prouve seulement l’hostilité de son 
auteur contre les chanoines, et non pas la véracité du fait rapporté : la haine 
du moine se manifeste au sujet d’un abbé venu de Tours et auquel on est 
heureux d’opposer le prieur de la maison. C'est vraiment cousu de lil blanc. 

1. Diplôme de Pépin le Bref, juillet 768 : « Bertinus abba de monasterio 
sancti Hilarii... Bertinus abba suique monachi... » (éd. Tangl, Mon. Germ. 
hisl., Dipl. Karol., t. I, n* 24, p. 33). — Je ne cite pas ici le « domnus Àlo 
abba suique monachi » de notre Pièce justificative, n* VI, parce qu'il n’est 
pas sûr, quoi qu’en dise D. Fonteneau, qu'il faille voir dans ces moines les 
Frères de Saint-Hilaire de Poitiers et non les Bénédictins de Saint-Hilaire de 
Nouai! lé. 

2. Pièces justificatives, n* IX. — L'opposition qui est faite ici entre la vie 
sub hubilu canonico constiluta et la vita urlior des moines ne laisse aucun 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



273 


LES OAIGINES DO MONASTÈRE DE NOÜA1LLÈ. 

rait-on douter que les San-Hilariens étaient des chanoines- 
moines, puisque ceux qui restèrent dans le monastère conti¬ 
nuèrent d’observer Yinstitutio canonica et gardèrent les 
traditions de la maison jusqu’au x° siècle sans disconstinuer, 
tandis que ceux qui voulurent suivre Yartior vita des disciples 
de saint Benoît durent se retirer à Nouaillé? 

Le monastère de Nouaillé, en admettant qu’il eût été fondé 
pour être peuplé de moines irlandais ou columbano-bénédictins, 
avait dû subir l’influence de la grande maison religieuse à 
laquelle il était rattaché ; il n’est pas douteux qu’il puisse, pour 
le moins, être rattaché à la catégorie de ces monastères où la 
règle n’était pas observée parce que les supérieurs eux-mêmes 
n’appartenaient pas à la religion monastique 1 ; avant la réforme 
du vin* siècle, Nouaillé n’était plus un monastère bénédictin, s’il 
l’avait jamais été. 


XI. 

Charlemagne supportait mal cet état de confusion qui pesait 
sur le monde religieux; comme tous les vrais organisateurs, il 
aurait voulu plus de netteté dans la situation. Il ne cessait pas 
de recommander, et de faire recommander par les conciles, aux 
moines de vivre selon 1a règle et aux chanoines de se conformer 
aux canons qui régissaient leur institution 2 ; il commença 
l’œuvre de réforme religieuse à laquelle se consacrèrent, avec 
lui et après lui, Louis le Pieux et Benoît d’Aniane, le véritable 

doute sur le sens du mot canonico et rend incompréhensibles l'erreur de 
D. Fonteneau et l'interprétation de D. Chamard. 

1. Voir le texte du concile de Tours (ann. 813), cité plus haut p. 269, n. I, 
et le cas de Ferrières, p. 269, n. 2. 

2. Capitulare ffaristallense, mars 779, c. ni (éd. Boretius, p. 47); Admo- 
nitio généra lis, ann. 789, c. lxxiii-lxxvii (p. 60); Duplex legalionis edictum, 
23 mars 789, c. i-xvi (p. 62-63); Breviarium missorum aquilanicum, ann. 789, 
c. iv (p. 65), etc.; Concilia Francofurtense, juin 794, c. xi-xix et xxxii 
(éd. 'WerminghofT, p. 168-169); Concilia Rispacense, Frisingense. Salisbur- 
gense, ann. 800, decretum, $ 2, et c. xviii-xxv, xxix et xl (p. 207, 210-212); 
Concil. Aquisgranense , octobre 802 (p. 230); Concil. Arelalense, ann. 813, 
c. vi (p. 251); Concil. Remense, ann. 813, c. xxm-xxx (p. 256); Concil. 
Moguntinense, ann. 813, praef., et c. ix, xi, xxi (p. 259, 263, 264, 267); Con¬ 
cil. Cabilonente , ann. 813, c. xxii (p. 278); Concil. Turonense, ann. 813, 
c. xxm et suiv. (p. 289-290). 

1910 18 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



274 LBS 0RIGIRE8 DO MONASTERE DE ROUAILL^. 

fondateur de l’unité bénédictine dans l'empire franc. Theodema- 
rus, l’abbé du Mont-Cassin, qui envoie à Charlemagne la règle 
de saint Benoît et qui la lui commente, le loue de ses entre¬ 
prises : « Notre joie, lui écrit-il, s’est accrue à la nouvelle que 
Votre Excellence, grandissant en vertu, cultive avec soin le 
champ de Dieu et achève d’améliorer l’état de la religion monas¬ 
tique 1 . » 

C'est à la réforme générale conçue par Charlemagne que se 
rattache la réforme particulière réalisée par l’abbé Aton; 
celui-ci nous prévient, en effet, qu’il s’est conformé aux con¬ 
seils de Charlemagne en apportant au gouvernement du trou¬ 
peau qui lui est confié toute la vigilance de son esprit 2 ; et, 
quand il vint présenter au roi Louis l’acte d’établissement des 
Bénédictins h Nouaillé pour en obtenir la confirmation, il reçut 
du prince un diplôme où Louis rappelait que l’abbé avait reçu 
l’inspiration de sa réforme de la bouche même du très glorieux 
roi Charles 3 . Du reste, Aton semble bien avoir été, dans la suite 
encore, l’un des collaborateurs de Charlemagne dans la restau¬ 
ration de la vie bénédictine dans les monastères, spécialement à 
Saint-Philbert de Grandlieu 4 . 

1. Theodemarus, Epistola ad regem Carolum , ann. 787-797; éd. Duemmler, 
Mon. Germ. hist., Epistolae, t. IV, p. 510 et suiv. 

2. Pièces justificatives, n* VIII. 

3. Ibid., n* VI. — Cette dernière pièce est à peu près contemporaine du 
concile de Francfort; elle est du 3 août 794; le concile est du mois de juin 
794. De nombreux évêques et prêtres de toutes les parties du royaume de 
Charles y assistaient (le texte dit même : « tous » les évêques) : « Conjun- 
gentibus, Deo favente, apostolica auctoritate alque piissimi doinni nostri 
Karoli régis jussioue anno XXVI, principatus sui cunctis regni Francorum seu 
Italiae, Aquitaniae, Provintiae episcopis ac sacerdotibus synodali concilio, 
inter quos ipse milissimus sancto interfuit conventui > (p. 165). — Ce ne 
doit pas être cependant A Francfort qu'Aton reçut les conseils de Charle¬ 
magne, A moins toutefois qu’il eût fait reconstruire le monastère de Nouaillé 
sans avoir encore l'intention d'y mettre des moines de l’ordre de saint Benoit 
et qu'il se soit décidé, sur les instances du roi, A fonder un institut bénédic¬ 
tin. 11 est plus probable, A mon avis du moins, qu’Aton doit faire allusion A 
VAdmonitio generalis et aux capitulaires de 789, surtout que l'un vise la 
mission des envoyés du roi en Aquitaine et dit : < Ut episcopi, abbatis vel 
coenobie sanctorum sub ordine sancto esse redebuissent, propter quid non 
sunt » (éd. Boretius, t. I, p. 65). 

4. On s’accorde généralement, en effet, A reconnaître ce personnage dans 
celui qui est mentionné dans un diplôme de Louis le Pieux et Lolhaire en 
ces termes : « Vir venerabilis Alto quondam episcopus monasterium sancli 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


LES ORIGINES DO MONASTÈRE DE NOUAILLÉ. 


275 


En quoi a consisté exactement la réforme de l’abbé Aton ? De 
deux choses l'une : ou bien il a affecté aux membres de la con¬ 
grégation san-hilarienne qui s’astreignaient à la vie monacale la 
oelle de Nouaillé comme résidence et il leur a imposé la règle de 
saint Benoît en plaçant à leur tète l’ancien supérieur du prieuré, 
le prêtre Hermenbertus, qui a pris alors seulement le titre de 
monachus 1 et qui en cette qualité est désormais le < pater > des 
Bénédictins 2 ; ou bien il a réformé seulement la celle de 
Nouaillé en y introduisant, avec la règle, des moines réformés 
du dehors, ce qui rendrait compte que plus tard les frères de 
Saint-Hilaire, voulant opérer la séparation des deux éléments 
religieux qui formaient leur congrégation, aient eu besoin de 
recourir à Louis le Pieux pour obtenir l’autorisation, pour le 
présent et l’avenir, de se retirer dans le monastère bénédictin 
de Nouaillé, h la condition expresse de prendre avec l’habit du 
moine la profession monacale et la résolution de se conformer h 
toutes les exigences de la règle. 

Dans le premier cas, il se serait produit k Saint-Hilaire de 
Poitiers une scission analogue k celle qui se produisit quelques 
années plus tard entre les moines et les chanoines de Saint- 
Denis ; dans cette dernière abbaye, la réforme opérée par des 
abbés étrangers k la maison avait eu pour résultat momentané 
d’exiler les moines dans une celle et de leur constituer un tem¬ 
porel k part, tandis que les chanoines restaient maîtres de la 
maison-mère 3 . 

Dans le second cas, Aton aurait fait ce que devait faire deux 
ans plus tard l’abbé de Saint-Martin de Tours, Alcuin, qui, 

* 

Filiberti patronis nostri et preclarissimi confessons Christi, quod est sitnm et 
ab eo constractum in Herio maris insula, per largitatem sanctae recordationis 
domni Karoli genitoris nostri et praestantissimi imperatoris adeptus, ut ordo 
regularis qui olim in eodem loco a praefato sanctissimo viro institutus et moi¬ 
tié post eum temporibus laudabiliter ac decenter conservatus ... ad pristinam 
revocaretur statum » (éd. L. Maître, Cunauld , son prieuré et ses archives, dans 
la Bibliothèque de CÉcole des chartes , 1898, p. 250). Cf. R. Poupardin, Monu¬ 
ments de rhistoire des abbayes de Saint-Philibert. Paris, 1905, p. xxv, n. 2. 

1. Puisque l'abbé nous présente lui-inéme son œuvre comme une partie 
intégrante des réformes ecclésiastiques de Charlemagne, il me parait évident 
que monachus a pris dans l'acte de 1 )8 le sens indéniable de moine bénédictin. 

2. Pièces justificatives, n* VIII. 

3. L. Levillain, Un état de redevances dues à la mense conventuelle de 
Saint-Denis, p. 2-3. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



276 


LES ORIGINES DU MONASTiRE DE NOUAILLÉ. 


dans le monastère de Cormery, fondé par Ithier son prédéces¬ 
seur, appelait en 796 des moines de Septimanie déjà réformés 
par saint Benoît d’Aniane 1 . Le rapprochement des deux cas 
Saint-Hilaire et Nouaillé, Saint-Martin et Cormery, a tenté 
D. Mabillon 2 qui, au gré de M. Pückert, l’aurait poussé trop 
loin ; car, écrit ce dernier, « Cormery n’est nullement devenu 
pour les moines de Saint-Martin, comme Nouaillé pour les 
frères de Saint-Hilaire, un lieu de retraite ou de restauration de 
la vie régulière » 3 . Si cette différence, que D. Mabillon n’a 
point en effet signalée, existe bien 4 , il faut noter qu’elle ne date 
que de 808 et qu’on n’est pas nécessairement en droit de dire 
que, dès 794, la création d’un monastère bénédictin à Nouaillé 
avait été accomplie en vue de la réforme de Saint-Hilaire-le- 
Grand. 


XII. 


Nous en venons à distinguer deux étapes dans l’histoire de 
la réforme de Nouaillé. 

En 794, l’abbé de Saint-Hilaire-le-Grand, après avoir restauré 


les bâtiments claustraux et l’église du monastère de Nouaillé, y 
institua des moines bénédictins; il participa ainsi aux projets de 
Charlemagne de réformer et d’étendre la religion monastique et 
régulière. Il laissa Hermenbertus à la tête de la congrégation 
nouvelle, mais celui-ci n’avait dû qu’à sa qualité nouvelle de 
bénédictin de conserver l’administration de la celle. En même 
temps, le monastère recevait l’entière propriété de son temporel, 
puisque l’abbé de Saint-Hilaire s’interdisait et interdisait à ses 


1. Alcuin, Epist. 250, éd. Duemmler, p. 404. Voir E.-R. Vaucelle, la Collé¬ 
giale de Saint-Martin de Tours, p. 40-41, 53 et 150. 

2. Mabillon, Annales Bened., t. II, liv. XXVI, n* 25, p. 287. 

3. W. Pückert, Aniane und Gellone, p. 15, n. 116. — Cet auteur admet 
que le monastère de Poitiers était tombé aux mains d'un chapitre de cha¬ 
noines par suite d'un dérèglement : les textes, nos sources, ne le disent pas. 

4. Aucun texte ne permet d'affirmer que Cormery ait eu la destination 
qu'eut Nouaillé, car on ne peut pas invoquer le témoignage trop vague d’Al¬ 
cuin, disant que la congrégation de Cormery « a été d'abord composée de 
frères venus de Gothie, où l'abbé Benoit a établi la vie régulière », mais que 
« maintenant d'autres viennent se soumettre à une vie de sainteté >. Il se 
peut que, parmi ces « autres », il y ait eu des membres de la congrégation 
san-martinienne ; mais c’est là une simple hypothèse. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


LES ORIGINES DD MONASTERE DE NODAILLÉ. 


277 


successeurs de disposer en aucun cas des biens du prieuré 1 . 11 
fallait bien constituer une mense propre au prieuré, donner plus 
de fixité au temporel qui devait fournir à la subsistance du trou¬ 
peau monastique (ad, alendam gregem ibidem, congregatam ) : 
conséquence inéluctable de la règle bénédictine qui impose aux 
sectateurs de saint Benoît l’obligation stricte de se dépouiller de 
tout, de ne jamais plus rien posséder en propre, et de tout 
attendre des mains de l'abbé qui doit assurer le « subsidium 
temporale » des moines sur les revenus de la propriété commune 
du monastère 2 . 

Cette constitution d’un temporel affecté en toute propriété 
aux besoins des moines avait pour conséquence la nécessité de 
demander l’immunité pour le nouvel établissement et ses biens, 
afin de leur assurer sans contestation possible le bénéfice du 
régime privilégié sous lequel ils se trouvaient auparavant 
comme membres de la basilique poitevine 3 . 

Toutefois, le monastère de Nouaillé restait à l’égard de Saint- 
Hilaire-le-Grand dans une dépendance étroite; c’était toujours 
une celle, mais une celle de rang abbatial 4 , dont l’abbé de Saint- 
Hilaire continuait d’être le chef suprême et de nommer le 
« pater » 5 . Il est même bien possible que la basilique de Poitiers 
ait reçu, après 794, du monastère une redevance annuelle qui 
aurait attesté la subordination de celui-ci à celle-là, puisque, en 
808, Louis le Pieux, se défendant de vouloir faire œuvre de 
scission tout en enlevant à l’abbé de Saint-Hilaire le pouvoir de 
dissiper les biens de Nouaillé, affecte cependant une rente 
annuelle de vingt sous sur le trésor royal, « scilicet si forte de 
ipso cenobiolo ad supradictum monasterium redditus fuisset for- 


1. Pièces justificatives, n“ VI et VIII. 

2. Benedicti régula monachorvm, c. xxxui, éd. Wœllïlin, p. 38; Concil. 
Aquisgranense, ann. 816, c. cxv, p. 397. 

3. Pièces justificatives, n* VI. 

4. C'est aussi la situation de Cormery, comme l’a bien vu M. l’abbé Vau- 
celle, la Collégiale de Saint-Martin, p. 151. Mais cet auteur n'a pas assez 
précisé; un texte permettait d'affirmer que le monastère était une celle abba¬ 
tiale. Loup de Ferrières, recommandant à l'abbé de Saint-Martin, Hilduin, 
son parent, Odacer, abbé de Cormery, lui dit : « Peto etiam, ut propinquum 
meum abbalero cellae vestrae, quae dicitur Cor., ... honorifice suscipiatis... » 
(Epist. 97. éd. Duemmler, p. 86). 

5. Pièces justificatives, n* VIII. On sait que « pater » et « abbas » sont 
synonymes. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



278 LES ORIGINES DU MONASTÈRE DE NOUAILLÉ. 

sitan qaalisiibet abba per hanc occasionem illuc ingredere... 

A cette dernière date, les liens de dépendance furent quelque 
peu relâchés. La réforme vise alors spécialement Saint-Hilaire- 
le-Grand ; elle n’est plus l’œuvre d’Aton, du moins cet abbé n’est 
plus nommé; à la requête des frères, le roi Louis d’Aquitaine, 
disciple docile du grand réformateur d’Aniane, prenait sur lui 
d’autoriser la séparation des deux éléments qui vivaient jus¬ 
qu’alors juxtaposés dans le monastère de la basilique poitevine, 
c’est-à-dire de ceux qui « monachicam vitam ducere videntur » 
et de ceux qui « cannonicam institutionem pleniter ... debent 
observare » ; et d’affecter le monastère de Nouaillé, dans le pré¬ 
sent et l’avenir, comme lieu de retraite pour tous les chanoines 
qui se sentiraient attirés par les rigueurs de la loi bénédictine. 
Il ne pouvait plus désormais y avoir, dans l’établissement san- 
hilarien de Poitiers, confusion entre les deux ordres de religieux, 
puisqu’on évacuait sans cesse sur Nouaillé ceux pour qui la vie 
canoniale n’était plus assez étroite. Mais les moines qui entreront 
par cette voie dans le monastère de Nouaillé continueront de 
reconnaître l’hégémonie de la collégiale. A l’occasion de cette 
réforme, Louis renouvelle l’immunité de Nouaillé et concède 
aux moines bénédictins la liberté de l’élection abbatiale 1 2 . 

En définitive, Nouaillé restait soumis à Saint-Hilaire; mais de 
simple prieuré, il était devenu celle abbatiale et bénédictine, en 
possession d’un temporel absolument distinct, et libre de choisir 
son supérieur. Les textes postérieurs confirment cette condition 
du monastère restauré. 


XIII. 

Concluons : le monastère Saint-Hilaire de Nouaillé, dont 
l’église fut dédiée à Notre-Dame, fut construit, je crois, par un 
abbé de Saint-Hilaire-le-Grand, Chroscelmus, peu de temps, 
quelques années peut-être, avant que l’évêque de Poitiers réunît 
à ce monastère la celle de MazeroÜes entre 678 et 697. 

Aussi loin qu’on peut remonter dans son histoire, Nouaillé 


1. Pièces justificatives, n* IX. 

2. Pièces justificatives, n* IX. — Au sujet de l’élection abbatiale, bien que 
le texte n’en parle pas, je suppose que les moines de Nouaillé n’avaient pas 
seulement à obtenir la permission et le consentement du roi, mais aussi l’au- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




LES ORIGINES DD MONASTERE DE NOUAILLÉ. 


279 


n’est jamais qu’un prieuré de la grande basilique poitevine : 
cette dépendance éclate surtout dans la qualité du supérieur de 
la celle comme dans l’administration des biens dont, seuls, ceux 
qui ont fait l’objet d’un acte de gestion ou d’un procès nous 
sont connus. 

S’il est possible que le monastère ait à l’origine abrité des 
moines soumis à la règle réformée de Luxeuil, — ce qui n’est 
pas suffisamment établi, — il est certain qu’à la fin du vm® siècle 
la vie régulière y était abolie et qu’on y pratiquait le genre de 
vie de la collégiale poitevine. 

L’abbé Aton, de Saint-Hilaire-le-Grand, un apôtre de la 
réforme bénédictine, entreprit de faire de Nouaillé une maison 
de moines bénédictins : en 794, cette réforme était accomplie. 
Si nous ne pouvons pas préciser toutes les conditions dans 
lesquelles se fit l’introduction des premiers moines à Nouaillé, 
nous savons que le nombre des fils de saint Benoît s’accrut par 
la venue des frères de la grande abbaye de Poitiers qui cher¬ 
chèrent à gagner le ciel par la « voie royale », comme on disait 
alors. 

Nouaillé fut promu au rang de celle abbatiale, c'est-à-dire 
d’abbaye bénédictine dépendant d’une autre abbaye qui, elle, 
par la réforme de 808, rejetant du sein de la congrégation qui 
vivait dans son cloître l’élément monacal, fut désormais une 
collégiale soumise à la vie canoniale sans mélange. 

L. Levillain. 


torisation de l’abbé de Saint-Hilaire, pour procéder au choix de leur abbé : 
peut-être même y a-t-il 1&, dans le texte qui nous est parvenu en original, 
un lapsus du scribe, puisqu'il y a une faute certaine « per nostram permis- 
sionem et consensu ». — Dans un diplôme de Pépin I*' d’Aquitaine (24 juin 
827), on lit : « ... et abbatem, si eorum [abbas] viam univers? carnis abiret, 
per Fulconis successoramque ejus consentaneara voluntatem elige[ndi] potes- 
tatem [habeant] » (éd. Rédet, Mém. de la Soc. des Anliq. de Couest, année 
1847, p. G). Foulques était abbé de Saint-Hilaire-le-Grand, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



PIÈCES JUSTIFICATIVES. 


I. 

Fin vu* siècle (678-697 environ). 

Fragment du testament attribué à l’évêque Ansoaldus de Poi¬ 
tiers : l'auteur du document réunit la celle de Mazerolles 
au monastère innomé de iabbé Chroscelmus et fait des 
donations à l’hôpital qu'il a fondé à Poitiers. 

A. Original perdu. 

B. Copie du xi* siècle, parchemin perdu, d’après A. 

C . Copie de D. Fonteneau, bibliothèque municipale de Poitiers, coll. 

D. Fonteneau, t. XXI, p. 11, d’après B*. — D. Copie de D. Estien- 
not, Antiquitatum in dioecesi Pictaviensi Benedictini Ordinis 
pars IIP, Bibl. nat., lat. 12757, p. 195 (extrait). 

a. Mabillon, Annales Ordinis sancti Benedicti, t. I, p. 474-475, 
d’après D (extrait). — b. Gallia christiana, t. II, col. 1153 (extrait). 
— c. Bréquigny et La Porte du Theil, Diplomata , Chartae, pars I, 
t. I, n° 236, d’après B. — d. Pardessus, Diplomata, t. II, n° 438, 
p. 239, d’après c et C. — e. De la Ménardière, Introduction à l’histoire 
des établissements de charité à Poitiers, appendice, dans Mémoires 
de la Société des Antiquaires de l’ouest, t. XXXVII, p. 35. — 
f. Joseph Tardif, les Chartes mérovingiennes de l’abbaye de 
Noirmoutier (extrait en partie de la Nouvelle Revue historique de 
droit français et étranger, t. XXII, p. 763-790), Paris, 1899, in-8°, 
p. 30, n° IV. 


1. Si l'on en croyait le copiste, — et les deux derniers éditeurs repro¬ 
duisent ici son dire, — la transcription de C aurait été faite d'après l'original 
perdu du chartrier de l'abbaye de Nouaillé. La correction des désinences 
casuelles permet de douter. Hais, en outre, l'édition de Bréquigny, établie 
d’après un fragment de parchemin du xr ou du xii* siècle conservé dans le 
chartrier de Nouaillé, est trop semblable A la copie de D. Fonteneau pour 
qu’on puisse croire que le modèle de celle-ci ne soit pas le document B. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


281 


LES ORIGINES DU MONASTÈRE DE NOUAILL^. 

Maciriolas* cellula super amnem Vigennam® *, quara desertam 
absque cultoribus vel officium reddilum inveni, quara postea restau- 
rare et reintegrare fecimus, in qua sanctum Dei peregrinura ex 
genere Scotorum, nomen Homanum, episcopum cura suis pere- 
grinis constitui redorera, et institueram ut ipsi pcregrini inibidem 
perseverarent ; sed dura contigil mors ipsius sancti Dei et ex ipsis 
talis non fuerat rector qui hoc gubernare deberet, ne ipsum opus 
factum periret, ipsam cellulam venerabili in Christo fratri nostro 
Chroscelmo abbati commendavi suoque monasterio conjunxi ut 
simul in unum conglutinati raelius Domino servirent consolati. 

Precor ut haec institucio, quam propter amorem Christi vel com¬ 
pendium servorum Dei feci, flrmum et inconvulsum permaneat, 
sinodoxiura paupCrum, id est egrotorum et debilium, intra muros 
Pictavis civitalis nostro opéré constructum, in quo et oratorium in 
honore sancti Luce évangéliste aediflcare jussiraus, et constituimus 
ut semper sint numéro duodecim egrotantium, cum unus invaluerit 
de inflrmitate et recedit, alter egrotus in ejus introeat locum. Locella 
vero que ad sustentationem ipsorum pauperura, unde victum et 
vestitum vel necessaria habere possint, tam de ratione ecclesiae vel 
de quolibet adtracto, ibidem semper, quorum sunt vocabula, Asi- 
naria 3 in pago Briosinse 4 , Orcandogelus 5 in pago Ingolininse® quem 
inlustris matrona Cartaria nobis donavil, Prantiaco villa 7 que est 
super amnem Vedauna 8 , et Lentiaco* quem Leotbertus dericus 
nobis habere flrmavit, et Lucaniaco <v quem Erpoaldus per nostrum 

а. Vingennam, c. 

1. Mazerol les, c&nt. de Lussac-le-ChAteau, arr. de Montraorillon, dép. de la 
Vienne (L. Rédet, Dict. topogr. de la Vienne). 

2. La Vienne. 

3. Asnières, cant. de Brioux, arr. de Melle, Deux-Sèvres (J. Tardif, op. cil., 
p. 31). 

4. Le Briançais (Longnon, Atlas historique de la France , p. 148). 

5. Orgedeuil, cant. de Montbron, arr. d’Angoulême, dép. de la Charente 
(J. Tardif, loc. cil.). 

б. L’Angoumois. 

7. Pranzay, comm. et cant. de Lusignan, arr. de Poitiers, dép. de la 
Vienne (L. Rédet, Dict. lopogr. de la Vienne). 

8. La Vonne, affluent du Clain. 

9. Peut-être Lansac, hameau de Champniers, cant. et arr. d'Angouléme, 
dép. de la Charente (J. Tardif, loc. cil.). 

10. Probablement Leugny, village de Saint-Jean-de-Sauves, cant. de Mon- 
contour, arr. de Loodun, dép. de la Vienne (J. Tardif, loc. cil.). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



282 


LES ORIGINES DU MONASTÈRE DE NOUAILLÉ. 


beneflcium habuit, haec vero Iocella cum ediftciolis, terris, vineis, 
silvis, pratis, hominibus tara ingenuis quam servis, cura omnibus 
beneflciis in se habentibus, cura pecuniis, peccoribus utriusque 
generis vel sexus, volo ut orani tempore ad ipsum senodoxiolium 
proflciat. Quod vero senodociolum cura omni constructione vel pre- 
fata Iocella in omnibus nutrilo ac fideli nostro Guidobaldo corami- 
simus ... [adjministrationem vel gubernacionem omniaque eorum 
necessa[ria] ... fuerint suppleantur, precorque dictis successoribus 
nostris per T[rinitatem] inseparabilem ut diebus vite ipsius ... 
numque de ejus potestate ... sinodocioli auferatur nec nihii 
exinde m... a . 


II. 

780, juillet. 

Mutation de biens et de serfs entre Saint-H ilaire-le-Grand 

et sa celle de Nouaillé, placés respectivement sous le gou¬ 
vernement de l’abbé Aper et de son prêtre Hermenbertus, 

A. Original, archives de la Vienne, carton 8, Nouaillé n° I. 

D. Copie de D. Barnabé Du Cas, Fasciculus antiquitatum Nobilia - 
censium, p. 387, archives de la Société des Antiquaires de l'ouest, 
1*° série, 1 er carton, pièce 2. — C. Copie de D. Estiennot, Antiqui- 
tatum in dioecesi Pictaviensi Denedictini Ordinis pars ///•, Bibl. 
nat., lat. 12757, p. 240. — D. Copie de D. Fonteneau, bibl. municipale 
de Poitiers, coll. D. Fonteneau, t. XXI, p. 19. — E. Copie de Gai- 
gnières, Chartularium monasterii Nobiliacensis , Bibl. nat., 
lat. 5450, fol. 31. 

a. L. Rédet, dans Bibliothèque de l’École des chartes , 1 M série, 
t. II, p. 77. — b. Du même, Documents pour l’histoire de l’église 
de Saint-Hilaire, t. I, p. 2, n° 2, dans Mémoires de la Société des 
Antiquaires de l’ouest, année 1847 (Poitiers, 1848, in-8°). 

^ In Xpî nomen, venerabilis vir Aper, abba, rector ex monasti- 
rio sancti Helarii ... et Ioca congruentia pro comunis conpendiis 
placuit nobis fj* ut aliquas reiculas raonastirii ex cella Novaliacinse, 
ubi Hermenbertus presbiter noster recto r esse cernitur, conmutare 
deberemus, |* quod ita et fecimus. Providentes utriusque, recepi- 
mus partibus monastirii de racione Novaliacinse, in villa cujus 

o. omis, c. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DU MONASTàRB DE NOUAI LL283 

vocabulum est Bonogilo *, (J 1 2 3 4 Cambone* seo et Justiaco 3 , mansis, 
villaris, vineis, terris, pralis, silvis, [cum ho]m[ine] nomen Donato 
cum infantis suis quatuor et nepcias su[as], II 8 his nominibus 
Juliane, Octolenane, cum infantis eorum et alius heredis ip[sorum] 
qui sunt ad requirendo cum integritate ; recepitll 6 aecontra Hermen- 
bertus presbiter partibus Novaliacinse locello cujus voc[abulum 
est] ... danitus, quantum Ansfredus clericus per sua epistula 
p[artes] || 7 sancti Helarii confirmavit habere, cum hominis ibitem 
conmanentes Leodeg...io, Landrado cum infantis eorum cum inte¬ 
gritate. B 8 Et sic volumus ut duas convenentias® uno tenore con- 
scriptas, una quem nos ha[beamus, alterja quem Hermenberthus 
vel pars Novaliacinse habere debeat, [J® firmavimus et confratribus 
nostris adfirmare rogavimus. Ego Aper (parafe). ^ Agomarus acsi 
indignus (parafe). îfc Gundoenus (parafe ). |j 10 Godofredus (NT : 
presbyter subscripsi). ^ Natalis (NT : clericus). ^ Ansfredus. 
îfc Arnulfus (NT : clericus). Alexander (NT : presbyter in 
Christo)* ... Dumfraxinnus c (parafe) || 44 Agli...s (parafe). % 
Bertefredus (parafe). % ... (parafe). ^ Bernulfus (parafe). 
Abbo (parafe ). | 4 * Bob...* presbiter (parafe). # Sigradus (parafe). 
...ddradus (parafe). ^ Edenus clericus (parafe). jfi Brunicos 
(parafe). |] 48 ^ (NT : Christus). Agoberthus (parafe). Agoma¬ 
rus (N T : clericus) (parafe). B 44 facta conmutacione in mens, 
jul. ann. XII. régnante Carolo rege. # Bertholinus*. 

III. 

[780], 17 novembre, vendredi. 

Notice d'un accord intervenu entre Hermenbertus , recteur de 

a. Sic , A ; lisez convenientias. — b. Cette souscription est en interligne 
au-dessus de celle de Dumfraxinnus qui 5Ut'{. — c. Devant ce nom il y a 
des signes dont la signification m'échappe. — d. Le second b est suivi dune 
abréviation assez semblable à notre chiffre 2. Fautril lire Bobur?— e. Cette 
souscription se trouve juste au-dessous de celle d Agomarus à la ligne pré¬ 
cédente; c'est par hasard qu’elle est rejetée après la date. 

1. Bonneuil, village, oomm. de Saint-Martin-la-Rivière, cant. de C ha u vigny, 
arr. de Montmorillon, dép. de la Vienne (L. Rédet, Dict. topogr. de la Vienne). 

2. Caïn bon, hameau, comm. de Quinçay, cant. de Vooillé, arr. de Poitiers, 
dép. de la Vienne (L. Rédet, op. cil.). 

3. Joussé, cant. de Charroux, arr. de Civray, dép. de la Vienne (L. Rédet, 

op. cit.). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



284 


LES ORIGINES DU MONASTERE DE ROUilLL^. 


la celle de Nouaillé , et N., au sujet des bois de Mamay et 
d’Artron que Frotselmus avait donnés à Saint-Hilaire avec 
la celle de Nouaillé et que N., [qui avait reçu du prieur de 
Nouaillé Constantin certains droits d'usage dans des bois ?], 
réclamait comme sa propriété allodiale . 

A. Original perdu. 

B. Copie de D. Estiennot, Antiquitatum in dioecesi Pictaviensi 
Benedictini Ordinis pars IIP, Bibl. nat., lat. 12757, p. 241, d’après 
A. — C. Copie de D. Fontencau, bibl. municipale de Poitiers, coll. 
D. Fonteneau, t. XXI, p. 27 (cf. p. 30), d’après B , revu et corrigé 
d'après A. 

Notitia qualiter vel quibus presentibus ubi venions Ennenbertus 
rector ex cellola Nobiliaco die veneris, xvn. die quod fecit mensus 
november, in ilia silva Matriniacinse* et Artroninse* ad ilia fossa 
quid ... Unde ante hos dies lams a ex ipsa silva porcos ad homines 
sancti Hilarii presumpseratducere, quae postea Constantino praepo- 
sito ex cellola Nobiliaco ... suum alode facere volebat. Hermenbertus 
e contra inlendebat quod de eo tempore postquam Frotselmus* testa- 
mentum partibus sancti Hilarii ad (lrmaverat... cum cellola Nobi- 
Kaco, communiter ex ipsa silva sui ancessoris usque in hodiernum 
diem fuerant vestiti ad partibus Nobiliacinse, excepto illos defensus 
gavione c ... et ad heredes suos, et nullus homo post mortem ipsius 
FrotseImo rf , pascionem e vel pasluricium/ partibus sancti Hilarii 
Nobiliacinse vel ad homines sancti Hilarii Matriniacinse vel Artro- 
ninse nunquam intendideral, et taliter quo[ru]m* qui subterflrma- 
verunt ibidem fuit repertum quod nullus homo ipsa silva partibus 
sancti Hilarii Matriniacinse et Artroninse ... contendere non pete- 
bat. Sic in invicem se concedentes cum pace ipsum placitum flnie- 
runt. His presentibus actum fuit, Constantinus, Aigobertus, 3 
f Dadone, S f Jordane, 8 f Hueberto, 3 -f* Ermendramno, 8 
•f* Ainardo, 8 *f*... 

Rognante Karolo rege. Benedictus clericus rogitus scripsit. 

a. Sic, B, C. — b. Frolfelmns, C. — c. Sic, C; detemp... pour defensus 
gavione, B; cf. C (p. 30). — d. Frolfelmo, C. — e. passionem, B. — f. pas- 
chericium, B. — g. quorain, C (p. 27) ; quovam, C (p. 30) ; quojam, B. 

1. Marnay, cant. de Vivonne, arr. de Poitiers, dép. de la Vienne (L. Rédet, 
Dici. topogr. de la Vienne). 

2. Artron, château et hameau, comm. d'Usson, cant. de Gençay, arr. de 
Civray, dép. de la Vienne (L. Rédet, op. cil.). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


LES ORIGINES DU MONASTÈRE DE NOUAILLÈ. 


285 


IV. 

780, 18 novembre, samedi, Poitiers. 

Notice d’un plaid tenu par le comte Abbon assisté de l’abbé 

Aepron, dans lequel le clerc Arembertus revendique, contre 

des détenteurs illégitimes, un bien sis à Lussac et qui était 

du temporel de Nouaillé. 

A. Original perdu. 

B. Copie de D. Esticnnot, Antiquitatum in dioecesi Pictaviensi 
Benedictini Ordinis pars ///•, Bibl. nat., lat. 12757, p. 253, d’après 
A. — C. Copie de D. Fonteneau, bibl. municipale de Poitiers, coll. 
D. Fonteneau, t. XXI, p. 31, d’après B. 

Notitiaa quibus praesentibus veniens Arembertus clericus die 
sabbathi Pictavis civitate qualiter fuit presens in mensis november 
dies x et octo coram Abbone comité vel seniore suo Aeprone abbate 
repetibat adversusalicos homines ... Abolomieri; dicebatquod man- 
sio sancti Helarii in villa Luciago * de ratione Novaliacinse, ubi 
Dodina colona sancti Helarii visa sunt* ... raalo ordine possederint 
in rebus, in aquis ..., eoque praesente quaesita responsit quod ipsa 
in corte nec suos haeredes non debere gavia habere, sed alium ... 
dixit quod de super Castro légitima initio habebant, per quid ipsa 
mansa faciebant ; et in ipso initio in dies xv et eveniat dies sabba- 
thus in ipsa civitate coram ipso comité, confirmaverunt etiam et 
ipsi Arembertus ipso Abolomiere cum suos et ipsis quod villa 
sancti Helarii de ipsa ratione Novaliacense ... Luciago modo redde- 
ret, possederet simili ter initium sora pati ad ipsa placita*, acflrma- 
verunt per quid ipsa villa possederint. His praesentibus factum fuit 
S Thodoenus advocatus Abbon. comit. 

S A. rf Matheo. S Yebrado. 8 Ghodoleno. 8 Hluduicus. 8 Melardo. 
8 Conadelo. 8 Wannigo. 8 Warnecardo. 8 Dotino. 8 Bertramo... 

a. Nous reproduisons ce texte tel que nous le livrent les copies sam pro¬ 
poser de corrections de mots qui seraient arbitraires dam cette langue 
informe et parfois inintelligible. — b. Sic, B, C. — c. Phrase inintelligible. 
— d. Sic , B, C. Cet A devait être une +. 

1. Lussac, ch.-l. de cant., arr. de Montmorillon, dép. de la Vienne (L. Rédet, 
Dict. topogr. de la Vienne). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



286 LES ORIGINES DO MONASTÈRE DE KO OA I LL È. 

Data in anno XIII rognante domno Karolo rege in monse novem- 
ber. Math a . 


V. 

780, l* r décembre, vendredi, Poitiers. 

Notice d’un plaid tenu par le comte Abbon et l’abbé Jepron, 
dans lequel Hermenbertus de Nouaillé revendique la pos¬ 
session de Jassay dont un certain Gratianus était devenu 
détenteur à la suite d’un échange avec l’abbé prédécesseur 
d’Abolomierus. 

A. Original perdu. 

B. Copie de D. Barnabé Du Cas, Fasciculus antiquitatum Nobi- 
liacensium, arch. de la Société des Antiquaires de l’ouest, 1” série, 
!•' carton, pièce 2, p. 385. — C. Copie de D. Estiennot, Antiquita¬ 
tum in dioecesi Pictaviensi Benedictini Ordinis pars III% Bibl. 
nat., lat. 12757, p. 239. — D. Copie de D. Fonteneau, bibl. municipale 
de Poitiers, coll. D. Fonteneau, t. XXI, p. 35, d'après B et C. 

a. Besly, Histoire des comtes de Poitou, preuves, p. 149. — 
b. Mabillon*, Annales ordinis sancti Benedicti, t. II, p. 710-711. 
— c. Mabillon, op. cit., t. II, p. 716. 

Indiq. : Bréquigny, Table des diplômes, p. 127, sous l’année 793. 

Notitia ubi venions Abolomierus sexta feria, ipsa die cal. decemb.*, 
Pictavis civitate inter duas ecclesias ante Abbonem comitem seu et 
lepronem abbatem ad placitum ilium quem contra Ilermenbertum 
ex cellola* Nobiliaco habebat Gratianus, unde ipsa die scripturae 
initium legilimum praesentare deberet, per quod locellum nuncupa- 
tum Jaciacus* de ratione Novaliacensi possèdent. Ad praesens Abo- 

a. Ce nom, écrit en abrégé, était suivi de signes qui étaient peut-être un 
seing manuel de scribe. — b. kalendis decembris, b. — c. cellula, b, c. 

1. Mabillon semble avoir eu connaissance de deux autres copies que celle 
de D. Estiennot, dont il avait, nous le savons par lui-même, les Antiquitates 
entre les mains. 

2. Rédet, Dict. topogr. de la Vienne, déclare ignorer ce qu'est Jaciacus, et 
il reproduit l'opinion de M. de la Fontenelle, Histoire des ducs d Aquitaine, 
p. 51, qui voit dans ce domaine Saint-Maurice, cant. de Gençay, arr. de 
Civray, dép. de la Vienne, ou le hameau de même nom, comm. de Dangé, 
cant. et arr. de Chêtellerault, dép. de la Vienne. — M. Alfred Richard, His¬ 
toire des comtes de Poitou, t. I, p. 4, identifie Jaciacus A Jassay, cant. de la 
Mothe-Saint-Héraye, arr. de Melle, dép. des Deux-Sèvres. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES OftlGMES DU KOlfASTKtE DE NODAILLÉ. 


287 


lomierus advenit et concambium de nominato Gratiano ibidem 
praesentavit a quomodo decessor ipsius Abbomiere* abba prout 
Gratiano ipsum locellum concamiaverat. Et Hermenbertus ad prae- 
sens notitias ostendit ad relegendum quomodo clerici sancti Hilarii, 
postquam ipse concamius c fuit factus Gratiano, ante Waifarium 
principem miserunt in rationes pro cellola rf Novaliaci quod malo 
ordine ipse Gratianus ipsam cum appenditiis possedebat*, et testa- 
mentum de nominato Hernoberto/ante cessionem ipsius Waifario* 
principi nomine Uncgarius A praesentaverat, quomodo ipse Jaciacus 
ad partes sancti Hilarii pervenerat, inspectoque ipso testament© ipse 
Gratianus ipsum Jaciacum tensare 1 ’ non potuerat et per suos 
wadios-' ipsam cellam cum reliquis appenditiis suis partibus sancti 
Hilarii reddiderat et Uncgario*pro ipsa cella fidejussores donaverat. 
Relicta' ipsa notitia, taliter ipsi viri dixerunt quod m quando probi 
homines judicantes ante ipsum corn item adveniebant ad alias causas 
judicandum, lune ita causa melius judicata esse poterat vel ab ipso 
comité vel venerabili viro Ieprone" abbate. Etiam et ad invicem 
litigatores convenit ut, quando ipse cornes in ipsam civitatem adven- 
taret et missus ab ipso comité apud missum ipsius Hermenberti 0 , 
ipse Abolomierus denuntiabit in legitimo placito ante ipsum comi- 
tem ipse Abolomierus advenisse p deberet ad hanc causam retiocinan- 
dum apud ipsum Hermenbertum vel missum de partibus sancti 
Hilarii. Taliter ipse Abolomierus visus fuit spondere. His praesen- 
tibus actum fuit. 

S? *f- Abbone comité. S *f* Matheo r . 8 -j* Sideberto. 8 -f* Dolinus. 
8 *f* Ermedrinus. 8 f Ermentreus. 8 f Theodrado*. 8 -j- Dodone. 
8 -j* Gacilone. 8 *f* Ermerigo. 8 f etc. Sign. f etc. 

Data in mense decembri in an n o 13. f régnante Carolo rege. 

VI. 

794, 3 août, le Palais. 

Louis , roi d'Aquitaine , à la demande de l’abbé Aton son 

a. presentavit, B, C; praesentaret, b. — b. Abomiere, b. Corrigez Abolo- 
mieri. — c. concammius, B. — d. cellula, b, c. — e. possidebat, c. — f. Hir- 
noberto, c. — g. Werfario, B. — A. Unegarias, b , c. — ». tentare, e. — 
j. vadios, b , c. — k. Unegario, b, c. — l. Sic, B, C, D, a, c; lisez relecta, b, 

— m. ad, b, c. — ». Jepprooc, B, b. — o. Hermemberti, b. — p. advenire, b. 

— q.B met partout Sign. au lieu de ce signe. — r. Mathaeo, b, c. — s. Theo- 
drode, c. — t. decimo tertio, b, c. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



288 


LES ORIGINES DO MONASTÈRE DE NOUAILLÉ. 


parent , confirme le monastère bénédictin nouvellement 
établi à Nouaillé dans la possession des biens réunis à la 
celle de Nouaillé par l’abbé Aton, par le prêtre Hermenber- 
tus , recteur de cette celle , et anciennement par les évêques 
Ansaldus , Ebarcius, Gaozbertus et par d’autres catholiques ; 
il octroie l’immunité audit monastère et abandonne les 
droits du fisc pour l’entretien du luminaire et les besoins 
des frères. 

A. Original autrefois scellé, arch. de la Vienne, carton 8, Nouaillé 
n° 2. 

B. Copie de D. Barnabé Du Cas, Fasciculxis antiquilatum Nobi- 
liacensium, arch. de la Société des Antiquaires de l’ouest, 1” série, 
l ep carton, pièce 2, p. 374. — C. Copie de D. Estiennot, Antiquitatum 
in dioecesi Pictaviensi Benedictini Ordinis pars III m , Bibl. nat., 
lat. 12757, p. 237. — D. Copie de D. Fonteneau, bibl. municipale de 
Poitiers, coll. D. Fonteneau, t. XXI, p. 45. 

a. Mabillon, Annales ordinis sancti Benedicti, t. II, p. 715, n° 33. 
— b. Gallia christiana, t. II, instrumenta, col. 346. — c. Dom Bou¬ 
quet, Recueil des historiens de France , t. VI, p. 452. — d. Migne, 
Patrologie latine , t. CIV, col. 979. 

Indiq. : Bréquigny, Table des diplômés, t. I, p. 127, sous l’année 
793. — Bôhmer, Regesta, p. 28, n° 202. — Bôhmer-Mühlbacher, 
Regesta, t. I. 1™ édition (1889), p. 211, n° 497; 2 e édition (par Joli. 
Lechner, 1908), p. 235, n° 516. 

* ^ HLodolcus gracia Del rex ▲qultaniorom. In Xpi nomine 
noble rectnm esse videtur ut qnandoque ecclesiastld viri 
c&thollci et Del sacerdotes, clerici et |J a pauperes ad nostram 
petent clemenciam, eis regalis potestas tuicionem inperciat qui flde- 
liter ad nostram desiderant® pertingere magnificenciam ; et Xpô au- 
spici sine dubio plenius credimus divina misericordia nobis exaudire, 
II* si peticionibus sacerdotum placitis auribus obaudimus et ea que 
recta poposcerint ad efTectum perducimus. Denique ostensum est in 
conspectu nostro per magnifico viro et parente nostro Atone diacono 
atque abbate statula (I 4 quam ipse ex ore gloriosissimi et genitoris 
mei regis Caroli summumque catholicum sumsit 6 , qualiter cellola, 
cujus vocabulum est Novaliacus, de racione sancti Hilarii sita in 


a. Ce mot , dune encre pâlie, est écrit en interligne. — b. Sic, À. Corrigez 
surnpsit. 


i 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES ORIGINES DU MONASTÈRE DE NOUAILLÈ. 289 

loco quieto et valde congrus ad habitacione a servorum Dei et paupe- 
rum juxta possibilitatem loci illius, monacos 6 qui secundum sancti 
Benedicti régula degeredel>erentinstituit,etvenerabilis vir jammemo* 
ratus domnus Alo abba parens noster, fidelisimus c domno et genitore 
meo et noster, || 6 nobis subtiliter suggessit ut ipsa cella vel reiculas 
quas ipse ibidem detullit necnon et hocquod Hermcnt)crtus sacerdus 
rector ipsius cellole ibidem condrmavit et illas conjunctiones quas 
anleriori ponteilci Pictavensis, qucm || 7 nos recognovimus, Ansal- 
dus, Ebarcius et Gaozbertus ad ipsam cellam detullcrunl vel Dei 
timentes et viri catholici inantea conferre voluerint, per nostram 
munificenciam sempcr sit conjunctum et numquam sil inlerruptum. 
Precipiendo precipimus fl 8 universis fidelibus nostrisepiscopis, abba- 
tibus, ducibus, comilibus, vicariis, centenariis, telonariis* vel 
omnibus missis noslris discurrentibus seu qui curam publicam et 
privatam habere noscunlur, ut in reiculas prefate cellole vel homines 
D’eorum* ubique conmanentibus qui ibidem recte aspiciunt nullum 
quam tempore ad causas audiendas vel freda undiquc exigenda seu 
mansiones aut paratas faciendum vel quascumque reddibutiones 
requirendas |j <0 ingredi non présumant; sed pro integra firmitale 
petiil memoratus domnus Ato abba suique monachi ut circa ipsa 
cella Dei/per nostram auctorilatem in omnibus confirmare debere- 
mus, quod pro reverencia domini ;| H et patronis noslri bealissimi 
Hilarii benignissimo animo illud prestitisse vel confirmasse conpe- 
rite. Et quicquid exinde fiscus noster augmentare potuerit, inspe- 
ctam nostram llrmitatem, sicut per|| ,3 emunitatesanteriorum regum 
declaratum fuisse indultum tam de ipsas res que presenli tempore 
ad ipsa casa Dei légitimé obtingunt quam et de eas quae a Deo 
timentibus hominibus ibidem in antea H 43 fueril condonatum, in 
Iuminaribus ipsius sancti loci vel stipendia monachorum perpétua- 
liter debeat proflcere in augmenlis quatenus ipsa congregatio pro 
stabilitate regni nostri raelius delectet Domini misericordia* adten- 
tius |i 14 exorare. Et ut hec precepcio flrmiorem habeatur et melius 

a. Sic, A. — b. Le scribe de la chancellerie avait écrit monacus. Le cor¬ 
recteur, qui, plus haut, a écrit le mot désirant, a fermé l'a pour en faire 
un o. — c. Sic, A. — d. telenariis, A, corrigé en telonariis, à l'encre pâle. — 
e. Avec ce mot, c'est-à-dire au commencement de la ligne 9, l'encre est plus 
pâle; l'écriture, plus grosse que la précédente, est cependant bien de la 
même époque. —- f. Je lis Dei; mais l'abréviation au-dessus de di a une 
telle forme que, dans les copies, D. Du Cas, D. Estiennot et D. Fonteneau 
ont écrit Domini. — g. Sic, A. 

1910 19 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



290 LES OKIGOra DD HOlfASliftE DB HOCAILLÏ. 

conservetur, subter eam decrevimus adfirmare. f In Dei nomine 
Reginpertus seu indignus vocatus episcopi a sive cappalanus Hlodo- 
wico regis Acquitaniorum |J 45 subsc. Signum 6 Magnario. Signum 
Immone. Signum Adalberto. Signum Erlaldo. Signum Garico. 
Signum Witfredo. Signum Ademaro. Signum Raganfredo. || 4 * 

Signum Bicone. Signum Gislemaro. Item signum Garico. 

îfc A[mu(?)]lus (parafe). Signum Harialdo. Signum Abbone. 
|| 47 Jalinus clericus (parafe). Signum Wadone*. 

f | 48 Signum (monogramme) d [Hlodoloi] e gloriosianimi regis. 

(Sceau.) 

|| 49 Actum Jogundiago 4 palatio nostro. I) 98 Data m. nonas a[ugu]s- 
tas anno XX .../ regis et anno XIIII. regni nostri. 

f' Bgo Hildigarins advioem Deodati snbs. (ruche) s. 

VII. 

[795]*, 27 avril, lundi. 

Notice d’un plaid tenu par les missi de Louis , roi d’Aqui - 

o. Sic, A. — b. Ici et partout dans la suite le mot est abrégé Sign, avec une 
abréviation supérieure, et le dernier jambage de l'a se continue par une 
petite barre horizontale coupée par un trait vertical : peut-être faudrait-il 
traduire cela par une croix comme l’ont fait les copistes de la pièce précé¬ 
dente. — c. Les souscriptions sont autographes. — d. Le monogramme est bâti 
sur une croix dont le centre est occupé par un o en losange. — e. Restitué 
d'après R, C, D. — f. La date était anciennement déjà illisible ou peu 
lisible en cet endroit. C, qui omet la ligne de date et la souscription de 
chancellerie, a été complété postérieurement, en ce qui concerne la date, de 

la façon suivante : Data vi nonas augusias anno XX.XI1I1 regni 

nostri. Actum Jogundiago palatio nostro. — Mais B, C et D donnent 

anno XXV.regn.regis. Il faut restituer : anno XX[V1I 

regni Garoli gloriosissirni] regis. A noter la disposition anormale de cette 
date où TActum précède le Data. Mais T Actum, écrit à droite et au-dessous 
du sceau, a dû être écrit après que la chancellerie avait daté le diplôme. 
— g. La souscription royale, la date et la souscription de chancellerie sont 
d une autre main que la teneur et sont d’une écriture très fine et déliée. 

1. Le Palais, cant. et arr. de Limoges, dép. de la Haute-Vienne (A. Richard, 
Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 4). Voir cette identification déjà légi¬ 
timée dans une importante Dissertation sur la situation de l’ancien palais 
de Jocundiaque de Moreau (Bibl. nat., coll. Moreau, t. 284, p. 130). 

2. Dom Fontenean a donné, & ce document, la date du 28 aTril 791, et cette 
date a été reproduite par Mabille, le Royaume d’Aquitaine et ses marches , 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 







LES ORIGINES DU MONASTERE DE IfOUAILL^. 291 

laine, dans lequel est jugé un procès entre particuliers au 
sujet de biens situés à le Pin-Saint-Denis (?) en Aunis. 

A. Original perdu. 

B. Copie de D. Estiennot, Antiquitatum in dioecesi Pictaviensi 
Benedictini Ordinis pars III*, Bibl. nat., lat. 12757, p. 255. — 

C. Copie de D. Fonteneau, bibl. municipale de Poitiers, coll. D. Fon- 
teneau, t. XXI, p. 41, d’après B. 

Notitia qualiter venions Odascira die lunis v. kalendas mai 
Pictavis civitate in aede sancti et domni Helari coram Aldebaldo 
et Hermingaude misso domno Klodowich rege Aquitaniorum vel 
aliis venerabilibus, qui cum Adrarde ... infensi repetibat adversus 
alicos istos nomine Faresmundo dicebant eo quod alode suo in pago 
Adeasnise 4 in villa que dicitur Pino*, quod ilia mediet... et quod 

p. 39, et par A. Richard, Histoire des comtes de Poitou, t. I, p. 4. Elle est 
doublement erronée : le cinquième jour des calendes de mai répond au 27 avril 
et non au 28; et le 28 avril 791 ne tombe pas un lundi, mais un jeudi. 

Le 27 avril étant un mercredi en 791, il y a contradiction entre la date de 
jour exprimée dans la teneur de la notice et la date d'année exprimée au bas 
du document, la vingt-troisième année du règne de Charlemagne donnant bien 
791. Où est l'erreur? Supposons qu'elle soit dans le quantième des calendes. 
Les copistes, même les scribes, ont souvent commis la faute de prendre v 
pour ii ou inversement : la correction u pour v est inacceptable, parce que 
le 30 avril fut un samedi et non un lundi. Mais D. Fonteneau nous dit 
quelque part qu'il faut traduire l'iitioripov g par v, alors que cela équivaut, 
comme chacun le sait, à vt : en corrigeant ainsi le texte, nous n’arrivons pas 
encore à un résultat satisfaisant, car le 26 avril correspond à un mardi. 
Comme toute autre correction serait arbitraire, il semble que l'erreur doit 
être cherchée ailleurs. 

Si nous faisons subir les mêmes opérations & la date d'année, xxui 
devient ou xxvi ou xxci (= xxvu), c'est-à-dire 794 ou 795. Or, en l'an¬ 
née 795, le 27 avril était bien un lundi. En conséquence, n’est-ce pas le 
chiffre des années du règne de Charlemagne qu'il convient de corriger? On 
objectera peut-être que D. Fonteneau, par le fait même qu'il nous a prévenus 
que g égalait v, ne pouvait pas lire m au lieu de ci ; mais je ferai remarquer 
que, dans l'espèce, D. Fonteneau n'a pas vu l'original et que son texte est 
une copie de la transcription de D. Estiennot, qui, lui, ne nous a pas dit 
comment il lisait l'im'oritiov. 

Cette correctioo, qui me paraît s’imposer, fait de notre acte le dernier 
document dans lequel le comte Abbon soit mentionné. Cf. A. Richard, op. cit., 
t. I, p. 4. 

1. Adeasnise parait être une cacographie. D. Fonteneau (t. XXI, p. 42) tra¬ 
duit ce mot par Aunis, et il est suivi par Mabille, op. cit., p. 39, et par 
Richard, toc. cil. 

2. Dom Fonteneau (t. XXI, p. 43) identifiait Pino avec le domaine do Pin, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



29 2 


LES ORIGINES DD MONASTB&E DE NODAILL^. 


ilia media ilia alia medielate qui ei erat débita, ad habendum, et ipsa 
aede a apud suam silvam judicatum fuit in ipsa die et probari debere 
ipsi Faramundo post se malere impedire et dim... indebiti sortem 
coram ipsis missis se recognovit et per vadius suus Faremundus 
de portione sua, de quorum in ilia medietatc nominatus Faremundus 
ipsius Abisanae vel filio suo Condraldo reddet pretio quod necessa- 
rium fuit Abisanae et felio suo Condraldo notitia recipere et fecisse 
scum*. Actum fuit Afrialdo in advocatione Adelbaldi et Hcrmen- 
gaudi missos. S Dodone. 8 Abbonis comitis. 8 Rotberto. 8 Ermein- 
berto c . 8 Iiegemberto... Data in mense aprili anno XXIII . d 
régnante Karolo rege. Theodoricus [parafe). 


VIII. 

798, mars. 

Charte double d’Aton, évêque de Saintes et abbé de Saint- 
Hilaire de Poitiers , et d'Hermenbertus , recteur de Nouaillé, 
portant reconstruction du monastère de Nouaillé , restitu¬ 
tion audit monastère des domaines de Jouarenne et de 
Chaunay , et promesse de prières perpétuelles et journalières 
pour l’évêque abbé Aton. 

A. Original perdu. 

H. Copie figurée du xi* siècle, arch. de la Vienne, carton 8, Nouaillé 
n° 3. 

C. Copie de D. Barnabe Du Cas, Fasciculus antiquitatum Nobi- 
liacensium, arch. de la Société des Antiquaires de l’ouest, 1™ série, 
1 er carton, pièce 2, p. 372. — D. Copie de D. Estiennot, Antiquita¬ 
tum in dioecesi Pidaviensi Benedictini Ordinis pars IIP, Bibl. 
nat., lat. 12757, p. 233. — E. Copie de D. Fonteneau, bibl. munici¬ 
pale de Poitiers, coll. D. Fonteneau, t. XXI, p. 57, d’après C, corrigé 
d'après B par D. Mazet 1 . 

«. die corrigé en aede, B. — b. Sic, B, C. Celle abréviation, qui correcte¬ 
ment doit se lire sanctum, signifie probablement ici sacramentum. — c. Sic. 
B, C. Corrigez Ermemberto. — d. Sic, B, C. Corrigez XXVII ( voir p. 290, ». 2). 

à quelques lieues de Poitiers, où exista une abbaye dite l’abbaye du Pin 
(comm. de Bérugcs, dép. de la Vienne). — Le Pin-Saint-Denis, village, cant. 
et arr. de Saint-Jean-d’Angély, dép. de la Charente-Inférieure (A. Richard, 
loc. cit.), convient mieux. 

I. D. Mazet a ajouté de sa main : « J'ai vn l’original sur lequel j'ai cor¬ 
rigé cette copie. Cet original, qui est endommagé en plusieurs endroits, est 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


LES ORIGINES DD MONAST&HE DE NOOAILLé. 


293 


a. Le Cointe, Annales ecclesiastici Francorum , a. 812, t. VIII, 
p. 160, d° 40 (fragment). — b. Gallia christiana, t. II, instrumenta, 
col. 345. 

Indiq. : Bréquigny, Table des diplômes, t. I, p. 131. 

1 ^ Pervigil pastor curam gérât de suis creditis ovibus ne forte 
lupus ille fraudulus qui semper rapiendi paratus est callidus inve- 
niendi locum nequeat nec de manu pastoris vorare IP ovem valeat ; 
ut ait Salvator : pastor bonus suam ponit pro ovibus animam * ; et 
Gregorius : qui non dat suam pro ovibus substantiam, quomodo 
pro hisdaturus est animam ? || 8 Igitur in Dei nomen ego Ato humi- 
lis et servus servorum Dei ultimus, pontifex urbis Sa[nctonicae] 
sancti Pétri ecclesiae senioris canonice necnon et rector monaslerii 
sancti Hilarii U 4 situm prope Pictavis, ubi ipse sanctissimus huma- 
tus esse videtur, monente summum catholicum domnum regem 
Carolum gloriosum ut u[nusq]uisque pastor curam gérât super 
gregem ||* sibi commissum vigilanti animo"; notumque est magni- 
fico nobile domno Hlodoici* rege necnon et suis optimatis et viris 
catholicis quod aliquod monasterium, cujus || 6 vocabulum est Nobi- 
liacus, ubi a nobis pater ibidem preesse videtur Hermenbertus 
sacerdos, de ratione sancti Hilarii et in suo sancto nomine çditum 
situmque in loco D 7 quieto et valde congruum ad habitandos mona- 
chos, ipsum renovavimus et m[onacho]s ibidem instituimus ad 
mercedem comulandam domnorum regum et nostram. || 8 Locella, 
quas c a longo tempore ex ipso fuerant ablata, propter nécessitâtes 
monachorum et pauperum subplendas necnon et nostra facinora 
abluenda reddendo conjuximus* || 9 vel adherere fecimus, quarum 
sunt vocabula : una qui dicitur Jouarinna* et est inter Alona 3 et 


a. La phrase reste inachevée. — b. La syllabe do est écrite en interligne 
au-dessus dun grattage. — c. .Sic, B. — d. Sic, B. Corrigez conjunximus. 

dans le trésor des religieux de Noüaillé, layette de Jouarenne » (coll. D. Fon- 
teneau, t. XXI, p. 68). L'original dont parle D. Mazet n’est pas autre chose 
que notre copie figurée, et cette copie figurée est du xi* siècle et non pas, 
comme on l’a dit, du ix*. 

1. Joan., X, 11. 

2. Jouarenne, village à cheval sur les communes d’Alonne et de Château- 
Larcher, cant. de la Villedieu, arr. de Poitiers, dép. de la Vienne (L. Rédet, 
Dict. topogr. de la Vienne). 

3. Alonne, cant. de la Villedieu, arr. de Poitiers, dép. de la Vienne 
(L. Rédet, op. cil.). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



294 


LES 01IGUTE8 DD MONASTERE DE IfODAlui. 

alveum Cladra 1 2 3 , et alia Colnago* qui eet in Briosinse pago*. Il 40 
Humili preee deposcor omnipotenti Domino ut semper bona digne- 
tur augere suis ibidem servientcs famulis. Ex intimo corde et prumto 
animo uni versos successoresque nostros || 44 firmiter conjuro et per 
Trinitatem inseparabil[e]m conslringo ut supradicla locella vel alias 
ad ipsum monasterium a viris catholicis adlatas numquam audeant 
abstrahere, ||' a sed semper sint adjunclas vel adunatas ad alendam 
gregem ibidem congregatam. Si quis per temeritate aliquis ausus 
fuerit abstoll[ere], damnandum sentiat a Domino in profundum 
II' 3 infernum. El ut haec conjuncta (Irmiorem habeatur vigorem, 
manu nostra propria subter affirmavimus et confratres nostr[os] vel 
nobiles viros post nos [I 44 ad roborandum decrevimus. Et ego Her- 
menbertus acsi indignus sacerdos et monachus una cum meis fra- 
tribus pariter libentissimo animo promisimus ad prefato pontifice 
|j 4S domno Atone nobile pastorique nostro piissimo ut, dummodo 
advivimus, per singulos dies propria missa pro eum celebrare debea- 
mus, et ad omnes cursos unum psalmum in orationemll 46 decantare 
faciamus. Unde et successoribus nostris, qui post nos in ipsum 
monasterium [ve]nturi erunl, contes tare presummimus ut haec 
supradicla domno Atone promissa g ' 7 numquam fiat dimissa, sed 
incessanter pro salute anime ejus semper sit adimpleta. 

Il 48 ^ Ego Ato indignus episcopus urbis Sanctonicç ecdesiae 
hanc conjunctionem libentissimo animo fieri vel affirmare rogavi 
[parafe). % Bodosindus acsi indignus presbiter seu custor || 49 
sepulcri sancti Hilarii, jubente piisimo pontifice domno Atone 
[parafe). % Arnulphus (parafe). ^ Aigobertus presbiter (parafe). 
îf£ Frotbertus [parafe ). ^ Lonnaldus [parafe ). % Ragadeus pres¬ 
biter -j*. % Florenlius [parafe). || ao ^ Ibbo [parafe ). # Abbo 
(parafe ). ^ Betolenusdiaconus [parafe). ^ Dodo clericus (parafe). 
^ Madalfredus [parafe ). ||* 4 Ingobertus % Abbo clericus 
[parafe). Gundolaicus (parafe). ^ Aldebertus [parafe ). 

fl 11 Data in anno XXXI régnante domno Carolo rege in mense 
marcio. # Bertramnus scripsit [parafe ). 

1. Rivière, affluent du Glain. 

2. Colnago n’a pas été, je crois, identifié. C’est probablement Chaunay, 
cant. de Couhé, arr. de Poitiers, dép. de la Vienne, plutôt que Caunay (1 Col - 
niacus), dans les Deux-Sèvres, qui était & l’époque carolingienne le chef-lieu 
d’une viguerie (Longnon, Atlas historique de la France, texte, p. 148 et 174, 
pl. IX) : l’un et l’autre se trouvent tn pago Briosinse. 

3. Le Briançais (Longnon, op. cil., p. 148). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


LES ORIGINES DD MONASTÈRE DE NOOAILLÈ. 


295 


IX. 

808, mai. 

Diplôme de Louis le Pieux, roi d'Aquitaine, par lequel ce 
prince, à la requête des chanoines de Saint-Hilaire de 
Poitiers, concède, à ceux d'entre eux qui veulent mener la 
vie cénobitique selon la règle de saint Benoît, Nouaillé 
pour s’y retirer; s’engage à payer annuellement sur sa 
cassette 20 sous à la fête de saint Hilaire, pour qu'ils aient, 
entre autres choses, la permission d’élire leur abbé parmi 
eux; oblige les membres de la collégiale qui resteront à 
Saint-Hilaire à observer la vie canoniale ; enfin renouvelle 
l’immunité. 

A. Original mutilé, arch. de la Vienne, carton 8, Nouaillé u° 4*. 

B. Copie du xi* siècle, arch. de la Vienne, môme cote que A, 
d’après A. 

C. Copie de D. Fonteneau, bibl. municipale de Poitiers, coll. D. 
Fonteneau, t. XXI, p. 73, d’après A et B. — D. Copie de L. Itédct, 
arch. de la Vienne, même cote que A et B, d’après A et B. 

a. L. Rédet, dans Bibliothèque de l’École des chartes, 1” série, 
t. II, p. 78. — b. Du même, Documents pour l’histoire de l’église 
de Saint-Hilaire, t. I, p. 3, n° 3. 

Indiq. : Bôhmer-Mühlbacher, Regesta, t. I, l re édition (1889), 
p. 213, n° 500; 2 e édition (1908), p. 237, n° 519. 

^ * Hlodowih * gratta Del rex Aquitanorum, Omnibus c epl- 

a. Omit B. Cette copie du XI* siècle ne donne les lettres allongées que 
jusqu'au mot fidelibus. Nous donnons ici les variantes de B, puisque nous 
nous sommes servis de cette copie pour compléter le texte mutilé de A. — 
b. Sic A; Hludovicus, B. — c. Avec un O majuscule dans A. 

1. Dans son état actuel, le parchemin, qui devait avoir 0*52 de largeur, n'a 
plus dans sa partie la plus large que 0*445; sa hauteur est de 0*445 égale¬ 
ment. Au dos, une cote ancienne est illisible; je ne suis arrivé A découvrir 
que le mot previlegium. Une autre cote du xvu* ou du xvm* siècle porte : 
« Layette 1, liasse 1, n* 2. Partie d’une chartre de Louis, roy d'Aquitaine, par 
laquelle en suit de la requeste qui luy fut présentée par certains freres à ce 
qu’il lui plust leur permettre de changer leur institut de chanoines, il leur 
permet de se retirer au lieu appellé Nouaillé pour y mener une vie cenobi- 
tique, etc. » Cotte I. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



296 


LES ORIGINES DD MONASTERE DE NOUAILli. 


scopls, obbatibua, docibaa, comitlbus, domaatiois, vioarlia, cen- 
tenarila, se a ml sala dlacurrentibna Necnon et cunctia fldelibna 
aanctae n Del el eccleslje^ et domni imperatorla ac noatria. 
Qulcquid pro oportunitate aacerdotom ant aervornm Del agi- 
mas hoo nobia] I 9 ad aeternam c beatitudinem vel stabilitatem 
regni nostri pertinere confidimus. Igitur nolum sit omnium fîdelium 
nostrorum rf magnitudini pracsentium scilicet et futurorum qualiter 
fratres [ex monasterio sancti Hylarii Pictavensis ubi ipse gloriosus 
corpore quiescit clementiam regni el celsitudinis nostrç, auxiliante 
Deo,] ||* petierunt*, dum actenus illorum vila sub habitu canno- 
nico/ constituta fuerat, eo quod illis vita artior^ libita fuerit et locum 
talem exploratum haberent ubi vitam cenobialem * ducere potuissent 
et in Dei servitio et ipsius pr[eciosi confessons ac pro nobis regni- 
que nostri stabililate jugiter exorare debuissent, ut illis nos, Xpô 
favente, ilia quç] || 4 petierunt* clementer concederemus. Quod nos 
itaque, faciente miscricordia Dei, illis minime denegare [voluimujs, 
sed libenti animo concedere el confirmare petitionem ipsorum decre* 
vimus in loco qui dicitur Noviliacus', ut illuc [destinati et confir- 
mati permancant in Dei servitio et supra memorali beatissimi con¬ 
fessons sub lege regulari sicuti] || 5 cenubialesy more antiquo 
secundum conslitutionem * beati Benedicti vivere consuerunt et 
actenus vivunt ita et istis victus et vestitus ibidem sufficiens tribua- 
tur; ea* tamen conditionc"* ut omni tcmpore ad ipsum supra 
m[emoratum locum ubi ipse gloriosus confessor quiescit magiste- 
rium sufTerant, non tamen sub ordinatione alia nisi ad benefacien- 
dum] li 6 propler diversos abbates quos saepe" nobis antecessoribus 
successoribusque nostris mittere contingit propter rem p[ublic]am 
perpctrandam. Et ut hoc tam praesentibus quamque el fuluris 
pateat quod nos illud quasi ex [nostro et per nos in nostra defensione 
et gubernalione habere volumus, non ab ilia casa Dei separando sed 
illuc semper recipiendo et a nobis guber]- |P nando, ideirco de 
caméra nostra annis singulis ad feslivitate 0 ipsius beati confessons 
Ililarii* soledos* XX r donare faciemus ut* per hune censura comp- 
tum fiat omnibus quod nos non separationis causa nec cupiditatis 

a. sancte, B. — b. eccles..., A ; ccclç, B. — c. eternam, B. — d. Igitur 
notum sit omnibus fideiibus nostris omnium fidelium nostrorum, B. — e. pecie- 
runt, B. — f. canonico, B. — g. arc.ior, B. — h. cenobialem, B. — *. Nobi- 
liacus, B. — j. cenobiales, B. — k. constitucionem, B. — l. Écrit avec un e 
majuscule , A. — m. condicione, B. — n. sepe, B. — o. .S»c, A; festivila- 
lein, B. — p. Hylabii, B. — q. solidos, B. — r. xx u , B. — s. Avec un u 
majuscule , A. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LES OftIGINES DD MONASTÈRE DE NOOAILL^. 


297 


nobis habendi vel aliubi a beneflciandi, [sed tantum modo Dei omni- 
potentis et ipsius confessons servitium peragendi et pro nobis 
regnique nostri stabilitate] j| 8 ibi jugiter exorandi ut nunc in prae- 
senti vel in futuro in ipsa casa Dei enutriti 6 diverse 6 conditionis rf 
tam lib[eri quam] servi et nunc et deinceps qui hanc vitam elegere* 
voluerint quam sçpe/ supra memoravim[u]s, absque ill[iu]s abba- 
tis contradictione eli[gere possinl illuc sicut diximus habitandi et Dei 
servitium perpetrandi et pro nobis exorandi, vel per se] II* unacum 
consensu fratrum suum abbatem tam in praesenti quamque et in 
futuro elegendi * qui eos regulariter in Dei servitium gubernare 
debeat. Ipsi vero qui supra memorato monasterio beati Hilarii* 
remanere videntur, considéravimus una per Dei vo[luntatem, flde- 
lium nostrorum consilio, ut, sicut isti in hanc cellulam divoluti 
monachicam vitam ducere videntur, ut illi qui ibi] | 40 rémanent 
cannonicam' inst[itutionem ple]niter in Dei voluntate nostroque 
servitio debeant observare. Et hoc vos tam praesentes quam et 
futures minime volumus ignorare, quam>ob causam hune ccnsum 
de caméra nostra donare decrevimus scilicet si forte de ipso ce[no- 
biolo ad supradictum monaslerium redditus fuisset forsitam qualis 
libet abba per hanc occasionem illuc ingredereaut] [| 44 [e]xterminium 
aut aliqua[m dissipation]em vel divisionem atque dissidiam in ipso 
cenobiolo agere voluisset. Propterea de [nostro placuit donare] ut 
nullum praevilegium* supra memoratus abba/ ibi habeat nisi tan¬ 
tum benef[aciendi et bona sicut cçteri Xpi emulatores ammonendi 
nec habeat potestatem quicquid illic dissipandi nec quç ad rem 
publicam pertinet ordinandi. His expletis, jubemus] II 49 omnibus"* 
fldelibus domni imperatoris ac n nostris per hanc praeceptionem 
nostram praesentibus et futuris ut nullus judex publicus super 
ipsos monachos aut homines super terras eorum commanentes tam 
ingenuis quam et servis qui per° ipsa casa Dei legibus [sperare 
videntur vel ad ipsum monasterium aspiciunt in quibuslibet locis 
ubicumque dicti monachi aliquid possidere] |] 43 [videntur ve]I dein¬ 
ceps in jure ipsius sancti loci voluerit divina pietas ampliare ingre- 
dere nec ullam contrarietatem neque calumniam^ contra saepe 9 

a . aliutn, B. Rédet a lu aliud; bien que l’encre ail beaucoup p&li, la lec¬ 
ture n’est pas douteuse. — b. enutrienti, B. — c. diverse, B. — d. condi- 
cioois, B. — e. eligere, B. — f. sepe, B. — g. eligendi, B. — h. Hylaiui, B. — 
i. canonicam, B. — J. Avec un q majuscule, A. — k. privilegium, B. — 
I. abbas, B. — m. Avec un o majuscule, A. — n. bac, B. — o. pro, B. — 
p. calnmpniam, B. — q. sepe, B. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



298 


LES ORIGUIES DU MONASTERE DE NOUAILli. 


dicto loco vel servientibus ipsius ecclesiae® facere non prae[sumat*. 
Atque prae]c[ipimu]s ut neque c[oraes neque missi nostri neque 
ulla judiciaria potestas aul ad freda exigenda vel paralas aut man- 
siones faciendum in ipso sancto loco vel suis ,4 ||] c rebus ingredere 
non praesumant, sed liceat eis absque malorum hominum tergiver- 
sationes remota omni occasione quietos vivere vel resedere* in eli- 
mosina* domni ac geniloris nostri vel nostra. El/ quando quide[m 
divina vocatione abbas de praediclo monasterio de bac vita ad domi- 
num migravit 4# || qjuamdiu ipsi monachi inter se taies invenire 
potuerint qui secundum sanclum ordinem vel regulari norma degere 
voluerint per nostram permissionem et consensu s liccntiam eligendi 
habeant abbatem sicut [superius meminimus quatenus melius 
delectet ipsos servos Dei qui ibidem Deo famulanlur pro nobis uxo- 
rique ac liberis nostris attentius Domini ,# || mijsericordiam exorare. 
Et A ut praesens auctoritas nostris et futuris temporibus inviolata 1 ' 
perdurare valeat, manus nostrae/ signaculis subter eam decrevimus 
roborare et de anulo nostro [jussimus sigillari]. 

Il 17 Signnm * (monogramme) 1 Hlodolci m gloriosl— tint régis. 
n . In Del nomine Helisachar ° re[cognovi] P. 

| ,s [Datum in mense raaio a n no XXVIII] rognante [domino nostro 
Illudovico rege Aquitanorum]?. 


a. celle, B. — b. présumant, B. — c. A partir de la ligne 14 jusqu'à la 
fin de la teneur, les commencements et fins de ligne sont incertains : c'est 
pourquoi nous enfermons les traits verticaux de séparation dans les cro¬ 
chets carrés, et nous mettons les chiffres en ai'anl de ces traits verticaux 
pour indiquer que le commencement de la ligne doit être cherché en avant. 

— d. redere corrigé par suscriplion de la syllabe omise en resedere, A. — 
e. helesmosina, B. — f. Avec un e majuscule, A. — g. Sic, A; concessu, B. 

— h. Avec un e majuscule, A. — ». inviolatu, B. — j. nostre, B. — k. S. B. 

— I. Omis B. Rédet (b, p. 5, n. 1) fait remarquer que le monogramme est 
différent de ceux gravés dans la planche XXVI de la Diplomatique de Mabil- 
lon. Il est construit sur C initiale du nom royal Hlodowih et se rapproche du 
monogramme figuré dans Giry, Manuel de diplomatique, p. 722. — m. Ludo¬ 
vic», B. — n. omis ou plutôt lu ego, B. — o. Helisiachar, B. — p. cancella- 
rius scripsi au lieu de recognovi, B. Rédet a proposé recognovit. Seules les 
bases des premières lettres apparaissent. — q. Le texte étant déjà détérioré 
du côté des souscriptions et de la date, comme le prouve la note précé¬ 
dente, B ne nous a livré qu'une date partielle et peut-être peu fidèle. 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



L’ANCIEN 


MANUSCRIT DE SAINT HILAIRE 


N* 483 DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L’ARSENAL. 


En feuilletant les savantes recherches du Révérend Père 
A.-L. Feder sur saint Hilaire de Poitiers, qui forment un des 
plus récents fascicules des publications de l’Académie de Vienne 1 , 
j’ai remarqué plusieurs passages se rattachant à une question 
qui m’a toujours vivement intéressé : les origines des anciens 
manuscrits de nos bibliothèques. 

En ce qui touche cet objet, le livre du P. Feder nous a mis 
sur la voie de renseignements nouveaux pour l’histoire d’un des 
plus curieux manuscrits du haut moyen âge que possède la 
bibliothèque de l’Arsenal, le n° 483 : Recueil d’écrits de saint 
Hilaire sur l’arianisme, dont le détail a été exactement donné 
dans le Catalogue de M. Henry Martin 2 . Le P. Feder a très judi¬ 
cieusement identifié ce manuscrit avec le n° 32 des manuscrits 
du château de Maffliers, dressé en septembre 1778 par Mercier, 
abbé de Saint-Léger : Codex pergameneus X sœculo litteris 
longobardicis exaratus in folio... Codex optimœ notœ. Le 
dépouillement de l’abbé de Saint-Léger est conforme à la minu¬ 
tieuse description du ms. 483 de l’Arsenal rédigée parM. Henry 
Martin. Le P. Fédéra seulement relevé à son droit l’impropriété 
de la qualification donnée par Mercier à l’écriture du manu¬ 
scrit : litteris longobardicis. Les deux pages reproduites en 
phototypie montrent que c’est un livre écrit en caractères caro¬ 
lingiens du ix e siècle. 

Il est donc certain que le ms. 483 de l’Arsenal correspond au 

1. Sitzungsberichte , 162 Band, 4 Abhaodlung. — Studien zu ffilarius von 
Poitiers. 1. Von Alfred Leonhard Feder, S. J. Wien, 1910, in-8‘, 188 p. et 2 pl. 

2. T. I, p. 332. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



300 


l’ancien manuscrit de saint hilaire 

ms. 32 de la bibliothèque du château de Maffiiers et qu’il fit 
partie de la collection de manuscrits conservés dans ce château 
au xviii* siècle. Compris dans la vente que le propriétaire fit en 
1781 au marquis de Paulmy 1 , il fut alors incorporé dans la 
bibliothèque que ce dernier avait installée dans les bâtiments de 
l’Arsenal à Paris, où il est resté jusqu’à ce jour. 

Où se trouvait le manuscrit des écrits de saint Hilaire sur 
l’arianisme avant d’arriver entre les mains du baron d’Heiss? 
Dom Pierre Coustant, qui l’employa pour son édition de saint 
Hilaire, imprimée à Paris en 1693, dit 2 l’avoir eu en communi¬ 
cation de François Desraarets. C’était évidemment comme héri¬ 
tier en partie du dernier des Pithou que Desmarets le possédait 
dans sa bibliothèque. Il l’avait recueilli dans la succession de 
Pierre Pithou, petit-neveu de Pierre et de François, mort en 
1687. Il dut être transporté au château de Palis vers le com¬ 
mencement du xviii' siècle. M. Babeau, qui s’est occupé de 
la bibliothèque du château de Palis 3 , misérablement dispersée 
pendant la Révolution, n’y a signalé que des manuscrits 
modernes. Le recueil des écrits de saint Hilaire sur l’arianisme 
avait dû en disparaître par suite de la vente faite en 1781 au 
marquis de Paulmy. 

Mais d’où venait le titre de Codex Pithœanus sous lequel est 
habituellement cité le manuscrit depuis le commencement du 
xvii* siècle? L’origine de cette dénomination est indiquée par 
un humaniste très distingué, Nicolas Le Fèvre, à qui nous 
devons l’édition princeps du Beati Hilarii ex opéré historico. 

Dans deux dissertations publiées en 1903 4 au sujet de deux 
lettres adressées au Père Sirmond, l’une touchant les épîtres de 
saint Augustin écrites sur papyrus, l’autre touchant les frag¬ 
ments historiques de saint Hilaire, on a pu voir quels rapports 
Nicolas Le Fèvre entretenait avec plusieurs des plus éminents 
humanistes de son temps, et quelle confiance doit nous inspi- 

1. Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de VArsenal, t. VIII, p. 234. 

2. P. 1402 : « Pithœanum exemplar quod v. c. Francisons Des Marés nobis 
perhumane commodavit. » 

3. Le Château de Palis et sa bibliothèque. Troyes, 1879, in-8* (extrait des 
Mémoires de la Soc. acad. de F Aube). 

4. L. Delisle, Deux lettres de Nicolas Le Fèvre au P. Sirmond, 1596-1599 
(pièce publiée pour le jubilé de Gaston Boissier, 15 août 1903). — Le même, 
Un feuillet retrouvé du recueil écrit sur papyrus de lettres et de sermons de 
saint Augustin. Paris, 1903 (extrait de la Bibliothèque de VÉcole des chartes , 
t. LX1V). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


301 


DE LA BIBLIOTHÈQUE DE l’ARSENAL. 

rer son caractère. C’est uniquement sur son témoignage que 
repose tout ce qui peut être dit de la découverte des précieux 
fragments. Pierre Pithou les a trouvés à Paris en 1590, et il en 
préparait la publication quand il mourut à Troyes, le 1 er novembre 
1596, à 1 âge de cinquante-six ans. On n’a point divulgué les 
noms des anciens détenteurs pour qu’ils n’eussent pas à rougir 
d’avoir laissé dans les ténèbres des textes de grande valeur. 
Telle est la version que le témoignage du premier éditeur a fait 
prévaloir. 

J’ai cru bon de reproduire textuellement ce que Nicolas 
Le Fèvre dit à ce sujet dans la longue préface mise en tête 
de la publication, sous forme d'épître dédicatoire adressée à 
Jacques-Auguste de Thou. Ce que nous y lisons sur les rapports 
de l’éditeur avec ses amis et coopérateurs offre le plus grand 
intérêt : 

Clarissimo viro Jacobo Augusto Thuano, sacri consistorii con- 
siliario, senatusque Parisiensis præsidi doctissimo atque pruden- 
tissimo, Nicolaus Faber, salutem. 

Ecce tibi restituo, præses amplissime, beati Hilarii, Pictavensis 
episcopi, librum a viro doctrina, prudentia morumque integritate 
maximo, P. Pithœo suprema voiuntate reliclum meæque fidoi, ut 
solidus ad te perveniret, id est sine ulla deductione et quam optimo 
jure apud testatorem, fuit commissum. Munus est, si folia numéros, 
non valde magnum, sed si auctoris dignitatem, si fatum libri, si rei 
de qua tractat gravitatem considérés, ejusmodi ut non acceptissimum 
esse nequeat. Tibi enim, omnium discipiinarum genere instructis- 
simo, gallicæ salutis ac laudis amantissimo, et antiquæ pietatis ac 
constantiæ studiosissimo, non potest non gratissimum esse, antiqui 
scriptoris Galli, theologorum qui in Occidente floruerunt celeberrimi 
ac disertissimi, excelsæque arboris, ut eum vocal beatus Hierony- 
mus, qua ædificata est ecclesia Dei, ad hæc etiam fortissimi con¬ 
fessons librum, de gravissima omnium quæ umquam in Ecclesia 
fuerunt controversia scriptum, post tôt annos e tenebris erutum, 
clarissimi tui nominis auspiciis lucem aspicere. 


... Quapropter ut divinæ Majestati pro hac eximia sui numinis 
in nos benignitate numquam pro meritis dignas agere gratias vel 
animo concipere possumus, ita etiam piis optimi viri et de genere 
humano bene meriti Pithœi nostri manibus, cui nos hæc Frag¬ 
menta debere summa ilia Majestas voluit, parem gratiam referre 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



302 


l’iHCIEH MiRVBCBIT DE SAINT HILAIBE 


vix ac ne vix quidem valeamus. Cum enim sic vit&m ipse instituis- 
set, ut commoda publica ubique propriis negotiis præverteret, sævien- 
teque Lutetiæ pestilentia, Augustobonam Tricassiura, quæ illud 
nobis sidus ediderat, secessisset ; nactus a Francisco fratre, viro pro¬ 
pria Iaude virtutis et doctrinæ clarissimo et plane lanto fratri ger- 
mano, vêtus exemplar fabularum Æsopiarum improbi, ut eum 
vocal Martialis, Phædri, quo opéré eruditum Tiberii sæcuium 
nihil venustius elegantiusve protulit, vel hujus sui secessus ratio- 
nem publiée constare voluit. Ilaque procuratis characteribus pro 
cap tu urbis quidem magnæ et frequentis, sed mercaturæ accommer- 
cio penitus addictæ atque occupât», a litteris vero penitus alienæ, 
elegantibus conductisque operis, illas fabulas suo sumptu atque hæc 
Fragmenta typis vulgare constituit. In qua cogitatione absolutis 
fabulis, hisque Fragmentis tantum non ad umbilicum perductis, 
vir immortalitate dignissimus ad meliorem vitam assumptus est. 

Adderem hoc loco unde hæc etiam Fragmenta eruerit, nisi bonis 
viris ejusmodi rerum cognitionem profitentibus ruborem suffundere 
vererer, qui delilescentis hujus in bibliothecis suis thesauri, vdut 
gallus ille Æsopius unionis dignitatem non agnoverunt, vel agnitam 
non sine publica jactura tam diu continuerunt. Dicam tantum, quod 
prætermitti non potest, horum Fragmentorum unicum exemplar 
Pithœum Lutetiæ anno salutis MDXC repertum habuisse. Non 
magis enim noster ille sedecim tyrannis oppressa urbe, quam 
Socrates triginta suas Athenas vexantibus, propositum vitæ decur- 
sum philosophando remque publicam juvando intermisit. Unicum, 
inquam, neque illud pervetus exemplar habuit, sed tantum abhinc 
centum annis in charta, manu gallica, nec latinam linguam satis 
percipiente, confusis dictionibus scriptam, quod præterea etiam 
librorum Cassiani de incarnatione Christi epitomen eadem manu 
scriptam contineret, illam fortasse quam Eucherium Lugdunensem 
episcopum confecisse testis est Gennadius. Inde spem conceperat et 
antiquum exemplar, unde recens illud exscriptum fuerat, aliunde 
recuperari posse; quæ causa fuit cur tamdiu eorum editionem sus- 
tinuerit. In quo certe illi hoc felicissime contigit, ut in publicandis 
duobus istis eximiis antiquitatis monumentis, fato interceptus, 
præclare actam vitæ fabulam illustriore fine veluti cygnea cantione 
concluderet... 

Q y a peut-être lieu de s’étonner du silence que Nicolas 
Le Fèvre garde, dans cette épître, sur la bibliothèque dans 
laquelle Pithou avait trouvé le manuscrit de saint Hilaire, et l’ex- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


303 


DE LA MBUOTHiQUE DE l’aBSBVAL. 

plication qu’il donne de son silence est difficile & admettre. U 
ne faut pas, dit-il, faire rougir les possesseurs de manuscrits 
qui n’ont pas apprécié la valeur des trésors de leurs biblio¬ 
thèques et qui ont laissé dans les ténèbres des textes qu’il 
importait de faire connaître à la république des lettres. Fer¬ 
mons les yeux et prenons notre parti de ne pas savoir où 
Pithou avait trouvé le fameux saint Hilaire. Appliquons à ce 
grand savant ce que le regretté professeur de Munich, Ludwig 
Traube, a dit des bibliophiles du xvi° siècle, accusés d’avoir lar¬ 
gement profité du pillage des abbayes françaises : Quem ad 
modum potxti sint, latet, nec nos scire attinet , si tamen fures 
fuerunt, iidem et sospitatores, quotntm tnemoriæ grattas 
debemus pr'opter male facta, quæ nobis bene evenerint 1 . 
Quoi qu’il en soit du cas de Pierre Pithou, nous devons user 
d’indulgence. Ce n’est pas sa faute si les savants qui travail¬ 
laient avant la fin du xvr siècle n’ont pas joui des fragments de 
saint Hilaire, mais c’est grâce à lui que les savants des siècles 
postérieurs ont pu profiter d’un bon texte de ces écrits. Il vou¬ 
lait les publier aussitôt qu’il les eut à sa disposition et quand il 
espérait bien les voir imprimés avec les caractères qu’il avait 
fait venir à Troyes pour imprimer les Fables d’Esope. A l’ap¬ 
proche de la mort, il fit prendre solennellement à son ami Nicolas 
Le Fèvre l’engagement de les publier sous les auspices de leur 
ami commun le président de Thou. La dernière volonté du mou¬ 
rant fut religieusement exécutée par Nicolas Le Fèvre qui 
n’épargna rien pour remplir dignement et à bref délai la charge 
qu’il avait acceptée. Il ne se borna pas à reproduire et à com¬ 
menter le beau manuscrit du ix° siècle entré dans le cabinet de 
Pithou : il étudia attentivement le manuscrit sur papier, cité un 
peu plus haut, pour s’assurer si, malgré les graves imperfec¬ 
tions qu’il y avait reconnues, il n’y avait pas quelque parti à 
en tirer. Ce manuscrit, qui a fait partie de la bibliothèque de 
Colbert, est aujourd’hui à la Bibliothèque nationale, n° 1700 du 
fonds latin, et les notes marginales que Le Fèvre avait ajoutées 
sur les marges ont fixé l’attention des auteurs du Catalogue 
imprimé au xvui® siècle 2 . 

Je dois encore signaler un passage de l’épître dédicatoire adres- 

t. Hieronymi Chronicorum codicis Floriacensis Fragmenta Leidensia , Pari- 
sina , Vaticana phototypice édita. Lugduni Batav., A. W. Sijthoff, 1902, p. xvm. 

2. T. III, p. 173 : « Saocti Hilarii, epiacopi PictaYieosis, Fragmenta ex 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



304 ANCIEN MANUSCRIT DE SAINT HILAIRE. 

sée au président de Thou. Nicolas Le Fèvre, dans son éloge de 
Pierre Pithou, a eu soin de rappeler que son ami, pour donner 
dans de meilleures conditions l’édition des Fables de Phèdre, 
avait acheté les caractères qui servirent à imprimer l’édition 
princeps des Fables d’Ésope dans la ville de Troyes, où les 
lettres étaient alors moins en honneur que l’industrie et le com¬ 
merce. M. Louis Morin 1 , qui connaît à fond l'histoire de l’impri¬ 
merie troyenne, a bien voulu me faire savoir que ce qu’il avait 
recueilli sur l’intervention de Pithou dans les affaires de l’impri¬ 
meur Oudot reposait uniquement sur une assertion de Grosley 2 . 
Ce dernier auteur a dû connaître le témoignage d'un contempo¬ 
rain tel que Nicolas Le Fèvre, qui mérite d’être pris en très 
sérieuse considération. 

L. Delisle. 

P.-S. — Au moment où je corrigeais l’épreuve de cette note, 
j’ai reçu de Vienne le premier fascicule d’un recueil paléogra- 
phique de premier ordre, qui fera le plus grand honneur à la 
Bibliothèque impériale et royale. Il se publie sous la direction du 
chevalier Josef von Karabacek et a pour titre : Monumenta 
palœographica Vindobonensia. Il se compose de deux notices 
du professeur Rudolf Beer, connu depuis longtemps par ses 
études sur les manuscrits à peintures et sur l’histoire littéraire 
de l’Espagne. Des deux notices qui remplissent les soixante-huit 
pages de ce fascicule et qui contiennent un grand nombre de 
fac-similés, la première fait connaître par le plus menu détail 
l’exemplaire, copié sur papyrus en petits caractères semi-onciaux, 
des écrits de saint Hilaire sur l’arianisme. La seconde notice a 
pour sujet le Psautier qui passe pour avoir été envoyé par Char¬ 
lemagne au pape Adrien. 


opéré bistorico; accedunt Nicolai Pabri emendationes ad marginem con- 
jectffi. » 

1. Le travail de M. L. Morin, communiqué au Congrès des Sociétés savantes 
de 1910, sera publié dans ie Bulletin historique et philologique. 

2. Les Troyens célèbres , t. II, p. 12. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



UNE PRÉTENDUE DISPENSE 


DU 

MARIAGE DE HENRI DE BOURDON 

ET DE MARGUERITE DE FRANCE 

EN AOÛT 1572. 


Un des faits les mieux connus de l’histoire de nos guerres de 
religion est certainement le mariage de Henri de Bourbon et de 
Marguerite de France, célébré le 18 août 1572, quelques jours 
seulement avant le massacre de la Saint-Barthélemy. Les 
fameuses controverses suscitées par cette tuerie, les études spé¬ 
ciales auxquelles le mariage a donné lieu 1 ont éclairé singuliè¬ 
rement cette semaine tragique. Cependant, faute d’avoir com¬ 
mencé par une étude approfondie des sources, on n’a pu éviter 
quelques erreurs de détail. En voici une assez curieuse : 

On sait que, pour la bénédiction du mariage, une dispense de 
l’Église était nécessaire non seulement à cause de la différence 
de religion des deux jeunes gens, mais aussi à cause des liens 
de parenté qui les unissaient. Cette dispense, Rome ne semblait 
pas disposée à l’accorder. Comme son prédécesseur, Pie V, mort 
le l ar mai 1572, Grégoire XIII s’obstinait dans un refus. Se 
fiant peu aux belles paroles de la cour de France, qui lui pro¬ 
mettait la prochaine abjuration du roi de Navarre, il eût voulu 
que celui-ci se convertît avant la cérémonie. 

Cependant, autour de Charles IX, on avait hâte de voir le 
mariage conclu. Pour diverses raisons, Coligny, Catherine de 

1. J.-J.-C. Tauzin, le Mariage de Marguerite de Valois , dans Revue des 
Questions historiques, 1906, t. □, p. 447 k 498. 

1910 20 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



306 


UNE PRÉTENDUE DISPENSE 


Médicis le désiraient ardemment. Devant l’obstination de Rome, 
le jeune roi de France décida de passer outre : Henri de Bour¬ 
bon, protestant, épouserait sa cousine Marguerite de France, 
catholique, sans l’autorisation du pape. 

Mais on se heurta à une difficulté inattendue. On avait tout 
prévu pour la cérémonie, et la bénédiction devait être donnée 
par l’oncle du roi de Navarre, Charles, cardinal de Bourbon, 
archevêque de Rouen, que sa qualité de prince du sang plaçait 
au premier rang des prélats du royaume. Le cardinal s’y 
refusa. Il déclara ne point pouvoir aller contre la volonté du 
pape et attendit des ordres de Rome. Comme il était difficile, en 
admettant même qu’on pût trouver un autre prélat d’un rang 
certainement inférieur qui voulût bien bénir l’union, de négliger 
le consentement d’un oncle et parrain, auquel Jeanne d’Albret 
mourante avait recommandé de veiller sur son fils orphelin 1 , il 
fallut différer le mariage. 

Tous ceux qui l’attendaient, voyant ainsi retardée la réalisa¬ 
tion de leurs espérances, s’en prirent à l’archevêque de Rouen. 
Ils étaient nombreux à la cour, huguenots ou partisans d’une 
politique d’entente entre les deux factions; parmi les catho¬ 
liques intransigeants, seuls quelques affiliés des Lorrains osaient 
s’y montrer. Le prélat fut en butte aux médisances, même aux 
calomnies des mécontents. Comme nous le rapportent les his¬ 
toriens contemporains, on lui reprocha de ne point savoir se 
libérer de vains scrupules de conscience. Bien plus, on l’accusa 
de sacrifier l’intérêt de sa maison à l’intérêt de la maison rivale 
de Lorraine. Et vraiment on ne peut guère comprendre l’entê¬ 
tement du cardinal, si l’on sait, comme les historiens nous l’ap¬ 
prennent, que le pape lui-même consentait presque au mariage 
et qu’il lui avait fait connaître ses intentions par un bref parti¬ 
culier; mais les termes n’en parurent pas suffisamment clairs 
au prélat, qui réclama de Grégoire XIII un consentement plus 
explicite 2 . 

On sait comment l’affaire se termina. Charles IX et Cathe- 

1. [Simon Goulard,] Mémoire» de l'estai de France sous Charles neufiesme. 
Meidelbourg, 1579, in-8*, 3 vol., t. I, fol. 168 v\ 

2. Mémoires de lestai de France, t. I, fol. 179; M. Pigucrre, VHistoire de 
France... Paris, 1581, in-fol., p. 766; de Thou, Histoire universelle... Londres, 




DU MARIAGE DE HENRI DE ROURBON ET DE MARGUERITE DE FRANCE. 307 

rine de Médicis montrèrent an cardinal de Bourbon une lettre 
qui, disaient-ils, venait directement de Rome; elle annonçait 
l'arrivée prochaine de la dispense enfin arrachée à Grégoire XIII. 
Il n’y avait plus lieu de différer. L’archevêque de Rouen célébra 
le mariage le 18 août 1572. 

On peut s’étonner de voir le prélat, si fermement résolu 
quelques jours plus tôt à ne point bénir l’union sans mande¬ 
ment exprès du pape, y consentir si bénévolement sur la foi 
d’une simple lettre, dont rien ne lui garantissait l’authenticité 
et qui en réalité était fausse. On s’étonnera moins si l’on sait 
que le cardinal, loin d’être opposé au mariage, le désirait de 
toute son âme et que seuls de sincères scrupules de conscience 
l’avaient retenu jusqu’alors. Si, aux premiers temps des négo¬ 
ciations, il avait manifesté quelque hésitation, le projet d’union 
entre les deux maisons l’avait vite séduit et il s’en était montré 
l’un des plus chauds partisans; il eût voulu seulement trouver 
moins d’opposition chez le pape et il guettait le premier signe de 
consentement pour le faire aboutir 1 . 

Mais ces sentiments intimes, que nous révèle une étude du 
personnage, sont en désaccord avec ceux que lui prêtent les 
historiens les plus autorisés de l’époque, Simon Goulard, Piguerre, 
Davila, de Thou, en nous affirmant l’existence d’une première 
dispense que Grégoire XIII lui aurait fait parvenir? Les autres 
gardent le silence, soit qu’ils négligent ce détail, soit qu’ils y 
trouvent quelque obscurité 2 . Par la suite, le peu d’attention que 
l’on porta au cardinal de Bourbon fit oublier l’importance de ce 


1734, in-4*, 16 vol., I. VI, p. 376; Davila, Histoire des guerres civiles de 
France... Amsterdam, 1757, in-4*, 3 vol., t. I, p. 402. 

1. M. Tommaseo, Relations des ambassadeurs vénitiens..., t. Il, p. 254 : 
« [H cardinale] in parte col suo per pet uo ossequio ha ridotle le cose a termine 
che suo nipote, il principe di Navarra, di ri belle e inimico che prima era 
chiamato dal re, al présente è, o presto sara, cognato délia MaestA sua; nel 
quale negozio il procéder del cardinale ha concorso a si buono efletto. 

2. Ni Pierre Matthieu dans son Histoire de France, ni d'Aubigné dans son 
Histoire universelle, ni Belleforest dans ses Grandes Annales ne mentionnent 
la première dispense, notant le mariage sans détail. Calipuli l'ignore égale* 
ment dans Lo stratagème di Carlo IX re di Francia contro gli ugonotti 
ribelli di Dio et suoi. Roma, 1572, in-4*. Quant à VariUas, Histoire de 
Charles IX. Cologne, 1684, in-12, 2 vol., il déclare qu’une dispense régulière 
était arrivée. Cf. t. II, p. 265. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


308 


UNE PBfrENDVE DISPERSE 


petit fait, et les deux seuls auteurs qui l’ont signalé, Désormeaux 
dans son Histoire de la maison de Bourbon et Lefortier dans 
son ouvrage sur la Saint-Barthélemy et les guerres de reli¬ 
gion en France , s’en sont tenus à l’assertion de leurs prédé¬ 
cesseurs 1 . 

Examinons les témoignages des quatre historiens précités. 
Simon Goulard, dans ses Mémoires de l’estât de France , 
déclare qu’une première dispense « n’estant pas assez ample 
pour la conscience du cardinal de Bourbon, il la falut renvoyer 
à Rome » 2 . Piguerre affirme que le prélat fit « renvoye[r] qué¬ 
rir une plus ample dispense que celle qu’on luy avoit fait 
tenir » 3 . « Les termes [du bref de dispense] parurent insuffisans 
au cardinal de Bourbon » 4 , dit Davila, et de Thou écrit que le 
prélat « à qui le bref fut adressé parce qu’il en devoit faire la 
cérémonie, n’en ayant pas été content, il en demanda un autre 
plus précis, ce qui fit que le roi rejetta sur lui la faute de ce 
retardement » 5 . 

Il faut d’abord remarquer l’extrême rapidité avec laquelle les 
quatre historiens mentionnent le fait. Aucun d’eux ne s’y 
attarde, sans doute par faute de documentation. Et l’on peut 
supposer que tous quatre l’ont tiré non de leurs propres souve¬ 
nirs, mais d’une source commune, à moins que les derniers 
d’entre eux ne l’aient déjà emprunté aux premiers. En tout cas, 
un seul texte serait à l’origine de la légende et on pourrait plus 
facilement le suspecter d’inexactitude. 

Il semble bien que ce texte primitif soit la rédaction intitulée 
le Réveille-matin des François et de leurs voisins attribuée 
à Nicolas Barnaud. Cet ouvrage parut pour la première fois sous 
un titre différent au début de février 1573. On y lit : « ... pour 
ce que le cardinal de Bourbon n’y osoit toucher sans dispense 
du pape, qu’il luy avoit envoyé demander; laquelle après être 

1. Désormeaux, Histoire de la maison de Bourbon... Paris, 1772-1788, in-4*, 
5 vol., t. IV, p. 481 ; Lefortier, la Saint-Barthélemy et les premières guerres 
de religion en France. Pari6, 1879, in-8*, p. 213. 

2. [Simon Goulard,] Mémoires de lestât de France sous Charles neuflesme , 
t. 1, fol. 179. 

3. M. Piguerre, lHistoire de France, p. 766. 

4. Davila, Histoire des guerres civiles de France, t. I, p. 402. 

5. De Thou, Histoire universelle, t. VI, p. 376. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


OU MARIAGE DE H EMU DE BOURBON ET DE MARGUERITE DE FRANCE. 309 

venue et à son gré n’estant assez ample pour sa conscience, il 
fallut renvoyer à Rome pour en avoir une à sa fantaisie 1 . » 

L’œuvre de Barnaud est évidemment autre chose qu’un vul¬ 
gaire pamphlet, et son étendue et sa documentation doivent nous 
prévenir en sa faveur. Cependant, on ne peut oublier qu’elle 
fut rédigée par un protestant quelques semaines après le mas¬ 
sacre de la Saint-Barthélemy. Et si l’auteur fut présent à Paris 
pendant ces tristes journées, on n’en relève pas moins chez lui 
un certain nombre d'inexactitudes et de faussetés évidentes 2 . 

D’ailleurs, peut-on se fier à son seul témoignage, lorsque pas 
un ambassadeur étranger ne relate l’existence d’une première 
dispense. Ni les dépêches italiennes, toscanes ou vénitiennes, 
ni les espagnoles, ni les anglaises ne la mentionnent. Ce fait, 
d’une importance considérable du moins pour les contemporains, 
n’eût point échappé à la curiosité de tous ces étrangers, dont les 
relations presque quotidiennes sont pour cette époque la plus 
précieuse mine de renseignements. 

Il faut donc croire à une erreur, volontaire ou non, de la part 
de l’auteur du Réveille-matin , qui se retrouve chez les histo¬ 
riens suivants. Je dis volontaire ou non, car il est possible que 
Barnaud fût de bonne foi en mentionnant cette première dis¬ 
pense. En effet, après la disparition de Jeanne d’Albret, morte 
le 9 juin, on crut, et le cardinal de Bourbon plus que tout autre, 
à l’abjuration prochaine du jeune roi de Navarre. Le prélat fit 
part de ses sentiments à Grégoire XIII, qui lui répondit par un 
bref daté du 7 juillet, où il l’exhortait à s’employer de tous ses 
efforts à la conversion de son neveu et filleul; mais, du mariage 
alors résolu, il ne parlait point 3 . Ce bref, qui vraisemblable¬ 
ment parvint à Paris dans les derniers jours de juillet, prêta 


1. Le Réveille-matin des François et de leurs voisins , composé par Eusibe 
Philadelphe, cosmopolite, en forme de dialogue , fut imprimé A Édimbourg 
en 1574. Il avait paru dès 1573 sous ce titre : Dialogue auquel sont traitées 
plusieurs choses advenues aux Luthériens et Huguenots de France : 
ensemble certains points et avis nécessaires destre sceuz et suivis. BAle. Il 
est imprimé en partie dans Cimber et Danjou, Archives curieuses de fhis- 
toire de France , 1" série, l. VII. 

2. J. Loiseleur, Trois énigmes historiques. La Saint-Barthélemy. Paris, 
1882, in-8% p. 116. 

3. Àug. Tbeiner, Annales ecclesiastici... Rome, 1856, in-fol., t. I, p. 48. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



310 MAEIAGE DE HEIIEI DE BOUBBOIf ET DE ■AEGOEBITE DE FEA1VCB. 

peut-être à la confusion ; mais, véritablement, on ne peut y voir 
un consentement du pape, même tacite, à l’union projetée. 

Un fait qui tendrait à prouver que cette prétendue dispense 
serait simplement le bref du 7 juillet, c’est que les historiens 
déclarent qu'elle fut adressée au cardinal de Bourbon. Pourquoi 
à lui particulièrement? Seul de Thou a été frappé de cette bizar¬ 
rerie; il a essayé de l’expliquer en donnant pour raison : 
« Parce qu’il en devoit faire la cérémonie. » 

Quoi qu’il en soit, il semble à peu près certain que cette pre¬ 
mière dispense jamais n’exista et qu’il faut rejeter les accusa¬ 
tions qu’en cette circonstance ont portées contre le cardinal de 
Bourbon des historiens autorisés comme de Thou et Davila. La 
lenteur du pape à accorder l’absolution après le massacre de la 
Saint-Barthélemy suffirait presque à le prouver. Aussi doit-on 
regretter une fois de plus de ne pas avoir encore l’étude appro¬ 
fondie des sources de la fin du xvi* siècle, qui rendra d’inap¬ 
préciables services en faisant justice de certains documents et 
en révélant la richesse de mines bien peu exploitées. 

Eugène Sàülnier. 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


LETTRES DE GIOVANNI DALMATIO 

AU CARDINAL FARNÈSE 

(1558-1559). 




Dans le Carteggio Famesiano des archives d’État de Parme 
se trouve un nombre considérable de lettres de France, jusqu’ici 
peu utilisées : correspondances de rois, de ministres, de capi¬ 
taines et d’agents diplomatiques, qui offrent un intérêt particu¬ 
lier pour l’histoire des relations politiques et religieuses des 
Valois avec la famille Farnèse 1 . 

Notre attention a été attirée par les lettres de Giovanni Dal- 
matio au cardinal Farnèse. Ces lettres, originales, rédigées en 
un français sobre et clair, sont remarquables par leur précision 
et la valeur des informations qu’elles contiennent. 

Dalmatio, qui signe en français « Dalmays », fut un agent du 
cardinal Alexandre. Celui-ci, fils aîné de Pier Luigi et petit-fils 
du pape Paul III, était le frère de cetOrazio, duc de Castro, qui 
épousa la fille naturelle de Henri II, Diane, légitimée de France. 
Il joua un rôle très important dans la politique italienne du roi 
qui le pourvut d’innombrables bénéfices en France. 

Mais, en octobre 1557, Henri II ayant appris que la famille 


1. M. de Nolhac a extrait de cea archives des Lettres de la reine de Navarre 
(Noces Péralé-Fabre. Paris, 1887, in-8*). Des lettres de Montmorency, Guise, 
Monluc, La Noue, Soubise, etc. s'y trouvent, qui n'ont pas été utilisées par 
les historiens de ces personnages. — Les meilleurs et plus récents travaux 
sur la famille Farnèse sont : Carlo Capasso, la Politica di papa Paolo III 
e l’Italia, t. I (Camerino, 1901, in-8*); Rafaello Massignan, Il primo duca 
di Parma e Piacenza e la congiura del 1547 ( Arch. storico per le pro- 
vincie Parmensi , nuova sérié, t. VU); Giulio Coggiola, / Famesi e il ducato 
di Parma e Piacenza durante il ponlificalo di Paolo 1V (Arch. storico per 
le provincie Parmensi, nuova sérié, l. III); Alberto del Prato, Il testamenlo 
di Maria di Portogallo moglie di Alessandro Farnese (Ibidem , t. VIII). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


312 


LETTRES DE GIOVANNI DALMATIO 


Farnèse s’était alliée à Philippe II, les bénéfices du cardinal 
Alexandre furent séquestrés, puis donnés à Hippolyte d’Este, 
cardinal de Ferrare 1 . Pour tenter d’adoucir la colère du roi, 
Giovanni Dalmatio fut alors envoyé à la cour de France. De cet 
agent, nous ne savons rien : on peut affirmer cependant qu’il 
possédait une culture très affinée et se servait avec une aisance 
rare de la langue française. Les archives de Parme, outre les 
lettres que nous publions, contiennent, d’autre part, un grand 
nombre de lettres italiennes adressées par Dalmatio à des cor¬ 
respondants subalternes. De cet ensemble, écartant les lettres 
d’affaires, nous n’avons retenu ici que les lettres qui offrent 
un intérêt général. 

La période pendant laquelle s’accomplit la mission de Dal¬ 
matio à la cour de France et dont sa correspondance - nous 
donne l’histoire précise et détaillée pourrait s’appeler le 
premier « ministère » des Guises, de la prise de Calais aux négo- 
ciations de Cercamp. Le connétable de Montmorency, qui avait 
dirigé pendant dix ans la politique française, était prisonnier, 
depuis la bataille de Saint-Quentin, ainsi que son fils, et Coli- 
gny, son neveu. Henri II se livra aux Lorrains. La prise de 
Calais et de Guines consacra solennellement le crédit de Fran¬ 
çois de Guise. 

Trois faits principaux marquent le caractère de cette période 
de huit mois. Ce fut d’abord l’alliance de la maison de Valois 
avec la maison de Lorraine, par l’union du dauphin François et 
de Marie Stuart. Puis il faut noter la prépondérance donnée, 
dans les conseils du roi, à la politique belliqueuse que les Guises 
avaient toujours défendue contre les idées pacifiques de Montmo¬ 
rency : des préparatifs militaires extraordinaires furent accom¬ 
plis, grâce à l’appui des États de 1558. Cette politique belliqueuse 
fut dirigée vers le nord du royaume et l’on abandonna les projets 
italiens. Brissac, gouverneur de Piémont, qui vint demander des 

1. L’agent du cardinal Farnèse lui écrivait, le 30 novembre 1557, de Saint- 
Germain-en-Laye : « Le Roy m’a commandé vous dire deux choses : l’une qu’il 
est fort inalcontent de Messieurs de la maison Farnèse pour leur ingratitude 
et mesconnoissance de ses bienfaietz, et est délibéré de ne les tenir plus au 
reng d’amitié qu'il a faict cy devant; plus, Sa Majesté m’a commandé vous 
dire que vous et tous autres ministres de la maison Farnèse ayés A vous reti¬ 
rer hor6 la court et vous abstenir de leurs affaires de France » (Arch. di Stato 
di P arma, Carteggio, Francia, A la date; original). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



AO CARDINAL FARN&SE. 


313 


secours, se vit menacé d’une disgrâce : le duc d’Aumale, frère 
de François de Guise, parut même un moment devoir le rem¬ 
placer en Italie. Mais la manifestation la plus grave de la nou¬ 
velle politique fut une attaque violente dirigée contre les pro¬ 
testants : l’arrestation de d’Andelot, neveu du connétable de 
Montmorency, et l’affaire du Pré-aux-Clercs produisirent un 
scandale retentissant. 

Dalmatio, en un style facile et concis, a noté la suite de ces 
événements importants, s’attachant avec le même intérêt au 
détail des fêtes, à l’organisation militaire, aux jeux de 1a 
diplomatie et aux productions de la littérature. Ce mélange 
d’humanisme et de politique offre un agrément particulier. 

Il semble que Dalmatio ait quitté la cour de France en juillet 
1558. Mais il y revint au début du règne de François II : la 
dernière lettre que nous publions date de ce second séjour. Les 
sources sûres de l’année 1558 sont très rares : c’est pourquoi 
nous avons cru utile d’attirer l’attention sur cette corres¬ 
pondance. 

Lucien Romier. 



Paris, 25 janvier 1558. 

Monseigneur, 

... Vous aurés entendu par mes précédentes la prinse de Callais. 
Despuis on dissimula de aller à Gravellines ; mays le sort est tumbé 
sur Guynes 1 2 * 4 , qui a faict despendre beaucop de munition à cause 
du chasteau qui estoyt tenu pour inexpugnable, et le xx* du présent 
a esté prins par composition à discrétion et despuys led. chasteau 
razé : au dedens y estoyt bonne garnison d'Angloys et quelque 
nombre d’Espaignolz et, entre autres, ung capitaine nommé Mon- 
dragone, quelques jours auparavant eschappé de la Bastille où il 
avoit esté prisonnier de mons r d’Andelot, qui en ceste occasion l’a 
recouvert*. Le Roy despartit pour aller à son camp le xvii* du pré- 

1. On décida d’assiéger Guines parce que < Gaines importoit plus pour la 
conservation de Calais > (Commentaires de François de Rabutin, éd. Michaud, 
p. 582). 

2. « Fut retenu prisonnier un capitaine espagnol que l’on appelloit Mont- 

Dragon, lequel, auparavant, ayant esté prisonnier en la Bastille & Paris, s’es- 

toit sauvé » ( Ibidem , p. 584). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



314 


lett&es de giovanni dalmatio 


sent, ensemble mons r le Daulfln*. Les Estas Généraux furent 
achevé advant la despartie du Roy, la principale conclusion a esté 
d’or et d’argent, à tant que le Roy tirera pour ceste année d’extra¬ 
ordinaire plus de vu milions d’or, dont les troys milions seront 
payés par tout février, le demeurant par quartiers. Les autres 
matières proposées ausd. Estas ont esté différées jusques à autre 
diète, et cependant les poinctz ont esté baillés aux ambassadeurs 
et commis des provinces pour les communicquer aux Estas provin¬ 
ciaux. Les deux nepveux de nostre Sainct Père ont heu leur congé, 
et ce jourd’huy s’esloignent. Ilz passeront par Avignon et de là à 
Marseille*. L’on a icy faict de grans et riches comptes de la guerre 
Italique et victoyre de vostre voisin 1 2 3 . Mais le bon succès des affaires 
de par deçà faict tenir les autres derrière la tapisserie. Etc. 

De Paris, ce xxv* janvyer 1558. 

Vostre très humble, etc. 

Dalmays. 


Au dos : A monseigneur le cardinal de Farnèze. 

(Arcb. di Slato di Parma, Carteggio, Francia; original.) 



Monseigneur, 


Paris, 5 février 1558. 


... Le Roy arriva icy hier revenant de Callais. Son camp est 
rompu et desparti par les garnisons sans casser personne, en atten¬ 
dant le bon temps et la venue d’une autre grosse levée tant Suysses 
que Allemans, que l’on s’attend avoyr par deçà par tout le moys 
de mars, à tout le moins Jehan Fédéric, puisné de Saxe 4 , qui doibl 
conduire grand nombre de pistoliers jusque à cinq mil et ung régi¬ 
ment de piétons, à tant que l’on faict compte de soixante mille payes 


1. Rabutin ne donne pas la date dn départ du roi et dit seulement : 
« Quelques jours ensuyvans il parfit son voyage de Calais » (p. 589). 

2. U s’agit des petits-neveux de Paul IV. Voy. G. Duruy, le Cardinal Carlo 
Carafa (Paris, 1882, in-8‘), p. 280. 

3. Allusion aux hostilités que dirigeaient les Impériaux, avec l'appui du 
duc de Parme et du duc de Florence, contre le duc de Ferrare, allié du roi de 
France. 

4. Frère de Jean-Guillaume, duc de Saxe. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



AD CARDINAL FARXàSE. 


315 


d’estrangers, tant à pied que à cheval, pour ceste prime. L’on a 
voulu dire mi mil Italiens parmy, mais je n’y veoys aucung indice 
ny apparance. 

L’on a novelles fresches de Levant et confirmation de l’armée 
plus grosse et plus prompte que par le passé et à deux costés. Il se 
parle de fere passer xii de noz gallaires de Marseille en ces mers 
de Ponant, soubz la conduicte du baron de la Garde 1 , avecq 
autres vaisseaulx pour entreprendre en Angleterre, c’est-à-dire en 
l’isle, car les Angloys n’ont plus rien par deçà. Guynes et tous les 
autres fortz sont rasés. Mons r de Termes 3 demoure à Callais, beu- 
tenant pour le Roy au conté d’Oye. La mareschaulcée de feu mons r 
de Bouyllon 3 (à laquelle led. de Termes aspiroyt) finalement a 
esté déclarée pour le noveau duc de Bouyllon ; touteffoys, l'on ne 
luy en baillera le tiltre jusques à l’eage compétant. Mons r de Bris- 
sac 4 est appellé pour doresnavant résider près du Roy, et mons r 
d’Omalle 8 commis au gouvernement de Piedmont; cecy est tenu 
pour chose certayne. Messieurs de Guyse* et le mareschal de Strozzi 7 
sont encoires vers les frontières. Ils seront icy tout deux dens cinq 
ou six jours au plus tard. Le Roy fera les jours gras en ceste ville. 

Cependant l’on besongne aux finances à grande force. Oultre les 
articles que vous ay cy devant escript, il y en a deux qu’on a trouvé 
novellement pour l’année suyvante : l’un est que tous ceulx qui ont 
achepté domayne, gabelle et autres rentes du Roy presteront une 
année du revenu de leurs acquestz à déduyre sur l'enchère du 
rachapt des aliénations que led. s r veult faire publier (ceste poste 
monte plus de mi mitions de livres) ; l’autre article est une vente 
extraordinaire de boix de haulte fustayepour huict cens mille livres... 

Je vous envoyé les portraictz qu’on a faict de Callais différemment. 
J’espère le vous envoyer plus véritable avecq l’assiette du camp et 
batteries, qu’on est apprès à imprimer. Etc. 

De Paris, ce v # de février 1558. 

(Areh. di Stato di Parma, Carteggio, Francia ; original.) 

1. Escalin, baron de Lagarde, général des galères du roi. 

2. Paul de Labarthe, sieur de Termes, maréchal de France. 

3. Robert de La Marck, duc de Bouillon. 

4. Charles de Cossé, comte de Brissac, maréchal de France. 

5. Claude de Lorraine, duc d’Aumale. 

6. François de Lorraine, duc de Guise. 

7. Pietro Stroxzi, maréchal de France. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



316 


LETTRES DE GlOVAJIlfl DALMATI0 



Monseigneur, 


Paris, 18 février 1558. 


... Mons r de Guyse venant de la frontière est icy arrivé, puys le 
xvi* du présent, et mons r le mareschal Strozzi, puys hier tantseulle- 
ment. Led. s r mareschal ne bougera d'icy de tout ce caresme pour se 
mediciner. Le Roy et toute la suyte iront à Fontaynebleau dens 
huict jours. 

Cependant l’on faicl grand feste, toute fondée en la Bucolique, 
sans autre passe temps. Hier le Roy et les princes et princesses, 
ensemble plusieurs dames de la court, les magistras de la maison 
commune et 400 femmes, moytié damoyselles et moytié bour¬ 
geoises, soupparent en lad. maison commune. Le festin et apparat 
a esté fort sumptueux avecq bal et farce à nostre usaige. 

Les ennemys ont voulu faire des maulvais du costé de Abbeville et 
Montreuil, mais ilz ont esté rambarrés, joinct que les grandes pluyes 
ont faict retirer les uns et les autres. Nos Suysses ont esté despuys 
cassés, touteffoys ilz n’ont encoires deslogé attendant le payement. 
L’arrière ban général de toute la France est mandé au premier 
d’avril, pour estre pretz à marcher exemptz et non exemptz, et en 
une façon qui n’a encoires esté faict, dont sortira plus de xx mille 
chevaulx ou bien la contribution en argent à l’équipoltant, selon 
l’estât qu'on en a faict. Car les nobles feudataires sont si bien bri¬ 
dés par ung edict noveau qu’ilz trouveront plus de commodité de 
bailler argent que de servir en personne... 

Je vous envoyé le vray portraict de Callais et certayne poésie 
faicte par mons r de L’Hospital 1 , n’ayant pour le présent rien de 
meilleur. Etc. 

De Paris, ce xvm e février 1558. 


(Arcb. di Stato di Parraa, Carteggio, Francia; original.) 



Paris, 13 mars 1558. 

Monseigneur, 

...Le Roy se trouve à présent à Fontaynebleau puys le commen- 

1. [L'Hospital], De Caleti et Guinx expugnatione carmen. Paris, 1558, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



AO CARDINAL PARUSSE. 


317 


cernent de caresme, et sera de retour en ces te ville la sepmayne 
saincte pour y fere Pasques. Et peu de jours après seront faictes 
les deux paires de nopces de messeigneurs le Daulfln 1 et de Lor- 
rene*. A ces fin, les ambassadeurs des Estas d’Escosse sont icy arri¬ 
vés puys dix jours en grosse et magnifique trouppe pour honorer 
lesd. nopces. Leur traject d’Escosse en France a esté fort tempesté 
par fortune de mer, et de leur suytte sont péris environ vi** per¬ 
sonnes, mays non ja aulcung des principaux. A raesme fin, mons r 
de Vaudemont*, oncle dud. s r de Lorrene, est ce jourd’huy arrivé. 
Aussi le roi de Navarre estnaguyères arrivé aud. Fontaynebleau. A 
tant que l’on croyt que lesd. nopces ne seront plus différées. 

Les ennemys, le caresme prenant, s’estoyent engrossis et faisoyent 
la mine de vouloyr fere quelque chose, mais despuys se sont retirés. 
Le baron de La Garde a renoncé la generaulté des gallaires et armée 
de Levant, et mons r le Grand-Prieur de France en est pourveu 4 , 
et led. baron faict lieutenant pour le Roy en Provence en l'absence 
du conte de Tende*. 

L’on raisonne icy que mons r le Connestable* s’en doibt venir 
soubz sa foy pour traicter la paix, pour laquelle les légats aposto¬ 
liques trafflquent aussi de leur costé, et vont et viennent courriers 
d’une part et autre. Touteffoys, les provisions de la guerre se font 
icy plus grandes et gallardes que ne furent de mémoyre d’homme 
et surtout d’argent extraordinaire. Entre autres provisions extra¬ 
ordinaires l’on a faictz ung impoz de pouldres et salpêtre par tout 
le royaulme, qui n’avoyt esté faict puys l’année que l’Empereur 
vint à Soyssons; et pareillement l’on couche au ban et arrière ban 
les biens d’Esglise amortiz et autres qui n’y avoyent jamays esté 
comprins. Ce caresme prenant, les marchans du grand party de 
Lyon de toutes nations, convocqués par le Roy en ceste ville en bon 
nombre des principaulx ayans procuration des autres, ont accordé 

in-8*. Paradin et Buchanan publièrent également des < discours » ou < chants > 
sur la prise de Calais. 

1. François, dauphin, plus tard François II. 

2. Charles III, duc de Lorraine, il séjourna pendant sept années A la cour de 
France, de 1552 A 1559. Voy. Louis Davillé, les Prétentions de Charles III à 
la couronne de France (Paris, 1908, in-8*). 

3. Lorraine, comte de Vaudemont. 

4. Frère du duc de Guise. 

5. Claude de Savoie, comte de Sommerive et de Tende. 

6. Le connétable Anne de Montmorency avait été fait prisonnier A la bataille 
de Saint-Quentin, le 10 août 1557. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



318 


LETTRES DE GIOVANNI D A LM ATI 0 


aud. seigneur qu’il ne payera pour ceste année fors le quart de ce 
qu’ilz avoyent à prendre de leurs assignations, qui montoyent pour 
ceste année seize cens mille livres, et par ainsi luy restent en main 
xii mille livres, lesquelles avecq les intéretz et donatif il a assignées 
sur le dernier quartier de ceste année. Lesd. marchans s’en sont 
allés fort contens apprès que le Roy leur a faict grand accueil et 
justification de son intention, jusques à leur communiquer l’uni- 
versel estât des finances ordinaires et extraordinaires de ceste année 
qui surmonte de beaucop tous les autres estas précédons. Etc. 

De Paris, ce xm* de mars 1558. 

(Arch. di Stato di Para», Carteggio, Francia; original). 



Monseigneur, 


Paris, 20 mars 1558. 


... Il se parle fort de trêve ou paix par la conduicte de noz légatz 
apostolicques. Messire Lactance Bencini, dataire du cardinal Tri* 
vulce, est allé en Flandres pourcest efTect; mays nous sentons qu’il 
n’en sortira rien de bon pour le présent. Les préparatifs et diligences 
par deçà sont si advanz et les coeurs si eslevés qu’ilz n’acquiesceront 
sans quelque effort. Mons r de Brissac est naguières arrivé à la court ; 
il ne se parle plus que mons r d’Omalle doyve aller en son lieu, ains 
y doibt retourner led. s r de Brissac, incontinent apprès les nopces 
de mons r le Daulfin et la royne d’Escosse 4 , lesquelles se feront 
infalliblement incontinent après Pasques en ceste ville au Palays 
duquel on a desjà faict desloger le Parlement et toutes autres les 
cours, aussi les marchans, bouticquiers, et entyèrement vuyder de 
toutes choses, et y font les apprestz nuptiaux. Les nopces de mons r 
de Lorrene sont différées*, à tout le moins il ne s’en parle plus. 

De Paris, ce xx* mars 1558. 


(Arch. di Stato di P&rma, Carteggio, Francia; original.) 


1. Marie Stuart. Bile avait été amenée en France dans l’été de l’année 1548, 
A l’âge de cinq ans, et dés cette époque fiancée moralement au dauphin. Voj. 
W. Friedensburg, Nuntialurberichle ans Deuttchland , t. X, p. 94. 

2. Charles de Lorraine devait épouser Claude de France, fille de Henri II. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



Aü CARDINAL FARNKSE. 


319 



Paris, 12 avril 1558*. 

Monseigneur, 

... Demein l’on fera en ceste ville les funérailles de la royne Léo- 
nor*, et troys ou quatre jours après, le Roy et toute la court sera 
icy pour les nopces de monseigneur le Daulfln, qui se feront par 
toute la sepmaine prochayne où l’aultre apprès au plus tard. Il y a 
heu des difficultés au parachèvement de ce traicté de mariage avecq 
messieurs les Escossoys, qui vouloyent ung puisné de France pour 
leur Roy ; mais leur myne n’a de rien servi que de attrapper de 
grans et riches présens, à tant que par ce moyen messieurs les 
embassadeurs sont condescendus à tout ce qu’on a voulu. Led. 
s r Daulphin, suyvant led. traicté, sera intitulé roy d’Escosse advant 
tous autres tiltres. 

Pour le regard de la guerre, elle s’appreste en grande diligence 
et furie. Noz hommes d’armes et chevaulx légers, ensemble l’ar¬ 
rière ban, font la monstre en armes, chascung en son ressort, 
le xx e de ce moys, et au mesme jour, sera déclairé à chascune 
compaignie la partqu’ilz devront aller et marcher à la guerre, incon¬ 
tinent faicte la monstre. Mons r le mareschal Strozzi a forny sa com¬ 
paignie de cent hommes d’armes et a faict faire toutes les bardes 
des chevaulx d’acier. Le semblable ont faict plusieurs autres 
compaignies, tant des vieilles que nouvelles, si que l’on estime 
qu’il y aura environ V e hommes d'armes ayans chevaulx bardés 
d’acier. Led. s r mareschal ne s’est bougé d’icy puys le retour de 
Gallays, faisant la diète et s’adonnant à l’estude des lettres greques 
et de fllosofie et à la traduction des Commentaires de César*. 

1. Dalmatio écrivait, le 29 mars 1558, de Paris, à Francesco Guerardino, 
secrétaire dn cardinal Farnèse : « ... Quanto aile novelle, boramai non si 
dubita délie nozze délia Regina Scozzeze, essendo gia ogni cosa in ordine per 
la settimana prossima doppo Pasca. L’Anguillara pure non he adoperato in 
comedie, che molto li sa male. Le gallere del Papa non sono ancora partite, 
ne consequentemente i nipoti di S. S u . Saspetta hora per hora il ritorno di 
M. Lattantio, datario del car 1 2 3 * Trivultio, délia Corte del Re Filippo, et si 
ragiona délia partita del card 1 * Garaffa » (Arch. di Stato di Parma, Carteggio, 
Francia; original). 

2. Eléonore d’Autriche, reine de France, sœur de Gharles-Quint, seconde 
femme de François I**. 

3. Ce passage est intéressant A rapprocher de la notice de Brantôme : 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



320 


LETTRES DE GIOVANNI DALMATIO 


L’on attend noz AUemans et Suysses bien tost en nombre plus 
grand qu’ilz n’ont esté de nostre mémoyre en France. L’on a mandé 
naguières faire une novelle levée de pistolliers, jusque à xn e , pour 
envoyer en Piedmont, oultre ceulx qu’on a levé pour ce cartier, 
qu’on dict qu’ilz seront plus de sept mil. Aussi l’on veult faire pas¬ 
ser ung bon nombre d’Allemans jusque à vi mil en Escosse, avecq 
des Gaiscons qu’on amasse à ces Ans vers Bordeaux. Mons r de Bris- 
sac est puys cinq ou six jours desparty pour s’en retourner en Pied- 
mont, et s’en va bien content et pourveu pour faire une bonne force 
de son costé, et ne sera despourveu de Suysses et AUemans. Incon¬ 
tinent apprès la célébration de ces nopces, la court se despartira et 
commencera l’on d’aller à la guerre, le Roy et toute la suytte. L’on 
dict que le roy de Navarre ' tiendra l’arrière garde avecq messieurs 
le mareschal Strozzi et de Termes. Le Roy tiendra la bataille avecq 
mons r de Guyse. Mons r le prince de la Roche sur Yon* tiendra l’ar¬ 


rière garde. Mons r de Nevers 3 fera son cas à part en ung aultre 
endroict avec ung camp volant. Quant à l’infanterie françoyse, l’on 
n’en faict poinct de novelle, hormys quelques compagnies de Gais¬ 
cons pour envoyer en Escosse. Vray est que, puys quinze ou vingt 
jours en ça, le Roy a eslably une milice françoyse de gens de pied, 
qui seront appelés légionnaires, en sept légions desparties comme 
s’ensuyt : la première contient les pays de Provence, Daulflné, 
Lyonnoys, Forest et Beaujoloys; la n® légion est dressée en Len- 
guedoc; la ni* en Gascongne et demourant de la Guyenne, excepté 
le pays de Poytou ; la mi* est distribuée en Bretaigne et Normandie; 
la v® en Picardie et Champaigne ; la vi® en Bourgongne, Mascon- 
noys, Charoloys, Bresse, Nyvernoys, Auvergne et autres terres 
adjacentes à la Bourgongne; la vu* est distribuée en l’Isle de France, 
Poytou, Anjou, le Mayne, Tourayne, Beausse, Berry. Chascune 
légion a ung collonnel, quinze compaignies et enseignes. Led. col- 
lonnel a ung lieutenant et trèze autres capitaynes ayans chascun son 


« ... Pour plus grande preuve que j'aye jamais veu de monsieur le mareschal 
[Strozzi], ç’a esté les Commentaires de Cæsar qu'il avoit tournées de latin en 
grec, et luy-mesmes escrites de sa main, avec des commanlz latins, aditions 
et instructions pour gens de guerre, les plus belles que je vis jamais... Le lan¬ 
gage grec estoit très beau et très éloquant, à ce que j'ay ouy dire à gens très 
sçavans qui l'avoient veu et leu, comme M. de Ronsard et M. Dorât ... et 
disoienl le grec valoir le latin » (éd. Laianne, t. II, p. 241). 

1. Antoine de Bourbon, roi de Navarre. 

2. Charles de Bourbon-tfontpensier, prince de la Roche-sur-Yon. 

3. François de Clèves, duc de Nevers. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



AD CARDINAL FARNÈSE. 


321 


lieutenant et autres membres. Chascune compaignie de quatre cens 
hommes complecte, chascune légion est de vi mil hommes, et sont 
en somme tous lesd. légionnaires xlii mil hommes, sans avoyr rien 
touché en Savoye, Piedmont, pays de Metz et autres terres de novel 
acquêt. La pension du collonnel en temps de paix est, pour chas- 
cun moys, mi** livres, du lieutenant de collonnel, lx 1 ., du capi- 
tayne, xl 1., du lieutenant de capitayne, xx 1., de l’enseigne, xii I. 
tous les moys. Et quant au soldat légionnaire, en temps de paix, il 
n’aura aulcune pension menstrue, mays tant seullement vi 1. pour 
chascune année, et sera exempt des tailles de xx s. t. en bas, qui 
sera une grande commodité au soldat, et est lad. exemption de plus 
grande utilité que ne monstre en apparence. En temps de guerre, 
lesd. collonnelz, capitaynes et autre membres et pareillement lesd. 
légionnaires auront la solde ordinaire tandis qu’ilz marcheront à la 
guerre soubz l’enseigne ou seront en garnison. Tous lesd. collonnelz 
et capitaynes ont esté despechés et sont allés chascung en son des- 
troict dresser leur légions et rolles en grande diligence. L’on estime 
que desd. légions l’on fera une eslilte de xii ou xv mil des plus 
exercites pour les mener à la guerre ou bien aux garnisons et en 
tirer autant desd. garnisons pour les amener au camp. 

Messire Lactance Bencini, dataire du cardinal Trivulce, n’est 
encoires de retour de Flandres; toutefîoys il est attendu d’heure en 
heure. Il n’est point icy de mention que nostre légat s’advance, mais 
son corrélatif est icy en maulvays prédicament : l’on dict qu’il est 
entré en grosses parolles avecq le duc d’Albe. Messeigneurs le 
Daulfin et de Lorrene heurent l’ordre Saint Michel, le jour de 
Nostre Dame de mars dernier. Etc. 

De Paris, ce xii* avril 1558. 

(Arch. di Stato di Partna, Carteggio, Francia; original.) 

VII. 

Paris, 20 avril 1558. 

Monseigneur, 

Le xvi® avril, le Roy arriva icy avecq toute la court. Nous avons 
icy heu nouvelles de la trêve de ceste guerre italicque et à présent 
l’on dict que la paix s’en est ensuyvie. Au reste, quant à l’estât de 
présent, l’on ne pense à autre chose que aux royales nopccs. Hier 
apprès deisner furent faictes les flansailles et le contract de mariage 
1910 21 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



322 


LETTRES DB GIOVAITM DALVATI0 


publié en grosse assamblée des princes et seigneurs, en laquelle 
assista le légat et les embassadeurs. Dimenche prochain, qui sera 
le xrviii* de ce moys, feront les nopces et autres solennités. Bientost 
après, mons r le duc de Lorrene sera conduict à Péronne par mons r 
le cardinal de Lorrene pour visiter madame la duchesse de Lorrene *, 
sa mère, laquelle s'en viendra à Cambray et de là s’assarableront en 
terre limitrofe. L’on dict que lad. dame duchesse a faict supplier le 
Roy de luy donner opportunité de veoyr son fllz, par lequel elle 
entend faire porter à Sa Magesté propos utile à ces deux Roys et 
à la chose publicque, ce que luy a esté accordé en la manière que 
dessus. Lad. assamblée est fort solicitée par lad. duchesse, mesme 
que hier arriva icy ung gentilhomme venant de Flandres, mandé par 
lad. duchesse pour haster la venue de sond. fllz. Ceste menée nous 
donne quelque indice de paix ou trêve, mays les autres actions et le 
maulvays vouloyr d’aulcuns qui prenent plaisir aux grandes charges 
nous mettent en opinion contraire, si n’est que la paeur de quelque 
maulvays succès renge les uns et les autres. Lorsque les forces 
seront assamblées, en quoy les nostres font extrême diligeance et 
leur possible pour anticiper l'ennemy et forvaloyr en toutes choses 
et tous lieux, incontinent faictes les nopces, mons r de Guyse s’en 
ira à Laon, en Picardie, faire la monstre de l’arrière ban, lequel sera • 
mieulx équippé et policé qu’il ne fut oncques et y concurrent plu¬ 
sieurs provinces qui n’avoyent accoustumé. Pareillement aud. Laon 
se fera la monstre des légionnaires de Picardie et Champaigne, 
suyvant ceste nouvelle institution militaire. Le semblable se faict 
par toutes les provinces tant de la gendarmerie que infanterie. Il est 
desja passé par deçà environ ni mil pistoliers, le demourant est 
attendu de bref. Mons r le vidame de Chartres* s’en va lieutenant 
général pour la Royne et no veau Roy en Escosse. Le s r Girolamo da 
Turino est faict lieutenant dud. en l’estât de colonnel en Piedmont. 

Il ne se parle poinct cncoire de la despartie de mons r nostre légat, 
mays puys que le cardinal CaralTe est desparty, l’on estime que en 
bref il aura mandement de Nostre Saint Père pour s’en retourner. 
Mons r le mareschal Slrozzi tient encores chambre à cause d'ung 
reume et à poyne se trouvera il à la feste. Mons r le conte de Tende 
est arrivé en ceste court où il n’avoyt esté puys douze années. Il se 
traicte mariage entre le fllz aysné dud. s r conte et la fille dud. s r 

1. Christine de Danemark, duchesse douairière de Lorraine. 

2. François de Vendôme, vidame de Chartres. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



AD CARDINAL FARNBSE. 


323 


raareschal *. Chascung en est content et la Royne le maine. L’on 
attend le consentiment de mons r le connestable, sans lequel led. s r 
mareschal ne veult rien faire, mays l’on estime que led. s r connes¬ 
table en sera fort ayse. Etc. 

De Paris, ce xx* avril 1558. 

(Arch. di Stato di Parma, Carleggio, Francia; original.) 


VIII. 


Monseigneur, 


Paris, 28 avril 1558. 


La despartie de mons r le cardinal de Lorrene devers Péronne sera 
le ii* du prochain moys, pour parlamenter avecq madame la duchesse 
de Lorrene et convoyer mons r de Lorrene devers elle. Au surplus, 
ceste assamblée de Péronne est fort solicitée, et, pour mieux la 
haster, mons r de Vaudemont est ici arrivé, de retour puys troys 
jours, lequel aussi sera de la partie pour conduyre son nepveu et 
estre à ce parlement. Il se parle fort que ceste assamblée doibt 
amener quelque paix ou trêve, mays ceulx qui visent de plus près 
n’espèrent rien moins pour le présent. 

Les monstres générales de noz hommes d’armes, arrière ban et 
légionnaires, sont prolongées au xv e jour de may prochain. L’on 
a faict ung amas de mulctz jusques à quatre ou cinq mil en Pro¬ 
vence, Auvergne et autres pays produisans quantité de tels ani¬ 
maux. II se dict en plusieurs façons de la fin à quoy tend ceste 
munition, mays la plus commune et vraisemblable est que l’on 
veut envoyer Icsd. muletz à mons r de Brissac pour l’entreprinsc 
ligustique qui est en grand prédicament. 

Les nopces de mons r le Daulfin et de la Royne d’Écosse furent 
parfornies le dimenche xxiv* du présent en ceste ville. Tout ce qui se 
peult dire d’excellent en ceste festc c’est l’assemblée grande, riches 
habitz et en grand nombre, dont les moindres estoycnt de brocar, 
monstres de joyaux et daurures, parementz, tapisseries, masques, en 
somme toutes choses représentables plus par paincture que par récit 
et surtout le cabinet du Roy inestimable, lequel fut desployé en ung 
buffect immensurable dressé dens la grande salle du palays où furent 
faictes Iesd. nopces. Les espousailles furent en l’esglisc Nostre Dame. 


1. Clarisse Strozzi, qui épousa, comme on le verra plus loin, Honorât de 
Savoie-Tcnde. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



324 


LETTRES DE GIOVANNI DALMATIO 


Le Roy de Navarre conduysoyt l'époux et nostre Roy l'espouse 
couronnée d’une couronne royale sur une coeffe d'or, le tout couvert 
de pierreries et reluysant à merveilles. A présent, on appelle mons r 
le Daufin le Roy Daufln. Les Épilhalames et autres compositions 
faictes sur ce mariage sont en nombre infini, mays je n’ai rien trouvé 
de bon goustfors ce que vous envoyé. Advant lesd. nopces et apprès 
l’on a faict procéder et suyvre une infinité de nopces des dames de 
la court et tous les jours en font à troys et quatre au coup, tellement 
qu’il semble qu’on n’y veulle pas laisser une vierge. Dimenche 
prochain seront faictes les nopces du filz du conte de Tende et de la 
fille de mons r le mareschal Strozzi. Etc. 

De Paris, ce 28 avril 1558. 

(Arcb. di Slato di Partna, Carteggio, Francia; original.) 



Paris, 12 mai 1558. 

Monseigneur, 

A présent la court s’en va à Monceaulx, qui est une maison que la 
Royne a naguyères basty en Brie près de Meaux. On a continué 
faire grand nombre de mariages, entre autres, du filz de mons r le 
conte de Tende avecq la fille de mons r le mareschal Strozzi, lequel 
mariage a esté grandement solemnisé et honoré, mcsmes de la Royne, 
qui a constitué le dot du sien propre jusques à cinquante mil livres 
assignées sur son domayne et dix mil livres comptant en bagues et 
meubles. Mons r le mareschal a baillé tant seullement dix mil livres 
de comptant et six mil en bagues et vestemens. Despuys led. s r conte 
a tout amené en Provence. Monsieur de Lorrene despartit le n e du 
présent, accompaigné de Mess" de Vaulderaont et d’Omalle, pour 
l’assamblée d’avecq sa mère. Le mi® le cardinal de Lorrene suyvit et, 
le vu®, l’assamblée et premier parlement se feyt et là sont encoires. 
L’on parle assés de paix ou trefve. 

Mays, cependant, l’on taille de la besongne au Roy Philippes de 
tous costés, mesme à Tyonville, mi lieues par delà Metz, au duché 
de Luxembourg, terre renommée des plus fortes, laquelle dict l’on 
que mons r de Nevers tient assiégée ou bien que l’on la va assiéger à 
bon essien. En somme tout le monde accourt à ce costé là, et, 
advant la fin de ce moys, y aura grandes forces assamblées. 
Mons r le mareschal Strozzi despartit d’icy le x® du présent en dili- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


AO CARDINAL FARNESE. 


325 


gence allant vers celle contrée, et là mesme est envoyée la plu¬ 
part de la gendarmerie pour faire la monstre et aller à la guerre 
tout d’ung train. Nous y avons desjà grand nombre d’Allemans 
et pistoliers. L'on mettra ensemble h mil hommes d’armes 
sans la maison du Roy et l’arrière ban et sans les garnisons. Les 
Angloys ont faict monstre sur la mer d’une armée de environ 
ii e voilles, mays ils ont trouvé toute la couste marine si bien pour- 
veue qu’ilz n’ont osé aborder. Ils ont prins environ xx navires 
nostres qui revenoyent vuydes de Calays où l’on avoyt deschargé 
des munitions. Puys sont descendus en ung village et port près 
Montreuil qu’ilz ont bruslé et incontinent faict voille sans séjor- 
ner. Etc. 

De Paris, ce xii* may 1558. 

(Arch. di Stato di Parma, Carteggio, Francia; original.) 


X. 

Paris, 27 mai 1558. 

Monsieur, 

Messieurs les duc et cardinal de Lorrene sont de retour à la 
court puys huict jours, et n’ont rien apporté de bon qu’on scaiche 
ne qu’on présume, allandu mesmement que mons r de Vauldemont, 
qui conduisoyt ceste menée, s’est retiré à sa maison. A leur des¬ 
partie de Péronne, les ennemys ont faict bonne diligence de les sur¬ 
prendre par chemin et ont couru bien advant, mesme jusque en 
une maison dud. cardinal, nommée Nelle, auprès de Roye, en 
laquelle led. cardinal avoyt désigné de loger et y avoyt laissé escorte 
de n e pistolliers et une compaignie de gens de pied, lesquelz par 
faulte de bon guet se sont laissé surprendre au lict et ont esté des- 
vallisés, et la maison pillée et bruslée sans autre mal. 

Au reste ne se veoyt que imaige de guerre. Incontinent apprès l’ar¬ 
rivée dud. cardinal, mons r de Guyse est desparty et tiré vers Tyon- 
ville, laquelle sans doubte est assiégée et abonnes enseignes. Mons r de 
Nevers et mons r le mareschal Strozzi y sont au devant, et en espère 
l’on bonne yssuc et briefve. Dens led. lieu y a faulte de gens et de 
vivres, et, despuys que mons r de Vieilleville 1 a commencé de l’as¬ 
siéger, rien n’est peu entrer dedens. Mons r de Termes est aussi 

1. François de Scépeaux, sieur de Vieilleville. Voj. Ch. Marchand, le Mari - 
chai de Vieilleville et ses Mémoires (Paris, 1893, in-8*). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



326 


LETTRES DE GIOVANNI DALMATIO 


desparty de Calays et s’en va aud. Tyonville. Cependant, il se faict 
ung autre gros amas et camp à Chaallons sur la frontière de Picar¬ 
die et Champaigne, qui est pour marcher à quelque autre part. Et, 
puys quatre jours, ne cessent de passer en ceste ville novelles com- 
paignies de gascons, et jusque à l’heure présente en sont passées 
xxv enseignes, et doibvent arriver à xl. La monstre de la gendar¬ 
merie a esté faicte. L’on dict que mi mil de noz Allemans des 
vieilles compaignies se sont voulu retirer, apprès avoyr reçeu argent, 
voulans parcompter l’argent reçeu pour les payes passées. En 
somme, ils ne veullent marcher sans advansement. 

Le Roy est encoires à Monceaulx, maison de la Royne près de 
Meaulx, où il fera la Penthecoste, et, incontinent apprès, avecques 
les dames, au gille à Sainct Germain, pour de là s’encheminer à la 
guerre. Il a esté résolu au Conseil privé de soy ayder des reliques et 
joyaulx ecclésiaslicques pour l’année prochaine si la guerre durera. 
Mons r le mareschal de Brissac est encoires à Lyon, s’il n’est desparty 
puys quatre jours, où il a séjorné longuement attendant la provision 
d’argent pour les affaires de Piedmont. Mays j’estime qu’il despar¬ 
tira bientost, car les provisions sont encheminées. Mons r le Grand 
Prieur de France est icy arrivé puys troys jours, pour haster aussi 
ses provisions et deniers à cause du prochain advènement de l’ar¬ 
mée de Levant. L’armée d’Angleterre a faict quelque pillaige vers 
la Rochelle et puys s’est retirée. 

Au surplus, le dimenche advant Rogations, aussi les lundy, 
mardy et mercredy desd. Rogations, et le jeudy feste de l’Ascension, 
ont esté faictes des grosses assamblées en ceste ville par ceulx de la 
secte luthérienne en troys endroictz tout au coup, à sçavoyr : au 
Pré aux Clercs et aux champs hors les portes Sainct Antoyne et 
Sainct Victor, sur les sept heures apprès midy ; et là, en pleyne 
campaigne, lesd. assamblées chantoyent les pseaulmes de David en 
françoys, à l’usaige de Genève. Chascune desd. assamblées estoyt 
de environ deux ou troys mil personnes. Je vous laisse penser que 
ce peult estre, puysque un Roy, plusieurs ducs, contes, barons et 
grans seigneurs et dames y ont assisté et chanté comme les autres. 
L’assamblée duroyt jusque à une demy heure advant la nuyct, et au 
despartir desd. lieux, s’en alloyent et retiroyent à leurs cartiers à 
grandes trouppes chantans par les rues le pseaulme Judicia tua , 
Domine, Régi da, à l’usaige susd. de Genève. Le Roy s’en est fort 
resenty et a mandé en ceste ville mons r le cardinal de Sens pour y 
mettre police; mays il est bien empêché pour la grandeur des per- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


AD CARDINAL FARNÈSE. 


327 


sonnaiges à qui touche et multitude des gens qui en sont broullés. 
Mons r d’Andelot • en est fort envelouppé et pour ceste cause en par¬ 
tie a esté faict prisonnier. ToutefToys, la principale cause de son 
emprisonnement est que le Roy se doutant avecq luy de ce qu'il 
avoyt puys naguyères faict prescher à Angers ung sien prescheur, 
qui avoyt presché choses scandaleuses, led. s r d’Andelot respondit 
qu’il avoyt assisté à son presche et qu’il n’avoit presché fors l’Evan¬ 
gile purement, et qu’il vouloyt soustenir ce que led. prescheur 
avoyt dict. Sur quoy le Roy luy replicqua que led. prescheur avoyt 
mesdict de la messe et autres choses qu’il spécifia aud. d’Andelot, 
lequel soustint le dire de sond. prescheur et entra bien advant en la 
confession de sa foy, à tant que le Roy luy commanda soy retirer, 
et tost apprès donna charge à La Bourdaisière 1 2 de luy faire entendre 
qu’il eust à se rendre prisonnier à l’évesché de Meaulx, où il est à 
présent. Les affaires de la religion sont fort troublées par deçà, et 
en plusieurs villes grosses ont faict le mesme que en ceste ville. 

Je vous envoyé les vers de mons r de l’Hospital exhortatoyres à la 
paix, n’ayant rien de meilleurs à présent. 

De Paris, ce xxvu* may 1558. 

(Arcb. di Stato di Parma, Cartcggio, Francia; original.) 



Paris, 6 juin 1558. 

Monseigneur, 

Vous avés peu entendre cy devant le siège de Tyonville, lequel 
est à présent bien estroyct, et le jour d’hier devoyt commencer la 
batterie, laquelle sera furieuse à cause du grand nombre d’artillerie 
qu’on y a au devant. La principale batterie sera du costé de la 
rivière, laquelle l’on a divertie, et pareillement donné suytle aux 
caves des fossés et marez d’alentour par contrefossés et autres telles 
industries par force de pyonniers. Mons r de Nevers est chef en lad. 
entreprinse; mons r le mareschal Strozzi y est pieça; mons r de 
Guyse s’est tenu à Metz jusque au ni® du présent qu’il s’est trans¬ 
porté au camp dud. Tyonville faire une veue. Mays il n’y sejomera 
poinct, car il s’en viendra incontinent à l’autre camp qui se dresse 
en Picardie vers Compiègne, Soyssons et Chony. Toutes les forces 

1. François de Coligny, sieur d'Andelot. 

2. Philibert Babou de la Bourdaisière. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



328 


LETTRES DE GIOVANNI DALMATIO 


qui sont au devant dud. TyonviUe sont ung régiment de vi c hommes 
d'armes, cinq ou six mille pistolliers et environ xxv mil hommes de 
pied et plus de mi mil pyonniers, artillerie plus de cinquante 
canons et coilevrines. L’on tient pour chose asseurée qu’on empor¬ 
tera led. TyonviUe, mesme du costé de la rivière qui est demourée 
foyble, à cause de la fiance qu’on avoyt à l’eaue. Du costé de 
Mariembourg, nous avons ung régiment de cinq cens hommes 
d’armes et environ mi mil hommes de pied et xn* pistolliers, soubz 
la charge de mons r le mareschal Strozzi et, en son absence, du gou¬ 
verneur de Mariembourg, lesquelz courent le pays de Lyège. L’en- 
treprinse qu’on dresse en Picardie sera forte, car il y a desjà 
iiii c hommes d’armes soubz mons r de Termes et mons r d’Omalle en 
sa compagnie, qui sont à la frontière vers Sainct Quintin et Han 
aux forteresses. L’on y envoyé le premier régiment d’hommes ■ 
d’armes, qui est de nombre vi c et desjà est encheminé. La maison 
du Roy aussi y est mandée et tout le ban et arrière ban, grand 
nombre aussi de pistolliers. Toutes les noveües compaignies des 
Gaiscons, qui sont xl enseignes, sont allées vers ce costé là et plus 
de mi mille pyonniers, qui ont passé par ceste ville et passent 
encoires conduysans artiUerie. J’estime que, apprès la prinse de 
TyonviUe, l'on ira à Luxembourg, qui n'est tenable à ce qu’on dict 
pour le présent, et que toutes ces forces se joindront en quelque 
lieu qu’on ne pense. Mons r de Brissac est encoires à Lyon, atten¬ 
dant sa provision d’argent, laquelle est encheminée, à ce que j’en- 
tens, et les princes et seigneurs qui sont destinés de aller en Pied- 
mont deslogent à grans tas ; entre les autres, mess" les princes de 
Condé 1 2 et d’Anville* sont despartis et plusieurs compaignies 
d’hommes y sont pieça encheminées. Les Angloys ont faict quelques 
descentes aux isles devers la Rochelle et Poyttou, mays le peuple 
avoyt vuydé et tout retiré en terre. 

Mess" de la Sorbonne et Faculté de Paris sont bien embesongnés 
pour nostre Sainct Père le Pape à consulter et respondre sur cer¬ 
tains articles que Sa Saincteté leur a envoyés concernans l’élection 
de l’empereur Ferdinand faicte par héréticques, et, à ce que nous 
entendons, il ne la veult autoriser et prétend l’Empire ou bien l’élec¬ 
tion d’Empereur luy estre dévoluz 3 . 

1. Louis de Bourbon, prince de Condé. 

2. Henri de Montmorency, sieur de Dainville. 

3. Paul IV avait refusé de reconnaître valable la renonciation de Charles- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


AD CARDINAL FABNRSE. 


329 


Mons r d'Andelot est hors de prison estroicle, soubz l’arrest de la 
Court de Paris. L’on l’a voulu délivrer et eslargir du tout, pourveu 
qu’il voulsist couvrir et pallier ou bien excuser ses actions et len- 
gaige en quelque façon qui eût coleur de pénitance verbale, et en a 
esté fort solicité de la part du Roy, qui monstre que mal voulentiers 
et par grande constraincte luy a donné ceste attaincte, et finalement 
l’a voulu envoyer à sa charge, laissant aller les choses par dissimu¬ 
lation, pourveu qu’il baillast une confession de sa foy telle qu’on 
luy avoyl dictée et qu’il la signast de sa main, ce qu’il a refusé de 
faire et respondu qu'il abandonnera plustost la vie persistant à son 
opinion. Cependant, l’on a mys Mons r de Monluc à sa charge, lequel 
par constraincte l’a acceptée et fort pressé par led. s r d’Andelot de 
l’accepter, mais ce n’est que par provision 4 . Madame la marquise 
de Ruthelin a esté mandée quérir à la court pour le faict de la reli¬ 
gion, par ce, comme l’on dict, que de son commandement en ung 
sien villaige, où elle faict sa résidence en la Beausse, les imaiges de 
l’église ont esté déjectées, et y a introduict la religion de Genève. Le 
semblable a esté faict dens l'église principale de Chartres, où il y a 
heu mutinerie et esmotion d’une part et autre avecq occision de per¬ 
sonnes. Etc. 

De Paris, ce vi® de juing 1558. 

(Arch. di Slato di Parma, Carteggio, Francia; original.) 



Paris, 26 septembre 1559. 

Monseigneur, 

Vous escripvys de la diète, qui se tient à Chasteau Cambrésis 
entre les députés des deux Roys, pour la décision des limites de la 
frontière, de la souverayneté de la conté Sainct Paol et autres diffé¬ 
rons qui rostoyent à décider par le traicté de paix, tant entre les 
deux Roys que le duc de Savoye et autres. Ceulx qui sont en lad. 


Quint à l’empire et l’élection de Ferdinand (24 février 1558). Voy. Pietro 
Nores, Sloria délia guerra di papa Paolo IV conlro gli Spagnuoli, dans 
Arehivio storico ilaliano, 1" série, t. XII, p. 237. 

1. On voit que Dalmatio fournit une nouvelle version du grave épisode de 
l’arrestation de d’Andelot. Monluc accepta la charge de colonel des gens de 
pied sur la prière de d'Andelot lui-même, et non pas sur un ordre formel du 
roi, comme l’a écrit M. P. Courteault ( Biaise de Monluc historien, p. 350). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



330 


LETTRES DE GIOVANNI DALMATI O 


diète de nostre part l'ung est mons r de Senerpont, chevallier de 
l'ordre et gouverneur de Bolloigne, l’autre est mons r Seguyer, pré¬ 
sident en la court de Parlement de Paris, et l’autre mons r de Passy, 
premier m® des requestes de l’hostel. 

MM. de La Brosse 4 et d’Amyens heurent une tormente en la mer 
sur leur passage en Es cosse ; finalement ilz sont passés en saulveté 
avecq quatre compagnies d’infanterie. 

Le sacre du Roy fut faict le xvm e du présent à Reims, à l’accous- 
tumée. La compagnie a esté fort grande tant de Franç.oys que 
estrangers. Le duc de Savoye* y a assisté, le prince d'Orenge aussi 
et le conte d’Egamont, avecq infinité de grans seigneurs de 
Flandres. Le Roy est despuys desparty de Reims pour aller à Bar 
le Duc en Barroys, qui est une duché que le duc de Lorrene tient 
en l’obeyssance de France. Là le Roy laissera sa sœur la duchesse 
de Lorrene, apprès y avoyr tenu l’Ordre Sainct Michel. De là il s’en- 
cheminera vers Bloys, où il prétend faire son yver. Le duc de 
Savoye s’en ira dud. Bar le Duc en hors vers Lyon, passant par la 
Bourgongne, et de Lyon ira en Avignon et à Marseille pour s’em¬ 
barquer et retirer à Nice. Madame de Savoye suyvra le Roy jusques 
à Bloys, puys prendra le chemin de sa duché de Berry, où elle 
séjournera quelque temps pour donner ordre à ses affaires 1 2 3 , et de là 
s’en ira trouver son mary. Vous sçavés que, par le traicté de paix, 
le feu Roy, oultre les cinq forteresses qu’il s’estoyt réservé au pays 
de Piedmont, se réserva aussi les villes, villages et tous les ressortz 
desd. forteresses avecq tous les droietz et revenuz du domayne et 
jurisdiction, si que led. duc n’avoyt rien à veoyr ni prendre en une 
grande partie du Piedmont occupée soubz coleur du ressort desd. 
cinq forteresses. Puys quelques jours, le noveau Roy a quitté tous 
les ressortz et tous autres droietz, hormys lesd. cinq forteresses 
purement. Cecy a esté faict à la requeste et faveur de madame de 
Savoye, en quoy la Royne mère a monstré son autorité nonobstant 
la contradiction des Guyses. L’on dict que la restitution de la Cor- 
sique a esté contremandée et qu’il se traicte de la bailler au duc de 
Savoye. 

Mons r le Connestable s’en va à Chasteaubriant en Bretaigne ; il a 

1. Jacques de La Brosse. Voj. Brantôme, éd. Lalanne, t. V, p. 47-49. 

2. Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, qui avait épousé, en vertu du traité 
de Cateau-Cambrésis, Marguerite de Valois, sœur de Henri II. 

3. Marguerite de Valois était duchesse de Berry. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



Ali CARDINAL FARNESE. 


331 


lenu son rang au sacre et, quatre jours apprès, s’en est retourné à 
sa maison. Pareillement, tous les autres princes et seigneurs cour¬ 
tisans se sont esloignés de la court, excepté les Guyses. Le s r Lodo- 
vico da Birago* est faict gouverneur du pays de Salluces. L’on tient 
que mons r d’Anville* sera chef en ce que tenons au pays du Pied- 
mont au despartir de mons r de Brissac, qui sera lorsque le duc ira 
aud. pays. 

J’avoys obmys vous dire que le Roy a faict et estably le douaire 
de la Royne sa mère, et luy a assigné en domayne jusque à quatre 
cens mille livres de rente, comprins ce que le feu Roy luy avoyt 
assigné. C’est le plus opulent douaire qui fut jamays assigné à 
Royne vefve, tellement que, comprins son patrimoync, elle tirera 
environ cinq cens mille livres de revenu. En autres pièces de sond. 
assignai, l’on luy baille les duchés de Bourbon, Chastellerault, con¬ 
tés de Meaux, Mante, Melland, Valloys, et la maison de Villiers 
Costeretz. Etc. 

De Paris, ce xxvi® septembre 1559. 

(Arch. di Stato di Parma, Carteggio, Francia ; original.) 

1. Ludovic de Biragne, cousin du président de Birague. 

2. En fait, ce fut Imbert de La Platière, sieur de Bourdillon, qui succéda au 
maréchal de Brissac en Piémont. 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE 


E.-Ch. Babut. Priscillien et le priscillianisme. Paris, H. Cham¬ 
pion, 1909. In-8°, 316 pages. Prix : 10 fr. (Bibliothèque de 
l’École des Hautes-Études, fasc. 169.) 


Tout ce qu'il est possible de connaître avec certitude sur le fonda¬ 
teur de la secte priscillianiste et sur ses démêlés avec l’autorité ecclé¬ 
siastique se ramène à un très petit nombre de dates et de faits : en 
octobre 380, le concile de Saragosse, qui condamne certains usages 
particuliers adoptés par des groupes d'abstinents ; en 385, la condam¬ 
nation de Priscillien et de quatre de ses coaccusés par le préfet des 
Gaules à Trêves; entre ces deux événements, un voyage de Priscillien 
à Rome. Il semble, en outre, que Priscillien était lusitanien et qu'il 
habitait Mérida. Quant à sa doctrine, il est fort difficile de la connaître 
exactement, car elle ne nous est guère exposée que dans les accusations 
de ses adversaires ; il est vrai que, grâce à l’heureuse découverte faite par 
G. Schepss, il y a un quart de siècle, nous possédons onze opuscules 
de Priscillien lui-même, mais l’obscurité de la pensée, incomplète¬ 
ment élaborée, et la construction enchevêtrée des phrases lourdes et 
lâches en rendent l’intelligence singulièrement laborieuse. 

C’est en reprenant l’étude de ces diverses sources que M. Babut a 
entrepris de reviser le procès de Trêves; afin que le lecteur ne puisse 
se méprendre sur l'intention de son travail, il établit dès le principe 
ses positions et nous déclare que Priscillien ne doit pas être considéré 
« comme l’inventeur ou l’adepte d’une théologie hétérodoxe, mais 
comme le prédicateur d’une réforme ascétique »; le mouvement reli¬ 
gieux qui porte son nom « doit surtout être regardé comme un effet 
des progrès que firent dans les pays latins, entre 370 et 380, l’esprit et 
les institutions ascétiques; et la persécution qui l’enraya ne fut aussi 
que l'épisode sanglant de la réaction qu’a provoquée, chez les catho¬ 
liques d’Occident, la prédication de la morale monastique et l’appari¬ 
tion des premiers moines ». Sans doute, cette réaction est un fait 
indéniable que récemment encore M. Georges Goyau a fort bien mis 
en lumière dans son excellent petit volume sur Sainte Mêlante, mais 
je n’oserais cependant me porter garant de l’orthodoxie de Priscillien 
avec autant d’assurance que le fait M. Babut. Concevoir « la vie chré¬ 
tienne comme un commerce continuel avec Dieu », ce n’est pas là un 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


333 


trait particulier à Priscillien, mais sa manière de concevoir ce com¬ 
merce a pu être personnelle et l’être même au point de cesser d’être 
orthodoxe. Assurément, il a toujours proclamé la pureté de sa foi et 
la fermeté de son attachement à la doctrine catholique ; mais une telle 
affirmation ne constitue pas, il s’en faut de beaucoup, une preuve 
d’orthodoxie, et M. Bahut n’est parfois pas bien loin de le reconnaître 
lui-même. Il rejette, par exemple, l’accusation de manichéisme por¬ 
tée contre Priscillien, mais il avoue que cet auteur a poussé si loin 
l'antithèse entre le bien et le mal et l'a exprimée dans des termes tels 
« qu’elle paraît presque se confondre avec l’antinomie métaphysique 
entre deux substances éternelles » ; et, d’autre part, ce droit exclusif 
que revendiquent les priscillianistes d'interpréter les Ecritures en leur 
qualité de « saints » n’est-il pas en opposition avec l'autorité doctri¬ 
nale de l’Église? D’ailleurs, pour si hostile qu'il ait été à la condam¬ 
nation capitale de Priscillien et de ses partisans, saint Ambroise 
n’hésite pas à reconnaître dans leurs théories des tendances nettement 
hérétiques. 

M. Babut a fait de très louables efforts pour jeter quelque clarté 
dans ce chaos, et nous devons en particulier lui savoir gré de ses études 
comparatives sur l'interprétation de quelques mots de sens obscur, 
propres à Priscillien ou communs aux écrivains ecclésiastiques de son 
époque. Ce n'est cependant pas dans son exposé ni surtout dans sa 
défense de la doctrine priscillianiste que gît le principal intérêt de ce 
livre ; on le trouverait plutôt dans les dissertations qui composent la 
majeure partie du volume, soit sous la forme d'introduction, soit en 
appendices, et ce qu’il y a d’un peu anormal dans cette disposition, — 
qui n’accorde que 140 pages au corps du travail, alors que l’introduction 
en occupe 56 et les appendices 112, —est amplement racheté par la saga¬ 
cité de la critique et l'importance des résultats auxquels elle aboutit. 

L’introduction est consacrée à l’étude des sources de l'histoire pris¬ 
cillianiste. L’une des principales serait, si elle n'était perdue pour nous, 
l’apologie publiée par l’un des plus ardents adversaires de Priscillien, 
l’évêque Itace d’Ossonoba; or, M. Babut, en comparant les informa¬ 
tions que nous apportent saint Jérôme et Sulpice Sévère, parvient 
assez bien à en dégager certaines données communes, qu’aucun de ces 
auteurs n'a empruntées à l’autre, mais qu’ils semblent avoir tous deux 
tirées de Y Apologie d’Itace, et ces conclusions sont en partie vérifiées 
par le De scriptoribus ccclesiasticis d’Isidore de Séville. Remontant 
plus loin encore, M. Babut croit pouvoir affirmer que l’exposé d’Itace, 
en ce qui concerne la doctrine gnostique, est emprunté au livre de 
saint Irénée Contra haereses. On voit tout de suite l’importance de 
cette étude pour l’appréciation de la valeur historique de ces différentes 
sources. 

Une autre question capitale, qui forme la matière de l’appendice II, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


334 

est celle des Écritures apocryphes dans lesquelles on sait que Priscil- 
lien prétendait, en sa qualité de « saint », avoir le droit et le pouvoir 
de distinguer « la pure prophétie primitive des interpolations héré¬ 
tiques ». M. Bahut croit que l’évêque d’Avila n’a entendu utiliser que 
des apocryphes du Nouveau Testament, des actes en particulier et prin¬ 
cipalement ceux du pseudo-Thomas et du pseudo-Jean. Mais, comme 
il y a eu certainement une condamnation, prononcée vraisemblable¬ 
ment en Espagne entre la publication de deux opuscules de Priscillien, 
le Liber ad Damasum (382?) et le Liber de fide (384?), M. Bahut 
est amené à examiner si cette condamnation ne serait pas celle qui a 
pris place dans la liste damasienne, elle-même intercalée dans le docu¬ 
ment connu sous le nom de Décret gélasien; 8a conclusion est que 
cette liste est entièrement apocryphe et non pas seulement interpolée, 
comme on le dit généralement. Cette étude, d'ailleurs bien conduite, 
aurait peut-être gagné en précision si M. Babut avait pu connaître 
celle de F. Piontek, Die katholische Kirche und die hikretische 
Apostelgeschichten bis zum Ausgange des 6. Jahrh., qui a paru 
en 1907, à Bresslau, sous forme de dissertation universitaire, et au 
t. VI des excellents Kirchengeschichtliche Abhandlungen de 
Max Sdralek. 

Citons encore cette interprétation fort ingénieuse d’un passage du cin¬ 
quième traité de Priscillien, où M. Babut fait voir que l’auteur compte 
sept degrés de la perfection chrétienne, par comparaison avec les jours 
de la semaine, et cette dissertation (appendice IV) sur les prologues 
des quatre Évangiles, dont la conclusion est que ces prologues ne sont 
pas l’œuvre de Priscillien, comme le croit dom Chapman, mais celle 
d’un priscillianiste qui écrivait après 400 et qui a utilisé la préface 
Plures fuisse de saint Jérôme, en la complétant à l’aide des apo¬ 
cryphes et de la traduction d’Eusèbe par Rufin. 

Peut-être touvera-t-on que ce compte-rendu ne donne de l’ouvrage 
qu’une idée bien imprécise; mais on voudra bien penser que cet 
ouvrage lui-même manque un peu d’unité. Il n’épuise cependant pas 
le problème du priscillianisme : la pauvreté et l’obscurité des sources 
laisseront longtemps encore un vaste champ à la discussion, et, d’ail¬ 
leurs, M. Babut a délibérément laissé de côté certains aspects de la 
question, notamment tout ce qui touche au rôle de saint Martin. Tel 
qu’il est, il forme une contribution à l’histoire religieuse de la fin du 
IV e et du début du v® siècle et, plus encore peut-être, à l'étude des 
sources de cette histoire 4 . 

André Lesort. 

1. H est, dans le livre de M. Babut, une fâcheuse lacune que nous ne pou¬ 
vons passer sous silence; il y manque un index bibliographique, et cet index 
aurait été d'autant plus nécessaire que les références placées en notes se bornent 
le plus souvent à une indication très abrégée du titre des ouvrages cités. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


335 


Monumenta Germaniae historica. Legum sectio III. Conci¬ 
lia. Tomus II : Concilia aevi Karolini , recensuit Albertus 
Werminghoff. Hannoverae et Lipsiae, Hahn, 1904-1908. Un 
tome en 2 vol. in-4° à pagination continue, xi-1015 pages. 

La série conciliaire inaugurée en 1893 par un volume consacré aux 
synodes mérovingiens (Paris, 511, à Auxerre, 695) a subi un temps 
d’arrêt après la mort de l’éditeur Fr. Maassen. La suite de l’entreprise 
a été confiée à M. Karl Zeumer. Ce savant s'en est réservé seulement 
la direction générale et s’est déchargé de l’exécution des synodes caro¬ 
lingiens sur M. Albert WcrminghofT. Celui-ci vient de s’acquitter avec 
succès de cette lourde tâche. Il nous donne, en utilisant naturellement 
l’ensemble des manuscrits et des éditions, le texte d'une soixantaine 
de conciles authentiques et de dix actes faux. Il a, en outre, avec des 
collaborateurs, dressé les tables de tous genres sans lesquelles la con¬ 
sultation d’un recueil de cette espèce est pratiquement inefficace : tables 
des incipit (p. 864-884), des canons passés dans le Décret de Gratien, 
des auteurs utilisés dans les canons conciliaires (p. 888-907), des 
manuscrits, éditions et regestes (p. 908-919), des noms de personnes 
et de lieux, copieux et précieux « index verborum et rerum » (p. 945- 
1006), etc. Les actes synodaux, réédités selon toutes les exigences de 
la science dans le présent volume, vont de 742 (passé 695 on sait 
qu’il ne s'est plus tenu de synode dans le royaume franc) à 842. Ils 
couvrent exactement 1ère < carolingienne », pour laquelle ils consti¬ 
tuent une source non moins précieuse peut-être que les « Capitu¬ 
laires ». Les critiques que l’on peut faire à l'éditeur ne se révèlent 
guère qu'à l’usage. Voici une pincée d’observations qu» me suggère 
un acte pris au hasard. J’ouvre l’ouvrage page 690. Je trouve la 
reproduction de la Partitio bonorum monaslerii S. Dionysii faite 
par l’abbé Ililduin en 832. Elle renferme quantité de noms de lieux. 
La plupart sont correctement identifiés. Je remarque pourtant que la 
liste des identifications pourrait sans eflort être augmentée : Vitriaco , 
nommé après Tauriacus (Toury, Eure-et-Loir et non Loire), est sans 
doute Vitré, coma, de Gilles (Eure-et-Loir). Salice, nommé après 
Garsanveau (Seine-et-Oisc), ne peut être Saulges dans la Mayenne. 
Ferrariis avant Mairiu (Méru, Oise) répond très probablement à 
Ferrières dans l’Oise (arr. de Clermont, cant. de Maignelay), Flaviaco 
à Fly, anciennement Flay, aujourd’hui Saint-Germer-de-Fly (Oise). 
Muscellam est Moisselles (Seine-ct-Oise, arr. de Pontoise, cant. 
d’Ecouen). Gahareium in Dagasino répond à Guerrie, comm. de 
Merlerault (Orne), à condition d’admettre que le Bessin embrassait 
occasionnellement l’IIiémois. Trimlido, nommé à côté de Villapicta 
(Villepinte, Seine-et-Oise, cant. do Gonesse), ne peut être que Trem¬ 
blay (ibid.) à quatre kilomètres au nord-est de Villepinte. Il est à 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



336 


BIBLIOGRAPHIE. 


remarquer que Tremblay est dit « en l’Ile * (in insula) : c’est l’Ile-de- 
France, région entre la Seine, le Maine, l’Oise (voy. Longnon au t. I 
des Mémoires de la Société de Paris). Mares... supra mare est Mère 
dans la Somme (arr. d’Abbeville, cant. d’Ault). Alvemis est Auvers- 
sur-Oise (Seine-et-Oise, cant. de Pontoise). Flandrise n Ponthieu, ou 
près de Ponthieu, est Flandres dans la Somme (comm. de Rue). Un 
certain nombre de localités non retrouvées doit sans doute être cher¬ 
ché vers le nord : Latuero est très probablement Laviers-le-Grand 
ou Laviers-le-Petit, dans la Somme, et Melnacus, Miannay, dans le 
môme département (et non Mauny, Seine-Inférieure), etc. En feuille¬ 
tant, je tombe, page 858, ligne 26, sur la phrase : « Saint-Benoit-sur- 
Loire, proche Fleury. » Saint-Benoît-sur-Loire n’est pas « près Fleury », 
c’est Floriacus lui-même qui a changé de nom dès l’époque franque. 
Ces menues rectifications, que chacun de nous peut multiplier au hasard 
de ses lectures, ne doivent diminuer en rien la reconnaissance que 
nous devons au savant qui a consenti à se charger d’un labeur ingrat 
mais indispensable. 

Ferdinand Lot. 


D r Arnold Poschl. Bischofsgut und Mensa episcopalis, ein 
Beitrag zur Geschichte des kirchlichen Verroiigcnsrechtes. 
I er Theil : Die Grundlagen, zugleich cinc Untcrsuchung zum 
Lehensproblem. — 11 er Theil : Die Güterteilungen zwischen 
Prâlaten und Kapitcln in Karolingischer Zeit. Bonn, 
Hanstein, 1908-1909. 2 vol. in-8°, xm-182 et vii-310 pages. 

Abbé E. Lesne. L’origine des menses dans le temporel des 
églises et des monastères de France au IX e siècle. Lille, 
Giard; Paris, H. Champion, 1910. 1 vol. in-8°, n-165 pages. 

— Lapropriété ecclésiastique en France aux époques romaine 
et mérovingienne. Lille, R. Giard; Paris, II. Champion, 1910. 
In-8°, n-496 pages. 


Il est singulier que depuis la Disserlatio de origine bonorum 
mensae episcopalis d'un canoniste du xvm e siècle, Johann Ernest 
F’ioercke, publiée à Iéna en 1720, il n’ait paru aucun travail consacré 
spécialement aux origines de la mense épiscopale et aussi de la mense 
abbatiale. Il est également curieux que la pensée de combler cette 
lacune soit venue simultanément, en Autriche, à M. le D r A. Poschl, pri- 
vat-docent à l’Université de Graz, en France à M. l’abbé Lesne, profes¬ 


seur à l'Université catholique de Lille. Ce dernier n’a appris qu’il avait 


un concurrent que lorsque son travail était déjà achevé en manu¬ 
scrit. Il n’a pas cru cependant devoir abandonner la partie, bien qu’il 


ne se dissimulât point que l’ouvrage de M. Poschl est plus copieux et 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


337 


sur plusieurs points plus approfondi, et il a eu raison. Les deux tra¬ 
vaux se complètent. Pour les monastères soumis à un évêque, à une 
église, à un autre monastère, M. Pôschl nous donne beaucoup plus 
(t. II, p. 175-309) que M. Lesne (p. 94-121). D’autre part, M. Lesne est 
plus complet en ce qui concerne les monastères indépendants. Surtout, 
il présente une doctrine différente de celle de son émule. Il se refuse 
à faire remonter jusqu'à Charlemagne le début de la séparation du 
patrimoine ecclésiastique en deux parts, mense épiscopale ou abba¬ 
tiale d’un côté, portion des chanoines ou des moines d'un autre côté. 
Les premiers témoignages de l’institution ne remontent pas au delà 
du règne de Louis le Pieux. M. Lesne met bien en valeur l'impor¬ 
tance de l'organisation en services distincts des biens ecclésiastiques; 
il a raison de voir là (contre M. Pdschl) l’étape nécessaire qui a con¬ 
duit de l'indivision primitive à ce régime des menses séparées qui a 
donné une physionomie si particulière aux établissements ecclésias¬ 
tiques après l’ère carolingienne. Peut-être aurait-il pu pousser plus 
loin et indiquer le caractère général de ce phénomène : il atteint bien¬ 
tôt jusqu'aux paroisses et, à partir du x c siècle, le prêtre de campagne 
ne conservera plus qu’une portion de la dotation affectée à l’église 
rurale. Il eût été bon aussi de dresser des partages un tableau métho¬ 
dique par diocèses avec les dates initiales. Un reproche pour finir. 
L’auteur n’est pas très grand clerc en ce qui touche la diplomatique 
carolingienne. Il lui arrive d’utiliser des actes faux ou suspects. Ainsi, 
p. 4, note 4, et p. M6, note 3, le prétendu diplôme de Charles le 
Chauve pour Saint-Denis de 856 (Tardif, Cartons des rois, n° 196H 
p. 32, note 2, un autre diplôme pour Saint-Denis, dont l'inauthenticité 
a été démontrée par M. Giry (dans les Mélanges Julien Havet). 
La valeur de l’acte pour Aniane, utilisé p. 70, note 5, 71, note 2, a été 
attaquée par M. Pückert dans son livre Aniane und Gellone (Leip¬ 
zig, 1899), p. 164. Le même érudit a émis des doutes sérieux touchant 
la Constitutio Iiludovici pii de servitio monasteriorum (811), 
dans les Berichte über die Verhandlungen der kôniglich-sâchsi- 
schen Gesellschaft der Wissenschaften :u Leipzig, Philologisch- 
historische Classe , t. XLII, 1890, p. 46-71. 

Il n’y a, par contre, que des éloges à adresser au grand travail sur 
la Propriété ecclésiastique en France , d’ailleurs moins neuf que le 
précédent*. Personnellement, il m’aurait semblé préférable de fondre 
le livre II (intitulé les Nouveaux propriétaires ecclésiastiques) 
avec le livre III (fa Formation du temporel ecclésiastique à 
l'époque mérovingienne). On eût mieux saisi la suite des idées. 
Ainsi le chapitre i ,r du livre III (fa Croissance du temporel monas- 

m 

1. Ces deux volumes ont valu & leur auteur le grade de docteur ès lettres 
avec la plus haute mention. 

1910 22 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



338 


BIBLIOGRAPHIE. 


tique, p. 143) se relie tout naturellement au chapitre ix du livre II, 
qui traite des Origines du temporel monastique (p. 101); de même 
le chapitre sur l'Affectation des offrandes, les charges et fondations 
(liv. III, p. 173) s’unit étroitement au chapitre x (p. 112) du livre II, 
intitulé le Fondateur et la dotation du monastère. J’aurais réuni 
en un seul ces deux livres et les aurais subdivisés ainsi : 1° le tempo¬ 
rel épiscopal; 2° le nouveau temporel : a) paroisses; b) monastères. 
La division du reste de l’ouvrage ne prête pas à la critique. Le livre I* r 
traite de la propriété dans la Gaule romaine; le livre IV décrit la 
structure du temporel (le mot « constitution > dont use l’auteur est 
équivoque) ; le livre V traite de l’administration ; le livre VI des charges 
de la propriété. Le livre VII expose les attaques dont est victime le 
temporel et montre que la sécularisation de l’ère carolingienne se pré¬ 
pare dès la fin de la période mérovingienne. 

Ferdinand Lot. 

Albert Vogt. Basile I er , empereur de Byzance (861-886), et la 

civilisation byzantine à la fin du IX e siècle. Paris, A. Picard 
et fils, 1908. In-8°, xxxm-447 pages. 

Le très intéressant livre de M. Vogt complète heureusement les 
diverses études de détail dont le règne de Basile I er avait été l’objet 1 . 
Monté sur le trône en 867, Basile, en rétablissant l’ordre dans l’empire, 
en défendant les frontières et en tentant la réorganisation de l'admi¬ 
nistration, s’est efforcé de réparer le mal qu’avait fait la querelle ico¬ 
noclaste; il réussit en partie à atteindre le but qu’il s’était proposé et 
a mérité ainsi d’occuper parmi les grands basileis un rang très hono¬ 
rable; mais, tout en rendant pleinement justice à sa valeur et à son 
œuvre, on peut trouver quelque peu exagérée la comparaison que 
M. Vogt a instituée entre Basile et Napoléon (p. 424). 

L’ouvrage débute par une étude critique des sources (p. v-xxm), que 
l’auteur groupe en deux catégories : les unes sont l’œuvre des adver¬ 
saires de Basile (Léon le Grammairien, Georges le Moine et le 
pseudo-Siméon) ; les autres au contraire ont été composées pour laver 
la mémoire de Basile I er des accusations violentes dont il a été l’objet 
(telles sont la Vita Basilii composée à l’aide des documents officiels 
par Constantin Porphyrogénète et aussi, dans une certaine mesure, les 
œuvres de Genesios, qui s’est tu volontairement sur beaucoup de choses 
qu’il avait été à même de savoir parfaitement). Certains passages du De 
Cerimoniis se rapportent à l’époque de Basile I er , tel est notamment le 

1. Hergenrôther, Photios, Ratisbonne, 1867-1869, 3 vol. in-8*, 1867-1869. — 
Vasiliev, Vizantia i Arabj, Saint-Pétersbourg, 1900-1902, 2 vol. in-8*. — 
J. Gay, lItalie méridionale et t'empire byzantin, Paris, 1904, in-8*. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


339 


Clérotologe de Pbilothée, rédigé au temps de Léon VI, et qui est, en 
quelque sorte, l’analogue du décret de Messidor sur les préséances. A 
ces sources, M. Vogt a ajouté le Livre du préfet , publié il y a quelques 
années par M. Nicole, les actes des conciles de Constantinople, enfin 
la Vie de saint Ignace (contrairement à l’opinion de M. Papadopoulo- 
Kerameus, ci. Byz. Zeitschrift, t. IX, 1900, p. 272, M. Vogt l’attribue 
à Nikétas) et les Lettres de Photius. Il est regrettable que M. Vogt, 
qui a utilisé les sources arabes étudiées par M. Vasiliev, q'ait pas 
caractérisé en quelques mots leur valeur et n’ait pas fixé le lecteur 
sur l’époque de leur rédaction; la même observation s’applique aux 
vies de saints. Sur Constantin Porphyrogénète, M. Vogt ne paraît 
pas avoir connu les deux importants articles de M. Bury, The céré¬ 
monial Booh of Cons tan tine Porphyrogennetos (dans The English 
historical Review, t. XXII, 1907, p. 209 et suiv.) et The treatise 
De administrando imperio (dans la Byz. Zeitschrift, t. XV, 1906, 
p. 517 et suiv.). De même, à propos de l’auteur de la Tactique, 
M. Vogt ne cite pas l’article de M. Kulakovskij (dans la Vtz. Vre- 
mennih, t. V, Saint-Pétersbourg, 1898, p. 398 et suiv.). 

Le livre I comprend trois chapitres ; dans le premier, l’auteur expose 
l’histoire de l'empire grec de la mort de Théophile à la retraite de 
Théodora, 842-856 (le titre du chapitre par suite d’une faute d’impres¬ 
sion porte 846); dans le second est exposé l'histoire de Basile jusqu’à 
son avènement; dans le troisième, M. Vogt étudie la personne de l'em¬ 
pereur et trace le tableau de la cour. Sur la question si controversée 
des origines du fondateur de la dynastie macédonienne, l'auteur se 
rallie à l’opinion de M. Vasiliev, d’après lequel Basile serait issu d’une 
famille arménienne établie en Macédoine; M. Vogt cherche à expliquer 
certains traits du caractère de Basile en supposant que celui-ci a pu 
avoir du sang slave dans les veines, c’est là une simple hypothèse. A 
propos de la famille impériale, M. Vogt me parait avoir commis une 
légère erreur : p. 59, il écrit que Léon fut tonsuré et, p. 60 et 61, il 
parle du mariage du jeune prince. Léon ne me parait pas avoir été 
jamais tonsuré; dans le passage du De Cerimoniis cité, il est fait 
allusion à l’usage qui transformait en une cérémonie la première 
coupe de cheveux d’un enfant impérial ; on recueillait les cheveux cou¬ 
pés et on les distribuait aux hauts dignitaires ; cette cérémonie avait un 
sens symbolique et indiquait que l’enfant était placé sous la protection 
de ceux qui recevaient ses cheveux ; on verra dans le Liber pontifi- 
calis (éd. Duchesne, t. I, p. 363) que le pape Benoit II et l’armée de 
Rome reçurent ainsi quelques mèches de cheveux des princes Justi¬ 
nien et Héraclius (cf. la note 5 de l'éditeur, p. 364). 

Le livre II est consacré au gouvernement intérieur de Basile et il y 
est traité successivement de l'administration financière, de l'organisa¬ 
tion judiciaire, de l’administration intérieure de l’empire et de l'admi- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



340 


BIBLIOGRAPHIE. 


nistration ecclésiastique. Ce chapitre est d'autant plus important que 
sur beaucoup de points M. Vogt est le premier à avoir cherché à appor¬ 
ter des solutions précises. Si celles-ci sont parfois hypothétiques, et 
M. Vogt est d’ailleurs le premier à en avertir le lecteur, la faute n’en 
est point à l’auteur, qu’il convient plutôt de féliciter pour avoir sou¬ 
vent réussi dans sa tâche. Disons néanmoins que l’ordre adopté a 
engendré une certaine confusion, car l’histoire de quelques institutions 
se trouve scindée entre deux parties de l’ouvrage. Il en est ainsi 
notamment de la question de la lutte de Basile contre la féodalité dont 
traitent le livre II et le premier chapitre du livre IV. Pour M. Vogt, 
Basile n’a point cherché à ruiner la grande féodalité; il a surtout 
voulu que les fonctionnaires fussent surveillés et les paysans garantis 
contre les exactions. Cette théorie me paraît appeler quelques réserves 
et je persiste à croire que Basile a surtout cherché à réagir contre les 
usurpations des familles puissantes (cf. Vita Basilii, éd. de Bonn, 
ch. lxxii, p. 315). 

Toute une partie du livre II est consacrée à l’histoire de la rupture 
entre Rome et Byzance; M. Vogt a très heureusement caractérisé le 
rôle particulier que Basile a joué. L’empereur, peu favorable à Photius, 
a surtout cherché à rétablir d’une façon définitive la paix religieuse, 
de là est venu son refus d'approuver la sentence du pape Hadrien, car 
celle-ci, rendue sans que Photius eût été entendu, lui paraissait 
manquer d’autorité. L’empereur eût voulu que l’affaire fût évoquée 
devant le Concile (869), tandis que les légats pontificaux entendaient 
seulement appliquer la sentence. Cette différence de points de vue 
explique fort bien les événements de 869. Dans la rupture définitive, 
Basile malade n’a eu qu’un rôle secondaire. 

Dans le livre III, M. Vogt a étudié, d’après MM. Vasiliev et Gay, 
la politique extérieure du règne et a traité dans un chapitre spécial de 
l’organisation de l’armée. M. Vogt n’a pas abordé la question de l’au¬ 
thenticité de la lettre de Louis II à Basile (il ne cite pas l’article de 
M. Poupardin, la Lettre de Louis II à Basile le Macédonien, dans 
le Moyen-Age, 1903, p. 185 et suiv.). 

Le livre IV trace le tableau de la civilisation byzantine à l’époque de 
Basile. Le premier chapitre est consacré à la condition des terres que 
M. Vogt expose d’après le vôjio; ye«pyix6c. qui pour lui fait encore par¬ 
tie de la législation impériale. 

Dans le chapitre suivant, M. Vogt a tiré un excellent parti du Livre 
du Préfet, qui lui a servi à tracer un tableau fort réussi de la vie 
commerciale de la capitale. Le dernier chapitre esquisse une histoire 
de l’art à Byzance au ix« siècle. Le livre de M. Heisenberg, Die Apo- 
stelkirche in Constantinopel (Leipzig, 1908), a paru sans doute trop 
tardivement pour que M. Vogt ait pu en avoir connaissance. 

Un appendice est consacré à la chancellerie impériale; M. Vogt y a 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


341 


réuni les divers renseignements que nous possédons sur la diploma¬ 
tique des basileis. Il indique les formules employées pour les novelles 
et les documents législatifs, pour les documents d’ordre privé et enfin 
pour les lettres qui sont écrites d’après un formulaire rigoureuse¬ 
ment établi suivant le souverain auquel elles s’adressent. 

Une table des noms propres termine le volume; on regrette que 
l’auteur n’y ait pas ajouté une table des principaux termes se rappor¬ 
tant à l’histoire des institutions; le maniement du livre et l’utilisation 
des nombreux renseignements qu’il nous fournit eussent été rendus 
plus faciles, et son absence se fait cruellement sentir. 

F. Chalandon. 

Lettres de Louis XJ..., publiées pour la Société de l’histoire de 
France par Joseph Vaësen et Étienne Charavay. T. X et XI, 
publiés par J. Vaësen et B. de Mandrot. Paris, Renouard, 1907 
et 1909. In-8°, 502 et ix-333 pages. 

Notre regretté confrère M. Joseph Vaësen est mort avant d'avoir pu 
mener à terme la grande œuvre à laquelle il avait consacré toutes ses 
forces et toute son intelligence. Mais cette œuvre était tout près de 
son achèvement et elle restera comme un témoignage de l’érudition 

sûre et du labeur immense de J. Vaësen, au nom duquel il me sera 

0 

permis d’associer celui d’Etienne Charavay qui publia le premier 
volume. Pour terminer la publication des Lettres de Louis XI, la 
Société de l’histoire de France a su trouver le digne continuateur de 
Vaësen en la personne de notre confrère M. B. de Mandrot, qui, par 
tant de travaux, s’est placé au premier rang des historiens de la 
seconde moitié du xv e siècle. Par ses soins diligents, les deux derniers 
volumes de la collection, les tomes X et XI, viennent de paraître. 

Le tome X comprend deux parties inégalement volumineuses. Les 
104 premières pages nous donnent les lettres relatives à la période qui 
s’étend d’octobre 1482 à la mort du roi. Les pages 141 à 466 contiennent 
un supplément où l’on trouve des lettres de toutes dates, du 8 juin 
1445 à 1483, plus un certain nombre de lettres auxquelles il a été 
impossible d’assigner une date. Enfin quelques pièces justificatives ter¬ 
minent le volume. 

La première partie a donc trait à cette dernière période du règne de 
Louis XI où se négocie et s’exécute le traité d’Arras. Un nombre 
assez considérable de lettres sont relatives à ce traité, tant en ce qui 
concerne sa préparation qu’en ce qui concerne son exécution. Les autres 
sont consacrées à toutes les affaires intérieures et extérieures, dont le 
roi, même dans les dernières années de sa vie, s’occupait avec une 
activité inlassable. 

Le supplément, qui ne contient pas moins de 149 pièces, complète 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



342 


BIBLIOGRAPHIE. 


heureusement la collection en réunissant toutes les lettres qui ont été 
trouvées en cours de publication. Elles ont trait à trop de périodes 
et à trop d'événements différents pour que, dans un bref compte-rendu, 
on puisse en donner une idée générale. Mais plus d'une a une impor¬ 
tance politique indéniable. 

Dans les deux parties, l’annotation a cette précision, cette concision 
et cette sûreté qui font de cette publication une collection de textes 
modèle. Je n’y ai point relevé d’erreur ni de lacune. Tout au plus, 
sur deux points, eût-il été possible de préciser les indications données. 
Dans une lettre qui, comme le constatent les éditeurs, est certaine¬ 
ment de 1461 (p. 166), la suscription porte : « Au grant seneschal. » 
M. de Beaucourt avait émis l’hypothèse qu’il pourrait s'agir de Jean 
de Croy. Avec grande raison, M. de Mandrot repousse cette hypothèse. 
Mais il n'en indique pas une qui s'impose et qui est infiniment plus 
vraisemblable. Ce grand sénéchal est très probablement Louis d’Es- 
touteville, que, en août 1461, Louis XI avait nommé grand 6énéchal 
de Normandie à la place de Pierre de Brezé, alors poursuivi. L’hypo¬ 
thèse est d’autant plus admissible que la lettre est relative à un procès 
fait « au seneschal », en qui on ne saurait hésiter à voir Pierre de 
Brezé, en butte à des poursuites dont l'affaire Mariette, à laquelle 
il est fait allusion, faisait précisément le fond. 

A la note 1 de la page 213, il est dit que le même Louis d’Estoutevill e 
serait mort en septembre 1463 selon Chastelain, avant 1463 selon 
Anselme. On peut préciser, ce qui permettrait sans doute de dater la 
lettre avec plus de sûreté. Louis d’Estouteville mourut à coup sûr en 
juillet ou août 1464, plus probablement en août. Le 31 août 1464, en 
effet, Pierre de Brezé était nommé grand sénéchal de Normandie 
(Bibl. nat., Pièces orig. 509, dossier Brezé, n° 49, et Arch. comm. de 
Rouen, reg. U*, fol. 95 v°). A cette date, son prédécesseur était donc 
mort. Une autre pièce (Bibl. nat., Pièces orig. 1083, dossier Estoute- 
ville, n° 198) nous apprend qu’Estouteville avait touché ses gages pour 
les six premiers mois de l’année. Enfin, la Chronique du Mont- 
Saint-Michel (éd. Luce, t. I, p. 67) dit que Louis d’Estouteville mou¬ 
rut le 21 août 1464. On voit que cette date est très vraisemblable et 
paraît corroborée par des documents d’archives. Je m’excuse d’insis¬ 
ter sur d’aussi insignifiants détails. Faute de grives on prend des merles. 
On ne saurait rendre plus direct hommage à la sûre érudition de nos 
confrères. 

Le tome XI contient la préface, un itinéraire et les tables. La pré¬ 
face, très brève, après avoir retracé l’histoire de la publication, à 
laquelle ont tour à tour collaboré M 11 ® Dupont, M. L. Pannier, 
M. E. Charavay, M. J. Vaësen, — tous disparus avant l’achèvement, 
— fait un portrait rapide de Louis XI et examine les caractères prin¬ 
cipaux de sa correspondance. Peut-être pourrait-on désirer que cette 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


343 


préface eût poussé un peu plus loin l’étude de la correspondance. 
Bien des observations eussent pu être groupées pour le plus grand 
profit des historiens appelés à y recourir. Quant à l’itinéraire, il ren¬ 
dra d'inestimables services à tous ceux qui s’occupent du règne de 
Louis XI. Les éditeurs successifs des lettres l’ont dressé avec un soin 
minutieux au moyen de tous les documents qui pouvaient leur four¬ 
nir à cet égard quelque renseignement. Evidemment, comme le fait 
remarquer M. de Mandrot, cet itinéraire présente des lacunes. Mais 
on s’étonnera plutôt qu’il n’en présente pqs plus pour le règne de ce 
grand voyageur devant l’Éternel que fut Louis XI. Tel qu’il est (et on 
ne pourrait le faire plus complet en l’état actuel de nos connaissances), 
il constitue un instrument de travail d’une valeur considérable. Il 
convient de noter qu’il ne s’applique qu’au règne môme de Louis XI. 
Pour Louis, dauphin, il faudra toujours recourir à l’essai d’itinéraire 
publié par M. Pilot de Thorey dans son Catalogue des actes du dau¬ 
phin Louis II (t. II, p. 449-552). 

La table des sources, manuscrites et imprimées, est soigneusement 
dressée. L’index, complet et précis, permettra, désormais, un usage 
facile de la volumineuse collection. 

Grâce au zèle et à la science des éditeurs de cette publication, nous 
possédons maintenant un instrument de travail d’un prix inestimable 
pour l’histoire du règne de Louis XI. Depuis quelques années, nous 
devions déjà à M. de Mandrot une édition critique et, on peut le dire, 
définitive du principal chroniqueur de ce temps, Philippe de Com- 
mines. Désormais, une histoire d’ensemble pourrait être tentée, et il 
faut espérer que ce roi, qui ne fut pas un roi sympathique, mais qui 
fut un grand roi, trouvera son historien. Ses prédécesseurs, Charles VI 
et Charles VII, ont trouvé les leurs. Louis XI attend toujours le 
sien, car M. Legeay, qui a consacré à ce souverain deux volumes 
médiocres et indigestes, ne saurait prétendre à ce titre, pas plus que 
ses prédécesseurs de jadis, Mathieu, Duclos et autres. Dans notre his¬ 
toire, peu de règnes peuvent rivaliser en importance politique avec 
celui de Louis XI. Il est infiniment à désirer qu’un homme entreprenne 
de grouper et de synthétiser tous les travaux de détails. Si cette œuvre 
est actuellement possible on le doit, pour une large part, aux éditeurs 
des Lettres de Louis XI. 

Pierre Bernus. 

Marius Sepet. Louis XVI, étude historique. Paris, Pierre Téqui, 
1910. In-16, v-495 pages. 3 fr. 50. 

Le livre de M. Sepet que nous annonçons ici se rattache dans une 
certaine mesure aux études qu’il avait commencées il y a une ving¬ 
taine d’années sur la Chute de l’ancienne France et les débuts 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


344 


BIBLIOGRAPHIE* 


de la Révolution * ; il les synthétise et en même temps les complète, 
puisqu'il embrasse ici dans son ensemble le règne de Louis XVI. 
L’auteur se place d’ailleurs à un point de vue un peu différent; c’est 
le roi qui devient le centre de son livre, l’objet principal de son étude. 

Ce n’est pas cependant « une histoire critique et complète de 
Louis XVI » que notre savant confrère et bien cher ami a prétendu 
nous donner; une telle entreprise « exigerait plusieurs volumes et 
peut-être une vie d’homme ». Il a voulu simplement, « dans un 
cadre restreint, accessible à tous..., montrer, nous dit-il, Louis XVI 
et son règne tels qu’ils nous sont apparus ». Pour une étude histo¬ 
rique de ce genre, les matériaux, abondants déjà, que de nombreux 
travailleurs ont mis à notre disposition semblent suffire sans qu'il soit 
besoin de fouiller les archives et les bibliothèques et d’en dépouiller 
les moindres pièces avec une âpre curiosité. Des recherches ulté¬ 
rieures pourront bien préciser un détail, éclairer mieux tel ou tel évé¬ 
nement; il est douteux qu’elles modifient sensiblement le portrait de 
Louis XVI ou le tableau de son règne. Au reste, M. Sepet ne s’est pas 
interdit de recourir à l’inédit; il a mis heureusement à profit, par 
exemple, les papiers de Lameth et d’autres pièces conservées au 
Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, dont mieux 
que personne il connaît les ressources pour notre histoire contempo¬ 
raine. 

Ayant à condenser en un seul volume l’histoire de Louis XVI, 
M. Sepet s’est gardé de donner à son livre l’aspect d’un manuel 
en le bourrant de faits; on n’y cherchera pas le détail des événements, 
un récit par exemple de la guerre d’Amérique. L’auteur choisit les 
traits qui peuvent nous faire saisir sur le vif le caractère de Louis XVI 
et de ceux qui l’entourent et le conseillent, son système de gouverne¬ 
ment, la marche générale et les résultats de son règne. Il y réussit 
admirablement, et je ne sais pas si son talent d'historien s’est jamais 
manifesté avec plus de bonheur; son pinceau a une vigueur de touche 
et un éclat de coloris qui mettent gens et choses dans un relief sai¬ 
sissant. 

Le respect qu’inspirent à M. Sepet les vertus de Louis XVI, la sym¬ 
pathie qu’excitent ses malheurs n’ont point influé sur son impartialité. 
Ce n’est pas un panégyrique qu’il écrit ni une apologie ; il ne mécon¬ 
naît ni les défauts de l’homme ni le6 faiblesses du prince; il juge sans 
passion les hommes dont il parle. Ici comme ailleurs nous retrouvons 
cette justesse de pensée et d’expression, cette pondération et cette 
sérénité de jugement auxquelles nous avons eu déjà l’occasion de 
rendre hommage. 

E.-G. L. 

1. Voir Bibl. de l’École des chartes , t. LVII, p. 452, et t. LXIV, p. 623. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


345 


Comte d’Armancourt. Chartres. Notes héraldiques et généalo¬ 
giques. Chartres, à l’hôtel de la Société archéologique, 16, rue 
Saint-Pierre, 1908. In-8°, 295 pages. 

M. d’Armancourt a choisi un programme bien délimité. Il s'e9t pro¬ 
posé d'étudier tous les monuments héraldiques qu’il pourrait trouver 
dans la ville où il fait sa résidence. Il a parcouru les rues, les églises, 
les cimetières, les bibliothèques (mais non les archives), les musées, 
quelques collections particulières, même les boutiques des marchands 
d’antiquités, et il y a relevé soigneusement toutes les armoiries qu’il a 
rencontrées. Les unes étaient déjà identifiées par des inscriptions; 
d’autres étaient anonymes. C’est sur ces dernières qu’a porté son prin¬ 
cipal effort, et le succès de ses recherches démontre la valeur de sa 
méthode. 

Des monuments armoriés que l’auteur a eus à étudier, les plus inté¬ 
ressants, pour l'archéologie et pour l'histoire, sont les vitraux de la cathé¬ 
drale. Les armoiries qui s’y rencontrent permettent de rechercher les 
noms des donateurs, tous personnages d’importance, et, par là, de 
tenter d’identifier les portraits peints sur les verrières. Mais les mêmes 
armoiries conviennent à un grand nombre de membres de la même 
famille. De là une sérieuse difficulté pour la détermination des indi¬ 
vidus représentés sur les vitraux du xiii* siècle. En s'aidant de données 
historiques, M. d'Armancourt présente des attributions qui, en grande 
majorité, semblent plausibles, mais qui toutes ne s’imposent point. Je 
ne crois pas indiscutable, par exemple, le choix qu’il a fait entre les 
membres de la maison de Blois-Champagne, pour rapporter à tel ou 
de tel d’entre eux la donation de chacune des verrières blasonnées 
d’un écu d’azur à la bande d’argent coticée d’or. Ainsi, la variante de 
ces armoiries qui comporte un champ semé de croisettes, se retrouvant 
sur les sceaux des comtes de Blois, il y aurait autant et plus de rai¬ 
sons de voir un comte de Blois qu’un comte de Champagne dans le 
seigneur dont les arme9 portent ce semis de croisettes (n° 72 a). Je ne 
vois aucun motif, — en dehors de la confiance que peuvent inspirer 
les opinions de Gaignières, — pour reconnaître Amaury de Montfort 
et Simon, comte de Leicestcr, son frère, plutôt que d’autres membres 
de leur famille, dans les deux chevaliers portant les armes de Mont- 
fort qui figurent sur des roses de la cathédrale (n°* 192, 193). 

Les éléments d’information se multiplient avec le nombre des 
armoiries apposées sur le même monument. Les écus écartelés, par¬ 
tis ou accolés précisent la personnalité des princes et des princesses 
représentés sur les verrières de la chapelle Saint-Piat et de la chapelle 
de Vendôme, si malencontreusement dépecées et déplacées, dont 
M. d’Armancourt, grâce aux dessins exécutés pour Gaignières, a su 
adroitement reconstituer l’état primitif. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



346 


BIBLIOGRAPHIE. 


En dehors des vitraux de Notre-Dame, la plupart des monuments 
armoriés qu'étudie l'auteur ne datent que de la fin du moyen âge 
ou des temps modernes. A cette époque, le choix à faire entre les 
membres de la même famille est souvent facilité par les insignes de 
dignité personnelle qui se trouvent joints aux armes familiales. Mais 
il ne faut pas oublier que la plupart des marques des dignités civiles 
et ecclésiastiques n’ont reçu un emploi systématique qu’à des dates 
assez récentes, et que la fantaisie a toujours eu part à l’usage qui s’en 
est fait. On sait quels abus se sont produits, et se produisent, en ce 
qui touche les couronnes. Les chapeaux, les mitres et les crosses ont 
souvent été apposés sur les armes des gens d'église sans souci des 
règles édictées par les héraldistes. Les exemples mêmes qu'a étudiés 
M. d'Armancourt suffiraient à montrer ce que ces lois ont de relatif. 

On a toujours apporté beaucoup plus de rigueur dans la représenta¬ 
tion de l’écu armorié que dans celle des ornements extérieurs des 
armoiries. Aussi convient-il de noter scrupuleusement les formes et la 
disposition des figures qui le décorent. M. d’Armancourt le fait d'or¬ 
dinaire avec beaucoup de précision. Cependant, il nous jette parfois 
dans l'incertitude en ne conformant pas exactement les images aux 
descriptions. Ici, le dessin de croix potencées (pl. X) correspond à la 
description de croix recroisetées (n° 15); là, le dessin d’une croix 
ancrée (pl. Il), à la description d’une croix potencée (n°260). Plusieurs 
fois, nous trouvons confondus le « parti » et le « mi-parti », qui ont 
évidemment la même signification héraldique, mais qui offrent à l’œil 
des aspects tout différents. L’auteur nous parle, à la page 69, d’un 
« fascé de treize pièces » : par définition, tout fascé comporte des pièces 
en nombre pair. 

Sur quelque 300 armoiries qui sont décrites dans l’ouvrage de 
M. d’Armancourt, 270 environ se trouvent identifiées. Cette propor¬ 
tion est fort honorable, et un pareil résultat n’a pu être obtenu sans 
beaucoup de patience et de perspicacité. Des quelques problèmes que 
l’auteur n’est pas arrivé à résoudre, il expose les données avec un 
soin qui permettra aux chercheurs de reprendre aisément la suite de 
ses investigations. 

Max Prinet. 

Em. Duvernoy. Les corporations ouvrières dans les duchés 
de Lorraine et de Bar au XIV e et au XV e siècle. Nancy, 
A. Crépin-Leblond, 1907. In-4° à 2 col., 40 pages. (Annuaire 
de Lorraine , 1905-1906-1907.) 

Le mémoire de M. Duvernoy est rédigé en particulier à l’aide des 
documents des archives départementales de Meurthe-et-Moselle. Dans 
les duchés de Lorraine et de Bar, la corporation s’appelle le plus souvent 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


347 


han ( hansa , compagnie). Son apparition, tardive par opposition à sa 
venue dans les trois villes de Metz, Toul et Verdun, ne remonte pas 
au delà de la seconde moitié du xiv a siècle et, en général, surtout dans 
la Lorraine, ne se place qu’au xv a . C'est que le pays est très féodal 
et militaire, peu urbain et indépendant, d’un développement écono¬ 
mique fort relatif et même ses seules industries, celles des mines, du 
verre et du papier, sont purement rurales : bref, c’est là une contrée de 
Naturalwirtschaft (Introduction). — Historiquement, dans le Barrois, 
les plus anciennes corporations sont celles des drapiers; en Lorraine, 
tout d’abord ne se montrèrent bien plutôt que des confréries et au 
xv a siècle seulement apparaissent les associations professionnelles inté¬ 
ressant au début également la draperie, puis s’étendant à d'autres 
métiers. Vers le milieu de l’époque précédente, la période de forma¬ 
tion est close pour les villes et leurs principales industries ; ensuite, 
seules les professions secondaires imitent ces dernières, comme les 
petites agglomérations se borneront à se modeler sur les grandes. Les 
chartes de métiers, originairement, viennent pour la plupart des inté¬ 
ressés eux-mêmes, qui se contentent de les faire confirmer par le pou¬ 
voir; mais cette liberté aura une tendance à s’amoindrir et l’autorité 
imposera des statuts tout faits. A l’égard du mode de groupement, dans 
des conditions assez spéciales et qui montrent combien la valeur éco¬ 
nomique du pays resta toujours limitée, chaque métier urbain forme 
rarement une corporation indépendante, mais ou dans chaque ville 
un seul groupe social comprend divers groupes professionnels simi¬ 
laires, ou chaque district administratif et au besoin tout le duché même 
englobe tous les travailleurs d’un même métier : en somme, la ten¬ 
dance à la fédération n’est pas douteuse (ch. i). 

La hiérarchie corporative se compose des apprentis, compagnons, 
maitres et chefs. Le recrutement des premiers est mal connu, mais 
il semble peu réglementé et très libéral, en dehors d’une taxe d’entrée 
à payer au duc ou au groupement, sinon aux deux. La situation des 
compagnons demeure encore plus obscure. C’est au contraire avec 
beaucoup plus de soin que l’on règle l’accès de la maîtrise, en raison 
de son importance générale. La condition d’entrée, très rarement 
technique et presque toujours exclusivement pécuniaire, consiste 
dans le versement du droit de han, peu élevé d’ailleurs et revenant 
surtout au pouvoir. En compensation, celui-ci accorde au métier 
l’exercice d'un monopole économique. Les professions, en raison des 
avantages faits aux fils des maitres, avaient d’ailleurs une tendance à 
devenir héréditaires. D’autre part, les violations des règlements 
entraînent l’exclusion temporaire ou perpétuelle du groupe (ch. h). 

Du côté constitutionnel, l’organisme jouissait d’une autonomie se 
manifestant d’une façon assez uniforme par la dévolution du pouvoir 
à un maître assisté de rewardeurs ou inspecteurs. Les membres du 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


348 


BIBLIOGRAPHIE. 


groupement élisaient leur gouvernement, bien que le chef nommât 
directement aussi ses agents. Les droits des élus consistaient dans la 
jouissance partielle ou totale des taxes et des amendes ; leurs devoirs, 
surtout pour les maîtres, dans l'exercice de la juridiction purement 
professionnelle, dans la convocation et la présidence des assemblées 
obligatoires, dans la reddition des comptes faite à la sortie de 
charge, non seulement à l'association, mais au duc; aux esgardeurs 
spécialement revenaient l’inspection et le relevé des contraventions. 
Ainsi les charges de maître du moins étaient-elles assez astreignantes 
et onéreuses. Financièrement, le métier possédait encore une certaine 
autonomie. L'absence de tout rôle politique assura aux corporations 
lorraines une vie paisible (ch. m). 

A titre social, très forte fut et demeura l’influence de la confrérie. 
Au point de vue organique, elle fut souvent même antérieure à la cor¬ 
poration, qui n'était qu’une confrérie légalisée et devenue obligatoire : 
en toutcas, régulièrement, les deux éléments ne faisaient qu’un. L’or¬ 
ganisation du groupement confessionnel, entrée, hiérarchie, constitu¬ 
tion, se trouvait analogue à celle du groupe civil. Mais surtout le but 
du premier était de veiller et de maintenir chez ses membres une vie 
religieuse et charitable intense par un certain nombre de pratiques : 
dévotion envers le patron de la confrérie, versement de secours en 
argent ou en nature pour les fêtes religieuses, les messes, le lumi¬ 
naire; puis, assistance aux enterrements des confrères; enfin, interdic¬ 
tion de travail dominical et conservation de la dignité et de l'honneur 
professionnels (ch. iv). 

Après cet examen général, l’auteur passe en revue des groupes de 
métiers similaires : les métiers de l'alimentation, où les bouchers sur¬ 
tout sont soumis à des prescriptions hygiéniques très strictes; les 
métiers textiles, où comme toujours l’industrie la plus importante est 
celle du drap, bien que sa valeur restât assez limitée pour n’entraîner 
que dans le Barrois la division du travail en plusieurs métiers distincts. 
réuniB d’ailleurs toujours en une profession unique; la technique y 
est assez bien connue, beaucoup mieux que celle de la fabrication très 
différente des toiles; enfin, viennent les métiers de la tannerie et de 
la cordonnerie, assez essentiels dans ce pays d’élevage et de forêts 
(ch. v-vn). 

Le mémoire de M. Duvernoy, écrit avec beaucoup de précision, de 
propriété et même d’élégance, constitue une contribution certaine¬ 
ment intéressante et utile pour une histoire générale des corporations. 
Dans l’ensemble, on doit louer l’auteur d’avoir fait ressortir certains 
côtés régionaux spéciaux des groupements lorrains, comme d’avoir 
insisté sur leurs tendances morales, de même qu’à des points de vue 
plus particuliers, ses renseignements concernant les prescriptions hygié¬ 
niques imposés aux métiers de l’alimentation et surtout son analyse de 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 349 

la technique de la draperie, si peu connue encore, méritent d'ôtre 
signalés. 

La seule remarque, qui se présentera d’ailleurs sous diverses 
formes et que nous nous permettons de soumettre à l’auteur, concerne 
sa bibliographie. En soi tout d’abord, elle aurait pu être plus récente 
ou plus complète. Pour la France, si les recherches de M. Fagniez sur 
Paris sont demeurées excellentes, à l’égard de Levasseur, qu'il n’était 
peut-être pas a priori indispensable d’utiliser, on devait au moins ne 
plus renvoyer à la première édition, vieille d’un demi-siècle, mais à 
la seconde ne remontant qu’à quelques années 1 2 3 4 ; de plus, les travaux 
de MM. Boissonnade* et Hauser 3 6 , et même d’Eberstadt 4 eussent été 
plus ou moins utiles à consulter. A l’égard de la Belgique, il eût été 
plus simple de laisser l’ouvrage « vieilli et insuffisant * de Iiuyttens 
sur les Corporations gantoises* au profit des Recherches de M. Des 
Marez concernant l’Organisation du travail à Bruxelles au 
XV* siècle *. Quant à l’Allemagne enfin, on s’étonnera qu’étant donné 
surtout la région frontière à laquelle se rapporte le travail de 
M. Duvernoy, il ne cite que les ouvrages de Schünberg et de Dettme- 
ring. Sans doute la littérature récente allemande n'est pas décisive à 
l’égard de la question qui nous occupe et elle n’offre pas pour elle le 
nombre et la valeur des œuvres consacrées à un sujet tout à fait 
connexe, celui des villes; mais elle ne manque pas non plus de 
mémoires précieux à utiliser en raison de leur valeur scientifique et 
critique 7 . Cette imperfection bibliographique n’est pas seulement mau¬ 
vaise absolument, mais peut-être a-t-elle entraîné deux conséquences 
qu’il importe d’examiner. 

Les travaux allemands en premier lieu eussent pu attirer l'attention 
de l’auteur sur un point fondamental, on peut le dire, fort débattu, 
comme toutes les questions de point de départ et resté même encore 
incertain jusqu'ici, celui de l'origine des corporations. Sans doute, en 
raison de l'importance économique modérée de la région lorraine, 

1. Paris, 1901, 2 vol. in-8*. 

2. Essai sur torganisation du travail en Poitou. Paris, 1900, 2 vol. in-8*. 

3. Les origines du capitalisme moderne en France (Revue d'économie 
politique, 1902); Des divers modes d'organisation du travail dans t ancienne 
France (,Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. VII, 1905-06), et sur¬ 
tout Ouvriers du temps passé, dont une 3* édition vient de paraître. 

4. Magisterium u. Fratemitas et Dos franzôsische Gewerberecht (Leipzig, 
1897 et 1899, in-8*). 

5. Gand, 1861, in-4*. Voy. Fris, Bibliographie de l'histoire de Gand, n* 182, 
p. 133. 

6. Bruxelles, 1904, in-8*. 

7. Voir Dahlmann-Waitz, Quellenkunde der deutschen Geschichte, 7 Aufl. 
berausg. von E. Brandenburg, n*' 1836-1864, 4264-4288, 5202-5231. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



350 


BIBLIOG11PHIE. 


l’étude de ses groupements professionnels, dans les conditions spéciales 
précédentes, pourrait n’ôtre que relativement fructueuse. Mais mieux 
aurait encore valu dire quelques mots du problème, hasarder quelque 
hypothèse à son sujet que le passer complètement sous silence. Cette 
omission complète et, par suite, l’ignorance où nous nous trouvons 
des détails exacts de l’histoire urbaine et en particulier des conditions 
d'apparition précise des chartes ne nous permettent guère non plus 
d’essayer de résoudre la difficulté. Comme cependant on constate la 
forme première fréquemment pieuse des unions laïques, si bien que 
« les corporations ne sont d’habitude que des confréries légalisées » 1 2 3 4 * , 
— et il doit y avoir là une influence, sinon un lien, d’une importance 
probable assez générale 9 , — comme il semble aussi que le plus sou¬ 
vent les métiers s’organisèrent eux-mémes et que le pouvoir public 
intervint simplement pour ratifier leurs statuts, on peut attribuer à ces 
corporations lorraines un point de départ non pas domanial, ni même 
seigneurial entièrement, mais récent et spontané, et exactement mixte, 
à la fois social et officiel. Les groupements étudiés par M. Duvernoy 
peuvent ainsi, quant à leur origine, confirmer d'intéressantes remarques 
générales émises il y a quelque temps sur la formation des métiers*. 
On ne saurait préciser davantage, mais nous ne doutons pas qu’il 
suffise de signaler le problème à l’érudition et à la sagacité de l'auteur 
pour qu’il essaie de le solutionner complètement. 

D'autre part, la connaissance des recherches françaises, et en parti¬ 
culier des travaux de M. Boissonnade 4 , eût sans doute permis à 
M. Duvernoy de préciser un second point également fort important, 
concernant non plus l'origine, mais le développement corporatif. Les 
unions professionnelles lorraines paraissent avoir pris un réel essor, 
mais on aurait désiré en savoir l’importance véritable et, à cette inten¬ 
tion, il eût été indispensable de chercher à déterminer la valeur de la 
persistance éventuelle du travail libre : il fallait pouvoir comparer 
association et individualisme. L’intérêt de cette question n’est pas seu¬ 
lement absolu, mais il vient aussi des tendances que l’on est trop 
porté à attribuer au moyen âge à ce sujet et qui n’ont au fond rien de 
scientifique. « Il est bien connu, dit M. Duvernoy, que cette époque a 
été la belle période de l’histoire des corporations ouvrières. » On dirait 


1. Duvernoy, p. 24. 

2. Voir Eberstadt, Magisterium «. Fralemüas; livre II : die Frotenilas, 
p. 159 et suiv., et, en particulier, p. 168-174, 177-196; et joindre à la rigueur 
Keutgen, Aemter u. Z Un fie , cb. ix, die Bruderschaft , p. 169 et suiv. (1903). 

3. Cf. Pircnne, compte-rendu de l'ouvrage de Keutgen cité à la note précé¬ 
dente, dans Rev. hisl., t. XCVI (1908), p. 139-141. 

4. Estai sur forganisation du travail en Poitou, livre III, ch. i (l. II, p. 3 

et 9uiv.). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


351 


plus précisément peut-être : » Il a été bien connu », car il semble 
qu’à mesure que l'on approfondit davantage ce côté de l’histoire 
médiévale, deux conclusions se dégagent. Absolument, les organismes 
dont nous parlons, apparus au xn e siècle seulement, assurément déve¬ 
loppés déjà au xiii*, mais restés toujours jusque-là très « sporadiques », 
ne commencent à prendre une réelle importance que dans les deux 
siècles suivants; si donc, dans la région qu’étudie M. Duvernoy, leur 
apparition a pu être relativement tardive, leur mode de croissance, 
considéré par lui comme d’une lenteur exceptionnelle, ne fait à peu 
près que confirmer une règle générale ; c’est que, dans l’ensemble, le 
mouvement corporatif n’appartient sans conteste qu’à la décadence 
du moyen âge. De plus, relativement, s'il ne s’arrêta point, sa marche 
et son développement restèrent cependant assez modérés pour que ce 
système d’organisation du travail ne paraisse jamais avoir englobé 
qu’une partie et même secondaire des intéressés ; or, si on le constate à 
des époques plus récentes, à plus forte raison dut-il en être ainsi aux 
temps plus anciens. Les deux conclusions précédentes se montrent 
ainsi comme parfaitement connexes. Dans l’ensemble, il peut donc 
paraître assez exact de dire que le moyen âge a été seulement la 
période de formation des corporations qui n’y ont joué qu’un rôle 
effacé, quoiqu'à la rigueur plus pur que postérieurement, selon l’état 
assez compréhensible des institutions commençantes. Les raisons 
d’une telle restriction seraient, semble-t-il, assez aisées à rechercher, 
mais leur exposé nous entraînerait trop loin. A la rigueur, suffira-t-il 
de remarquer qu’au point de vue d’abord réel, cette époque a été sur¬ 
tout une période d’économie naturelle, si bien que, même lorsque l'éco¬ 
nomie pécuniaire apparut, « l’atmosphère rurale » demeura prédomi¬ 
nante et la grande industrie ne prit et n’eut jamais qu’une valeur 
secondaire; au point de vue personnel, ce temps n’est pas non plus, et 
pour le motif précédent, mais aussi on ne saurait l’oublier, pour des 
raisons religieuses, un moment de luttes sociales : ces deux causes 
n'ont pas dû rendre les unions très nécessaires. 

Georges Espinas. 

D r Alf. Weyhmann. Histoire de l’ancienne industrie du fer en 
Lorraine. Strasbourg, impr. Du Mont-Schauberg, 1905. In-4°, 
223 pages et une carte. (Trad. française d’un travail paru dans le 
Jahrbuch der Gesellschaft fur lothringische Geschichte u. 
Altertumskunde, Band XVII, 1905.) 

M. Weyhmann étudie, grâce surtout aux documents des archives 
départementales de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle et de la Lor¬ 
raine, l’histoire de la métallurgie du fer dans la partie ouest de la Lor¬ 
raine allemande et spécialement dans les vallées de l’Orne et de la 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



352 


BIBLIOGRAPHIE. 


Fensch, avec les deux centres connus de Moyeuvre et d’Hayange. La 
première trace de cette économie apparaît en 1240 par la concession 
perpétuelle que Philippe de Florangefit à l’abbaye de Villers-Bettnach 
des droits de recherches et d’extraction du minerai dans ses propres 
terres, situées sans doute vers Hayange; puis, en 1260, Thierry, sei¬ 
gneur d’Hayange, concéda à Thiébaut, comte de Bar, « la mine dou 
ban de Haienges pour toz ses fevres ki forgent en ses fores de Brie ». 
Des détails plus précis manquent avant le xiv 8 siècle. A ce moment, 
juridiquement, existaient deux sortes de forges : les unes, situées dans 
le domaine direct du comte de Bar, étaient des exploitations « à rente » 
ou « à cense », comme affermées moyennant le paiement d’une rente, 
d’abord en nature, puis transformée au profit du bénéficiaire en un 
versement en argent fait par chaque usine à titre d’affermage pour 
toute journée d’exploitation; de ce côté, on a même conservé deux 
livres de comptabilité du « clerc recevor des forges » pour le duc, de 
juillet 1324 à novembre 1327 et en 1345; les autres forges dites « de 
protectorat », situées sur le domaine du petit seigneur d’Hayange, 
mais s’étant placées par mesure de sûreté sous « la garde » du plus 
puissant comte de Bar, lui payaient une redevance « de fidélité » fixe 
et en nature de 100 livres de fer, qui n’excluait pas la redevance due 
au seigneur direct ; la première relation disparut au xv° siècle lors de 
la réunion de la Lorraine à la Bourgogne. Entre ces deux modes juri¬ 
diques existait la distinction de la seigneurie foncière et de la suze¬ 
raineté. A titre technique, en 1523 apparaît la première forge hydrau¬ 
lique ; quant aux produits, qui s'exportaient plutôt vers Metz que sur 
la France, on sait seulement qu’en 1324-1327, lors des guerres, on 
fabriqua des quantités de fers à chevaux. 

Néanmoins, au xv 8 siècle, l’industrie de la vallée de l’Orne se mit 
à décliner pour des raisons techniques encore : difficultés d’extraction 
ou imperfection dans la production. Aussi, la plupart des forges fores¬ 
tières disparurent-elles au profit de l’exploitation plus importante de 
Moyeuvre. Juridiquement, après une courte période de deux années, 
de 1564 à 1566, pendant lesquelles le pouvoir usa du système de la 
régie, l’affermage fut remis en vigueur. Les fermes étaient de durées 
différentes, mais toujours assez longues, variant de douze à vingt- 
quatre années. Les preneurs, auxquels on accordait d’ailleurs toutes 
les facilités nécessaires, et aidés par la prospérité générale de l’indus¬ 
trie, retiraient de leurs exploitations des bénéfices sérieux. Ce fut le cas 
en particulier pour le célèbre maréchal de Fabert ; quoique officier 
d’artillerie, il avait repris les forges de son père, un patricien messin, 
et les garda de 1627 à 1639, avant les guerres auxquelles il prit natu¬ 
rellement part. Si Moyeuvre dominait vers l’Orne, d’autres forges y 
existaient encore, ainsi que dans la vallée de la Fensch; seulement, 
de ce second côté, comme elles ne suffisaient pas à absorber le mine* 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


353 


rai produit, par un phénomène surprenant à cette époque, on l'expor¬ 
tait par eau surtout vers la Sarre, où se trouvait également une forge 
(1621-1630). Mais la guerre de Trente ans et tous ses désastres vinrent 
interrompre cette floraison qui, même jusqu’à la fin du xvn e siècle, ne 
reparut pas, arrêtée par une mesure fiscale vexatoire d'origine fran¬ 
çaise, « le droit de marque de fer ». Heureusement, en 1707, les 
usines d’Hayange passèrent par vente judiciaire à Jean Martin de 
Wendel, dont le nom familial est, on le sait, inséparable de l’histoire 
de l'industrie métallurgique, en particulier dans cette contrée. Possé¬ 
dant les capacités personnelles nécessaires, muni des ressources finan¬ 
cières suffisantes, il développa rapidement son industrie, dont l’état 
prospère se maintint avec ses héritiers au cours du xviii® siècle. A 
cette époque, la même situation favorable se constate pour le groupe 
resté toujours domanial de Moyeuvre, grâce surtout à la politique 
économique heureuse de Léopold I« r . Enfin, pendant la période 
révolutionnaire, comme la Lorraine se trouvait dans la région des 
opérations militaires les plus importantes, « les commissaires de la 
République furent chargés par la représentation nationale d’aviser à 
tous les moyens propres à tenir les usines d’Hayange dans le meilleur 
état d’activité possible ». Néanmoins, sous le prétexte que la dame 
Wendel, veuve, était mère d’émigrés, dans l’hiver 1793-1794, le gou¬ 
vernement mit les forges sous séquestre, tout en ne se décidant 
qu’après bien des hésitations à les faire vendre en 1797. Mais, après 
diverses péripéties, la famille put acquérir de nouveau l’usine et ne 
tarda pas à lui rendre son ancienne prospérité. 

Nous nous sommes efforcé de résumer suffisamment ce travail, sans 
prétendre y être parvenu, en raison, nous n’hésitons pas à l’avouer, 
de sa composition. Il est, on le sait, une traduction de l’allemand. Or, 
tandis que la plupart des recherches d’origine germanique présentent 
l’avantage incontestable, et que l’on ne remarque même pas assez par¬ 
tout, de ne pas se perdre dans des réalités de détails, mais de savoir 
s’élever au-dessus des documents, de délaisser heureusement les faits 
pour la théorie, et ainsi de fournir par de simples recherches locales 
. des contributions précieuses à l’histoire d’ensemble, cette contribution 
est absolument dépourvue de tout plan et de toute idée générale. 
Aucune distinction entre les parties technique, économique et sociale; 
aucune conclusion, mais uniquement des analyses ou même des repro¬ 
ductions de documents rangés les uns au bout des autres, le plus sou¬ 
vent avec un luxe de détails et de chiffres tout à fait inutiles, bref, 
aucune considération d’ensemble. Aussi la lecture est-elle difficile, 
l'intérêt médiocre, le profit nul. Dans ces conditions, nous nous deman¬ 
dons vraiment pourquoi ce travail a été traduit en français. 

Georges Espinas. 

1910 23 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



354 


BIBLI0G1AFIIE. 


Henri Courtbault. Le Bourg-Saint-Andéol. Essai sur la cons¬ 
titution et l’état social d’une ville du midi de la France au moyen 
âge. Introduction à l'Histoire de la maison de Nicolay, rédigée 
et publiée sous les auspices de M. le marquis de Nicolay et d’après 
les documents recueillis par M. A. de Boislisle. Paris, H. Cham¬ 
pion, 1909. In-4°, xxiv-287 pages. 

M. A. de Boislisle a travaillé pendant près d’un demi-siècle à la 
préparation de l’Histoire de la maison de Nicolay. Il avait reconnu 
que la généalogie, largement comprise, d’une grande famille française 
pouvait concourir à illustrer l’histoire de la France elle-même. Dans 
le précieux chartrier des anciens premiers présidents de la Chambre 
des comptes de Paris, il avait trouvé la matière d'une étude générale 
sur une institution des plus considérables de l’ancien régime, en même 
temps que les éléments de l’histoire propre d’une race féconde en 
hommes éminents. 

Dix ans lui avaient été nécessaires pour classer les archives que lui 
avait largement ouvertes le marquis Aymard-Charles-Léon de Nico¬ 
lay. En 1873 et en 1875, parurent deux volumes qui comprennent les 
Pièces justificatives de l'histoire de la maison de Nicolay, accompa¬ 
gnées d’une Notice préliminaire où sont étudiées l’organisation et les 
attributions de la Chambre des comptes, et d’un Avertissement où 
est décrite la formation du chartrier de la famille. 

Ce n’était qu’un travail préliminaire. L'histoire même de la maison 
de Nicolay restait à écrire. Elle devait, dans l’esprit de l’auteur, se 
diviser en deux parties : l’une contenant la biographie de tous les 
membres de la famille; l'autre étudiant, à l'égard de l’histoire géné¬ 
rale, la carrière des neuf Nicolay qui se succédèrent à la première 
présidence de la Chambre des comptes. 

Lorsque, en 1908, la mort est venue surprendre M. de Boislisle, la 
première partie seule avait reçu un commencement d'exécution : les 
éléments en étaient rassemblés, des morceaux considérables déjà 
presque définitivement composés. 

La documentation dont disposait M. de Boislisle, empruntée tant 
aux archives particulières de la maison dont il avait entrepris la généa¬ 
logie qu’aux dépôts publics, lui permettait de retracer l’histoire morale 
d’une race, de montrer comment de simples bourgeois du Bourg- 
Saint-Andéol avaient pu s’élever au premier rang de la société et 
s’y maintenir durant trois siècles. 

Soucieux d’étudier la famille de Nicolay dans son berceau, il voulut 
reconstituer la ville du Bourg-Saint-Andéol, telle qu’elle avait été 
au temps où les ancêtres des premiers présidents y faisaient leur 
résidence. Les archives fort riches de cette petite cité vivaroise lui 
en fournissaient le moyen. Il les a dépouillées avec soin. Mais le 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


i 



BIBLIOGRAPHIE. 


355 


temps lui a manqué pour utiliser les documents qu’il avait rassemblés. 
L’édition des Mémoires de Saint-Simon et d’autres travaux considé¬ 
rables absorbaient ses instants. Il dut s’associer un collaborateur et 
eut la bonne fortune de trouver en M. H. Courteault un auxiliaire que 
ses goûts et sa compétence en matière d’histoire sociale préparaient 
à terminer dignement l’œuvre commencée. C’est à lui seul qu’incombe 
maintenant la tÀche de publier les résultats de si vastes recherches. 

M. Courteault nous donne aujourd'hui cette étude sur le Bourg-Saint- 
Andéol dont M. de Boislisle avait conçu le projet et réuni la plupart 
des éléments. Pour faire comprendre le développement de cette ville, 
l’auteur remonte jusqu’aux temps les plus reculés, à l’époque où l’an¬ 
tique Bergoiate des Helviens n’avait pas encore été christianisée par 
l’apostolat de saint Andéol. Mais il n’a pas entendu écrire les annales 
chronologiques de la ville ; il a voulu, surtout, exposer l'état du Bourg 
durant la période qui s’étend depuis le xii* siècle jusqu’au xvi e . Il pré¬ 
sente, d’abord, la topographie de la cité avec ses monuments religieux 
et civils, puis le tableau de ses institutions pieuses et charitables, de 
sa situation féodale, de son organisation municipale, judiciaire et 
financière. 

M. Courteault insiste sur l’état social des diverses classes de la 
population, 4 l’époque où vivaient les premiers Nicolay connus. Les 
chapitres consacrés à l’histoire collective et particulière des familles 
patriciennes sont singulièrement instructifs. L’auteur y a mis en 
lumière cette accession progressive de la bourgeoisie à la noblesse qui, 
& partir du xiv a siècle, s’est produite dans toute la France, mais qui 
est plus sensible dans le midi qu’ailleurs. Les roturiers qualifiés 
a nobles hommes », fussent-ils marchands ou notaires, par courtoisie 
et en raison de leur notabilité personnelle comme de l’ancienneté 
de leur famille, ont constitué d'abord un degré supérieur dans 
la classe bourgeoise. Riches, possesseurs de biens féodaux, alliés 
par mariage aux maisons nobles, ils étaient confondus par le public 
avec les gentilshommes. Parvenaient-ils à quelque office judiciaire 
important, leur noblesse se trouvait, pour ainsi dire, consacrée par ce 
fait. Comme l’a remarqué Fustel de Coulanges, un légiste était aisé¬ 
ment tenu pour noble. Les officiers du roi jouissaient d'exemptions 
d’impôts ; peut-être leurs descendants se sont-ils prévalus de ce privi¬ 
lège et en ont-ils altéré le sens, l’attribuant non 4 la fonction, mais 
4 la naissance. 

Il s’est, certainement, créé une noblesse de possession d'état qui ne 
pouvait se réclamer ni de lettres d'anoblissement, ni de charges ano¬ 
blissantes, mais qui se trouvait, au bout de quelques générations, 
solidement incorporée dans la caste privilégiée. M. Courteault pense 
que cette sorte d’anoblissement de fait était légitime. Les généalo¬ 
gistes officiels et les commissaires du roi 4 la recherche des faux 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



356 


BIBLIOGRAPHIE. 


nobles étaient d’un avis différent. Ils la considéraient comme une 
simple usurpation. Aussi les traces en ont-elles été dissimulées avec 
soin par les intéressés et sont-elles fort difficiles à retrouver actuel¬ 
lement. Les notices généalogiques données par M. Courteault sur les 
familles importantes du Bourg-Saint-Andéol permettent de constater 
ce passage de la bourgeoisie à la noblesse chez les Bonot, marchands 
et notaires au xv e siècle, dont l’Armorial général de d’Hozier ren¬ 
ferme une généalogie altérée; chez les Fayn, dont les parchemins les 
plus anciens ont été complaisamment corrigés par un faussaire du 
xvn e ou du xviii* siècle ; chez les Jausent, les Maroan, les Vincent- 
Mazade. On en trouvera le plus illustre exemple dans l’histoire de la 
maison de Nicolay. 

Max Prinet. 

Henry Moris. L'abbaye de Lérins : histoire et monuments , 
ouvrage accompagné d’une carte et de 40 illustrations en phototy- 
pie. Paris, Plon-Nourrit et H. Champion, 1909. Gr. in-8°, 
l-429 pages. 

M. Moris tient la promesse qu’il faisait, il y a quelques années, 
dans le Cartulaire de Lérins , en publiant aujourd’hui l'histoire de la 
célèbre abbaye. Ce fut au début du vi e siècle que saint Honorât, après 
avoir fondé un premier établissement dans l’Esterel, à la Baume-Saint- 
Honorat, alla, chassé par les pirates, coloniser l’une des îles qui, entre 
Fréjus et Antibes, émergent, « verte aigrette des flots », à peine au-des¬ 
sus de la mer. Florissante à l’époque romaine, cette île abandonnée à 
l’époque des invasions était devenue inhabitable, infestée de serpents. 
En quelques années, les saints anachorètes qui s’y établirent à la suite 
de saint Honorât la transformèrent en un lieu dont on célèbre les 
vivantes perspectives, la verdure, les fleurs, les sentiers embaumés, 
avant-goût du paradis. Très peuplée de moines, pépinière de saints 
et de savants, elle jouit bientôt d’une grande célébrité. On vient de 
toutes parts lui demander des évéques : saint Vincent, saint Fauste, 
saint Loup en sortirent, pour ne citer que les plus célèbres. On y sui¬ 
vit tout d’abord la règle de saint Pacôme, que supplante bientôt celle 
de saint Benoit vers 661. Ce fut à cette époque que commencèrent les 
malheurs de l’abbaye qui, aux vin® et IX e siècles, eut à subir les 
attaques et les ravages des Sarrazins. Elle s’en releva cependant sans 
rien perdre de sa vitalité ni de son renom. 

Favorisée au xi e siècle par les princes de la terre, elle devient le 
centre d’une importante puissance territoriale; soixante-dix prieurés 
et fiefs, quatre-vingts même à un moment, en relevèrent tant dans les 
pays voisins que dans les diocèses éloignés, Avignon, Albenga, 
Viterbe, Barcelone, Saint-Flour et Clermont; l’abbaye possède d’im- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


357 


portants privilèges, droits de pèche, de naufrage, de' franc-salé, 
droit de monnayage dans la principauté de Sabourg. Puissance terri¬ 
toriale, l’abbaye se transforme et devient un château fort. En 1073, 
l’abbé Adebert II jette les premiers fondements de cette importante 
fortification, sentinelle avancée, servant de tour-signal pour la défense 
de toute la région. Malgré de nombreuses attaques des Maures et des 
corsaires génois, l’abbaye ne cessa de croître jusqu'au moment où, en 
1464, Isnard de Grasse fut nommé premier abbé commendataire. 

Ce fut le début de sa chute. Au xvi* siècle, Lérins ne rappelait en 
rien la vie monastique. Unie à la congrégation de Mont-Cassin par 
l'abbé Augustin Grimaldi dans l'espoir de faire refleurir la ferveur dans 
l’ile des Saints, Lérins n'en acquit pas plus de gloire. Des luttes s'en¬ 
gagèrent entre l’abbaye et l'évêque de Montpellier; unie en 1639 à la 
congrégation de Saint-Maur, elle se vit disputée par les nouveaux pos¬ 
sesseurs et par les moines de Mont-Cassin, jusqu’au moment où, en 
1788, Louis XVI autorisa l'évéque de Grasse à poursuivre la suppres¬ 
sion canonique de l’abbaye et à entrer en possession de ses biens. 

Le monastère, l'un des plus célèbres du monde chrétien, avait vécu. 
Vendue à des particuliers, l’ile Saint-Honorat passa en diverses mains 
jusqu’au jour où les Cisterciens de Senanque vinrent en 1869 y faire 
revivre la gloire des anciens jours. 

Telle est, brièvement résumée, l’histoire qu’expose M. Moris. Il l’a 
fait suivre d’études intéressantes sur les nombreux privilèges accordés 
par les papes et les princes, sur le droit de monnaie à Sabourg (accom¬ 
pagné d’une description des types connus de cette monnaie), sur les 
statuts du monastère, sur les nombreuses possessions classées par 
diocèse et dans chaque diocèse par ordre alphabétique accompagné 
d’une substantielle notice, sur la condition des personnes, sur les 
abbés, sur les attaques du monastère au cours des guerres du ix° au 
xviii* siècle, sur la construction du château fort, sur les archives, 
la bibliothèque et le trésor, qui font de cet ouvrage un volume des 
plus importants pour l'histoire d'une de nos plus célèbres abbayes fran¬ 
çaises. 

L. M. 

Courte chronique écrite à Ayen (Corrèze), 1560-1585, publiée 
par Georges Mathieu, archiviste de la Corrèze. Paris, H. Cham¬ 
pion, 1909. In-8°, 46 pages. (Extrait du Bulletin de la Société 
des lettres de Tulle.) 

Aux nombreuses chroniques paroissiales rédigées en Limousin 
pendant les xvi*, xvn* et xvm* siècles doit s’ajouter désormais, pre¬ 
mière en date, celle que M. G. Mathieu vient de tirer des registres 
paroissiaux d'Ayen. Ce D'est ni la moins longue ni la moins instruc- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



358 


BIBLI06BAPHIE. 


tive. Comme elle s’étend sur les années 1560-1585, elle (ait une large 
place aux troubles civils et autres misères de ce temps et apporte un 
contingent, encore ignoré, de menus faits au mémoire de M. Clément- 
Simon sur Tulle et le Bas-Limousin pendant les guerres de reli¬ 
gion , comme à l’histoire économique de la région par la mention du 
prix des denrées pendant ces dures années. 

L’annotation mise par M. G. Mathieu au bas des pages est suffi¬ 
sante et de bon aloi, encore qu’on puisse regretter d’y trouver (p. 33) 
l'identification de Chalucet, château fort des vicomtes de Limoges, 
avec la petite ville de Chalus. Mais il reste à établir la valeur propre 
de cette chronique, dont l’auteur ne peut avoir été témoin de tout ce 
qu’il raconte. Que cet auteur soit le curé d'Ayen, M. G. Mathieu 
hésite à l’affirmer, par manque de preuves. A défaut de l'étude gra¬ 
phique du texte, qui ne peut rien prouver puisqu’il est dit que le docu¬ 
ment a été recopié d’un autre registre, on trouverait peut-être la solu* 
tion de ce petit problème en recherchant, dans les registres 
d’insinuations ecclésiastiques, si à ces années 1560-85 ne correspond 
pas en la paroisse d’Ayen le rectorat d’un seul et même curé. 

A. L. 

Joseph Poux. La cité de Carcassonne à la fin du XV* siècle, 
étude archéologique d’après des comptes royaux inédits. Paris, 
Morin, 1907. In-8°, 47 pages. 

— La châsse de Saint-Gimer, conservée jadis à Sainte 
Nazaire de Carcassonne, essai de reconstitution à l’aide de 
documents inédits. Caen, 1908. In-8°, 30 pages. (Extrait du 
Congrès archéologique de i908.) 

— Les salaires agricoles à Bouilhonnac (Aude) en 15ii-15i2. 
Carcassonne, 1909. In-8°, 7 pages. 

— et Henry Mullot. Nouvelles recherches sur l’itinéraire du 
Prince Noir à travers les pays de l’Aude (29 octobre-16 no¬ 
vembre 1355). Toulouse, 1909. In-8°, 15 pages. (Extrait des 
Annales du Midi, t. XXI.) 

I. La cité de Carcassonne dut aux troubles religieux de la seconde 
moitié du xvi* siècle un regain de vie; on fortifia, on restaura ce puis¬ 
sant organisme militaire déjà bien déchu de sa splendeur féodale et qui 
bientôt s’engourdira « dans une sorte de mortelle léthargie ». Les états 
de la recette et de la dépense du domaine du roi de la sénéchaussée de 
Beaucaire et de Carcassonne ont permis à M. Poux de rassembler les 
éléments nécessaires à une étude des réparations faites aux ouvrages 
et châteaux forts de la sénéchaussée et plus particulièrement de la cité 
de Carcassonne. Ces états permettent de se rendre compte des tra- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


359 


vaux exécutés au château, aux tours et aux enceintes, aux ports et 
aux ouvrages accessoires. Un appendice nous renseigne sur le régime 
des travaux, les salaires et le prix des matériaux. 

II. Le culte de Saint-Gimer est le plus populaire parmi les fidèles car- 
cassonnais. Pierre de Rochefort a, au xiv« siècle, concrétisé cette dévo¬ 
tion et donné au diocèse une châsse célèbre sur laquelle on n’avait jus¬ 
qu’ici que peu, pour ne point dire pas, de renseignements. Les archives 
du chapitre de Saint-Nazaire ont permis à M. Poux de retrouver dans 
des inventaires des sacraires de la cathédrale une description minu¬ 
tieuse de cette châsse. Elle présentait l'aspect d’une chapelle rectangu¬ 
laire couverte d’un toit à double versant ; des tourelles se dressaient 
aux angles et au milieu un baldaquin formait flèche. Les motifs orne¬ 
mentaux la divisaient en seize compartiments, chaque face d’avant et 
d’arrière comprenant deux panneaux séparés par des colonnes déta¬ 
chées; chacun des côtés était semblablement divisé en six panneaux. 
Les personnages représentés étaient sur les petits côtés, d’une part, la 
Vierge et l’ange annonciateur, d’autre, saint Nazaire et saint Celse; 
sur les grandes faces, les apôtres. 

Existant encore en i754, ce précieux joyau, déjà fort délabré, a dis¬ 
paru depuis la fin du xviii' siècle. 

III. Le domaine de Bouilhonnac appartenait à l’abbaye de Lagrasse. 
Philippe de Lévis, évêque de Mirepoix, le possédait comme abbé. Il 
y fit faire en 1511-1512 d’importants travaux. Le compte étudié par 
M. Poux donne un état de l’activité rurale pour toute une année, tra¬ 
vaux des bois, des vignes, appropriation des prés, fenaisons, battage, 
vendanges,<mesurages des grains, etc. Des détails sur la nourriture fort 
abondante et ne différant guère de celle de nos ouvriers agricoles, 
plus riche peut-être en viande, sur les salaires, etc., permettent de 
dire que « la condition matérielle du paysan n’était pas, en 1511, sensi¬ 
blement plus misérable que celle de ses descendants de 1909 ». 

IV. En reprenant de près le texte de Geoffroy-Le Backer sur l’ex¬ 
pédition des Anglais dans le midi de la France en 1355, en le contrô¬ 
lant sur des documents originaux, MM. Poux et Mullot sont arrivés 
à déterminer d'une manière plus précise la marche du Prince Noir et 
à corriger certaines erreurs d’identification des localités où séjourna 
l’armée anglaise. 

L. M. 

L’église de Saint-Philbert-de-Grandlieu (Loire-Inférieure), 
par R. de Lasteyrie, membre de l’Institut. Paris, Impr. nationale, 
libr. C. Klincksieck, 1909. In-4°. (Extrait des Mémoires de l’Aca¬ 
démie des inscriptions et belles-lettres , t. XXXVIII, 2 e partie.) 

Le rapport dont nous allons tenter de présenter une analyse n’a 
rien laissé dans l’ombre et résume tout ce qui a été publié sur cet 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



360 


BIBLIOGRAPHIE. 


important monument. Il est divisé en sept chapitres qu’il faut énumé¬ 
rer pour donner une idée du développement qu’a pris ce travail de cri¬ 
tique très bienveillant pour tous ceux qui ont pris part au débat. 

Le début est une exposition des renseignements que nous ont con¬ 
servés les documents sur l’arrivée des religieux, leur installation et 
leur départ. Après, succède une description de l’état actuel de l’église 
et des efforts dépensés pour le faire connaître à nos contemporains. 
Le troisième chapitre est surtout un examen des théories du Père 
Camille de la Croix. Dans le quatrième, les textes contemporains sont 
appliqués à la construction de 815 pour en déterminer la forme et la 
grandeur. Puis vient l’énumération des changements opérés en 836 
dans le sanctuaire autour de la crypte et dans le déambulatoire. 
Enfin, le vu* chapitre sert à établir les raisons qui déterminent le rap¬ 
porteur à croire à une reconstruction de la nef après l’incendie de 
847, en dehors de toute conception de voûtes. 

On discute depuis quinze ans sur la question de savoir si l'église de 
Saint-Philbert-de-Grandlieu peut être classée parmi les monuments 
de l’époque carolingienne. M. Brutails s’est beaucoup récrié quand je 
lui ai présenté cet édifice comme le produit d'un art inconnu, il n’a 
rien voulu retrancher à l’enseignement de Quicherat. Ses yeux voient 
une grande différence de date entre la nef et le transept, sa critique 
descend jusqu’au xn e siècle. Quant au P. de la Croix, non seulement 
il adopte cette opinion, mais encore il prétend démontrer que les arcs 
du transept et certains murs de l'abside sont les restes d’un édifice 
romain. Pour moi, j’ai toujours pensé et écrit sous différentes formes 
que l’église Saint-Philbert-de-Grandlieu me semblait être l’œuvre 
d’une seule génération dans ses parties essentielles, parce qu’elle por¬ 
tait la marque d’un procédé unique de maçonnerie qui n’aurait pas pu 
refleurir exactement de la même façon au xi« siècle, après avoir pris 
naissance au ix e . 

Mes arguments ont été ceux d'un touriste qui passe et repasse dans 
un édifice en prenant des photographies, tandis que la démonstration 
de M. de Lasteyrie est scientifique. C’est un véritable cours d’archéolo¬ 
gie e.x cathedra qui met en œuvre tous les moyens d’apprécier les 
textes historiques et les membres de l’édifice en question. Il arrive à 
point pour convaincre mes contradicteurs que je suis demeuré très près 
de la vérité en défendant la thèse carolingienne. M. de Lasteyrie est 
de mon côté puisqu’il aboutit à cette conclusion capitale : « Cette 
église, malgré ses mutilations, est encore un des spécimens les plus 
authentiques et les plus considérables qui restent en France de l’ar¬ 
chitecture religieuse à l'époque carolingienne ». Nous allons voir dans 
les détails quelques applications de sa méthode. 

I. Restitution du premier édifice. — En cherchant ce qu’était la 
forme primitive de cette église, M. de Lasteyrie est amené à examiner 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


361 


les diverses hypothèses émises par ses prédécesseurs et naturellement 
il s’arrête longuement sur l’opinion que le Père C. de la Croix a mise 
en avant après avoir exploré tous les recoins de l’édifice. Cet éminent 
fouilleur a rencontré tant de briques alliées à la maçonnerie, de tous 
côtés, qu’il se croit encore dans son chantier de ruines de Sanzay. Il 
se laisse aller à l’idée qu'il est en face d’un monument romain trans¬ 
formé en église par les religieux et prononce même les gros mots de 
basilique, de portique et de forum. 

M. de Lasteyrie, après moi, lui fait remarquer qu’il n’est pas dans 
une localité gallo-romaine et renverse courtoisement sa théorie en 
ajoutant diverses remarques sur l’agencement des claveaux, l’absence 
de petit appareil, la différence d’épaisseur dans les murs, la difficulté 
d’utiliser le carré du transept en l’isolant de son entourage et l’invrai¬ 
semblance du chevet polygonal que son imagination seule a restitué. 

La démonstration est si habile qu’elle entraîne invinciblement la 
conviction que le P. de la Croix s’est totalement trompé dans ses 
interprétations, elle contient en même temps une leçon pour tous les 
chercheurs : c’est à savoir qu’une analyse trop prolongée des maté¬ 
riaux d’un chantier peut faire dévier le jugement du fouilleur quand 
il oublie de visiter les chantiers analogues. 

M. de Lasteyrie a trouvé la lumière non pas tant dans l’examen de 
la chaux et des pierres que dans les édifices attribués à l'époque 
carolingienne à Angers, à Chartres et à Orléans. Protégé par son rôle 
de juge, il combine les réalités qu’il a sous les yeux d’une façon 
plus positive et nous présente un plan d’édifice plus acceptable. C’est 
une nef avec bas-côtés, transept et chevet terminé par trois absides ; 
il n’a pas écarté cependant toutes les objections. Les substructions 
des piliers de la nef qu'il fait remonter à 815 pourraient être celles de 
la reconstruction de 847, car elles dépassent les dimensions d’une 
construction qu’on voulait faire provisoire. 

II. Le transept et ses arcades. — L’examen consacré au transept 
soulève diverses questions qu’il n’est pas aisé de résoudre. Il est évi¬ 
dent que la première église en avait un qui renfermait deux absidioles, 
et que le chevet en abside est désigné par les expressions prima 
frons, que ces divers membres ont été renversés, mais jusqu’où les sup¬ 
pressions se sont-elles étendues? C’est là le point obscur que M. de 
Lasteyrie n'a pas éclairci. On ne constate pas assez d’unité dans ce 
qu’il appelle le carré du transept pour oser dire qu’il fut entièrement 
construit par l'architecte de 815. L’arc triomphal, en effet, est plus 
large, dans son bandeau, que les deux autres du nord et du sud, il 
prend naissance à une hauteur différente. Quant à l’arc de l’ouest, il 
a été restitué témérairement et au hasard, sans qu’on ait trouvé une 
justification dans ses bases. Voilà des discordances graves. Il est donc 
permis de croire que le transept a été atteint par les agrandissements 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



362 


BIBU06KAPHIB. 


de 836. Les petites portes qui touchent les absidioles supprimées sont 
du plan primitif parce qu’elles conduisaient à un réduit nécessaire au 
logement du matériel. Elles ne sont pas indifférentes à mon point de 
vue, parce que M. de Lasteyrie en fait une entrée de déambulatoire 
ouverte en 836 qui nous semble inacceptable en présence des textes 
et peu en rapport avec la foule des pèlerins. Ce déambulatoire, qui 
est une des particularités intéressantes de l’église de Saint-Philbert, se 
trouverait par là transformé en entonnoir, puisqu’il devient spacieux 
en s’allongeant. Pour moi, il a été très largement établi dès 836 pour 
recevoir la foule des pèlerins. 

III. Premier état du sanctuaire et de la crypte. — Le procédé que 
M. de Lasteyrie emploie pour nous expliquer ce qu'était le premier 
sanctuaire, en 836, après l’arrivée des reliques ressemble à celui que le 
P. de la Croix applique à la restitution du transept. Il est arrivé ches 
nous comme s’il avait été prendre des inspirations dans la crypte méro¬ 
vingienne de Jouarre. Il ramène tous ses jugements à cette concep¬ 
tion ; il est pourtant bien sensible que l’installation des reliques de 
saint Philbert offre peu d’analogie avec les confessions connues. C'est 
un reliquaire de pierre que nous avons sous les yeux au niveau du 
dallage du chœur, à quelques marches près, et non une crypte comme 
on l’entend généralement ; il en résulte un trouble dans ses appréciations 
qui l’empêche de voir le caractère secret de Yenfeu et de comprendre 
pourquoi l'intérieur impénétrable au public est moins décoré que l’ex¬ 
térieur. Si la théorie de M. de Lasteyrie était admise, il en résulterait 
que cette confession, bâtie en 836 et dépouillée en 858 de son trésor, 
aurait passé par deux états différents en ce laps de temps. D’une con¬ 
fession ouverte et décorée de colonnes on aurait fait une crypte 
fermée?... 

IV. La nef. —- Du côté de la nef, nous sommes à peu près d’accord, 
c’est-à-dire que nous arrivons aux mêmes conclusions en suivant des 
chemins différents. Au premier abord, on se croirait en présence de 
travées édifiées après l’an mille, les piliers sont à bases cruciformes, 
les cintres sont doubles et à ressaut, des imitations de pilastres 
montent sur la face intérieure vers les combles, comme pour suppor¬ 
ter des doubleaux, et leur donne un faux air de construction romane. 
A les regarder de plus près, on s’aperçoit que le revers des murs est 
également renforcé par un contrefort jusqu’au toit et que ce système 
de consolidation correspond à la place occupée par les entraits de la 
charpente. D’ailleurs, il n’apparait pas qu'on ait tenté de voûter les bas- 
côtés comme on le faisait à l’époque romane pour les nefs voûtées, ce 
qui constitue une lacune très grave dans l’agencement général ; il faut 
donc croire que l’église de Saint-Philbert était couverte d’un lambris. 
Si on a fait d’épais piliers, dit M. de Lasteyrie, ce n’est pas qu’on eût 
l’intention de voûter l’édifice, c’est une preuve que la nef de 815 s’était 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


363 


sans doute écroulée pendant l’incendie de 847 et qu’on voulait éviter 
une nouvelle catastrophe. Pour lui, les autres artifices de construction, 
tels que les arcs à ressaut et la forme des piliers en croix, ne sont pas 
des caractères qui appartiennent exclusivement aux architectes romans. 
A ce propos, il fait une déclaration de principe qui est toute une révolu¬ 
tion dans l’enseignement de l’archéologie monumentale. Contrairement 
aux leçons de Quicherat qui a vieilli, dit-il, M. de Lasteyrie enseigne 
que les générations antérieures à l’an mille ont pu faire des voûtes, 
des piliers au lieu de colonnes et des arcs à ressaut au lieu de per¬ 
cements directs. Ses visites répétées à Saint-Philbert l’ont persuadé 
qu’il y a une architecture carolingienne, distincte de l’architecture 
romane et qui en a préparé l’éclosion, elle est reconnaissable & l’em¬ 
ploi des briques insérées deux par deux dans les murs, les cintres 
et les jambages. Refuser d'admettre qu’on ait essayé de faire, dès 
l’époque carolingienne, des piliers et des arcades à ressaut, dit M. de 
Lasteyrie, « c’est dire qu’en l’an mille l’architecture romane est sortie 
de la cuisse de Jupiter, sans avoir été préparée par rien d’analogue > 
(p. 69). 

Léon MaItrb. 


Abbé Ch. Aimond. La cathédrale de Verdun. Étude historique 
et archéologique. Nancy, Royer et C u , 1909. In-4°, ix-226 pages, 
20 planches. (Publication de la Société philomathique de Verdun.) 

Lorsqu'on s'approche pour la première fois de la cathédrale de Ver¬ 
dun, on ne voit tout d’&bord qu’un monument bâtard, dépourvu de 
caractère et où il semble que, sur une œuvre du xvm* siècle, on ait 
greffé des détails imités du moyen âge. Or, il en est tout autrement 
dans la réalité : la structure même du monument remonte au milieu 
du xn a siècle (1136-1150) et, dans ses dispositions générales, avec son 
double chœur, ses deux transepts, à l’est et à l’ouest, les quatre clo¬ 
chers qui les flanquent, il se rattache très directement à la belle série 
des églises de l'école romane germanique. Pour peu qu’on approfon¬ 
disse davantage son examen, on découvre d’autres détails très carac¬ 
téristiques : notamment des chapiteaux cubiques, dans ce qui reste de 
la crypte orientale et aux colonnes des contreforts de l’abside, et des 
galeries ouvertes à l’extérieur dans le mur du transept oriental. Cela 
n’a pas lieu de nous surprendre, puisque Verdun appartenait à l’Em¬ 
pire, que les églises du cours inférieur de la Meuse, comme celles de 
la vallée de la Moselle, appartenaient à cette même école (voy. Hel- 
big, VArt mosan, t. I, p. 56-60 ; C. Enlart, les Traditions archi¬ 
tecturales du pays messin, dans VAustrasie, nouvelle série, t. I 
(1905-1906), p. 399-405) et que, dans le voisinage même de Verdun, à 
Dugny et à Mont-devant-Sassey (paroisse qui dépendait du diocèse 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



364 


BIBLIOGRAPHIE. 


de Reims), on remarque d’indéniables influences germaniques. D'autre 
part, suivant la juste observation de M. l’abbé Aimond (p. 125), la 
forme polygonale de l’abside orientale, les chevets plats des transepts 
et des absidioles, le plan carré du chevet occidental, des tours et des 
tourelles d'escaliers, la forme des clochers et des flèches sont nette¬ 
ment français et se ressentent du voisinage de la Champagne. 

C’est seulement par une minutieuse et patiente étude qu’il est 
aujourd'hui possible de dégager cette église romane, dont l'aspect 
devait être à la fois sobre et harmonieux ; il est même surprenant qu’il 
en soit resté quelque chose après toutes les injures dont il a été vic¬ 
time et que M. Aimond nous fait connaître en détail, grâce aux nom¬ 
breux documents d’archives qu’il a explorés et notamment au précieux 
journal du chanoine Guesdon et aux papiers du chanoine de Plaine, 
celui-là môme dont les entreprises furent peut-être le plus nuisibles 
au monument. On s’expliquera, après cela, l’aspect composite et décon¬ 
certant de cette cathédrale. Au cours du xm« siècle, sans doute sous 
l’épiscopat de Robert de Milan (1255-1271), on éleva un porche gothique 
orné d’une série de statues et sur le tympan duquel le sculpteur avait 
figuré la scène du Jugement dernier. La grande nef a été voûtée dans 
le dernier quart du xiv® siècle, ce qui a entraîné des modifications 
importantes dans la forme des fenêtres hautes; à la même époque, on 
a élevé les chapelles des collatéraux et l’on a remplacé, à l’abside 
orientale, la voûte en cul-de-four par un rond-point ogival, dont la toi¬ 
ture masque la plus grande partie du pignon roman; ces modifica¬ 
tions, où l’on relève des traces certaines d’influence champenoise, 
furent exécutées par l’architecte Pierre Perrat, qui travailla aussi aux 
cathédrales de Metz et de Toul. Au xvi® siècle (1507-1515), l’architecte 
Nicolas Masson construisit la chapelle du Rosaire, dont l'ornementa¬ 
tion extérieure est vraiment charmante. L’incendie du 2 avril 1755 fut 
moins terrible par lui-même que par l’occasion qu’il fournit au cha¬ 
pitre de dénaturer complètement sa cathédrale, sous prétexte de res¬ 
taurations : les vitraux des fenêtres romanes et des fenêtres gothiques 
furent détruits, les cryptes comblées et leurs voûtes défoncées, les 
tombeaux supprimés, de même que les tribunes, les absidioles, le 
jubé; les piles romanes disparurent sous une décoration en style 
rocaille. Moins d’un demi-siècle plus tard, la Révolution ajoutait à 
ces déprédations, et la Commission des arts de la Convention signalait 
à la vindicte publique le vandalisme du serrurier Carrage. Au cours 
du xix® siècle, et jusqu’au début du xx®, de maladroites restaurations 
et de malencontreux crépissages n'ont fait que supprimer ou masquer 
les vestiges subsistants de la cathédrale romane. 

En somme, de l’église construite au XI e siècle par l’évêque Thierry 
on n’a plus que la partie inférieure du chœur, du transept et des tours de 
l’ouest; celle du xii® siècle subsiste dans son ossature, mais cette ossa- 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


365 


ture disparaît sous un décor moderne, et, de son ornementation, il reste 
à l’est quatre bas-reliefs remployés plus tard à l'extérieur de l’abside, 
la partie supérieure d'une porte, les imbrications du chevet, et surtout 
une suite de beaux chapiteaux dans le transept, dans la partie subsis¬ 
tante de la crypte et aux colonnes d’angle des contreforts. Le porche 
du xiii s siècle n’a conservé que la décoration de feuillages qui orne 
sa première archivolte et la moulure du gable qui le surmonte. Au 
xm a siècle appartiennent encore les beaux chapiteaux des collatéraux ; 
au xiv e , ceux des colonnes adossées de la grande nef, très inférieurs aux 
premiers, et des gargouilles assez curieuses. Le xv e siècle nous a laissé 
des peintures aux voûtes de la crypte. De ses anciennes dépendances, 
la cathédrale a conservé un beau cloître, en partie du xiv e siècle, 
en partie du xvi e , une gracieuse construction servant de sacristie et 
remontant au xm e siècle, mais les salles capitulaires, la bibliothèque, 
l'école sont aujourd’hui méconnaissables. 

Du mobilier, il subsiste moins encore : le jubé et les stalles de la 
Renaissance ont disparu, de même que l’horloge astronomique. En 
dehors d’une statue de sainte Barbe, qui semble remonter au moyen 
âge, et d’un vitrail peint en 1633 par le verrier Ferry et figurant des 
sujets relatifs à l’Eucharistie, on ne trouve plus à la cathédrale que 
des œuvres du xvm e siècle : les belles stalles exécutées par le Tou- 
lois Lacour, le baldaquin imité de celui de Saint-Pierre de Rome, 
quelques statues, dues notamment aux ciseaux du Nancéien Jonkker 
et de l’Anver9ois Schobbens. Les reliquaires furent vendus en 1746 
par l’évéque ou brisés à la Révolution, mais de précieuses étoffes 
orientales qui enveloppaient les reliques n’ont quitté la cathédrale, 
pour passer dans une collection particulière, qu’au milieu du dernier 
siècle. La mosaïque du chœur occidental et les carrelages du xm e siècle 
ont disparu depuis moins de cinquante ans, mais M. Aimond a pu 
du moins trouver un dessin de la première et il publie la reproduc¬ 
tion d'un certain nombre de carreaux vernissés qu’il a pu retrouver 
de droite ou de gauche. La bibliothèque, qui contenait des trésors, a 
été dispersée : en 1636, le chapitre en vendit une partie; en 1790, on 
voulut soustraire à l'inventaire les manuscrits les plus précieux, mais 
plusieurs se perdirent entièrement et l’un d’eux, un magnifique sacra- 
mentaire du IX e siècle, recouvert de plaques d’ivoire et d’argent, a été 
acheté par l’Électeur de Bavière et se trouve aujourd’hui à la Biblio¬ 
thèque royale de Munich. 

On ne peut que louer la conscience avec laquelle M. l'abbé Aimond 
a recherché les documents intéressants pour l'histoire de la cathédrale 
de Verdun, le soin avec lequel il les a mis en œuvre, la précision 
qu’il apporte dans ses descriptions, la critique avec laquelle il discerne 
les apports de chaque période dans ce monument composite, l’érudi¬ 
tion dont il fait preuve dans ses comparaisons avec d'autres monu- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



366 


BIBU0G1APHU. 


menta. Son vocabulaire est généralement exact; parfois cependant 
(p. 96,101,127), le mot « ogive » est employé à tort pour désigner un arc 
brisé. La bibliographie est assez complète ; il aurait peut-être fallu y 
ajouter la mention d’une notice sur Verdun publiée en 1901 par 
M. Pionnier dans Y Annuaire de la Meuse, k cause des dessins dont 
l’a illustrée le regretté W. Konareki, et celle des Enquêtes camp a- 
nairea de M. Berthelé (Montpellier, 1903), qui reproduisent le petit 
bourdon fondu en 1874 par Farnier-Bulteau, et renferment quelques 
indications dont M. Aimond aurait pu tenir compte dans l'appendice, 
d’ailleurs fort érudit, qu’il a consacré aux cloches de la cathédrale. 

L’illustration, que l’on voudrait plus abondante, notamment en ce 
qui concerne les chapiteaux gothiques et la décoration de la chapelle 
de l’Assomption, est cependant assez riche, puisqu’elle ne compte pas 
moins de cinquante planches ou dessins, très judicieusement choisis 
et exécutés avec une netteté parfaite; signalons, entre autres, deux 
plans, celui de Robert de Cotte (1724) et celui de 1755, les photogra¬ 
phies des bas-reliefs et des chapiteaux romans, des peintures de la 
crypte, du sacramentaire de Munich. 

Exprimons, en terminant, tous nos compliments et tous nos remer¬ 
ciements à la Société philomathique de Verdun, qui n’a rien négligé 
pour donner tout le lustre qu’il méritait à cet excellent travail, dont 
elle s’est faite l’éditeur désintéressé. 

André Lbsort. 

Max Prinet. Les Armoiries écartelées des conjoints d'après les 
sceaux français. Paris, Rollin et Feuardent, 1909. In-8°. 
(Eitrait de la Revue numismatique, 1909, p. 372.) 

Bien que les manuels français de blason et de sigillographie n’in¬ 
diquent, lorsqu’il s’agit de faire figurer sur un môme écu les armoiries 
de deux conjoints, qu’un procédé de combinaison qui est le parti, con¬ 
sistant à partager l’écu par un trait vertical pour y mettre d’un côté 
les armes du mari et de l’autre celles de la femme, il est un autre pro¬ 
cédé dont les sceaux offrent de nombreux et indiscutables exemples, 
c'est l’écartèlement. L’écu étant divisé en quatre parts ou quartiers 
par deux traits se coupant à angle droit, les armoiries de l’un des con¬ 
joints se trouvent répétées aux premier et quatrième quartiers; celles de 
l’autre aux second et troisième. Il y a, on le voit, double représenta¬ 
tion des mêmes armes qui, dans le parti, ne sont figurées qu’une fois. 
Roger Bernard III, comte de Foix, porte, sur son sceau, en 1281, un 
écu écartelé de Foix et de Béarn, sa femme étant Marguerite de Mon- 
cade, vicomtesse de Béarn. Otton IV, comte de Bourgogne, en 1302, 
mari de Mahaut, comtesse d’Artois, écartèle les armes de Bourgogne 
de celles d’Artois. De môme pour Colard d’Estouteville et Jeanne de 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


367 


Mauquenchy (1378, 1405, 1410, 1415); Jean de Rieux, maréchal de 
France et de Bretagne, et Jeanne de Rochefort; René, b&tard de 
Savoie, et Anne Lascaris de Vintimille, comtesse de Tende, etc. 

C'était parfois une condition imposée au mari par les parents d’une 
fille unique qui l'obligeaient ainsi à relever les armes de leur maison 
près de s’éteindre en les joignant à celles de sa propre famille. Tel fut 
le cas pour François de Bourbon, comte de Saint-Pol, et Adrienne 
d'Estouteville, pour leur fille Marie qui successivement épousa Jean 
de Bourbon, François de Clèves, Léonor d’Orléans-Longueville. 

Les armoiries ainsi relevées par un mari peuvent être aussi celles 
d’une maison dont la famille de sa femme était l’héritière. Antoine de 
Chabannes écartela ses armes de Nanteuil et non de Dammartin. 
D’autres fois, surtout en Allemagne, ce sont les femmes qui ont com¬ 
biné les armes de leur famille paternelle avec celles de leur mari. 
Ainsi un écu écartelé de deux blasons n’appartient pas toujours, 
comme on le croit généralement, à une personne issue de deux familles 
propriétaires de ces deux blasons ; il peut représenter les armes d’un 
membre de l’une de ces deux familles allié à l'autre par son propre 
mariage. Telle est la conclusion pratique clairement formulée et soli¬ 
dement établie par la courte mais substantielle étude de M. Prinet. 

Aug. Coulon. 

Georges Doutrbpont. La littérature française à la cour des 
ducs de Bourgogne : Philippe le Hardi, Jean sans Peur, 
Philippe le Bon, Charles le Téméraire. Paris, Honoré Cham¬ 
pion, 1909. In-8°, lxviii-544 pages. (Tome VIII de la Biblio - 
thèque du XV* siècle.) 

Lorsqu’en 1906, M. Doutrepont publia l’Inventaire de la « librairie » 
de Philippe le Bon, dressé en 1420 et resté jusqu’alors inédit, il nous 
promettait dans son introduction un ouvrage qui devait porter sur 
l’ensemble du mouvement littéraire à la cour des ducs de Bourgogne. 
C’est cette promesse que M. Doutrepont vient de réaliser en faisant 
paraître le présent travail qui sera lu avec intérêt et profit non seule¬ 
ment par ceux qui s’occupent de l’histoire de la maison de Bourgogne, 
mais aussi par tous ceux pour qui les productions littéraires du 
XV* siècle ont quelque attrait. 

L’auteur s'est surtout attaché à montrer en quoi les œuvres parues 
sous l’influence des ducs sont l’expression d’une société. Sa princi¬ 
pale préoccupation a été de rechercher ce que la littérature de Bour¬ 
gogne pouvait fournir d’indications précieuses à noter et susceptibles 
de renseigner sur le tour d’esprit, les vues politiques, la psychologie 
même des princes qu’elle a célébrés et parfois inspirés. Il a moins visé 
à écrire l’histoire des nombreux manuscrits réunis par les ducs en 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



368 


BIBLIOGRAPHIE. 


l’espace de plus d'un siècle qu’à montrer comment ces manuscrits 
répondaient aux tendances du milieu qui les a vus paraître et qui bien 
souvent a provoqué leur apparition. Mais, tout en étudiant ainsi la lit¬ 
térature bourguignonne au point de vue social, en tant que représen¬ 
tation d'une cour brillante et fastueuse, M. Doutrepont s’est appliqué 
à la situer dans le mouvement général des lettres. Et, sans vouloir 
rien exagérer, ce n'est pas à tort qu'il pense avoir apporté ainsi sa 
contribution à l’étude des origines lointaines de la Renaissance qui fut 
moins une rupture avec le passé que l’introduction de l’idée de l’art 
dans une société qui, connaissant déjà les œuvres des anciens, ne 
savait pas les comprendre parce qu'elle s'obstinait à y chercher seu¬ 
lement des prétextes à enseignements moraux. 

Malgré les défauts qu'il lui reconnaît très simplement, il semble 
bien que le plan adopté par l'auteur, — division par genres littéraires 
et étude de chaque genre par règne, — soit le seul qui lui permette de 
maintenir sans cesse en vedette la personnalité des ducs et d’étudier 
en même temps, sans fragmenter trop son étude, une série d'œuvres 
inspirées par une grande idée ou un grand projet, tel par exemple que 
la croisade turque. 

Dans un premier chapitre, M. Doutrepont étudie les épopées et 
romans d’inspiration médiévale. Il distingue d'abord les œuvres dont 
l’inspiration est antérieure à l’ère bourguignonne. Il passe en revue 
les romans possédés par les ducs et dont on trouve trace dans les 
inventaires. Cette revue est surtout intéressante pour le règne de Phi¬ 
lippe le Bon. L’importance du Girard de Roussillon de Jean Wau- 
quelin est soulignée à juste titre, et ce n’est pas sans raison que 
M. Doutrepont reconnaît après M. Meyer que Wauquelin « avait une 
érudition assez variée pour l’époque et un certain talent de mise en 
œuvre ». Le parallèle que maître Wauquelin a eu souci de suggérer 
au lecteur entre Girard de Roussillon et le puissant duc d’Occident 
est noté comme l’on peut s’y attendre, quand on connaît la thèse de 
M. Doutrepont. Et si parfois le souci de soutenir sa thèse entraîne 
peut-être l’auteur à multiplier les hypothèses (ainsi p. 378 et 481). il 
est parfaitement dans son droit en attirant ici notre attention sur un 
parallèle qui s’impose de lui-même. 

Parmi les œuvres dont l’inspiration est contemporaine de l’ère bour¬ 
guignonne, la Geste des ducs Phelippe et Jehan de Dourgongne, 
si elle n’offre qu’un faible intérêt au point de vue littéraire, possède 
en revanche une valeur historique réelle. Comme le remarque M. Dou¬ 
trepont, l’auteur anonyme de cette geste nous fournit les plus pré¬ 
cieuses indications sur l’état des esprits des partisans de Jean sans 
Peur. Le Pastoralet est ensuite étudié assez longuement. Cet ouvrage 
présente des qualités d’invention et de forme qu’on ne saurait nier. 
Avec assez de vraisemblance, M. Doutrepont pense que l’auteur doit 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


369 


être un partisan de la faction des bouchers de Paris qui avaient à leur 
tâte les Gois, avec lesquels Jean sans Peur entretenait des relations. 
L’hystoyre et plaisante cronicque du Petit Jehan deSaintré et de 
la jeune dame des belles cousines fournit à l'auteur l'occasion d’une 
étude assez pénétrante sur la dualité de l'intrigue que l’on a si sou¬ 
vent signalée dans ce roman. L’ironie court d'un bout à l'autre de 
l’œuvre. La dame des belles cousines semble surtout désireuse de 
« farcer », et c’est ce que certains semblaient avoir peu vu jusqu’à 
présent. Un autre point sur lequel M. Doutrepont est d’accord avec 
M. Sdderhjelm, c'est la portée du dénouement. La Sale a-t-il voulu 
ridiculiser la chevalerie autant qu’on l’a déclaré ? Il ne semble pas. 
Sans doute, la chevalerie est raillée, mais elle l'est sans fiel et sans 
amertume, et l’ouvrage se termine par la défaite de damp abbé, la 
confusion de la dame des belles cousines et à l’honneur de Jehan. 

Dans un chapitre intitulé l'Antiquité, l’auteur étudie les traduc¬ 
tions, compilations et romans antiques. Parmi ces œuvres, l’une des 
plus intéressantes est le Livre des conquestes et faits d'Alexandre 
le Grand que compila Jean Wauquelin. Nous en avons trois copies 
bourguignonnes dont l'une est au nombre des plus magnifiques livres 
qui soient sortis des ateliers de librairie de la Flandre. M. Doutrepont 
examine longuement ensuite les origines de la Toison d'or, ses 
patrons : Jason et Gédéon, et les livres qu’elle a inspirés. Il n’a pas de 
peine à montrer l’inanité de l’anecdote amusante qui attribuerait à la 
Toison une origine galante et en ferait un hommage rendu par Phi¬ 
lippe le Bon à une favorite à la chevelure dorée. 

C’est avec raison que dans son chapitre troisième, consacré à la lit¬ 
térature religieuse et didactique, comme d’ailleurs un peu partout 
dans son livre, car c'est là une des idées qui lui sont chères et que 
cependant il évite bien d’exagérer (voir à ce sujet p. 236), M. Doutre¬ 
pont montre que le projet de la croisade turque a préoccupé tous nos 
ducs. Dès 1393 commence ce que l’auteur appelle la littérature turco- 
phobe avec la Dolente et piteuse complainte de l’Église moult 
désolée d’Eustache Deschamps et naturellement cette littérature fleu¬ 
rit surtout sous Philippe le Bon. 

Les Cent Nouvelles nouvelles sont étudiées ensuite avec les 
fabliaux et nouvelles. M. Doutrepont croit que le personnage appelé 
Monseigneur ne peut être que le duc de Bourgogne et il produit un 
nouvel argument en faveur de cette opinion (p. 338). Le théâtre, la 
poésie lyrique, puis les historiens et chroniqueurs font l’objet des 
chapitres suivants. Et avant de conclure l’auteur nous donne des ren¬ 
seignements précis et intéressants sur la situation faite aux écrivains 
et aux livres chez les ducs de Bourgogne. 

En résumé, l’ouvrage de M. Doutrepont, très soigneusement docu¬ 
menté, très critique (ainsi voir p. 463 ce que l’auteur pense de la des- 

1910 24 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



370 


BIBLIOGRAPHIE. 


cription donnée par Reiffenberg de la bibliothèque du palais de 
Bruxelles), muni d'un index soigneusement dressé, est un livre qui 
sera utilement et facilement consulté. En le lisant, on y a eu plaisir 
à voir que l’auteur disculpait Philippe le Bon et Charles le Témé¬ 
raire de l’injuste grief qu’on leur a si souvent adressé d’avoir accueilli 
et encouragé le groupe des grands rhétoriqueurs. C’est seulement 
à la cour de Maximilien I er et de Marguerite d’Autriche qu'a surtout 
vécu Jean Molinet. Enfin l’on ne peut que reconnaître l’exactitude du 
jugement porté par M. Doutrepont lorsque, voulant caractériser d'une 
manière générale la littérature de Bourgogne, il écrit qu'elle suit une 
courbe analogue à celle de la politique des ducs et que de française et 
de parisienne qu elle est à ses débuts elle tend dans la suite à devenir 
régionale et particulière. 

Henry Prost. 

Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques , publié 
sous la direction de Mgr Alf. Baudrillart et de MM. Alf. Vogt 
et Urb. Rouziès. Fasc. 1 : Aachs-Achot. Paris, Letouzey et Ané, 
1909. In-4 # , 320 col. 

L'Encyclopédie des sciences ecclésiastiques, dont la publication 
a été entreprise depuis plusieurs années par la librairie Letouzey et 
Ané et qui comprenait déjà le Dictionnaire de la Bible de M. Vigou¬ 
reux, le Dictionnaire de théologie catholique de MM. Vacant et 
Mangenot, le Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie 
du R. P. dom Cabrol, s'enrichit d'une nouvelle branche fort utile dont 
le besoin se faisait bien sentir. Il y a, en effet, dans l'histoire de l’Église, 
un assez grand nombre de personnages qui ont joué des rôles impor¬ 
tants, sans que leur action se soit cependant beaucoup manifestée au 
dehors, et qui, pour cette raison sans doute, ne figurent pas dans les dic¬ 
tionnaires généraux ; il y a aussi des institutions particulières soit à une 
époque, soit à une région et sur lesquelles on chercherait en vain des 
indications dans les encyclopédies destinées au grand public ou même 
aux seuls érudits. D’ailleurs, ces encyclopédies, qui embrassent le plus 
souvent l’ensemble du savoir humain, doivent nécessairement n'accor¬ 
der qu’une part restreinte au domaine de chacune des branches de ce 
savoir, et puis, il faut bien le dire, le domaine des choses religieuses 
y est trop souvent considéré comme dénué de tout intérêt. 

Mais, pour rendre vraiment les services qu’on est en droit d'attendre 
de lui, un Dictionnaire comme celui qui commence à paraître doit 
donner au lecteur un exposé exact et complet des résultats auxquels 
ont abouti les derniers et les meilleurs travaux d’une science qui a 
fait d’immenses progrès depuis quelques années. Le seul fait que la 
haute direction en appartient à Mgr Baudrillart est à ce point de vue 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


371 


la meilleure des garanties, et le savant recteur de l’Institut catholique 
de Paris a su grouper autour de lui des collaborateurs qui, pour la 
plupart, sont des spécialistes déjà bien connus par des publications 
estimées. 

A travers les notices très diverses que contient le premier fascicule, 
on rencontre constamment un évident souci d’impartialité et d’objec¬ 
tivité ; toutes ces notices sont terminées par des bibliographies géné¬ 
ralement dressées avec beaucoup de discernement, et plusieurs 
d’entre elles (par exemple celle de l’abbaye d’Acey, en Franche-Comté) 
sont rédigées presque uniquement à l’aide de documents d’archives. 

Citons parmi les articles les plus originaux ou les plus complets ceux 
de M. L. Guérard sur « J.-P. d’Abbadie, évéque de Lescar » (1599- 
1609) et sur « Bernard d’Abbadie, évêque de Dax » (1690-1732); de 
M. Aie. Ledieu sur l’histoire religieuse d’« Abbeville » ; de dom Ursmer 
Berbère sur Abbon de Fleury; de M. l'abbé Vacandard sur Abélard; 
du professeur Guidi et de M. H. Froidevaux sur l’église et les mis¬ 
sions d’Abyssinie. Signalons aussi quelques courtes, mais substantielles 
notices de M. Georges Goyau, de M. Aug. Audollent, de M. le cha¬ 
noine Ulysse Chevalier, de M. le professeur Cauchie, de M. l’abbé 
Clerval. 

Par le domaine qu’il embrasse, ce nouveau Dictionnaire vient 
combler une importante lacune dans l’outillage des recherches histo¬ 
riques, et par l’érudition et le talent de ses rédacteurs il semble 
devoir répondre à toutes les exigences de la science moderne en 
matière d’histoire religieuse 4 . 

André Lesort. 

Boninus Mombritius. Sanctuarium , seu vitae sanctorum; 

novam hanc editionem curaverunt duo monachi Solesmenses 
[D. A. Brunet et D. H. Quentin]. Paris, A. Fontemoing, 1910. 
2 vol. gr. in-8°, xxxi-687 et 835 pages. 

C’est au Milanais Bonino Mombrizio qu’est dû le premier recueil de 
vies de saints, publié à Milan, avant 1480, en deux gros et magnifiques 

1. Quelques petites chicanes de détail : à propos de saint Aaron de Bretagne, 
M. l’abbé Duine renvoie à la Vita de saint Malo publiée par dom Plaine, mais 
il eût fallu citer aussi le récent travail consacré à cette Vita par M. Ferdinand 
Lot, dans ses Mélanges d histoire bretonne, où il est précisément question 
(ch. iv, 2 6; Annales de Bretagne, juillet 1907, p. 747-749) des modifications 
subies par la légende d’Aaron dans les différentes versions de la Fila S. Machuti. 
— Dans l’article de M. l’abbé Corbierre sur l’Abbaye-aux-Bois, on regrette de 
ne pas trouver de renseignements précis sur la communauté qui a occupé la 
célébré maison durant le xix* siècle, tout au moins la date de son installation 
et la liste des supérieures. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



372 


BIBLIOGRAPHIE. 


volumes in-folio, et dédié au célèbre Cicco Simonetta. Les grands 
recueils postérieurs de Lipomani, de Surius, des Bollandistes n'ont pu 
le faire oublier et ne l'ont pas remplacé. Il est en effet plusieurs vies 
de saints, qui ne sont imprimées encore que dans le Sanctuarium, 
ou dont le texte y présente de très nombreuses et importantes diffé¬ 
rences avec les éditions postérieures. 

On ne trouve les deux gros volumes de Mombritius que dans un 
très petit nombre de bibliothèques, et ils sont devenus d’une rareté 
extrême, aussi ne saurait-on être trop reconnaissant aux deux auteurs 
de la nouvelle édition, D. A. Brunet et D. H. Quentin, de la peine et 
du soin qu’ils ont apportés à la réimpression présente du Sanctua- 
rium. Ils en ont reproduit le texte avec la plus minutieuse exactitude, 
reportant à YApparatus , qui accompagne chaque volume, quantité 
de corrections, additions et remarques, qui donnent un prix particu¬ 
lier à la nouvelle édition. Une table très complète des noms de per¬ 
sonne, de lieu et des principales matières, due à D. Q. Chauvin, ter¬ 
mine le second volume et facilitera singulièrement la consultation du 
Sanctuarium. 

II. O. 


P. Nicolas Dal-Gal, O. F. M. Saint Antoine de Padoue, thau¬ 
maturge franciscain (1195-123Î), traduit de l’italien par le 
P. Théobald Aumasson... Rome, 12, via Giusti, et Paris, Vie et 
Amat (s. d.). In-8°, lv-407 pages. 

Hilaire de Barenton. L’Action sociale de François d’Assise, 
d’après des documents peu connus. Paris, T « Action franciscaine » 
(s. d.). In-8°, 53 pages, fig. (Extrait de VAction franciscaine.) 

Le livre du P. Nicolas, s’il n’apporte guère d’inédit sur la vie du 
saint, n’en est pas moins une bonne biographie, claire, bien divisée, 
qui intéressera le grand public auquel il est destiné. L’historien aurait 
peut-être souhaité que les documents eussent été étudiés de nouveau 
et de plus près; quelques détails, qui restent encore douteux, auraient 
gagné à être serrés davantage par la critique; mais l’ensemble de 
l’ouvrage dans ses grandes lignes n'en aurait tiré qu'un profit peu appré¬ 
ciable pour le public. 

Le P. Hilaire, dans la présente plaquette, n’a fait que mettre en 
œuvre la plupart des sources utilisées et publiées pendant ces dernières 
années par les historiens de saint François. Il s’est efforcé de montrer 
brièvement l’influence exercée par saint François sur la société de son 
temps, à exposer succinctement ce que le public ne serait pas allé 
chercher dans des ouvrages d'érudition. 

H. L. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


373 


« Les Saints ». Sainte Colette (Î38Î-WÛ), par André Piboux. 
Paris, Victor Lecoffre, 1907. ln-12, 190 pages. 

Continuant une série où des biographies de valeur ont été éditées, 
la librairie Lecoffre a confié à M. Pidoux, archiviste paléographe, 
docteur en droit et camérier de S. S. Pie X, le soin d’écrire la vie de 
la célèbre réformatrice. Je ne suis malheureusement pas compétent 
pour juger ce que l’édification du public y gagnera; mais je crains 
que l’auteur n’ait rien trouvé de nouveau à nous apprendre. Sans 
doute son but n’a pas été de faire œuvre d’érudition : les lecteurs 
auxquels il s’adressait ne s’en seraient pas consolés; cependant, en 
passant, il eût pu, sans sacrifier les éléments de piété pure, accorder 
plus à la curiosité de lecteurs un peu profanes. Ainsi, j’ai vivement 
regretté de ne pas trouver de notice du « splendide bréviaire enlu¬ 
miné » donné par Benoît XIII à sainte Colette et conservé « encore 
aujourd’hui dans une armoire vitrée au sanctuaire de la chapelle des 
Pauvres Clarisses de Besançon ». La chose est d’autant plus fâcheuse, 
à mon avis, que ce livre a été, parait-il, l’objet d’un miracle de la sainte, 
puisque « le diable, dans une des attaques qu’il dirigea contre elle, 
renversa méchamment la lampe » sur le volume qui fut entièrement 
gâté. « Mais l’œuvre satanique ne résiste pas à la prière des saints » 
et le lendemain le manuscrit était « aussi frais et propre qu’avant le 
diabolique accident ». 

H. Moranvillé. 

The Anglo-Saxon chronicle , newly translated by E. E. C. 
Gomme. London, George Bell, 1909. In-12, xvi-315 pages. 

La librairie Bell, de Londres, a entrepris d'offrir au public, en tra¬ 
duction anglaise, la série complète des sources de l’histoire de la 
Grande-Bretagne du vi e au xiii® siècle pour le moins. Huit ouvrages 
ont déjà paru. Le plus curieux (avec le Bède, traduit par M. Sellar) est 
sans doute celui que nous annonçons. Ce n’est pas cependant que le 
traducteur se fasse illusion sur la valeur historique de la partie la plus 
ancienne de la Chronique anglo-saxonne. Il nous avertit (p. vu) que 
les matériaux qu’utilisa le roi Alfred lorsqu’il fit exécuter cette com¬ 
pilation en 893, sans doute à Winchester, étaient de mince valeur 
pour la période des invasions des Angles, des Jutes et des Saxons. 
Nous ne savons rien d'assuré avant la diffusion du christianisme au 
vu® siècle. Notons l’intéressante hypothèse que les passages concer¬ 
nant les invasions danoises du ix® siècle sont dus à la plume du roi 
Alfred lui-méme. Le traducteur a naturellement pris pour base de sa 
translation l’excellente édition de M. Ch. Plummer. C'est également 
à celui-ci qu'il a emprunté la substance de l’annotation très sobre 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



r 


374 BIBLIOGRAPHIE. 

rejetée à la fin du volume. Il serait à souhaiter qu’une entreprise du 
môme genre se fondât en France. Les traductions de la collection 
Guizot sont introuvables et, d’ailleurs, périmées. 

F. Lot. 

John Leland. The itinerary of John Leland in or about the 
years 1535-15k3. Parts I to XI, edited by Lucy Toulmin Smith. 
London, George Bell and Sons, 1906-1910. 5 vol. in-8°, avec 
portrait et cartes. 

En 1533, Henri VIII avait chargé son bibliothécaire et antiquaire 
John Leland de rechercher dans les bibliothèques des monastères et 
des collèges les monuments des anciens historiens pour la composi¬ 
tion d’une grande histoire d'Angleterre. Pendant neuf années, de 1535 
à 1543, Leland parcourut les villes et les moindres bourgs de l’Angle¬ 
terre et du pays de Galles, visitant en détail les cathédrales et les ch⬠
teaux, notant les ruines des anciens monuments romains ou saxons, 
examinant les vieux manuscrits des bibliothèques et compulsant les 
archives, enregistrant soigneusement les moindres détails de topogra¬ 
phie et d'histoire locale. Mais toutes les notes qu'il avait ainsi recueil¬ 
lies ne devaient pas être utilisées pour l'histoire qu’il avait projeté 
d’écrire. Leland mourait en 1552 et ses manuscrits, après avoir passé 
entre différentes mains, trouvaient au xvn* siècle un asile sûr a 
Oxford dans la bibliothèque Bodléienne. C'est là qu'au début du 
xviii® siècle un autre antiquaire anglais, Thomas Hearne, donnait en 
neuf petits volumes, publiés de 1710 à 1712, sous le titre d'Itinerary, 
une première édition, tirée seulement à 120 exemplaires, des pré¬ 
cieuses notes historiques et archéologiques de Leland. Après la mort 
de Hearne, une nouvelle édition, revue sur les manuscrits de la 
Bodléienne, était publiée de 1745 à 1747 ; une troisième édition, qui 
n’est que la reproduction de la seconde, paraissait enfin en 1770. 

Mais ces différentes éditions ne reproduisaient pas le texte complet 
des recherches et des notes de Leland. Grâce à une érudite anglaise, 
M ,le L. T. Smith, connue par de nombreuses et excellentes publica¬ 
tions historiques, on possédera désormais une édition enfin complète, 
scrupuleusement exacte et, on peut dire, définitive de ïltinerary de 
John Leland. Les onze parties du manuscrit de la Bodléienne ont été 
imprimées en cinq élégants volumes, publiés de 1906 à 1910, accom¬ 
pagnés de cartes, et chacun d’eux est terminé par d'excellents index 
de noms de personnes et de lieux. Tous ceux qui s’intéressent à l’his¬ 
toire, à la topographie et à l’archéologie de l’Angleterre et du pays de 
Galles seront reconnaissants à M lla L. T. Smith et à son éditeur, 
M. G. Bell, de l'érudition et du soin apportés à la préparation et à la 
publication de cette nouvelle édition de Y Itinerary de John Leland. 

H. O. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


375 


La cité de Liège au moyen âge, par Godefroy Kurth. Paris, 
A. Picard et fils, 1910. 3 vol. in-8°, lxxi-322, viii-345 et vii- 
417 pages. 

Après l’avoir annoncée par toute une série de mémoires, son Not- 
ger de Liège , son Henri de Din&nt , ses Origines de la commune 
de Liège , et tant d'autres publiés en divers temps depuis nombre 
d’années, M. G. Kurth nous donne enfin son histoire de la ville de 
Liège. Il la mène depuis les origines jusqu’à la destruction de la cité 
par Charles le Téméraire en 1468. Étant donné le talent que l’on con¬ 
naît au maitre éminent qui, après avoir professé si longtemps à l’Uni¬ 
versité de Liège, dirige aujourd’hui l’École belge de Rome, je n'ai pas 
besoin de dire que le nouveau livre de M. G. Kurth est remarquable. 

L’auteur n'a pas été géné, comme les historiens de certaines autres 
villes, par l’extrême abondance des documents et la difficulté de se 
rendre maître des sources. La ville de Liège, en effet, n’a pas con¬ 
servé d’archives antérieures à la fin du xviii* siècle, et les chroniques 
liégeoises, qui sont en nombre sans pareil, se rapportent toutes à l’his¬ 
toire de la principauté et négligent celle de la ville. M. G. Kurth ne 
s’est cependant pas trouvé démuni et placé dans la nécessité de faire 
appel seulement à ses rares facultés de divination. C’est que les 
archives des nombreuses institutions ecclésiastiques de Liège se sont, 
en général, parfaitement conservées. Or, on sait le rôle que ces 
institutions, à commencer par la célèbre collégiale de Saint-Lambert, 
ont joué dans l’histoire civile de la cité. De plus, M. G. Kurth 
a pu utiliser cette source abondante qu'on appelle à Liège des Paweil- 
hars, qui ne sont autre chose que des recueils de documents concer¬ 
nant surtout l'histoire constitutionnelle liégeoise. C’est à l’aide de ces 
sources directes, complétées avec sagacité par des renseignements gla¬ 
nés de diverses parts avec une inlassable patience, que l’auteur a pu 
composer ses trois volumes. 

L’histoire de Liège ressemble à celle des autres communes, en ce 
sens qu’on y constate les mêmes luttes pour parvenir à la liberté et 
pour conquérir le droit de justice, les mêmes dissensions aussi entre 
les classes, patricienne et plébéienne, à l’occasion de l’exercice du 
pouvoir communal. Mais, d'autre part, les citains de Liège se pré¬ 
sentent fréquemment sous un jour spécial, qui donne à l’histoire de 
leur ville un caractère insolite. Pourquoi? C’est, je crois, parce que 
la ville de Liège n’a jamais eu le souverain qu’elle aurait voulu et 
qu’il lui eût fallu. Le souverain des Liégeois, en effet, c’est le prince- 
évêque de Liège et, la plupart du temps, ce souverain est un étranger 
à la principauté, qui ne comprend pas ses sujets, entre à tous propos 
en lutte avec eux et, pour les réduire, ne trouve pas mieux que d’ap¬ 
peler les armes étrangères à la rescousse. Le patriotisme des Liégeois 
ne s’accommode pas de cette situation ; il supporte aussi mal les évêques 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



376 


BIBLIOGRAPHIE. 


allemands d’origine, soutenus par des princes d’Allemagne, que les 
évêques à la remorque des ducs de Bourgogne; et ce patriotisme, 
exaspéré jusqu'à la folie, aboutit au triomphe de la démagogie, à la 
révolte en quasi-permanence, et finalement au sac, à l’incendie, à la 
destruction complète de Liège par Charles le Téméraire. 

Ne pouvant suivre ici pas à pas M. G. Kurth dans tous les dévelop¬ 
pements de son histoire de Liège, je me borne à appeler particulière¬ 
ment l’attention sur le troisième volume de cette histoire. Presque 
tout ce troisième volume est consacré aux guerres des Liégeois contre 
leur prince-évêque Jean de Bavière, soutenu par Jean sans Peur, ou 
contre leur prince-évêque Louis de Bourbon, soutenu par les ducs 
Philippe le Bon et Charles le Téméraire, qui cachaient à peine leurs 
idées d’annexion de la principauté de Liège à leur duché de Brabant. 
Ce troisième volume est des plus intéressants. M. G. Kurth a su y 
renouveler une histoire tristement célèbre. Il l’a fait en un récit dra¬ 
matique, profondément émouvant. 

A l’autre extrémité de l’ouvrage, je veux dire au seuil du premier 
volume, l’auteur a mis une Introduction que je m’en voudrais, d'autre 
part, de ne point signaler. Chacun lira ces pages éloquentes avec inté¬ 
rêt, avec plaisir, avec profit. M. G. Kurth nous y présente un tableau 
d’ensemble de l’état des communes au moyen âge. Pour lui, € la civi¬ 
lisation moderne s’est élaborée, au cours des siècles, dans trois centres 
successifs. Ce furent les monastères pendant le haut moyen âge; pen¬ 
dant le bas moyen âge ce furent les communes; depuis la Renais¬ 
sance, ce sont les Etats ». Et ces prémisses entraînent cette conclu¬ 
sion, qui pourra sembler d’abord étrange, mais qui veut être méditée : 
« Les communes du moyen âge ont parcouru, sur la scène restreinte 
des banlieues urbaines, la carrière que les nationalités parcourent 
aujourd’hui sur le vaste théâtre du monde. Elles ont créé des civilisa¬ 
tions locales qui sont, en miniature, ce que sont aujourd’hui les civi¬ 
lisations internationales. Elles ont traversé les mêmes phases, elles 
ont rencontré les mômes problèmes, elles ont subi les mêmes crises. 
Le drame n’a pas changé; les proportions seules ont grandi. C’est là 
ce qui fait pour les contemporains l’intérêt capital et parfois poignant 
d’une histoire comme celle que raconte ce livre. En voyant débuter 
de nos jours des tragédies dont il a suivi toutes les péripéties dans le 
passé, l’historien peut, sans être prophète, entrevoir sous quels 
aspects elles se présenteront dans l’avenir. » 

Armand d’Herbomez. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


377 


Les sources de l’histoire nationale conservées à l’étranger 
dans les archives privées, par A. Cauchie et L. van der 
Essen. Bruxelles, M. Weissenbruch, 1909. In-8°, 60 pages. 
(Extrait du t. LXXVIII des Bulletins de la Commission royale 
d’histoire de Belgique.) 

Le titre donné à ces notes n'est pas exact; il y est, en effet, question 
de bien des sources de l'histoire nationale [belge] conservées à l’étran¬ 
ger dans des archives publiques. Il est vrai que, pour les auteurs, les 
archives des maisons souveraines de Mantoue,d’Este ou de Médicissont 
des archives privées; mais cette opinion sera difficilement admise. — 
La plupart des « archives privées » signalées par MM. Cauchie et Van 
der Essen se trouvent en Italie. C’est que la péninsule leur est rela¬ 
tivement bien connue et qu’ils en pouvaient parler sciemment. Que 
ne s’y sont-ils confinés? Ils auraient alors évité, par exemple, le 
paragraphe malheureux consacré par eux (p. 47-48) aux archives pri¬ 
vées qui se trouvent à Paris, à la Bibliothèque nationale, et parmi les¬ 
quelles ils comptent la collection Moreau. 

Armand d’Herbomez. 

Andréas Walther. Kanzleiordnungen Maximilians I, Karls V 
und Ferdinands I. (Sonderabzug aus dem Archiv fur Urkun- 
denforschunq , herausgegeben von Brandi, Bresslau und Tangl, 
Band II, p. 335 à 406.) 

L'histoire des chancelleries des princes de la période dite moderne 
est encore à peu près inconnue. M. Walther, qui a publié récemment 
un livre intitulé Die burgundischen Zentralbehôrden unter Maxi- 
milian I und Karl V (Leipzig, 1909, in-8°), nous donne, dans un article 
spécial, de précieux renseignements sur la chancellerie des empe¬ 
reurs germaniques au xvi® siècle. Très averti des idées juridiques qui 
dirigèrent l’organisation et les pratiques de cette chancellerie, il 
expose avec soin les diverses réformes qui y furent introduites. Les 
notions sur la chancellerie de Charles-Quint seront particulièrement 
utiles aux érudits français. En effet, à l'aide de documents extraits 
des archives d’Etat de Bruxelles, M. Walther a pu fournir des détails 
sur l’œuvre de Mercurino di Gattinara, grand chancelier de Charles- 
Quint, du président Viglius de Zwychem et de l’archevêque Albert II 
de Mayence. 

M. Walther publie, à la fin de son mémoire, quatre documents. 
Trois de ces documents offrent un grand intérêt. C’est d'abord une 
Consultation du grand chancelier Mercurinus sur le tiltre, signa¬ 
ture, armes, seaulx et monnoyes (décembre 1519 ou janvier 1520). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



378 


BIBLIOGRAPHIE. 


On peut voir dans ce texte curieux les difficultés qu’éprouvait l’empe¬ 
reur pour ne pas blesser la susceptibilité des sujets de chacun de ses 
innombrables États : « Semble estre expédient, pour le contentement 
des subjectz, faire lettres déclaratoires que Sa Majesté, par l’assump- 
tion du tiltre de roy des Romains et eslu empereur, n’entend aulcu- 
nement préjudicier aux droictz et prééminences des royaulmes d’Es- 
paigne... Sa Majesté doit signer de son propre nom « Charles » en 
tous les pays, tant Espaigne que ailleurs, sans nommer « yo el Rey • 
ne t yo el Imperador », car l’un seroit détractif de la dignité impé¬ 
riale et l’autre ne seroit agréable aux subjectz. » Les Status et Ordi- 
nationes cancellariae imperialis (l« r janvier 1522) permettraient de 
faire une intéressante comparaison avec les règles de la chancellerie 
royale de France et celles de la chancellerie pontificale, pour l’ordre, 
les mentions et les taxes. Enfin il faut signaler le document intitulé 
Conceptum ordinationum cancellariæ imperialis revisum (9 avril 
1550), qui est une sorte de code de chancellerie. A ces documents, 
M. Walther a ajouté deux extraits de listes d'officiers de la chancel¬ 
lerie, où l’on trouve les « Rigentes de la cancilleria y del consejo » et 
les « secretarios » (1520-1522). 

Outre l’intérêt qu’il offre pour les études de diplomatique, le travail 
de M. Walther sera d’une grande utilité aux historiens du xvi e siècle 
qui rencontrent à tout instant des pièces émanées de la chancellerie 
de Charles-Quint. Les « faux » politiques furent alors employés sans 
retenue. Une sérieuse connaissance des règles est nécessaire pour 
procéder avec sûreté. Il est à souhaiter que l’étude de M. P. Bon- 
dois sur la diplomatique française de la même époque soit bientôt 
publiée et donne un complément aux heureuses recherches de l’école 
allemande, recherches inaugurées il y a déjà longtemps par MM. See- 
liger et KretschmayrL 

Lucien Romier. 

Ernest Gossart. Charles-Quint roi d’Espagne. Bruxelles, Lamer- 
tin, 1910. In-8°, vm-277 pages. 

En poursuivant ses remarquables études sur les Espagnols et Fla¬ 
mands au XVI • siècle , M. E. Gossart ne s’astreint pas à suivre l'ordre 
des temps. Son dernier volume se rapportait à la fin du règne de Phi¬ 
lippe II; aujourd'hui, en étudiant la prise de possession par Charles- 
Quint des royaumes de Castille et d’Aragon, M. Gossart nous ramène 

1. Le travail de M. Walther est très soigné. Cependant la ponctuation du 
texte français (Doc. I] est insuffisante. Il eût été utile aussi de dire en note 
que « Atrebatensis » (Doc. ni) désigne Granvelle, évêque d'Arras. P. 341, n. 2 : 
histoire au lieu de historié; p. 342, n. t : des secrétaires au lieu de secrétaire. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


379 


aux débuta du règne du grand empereur. Cette prise de possession 
des royaumes que le (ils de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle 
tenait de ses aïeux les rois catholiques, Ferdinand et Isabelle, fut 
pénible, compliquée qu’elle se trouva parce que la mère de Charles- 
Quint, encore vivante, était en somme l'héritière directe de la Castille 
et que bien deB gens soutenaient que Juana la Loca n’était pas la folle 
que, dans l’entourage du jeune empereur, on la prétendait être. Bref, 
l’héritage d'Isabelle fut contesté à Charles-Quint les armes à la main ; 
il y eut guerre, la guerre des Comunidades comme on l’appela, et ce 
ne fut qu’au bout de trois années que le prince parvint à régner paisi¬ 
blement en Espagne. M. Gossart a fait sur ces événements des années 
1517-1520 une lumière complète. Il l’a fait avec cette simplicité et 
cette clarté que j'ai déjà eu l'occasion de louer dans ses livres. L’auteur 
est de ceux qui veulent être lus du grand public ; chez lui, l’érudition 
très profonde se dissimule. Pour avoir démoli l’échafaudage après 
avoir construit l’édifice, pour n’avoir pas encombré son nouvel ouvrage 
d'un appareil scientifique rébarbatif, il est possible qu’il soit encore 
pris à partie au pays où l’on aime les longues dissertations vagues et 
les interminables discussions sur des vétilles. Chez nous, où l’on 
apprécie par-dessus tout l’ordre, la clarté, la précision, le Charles- 
Quint roi d’Espagne sera goûté comme il faut. 

Le nouveau livre de M. Gossart est accompagné d’appendices dont 
deux au moins me paraissent devoir être signalés. Le premier, sous 
ce titre : « L’apprentissage politique de l’empereur », est la réédition 
d’un mémoire publié en 1897 par M. Gossart dans son volume inti¬ 
tulé : Notes pour servir à l’histoire de Charles-Quint. L’auteur y 
étudie minutieusement les débuts politiques de l'empereur dès sa sor¬ 
tie de tutelle. Dans le second appendice visé par moi, M. Gossart 
examine la question de la folie, réelle ou supposée, de Juana la Loca 
et conclut à la folie de la reine. 

Armand d'Herbomez. 

Andrea Galante. L'epistolario del cardinale Christoforo 
Madruzzo presso VArchivio di stato di Innsbnich. Trieste, 
1910. Gr. in-8°, 19 pages. (Estr. dalla Miscellanea di studi in 
onore diAttilio Hortis.) 

Ce bref mémoire du professeur Galante révèle aux érudits une des 
sources diplomatiques les plus importantes de l'histoire du xvi® siècle : 
la Corrispondenza Madruzziana, de 1539 à 1567, conservée aux 
riches archives d’État d’Innsbruck. 

Encore que M. Walter Friedcnsburg ait donné quelques extraits de 
ces documents dans les Nuntiaturberichte a us Deutschland et que 
la Gôrres Gesellschaft se soit proposé de publier ce qui touche direc- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



380 


BIBLI06KAPHIE. 


tement au Concile de Trente, les renseignements précis que fournit 
l’étude du professeur Galante offrent un intérêt nouveau, particuliè- 
ment pour les historiens français. — Cristoforo Madruzzo occupa le 
siège épiscopal de Trente pendant toute la durée du fameux Concile : 
mêlé aux discussions dogmatiques de l’assemblée, il fut de plus un 
acteur de premier ordre dans les négociations diplomatiques qui entou- 
rèrent le Concile et il joua en particulier le rôle d’intermédiaire entre 
la cour impériale, les légats pontificaux et la curie romaine. Le Diaire 
de Massarelli, publié en 1901 par Seb. Merkle, met en vive lumière 
l’œuvre diplomatique de Madruzzo. 

La correspondance de l’évêque de Trente offre des matériaux his¬ 
toriques d'une richesse et d’une ampleur considérables. Elle con¬ 
tient une série importante de lettres du cardinal Alexandre Far- 
nèse, du cardinal Morone, du cardinal d’Augusta, du cardinal Pacheco 
ainsi que d’autres princes de l'Église. 

Parmi les plus illustres correspondants se trouvent François I* r , 
Charles-Quint, Philippe II, les ducs de Savoie, de Ferrare, de Man- 
toue, d’Urbin, de Florence, les del Vasto, les Doria, les Trivul- 
zio, les délia Pescara, les Gonzaga, les Challant, les Borromeo, etc. 
Madruzzo recevait de ses agents des rapports de Milan, Venise, Naples, 
Bruxelles, Gand, Londres, voire de Constantinople. On trouve encore 
dans ses dossiers des avisi de France, Espagne, Allemagne, Venise et 
Levant. 

La Corrispondenza Madruzziana est classée, aux archives d’Inns- 
bruck, en trois séries chronologiques : 1529-1551, 1553-1556, 1557- 
1567. Elle comprend plus de quinze cents lettres. 

M. Galante publie en appendice une assez longue poésie latine 
adressée par Nicolô Secco au cardinal Madruzzo et la réponse de 
celui-ci. 

Lucien Romier. 

Joaquin Miret y Sans. Documents en langue catalane (haute 
vallée du Sègre , XI'-XII* siècles). New-York et Paris, 1908. 
In-4°. (Extrait de la Revue hispanique , t. XIX.) 

En 1900, M. Joaquin Miret y Sans avait publié dans son Investig a- 
ciôn histôrica sobre el vizcondado de Castellbô, comme étant le 
plus ancien texte écrit en langue catalane, un traité passé en 1211 au 
sujet de la reddition du château de Llorens, entre Pierre II d’Aragon 
et le comte d’Urgel, Guereau de Cabrera. M. Joaquin Miret y Sans a 
découvert, il y a deux ans, un document catalan plus ancien dans le cartu- 
laire du chapitre de la Seu d'Urgel. C’est le serment par lequel Pere 
Ramon, comte de Pallars, et ses barons s’engagent à observer fidèlement 
la trêve que leur a imposée l’évêque d’Urgel. Ce texte n’est point daté. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


381 


mais M. Miret sait nous prouver qu’il est sûrement du premier tiers 
du xii* siècle. Il est également beaucoup d’actes bilingues dont la 
partie latine est si réduite qu’on les peut considérer comme des actes 
catalans. M. Miret nous en cite quelques-uns qu'il a trouvés dans l’an¬ 
cienne collégiale d'Orgonyà, au diocèse d’Urgel, et dont le plus ancien 
lui parait être des dernières années du xi* siècle. 

Théodoric Legrand. 

I 

Francesch Carreras v Candi. Lo Castell de Burriach 6 de Sant 
Vicents (excursiô , historia y traditions). Matarô, est. Vila y 
Font, 1908. In-4°. 

Le volume II de la Biblioteca histôrica del Maresma est consacré 
par Don Francisco Carreras y Candi à une étude historique et archéo¬ 
logique du très ancien château de Burriach, près de Matarô. Indé¬ 
pendamment de l’histoire du Castell et des seigneurs de Sant Vicents 
qui en furent les possesseurs plus ou moins immédiats du xi a siècle au 
milieu du siècle dernier, M. Carreras donne une étude très nettement 
présentée du régime féodal en Catalogne et rapporte quelques légendes 
populaires de la région. De nombreuses pièces justificatives rendent 
particulièrement précieux ce petit ouvrage, qui a été conçu avec une 
méthode critique qui fait grand honneur à son auteur. C’est un excel¬ 
lent modèle de monographie historique. 

Théodoric Legrand. 

Navegantes Guipuzcoanos , por D. Ramon Seoanb y Ferrer, 
marqués de Seoane,... Madrid, impr. delasecciôn de hidrograûé, 
1908. In-8°. 

Le marquis de Seoane, correspondant de l’Académie royale de San 
Fernando, célèbre avec enthousiasme les hardis marins guipuzeoans 
qui, dès les temps les plus reculés, sillonnèrent l’océan et s’y firent 
admirer et craindre par leur bravoure et leur intrépidité. Dès le xn® siècle, 
Saint-Sébastien obtint du roi de Navarre, Sanche le Sage, un fuero 
qui, dans toute la région basque, fut pendant longtemps un code mari¬ 
time très apprécié. Les marins basques surent de bonne heure se 
constituer, dans chaque port, en confréries (cofradias de mareantes) 
et ces confréries s’étant, à leur tour, confédérées en hermandades, 
le Guipuzcoa jouit du xn« au xvii® siècle d’une véritable hégémonie 
navale. La célèbre Hermandad de las Marismas , établie entre les 
villes de la côte cantabrique, traita, à plusieurs reprises, avec les sou¬ 
verains étrangers qui recherchaient l’appui de ses galions pour leurs 
entreprises maritimes ; le roi de France y fit appel au début de la guerre 
de Cent ans. Les Guipuzeoans entretinrent d'importantes relations 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



382 


BIBLIOGRAPHIE. 


avec les marchands flamands; au xv« siècle, ils avaient, à Bruges, 
un consulat spécial ; la Hanse teutonique, de son côté, eut des agents 
spéciaux à Saint-Sébastien. Bien que fervent admirateur de ses vail¬ 
lants ancêtres, le marquis ne veut affirmer que les faits qui lui sont 
démontrés par des documents authentiques et ne peut admettre que 
Juan de Echaide ait découvert Terre-Neuve. Il énumère ensuite toutes 
les gloires maritimes de Guipuzcoa, auxiliaires de Colomb et de Magel¬ 
lan, compagnons de Fernandez Quiros et de Bonechea, dont il sait en 
quelques mots retracer de brillante façon la vaillante histoire. Des 
planches, modèles de navires, reproductions de tableaux de marine et 
de portraits de marins célèbres, des listes d’amiraux, d’intendants de 
marine et de constructeurs guipuzcoans augmentent encore la valeur 
de ce précieux manuel de l'histoire de la marine guipuzcoane. Nous 
ne reprocherons qu’une chose à M. de Seoane, c’est de n'avoir peut- 
être pas toujours suffisamment indiqué les sources de son intéressant 
travail. 

Théodoric Legrand. 

Théodore Blancard. Les Mavroyeni. Histoire d’Orient de 1100 
à nos jours. Paris, Leroux, 1909. 2 vol. in-8°, xv-757 et 
824 pages. 

Quelques-uns des membres de la famille des Mavroyeni ont joué un 
rôle dans les divers états de l’Europe orientale, mais néanmoins c'est 
beaucoup que d’écrire leur histoire en 1,600 pages. Nous ne dirons 
rien du second volume, c’eBt un livre de famille et non un livre d’his¬ 
toire. Le premier volume est consacré à Nicolas Mavroyeni qui, en 
1786, fut nommé hospodar de Valachie. M. Blancard fournit d’intéres¬ 
sants détails sur les démêlés de Nicolas avec l’Autriche et la Russie 
(4786-1790) et sur sa fin tragique après la bataille de Calafat; mais 
trop souvent il ne cite pas ses sources ou se sert d’ouvrages de seconde 
main. Le chapitre consacré aux origines de la famille Mavroyeni, qui 
veut se rattacher aux Morosini de Venise, ne prouve absolument rien. 
Au lieu de l’opinion d’autrui, M. Blancard eût mieux fait de nous 
donner les documents sur lesquels s’appuie cette opinion. Pour le 
lecteur impartial, la conclusion du chapitre de M. Blancard est qu'en 
1440, on trouve à Corfou un Mavroyeni juge, et qu’ensuite on ne sait 
plus rien sur cette famille jusqu’au xviii® siècle ; M. Blancard a publié 
un certain nombre d’actes diplomatiques relatifs aux événements 
de 1770 environ à 1825; il est regrettable que trop souvent l’auteur 
ait omis d’indiquer leur provenance; quand, par hasard, des indica¬ 
tions de ce genre existent, elles sont généralement incomplètes. 

F. Chalandon. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


383 


Henri Matrod. Le voyage de frère Guillaume de Rubrouck 
(1253-1255). Couvin, 1909. 127 pages. (Extrait des Études fran¬ 
ciscaines*.) 

Il y a quelques années, M. Rockhill a publié pour la Hakluyt Society 
une traduction anglaise du récit de voyage fait par le moine francis¬ 
cain Guillaume de Rubrouck envoyé par saint Louis, en 1253, auprès 
du grand khan Mangou, petit-fils de Gengis-khan*. Nul n’était mieux 
qualifié que le traducteur pour une œuvre de ce genre; voyageur 
lui-même, M. Rockhill a parcouru la Mongolie et l’Extrême-Orient, il 
connaît les pays visités par le moine franciscain, « pays de l’immuable 
où les mœurs ne connaissent que des évolutions infiniment lentes » 
et où les choses sont demeurées jusqu’aujourd’hui telles qu’elles 
étaient au xm # siècle ; aussi le traducteur de frère Guillaume a-t-il su 
éclairer l’ouvrage de celui-ci par un lumineux commentaire pour 
lequel il a utilisé les auteurs arméniens, arabes et chinois. Ce sont les 
résultats du travail de M. Rockhill, dont l’œuvre, tirée à petit nombre, 
n'a pas été mise dans le commerce, que l’auteur de l’article des Études 
franciscaines a voulu faire connaître. Après un court résumé de l’his¬ 
toire des Mongols au début du xui° siècle et l’exposé de la mission 
confiée par saint Louis à frère Guillaume, vient le récit des longues 
pérégrinations de celui-ci, renvoyé de horde en horde à travers la 
Russie méridionale et l’Asie jusqu’au moment où, après sept mois de 
voyage, il finit par rejoindre le camp impérial. Ce qui caractérise 
l’œuvre de frère Guillaume, ce sont les qualités d’observation exacte 
dont témoigne l’auteur; elles sont telles que la plupart des renseigne¬ 
ments que la science a acquis en ces dernières années n’ont fait que 
confirmer les vues de l’ambassadeur de saint Louis. Au triple point de 
vue géographique, ethnologique et linguistique, Guillaume de Rubrouck 
a fait une œuvre remarquable. Au point de vue historique, son récit 
abonde en détails curieux sur les mœurs de la horde, et aussi sur ces 
chrétientés qui, depuis des siècles, avaient perdu tout rapport avec 
Rome ou Constantinople. Signalons spécialement l’intérêt que pré¬ 
sentent les renseignements sur les Nestoriens, la peinture de la cour 
de Mangou et de sa capitale Karakoroum, où affluaient les ambassa¬ 
deurs de tous les pays. L'un des personnages importants de la cour du 

t. Le tirage A part qui nous a été envoyé ne contient l’indication ni de la 
tomaison, ni de la pagination des Études franciscaines. 

2. W. Rockhill, The joumey of William of Rubruch to the Eastem parts 
of the World, 1253-1255, as narrated by himself, voith tvoo accovnts of the 
earlier joumey of John of Pian de Carpine. Translated from the latin and 
edited, vrith an introduclory notice by... London : printed for the Bahluyt 
Society, M D CCCG. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


384 


BIBLIOGRAPHIE. 


souverain mongol, Guillaume Bouchier, était d'origine parisienne; 
jadis orfèvre près du Grand-Pont, il avait été fait prisonnier par les 
Mongols à Belgrade. 

La mission de Guillaume de Rubrouck échoua et il dut rapporter 
une lettre par laquelle Mangou invitait saint Louis à lui payer tribut. 
De retour pendant l’été de 1255, frère Guillaume, envoyé à Acre par 
son provincial, écrivit pour saint Louis le récit de son voyage. On ne 
savait si frère Guillaume était plus tard revenu en France. Un pas¬ 
sage de Roger Bacon a permis à l'auteur de l'article de prouver que 
le moine voyageur était venu à Paris entre 1257 et 1267. 

Le récit des voyages de frère Guillaume contribuera à rendre à celui-ci 
la popularité à laquelle il a droit. Oublié jusqu'au xvn* siècle, mal 
jugé sur de mauvaises éditions et de pires traductions par un certain 
nombre de géographes môme récents, frère Guillaume a été remis en 
honneur surtout par les Anglais, qui non seulement ont conservé son 
œuvre (les cinq principaux manuscrits de l’œuvre de Guillaume sont 
en Angleterre ou en proviennent), mais l’ont fait connaître et ont su 
montrer quelle en était la portée scientifique. Hautement appréciée en 
Allemagne, où Schmidt lui a consacré une importante étude 4 , l’œuvre 
de frère Guillaume justifie la parole d'un savant moderne : « Le 
XIII e siècle connaissait la Chine mieux que nous ne la connaissions 
au milieu du xix*. » 

F. Chalandon. 

Comte Henry de Castries. Les sources inédites de l’histoire du 
Maroc de 1530 à 1845. i re série : Dynastie saadienne , 4530- 
1660. Archives et bibliothèques de France, t. II. Paris, E. Le¬ 
roux, 1909. In-4°, 609 pages. 

Comme les précédents, le dernier volume de documents marocains 
publié par M. de Castries abonde en révélations et en précisions sur 
l’histoire intérieure et sur l’histoire extérieure du Maroc. Enumérer 
toutes les trouvailles du consciencieux éditeur, telles qu’il les a consi¬ 
gnées et commentées, ne serait pas possible. Je dois me borner à en 
signaler quelques-unes. 

La plus importante des pièces publiées se trouve être un document 
portugais provenant de notre Bibliothèque nationale (ms. port. 57). 
C’est une description du Maroc due à un inconnu de nationalité por¬ 
tugaise, qui fit dans ce pays un séjour de dix-sept années, de 1579 à 

1. F. Schmidt, üeber Rubruk's Reise , dans Zeiltchrifï der Gesellschaft filr 
Erdkunde, t. XX, p. 161-253, Berlin, 1885. Rappelons que le récit de Guillaume 
de Rubrouck a été édité par d'Avezacdans le Recueil de voyages et de mémoires 
publiés par la Société de géographie , t. IV, p. 213 et suiv., Paris, 1839, in-4*. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


385 


1596 (n° LXXXVII, p. 231-313). M. de Castries pense que cet anonyme 
dut résider au Maroc en qualité de captif et que son ouvrage n’est que 
la mise au net des notes qu’il avait recueillies sur place au jour le 
jour. 

Cette copia do emperio e reinos dos xarifes est de caractère 
strictement documentaire. C’est une suite de routiers s'appliquant aux 
principaux itinéraires de l’empire chérifien, avec l’indication des dis¬ 
tances et de brèves descriptions, tant des accidents naturels que des 
lieux habités. Pour les dénominations topographiques notées par le 
captif portugais, M. de Castries a presque toujours proposé des iden¬ 
tifications ; sa connaissance de la géographie marocaine lui a permis 
de ne laisser en cette matière que le minimum d'indécisions. Ainsi 
édité, le document rendra les plus grands services aux érudits qui 
s’occuperont du Maroc des Saadiens. 

Ce Maroc des Saadiens est d’ailleurs sensiblement le même que 
celui des chérifs actuels, c'est-à-dire que la consistance du bled- 
maghzen ou pays soumis à Moulay Ahmed-el-Mansour se trouve à 
peu près identique à celle du bled-maghzen d’aujourd’hui. Au 
xvi* siècle, comme au xix a et au XX e siècle, le soi-disant souverain 
du Maroc n’était reconnu comme tel que dans quelques provinces. Le 
reste du Maroc, dont l’anonyme ne traite que par prétérition, formait 
alors aussi le bled-siba ou pays indépendant. Exception faite des 
oasis sahariennes et des régions soudanaises qu’il conquit, Moulay 
Ahmed-el-Mansour ne disposait pas d’un domaine plus étendu que 
Moulay El-Hassane 4 . 

Deux autres documents très curieux, qui sont espagnols, et con¬ 
servés aux Archives du gouvernement général de l’Algérie, se réfèrent 
à l'ambassade envoyée par Philippe II à Moulay Ahmed en 1579 (n oa X 
et XI, p. 30-54). Pour les amateurs de bijoux, je transcris ici la liste 
des pierreries dont l’envoyé espagnol fit présent au chérif lors de sa 
première audience : un rubis carré, grand comme la paume de la 
main, au-dessous duquel pendait une perle grosse comme une belle 
noix; deux émeraudes, l'une du volume d’une pomme, l’autre de la 
longueur d’un doigt ; un collier composé de douze beaux rubis balais 
carrés et de trente-six perles grosses comme des châtaignes; enfin, 
cent vingt onces de perles, dont la plus petite était comme une noi¬ 
sette. 

Ces générosités de Philippe II furent en pure perte. Les relations 
hispano-marocaines restèrent toujours des plus médiocres. Moulay 
Ahmed fut constamment en coquetterie avec les ennemis de l’Espagne, 
tels que le prétendant de Portugal dom Antonio ou la reine Élisabeth 

1. M. de Castries a publié à part la Description du Maroc , eu y joignant 
une traduction française du texte portugais (Paris, Leroux, 1909, in-4% 149 p.). 

1910 25 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



386 


BIBLIOGRAPHIE. 


d’Angleterre, et Philippe II, de son côté, non content de viser l’occu¬ 
pation des ports marocains (notamment de Lar&che), favorisa la ten¬ 
tative de Moulay Nasser en 1595-15%. 

Sur cette tentative, M. de Castries publie deux relations françaises 
contemporaines (n°* LXXXIV et LXXXV, p. 205-227), dues sans 
doute l’une et l’autre au pharmacien Pierre Treillault, acolyte du 
médecin A. de Lisle, qui représentait la France à la cour chérifienne 1 . 
Il annonce la publication dans un volume suivant d’une troisième rela¬ 
tion d’un agent espagnol nommé Balthazar Polo. On sera ainsi à, 
même d’établir une version à peu près satisfaisante de ces événements 
de 1595-1596, sur lesquels le chroniqueur officiel marocain El-Oufrani 
ne donne que des renseignements tendancieux. Des récits de Treil¬ 
lault, il résulte que Moulay Nasser était loin d’être un personnage 
méprisable ; peu s'en fallut qu'il ne réussit. 

On parle beaucoup en ce moment des possibilités minières du 
Maroc. Un document du volume sous revue montre que ces possibi¬ 
lités étaient déjà escomptées au xvi* siècle. Dans les Instructions 
données le 16 juillet 1579 (n° VIII) à notre premier agent au Maroc, 
G. Bérard, il est dit que Moulay Abd-el-Melek avait accordé à 
celui-ci une « traite » de 40,000 quintaux de « rosette *, c’est-à-dire 
de cuivre brut; après avoir extrait et fondu le minerai à ses frais, le 
bénéficiaire devait acquitter un droit de douze livres par quintal. 
Bérard avait charge d’obtenir de Moulay Ahmed le renouvellement de 
cette concession. On notera qu’elle portait sur une quantité de métal 
considérable pour l’époque, 40,000 quintaux faisant environ 2,000 de 
nos tonnes métriques. Il n'est pas spécifié de quelle région du Maroc 
proviendrait ce cuivre. Mais son existence était considérée comme cer¬ 
taine et nos bons amis les Anglais en étaient aussi persuadés que 
nous, car ils enchérirent sur les propositions de Bérard et acceptèrent, 
comme une faveur, de payer la « sortie de la rosette • à raison de 
vingt-deux francs le quintal (n° XXXIII, p. 106). 

Autre point des Instructions de Bérard. Henri III lui ordonne de 
solliciter de Moulay Ahmed un prêt de 150,000 écus. Le souverain du 
Maroc était alors considéré comme un bailleur de fonds des plus 
sérieux, susceptible de consentir des emprunts à caisse ouverte. En 
1610, les Etats Généraux de Hollande demanderont de même une 
avance d'un million. Les rôles sont renversés maintenant; c’est nous 
qui offrons aux Marocains de leur prêter notre argent. 

Le successeur de Bérard au Maroc fut le médecin A. de Lisle. La 
correspondance de cet agent serait tout à fait intéressante à retrouver 


1. J’ai moi-même imprimé ces deux documents dans la Revue africaine , 
t. XXVIII (1891), p. 7-33. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGBAPHIE. 


387 


dans son intégralité, si l’on en juge par les quatre lettres* qui figurent 
dans le présent volume (n°* XCVI, XCVII, CV et CXXIV), les 
seules qui semblent subsister aujourd’hui dan6 nos dépôts, puisque 
M. de Castries n’a pu en découvrir d'autres. Elles complètent et 
éclairent les documents néerlandais de la mission Coy publiés précé¬ 
demment (au t. I des Archives et bibliothèques des Pays-Bas). Je 
renvoie à la chronologie que j’ai déjà donnée des événements de la 
période troublée à laquelle se rapportent ces lettres d’A. de Lisle 
(voy. Bibliothèque de l'École des chartes , 1907, p. 609-610). 

L’affaire de la bibliothèque de Moulay Cidan, dont j’ai eu à parler 
dans un précédent compte-rendu (voy. Bibliothèque de l'École des 
chartes, 1908, p. 450-452), apparaît, du côté français, dans le pré¬ 
sent volume. Le n° CLXXXIII est le « Mémoire des hardes du roy 
Moulay Sidan > du ms. fr. 16147 que j’ai signalé à ce propos. Ce 
« mémoire » est malheureusement par trop succinct. Pour les manu¬ 
scrits chérifiens, il n’en dit rien autre chose, sinon qu’ils faisaient 
ensemble « septante troys fardaus ou balles grandes ». Et quant au 
reste des « hardes », il les décrit sommairement ainsi qu’il suit : 
« Plus trente quatre caisses fermées et scellées du seau dudit Moulay 
Cidan, s’estant trouvé en icelles, lorsque don Loys Faxardo print 
ledict navire en la mer océane, la couronne et le septre dudict Moulay 
Cidan et ung pair de pantoufles de la reyne, couvertes de pierreries de 
très grand valeur, cent et septante robes ou vestes de brocard, plu¬ 
sieurs toilles de Cambray et plusieurs autres choses quy ne sont point 
été invantérisée8, comme l’ambre gris, perle, or en paste et autre chose 
de valeur. Plus seize balles grandes charges de chameau de drap siné 
escarlate de Paris et autres couleurs. » Concision d’autant plus 
fâcheuse qu’elle n’exclut pas les erreurs, des articles tels que le 
sceptre et la couronne ne pouvant être admis raisonnablement, ainsi 
que le fait observer M. de Castries. 

Les documents subséquents font connaître la suite qu’eut l'affaire 
en Espagne, le mauvais succès des démarches de notre ambassadeur 
à Madrid pour obtenir restitution aux mains du chérif spolié et le trai¬ 
tement que subirent Castellane et les marins de son équipage, qui 
furent tous envoyés aux galères. 

M. de Castries a publié (n° CXIX, p. 383-417) les passages relatifs 
au Maroc des Voyages de Jean Mocquet, apothicaire ordinaire 
de Henri IV et de Louis XIII et « garde du cabinet des singularitez du 
roy aux Tuileries ». Mocquet toucha au Maroc à deux reprises. La 
première fois, en 1601, il ne dépassa pas Mazagan, qu’occupaient les 

1. J'ai eu occasion de les publier dans la Revue africaine, lue. sup. cil., 
p. 33-64. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



388 


BIBLIOGRAPHIE. 


Portugais. La seconde fois, en 1606, ayant débarqué à Safi, il poussa 
jusqu’à Merrakech. Le récit de ce second voyage est intéressant. 
A Safi, Mocquet avait conquis l’amitié d’un certain Ahmed, secrétaire 
de Moulay Abou-Farès, qui était malade, en le purgeant de la bonne 
sorte et en lui faisant « jetter par bas comme de petits serpenteaux », 
opération qui le guérit merveilleusement. Après ce signalé service, 
Ahmed ne put faire moins que d'autoriser Mocquet à l'accompagner 
jusqu’à Merrakech, où celui-ci trouva de Lisle et où il séjourna durant 
sept semaines environ. Ses observations dans cette ville et au cours 
des deux voyages d’aller et de retour constituent un document des 
plus curieux. 

G.Jacqueton. 




LIVRES NOUVEAUX 

SOMMAIRE DES MATIÈRES. 

Généralités, 549-550. 

Sciences auxiliaires. — Chronologie, 742. — Diplomatique, 966. 
— Paléographie, 837, 863, 864, 966. — Manuscrits, 524, 542, 579, 584, 
619, 651, 682, 736, 751, 752, 812, 841, 861, 877, 881, 905, 932, 964,969, 
1002, 1019. — Papyrus, 844. — Bibliothèques, 611, 642, 656, 881. — 
Imprimés, 527, 597, 603, 604, 631, 838, 842, 887, 1004. 

Sources, 633, 908. — Légendes, 577, 608, 754. — Chroniques, 562, 
680, 693, 760, 761, 805, 846, 973. — Biographies, 885, 898. — Corres¬ 
pondances, 558, 794. — Archives, 588, 670, 714, 790, 831, 878, 879, 
1008, 1021, 1025. — Cartulaires, 530, 602, 618, 745, 926, 952, 9$2, 
1000,1045. — Chartes, 617,796, 867, 942. — Regestes, 552, 561,609. — 
Comptes, 659, 661, 710, 714. 

Biographie, généalogie. — Saints, 824, 885, 898, 1032. — Alle¬ 
magne, 660; Bretagne, 824; Irlande, 898; Liège, 858; Roussillon, 
598; Ternois, 678. — Adrien III, 709; Aichinger, 977; Alexandre 
de Raes, 960; fra Angelico, 843; Jeanne d’Arc, 581, 610, 708, 968; 
Ausone, 794; Bellême, 655; Charlemagne, 919, 988; Charles d’Or¬ 
léans, 611 ; s t# Claire, 816; Jacques Cœur, 916; Dante, 570, 821, 840; 
Édouard IV, 985; Ermanarich, 577; s. Ferdinand, 804; s. François 
d’Assise, 578, 776, 856, 937, 949, 1012; Frédéric II, empereur, 622; 
Girolamo da Camerino, 694; Grandson, 556; Grégoire VII, 847; 
Guido da Pavia, 830 ; Henri II d'Angleterre, 926 ; Hermann de Salza, 
873 ; Hohenstaufen, 558 ; Hugues de Fosses, 797 ; Jacqueline de 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


389 


Settesoli, 949; Jean III, 817; Jean XXII, 540; Jean de Bernin, 621 ; 
8. Jean Colombini, 997 ; Jean sans Peur, 664 ; Jourdain d'Osnabruck, 
960; Jules II, 668; Laurens de Villars, 650; Manfred, 682; Mathias 
de Janov, 793 ; Matteo da Siena, 748 ; Nicetas, 884 ; 8. Paulin de Noie, 
794 ; Pétrarque, 840 ; Philippe-Auguste, 600 ; Philippe le Bon, 849 ; 
Philippe le Hardi, 601, 891; Pierre de Castelnau, 663; s t0 Radegonde, 
706; René d’Anjou, 686; Richard Cœur de Laon, 600; Savonarole, 
615, 1029; Anne Sforza, 667; Sigismond I er , 697 ; Syrlin, 740; Théo- 
doric, 577; Thièblemont, 690; Vogelweide, 755. 

Droit, 539, 635, 637, 641, 657, 662, 671, 683, 696,711,712,718,725, 
764, 766, 777, 796, 808, 813, 820, 828, 835, 850, 866, 961, 978, 980, 
1018, 1026, 1041, 1050, 1054. 

Institutions, 537, 580, 623, 632, 666, 699, 705, 759, 774, 803, 857, 
859, 895, 953, 984. 

Histoire économique, moeurs, 526, 544, 545, 551, 552, 586, 607, 
627, 666, 677, 684, 691, 702, 728, 789, 806, 829, 866, 908, 918, 965, 987, 
993, 1005, 1011, 1027, 1047. 

Médecine, 532, 629, 896. 

Sciences, enseignement, 535, 618, 644, 665, 717, 724, 930, 1012, 
1024, 1055. 

Religions. —Judaïsme, 624. — Christianisme, 531, 536, 590, 641, 
753, 955; papauté, 787, 821, 834, 916; conciles, 633; ordres religieux, 
533, 567, 733, 923; pèlerinages, 673; liturgie, 527, 651, 668, 735, 922; 
théologie, 922, 948, 963, 1001. — Schisme, 590, 946. — Hérésies, 793. 
— Superstitions, 605. 

Langues et littératures, 983. — Langues celtiques, 981,1048. — 
Latin, 626, 636, 693, 706,734, 884,890, 909, 1001. — Langues romanes, 
1044 ; français, 525, 557 , 594, 610, 613, 614, 645, 692, 700, 775, 788, 
799, 800, 865, 970, 975, 999, 1030,1035; italien, 594, 636, 681, 715, 716, 
726, 770, 771, 880, 902, 924, 931, 936, 954, 976, 1049,1053; provençal, 
729. — Langues germaniques, 1038 ; allemand, 571, 606, 719,762, 801, 
809, 815, 827, 833, 883, 1033; anglais, 560, 675, 765, 782, 956, 962, 
972 ; anglo-saxon, 934 ; flamand, 948 ; gothique, 606, 730, 1052. — 
Langues slaves, 563, 593, 772, 812, 914, 942, 971, 982,1034. — Langues 
Scandinaves, 689, 701, 853, 875, 991. — Letton, 897. — Langue japo¬ 
naise, 646. 

Archéologie, 538, 541, 553, 566, 568, 576, 585, 593, 599, 612, 615, 
634, 648, 653, 674, 695, 756, 763, 773,785, 810, 832, 839, 913, 917,929, 
937,957,994, 1006, 1007, 1017, 1031, 1036, 1057. — Architecture, 561, 
569, 638, 661, 669, 676, 688, 737, 848, 860, 862, 882, 893, 903, 904, 906, 
927, 935, 940, 951, 996. — Sculpture, 528, 647, 740, 741, 786, 798, 858, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



390 


BIBLIOGRAPHIE. 


938. — Peinture, 628, 651, 668, 682, 694, 727,779, 861, 877. — Dessin, 
744. — Céramique, 587, 658, 781. — Glyptique, 574. — Orfèvrerie, 
581. — Campanographie, 989. — Numismatique, 664, 828, 845. — 
Sigillographie, 687, 750, 907, 915, 939. — Héraldique, 685, 915, 1020, 
1056. — Armes, 554. — Jeux, 579, 967. — Sépultures, 871. — Musique, 
894, 1014, 1051. 


SOMMAIRE GÉOGRAPHIQUE. 

Aix, 567 ; Alexandrie, 761 ; Allemagne, 545, 547, 548, 558, 635, 671, 
677, 742, 784, 893, 907, 918, 958, 965, 1042; Altenplathow, 1043; 
Ambierle, 583; Ambrussum, 565; Amérique, 836, 1056; Andelot, 713; 
Angers, 1015, 1016; Angleterre, 587, 607 , 825, 850, 876, 913, 984, 
989; Argentan, 661; Arles, 567; Artins, 628; Artois, 759; Asti, 
569; Auch, 567 ; Autun, 648; Avignon, 567, 623, 704, 728; Ayr, 866; 
Bacharach, 699 ; Bade, 702 ; Bâle, 586, 633 ; Baltique, 947 ; Balugola, 
625; Bari, 599; Beaucaire, 859; Belgique, 655, 1022; Bénévent, 973; 
Bernay, 906 ; Berry, 845 ; Bieloserskaia, 869 ; Biévène, 654 ; Bohême, 
793; Bologne, 618, 773; Bordeaux et Bordelais, 551, 567, 620, 670; 
Bourg-Saint-Andéol, 639; Bourgogne, 595, 601, 860; Brabant, 1025; 
Brandebourg, 546; Bresse, 596; Bretagne, 805: Bruges, 656; Bulgarie, 
900; Bures, 555; Burzenland, 873; Capodistria, 831; Castres,* 632 ; 
Chalais, 796 ; Chalon-sur-Saône, 722 ; la Chapelle de Guinchay, 889 ; 
Chartres, 526; Châtellerault, 854; Coire, 988; Cologne, 888; Conflans, 
749; Constantinople, 676; Corbie, 643 ; Cours, 1011 ; Crécy, 807 ; Digne, 
769; Dortmund, 852, 978; Douville, 927; Écosse, 589, 757, 866; 
Égypte, 723; Ellwangen, 1041; Embrun, 567; Eschenau, 738; 
Espagne, 786, 980; Eu, 808; Europe, 554, 789; Ferrare, 528; Flandre, 
684; Florence, 619, 862; Forum Domitii, 565; Fouras, 672; France, 
529, 532, 537, 580, 605, 617, 627, 669, 691, 764, 798, 813, 832, 839, 926, 
958, 961, 967, 987, 1047; Franconie, 718; Frioul, 552; Gand, 1021; 
Gandorsheim, 979 ; Gardane, 686 ; Gênes, 622 ; Genève, 594 ; Géorgie, 
950 ; Géra, 928 ; Goettingue, 637 ; Gontroux, 707 ; Goslar, 712 ; Grande- 
Bretagne, 538, 705; la Graulière, 688; Grunwald, 995; Hainaut, 1026; 
Ilameln, 780; la Haye, 575; Heathfield, 826; Hegenheim, 871; Her- 
culanum, 1039; Hesse, 783; Hongrie, 835; Hoorn, 1023; Houplin, 
814; Hunawein, 1009; Irlande, 538, 898; Italie, 534, 696, 778, 779, 
786, 1028; Jamoigne, 1003; Kaub, 699; Koriajem, 790; Kreuznacb, 
1037; Lancaster, 573; Landelipr, 707; Languedoc, 580; Lausanne, 
568 ; Lerici, 899 ; Leyde, 908 ; Lichtenberg, 1013; Liège, 731, 732, 791, 
795, 858; Limbourg, 1025; Lithuanie, 818; Livonie, 530; Llantwit, 
1006 ; Loders, 745; Logenpré, 927 ; Lyon, 595, 596; M&connais, 596; 
Magny, 1011 ; Maine, 802; Malines, 634, 710; le Mans, 609, 655, 855, 
1007; Mantoue, 882 : Marche, 1000; Mas Thibert, 867; Mésopotamie, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




BIBLIOGRAPHIE. 


391 




1031 ; Metz, 1046 ; Milan, 904 ; Mistra, 986 ; Montberaud, 683 ; Mon* 
técl&ir, 713; Montfort, 933; Montmajour, 941 ; Montpellier, 564; Mont- 
Saint-Michel, 673; Mourom, 790; Munich, 1036; Mülhausen, 1027; 
Münster, 1045; Nabburg, 763; Naugard, 810; Neustetten, 1010; Niort, 
720 ; Normandie, 535, 539, 604, 1018 ; Norvège, 872, 957, 959 ; Notre- 
Dame de l’Épine, 920; Oltrepo, 822; Ombrie, 649, 811 ; Orient, 923; 
Orléans, 629; Ortona, 925; Padoue, 703, 882; Paris, 533, 652, 747, 
766, 767, 768, 886, 945; Pavie, 903; Pays-Bas, 849, 895; Pérignat, 
612; Périgueux, 848; Pérouse, 758; Pesaro, 1017; Pesmes, 556; 
Phlégréens (Champs-), 653; Pologne, 829,; Pont-Saint-Pierre, 927 ; 
Provence, 572 ; Prusse, 546, 746 ; Pskov, 917 ; Quercy, 685 ; Raudnitz, 
674; Regnitz, 1040; Reims, 610; Rheinfelden, 591 ; Rhénans (pays), 
699, 851 ; Rochefort du Gard, 892 ; Rome, 566, 647, 739, 879 ; Russie, 
523, 590, 593, 666, 737, 819, 901, 990; Saint-Hubert, 721; Saint- 
Martin-de-Londres, 582; Saint-Nectaire, 938; Sainte-Aulaye, 796; 
Salonique, 996; Salzbourg, 952; Samara, 1031 ; Sandec, 993; Savoie, 
595; SchaUhouse, 943; Schlettstadt, 1041; Sentis, 541; Sens, 910; 
Sezze, 823; Sicile, 803, 896, 1054; Slavonie, 868; Smyrne, 874; 
Souabe, 1041; Strasberg, 944; Stuhm, 553; Styrie, 857; Subasio, 679; 
Suède, 992; Suisse, 753, 754; Tannenberg, 698; Tarragone, 543; 
Teiro, 640; Teramo, 602; Thuin, 870; Tolède, 543, 576, 911 ; Toula, 
790; Toulouse, 717 ; Transylvanie, 561; Trêves, 687; Troyes, 638; 
Turnhout, 774; Turquie, 630; Udine, 882; Venise, 912; Verdunois, 
529; Vérone, 882; Viatka, 1008; Vicence, 882; Vienne, 574; Ville- 
voques, 616 ; Vilna, 878 ; Voghero, 822 ; Vouillé, 921 ; Wavro (Basse-), 
662 ; Wismar, 998 ; Wurzbourg, 743 ; York, 974 ; Ypres, 659 ; Zeeland, 
714; Zinnowitz, 592. 

523. Abnour (D'). Histoire abrégée des peuples de la Russie. Essai 
de chronologie russe, 862-1894. Paris, Ch. Delagrave, s. d. In-8°, 
422 p., 2 plans, 4 cartes. 7 fr. 50. 

524. Abramovic (D. I.). Opisanie rukopiseî S. P. dukhovnoï Aka- 
demii. Sofiskaia biblioteka. [Catalogue des manuscrits de l’Académie 
ecclésiastique de Saint-Pétersbourg.] II. Saint-Pétersbourg, impr. de 
l’Académie des sciences, 1910. In-8°, 408 p. 

525. Acart de Hesdin (Jehan). La prise amoureuse. Allegorische 
Dichtg. aus dem xiv. Jahrh. zum 1. Male hrsg. v. Ernst Haepilner. 
Dresden, Halle, M. Niemeyer, 1910. Gr. in-8°, xcv-101 p. (Gesellschaft 
f. romanische Litcratur, VII. Jahrg. 1908. 3. Bd. Der ganzen Reihe 
Bd. 22.) 8 m. 

526. Aclocque (Geneviève). Études sur le commerce et l’industrie 
à Chartres depuis le xi° siècle jusqu’à la fin du ministère de Colbert. 
Abbeville, impr. Paillart, 1910. In-8°, 12 p. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



392 


BIBLIOGRAPHIE. 


527. Adam (J.-L.). Le Manuel de Coutances imprimé à Rouen en 
1494. Évreux, impr. L. Odieuvre, 1909. In-8°, 59 p., avec fac-similés. 
(Extrait de la Revue catholique de Normandie.) 

528. Agnelli (G.). Ferrara; porte di chiese, di palazzi, di case. Ber- 
gamo, Istituto italiano d’arti grafiche, 1909. In-8°, 160 p. et fig. (Col- 
lezione di monograde illustrate, sérié V. Raccolte d’arte, n° 7.) 71. 50. 

529. Aimond (Ch.). Les Relations de la France et du Verdunois de 
1270 à 1552. Paris, H. Champion, 1910. Gr. in-8°, xvm-576 p., carte. 

530. Akten u. Rezesse der livlândischen Stàndetage. Mit Unterstûtzg. 
der balt. Ritterschalten u. Stàdte hrsg. v. der Gesellschaft f. Ge- 
schichte u. Altertumskunde der Ostseeprovinzen Russlands. III. Bd. 
(1494-1535) Bearb. v. Leonid Arbusow. 6. Liefg. Riga, J. Deubner, 
1910. Gr. in-8°, vu et 801-1000 p. 7 m. 50. 

531. Albers (P.). Enchiridion historiae ecclesiasticae universae. Ad 
recognitam et auctam editionem neerlandicam alteram in latinum ser- 
monem versum. II. Aetas altéra seu medium aevum. Annie 692-1517. 
Neomagi in Hollandia, L. C. G. Malmberg, 1910. In-8°, iv-443 p. 
6 fr. 50. 

532. André-Bonnet (J.-L.). Histoire générale de la chirurgie den¬ 
taire depuis les temps primitifs jusqu’à l’époque moderne et principa¬ 
lement en France. Paris, P.-C. Ash, 1910. In-8°, 318 p. 5 fr. 

533. Anger (D.). Les Dépendances de l'abbaye de Saint-Germain- 
des-Prés. T. III. Paris, veuve Poussielgue, 1909. In-8°, cm-368 p. 
(Archives de la France monastique, vol. VIII.) 

534. Annuario bibliografîco délia storia d'Italia dal sec. iv dell’ era 
volgare ai giorni nostri, diretto da A. Crivellucci, G. Monticolo, 
F. Pintor. Anno VII (1908). Pisa, E. Spoerri, 1909. In-8°, xiv-574 p. 
18 1. 

535. Anthiaume (Abbé A.). L’Astrolabe dit de Béthencourt et la 
science nautique des Normands au moyen âge. Paris, Impr. natio¬ 
nale, 1909. In-8°, 36 p., fig. (Extrait du Bulletin de géographie his¬ 
torique et descriptive du Comité , 1909, n° 3.) 

536. Appel (H.). Kurzgefasste Kirchengeschichte f. Studierende. 
2. Tl. : Kirchengeschichte des Mittelalters. Mit verschiedenen Tabel- 
len u. (farb.) Karten. Leipzig, A. Deichert, 1910. Gr. in-8°, vin-292 p. 
3 m. 80. 

537. ArdaSev (P. L.). Francuskfl bailli i ego rimskie i vizantiTskie 
predki. [Le bailli français et ses ancêtres romains et byzantins.] Kiev, 
impr. T. G. Meinander, 1910. In-8°, 16 p. 0 r. 20. 

538. Armstrong (Sir Walter). Histoire générale de l’art. Grande- 
Bretagne et Irlande. Paris, Hachette, 1910. In-16, 934 p., ill. 7 fr. 50. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


393 


539. Arresta Communia Scacarii. Deux collections d’arrêts notables 
de l’Échiquier de Normandie de la fin du xm e siècle (1276-1290-1291- 
1294). Nouvelle édition critique publiée par Ernest Perrot, chargé de 
conférences à la Faculté de droit de l’Université de Paris. Caen, 
L. Jouan, 1910. In-8°, 137 p. (Bibliothèque d’histoire du droit nor¬ 
mand, 1” série : Textes. T. I.) 

540. Asal (Jos.). Die Wahl Johanns XXII. Ein Beitrag zur Ge- 
schichte des avignones. Papsttums. Berlin(-Wilmersdorf), W. Roth¬ 
schild, 1910. Gr. in-8°, 82 p. (Abhandlungen zur mittleren u. neueren 
Geschichte, 20. Heft.) 3 m. 

541. Aubert (Marcel). Monographie de la cathédrale de Senlis. Sen- 
lis, impr. Dufresne, 1910. In-4°, xi-209 p., avec grav. et pl. 

542. Aufrecht (Thdr.). Die Sanskrit-Handschriften der k. Hof.-u. 
Staatsbibliothek in München. München, J. Palm, 1909. Gr. in-8°, 
viii-228 p. (Catalogua codicum manuscriptorum bibliothecae regiae 
Monacensis. Tomi I pars 5.) 10 m. 

543. Auvray (Lucien). Un épisode de la rivalité des églises de Tolède 
et de Tarragone au xm* siècle. Paris, H. Champion, s. d. In-8°, 7 p. 

544. Avend (Georges d’). Découvertes d’histoire sociale, 1200-1910. 
Le Socialisme d’hier. La Terre aux laboureurs. Les Salaires à tra¬ 
vers les âges. Dépenses de l’ouvrier et du paysan. Impuissance cons- 

9 

tante de l’Etat et des syndicats sur les prises de vente, etc. Paris, 
E. Flammarion, 1910. In-18 jésus, 338 p. (Bibliothèque de philosophie 
scientifique). 3 fr. 50. 

545. Bàchtold (Herra.). Der norddeutsche Handel im 12. u. begin- 
nenden 13. Jahrh. Berlin(-Wilmersdorf), W. Rothschild, 1910. 
Gr. in-8°, vm-314 p. (Abhandlungen zur mittleren u. neueren Ge¬ 
schichte, 21. Heft.) 8 m. 

546. Baldamus (A.). Schul-Wandkarte zur Geschichte des Preus- 
sischen Staates. I. Brandenburg-Preussen, 1415-1806. II. Preussen 
seit 1807. 1 : 800,000. Leipzig, G. Lang, 1910. 6 feuilles en couleur. 

(Sammlung historischer Schulwandkarten, IV. Abtlg., Nr. 1.) 18 m. 

♦ 

547. Baldamus (A.). Wandkarte zur deutschen Geschichte von 1125- 
1273 (staufische Kaiser). 1 : 1,000,000. Leipzig, G. Lang, 1910. 6 feuilles 
en couleur. (Sammlung historischer Schulwandkarten, II. Abtlg., 
Nr. 4.) 18 m. 

548. Baldamus (A.). Wandkarte zur deutschen Geschichte von 1273- 
1500 (1519). 1 : 800,000. Leipzig, G. Lang, 1910. 7 feuilles en couleur. 
(Sammlung historischer Schulwandkarten, II. Abtlg., Nr. 5.) 18 m. 

549. Baldamus (A.). Wandkarte zur Geschichte des Frankenreiches 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



/ 


BIBLIOGRAPHIE. 


394 

(481*911). 1 : 1,000,000. Leipzig, G. Lang, 1910. 6 feuilles en couleur. 
(Sammlung historischer Schulwandkarten, II. Abtlg., Nr. 2.) 18 m. 

550. Baldamus (A.). Wandkarte zur Geschichte der Vôlkerwande- 
rung (einschliesslich der Araber u. Normannen). 1 : 2,500,000. Leipzig, 
G. Lang, 1910. 6 feuilles en couleur. (Sammlung historischer Schul- 
wandkarten, II. Abtlg., Nr. 1.) 18 m. 

551. Barennb (Jean). La Viticulture en Bordelais au moyen âge. 
Abbeville, impr. Paillard, 1910. In-8®, 8 p. 

552. Battistella (Ant.). Nuovi regesti riguardanti la servitù di mas- 
nada in Friuli. Udine, tip. G. Vatri, 1909. In-8°, 28 p. 

553. Bau- u. Kunstdenkmàler (die) der Prov. Westpreussen. 3. Bd. 
Pomeranien. 3. Kreis Stuhm (XIII. Heft der Gesamtreihe). Bearb. im 
Auftrage des Westpreuss. Prov.-Landtages v. Bernh. Schmid. Dan- 
zig, A. W. Kafemann, 1909. In-fol., xn et 235-384 p., 151 fig. et 
suppléments. 7 m. 

554. Baye (Baron de). Les Casques de l’époque barbare et leur 
répartition géographique en Europe. Nogent-le-Rotrou, impr. Dau- 
peley-Gouverneur, 1910. In-8°, 23 p., avec fig. (Extrait des Mémoires 
de la Société nationale des antiquaires de France , t. LXIX.) 

555. Bazeille. La Commune de Bures. Paris, Impr. nationale, 1910. 
In-8°, 24 p. (Ministère de l’instruction publique et des beaux-arts. 
Extrait du Bulletin des sciences économiques et sociales du Comité 
des travaux historiques et scientifiques, année 1908.) 

556. Beauséjour (Gaston), Godard (Charles). Pesmes et ses sei¬ 
gneurs du xii* au xvii* siècle; 2* partie, de 1327 à 1451. Maison de 
Grandson, avec un catalogue des actes. Vesoul, impr. Bon ; Besançon, 
impr. Jacquin, s. d. In-8°, 240-clxxxv p., pl. et fig. 

557. Behrens (Dietr.). Beitrage zur franzôsischen Wortgeschichte 
u. Grammatik. Studien u. Kritiken. Halle, M. Niemeyer, 1910. 
Gr. in-8°, xi-500 p. 12 m. 

558. Beitrage zur Geschichte der letzten Staufer. Ungedruckte 
Briefe aus der Sammlg. des Magisters Heinrich v. Isernia. Mit. e. 
Einleitg. v. Karl Hampe. Leipzig, Quelle u. Meyer, 1910. Gr. in-8°, 
vii-151 p. 4 m. 40. 

559. Bbnedetta (Luigi Foscolo). Il « Roman de la Rose » e la let- 
teratura italiana. Halle, M. Niemeyer, 1910. Gr. in-8°, 259 p. (Zeit¬ 
schrift f. romanische Philologie, 1-30. Bd., 21. Heft.) 8 m. 

560. Beowulf nebst den kleineren Denkmàlern der Heldensage. Mit 
Einleitg., Glossar u. Anmerkgn., hrsg. v. F. Holthausen. 2. verb. Auil. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 395 

Heidelberg, Cari Winter, 1909. In-8°, xv-126 p. et 2 pl. et xxxi-176p. 
et 2 pl. (Alt- u. mittelenglische Texte. 3.) 5 m. 

561. Bergmann (Wilh.). Reste deutscher Ordensburgen in Sieben- 
bürgen, nebst e. Geschichte des Oeutschen Ritterordens in diesem 
Lande (1211*1225) u. e. Anh. v. Regesten. Freudenthal, W. Krommer, 
1909. Gr. in-8°, 78 p., 11 fig., 1 pl. coloriée. 4 m. 

562. Berkut (L. N.). Voznikovnenie i kharakter srednevôkovoï 
annalistiki. Itd. 2°*. [L’annalistique médiévale.] Varsovie, impr. du 
district d’enseignement, 1910. In-8°, 85 p. 

563. Bernekbr (Erich). Slavisches etymologisches WOrterbuch. 
Heidelberg, Cari Winter, 1910. In-8°, 321-400 p. (Indogermanische 
Bibliotek, I. Abtlg., II. Reihe : Wôrterbücher, 2. Bd., 5. Lfg.) 1 m. 50. 

564. Berthelé (Jos.). Identification toponymique de deux anciens 
cimetières des environs de Montpellier. Montpellier, impr. générale 
du Midi, 1910. In-8°, 16 p. (Plaquettes montpelliéraines et languedo¬ 
ciennes, VI.) 

565. Berthelé (Joseph). La Voie domitienne d’Ambruisum au 
Forum Domitii. Montpellier, impr. générale du Midi, 1910. In-8°, 
p. 227-258. (Extrait des Mémoires de la Société archéologique de 
Montpellier. — Plaquettes montpelliéraines et languedociennes, VII.) 

566. Berthier (J.-J.). L’église de la Minerve à Rome. Roma, coop. 
tip. Manuzio, 1910. In-8°, 443 p. et fig. 

567. Besse (Dom J.-M.). Abbayes et prieurés de l'ancienne France. 
Recueil historique des archevêchés, évêchés, abbayes et prieurés de 
France, par dom Beaunier. II. Provinces ecclésiastiques d’Aix, Arles, 
Avignon et Embrun. III. Provinces ecclésiastiques d’Auch et de Bor¬ 
deaux. Paris, veuve C. Poussielgue, 1909-1910. In-8°, vm-255 et 351 p. 
(Archives de la France monastique, 7 et 10). 10 fr. le vol. 

568. Besson (Marius). L’Art barbare dans l’ancien diocèse de Lau¬ 
sanne. Lausanne, F. Rouge, 1909. In-4°, 241 p., 29 pl., 194 fig. 12 fr. 

569. Bevilacqua Lazise (Alb.). L'architettura prelombarda in Asti. 
Torino, L’Artista moderno, 1910. In-8°, 29 p. et fig. (Dono de L’Ar- 
tista moderno ai soli abbonati.) 

570. Biagi (Vinc.). Un episodio célébré délia vita di Dante : l’auten- 
ticità dell’ epistola ilariana, eu documenti inediti. Modena, A. F. For- 
miggini, 1910. In-8°, vui-101 p. (Biblioteca filologica e letteraria, 
n° 3.) 3 1. 

571. Biesb (Alfr.). Deutsche Literaturgeschichte. 1. Bd. Von den 
Anfàngen bis Herder. Mit Proben aus Handschriften u. Drucken u. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



396 


BIBLIOGRAPHIE. 


m. 36 Bildni88ea. 3. durchgesch. u. berichtigte Aufl. München, 
C. H. Beck, 1910. In-8°, x-640 p. 5 m. 50. 

572. Bigot (Henri). Des traces laissées en Provence par les Sarra- 
zins. Paris, L. Duc, 1908. In-8°, 56 p. 

573. Billington (R. N.), Brownbill (J.). St. Peters, Lancaster, a 
history. London, Sands; 1910. In-4°, ill. 12 s. 6 d. 

574. Blanchet (Adrien). Les Camées de la croix de Saint-André- 
le-Bas à Vienne en Dauphiné. Paris, E. Leroux, 1909. Gr. in-4°, 
paginé 9-12, fig. (Fondation Eugène Piot. Extrait des Monuments et 
mémoires .) 

575. Blok (P. J.). Geschiedenis eener Hollandsche stad. I. Eene 
Hollandsche stad in de middeleeuwen (2 e verm. druk). ’s-Gravenh., 
Mari. Nijhoff, 1910. In-8°, xx-343 p., 2 caries. 5 fr. 75. 

576. Bobhn (Max). Toledo. Leipzig, Klinkhardt u. Biermann, 1910. 
In-8°, viii-184 p. et 44 fig. (Statten der Kultur, 24.) 3 m. 

577. Boer (R. C.). Die Sagen v. Ermanarich u. Dietrich v. Bern. 
Halle, Buchh. des Waisenhauses, 1910. Gr. in-8°, vm-333 p. (Ger- 
manistische Handbibliothek, X.) 8 m. 

578. Bonghi (Rugg.). Francesco d'Assisi, studio, con prefazione di 
Paul Sabatier. Seconda edizione. Città di Castello, casa ed. S. Lapi, 
1910. In-16, 146 p. 2 1. 

579. Bonus Socius : xmth century manuscript collection of cbess 
problems, illustrated with coloured frontispiece, and thirty-eight full 
page reproductions from original manuscript. To which is added a 
short narrative of Jacobus Cessolis and the two French champions 
Philidor and La Bourdonnais. Edited by James F. Mageejr. Florence, 
tip. Giuntina, 1910. In-8°, 68 p., fig. et pl. 

580. Borrelli de Serres. Recherches sur divers services publics 
du xni« au xvn* siècle. T. III : Notices relatives aux xiv* et xv* siècles. 
I, le Trésor royal de Philippe IV à Philippe VI; II, Officiers des 
finances de Philippe IV à François I er ; III, les Plus anciens présidents 
au Parlement; IV, Notes sur quelques-uns des gens de finances; 
V, les Feux dans le Languedoc; VI, Trois hypothèses sur les varia¬ 
tions monétaires ; VII, la Date de l’Estat des offices. Paris, A. Picard 
et fils, 1909. In-8°, 595 p. 

581. Boucher. Sur un anneau du xv* siècle dit « Anneau de Jeanne 
d’Arc ». Rouen, impr. Gy, 1910. In-8°, 6 p. (Académie des sciences, 
belles-lettres et arts de Rouen.) 

582. Bougette (Émile). Histoire de Saint-Martin-de-Londres 
(Hérault). Montpellier, impr. Serre et Roumégous, 1909. In-8°, vi- 
290 p., avec fig. et pl. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 397 

583. Bouillet (C.). Histoire du prieuré de Saint-Martin d’Ambierle. 
Roanne, Souchier, 1910. In-8°, x-418 p., avec grav. 

584. Brassinne (Joseph). Catalogue des manuscrits légués à la 
bibliothèque de l’Université de Liège par le baron Adrien Wittert. 
Liège, D. Cormaux, 1910. In-8°, xv-243 p. et grav. 10 fr. 

585. Bréhier (Louis). Les Origines de l'art musulman. Paris, 
bureaux de la Revue des idées, 1910. In-8°, 15 p. (Extrait de la Revue 
des idées, 15 mars 1910.) 

586. Brbndlb (Bernh.). Der Holzhandel im alten Basel. Basel, Hel- 
bing und Lichtenhahn, 1910. Qr. in-8°, 125 p. 3 m. 

587. British Muséum. Quide to the English Pottery and Porcelain 
in the department of British Mediæval Antiquities. 2nd edit. London, 
Frowde, 1910. In-8°. 1 s. 

588. Brom (Gisbert). Guide aux archives du Vatican. Rome, 
W. Regenberg, 1910. In-8°, xix-96 p. 

589. Brown (P. Hume). History of Scotland. Cambridge, Univer- 
sity Press, 1910. 3 vol. in-8°. (Cambridge Historical Ser.) 21 s. 

590. BucinskiÎ (B.). Zmagania do unii Ruskoi cerkvi z Rimom v 
r. 1498-1506. [Tentatives d'union de l'église russe à l’église romaine 
de 1498-1506.] Kiev, impr. de l’Association, 1909. In-8°, 113 p. (Extrait 
des Zapishi uhrain. nauhovogo t «*, 4-6.) 

591. Burkart (Sebast.). Geschichte der Stadt Rheinfelden bis zu 
ihrer Vereinigung m. dem Kanton Aargau. Aarau, H. R. Sauerlânder, 
1909. Gr. in-8°, vi-777 p., fig. et 8 pl. 10 m. 

592. Burkhardt (Rob.). Geschichte v. Zinnowitz (Seebad) 1309- 
1909. Zur 600jàhr. Jubelfeier hrsg. v. der Badedirection. Nach den 
Quellen bearb. Zinnowitz (Swinemünde, W. Fritzsche), 1909. In-8°, 
76 p., fig. et pl. 0 m. 60. 

593. Buslabv (F. J.). Socineniïa. [Œuvres.] II. Socineniia po 
arkheologii i istorii iskusstva. Istoriceskie ocerki russkoi narodnoi 
slovesnosti i iskusstva. Saint-Pétersbourg, impr. de l’Académie des 
sciences, 1910. In-8°, 455 p., il). 

594. Buttin (Ch.). Le Guet de Genève au xv* siècle et l’armement 
de ses gardes. Annecy, impr. Abry, 1910. In-8°, 128 p. (Extrait de la 
Revue savoisienne, années 1907-1909.) 

595. Caillet (Louis). Etude sur les rapports de Lyon avec la Savoie 
et la Bourgogne de 1428 à 1434. Paris, Champion, 1910. In-8°, 28 p. 

(Extrait du Bulletin historique et philologique , 1909.) 

# 

596. Caillet (Louis). Etudes sur les relations de Lyon avec le 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



398 


BIBLIOGRAPHIE. 


Méconnais et la Bresse au xv* siècle. Paris, H. Champion, 1909. In-8°, 
vi-90 p. (Extrait des Annales de l’Académie de Mâcon, 3* série, 

t. XIV, revu et augmenté; préface.) 

597. Cambridge. Queens' College. Early printed books to tbe year 
1500, in the Library. Cambridge, Univ. Press, 1910. In-8°. 1 s. 

598. Capeillb (Abbé J.). Dictionnaire de biographies roussillon- 
n&ises, I. A.-C. Perpignan, Cornet, 1910. In-4°, 152 p. 

599. Carabellese (Fr.). Bari. Bergamo, Istituto italiano d’arti gra- 
fiche, 1910. In-8°, 151 p., fig. et pl. (Collezione di monografie illu- 
strate, sérié I, Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, n° 51.) 4 1. 

600. Cartellibri (Alex.). Philipp II. August, Kônig v. Frankreich. 
III. Bd. Philipp August u. Richard Lowenherz (1192*1199). Leipzig. 
Dyk, 1910. Gr. in-8°, xxm-263 p., 5 pl. 16 m. 

601. Cartbllieri (Otto). Geschichte der Herzôge v. Burgund (1363- 
1477). 1. Bd. : Philipp der Kühne, Herzog v. Burgund. Leipzig, Quelle 

u. Meyer, 1910. Gr. in-8°, xii-189 p. m. 1 Bildnis. 6 m. 

602. Il cartulario délia chiesa Teramana : codice latino in perga- 
mena del sec. xii, dell’ archivio vescovile di Teramo, ora per la prima 
volta pubblicato a cura, studio e spese di Francesco Savini. Roma, 
tip. Forzani, 1910. In-8°, lx-165 p., 4 facs. et 5 pl. 7 1. 

603. Catalogue général des livres imprimés de la Bibliothèque natio¬ 
nale. Auteurs. T. XXXIX : Deschamps-Devaux-Charbonnel. Paris, 
Impr. nationale, 1909. In-8° à 2 col., 1288 col. (Ministère de l’instruc¬ 
tion publique et des beaux-arts.) 

604. Catalogues des ouvrages normands de la bibliothèque munici¬ 
pale de Caen, par Gaston Lavalley. T. I : la Normandie considérée 
dans son ensemble. Caen, L. Jouan, 1910. In-8°, vm-612 p. 

605. Cauzons (Th. de). La Magie et la sorcellerie en France. Les 
sorciers d’autrefois. Le sabbat. La guerre aux sorciers. Les sorciers 
de nos jours. I. Origine de la sorcellerie. Ce qu’on racontait des sor¬ 
cières. Opinions diverses à leur sujet. Paris, Dorbon aîné, s. d. Petit 
in-8°, xv-426 p. 5 fr. 

606. Cebulla (Paul). Die Stellung des Verbums in den periphra- 
stischen Verbalformen des Gotischen, Alt- u. Mittelhochdeutschen. 
Breslau, M. u. H. Marcus, 1910. Gr. in-8°, vi-41 p. 1 m. 20. 

607. Cecil (Alicia M. T. Amherst, mrs Evelyn). A History of gar- 
dcning in England. 3rd. and enlarged edit. London, Murray, 1910. 
In-8°, xviii- 394 p. et ill. 12 s. 

608. Cederschiüld (Gustaf). Vâra àldsta konungasagor och deras 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 399 

kâllor. Stockholm, Bonnier, 4910. In-8°, 69 p. (Populàrvetenskapliga 
Avhandlingar, 33.) 1 kr. 25. 

609. Celier (Léonce). Catalogue des actes des évêques du Mans 
jusqu’à la fin du xm* siècle. Paris, H. Champion, 4910. In-8°, lxxvii- 
408 p. 

610. Champion (Pierre). Ballade du sacre de Reims (17 juillet 1429). 
Paris, H. Champion, s. d. In-8°, 10 p., 1 fac-similé. (Notes sur Jeanne 
d’Arc, III.) 

611. Champion (Pierre). La Librairie de Charles d’Orléans. Paris, 
H. Champion, 1910. In-8°, lxxix-130 p., avec un album de fac-similés. 

612. Chanel (Émile). La Villa gallo-romaine de Pérignat, hameau 
d’Izernore (Ain). Fouilles de 1907 et 1908. Bourg, impr. du Courrier 
de l’Ain, 1909. In-8®, 55 p. et pl. (Extrait du Bulletin de la Société 
des naturalistes de l'Ain, n° 25, novembre 1909.) 

613. La Chanson de Roland, traduction nouvelle d’après les textes 
originaux. Paris, J. Gillequin, s. d. In-16, 149 p. (Tous les chefs- 
d’œuvre de la littérature française.) 

614. La Chanson française du xv* au xx* siècle. Avec un appendice 
musical. Paris, J. Gillequin, s. d. In-16, 326 p. (Tous les chefs- 
d’œuvre de la littérature française.) 

r 

615. Chardome (Emile). Savonarole et l’art chrétien. Bruxelles, 
Société belge de librairie, 1909. In-8°, 31 p. (Documents contempo¬ 
rains.) 0 fr. 50. 

616. Charron (Alfred). Essai historique sur Villevoques (Loiret). 
Fontainebleau, impr. Bourges, 1910. In-8°, 31 p. (Extrait des Annales 
de la Société historique et archéologique du Gàtinais, année 1909.) 

617. Chartes inédites des rois de France (1140-1207). Nogent-le- 
Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur, 1909. In-8°, 6 p. (Extrait du 
Bulletin de la Société de ihistoire de Paris et de l’Ile-de-France, 
t. XXXVI, 1909.) 

618. Chartularium studii Bononiensis : document! per la storia del- 
l’università di Bologna dalle origini fino al secolo xv, pubblicati per 
opéra délia commissione per la storia dell’ université di Bologna. 

Vol. I. Imola, coop. tip. ed. P. Galeati, 1909. In-4°, xii-429 p. 

0 

619. Châtelain (Emile). Catalogue des reproductions de manus¬ 
crits qui se trouvent à la bibliothèque de l’Université de Paris (Sor¬ 
bonne). Paris, H. Champion, 1910. In-8°, 51 p. (Extrait de la Revue 
des bibliothèques, n°* 10-12, octobre-décembre 1909.) 

620. Chaullac (A.). Histoire de l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



400 


BIBLIOGRAPHIE. 


Paris, veuve C. Poussielgue, 1910. In-8", x-414 p. (Archives de la 
France monastique, 9.) 10 fr. 

621. Chevalier (Ulysse). Jean de Bernin, archevêque de Vienne 
(1218-1266). Mémoire historique. Paris, A. Picard et fils, 1910. In-8°, 
51 p. (Documents historiques inédits sur le Dauphiné, 9* livr.) 

622. Chjocci (Martino). Per una lettera di Federico II ai Genovesi 
(18 luglio 1232). Sanseverino-Marche, tip. C. Bellabarba, 1909. In-8°, 
17 p. 

623. Chobaut (H.). Les Institutions municipales dans le comté 
Venaissin, des origines à 1790. Abbeville, impr. Paillart, 1910. 
In-8°, 7 p. 

624. Chwolson ( D. ). Beitrâge zur Entwicklungsgeschichte des 
Judentums von ca. 400 v. Chr. bis ca. 1000 n. Chr. Leipzig, H. Haes- 
sel, 1910. In-8°, vii-63 p. 1 m. 50. 

625. Cionini (Alete). Il feudo Balugola (Farneta-Riccà, S. Dalma- 
zio, Montfestino, Granarolo, Pazzano, Valle) : cenni storici, passeg- 
giate, impressioni. Modena, tip. La Provincia di Modena, 1909. In-8°, 
154 p. 

626. Clark (Albert Curtis). The cursus in mediæval and vulgar 
Latin (paper read to the Oxford philological Society on February 18. 
1910). Oxford, Univ. Press, 1910. In-8°, 31 p. 0 d. 70. 

627. Clémencbau (E.). Le Service des poids et mesures en France 
à travers les siècles. Saint-Marcellin (Isère), ateliers graphiques du 
sud-est, 1909. In-8°, ix-228 p. 3 fr. 50. 

628. Clément (P.), Hallopeau (L.-A.). Peintures murales de l’an¬ 
cienne église paroissiale d’Artins (Loir-et-Cher). Paris, Impr. natio¬ 
nale, 1909. In-8°, 16 p., avec fig- et pl. (Extrait du Bulletin archéo¬ 
logique du Comité , 1909.) 

629. Cochard (Chanoine Th.). L’Assistance aux blessés pendant le 
siège d’Orléans (1428-1429). Orléans, impr. Goril, 1910. In-8°, 29 p. 

630. Collas (L.). Histoire de l’empire ottoman jusqu’à la Révolu¬ 
tion de 1909. 4 e édition, revue et mise au courant par E. Driault. 
Paris, F. Alcan, 1909. In-32,192 p. (Bibliothèque utile, XXIX.) 0 fr. 60. 

631. Collijn (Isak). Kataloge der Inkunabeln der schwedischen 
ôffentlichen Bibliotheken. III. Katalog der Inkunabeln der Stifts- und 
Gymnasialbibliothek zu Linküping. Uppsala, Almquist ock Wiksell, 
1910. In-8°, 60 p. (Arbeten utg. med understôd. af Vilhelm Ekmans 
universitetsfond, Uppsala, 7.) 

632. Colombié (J.). Les Institutions municipales de Castres du xn« 
au xvi« siècle. Abbeville, impr. Paillart, 1910. In-8°, 7 p. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


401 


633. Concilium Basiliense. Studien u. Quellen zur Geschichte des 
Concile v. Basel. VII. Bd. Die Protokolle des Concile 1440*1443. 
Aus dem Manuale des Notars Jakob Hûglin hrsg. v. Herm. Herre. 
Basel, Helbing u. Lichtenhahn, 1910. Gr. in-8°, lxiii-594 p. 32 m. 

634. Coninckse (H.). Notes et documents inédits concernant l’art et 
les artistes à Malines. Malines, L. et A. Godenne, 1909. In-8°, 44 p. 
(Extrait du Bulletin du Cercle archéologique , littéraire et artis¬ 
tique de Malines, t. XIX, 1909.) 2 fr. 50. 

635. Constitutiones et acta publica imperatorum etregum. Tomi VIII 
pars I. Hannover, Hahn, 1910. Gr. in-8°, 1-388 p. (Monumenta Gcr- 
maniae historica, Legum sectio IV.) 17 m. 

636. Contenzione di un’ anima e di un corpo. Testi del sec. xiv in 
prosa ed in rima, aggiuntovi l’originale latino per cura di Giovanni 
Tortoli. Firenze, tip. Galileiana, 1909. In-8°, 153 p. 

637. Cohnbbrg (Horst.). Beitràge vornehmlich zum Privatrecht der 
Stadt Gôttingen am Ausgange des Mittelalters. Heidelberg, Cari Win- 
ter, 1909-10. Gr. in-8°, ih- 80 p. (Deutschrechtliche Beitràge. Forschun- 
gen u. Quellen zur Geschichte des deutschen Rechts, IV. Bd., 
4. Heft.) 2 m. 20. 

638. Courcel (Valentin Chodron de). Étude archéologique sur la 
cathédrale de Troyes. Abbeville, impr. Paillart, 1910. In-8°, 10 p. 

639. Courteault (Henri). Le Bourg-Saint-Andéol. Essai sur la 
constitution de l’état social d'une ville du midi de la France au moyen 
âge. Rédigé et publié sous les auspices de M. le marquis de Nicolay 
et d’après les documents recueillis par M. A. de Boislisle. Paris, 
H. Champion, 1909. In-4°, xxiv-287 p., avec grav. 

640. Craviotto (Lombardo). Il Teiro e le sue alluvioni dal 1250 
al 1909. Varazze, tip. Venturino, 1909. In-8°, 23 p. 

641. Crivellucci (Amedeo). Storia delle relazioni tra lo Stato e la 
Chiesa. Vol. III (Da s. Gregorio Magno ad Adriano I), parte I (Da 
s. Gregorio Magno a Gregorio II). Pisa, E. Spoerri, 1909. In-8°, xvi- 

220 p. 

642. Cuthbbrtson ( David ). The Edinburgh University Library, 
an account of its origin, with a description of its rarer books and 
manuscript8. London, O. Schulze, 1910. In-4°, 22 ill. 10 s. 6 d. 

643. Dairb. Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de 
Corbie. Annotée et publiée par Alcius Ledieu. Paris, Jouve, 1909. 
In-8®, II-138 p. et grav. 

644. Damseaux (Eugène). Histoire de la pédagogie à l'usage des 

1910 26 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



402 


BIBLIOGRAPHIE. 


élèves des écoles normales et des membres du corps enseignant. 
Nouv. éd. Liège, H. Dessain, 1910. In-12, viii-iv-607 p. 4 fr. 


645. Danmartin (Herb.). Falque de Candie. Nach den festland. 
Handschriften zum 1. Mal vollstândig hrsg. v. O. Schultz-Oora. 1. Bd. 
Dresden. (Halle, M. Niemeyer), 1910. Gr. in-8°, xxviii-467 p. (Gesell- 


schaft f. romanische Literatur, VII. Jahrg. 1908. 2. 
Reihe Bd. 21.) 25 m. 


Der ganzen 


646. Dautrembr (J.). Poésies et anecdotes japonaises de l’époque 
des Taira et des Minamots, suivies de l’histoire de ces deux familles 
(782-1185 ap. J.-C.). Paris, E. Leroux, 1909. In-18, 121 p., pl. (Biblio¬ 
thèque orientale elzévirienne, 86.) 2 fr. 50. 


647. Davies (Gerald S.). Renascence, the sculptured tombe of the 
fifteenth Century in Rome. With chapters on the previous centuries. 
London, Murray, 1910. In-8°, 402 p., 1100 111. 21 s. 

648. Déchelbtte (Joseph). Guide des monuments d'Autun. Paris, 
A. Picard, 1909. In-8°, 31 p., avec grav. et plan hors texte. (Extrait 
du Compte-rendu du 74* congrès archéologique de France tenu 
en 1907 à Avallon.) 

649. Degli Azzi Vitelleschi (G.). Le relazioni tra la repubblica 
di Firenze e l’Umbria nei secoli xiii e xrv, secondo i documenti del 
r. archivio di stato di Firenze. Vol. II (Dai registri). Perugia, Unione 
tipografica cooperativa, 1909. In-8°, vii-287 p. (Appendice al vol. XV 
del Bollettino délia r. deputazione di storia patria per l’Umbriat. 


650. Deliquet. Un gentilhomme poitevin au xm* siècle. Laurens 
du Villars, seigneur des Roches de Moussac-sur-Vienne. Poitiers, 
impr. Blais et Roy, 1909. In-8°, 47 p. (Extrait du Bulletin de la 
Société des antiquaires de l'Ouest, t. I, 2 e trimestre, 1909.) 


651. Delisle (Léopold). Les Heures dites de Jean Pucelle, manus¬ 
crit de la collection de M. le baron Maurice de Rothschild. Notice. 
Paris, E. Rahir, 1910. In-8°, 88 p., 71 pl. 40 fr. 

652. Delonclb (Pierre). Étude sur la censive de Saint-Germain- 
l'Auxerrois à Paris au xiii* et au xiv* siècle. Abbeville, impr. Pail- 
lart, 1910. In-8°, 5 p. 

653. De Lorenzo (Gius.). Campi flegrei. Bergamo, Istituto italiano 
d’arti grafiche, 1910. In-8°, 156 p., fig. et 5 pl. (Collezione di monografie 
illustrate, sérié I. Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, n° 52.) 51. 


654. Delvin (Dominique). Histoire de la commune de Biévène. 2 e éd. 
Mons, Dequesne-Masquillier et fils, 1909. In-8°, II-223 p., fig., grav. 
et portr. hors texte. 5 fr. 

655. Depoin (J.). Les Vicomtes du Mans et la maison de Bellôme. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 403 

Paris, Impr. nationale, 1910. In-8°, 47 p. (Extrait du Bulletin his¬ 
torique et philologique, 1909.) 

656. De Poorter (A.). La Bibliothèque de la chapelle de Jérusa¬ 
lem à Bruges au xv* siècle. Bruxelles, G. Van Oest, 1909. In-8°, 16 p. 
(Extrait de la Revue des bibliothèques et archives de Belgique, 
t. VII, n°* 2-3.) 

657. Deraze (Edmond). Le Mariage d’après les Assises de Jérusa¬ 
lem. Poitiers, impr. Blais et Roy, 1910. In-8°, 124 p. 

658. Dervien. La Poterie au moyen âge. Caen, H. Delesques, 1909. 
In-8°, 42 p., avec fig. (Extrait du Bulletin monumental, année 1909.) 

659. Des Marez (G.), De Sagher (E.). Comptes de la ville d’Ypres 
de 1267 à 1329. T. I. Bruxelles, P. Imbreghts, 1909. In-4°, xxiii-627 p. 
et cart. (Publication de la Commission royale d’histoire de l’Acadé¬ 
mie royale de Belgique.) 15 fr. 

660. Deutsche allgemeine Biographie, 274-276. Lfg., 55. Bd. Leipzig, 
Duncker u. Humblot, 1910. Gr. in-8°, v et 481-904 p. 6 m. 40. 

661. Deville (Étienne). L’Église Saint-Germain d’Argentan au 
xv* siècle, d’après un ancien livre de comptes. Paris, Impr. natio¬ 
nale, 1909. In-8°, 15 p. (Extrait du Bulletin archéologique , 1909.) 

662. Dewert (Jules). Le Serment des archers de Basse-Wavre. 
Nivelles, impr. Lanneau et Despret, 1909. In-8°, 49 p. (Extrait des 
Annales de la Société archéologique de l’arrondissement de 
Nivelles, t. IX.) 

663. Dewit (Jos.). Le Meurtre du bienheureux Pierre de Castelnau, 
légat du pape Innocent III. Bruxelles, Société belge de librairie, 1909. 
In-8°, 14 p. (Documents contemporains.) 0 fr. 50. 

664. De Witte (Alphonse). Numismatique flamande, les jetons de 
Jean sans Peur, comte de Flandre, duc de Bourgogne (1405-1417). 
Liège, impr. H. Vaillant-Carmanne, 1908. Gr. in-8°, 6 p. et fig. 
(Extrait des Mélanges Godefroid Kurth.) 1 fr. 

665. De Wulf (Maurice). Histoire de la philosophie en Belgique. 
Bruxelles, A. Dewit, 1910. Gr. in-8°, x-376 p., 18 pl. hors texte. 
7 fr. 50. 

666. Diakonov (M.). Ocerki obscestvennago i gosudarstvennago 
stroia drevneî Rusi. [Organisation politique et sociale de la Russie 
ancienne.] Izd. 3°*. Saint-Pétersbourg, impr. A. G. Rozen, 1910. In-8°, 
xvi-522 p. 3 r. 

667. Doni principeschi per le nozze di Anna Sforza, 1491 [documento 
pubblicato a cura di] Giulio Bertoni. Modena, soc. tip. Modenese, 
antica tip. Soliani, 1909. In-16, 8 p. (Nozze Segre-Zancorain.) 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



404 


BIBLIOGRAPHIE. 


668. Dorez (Léoo). Pontifical peint pour le cardinal Giuliano délia 
Rovere par Francesco dai Libri de Vérone. Paris, E. Leroux, 1909. 
Gr. in-4°, 28 p., fig. (Fondation Eugène Piot. Extrait des Monuments 
et mémoires.) 

669. Dubois (Pierre). Beffrois et hôtels de ville dans le nord de la 
France. Résumé de la conférence faite à l'hôtel de ville de Clermont 
le 25 mars 1909. Abbeville, F. Paillart, 1910. In-8°, 34 p., avec grav. 
(Extrait du Bulletin de la Société archéologique de Clermont de 
l’Oise, année 1908.) 

670. Ducaunnès-Duval (Gaston). Inventaire sommaire des archives 
municipales de la ville de Bordeaux. Période révolutionnaire (1789- 
an VIII). T. II. Bordeaux, impr. Pech, 1910. In-4° à 2 col., vi-394 p. 

671. Dungbrn (Otto Frhr.). Thronfolgerecht u. Blutsverwandscbaft 
der deutschen Kaiser seit Karl dem Grossen. 2. Aufl. Papiermühle b. 
Roda, Gebr. Vogt, 1910. Gr. in-8°, 178 p. 5 m. 

672. Duplais des Touches (A.). Fouras et ses environs (Charente- 
Inférieure), histoire complète. Liège, impr. Vaillant-Carmanne, 1910. 
In-16, 328 p., cartes, plans, fig. 6 fr. 

673. Dupont (Étienne). Les Pèlerinages au Mont-Saint-Michel du 
viii« au xix* siècle. Paris, Vie et Amat, s. d. In-8°, 66 p. et grav. 

674. Dvorak (Max), Matejka (Boh.). Der politische Bez. Raudnitz. 
II. Tl. Raudnitzer Schloss. Prag, Leipzig, K. W. Hiersemann, 1910. 
Gr. in-8°, vi-336 p., 15 pl., 205 reproductions et notes dans le texte. 
(Topographie der historischen u. Kunst-Denkmale im Kônigr. Boh- 
men. XXVII.) 17 m. 

675. Dyboski (Roman). Literatura i jezyk àredniowiecznej Anglii. 
[Littérature et langue de l’Angleterre médiévale.] Krakôw, G. Gebeth- 
ner, 1910. In-8°, xi-418 p., carte. 8 k. 

676. Ebbrsolt (Jean). Sainte-Sophie de Constantinople, étude de 
topographie d’après le Livre des cérémonies. Paris, E. Leroux, 1910. 
In-8°, iv-45 p., plan. 

677. Eckkrt (Heinr.). Die Krâmer in süddeutschen Stâdten bis zum 
Ausgang des Mittelalters. Berlin(-Wilmersdorf), W. Rothschild, 1910. 
Gr. in-8°, xii-89 p. (Abhandlungen zur mittleren u. neueren Geschichte, 
16. Heft.) 3 m. 30. 

678. Edmont (Ed.). Galerie Ternésienne ou dictionnaire biographique 
des personnages les plus remarquables de l’ancien comté de Saint- 
Pol ou de l'arrondissement actuel de ce nom. Saint-Pol, impr. Dubois, 
1910. In-8°, 484-vi p. (Extrait de Y Abeille de la Temoise.) 

679. Édouard d’Alençon (Le P.). L’Abbaye de Saint-Benoit au 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


405 


mont Soubase près d’Assise. Essai d'annales de ce monastère. Cou- 
vin, maison Saint-Roch, 1909. In-8°, 52 p. et grav. hors texte. (Extrait 
des Études franciscaines, octobre 1909.) 

680. Élie Bar Sinaya. Chronographie, traduite pour la première 
fois par L.-J. Delaporte. Paris, H. Champion, 1910. In-8°, xv-418 p. 
(Bibliothèque de l’École des hautes études. Sciences historiques et 
philologiques, 181.) 

681. Enselmino da Montebelluna (Fra). El pianto de la Verzene 
Maria : luoghi scelti per cura di Augusto Sereno. Trevisa, tlp. istituto 
Turazza, 1909. In-8°, 30 p. 

682. Erbach-FüR8TENAu (Graf zu). Die Manfredbibel. Leipzig, 
K. W. Hiersemann, 1910. In-fol., xi-58 p., fig. et 14 pl. (Kunstge- 
schichtliche Forschungen, I. Bd.) 15 m. 

683. Espagnat (Émile). La Coutume de Montberaud, 1416. Tou¬ 
louse, E. Privât, 1910. In-8°, 32 p. 

684. Espinas (Georges), Pirenne (Henri). Recueil de documents 
relatifs à l’histoire de l’industrie drapière en Flandre. 1™ partie : des 
origines à l'époque bourguignonne. T. II (Deynze-Hulst). Bruxelles, 
P. Imbreghts, 1909. In-4°, x-714 p. (Publication de la Commission 
royale d’histoire de l’Académie royale de Belgique.) 15 fr. 

685. Esquien (L.). Essai d’un armorial quercynois. Paris, H. Cham¬ 
pion, 1907. In-4°, 286 p. et 35 pl. 25 fr. 

686. Étienne (Abel). Le Roi René à son château de Gardane, par 
M. l’abbé Chaillan. Compte-rendu fait à la « Société d'études >. Dra¬ 
guignan, impr. Latil frères, 1910. In-8°, 12 p. 

687. Ewald (Wilh.). Die Siegel der Erzbischôfe v. Trier (955-1795). 
Bonn, P. Hanstein, 1910. In-fol., xvi-26 p., 21 pl. en couleur. (Publi- 
kationen der Gesellschaft f. rheinische Geschichtskunde. XXVII. 
2. Lfg. Rheinische Siegel. II.) 10 m. 

688. Fage (René). L’Église de La Graulière (Corrèze). Caen, 
H. Delesques, 1909. In-8°, 22 p., avec 1 fig. dans le texte, plan et 
grav. (Extrait du Bulletin monumental , année 1909.) 

689. Falk (H. S.), Torp (Alf.). Norwegisch-dânisches etymologisches 
Wôrterbuch. Mit Unterstûtzg. der Verff. fortgeführte deutsche Bear- 
beitg. v. Herm. Davidsen. Heidelberg, Cari Winter, 1909. In-8°, 
p. 1121-1360. (Germanische Bibliothek, I. Abtlg., IV. Reihe : Wôr- 
terbücher, I. Bd., 15-17. Lfg.) Chaque livraison 1 m. 50. 

690. Famille (La) et les seigneurs de Thièblemont, 1140-1909. 
Étampes, impr. Lecesne-Allien, 1909. In-8°, 75 p., avec grav. et 
armoiries. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



406 


BIBLI0G1AFBIE. 


691. F aral (Edmond). Les Jongleurs en France au moyen âge. 
Paris, H. Champion, 1910. In-8°, 341 p. (Bibliothèque de l’Ecole des 
hautes études. Sciences historiques et philologiques, 187 e f&sc.) 


692. F aral (Edmond). Mimes français du xiii* siècle. Contribution 
à l’histoire du théâtre comique du moyen âge. Paris, H. Champion, 
1910. In-8°, xv-130 p. 


693. Fbder (Le P. Alfr. Leonh.), S. J. Studien zu Hilarius v. Poi¬ 
tiers. I. Die sogenannten « Fragmenta historica » u. der sogenannte 
« Liber I ad Constantium imperatorem » nach ihrer Ueberlieferg., 
inhaltl. Bedeutg. u. Entstehg. Wien, A. Hôlder, 1910. Or. in-8°, 
188 p. et 2 pl. (Sitzungsberichte der kais. Akademie der Wissenschaften 
in Wien. Philosophisch-historische Klasse. 162. Bd. IV. Abhandlung.) 
4 m. 90. 


694. Feliciangeli (B.). Sulle opéré di Girolamo di Giovanni da 
Camerino, pittore del secolo xv : note. Camerino, tip. G. Tonnarelli, 
1910. In-8°, 35 p. 1 1. 

695. Felis (Le P. Karol), S. J. Ostatnie dziesiçciolecie archeologii 
chrzeécijaôskiej. [Les dix dernières années d’archéologie chrétienne.] 
Krakôw, druk W. L. Anczyca, 1910. In-8°, 46 p. 0 k. 60. 

696. Ferrari (Giannina). I documenti greci medioevali di diritto 
privato dell’ Italia méridionale, e loro attinenze con quelli bizantini 
d’oriente e coi papiri greco-egizii. Leipzig, B. G. Teubner, 1910. 
Gr. in-8°, vm-148 p. (Byzantinisches Archiv. 4. Heft.) 8 m. 

697. Finkel (Ludwik). Elekcya Zygmunta I. [L’élection de Sigis- 
mond I er .] Krakôw, impr. de l’Université, 1909. In-8°, 10 p. 

698. Fischer (Paul). Tannenberg 15. 7.1410. Die Schlacht beiTan- 
nenberg-Grünfelde u. Geschichte der Ostmark bis zur Marienburger 
Huldigg. 1772, in Gesprâchen u. Aufklàrungsabenden dargestellt. 
Graudenz, G. Rôthe, 1910. In-8°, 62 p., fig. et cartes. 0 m. 80. 

699. Fliedner (H.). Die Rheinzôlle der Kurpfalz am Mittelrhein, in 
Bacharach u. Kaub. Trier, J. Lintz, 1910. Gr. in-8°, xv-189 p. 
(Westdeutsche Zeitschrift f. Geschichte u. Kunst, Erganzungsheft XV.) 
6 m. 

700. Florence de Rome, chanson d’aventures du premier quart du 
xm e siècle, publiée par A. Wallenskôld. T. I. Paris, Firmin-Didot, 
1909. In-8°, 302 p. (Société des anciens textes français.) 

701. Flores oc Blantseflor. Facsimile-Udgave. Gotfred of Ghemens. 
Udgave of 1509. Kôbenhavn, Hermann-Petersen, 1910. In-8°, 96 et 
48 p. 

702. Fûhrenbach (O.). Der badische Bergbau in seiner wirtschaftli- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 407 

chen Bedeutung vom Ausgang des MiUelalters bis zur Gegenwart. 
Freiburg-i-B., G. Ragoczy, 1910. Gr. tn-8°, 64 p. 1 m. 20. 

703. Foligno (Cesare). The Story of Padua. London, Dent, 1910. 
In-12, 336 p. (Mediæval town ser.) 4 8. 6 d. 

704. Fornery (Joseph). Histoire du comté Venaissin et de la ville 
d’Avignon. T. I, II, III. Avignon, F. Seguin. 3 vol. in-8°, 574 p., avec 
portr., 305 p., avec fac-similé, 728 p., avec carte. Le vol. 6 fr. 

705. Fortbscue (J. W.). A History of the British army. Vol. I. 
London, Macmillan, 1910. In-8°, 644 p. 18 s. 

706. Fortunat (Vie de sainte Radegonde, reine de France, par 
S.). Traduction publiée avec une introduction, des appendices et des 
notes par René Aigrain. Paris, Bloud, s. d. In-16, 64 p. (La vie des 
saints. Chefs-d’œuvre de la littérature hagiographique.) 

707. Foulon (Léon), Aubert (Arthur). Contribution à l’histoire de 
la commune de Landelier et de sa filiale Gontroux. Bruxelles, impr. 
V. Ernult-Doncq, 1909. In-8°, 147 p., grav. et portr. hors texte. 4 fr. 

708. France (Anatole). Vie de Jeanne d’Arc. Édition définitive 
ornée de gravures. Paris, Calmann-Lévy, 1910. In-4°, lxvi-222, 240, 
184 et 228 p. 

709. Franchini (V.). Adriano III in viaggio nell’ 885 sull' Emilia 
per la Francia mori in Vilzacara : Spilamberto allora, e per un bel 
secolo ancora, era di là da venire. Modena, tip. G. Ferraguti, 1909. 
In-8°, 54 p. 

710. Fredericq (Paul). Rekeningen en andere stukken van den 
pauselijken aflaathandel te Mechelen in ’t midden der 15* eeuw (1443- 
1472). Brusscl, Hayez, 1909. In-8°, 176 p. (Extrait de Verhandelingen 
uitgegeven door de klasse der letteren en der zedelijke en staat- 
kundige wetenschappen der koninhlijke Academie van België, 
2* reeks, verzameling in-8°, deel V, 1909.) 

711. Freundt (Cari). Wertpapiere im antiken u. frûhmittelalterli- 
chen Rechte. Leipzig, Duncker u. Humblot, 1910. Gr. in-8°, vii-219 
et iv-229 p. 10 m. 

712. Frôhlich (Karl). Die Gerichtsverfassung v. Goslar im Mittelal- 
ter. Breslau, M. und H. Marcus, 1910. Gr. in-8°, vm-150 p. (Unter- 
suchungen zur deutschen Staats- u. Rechtsgeschichte, hrsg. v. Otto 
Gierke, 103. Heft.) 5 m. 

713. Froussard (Victor). Notice sur Andelot (Haute-Marne) et 
Monteclair. Reims, impr. coopérative, 24, rue Pluche, 1910. In-8°, 
44 p. (Extrait de la Revue de Champagne, 1909-1910. Publication 
historique, archéologique, artistique et littéraire.) 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



408 


BIBLIOGRAPHIE. 


714. Fruin (R.). Rijks archief-depot in de provincie Zeeland. De 
rekeningen en anderen stukke in 1607 uit de Hollandsche rekenkamer 
naar de Zeeuwsche overgebracht. Het Burgondisch-Oostenrijksche 
tijdvak 4433-1584. ’s-Gravenhage, Mart. Nijhoff, 1910. In-8°, 509 p. 6 fr. 

715. Fuzzi (Annando). Piccole font! dantesche : Servio e Fulgenzio. 
Imola, coop. tip. ed. P. Galeati, 1909. In-8°, 83 p. 

716. Gabriele Maria da Aleppo (Le P.), Calvaruso (G. M.). Le 
font! arabiche nel dialetto siciliano : vocabulario etimologico. Parte I 
(Ethnologie di voci lessicali). Roma, E. Loescher, 1910. In-8°, xxxij- 
442 p. 25 1. 

717. Gadavb (René). Les Documents sur l’histoire de l’Université 
de Toulouse et spécialement de sa Faculté de droit civil et canonique 
(1229-1789). Toulouse, E. Privât, 1910. In-8°, xiu-381 p. 

718. Gàl (Alex.). Die Prozessbeilegung nach den frânkischen 
Urkunden des vii.-x. Jahrh. Breslau, M. und H. Marcus, 1910. Gr. 
in-8°, xii-106 p. (Untersuchungen zur deutschen Staats- u. Rechtsge- 
schichte, 102. Heft.) 4 m. 

719. Gallee (Johs. Hendrik). Altsâchsische Grammatik. 2. vôllig 
umgearb. Aufl. Eingeleitet u. m. Registern verseben v. Johs. Loehner. 
Halle, M. Niemeyer, 1910. Gr. in-8°, xi-352 p. (Sammlung kurzer 
Grammatiken germanischer Dialekte. Hrsg. v. Wilh. Braune, V. 1.) 
6 m. 

720. Galteaux (Paul). Une question brûlante. La tradition et la 
mer à Niort au vi* siècle. Étude rétrospective. Niort, G. Clouzot, 1910. 
In-8°, 12 p. 

721. Gardet (Georges). Histoire de l’abbaye de Saint-Hubert en 
Belgique d’après le cantatorium, suivie d’une description complète de 
l’église actuelle. Verviers, J. Lambotte, 1910. Petit in-8°, 47 p. 1 fr. 50. 

722. Gauthier (P.-J.). Chalon-sur-Saône, notices diverses. Chalon- 
sur-Saône, E. Bertrand, 1910. In-16, 199 p., 1 pl. hors texte. 1 fr. 95. 

723. Gelzer (Matthias). Studien zur byzantinischen Verwaltung 
Aegyptens. Leipzig, Quelle und Mayer, 1909. Gr. in-8°, x-107 p. (Leip- 
ziger historische Abhandlungen, 13. Heft.) 3 m. 60. 

724. Geyser (D. Jos.). La Démonstration « a priori » de l’existence 
de Dieu chez saint Anselme. Impr. de Montligeon (Orne), 1909. In-8°, 
8 p. (Extrait de la Revue de philosophie.) 

725. Gierke (Otto). Schuld u. Haftung im àlteren deutschen Recht 
insbesondere die Form der Schuld- u. Haftungsgeschàfte. Breslau, 
M. und H. Marcus, 1910. Gr. in-8°, xxvm-388 p. (Untersuchungen 
zur deutschen Staats- u. Rechtsgeschichte, 100. Heft.) 12 m. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 



726. Giordano (Antonino). Spigolature dantesche. Napoli, C. Picci- 
rillo, 1910. In-16, 49, 6 p. 0 1. 40. 


727. Giotto. Meisterbilder (1276-1336). 60 Reproduktionem nach 
Orig.-Aufnahmen, die des Künstlers Werk am besten charakterisie- 
ren. Berlin, W. Weicher, 1909. In-16, 65 p. (Weicher’s Kunstbücher, 
34.) 0 m. 80. 

728. Girard (Joseph). Un marchand avignonnais au xiv* siècle. 
Paris, H. Champion, 1910. In-8°, 36 p. (Extrait des Mémoires de 
l'Académie de Vaucluse , 1910.) 


729. Giraut de Bornellj (des Trobadors) sàmtliche Lieder. Mit 
Uebersetzg., Kommentar u. Glossar kritisch hrsg. v. Adf. Kolsen. 
I. Bd., 4. Heft. Halle, Niemeyer, 1910. Gr. in-8°, xi p. et p. 385-496. 
2 m. 40. 


730. Glaue (Paul), Helm (Karl). Das gotisch-lateinische Bibelfrag- 
ment der Universitàtsbibliothek zu Giessen. Giessen, A. Tôpelmann, 
1910. Gr. in-8°, 38 p. et pl. (Extrait de Zeitschrift fur die neutest. 
Wiss.) 1 m. 50. 

731. Gobert (Théodore). La Cité de Liège au moyen âge. L’en¬ 
ceinte notgérienne et M. Kurth. Liège, impr. Demarteau, 1910. In-8°, 
28 p. 0 fr. 75. 

732. Gobert (Théodore). Eaux et fontaines publiques à Liège 
depuis la naissance de la ville jusqu’à nos jours, avec dissertations et 
renseignements sur l’exploitation et la jurisprudence minières en la 
principauté liégeoise, sur les anciennes houillières de Liège et des 
environs. Liège, impr. D. Cormaux, 1910. In-4°, 448 p., grav., cartes 
et plans. 30 fr. 

733. Godet (Marcel). La Congrégation de Montaigu (1490-1580). 
Abbeville, impr. Paillait, 1910. In-8°, 12 p. 

734. Goblzer (Henri). Le Latin de saint Avit, évêque de Vienne 
(450?-526?), avec la collaboration de Alfred Mey. Paris, F. Alcan, 
1909. In-8°, xl-768 p. (Université de Paris. Bibliothèque de la Faculté 
des lettres, XXVI.) 25 fr. 

735. Goguel (Maurice). L’Eucharistie. Des origines à Justin, martyr. 
Paris, Fischbacher, 1909. In-8°, ix-338 p. 

736. Gottlieb (Thdr.). Die Weissenburger Handschriften in Wol- 
fenbüttel. Wien, A. Hôlder, 1910. Gr. in-8°, 24 p. (Sitzungsberichte 
der kais. Akademie der Wissenschaften in Wien. Philosophische his- 
torische Klasse. 163. Bd. 6. Abhandlung.) 0 m. 65. 

737. Grabar (Igor). Istoriia russkago iskusstva. I. Istoriia arkhitek- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



410 


BIBLIOGRAPHIE. 


tury. [Histoire de l’architecture russe.] Saint-Pétersbourg, J. Knebel, 
1910. In-4°, 170 -ih p., ill. 

738. Gràf (Frdr.). Geschichte des Marktes Eschenau. Verf. ais 
Gedàchtnischrift der am 7. IV. 1910 voliendeten lOOjàhr. Zugehôrig- 
keit Eschenaus zum Kônigr. Bayera. München, Ansbach, 1910. In-8°, 
iv-95 p., 1 tabl. 1 m. 60. 

739. Grbgorovius (Ferd.). Geschichte der Stadt Rom im Mittelalter. 
Vom v. bis zum xvi. Jahrh. 5. verb. Aufl. 1. Bd. Anastatischer 
Neudr. Stuttgart, J. G. Cotta, 1910. Gr. in-8°, x-494 p. 9 m. 

740. Grill (Ericb). Der Ulmer Bilscbuitzer Jôrg Syrlin d. A. u. 
seine Schule. Ein Beitrag zur Geschichte der schwàb. Plastik am 
Ausgang des Mitteiaiters. Strassburg, J. H. E. Heitz, 1910. Gr. in-8°, 
vn-88 p., 13 pl. en couleur. (Studien zur deutschen Kunstgeschichte, 
121. Heft.) 4 m. 50. 

741. Gronau (Geo.). Meisterstûcke der Bildhauerkunst. 120 Muster- 
beispiele, ausgewàhlt. 1. Von den âltesten Zeiten bis zu Michelangelo. 
2. Von Michelangelo bis heute. Berlin, W. Weicher, 1909. In-16, 
128 p., avec fig. 1 m. 60. 

742. Grotefend (H.). Taschenbuch der Zeitrechnung des deutschen 
Mitteiaiters u. der Neuzeit. Hannover, Hahn, 1910. In-8°, iv-216 p. 
4 m. 80. 


743. Günther (Léo). Der Ueberg&ng des Füretbist. Würzburg an 
Bayera. Das Ende der alten u. die Anfànge der neuen Regierg. Leipzig, 
Quelle u. Meyer, 1910. Gr. in-8°, vii-173 p. (Würzburger Studien zur 
Geschichte des Mitteiaiters u. der Neuzeit, 2. Heft.) 4 m. 40. 


744. Guibert (Joseph). Les Dessins du cabinet Peiresc au cabinet 
des estampes de la Bibliothèque nationale. Antiquité, Moyen âge, 
Renaissance. Paris, impr. Dumoulin, fac-similés par André Marty, 
1910. Gr. in-4°, 103 p., 24 pl., 1 portr. 


745. Guillorbau (Léon). Cartulaire de Loders (Dorset), prieuré 
dépendant de l’abbaye de Montebourg. Évreux, impr. Odieuvre, 1908. 
In-8°, 151 p. 


746. Hahn (Ose.). Aus Altpreussens Vergangenheit. Kurzgefasste 
Geschichte der Prow. Ost- u. Westpreussen. Kattowitz, Gebr. Bôhm, 
1910. In-8°, vi-132 p., fig., pl., cartes. 3 m. 


747. Halphen (Louis). Paris sous les premiers Capétiens (987-1223). 
Étude de topographie historique. Paris, E. Leroux, 1909. In-8°, 127 p., 
16 fig. (Bibliothèque d’histoire de Paris publiée sous les auspices du 
service de la bibliothèque et des travaux historiques de la ville.) 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 411 

748. Hartlaub (O. F.). Matteo da Siena u. seine Zeit. Strassburg, 
J. H. E. Heitz, 1910. Gr. in-8°, vii-143 p., 15 pl. coloriées. (Zur 
Kunstgeschichte des Auslandes, 78. Heft.) 8 m. 

749. Hartmann (L.). Conflans près Paris. Nogent-le-Rotrou, impr. 
Daupeley-Gouverneur; Paris, 1909. In-8°, 192 p., avec grav. et plan. 
(Extrait des Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de 
Vlle-de-France y t. XXXV, 1908.) 

750. Hauvillbr (Ernst). Die Erhaltung der Siegel, ihre Bedeutung f. 
die historischen Hülfswissenschaften, ihr kunst- u. kulturgeschichtli- 
cher Wert. Metz, G. Scriba, 1910. Gr. in-8°, 23 p., 1 pl. 1 m. 

751. Heeg (Joseph). Catalogus codicum astrologorum graecorum. 
Tomi V, pars III. Codicum romanorum partem tertiam descripsit 
Josephus Heeg. Bruxelles, H. Lamertin, 1910. In-8°, vm-160 p. 6 fr. 

752. Heeg (Jos.). Das Münchener Unzialfragment desCassius Félix 
(clm. 29136). Berlin, G. Reimer, 1910. Gr. in-8°, 284-291 p. (Extrait 
des Sitzungsber. d. h. Ahad. d. Wiss.) 0 m. 50. 

753. Heinbmann (Frz.). Inquisition. Intoleranz. Exkommunication. 
Interdikt. Index. Zensur. Sektenwesen. Hexenwahn u. Hexenprozesse. 
Rechtsanschanungen. II. Heft (2. Hàlfte) der Kulturgeschichte u. 
Volkskunde (Folklore) der Schweiz. Bern, K. J. Wyss, 1909. In-8°, 
xxxvi p. et p. 217-484 (Bibliographie der schweizerischen Landeskunde, 
V, 5.) 2 m. 50. 

754. Heinemann (Frz.), Sagen u. Legenden. Mârchen u. Fabeln. 
III. Heft der Kulturgeschichte u. Volkskunde (Folklore) der Schweiz. 
Bern, K. J. Wyss, 1910. In-8°, xxi-211 p. (Bibliographie der schwei- 
zerischen Landeskunde, V, 5.) 2 m. 

755. Heisterbergk (Const.). [M. C. Frfr. v. Malapert-Neufville.] 
Walther v. der Vogelweide. Dresden, E. Pierson, 1910. In-8°, 257 p., 
9 pl. 4 m. 

756. Heitz (Paul). Christus am Kreuz. Kanonbilder der in 
Deutschland gedr. Messbücherdes 15. Jahrh. Strassburg, J. H. E. Heitz, 
1910. In-fol., 26 p., avec illustrations dans le texte, 51 pl., dont 
31 coloriées à la main. 120 m. 

757. Henderson (George). The Norse influence on Celtic Scotland. 
London, Mac Lehose, 1910. In-8°, 383 p., 9 ill. 10 s. 

758. Heywood (W.). A history of Perugia, ed. by R. Langton 
Douglas. New York, Putnam, 1910. In-8°, xvi-411 p., 21 ill. (Historié 
States of Italy.) 3 d. 50. 

759. Hirschauer (Ch.). Les États d’Artois depuis leur origine jus- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



412 


BIBLIOGRAPHIE. 


qu’à la réconciliation des provinces wallonnes avec Philippe II (1340- 
1579). Abbeville, impr. Paillart, 1910. In-8°, 15 p. 

760. Histoire nestorienne (chronique de Séert). 1™ partie (II) : Texte 
arabe publié par Mgr Addaï Scher. Traduit par M. l'abbé Pierre Dib. 
Paris, Firmin-Didot, s. d. Gr. in-8°, p. 219 à 344. (Patrologia orienta- 
lis, t. V, fasc. 2.) 

761. History of the patriarchs of the coptic church of Alexandria. 
III. Agatho to Michael I (706) Arabie text edited, translated, and anno* 
tated by B. Evetts. Paris, Firmin-Didot, s. d. Gr. in-8°, 215 p. (Patro¬ 
logia orientalis, t. V, (asc. 1 er .) 

762. Hoffmann (Paul). Die Mischprosa Notkers des Deutschen. 
Berlin, Mayer und Müller, 1910. Gr. in-8°, vi-222 p. (Palaestra, 58.) 
6 m. 50. 


763. Hoffmann (Rich.), Mader (Fel.). Bezirk Amt Nabburg. Mün¬ 
chen, R. Oldenbourg, 1910. Gr. in-8°, vi-156 p. et 104 fig., 8 pl., 
1 carte. (Die Kunstdenkmàler des Kônigr. Bayern. 2. Bd. Reg.-Bez. 
Oberpfalz u. Regensburg. Hrsg. v. Geo. Hager, XVIII. Heft.) 7 m. 


764. Holtzmann (Rob.). FranzGsische Verfassungsgeschichte von 
der Mitte des 9. Jahrh. bis zur Révolution. München, R. Oldenbourg, 
1910. Gr. in-8°, xi-543 p. (Handbuch der mittelalterlichen u. neueren 
Geschichte. Hrsg. von G. Below et F. Meinecke. III. Abtlg. Verfas- 
sung, Recht, Wirtschaft.) 12 m. 50. 

765. Hooker (Elizabeth Robbins). Study book in English literature 
(rom Chaucer to the close of the romantic period. Boston, D. C. Heath, 
1910. In-12, x-315 p. 1 d. 

766. Huisman (Georges). La Juridiction de la municipalité parisienne 
de saint Louis à Charles VII. Abbeville, impr. Paillart, 1910. In-8°, 

10 p. 

767. Hustin (A.). Le Luxembourg, son histoire domaniale, archi¬ 
tecturale, décorative et anecdotique, des premiers siècles à l’année 1611. 
Paris, impr. Desfossés, 1910. In-4°, xxiii-218 p., avec plans, cartes 
et grav. 


768. Les Inondations de Paris à travers les âges (Cité et Marais). 
Notice accompagnée de 18 illustrations publiée par la Société histo¬ 
rique et archéologique des III» et IV* arrondissements La Cité. Paris, 

H. Daragon, 1910. In-8°, 52 p. (Bibliothèque du Vieux Paris.) 1 fr. 50. 

» 

769. Isnard (Emile). Essai historique sur le chapitre cathédral de 
Digne et sur Pierre Gassendi, chanoine et prévôt (1177-1790). Abbe¬ 
ville, impr. Paillart, 1910. In-8°, 6 p. 

770. Isola (P. A.). Saggi danteschi : dai canti Caccia-guida; la ris- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 



posta di Virgilio a Catone. Alain, tip. O. De Andreis, 1909. In-8°, 
viii-77 p. 1 1. 50. 

771. Jacopone da Todi (Laude di frate) secondo la stampa fioren- 
tina del 1490, coq prospetto grammaticale e lessico a cura di Gio¬ 
vanni Ferri. Roma, Società filologica romana, 1910. In-8°, xv-330 p. 
(Società filologica romana : document! di storia letteraria.) 20 1. 

772. Jagic (J. V.). Istoriia slavianskoi filologii. [Histoire de la phi¬ 
lologie slave.] Saint-Pétersbourg, impr. de l'Académie des sciences, 
1910. In-8°, viii-961 p. (Enciklopediia slavianskoi filologii, 1.) 4 r. 

773. James (Edith E. Coulson). Bologna, its history, antiquities and 
art. New York, Oxford University Press, 1909. In-8°, xxvm-410 p. 
4 d. 30. 


774. Jansen (J. E.). De Gilde van St-Sebastiaan te Sevendonck 
(Turnhout). Turnhout, J. Splichal, 1909. In-8°, 15 p. 0 fr. 75. 


775. Jenkins (Atkinson). Eructavit. An old French metrical para¬ 
phrase of psalm XLIV, published from ail the known manuscripts 
and attributed to Adam de Perseigne. Dresden (Halle, M. Niemeyer), 
1909. Gr. in-8°, xlv-128 p. (Gesellschaft f. romanische Literatur. VII. 
Jahrg. 1908. 1. Bd. Der ganzen Reihe 20. Bd.) 8 m. 


776. Joergensen (Johannes). Saint François d’Assise, sa vie et son 
œuvre. Traduit du danois, avec l'autorisation de l’auteur, par Teodor 
de Wyzewa. Paris, Perrin, 1910. Petit in-8°, cn-542 p., avec portr. 


777. Joosting (J. G. C.). De begrenzing der wereldlijke en ker- 
kelijke rechtspraken tegenover elkander. ’s-Gravenhage, Mart. Nijhoff, 
1910. In-8°, xu-806 p. (Werken der Vereeniging tôt uitgave der bron- 
nen van het odde vaderlandsche recht, gevestigu te Utrecht, II, 8. 
Bronnen voor de geschiedenis der kerkelijke recbtspraak in het bisdom 
Utrecht in de middeleeuwen, Deel III, 9* afdg.) 14 fr. 50. 


778. Jordan (E.). Les Origines de la domination angevine en Italie. 
Paris, A. Picard fils, 1909. In-8°, cliii- 668 p. 

779. Justi (Ludw.). Die italienische Malerei des xv. Jahrh. Berlin, 
Fischer und Franke, 1910. Gr. in-8°, vm-144 p. et 192 pl. (Geschichte 
der Kunst.) 12 m. 

780. Karwibsb (Erich). Alt-Hameln. Geschichte der Stadt bis zum 
30 jàhr. Kriege. Hameln, Th. Fuendeling, 1910. Gr. in-8°, vii-103 p., 
10 fig., 3 esquisses. 2 m. 

781. Kaufmann (Cari Maria). Zur Ikonographie der Menas-Ampul- 
len m. besond. Berûcksicht. der Funde in der Menasstadt nebst e. 
einführ. Kapitel üb. die neuentdeckten nub. u. aethiop. Menastexte. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



414 


BIBLIOGRAPHIE. 


Kairo, F. Diemer, 1910. Gr. in-8°, 187 p., 100 fig. et 1 plan. (Verôf- 
fentlicbungen der Frankfurter Menasexpedition, 5. Tl.) 9 m. 


782. Ker (U. P.). On thé history of the ballads 1100*1500. London, 
Frowde, 1910. In-8°, 26 p. (British Academy.) 1 8. 6 d. 

783. Killmer (W.). Hessen u. das Reich im frûhen Mittelalter od. 
Geschichte der Grafsch. Hessen. Cassel, M. Siering, 1910. Gr. in-8°, 
viii-428 et 26 p. et plusietirs cartes. 6 m. 60. 


784. Kirchner (Max). Die deutschen Kaiserinnen in der Zeit von 
Konrad I. bis zum Tode Lothars v. Supplinburg. Berlin, E. Ebering, 
1910. Gr. in*8°, vii-198 p. (Historische Studien, 79. Heft.) 5 m. 50. 


785. Kleinschmidt (Beda), O. F. M. Lehrbuch der christlichen 
Kunstgeschichte. Paderborn, F. Schôningh, 1910. Gr. in-8°, xxxiv- 
640 p. t 308 fig. et titre illustré. (Wissenschaftliche Handbibliothek, 
VII.) 10 m. 

786. Knapp (Frdr.). Die italienische Plastik vom 15.-18. Jahrh. — 
Loga (Valerian v.). Die Aspaniscbe Plastik vom 15.-18. Jahrb. Berlin, 
Fischer und Franke, 1910. Gr. in-8°, viii-144 p. et 192 pl. (Geschichte 
der Kunstdargestellt an ihren Meisterwerken.) 12 m. 


787. Koch (Hugo). Cyprian u. der rômische Primat. Eine kirchen- 
u. dogmengeschichtl. Studie. Leipzig, J. C. Hinrichs, 1910. In-8°, 
iv-174 p. (Texte u. Untersuchungen zur Geschichte der altchristli- 
chen Literatur, III. Reihe, V. Bd., 1. Heft. Der ganzen Reihe XXXV, 

1. ) 5 m. 50. 

788. Konta (Annie L.). The History of French Literature from the 
oath of Strasburg to Chantecler. London, Appleton, 1910. In-8°, 
576 p. 10 s. 6 d. 

789. KuliSer (J. M.). Lekcii po istorii ekonomiceskago byta zapad- 
noi Evropy. [Histoire de la vie économique de l’Europe occidentale.] 
2°* izd. Saint-Pétersbourg, impr. A. G. Rozen, 1910. In-8°, vm-451 p. 

790. Kurdiumov (M. G.). Opisanie aktov khraniaâcikhsia v arkhivê 
imp. arkheograficeskoi kommissii. 1. Akty koriajemskago monastyria. 

2. Akty muromskago uézdnago suda. 3. Akty tulskago gub. pravleniia. 
[Inventaire des actes du monastère de Koriajem, du tribunal de Mou- 
rom et de l'administration de Toula conservés dans les archives de la 
commission archéologique.] Saint-Pétersbourg, impr. Aleksandrov, 
1910. In-8°, v-513 p. 

791. Kurth (Godefroid). La Cité de Liège au moyen âge. Bruxelles, 
A. Dewit, 1910. 3 vol. in-8°, lxxi-323, viii-346 et vii- 418 p. 15 fr. 

792. Kutschera (Hugo, Frhr.). Die Chasaren, historische Studie. 
Ein Nachlass. Wien, A. Holzhausen, 1909. Gr. in-8°, 271 p. 5 m. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


415 

793. Kybal (Vl&8timil). Etude sur les origines du mouvement hus- 
site en Bohême. Mathias de Janov. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupe- 
ley-Gouverneur, 1910. In-8°, 35 p. (Extrait de la Revue historique , 
t. CIII, année 1910.) 

794. Labriolle (Pierre de). Un épisode de la fin du paganisme. La 
correspondance d’Ausone et de Paulin de Noie. Avec une étude cri¬ 
tique, des notes et un appendice sur la question du christianisme 
d’Ausone. Paris, Bloud, 1910. In-16, 64 p. (Chefs-d’œuvre de la litté¬ 
rature religieuse.) 

795. Lallemand (Alexis). La Lutte des États de Liège contre la 
maison de Bourgogne, 1390-1492. Bruxelles, Alb. De Boeck, s. d. 
Petit in-8°, 160 p., grav. et 1 carte hors texte. 2 fr. 50. 

7%. La Martinièrb (J. de). Les Chartes de franchise de Sainte- 
Aulaye et de Chalais (12 décembre 1288-9 octobre 1339). La Rochelle, 
impr. Texier, 1909. In-8°, 37 p. (Études sur la condition des classes 
rurales au moyen âge en Angoumois et en Saintonge. Extrait de la 
Revue de Saintonge et d'Aunis, octobre et décembre 1909.) 

797. Lamy (Hugues). Vie du bienheureux Hugues de Fosses, pre¬ 
mier abbé de Prémontré. Louvain, impr. P. Smeesters, 1909. In-8°, 
120 p. (Extrait de la Revue de l'Ordre de Prémontré et de ses mis - 
sions, années 1908-1909.) 1 fr. 35. 

798. Laran (Jean). Recherches sur les proportions dans la statuaire 
française du xn* siècle d’après les moulages du musée de sculpture 
comparée. Paris, E. Leroux, 1909. In-8°, 107 p., avec fig. (Revue 
archéologique.) 

799. La Sale (Antoine de). L’Histoire et plaisante chronique du 
Petit Jehan de Saintré et de la Jeune dame des Belles Cousines. 
Transposée littéralement en français moderne avec avertissement et 
notice par Louis Haugmard. Paris, E. Sansot, 1909. In-18 jésus, 
xxiv-372 p. 

800. La Sale (Antoine de). Le Petit Jehan de Saintré. Paris, 
J. Gillequin, s. d. In-16, 239 p. (Tous les chefs-d’œuvre de la littéra¬ 
ture française.) 

801. Lasch (Agathe). Geschichte der Schriftsprache in Berlin bis 
zur Mitte des 16. Jahrh. Dortmund, F. W. Ruhfus, 1910. Gr. in-8°, 
350 p. 12 m. 

802. Latouche (Robert). Histoire du comté du Maine pendant le 
x* et le xi* siècle. Paris, H. Champion, 1910. In-8°, vm-215 p.,plan. 
(Bibliothèque de l’École des hautes études. Sciences historiques et 
philologiques, 183* fasc.) 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



416 


BIBLIOGRAPHIE. 


803. Laudani (Carmelo). Studio storico suite magistrature sicule 
(493-1500). Ribera, tip. del Lavoratore, 1909. In-8°, 125 p. 2 1. 

804. Laurentie (Joseph). Saint Ferdinand III (1198?-1252). Paris, 
J. Gabalda, 1910. In-18, xi-197 p. (Les Saints.) 

805. Le Baud (Pierre). Cronicques et Ystoires des Bretons. Publiées 
d’après la première rédaction inédite avec des éclaircissements, des 
observations et des notes par le vicomte Charles de La Lande de Calan. 
T. II. Rennes, impr. Simon, 1910. In-4°, 195 p., avec vignettes. 

806. Lebault (Armand). La Table et le repas à travers les siècles. 
Histoire de l’alimentation, du mobilier à l’usage des repas, du céré¬ 
monial et des divertissements de table chez les peuples anciens et les 
Français, précédée d’une étude sur les mœurs gastronomiques primi¬ 
tives et sur le rôle du repas dans la civilisation. Paris, L. Laveur, 
s. d. In-8°, vii-718 p., 116 ill. 

807. Lbdibu (Alcius). Monographie de Crécy-en-Ponthieu. Paris, 
Jouve, 1909. In-8°, 67 p. et pl. 

808. Ledieu (Aldus). Sentences de l’échevinage d’Eu tirées du 
Livre rouge (1271-1535). Paris, Impr. nationale, 1910. In-8°, 19 p. 
(Extrait du Bulletin historique et philologique, 1909.) 

809. Leixner (Otto). Oeschichte der deutschen Literatur. In 8. 
Aufl. neu bearb. u. bis zur Gegenwart fortgeführt v. Dr. Ernst Fried- 
laender. Leipzig, O. Spamer, 1910. Gr. in-8°, xi-1098 p., 486 fig. et 
5 pl. en couleur. 16 m. 

810. Lbmckb (Hugo). Die Bau- u. Kunstdenkmàler der Reg.-Bez. 
Stettin. 9. Heft. Der Kreis Naugard. Stettin, L. Saunier, 1910. 
Gr. in-8°, 163 p. et fig. (Die Bau- u. Kunstdenkmàler der Prov. Pom¬ 
mera, II. Tl.) 8 m. 

811. Leonardi (Evelino). Una terra di medici e dl santi : l’Umbria 
méridionale nell’ alto medioevo. Venezia, tip. Orfanotrofio, di A. Pel* 
lizzato, 1910. In-8°, 17 p. (Société critica di scienze mediche e natu- 
rali. II riunione di Venezia. settembre 1909.) 


812. Leskien (A.). Zur Kritik des altkirchenslavischen Codex 
Suprasliensis II. Leipzig, B. G. Teubner, 1910. Gr. in-8°, 26 p. 
(Abhandlungen der kônigl. sâchsiscben Gesellschaft der Wissen- 
schaften. Philologisch-historische Klasse, 28. Bd., Nr. I.) 1 m. 

813. Lesne (Émile). L’Origine des menses dans le temporel des 
églises et des monastères de France au ix® siècle. Paris, H. Champion, 
1910. In-8°, u-169 p. (Mémoires et travaux publiés par les professeurs 
des Facultés catholiques de Lille, fasc. 7.) 


814. Lburidan (Th.). Histoire féodale d’Houplin-lez-Seclin. Lille, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 417 

impr. Danel, 1909. In-8®, 62 p., avec armoiries. (Extrait des Mémoires 
de la Société des sciences de Lille.) 

815. Lexer (Matthias). Mittelhochdeutsches Taschenwôrterbuch. 
Leipzig, S. Hirzel, 1910. Petit in-8°, vii-413 p. 5 m. 

816. Life (The) of Saint Clare ascribed to Fr. Thomas of Celano of 
the Order of Friars Minor, a. d. 1255-1261 ; tr. and ed. from the earliest 
mss. by Fr. Paschal Robinson, of the same Order; with an appendix 
containing the rule of Saint Clare. Philadelphia, Dolphin Press, 1910. 
In-12, xliii-169 p. 1 d. 

817. Lind (O.). Joann III. Moscou, V. Ôicerin, 1910. In-8°, 79 p. 

818. Lind (M.). Litva v xiv i xv véké. [La Lithuanie aux xiv® 
et xv« siècles.] Moscou, V. Cicerin, 1910. In-16, 48 p. 

819. Lind (V.). Pervye russkie kniazia. [Les premiers princes 
russes.] Moscou, V. Cicerin, 1910. In-16, 64 p. 0 r. 12. 

820. Litten (Fritz). Ueber Lo Codi’ u. seine Stellung in der 
Entwicklungs-Geschichte des Culpa-Problems. Berlin, F. Vahlen, 
1910. Or. in-8°, 45 p. 1 m. 20. 

821. Locchi (Vit.). Dante e la curia romana. Figline Valdarno, 
tip. Sarti-Magi, 1910. In-8°, 16 p. 

822. Lodi (Fil.). Un episodio tragico di storia Vogherese del secolo xv 
(dalla storia di Voghera (inedita) e Oltrepo Pavese). Voghera, tip. 
Riva-Zolla-Bellinzona, 1910. In-8°, 15 p. et pl. 1 1. 

823. Lombardini (Fil.). Storia di Sezze. Velletri, tip. A. Lizzini, 

1909. In-8°, 181 p. 2 1. 50. 

824. Loth (J.). Les Noms des saints bretons. Paris, H. Champion, 

1910. In-8°, 153 p. 

825. Low (Sidney J.), Pulling (F. S.). The Dictionary of English 
history. Re-issue. London, Cassell, 1910. In-8°, 1, 126 p. 

826. Lucas (Perceval). Heathfield Memorials, collected from the 
parish records and other unpublished manuscripts. London, A. L. 
Humphreys, 1910. In-4®, 216 p. 21 s. 

827. Ludicke (Vict.). Vorgeschichte u. Nachleben des Willehalm 
v. Orlens von Rudolf v. Ems. Halle, M. Niemeyer, 1910. Gr. in-8®, 
vii-177 p. (Hermaea. Ausgewàhlte Arbeiten aus dem german. Semi- 
nar zu Halle. Hrsg. v. Philipp Strauch. VIII.) 6 m. 

828. Luschin v. Ebengrbuth (Arnold). Der Denar der Lex Salica. 
Wien, A. Hôlder, 1910. Gr. in-8°, 90 p., 4 fig., 1 pl., 1 carte. 
(Sitzungsberichte der kais. Akademie der Wissenschaften in Wien. 
Philosophisch-historische Klasse. 163. Bd., 4. Abhandlung.) 2 m. 40. 

1910 27 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



418 


BIBLIOGRAPHIE. 


829. Luszczewski-Marylski (Antoni). Historya wloscian w Polsce 
czasy najdawniejsze od poczqtkâw xiii w. [Histoire des paysans en 
Pologne jusqu’au xiii* s.] Warszawa, Gebethner i Wolff, 1910. In-8°, 
214-m p. 1 r. 50. 

830. Maiocchi (Rod.). Guido da Pavia, vescovo pisano del secolo xi : 
ricerche storiche. Pisa, tip. Sociale, 1909. In-8°, 88 p. 5 pi. 

831. Majer (Fr.). Inventario dell’ antico archivio municipale di 
Capodistria. Capodistria, Pagine istriane (Cobol-Priora), 1904-1909. 
In-8<\ 175 p. 

832. Male (Émile). L’Art religieux du xiii* siècle en France. Étude 
sur l’iconographie du moyen âge et sur ses sources d’inspiration. 
3 e édition revue et augmentée. Paris, A. Colin, 1910. In-4°, 493 p., 
189 grav. 

833. Manacorda (Guido). Germania filologica : guido bibliografica 
per gli studiosi e per gl’ insegnanti di lingua e letteratura tedesca, 
con circa 20,000 indicazioni. Cremona, tip. ditta P. Fezzi, 1909. In-8°, 
ix-10-280 p. 10 1. 

834. Mann (H. K.). The Lives of the popes in the early middle âges. 
Vol. 4 and 5. London, K. Paul, 1910. In-8°. 12 s. 

835. Marczali (Heinr.). Ungarische Veriassungsgeschichte. Tübin- 
gen, J. C. B. Mohr, 1910. Gr. in-8°, iv-180 p. 5 m. 

836. Martens (Oscar). Un grand État socialiste au xv° siècle. Cons¬ 
titution historique sociale et politique du royaume de Tahuantinsuyn, 
État des Incas, sur le haut plateau de l’Amérique du Sud. Traduction 
française de M.-A. Chazaud des Granges. Paris, V. Giard et E. Brière, 
1910. In-8°, vhi- 93 p. 

837. Martin (C. T.). The Record interpréter : a collection of abré¬ 
viations, Latin words and naines used in English historical manu- 
scripts and records. 2nd. edit. London, Stevens and sons, 1910. In-8°, 
479 p. 15 s. 

838. Martin (J. B.). Incunables de bibliothèques privées. 5 e série. 
Paris, H. Leclerc, 1909. In-8°, 71 p. (Extrait du Bulletin du biblio¬ 
phile.) 

839. Martin-Sabon (P.). Catalogue des photographies archéolo¬ 
giques faites dans les villes, bourgs et villages de l’Ile-de-France et 
dans les provinces d’Artois, Picardie, Normandie, Bretagne, Maine, 
Orléanais, Touraine, Berry, Auvergne, Provence, Bourbonnais, Niver¬ 
nais, Bourgogne, Champagne, etc., d’après les monuments, cathé¬ 
drales, églises, châteaux, fermes, maisons, ruines. Chartres, impr. 
Durand, 1910. Petit in-8° à 2 col., 64 p. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


419 


840. Mascetta-Caracci (Sor.). Dante e il Dedalo petrarchesco, con 
uno studio sulle malattie di Francesco Petrarca. Lanciano, R. Carabba, 
1910. In-8°, 566 p. 8 1. 

841. Maslov (S. J.). Obzor rukopisei biblioteki imp. Unlversiteta 
8v. Vladimira. [Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l’Uni¬ 
versité Saint-Vladimir.] Kiev, lmpr. N. T. Korcak-Novickii, 1910, 
In-8°, 42 p. 

842. Maslovskii (S. D.). Sistematiceskii ukazatel knig (1832-1910) 
v biblioteké imperatorskoi Nikolaevskoi voennoi akademii. [Catalogue 
systématique des livres de la bibliothèque de l'Académie Impériale 
militaire.] I. Voennaia istoriia. [Histoire militaire.] Saint-Pétersbourg, 
impr. Berejlivost, 1910. In-8°, xi-639-xxvi p. 

843. Mason (James). Fra Angelico. Uebers. v. Alice Fllegel. Illus- 
triert durch 8 farb. Reproduktionen. Berlin, Harmonie, 1910. In-8°, 
80 p. (Meisterbilder in Farben. Hrsg. v. T. Léman Hare.) 2 m. 

844. Maspero (Jean). Papyrus grecs d’époque byzantine. T. I. 
Fasc. 1. Leipzig, K. W. Hiersemann, 1910. In-fol., rv-124 p., 23 pl. 
(Catalogue des antiquités égyptiennes du musée du Caire. N°* 67001- 
67089.) 45 m. 60. 

9 

845. Mater (M.-D.). Etudes sur la numismatique du Berry. Notes 
et documents sur la monnaie de Bourges. Chalon-sur-Saône, E. Ber¬ 
trand, 1909. Gr. in-8°, 182 p. 

846. Matériaux pour l'édition de Guillaume de Jumièges préparée 
par Jules Lair, avec une préface et des notes par Léopold Delisle. 
Manuscrits autographes d’Orderic Vital. Manuscrit original de Robert 
de Torigni. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur, 1910. 
In-4°, 46 p. et 120 pl. 

847. Mathbw (Arnold H.). The Life and times of Hildebrand, pope 
Gregory VII. London, F. Griffiths, 1910. In-4°, 320 p. 12 s. 6 d. 

848. Mayjonade. Une basilique byzantine. Saint-Front de Péri- 
gueux. Guide historique et descriptif. Périgueux, impr. Riber, 1910. 
Petit in-16, 95 p., avec grav. 

849. Mazeran (Georges). Essai sur la politique religieuse de Phi¬ 
lippe le Bon dans les Pays-Bas. Abbeville, impr. Paillart, 1910. 
In-8°, 5 p. 

850. Medley (D. J.). Original illustrations of English constitutions! 
history. London, Methuen, 1910. In-8°, 410 p. 7 s. 6d. 

851. Mehlib (C.). Beitràge zur Geschichte der Markgenossenschaf- 
ten u. der Haingeraiden im Mittelrheingebiete, 1. Abtlg. Hrsg. vom 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


420 

Altertumsverein f. don Kanton Dürkheim. Strassburg, J. H. E. Heitz, 
1910. In-8°, vi-90 p. et 3 fig. (Beitràge zur Landes- u. Volkeskunde 
v. Elsass-Lothringen u. den angrenzenden Gebiezen, 37. Heft.) 
3 m. 50. 

852. Meininohaus (Aug.). Die Dortmunder Preistühle u. ihre Frei- 
grafen. Dortmund, F. W. Ruhfus, 1910. Gr. in-8°, nv-322 p., 2 fig. 
et 1 pl. (Beitràge zur Geschichte Dortmunds u. der Grafsch. 
Mark. XIX.) 4 m. 

853. Meissner (Rud.). Romveriasaga (Am 595, in-4°). Berlin, Mayer 
und Müller, 1910. Gr. in-8°, iv-330 p. (Palaestra .88.) 14 m. 

854. Mémoires chronologiques pour servir à l'histoire de Châtelle- 
rault, recueillis et mis en ordre en 1738, par Raffay des Pallus; 
publiés sous les auspices de l’Association amicale des anciens élèves 
du collège de Ch&tellerault par Camille Pagé. Ch&tellerault, impr. 
Rivière, 1909. In-8°, xn-234 p., fac-similé et armoiries. 

855. Menjot d'Elbenne (Vicomte). Le Chapitre royal de l’église 
collégiale de Saint-Pierre-de-la-Cour-Sainte-Chapelle du Mans; avec 
une table alphabétique des noms dressée par l’abbé L.-J. Denis. Le 
Mans, au siège de la Société, 15, rue de Tascher, 1909. In-8°, p. v à 
ccccxl. (Société des Archives historiques du Maine, X.) 

856. Mbrlet (Jos.). Die Wundmale des hl. Franziskus v. Assisi. 
Leipzig, B. G. Teubner, 1910. Gr. in-8°, v-68 p. (Beitràge zur Kultur- 
geschichte des Mittelalters u. des Renaissance. 5. Heft.) 2 m. 

857. Meusi (Frz. Frhr.). Geschichte der direkten Steuern in Steier- 
mark bis zum Regierungsantritte Maria-Theresias. I. Graz, Styria, 
1910. Gr. in-8°, xv-516 p. (Forschungen zur Verfassungs- u. Verwal- 
tungsgeschichte der Steiermark. VII. Bd.) 6 m. 80. 

858. Micha (Alfred). Les Maîtres tombiers, sculpteurs et statuaires 
liégeois. Liège, impr. M. Thone, 1909. Petit in-4°, 304 p., grav. et 
portr. hors texte, 5 fr. 

859. Michel (Robert). L’Administration royale dans la sénéchaus¬ 
sée de Beaucaire au temps de saint Louis. Paris, Picard et fils, 1910. 
In-8°, xxvii-503 p., avec carte. (Mémoires et Documents publiés par 
la Société de l’École des chartes, IX.) 15 fr. 

860. Miltoun (Francis). Castles and Châteaux of old Burgundy and 
the border provinces. London, Pitman, 1910. In-8°, 344 p., 59 ill. 
7 s. 6 d. 

861. Miniaturen der lateinischen Galenos-Handschrift der kgl. 
ôffentl. Bibliothek in Dresden Db 92-93 in phototypischer Reproduk- 
tion. Einleitung u. Beschreibg. v. E. C. Van Leersum u. W. Martin. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 421 

Leiden, A. W. Sijthoff, 1910. In-fol, xxxvii p., 21 fig. (Codices graeci 
et latini photographiée depicti. Supplementum VIII.) 92 m. 

862. Monneret De Villard (U.). Il battistero e le chiese roma- 
niche di Firenze. Milano, E. Bonomi, 1910. In-24, 28 p. et pl. (L’Italia 
monumentale, n° 3). 1 1. 

863. Monumenta palaeographica, Hrsg. v. Chroust. I. Abtlg. 2. Sé¬ 
rié. 4. Liefg. München, F. Bruckmann. 20 m. 

864. Monumenta palaeographica Vindobonensia. Denkmàler der 
Schreibkunst aus der Handschriftensammlg. des habsburg-lothring. 
Erzhauses (k. k. Hof-Bibliothek in Wien.) Unter Leitg. v. Jos. Ritter 
v. Karabacek hrsg. v. Rud. Beer .1. Liefg. Leipzig, K. W. Ilierse- 
mann, 1910. In-fol., iu-68 p., texte illustré, 26 pl. 100 m. 

865. Mort Artu. An old French prose romance of the xmth century 
being the last division of « Lancelot du Lac ». Now first ed. from 
ms. 342 (fonds français) of the Bibliothèque nationale, with collations 
from some other mss. by J. Douglas Bruce. Halle, M. Niemeyer, 
1910. Gr. in-8°, xxxvn-316 p. 10 m. 

866. Murray (David). Légat practice in Ayr and the West of Scot- 
land in the fifteenth and sixteenth centuries. A study in économie 
history. London, Maclehose, 1910. In-8°, 113 p., 8 ill. 5 s. 

867. Nicolas (C.). Cinq chartes du xii* siècle relatives au Mas-Thi- 
bert. Nîmes, impr. Chastanier, 1910. In-8°, 20 p. (Académie de 
Nîmes.) 

868. Niederle (Lubor). Slovanské starozitnosti. II. Puvod a poèâtky 
slovanu jiznikh. 2. [Antiquités slaves. Origines des Slaves du Sud.] 
Prague, Bursik et Kohout, 1910. Gr. in-8°, p. 283-547. 9 k. 

869. Nikolskiî (Nikolaï). Kirillo-Bêlozerskiî monastyr i ego ustroï-, 
stvo do 2' cesverti XVII v. [Le monastère de Bëlozerskaïa et son 
organisation de 1397 à 1625.] T. I, v. h. Saint-Pétersbourg, l’auteur, 
1910. In-8°, 267-xciii-cccxx-vi p. 5 r. 

870. Nimal (Charles), Gosseries (Alphonse). Étude historique sur 
le chapitre de Thuin, suivie d’un exposé de ses démélés avec le prince- 
évêque de Liège, le magistrat et les vicaires perpétuels de Thuin. 
Charleroi, impr. D. Hallet, 1909. In-8°, 115 p. (Extrait des Docu¬ 
ments et rapports de la Société paléontologique et archéologique 
de Charleroi , t. XXX.) 1 fr. 50. 

871. Nordmann (Achilles). Der israelitische Friedhof in Hegenheim 
in geschichtiicher Darstellung. Basel, Wackernagel; Leipzig, C. Beck, 
1910. Gr. in-8°, xvi-205 p. 4 m. 

872. Norges Historié fremstillet for det norske folk af prof. dr. A. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



422 


BIBLIOGRAPHIE. 


Bugge, rigsarkivar E. Hertzberg, dr. phil. Ose. Alb. Johnsen, prof, 
dr. Yngvar Nielaen, prof. J. E. San, prof. dr. A. Taranger. Med 
talrige illustrationer i teksten og paa bil&g. Tidsrummet ca. 800*1045. 
30. hefte (I, 2, 6). Kriatiania, H. Aachehoug, 1909. In-4°, 153-176 p. 
0 k. 50. 

873. Obbrt (Frz.). Hermann v. Salza u. die Besiedelung des Bur- 
zenlandes. Historische Studie. Mit e. Anh. Neuatadt-a.-H., D. Mei- 
ninger, 1910. In-8°, 66 p. et fig. 0 m. 60. 

874. Occupation (L’) chrétienne à Smyrne (1344-1402). Paria, Impr. 
nationale (a. d.). In-4°, 10 p. 

875. Olrik (Axel). Danmarks Heltedigtning. En Oldtidaatudie. 
Anden del. Storkad den garnie og der yngre Skjoldungrække. Kôben- 
havn, Gad. In-8°, 322 p. 5 kr. 50. 

876. Oman (C. W. Chadwick). A history of En gland. V. I. England 
before the Norman conqueat; being a hiatory of the Celtic, Roman 
and Anglo-Saxon perioda down to the year a. d. 1066. London, 
Methuen; New-York, Putnam, 1910. In-8°, xx-679 p. 10 8. 6. 

877. Omont (Henri). Peinturea de l’Ancien Teatament dan8 un manua- 
crit syriaque du vu* ou vm» a. Paria, E. Leroux, 1909. Gr. in-4°, 16 p. et 
5 pl. (Fondation Eugène Piot. Extrait dea Monuments et Mémoires.) 

878. Opia dokumentov vilenakago centralnago arkhiva drevnikh 
aktovykh knig. [Inventaire dea archivée anciennes de Vilna.] VII. 
Vilna, D. et Kh. Ialovcer frères, 1910. In-8°, 362 p. 1 r. 

879. Ovidi (Ern.). Gli archivi pubblici romani in rapporto alla sto- 
ria di Roma e loro odierna funzione, conferenza inaugurale tenuta 
nella nuova aede (palazzo del Gesù) dell’ archivio di stato in Roma e 
dell’ archivio del regno il 4 dicembre 1909. Roma, tip. Farzani, 1910. 
In-8°, 40 p. 4 pl. 2 1. 

880. Ovidio (Fr. d’). Veraificazione Italiana e arte poetica medioe- 
vale. Milano, U. Hoepli, 1910. In-16, 750 p. 8 1. 50. 

881. Palabocappa (Constantin). Liste dea manuscrits grecs de la 
bibliothèque Vaticane. [Publié par H. Omont.] Paris, H. Champion, 
1909. In-8°, 11p. (Extrait de la Revue des bibliothèques, n°* 10-12, 
octobre-décembre 1909.) 

882. Palaat-Architektur v. Ober-Italien u. Toscans vom xm-xviii 
Jahrh. (4. Bd.) Verona, Vicenza, Mantua, Padua, Udine. Hrsg. v. 
Albr. Haupt. 5. Schlusa-Lfg. Berlin, E. Waamuth, 1910. In-fol., 
24 p., 20 pl. en couleur. 28 m. 

883. Panzbr (Frdr.). Studien zur germaniachen Sagengeachichte. I. 
Beowulf. München, C. H. Beck, 1910. Gr. in-8°, x-409 p. 12 m. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


423 


884. Paschini (Pio). Di un supposto scrittore Aquileiese del secolo v 
noto sotto il nome di Niceta. Udine, tip. Doretti, 1910. In-8°, 17 p. 

885. Passiones vitaeque sanctorum aevi Merovingici. Edd. B. Krusch 
et W. Levison. Hannover, Hahn, 1910. Gr. in-8°, vm-834 p. et 22 pl. 
(Monumenta Germaniae historica. Scriptorum rerum Merovingicarum 
t. V.) 40 m. 

886. Pawlowski (Auguste), Radoux (Albert). Les Crues de Paris 
(vi«-xx« siècle). Causes, mécanismes, histoires, dangers. La lutte contre 
le fléau. Paris, Berger-Levrault, 1910. Petit in*8°, vi-183 p., 6 grav., 
6 cartes et croquis. 3 fr. 

887. Pbddib (R. A.). Conspectus incunabulorum. An index cata¬ 
logue of 15th. century books : with references to Hain’s Reperto- 
rium, Copinger’s Supplément, Proctor's Index, Pellecbet’s Catalogue, 
Campbell’s Annales, and other bibliographies. Part. I, A.-B. London, 
Libraco, 1910. In-8°, 149 p. 10 s. 6 d. 

888. Pelster (Wilh.). Stand u. Ilerkunft der Bischôfe der Kôlner 
Kirchenprovinz im Mittelalter. Weimar, H. Bôhlau, 1909. Gr. in-8°, 
vn-109 p. 3 m. 20. 

889. Pbrraud (F.). La Chapelle-de-Guinchay et ses hameaux. 
Mâcon, impr. Protat frères, 1910. In-8°, vn-359 p., 17 pl. 

890. PeruGI (Gius. Ludovico). Aratore, contributo allô studio délia 
letteratura latina nel medio evo. Venezia, tip. Patriarcale, 1909. In-8°, 
141 p. 3 1. 

891. Petit (Ernest). Ducs de Bourgogne de la maison de Valois 
d’après des documents inédits. Philippe le Hardi, 1™ partie : 4363- 
1380. T. I. Paris, A. Picard et fils, 1909. In-8°, 531 p. et pl. 

892. Petitalot (J.-B.). Notre-Dame de Rochefort-du-Gard, depuis 
Charlemagne jusqu’à nos jours. Paris, E. Vitte, 1910. In-16, 260 p. 

893. Pinder (Wilh.). Deutsche Dôme des Mittelalters. Düsseldorf, 
K. R. Langewiesche, 1910. Gr. in-8°, xvi-96 et x p., avec illustra¬ 
tions. 1 m. 80. 

894. Piotrowski (Alex.). Die Quintuplicitat der Rhythmik in roit- 
telalterlichen Melodien. Berlin, R. Trenkel, 1910. Gr. in-8 0 , 49 p. 
2 m. 

895. Pirenne (Henri). Les anciennes démocraties des Pays-Bas. 
Paris, E. Flammarion, 1910. In-12, 310 p. (Bibliothèque de philoso¬ 
phie scientifique.) 3 fr. 50. 

8%. Pitre (Gius.). Medici, chirurgi, barbieri e speziali antichi in 
Sicilia (secoli xm-xvii) : curiosité storiche. Palermo, A. Reber, 1910. 
In-8°, 184 p. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



424 


BIBLIOGRAPHIE. 


807. Pludons. Latwju literaturas westure. [Histoire de la littérature 
lettone.] Mitau, Q. Neumann, 1909. In-8°, 383 p. 


898. Plummer (Carolus). Vitae sanctorum Hiberniae, parti m h acte- 
nus inèditac. Ad fidem codicum m&nuscriptorum recognovit, prolego- 
raenis, notis, indicibus instruxit. Oxford, Clarendon Press, 1910. Gr. 
in-8°, cxcu-273 et 391 p. 9 d. 75. 


899. Pogoi (Fr.). Lerici e il suo castello. Vol. II : dall’ anno 1300 
al 1649. Genova, tip. Impresa generale d'affissioni e pubblicità, 1909. 
Io-8°, xx-417 p. 5 1. 50. 


900. Pogodin (A. L.). Istoriia Bolgarii. [Histoire de la Bulgarie.] 
Saint-Pétersbourg, Brockhaus et Efron, 1910. In-8°, 224 p. [Istoriia 
Evropy po epokham.] 1 r. 50. 


901. Pokrovskm (M. N.). Russkaia istoriia. [Histoire de Russie.] 
T. I. Moscou, impr. V. V. Cicerin, 1910. In-8°, 259-56-7 p. 


902. Poletto (Giac.). Scritti vari. Siena, tip. S. Bernardino, 1910. 
In-8°, xvn-478 p. 6 1. 

903. Polifilo. La certosadi Pavia. Milano, E. Bonomi, 1910. In-16, 
14 p. et pl. (L'Italia monumentale, n° 2.) 1 1. 

904. Polifilo. Il duomo di Milano. Milano, E. Bonomi, 1910. In-24, 
18 p. et pl. (L’Italia monumentale, n° 1.) 1 1. 

905. Popov (N.). Rukopisi sinodalnoi moskovskoi biblioteka. [Manus¬ 
crits de la bibliothèque synodale de Moscou.] II. Moscou, impr. syno¬ 
dale, 1910. In-8°, vii-214 p. 1 r. 50. 

# 

906. Porée (Le chanoine). L’Eglise abbatiale de Bernay, étude 
archéologique. Caen, Henri Delesques, 1910. In-8°, 29 p. (Extrait du 
Compte-rendu du 75 e Congrès archéologique de France , tenu en 
1908 à Caen.) 

907. Posse (Otto). Die Siegel der deutschen Kaiser u. Kônige von 
751-1806. II. Bd. 1347-1493. Von Karl IV. bis Friedrich III. Mittelal- 
terliche Falschgn. Landfriedenssiegel. Dresden, W. Baensch, 1910. 
In-fol., 29 p., 63 pl. 60 m. 

908. Posthumus (N. W.). Bronnen tôt de geschiedenis van de 
Leidsche textielnijverkeid, Dl. I. 1333-1480. ’s-Gravenhage, Mari. Nij- 
hoff, 1910. In-8°, xxiv-717 p. (Rijks geschiedkundige publicatiën, 8.) 5 f. 

909. Pound (Ezra). The Spirit of Romance, an attempt to define 
somewhat the charm of the pre - Renaissance literature of Latin 
Europe. London, Dent, 1910. In-8°, 262 p. 6 s. 

910. Poupardin (René). Deux documents sénonais du x* siècle. 
Paris, H. Champion, s. d. In-8°, 7 p. (Extrait du Moyen-Age, 2 e série, 
t. XIII, 1909.) 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 425 

911. Pourot (Paul). Tolède, son histoire, ses légendes, ses monu¬ 
ments. Paris, Bernard Grasset, 1910. In-16, 226 p., ill. 3 fr. 50. 

912. I Pozzi di Venezia, 1015-1906. Venezia, tip. G. Ferrari, 1910. 
In-4°, 1281 p., fig. et pl. 

913. Pratt (Helen Marshall). The cathédral churches of England, 
their architecture, history and antiquities; with bibliography, itine- 
rary and glossary ; a practical handbook for students and travellers. 
New York, Duffîeld, 1910. In-12, xiv-15-593 p. 2 d. 50. 

914. Preobrajenskii (A.). Etimologiceskii slovar russkago iazyka. 
[Dictionnaire étymologique de la langue russe.] II. Moscou, impr. G. 
Lissner et D. Sobko, 1910. In-8°, p. 57-136 et xxv-xxviii. 0 r. 65. 

915. Prinet (Max). Armoiries couronnées figurées sur des sceaux 
français de la fin du xin e et du commencement du xiv* siècle. Paris, 
E. Leroux, 1909. In-8°, H p. et fig. (Revue archéologique.) 

916. Prutz (Hans). Jacques Cœurs Beziehungen zur rômischen 
Kurie. München, G. Franz, 1910. Gr. in-8°, 66 p. (Sitzungsberichte 
der kônigl. bayerischen Akademie der Wissenschaften. Philosophisch- 
philologische u. histor. Klasse. Jahrg. 1910, 2. Abhandlung.) 1 m. 60. 

917. Pskovskaia Starina. [Les Antiquités de Pskov.] I. Pskov, 
société ecclésiastico-historico-archéologique, 1910. In-8°, 202-50 p., 
3 pl. (Trudy pskovskago cerkovnago istoriko-arkeologiceskago komi- 
teta.) 2 r. 

918. POschel (Alfr.). Das Anwachsen der deutschen Stadte in der 
Zeit der mittelalterlichen Kolonialbewegung. Berlin, K. Curtius, 1910. 
In-8°, xn-214 p., 15 plans. (Abhandlungen zur Verkehrs- u. Seege- 
schichte. 4. Bd.) 7 m. 50. 

919. Puiroux (Henri). De Romulus à Guillaume II. I. L’Empire 
romain; l’empire de Charlemagne. Paris, Bernard Grasset, 1910. In-16, 
302 p. (Etudes de philosophie historique.) 3 fr. 50. 

920. Puiseux. Notre-Dame-de-l’Épine, son histoire, son pèlerinage. 
2* édition revue et augmentée de documents nouveaux par M. le cha¬ 
noine Pannet. Châlons-sur-Marne, impr. Martin frères, 1910. In-16, 
244 p. avec grav. 2 fr. 

921. Rambaud (Pierre). Fondation de la léproserie de Vouillé. Poi¬ 
tiers, impr. Blais et Roy, 1909. In-8°, 10 p. (Extrait du Bulletin de la 
Société française d’histoire de la médecine, n° 7.) 

922. Rauschen (G.). L’Eucharistie et la Pénitence durant les six 

# 

premiers siècles de l’Eglise. Traduit de l'allemand par Michel Decker 
et E. Ricard. Paris, J. Gabalda, 1910. In-18 jésus, xi-246 p. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



426 


BIBUOGEAPHIB. 


923. Razzoli (Rob.). I fraucescani in Oriente. Gerusalemme, tip. di 
Terra Santa, 1909. In-8®, 233 p. et fig. 

924. Rralb (Glus.). Conlerenze dantesche. Avola, tip. E. Prazza, 
1909. In-8°, 125 p. 

925. Recchini (Fr. Pa.). Appunti cronologici per la storia di Ortona- 
Mare. Ortona a Mare, tip. C. Visci, 1909. In-8°, 146 p. 1 1. 50. 

926. Recueil des actes de Henri II, roi d'Angleterre et duc de Nor¬ 
mandie, concernant les provinces françaises et les affaires de France, 
publié sous la direction de M. H. d’Arbois de Jubainville, par M. Léo¬ 
pold Delisle. Paris, C. Klincksieck, 1909. In-4°, xix-570 p., et atlas 
in-fol., 8 p. et 30 pl. 

927. Régnier (Louis). L'Église Saint-Nicolas de Pont-Saint-Pierre 
et les châteaux de Douvllle et de Longenpré, notes historiques et 
archéologiques. Caen, Delesqucs, 1909. In-8°, 38 p. et grav. (Extrait de 
l’Annuaire de l'Association normande, année 1909.) 

928. Reichardt (Alb.). Die Entwicklungsgeschichte der Géra u. 
ihrer Nebengewàsser. Leipzig, Quelle und Mayer, 1910. Gr. in-8°, 
112 p., 3 profils, 2 cartes. (Extrait de la Zeitschrift f. Naturwiss.) 
3 m. 

929. Rbil (Johs.). Die altchristlichen Bildzyklen des Lebens Jesu. 
Leipzig, Dieterich, 1910. Gr. in-8°, vm-150 p. et 1 fig. (Studien üb 
christliche Denkmàler. 10. Heft.) 5 m. 

930. Reiners (Jos.). Der Nominalismus in der Frühscholastik. Ein 
Beitrag zur Geschichte der Universalienfrage in Mittelalter. Nebst e. 
neuen Textausg. dez Briefes Roscelins au Abâlord. Munster, Aschen- 
dorfif, 1910. Gr. in-8°, vii-80 p. (Beitrage zur Geschichte der Philoso¬ 
phie des Mittelalters. VIII. Bd., 5 Heft.) 2 m. 75. 

931. Renier (Rod.). Svaghi critici. Bari, G. Laterza e figli, 1910. 
In-8°, viii-566 p. (Biblioteca di cultura moderna, n° 39.) 5 1. 

932. Revelli (Pa.). Manoscritti d’interesse geografico délia biblio¬ 
teca Ambrosiana : saggio di repertorio. Torino, tip. Baravalle e Falco- 
nieri, 1910. In-8°, 28 p. 

933. Rhein (André). La Seigneurie de Montfort en Iveline, depuis 
son origine jusqu’à son union au duché de Bretagne, x*-xiv a siècles. 
Versailles, impr. Aubert, 1910. In-8°, 364 p., avec pl. et fig. 

934. Richter (Cari). Chronologische Studien zur angelsàchsischen 
Literatur auf Grund sprachlichmetrischer Kriterien. Halle, M. Nie- 
meyer, 1910. Gr. in-8°, xi-101 p. (Studien zur englischen Philologie, 
38. Heft.) 3 m. 

935. Rivoira (G. T.). Lombardie architecture, its origin, develop- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 427 

ment and dérivatives. Trans. by G. Mc. N. Rushforth. London, Hei¬ 
nemann, 1910. 2 vol. in»4°, 264 et 374 p. ill. 63 s. 

936. Rizzacasa d’Orsogna (Giov.). Dante e l’Almanacco di Profa- 
zio Giudeo. Palermo, tip. Virzi, 1909. In-8°, 95 p. 

937. Roberto da Nove. 8. Francesco d’Assisi nell’ arte, nella sto- 
ria e nella Chiesa. Seconda edizione. Torino, G. B. Berruti, 1910. 
ln-8°, 32 p. 

938. Rocuias (G.). Les Chapiteaux de l’église Saint-Nectaire, étude 
iconographique. Caen, H. Delesques, 1910. In-8°, 34 p., fig. et plan. 
(Extrait du Bulletin monumental, année 1909.) 

939. Roman (J.). Inventaire des sceaux des pièces originales du 
cabinet des titres à la Bibliothèque nationale. T. I. Paris, E. Leroux, 
1909. In-4° à 2 col., v-949 p. (Collection de Documents inédits sur 
l’histoire de France.) 

940. Rouvbt (Massillon). Le Flamboyant français est-il d’origine 
anglaise? Paris, imp. H.-L. Matti, 1910. Petit in-8°, 24 p. 1 fr. 

941. Royer (Louis). L’abbaye de Montmajour-lez-Arles du X e au 
xv* siècle. Abbeville, Paillait, 1910. In-8°, 9 p. 

942. Rozwadowski (Jan). Bullaz roku 1146 jako najstarszy zabytek 
jçzyka polskiego. [Bulle de 1136, le plus ancien monument de la langue 
polonaise.] Cracovie, Académie des sciences, 1909. In-8°, 55 p. (Extrait 
du t. IV des Materyaly i praci Komisyi jçzyho’wej Ah. umiej. w. 
Krahowie.) 

943. Rubeger (J. J.). Chronik der Stadt u. Landschaft Schaffhau- 
sen. Hrsg. v. historisch-antiquar Verein des Kantons Schaffhausen. 
Register. Bearb. v. Prof. Geo. Warner. Schaffhausen, Historisch-anti¬ 
quar. Verein, 1910. Gr. in-8°, m-227 p. 8 m. 

944. Ruehfel (J.). Gescbichte des Dorfes Strassberg bel Augsburg. 
Augsburg, Lampart and Co., 1910. In-8°, v-155 p. et 1 fig. (Le ch⬠
teau de Strassberg.) 1 m. 80. 

945. Ruinaut (J.). Essai historique sur les origines et l’organisation 
de l'église Saint-Marcel de Paris (v* siècle, 1597.) Abbeville, impr. 
Paillart, 1910. In-8°, 6 p. 

946. Ruinaut (J.), Le Schisme de Photius. Paris, Bloud, 1910. 
In-16, 53 p. (Questions historiques.) 

947. Rutenberg (Otton Fon). Baltijas wechsture. Tulk. Widinu 
Janis. [Histoire de la Baltique, traduite par Widin.) Riga, Gerta, 1910. 
In-8°, 656 p. 2 r. 

• 948. Ruusbroec (Jan). Le Livre des XII béguines ou de la vraie 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



428 


BIBLIOGRAPHIE. 


contemplation. Traduit du flamand avec introduction par l’abbé 
P. Cuylits. Bruxelles, A. Dewit, 1909. Petit in-8°, 147 p. 2 fr. 50. 

949. Sabatier (Paul). Examen critique des récits concernant la 
visite de Jacqueline de Settesoli à saint François. Paris, Fischbacher, 
1910. In-8°, 289 à 332 p. (Opuscules de critique historique, fascicule 15, 
l« r mars 1910.) 

950. SaGaradze (M. I.). Kulturno-istoriceskiî ocerk zapadno? Gruzii 
(Imeretii). [Esquisse de l'histoire de la civilisation dans la Géorgie 
occidentale.] Kutaii, impr. Seradze et Karnaukhov, 1909. In-8°, 109 p. 
0 r. 50. 

951. Saint-Paul (Anthyme). L’architecture française et la guerre 
de Cent ans. Paris, Émile-Chevalier, 1910. In-8°, 164 p. et fig. (Extrait 
du Bulletin monumental , années 1908-1909.) 

952. Salzburger Urkundenbuch. I. Bd. : Traditionscodices gesam- 
melt u. bearb. v. Abt Willib. Hauthaler, O. S. B. Mit Unterstûtzung. 
des k. k. Ministeriuras f. Kultus u. Unterricht, der kaiserl. Akade- 
mie der Wissenschaften in Wien u. des Landtages des Herzogt. 
Salzburg hrsg. v. der Gesellschaft f. salzburger Landeskunde. 6. Heft. 
Salzburg, E. Hâllrigl, 1910. Gr. in-8°, vu et 889-1211 p. 5 m. 

953. Samanek (Vincenz). Kronrat u. Reichsherrschaft im 13 u. 
14. Jahrh. Berlin (Wihmersdorf), W. Rothschild, 1910. Gr. in-8°, 
x-204 p. (Abhandlungen zur mittleren u. nueren Geschichte, 18. Heft.) 
6 m. 

954. Satta (Salvatore). Annotazioni fonetiche ai Condaghe di S. 
Pietra di Silki, testo logudorese der secoli xi-xiii. Sanseverino- 
Marche, tip. C. Bellabarba, 1909. In-8°, 38 p. 

955. Schaff (Philip). Ili8tory of the Christian church. V. 2 pt. 2, 
the Middle âges, from Boniface VIII, 1294, to the Protestant Reforma¬ 
tion, 1517. Now York, Scribner, 1910. In-8°, II-795 p. et port. 3 d. 25. 

956. Schipper (Jakob). A History of English versification. London, 
Frowde, 1910. In-8°, 410 p. 8 s. 6 d. 

957. Schirmer (Herm. M.). Fortegnelse over vore tevarede mindes- 
merker fra den kristne middelalder (Foreningen til norske fortidsmin- 
desmerkers bevaring). Kristiana, Grondahl, 1910. In-8°, 76 p. 

958. Scharne (Curt). Die politischen Beziehungen zwischen Deutsch- 
land u. Frankreich in den J. 953-980. Berlin, E. Ebering, 1910. Gr. in-8°, 
142 p. (Historische Studien, 82. Heft.), 3 m. 80. 

959. Schobnfeld (E. Dagob.). Altnordischen Kônigshôfen zur 
Vikingerzeit. Strassburg, K. J. Trübner, 1910. In-8°, vm-372 p. 5 ra. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


429 


960. Schraub (Wilh.) Jordan v. Osnabrück u. Alexander v. Raes. 
Ein Beitrag zur Geschichte der Publizistik im 13. Jahrh. Heidelberg, 
Cari Winter, 1910. Gr. in-8°, vii- 126 p. (Heidelberger Abhandlungen 
zur mittleren u. neueren Geschichte, 26. Heft.) 3 m. 40. 

961. Schreuer (Hans). Ueber altfranzûsische KrOnungsordnungen. 
Weimar, H. Bôhlau, 1909. Gr. in-8°, 58 p. 1 m. 60. 

962. Schuchardt (Rich.). Die Négation im Beowulf. Berlin, E. Ebe- 
ring, 1910. Grand in-8°, 149 p. (Berliner Beitrage zur germanischen 

u. romanischen Philologie. Verôffentlicht v. Emil Ebering, 38. Germa- 
nische Abteilg. Nr. 25.) 4 m. 

963. Seeberg (Rhold.). Grundriss der Dogmengeschichte. 3. viel- 
fach verb. Aufl. Leipzig, A. Deichert Nachf., 1910. Gr. in-8°, vm-158 p. 
3 m. 25. 

964. Seelengârtlein, Hortulus animae. Cod. bibl. pal. Vindob. 
2706. Photomecanische Nachbildgn. der k. k. Hof- u. Staatsdrucke- 
rei in Wien. Hrsg. unter der Leitg. u. m. kunstgeschichtl. Erlâutergn. 

v. Frdr. DôrnhOffer, 11. (Schluss-)Liefg. Frankfurt-a.-M., J. Baer u. 
Co., 1909. Gr. in-8°, 106 et 107 p. et pl. en couleur. 60 m. 

965. Seeliger (Gerh.). Staat u. Grundherrschaft in der àlteren 
deutschen Geschichte. Leipzig, A. Edelmann, 1909. Gr. in-8°, 48 p. 
1 m. 80. 

966. Semkowicz (Wladislaw). Paleografia w stuzbie dyplomatyki. 
[La paléographie au service de la diplomatique.] Warszawa, impr. 
W. Lazarski, 1909. In-8°, p. 216-227. (Extrait du Przegl&d histo- 
ryczni, t. IX.) 

967. Semrau (Frz.). Würfel u. Würfelspiel im alten Frankreich, 
Halle, M. Niemeyer, 1910. Gr. in-8°, xvi-164 p. (Zeitschrift f. roma- 
nische Philologie. 31. Bd. 23. Heft.) 5 m. 

968. Sbpet (Marius). Jeanne d’Arc. Tours, A. Marne et fils, 1909. 
Gr. in-8°, 368 p., avec grav. 

969. Simar (Th.). Les Manuscrits de Martial du Vatican. Louvain, 
Ch. Peeters, 1910. In-8°, 37 p. (Publication du Musée belge, n° 16.) 
1 fr. 50. 

970. Simund de Freine. Les Œuvres, publiées d’après tous les 
documents connus par John E. Matzke. Paris, Firmin-Didot, 1909. 
In-8°, lxxxviii-196 p. (Société des anciens textes français.) 

971. Siporskii (V. V.). Istoriia russkoi slovesnoti. [Histoire de la 
littérature russe.] Cast I vyp. 2. s xi-xviii v. v. Izd. 4 e . Saint-Péters¬ 
bourg, Baâmakov frères, 1910. In-8°, xvi-250 p. 1 r. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



430 


BIBLIOGRAPBIB. 


972. Skbat (Walter W.). Early English Proverbe, chiefly of the 
13th and 14th centuries. With illustrative quotations. London, Frov.de, 
1910. In-8°, 72 p. 3 s. 6 d. 

973. Suidt (Wilh.). Das Chronicon Beneventani monasterii S. 
Sophiae. Eine quellenkrit. Untersuchg. Berlin, J. Springer, 1910. Or. 
in-8°, 146 p. 4 m. 

974. Soixoway (John). The Alien Bénédictines oi York, being a 
complété history of Holy Trinity priory, York. London, B. Jackson, 
1910. In-4°, 362 p. 15 s. 


975. Sommer (H. Oskar). The Vulgate version of the Arthurian 
romances; ed. from manuscripts in the British Muséum. V. 1. Istoire 
del Saint Graal; V. 2, Istoire de Merlin. Washington, Carnegie Insti¬ 
tution of Washington, 1910. In-4°, xxxn-296, 466 p. 5 d. 


976. Spano (Lu.). Il Baldus diT. Folengo : conferenza; Spigolature 
dantesche; I Beonl di Lorenzo di Medici; Nelle nozze délia sorella 
Paolina di G. Leopardi; Alcune isolette del golfo di Taranto; Versi, 
Napoli, tip. A. Tocco-Salvietti, 1909. In-16, 40 p. 0 1. 75. 


977. Spbrl (Aug.). Die Aichinger, Chronik e. bayer. Bürgerhauses 
1240-1909. Auf Grand derv. Christian Aichinger gesammelten Urkun- 
den bearb. Mit Stammbâume u. andern Beilagen v. Christian Aichin¬ 
ger. München, C. A. Seyfried, 1909. Gr. in-8°, II-178 p. et iv p., avec 
fig. 5 m. 

978. Stahm (Geo.). Das Strafrecht der Stadt Dortmund bis zur Mitte 
des xvi. Jahrh. Heidelberg, Cari Winter, 1910. Gr. in-8°, 182 p. 
(Deutsch rechtliche Beitràge, IV. Bd., 3. Heft.) 4 m. 60. 

979. Stbinackbr (Karl). Stift Gandersheim. Wolfenbûttel, J. Zwiss- 
ler, 1909. Gr. in-8°, 32 p. et xn p. de fig. (Extrait du Draunschweig. 
J&hrbuch.) 

. 980. Stocquart (Émile). Le régime matrimonial au moyen âge en 
Espagne. Bruxelles, bureau de la « Revue >, 9, rue d’Egmont, 1909. 
In-8°, 13 p. (Extrait de la Revue de droit international et de légis¬ 
lation comparée, t. XI, 1909.) 

981. Stokes (Whitley). A supplément to Thésaurus palaeohiber- 
nicus. Vol. I. 1901, vol. II. 1903. Halle, M. Niemeyer, 1910. Gr. in-8°, 
iu-82 p. 4 m. 

982. Stokvis (Z.). Inleiding tôt de Russische literaturgeschiedenis. 
Amsterdam, Maatschappij voor goede en goedkoope lectuur, 1910. 
In-16, 237 et 4 p. (Bibliotheek van Russische literatur, n°* 15-16.) 0 fr. 35 


983. STOROJENKO (N. I.). Ocerk istorii zapadno-evropeiskoi litera- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


431 


tury. [Esquisse de l’histoire de la littérature de l'Europe occidentale.] 
2°« izd. Moscou, impr. G. Lisner et D. Sobko, 1910. In-8°, iv-412 p. 
1 r. 40. 

984. Story (The) of the Royal Navy, full of illustrations of earliest 
times to latest Dreadnoughts. London, Gale and P., 1910. In-8°. 6 d. 

985. Straffohd (Lawrence). Edward the Fourth. London, Pitman, 
1910. In-8®, 360 p. (Makers of national history sériés.) 3 s. 6 d. 

986. Struck (Adf.). Mistra. Ein mittelalterl. Ruinenstadt. Streif- 
blicke zur Geschichte u. zu den Denkmalern des frânkisch-byzantin. 
Zeitalters in Morea. Wien, A. Hartleben, 1910. Gr. in-8°, vm-164 p., 
76 fig. et plan. 5 m. 

987. Stuart (Donald Clive). Stage décoration in France in the 
Middle âges. New York, Macmillan, 1910. In-12, xii-232 p. (Columbia 
Univ. studies in romance, philology and literature.) 1 d. 50. 

988. Stutz (Ulr.). Karl s des Grossen divisio v. 8ist. u. Grafsch. 
Chur. Ein Beitrag zur Geschichte der Reichs u. Kirchenverfassg. der 
frank. Zeit im allgemeinen u. zur Geschichte Churrâtiens sowie des 
Eigenkirchenrechtes im besonderen. I Aus : « Histor. Aufsàtze, Fest- 
gabe f. K. Zeumer ». Weimar, H. Bôhlau, 1909. Gr. in-8°, 54 p. 2 m. 

989. Suffling (Ernest R.). English church brasses from the thir- 
teenth to the Seventeenth century. London, L. U. Gill, 1910. In-8°, 
468 p. et ill. 10 s. 6 d. 

990. Supinskii. Konspekt-zapiski po istorii russkago voennago 
iskusstva. [Mémoires sommaires sur l’histoire de l’art militaire. I. Les 
vieux Slaves. La Russie grand-ducale et impériale.] Tver, impr. de 
N. M. Rodionov, 1910. In-8°, 231-iv p., ill. 

991. Svenska medeltids postillor. Efter gamla handskrifter utg. af 
G. E. Klemming, fortsatta af Robert Geete. D. 5 : 2 (slut). Stockholm, 
l’éditeur, 1910. In-8°, p. 129-249, iv p. (Samlingar utg. af Svenska 
forn8krift8âlls kapet. 137.) 

992. Svenskt Diplomatarium. Utg. af Job. Gust. Liljegren. Vol. 1-2 : 
819-1310. Ort-, person-och sakregister utarb. af Karl Henrik Karlsson. 
Stockholm, Norstedt, 1910. In-4°, vi-157 p. 5 kr. 

993. SYGArtSKi (Prince Jan). Z zycia domowego szlachty sandeckiej 
w epoce dynastyi Wazôw. [La vie familiale de la noblesse de Sandec 
au temps des Wasa.] Kudw, Skyfarth i Czajhowski, 1910. In-8°, 182 p., 
fig. 3 k. 

994. Syxtus, O. C. E. Notiones archaeologiae christianae discipli- 
nis theologicis coonlinatae. Vol. II, pars. II. Romae, Desclée, 1910. 
In-8°, 382 p. et fig. 6 1. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



432 


BIBLIOGRAPHIE. 


995. Szkodzinski (Jan). Grünwald 1410*1910. Krakôw, « Ognisk 
nauczycielski, » 1910. In-8°, 63 p. 

996. Tafrali (C.). Sur les réparations faites au vu* siècle à l'église 
de Saint-Démétrius de Salonique. Paris, E. Leroux, 1909. In-8°, 7 p. 
(Revue archéologique.) 

997. Tavelli (Giov.). Breve compendio délia vita del b. Giovanni 
Colombini composta in latino e fatta volgare da un anonimo quattro* 
centista. Si aggiungono alcuni raffronti con l’opéra di Feo Belcari, 
per cura del can. Luigi Albertazzi. Quaracchi, tip. Collegio di S. Bona- 
ventura, 1910. In-8°, 39 p. 

998. Techbn (Frdr.). Wismar im Mittelalter. Leipzig, Duncker u. 
Humblot, 1910. Gr. in-8°, m-70 p. (Pfingstblàtter des Hansischen 
Geschichtsvereins. VI. Blatt. 1910.) 1 m. 

999. Thomas. Tristan et Iseult, traduit par Jules Herbomez et Remy 
Beaurieux. Paris, J. Gillequin, s. d. In-16, 107 p. (Tous les chefs- 
d’œuvre de la littérature française.) 

1000. Thomas (Antoine). Le Comté de la Marche et le parlement de 
Poitiers (1418-1436), recueil de documents inédits tirés des Archives 
nationales, précédé d'une étude sur la géographie historique de la 
Marche aux xiv* et xv« siècles. Paris, H. Champion, 1910. In-8°, 
lxxix-321 p., carte. (Bibliothèque de l'École des hautes études, sciences 
historiques et philologiques, 174.) 

1001. Thomas Hemerken a Kempis. Opéra omnia. Voluminibus 
septem ed. additoque volumine de vita et scriptis eius disputavit 
Mich. Jos. Pohl. Freiburg-i.-B., Herder, 1910. In-8°, vii-291 p. et 
10 pl. (Vol. I. Tractatuum asceticorum partem primam complectens. 
Catalogi antiquissimi prima opuscula quattuor et soliloquium animae. 
De paupertate humilitate et patientia sive de tribus tabernaculis, de 
vera compunctione cordis, sermones devoti, epistula ad quendam, cel- 
lerarium, soliloquium animae. Adiectis epilegomeis adnotatione critica 
indicibus tabulis photographicis. Ad codicum manuscriptorum editio- 
numque vetustissinarum fidem ed. P.) 6 m. 

1002. Tibulli carmina, Sapphus epistula Ovidiana, Codex Guelferby- 
tanus 82, 6 Aug. phototypice editus. Praefatus est Frider. Léo. Leiden, 
A. W. Sijthoff, 1910. In-fol., 42 ff., xi p. (Codices graece et latine 
photographiée depicti, XIV.) 120 m. 

1003. Tillière (N.). Histoire de Jamoigne. Arlon, impr. F. Bruck, 
1910. Gr. in-8°, 254 p., grav. et pl. hors texte (Extrait des Publica¬ 
tions de iInstitut archéologique de Luxembourg, t. XLIV et XLV 
des Annales, 1909 et 1910.) 4 fr. 

1004. Tobolka (Zdenék V.). fceskÿ slovnik bibliografickÿ. I. [Dic- 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


433 


tionnaire bibliographique tchèque. 1. Incunables tchèques,] Prague, 
Bursik et Kohout, 1910. Gr. in-8°, vm-89 p. (Sbîrka pramenuv ku 
poznani literàrniho zivota v Cechàch, na Moravé a v Sleszku. III, 7.) 
2 k. 60. 


1005. Tocco (Fel. ). La questione délia povertà nel secolo xiv, 
secondo nuovi documenti. Napoli, F. Perrella, 1910. In-16, xi-311 p. 
(Nuova biblioteca di litteratura, storia ed arti, diretta da Francesco 
Torraca, IV.) 5 1. 

1006. Trbvblyan (Marie). Llantwit Major, its history and antiqui- 
ties. Newport, Southall, 1910. In-8°, 224 p. 2 s. 6 d. 

1007. Triger (Robert). Note sur le dégagement de l’enceinte gallo- 
romaine du Mans. Le Mans, A. de Saint-Denis, 1910. In-8°, 24 p., avec 
grav. et pl. 

1008. Trudy viatskoi uienoi arkhivnoi kommissii. [Travaux de la 
commission des archives de Viatka.] II-III. Viatka, Impr. gouverne¬ 
mentale, 1910. In-8°, 11-106-68-144-xii p. 

1009. Tschaeche (E.). Chronik v. Hunaweier. Strassburg, J. H. E. 
Heitz, 1910. In-8°, viii-115 p., 1 pl. (Beitràge zur Landes- u. Volkes- 
kunde v. Elsass-Lothringen u. den angrenzenden Gebieten. 38.) 3 m. 


1010. Tümpel (K.). Neustettin in 6 Jahrhunderten, nach den archi¬ 
vai. u. anderen Quellen im Auftrag des Magistrats dargestellt. Neu¬ 
stettin, F. U. Eckstein, 1910. Gr. in-8°, xii- 396 p. et 1 pl. 3 m. 50. 


1011. Turpin. Les Anciennes communautés de laboureurs et cou¬ 
tume du bordelage dans les provinces de Magny et de Cours, près 
Nevers, du xv* au xvm« siècle. Paris, Impr. nationale, 1910. In-8°, 
16 p. (Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Extrait du 
Bulletin des sciences économiques et sociales du Comité des tra¬ 
vaux historiques , année 1908.) 

1012. Ubald d’Alençon. Les Idées de saint François d’Assise sur 
la science. Conférence. Paris, Ch. Poussielgue, 1910. In-18, 68 p. 

1013. Ungbr (E.). Geschichte Lichtenbergs bis zur Erlangung der 
Stadtrechte. Berlin, W. Weber, 1910. Gr. in-8°, iv-172 p., 4 fig., 3 pl. 
3 m. 60. 


1014. Untersteiner (Alfr.). Storia délia musica. Terza edizione, 
intieramente riveduta e ampliata. Milano, U. Hoepli, 1910. In-16, vin- 
423 p. (Manuali Hoepli.) 

1015. Urseau (Ch.). Liste des évêques d’Angers et des dignitaires 
de l’église cathédrale de Saint-Maurice (760-1200). Paris, Impr. natio¬ 
nale, 1910. In-8°, 39 p. (Extrait du Bulletin historique et philolo¬ 
gique du Comité des travaux historiques , 1909.) 

1910 28 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



434 


BIBLIOGRAPHIE. 


1016. Uzuheau (Abbé F.). Andegaviana, 6* série. Paris, A. Picard 
et 61s, 1910. In-8°, 499 p., carte. 

1017. Vaccaj (Giulio). Pesaro. Bergamo, Istituto italiano d’arti gra- 
fiche, 1909. In-8°, 136 p., pl. et fig. (Collezione di monografie illu- 
strate, sérié I. Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, n° 42.) 4 1. 

1018. Valin (Lucien). Le Duc de Normandie et sa cour (912-1204), 
étude d’histoire juridique. Paris, Larose et Tenin, 1909. In-8°, xvm- 
291 p. 

1019. Van den Gheyn (J.), Bacha (E.). Catalogue des manuscrits 
de la bibliothèque royale de Belgique. T. IX : Histoire de Belgique 
(histoire particulière), Flandre, Hainaut, Liège, Limbourg, Luxem¬ 
bourg et Namur. Bruxelles, H. Lamertin, 1909. In-8°, ix-448 p. 12 fr. 
(Publication du ministère des sciences et des arts.) 

1020. Van de Put (A.). The Aragonese double Crown and the Borja 
or Borgia Device. With notes upon the bearing of such Insignia in 
the 14th and 15th centuries. London, Quaritch, 1910. In-8°, 53 p. 5 s. 

1021. Van dbr Haeghen (Victor). Rapport sommaire sur les archives 
de la ville de Gand en 1908. Gand, Ad. Hoste, 1909. Petit in-8°, 7 p. 
de texte flamand et français en regard. 

1022. Van der Linden (Hermann), Obreen (Henri). Album histo¬ 
rique de la Belgiqoe, fasc. I. Bruxelles, G. Van Oest, 1910. In-4°, ii-8 p., 
12 pl. hors texte. 

1023. Van Marle (Raimond). Hoorn au moyen âge, son histoire 
et ses institutions jusqu'au début du xvi* siècle. La Haye, Mart. Nij- 
hoff, 1910. In-8°, viii-149 et 10 p., 2 ill. 3 fr. 50. 

1024. VansteenberGHE (E.). Le « De ignota litteratura » de Jean 
Wenck de Herrenberg contre Nicolas de Cuse. Texte inédit et étude. 
Münster, Aschendorff, 1910. Gr. in-8°, 43 p. (Beitrâge zur Geschichte 
der Philosophie des Mittelalters. VIII Bd., 6. Heft.) 1 m. 50. 

1025. Verkooren (Alphonse). Inventaire des chartes et cartulaires 
des duchés de Brabant et de Limbourg et des pays d’outre-Meuse. 
Première partie : chartes originales et vidimées. T. I. Bruxelles, 
Hayez, 1910. In-8°, vm-472 p. (Inventaires des archives de la Belgique, 
publiés par ordre du gouvernement sous la direction de l’administra¬ 
tion des Archives générales du royaume.) 5 fr. 

1026. Verriest (Léo). Le Servage dans le comté de Hainaut. Les 
sainteurs; le meilleur catel. Bruxelles, Hayez, 1910. In-8°, 736 p., 
tableaux hors texte. (Extrait des Mémoires publiés par la classe des 
lettres et des sciences morales et politiques de l'Académie royale 
de Belgique, 2* série, collection in-8°, t. VI, 1910.) 10 fr. 





Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


435 


1027. Vettbr (Anno). Bevôlkerungsverhàltnisse des ehemals freien 
Reichst&dt Mühlausen-i.-Th. im xv. u. xvi. Jahrb. Leipzig. Quelle u. 
Meyer, 1910. Gr. in-8°, x-102 p. (Historische Leipziger Abhandlungen. 
Hrsg. v. E. Brandenburg, G. Seeliger u. U. Wilcken. 16. Heft.) 
2 m. 60. 

1028. Villaju (Pasquale). L’Italia da Carlo Magno alla morte di 
Arrigo VII. Milano, U. Hoepli, 1910. In-16, xu-539 p. (Collezione sto- 
rica Villari.) 6 1. 50. 

1029. Villari (Pasquale). La storia di Girolamo Savonarola e de’ suoi 
tempi, narrata con l’aiuto di nuovi documenti. Nuova edizione, aumen- 
tata e corretta dall’ autore, terza impressione. Firenze, suce. Le Mon- 
nier, 1910. 2 vol. in-8°, xxxiii-538-clxx p. et 261-ccclvi, avec fac- 
similé. 12 1. 

1030. Villon. Œuvres : petit testament, grand testament, poésies 
diverses, le jargon ou jobelin. Notices biographique et bibliographique 
par Alphonse Séché. Paris, Louis Michaud, s. d. In-16, xix-140 p., 
autographe, ill. (Bibliothèque des poètes français et étrangers.) 1 fr. 

1031. Viollbt (H.). Description du palais de Al - Moutassin, fils 
d’Haroun-al-Raschid, à Samara, et de quelques monuments arabes peu 
connus de la Mésopotamie. Paris, C. Klincksieck, 1909. In-4°, 32 p., 
avec croquis, planches et carte. (Extrait des Mémoires présentés par 
divers savants de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, 
t. XII, 2* partie.) 

1032. Vitae sanctorum indigenarum. Ed. Kar. Conti Rossini. I. Acta 
sancti Abakerazun. — II. Acta sancti Takla Hawaryat. Textus. — 
Versio. Interpretatus est H. Conti Rossini. Leipzig, O. Harrassowitz, 
1910. Gr. in-8°, 135 p., 120 p. (Corpus scriptorum ebristianorum orien- 
talium. Curantibus J.-B. Chabot, J. Guidi, H. Hyvernat. Scriptores 
aethiopici. Sériés II. T. XXIV.) 11m. 

1033. Vogt (Frdr.), Koch (Max). Geschichte der deutschen Litera- 
tur von den âltesten Zeiten bis zur Gegenwart. Leipzig, Bibliograph. 
Institut, 1910. Gr. in-8°, x-373 p. et x-675 p., 173 fig. dans le texte, 
31 pl. en couleur, etc. Chaque vol. 10 m. 

1034. Vondrâk (W.). Kirchenslavische Chrestomathie. Gôttingen, 
Vandenhoeck u. Ruprecht, 1910. Gr. in-8°, iv-232 p. 7 m. 

1035. Vorbtzsch (Cari). Balduins Tod. Episode aus dem altfranzôs. 
Ogier-Epos, nach den Handschriften u. Bearbeitgn. mitgeteilt. Tübin- 
gen, F. Schmürlen, 1910. Gr. in-8°, 66 p. et fig. 2 m. 80. 

1036. Wadleigh (Henry R.). Munich, history, monuments, and 
art. London, Unwin, 1910. In-8°, 320 p. et ill. 6 s. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



43G 


BIBLIOGRAPHIE. 


1037. Wagner (J.). Urkundliche Geschichte der Ortschaften, Klos- 
Ler u. Burgen des Kreises Kreuznach bis zum J. 1300. Kreuznach, 
A. Eickemeyer, 1909. In-8°, 387 p. et 1 fig. 3 m. 

1038. Wagner (Richard). Die Syntax des Superlativs im Gotischen, 
Altniederdeutschen, Althochdeutschen, Frühmittelhochdeutschen, im 
Beowulf u. in der àlteren Edda. Berlin, Mayer u. Müller, 1910. Gr. 
in-8°, xi-117 p. (Palaestra, 91.) 3 m. 50. 

1039. Waldstbin (Charles), Shoobridge (Leonard). Ercolano nel 
passato, nel présente e nell’ avvenire. Versione (di Antonio Cippico). 
Torino, soc. tip. ed. Nazionale, 1910. In-8°, xxm-339 p., 5 pl. 15 1. 

1040. Warg (Walt.). Das Reichsgebiet Regnitzland bis zu seiner 
endgültigen Erwerbung durch die Burggrafen v. Zollern-Nürnberg 
(1160-1173). Weida (Haf. R. Lion), 1910. Gr. in-8°, 88 p. et 1 carte. 
(Extrait de Jahresber. d. altertumsforsch. Ver. zu Hohenleuben .) 
2 m. 50. 

1041. Wentzcke (Paul), Müller (Cari Otto). Geschichte der Stadt 
Schlettstadt. — Zur Geschichte des peinlichen Prozesses in Schwa- 
ben im spàteren Mittclalter. Ellwangor Halsgerichtsordng. v. 1466. 
Tübingen, H. Laupp, 1910. Gr. in-8°, vm-79 p. (Tübinger Studien f. 
schwàbische u. deutsche Rechtsgeschichte, Hrsg. v. Frdr. Tudichum. 
II. Bd. 3. Heft Nr. 7.) 1 m. 60. 

1042. Werminghoff (Alb.). Nationalkirchliche Bestrebungen im 
deutschen Mittelalter. Stuttgart, F. Enke, 1910. Gr. in-8°, xvm-180p. 
(Kirchenrechtliche Abhandlungen, 61. Heft.) 7 m. 

1043. Wernicke (Frdr.). Chronik des Dorfes Altenplathow. Mün¬ 
chen, Fr. Bruckmann, 1909. In-8°, ix-118 p., 1 fig. et 16 pl. 6 m. 

1044. Westerblad (Cari August). Baro et ses dérivés dans les 
langues romanes. Uppsala, Almqvist ock Wiksell, 1910. In-8°, iv- 
147 p. 3 kr. 

1045. Westfàlisches Urkundenbuch. Fortsetzung v. Erhards Regcsta 
historiae Westfaliae. Hrsg. v. dem Vereine f. Geschichte u. Alter- 
tumskundc Westfalens. 8. Bd. : Die Urkunden des Bist. Munster v. 
1301-1325. 3. Abtlg. : Die Urkunden der J. 1316-1325. Bearb. v. R. 
Krumbholtz. Münster, Regensberg, 1910. Gr. in-8°, 401-701 p. 
11 m. 40. 

1046. Wichmann (Karl). Die Metzer Bannrollen des 13. Jahrh. 2. Tl. 
Leipzig, Quelle u. Meyer, 1910. Gr. in-8°, xvm-54 et 579 p. (Quellen 
zur lothringischen Geschichte. Documents de l’histoire de la Lor¬ 
raine. Hrsg. v. der Gcsellschaft f. lothring. Geschichte u. Altertums- 
kunde. VI. Bd.) 16 m. 30. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


437 


1047. Wilke (Wilh.). Die franzôsischen Verkehrsstrassen nach den 
Chansons de geste. Halle, M. Niemeyer, 1910. Gr. in-8°, x-90 p., 1 carte 
coloriée. (Zeitschrift f. romanische Philologie, 37. Bd. 22. Heft.)3m. 

1048. Williams (Mary Rh.). Essai sur la composition du roman 
gallois de Peredur. Paris, H. Champion, 1909. In-8°, vi-129 p. 

1049. Witte (Karl). Essays on Dante. Re-issue. London, Duck- 
worth, 1910. In-8°, 472 p. 2 s. 6 d. (Readers’ Library.) 

1050. Woodbine (George E.). Four thirteenth century law tracts. 
New Haven, Yale University press, 1910. In-8°, 183 p. 1 d. 20. 

1051. Woollbtt (Henry). Histoire de la musique depuis l’antiquité 
jusqu’à nos jours. l ar volume. Préface de Bourgault-Ducoudray. 
Paris, publication du Monde musical, 3, rue du Vingt-Neuf-Juillet, 
1909. In-16; iv-520 p., dessins, portraits et musique. 3 fr. 50. 

1052. Wright (Joseph). Grammar of the Gothic language and the 
Gospel of St. Mark, sélections from the other Gospels and II. Timothy. 
With notes and glossary. London, Frowde, 1910. In-8°, ix-366 p. 5 s. 

1053. Zenatti (Albino). Lectura Dantis : il canto XIII del Purgato- 
rio, letto nella sala di Dante in Orsanmichele il di 21 gennaio 1909. 
Firenze, G. C. Sansoni, 1910. In-8°, 38 p. 1 1. 

1054. Zeno (Riniero). Tutela délia propriété immobiliare in Sicilia 
nel medio evo. Catania, N. Giannotta, 1910. In-8°, 46 p. 1 1. 50. 

1055. Zbnz (Wilh.), Frank (Ferd.), Siegert (Eduard). Geschichte 
der Pàdagogik. Wien, A. Pichler’s Wwe und Sohn, 1910. Gr. in-8°, 
x-520 p., 170 fig. et 4 annexes. 7 m. 50. 

1056. Zieber (Eug.). Heraldry in America. 2d ed. Philadelphia, 
Bailey, Banks and Biddle Co., 1909. In-8°, 427 p., 950 ill. 5 d. 

1057. Zironi (Enr.). Archeologia e arte : storia e tccnicismo. Bolo- 
gna, coop. tip. Azzoguidi, 1909. In-8°, vm-263 p. 5 1. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MÉLANGES 


Les examens de fin d'&nnée de l’École des chartes ont eu lieu du 2 au 
9 juillet 1910. Ils ont porté sur les textes et les questions qui suivent : 

Première année. 

Épreuve écrite. 

% 

1° Texte latin à transcrire d'après le n° 731 de l'ancien fonds de 
fac-similés de l’École. 

2° Texte provençal à transcrire d’après le n° 205 des héliogravures. 

3° Texte latin à traduire, donné aux examens de fin d’année 1886 
(Bibl. de l’École des chartes , t. XLVII, p. 449-450). 

4° Texte provençal à traduire, donné aux examens de fin d'année 
1896 : extrait de la coutume de Limoges. Les élèves ont eu à déter¬ 
miner la région dans laquelle ce document a été rédigé et à indiquer les 
caractères linguistiques qui justifient l’attribution proposée. 

5° Bibliographie. I. Expliquer brièvement en quoi l’imitation du 
livre italien a modifié le livre français pendant la première moitié du 
xvi* siècle. Nommer les principaux imprimeurs à qui sont dues ces 
modifications. — IL Exercices pratiques de rédaction de fiches. 

Épreuve orale. 

1° Paléographie latine : Lecture d’un texte emprunté au ms. 2788 de 
la bibliothèque Sainte-Geneviève. 

2° Paléographie française : Lecture d'une charte du xiv* siècle du 
ms. nouv. acq. lat. 1373 de la Bibliothèque nationale. 

3° Philologie romane : Traduction et commentaire de quelques vers 
du Couronnement de Louis (éd. Langlois, v. 20 et suiv.). 

4° Traduction latine : Lettres d’Alfonse de Poitiers (Layettes du 
Trésor des chartes, t. V, p. 277, n° 812). 

5° Histoire de France : Interrogations sur divers points de chrono¬ 
logie historique. 

Deuxième année. 

Épreuve écrite. 

1° Texte latin à transcrire d’après le n° 735 de l’ancien fonds de6 
fac-similés de l’École. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MELANGES. 439 

2° Texte latin à traduire : Hautcœur, Cartulaire de l’église collé¬ 
giale de Saint-Pierre de Lille , t. I, p. 84, n° LXXXI). 

3° Texte latin à analyser : A. Molinier, Correspondance adminis¬ 
trative d’Alfonse de Poitiers , n® 1222. 

4° Diplomatique : Exposer les raisons pour lesquelles un prétendu 
privilège de Serge III, pape de 904 à 911 ( Bibl . de l’École des 
chartes , t. XXX, p. 449), n’a pu être expédié par la chancellerie pon¬ 
tificale sous cette forme et indiquer les formules du protocole qui 
étaient alors en usage dans cette chancellerie. 

5® Histoire des institutions : De quelle institution de Philippe le 
Bel procèdent les ministres de la monarchie absolue? Comment 
étaient remplies aux xvii® et xvm* siècles les fonctions exercées 
aujourd’hui par les ministres individuellement et par le Conseil des 
ministres? Comment le ministère fut-il organisé par l’Assemblée 
constituante et qu’appelait-on, après le 10 août 1792, Conseil exécutif 
provisoire ? 

Épreuve orale. 

1® Paléographie : Lecture d’un texte emprunté au ms. nouv. acq. 
lat. 151 de la Bibliothèque nationale. 

2® Diplomatique : Quelles sont, au point de vue de la forme, les 
diverses espèces de lettres patentes qui ont été expédiées par la chan¬ 
cellerie de France, de François I er à Louis XVI? Indiquer les carac¬ 
tères communs à toutes les lettres patentes de cette période et les 
caractères distinctifs de chaque espèce. 

3® Institutions : I. Qu'entendait-on par capitation et par dixième 
sous le gouvernement de Louis XIV? A quelles dates ces impôts 
furent-ils établis? II. Quelles étaient les attributions des intendants 
en matière d’impôts directs? 

9 

4® Sources de l’histoire de France : Enumérer les principales sources 
françaises et étrangères de l’histoire de Louis VI, en donnant pour 
chacune d’elles quelques indications très sommaires sur : 1® l'époque 
à laquelle elles ont été composées; 2® la période qu'elles embrassent; 
3® leur autorité. 

5® Classement d’archives : I. Les archives des Conseils du Roi et 

_0 9 

les Archives du Conseil d’Etat, f. Etat de ces archives en 1790; — 
2. Leur sort pendant la Révolution ; — 3. Leur classement actuel aux 
Archives nationales. II. Classement des archives des municipalités de 
canton établies par la Constitution du 5 fructidor an III. 

Troisième année. 

Épreuve écrite. 

1® Texte à transcrire d’après le n® 380 du fonds des héliogravures. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



440 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

2° Droit : I. Que savez-vous des lois destinées aux Gallo-Romains 
et promulguées par des rois barbares? II. Que savez-vous de l’histoire 
de la représentation en droit successoral? 

3° Archéologie : I. Quel était le plan d’une abbaye dans ses grandes 
lignes? II. Indiquer les principaux types de plan et les caractères des 
églises cisterciennes. 

4° Sources de l’histoire de France : Énumérer, apprécier sommai¬ 
rement et dater au moins approximativement les sources de l’histoire 
de Charles V composées dans les limites actuelles de la France et de 
la Belgique. 

Épreuve orale. 

1° Paléographie : Lecture d’un texte emprunté au ms. lat. 15093 de 
la Bibliothèque nationale. 

2° Droit : I. Que savez-vous d’Ives de Chartres et de ses œuvres? 
II. Le domaine congéable en Bretagne et les lois révolutionnaires. 

3° Archéologie : Décrire une pierre tombale et les différentes pièces 
de l’armure d’un chevalier du xiv» siècle. 

A la suite de ces examens ont été admis à passer en deuxième 
année (ordre de mérite) : 

MM. 1. Dermenghem. 

2. Berger. 

3. Vallet. 

4. La Cropte de Chantérac. 

5. Bonnet. 

6. Laval. 

7. Massiet du Biest. 

8. Gaucheron. 

9. Girard. 

10. Boucher. 

11. Paul. 

12. Baudry. 

13. Reizler. 

Ont été admis à passer en troisième année (ordre de mérite) : 

MM. 1. Hellouin de Cénival. 

2. Marx. 

3. Loew. 

4. Braibant. 

5. Jablonski. 

6. Boucher. 

7. Oudot de Dainville. 

8. Morel. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MELANGES. 441 

MM. 9. Verrier. 

10. Baron. 

11. Guigue. 

Ont été admis à subir l’épreuve de la thèse (ordre alphabétique) : 

MM. 1. Billioud. 

2. Blum. 

3. COURTECUISSE. 

4. Decq. 

5. Deschamps. 

6. Despras. 

7. Estienne. 

8. Fournier. 

9. Girod. 

10. Lemoine. 

H. Lyon. 

12. Papinot. 

13. Perrier. 

14. Peyrichou. 

15. Roman. 

16. Roussier. 

17. Servant. 

18. Stryienski. 

19. Vallery-Radot. 

20. Waquet. 


— Notre confrère M. Alfred Morel-Fatio a été élu le 27 mai dernier 
membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, en rempla¬ 
cement de notre confrère M. H. d’Arbois de Jubainville. 

— Dans la même séance, notre confrère M. Noël Valois a été élu 
membre du Conseil de perfectionnement de l’École des chartes en 
remplacement de M. H. d’Arbois de Jubainville. 

— Notre confrère M. le comte Paul Durrieu a été élu au mois de 
janvier dernier membre honoraire de l’Académie royale des beaux- 
arts de Milan. 

— Par décret, en date du 1 er août 1910, notre confrère M. Abel 
Lefranc a été nommé chevalier de la Légion d’honneur. 

— Par arrêté ministériel, en date du 4 juillet 1910, nos confrères 
MM. H. Lemaître, M. Prévost et L. Engerand ont été nommés biblio¬ 
thécaires à la Bibliothèque nationale ; par arrêté du même jour, notre 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


442 CHBONIQUE ET MELANGES. 

confrère M. P. Le Brethon a été nommé bibliothécaire honoraire au 
même établissement. 

— Par arrêté ministériel, en date du 4 juillet 1910, déterminant le 
classement du personnel technique de la bibliothèque de l’Université 
de Paris, sont nommés : bibliothécaire en chef de première classe, 
notre confrère M. Paul Viollet; bibliothécaire de première classe, notre 
confrère M. Victor Mortet. 

— Par arrêté préfectoral, en date du 18 mai 1910, notre confrère 
M. Léo Imbert a été nommé archiviste de la Charente. 

— Par arrêté préfectoral, en date du 4 juillet 1910, notre confrère 
M. Robert Latouche a été nommé archiviste du Tarn-et-Garonne. 

— Notre confrère M. R.-N. Sauvage a été récemment nommé archi¬ 
viste-adjoint du Calvados. 

— Par arrêtés ministériels, en date du 28 juillet 1910, Ont été chargés 
pour l’année 1910-1911 nos confrères : M. Halphen, d'un cours complé¬ 
mentaire des sciences auxiliaires de l’histoire à la Faculté des lettres 
de l’Université de Bordeaux; M. Brutails, d’un cours complémentaire 
de paléographie à la même Faculté; M. Ernest Langlois, d’un cours 
complémentaire de paléographie à la Faculté des lettres de l’Univer¬ 
sité de Lille ; M. L. Clédat, d’un cours complémentaire de paléographie 
à la Faculté des lettres de l’Université de Lyon. 

— Par arrêté ministériel, en date du même jour, notre confrère 
M. F. Lot a été nommé pour l’année 1910-1911 maître de conférences 
d’histoire du moyen âge à la Faculté des lettres de l’Université de 
Paris. 

— Par arrêtés ministériels, en date du même jour, nos confrères 
MM. Germain Martin et Cauwès ont été autorisés à faire, le premier, au 
lieu du cours d'histoire des doctrines économiques, un cours complé¬ 
mentaire de législation financière à la Faculté de droit de l’Université 
de Dijon; le second, au lieu du cours d’histoire du droit, un cours 
d’économie politique à la Faculté de droit de l’Université de Paris. 

— Par arrêté préfectoral, en date du 29 avril 1910, notre confrère 
M. Herbet a été nommé membre du Conseil supérieur de l’Assistance 
publique. 

— Notre confrère M. Didier-Neuville a été nommé, par un récent 
décret, administrateur de l’établissement des Invalides de la Marine. 

— Notre confrère M. Martineau a été nommé, par un récent décret, 
gouverneur intérimaire de l'Inde française. 

— Notre confrère M. Charles Grandjean a été récemment promu 
sous-chef des secrétaires-rédacteurs du Sénat. 


# 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHBOirïQCE ET MÉLANGES. 443 

— Par décision de Mgr l’archevêque de Paris, notre confrère 
M. l’abbé Georges Périnelle a été nommé professeur à l’école Sainte- 
Croix de Neuilly. 

— L’Académie des inscriptions et belles-lettres a attribué le second 
prix Gobert à notre confrère M. Robert Michel pour son étude sur 
VAdministration royale dans la sénéchaussée de Beaucaire au 
temps de saint Louis; notre confrère M. H. Courteault a obtenu à 
la même Académie la seconde médaille au concours des Antiquités 
nationales pour son volume sur Bourg-Saint-Andéol. 

— Notre confrère M. François Bruel a obtenu à l’Académie fran¬ 
çaise une récompense sur le prix Charles Blanc (ouvrages traitant de 
questions d’art) pour le tome I de son Inventaire de la collection 
de Vincky conservée au département des Estampes de la Bibliothèque 
nationale. 


— Un décret, en date du 28 juin 1910, fixe ainsi qu’il suit les 
traitements des professeurs de l'École des chartes : 

9 

Art. l* r . — Le traitement des professeurs de l'Ecole des chartes 
est fixé à 7,500 fr. 

Le préciput du directeur de cet établissement est fixé à 2,000 fr. 

Art. 2. — Les intéressés bénéficieront des dispositions de l'article 
précédent, au fur et à mesure du vote par le Parlement des crédits 
nécessaires. 


— Deux décrets, en date du 28 juin 1910, ont fixé ainsi qu’il suit 
le cadre et les traitements du personnel technique de la bibliothèque 
de l'Université de Paris et des bibliothèques des Universités des dépar¬ 
tements : 


Université de Paris. 

Art. 1 er . — Le cadre et les traitements du personnel technique de 
la bibliothèque de l’Université de Paris sont fixés ainsi qu’il suit : 

Un conservateur, trois classes, de 8,000 à 10,000 francs; 

Trois bibliothécaires en chef, trois classes, de 6,000 à 8,000 francs ; 

Quinze bibliothécaires, cinq classes, de 3,000 à 5,000 francs. 

Ceux de ces fonctionnaires qui seront pourvus du diplôme de docteur 
ès sciences ou ès lettres recevront, en outre, une indemnité annuelle 
de 500 francs soumise à retenue. 

Art. 2. — Ces fonctionnaires seront rangés dans les nouvelles classes 
auxquelles correspondent leurs traitements actuels en conservant leur 
ancienneté de classe. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


444 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 


Universités des départements. 

Art. l* r . — Le cadre et les traitements du personnel technique des 
bibliothèques des Universités des départements sont fixés ainsi qu'il suit : 

Quatorze bibliothécaires en chef, quatre classes, de 5,000 à 6,500 fr.; 

Quinze bibliothécaires, quatre classes, 2,600 à 4,100 francs. 

Ceux de ces fonctionnaires qui seront pourvus du diplôme de docteur 
ès sciences ou ès lettres recevront, en outre, une indemnité annuelle 
de 500 francs soumise à retenue. 

Art. 2. — Par dérogation aux dispositions ci-dessus, et par mesure 
transitoire, est maintenu le second emploi de bibliothécaire en chef 
à la bibliothèque de l'Université de Toulouse. 

Art. 3. — Le personnel actuellement en fonctions sera rangé dans 
les classes prévues par l’article l sr au fur et à mesure que les crédits 
nécessaires seront votés par le Parlement. 


— Les Musées nationaux viennent d’étre réorganisés par deux 
décrets, des 25 et 27 mai 1910, insérés au Journal officiel du l or juin 
(p. 4674-4677). 

L’article 3 du premier décret porte : 

« Les traitements et les classes du personnel sont fixés ainsi 
qu’il suit : 

« Directeur des Musées nationaux : 12,500 fr.; 

« Conservateurs : de 6,000 à 8,000 fr., par avancements de 1,000 fr.; 

• Conservateurs-adjoints : de 3,000 à 6,000 fr., par avancements de 
1,000 fr.; 

W 

« Professeurs à l’Ecole du Louvre : traitement fixe, 3,000 fr. » 

L’article 6 du second décret, relatif au recrutement des conserva¬ 
teurs, porte : 

« Les conservateurs et les conservateurs-adjoints sont nommés et 
révoqués par décret. 

« Les conservateurs sont choisis de préférence dans le personnel 
des conservateurs-adjoints ou parmi les savants et artistes qui se 
sont signalés par leurs travaux sur l’art et l'archéologie. 

« Les conservateurs-adjoints se recrutent de préférence parmi les 
élèves diplômés de l’École du Louvre, les anciens membres des 
Écoles françaises d’Athènes et de Rome, de l’Institut français d’ar¬ 
chéologie orientale, de l’École française d’Extrême-Orient, les agrégés 

9 

de l’Université, les élèves diplômés de l’Ecole des chartes, de l’Ecole 
pratique des Hautes-Études, les élèves de l’École normale supérieure et 
des universités, munis du doctorat ou du diplôme d'études supérieures. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


CHRONIQUE ET MELANGES. 445 

« Chaque vacance sera annoncée par une insertion au Journal offi¬ 
ciel et un délai d’un mois sera accordé aux candidats pour produire 
leurs titres. 

« L’examen des titres sera fait par une commission composée des 
conservateurs, des secrétaires perpétuels des Académies des beaux-arts 
et des inscriptions et belles-lettres. 

« Cette commission, présidée par le directeur, soumettra au ministre 
de l’Instruction publique et des Beaux-Arts une liste des candidats 
aptes à l’emploi. » 


COMMISSION SUPERIEURE DES ARCHIVES. 

Arrêté portant adjonction d’un représentant élu du corps des 

archivistes aux membres désignés par le Ministre dans la 

Commission supérieure des Archives. 

Le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, vu l’ar¬ 
rêté du 7 novembre 1884 instituant une Commission supérieure des 
Archives nationales, départementales, communales et hospitalières, 

Arrête : 

Art. 1 er . — Un représentant élu du corps des archivistes est adjoint 
aux membres désignés par le Ministre dans la Commission supérieure 
chargée de donner ses avis sur toutes les questions techniques rela¬ 
tives aux services des Archives nationales, départementales, commu¬ 
nales et hospitalières. 

Il est nommé pour quatre ans et rééligible. 

Art. 2. — Le corps électoral se compose : 

1° Des chefs et sous-chefs de section et des archivistes des Archives 
nationales; 

2° Des archivistes départementaux ; 

3° De l’archiviste du Gouvernement général et des archivistes des 
départements de l’Algérie ; 

4° Des conservateurs des archives municipales des villes suivantes : 
Amiens, Besançon, Bordeaux, Bourges, Brest, Calais, Chàlons, Dijon, 
Dunkerque, Grenoble, le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes, 
Reims, Toulouse, Tours, Troyes, Valenciennes. 

Tous les électeurs sont éligibles. 

Art. 3. — Lorsqu’il y a lieu de procéder à l’élection du membre de 
la Commission supérieure des Archives, le ministre de l’Instruction 
publique et des Beaux-Arts fixe par un arrêté la date de l’élection. Un 
délai minimum de quinze jours est obligatoire entre la publication de 
l’arrêté au Journal officiel et l’élection. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


446 CB IONIQUE ET MÉLANGES. 

Art. 4. — L’élection a lieu à la majorité absolue des suffrages 
exprimés. 

Il est procédé à une nouvelle élection : 

1° Lorsque la majorité absolue n’a pas été atteinte ; 

2° En cas de refus du candidat élu; 

3° En cas d'égalité des suffrages entre deux ou plusieurs candidats; 

Si un second tour de scrutin est nécessaire, il y est procédé quinze 
jours après le premier tour; dans ce cas, la majorité relative suffit. 

Art. 5. — Dans un bulletin comprenant plusieurs noms, le premier 
nom inscrit est valable. Les bulletins blancs ou illisibles, ceux qui ne 
contiennent pas une désignation suffisante ou dans lesquels les votants 
se font connaître, n’entrent pas en compte dans le résultat du dépouil¬ 
lement, mais ils sont annexés au procès-verbal. 

Art. 6. — Pour les électeurs des Archives nationales, l’élection a 
lieu aux Archives nationales, au scrutin secret, en présence : 

i° Du directeur des Archives ou de son délégué; 

2° Du plus âgé et du plus jeune fonctionnaire de l’établissement 
présents au moment de l’élection. 

L’archiviste de la Seine et les archivistes ne résidant pas à Paris 
votent par correspondance. Leur bulletin doit être enfermé sous deux 
enveloppes, dont l’une, intérieure, est fournie par la direction des 
Archives et ne porte d'autre inscription que celle-ci : « Election à la 
Commission supérieure des Archives. » L’autre enveloppe, extérieure, 
porte l'adresse du ministre de l'Instruction publique (Direction des 
Archives, rue des Francs-Bourgeois, n° 60, Paris, III e ). 

Art. 7. — Les bulletins de vote des électeurs des Archives natio¬ 
nales seront conservés sous enveloppe cachetée pendant dix jours. Le 
même délai est accordé aux électeurs votant par correspondance pour 
faire parvenir leur bulletin au ministère (Direction des Archives). Les 
uns et les autres seront alors réunis et le dépouillement en aura lieu, 
le onzième jour qui suivra les opérations, dans un local accessible aux 
électeurs, par les soins du directeur des Archives assisté d'un au moins 
des inspecteurs généraux des Archives. Passé ce délai, aucun bulletin 
ne sera admis. Le procès-verbal des opérations électorales et du 
dépouillement est publié au Journal officiel. Un recours contre les 
opérations électorales est ouvert aux intéressés dans un délai de cinq 
jours après cette publication : il aura lieu par les voies habituelles. 

Fait à Paris, le 20 juillet 1910. 

Le ministre de l'Instruction publique 

et des Beaux-Arts, 

Gaston Doumergue. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 


447 


NÉCROLOGIE. 

LÉOPOLD DELISLE. 

La science française vient de faire une perte irréparable et qui sera 
douloureusement ressentie par tous nos confrères et tous nos lecteurs. 
Notre vénéré président d'honneur, M. Léopold Delisle, s'est éteint subi* 
tement au château de Chantilly, le 22 juillet dernier, dans sa quatre- 
vingt-quatrième année. 

Nous ne pouvons que rappeler aujourd’hui tout ce que doivent au 

savant et au confrère l'École des chartes et notre Société. Membre du 

» 

Conseil de perfectionnement de l’Ecole depuis 1858, Léopold Delisle 
présidait encore, il y a quelques jours, les examens de fin d’année; 
membre du Comité de publication de la Bibliothèque de VÉcole des 
chartes depuis 1852, on sait quelle science et quel dévouement il n’a 
cessé de lui prodiguer, combien féconde et active a été sa collaboration 
pendant plus d’un demi-siècle à notre recueil, dont la prochaine livrai¬ 
son contiendra encore un dernier article de lui. 

Les discours prononcés aux obsèques de notre regretté maître au 
nom de l'Institut, de l’École des chartes, des Sociétés de 1 École des 
chartes, des Antiquaires de France et des Antiquaires de Normandie 
diront, en attendant la notice qui sera prochainement consacrée à sa 
mémoire, quel a été le savant éminent, le confrère bienveillant, l’ami 
dévoué que nous avons perdu. 

DISCOURS DE II. EDMOND POTTIER, 

PRÉSIDENT DE L’ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES. 

Messieurs, 

Le deuil qui frappe l’Académie des inscriptions et belles-lettres lui 
est cruel doublement : elle perd son doyen et son plus illustre repré¬ 
sentant. L’œuvre de M. Léopold Delisle est immense et vous n’attendez 
pas de moi qu’ici, en quelques minutes, j’énumère tous les titres de 
cette carrière scientifique qui a duré plus de soixante ans et pendant 
laquelle on peut dire que notre vénéré confrère a travaillé sans inter¬ 
ruption. La bibliographie de ses livres et articles, publiée en 1902 par 
M. Paul Lacombe, comprenait déjà près de dix-neuf cents numéros, 
et on lit dans l’adresse envoyée en 1907 par l'Académie de Berlin 
pour le cinquantenaire académique de M. Delisle : « En embrassant 
d’un seul coup d'œil l’ensemble des publications, au nombre de près de 
deux mille, où vous avez consigné vos recherches, qui ne croirait 
que c’est moins un seul homme que toute une école de savants qui a. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


448 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

produit ces ouvrages ?» La liste s’en est encore accrue depuis cette 
date, puisque M. Delisle a eu la rare fortune de mourir d'un seul coup, 
en pleine activité. Mercredi dernier, il envoyait encore à notre con¬ 
frère M. Omont un travail destiné à la Bibliothèque de l’École des 
chartes. Vendredi matin, quoique un peu fatigué et gardant la 
chambre sur le conseil de ses amis, il causait paisiblement avec l’au¬ 
mônier de la chapelle de Chantilly, l’entretenant de ses recherches 
sur l’histoire de France, quand il s'interrompit et glissa inerte de son 
fauteuil. C’est sans doute la mort qu’il eût souhaitée pour lui-méme, 
celle qui ne connaît pas les déchéances physiologiques et intellectuelles. 

Léopold-Victor Delisle naquit à Valognes (Manche), le 24 octobre 
1826. Lui-méme a raconté ses Souvenirs de jeunesse dans la pla¬ 
quette qui fut remise à chacun de nous pour remercier l’Académie de 
la belle médaille gravée par Chaplain et offerte lors du jubilé du 
6 décembre 1907. Son éducation classique fut assez sommaire, telle 
qu’on pouvait la recevoir alors dans une petite ville de province, et 
c’est aussi pour nous un sujet d’admiration que de voir cette force de 
pensée et de travail germer dans le cerveau d’un enfant à peine initié 
aux éléments de la science par des frères de la Doctrine chrétienne et par 
les professeurs du très modeste collège de Valognes. Ce grand savant 
reconnaissait volontiers qu’il savait peu de grec et qu’il ignorait à peu 
près les langues vivantes les plus usuelles, comme l’allemand et l’an¬ 
glais. Mais déjà, sur les bancs de l'école, il avait intéressé à lui un des 
fondateurs de la Société des Antiquaires de Normandie par l’étonnante 
curiosité qui le portait du côté de l'histoire et, tout jeune adolescent, 
il avait passé ses vacances d’été à copier une charte du roi d’Angle¬ 
terre que son vieil ami lui avait montrée. En 1845, ses parents le con¬ 
duisirent à Paris et il passa à l’École des chartes trois années qui 
furent plutôt accidentées; en 1847 et 1848, l’Ecole resta pendant long¬ 
temps fermée. En 1849, il entrait comme simple employé dans cette 
Bibliothèque nationale dont il ne devait plus sortir qu’en 1905, chargé 
d’ans et de gloire. 

Dès 1857, il était élu membre de l'Institut, à l’âge de trente et un 
ans; en huit ans, l’élève diplômé de l’École des chartes était devenu 
un des maîtres de la science historique; ses travaux affirmaient en lui 
une sorte de génie dans l’ordre des découvertes et des recherches 
bibliographiques. Pour reprendre l’éloge que lui décerne encore 
l’adresse de l’Académie des sciences de Berlin, il a été, il restera, non 
seulement pour la France, mais pour tous les pays civilisés, « le 
grand bibliothécaire »; il a montré tout ce que l’histoire générale 
reçoit de lumières et d’appuis de ce travail en apparence matériel et 
ingrat qu’est l’histoire des manuscrits et des livres ; il a prouvé que, 
dans la science, de très petits éléments peuvent créer une très grande 
chose, qui est la vie elle-même sous ses formes écrites. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



449 


CHBONIQDE ET MÉLANGES. 

Des ouvrages de M. Delisle, vous me permettrez de ne citer que les 
plus importants, en attendant que des notices détaillées présentent 
dans son ampleur ce labeur prodigieux : les Études sur la condition 
de la classe agricole en Normandie au moyen âge, qui lui valurent 
deux fois le premier prix Gobert (1851 et 1852), la Notice sur Orderic 
Vital (1855), le Catalogue des actes de Philippe-Auguste (1856), 
Y Inventaire des manuscrits du fonds latin de la Bibliothèque 
impériale (1863 à 1871), les tomes XXII à XXIV du Recueil des histo¬ 
riens des Gaules, les Rouleaux des morts du IX e au XV e siècle 
(1866), le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale 
(1868 à 1881), la Chronique de Robert de Torigni (1872), les Man¬ 
dements de Charles V (1874), Y Inventaire général des manuscrits 
français de la Bibliothèque nationale (1876-1878), les Mélanges de 
paléographie et de bibliographie (1880), la Collection de Bastard 
d’Estang (1885), le Catalogue des manuscrits des fonds Libri et 
Barrois (1888), le Catalogue général des livres imprimés de la 
Bibliothèque nationale (1897). Cette dernière publication se rapporte 
au travail entrepris depuis 1875 pour réorganiser, classer et cataloguer 
l’immense quantité de livres amoncelés dans notre grand dépôt natio¬ 
nal ; tâche effrayante, devant laquelle tout le monde reculait, et que 
M. Delisle, nommé administrateur général en 1874, s’était seul senti 
capable d’affronter. La collection de cet inventaire général, en cours 
d’impression, compte aujourd'hui quarante volumes. 

Je manquerais certainement à l’un des plus chers désirs deM. Delisle, 
si j’omettais de dire que pour tous ces travaux il trouva une collabo¬ 
ration précieuse dans celle qui fut la fidèle compagne de toute sa vie 
et de toutes ses pensées. Lui-même a dit, avec une bonhomie char¬ 
mante et avec une expansion rare chez un homme d’ordinaire si 
réservé, tout ce qu’il devait à M me Delisle, qui, héritière des qualités 
de son père, le célèbre linguiste Eugène Burnouf, maniait avec aisance 
plusieurs langues étrangères et qui traduisait de nombreux passages 
d’auteurs à son mari, en l’assiBtant dans toutes ses recherches. Tous 
deux donnèrent l’exemple mémorable d’un ménage aussi uni par 
l’étroite communion des idées que par la tendresse conjugale, et notre 
confrère a voulu que le portrait gravé de sa femme accompagnât le 
beau fascicule de ses Recherches sur la librairie de Charles V, 
qu'il nous offrit à tous en souvenir de son jubilé académique. 

Comment ne pas rappeler aussi la parenté et l’étroite amitié qui 
unissait M. Delisle et M. Boissier? Quel contraste entre les deux 
beaux-frères, que nous étions accoutumés de voir assis côte à côte à 
nos séances, l’un toujours juvénile et souriant, la parole prompte et 
vive, l’autre plus silencieux et comme concentré en lui-même; et 
quelle tristesse que de voir maintenant vides ces deux sièges, occupés 
si longtemps par les deux plus illustres d’entre nous ! 

1910 29 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



450 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

Je D’oublierai pas non plus de dire que M. Delisle avait gardé tout 
son cœur à sa terre natale. Plusieurs ouvrages de ses débuts font 
suivre son nom du titre de membre de la Société des Antiquaires de 
Normandie. Dans une notice spéciale, M. Le Cacheux a étudié Léopold 
Delisle , historien normand (1903), et il adonné la nomenclature des 
nombreux travaux que le grand savant a consacrés à sa chère pro¬ 
vince. 

La réputation déjà européenne de M. Delisle s’étendit plus encore 
quand, en 1883, il eut à traiter l'affaire fameuse des manuscrits Libri 
et Barrois. Avec quelle pénétration, avec quel flair merveilleux, avec 
quelle sûreté d'investigation il prouva que dans les manuscrits mis en 
vente de la collection Ashburnham se trouvaient dispersées, défi¬ 
gurées, presque méconnaissables, une quantité d’œuvres dérobées 
autrefois aux bibliothèques de France 1 Avec quelle patience et quelle 
adroite diplomatie il négocia le retour de ces précieux exilés, et avec 
quelle joie, en 1888, il leur vit reprendre leur place dans nos collec¬ 
tions nationales l Ce fut le triomphe de sa carrière d’archiviste et de 
bibliothécaire, le coup de fortune éclatant qui mit le sceau à sa 
renommée. 

Tous les hommages, tous les honneurs, tous les titres étaient venus 
de tous les coins du monde à M. Delisle. Il les accueillait avec sim¬ 
plicité et restait modeste, presque timide en public. Universellement 
respecté et admiré, en dehors de ses proches qui l’adoraient, de ses amis 
intimes et de ses élèves, il passait pour très réservé. On peut en donner 
deux raisons. D’abord M. Delisle voulait qu’on respectât son travail. Il 
ne lui suffisait pas de n’étre pas mondain. Connaissant le prix de chaque 
minute, il ne permettait à personne de lui dérober ce qu’il voulait 
consacrer à l'étude. De plus, M. Delisle était très prudent; c’était sa 
caractéristique. Il l’était avec les choses, et ce fut la force de ses 
enquêtes scientifiques; on savait que pour affirmer une fois, il devait 
être sûr deux fois. Il était prudent aussi avec les hommes et ne se livrait 
pas facilement. La confiance affectueuse qu’il a mise en plusieurs de 
nos confrères n’en a que plus de prix. Son aspect extérieur était comme 
l’emblème de sa nature. Combien de fois l’avons-nous vu cheminer à 
petits pas dans les couloirs de l’Institut, la tête si penchée qu’on ne 
voyait plus sa figure, tassé et en quelque sorte replié sur lui-même, 
indifférent en apparence et comme absent. Mais si on l’abordait, si on 
lui parlait, il relevait la tête, et dans ce visage vieilli, sous l’arc de 
ces sourcils embroussaillés, on découvrait tout à coup deux yeux si 
clairs, si lumineux, empreints d’une expression si intelligente et même 
un peu malicieuse, qu’on en était tout ébloui, comme si l'on avait vu 
la jeunesse de M. Delisle conservée et concentrée dans ces yeux-là. 

Messieurs, nous ne les verrons plus nous regarder. Mais nous ne 
dirons pas avec le sage antique que ceux-là seuls sont aimés des dieux 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



451 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

qui meurent jeunes, en nous rappelant la longue et admirable carrière, 
si utile et si simple de Léopold Delisle. Nous savions déjà que le grand 
soutien de la vie morale, c’est d’avoir un idéal, une pensée maîtresse 
qui guide l’homme et l’occupe tout entier. Tous ceux qui sont dignes 
d’être au monde s’y efforcent, sans toujours y réussir. Mais combien 
rares sont les hommes qui, dès leur jeunesse, se sont tellement habi¬ 
tués à vivre dans cette pensée idéale qu’ils s’y meuvent comme dans 
leur atmosphère naturelle; qui, sans effort et par un mouvement spon¬ 
tané de leur intelligence, ont façonné leur conduite à la mesure de 
leur rêve. M. Delisle fut de ces hommes-là. Il a vécu dans la science, 
avec la science, pour la science, et on l’eût fort étonné en lui disant 
qu’il aurait pu en être autrement. Vivre simplement, presque sainte¬ 
ment, et travailler, travailler pour les autres, toujours, sans jamais 
se lasser, et puis un jour, tomber à terre, tout d’un bloc. C’est là le 
résumé de cette existence dont on peut dire, dans la mesure où 
l’homme connaît le bonheur, que ce fut une existence heureuse. 

DISCOURS DE M. LE COMTE DE LASTEYRIB, MEMBRE DE L’INSTITUT, 

au nom de l’école des chartes. 

Messieurs, 

J’aurais souhaité qu’une voix plus autorisée que la mienne vint 
adresser, au nom de l’École des chartes, de son Conseil de perfec¬ 
tionnement et de ses professeurs, un dernier adieu au savant illustre 
qui, pendant plus d’un demi-siècle, nous a assistés de son expérience, 
fortifiés de ses conseils et éclairés de son exemple. Mais notre direc¬ 
teur, retenu loin de Paris par l’état de sa santé, m’a prié de m’acquit¬ 
ter à sa place de ce douloureux devoir, et j’ai accepté cette pénible 
mission avec d’autant plus d’empressement, qu’en rendant un public 
hommage à l’homme qui fut une des gloires de notre École, je m'ac¬ 
quitte d’une dette personnelle de reconnaissance envers celui qui fut 
le guide bienveillant de ma jeunesse et l’ami écouté de mon âge mûr. 

Nombreux sont parmi nous ceux qui ont contracté envers Léopold 

Delisle semblable dette de reconnaissance, car, s’il n’a jamais occupé 

aucune chaire à l’École des chartes, il n’est aucun de ceux qui ont 

suivi les cours de cette École qui ne le proclame un des maîtres les 

plus estimés et les plus aimés que nous ayons eus. C’est qu’avec Qui- 

cherat personne n’a exercé une influence plus longue et plus efficace 

sur le développement de notre enseignement, personne n’en a suivi la 

marche avec un plus constant intérêt, personne n’a exercé sur les 

maîtres et les élèves une action plus salutaire. 

* # 

Léopold Delisle est entré au Conseil de perfectionnement de l’Ecole 
des chartes en 1858, il en est devenu président en 1878; il y a siégé 
pendant cinquante-deux ans, et toutes les générations qui ont défilé 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



452 CHRONIQUE ET MELANGES. 

devant lui pendant cette longue période ont pu admirer le zèle inlas¬ 
sable avec lequel ce grand savant, dont la vie était si remplie et le 
temps si précieux, s’acquittait de ses devoirs envers l’Ecole. 

Non seulement il ne manquait jamais une séance du Conseil, mais 
encore il prenait part à tous les examens et ne reculait même pas 
devant l’ennuyeuse corvée de corriger les compositions écrites. Par¬ 
venu à un âge où il eût été naturel qu’il se déchargeât sur de plus 
jeunes d’une besogne si peu digne de lui, il mettait une sorte d’amour- 
propre à s’en acquitter encore avec autant de soin que par le passé. 
Il a continué à le faire jusqu’à sa dernière heure et, il y a trois 
semaines à pareil jour, nous passions une longue soirée chez lui avec 
trois de mes collègues à corriger des copies de paléographie. Chaque 
année il prenait une part importante à la soutenance des thèses qui 
couronnent le cycle de nos études, et les observations qu’il adressait 
aux candidats étaient autant de leçons d’ingénieuse critique dont les 
maîtres faisaient leur profit comme les élèves. 

Mais ce n’est pas seulement de cette façon que Léopold Delisle 

0 

témoignait du vif intérêt qu’il portait aux élèves de l’Ecole des chartes. 
Son cabinet leur était toujours ouvert; il accueillait avec une infinie 
bienveillance tous ceux qui y frappaient, leur prodiguant les conseils, 
leur communiquant libéralement le fruit de scs recherches et s’ingé¬ 
niant à les aider par tous les moyens. 

Je ne puis, pour ma part, me défendre d’une vive émotion quand, 
me reportant à plus de quarante ans en arrière, je me rappelle quel 
secours Léopold Delisle fut pour les élèves de ma génération. 

L’Ecole des chartes n’était point alors ce qu’elle est aujourd’hui. 
Mal dotée, mal logée, elle ne possédait qu’une maigre bibliothèque, et 
notre éducation scientifique serait restée bien rudimentaire si nous 
n’avions cherché à suppléer au peu de ressources que présentait 
l’Ecole en fréquentant les Archives et la Bibliothèque nationales. Le 
Cabinet des manuscrits était notre lieu d’étude préféré, car nous 
savions y trouver un des premiers paléographes de l’Europe toujours 
prêt à venir en aide à notre ignorance, et je vois encore ce bon, cet 
admirable Delisle, interrompant son travail vingt fois dans une séance 
pour expliquer à l’un ou à l’autre d’entre nous comment il fallait lire 
tel mot difficile ou interpréter tel. terme insolite. 

Chaque jour nous abusions de sa patience, nous en avions cons¬ 
cience et nous en avions honte, mais nous recommencions chaque 
jour, sentant bien toute la valeur des leçons que nous recevions d’un 
pareil maître. 

Loin de nous en vouloir d’ailleurs, Delisle semblait nous prendre 
en amitié, en proportion même du temps que nous lui faisions perdre, 
et ainsi sont nés entre lui et une foule de chartistes des relations qui 
laisseront d’ineffaçables souvenirs dans le cœur de tous ceux qui ont 
eu le bonheur d’en bénéficier. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



453 


CHR0MQUE ET MKI.INGES. 

Je ne puis, Messieurs, dans ces quelques mots improvisés à la 
hâte, exprimer les sentiments qui animent les maîtres et les élèves de 
notre Ecole en pensant à l’immensité de la perte que vient de faire 
la science française; mais je me sens plus impuissant encore à expri¬ 
mer la douleur de ceux qui n’ont pas seulement connu Léopold 
Delisle comme savant, mais comme homme, qui ont eu le privilège 
de pénétrer dans son intimité, de passer de studieuses soirées dans 
son cabinet, assis auprès de lui à la même table de travail, ou 
qui ont pris place à sa table de famille, à côté de la digne compagne 
qui ne lui causa dans sa vie d’autre chagrin que de mourir avant lui. 
Il faut avoir été de ceux-là, Messieurs, pour apprécier pleinement tout 
ce que fut Léopold Delisle. 

Aussi me permettrez-vous, après avoir pleuré avec vous le savant 
illustre qu’admirait l’Europe entière, de me retourner vers sa famille 
désolée et de pleurer avec elle l'homme d’une bonté exquise, d’une 
droiture incomparable, d’une générosité sans bornes, qui fut pour nous 
le plus dévoué des amis, ... et que nous n’oublierons jamais. 

DISCOURS DE M. PAUL VIOLLET, MEMBRE DE L’INSTITUT, 
PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ DE L’ÉCOLE DES CHARTES. 

Messieurs, 

A l'heure où le jeune homme commence à vouloir et à penser par 
lui-méme, Léopold Delisle voûlut appartenir à l'Ecole des chartes, et, 
de fait, depuis sa naissance à la vie intellectuelle et scientifique, il 
nous a appartenu. 

9 9 

L’Ecole des chartes et la Société de l’Ecole, cette Société dont il fut 
l’àme pendant un demi-siècle, dont il est mort président d’honneur, 
sont vraiment sa famille et sa maison. Il entrait à l’École en 1846. 
Son bon sens, sa prudence, ses aptitudes scientifiques attirèrent très 
vite l’attention. 

Il était tout jeune encore et venait d’achever ses études, lorsque les 
fondateurs de la Société des anciens élèves, dite Société de l’École, 
qui traversait alors une crise difficile, l'appelèrent à eux, comme dans 
une passe dangereuse des navigateurs alarmés ont recours à un pilote 
expérimenté. Le navire à conduire était la Bibliothèque de l'École 
des chartes , qui, en ce moment-là, naviguait assez péniblement. Ce 
Nestor de vingt-six ans tint le gouvernail d’une main prudente et sûre. 
La navigation fut magnifique. Pendant plus de cinquante ans, Delisle 
a dirigé nos publications. Il y a pris lui-méme. une part personnelle 
considérable. Vous savez la place importante qu’elles occupent aujour¬ 
d'hui dans le monde savant. 

Le maître que nous regrettons était bienveillant à tous. Qui de nous 
ne lui a demandé conseil pour un projet de publication, pour un clas* 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



454 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

sement de bibliothèque ou d’archives et n’a reçu de lui aide et lumière? 
Il fut en 1874 l’un des fondateurs de notre Société de secours et fut 
élu en 1876 président de cette œuvre d’assistance délicate et discrète. 

Sa force extraordinaire de travail, son tempérament à la fois vigou- 
• reux et pondéré lui a permis de faire face pendant sa longue carrière 
aux occupations professionnelles les plus délicates, les plus absorbantes, 
en même temps qu'il menait à bien des entreprises scientifiques con¬ 
sidérables et singulièrement variées. 

Il y a, au premier abord, quelque chose d’étourdissant dans cette 
variété et dans cette abondance. Celui qui, ne connaissant pas person¬ 
nellement Léopold Delisle et ne l’ayant jamais lu, parcourrait par 
hasard la liste énorme de ses publications, — elles commencent en 
1847 et finissent avec l’auteur lui-même en 1910, — se représenterait 
peut-être un de ces travailleurs qui, dévorés d’une fièvre continue, 
traversent les livres en courant, arpentent les archives et ressemblent à 
certains voyageurs, trop nombreux aujourd’hui, qui encombrent nos 
routes et mesurent l’intensité de leurs jouissances esthétiques à l’épais¬ 
seur des nuages de poussière qu’ils soulèvent. Quel étrange, mais aussi 
quel excusable contre-sens commettrait cet ignorant lecteur de cata¬ 
logues ! Il se trouve, en effet, que l’étonnant voyageur, que l’inlas¬ 
sable informateur qui nous promena à travers la Normandie agricole 
du moyen âge, qui nous fit pénétrer dans les bureaux de la chancellerie 
royale sous Philippe-Auguste et dans ceux de la chancellerie pontifi¬ 
cale sous Innocent III, qui découvrit l’auteur jusqu’alors inconnu du 
Grand Coutumier de France et approfondit certains aspects de 
l’histoire de nos miniatures, qui connut les livres de la bibliothèque 
de Charles V, mieux peut-être que ce roi lettré ne les connaissait lui- 
même, qui supputa les comptes des Templiers, ces infortunés créan¬ 
ciers de Philippe le Bel, plus exactement, je n’en doute pas, que ne fit 
jamais leur redoutable débiteur, il se trouve que cet érudit ubiquiste, 
qui s’est posté hardiment à toutes les avenues de l’histoire, était 
l’homme le plus posé, l’érudit le plus consciencieux, j’allais dire le 
plus craintif. Delisle marchait et parlait lentement; il rédigeait et 
écrivait sans hâte, sa main, toujours sure, était au service d’une pen¬ 
sée toujours nette. Tout respire dans son œuvre je ne sais quelle paix, 
quelle tranquillité, paix et tranquillité qui sont précisément l’inverse 
de cette agitation extrême qu’on pourrait bien à tort soupçonner en 
parcourant simplement sa bibliographie. Un foyer de chaleur douce 
et réglée, non point un volcan, alimentait cette force productive qui, 
pendant plus de soixante ans, a donné de si beaux fruits. 

Il est rare qu’une réputation internationale comme celle de Léopold 
Delisle. soit la récompense d’un labeur grave, d’un labeur sérieux. 
Delisle est un de ces grands et modestes travailleurs que leurs contem¬ 
porains ont su comprendre et apprécier à leur juste valeur. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MELANGES. 455 

9 

C'est notre Société de l’Ecole des chartes qui, il y a vingt et un ans, 
lui rendit le premier de ces hommages publics qui ont honoré sa belle 
et verte vieillesse. Nous célébrions le cinquantenaire de notre Société, 
et quelques-uns de ceux qui avaient joué un rôle actif vers les temps 
reculés de la fondation faisaient cortège à Delisle, le jour où, prési¬ 
dant la réunion, j'eus le grand honneur de lui donner l'accolade et de 
lui offrir le médaillon commémoratif de cette cérémonie, à laquelle 
nous avions voulu donner tout son sens et toute sa signification en y 
faisant graver les traits du maître. — Une solennité du môme genre eut 
lieu quelques années plus tard à l'École des chartes. La Société de 
l’École et la Société de l’Histoire de France, où Delisle tenait une si 
grande place, lui offraient un autre témoignage de leur admiration et 
de leur sympathie. 

De ces vaillants de la première heure, de ces témoins du passé un 
seul nous restait. Il nous est enlevé! Il a travaillé jusqu'à la fin. 
Vous connaissez ses dernières publications. Elles reflètent toute une 
vie. Fidèle à ses plus chers souvenirs, fidèle à la patrie normande, à 
l’histoire de laquelle il avait consacré ses débuts dans l’érudition et 
qui constamment était restée présente à son esprit et avait gardé dans 
scs recherches et dans ses notes une place d’honneur, Delisle s’est 
éteint au cours d’entretiens journaliers avec Henri II, duc de Nor¬ 
mandie, avec Orderic Vital et Guillaume de Jumièges. A ces entre¬ 
tiens prenait part l’ombre de notre regretté Jules Lair, dont le seul 

nom faisait sonner aux oreilles de Delisle ces mots aimés : Norman- 

# 

die, Ecole des chartes, jeunesse, amitié. 

Le sort me réservait la douloureuse mission d’être une seconde et 
dernière fois, devant cette tombe, votre interprète à tous. Je dirai à 
Léopold Delisle, qui croyait comme moi à l'autre vie : à Dieu! Ta 
mémoire ici-bas nous est chère. Elle nous restera chère. 

DISCOURS DE M. CAGNAT, MEMBRE DE L’INSTITUT, 
PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DES ANTIQUAIRES DE FRANCE. 

Messieurs, 

Voici la deuxième fois cette année que je dois prendre la parole 
pour dire adieu à l’un d’entre nous et témoigner publiquement de notre 
douleur; mais aujourd’hui ce n’est point seulement au cœur, c’est à la 
tête que nous sommes frappés. Le plus ancien d’entre nous, le plus 
vénéré de nos membres honoraires, celui dont nous nous faisions gloire 
entre tous vient de nous être enlevé presque subitement. Il était des 
nôtres depuis plus d’un demi-siècle; et, tandis que tous ceux qui hono¬ 
raient alors notre Société, les Waddington, les de Saulcy, les Renan, 
les Renier, les Emmanuel de Rougé, Quicherat, Longpérier, Le Bas, 
le comte de Lasteyrie, Brunet de Presle, An. de Barthélemy, ont dis- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



456 


CffBOIfIQUE ET lfllLANGBS. 

paru peu à peu, depuis plus ou moins longtemps, il était resté, comme 
pour continuer parmi nous leurs traditions. Le voilà disparu à son tour. 

Léopold Delisle avait été élu membre résidant de la Société des 
Antiquaires de France le 9 juillet 1855. Pendant longtemps, il prit une 
part active à ses travaux et à ses séances : tantôt il lisait un mémoire, 
comme il savait en écrire, sur un Sacramentaire de l’Église de 
Paris (1857) ou sur les Comtes de Dammartin au XIII e siècle 
(1869); tantôt il communiquait en de courtes notes des découvertes de 
détail, faites au cours de quelque lecture ou de quelque recherche, — et 
vous savez le nombre des trouvailles de cette sorte dont la science lui 
est redevable ; tantôt encore il prenait la parole dans les discussions 
pour remettre les choses au point avec sa prudence et sa sûreté d’éru¬ 
dition coutumières. Ce qui frappe le plus, quand on se reporte à notre 
Bulletin , c'est la variété des connaissances que les notes de L. Delisle 
attestent : l’antiquité gallo-romaine, l'époque mérovingienne, le 
moyen âge lui sont pareillement familiers; s'il s’occupe surtout des 
manuscrits et des chartes, de paléographie ou de diplomatique, il n’est 
pas étranger aux autres parties de la discipline historique; il sait, 
lorsqu’il y est amené, dire ce qu’il faut sur les Arènes de Paris 
mentionnées au XII e et au XIII e siècle (1858) ou sur des Substruc- 
tions romaines trouvées en 1366 à Paris derrière l’ancien parloir 
aux bourgeois (1867) ; il est également prêt à parler sur un Buste 
antique du musée de Coutances (1877), sur des Disques de plomb 
trouvés dans les tombeaux d’abbés du Mont-Saint-Michel (1875), 
sur des Émaux du château d’Anet (1870), sur des Sceaux à légende 
française (18591 ou sur des Sceaux-matrices du moyen âge (1860), 
sur des Inscriptions mérovingiennes (1859), carolingiennes (1872), 
médiévales (1879). 

Son érudition est inépuisable, comme sa curiosité; c’est un charme 
de voir ce qu’il sait tirer du moindre fait et comment ce qui semble¬ 
rait à d’autres sans importance fournit à sa perspicacité des compa¬ 
raisons et des déductions aussi fécondes qu’inattendues. Il est dans 
ces petites notes insérées à notre Bulletin ce qu’il a été toute sa vie 
dans les grandes œuvres qui l’ont illustré. 

Il aurait certainement continué à apporter régulièrement à nos tra¬ 
vaux l’appui de sa présence et de ses encouragements si les conditions 
matérielles dans lesquelles nous nous réunissons étaient différentes. 
Mais vous savez que, pour ceux d’entre nos confrères qui sont peu 
valides ou qui vieillissent, l’accès de notre salle de séances devient 
pénible. Le 2 décembre 1885, Léopold Delisle sollicitait une place 
vacante de membre honoraire, que nous nous empressions de lui accor¬ 
der, sans vouloir comprendre que désormais nous ne le verrions plus que 
par intervalles. Aussi bien, absorbé par les fonctions importantes qu’il 
exerçait et par les travaux plus importants encore et moins ingrats 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



457 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

qu’il poursuivait pour la plus grande gloire de la science française, 
avait-il, en réalité, tous ses instants comptés; néanmoins, les jours 
d’élection nous le voyions, jusqu’à ces derniers temps, gravir nos 
étages, venir de sa démarche placide et comme réfléchie s’asseoir à la 
table de notre salle et apporter à ses élèves et à ses amis un vote 
qui était à la fois pour eux un témoignage d’estime dont ils étaient 
fiers et pour nous une indication discrète. Nous l’avons retrouvé 
encore une fois lors de la célébration de notre Centenaire; il a inséré 
dans le volume de Mémoires que nous avons publié à cette occasion 
une Lettre autographe du roi Charles V. 

Mais, tout peinés que nous fussions de ne plus jouir régulièrement 
de sa présence, il nous appartenait bien ; nous étions fiers de le voir, 
en France et à l’étranger, entouré de respect, de haute estime et d’hon¬ 
neurs; il voulait bien admettre que quelque parcelle de la considéra¬ 
tion où il vivait rejaillît sur notre Société. 

Vous savez, Messieurs, que jusqu’au dernier jour cet homme émi¬ 
nent ne cessa de travailler et de découvrir; il était de ceux dont la 
vieillesse semble ne courber le dos que pour les rapprocher chaque 
jour davantage de la table de travail et rendre plus aisée la lecture du 
livre ouvert devant eux, en attendant le jour où leur activité scienti¬ 
fique s’éteindra subitement avec la vie. Ceux-là sont heureux entre 
tous les travailleurs, et Léopold Delisle a eu la joie, si enviable pour 
chacun de nous, de ne pas sentir son esprit diminué par l’âge. Par là 
notre deuil peut être, non point atténué, mais adouci. N’oublions pas, 
d’ailleurs, que si le savant nous restait intact, si l’ami et le confrère 
étaient toujours aussi surs et aussi dévoués, l'homme ne vivait plus sur 
cette terre depuis cinq ans, mais dans le culte d’un souvenir pieuse¬ 
ment entretenu. Pour lui, la mort n’a pas été une séparation, mais une 
réunion dans l’au delà. 

DISCOURS DE M. ÉMILE TRAVERS, 

AU NOM DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE NORMANDIE. 

Messieurs, 

Aux éloquents discours que vous venez d’entendre, permettez-moi 
d’ajouter l’expression de la profonde tristesse que cause à la Norman¬ 
die et à ses compagnies savantes la mort de M. Léopold Delisle. 

La Normandie s’enorgueillissait d’avoir donné naissance à l’illustre 
savant qui a porté si haut dans le monde entier la renommée de l’éru¬ 
dition française. 

Si l’on ouvre la Bibliographie des travaux de M. Léopold Delisle , 
on est frappé du nombre de ceux qui concernent la Normandie, son 
histoire, ses écrivains et toutes les manifestations de la vie sociale et de 
la pensée humaine dans cette province qu’il aimait d’une ardeur pas- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



458 CHRONIQUE ET MELANGES. 

sionnée. C’est par centaines qu’il lui a consacré, pendant un labeur 
inouï de soixante-trois ans, ses ouvrages les plus importants ou des 
articles sur les sujets les plus divers. Rien de ce qui est normand n’a 
échappé à ses investigations. 

Né à Valognes, le 24 octobre 1826, M. Delisle fit de fortes études 
classiques au collège de cette ville. Un ami de son père, Charles de 
Gerville, qui fut, avec Arcisse de Caumont, l’un des créateurs de notre 
archéologie nationale, frappé de l’intelligence et des aptitudes du jeune 
écolier, devina 8a vocation et lui inspira le goût des études médié¬ 
vistes. Plus tard, M. Delisle a rappelé en des pages émues l'influence 
décisive de ce premier maître sur sa carrière, dont les débuts furent 
éclatants et qui devait être si féconde et si glorieuse. 

Deux ans après avoir obtenu le diplôme d’archiviste-paléographe 
avec un Essai sur les revenus publics en Normandie, thèse mal¬ 
heureusement restée en grande partie inédite, M. Delisle mettait au 
jour son magistral Essai sur la condition de la classe agricole et 
de l’agriculture en Normandie au moyen âge, récompensé d’abord 
par la Société libre de l’Eure, puis par l’Académie des Inscriptions et 
Belles-Lettres qui, deux années de suite, en 1851 et 1852, lui décerna 
le premier prix Gobert. Ce livre ouvrit à son auteur, en 1857, les 
portes de l’Institut. I! était si parfaitqu’au bout d’un demi-siècle, lorsque 
M. Delisle consentit à le laisser réimprimer, on s’est borné à donner 
un fac-similé de l’édition originale. Devenu maître incontesté, le vieil¬ 
lard n’avait rien trouvé à changer au chef-d’œuvre de l’érudit de 
vingt-cinq ans. 

Parmi les travaux de M. Delisle relatifs à la Normandie, une cin¬ 
quantaine au moins sont des mémoires étendus et des extraits de docu¬ 
ments insérés dans les publications des sociétés savantes de Rouen, 
d’Évreux, de Caen, de Cherbourg, ou bien dans l’Annuaire de la 
Manche, le Bulletin monumental et d’autres recueils. Je ne puis 
énumérer ici tous ces fragments épars, qu’il y aurait grand profit à 
recueillir; toutefois il faut citer, d’une manière spéciale, deux travaux 
considérables : les Actes normands de la Chambre des comptes 
sous Philippe de Valois (1871) et la Chronique de Robert de Tori- 
gni (1872-1873), édités par la Société de l'histoire de Normandie. 

Mais c'est la Société des Antiquaires de Normandie, au nom de 
laquelle j’ai l’honneur de parler, qui fut l’objet de son attachement 
particulier. Elle lui rappelait ses premiers débuts ; il en resta le colla¬ 
borateur incessant. 

Dès 1847, il donnait à cette compagnie une Notice sur les biens 
de la Sainte-Chapelle en Normandie ; puis des Observations sur 
les rôles de l’Échiquier de Normandie (1851); un Mémoire sur les 
baillis du Cotentm (1851); le Cartulaire normand de Philippe- 
Auguste, Louis VIII,saint Louis et Philippe le //arcfi(1852); VExa- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



4 


CHRONIQUE ET MELANGES. 459 

men de treize chartes de l’ordre de Grammont (1854); le Poème 
adressé à Adèle, fille de Guillaume le Conquérant, par Baudry, 
abbé de Bourgueil (1871); le Registre de l’officialité de Cerisy (1880), 
édité par M. Gustave Dupont, d’après la copie préparée par M. Delisle 
en vue d’une publication que celui-ci avait projetée trente ans plus 
tôt; les Recherches sur les livres imprimés ou publiés â Caen 
avant 1550 (1903-1904, 2 vol., avec 27 pl.) ; et bien d’autres articles et 
communications d’une importance capitale. 

Deux fois, en 1862 et 1890, M. Delisle fut directeur de notre Société 
des Antiquaires et prononça, dans ses séances publiques, des discours ; 
l’un sur les sources diplomatiques de l’histoire de la Normandie du xi* 
au xv e siècle; l’autre sur l’imprimerie et la librairie à Caen, de 1480 
à 1550. Mais le titre que nos confrères auraient dû lui conférer offi¬ 
ciellement et que leur respectueuse reconnaissance se plaisait à lui 
donner était celui de protecteur. 

Protecteur I c’est bien la qualification qui convenait à l’excellent 
maître. 

On vient de prononcer l’éloge des hautes qualités morales de l’homme 
éminent que nous pleurons. On a rappelé sa sollicitude pour les élèves 
de l’École des chartes qu’il daignait appeler ses jeunes confrères. Avec 
quelle douce bonté il les accueillait! Avec quelle exquise bienveillance 
il leur prodiguait les conseils et les encouragements et guidait les pre¬ 
miers pas de leur carrière, surtout quand ils étaient ses compatriotes ! 
Jules Lair, Siméon Luce et bien d’autres l’ont hautement attesté et 
tous eurent pour lui un filial attachement. 

Permettez à mon cœur brisé de rappeler aussi que, devenu l’ami de 
mon père, le jour où il obtint le grade de bachelier devant la Faculté 
des lettres de Caen, M. Delisle ne cessa de témoigner une sincère 
affection à tous ceux qui me furent chers. Il prit part aux joies de ma 
famille; il partagea ses douleurs. 

J’ai dit que les premiers travaux de M. Delisle avaient eu la Nor¬ 
mandie pour objet. Il a consacré à sa province natale sa prodigieuse 
activité et toutes les forces de sa lumineuse intelligence jusqu’au 
moment où la plume a glissé de ses mains. Le premier volume des 
Actes normands de Henri II, patiemment rassemblés pendant 
soixante ans, vient de paraître. Son introduction est un chef-d'œuvre, 
où respire l’enthousiasme presque juvénile provoqué chez lui par 
l’habile administration des ducs-rois et de leurs chanceliers. Et, il y 
a un mois à peine, étaient remis à quelques privilégiés les Matériaux 
pour l’édition de Guillaume de Jumièges préparés par Jules 
I^air, avec une préface et des additions de son vieil ami sur Orderic 
Vital et Robert de Torigni. 

« Ce sera mon dernier ouvrage », disait alors le maître à M m< Jules 
Lair. Non, l’infatigable maître n’avait pas renoncé à l’étude et il a 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



4G0 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

travaillé jusqu’à l’heure suprême. Quand Dieu l'a rappelé à lui, après 
un entretien avec M. le chanoine Müller, il exposait au vénérable 
aumônier de l’hospice Condé de nouvelles recherches à entreprendre. 

Au nom de la Normandie et de ses sociétés savantes, je salue res¬ 
pectueusement la tombe de M. Léopold Delisle et j’offre à sa famille, 
à ses amis, à ses admirateurs l’expression d’une douleur inconsolable. 


ARMAND D’HERBOMEZ. 

Armand-Auguste d’Herbomez, décédé subitement le 9 juillet 1910 
à Bruxelles, où il se trouvait de passage, était né à Douai le 13 mai 
1852. A l’époque où il atteignit l’âge d’homme, l’Ecole des chartes 
conférait le privilège de l’exemption du service militaire. Mais d’Her¬ 
bomez, qui avait d'abord fait son droit, tint à s'acquitter de ses 
devoirs envers la patrie. Ce n’est qu’après avoir passé par le régi¬ 
ment et y avoir obtenu les galons de sergent qu’il devint, en 1874, 
élève de l’École des chartes, où ses aptitudes au travail, son intelli¬ 
gence si ouverte et sa charmante gaieté le firent apprécier de ses 
maîtres autant qu’aimer de ses camarades. A sa sortie de l’École en 
1878, il fut classé le quatrième, après avoir soutenu une thèse sur le 
Parlement de Paris, de ikl8 à l(t36. Il devint alors pour quelque 
temps archiviste des Basses-Pyrénées ; mais il quitta bientôt Pau, où 
il laissa les meilleurs souvenirs, pour revenir à Paris occuper des 
fonctions importantes dans une grande compagnie financière, la 
Société générale de Crédit industriel et commercial. Il eût pu se 
créer là un bel avenir. Mais celui qui l’avait fait entrer dans cette 
administration s’étant vu atteint par l’âge et ayant renoncé à sa propre 
situation, notre confrère, par une délicatesse de sentiments qui l’ho- 
nore grandement, voulut suivre son protecteur dans sa retraite. 

D’ailleurs, il se sentait entraîné vers les études d’histoire, dont il 
avait appris la méthode à l’École des chartes et auxquelles il se con¬ 
sacra dès lors avec une inlassable ardeur. Un sujet surtout l’attira. 
Peu de temps après sa naissance, sa famille était venue s’établir en 
Belgique dans le pays de Tournai. Tournai devint pour Armand 
d’Herbomez comme une nouvelle patrie d’adoption dont il prit plaisir 
à étudier l’histoire, les institutions et jusqu’au langage. A ce pays de 
prédilection, il consacra une série d'excellents travaux, dont plusieurs 
ont été loués dans la Bibliothèque de l’École des chartes par des 
maitres de l’érudition française, Léopold Delisle, Anatole de Barthé- 

9 

lemy, Gustave Schlumberger. Parmi ces travaux, je citerai : Etude 
sur le dialecte du Tournaisis au XIIP siècle ; Comment le quar¬ 
tier du château fut réuni à la cité de Tournai en 1289; Élections 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



461 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

d’évêques à Tournai au moyen âge (ces trois études parues dans les 
Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai ); 
Voyage de Philippe-Auguste à Tournai en H97 (dans la Revue 
des Questions historiques, année 1891); Géographie historique du 
Tournaisis et Philippe le Bel et les Toumaisiens (Bruxelles, 1892 
et 1893), etc. Mais je mentionnerai surtout l'Histoire des châtelains 
de Tournai de la maison de Mortagne, ouvrage en deux volumes, 
comprenant ensemble plus de sept cents pages, que l'Académie des 
inscriptions a tenu à couronner en 1896. 

Cependant notre regretté confrère ne se cantonnait pas exclusive¬ 
ment dans ces recherches d’histoire locale. Il a encore publié, dans 
notre Bibliothèque de l’École des chartes, des articles intitulés : 
Une lettre de Louis XI à Sixte IV relative aux affaires d’Espagne 
tirée de la bibliothèque de Saint-Marc de Venise (1890) et A pro¬ 
pos des baillis d’Arras sous le règne de saint Louis (1906). On lui 
doit aussi Une négociation diplomatique au XV• siècle. Le traité 
de 030 entre la France et l’Autriche, mémoire dont il avait été 
chercher les éléments dans les archives de Vienne. 

Cet ensemble de travaux lui valut une juste notoriété. Aussi des 
corps savants lui confièrent-ils le soin d'importantes publications. La 
Société nationale des Antiquaires de France le chargea de publier, 
dans la série de ses Mettensia, le Cartulaire de Gorze. La Com¬ 
mission d’histoire de l’Académie royale de Belgique lui demanda 
d’éditer les Chartes de l’abbaye de Saint-Martin de Tournai. La 
• réalisation de cette dernière entreprise amena la mise au jour, par 
Armand d'Herbomez, de deux gros volumes in-4° de la Collection 
des Chroniques belges (1898-1901), volumes qui constituent un pré¬ 
cieux instrument de travail. 

De telles œuvres méritaient des récompenses. Par deux fois l’Aca¬ 
démie des inscriptions et belles-lettres inscrivit notre confrère sur la 
liste de ses lauréats, lui décernant en 1896 une des médailles du con¬ 
cours des Antiquités de la France, puis, en 1901, le prix Auguste 
Prost. Il fut appelé à faire partie de la Commission historique du 
département du Nord et occupa un rang distingué dans la Société 
historique et archéologique de Tournai. 

Il n’eut tenu qu’à lui de recueillir d’autres honneurs. Des Sociétés 
savantes, qui comptent parmi les plus réputées, eussent été heureuses 
de se l’agréger. Une distinction officielle fut demandée pour lui au 
ministre, avec les considérants les plus flatteurs, par la section d’ar¬ 
chéologie du Comité des travaux historiques et scientifiques. Mais 
Armand d’Herbomez était un désintéressé et un modeste. Il refusa 
tout, sans éclat ni fausse humilité, mais d'une volonté très ferme, 
devant laquelle il fallait s’incliner. 

Ce grand travailleur, — ses amis le savent bien, — avait une âme 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



462 CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

infiniment tendre. Aujourd’hui que sa mort me permet de parler libre¬ 
ment, je puis dire combien il a été bon pour un de nos confrères dis¬ 
paru en 1907 et dont il a écrit la notice nécrologique dans notre 
Bibliothèque. J’ajouterai que, par une libéralité qui vient d’être révé¬ 
lée, il a manifesté ses sentiments d’attachement envers nous tous en 
enrichissant notre Société de secours. Il y a un peu plus d'un an, la 
mort d’une mère bien-aimée porta un coup terrible à sa santé en 
développant chez lui les germes d’une maladie de cœur. Cependant, 
au milieu de crises très douloureuses, notre pauvre confrère, non seu¬ 
lement continuait toujours à travailler, mais encore conservait toute 
sa sérénité. Sa disparition soudaine augmente encore le chagrin de 
ceux qui n’oublieront jamais qu’Armand d’Herbomez fut un des 
modèles les plus accomplis du bon érudit, formé à la discipline de 
l’École des chartes, en même temps qu’un parfait galant homme et 
un ami incomparable. 

Paul Durrieu. 


LEOPOLD MICHELI. 

Les nombreux amis que comptait à Paris Léopold Micheliont appris 
avec un douloureux étonnement la mort de notre jeune confrère, 
décédé subitement le 23 juin dernier, à la suite d’un accident de bain, 
sur la plage du Pouldu en Bretagne. Après plusieurs mois d’un labeur 
ininterrompu, Léopold Micheli s’apprêtait à venir jouir en Bretagne 
de quelques semaines de délassement et d’un repos bien mériré. Sa 
mort inattendue brise une activité que des qualités exceptionnelles 
d’exactitude et qu’une culture générale autorisaient à prédire singu¬ 
lièrement fructueuse. 

Né le 27 novembre 1877, d’une antique famille de Lucques établie 
à Genève au xvi® siècle, notre confrère, après de solides études dans 
cette ville, avait passé deux semestres en Allemagne avant d’entrer à 
l’École des chartes, au mois de novembre 1899. Son esprit, si natu¬ 
rellement porté aux recherches sérieuses, se familiarisa vite avec l'en¬ 
seignement méthodique de l’École. Le cours de l’un de ses professeurs, 
M. Roy, et les conférences consacrées à l’étude de la formation et de 
l'organisation des communes françaises l’attirèrent dès la seconde 
année et l’engagèrent à choisir comme sujet de sa thèse : les Institu¬ 
tions municipales de Genève au XV 0 siècle, en faisant précéder ce 
travail d’une Introduction sur l’établissement de la commune 
dans celte ville. Micheli, mettant à profit les nombreux textes publiés 
par MM. Mallet et Lefort, s etait attaché à fixer les origines de la com- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



463 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

mune de Genève et, en une synthèse ingénieuse, à décrire les rouages 
assez compliqués de l’administration de la ville à la fin du moyen âge. 
Après avoir soutenu sa thèse et obtenu son diplôme au mois de jan¬ 
vier 1904, il trouva immédiatement l’occasion de mettre son érudition 
au service de sa ville natale. 

Le 29 janvier 1904, il entrait en qualité de conservateur des manus¬ 
crits à la bibliothèque publique et universitaire de Genève. Ce poste, 
nouvellement créé, répondait à des besoins très légitimes. L'adminis¬ 
tration de la bibliothèque, surchargée d’occupations par le dévelop¬ 
pement considérable des services, réclamait un conservateur spécial 
pour le département des manuscrits. Micheli commença par classer 
l’important fonds d’archives de la Compagnie des pasteurs , entré à 
la bibliothèque dans la première moitié du xix* siècle, et, sous le titre 
de Correspondance ecclésiastique, il fit relier en quarante-trois 
volumes ces documents si précieux pour l’histoire du protestantisme, 
de 1530 à la fin du xvm e siècle. En même temps, un inventaire manus¬ 
crit dressé par ses soins donnait une analyse des pièces et indiquait 
celles qui avaient été déjà publiées. Ce travail, auquel Léopold Micheli 
se consacra pendant trois ans, révélait l’auxiliaire dévoué et actif 
que s’était attaché la bibliothèque de Genève. Le 23 janvier 1906, sa 
nomination au titre de conservateur régularisait sa situation. Dès lors, 
l’activité de Micheli s’étend non seulement à son cher département 
des manuscrits, mais encore aux services plus généraux qui l'en¬ 
tourent. En 1902, la bibliothèque reçoit en legs une collection de 
trois mille gravures, portraits, estampes, la Collection Rigaud, rela¬ 
tifs à Genève et aux environs ; notre confrère les classe et en dresse 

l'inventaire détaillé. Il agit de même à l'égard des papiers Fatio, 

# 

Etienne Dumont, Lesage, Prévost, relatifs à l’histoire genevoise du 
xviii® siècle et à l’époque révolutionnaire. Puis, c’est la collection 
Coindet, composée de quinze à vingt mille autographes, la correspon¬ 
dance de Charles Bonnet, enfin, tout récemment, l’important lot d’ou¬ 
vrages et d’opuscules du xvi® siècle relatifs au protestantisme et pro¬ 
venant de la bibliothèque Lefort que Micheli reçoit et installe à la 
bibliothèque. Encouragés par son aimable accueil, les descendants des 
vieilles familles genevoises se prêtent au dépôt provisoire ou définitif 
de leurs papiers de famille, qui serviront à écrire l’histoire de demain; 
et, conséquence immédiate de cet accroissement, érudits et chercheurs 
affluent dans le cabinet du conservateur, auquel on ne s’adressera 
jamais en vain. Une salle spéciale destinée à la consultation des 
manuscrits parait indispensable; elle est ouverte à la fin de 1905. 
Deux ans plus tard, un don généreux vient encourager notre confrère 
et lui prouver le succès de ses efTorts. La plus grande partie des 
archives d’une antique famille d’Espagne, celle des comtes d’Altamira, 


* 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



464 CHRONIQUE ET MELANGES. 

tombées entre les mains d’un savant historien genevois, M. Édouard 
Favre, est offerte à la bibliothèque. Il y a là une collection de plus de 
dix mille pièces diplomatiques relatives à l’histoire d’Espagne et prin¬ 
cipalement au règne de Philippe II, dont l'intérêt n’a pas échappé à 
leur possesseur. La famille d’Altamira a joué un rôle diplomatique 
de premier ordre dans l’entourage de la cour d’Espagne. Ses papiers, 
que complète un premier lot acquis par le British Muséum, fourniront 
une source, féconde aux historiens de l’Espagne. Léopold Micheli s’em¬ 
pressera de mettre en valeur ce riche ensemble. Il apprend l’espagnol, 
il classe chronologiquement ces documents, les déchiffre, les analyse, 
identifie les auteurs et les destinataires de cette correspondance, la 
relie en plus de soixante volumes, bref, il n’épargne ni sa peine ni son 
temps pour réaliser le plan qu’il s’est tracé. La première partie de 
l’inventaire de la collection Édouard Favre a paru dans la livraison 
de juillet-septembre 1909 du Bulletin hispanique. Notre regretté 
ami n’en verra pas l’achèvement. La mort nous l’a ravi en plein labeur, 
dans tout l’épanouissement de sa belle et généreuse activité. Le trop 
rapide coup d’œil jeté ici sur son œuvre nous aura du moins révélé 
l’idéal de notre confrère, qu’une seule ambition poursuivait : le ser¬ 
vice patient, dévoué et fécond du trésor historique qui lui avait été 
confié. 

Frédéric Barbey. 


DAUPHIN TEMPIER. 

Nous devons enregistrer encore le décès de notre confrère M.Dauphin 
Tempier, archiviste des Côtes-du-Nord, décédé à Saint-Brieuc, le 
22 juillet 1910. Né à Saint-Étienne en 1844, notre regretté confrère 
appartenait à la promotion de 1873 et avait obtenu le diplôme d’ar¬ 
chiviste-paléographe avec une thèse intitulée : la Salle de la Diana 
à Montbrison, examen critique des opinions émises sur ce monu¬ 
ment héraldique. Nommé archiviste des Côtes-du-Nord en 1873, 
on lui doit le tome II de l’inventaire de la série E, seigneuries, du 
dépôt confié à ses soins; il a publié aussi dans les Mémoires de la 
Société d’émulation des Côtes-du-Nord, de 1888 à 1892, la Cor¬ 
respondance des députés des Côtes-du-Nord aux États généraux, 
à l'Assemblée constituante, à l’Assemblée législative et à la Con¬ 
vention. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


CHRONIQUE ET MELANGES. 


465 


TACHYORAPHIE SYLLABIQUE ITALIENNE. 

M. L. Schiaparelli a apporté une importante contribution à l'étude 
de la tachygraphie italienne (Tachigrafia sillabica nelle carte ita- 
liane, Rome, 1910, in-8°, 47 p.; extrait du Dulletino delV Istituto 
storico italiano , n° 31), en publiant les fac-similés de 109 souscrip¬ 
tions en caractères de cette espèce, empruntées à des documents des 
*• et xi* siècles et comportant chacune un nom propre, suivi du titre 
notarius ou judex (avec quelques variantes : notarius et judex, 
notarius sacri palatii , judex imperatoris, etc.). Les notes sylla¬ 
biques, qui représentent ces noms et ces titres, sont du reste le plus 
souvent enchevêtrées pour constituer des sortes de monogrammes. 
De l'étude de ces souscriptions, dont l'emploi parait avoir été restreint 
à l’Italie septentrionale et en particulier à la Lombardie, M. Schiapa¬ 
relli dégage la conclusion que ces notes ne contiennent rien qui ne soit 
dans les souscriptions en clair qui les précèdent. Elles reproduisent 
le plus souvent celles-ci. Cependant il faut remarquer que parfois un 
personnage, dont le nom, dans la souscription ordinaire, est suivi du 
titre de notarius, est qualifié de judex dans la souscription tachygra- 
phique. Ces notes doivent donc être considérées comme un moyen 
employé pour authentiquer la souscription qui les précède, comme 
une sorte de paraphe ou de seing manuel d’une nature particulière. 

A la suite de ces souscriptions, M. Schiaparelli donne le fac-similé 
et la transcription de sept « notices » en tachygraphie syllabique, qui 
figurent au dos ou en marge d’actes dont les dates s’échelonnent entre 
778 et 1035. Cette partie du mémoire semble amorcer un travail plus 
étendu sur les éléments que l’étude de ces sommaires en notes peut 
apporter à la discussion des rapports entre la carta et la noticia et 
des différentes phases de la confection de l’instrument diplomatique. 

R. P. 


UNE LETTRE DE PASCAL II 
A ROBERT COURTE-HEUSE, DUC DE NORMANDIE. 

Les correspondances politiques relatives à la Normandie du temps 
de Robert Courte-Heuse sont d'une insigne rareté. Une pièce de ce 
genre vient d’être signalée par M. le professeur Wilhelm Levison, de 
Bonn, dans le ms. 633 du fonds Harleien au Musée britannique. Elle 
se rapporte à la question des investitures en Normandie. Dépourvue 
de date, elle doit avoir été expédiée par le pape Pascal II, un peu 

1910 30 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



466 


CBIONIQUE ET MÉLANGES. 

avant l’année 4106. Nous la reproduisons d’après le texte de M. le 
professeur Levison [Neues Archiv der Gesellschaft fur Altéré 
deutsche Geschichtskunde, t. XXXV, p. 427) : 

« P&schalis episcopus R. dilecto filio, Normannorum duci, salu- 
tem. 

« Visis litteris vestris et diligenter inspectis, letati sumus quod tem- 
poribus antecessorum vestrorum pace assidua letabatur Æcclesia, et 
regularis ordo vigebat. Tempore autem vestro nullum in vestris par- 
tibus Æcclesia potuit habere augmentum nec religio christiana servari, 
ut decuit, quoniam qui pastores æcclesiarum Domini [esse debebant], in 
ipso introitu ceciderunt, et qui messis dominice videbantur operarii et 
cultores, facti sunt eradicatores et subversores. Nec mirum, non enim 
intraverunt per ostium, sed ut fures et latrones ascenderunt ex adverso. 
Sed sicut fama perveniente cognovimus, non sano intellectu interpre- 
tantur quidam tutelam et patrocinium æcclesiarum a predecessoribus 
nostris, ut dicitis, vobis et antecessoribus vestris esse concessa. Tutela 
enim et patrocinia æcclesiarum secularibus potestatibus commissa 
sunt, ut æcclesiae per vos ab omni perturbatione et infestatione mun- 
dana tueantur, quatinus earum cultores quiete et devote régi celesti 
valeant militare. Tu autem te ipsum ostium eiïecisti, et per anulum 
et virgam investituram Æcclesie, non ut sponse Christi, sed sicut 
ancille, hostibus tradis ejus regimen usurpantibus, deserentibus Deum, 
qui vere ostium est, per quem qui non ingreditur fur est et latro. Sed 
quia hac dignitate te expoliatum esse conquereris, quam Apostolorum 
canones et Antiochena sinodus, décréta quoque Romanorum pontifi- 
cum sub anathematis interdictu ab omni seculari removent potes* 
tate, valde miramur. Nemo enim expoliatur ea re qua semper extitit 
nudus, nec ejus scimus expoliationem cujus investituram nunquam 
agnovimus. Quapropter, dilectissime fili, indubitanter agnoscas quod 
dignitatem tuam minuere nolumus, sed volumus Deum regnare in te, 
ut tu per eum régnés quatinus honor tuus et inquietus et inexpugna- 
bilis maneat. » 

L. D. 


ACTE INÉDIT DU ROI LOUIS VII 

(1478). 

Dans ses Études sur les actes de Louis V// 4 , M. Achille Luchaire 
nous a fait connaître, soit en analyse, soit in extenso, environ 800 actes 
de ce souverain, mais ce maître regretté fut le premier à déclarer 

1. Paris, Picard, 1885, in-4*. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



467 


CB10NIQ0B ET MELANGES. 

dans 8a préfâce qu’il n’avait nullement la conviction d’offrir aux his¬ 
toriens et aux diplomatistes le recueil complet des documents offi¬ 
ciels du long règne de Louis VII (I er août 1137-19 septembre 1180) 
et qu’il comptait sur les découvertes que l’on pourrait faire dans les 
fonds ecclésiastiques des dépôts d’archives de Paris et des départe¬ 
ments encore incomplètement inventoriés. 

Au cours des travaux de classement que nous entreprenons aux 
archives d’Eure-et-Loir, nous venons de rencontrer un acte de 
Louis VII 1 qui n’est pas cité dans le catalogue de M. Luchaire et qui 
semble inédit. Cet acte a pour objet la concession faite à Orléans, en 
1178, par Louis VII, pour le salut de son âme et de celle de son fils 
Philippe-Auguste, aux religieuses de Saint-Martin de Meung, de 
l’usage du bois mort dans le bois de la Forêt avec le consentement du 
gruier Renaud de la Chapelle qui se réserve le droit de percevoir une 
obole sur chaque charretée de bois. Nous possédons cet acte sous la 
forme d’une copie sur parchemin, du 13 avril 1339, dont voici la 
teneur : 

« Datum per copiam. — In nomine sancte et individue Trinitatis. 
Amen. Ludovicus, Dei gratia Francorum rex. Noverint universi pré¬ 
sentes pariterque futuri nos, pro remedio anime nostre et Philippi 
filii nostri, sanctimonialibus Sancti Martini de Magduno usuarium 
mortui bosci in bosco qui dicitur Foresta in perpetuum concessise. 
Hoc eciam concessit Rainaldus de Capella predicte foreste griarius in 
hoc modum quod de singulis quadrigatis obolim unum percipiet. Et 
ne super hac elemosina valeat in posterum dubitari, presentem cartu- 
lam sigilli nostri auctoritate, regii nominis karactere subter annotato, 
fecimus confirmari. Actum Aurelianis, anno ab incarnacione Domini 
M° C° XX° VIII®, astantibus in palacio nostro quorum nomina sup- 
posita sunt et signa. Signum comitis Theobaldi dapiferi nostri. Signum 
Quidonis buticularii. Signum Reinaldi camerarii. Signum Radulphi 
constabularii. Datum anno Domini M° CCC° XXXIX 0 , die martis post 
Misericordia Domini ». 

Seing manuel avec la signature : 

« O. Barbicant. 

« Pro copia et collacione. » 

Le prieuré de Saint-Martin de Meung relevait de l’abbaye de Saint- 
Avit, près de Ch&teaudun, ce qui explique la présence du diplôme de 
Louis VII dans les archives de Saint-Avit. 

Maurice Jusselin. 

1. Archives d'Eare-et-Loir, H. 4642 (fonds de l’abbaye de Saint-Avit). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



468 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 


UN MANUSCRIT DE CHARLES V 
ET UN DOUBLE FEUILLET D’IMAGES DE LA BIBLE 

RETROUVÉS EN ANGLETERRE. 

A la date du 26 avril 1910, M. Sydney C. Cockerell m’annonçait 
avoir reconnu, dans la bibliothèque de Jésus College d’Oxford, un des 
manuscrits enregistrés en ces termes dans le catalogue des livres 
du roi Charles V, sous le n° 513 : 

« Un très bel livre de Regimine principum, de la compilation 
Giles rAugustin, très bien escript en latin, de lettre de forme et à deux 
coulofnbes, enluminé tout au long des dites coulombes de fleurs de 
lis d’or et d’asur. Comm. : nesta quam michi reputa. Fin : um qui¬ 
tus ex impetu. Et est signé Charles en la fin. Couvert d’une che¬ 
mise de soie vermeille à cygnes blancs, a ung fermoir d'argent doré 
hachié, aux armes de France et une pipe d'argent doré. » 

Le dernier feuillet du manuscrit de Jésus College commence bien 
par les mots um quibus ex impetu et M. Cockerell a pu faire revivre 
la signature de Charles V, dont la trace subsistait à la fin du volume. 
Le rédacteur de l'inventaire s’était légèrement trompé dans l’indica¬ 
tion des premiers mots du second feuillet. Le second feuillet du 
manuscrit commence non point par les mots nesta quam michi 
reputo, mais par les mots : Hac igitur requisitione laudabili et 
honesta quam michi reputo. 

Après m’avoir annoncé cette heureuse nouvelle, M. Sydney C. Coc¬ 
kerell me faisait part d’une bonne fortune qui venait de lui arriver. Il 
venait d’acquérir pour sa bibliothèque personnelle un feuillet malheu¬ 
reusement défraîchi d’un magnifique manuscrit du xm® siècle, dont un 
fragment considérable (43 feuillets) est conservé dans la bibliothèque 
de sir Thomas Phillipps, àCheltenham. On peut s’en faire une idée en 
allant voir à la Bibliothèque nationale (fonds latin des Nouvelles acqui¬ 
sitions, n° 2294) le double feuillet du même manuscrit que nous devons 
à la libéralité de feu Jules Maciet et que j’ai brièvement indiqué dans 
l’Inventaire des Manuscrits latins et français ajoutés aux fonds des 
Nouvelles acquisitions pendant les années 1875-1891 (t. I, p. 60-61). 

Voici la reproduction de ce que j’écrivais à ce sujet en 1891 : 

« Images de la Bible. 

« Double feuillet ayant fait partie, selon toute apparence, d'une 
Bible en images. La meilleure place de chaque page est occupée par 
des peintures enfermées dans des cadres qui ont environ 265 milli¬ 
mètres de hauteur et dont la largeur varie entre 225 et 255 millimètres. 


i 

* 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


469 


CHftORIQUE ET MÉLANGES. 

Les peintures et les légendes latines qui en expliquent le sujet doivent 
être rapportées au xm* siècle. L’écriture semble indiquer une origine 
méridionale. Sir Thomas Phillipps avait recueilli 43 feuillets du volume 
auquel a appartenu notre fragment. En les étudiant à la bibliothèque 
de Cheltenham, dont ils forment le n° 8025 [bis], M. Paul Durrieu a 
constaté que ce magnifique manuscrit, dont il ne subsiste plus que 
des débris, avait été offert au commencement du xvu e siècle par le 
cardinal Bernard Maciejowski, évêque de Cracovie, à Shah-Abbas le 
Grand, roi de Perse. Voyez la notice de M. Paul Durrieu dans la Diblio ♦ 
thèque de l’École des chartes, 1889, t. L, p. 386. 

« Les scènes représentées sur les quatre pages que nous possédons 
appartiennent à l’histoire d'Absalon. Je copie la légende qui est au bas 
de la page 3 : « Qualiter cum Ahsalon duobus annis patris faciem 
« non vidisset et bis misisset pro Joab ut eum ad patrem suum mit- 
• teret, illo non veniente ad se, misit servos suos qui messem ejus 
« incenderent. Quo damno motus, Joab venit ad Absalon, et ille eum 
« mittit ad Regem. » Ces feuillets, dont la marge supérieure a été fort 
rognée, sont hauts de 380 millimètres et larges de 300. — Ils avaient 
été exposés en 1882, au palais de l'Industrie, par M. Jules Maciet, qui 
a bien voulu les céder à la Bibliothèque nationale. Une traduction des 
légendes persanes par M. Schefer, membre de l’Institut, est jointe à 
ces précieux fragments. » 

Le feuillet, si heureusement retrouvé par M. Cockerell, se rapporte, 
comme le double feuillet de la Bibliothèque nationale, à l’histoire 
d'Absalon. 

Nous pouvons ajouter ici que, dans un article récemment inséré 
dans la Iiibliolhèque de l’École des chartes (année 1910, p. 33), 
M. Delachenal a décrit un manuscrit du Quadriparti de Ptolémée, 
en français, qu'il a reconnu correspondre à l'exemplaire inscrit sous 
le numéro 691 du catalogue des livres ayant appartenu à Charles V, 
que j'ai publié en 1907. 

L. Delisle. 


UN MANUSCRIT DE SAINT-MARTIN DE TOURS. 

A la liste des manuscrits disparus de la bibliothèque de Saint-Mar¬ 
tin de Tours, qui a été publiée par nos confrères M. Léopold Delisle 1 2 
et M. A. Collon 9 , il faut ajouter un petit pontifical, qui était au mois de 
mai 1906 entre les mains d’un libraire de Munich. Il a été élégamment 

1. Notices et extraits des manuscrits, t. XXXI, 1” partie, p. 324. 

2. Catalogue général des manuscrits, t. XXXV11, Tours, t. II, p. 1063. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


470 


CHBONIQOB ET MÉLANGES. 

copié vers le commencement du xiv* siècle, et la note suivante, en 
caractères du xv e , se lit au verso du dernier feuillet : 

Hoc Pontificale pertinet ad ecclesiam Beati Martini Turonen- 
sis. — j. Gallbran. 

Ce Jean Galleran est un dignitaire de l’église de Saint-Martin de 
Tours, qui s'est fait connaître par une note inscrite en 1464 à la fin 
d’un exemplaire de la Somme de Geoiïroi de Trani, ms. 571 de la 
bibliothèque de Tours : 

« Hec Summa Gaufredi data est michi Johanni Galleren, diocesis 
Leonensis in Britannia, canonico Beate Marie de Medunta, a subsco- 
lastico ecclesie beatissimi Martini Turonensis, ab eximiodoctore Mar- 
tino Chabot, ejusdem ecclesie Sancti Martini canonico ac scolastico. 
Teste signo meo manuali hic apposito anno Domini millesimo CCCC 
LXIIII. — J. Galleren. » 


UN MANUSCRIT 

AUX ARMES DU CARDINAL ANGLIC GRIMOARD. 

Au cours de recherches sur le cardinal Guido Bentivoglio (1579- 
1644), le célèbre historien Délia guerra di Fiandra , mon attention 
fut attirée sur le manuscrit 115 de la bibliothèque de Cambrai, signalé 
par Auguste Molinier en 1891 ( Catalogue des mss. des départements , 
t. XVII, p. 30) comme lui ayant probablement appartenu. C’est un 
ms. du xiv° siècle contenant des « prières à l’usage d’une congréga¬ 
tion ». Selon A. Molinier, le cardinal y aurait fait « ajouter » son bla¬ 
son. L’examen du manuscrit permet d’écarter dès l’abord cette hypo¬ 
thèse un peu aventureuse. Le blason que porte le manuscrit 115 de 
Cambrai est parfaitement contemporain de l’ensemble du volume. Sans 
s’arrêter à une certaine similitude avec celles des Bentivoglio, on ne 
peut hésiter à y reconnaître les armes des Grimoard : de gueules , au 
chef émanché de quatre pièces d’or. Elles sont ici sommées d’un 
chapeau de cardinal de forme très bombée, auquel sont rattachées deux 
cordelettes rouges terminées chacune par un gland unique. Le pape 
Urbain V (Guillaume Grimoard) n’ayant jamais été cardinal, il ne 
peut s’agir ici que de son frère Anglic Grimoard, nommé cardinal le 
18 septembre 1366 et qui mourut évêque d’Albano en avril 1388, après 
avoir été évêque d’Avignon. Son blason, identique à celui que porte le 
manuscrit, se voit encore aujourd’hui sur la tour du château ruiné de 
Barbentane dans le Comtat. 

Claude Cochin. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 


471 


LE NOUVEAU BULLETIN MENSUEL DU DEPARTEMENT 
DES IMPRIMÉS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE. 

Le Département des Imprimés de la Bibliothèque nationale a publié, 
de 1882 à 1908, un Bulletin mensuel des livres imprimés en France 
et entrés à la Bibliothèque. Dans chacun des fascicules de ce Bulle¬ 
tin, les ouvrages sont classés suivant l’ordre alphabétique des noms 
des auteurs, ou des titres pour les anonymes'. D’où, après vingt-sept 
années, en tenant compte de quelques Bulletins qui portent sur deux 
mois à la fois, environ deux cent soixante-dix listes alphabétiques. 
En vue d'y faciliter les recherches, on a constitué à la Bibliothèque 
même, à l’aide de découpures montées sur fiches, des répertoires par 
noms d’auteurs et par mots typiques de matières qui sont à la dispo¬ 
sition du public dans la salle de travail. 

Ces deux catalogues sont d’une utilité considérable pour les 
recherches dans l’intérieur de la Bibliothèque, mais on ne saurait voir 
en eux l'unique profit à tirer de la publication d’un recueil périodique. 
C’est pourquoi l'on s’est résolu en 1909, tout en continuant comme 
précédemment de faire des insertions annuelles dans les deux réper¬ 
toires précités, à présenter le Bulletin mensuel sous une forme plus 
accessible aux lecteurs et à donner aux volumes constitués chaque 
année par la réunion des douze fascicules une utilité bibliographique 
permanente. Pour réaliser cette nouvelle mise en valeur des accrois¬ 
sements de nos collections, deux mesures ont été appliquées au Bul¬ 
letin des récentes publications françaises : 1° classement des notices 
suivant un ordre méthodique qui rapproche les ouvrages traitant de 
sujets analogues ; 2° numérotation continue de ces mêmes notices en 
vue de joindre au Bulletin des tables annuelles, table par noms d’au¬ 
teurs, table par ordre de matières 1 2 3 . 

Le volume afférent à l’année 1909 est le résultat de cette expérience ; 
celui de 1910 a été commencé suivant la même méthode, avec l’espoir 
qu’après les tâtonnements du début, une forme définitive a été trou¬ 
vée pour les améliorations préconisées. 

1. A 1a suite des listes mensuelles d’ouvrages nouveaux 6ont des listes de 
livres anciens acquis ou reçus en don par la bibliothèque, ainsi que le cata¬ 
logue des accroissements en livres, cartes et plans de la section de géographie. 
Plusieurs de ces appendices sont consacrés à des collections spéciales; on en 
trouvera l'énumération dan6 l 'Annuaire des bibliothèques et des archives 
(1908), p. 196. 

2. Pour ne pas rompre l'ordre des numéros lors de la réunion des fascicules 
en volume, les listes de livres anciens (en deux séries : xv*-xvut* siècle et 

xix* siècle) et les listes de cartes et plans ont été isolées en deux appendices, 
pourvus chacun d’une pagination spéciale. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



472 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

Le cadre de classement du Bulletin a été inspiré dans ses grandes 
lignes par le cadre bibliographique suivant lequel les volumes sont 
répartis dans les collections de la Bibliothèque. II n’en pouvait être 
toutefois une simple copie, les différentes séries du Département des 
Imprimés n’ayant pas toutes fait l’objet de classements intérieurs. Les 
unes, par suite de la publication de catalogues méthodiques, com¬ 
portent de très nombreux chapitres et sous-chapitres*, que nous ne 
pouvions songer à reproduire tous dans le Bulletin; les autres, au 
contraire, par suite de l'interruption de ces mêmes catalogues métho¬ 
diques, comprennent, sans aucun groupement particulier, des matières 
assez diverses pour lesquelles nous avons dû créer des rubriques spé¬ 
ciales. 

Ce n’est pas à dire cependant que le classement nouveau ait influé 
en quoi que ce soit sur le choix des cotes affectées aux volumes. Les 
traditions ont à ce point de vue été rigoureusement respectées, afin de 
laisser à ceux qui sont suffisamment familiarisés avec le cadre de 
classement des collections la faculté de l’utiliser, afin aussi de ne 
troubler en rien les habitudes d’un personnel formé par la pratique. 

C’est ainsi que les ouvrages relatifs à l’histoire de France, tout en 
continuant d'être insérés dans l’un des quinze chapitres et neuf cent 
quatre sous-chapitres de la série L, affectée à l’Histoire de France, 
n’ont, dans le Bulletin, été répartis qu’entre cinq sections : 1° Géné¬ 
ralités; 2° Histoire chronologique; 3° Histoire et archéologie locales; 
4° Colonies ; 5° Biographies. 

C’est ainsi encore que les ouvrages de médecine, tout en continuant 
d’être cotés dans l'un des neuf chapitres et six cent quinze sous-cha¬ 
pitres de la série T, affectée aux Sciences, médicales, n’ont, dans le 
Bulletin , été classés que sous six rubriques : 1° Généralités et his¬ 
toire de la médecine; 2° Ouvrages spéciaux; 3° Hygiène et alimen¬ 
tation; 4° Hydrologie et climatologie; 5° Pharmacie; 6° Médecine 
vétérinaire. 

C’est ainsi enfin que les ouvrages concernant les divers pays d'Asie, 
d'Afrique et d’Amérique ont été comme précédemment catalogués 
dans les soixante-neuf sous-sections affectées à ces pays, mais n’ont, 
dans le Bulletin, été énumérés qu’en trois grands chapitres consacrés 
à chacune de ces trois parties du monde. 

Au contraire, les ouvrages relatifs à l’Histoire naturelle, par 
exemple, ont continué d’être catalogués indistinctement dans la série S, 
mais le Bulletin les a groupés sous les titres suivants : 1° Géolo- 

1. Ces catalogues n'ont été établis que pour les séries L (Histoire de France), 
N (Angleterre), O (Espagne et Portugal) O* (Asie), O s (Afrique), P (Amérique), 
P* (Océanie), T (Médecine), Y (Poésie) ; dans les séries que désignent les antres 
lettres de l’alphabet, il n'y a pas de subdivisions méthodiques. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


CHRONIQUE ET MRLiNGES. 473 

gie et paléontologie ; 2° Botanique ; 3° Zoologie ; 4° Agriculture ; 5° Éle¬ 
vage; 6° Pèche et Chasse; des sous-titres ont en outre permis de rap¬ 
procher les uns des autres les ouvrages relatifs à la sylviculture et les 
ouvrages relatifs à la viticulture. 

De même, les livres qui traitent de sciences mathématiques, de 
sciences appliquées, de finances, d’industrie, de commerce, de beaux- 
arts, d’art militaire, de navigation, de costume, de jeux et de sports 
ont comme précédemment été insérés dans la série V, qui englobe 
toutes ces matières, mais ils ont été présentés dans le Bulletin sous 
des rubriques correspondant à ces divers sujets ; des sous-titres ont 
même permis de grouper, dans les sciences mathématiques, les 
ouvrages d'astronomie; dans les sciences physique et chimique, les 
ouvrages d’électricité ou de photographie; dans l'industrie des trans¬ 
ports, les ouvrages traitant de locomotion aérienne. 

En résumé, si l’on a conservé pour la mise en ordre des volumes 
à la Bibliothèque toutes les pratiques antérieures, l’on a, dans le 
Bulletin , tenté d’obvier, par la simplification, à des sous-classements 
excessifs pour un recueil mensuel, et de suppléer, par la création 
de rubriques particulières, à des classements demeurés trop géné¬ 
raux. 

Les tables sont au nombre de trois. De la première, où sont men¬ 
tionnés les noms des auteurs, des éditeurs et des traducteurs, et de la 
troisième, où sont rappelés les titres des périodiques nouveaux, il n’y 
a rien à dire; la seconde, qui est la table des matières, nécessite 
quelques explications. Dans cette table, on a noté sous les mots les 
plus spéciaux les sujets traités dans chaque ouvrage; on y a en outre 
inséré quelques articles synthétiques correspondant aux divers sujets 
qui ont le plus sollicité l’activité des écrivains. Questions d'intérét 
général, comme les archives, l'armée, les bibliothèques, les beaux- 
arts, les congrès, l'enfance, les expositions, la femme, l'histoire de 
France, en particulier à l’époque de la Révolution, l’histoire de la 
langue et de la littérature, etc. ; — questions d’intérêt nouveau, comme 
l'assistance, la mutualité, la prévoyance sociale, la responsabilité 
légale, la séparation des églises et de l’État qui sont, par suite de 
lois récentes, devenues l'objet d’études nombreuses et variées; — 
questions enfin qui présentent surtout un intérêt d'actualité, comme 
la béatification de Jeanne d’Arc, la réforme électorale, le cinquante¬ 
naire des apparitions de Lourdes ou la neutralité scolaire, etc. Cette 
méthode synthétique n’a pu, à vrai dire, être absolument généralisée 
dans la table des matières; sous peine de donner à cette table une 
extension qui en eût rendu la publication impossible, il a fallu pour 
un certain nombre de rubriques du Bulletin se contenter de récapi¬ 
tuler simplement les numéros extrêmes correspondant à chacune 
d’elles dans les douze fascicules; mais, grâce à cette récapitulation, il 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



474 CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

sera encore aisé de retrouver rapidement tous les ouvrages traitant 
des mêmes matières. 

A ces modifications essentielles qu’a subies le Bulletin : classement 
méthodique mensuel et tables annuelles, l’on a joint quelques amé¬ 
liorations accessoires. C’est tout d’abord une périodicité rigoureuse, 
assurant chaque mois la mise en service des ouvrages entrés à la 
Bibliothèque au cours du mois précédent. C'est ensuite un choix plus 
large des ouvrages insérés au Bulletin et une diminution du nombre 
des pièces dites éliminables, qui ne font l’objet que de cartes manus¬ 
crites inaccessibles au public. 

Cette dernière mesure a été inspirée par deux motifs : le premier 
est l’état d’avancement du Catalogue général, qui nous oblige à 
fournir un supplément imprimé de ce catalogue ; le second est le souci 
que nous avons de ne laisser en dehors du Bulletin aucune publica¬ 
tion susceptible d’intéresser les travailleurs et d’y faire entrer soit des 
ouvrages jadis éliminés, mais qui empruntent aux circonstances une 
signification jusqu’alors inconnue, soit des ouvrages jusqu’ici négligés, 
mais dont le public souligne l’intérêt par des demandes de communi¬ 
cation de plus en plus fréquentes. C’est ainsi que nous avons été 
amené, pour les auteurs dont les noms commencent par l’une des 
premières lettres de l’alphabet, à admettre des éditions nouvelles sans 
grande valeur originale qui eussent précédemment été omises; c’est 
ainsi encore que nous avons ouvert le Bulletin, où ils ne trouvaient 
qu’exceptionnellement place, aux mandements épiscopaux, dont l’in¬ 
térêt est singulièrement accru par la situation actuelle de l’Église ; aux 
catalogues de ventes de bibliothèques et de collections artistiques qui 
décrivent des livres et des objets particulièrement remarquables, ou 
fournissent aux historiens de l’art une précieuse documentation illus¬ 
trée; à des écrits de circonstance, même de peu de portée apparente, 
qui fourniront plus tard un reflet fidèle des préoccupations de notre 
époque; aux recueils de lois, décrets, instructions et circulaires con¬ 
cernant l’armée et la marine, fréquemment réimprimés il est vrai, 
mais dont chaque édition nouvelle comporte une mise à jour qui 
annule les éditions antérieures, dont chaque édition nouvelle aussi 
est fort difficile à rechercher dans un catalogue d’anonymes rigoureu¬ 
sement classé par le premier mot des titres. La musique aussi a vu 
sensiblement s'élargir les règles qui présidaient aux choix pour inser¬ 
tion dans le Bulletin, le développement même de la production musi¬ 
cale nous y a incité. A côté des méthodes en tous genres, à côté des 
œuvreB des maîtres contemporains et des grandes partitions, nous 
avons dû faire une place nouvelle à des rééditions d’œuvres anciennes, 
aux adaptations musicales faites sur les paroles de nos vieux auteurs, 
voire de nos poètes du moyen âge 4 . Nous noterons enfin la mention 

1. Les morceaux de musique susceptibles d'ètre mentionnés dans le Bulletin 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



475 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

dans le Bulletin , soit de livres entrés dans les autres départements 
de la Bibliothèque, par don ou acquisition, soit de recueils de fac- 
similés de manuscrits, d’albums de dessins ou de reproductions en 
tous genres qui ont normalement enrichi les collections du Départe¬ 
ment des Manuscrits et du Département des Estampes. Ces indica¬ 
tions n’ont pu être fournies que gr&ce à l’obligeant et très régulier 
concours qu'ont bien voulu nous prêter les conservateurs chefs de 
ces services. 

En dépit de l’accession plus large que nous avons ménagée à des 
ouvrages précédemment éliminés, nous n’avons cependant pas pu ou 
pas cru devoir comprendre dans le Bulletin la totalité des ouvrages 
sortis des presses de nos imprimeurs et entrés à la Bibliothèque par 
le dépôt légal. Des considérations financières et l’obligation de res¬ 
pecter les règles bibliographiques en usage nous ont empêché de repro¬ 
duire les titres des nombreuses thèses de doctorat en médecine publiées 
chaque année. Ces thèses forment une série spéciale, caractérisée par 
la lettre Th et classée par universités; elle est toujours restée en 
dehors des catalogues généraux imprimés de la Bibliothèque, même 
de celui des sciences médicales, et elle doit faire ultérieurement l’ob¬ 
jet d’un catalogue spécial. Toutefois, les thèses dont il nous est par¬ 
venu des exemplaires pourvus du titre de l’édition commerciale, ainsi 
que les thèses de pharmacie, qui restent en dehors de la série Th, ont 
pu sans inconvénient être comprises dans nos listes de livres nou¬ 
veaux. On ne trouvera pas non plus dans le Bulletin les suites de 
revues hebdomadaires, mensuelles, ou même de recueils annuels, soit 
parce que le premier volume en a été précédemment annoncé, soit 
parce que la collection dont la tête remonte à bien des années en deçà 
de la création du Bulletin sera signalée dans un inventaire spécial 
actuellement en préparation 1 . 

Pour des motifs divers, sur lesquels il serait superflu de s’étendre, 
nous avons aussi continué d'éliminer les réimpressions de livres clas¬ 
siques et d’ouvrages de piété, les réimpressions pures et simples d’où- 

étaient, jusqu’à ce jour, seuls catalogués au fur et à mesure de leur entrée à la 
Bibliothèque. Afin de ne pas laisser grossir sans cesse un fonds ancien en cours 
d’inventaire (série Vm) et pour nous permettre de cataloguer immédiatement 
toutes les œuvres musicales nouvelles, qu’elles dussent ou non figurer au Bul¬ 
letin, il a été créé un nouveau fonds de la Musique (séries Fol. Vm et 4* Vm), 
dans lequel ont été versées toutes les publications nouvelles. Cette opération 
n’a pu être effectuée régulièrement que grâce au concours compétent que nous 
a prête M. Tulou, sous-bibliothécaire. 

1. Pour les sociétés savantes et l'analyse détaillée de leur publication, on 
peut consulter la Bibliographie annuelle, que nous publions depuis 190t avec 
M. de Lasteyrie, sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique, et qui 
fait suite à la Bibliographie générale de* travaux de* Société* savantes 
aujourd’hui presque achevée. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



476 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

vrages divers, dont les éditions antérieures ne remontent qu’à peu 
d’années et ont été déjà mentionnées; les comptes-rendus de sociétés 
financières, industrielles et commerciales, les scénarios de cinémato¬ 
graphes, les chansons, les prospectus, les catalogues commerciaux, 
les affiches, les bulletins et almanachs paroissiaux. La plupart de ces 
pièces sont réparties à la Bibliothèque dans des recueils factices clas¬ 
sés suivant un ordre approprié à la nature des documents qu’ils ren¬ 
ferment. 

L'élimination raisonnée d'une partie, somme toute assez faible, des 
apports hebdomadaires du dépôt légal est compensée par la place qui 
est faite à des apports d'autre provenance et qui constituent pour les 
collections de la Bibliothèque une très précieuse source d’accroisse¬ 
ments. Nous voulons parler des acquisitions, des dons des particuliers 
et des éditeurs, dons spontanés ou officieusement sollicités, des envois 
faits par les ministères, par les établissements publics, par les grandes 
institutions scientifiques, du prélèvement que nous sommes admis à 
opérer dans le rebut des postes et qui n’est pas sans nous ménager 
des surprises, des envois surtout du service des échanges universi¬ 
taires, qui nous procure chaque année d’importantes thèses de docto¬ 
rat ès lettres, ès sciences ou en droit, dont le dépôt légal n’a pas été 
effectué. Tous les livres qui arrivent à la Bibliothèque par ces voies 
diverses font l’objet d’une vérification, et s'ils ne sont pas reconnus 
doubles, les titres en sont mentionnés au Bulletin, marqués d'une 
étoile pour en indiquer la provenance non officielle. Leur nombre, en 
1909, a dépassé 1,500, dontenviron 300 thèses sur un total dell, 812 ou¬ 
vrages nouveaux dont nous avons imprimé les titres. 

Plusieurs fonctionnaires de la Bibliothèque ont contribué à la pré¬ 
paration du Bulletin. Ce sont, pour le travail préliminaire de numé¬ 
rotation des volumes, MM. H. Lemaître et G. Tulou, sous-bibliothé¬ 
caires, P. Fontana et A. Martin, attachés au bureau du Catalogue; 
pour la rédaction des fiches, MM. H. de Roux, C. Anchier, M. Gruny, 
E. Dacier et A. Rastoul, bibliothécaires; pour la révision des fiches 
sur les volumes et la table des matières, M. M. Gruny, dont le concours 
nous a été particulièrement utile; pour la rédaction de la table des 
auteurs, M. M. Roux, attaché au bureau du Catalogue; M. W. Vien- 
not, bibliothécaire principal, chargé du service de la Réserve, a bien 
voulu rédiger les notices des livres anciens. 

A. Vidier. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 


477 


CONSEILS PRATIQUES 

RELATIFS A LA PHOTOGRAPHIE DES MANUSCRITS. 

Sous ce titre, M. Karl Rieder publie dans la Zentralblatt fur 
Bibliothehswesen (livraison de mai 1910, p. 215-217) diverses obser¬ 
vations sur la photographie des manuscrits qu’il est intéressant de 
faire connaître à ceux qui, de plus en plus nombreux, se préoccupent 
de cette question. 

Krumbacher, dans un livre excellent intitulé la Photographie au 
service des sciences intellectuelles (Leipzig, 1906), a décrit l’appa¬ 
reil avec prisme à renversement, qui est le plus commode pour la 
reproduction rapide des documents mais aussi le plus coûteux. L’em¬ 
ploi des rouleaux de pellicules qu'il préconise exige certains soins pour 
éviter de bouger l’appareil ou de déchirer le rouleau, et ne permet pas 
le développement d'une épreuve isolée. De plus, l’opposition des noirs 
et des blancs n'est pas toujours suffisamment ménagée; cet inconvé¬ 
nient peut être néanmoins évité par l'usage d’un papier bien choisi et 
par des précautions dans le développement. 

M. Rieder oppose au système de M. Krumbacher les résultats de 
son expérience personnelle : 1° Il conseille l'emploi de l’appareil à pied 
ordinaire 13X18, avec bon objectif, qui est d’un prix bien inférieur. — 
2° Au lieu du coûteux prisme à renversement, on peut se contenter d’un 
miroir ordinaire, qui n'a pas besoin d’être maintenu devant l'appareil 
à l’aide d’un support embarrassant : on pourra utiliser à cet effet un 
petit miroir monté sur une boîte de carton qu’on dispose devant l’ob¬ 
jectif de la même manière que le prisme*. — 3° Au lieu du grand et 
incommode châssis à rouleaux, il vaut mieux se servir de l’adapteur 
Reicka (marque Wünscbe); c’est le plus facile à manier et le plus 
léger. Les châssis Reicka 13 X 18 se chargent de papier et il est facile 
de transporter cinquante châssis avec l’appareil. On aura de la sorte 
l’avantage de pouvoir développer chaque feuille séparément. — 
4° Comme papier à développer, il ne paraît pas avantageux d’employer 
le « Bromarytpapier » de la « NPG.-Gesellschaft » de Berlin, ni le 
papier au bromure d’argent de la marque Kodak. Les meilleurs papiers 
sont le « Gaslichtpapier » et surtout le « Satrappapier » marque K. 
Pour obtenir de bons résultats, il faut se servir d’un révélateur appro¬ 
prié : le meilleur est l’adurol très concentré. Le métol-hydroquinone 
n’est pas aussi efficace. Le temps de pose varie du simple au triple 
suivant qu’on fait usage de ce papier ou du « Bromarytpapier >, mais 

1. Voy. E. Wiedemann, dans Zentralblatt für Biblinlhekswesen, t. XXIII 
(1906), p. 247. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



478 


CHK0N1QUE ET MELANGES. 

le défaut de temps de pose peut être compensé par une plus grande 
ouverture du diaphragme. Plus sensible que le < Satrappapier > est 
le papier au bromure d’argent de Gustave Schàufïellen (Barybromid 
Sorte III, brillant), qui produit aussi de bons résultats, avec une 
durée de pose moins longue, et surpasse de beaucoup le papier au bro¬ 
mure d’argent de la Société NPG. La durée du temps de pose est 
réduite d’un tiers environ avec l’emploi de ce papier. 

L’emploi du miroir, au lieu du prisme, peut donner matière à discus¬ 
sion. Les conseils pour le choix d’un petit appareil et des marques 
Wünsche, Satrap et SchâufTellen n’en sont pas moins à retenir, car 
ils émanent d’un praticien fort bien renseigné. 

Ph. Lauer. 


TABLE DU « JOURNAL DES SAVANTS *. 

Depuis la table développée et compliquée, publiée en 1860 par notre 
confrère M. Hippolyte Cocheris, le Journal des savants n’offrait 
aucun moyen de se retrouver rapidement dans la masse des articles 
qui y ont été donnés sur les sujets les plus divers par tant d’écrivains 
considérables. Au moment où le Journal a cessé d’être l’organe de 
l’Institut tout entier pour passer sous la direction exclusive de l’Aca¬ 
démie des inscriptions, il a paru opportun de mettre aux mains des 
travailleurs le répertoire qui leur manquait. C'est encore à un de nos 
confrères, M. Jean Tissier, bibliothécaire-archiviste de Narbonne, que 
le Comité de rédaction s’est adressé pour ce travail. La nouvelle 
Table analytique des articles du « Journal des savants » (Paris, 
Hachette, 1909, in-4°, 62 p.) n'a pas été conçue sur un plan aussi vaste 
que le travail antérieur de Cocheris. On s’est contenté d’une simple 
table alphabétique, réunissant dans une seule série les auteurs et les 
matières. Les articles en grand texte sont répertoriés : 1° au nom de 
l’auteur de l’article; 2° au nom de l’auteur de l’ouvrage recensé; 3° au 
nom de l’éditeur pour les textes inédits; 4° au mot type du sujet 
traité. Les articles en petit texte ne sont mentionnés qu'au nom de 
l’auteur du livre recensé. 

E.-G. L. 


INDEX DU « MERCURE DE FRANCE » 

(1672-1832). 

f 

Sous ce titre, M. Etienne Deville vient de faire paraître, en un élégant 
volume petit in-4° de xl et 268 pages, un répertoire auquel auront à 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



479 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

recourir souvent et utilement les historiens et les archéologues. Cet 
Index ne fait pas double emploi avec l’Indicateur du Mercure de 
France publié en 1869 par Joannis Guigard; ce n’est pas non plus un 
répertoire de tous les noms cités dans le Mercure. M. Étienne Deville 
a très sagement limité son cadre en n’admettant dans cet Index que 
les références offrant un caractère documentaire sur les beaux-arts en 
général, l’archéologie monumentale, l’antiquité, les académies, les 
artistes, les collections et collectionneurs, l’iconographie religieuse et 
profane, les fêtes et solennités, les arts mineurs : céramique, vitraux, 
imprimerie et art du livre, modes et costumes, etc. C’est le premier 
volume, — qui fait bien augurer des suivants, — d’une série de 
« Publications pour faciliter les études d’art en France », entreprises 
sous le patronage d’un généreux Mécène, M. Jacques Doucet, dont on 
connaît la riche bibliothèque d’art et d’archéologie, 19, rue Spontini. 

En même temps que cet Index du Mercure de France, et dans la 
même collection, a paru le l" r fascicule d’un Répertoire d'art et 
d’archéologie qui donnera périodiquement, tous les trois mois, le 
dépouillement complet des revues spéciales d'art et d’archéologie édi¬ 
tées en France et à l’étranger. Il est inutile d’insister sur l’utilité de 
ce Répertoire, parmi les rédacteurs duquel nous relevons les noms 
de plusieurs de nos confrères, MM. Marcel Aubert, Amédée Boinet, 
Pierre Colmant, Émile Dacier et Fernand Mazerolle. 


EPHEMERIS CAMPANOGRAPHICA. 

Sous ce titre, notre confrère M. Joseph Berthelé vient de créer un 
recueil trimestriel (Montpellier, Louis Valat, in-8°, 10 fr. par an) dans 
lequel il se propose, nous dit-il, « de continuer, par fascicules pério¬ 
diques, les publications de notes, études, inscriptions et documents 
campanaires que nous avons commencées, il y a vingt ans et même 
plus, dans nos Recherches pour servir à l’histoire des arts en Poi¬ 
tou, que nous avons poursuivies depuis, selon les circonstances, dans 
le Carnet de voyage d’un antiquaire poitevin, les Enquêtes cam¬ 
panaires, les Mélanges, l’Exploration campanaire du Périgord , 
les Opuscules campanaires, que nous poursuivons d'autre part, à 
l’heure actuelle, dans les Archives campanaires de Picardie etdans 
les Anciens textes campanaires du département de l’Hérault. 
Notre programme reste toujours le même et, comme précédemment, 
nous mènerons de front la campanographie ancienne et la campano- 
graphie moderne ». 

L ’Ephemeris campanographica sera à la fois un recueil d’inscrip¬ 
tions et de documents relatifs à l’histoire industrielle et commerciale 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


480 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

des cloches. Une chronique signalera les publications campanogra- 
phiques parues ou à paraître. Les deux premiers fascicules du recueil 
portent les dates de mars et de juin 1910; nous y signalerons plus par¬ 
ticulièrement les articles suivants : fasc. 1, la Cloche gothique de 
Marines et la technique campanaire romane; le Dindin de Solre- 
le-Chàteau; fasc. 2, la Cloche gothique de Chanteloup; la Cloche 
de Tourrettes-lès-Vence et la paléographie campanaire gothique; 
Une sonnaille en fer , au XII e siècle, dans une chapelle rurale 
espagnole. 

E.-G. L. 


ATLAS PITTORESQUE DE LA FRANCE. 

Sous les auspices de la Société de géographie, M. Onésime Reclus, 
avec l’aide de nombreux collaborateurs régionaux, dirige la publica¬ 
tion, à la librairie Attinger frères, d’un Atlas pittoresque de la 
France , où les archéologues trouveront un très grand nombre de 
reproductions des monuments les plus célèbres de nos antiques pro¬ 
vinces. Dix fascicules de cet Atlas ont déjà paru, qui contiennent les 
départements de l’Ain, Aisne, Allier, Alpes (Hautes et Basses), Alpes- 
Maritimes, Ardèche, Ardennes, Ariège, Aube, Aveyron, Belfort 
(Territoire de), Bouches-du-Rhône, Calvados, Cantal, Charente, 
Charente-Inférieure, Cher, Corrèze, Corse et Côte-d’Or. 


Bon k tirer, 16 septembre 1910. 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




MATÉRIAUX POUR L’ÉDITION 


DE 

GUILLAUME DE JUMIÈGES 

PRÉPARÉE PAR JULES LAI R 

MKvnne dr l’institut 

PRÉFACE DE LEOPOLD DEIJSLE 1 

V R VI B fl R DR L’INSTITUT 


L’étude des sources de l’ancienne histoire de Normandie fut 
le premier sujet sur lequel se porta l'attention de Jules Lair 
aussitôt après son entrée à l’Ecole des chartes. La thèse qu’il 
soutint en 1858 pour obtenir le diplôme d’archiviste paléographe 
était intitulée : « Etude critique sur la vie et l’ouvrage de Dudon 


I. Madame Jules Lair, |>our honorer la mémoire de son mari et commémorer le 
souvenir des excellentes et trop courtes relations qu'il avait eues avec l'Aca¬ 
démie des inscriptions, décida de faire exécuter la reproduction des deux 
manuscrits qui sont la base de l'édition de Guillaume de Jumièges, édition 
dont Jules Lair s'était beaucoup occupé dans sa jeunesse. On ne |>ourra plus 
préparer une édition de cet auteur sans avoir sous les yeux la double repro¬ 
duction que nous devons à la générosité de Madame Lair et qui est intitu¬ 
lée : Matériaux pour l'édition de Guillaume de Jumièges préparée par Jules 
Lair. [Paris,] 1910. In-fol., 44 p. et 120 planches en photolypie. Malheu¬ 
reusement, ce beau livre sera toujours très rare. U n'en a été tiré que cent 
dix exemplaires, dont cinquante destinés aux membres de l'Académie des 
inscriptions. Aussi nos confrères et lecteurs seront-ils reconnaissants & Madame 
Jules Lair d'avoir bien voulu autoriser la reproduction dans la Bibliothèque de 
l'École des chartes de la savante préface dont notre très regretté maitre Léo¬ 
pold Delisle a fait précéder ce recueil. Cette élude sur les manuscrits d'Or- 
deric Vital et de Robert de Torigni aura été le dernier travail qu'il lui ait 
été donné de voir paraître et il achevait, l avant-veille de sa mort, la prépa¬ 
ration de cette réimpression, & la tin de laquelle il a pris soin d'ajouter un 

1910 31 



Digitized by Google 



482 


MATERIAUX POCR l^oition 


de Saint-Quentin : De Moribus et actis primorum Norman- 
niæ ducum libri très 1 . » 

Le succès de l’ouvrage, que la Société des Antiquaires de 
Normandie s’empressa d’adopter 2 , et qu’elle publia dans ses 
Mémoires 3 , décida l’auteur à s’engager résolument dans la 
voie où il avait fait un brillant début. Une édition de Guillaume 
de Jumièges était réclamée depuis longtemps en Angleterre, 
avec autant d’impatience qu’en Normandie. Mais le nombre des 
manuscrits qui nous en ont transmis le texte et l’enchevêtre¬ 
ment des copies qui en furent faites au xn* siècle dans les 
abbayes anglo-normandes exigeaient une longue et difficile pré¬ 
paration. Les manuscrits qu'il fallait examiner minutieusement 
pour établir l’édition sur une base solide étaient dispersés en 
France et à l’étranger, et, plus d’une fois, pour se dédommager 
de l’insuccès d’une fouille, Lair se laissa séduire en entrevoyant 
l’apparence d’une intéressante trouvaille à faire dans un des 
manuscrits qui lui passaient par les mains. C’est ainsi qu’il fut 
amené à découvrir plusieurs pièces très importantes du xn a siècle, 
non encore signalées, et à leur assigner le rang que, grâce à lui, 
elles occupent aujourd’hui dans l’historiographie française. 
Telle une page de Suger, qui est venue s’ajouter à l’œuvre his¬ 
torique jusqu’alors connue du ministre de Louis VI et de 
Louis VII 4 . Tel aussi un recueil de notes, dont doivent tenir 
grand compte les critiques qui s’intéressent à l’élaboration pre¬ 
mière de nos chroniques nationales dans l’abbaye de Saint- 
Denis 5 . Nous ne devons pas regretter ces digressions, quoi¬ 
qu’elles aient dû retarder l’édition de Guillaume de Jumièges. 

tableau de concordance, qui permet de se reporter d’un passage de l'édition 
d’André Duchesne au texte correspondant de la reproduction du manuscrit 
d'Orderic Vital et de celui de Robert de Torigni. 

1. École impériale des chartes. Thèses soutenues par les élèves de la pro¬ 
motion 1851-1858, pour obtenir le diplôme ([archiviste paléographe (Paris, 
1858), p. 29-33. 

2. La Société le couronna dans la séance du 25 novembre 1858. 

3. 3* série, 3* volume, XXXIII* volume de la collection, 2* partie, livraison 
unique. Paris, septembre 1865, in-4*, 317 p. 

4. Fragment inédit de la Vie de Louis Vil , préparée par Suger, dans la 
Bibliothèque de [École des chartes, t. XXXIV, 1879, p. 583-596. 

5. Mémoire sur deux chroniques latines composées au XII* siècle à l'ab¬ 
baye de Saint-Denis, dans la Bibliothèque de f École des chartes, t. XXXV, 
1880, p. 543-580. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GOILLADMB DE JDM1ÈGES. 


483 


On n’en saurait dire autant de la catastrophe de l'incendie 
des Magasins généraux (mai 1871), qui, en détruisant le cabi- 
binet de J. Lair, a fait disparaître le fruit de travaux déjà avan¬ 
cés, et même un ancien manuscrit, dont la perte a été irré¬ 
parable 1 . 

Après ce malheur, l’activité de notre ami redoubla, et, pen¬ 
dant les trente-cinq dernières années de sa vie, le travail du 
savant ne fut pas moins fécond que celui de l’homme d’aflaires. 
Malgré les travaux de toute espèce qui, encore plus que par le 
passé, absorbaient ses journées tout entières, il se réservait 
pour l’étude les soirées, souvent prolongées jusqu’à une heure 
avancée de la nuit. Mais l’histoire du moyen âge n’était plus 
seule à fixer son attention. Elle eut à compter avec une rivale 
très attrayante et non moins exigeante : l’histoire moderne. 
Après les années consacrées à M lle de La Vallière et au surin¬ 
tendant Foucquet, il résolut de mettre les dernières années de 
sa vie au service du cardinal de Richelieu, dont la Société de 
l’Histoire de France l’avait chargé de diriger et de contrôler 
l’édition des Mémoires. 

A côté de ces grands personnages, un simple moine de l’ab¬ 
baye de Jumièges, contemporain de Guillaume le Conquérant, 
faisait assez triste figure. M. Jules Lair ne l’avait cependant pas 
oublié, et la Société de l’Histoire de Normandie nourrissait tou¬ 
jours l’espoir de mettre prochainement sous presse l’édition 
qu’elle s’applaudissait d’avoir à publier. Une mort imprévue a 
fait évanouir son espérance et celle de toutes les compagnies 
savantes aux travaux desquelles notre ami avait donné un con¬ 
cours si efficace et si dévoué. 

Madame Jules Lair, qui partageait tous les goûts de son mari 
et dont le principal souci est de contribuer à l’achèvement de 
travaux si lamentablement interrompus, a pensé qu’elle pourrait 
contribuer à acquitter une dette envers les vieux historiens nor¬ 
mands, dont les noms avaient souvent retenti à ses oreilles et 
qui semblaient devoir rester associés au nom qu’elle porte si 
dignement. Elle a bien voulu me charger de préparer une publi¬ 
cation qui doit rendre inséparables le nom de Jules Lair et celui 

1. Manuscrit de l'&bbaje de Saint-Érronl, n* 20 de 1a bibliothèque d’Alençon, 
qui contenait les livres V, VI et VII de l’ouvrage de Guillaume de Jumièges. 
Voir la préface de l'édition d’Orderic Vital, t. I, p. u, lxxi et lxxiv. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



484 


MATERIAUX POUR L'ÉDITION 


de Guillaume de Jumièges. Grâce à elle, la phototypie rendra 
impérissables les deux manuscrits qui nous ont transmis, sous 
la forme d’exemplaires originaux, les prototypes des deux prin¬ 
cipales familles de l’œuvre de Guillaume de Jumièges. 

Ces deux manuscrits ont d’ailleurs un singulier mérite, que 
Jules Lair a hautement apprécié : ils sont l’un et l’autre l’œuvre 
des deux plus grands historiens du xu* siècle que la Norman¬ 
die peut revendiquer. 

L’un, jadis conservé dans l’abbaye du Bec, aujourd’hui dans 
la bibliothèque de l’Université de Leyde, contient l’exemplaire 
original de l’ouvrage de Guillaume de Jumièges, tel que le texte 
en fut définitivement arrangé et complété par le célèbre abbé du 
Mont-Saint-Michel, Robert de Torigni. 

L’autre, aujourd’hui possédé par la bibliothèque de Rouen, 
vient de l’abbaye de Saint-Ouen, qui le tenait de l’abbaye de 
Saint-Evroul, où il avait été écrit par la main même d’Orderic 
Vital, un des historiens les plus remarquables du xii® siècle, que 
Jules Lair tenait en grand honneur. Notre ami avait eu la 
bonne fortune de rencontrer un grand portrait que les reli¬ 
gieux de la congrégation de Saint-Maur avaient fait exécuter 
pour l’abbaye de Saint-Evroul en l’honneur d’un écrivain qui 
fut une des gloires de l’ordre de saint Benoît. Il est aujourd’hui 
le principal ornement de la bibliothèque normande de Madame 
Jules Lair, qui a voulu que la présente publication fût à la fois 
un monument consacré à la mémoire d’Orderic Vital, en même 
temps qu’à celle de Guillaume de Jumièges. Pour mieux répondre 
à ses intentions, nous avons fait entrer dans cette collection de 
reproductions phototypiques quelques pages de manuscrits qui, 
comme le Guillaume de Jumièges de Saint-Ouen de Rouen, sont 
de la main d’Orderic Vital. 

Madame Lair a dédié la phototypie des deux principaux 
manuscrits de Guillaume de Jumièges à l’Académie des inscrip¬ 
tions et belles-lettres, en souvenir de l’affectueux accueil que 
son mari trouva dans cette Compagnie depuis le jour de son 
élection (24 mai 1901) jusqu’à sa mort. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JUMIÈGES. 


485 


I. 

Notes sur les manuscrits autographes 

d’Orderic Vital. 

Orderic Vital, né en Angleterre le 16 février 1075, moine de 
Saint-Évroul en Normandie depuis 1085, n’est pas seulement un 
des chroniqueurs les plus originaux et les plus véridiques du 
xiT siècle ; nous avons, de plus, le droit d’inscrire son nom sur 
la liste des plus habiles, des plus exacts et des plus actifs 
copistes du moyen âge. Quoiqu’il n’ait signé aucun des manus¬ 
crits qu’il a exécutés ou révisés, en tout ou en partie, on a pu 
reconnaître sa main dans les débris de la bibliothèque de Saint- 
Evroul, dispersés les uns à Paris, sur les rayons de la Biblio¬ 
thèque nationale, les autres en Normandie, dans les bibliothèques 
d’Alençon et de Rouen. On peut ainsi lui faire honneur de 
tout ou d’une partie d’au moins dix manuscrits, que nous allons 
passer en revue. 

Les détails qu’Orderic a consignés dans son Histoire ecclé¬ 
siastique prouvent quelle importance il attachait à l’art des 
copistes. Il a longuement parlé de l’école que le premier abbé 
de Saint-Évroul, Thierri de Mathonville, avait fondée dans son 
abbaye. Pour encourager les jeunes copistes, nous dit Orderic 
Vital, Thierri aimait à leur raconter l’histoire du moine qui fut 
sauvé, dit-on, pour avoir copié un gros volume. Au tribunal du 
souverain juge, on avait compté, d’une part, le nombre des 
fautes commises par le religieux, de l’autre, le nombre des 
lettres qu’il avait tracées. Le dernier nombre l’emporta d’une 
seule unité, qui fit pencher la balance du côté delà miséricorde 1 . 
Au même endroit, nous trouvons l’énumération des élèves de 
Thierri de Mathonville, qui était lui-même un remarquable écri¬ 
vain, comme Orderic Vital nous l’apprend, dans le paragraphe 
où il parle des travaux du maître et des disciples qui avaient 
formé le premier fonds de la bibliothèque de Saint-Évroul : 

Ipse Teodericus scriptor erat egregius, et inclyta insitæ sibi artis 
monimenta reliquit Uticanis juvenibus. Collectaneum enim, et Gra- 

1. Orderic Vital, édit. Le Prévost, t. II, p. 49. 


« 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



486 


MATTEI AUX POÜB L'ÉDITION 


dale ac Antiphonarium propria manu in ipso cœnobio conscripsit... 
Ex ejus etiam schola excellentes librarii, id est Berengarius, qui 
postmodum ad episcopatum Venusiæ provectus est, Goscelinus et 
Rodulfus, Bernardus, Turchetillus et Ricardus aliique plures pro- 
cesserunt, qui tractatibus Hieronymi et Augustini, Ambrosii et Isi- 
dori, Eusebii et Orosii aliorumque doctorum bibliothecam Sancti 
Ebrulfl repleverunt, et exemplis suis ad simile studium secuturam 
juventutem salubriter exhortati sunt*. 


Plus loin, à l’occasion de la promotion de Bérenger aux 
dignités d’abbé et d’évêque de Vénose, Orderic ne manque pas 
de rappeler que cet aqcien moine de Saint-Évroul était un écri¬ 
vain distingué (scriptor prœcipuus) 1 2 et qu’il excellait à lire, 
à chanter et à écrire (peritia legendi, et canendi optimeque 
sciHbendi fl&ruit ) 3 . 

Orderic Vital était lui-même un excellent calligraphe, et à ce 
titre son nom aurait pu passer à la postérité, lors même qu’il 
n’aurait pas mérité d’être cité comme un des plus recomman¬ 
dables historiens du moyen âge. Nous possédons, en effet, à la 
Bibliothèque nationale et dans les bibliothèques d’Alençon et de 
Rouen une dizaine de manuscrits qui attestent son talent 
d’écrivain. 

En voici la liste : 


I. Mss. latins 5506, t. I et t. II, et 10913 de la Bibl. nat. — 
Histoire ecclésiastique d’Orderic Vital. — (Planches 1 et 
2 de l’Appendice.) 

II. Ms. de Rouen, n° 1174. — Guillaume de Jumièges. — 
(Reproduit ci-dessous.) 

III. Ms. latin 10062 de la Bibl. nat. — Annales de Saint-Évroul 

et Catalogue de la bibliothèque de cette abbaye. — 
(Planche 4.) . 

IV. Ms. latin 6503 de la Bibl. nat. Fragments divers. — 

Légende des danseurs saxons. — (Planche 3.) 

V. Ms. d’Alençon, n° 1. — Les Prophètes. — (Planche 5.) 

VI. Ms. d’Alençon, n # 6. — Vie de saint Laumer, etc. — 

(Planche 6.) 


1. Orderic Vital, édit. Le Prévost, t. II, p. 47 et 48. 

2. Ibid., p. 85. 

3. Ibid., p. 90. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JUMIEGES. 


487 


VII. Ms. d’Alençon, n° 14. — Vie de saint Ethelwold, etc. — 

(Planche 6 bis.) 

VIII. Ms. d'Alençon, n° 26. — Daniel et ouvrages des Pères. — 

(Planche 7.) 

IX. Ms. de Rouen, n° 1343. — Bède, Sulpice-Sévère, etc. — 
(Planche 8.) 

Nous devons dire quelques mots de chacun de ces manuscrits. 



Manuscrits latins 5506, t. I et t. II 1 , et 10913 de la Biblio¬ 
thèque nationale. — Histoire ecclésiastique d’Orderic 
Vital. 

C’est le prototype de tous les manuscrits de Y Histoire ecclé¬ 
siastique d’Orderic, celui dont tous les autres sont dérivés. Il 
consiste en trois volumes. Dans le premier ont été copiés les 
livres I et II. Dans le deuxième se trouvent les livres III-VI. Le 
troisième contient les livres IX-XIII, en tète desquels ont été 
reliés les quatre premiers feuillets du livre VII. Le livre VIII a 
disparu tout entier. Il y a une lacune dans le livre XIII, depuis les 
mots : tentoria cum vestibus..., jusqu’aux mots : qui intus mé¬ 
dia interibant (édition, t. V, p. 116,1. 7, jusqu’à la p. 122,1.10). 

Ces trois volumes doivent être placés en première ligne sur 
la liste des livres écrits de la main de l’auteur. Ils sont restés 
pendant tout le moyen âge dans l’abbaye même où Orderic avait 
composé cet ouvrage. Les deux premiers tomes passèrent au 
xvn e siècle dans la bibliothèque d’un bibliophile rouennais, 
Mareste d’Alge, puis dans celle de Colbert, et arrivèrent en 1732 
dans celle du Roi. Le troisième ne sortit de l’abbaye de Saint- 
Evroul qu’au moment de la Révolution pour entrer dans la 
bibliothèque d’Alençon, qui s’en dessaisit en 1847 par voie 
d’échange, pour rejoindre à la Bibliothèque nationale les deux 
premiers. Ces trois volumes constituent un exemplaire original 
et présentent bien tous les caractères d’une œuvre autographe. 

On y remarque sur les marges et dans les interlignes nombre 
d’articles additionnels ou de corrections. A plusieurs endroits, 

1. Voir à l’Appendice planches 1 et 2. 





488 


matériaux pour l'édition 

des grattages du parchemin ont été assez soigneusement exécu¬ 
tés pour permettre de substituer une rédaction nouvelle à la 
rédaction primitive. Toutes ces modifications ont été insérées 
dans les trois volumes de l’ouvrage par la main qui a copié le 
texte même de ces volumes. Le caractère des additions est 
absolument le même que celui du manuscrit à l’état primitif : 
c’est une assez grosse minuscule, à la fois élégante et ferme, 
très facile à reconnaître quand on en a analysé les traits et 
qu’on s’est rendu compte de la façon dont l’écrivain a tracé la 
lettre g , l’abréviation de la syllabe mm à la fin des mots et la 
liaison Pour peu qu’on ait étudié les trois volumes de YHis- 
toria ecclesiastica , la physionomie de l’écriture d’Orderic 
Vital restera gravée dans la mémoire, ce qui permettra de dis¬ 
tinguer les textes qui sont sortis de la plume de l’auteur. Telle 
est l’opinion qui avait été timidement exprimée en 1855 dans la 
notice sur Orderic Vital, en tête de l’édition de la Société de 
l’Histoire de France 1 2 , et Pertz, sous les yeux duquel avaient 
passé la plupart des manuscrits historiques du moyen âge, qui 
avait examiné les trois volumes de YHistoria ecclesiastica de 
Saint-Évroul et qui en avait lui-même calqué une dizaine de 
lignes en 1863, n’a pas hésité à l’appeler : Codex autographus, 
olim Sancti Ebmlfi Uticensis' 1 . 

Je dois citer quelques exemples de ces corrections ou additions : 

T. I, fol. 121 (édition, t. I, p. 345) : ut ait Apostolus. 

T. I, fol. 136-138 : les noms des pères d’un certain nombre de 
papes, lesquels n’ont pas été reproduits dans l'édition (t. I, p. 387-392). 

T. II, fol. 6 v® (édit., t. II, p. 22) : Hildiardi vero sorori ejus, 
très filii et undecim filie. 

T. II, fol. 120 (édit., t. II, p. 42) : deux notes relatives à l’abbé 
Thierri : 1. Hic fuit natione normannus cultui mancipatus. 
— 2. Quod multocies paulo post confitebatur. 

T. II, fol. 25 v° (édit., t. II, fol. 80) : les deux paragraphes se rap¬ 
portant aux années 1059 et 1063, commençant parles mots Eodem 
a nno Fredericus. .., et Anno a b incamatione DominiM LXIII ... 

T. II, fol. 35 v° (édit., t. II, p. 106) : Utpote qui penitus doli 
nescius erat. 

1. P. xcv. 

2. Mon. Germ. kist.. Script., t. XX, p. 51. — Le fac-similé qui est sur la 
planche 1 du volume est signé « G. H. Pertz scripsit a. 1863 ». 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


DE GUILLAUME DE JUMlÈGES. 


489 


T. II, fol. 39 v 4 : en marge et à la place de trois lignes soigneu¬ 
sement effacées, on a écrit le passage relatif à la mort d'Édouard le 
Confesseur et à la dédicace de l’église de Westminster, qui se lisent 
dans l’édition, t. II, p. 118. — Plus de la moitié du fol. 40 a été 
aussi soigneusement grattée, et le texte primitif a été remplacé par 
le long paragraphe : Eduinus vero et Morcarus comités..., qui 
occupe dans le tome II de l’édition le bas de la page 119 et toute la 
page 120. 

T. II, fol. 150 (édit., t. II, p. 453) : Deinde fratres eorum 
Engenoldus et H e rue us hec eadem concesserunt. 

Je n’insisterai pas sur quelques mots qu’on avait oubliés de copier 
et qui, omis dans le texte primitif, ont été rétablis sur la marge, 
comme cameram (t. I, fol. 109 v 4 ); fallaciç (t. I, fol. 117 v°); 
baptisati sunt (t. I, fol. 127 v°); ubi tune diu moratus fuerat 
Uticum (t. II, fol. 19); consilio (t. II, fol. 23). 

Ces observations prouvent qu’Orderic tenait à laisser un texte 
correct de sa grande Histoire. Elles font voir aussi que les meilleurs 
copistes ont des moments de défaillance. L’un des errata dont le 
moine de Saint-Evroul s’est reconnu coupable porte sur une phrase 
qui lui fait grand honneur. Il terminait ainsi le récit d’une cam¬ 
pagne dans laquelle Guillaume le Conquérant avait ordonné de 
dévaster toute une contrée pour affamer complètement la popula¬ 
tion. « Non, disait-il, je n’ai pas le courage de louer un acte aussi 
cruel : Nam, dum innocuos infantes juvenesque vemantes, et 
floridos canitie senes famé periclitari video, misericordia motus, 
miserabilis populi moeroribus et anxietatibus magis condoleo quam 
tantæ cedis reo frivolis adulationibus favere inutiliter stu- 
deo. » 

En mettant son ouvrage au net, Orderic oubliait de copier la ligne 
tantæ cedis reo frivolis adulationibus favere inutiliter stu- 
deo. L’omission fut réparée sous forme de note marginale'. 

Dans le tome III, je ne relèverai qu’une addition, dans la marge 
d’un feuillet. C’est un trait ajouté après coup au dramatique récit 
du naufrage de la Blanche-Nef et de l’acte de désespoir du nauto- 
nier, qui ne voulut pas survivre au fils du roi* : In aquis penduli 
Deum invocabant et mutua sese cohortatione animabant, et 
finem sibi a Deo dispositum tremuli expectabant. 

1. Ms., fol. 64 édit., t. II, p. 1%. 

2. Ms. latin 10913, p. 376. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



490 


MATÉRIAUX POUR L'ÉDITION 


II. 

Manuscrit de la bibliothèque de Rouen , n° 1174. — Histoire 

des ducs de Normandie , par Guillaume de Jumièges*. 

Après avoir examiné les trois volumes de Y Histoire ecclé¬ 
siastique d’Orderic Vital, le plus considérable et le plus authen¬ 
tique exemple qui nous soit parvenu de l’écriture de cet histo¬ 
rien, il convient d’en rapprocher la copie de l’ouvrage de 
Guillaume de Jumièges, revisée par le même Orderic Vital et 
contenue dans le manuscrit 1174 de Rouen, volume de 139 feuil¬ 
lets, in-folio, de 305 millimètres sur 215. Il a été constitué au 
xii® siècle avec les débris de trois manuscrits distincts, qu’il faut 
étudier séparément avec le soin qu’ils méritent. 

Premier morceau. — Reste d’un manuscrit qui consistait 
en seize cahiers, portant à la fin de chaque cahier les signa¬ 
tures I-XVI; il manque aujourd’hui le cahier I, les cinq pre¬ 
miers feuillets du cahier II et le cahier VI. Ce qui subsiste de 
cette première partie forme les feuillets 1-100 du manus¬ 
crit 1174. 

C’est une copie du commentaire d’Angelome sur les livres des 
Rois, à partir des mots : « Et tu, fili hominis, sume tibi gladium 
acutum... » ( Patrologie latine de Migne, vol. 115, col. 282 a). 

Deuxième morceau. — Il consiste seulement en quinze 
feuillets dépourvus de signatures. Il y faut distinguer trois 
textes : 

1° (fol. 101-105 v°). Fragment d’un traité sur le mariage, 
incomplet au commencement et à la fin. Premières lignes con¬ 
servées : « Similiter autem et vir sui corporis potestatem non 
habet, sed mulier. Nolite fraudare invicem, nisi forte ex con- 
sensu ad tempus, ut vacetis orationi, et iterum revertimini in 
id ipsum. Et paucis interposais : Precipio, inquit, non ego, sed 
Dominus, uxorem a viro non discedere; quod si discesserit, 
manere innuptam, aut viro suo reconciliari. Prudenter, dico, 
intellexit ac providenter doctor gentium ea conscripsit... » 

1. Ce manuscrit a été le sujet d’nne lettre que j’adressai le 1" juillet 1873 à 
mon ami Jules Lair et qui a paru dans la Bibliothèque de l’École des chartes, 
t. XXXIV, p. 267-282. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JUMllGES. 


491 


2° (fol. 106-115 v°). Dialogue entre un juif et un chrétien par 
Gilbert Crespin; le commencement manque. Premiers mots 
conservés : « Dicit, quare circa illud cætera quæ dicta sunt 
permittit, solum arare excipit. Equus in lege animal immundum 
esse perhibetur... » (dans la Patrologie latine de Migne, 
vol. 159, col. 1018 d). 

3° (fol. 115 v°). Fragment d’un traité mystique sur les ailes 
des chérubins, dont voici les premiers mots : « Sex ale uni et 
sex ale alteri. Primi ala est confessio non laudis, unde confiteri 
d. q. b. q. i. s. m. ejus s. criminis... » 

Troisième morceau . — Ce morceau consiste en vingt-quatre 
feuillets, cotés 116-139. Les feuillets 123 et 139 sont incom¬ 
plets; il manque aussi ce qui pouvait faire suite au fol. 139. 
Il contient Y Histoire des ducs de Normandie , par Guillaume 
de Juraièges, commençant par ces mots : « Incipit epistola 
Willemi (sic) cenobitæ ad Willemum, ortodoxum Anglorum 
regem, in Normannorum ducum Gestis. Pio, victorioso atque 
ortodoxo, summi Regis nutu, Anglorum régi Willemo, Gera- 
meticensis cœnobita, omnium cœnobitarum indignissimus Wil- 
lemus, ad conterendos hostes... » Le texte s’arrête au commen¬ 
cement du chapitre xxii du livre VII : « In diebus illis maxima 
pacis tranquillitas fovebat habitantes in Normannia, et servi 
Dei a cunctis habebantur in summa reverentia; unusquisque 
optimatum certabat in prædio suo... 1 . » Par suite de la muti¬ 
lation des feuillets 123 et 139, il y a des lacunes à la fin du 
livre III, au début du livre IV et au cours du livre VII. 

Dans l’initiale de l’épître dédicatoire, l’auteur est représenté 
offrant son livre à Guillaume le Conquérant. 

Cette copie de Guillaume de Jumièges se fait remarquer par 
des particularités difficiles à analyser dans une simple descrip¬ 
tion, mais que la présente reproduction phototypique met 
aujourd’hui en pleine lumière 2 . On avait déjà pu s’en faire une 
idée, mais bien imparfaite, en jetant les yeux sur les fac-simi¬ 
lés lithographiques insérés‘en 1873 dans la Bibliothèque de 
l'Ecole des chartes , t. XXXIV, en regard des pages 270 et 

1. Dans l’édition d'André Du Chesne, p. 278. 

2. On peut voir un spécimen de l’écriture d’Orderic Vital dans Y Album 
paléographique de la Société de l'École des chartes (1887), pl. 31. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



492 


MATERIAUX POUR L'ÉDITION 


suivantes. L’écriture est aussi élégante, régulière et uniiorme 
que celle de calligraphes de métier; mais elle a toujours un 
caractère particulier et, pour ainsi dire, individuel, qui permet 
de la distinguer dans la foule des écritures de la même époque ; 
nombre de traits y dénotent une main calme et très exercée, qui 
s’était habituée à un système rigoureux et constant de lettres et 
de signes abréviatifs, sans cependant jamais arriver à la banale 
uniformité de beaucoup d’écritures de la même époque, qui les 
fait ressembler à des compositions typographiques. Entre autres 
particularités, nous y pouvons remarquer la lettre g , la con¬ 
jonction la façon dont la syllabe rum est abrégée à la fin 
des mots et le signe qui tient lieu des lettres us ou ue dans les 
mots terminés en bus ou en que. Soit qu’on s’en tienne à l’as¬ 
pect général de l’écriture, soit qu’on descende à l’examen des 
moindres détails, il est, je crois, difficile de ne pas attribuer à la 
même main la copie de Guillaume de Jumièges et celle de 
l’exemplaire original et autographe de Y Histoire ecclésiastique 
et celle des autres manuscrits de la Bibliothèque nationale et 
des bibliothèques de Rouen et d’Alençon, qui sont ici passés 
en revue. 

La copie de Guillaume de Jumièges n’est pas le seul morceau 
du manuscrit 1174 de Rouen qui doit être attribué h Orderic 
Vital. Les deux autres morceaux du même manuscrit portent 
aussi la trace de sa collaboration. 

Ainsi, c’est Orderic qui, dans le commentaire d’Angelome, a 
souvent copié, en gros caractères, les versets du texte com¬ 
menté : il avait laissé à l’un des scribes placés sous sa direction 
le soin de transcrire le corps de l’ouvrage. C’est Orderic qui a 
relu l’ouvrage et a corrigé et complété la copie par des notes 
interlinéaires ou marginales, dont nous avons un exemple sur 
le fol. 13 v°. C’est encore Orderic qui a exécuté çà et là des 
pages entières ou de longues portions de pages, comme on le 
voit aux fol. 11, 11 v°, 12, 19 et 40. C’est lui qui a mis les 
rubriques des fol. 16 v° et 32. 

Dans le traité sur le mariage, qui remplit les fol. 101-105, 
l’intervention d’Orderic ne semble se trahir que par les correc¬ 
tions marquées sur les marges des fol. 103 v° et 105. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GOILLiUME DE JUMlÈGES. 


493 


III. 

Manuscrit latin 10062 de la Bibliothèque nationale *. — 

Annales de Saint-Écroui. — Catalogue de la bibliothèque 

de cette abbaye. 

Vers la fin du xi* siècle fut dressé dans l’abbaye de Saint- 
Évroul un tableau de coraput pour la période comprise entre la 
naissance de Jésus-Christ et l’année 1500. Les colonnes laté¬ 
rales furent destinées à recevoir l’indication des événements 
dont il paraissait utile de connaître la date. Le religieux chargé 
de ce travail prit pour modèle une compilation qui venait d’être 
faite à Rouen. On continua dans l’abbaye de Saint-Evroul, pen¬ 
dant près de quatre siècles, à enregistrer les événements 
notables sur les colonnes réservées pour en recevoir la 
mention. 

Orderic Vital fut un des moines qui ont pris part à la conti¬ 
nuation de ces Annales, et, malgré le déplorable état dans 
lequel le manuscrit original nous est parvenu, à la fin du manus¬ 
crit latin 10062 de la Bibliothèque nationale 1 2 , on peut recon¬ 
naître la main de l’auteur de Y Histoire ecclésiastique sur le 
fol. 154, où sont notés plusieurs événements du premier tiers du 
xii° siècle. 

Les Annales de Saint-Evroul sont publiées à la fin de YOr- 
deric Vital de la Société de l’Histoire de France, t. V, p. 139- 
173. Elles ont été l’objet d’un assez court article dans Y Histoire 
littéraire de la France , t. XXXII, p. 198 et 199. 

Sur un feuillet relié dans le même manuscrit que les Annales 
de Saint-Evroul 3 , on trouve un catalogue des livres de la biblio¬ 
thèque de cette abbaye, écrit par différentes mains dans la pre¬ 
mière moitié du xu e siècle. Un des articles ajoutés peu de temps 
après la transcription du texte primitif mentionne les Quatuor 
volumina Vitalis. 

• 

1. Voir à l’Appendice planche 4. 

2. Une description sommaire de ce manuscrit se trouve dans la notice placée 
en tète de l’édition d'Orderic Vital, t. I, p. xxxiv. 

3. Ms. latin 10062, fol. 80 ▼*. — Un fac-similé en a été publié dans l'Album 
paléoçraphique, pl. 31. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



494 


MATÉRIAUX POUR L'ÉDITION 


Dans l’édition qui suit, on a imprimé en italiques les articles 
ajoutés après coup dans le manuscrit. 


Hçc sunt volumina que in bi- 
J)liotheca Sancti Ebruîfi conti- 
nentur. 

Genesis. 

Libri Regum. 

Paralipomenon. 

Liber prophetarum. 

Novum Testamentum. 

Textus evangelistarum. 
Historia ecclesiastica. 

Historia Clementis. 
Psalterium magnum. 

Tria antiphonaria. 

Tria gradalia. 

Duodecim tropharia. 
Gracianus. 

Rabanus super Matheum. 
Sententie Garini Sagii, cum 
sententiis Origenis super Can- 
tica. 

Omeliæ Willelmi de Merula. 
Apocalypsis ejusdem. 

Moralia beati Gregorii, III vo¬ 
lumina. 

Libri Dialogorum. 

Mariale. 

Bemardus abbas super Can- 
tica canticorum. 

Liber pastoralis. 

Liber xl* Omeliarum. 
Registrum. 

Expositio super Ezechielem. 
Catalogus pontificum, cum 
Novo Testamento. 

Solinus. 

Ruflnus super omelias Ori¬ 
genis. 

Augustinus super Johannem. 


Augustinus contra Faustum. 

Enchiridion Augustini. 

Augustinus de verbis Domini. 

Soliloquium Augustini. 

Prima pars Psalterii, secunda, 
tercia. 

Augustinus de Trinitate. 

Augustinus super sermonem 
Domini in monte. 

Augustinus de doctrina chris- 
tiana. 

Augustinus de confessionibus. 

Augustinus de divinatione de- 
monum. 

Sententie Garini abbatis. 

Décréta Huberti. 

Sententie ejusdem. 

Boetius de phylosophia. 

Orosius. 

Régula beati Basilii. 

Beda super Cantica cantico¬ 
rum. 

Marbodius. 

Bemardus abbas super 
Missus est Gabriel. 

Jeronimus contra Jovinianum. 

Jeronimus de questionibus. . 

Jeronimus super Psalte¬ 
rium. 

Ambrosius de sacramentis. 

Arabrosius de lîde. 

Exameron Ambrosii. 

Ambrosius super Beati imma- 
culati. 

Isidorus de naturis rerum. 

Isidorus super Vêtus Testa¬ 
mentum. 

Sinonima Isidori. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


DE GUILLAUME DE JUMIÈGES. 


Athanasius de Trinitate. 
Summum bonum. 

Albricus. 

Beda super Marcum. 
Expositiones Bedæ. 

Diadema rnonachorum. 
Decem collationes Patrum. 
Liber sermonalis. 

Epistolæ Pauli. 

Magnus Passionalis, qui inci- 
pit ad vitam sancti Gregorii. 

Item alius magnus, qui incipit 
ad vitam sancti Mauri. 
Passionalis vêtus. 

Vita sancti Judoci. 

Liber Ypocratis. 

Vita sancti Martini. 

Miracula ejusdem. 

Vita sancti Columbani. 

Vita sancti Philiberti. 

Vita sancti Gregorii. 

Passio sancti Sebastiani. 

Vita sancti Mauri. 

Miracula sancti Bénédictin 
Vitas Patrum. 

Paradis us. 

Duo kalendaria. 

Régula sancti Benedicti. 
Canones. 

Textus vêtus. 

Miracula sancti Stephani. 

Vita sancti Helie. 

Epistolæ Pauli veteres. 

Vita sancte Radegundis. 

Duo volumina de usibus. 
Epistolæ Pauli glosatæ. 

Vita sancti Columbæ. 
Jeronimus super Danielem. 

1. Article biffé. 

2. Article biffé. 


495 

Psalterium glosatum Jo- 
hannis prioris. 

Beda super Apocalipsin. 

Beda de historia Anglorum. 

Beda super Lucam. 

Haimo super epistolas Pauli. 

Passio sancti Kiliani 9 . 

Passio sancti Eustachii. 

Expositio orationis dominice. 

Expositio Psalterii. 

Ambrosius de bono mortis. 

Passio sancti Eleutherii. 

Passio sancte Agathe. 

Amalarium. 

Vita sancti Eadmundi. 

Omnilogus. 

Jeronimus super duodecim 
Prophetas. 

Angelomus. 

Vita sancti Leonardi, modi- 
cum volumen. 

Josephi Antiquitatum libri 
cum Bello judaico. 

Augustinus de civitate Dei. 

Historia Longobardorum , 
cum Gestis pontificum. 

Priscianus. 

Epistole Jeronimi ad Augus- 
tinum. 

Liber Paterii , cum eptsto- 
lis Ivonis episcopi. 

Sententie domni Ricardi 
abbatis. 

Miracula sancti Agili, cum 
diversis collectionibus. 

Liber Marciani, cum versi- 
bus offerendai'um. 

Haimo super Ysaiam , cum 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



496 


MATÉRIAUX POUR L'ÉDITION 


libro Augustini de consensu 
evangelistarum. 

Disputatio christiani et 
gentilis, cum diversis oratio- 
nibus. 

Origenes super Vêtus Tes- 
tamentum. 

Jeronimus super Jere- 
miam. 

Augustinus super Genesim 
ad litteram. 

Smaragdus super regulam 
sancti Benedicti. 


Quattuor voluminaVitalis. 

Liber Hugonis Rotomagen- 
sis archiepiscopi. 

Vita sanctorum Herluini 
et Anselmi. 

Liber Gunfredi prioris , qui 
incipit a sententia Gregorii 
de Pascha, cum alils diversis 
sententiis , et cantica Hugo¬ 
nis , in uno volumine. 

Liber Elucidarii, cum di¬ 
versis sententiis. 


IV. 

Manuscrit latin 6503 de la Bibliothèque nationale *. 

La Légende des danseurs saxons. 

Dans un recueil de fragments d’anciens manuscrits, n° 6503 
du fonds latin, fol. 59-70, sont reliés douze feuillets couverts 
d’écriture de la main d’Orderic Vital. Il s’y trouve une version 
très développée de l’histoire d’une compagnie de chanteurs 
saxons ou danseurs de Kolbigk, qui, pour avoir profané une 
nuit de Noël par leurs chansons et leurs rondes, avaient été 
• miraculeusement condamnés à prolonger leurs danses, sans 
trêve et sans repos, pendant une année entière*. Le style de 
cette légende, dont nous avons fait reproduire une page, rappelle 
assez bien celui de quelques récits merveilleux insérés dans 
l 'Histoire ecclésiastique. — Il est possible qu’Orderic Vital ait 
vu dans une abbaye de Normandie un des miraculés de Kol¬ 
bigk, tel que cet Otbert qui visita l’abbaye du Mont-Saint- 
Michel et s’y fit délivrer une copie légalisée de la relation du 
miracle, dont il était porteur et qui tombait de vétusté ( litterœ 
nimio sudore et vetustate corruptœ). 

1. Voir à l'Appendice planche 3. 

2. Sur cette légende, il faut voir un mémoire de U. G. Raynaud, publié en 
1891 dans les Études romanes dédiées à Gaston Paris (p. 51-68), et l'article 
que Gaston Paris a inséré en 1899 dans le Journal des Savants (p. 733-747), 
à l’occasion du mémoire publié par M. Ed. Schrôder, en 18%, dans le Zeit¬ 
schrift für Kirchengeschichte. — Aux récits de cette légende, que j’ai indi- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



* 

DE GUILLAUME DE JUM1EGES. 


497 


V. 

Manuscrit de la bibliothèque d’Alençon , n° 1 1 . 

Les Prophètes. 

Volume petit in-folio, 148 feuillets (300 millimètres sur 192). 
Écriture de la première moitié du xu* siècle. 

Ce volume contient le texte des Prophètes , disposé comme 
l’indique le Catalogue général des manuscrits des biblio¬ 
thèques des départements (série in-8°), t. II, p. 473. 

El y faut distinguer deux parties bien distinctes. Nous ne 
devons nous occuper que de la première, composée de trente- 
deux feuillets à deux colonnes, cotés 1-32, de quarante lignes à 
la colonne. Sur les trois dernières pages de cette partie du 
manuscrit, à la fin des Prophéties d’Ezéchiel, ont été copiées 
trois pièces de vers formant un ensemble de quatre-vingt-cinq 
strophes de trois vers de quinze syllabes rimant entre eux souvent 
par de simples assonances. Les initiales des vers sont alternati¬ 
vement rouges, vertes et noires. Dans le texte de ces pièces, 
publiées pour la Société de l’Histoire de France en 1863 2 , on 
remarque nombre de corrections dénotant la main d’un auteur 
qui ne s’en tenait pas aux premières inspirations et qui s’impo¬ 
sait la loi de revoir avec soin. Ces trois pièces nous offrent le 
type, légèrement réduit, des caractères du manuscrit de YHis¬ 
toire ecclésiastique signalé un peu plus haut. 

Les trois premiers vers de la pièce sont accompagnés d’une 
notation neumatique, et la reproduction phototypique, qui en 
est ci-jointe, pourra servir à faire connaître l’état de la musique 
en Normandie au commencement du xn e siècle. 

Comme exemples du texte, je citerai les strophes I, V et XV : 

I. 

1 Mundi forma veterascit, evanescit gloria, 

qués (Uns un article sur le Catalogue des manuscrits de Valenciennes ( Journal 
des Savants, année 1860), je puis ajouter celui qui est dans le manuscrit latin 
18600 de la Bibliothèque nationale. 

1. Voir à l’Appendice planche 5. 

2. Annuaire-Bulletin, i. 1, partie II, p. 1-13. — Édelestand Du Méril les avait 
fait connaître en 1847 dans son recueil de Poésies populaires latines du moyen 
Age, p. 102-107. 

1910 32 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



498 


MiTÉBUOX POU» L’EDITION 


Non est illi verum robur nec jugis læticia, 

Cum ad nichil sint redacta ejus prisca tempora. 

V. 

13 Propagatur quæ lalebat discincta luxuria, 
Molles sibi subjugavit Venus sodomestica, 

Pro abusu catamitæ mulier fît vacua. 

* 


XV. 

43 Crispant crines calamistro, circa caput condiunt; 

Supra sedes gloriantes, patres dici appetunt, 

Sed a lupis greges suos minime custodiunt. 

Il faut remarquer la ressemblance frappante qui existe entre 
les vers 14, 15 et 43 et plusieurs passages du livre VIII de 
YHistoria ecclesiastica : 

14. Molles flammisque cremandos turpiter fœdabat Venus sodo- 
mitica (1. VIII, t. III, p. 290). 

15. In ducatu Rodberti catamite et efTeminati dominabuntur, 
mulier fit vacua (1. V, t. II, p. 385). 

43. Crispant crines calamistro (1. VIII, t. III, p. 325). 

Cette ressemblance vient corroborer l’attribution de cette 
satire à Orderic Vital. 

On doit relever dans cette pièce plusieurs corrections qui ne 
peuvent être attribuées qu’à l’auteur : 

Au vers 8, le mot redundans substitué à un mot soigneuse¬ 
ment effacé. 

Les vers 26 et 27 ont remplacé comme il suit deux vers qu’un 
grattage du parchemin a rendus illisibles : 

Parvipendunt regem Christum sequi recto tramite, 

Hinc merebunt dum tormentis vapulabunt in Stige. 

Le texte primitif des vers 52 et 53 a également disparu à peu 
près complètement pour être ainsi remplacé : 

Quosdam necat clam palamve fetenti libidine , 

Et voracis quosdam igné succendit tenaciç. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JUMliGES. 499 

Les deux derniers mots du vers 54, immitis superbie , ont 
été récrits après coup. 

Les vers 56 et 57 sont d’une rédaction nouvelle : 


Qui placore nimis optant fungi transitorio , 
Nec verenlur nequam vita displicere Domino. 


La première pièce est une violente satire contre les excès du 
siècle. L’auteur y flétrit des vices et des crimes qui désolèrent la 
Normandie au temps de Robert Courte heuse et qui firent écla¬ 
ter l’indignation de plus d’un poète, comme l’a expressément 
fait remarquer Orderic Vital 1 . 

La deuxième pièce, consistant en dix-neuf strophes, est à la 
fois une prière et un acte de contrition. Elle commence par ces 
trois vers : 


Summe pater, cœli rector, qui es sine tempore, 
Cui non est pietatis modus nec clementiæ, 

Te personis celo trinum, unius substantiæ. 


La troisième pièce est une sorte de litanie métrique, en trente- 
trois strophes, analogue à la litanie en vers qui est entrée au 
moyen âge, sous deux formes différentes, dans la liturgie de 
Rouen et dans celle d’Evreux. Le texte contenu dans le manus¬ 
crit d’Alençon contient les strophes I et XXIV, conçues dans 
les termes suivants : 


I. 

O Maria, gloriosa angelorum domina, 

Maria Stella, vincens cuncta claritate sidéra, 

Virgo pulchra, virgo casta, me clementer adjuva. 

XXIV. 

Celse pater, dux Ebrulfe monachorum inclite, 

In extremo meus esto defensor examine, 

Et me prece fac polaris civem Jerosolime. 

L’invocation à saint Évroul prouve que la litanie était à 
l’usage de l’abbaye de Saint-Évroul, et il est bien vraisemblable 

t. Historia ecclesiastica, t. III, p. 32G. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



500 


MATÉBIAUX POUR l’ÉDITIOÜ 


que cette invocation a été ajoutée par Orderic Vital, si ce reli¬ 
gieux n’est pas l’auteur de toute la litanie. 

Le type primordial des litanies normandes doit être la com¬ 
position en vers attribuée à Hartmann, moine de Saint-Gall, qui 
vivait au x* siècle. Voir mon Catalogue des livres imprimés 
ou publiés à Caen avant le milieu du XVI * siècle , t. II, 
p. 61-70, et mon article : Un livre de chœur normanno- 
si ci lien conservé en Espagne , dans le Journal des Savants, 
1908, p. 43. 


VI. 

Manuscrit de la bibliothèque d’Alençon , n° 6 l . 

Vie de saint Laumer, etc . 

Volume in-folio de 162 feuillets (325 millimètres sur 235), 
composé de deux parties, écrites par des mains différentes, pen¬ 
dant la première moitié du XII e siècle. 

La première partie comprend les fol. 1-33 : Commentaires sur 
Ezéchiel. 

La seconde partie (fol. 134-161) contient des Vies de saints, 
dont la dernière est restée inachevée un peu au delà du milieu. 

Contenu du volume : 

Fol. 1. Gregorii papæ homeliæ in Ezechielem. 

Fol. 108. Sanctus Hieronymus in Ezechielem. 

Fol. 134. Vita sancti Launomari, abbatis et confessons. 

Fol. 139 v°. Vita metrica sancti Launomari. 

Fol. 143 v°. Translatio sancti Launomari. 

Fol. 150. Passio sanctorum Nerei et Achillei. 

Fol. 155 v°. Passio sancti Peregrini episcopi. 

Fol. 156 V e . Vita sancti Odonis abbatis. 

Dans la seconde partie, on remarque de grandes initiales 
peintes sur les fol. 134, 134 v° et 150. 

Cette dernière peinture est au commencement de la Vie des 
saints Nérée et Achillée, sur une page écrite en entier de la main 
d’Orderic. L’écriture de ce religieux se reconnaît sur les fol. 134, 
134 v°, 135,139-144 et 150. 

1. Voir à l'Appendice planche 6. 


\ 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JUM1BGBS. 501 

Voici le prologue et les premiers vers de la Vie de saint 
Laumer : 

Psalmographus David cum rex sanctusque propheta, 

Cuncta créa ta monens, psalmorum ex tréma canendo, 
Auctoris proprii sacras excitet in odas, 

« In sanctis Iaudate Deum simul omnibus, » inquit, 

Scilicet in sanctis in quis laudabilis extat, 

In sanctis quibus est semper mirabilis idem, 

Virtutum signis quos mire gloriflcavit, 

Quis dédit et vires hoslem quo vincere quissent. 

Ergo opéré preciura sanctorum gesta referri 
Fulgida, certantes quç ipsi gessere viritim, 

Est mirabilium factor laudandus et auctor, 

Quç per eos et in his operatur jure potenti 
Architronus ‘ Christus, vincendi munera prestans, 

Quo sine nil possunt, quo velle et posse capessunt. 

Qui sibi nil tribuunt, dant illi quæ bona possunt, 

Prçcipites ne forte ruant a vertice justi, 

Corruat ut zabulus preceps a culmine cçli. 

Laudamus Dominum librantem prçmia justis 
Ipsius in sanctis, horum dum gesta canentes 
Pandimus in populis quis dant exempta salutis, 

Post athletarum prçclaros inde triumphos, 

Infractos confessorum veneramur agones, 

Hi quia clara ferunt antiquo ex hoste trophea, 

Jérusalem fleri cives meruere supernç. 

Jam passim lampam sanctorum castra virorum, 

Jam titulos bellatorum rex flxit ubique. 

Per quorum cineres hostem vincendo triumphant, 

Quos inter Launomarum cunctis venerandum 
Sumpsimus, exemplis cujus formamur et actis, 

Fulcimur precibus meritisque levamur opimis, 

Ipsius ut vitam sacram moresque beatos 
Scribentes nostrç mandemus posteritati, 

Fervidus ut discat quo tendat tramite recto, 

Accendatur ad id tepidus spiramine divo. 

Explicit Prologus. 

1. Avec un trait horizontal au-dessus des lettres ro. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



502 


VATÉBIAUX poob l’édition 


încvpit vita sancti Launomari abbatis et confessons. 

Bell ica Francigenum postquam gens gallica régna 
Pervasit patriamque urbes atque oppida fines 
Optinuit, regni qua tempestate regebat 
Sceptra Clodovei Clolharius indita proies, 

Eximiis Launoraarus natalibus ortus, 

Lux velut in tenebris Carnotum fulsit in arvis. 


vu. 

Manuscrit de la bibliothèque d'Alençon, n° 14'. 

Vies de saints. 

Volume petit in-folio, 156 feuillets (290 millimètres sur 200). 
Venu de l’abbaye de Saint-Évroul. 

Vies de saints et autres pièces énumérées par M. Omont 
dans le Catalogue des manuscrits des départements, t. II, 
p. 488-491. 

Écriture de la première moitié du xn* siècle. 

Ce recueil a été fait pour le service de l’abbaye de Saint- 
Évroul ; c’est, au moins pour une partie, la copie d’un manuscrit 
de l’abbaye de Winchester, mais on a fait disparaître, soit par 
suppression, soit par modification de texte, les passages qui se 
rapportaient spécialement à Winchester et qui ne convenaient 
pas à Saint-Évroul 1 2 . 

On reconnaît la main d’Orderic Vital sur les pages suivantes 
du manuscrit : 

Fol. 12-23. Vie de saint Willibrord, par Alcuin. 

Fol. 23-34. Vie de saint Éthelwold, par le moine Wolstan. 

Fol. 34 v* et 35. Hymne du même saint : « Alma lucerna ». 

Fol. 35 et 36. Office, en partie rimé, du même saint. 

Fol. 36 et 37. Hymne de saint Birin, précédé d’une note en prose 
sur la vie de ce saint. 

1. Voir à l'Appendice planche 6 bis. 

2. On trouvera l’indication des passages supprimés ou modifiés dans le Jour¬ 
nal des Savants , 1903, p. 430-432, d’après un manuscrit de l'abbaye de 
Jumièges, aujourd’hui n* 1385 de la bibliothèque de Rouen, lequel doit venir 
de Winchester, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




DE GUILLAUME DE JUMIEGES. 


503 


Fol. 37. Hymne de saint Swithun. 

Fol. 38. Diplôme de Charles le Simple pour le monastère de 
Saint-Évroul. 

Fol. 51-85. Quelques corrections interlinéaires et beaucoup d’an¬ 
notations marginales ajoutées à la copie du traité d’Amalaire sur les 
offices ecclésiastiques. 

Fol. 85. La première page de la Passion de sainte Christine. 

Fol. 109-110. « Ordo ad judicium faciendum. » 

Fol. 115 et v°. Les deux dernières pages du recueil de bénédictions. 

Fol. 116. La première page de la Vie de saint Germain d’Auxerre. 

Fol. 138-140 v°. Le commencement de l’opuscule intitulé : « Nar- 
ratio de quodam miraculo quod contigit in festivitate translationis 
sancti Martini », qu’a publié Mabillon dans les Analecta (II, 349). 

Fol. 150-156. Passio sanctorum martyrum Sergii et Bacchi. 

Dans la partie écrite par Orderic Vital, on rencontre h trois 
reprises (fol. 23, 24 v° et 26 v°) l’emploi d’un caractère essen¬ 
tiellement saxon, inusité dans les écritures françaises, un 
D capital, dont le montant est traversé par un trait horizontal. 
Orderic s’en sert pour figurer le commencement de la deuxième 
syllabe du nom ADELWOLDVS, qu’il écrit habituellement 
Athelwoldus. Il n’est pas étonnant qu’Orderic, élevé en Angle¬ 
terre jusqu’à l’âge de onze ans, qui s’est toujours qualifié d’An¬ 
glais, Angligena i , et qui considérait la Normandie comme 
une terre d’exil 2 , ne se soit pas tout à fait déshabitué des 
usages anglais. 


VIII. 

Manuscrit de la bibliothèque d’Alençon , n° 26 3 . 

Daniel et Ouvrages des Pères . 

Volume in-folio, de 190 feuillets (355 millimètres sur 265). 

1. Historia ecclesiastica , t. II, p. 289 et 438; t. III, p. 45 et 287. 

2. < Undecimo ætatis me» anno, pro a more Dei, a proprio genitore abdica- 
tus sum, et de Anglia in Normanniam tenellus exul, ut æterno régi militarem, 
destinatus sum » (Historia ecclesiastica, t. II, p. 301 et 302). — < Parce, 
quæso, bone lector, nec molestum tibi sit, precor, si de pâtre meo aliquid 
raemoriæ tradiderim litterarum, quem non vidi ex qno me, ut exosum sibi 
privignum, et pro amore Creatoris, pepulit in exilium » {Ibid., p. 423). 

3. Voir à l’Appendice planche 7. 


Digitized by Google 


Original from 

UNl^RSlTY OF MICHIGAN 



504 MATÉRIAUX pour l'édition 

Ecriture sur deux colonnes, de plusieurs mains, de la première 
moitié du xii® siècle. 

Œuvres de divers auteurs ecclésiastiques : 

Fol. 3. Liber Danihelis prophetæ secundum beatum Jeronimum. 

Fol. 36 v°. Liber venerabilis Bedæ presbiteri in expositionem 
Ezræ prophetæ. 

Fol. 78. Allegorica expositio venerabilis Bedæ presbiteri in 
librum Tobiæ. 

Fol. 82 v°. Sancti Augustini sermo de decem cordis. 

Fol. 87 V. Dogma ecclesiasticum Gennadii, Massiliensis episcopi. 

Fol. 90 v*. Epistola Eusebii de canonibus evangeliorum. 

Fol. 91. Expositio de diversis auctoribus et domno Ansello, 
Laudunensi phylosopho exquisitissimo, collecta super evangelium 
Domini nostri Jesu Christi secundum Mattheum. 

Fol. 190. Liber beati Effrem, Edesseniæ ecclesiæ diaconi, de 
compunctione lacrimarum. 

Belles et grandes initiales peintes, très compliquées, notam¬ 
ment sur les fol. 3, 36 v°, 48 v°, 62, 78, 82 v°, 91. 

Une centaine de pages (fol. 68 v°-70, 410 v°-118 et 135- 
190 v°) sont de la main d’Orderic Vital. 

rx. 

Manuscrit de la bibliothèque de Rouen , n° 1343 1 . 

Bède, Sulpice Sévère , etc. 

Volume ayant successivement appartenu à l’abbaye de Saint- 
Evroul et à celle de Saint-Ouen de Rouen. 

Il contient diverses œuvres archéologiques et historiques, dont 
M. Omont a donné l'indication dans le Catalogue des manus¬ 
crits des départements (t. I, p. 333), notamment, au fol. 34, 
Y Histoire ecclésiastique de Bède, plusieurs traités de Sulpice 
Sévère et diverses Vies de saints. 

Ecriture de la première moitié du xii* siècle. 

Au fol. 121 v° a été copiée une pièce de vers sur le misérable 
état de l'église. Elle a été écrite en entier de la main d’Or- 

1. Voir À l’Appendice planche 8. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JUMlÈGES. 505 

deric Vital, qui en est peut-être l’auteur. J’ai cru utile d’en repro¬ 
duire le texte en fac-similé. 

Conquestus de abjeccione et desolatione sanctç Dei çcclesiç. 

Sponsa Dei, miseranda, jacens, possessa dolore, 

Fessa, suo non usa diu languescit honore. 

In tenebras resupina, ruens, stupefacta labore, 

Vim patitur, neque de proprio lçtatur amore. 

Nullus ei disponit opem, sub vulnere quassç, 

Nemo parat medicante manu succurrere lassç. 

Perpetuo de fonte suo maia cuncta redundant, 

Nec numerum retinere valent, quia semper 
Omnia mutantur, nec certa sede morantur; 

Fédéra rumpuntur, et leges adnichilantur. 

Nullus honor populis, nullus manet ordo fldelis. 

Cunctorum mores sic fiunt détériorés. 

Vivitur ex rapto, nulli sua copia voto. 

Nil manet in sese, sed se sequiturque fugitque. 

Unde jacens laniata gênas çcclesia plorat ; 

Ponderibus compressa novis, « Succurite » clamat; 

Nuda manet, viduata dolet, quin frigore pallet, 

Esurit atque sitit, in carcere languida torpet. 

Quç dominç portare decus nomenque solebat, 

Et famulis prodesse suis pro posse volebat, 

Nec famulç subit officium sed vilis iniquç. 

Non dominam nunc, sed miseram se luget ubique. 

Quid faciunt qui nunc dominç vocitantur amici? 

Si fugiunt retrahuntque manum, faciunt quod iniquum; 
Rebus in adversis opus est succurrere lassis, 

Et pietas conferre manum sub pondéré lapsis. 

Res adversa magis quando poterit reperiri ? 

Æcclesiis clausis, homines nequeunt sepeliri, 

Nec possunt vivi materno lacté cibari, 

Nec mensa Christi nec corpore participari. 

Pontiflces jussis non parent Omnipotentis, 

Non sine fraude suas nummis implendo emmenas. 
Principibus votum non est Domino famulandi, 

Sed calor est miseras injuste depopulandi. 

Jurgia majorant pariunt lamenta minoram. 

Sic cadit hic mundus secumque trahit sua prorsus. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



506 


matériaux pooa l'édition 

Sed cur milita meis decurrunt verba querelis? 

A Domino deposcat opem nunc turba Ûdelis. 

Christe Dei, virtus, fons et sapientia, lumen 
Perpetuum, cum Pâtre decus, par gloria, numen. 

Tu populo succure tuo, ne pondéré fessus, 

In tenebras resolutus, eat sub carcere pressus, 

Sed valeat sanctis jungi quandoque catervis, 

Quç pietate tua Içtantur in arce superna. Amen. 

II. 

Note sur un manuscrit original de Robert de Torigni. 

(Ms. latin 20 de l’Université de Leyde.) 

On sait depuis longtemps que l’historien Robert de Torigni, 
connu surtout pour avoir ajouté une continuation aux Annales 
de Sigebert , avait débuté par une révision de l’ouvrage de 
Guillaume de Jumièges 1 , tel qu’Orderic Vital l’avait arrangé et 
auquel il avait ajouté un dernier livre, consacré à l’histoire du 
règne de Henri I er , roi d'Angleterre. Mais ce fut seulement en 
1879, dans un manuscrit de l’abbaye du Bec, aujourd’hui à la 
bibliothèque universitaire de Leyde, que fut reconnu l’exem¬ 
plaire original de l’édition de Guillaume de Jumièges préparée 
par Robert de Torigni. 

C’est encore un manuscrit d’auteur, dont l’authenticité a été 
reconnue par Waitz 2 . Bornons-nous à reproduire la description 
que l’un de nous en publia en 1880 3 4 , après l’avoir étudié à 
Leyde en 1879. 

Ce manuscrit, dont une description a été donnée en 1843 
dans le Serapeum k , est un petit volume in-folio (322 milli¬ 
mètres sur 225), écrit sur deux colonnes, vers le milieu du 
xii® siècle, du temps que Robert de Torigni était prieur de l’ab¬ 
baye du Bec, c’est-à-dire avant 1154, date à laquelle ce religieux 
fut nommé abbé du Mont-Saint-Michel 5 . 

1. Voir la préface du tome XII da Recueil des Historiens , publié en 1781, 

p. XLVI-XLVm. 

2. Mon. Germ. hist., Scripi., i. XXVI, p. 5. 

3. Mélanges de paléographie et de bibliographie , p. 172-194. 

4. Tome IV, p. 30. 

5. Voir la préface du tome II de l’édition de Robert de Torigni, publiée par 
la Société de l’Histoire de Normandie. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JGMIÈGES. 


507 


Il faut d’abord prouver que ce manuscrit vient de l’abbaye du 
Bec. 

Les manuscrits de ce célèbre monastère sont faciles à distin¬ 
guer, lors même que, pour en dissimuler l’origine, les posses¬ 
seurs modernes ont fiait disparaître le nom de l’abbaye, qui 
devait se trouver en tête. Il y a, en effet, au verso d’un des 
premiers feuillets de garde, des tables écrites avec beaucoup de 
netteté et de régularité par un bibliothécaire du xu e siècle, et la 
teneur même de ces tables est scrupuleusement reproduite dans 
le Catalogue que Robert de Torigni nous a conservé et que 
M. Ravaisson 1 a publié en 1841. A proprement parler, ce cata¬ 
logue n’est guère que la copie et la réunion méthodique des 
tables ou titres placés en tête de chaque manuscrit, et Robert 
de Torigni a très justement intitulé son Catalogue : Tituli libro- 
rüm Beccensis àlmarii, Relevé des titres des livres de la 
bibliothèque du Bec. A l’appui de cette observation, je citerai 
le manuscrit latin 12211 de la Bibliothèque nationale, que les 
bénédictins de Saint-Germain-des-Prés avaient tiré de l’abbaye 
du Bec. Voici ce qu’on lit, d’une part, sur la garde du ms. 12211, 
et, d’autre part, sur le Catalogue à nous transmis par Robert de 
Torigni : 


Garde du ras. latin 12211. 

In hoc volumine continentur 
libri beat! Augustini : 

De pastoribus liber unus. 

De ovibus liber unus. 

De baptismo adversus Dona- 
tistas libri septem. 

De baptismo parvulorum libri 
duo. 

De eadem re epistola ipsius ad 
Marcellinum. 

De unico baptismo liber unus. 

De spiritu et littera liber unus. 


Catalogue de Robert de Torigni 3 . 

In alio : 

Sermo de pastoribus. 

Sermo de ovibus. 

De baptismo adversus Dona- 
tistas libri septem. 

De baptismo parvulorum libri 
duo. 

Epistola Augustini ad Mar¬ 
cellinum . 

De unico baptismo liber unus. 

De spiritu et littera liber unus. 


On peut encore faire un rapprochement plus significatif 


1. Rapports sur les bibliothèques de l’Ouest, p. 375. 

2. Ravaisson, p. 376. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



508 


MATERIAUX POUR L'ÉDITION 


entre l’inscription tracée sur le fol. 1 v° du ms. 20 de Leyde et 
un autre passage du Catalogue de Robert de Torigni : 


Garde du ms. 20 de Leyde. 

In hoc voI[umine contijnen- 
tur : 

Historiæ [Normjanorum libri 
octo, videpicet] ab adventu Has- 
tingi in regnum Francorum 
usque ad mortem primi Henrici, 
regis Anglorum et ducis Nor- 
mannorum. 

Item vita Caroli Magni, impe- 
ratoris Romanorum et regis 
Francorum. 

Item vita Alexandri Magni, 
regis Macedonum. 

Item epistola ejusdem de situ 
Indiæ ad Aristotelem magistrum 
suum. 

Item abbreviatio gestorum 
regum Francise ab egressione 
eorum a Sicarabria usque ad 
principium regni Ludovici ju- 
nioris, regis Francorum et ducis 
Aquitanorum. 

Item hystoriarum de regibus 
majoris Britanniæ usque ad ad- 
ventum Anglorum in eandem 
insulam libri xii, in quorum 
septimo continentur prophétisé 
Mellini, non Silvestris, sed al te¬ 
nus, id est Mellini Ambrosii. 

Item exceptiones ex libro Gil- 
dæ Sapientis, historiographi Bri- 
tonum, quem composuit de vas- 
tatione suse gentis et de mirabi- 
libus Britanniæ. 


Catalogue de Robert de Torigni 1 2 3 . 

In uno volumine : 

Historié Normannorum libri 
septem *, videlicet ab adventu 
Hastingi in regnum Francorum 
usque ad mortem primi Henrici, 
regis Anglorum et ducis Nor- 
manorum. 

Item vita Caroli Magni, impe- 
ratons Romanorum et regis 
Francorum. 

Item vita Alexandri Magni, 
regis Macedonum. 

Item epistola ejusdem de situ 
Indie ad Aristotilem magistrum 
suum. 

Item abreviatio regum F ran¬ 
ci e gestorum ab egressione eo¬ 
rum a Sicambria usque ad prin¬ 
cipium regni Ludovici junioris, 
regis Francorum*. 

Item historiarum de regibus 
majoris Britannie usque ad ad- 
ventum Anglorum in insulam 
libri xii, in quorum septimo 
continentur prophétie Melini, 
non Silvestris, sed allerius, id 
est Merlini Ambrosii. 

Item exceptiones ex libro Gilde 
Sapientis, historiographi Brito- 
num, quem composuit de vasta- 
tione gentis sue et de mirabilibus 
Britannie. 


1. Ravaisson, p. 385. 

2. Plus loin, p. 512, j'expliquerai comment Robert de Torigni ne divise qu’en 
sept livres YHûtoire des Normands, qui, en réalité, en comprend huit. 

3. Robert de Torigni a supprimé les mots et ducis Aquitanorum, parce qu'il 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


DE GC1LUÜME DE JCMIÈGES. 


509 


L’origine du ms. 20 de Leyde est donc bien établie : au 
xii® siècle, c’est-à-dire à l’époque même où il a été exécuté, il 
faisait partie de la bibliothèque du Bec’. Il faut maintenant 
nous rendre compte de la manière dont il est constitué. Lais¬ 
sant de côté le premier feuillet, qui est indépendant, nous pou¬ 
vons constater que les 105 autres feuillets, cotés 2—106, se 
répartissent comme il suit entre treize cahiers : 


I. Fol. 2-10. Le feuillet 8 a été intercalé après coup; il a pour 
contre-partie un onglet qui est visible entre les fol. 3 et 4. 

II. Fol. 11-18. 

III. Fol. 19-25. Le dernier feuillet de ce cahier a disparu. 

IV. Fol. 26-32. Il manque le premier feuillet de ce cahier. 

V. Fol. 33-40. 

VI. Fol. 41-48. 

VII. Fol. 49-59. 

VIII. Fol. 60-67. 

IX. Fol. 68-75. 

X. Fol. 76-83. 

XI. Fol. 84-91. 

XII. Fol. 92-99. 

XIII. Fol. 100-106. 


Au bas de la dernière page des cahiers II, IV, V, VI et VII 
(fol. 18 v°, 32 v°, 40 v°, 48 v° et 59 v°) se lisent les signatures D, 
F, G, H et I ; et au bas de la dernière page des cahiers VIII, 
IX, X, XI et XII (fol. 67 v°, 75 v°, 83 v°, 91 v° et 99 v°) les 
signatures I, II, III, IIII, IIIII. Il en faut conclure que le 
volume comprend deux parties bien distinctes, l’une dont les 
cahiers avaient reçu pour signatures les neuf premières lettres 
de l’alphabet, et dont il ne subsiste plus que les sept derniers 
cahiers; l'autre dont les six cahiers avaient été signés en 
chiffres romains. Ces deux parties, dont la transcription appar¬ 
tient à plusieurs mains, toutes du xii® siècle, étaient déjà réunies 
en un seul volume, dès le milieu de ce même siècle, comme le 
prouve le titre inscrit sur le feuillet de garde et reproduit dans 
le Catalogue de Robert de Torigni. 


écrivait à une époque où le titre de duc d Aquitaine appartenait à Henri II et 
non plus à Louis VII. 

1. Celte provenance avait été déjà reconnue par Julius Zacber, dans son édi¬ 
tion de Julii Yalerii Epitoine (Halle, 18G7, in-8*), p. vi. 


Digitized by 






^ Ô'ffgineffrom 

UNIVERSITY OFHeHGAN 


I 


510 MATÉRIAUX POUR L’ÉDITION 

Dans la première partie (fol. 2-59) sont compris les six mor¬ 
ceaux suivants : 

I (fol. 2-32). Histoire des Normands, par Guillaume de 
Jumièges. Je reviendrai sur ce texte, qui mérite d’être l’objet d’un 
examen spécial. 

II (fol. 33-38 v°). Vie de Charlemagne par Eginhard. « Inclpit 
prologus Alcuini’ in Vita Caroli Magni, regis Francorum, impera- 
toris Romanorum. Vitam et conversationes et ex parte non modica 
res gestas domni et nutritoris mei Karoli... — ... post obitum ejus 
summa devotione adimplere curavit. Explicit vita Karoli magni, 
imperatoris Romanorum, regis Francorum. » Quelques-unes des 
variantes de ce texte ont été relevées par J. Zacher, dans le Sera- 
peum, IV, 44, année 1843. 

III (fol. 38 v°-47). « Incipit Vita Alexandri, regis magni Macedo- 
nis. Egipti sapientes, sati genere divino, primi feruntur permen- 
siquesuntterram ingenii pervicatia... —... vino et veneno superatus 
atque extinctus occubuit. Explicit Vita Alexandri magni Macedo- 
nis. » Ce texte a été employé par J. Zacher pour son édition de 
J. Valerii Epitome (Halle, 1807, in-8°). 

IV (fol. 47-51 v*). « Incipit Epistola ejusdem [Alexandri] ad 
Aristotelem, magistrum suum, de situ Indie. Semper memor tui 
etiam inter dubia... — ... et animi industria optimi Aristotelis judi- 
cium. Explicit Epistola Alexandri, regis magni Macedonis, ad Aris¬ 
totelem, magistrum suum, de situ Indiæ. » 

V (fol. 52-59). Abrégé des Gestes des rois de France, depuis 
l’origine jusqu’à l’année 1137. « Incipit adbreviatio Gestorum regum 
Francie. Antcnor et alii profugi ab excidio Troie Asia pervagata... 
— ... est sepullus et in ecclesia Sancti Dionisii, et successit ei 
Ludovicus, filius ejus, rex Francorum et dux Aquitanorum, anno 
ab incarnatione Domini M° C° XXXVII 0 . » Il sera question plus 
loin (p. 512) de cet ouvrage. 

VI (fol. 59 v°). « Genealogia comitum Flandriæ. Hidricus genuit 
Ingelrannum, Ingelrannus Odracum... — ... quo interfecto 
M C XXVII anno Domini, sine flliis, Guillelmus successit per bien- 
nium, cujus pater fuit Robertus, avus ejus Guillelmus, cornes 
Normannorum et rex Anglorum, qui duxil Matildem, germanam 
Robert! Frisionis avique Balduini. Et hoc quoque int[er]empto, 

1. Le mot Alcuini a été ajouté en interligne. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


DE GUILLAUME DE JUMIÈGES. 


511 


sine liberis, Theodericus, fllius ducis Alsatiæ, ex ni* amita Bal- 
duini, comitatum suscepit. Hic duxit Sibillam, filiam Fulconis, 
comitis Andegavorum, ex qua genuit Pbilippum, Matheum, Petrum 
et très Olias, quarum primogenita nupsit Amico, comiti Inter- 
monteno. » 


Dans la seconde partie du volume (fol. 60-106), en tête de 
laquelle (fol. 60) est un joli dessin à la plume, représentant un 
cavalier, il n’y a que trois morceaux, savoir : 

VII (fol. 60-101 V*). Ouvrage de Geoffroi de Monmouth. « Inci- 
pit prologus Gaufridi Monimutensis ad Rodbertum, comitem Clau- 
diocestrie, in hystoriam de regibus majoris Brittanie, que nunc 
Anglia dicitur, quam hystoriam idem Gaufridus nuper transtulit 
de briltannico in latinum. Cum multa mecum... —... hoc modo in 
latinum sermonem transferre curavi. Explicit liber decimus historié 
de regibus Britonum, quam nuper de britannico in latinum transtu¬ 
lit Gaufridus Monemutensis. » Cette copie de l’ouvrage de Geoffroi 
de Monmouth est, selon toute apparence, celle que cite Henri, archi¬ 
diacre de Huntingdon, comme lui ayant été communiquée en 1139 
dans l’abbaye du Bec par Robert de Torigni 1 . 

VIII (fol. 101 v°-106). Histoire des Bretons, par Nennius. « Inci- 
piunt exceptiones de libro Gildæ Sapientis, quem composuit de pri- 
mis habitatoribus Britannie, quæ nunc Anglia dicitur, et de excidio 
ejus. A principio mundi usque ad diluvium anni II m CCXLII... — 
... habitasset in extremis flnibus cosmi. Expliciunt mirabilia Brit- 
tannie. Finit liber sancti Gilde Sapientis de primis habitatoribus 
Brittannie et de excidio ejus. » Voyez Petrie, Monumenta histo - 
rica Britannica, p. 53-81. 

VIII (fol. 106 et v°). Fragment du livre VIII de l’histoire d’Or- 
deric Vital. « Miraculum quod contigit in quadam ecclesia Beati 
Pétri apostoli, que sita est in urbe Constantia. Anno ab incama- 
tione Domini M C VII, indictione prima, Willelmus archiepiscopus 
concilium presulum et abbatum Rothomagi congregavit... —... per 
totam diocesem ejus [debacchata est]. » Voyez, dans l’édition de la 
Société de l’histoire de France, t. III, p. 391-393. 


Pour achever de bien faire connaître le ms. 20 de Leyde, je 
dois, comme je l’ai annoncé, donner quelques détails surl’exem- 


1. Voir mon édition de la Chronique de Robert de Torigni, t. I, p. 97 et 98. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



512 


MATÉRIAUX POUR l/ÉDITION 


plaire de Guillaume de Jumièges qui en forme la première et la 
plus importante partie. Par suite de la perte des cahiers signés A 
et B, le texte en est incomplet et ne commence (fol. 2) qu’aux 
mots « dum per legatos a duce sepius objurgaretur et ab ausu 
obstinati animi resipiscere nollet », lesquels, dans l’édition de 
Duchesne, se trouvent au haut de la page 250 (livre V, 
chap. iii). 

Voici les rubriques finales et initiales de ce qui subsiste : 

Fol. 5. Explicit liber III. 

Fol. 5. Incipiunt capitula libri quinti... — Incipit liber quintus 
de iii 0 Ricardo et Rotberto fratre ejus, flliis videlicetsecundi Ricardi. 

Fol. 9 v°. Explicit liber quintus. 

Fol. 9 v°. Incipiunt capitula libri sexti. 

Fol. 10 v°. Incipit liber sextus de Willelmo duce, qui Angliam 
armis subegit. 

Fol. 21 v°. Explicit liber sextus de Willelmo, rege Anglorum et 
ducis [sic] Normannorum. 

Fol. 21 v°. Incipiunt capitula libri septimi. 

Fol. 22 v°. Incipit liber VIII hystoriæ Normannorum, gestorum 
autem ducum Normanniæ VII, continens res gestas Henrici, regis 
Anglorum et ducis Normannorum. 

L’ouvrage se termine, au fol. 31, par la phrase : « Eodem 
anno mortuus est Lotharius, imperator Romanorum et Aleman- 
norum, cui successit Corradus, nepos Henrici quarti, qui ante 
Lotharium imperaverat » (dans Duchesne, p. 314). 

Suivent, sur les fol. 31 et 32, les anecdotes que Duchesne 
(p. 315) a publiées sous le titre de Additamenta ad Historiam 
Normannorum : « Quante hurailitatis Rollo fuit postquam 
fidem Christi suscepit... — ... Vimonasteriura, scilicet quoddam 
manerium quod ipse illis pro anima sua dabat. » 

Le manuscrit contient donc les chapitres iii-xvii du livre V, 
et les livres VI, VII et VIII de l’ouvrage de Guillaume de 
Jumièges, tel qu’il a été publié par Duchesne. Ces livres V, VI, 
VII et VIII sont ici désignés par .les nombres IV, V, VI et VII, 
sans tenir compte de ce qui forme le premier livre de l’ouvrage. 
La même division ou plutôt la même numérotation nous est 
offerte par le manuscrit latin 5997 a de la Bibliothèque nationale, 
que je soupçonne avoir été copié d’après l’exemplaire de Leyde, 


ê 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JUMIÈGES. 


513 


et qui pourrait bien avoir été exécuté vers le milieu du xii® siècle 
pour l’abbaye du Mont-Saint-Michel. On voit, par le manus¬ 
crit 5997a, mieux encore que par le manuscrit de Leyde, com¬ 
ment les livres II-VIII de Y Histoire des Normands étaient 
intitulés livres I-VII de Y Histoire des ducs de Nor'mandie : 
« Incipiunt capitula libri secundi ejusdem hystoriæ, gestorum 
autem ducum Normannie primi 1 . » Le livre I er étant considéré 
comme une introduction, le livre II devenait le livre I de Y His¬ 
toire des ducs de Normandie , et ainsi de suite. 

Du moment où le manuscrit de Leyde contient le huitième 
livre de Y Histoire des Normands et qu’il s’arrête à la mort de 
l’empereur Lothaire, il est évident qu’il renferme le texte de la 
dernière rédaction de l’ouvrage. Or, il est depuis longtemps 
démontré que cette dernière rédaction a été faite dans l’abbaye 
du Bec et qu’elle est l’œuvre de Robert de Torigni. Il ne serait 
donc pas étonnant qu’un exemplaire de cette rédaction, datant 
du xii® siècle et sorti de l’abbaye du Bec, comme nous en avons 
la preuve pour le ms. 20 de Leyde, offrît une valeur exception¬ 
nelle. La question devra être étudiée à fond dans l’édition cri¬ 
tique du livre de Guillaume de Jumièges. Je me bornerai donc à 
déterminer par quelques exemples le caractère et l’intérêt du 
manuscrit de Leyde. En peu de mots, j’espère pouvoir établir 
que c’est le travail original, peut-être en partie autographe, de 
Robert de Torigni. 

On a vu qu’Orderic Vital, aux environs de l’année 1130, dans 
l’abbaye de Saint-Évroul, revit et compléta l’ouvrage de Guil¬ 
laume de Jumièges. 

Une dizaine d’années plus tard, ce même texte fut de nou¬ 
veau repris, développé et continué par Robert de Torigni dans 
l’abbaye du Bec. 

La rédaction d’Orderic Vital se trouve en original dans le 
manuscrit de la bibliothèque de Rouen n° 1174, et en copie dans 
plusieurs manuscrits de la Bibliothèque nationale, notamment 
le n° 4861, qui vient de Saint-Taurin d’Evreux. Quant à la 
rédaction de Robert de Torigni, c’est celle que Duchesne a 
publiée et dont les manuscrits sont les plus nombreux. La très 
grande place que les événements relatifs au monastère du Bec 
tiennent dans cette rédaction prouve qu’elle a été écrite alors 


1. Ms. 5997 a, fol. 5. 

1910 


33 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



514 


MATERIAUX POUR L'ÉDITION 


que Robert en était prieur, c’est-à-dire au plus tard en 1154, 
date à laquelle il fut élu abbé du Mont-Saint-Michel 1 . 

Dans le manuscrit de Leyde, nous voyons les modifications 
successives par lesquelles Robert de Torigni a fait passer la 
rédaction d’Orderic Vital, pour lui faire peu à peu revêtir la 
forme définitive sous laquelle nous sommes habitués à lire l’ou¬ 
vrage de Guillaume de Jumièges. Ces modifications et ces addi¬ 
tions ont été marquées à diverses reprises, tantôt en interlignes, 
tantôt sur les marges, tantôt même sur des feuillets interca¬ 
laires ; elles ont toujours cette apparence d’irrégularité qui per¬ 
met de ne pas confondre les manuscrits originaux des auteurs 
avec les copies ordinaires des scribes de profession. Il nous est 
ici fort aisé de suivre la marche du travail. Un moine a été 
chargé de copier le texte de Guillaume de Jumièges arrangé par 
Orderic Vital; il y a intercalé un certain nombre d’additions 
préparées par Robert de Torigni ; il a de plus réservé des espaces 
blancs à des endroits qui lui avaient été indiqués d’avance. 
Ainsi disposée, la copie a été livrée à Robert de Torigni, qui, de 
sa main ou de la main d’un secrétaire, a ajouté çà et là des 
gloses explicatives et des tables ou sommaires, a corrigé cer¬ 
tains passages et a intercalé des chapitres entiers pour expo¬ 
ser des faits qu’il avait un intérêt particulier à faire passer à 
la postérité. 

Comme exemples de gloses interlinéaires, je mentionnerai les 
suivantes, dont il n’y a pas trace dans l’édition de Duchesne et 
qui sont loin d’être dépourvues de valeur : 

Fol. 4, col. 2. Porro dux Ricardus, de successions prolis sollici- 
tus, Goisfredum Brilannorum comitem quandam habere sororem, 
nomine Judith, scilicet filiam Conani, comitis Britannie , 
audiens... (Duchesne, p. 255; 1. V, ch. xm). 

Fol. 6 v°. ... Castrum quod vocavit Carrucas, id est Carnes, 
stabilivit (Duchesne, p. 261, ligne 1 ; 1. VI, ch. vin). 

Fol. 14 v°. Eadem tempestate Willelmus cognomento Warlencus, 
scilicet filius Malgerii comitis... (Duchesne, p. 276; 1. VII, 
ch. xix). 

1. < [Anno 1154], mense roaii, vi kalendas junii, feria 5 intra octavas Pen- 
tecostes, monasterium Beati Michaelis de Periculo maris, post tribulationem, 
quam per quinquennium fere jugem passurn fuerat, Deo miserante, aliquantu- 
lora respira vit, electo unanimiter ab onani conventu Roberto de Torinneio, 
priore claustrali Beccensis monasterii # (Robert de Torigni, t. 1, p. 284). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


DE GUILLAUME DE JUMIÈGES. 515 

Fol. 20 v°. ... Mulierem quandam vocabulo Erembergam vel 
Alberedam , speciosam valde... (Duchesne, p. 288, avant-dernière 
ligne; 1. VII, ch. xxxvm). 

* 

Les tables qui précèdent chaque livre paraissent avoir été 
rédigées après coup par Robert de Torigni. Elles sont écrites 
tantôt en caractères serrés, tantôt en caractères lâches et allon¬ 
gés, suivant que l’espace réservé d’avance était trop exigu ou 
trop considérable. Gela est surtout visible sur le fol. 9 v° et sur 
le fol. 10. 

Le long chapitre qui commence par les mots « Circa hec tem- 
pora... » et qui concerne l’histoire de l’abbaye du Bec (dans 
Duchesne, p. 261-265; 1. VI, ch. ix) est signalé depuis long¬ 
temps comme une interpolation de Robert de Torigni : il a été 
ajouté après coup dans le manuscrit de Leyde et présente des 
traces de remaniements; le fait matériel de l’interpolation res¬ 
sort surtout de cette particularité que, la place réservée ayant 
été insuffisante, on a eu recours à un feuillet supplémentaire, 
celui qui est aujourd’hui coté 8. 

Dans l’édition de Guillaume de Jumièges arrangée par Orde- 
ric Vital, le passage qui est devenu la fin du chap. xix et le 
commencement du chap. xx du livre VII se présentait sous la 
forme suivante : 

... donec diros ictus accipit. 

Post aliquot annos Willelmus, cognomento Busacius, ducatum 
sibi volens vendicare...*. 

Tel était le texte primitif du manuscrit de Leyde, avant qu’on 
y eût gratté les mots Post aliquot annos Willelmus , leçon 
dont l’existence au fol. 15 de ce manuscrit est incontestable, 
comme le prouve la grande initiale P, qui est encore parfaite¬ 
ment visible. La main qui a effacé ces quatre mots a ajouté un 
membre de phrase après accipit et a substitué aux quatre 
mots effacés deux phrases pour lesquelles elle n’a trouvé de place 
qu’en les traçant en partie sur la marge inférieure de la page. 
Par suite de cette transformation, le passage se lit ainsi dans le 
manuscrit de Leyde, au fol. 15 : 

... donec diros ictus accipit, quod in subsequenti luce clarius 
apparebit exemplo. 

1. Bibl. nat., ms. latin 4861, fol. 148, col. 2. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



I 

f 


516 MATfolAUX POÜE L^DITION 

Siquidem , ut in superioribus manifestavimus , dux Nor- 
mannorum Ricardus , /îftus primi Ricardi , cuidam fratri suc 
uterino, nomine Willelmo, dédit comitatum Aucensem. Hic 
ex Lescelina comitissa habuit très filios , Robertum, Willel- 
mum, Hugonem , postea episcopum Luxoviensem. Horum 
médius Willelmus, cognomento Busacius, ducatum sibi volens 
vendicare... 

C’est la leçon de l’édition définitive de Guillaume de Jumièges. 

Le passage relatif à la promotion de Lanfranc à l’archevêché 
de Cantorbéry a été ainsi adopté ou arrangé par Orderic Vital : 

Qui post aliquot annos ab Alexandro papa Cantuariorum archie- 
piscopatum suscepit*. 

C’est ce que portait le manuscrit de Leyde au fol. 17V 4 ; mais 
le reviseur de ce manuscrit, qui ne trouvait sans doute pas à 
propos d’attribuer uniquement et directement au pape l’éléva¬ 
tion de Lanfranc sur le trône archiépiscopal (ab Alexandro 
papa archiepiscopatum suscepit ), a effacé la préposition ab 
et l’a remplacée en interligne par le mot annitente, pour faire 
entendre que la nomination avait été faite par Guillaume le Con¬ 
quérant, avec l’assentiment du pape Alexandre II (annitente 
Alexandro papa). Cette dernière leçon a naturellement prévalu 
et est entrée dans le texte définitif 2 . 

Dans le texte arrêté par Orderic Vital, le chapitre relatif au 
mariage de Guillaume le Bâtard s’arrête au membre de phrase 
qui rappelle l’entrée de la duchesse Mathilde dans la ville de 
Rouen : 

Cum maximo tripudio ac honore Rotomagi mœnibus intulit 3 . 

A la suite du mot intulit , le copiste du manuscrit de Leyde 
avait réservé la place nécessaire pour insérer ce que Robert de 
Torigni voulait dire des enfants de Guillaume et Mathilde. Cette 
addition se borna à une phrase : 

Genuit autem ex ea, procedenti tempore, filios quatuor : Rober- 

1. Ma. 4861, fol. 149 ▼*, col. 2. 

2. Duchesne, p. 282; 1. VII, cb. xxvi. — Le ms. 5997a, fol. 38, porte : 

« Qui post aliquot aonoa Alexandro papa... », et le ma. 5997, fol. 43 : « Qui 
post aliquot annos ab Alexandro papa... », le mot ab étant rétabli en interligne. 

3. Ma. latin 4861 de la Bibliothèque nationale, fol. 148, col. 2. 


\ 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


1 



DE GUILLAUME DE JUMlÈGES. 


517 


tum, qui post cum ducatum Normannie aliquandiu lenuil, et Wil- 
lelmum, qui regno Anglie tredecim annis prefuit, et Ricardum, qui 
juvenis decessit, et Henricum, qui fratribus tam régi* quam duci 
successit, et filias quatuor; de quibus omnibus, tam viris quam 
feminis, liber subsequens, qui de gestis nobilissimi regis Henrici 
inscribetur, pro modulo nostro, Deo juvante, pertractabit*. 

Cette phrase a été tracée en caractères gros et espacés au 
fol. 15 du manuscrit de Leyde pour remplir tant bien que mal 
l’espace laissé en blanc. 

Un peu plus loin, le contraire a eu lieu. Le texte antérieur à 
la révision de Robert de Torigni portait simplement que la paix 
dont jouissait la Normandie avait favorisé le développement des 
fondations religieuses. A la suite de cette déclaration un peu 
vague, Robert de Torigni avait fait laisser un blanc, dont il 
devait profiter pour énumérer en détail les monastères que le 
xi® siècle vit naître en Normandie. La matière était plus vaste 
qu’il ne l’avait supposé : le blanc réservé n’a pas suffi, malgré l’em¬ 
ploi de caractères serrés, et il a fallu recourir à la marge infé¬ 
rieure de la page pour y consigner une partie du morceau addi¬ 
tionnel. Si on veut s’en rendre compte, on n’a qu’à comparer 
notre ms. 4861, fol. 148, col. 2, avec le fol. 15 v°du manuscrit 
de Leyde. Le morceau additionnel commence aux mots « Et 
quia diximus nobiles... » et s’arrête aux mots « Unde constat 
ilia prius fuisse destructa et iterum reædificata » (éd. Duchesne, 
p. 278 et 279; 1. VIII, ch. xxn). 

Le même procédé a été employé pour ajouter sur le fol. 20 v° 
du manuscrit de Leyde l’histoire de Raoul, comte d’Ivri, et de 
la descendance de ce comte, qui manque dans la rédaction anté¬ 
rieure au travail de Robert de Torigni ’ et qui remplit une page 
dans l’édition de Duchesne (p. 288 et 289; 1. VII, ch. xxxviii). 

Le dernier livre de Y Histoire des Normands , consacré au 
règne de Henri I er , roi d’Angleterre, est tout entier l’œuvre de 
Robert de Torigni. Dans le manuscrit de Leyde, la table et le 
texte de ce dernier livre ont été transcrits à diverses reprises, 
avec des marques d’hésitation, avec des corrections ou des addi¬ 
tions qui correspondent aux progrès du travail de composition 

1. A la suite du mot régi , il y avait un mot qui a été gratté. 

2. Voir Duchesne, p. 278, 1. VII, ch. xxi. 

3. Voir le ms. 4861, fol. 152, col. 1. 


Digitized by 




Original from 


UNIVËRSITYOF MICHIGAN 


518 


MATÉMACX POUR L’ÉDITION 


et ne laissent aucun doute sur l’originalité de l’exemplaire. C’est 
de ce manuscrit, selon toute vraisemblance, que dérivent toutes 
les copies du dernier livre de Y Histoire des Normands. C’est 
lui, je n’en doute pas, qui servira à en expliquer les lacunes et 
les variantes, comme aussi à classer entre elles les plus anciennes 
de ces copies. On en jugera par quelques exemples significatifs. 

En parlant de Renouf, comte de Chester, Robert de Torigni 
avait d’abord écrit, ou fait écrire, au fol. 30 v° du manuscrit de 
Leyde : Accepit uxorem Sibillam, filiam Roberti, comitis de 
Gloecestra. Plus tard, il fit gratter le mot Sibillam , il le rem¬ 
plaça par Mathildem, substitua Gloecestrœ à de Gloecestra 
et ajouta ce membre de phrase : ex qua genuit duos filios , 
Hugonem et Ricardum. 

Les copies qui furent faites avant cette correction portent la 
leçon primitive : Accepit uxorem Sibillam , filiam Roberti , 
comitis de Gloecestra. Dans celles qui furent exécutées après 
la correction, on lit : Accepit uxorem Mathildem, filiam 
Roberti , comitis Gloecestrœ , ex qua genuit duos filios , 
Hugonem et Ricardum 1 . 

Une observation du même genre peut être faite sur le passage 
relatif aux enfants de Robert du Neufbourg. Primitivement, 
dans le manuscrit de Leyde (fol. 30 v°, col. 2), ce passage se 
terminait par les mots : ex qua habuit plures filios , auxquels 
l’auteur ajouta dans la suite scilicet Henricum et fratres 
ejus 2 . De ce manuscrit non encore modifié en cet endroit 
dérivent les copies qui portent simplement ex qua habuit 
plures filios. Les copies qui nous offrent la leçon ex qua habuit 
plures filios , scilicet Henricum et fratres ejus dérivent aussi 
du même manuscrit, mais représentent un état de révision un 
peu plus moderne. 

J’ai eu la curiosité de vérifier quelle leçon les manuscrits de 
la Bibliothèque nationale contiennent pour les deux passages 
concernant le comte de Chester et Robert du Neufbourg. Huit 
sont conformes au texte primitif du manuscrit de Leyde; ce 
sont les n<“ 5997, 5997a, 5998, 5999, 6000, 6217, 12882 et 
14663 du fonds latin. Un seul, le n° 6000, nous offre pour ces 
deux passages les leçons qui ont été introduites après coup dans 
le manuscrit de Leyde. 

1. Ce passage est dans l’édition de Duchesne, à la page 313. 

2. Dans l'édition de Duchesne, p. 314. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JUMIÈGES. 


519 


Ce qui est peut-être le plus digne d’attention, c’est la lacune 
qui se trouve vers le milieu du livre VIII. Dans le manuscrit 
de Leyde, le fol. 25 v° se termine par une phrase inachevée du 
ch. xvii : 

Occiso autem illo Araalrico, Rodulfus de Toeneio. 

La page suivante (fol. 26) commence ainsi : 

Denique catervis more pugnantium necnon et equitibus sagitta- 
riis, quorum inibi exercitus regius maximam multitudinem habebat, 
in dextra parte hostium præmissis, clamor, ut in initio bellorum 
solet fleri, utrinque attollitur. 

Entre les derniers mots du fol. 25 v° de Toeneio et les pre¬ 
miers mots du fol. 26 r° Denique catervis , il y a une lacune 
considérable que rien ne fait apercevoir au premier abord et qui 
ne se révèle au lecteur que par l’interruption du sens. Il manque 
en effet la fin du ch. xvii, les ch. xviii, xix et xx, plus le com¬ 
mencement du ch. xxi. Tout cela devait à l’origine remplir 
quatre pages ou deux feuillets, qui ont été coupés, l’un à la fin 
du cahier E, l’autre au commencement du cahier F, et dont les 
vestiges sont encore visibles au fond du volume, entre les 
fol. 25 et 26. Ces deux feuillets ont disparu de très bonne heure, 
à un moment peut-être où aucune copie n’avait encore été faite 
du livre VIII. En effet, la portion du texte que l’enlèvement des 
deux feuillets a fait disparaître du manuscrit de Leyde manque 
également dans tous les exemplaires connus du livre VIII de 
Y Histoire des Normands; mais le manuscrit de Leyde est le 
‘seul dans lequel la lacune coïncide avec l’absence matérielle de 
deux feuillets. Ainsi, pour nous en tenir aux dix manuscrits 
de la Bibliothèque nationale, voici comment ce passage y est 
copié : 

Dans le n° 5997 a, le scribe a tenu compte de la lacune ; il a 
laissé un blanc considérable entre le mot Toeneio (fol. 49) et le 
mot catervis (fol. 50); il a, de plus, supprimé le mot denique. 

Le texte est absolument dans le même état au fol. 417 du 
ms. 6044 et aux fol. 92 v° et 93 du ms. 6217, où nous remar¬ 
quons à la fois la réserve d’un espace blanc et l’omission du 
mot denique. Ce mot denique a été rétabli après coup dans le 
ms. 6217. 


Digitized by 




Original fropn 

UNIVERSITY OFIvIICHIGAN 



520 


MATÉRIAUX POUR L’ÉDITION 


Au lieu de supprimer le mot denique , un copiste s’est imaginé 
de le remplacer par inique : d’où la leçon Radulfus de Toeneio 
inique cater'vis ..., sans réserve de blanc, dans le ms. 5997, 
fol. 54. — Le ms. 6002, fol. 81 v° et 83 v°, qui avait primitive¬ 
ment la leçon du manuscrit de Leyde Radulphus de Toeneio 
denique... catervis ! , a été corrigé à l’aide d’une copie sem¬ 
blable à celle du ms. 5997 ; le mot inique y a été substitué en 
interligne au mot denique. — Dans deux manuscrits (5998, 
fol. 108, et 6000, fol. 64), le mot denique a été remplacé par 
inique itaque , et dans deux autres (12882, fol. 97 v°, et 14663, 
fol. 124), par inque. — Un dernier, enfin (5999, fol. 161 v°), 
nous offre la leçon quinque. 

Il y a là peut-être des indications suffisantes pour grouper 
généalogiquement les dix exemplaires de la Bibliothèque natio¬ 
nale. Il y a du moins, je crois, la preuve matérielle que ces dix 
exemplaires dérivent tous plus ou moins directement du manus¬ 
crit de Leyde. 

Le ms. 20 de Leyde offre donc une importance capitale pour 
étudier les modifications que Robert de Torigni fit subir à Y His¬ 
toire des Normands de Guillaume de Jumièges. Aussi est-il 
fort regrettable que les seize premiers feuillets en aient disparu. 
Pour y suppléer dans les limites du possible, il ne sera pas inu¬ 
tile de déterminer quels exemplaires dérivent le plus directement 
du manuscrit de Leyde, c’est-à-dire du manuscrit original de 
Robert de Torigni. Sans risquer une solution encore aujourd’hui 
prématurée, je crois pouvoir recommander les manuscrits 
latins 5997, 5999 et 14663 de la Bibliothèque nationale et le 
manuscrit 77 de Leyde. Ces quatre manuscrits ont, avec le 
manuscrit de Robert de Torigni, un trait de ressemblance qui 
ne saurait être fortuit : dans tous les cinq, nous trouvons sem¬ 
blablement groupés trois ouvrages historiques, qui n’ont entre 
eux aucun lien et que le hasard seul pouvait rapprocher : Y His¬ 
toire des Normands , par Guillaume de Jumièges et Robert de 
Torigni, la Vie de Charlemagne , par Eginhard, et Y Abrégé 
des Gestes des rois de France , commençant par les mots 
Antenor et aliiprofugi... 


1. Le copiste du manuscrit G002 avait seulement commis la faute de placer 
le mot denique avant le blanc, au lieu de le placer après. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JUMlÈGES. 


521 


Ce n’est pas seulement pour l’établissement du texte de Y His¬ 
toire des Normands que le ms. 20 de Leyde est important à 
consulter. Il mérite encore d’être sérieusement examiné pour 
déterminer à quelle date a été composé Y Abrégé des Gestes des 
rois de France , commençant par les mots : « Antenor et alii 
profugi... »*. La valeur de cet Abrégé n’est plus à démontrer, 
depuis que Jules Lair 1 2 a signalé l’usage qu’en ont fait Philippe 
Mouskes et les rédacteurs des Grandes Chroniques ; mais 
l’époque de la composition est encore fort discutable. J. Lair 3 
ne la croyait pas antérieure à l’année 1185. La présence de 
cet ouvrage, au milieu du xn® siècle, dans la bibliothèque de 
l’abbaye du Bec me paraît établie par l’histoire du manuscrit qui 
nous occupe en ce moment. La question est donc à reprendre, 
en combinant cette donnée nouvelle avec toutes les particulari¬ 
tés que J. Lair a dégagées avec tant de sagacité dans son étude 
sur le ms. latin 12710 de la Bibliothèque nationale. 

Au manuscrit qui vient d’être décrit peut, à certains égards, 
se rattacher un autre manuscrit de Leyde, le manuscrit 77, 
venu de Petau, qui contient en assez bon état une notable partie 
des textes historiques réunis dans le manuscrit de Saint-Victor, 
aujourd’hui n° 14603 du fonds latin de la Bibliothèque nationale. 
Mais ce n’est pas ici le lieu de s’en occuper. Il suffit de ren¬ 
voyer aux notices qui s’en trouvent dans le Serapeum (t. IV, 
p. 47, article de Zacher) et dans mes Mélanges de paléogra¬ 
phie et de bibliographie (p. 190). 


1. Cet abrégé se trouve à la Bibliothèque nationale dans cinq manuscrits du 
fonds latin : 4937 , 4938, 5997, 5999 et 14663, dans le manuscrit 90 de Berne, 
dans le manuscrit 9178 (le Bruxelles et dans les manuscrits 20 et 77 de Leyde. 
La dernière partie a été publiée d'après le manuscrit 14663 dans le Recueil 
des historiens (t. VI, p. 238; t. VII, p. 255; t. X, p. 226; t. XI, p. 213; t. XII, 
p. 67). M. Weitz a publié VAbrégé dans les Scriptores de Perlz (l. IX, p. 395), 
d’après les manuscrits de Berne et de Bruxelles. 

Le manuscrit latin 4937 de la Bibliothèque nationale est un de ceux qui ont 
été dérobés vers l'année 1810; la plupart des cahiers se sont retrouvés chez 
lord Ashburnham, mais on n’a pas encore découvert le sort des feuillets qui 
contenaient Y Abrégé des gestes des rois de France. Voir la Bibliothèque de 
tÊcole des chartes (6* série, t. II, p. 257, année 1866) et surtout mon Cata¬ 
logue des manuscrits des fonds Libri et Barrois (Paris, 1888), p. 20t. 

2. Bibliothèque de l'École des chartes, t. XXXV, p. 575-578. 

3. Ibid., p. 575. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



522 


MATÉRIAUX POUR l/ÉDITION 


Dans l’accomplissement de la tâche que mon confrère et ami 
M. Henri Moranvillé, au nom de Madame Jules Lair, m’avait 
confiée, j’ai été constamment secondé par le concours empressé 
de mes camarades du Département des manuscrits de la Biblio¬ 
thèque nationale. Les gracieuses communications de M. Lori- 
quet, bibliothécaire de Rouen, et de M. Richard, bibliothécaire 
d’Alençon, m’ont été du plus grand secours, et je ne sais com¬ 
ment remercier les chefs de la Bibliothèque universitaire de 
Leyde, M. le directeur de Vries et M. le conserv ateur des manus¬ 
crits Molhuysen, des facilités qu’ils m’ont libéralement accor¬ 
dées pour obtenir une excellente reproduction du manuscrit de 
Robert de Torigni conservé dans leurs riches collections. 

Les phototypies de ce recueil sont sorties de l’atelier de 
MM. Fortier et Marotte, de Paris. L’exécution en a été dirigée 
et surveillée de très près par mon confrère M. Froment, l’un 
des meilleurs amis, l’un des plus dévoués collaborateurs de 
Jules Lair, aussi bien pour les travaux d’érudition historique 
que pour la participation aux grandes affaires financières. 


III. 

Concordance des deux manuscrits avec l’édition 

d’André Duchesne. 

La reproduction phototypique que Madame Jules Lair a fait 
exécuter du manuscrit de Saint-Évroul et du manuscrit du Bec 
simplifiera beaucoup la tâche du futur éditeur de l’Histoire de 
Guillaume de Jumièges; mais dès maintenant cette reproduction 
rendra de grands services aux savants qui voudraient se livrer 
à la vérification de nombreux passages pour savoir quelle en 
est la valeur, suivant qu’ils doivent être attribués à Guillaume 
de Jumièges, ou à Orderic Vital, ou à Robert de Torigni. A l’aide 
des concordances que publie la Bibliothèque de l’École des 
chartes , il sera le plus souvent facile de trouver la place qu’un 
passage de l’édition de Duchesne occupe soit dans le manuscrit 
d’Orderic Vital, soit dans celui de Robert de Torigni. Comme les 
planches de la reproduction sont généralement dépourvues de 
cotes, j’ai dû les désigner par les premiers mots de la page, pré- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DE GUILLAUME DE JUMIBGES. 


523 


cédés de la cote des manuscrits originaux. J’espère que la 
recherche ne sera jamais bien compliquée. Par exemple, vou¬ 
dra-t-on savoir où se trouve dans les deux manuscrits le cha¬ 
pitre relatif à la campagne du roi Henri I er , dans laquelle furent 
brûlés les châteaux de Tillières et d’Argentan : le fait est rap¬ 
porté à la p. 269 de l’édition d’André Duchesne et les tables de 
concordance font voir que le commencement de la p. 269 de 
Duchesne se trouve dans le manuscrit d’Orderic au fol. 136, 
commençant par ilico se intra , et dans le manuscrit de Robert 
de Torigni au fol. 11 v°, commençant par füiam uxorem. 


Concordance du manuscrit d’Orderic Vital 
avec l’édition d’André Duchesne. 


Au fol. 116, l’épître de Guillaume de Jumièges au roi Guil¬ 
laume le Conquérant, p. 215 de l’édition de Duchesne. 

Au fol. 116 v° jusqu’au fol. 118 v°, texte du premier livre 
intitulé : Incipit liber primus in Normannorum pressuris, 
quibus Franciam afftixerunt. Il se termine au fol. 118 v° par 
cette rubrique : Explicit liber primus de Normannorum 
crudelitate qua Neustria graviter oppressa est. La différence 
des textes ne permet pas d’établir la concordance avec les pages 
de l’édition, dans laquelle le livre I occupe les p. 217-221. 

Du fol. 118 v° au fol. 121, le livre II : Incipit liber II. De 
Rollone. — Explicit de Rollone. La différence du texte de 
l’édition (p. 211-213) ne permet pas non plus d’établir une con¬ 
cordance. 


Ms. d’Orderic Vital. 


Édition de Duchesne. 


116 v°. Incipit liber primus. . 216 
118 v°. Hastingus dominum... 

Incipit liber II de Rollone . . 226 

121. cum Dro subditorum. 


Incipit de Willemo duce. . . 233 

121 v°. Rotomagensis .... 234 

122. sullimavit. Quod .... 235 

122 v°. et karitatem.236 

123. fraude abstulit.238 


123 v°. ... populus utriusque . . 238 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 










524 


MATÉRIAUX POUR L’ÉDITION 


Ms. d’Orderic ViUl. Édition de Dnchesne. 


Incipit de Ricardo . 239. . 

124. euraque furentium. . . . 239. . 

124 v°. se res habeant .... 240. . 

125. extitit et.241. . , 

125 v°. militis incidit .... 242. . 

126. flliam suam. 243. . 

126 v°. flliam ejus. 244. . 

127. repertis comitibus .... 245. . 

127 v°. Ubi vero. 247. . 

128. abstulit et cuncta .... 248. . 
Explicit de Ricardo. 

128 v°. in nomine. 249. . 

129. ut fratrem. 250. . 

129 v°. puella corpore .... 251. . 

130. sacramentorum. 252. . 

130 y*. (Ilium nomine .... 253. . 

131. eos ad prædam. 254. . 

131 v 4 *. proditione. 255. . 

132. amore suo. 256. . 

Explicit de Ricardo secundo. 

132 v*. relatu quos. 257. . . 

133. jure a serviminis .... 259. . . 

133 v°. formidantes. 260. . . 

134. ingenti Normanniam ... 261 et 265 

134 v°. Ætlelredi regis .... 266. . . 
Explicit de Ricardo tercio. 

135. eorum ferina. 267. . , 

135 v°. omnes vicinos .... 268. . . 

136. illico se intra. 269. . 

136 v°. quos illi in. 270. . . 

137. legitimus restitutor . . . 271. . , 

137 v°. nullo résistante .... 272. . . 

138. Justus et. 274. . , 

138 v*. Ad extremum .... 275. . . 

139. ... nec mora sicut .... 276. . 

139 v«. ... quid sibi contigisset . 277. . . 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 





































DE GUILLAUME DE JUMIEGES. 


525 


Concordance du manuscrit de Robert de Torigni 
avec l’édition d’André Duchesne. 


Ms. de Robert de Torigni. 

1 v°. 4 . 

2. dum per legatos . . . 

2 v®. micavimus. Ubi . . 

3. per succedentia . . . 

3 v°. sponte dedere . . . 

4. sident et captum . . . 

4 v®. et machinis .... 

5. reddidit et. 

5 v®. partim veracium . . 

6. donec ejus. 

6 v®. et utrosque.... 

7. mentionem, libet . . . 

7 v°. conveniebant . . . 

8. ætatis jam. 

8 v®. Epytaphium . . . 

9. tempore quo .... 

9 v®. consolatione. . . . 

9 v®-10 v®.*. 

10 v®. Incipit liber sextus 1 2 3 

11. Turstini cum.... 

11 v®. filiam uxorem. . . 

12. Tune Rodulfus . . . 

12 v®. ilium Ileroldo. . . 

13. traxisse dicitur . . . 

13 v®. facere, nobili . . . 

14. ut successores . . . 

14 v®. Franciam repetente . 

15. Penuria, quam . . . 

15 v®. In diebus illis. . . 

16. Non multo post . . . 

16 v®. et qualitatem loci. . 


Édition de Duchesne. 


250 

251 

252 

253 

254 

255 

256 

257 

259 

260 
261 
262 
264 

264 

265 

266 


• vwi• • 

. 268. . 

. 269. . 

. 270. . 

. 271. . 

. 272. . 

. 273. . 

. 274. . 

. 276. . 

. 277. . 

. 278. . 

. 279. . . 
. 280. . . 


1. Feuillet initial sur lequel est indiqué le contenu du volume. 

2. Table du livre VI, laquelle n'est pas dans l'édition. 

3. Liber septimus (Duchesne). 


































I 


526 MATÉRIAUX POUR L ÉD1TION DE GUILLAUME DE JUMIÉGES. 

Ms. de Robert de Torigni. Édition de Ducbesne. 

17. irritatU9 arabagibus. ... 281. 

17 v®. lasset, missis. 282. 

18. acriter superveniens. . . . 283. 

18 v°. admodum expertus . . . 284. 

19. Adelizam filiam. 285. 

19 v°. Chuningi. 286. 

20. ut ferunt. 287. 

20 v®. dévia queque. 288. 

21. carant auxilium. 290. 

21 v°. Henricus, qui.291. 

22 .«. 

22 v^. Incipit liber VII . . . 292. 

23. apud Rothomagura .... 293. 

23 v°. sub Normannorum . . . 295. 

24. predicti sui. 296. 

24 v°. ducatum Normanniæ . . 298. 

25. interesset occiderent. . . . 299. 

25 v°. verum etiam. 300. 

26. denique catervis. 302. 

26 v®. sollicitudini. 303. 

27. sub eodem. 305. 

27 v®. saltem delata. 306. 

28. veniens causa regis .... 307. 

28 v®. tempore regiminis . . . 308. 

29. Quod modicum. 309. 

29 v®. heredem sui.310. 

30. de Ponte Audomari. . . . 312. 

30 v®. Nam cum degeret . . . 313. 

31. laudabilis vitæ.314. 

31 v®. Quantæ humilitatis ... 315. 

32. Cornes vero rem.316. 

32 v®. pœna multatam .... 317. 


1. Fin de la table du livre, laquelle n’est pas dans l’édition. 



Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 
































LE DROIT D’APPEL 

DÉNOMMÉ APPEL VOLAGE ET APPEL FRIVOLE. 




L’appel volage est une forme particulière qu’affecta le droit 
d’appel dans une région renfermant environ dix-neuf cents loca¬ 
lités, jadis comprises dans les limites des bailliages de Verman- 
dois, de Vitry et de Senlis 1 et situées aujourd’hui dans les dépar¬ 
tements de l’Aisne, des Ardennes, de la Marne et de l’Oise. Les 
habitants avaient coutume de partager cette étendue de territoire 
eu cinq petits pays, constituant autant de sergenteries, qu’ils 
appelaient : le Porcien, la Thiérache, le Laonnais, la Cham¬ 
pagne et le Soissonnais 2 , et cet ensemble constituait le ressort 
de la prévôté foraine de Laon. L’histoire de cette institution 

1. Peu de localités étaient comprises dans ce bailliage qui, dans le cours des 
siècles, fut souvent uni an Vermandois. 

2. D'après le document de l'année 1296, qui constitue notre première pièce 
justificative, nous voyons que les localités dont les habitants venaient en appel 
volage & Laon étaient situées dans les limites actuelles des départements et 
cantons suivants : 

Porcien. — Partie nord-ouest du département des Ardennes avec les can¬ 
tons de Signy-l'Abbaye, Chaumont-Porcien, Novion-Porcien, Chàteau-Porcien, 
Rethel en partie, le Chesne et, dans le département de l'Aisne, une partie du 
canton de Sissonne. 

Thiérache. — Partie nord-est du département de l'Aisne avec les cantons 
de la Capelle, Hirson, Aubenton, Vervins, Rozoy-sur-Serre, Sains, Ribemont 
et une partie des cantons de Marie et de Crécy-sur-Serre. 

Laonnais. — Partie centrale du département de l’Aisne avec les cantons de 
Moy, la Fére, Chauny et une partie des cantons de Crécy-sur-Serre, Coucy- 
le-ChAteau, Anizy-le-Château, Craonne, Sissonne. 

Champagne. — Dans le département de l'Oise : partie du canton d’Attichy. 
Dans l'Aisne : cantons de Vic-sur-Aisne, NeufchAtel-sur-Aisne et partie des 
cantons de Coucy-le-Château, Soissons, Braine, Craonne. La partie nord-est 
do département de la Marne avec les cantons de Suippes, Châlons, Reims, 
Bourgogne, Avise et une partie des cantons de Fismes et de Ville-en-Tarde- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



528 


LE DEOIT D'APPEL 


mérite d’être retracée d’une façon plus précise qu’on ne l’a fait S 
faute d’avoir connu ou utilisé quelques documents provenant de 
plusieurs fonds et très dispersés dans nos archives actuelles. 

L’appel volage naissait de la faculté qu’avait le défendeur, 
dans un procès porté devant un juge seigneurial, de ne pas 
répondre à la partie adverse en la cour seigneuriale, mais avant 
qu’aucune sentence eût été prononcée, de porter par appel la 
cause en litige par-devant les juges royaux siégeant à Laon, au 
bailliage de Vermandois : de cette façon, la procédure commen¬ 
cée par-devant le juge seigneurial était brusquement inter¬ 
rompue, la cause s’envolait pour ainsi dire ailleurs; aussi, dès 
le xiii* siècle, l’expression « appeaux volages », appellationes 
seu provocationes volagie , a désigné ce genre d’appel auquel 
pouvaient avoir recours les habitants d’une partie des bailliages 
de Vermandois, de Vitry et de Senlis au profit de la juridiction 
souveraine du roi. 

La partie qui voulait interjeter appel faisait, par une décla¬ 
ration verbale, la dénonciation de l’appel à la juridiction qui ne lui 
paraissait pas compétente. BoutiUier, dans sa Somme rural , 
composée dans la seconde moitié du xiv* siècle, avant 1395, 
nous apprend comment l’on procédait ; il dit : « Appel volage ... 
est communément usité en Laonois plus que ailleurs, et cecy se 
faict : si tost que aucun est adjourné devant juge à certain jour, 
il peut venir au juge au jour ou devant, ou soit ce que la cause 
soit encommencée ou non et dire : Sire juge, vous m’avez faict 
adjoumer par devant vous à la requeste de tel , si qu’on me 
dict , si ay cause d’appelle»' de vous et de vostre jurisdiction , 

nois. Dans les Ardennes : le canlon de Tourteron et une partie des cantons 
d’Asfeld, Rethel et Novion-Porcien. 

Soissonnais. — Dans le département de l'Aisne : cantons de Vailly et d’Oul- 
chy-le-Château, ainsi qu'une partie des cantons de Coucy-le-Ch&teau, Anizy-le- 
Château, Soissons, Braine, Craonne. Dans la Marne : une partie des cantons 
de Fismes et de Ville-en-Tardenois. 

1. Quelques lignes ont été consacrées A l'appel volage par Beugnot ( lesOlim 
ou registres des arrêts rendus par ta cour du roi, dans la Coll, des docu¬ 
ments inédits , t. III, 1” partie. Paris, 1844, in-4*, p. xxvi) et Boutaric (la 
France sous Philippe le Bel. Paris, 1801, in-8*, p. 190). Les auteurs anciens 
en parlent aussi fort peu, on trouve quelques lignes seulement dans Laurens 
Bouchel, la Bibliothèque ou Thrêsor du droit français, t. I. Paris, 1629, in-fol., 
p. 236. M. A. Combier, qui a consacré de nombreux travaux à l'histoire judi¬ 
ciaire do bailliage de Vermandois, n'a rien écrit sur l’appel volage. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



ofaOHMÏ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 529 

et pour ce en appelé-je d’appel volage (et le doit aussi nommer 
à l’appel faire), et pour soustenir dès maintenant mon appel 
volage , je vous adjoume par devant monseigneur le bailly 
de Vermandois ou son lieutenant , au premier siège à Laon , 
au jour de la prochaine assise, contre moy , à voir souste¬ 
nir mondict volage appel , et si vous cuidez que bon soit , 
soyez-y. Dès maintenant intime ma partie adverse quelle y 
soit, si bon luy semble,pour voir par moy soustenir mondict 
appel volage. Et n’y faut adjournement, ne puis aussi le juge 
appelé n’y oseroit procéder en outre sur peine de attempter. Et 
si le juge ne compare au jour, l’appelant auroit comparu et com¬ 
mission pour faire adjourner et intériner. Et si l’appelant avoit 
alors prouvé que le juge eust ainsi appelé et adjourné, lors 
seroit à l’appellant donné défaut en cas d’appel. Et est ceste 
coustume fort observée audict pays de Laonois et environ 1 . » 

Vappel volage n’était donc autre chose que « l’exception 
d’incompétence portée au tribunal supérieur sous une forme 
beaucoup plus simple que celle de l’appel ordinaire » 2 . 

L’usage de l’appel volage n’a pas été établi par un acte écrit. 
Dans la seconde moitié du xin® siècle, en 1269, le bailli de Ver¬ 
mandois, Gautier Bardin, obligé de prouver le droit qu’avait le 
roi de recevoir ces appels à sa cour de Laon, ne put invoquer 
que le long usage de l’institution observée a tempore a quo non est 
memoria 3 . L’influence des rois capétiens en Vermandois, très 
sensible dès la fin du xu® siècle, a certainement beaucoup aidé 
à l’extension de l’appel volage. Dans une enquête faite le 24 no¬ 
vembre 1221 malgré l’opposition d’Anselme de Mauni, évêque 
de Laon, par Guérin, évêque de Senlis, sur les droits du roi dans 
la ville de Laon, ainsi que dans le duché et comté de Laon, nous 
lisons que toutes les fois qu’il ne s’agit pas de questions rele- 

1. Somme rural, ou le Grand Coustumier général de practique civil et 
canon, composé par M. Jean Bouteiller, édition de Louys Charondas le Caron 
(Paris, 1603, in-4*), livre II, titre XIIII. Les premières éditions de Bouteiller 
ne renferment pas ce passage. Une bonne liste des éditions 6e trouve dans le 
Catalogue général des livres imprimés de la Bibliothèque nationale , t. XVIII 
(Paris, 1904, in-8*), col. 264-267. Cf. Bibl. nat., ras. fr. 202, fol. 222 v* et 21010. 

2. E. Glasson, Histoire du droit et des institutions de la France, t. VI (Paris, 
1895, in-8*), p. 586. 

3. Cf. ci-après, p. 532. 

1910 34 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



530 


LE DROIT D'APPEL 

vaut uniquement de la juridiction ecclésiastique, l'appel se fait 
à la cour du roi, où les échevins de Laon jugent sur l’ordre du 
prévôt ou du bailli royal 1 . Le rôle des échevins conserva long¬ 
temps la meme importance, puisqu’un rapport présenté au roi 
vers 1294 fait savoir que < li eschevins sont nez de la ville de 
Laon et se font entre aus par élection et jugent les causes le roi, 
les gentishommes du païs, si comme le seigneur de Couci et le 
conte de Rouci et d’autres, et bien xix c villes qui viennent estre 
jugiés pardevant lesdiz eschevins » 2 . Les enquêtes faites en 1248 
par les Frères Prêcheurs dans les diocèses de Reims et de Laon 
citent des appels interjetés « ad curiam prepositorum Laudu- 
nensium » et laissent entrevoir le désir qu’a le demandeur de se 
soustraire à l’obligation de faire le voyage de Laon, même en 
sacrifiant son droit 3 . Il y eut donc là une source d’abus, car le 
défendeur ne manquait pas de profiter de la faculté qu’il avait de 
mettre la partie adverse dans l’obligation de renoncer à des 
poursuites plus onéreuses que profitables; aussi, dès la fin du 
règne de saint Louis, les habitants commencent à se plaindre 
collectivement de l’appel volage. Pour les seigneurs, cet usage 
est préjudiciable, puisqu’il leur enlève les revenus, très impor¬ 
tants au moyen âge, qu’ils auraient tirés de procès terminés en 
leurs cours de justice, aussi, en 1266, saint Louis dut, en recevant 

1. 1221, 24 novembre, Laon. Enquête de Guérin de Senlis. Éd. A. Giry, 
Documents sur les relations de la royauté avec les villes en France de 1180 
à 131b, dans le Recueil de textes pour servir à T étude et à Censeignement de 
Vhistoire. Paris, 1885, gr. in-8*, n* XIX, p. 55-58. 

2. [ V. 1294.] Motifs proposés à Philippe le Bel pour supprimer la commune 
de Laon. Éd. A. Giry, Ibid., n* L, p. 142-143. 

3. Arch. nat., J 770, n* 1 (H.-F. Delaborde, Layettes du Trésor des chartes, 
t. V. Paris, 1909, in-4% n* 520). Éd. Recueil des historiens des Gaules et de 
la France, t. XXIV (Paris, 1904, in-fol.), p. 278-279 (n* 44). Par exemple : 
« Item, dicunt quod, cum Petrus dictus Renciens, de Alneto (Launoy-sur- 
Vences, Ardennes, canl. de Signy-l'Abbaye), invenisset Johannem dictum Tri- 
galet, de Villari le Torneur (Villers-le-Tourneur, Ardennes, cant. de Novion- 
Porcien), coram justicia de Alneto, dixit dictus Petrus quod conquerebatur de 
dicto Johanne qui ei debebat xxx denarios nec reddere volebat; dictus vero 
Johannes statira dictum Petrum ad curiam prepositorum Laudunensium appel* 
lavit sine diei assigoatione. Quod audiens dictus Petrus, dixit quod potins 
▼olebat dictum debitum in eodem statu dimittere quam dictam appellatio- 
nem prosequl. Et sic justicia dictum Johannem liberum abire permlsit. Dic¬ 
tus vero Petrus dictam appellationem non est prosecutus » (Ibid., p. 278 JK- 
279 A). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » BT « APPEL FRIVOLE ». 531 

l’hommage lige de Jean de Baslieux 1 , exempter ce seigneur et 
tous ses sujets de l’obligation de se présenter « ad appellationes 
Laudunenses » 2 . Pour les sujets, hommes des seigneurs ou habi¬ 
tants des communes, l’appel volage était une cause de nombreux 
ennuis. Il leur fallait abandonner leurs occupations journalières 
pour faire le voyage de Laon, déplacement coûteux, car cer¬ 
taines localités étaient assez éloignées de la ville prévôtale, aussi 
nous voyons des communes demander à ne pas être obligées de 
plaider en appel à Laon. Les réclamations faites à ce sujet par 
les habitants de Crandelain 3 furent jugées mal fondées par le 
parlement de la Pentecôte 1263 4 , mais les plaintes contre cette 
institution n’en devinrent pas moins plus nombreuses. Au par¬ 
lement de la Toussaint 1269, ce furent le maire et les jurés de 
Bruyères-sous-Laon 5 qui portèrent plainte contre le bailli deVer- 
mandois, Gautier Bardin, qui obligeait les habitants de cette com¬ 
mune à plaider à Laon « racione appellacionum Lauduni », dans 
des cas autres que l’appel interjeté pour faux jugement 6 ou défaute 


t. Baslieux-les-Fismes, Marne, arr. de Reims, cant. de Fismes. 

2. Arcb. nat., J 622. Éd. E. Berger, Layettes du Trésor des chartes , t. IV 
(1902, in-4*), n* 5168, p. 180-181. 

3. Crandelain-et-Malval, Aisne, cant. de Craoune, arr. de Laon. Crandelain 
était le chef-lieu d'une confédération communale constituée en 1196, avec le 
consentement du seigneur, par les hommes de l'abbaye de Saint-Jean de Laon 
et composée des villages de Crandelain, Truci, Courtecon, Malval, Collegis et 
Lierval. Cf. A. Luchaire, les Communes françaises à l'époque des Capétiens 
directs. Paris, 1890, in-8*, p. 79. Le charte de Crandelain était dérivée de Y Ins¬ 
titution de paix accordée A Laon par Louis VI le 26 août 1128. Cf. L. Delisle, 
Catalogue des actes de Philippe-Auguste (Paris, 1856, in-8*), n* 491, p. 116— 
117, et Ordonnances des roys de France , t. XI, p. 277. 

4. « Audita carta hominum de Grandelayn et diligenter inspecta, détermina» 
tum fuit quod ipsi tenebantur venire per appellacionem apud Laudunum, et 
ibi ligitare », éd. Bcugnot, les Olim ou registre des arrêts rendus par la cour 
du roi, dans la Coll, des documents inédits sur l'histoire de France, t. I 
(Paris, 1839, in-4*), p. 553-554, n* VIII ; indiq. : E. Boutaric, Actes du Parlement 
de Paris (dans Archives de l'Empire. Inventaires et documents publiés par 
ordre de l’empereur), t. I (Paris, 1863, in-4*), n* 757, p. 69. 

5. Bruyères-et-Montbéraull, Aisne, cant. de Laon. Bruyères était le chef-lieu 
d’une confédération communale composée des localités de Bruyères, Chérét, 
Vorges et Valbon, auxquelles le roi, l'évêque et la famille du Marché avaient 
donné, en 1130, la charte de Laon du 26 août 1128. Cf. A. Luchaire, op. cil., 
p. 79. 

6. Un jugement était faux lorsque le juge ou même la cour tout entière 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



532 


LE DEOIT D'APPEL 


de droit 1 , relevant, comme chacun l’admettait, de la juridiction 
royale. Le maire et les jurés de Bruyères invoquèrent une clause 
de leur charte, de 1130, dérivée de Y Institution de paix accor¬ 
dée aux bourgeois de Laon par Louis VI le 26 août 1128 2 , qui 
semblait devoir leur accorder le privilège de ne pas être obligés 
de plaider hors de l’étendue de la juridiction communale 3 , et qui, 
dans le cas présent, rendait évident leur désir d’éviter les dépla¬ 
cements onéreux. Cependant, malgré le texte de la charte, on 
préféra s’en tenir à la coutume orale, au long usage, origine de 
presque toutes nos anciennes coutumes locales. Le bailli de Ver- 
mandois affirma que les habitants de Bruyères ainsi que les 
autres hommes du pays étaient venus plaider à Laon « a tem- 
pore a quo non est memoria », et les habitants eux-mêmes durent 
avouer « quod a multo tempore placitaverint taliter per appella- 
tiones apud Laudunum », si bien que le roi fut maintenu à leur 
égard dans la saisine de son droit de recevoir les appels volages 
dans sa cour de Laon 4 . L’affaire se poursuivit sur la question 
de propriété et l’arrêt final ne fut rendu qu’au parlement de la 

arait manqué à ses devoirs en rendant un jugement faux, déloyal ou menteur. 
Cf. B. Glas son, op. cil., p. 580. 

1. Il y avait « defaulte de droit » ou déni de justice lorsque le seigneur ou 
son magistrat refusait de rendre jugement, ou laissait traîner l'affaire en lon¬ 
gueur au lieu de l'instruire dans les délais établis par la coutume de la terre. 
Ibid., p. 579. 

2. Les sources se trouvent dans Giry, Documents sur les relations de la royauté 
avec les villes (p. 14, n. 1), où le texte est publié (n* 111, p. 14-19) dans une 
confirmation donnée par Philippe-Auguste & Lorris entre le l* r novembre 1189 
et le 24 mars 1190. 

3. « Homines pacis extra potestatem placitare non compellentur ». Cf. 
Ordonnances des roys de France, t. XI (Paris, 1769, in-fol.), p. 247, g 20, où 
l'on trouve le texte de la charte de Bruyères (p. 245-247) dans une confirma¬ 
tion donnée par Philippe-Auguste & Sentis en 1186 (arch. départementales de 
l’Aisne, G. 39); cf. L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste. Paris, 
1856, in-8*, n* 182, p. 44. L'Institution de paix pour Laon porte : « Homines 
pacis extra civitatem placitare non compellentur ». Cf. A. Giry, op. cit., n* 111, 
p. 19, | 29. 

4. Les Olim, éd. Beugnot, 1.1 (Paris, 1839, in-4*), p. 769, n* 4 ; indiq. : E. Bon- 
tarie, Actes du Parlement de Paris, t. I (Paris, 1863, in-4*), n* 1405, et 
L. Delisle, Essai de restitution <fun volume des Olim perdu depuis le 
XVI • siècle et jadis .connu sous le nom de Livre Pelu noir ou livre des 
enquêtes de Nicolas de Chartres (appendice aux Actes de Boutaric), n* 11, 
p. 317. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 533 

Toussaint 1271. Les habitants de Bruyères, auxquels s’étaient 
joints ceux de Crépy-en-Laonnais 1 , avaient dû avouer qu'ils 
étaient allés à Laon, pour y plaider en appel, depuis un temps 
immémorial; ils avaient essayé, il est vrai, d’annuler l’effet de 
cet aveu en prétendant qu’ils n’allaient aux appels de Laon que 
de leur propre volonté et par conséquent sans qu’il y eût là 
pour eux cause de préjudice; mais, sans s’arrêter à ce moyen 
enfantin, les maîtres du parlement jugèrent que les hommes 
de Bruyères et de Crépy continueraient à se rendre « ad appella- 
tiones Laudunenses » 2 . L’opposition faite à l’appel volage par 
les évêques de Laon était beaucoup plus grave. Ceux-ci jouis¬ 
saient du droit d’entretenir à Laon, en leur cour ducale, des 
juges laïcs qui jugeaient par appel les sujets demeurant sur les 
fiefs et arrière-fiefs des duché et comté de Laon, en raison des¬ 
quels les évêques étaient vassaux du roi de France. La cour 
épiscopale étant « cour laie », le roi y avait « son ressort et sa 
souveraineté », mais l’évêque faisait porter les causes devant 
son official, si bien qu’elles allaient de là, par ressort, à l’arche¬ 
vêque, puis au pape et que le roi perdait « son ressort, sa justice 
et sa souveraineté ». De plus, tout en usurpant au profit de la 
juridiction ecclésiastique des appels qui ne concernaient pas des 
causes appartenant « à connoissance de cour d’église », l’évêque 
défendait à ses sujets et même à d’autres hommes qui ne rele¬ 
vaient pas de lui d’appeler ou de répondre à l’appel porté à la 
cour royale de Laon et les contraignait par la violence et l’ex¬ 
communication à ne pas user de ce droit qu’ils avaient d’avoir 
recours à la justice du roi. Au parlement de la Saint-Martin 
1282, le bailli de Vermandois, Gautier Bardin, dénonça énergi¬ 
quement les prétentions des évêques de Laon et l’abus qu’ils 
faisaient de leur autorité au détriment de la souveraineté du roi 
et du droit qu’avait celui-ci « d’avoir les apiaus en sa cour à 

1. Crépy, Aisne, cant. de Laon. La charte donnée à Crépy par Philippe- 
Auguste en 1184 (1" novembre)-l 185 ( 20 avril) était semblable k celle de 
Bruyères. Cf. L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste, n* 116, 
p. 28, et Ordonnances, t. XI, p. 234-236. 

2. « Tandem, quia ipsi cognoverunt se, sicut et alios de terra ipsa, ad appel- 
laciones Laudunenses hactenus ivisse, set hoc erat de voluntate eorum, propter 
quod non prejudicabat eisdem, sicut dicebant, pronunciatum fuit quod ad dic¬ 
tas appellaciones ire tenebantur, sicut hactenus fuerat usilatum. » Olim, t. I, 
p. 875, n* XXVI; indiq. : E. Boutaric, op. cit., n* 1752, p. 163. 




Mit 


I from 


UNIVER^^ OF MltHIGAN 


Digitized by Google 



534 


LE DBOIT D’APPEL 


Loon » 1 ; mais le bailli ne pouvait invoquer que le long usage, 
— preuve insuffisante cette fois en face des droits de même 
nature dont jouissaient les évêques de Laon, — et « s’autre raison 
n'i avoit », la « royal dignité » du souverain qui domine le monde 
féodal ; si bien que la question ne fut pas définitivement tranchée. 
Un peu plus tard, un arrêt du parlement de la Pentecôte 1285, 
concernant le prieuré de Saint-Erme 2 , fondé par l’abbesse de 
Lobbe, prescrit de rechercher si les évêques de Laon ont cou¬ 
tume de venir « aux appels du roi » à Laon et dans quels cas 3 , 
mais une mesure d’ordre général, la suppression de l’appel volage 
par Philippe le Bel, allait bientôt résoudre momentanément 
toutes les difficultés. 

Les décisions prises par le gouvernement de Philippe le Bel 

à propos de l’appel volage nous sont suffis amm ent connues parce 

« 

1. < Ou non de nostre seigneur le roi, et pour lui, dit et propose li baillis 
de Vertnandois contre l’évesque de Loon, que comme li rois soit en saisine d’avoir 
les apiaus en sa court, à Loon, généraument de la terre de Loonnois, de la terTe 
le comte de Rouci, de la terre le seigneur de Couci, de la terre de Porciens 
et de plusieurs autres pais, terres et viles qui, en lieu et en tens, seront nom¬ 
mées et monstrées, se mestiers est, desquels apiaus et de laquelle saisine li 
roi use et a usé par sa gent et par la gent de ses devanciers si clereroent, si 
notoirement et si apertement et par tant de tens que, s’autre raison n’i avoit, 
par raison de sa royal dignité ou par autre, ce que il a, se l’en est drois acquis 
par raison de la dite saisine et dou lonc usage devant dit. Or, dit li baillis, que 
li dis évesques qui ore est, et aucun de ses devanciers évesques de Loon ont 
aucune fois défendu à leur hommes que il n’apelassent li uns l’autre et quant 
il faisoient contre le commandement et la défense, il les contraignoient, ou par 
prise de corps, de chaleux ou par semonses ou par escommeniemens et en 
moult d’autres manière, et ce meismes faisoient-il seur autre gent qui n’estoient 
leur homme, ne leur couchant ne leur levant ; et par ces fais et par ces manières, 
il n’osoient apcler ne poursuir leur apiaus, et ainsi par ces fais et par ces 
manières, qui ne sunt mie raisonnables, ils se sunt bouté et mis en une saisine 
de tenser leurs hommes de cors de Loonnois des apiaui de Loon et de défendre 
que il n’i viegnent mie, et ce ont-il fait en troublant et en empeeschant la sai¬ 
sine et la droiture le roi, ne droit n’avoient de ce faire ne n’a encores li dis 
évesques, ne tant ne l’a fait li dis évesques ne si devancier que pour chose que 
il en aient faite, que droit leur en 6oit acquis, ne li droit le roi estains, qui 
devant en toit acquis... • Olim, éd. Beugnot, t. II (1842), p. 218-220, n* XLVI. 
Cf. Ch.-V. Langlois, le Règne de Philippe III le Hardi. Paris, 1887, in-8*, 
p. 277. 

2. Aisne, cant. de Sissonne, arr. de Laon. 

3. « Et inquiretur si episcopus Laudunensis seu predecessores sui consueve- 
runt venire ad appellaciones domini regis, apud Laudunum, et in quibus casi- 
bus ». Olim, éd. Beugnot, t. II (1842), p. 242, n* IL 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 535 

que plusieurs pièces concernant cette affaire, conservées par 
Guillaume de Plaisians dans ses archives, puis inventoriées 
après sa mort (1313) et désignées dans l’inventaire 1 sous la 
rubrique : Scripta que videntur tangere appellationes Lau- 
dunenses 2 , qui fut également inscrite au dos de l’une des pièces 3 , 
sont entrées au Trésor des chartes et sont parvenues jusqu’à 
nous, bien que très dispersées et même distraites de leur fonds 
d’origine. 

L’événement qui dut favoriser le plus l’abolition de l’appel 
volage fut sans doute la suppression de la commune de Laon 
(mars 1296) 4 , car, tout en faisant des enquêtes concernant la 
commune, les gens du roi ne manquèrent pas d’accueillir toutes les 
réclamations susceptibles de favoriser la réforme des institutions 
de la région pour le plus grand profit du roi et des sujets. Les 
plaintes contre l’appel volage qui se faisaient entendre isolément 
depuis un demi-siècle furent cette fois presque unanimes. Chaque 
communauté adressa au roi ses doléances 5 tendant à prouver 
que ces appels constamment interjetés à la cour royale de Laon 
causaient de très graves préjudices aux sujets et rapportaient 
bien peu au roi 6 . Les communes ne manquèrent pas d’invoquer 

1. * Hec sont littere reperte in domo defoncti domini Guillelmi dePlasiano », 
Bibl. nat., ms. Dupuy 635, fol. 106, col. 2 et suiv. Éd. Ch.-V. Langlois, les 
Papiers de Guillaume de Nogaret et de Guillaume de Plaisians au Trésor des 
chartes (extrait des Notices et extraits des manuscrits..., t. XXXIX, 1908). 

2. Ibid., fol. 108 v*, col. 2; éd., Ibid., p. 34, n* 572. 

3. Arch. nat., J 233, n* 42; Pièces justificatives, n* II. 

4. Le texte de l'arrêt supprimant la commune de Laon a été imprimé en 
dernier lieu par Giry, Documents sur les relations de la royauté avec les villes, 
n* LÜI, p. 147-149. Cf. archives départementales de l'Aisne, G 2 (Grand Cartu- 
laire de l'évéché de Laon), charte 214, indiq. : A. Matton, Inventaire sommaire 
des archives départementales de VAisne, t. III (Laon, 18 5, in-4*), p. 14, col. 1, 
et René Poupardin, Cartulaire de Saint-Vincent de Laon (archives du Vati¬ 
can, Mise. arm. X, 145), dans les Mémoires de la Société de f histoire de Paris 
et de l'Ile-de-France, t. XXIX (Paris, 1902, in-8*), p. 255, n* LI. 

5. Une allusion est faite A ces doléances dans le préambule des quelques 
lettres royaux abolissant l'appel volage parvenues jusqu'à nous et qui seront 
indiquées ci-aprés. 

6. < Gravera ... decani et capituli Laudunensis querimoniam recepimus con- 
tinentem quod ipsi, servientes ipsorum, justiciarii, homines sui et alii manen- 
tes in terra sua fréquenter multiraodas patiuntur injurias et jacturas occasione 
appellacionura seu provocacionum volagiarum que fiunt sepissirae ad nostram 
curiam Laudunensem, ex quibus appellacionibus dicebant modicum nobis 
accrescere commodum et eU et suis inferri maximum et evidens detrimentum, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



536 


LE DROIT D'APPEL 


à nouveau la clause de leur charte, stipulant « quod ipsi homi- 
nes extra potestatem placitare non compellantur », espérant 
qu’elle serait cette fois prise en considération. De leur côté, les 
gens du roi firent une enquête très sérieuse. Ils recherchèrent 
quelles étaient les localités dont les habitants devaient répondre 
à l’appel volage. L’état qu’ils dressèrent à cette occasion et qui 
a pour titre : « Che sunt les viles qui doivent les apiaus en la 
cour le Roy à Laon » nous est parvenu 1 ; il a certainement été 
écrit en 1295, quelques mois avant la suppression de l’appel 
volage, qui eut lieu de décembre 1295 à février 1296. Toutes les 
localités intéressées, dont l’ensemble constituait la prévôté foraine 
de Laon, ne sont pas énumérées, mais l’on a groupé en cinq 
chapitres, correspondant aux cinq sergenteries 2 de Laonnais, 
Porcien, Champagne, Thiérache et Soissonnais, les villes les 
plus importantes et celles qui, par leur situation géographique, 
figuraient les limites extrêmes du ressort de la cour de Laon au 
point de vue de l’appel volage. Ceci fait, il fallut fixer les con¬ 
ditions auxquelles le roi supprimerait l’appel volage qui était 
pour lui une source de revenus puisque les plaideurs jugés en 
appel à Laon payaient les frais de procédure à la cour royale de 
ce lieu. L’idée de donner une compensation pécuniaire fut aussi¬ 
tôt adoptée. Les habitants s’engagèrent à verser au roi, en une 
fois, une certaine somme qui l’indemniserait de la perte que lui 
causerait la suppression définitive de l’appel volage. Cette déci¬ 
sion, probablement suscitée par les gens du roi, fut d’autant 
mieux accueillie qu’elle répondait aux besoins du gouvernement 
qui cherchait alors par tous les moyens à se procurer de grosses 
sommes d’argent pour subvenir aux dépenses qu’exigeait la 
guerre avec le roi d’Angleterre 3 . Le montant de la contribution 
devait être perçu en imposant chaque localité proportionnellement 


propter que nobis predicti decanus et capitula m humiiiter supfpjlicarunt ut 
super preTnissis adhibere opportunum remedium dignaremur *. Préambule 
des lettres d’abolition expédiées au chapitre de Laon. Minute orig., Arch. nat., 
J 233, n* 45. 

1. Bibl. nat., ms. lat. 9016 (anc. suppl. lat. 1480), n* 19. Pièces justificatives , 
n* I. 

2. Jusqu'à ce jour, les géographes-historiens n’étaient pas très fixés sur la réa¬ 
lité de cette division en cinq sergenteries. Les documents que nous faisons con¬ 
naître la rendent indiscutable. 

3. Cf. M. Jusselin, f Impôt royal sous Philippe le Bel , dans les Positions 
des thèses de F École des chartes , Promotion de 1906 , p. 116-119. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉSOMMK « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 


537 


au nombre de feux qu’elle contenait. Pour mettre à exécution 
ces dispositions préalables, il était nécessaire d’avoir l’avis puis 
le consentement des seigneurs et des sujets et de connaître le 
nombre des feux renfermés dans chaque localité. A cet effet, les 
gens du roi dressèrent pour chaque sergenterie la liste des 
localités et placèrent en regard le nom du ou des seigneurs, le 
nombre de feux et quelques observations faisant connaitre la 
volonté des habitants. Nous avons conservé les états de ce 
genre concernant la sergenterie de Laon nais 1 et celle de Por- 
cien*; ce sont des documents fort curieux. L’acceptation des 
conditions proposées ne paraît pas avoir soulevé de grandes diffi¬ 
cultés, cependant quelques villes ne voulaient pas « racheter » 
au roi ce droit dont il jouissait d’avoir les « apiaus » en sa cour 
de Laon ( nolunt redimere\ nolunt redimere appella- 
tiones 1 3 4 5 6 7 '), d’autres n’étaient pas d’accord avec leurs seigneurs 
(i villa consensit contra dominum') ou bien attendaient leur 
décision ( miserunt ad dominum suum et ejus expectant 
responsionem u ). Quelques localités situées dans la sergenterie 
de Thiérache" et dépendant de Jean de Louvain 8 affirmaient ne 
pas être obligées de répondre à l'appel volage, mais les gens du 
roi les avaient inscrites sur l’état général des * viles qui doivent 
les apiaus * 9 10 , et les sergents chargés des détails de l’enquête 
déclaraient que c’était justice (soxicntes regis dicunt quod 
tenentur ad appellationes Lauduni U) ). 


1. Arch. nal., J 233, n* 42. Pièces justificatives, n* II. Le total des feux est 
d’environ 6,200. 

2. < Hoc sunt ville, doinini villarurn et numerus focorum in serjanteria de 
Portiien » (Arch. nat., J 768, n" 34 A et 34 B, 3 p.). Ce document, mal imprimé 
par M. G.-A. Martin ( Essai historique sur Itozoy-sur-Serre et les environs, 
t. I, p. 609-613), a été bien publié par M. Auguste Longnon ( Documents rela¬ 
tifs au comté île Champagne et de Brie , dans la Coll, des documents inédits; 
t. 1 : Les fiefs. Paris, 1901, in-4®, g v, n* II, p. 418-421, n** 7304-7404), ce qui 
nous dispense de le placer parmi nos pièces justificatives. Les feux sont au 
nombre de 8,500 environ. 

3. Montaigu. Pièces justificatives, n* II. 

4. Renneville. A. Longnon, op. cit., n* 7332, p. 419. 

5. Bièvres. Pièces justificatives, n* II. 

6. Chauinont-Porcien. A. Longnon, op. cit., n* 7344, p. 419. 

7. Saint-Clément, Morgny-en-Thiérache, Cuiry-lez-Iviers, Dohis, Iviers, Bru- 
nehamel, Les Autels. 

8. Louvain, Belgique, prov. de Brabant. 

9. Pièces justificatives, n* I. 

10. Cf. A. Longnon, op. cit., n** 7398-7404, p. 421. 


Digitized by 





538 


LE DBOIT D'APPEL 


Dès décembre 1295, mais surtout en février 1296, la chan¬ 
cellerie expédia les lettres royaux portant suppression de l’appel 
volage. Nous avons conservé les lettres originales pour Bruyères 1 
et Jumigny 2 , les minutes des lettres pour le doyen et le chapitre 
de Laon 3 et pour Cerny 4 et Crandelain 3 et un vidimus des lettres 
pour Jean de Vassogne 6 , évêque de Tournai, et les localités de 
Cherêt 7 et de Parfondru 8 , dont il était le seigneur 9 . Les minutes 

1. Minâtes (Arch. nat., J 233, n** 40 et 41). Original scellé en cire verte sur 
lacs de soie verte et rouge, 1295, décembre, Paris. Bibliothèque de Laon, car¬ 
ton 2, n* 2. Indiq. : Louis Broche, Inventaire sommaire des documents ori¬ 
ginaux de la bibliothèque communale de Laon , dans la Revue des biblio¬ 
thèques, 1902, p. 312, n* 63. Autre original jadis scellé sur lacs de soie verte 
et rouge, 12%, février, Paris. Ibid., carton 2, n* 3. Indiq. : Ibid., n* 64. 
Copies du xvn* siècle. Bibl. nat., coli. dom Grenier, t. 188, fol. 125 v*, et 
t. 261, fol. 160. 

2. Jumigny, Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon, 12%, février, Paris. 
Orig. à la bibliothèque de Tours, ms. 1163, n* 3 (legs André Salmon). Ëd. 
L. Delisle, Instructions adressées par le Comité des travaux historiques et scien¬ 
tifiques aux correspondants du ministère de l'Instruction publique et des 
Beaux-Arts. Littérature latine et histoire du moyen âge. Paris, Leroux, 18%, 
in-8*, n* 39, p. 81-82. 

3. Arch. nat., J 233, n* 45. 

4. Arch. nat., J 233, n* 44. Cerny-en-Laonnals, Aisne, cant. de Craonne, arr. 
de Laon. Cerny était le chef-lieu d'une commune rurale composée des villages 
de Cerny, Chamouille, Beaune, Chivi, Courtonne, Verneuil, Bourg et Comin, A 
laquelle Philippe-Auguste donna, en 1184, une charte semblable à celle de 
Bruyères. Cf. L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste, n* 101, p. 25. 

5. Arch. nat., J 233, n* 43. 

6. Vassogne, Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. Jean de Vassogne est un 
personnage bien connu des historiens de Philippe le Bel. Après avoir été archi¬ 
diacre de Bruges, il fut élu évêque de Tournai en 1291. Cf. Gams, Sériés epi- 
scoporum. Ratisbonne, 1873, in-4*, p. 291. 

7. Chérèt, Aisne, cant. de Laon. 

8. Parfondru (Profondus vicus), Aisne, cant. de Laon. 

9. 12%, février, Paris, dans un vidimus du roi Charles VI donné k Paris en 
1394 (Arch. nat. JJ 146, n* 212, fol. 116). Éd. Ordonnances des rois de France, 
t. VII (1745), p. 703-704; sous la date de 1290, le texte du registre JJ 146 por¬ 
tant seulement < nonagesimo ». Indiq. : Pardessus, Table chronologique des 
ordonnances des rois de France. Paris, 1847, in-fol., p. 32, également sous la 
date de 12%. Secousse ( Ordonnances , t. VII, p. 704, n. d) avait remarqué que 
la date des lettres de Philippe IV donnée par le registre du Trésor des chartes 
ne pouvait être exacte puisque Michel de Warenghien, évêque de Tournai, pré¬ 
décesseur de Jean de Vassogne, ne mourut que vers le 30 novembre 1291, mais 
il n’avait pu fixer exactement la date de ces lettres qui, perdues dans le t. VII 
des Ordonnances, n'ont pas été citées par les auteurs qui ont eu à parler de 
l’appel volage. Nous leur rendons ici leur date exacte. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 539 

proviennent toutes des archives de Guillaume de Plaisians ; après 
avoir été soigneusement corrigées, elles furent transcrites puis 
scellées à la demande des habitants 1 . Après un préambule dans 
lequel le roi affirme son désir d’agir conformément au bien de ses 
sujets et de satisfaire à leurs réclamations concernant le préjudice 
que leur cause l’appel volage, les lettres font connaître la somme 
moyennant laquelle la communauté sera exempte des « apiaus ». 
Dans les minutes, nous trouvons seulement les mots « mediante 
precio tali », mais les originaux nous apprennent que les habi¬ 
tants de Bruyères versèrent 2,000 livres tournois et ceux de la 
petite localité de Jumigny, qui avait pour seigneur Guillaume 
d’Eppes 2 , clerc, payèrent 131 livres 5 sous tournois 3 , quant à Jean 
de Vassogne, évêque de Tournai, il contribua, avec ses hommes 
de Cherêt et de Parfondru, au paiement de 50 livres tournois 4 . 
Cet exemple est digne d’être remarqué puisqu’il nous prouve 
que des seigneurs ont versé leur part de la somme promise au 
roi ; mais quelques-uns, comme Pierre de Baulne, allèrent un peu 
loin dans cette façon de procéder puisqu’ils payèrent sans con¬ 
sulter leurs sujets, afin de réserver pour l’avenir de plus grands 
profits à leur cour de justice délivrée de l’appel volage 5 . Les 
clauses du dispositif sont les mêmes dans toutes les lettres, 
mais les impétrants ont souvent fait ajouter quelques dispo- 

1. An dos de la minute des lettres pour Bruyères, on lit : « Littere quas 
petunt sigillari illi de Brueriis » (J 233, n* 41). 

2. Eppes, Aisne, cant. et arr. de Laon. 

3. Nous ne possédons pas l'état qui nous aurait fait connaître combien 
Bruyères et Jumigny renfermaient de feux, aussi nous ne pouvons pas savoir à 
quelle somme chaque feu avait été taxé. A cette époque, dans des cas semblables, 
nous voyons que la détermination de la somme A verser est faite par les gens 
du roi, pour l'ensemble de la localité, proportionnellement au nombre des feux; 
puis la somme fixée est, pour le paiement, répartie par les agents municipaux 
proportionnellement à la fortune de chacun. 

4. « Dilecto fideli nostro Johanni, episcopo Tornacensi, domino deProfundo- 
Vico et majorie de Cheret, successoribusque suis dominis dicte ville et majo- 
rie antedicte, majoribusque et scabinis dictorum locorum hominibusque aliis 
manentibus et mansuris in dictis villa, territorio et majoria mediantibus quin- 
quaginta libris turonensium, quas tam dominus quam homines ipsi nobis prop- 
ter hoc dederunt et persolverunt, concedimus quod... » Lettres de Philippe IV, 
de février 1296, citées ci-dessus p. 538, n. 9. Nous ne connaissons pas non plus 
le nombre de feux existant à Cherét et Parfondru. 

5. Nous parlerons ci-après de l'affaire de Pierre de Baulne connue par des 
lettres royaux de novembre 1298 renfermées dans les Olim, éd. Beugnot, t. II 
(1842), p. 418-419, n» Vil. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



540 


LE DROIT D’APPEL 


sitions concernant leur situation particulière. Appelants ou 
appelés, en ou hors jugement, les habitants ne seront plus tenus 
de venir à la cour du roi à Laon afin de poursuivre l’appel, 
sous quelque nom qu’il soit désigné, et de répondre aux ajour¬ 
nements qui leur seront faits à cette occasion 1 . Toutefois, le roi 
réserve expressément à son parlement ou aux assises de Laon la 
connaissance des appels pour faux jugement ou défaut de droit 
dont le jugement appartient par tradition au souverain 2 . En 
dehors de ces deux cas royaux, des circonstances exceptionnelles 
peuvent rendre nécessaire l’appel d’un habitant hors de la juri¬ 
diction d’une communauté qui aura acheté l’exemption de l’appel 
extra potestatem , aussi quelques lettres font savoir comment 
l’on procédera si le cas se présente. Les hommes de Bruyères 
devront être cités au parlement par lettres du roi ou aux assises 
de la cour royale de Laon par lettres du bailli de Vermandois 3 ; 
les sujets du chapitre de Laon ne seront cités qu’au parlement 
par lettres royaux adressées au doyen et chapitre et faisant con¬ 
naître le nom de l’intimé et l’objet de la citation 4 . Après avoir 
ainsi, moyennant finance, enlevé à quiconque le droit d’interjeter 
contre eux l’appel volage et diminué à leur profit l’observance 
de cet ancien usage, les habitants tinrent cependant à conserver 
l’institution dans la mesure où elle pourrait servir leurs intérêts. 
En effet, le roi leur laissa le droit de citer en appel à la cour de 
Laon tous ceux qui n’étaient pas exempts de l’appel volage 
et cela sans les obliger à poursuivre leur appel 5 , tolérance 


1. « Ne ipei appelantes contra quoscunque vel appellati a quibusconque, 
occasione appellationum quarumcunque vel quocunque Domine censeantur, ad 
nostram curiam Laudunensem venire, vel appellationes ipsas immo nec 
adjournamenta earum occasione facta proseqni teneantur. » Lettres pour Jumi* 
gny, éd. L. Delisle, op. cil., p. 82. 

2. < Retentis nobis dumtaxat appellacionibus scilicet pro juris defectu et 
pravo judicio specialiter et expresse in nostro Pallamento vel nostris Laudu- 
nensibus assisiis dumtaxat tractaturis et eciam judicaturis. » Lettres pour le 
chapitre de Laon (Arch. nat., J 233, n* 45). 

3. Arch. nat., J 233, n* 41. Cf. ci-dessus, p. 538, n. 1. 

4. a Si vero personas superius memoratas ob aliam eau sam a p remisais ad 
curiam nostram vocari, adjornari seu citari debere contigerit, transquillitatem 
et pacem predictarum personarum cupientes seu affectantes, ac eciam predicto 
precio mediante, volumus dictas personas vocari, adjornari seu citari solum- 
modo ad Pallamentum nostrum per litteras nostras dictis decano et capituio 
dirigendas, citatorum nomina et citacionis causam specialiter exprimentes > 
(Arch. nat., J 233, n* 45). 

5. « Liceat tamen cuilibet dictorum hominum appellare extra communlam 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



Délfomrf « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FBIVOLE ». 541 

qui, dans l’avenir, aura pour conséquence de faire naître un 
nouvel abus : l'appel frivole , qui devra être énergiquement 
combattu un demi-siècle plus tard. Tous ceux qui avaient com¬ 
posé avec le roi n’avaient donc plus à craindre les citations de 
leurs voisins et les contraintes des sergents royaux qui les 
forçaient d’aller à Laon ; ils seraient désormais tranquilles dans 
le ressort juridique de leur communauté, mais n’allaient-ils pas 
être à la merci de leur seigneur par le moyen de sa cour de jus¬ 
tice? Le danger de cette nouvelle situation fut prévu et les habi¬ 
tants firent insérer dans la plupart de leurs lettres une clause 
déclarant que, même dans le ressort de leur propre juridiction, 
ils pourront citer en appel leurs seigneurs, ainsi que leurs juges, 
leurs sergents et même le suzerain duquel est tenu le fief 1 . Les 
habitants de Crandelain se réservèrent ainsi le privilège de 
recourir à l’appel volage contre leurs seigneurs, l’abbaye de Saint- 
Jean de Laon et Gérard du Metz 2 , et, afin de conserver perpé¬ 
tuellement ce moyen de garantir leurs droits, ils firent promettre 
au roi qu’il n’accepterait jamais les propositions que les religieux, 
Gérard ou leurs successeurs lui feraient en vue de s’exempter 
moyennant finance de l’appel volage maintenu dans leurs rap¬ 
ports avec la commune de Crandelain 3 . Enfin, le débat soulevé 

alios quant manentes in communia in curiam predictam et ad appellationem 
suam venire ai aibi placuerit. » Lettres pour Crandelain (Arch. nat., J 233, n* 43). 

1. c Liceat tamen dictis inanentibus et manauris extra dictos viliam, distrio 
tum et jurisdictionem alios quam manentes et mansuros in eiadem, appel- 
lationibus subjectos, necnon et dominum ejusdem ville ac justiciarios vel ser¬ 
vantes suos, et dominum seu dominos a quo vel a quibus dicta villa tenetur in 
feudum, ac quoscunque superiores servientes et eorum justiciarios, infra et 
extra dictos viliam, districtum et jurisdictionem appellare et appellationem 
prosequi secundum consuetudinem bactenus observatam in premissis. > Lettres 
pour Jumigny, éd. L. Delisle, op. cil ., p. 82. 

2. Le Metz, ferme, comm. de Moussy-sur-Aisne, cant. de Craonne, arr. de 
Laon. 

3. « Liceat etiam dictis hominibus appellare in communia et extra ad dic¬ 
tant curiam contra monachos ecclesie Sancti Jobannis Laudunensis et contra 
alios quoscunque nomine dictorum monachorum vel ecclesie predicte aliquid 
exploitantes et eciam contra Ger[ardum] du Meel tenentem de feodis heredum 
quondam Roberti de Biaugue militis ejusque justiciam ac eciam contra alios dic¬ 
tant justiciam pervenientes. Concessitnus eciam et concedimus quod dicti mona- 
chi religiosi, Gerardus, et successores eorumdem, appellationes factas et facien- 
das contra dictam communiant ejusdem homines a nobis non rediment in 
fnturum et ad appellationes dicte communie ejusdem hominum de cetera venire 
tenebuntur >. Lettres pour Crandelain (Arch. nat., J 233, n* 43). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



LE DROIT D'APPEL 


542 

au parlement de la Saint-Martin 1282, par le bailli de Verman- 
dois, à propos de l’appel volage dans les domaines de l’évêque de 
Laon et resté sans solution pendant plusieurs années 1 , fut 
cette fois terminé puisque Philippe le Bel défendit à son prévôt 
de Laon, en février 1296, « de recevoir les appels des sujets de 
l’évêque de Laon et de laisser citer ces sujets devant lui » 2 . 

Les habitants reçurent les lettres royaux après avoir versé 
leur part de la composition à deux Lombards, appelés « Bindus de 
Monasterio » et « Bricius Guidi », représentants de Biche et de 
Mouche, déjà chargés de lever dans le diocèse de Laon le sub¬ 
side tenant lieu d’une décime biennale concédée au roi par tout 
le clergé français et spécialement dans la province de Reims par 
le concile de Compiègne tenu le 5 octobre 1294. Le compte 
dressé par ces Lombards après le 22 juillet 1296 3 n’existe plus, 
mais Y Inventaire de Robert Mignon nous en donne l’analyse 
suivante : « Compotus appellationum volagiarum in prepositura 
Laudunensi et subventionis loco décimé pro subsidio regni, factus 
per Bindum de Monasterio et Bricium Guidi, procuratores 
Bichii et Moucheti, post Magdalenara M° CC° IIII“XVI°. Et 
fuit summa [recepte] xlij“ vj c iiij M x lib. xv [sol.Jtur.; et 
expensa vj ri xvi libr. xiij sol. ix den. Non et clausus. Sciatur 
ubi residuum recepte redditur régi 4 . » Nous connaissons le pro¬ 
duit de la décime biennale dans le diocèse de Laon 5 6 , mais nos 
chiffres ne sont pas assez sûrs pour nous permettre d’en déduire 
le montant du versement fait au roi par les habitants de la pré¬ 
vôté foraine de Laon exempts de l’appel volage. De plus, aucune 
mention de détail ne concerne l’appel volage dans le compte des 
trésoriers du Louvre pour le terme de la Toussaint 1296®. 

1. Cf. ci-dessus, p. 534. 

2. 12%, février. Lettres de Philippe IV. Arch. départementales de l’Aisne, 
G 2 (Grand Cartulaire de l’évéché de Laon), n* 213. Cf. A. Matlon, Inventaire 
sommaire des archives départementales de l’Aisne, t. III (Laon, 18 5, in-4‘), 
p. 14, col. 1. 

3. Le terme extrême fixé pour la levée de la décime biennale dans la pro¬ 
vince de Reims était le 24 juin 1296. 

4. Inventaire danciens comptes royaux dressé par Robert Mignon sous le 
règne de Philippe de Valois (Bibl. nal., ms. lat. 9069), éd. Ch.*V. Langlois, 
Recueil des historiens de France , documents financiers, t. I, 1899, in-4% 
p. 169, n* 1352. 

5. Cf. l’estimation du produit de la décime biennale imprimée dans les His¬ 
toriens des Gaules et de la France, t. XXI (Paris, 1855, in-fol.), p. 541. 

6. British Muséum, Additional charters, n* 941. Éd. Julien Havet, Bibl. de 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 


543 


Cette suppression de l’appel volage ordonnée en février 1296 
ne dura que quelques mois; nous lisons, en effet, parmi les 
arrêts du parlement de la Toussaint 1296 une décision dont 
voici la traduction : «c Le roi notre sire, considérant tout d’abord 
que les appels qui étaient en usage dans certaines villes et loca¬ 
lités du Laon nais y avaient été introduits contre le bien commun 
et l’intérêt général de tout le pays, consentit à l’abolition de ces 
appels, croyant qu’avec le consentement de tous cela pourrait 
se faire justement; mais maintenant, plus amplement et mieux 
informé sur cela, il s’est rendu compte que ces appels avaient 
été établis pour l’intérêt et l’utilité des habitants de ce pays : 
ne voulant pas que ce qu’il croyait avoir été pour eux un avan¬ 
tage tournât à leur détriment, il a voulu et ordonné que, dans 
toutes les villes et localités où les appels avaient coutume d’exister, 
on fasse usage de ces appels ainsi qu’on y fut habitué, et ceux 
qui avaient donné quelque chose pour la suppression de ces 
appels seront indemnisés 1 . » Malheureusement, nous ignorons 
presque complètement l’histoire du rétablissement de l’appel 
volage par Philippe le Bel. Les habitants ne furent sans doute 
pas satisfaits des justices seigneuriales qui tiraient trop grand 
profit de la suppression de l’appel à Laon ; de plus, bien des sei¬ 
gneurs, escomptant les avantages que leur procurerait le nouvel 
état de choses, avaient certainement engagé leurs sujets sans 
leur donner des garanties suffisantes et même ne les avaient pas 
consultés, trompant ainsi les soins qu’avaient mis les sergents 
royaux à faire une minutieuse enquête. Les habitants qui ne 
possédaient pas une charte de commune leur conférant une auto¬ 
rité particulière et le pouvoir d’agir parle moyen de représentants 
élus parmi eux durent être particulièrement lésés dans cette 
affaire, et ce sont eux surtout qui paraissent avoir protesté contre 
l’acte de février 1296. Pour obtenir le rétablissement de l’appel 
volage, les hommes de Berrieux' déclarèrent qu’on ne les avait 
pas appelés, qu’on n’avait pas demandé leur consentement; c’est 
du moins ce que nous apprend le débat soulevé au parlement 

l'École des chartes , t. XLV (1884), p. 237-268. Les recettes provenant du rachat 
de l'appel volage ont dû être englobées dans les versements généraux faits par 
le bailli de Vermandois Renaud du Cavech. 

1. Olim, t. II, fol. 112 v*. Éd. Ordonnances des rois de France , 1.1 (Paris, 
1723, in-fol.), p. 328; Beugnot, les Olim, t. II (1842), p. 398, n* V; indiq. : Bou- 
taric, Actes du Parlement de Paris, t. I (1863), n* 2913, p. 290. 

2. Berrieux, Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. 



Digitized by 


Go 


LE DROIT D’APPEL 


544 

entre eux et leur seigneur Pierre de Baulne ’. L’appel volage fut 
rétabli à Berrieux 2 comme ailleurs après la Toussaint 1298, mais 
Pierre de Baulne et, après sa mort, son épouse Catherine, ne 
cédèrent point ; il fallut que Philippe le Bel, par un arrêt de sa 
cour, déclarât nettement, en novembre 1298 3 , que l'acte de 
rétablissement de l’appel volage concédé aux hommes de Ber¬ 
rieux était seul valable et que les lettres de suppression obtenues 
auparavant par leur seigneur n’étaient plus d’aucune portée. La 
veuve de Pierre de Baulne ne fut d’ailleurs pas lésée par ce 
jugement, puisque, conformément aux promesses de restitution 
faite dans l’acte de rétablissement 4 , la somme de 75 livres tour¬ 
nois, versée aux Lombards par son mari afin d’acheter la sup¬ 
pression de l’appel, lui fut aussitôt rendue, ainsi qu’en témoigne 
l’article suivant du Journal du Trésor : « December. Lune 
prima die [1298,1 er décembre]. — Expensa : Domina Katherina 
relicta Pétri de Belna, militis, quondam, pro restitutione sibi facta 
per regem de empcione appellationum quam fecerat idem miles 
ab hominibus ville de Berriu, que non tenuit 5 , et solverat Bindo 
de Monasterio et Bricio Guidi collectoribus dictarum appella¬ 
tionum, lxxv 1. tur., contenz, per Francescum de Fusseigny G , 

1. Baulne-et-Chivy, Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. 

2. « Cum nos, mediante quadam pecunie quantitate, per nostras iitteras con- 
cessissemus Pelro de Belna, iniliti, et ejus uxori, dominis ville de Berraco, 
ne ipsi vel homines, manentes vel mansuri in dicta villa districtu seu juris- 
dictione dicti militis et ejus uxoris, appelantes contra quoscumque, vel a qui* 
bnscumque appellali, occasion? quarumcumque appellacionum, ad cnriam noa- 
train Laudunensein venirc, vel ipsas appellaliones prosequi tenerentur, ac 
postmodum dicti homines nobis conquesli fuissent quod, ipsis non vocatis nec 
consencientibus in preiuissis, immo cum instancia petentibus et volentibus in 
eorum primo dictarum appellationum statu et libertate pristina sicut cousue- 
verant hactenus remancre ; propter quod cum nostre inlencionis non fuerit ali- 
qua facere vel concedere que in alterius prcjudicium seu lesionem deberent 
retorqueri; predictis hominibus, per alias Iitteras nostras, concessimus quod, 
non obstante contencione predicta, quam, propter eorum consensum, dictis 
conjugibus concesscramus, in primo dictarum appellacionum statu et eorum 
libertate solita remanere libéré et quiele », exposé des lettres royaux de 
novembre 1298 citées ci-après. 

3. 1298, novembre, Paris. Lettres de Philippe IV. Éd. Beugnot, Oliin, t. II 
(1842), p. 118-419, n* VU. Indiq. : E. Boutaric, Actes du Parlement de Paris, 
t. 1 (1863), n- 2950. p. 293-294. 

4. « Et illi qui aliquid dederanl pro amotionc appellationum inderapnes con- 
servabuntur. » Cf. ci-dessus, p. 543, n. 1. 

5. Les mots « que non tenuit » ont été ajoutés en interligne. 

6. Fussigny, Aisne, connu, de Courlrizy-et-Fussigny, cant. de Sissonne, arr. 
de Laon. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 545 

militem, dominum de Taysi 1 , procuratorem ejusdem domine, 
super regem. Valent lx 1. par. 2 . » Le Trésor royal a sans doute 
remboursé à tous les intéressés les sommes qu'ils avaient versées 
pour la suppression de l’appel volage, mais, faute de documents 
financiers 3 , nous ne pouvons constater ces remboursements ; nous 
remarquons cependant que le « compotus appellationum vola- 
giarum » dressé par les Lombards 4 n’a jamais été arrêté par les 
gens des comptes sans doute parce qu’il devint inutile après le 
remboursement des sommes qu’il portait en recette. 

La cour royale de Laon continua donc de recevoir les appels 
volages, mais cette institution, que les habitants, seigneurs ou 
sujets, toléraient avec peine avant sa suppression, en février 
1296, redevint une cause de préjudice après son rétablissement, 
en novembre 1296. De nouvelles plaintes surgirent contre l’abus 
de l’appel volage, aussi une réforme sérieuse était nécessaire, et 
Philippe le Bel ne l’ignorait pas puisqu’il disait dans sa grande 
ordonnance du 18 mars 1303 5 : « En outre, puisque l’on dit 
que beaucoup de nouveautés ont été introduites au préjudice de 
nos sujets contre les coutumes approuvées et anciennes des foires 
de Champagne et des appels de Laon, nous voulons et ordonnons 
d’envoyer des personnes capables pour faire une enquête sur 
ces anciennes coutumes des foires et des appels et pour qu’elles 
fassent observer ces coutumes anciennes et approuvées, et si 
elles en trouvent quelques-unes d’enfreintes ou d’abolies qu’elles 
les fassent revenir en leur ancien état 6 . » Mais, en mars 1303, le 
roi était obligé de promettre beaucoup pour obtenir de ses sujets, 

t. Taizy, Ardennes, cant. de Château-Porcien, arr. de Rethel. François de 
Fus8igny était aussi, en partie, seigneur de Besny (Aisne, cant. de Laon). Cf. 
Pièces justificatives, n* H. 

2. Journal du Trésor , Bibl. nat., ms. lat. 9783 (anc. suppl. lat. 110), fol. 24, 
col. 2. 

3. Le Journal du Trésor , dans l’état où nous le possédons, commence le 
18 mars 1298, s’arrête le 16 mars 1300, reprend le 15 avril 1301 et se termine 
le 31 décembre 1301. 

4. Cf. ci-dessus, p. 542. 

5. 1303, lundi 18 mars, Paris. Pour les éditions, cf. A. Giry, Documents sur 
les relations de la royauté avec les villes en France de 1180 A 1314 (Paris, 
1885, in-8*, p. 129), et Cb.-V. Langlois, Textes relatifs à f histoire du Parle¬ 
ment depuis les origines jusqu'en 13tb (Paris, 1888, in-8*), p. 172, n. 1. 

6. « Ceterum quia multe novitates contra approbatas consuetudines nundi- 
narum Campanie et appellacionura Laudunensium in nostrorum prejudicinm 
subjectorurn introducle dicuntur, proponimus et ordinamus personas mittere ydo- 

1910 35 




546 


LE DH01T D’iPPEL 


clercs et laïcs, les subsides de guerre qui lui étaient indispen¬ 
sables et l'approbation de sa politique à l’égard de Boniiace VIII ; 
de plus, c’est l’année où, « à cause de la guerre de Flandre, il n’y 
eut pas de parlement »*. Il était réellement impossible au gou¬ 
vernement royal de faire à cette époque des réformes judiciaires 
importantes, et comme de graves difficultés d’intérêt général se 
présentèrent aussi durant les années suivantes, la question de 
l’appel volage ne fut pas résolue. Cependant, les vicissitudes de 
cette intéressante institution n’étaient pas terminées, car les 
habitants, prenant l’initiative d’une réforme, adressèrent, trente 
ans plus tard, au premier souverain Valois, de pressantes 
requêtes demandant une nouvelle suppression de l’appel volage. 

Les circonstances qui suscitèrent les réclamations des habi¬ 
tants sous Philippe VI de Valois sont analogues à celles qui 
se présentèrent sous Philippe le Bel; elles sont liées à l’his¬ 
toire de la commune de Laon. Supprimée en mars 1296 2 , 
puis rétablie le 9 février 1297 3 , la commune avait été 
de nouveau supprimée par Charles IV en juillet 1322 4 . Il fallut 
alors refaire l’organisation administrative de la ville de Laon. 
Par lettres de mars 1332 5 , Philippe VI établit un « prevost 
de la cité de Laon, pour gouverner toute la justice et juridic¬ 
tion haute, moyenne et basse... à Laon et dans les termes et les 
metes de la paix et de la commune jadis de Laon », et déclara 


neas ad inquirendum de antiquis consuetudinibus nundinarum et appellalio- 
num ipsarum et predict&s antiques et approbatas consuetudines faciant obser¬ 
ver! et si quas invenerint infractas vel abolitas faciant ad antiqum slatum 
reduci. » 

1. Cf. Beugnot, les Olim, t. II (1842), p. 467, et t. III, 1** partie (1844), p. 139. 

2. Olim, éd. Beugnot, t. II (1842), p. 384. Cf. ci-dessus, p. 535, n. 4. 

3. Lettres de Philippe IV. Éd. Ordonnances, t. XI (1769), p. 388, d'après le 
registre des Arch. nat. JJ B, c in scrinio 216, pièce 26 ». Indiq. : Pardessus, 
Table chronologique des ordonnances, p. 36. Ces lettres furent confirmées par 
Philippe V le 13 mars 1317 ( Ordonnances, t. XI, p. 446, d’après la même 
source, pièce 31 ; indiq. : Pardessus, p. 59). 

4. 1322, juillet, abbaye de Jouy (Joyaco). Éd. Ordonnance s, t. XII, p. 465. 
d'après Arch. nat., JJ 41, pièce 72; Colbert XII, pièce 213; Bertin XIX, fol. 310. 
Un vidimus de ces lettres donné par l'oflicial de Paris se trouve dans le ms. 
de la Bibl. nat., nouv. acq. fr. 21287, n* 35. 

5. Lettres de Philippe VI (Arch. nat., J 233, n* 37). Cf. U.-F. Delaborde, 
Layettes du Trésor des chartes, t. V (Paris, 1909, in-4*), p. lxxxv. Éd. Ordon¬ 
nances, t. II (1729), p. 77-80, d'après JJ 66, n* 629, fol. 264-264 v*; indiq. : 
Pardessus, op. cil., p. 79. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL TOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 547 

en fixant ses pouvoirs judiciaires : < Et voulons et ordenons que 
les apiaus volaiges qui se feront en la ville de Laon et en toutes 
les villes et jurisdiction appartenant audit prevost de la cité 
viengnent pardevant li et en sa court, sanz ce que nostre prevost 
forain, qui seroit pour le temps, s’en entremette de riens d’ores 
en avant 1 . > L’ancien prévôt conserva cependant ses droits 
dans le ressort de la prévôté foraine de Laon 2 . Il était utile de 
fixer le rôle des officiers royaux en tant que juges d’appel, cepen¬ 
dant, dès l’année 1332, le nombre des appels volages interjetés 
par-devant les prévôts et les juges qui remplaçaient les échevins 
diminua considérablement, carie roi Philippe VI, sollicité parles 
habitants, favorisa la suppression de l’institution. Les plaintes 
contre l’appel volage rappellent celles qui furent adressées à 
Philippe le Bel en 1295 : les habitants s’efforcent de prouver 
€ que, pour cause des appeaus que l’on dit volages, il ont sous- 
tenu et soustiennent, et ont de jour en jour grans griez, molestez 
et dommages 3 » et supplient le roi d’« oster du tout et abatre » 
ces appels moyennant une compensation financière. Les parties 
intéressées, roi et sujets, suivirent la procédure observée au 
temps de Philippe le Bel, quarante ans auparavant. Philippe VI 
accepta avec empressement le mode de rachat proposé et prit 
même des mesures qui lui permirent de donner plus rapidement 
satisfaction aux populations. La chancellerie expédia d’abord 
directement aux habitants les lettres de suppression 4 5 , mais les 
solliciteurs furent bientôt si nombreux qu’il fallut mettre un 
peu d’ordre dans l’accomplissement de cette réforme. Par lettres 
de commission du 27 novembre 1332, le roi donna plein pouvoir 
à maître Nicolas de CaillouëP, archidiacre de Laon, au bailli de 

1. Ibid., p. 78, JJ 66, n» 629, fol. 264. 

2. Ceci est prouvé par le Procès-verbal des coutumes générales et particu¬ 
lières du bailliage de Vermandois dressé en 1556. Éd. Bourdot de Richeboorg, 
Nouveau coutumier général, t. II (Paris, 1724, in-fol.), p. 554. 

3. Préambule des lettres royaux données A Paris en août 1332 et portant sup¬ 
pression de l'appel volage. Voir, par exemple, celles qui concernent la localité 
de Launois (cant. de Signy-1'Abbaye). Éd. Ordonnances, t. II (1729), p. 81-82, 
d’après JJ 66, n* 1049, fol. 435 v\ Ces lettres 6e terminent par la formule : 
Par la Chambre des comptes et les trésoriers, P. Jul. — Les mentions extra 
sigillum de toutes ces lettres, que je relèverai soigneusement, témoignent 
toutes de l’intervention de la Chambre des comptes parce qu’il s'agissait d’une 
question financière. 

4. Cf. les lettres pour Launois, du mois d'août 1332, citées ci-dessus. 

5. Cailloûel-Crépigny, Aisne, cant. de Chauny, arr. de Laon. Ce nom est sou- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


548 


LE DBOIT D'APPEL 


Vermandois et au prévôt de la cité de Laon, Jean d’Aizy 1 , puis 
Pierre le Courant et Raoul de Loizy 2 , pour recevoir les offres 
de composition, consistant en une « rente perpétuelle souffisant » 
que feraient au roi les habitants de la prévôté de Laon et pour 
leur donner ensuite des lettres, scellées de leurs sceaux, les 
exemptant de l’appel volage; ces lettres seraient confirmées, 
plus tard, par des lettres royaux scellées de cire verte sur lacs 
de soie 3 . Ces trois personnes prirent le titre de « commissaires 
députez par le Roy nostre sire sur le fait des appiaus volaiges 
en la prevosté et ressort de Laon » et s’entendirent avec les 
procureurs des habitants qui vinrent les trouver afin d’obtenir des 
lettres d’exemption. La composition offerte par les intéressés 
et agréée par le roi ne fut pas une forte somme, versée en une 
fois, comme en 1296, mais consista en une « rente perpétuelle » 
constituée au profit du roi par les habitants, véritable fouage 
perçu à raison d’un versement annuel de deux sous parisis 4 
« par chascun chef de feu d’ostel * 5 . Un feu est une famille repré¬ 
sentée par son chef, quel que soit le nombre des individus qui la 
composent 6 . Parfois, une seule maison sert de lieu d’habitation 

▼ent orthographié « Cailloue ». Ce personnage est aussi cité dans JJ 66, n* 955, 
fol. 394, en avril 1332. 

1. Aizy, Aisne, cant. de Vailly, arr. de Soissons. 

2. Loizy, f., comm. de Beany-et-Loizy, Aisne, arr. de Laon. Ce nom est quel¬ 
quefois écrit Loiry. 

3. 1332, 27 novembre, Paris. Lettres de Philippe VI, vidimées dans des lettres 
des commissaires du 23 mars 1334, exemptant de l’appel les localités de Tavaux- 
Pontséricourt (cant. de Marie, Aisne) et de Pontséricourt (h. de la comm. 
de Tavaux-Ponlséricourt), confirmées par le roi Jean II A Paris en août 1351. 
Éd. Ordonnances, t. II (1729), p. 444-446, d’après JJ 81, n* 174, fol. 97-98, avec 
la mention : Per genles compotorum, Adam. Facta est collatio cum originali. 
Toutes les lettres d'exemption renferment d’ailleurs le texte des lettres de Phi¬ 
lippe VI, du 27 novembre 1332. 

4. Les lettres pour Launois portent « trois soubz tournois » ( Ordonnances , 
t. II, p. 81 ; cf. ci-dessus, p. 547, n. 3), mais toutes les autres fixent la taxation 
à deux sous parisis. En 1332, la valeur intrinsèque du sou tournois était de 
0 fr. 91 et celle du sou parisis de 1 fr. 145. Pour connaître les principales 
variations de ces monnaies de compte au xiv* siècle, voir le tableau dressé 
par MM. Prou et Coville dans l'Histoire de France publiée sous la direction 
d'Ernest Lavisse, t. IV, 1 M partie (Paris, 1901, in-4*), p. 443. 

5. Lettres pour Tavaux-et-Pontséricourt citées ci-dessus, n. 3. 

6. Comme & la fin du xiu* siècle. Cf. M. Jusselin, VImpôt royal sous Phi¬ 
lippe le Bel, dans les Postfions des thèses de F École des chartes. Promotion 
de 1906 (Toulouse, E, Privât, 1906, in-8*), p. 116. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 549 

à quelques familles : dans ce cas, il y a autant de feux que de 
« ménages », cette expression désignant l’ensemble des per¬ 
sonnes qui composent une famille. Le versement de la composition 
devait être effectué chaque année à Laon, au receveur de Ver- 
mandois, à la Saint-Martin (11 novembre); et, pour éviter les 
erreurs et les difficultés, le receveur devait procéder annuellement 
à l’estimation du nombre des feux dès la Saint-Rémy (1 er octobre), 
« sans prandre despens ou salaire pour ce faire sur lesdictes 
villes ». Le roi permet de ne pas compter les feux des clercs et 
des pauvres mendiants « qui pourchassent leur pain communé¬ 
ment parmi les villes », mais ce n’est pas son intention « que 
s’il y a aucun clercs... qui ayent personnes laies demourans en 
leur hostieux, que les dictes personnes puissent joïr ne user de 
ladicte franchise » : celles-ci paieront comme les autres habitants. 
Les clercs et les pauvres sont donc seuls exempts. Lorsque les 
feux seront comptés, la répartition de la somme que chaque 
localité devra verser, équivalente au produit du nombre des feux 
fixé parle receveur de Yermandois multiplié par deux sous pari- 
sis, sera faite suivant le principe du fort portant le faible, 
c’est à-dire que les ménages ou feux riches devront être plus impo¬ 
sés et payer pour les ménages pauvres qui ne pourront rien verser 
mais compteront au nombre des feux 1 . Moyennant la promesse 
de s’acquitter de cette composition, les communautés reçurent 
des lettres les exemptant de l’appel volage; quelques-unes, 
comme Ta vaux 2 et Pontséricourt 3 , dès 1332, se firent exempter 
non seulement des appels et « adjornements volaiges », mais de 
4 tous autres appiaux et adjornemens frivoles quels qu’ils soient, 
fais en jugement ou hors jugement, devant clain ou après 
clain » 4 . Comme en 1296, le roi, « pour cause de sa souverai¬ 
neté », se réserva l’appel pour défaut de droit et faux jugement. 
Si quelque habitant quitte une ville exempte et se rend dans une 
autre localité non exempte, il sera soumis à l’appel volage dans sa 
nouvelle résidence 5 . Les commissaires fixèrent aussi de quelle 

1. « Et s’il y en avoit aucun desdiz babitans qui fussent non payables, les 
bien payables les feront payables, en tele maniéré que nous et nos successeurs 
auront entérinement lesdiz deux soulz parisis pour chascun chief de feu d’ostel 
de ladicte Tille en la maniéré que dit est. » 

2. Tavaux-Pontséricourt, cant. de Marie, arr. de Laon. 

3. Hameau, coram. de Tavaux-Pontséricourt. 

4. Ordonnances, t. Il, p. 445. 

5. < Et se il advenoit qu’aucun des submanens desdites villes voisent demeu* 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


550 


LE DKOIT D'APPEL 


façon les habitants qui avaient obtenu des lettres de dispense 
devaient agir envers ceux qui n’en avaient pas 1 . Une personne 
exempte pourra appeler une personne non exempte et cepen¬ 
dant ne poursuivre son appel que s’il lui plaît. Si elle ne pour¬ 
suit pas l’appel, la personne appelée pourra le poursuivre à son 
profit, et faire condamner l’appelant à l’amende « pour la cour 
demourée » s’il ne répondait pas à l’ajournement 2 . Si la personne 
appelée ne cherche pas à réparer ainsi le dommage que peut lui 
causer un appel non poursuivi, l’affaire en restera là et les gens 
du roi ne pourront poursuivre et mettre à l’amende pour défaut de 
poursuite la personne appelée qui n’aura pas poursuivi l’appel. 
Enfin, si des personnes étrangères interjettent un appel volage 
contre le maire et les échevins d’une ville exempte « pour quel¬ 
conques causes qui touchent lesdits habita ns », ceux-ci n’auront 
pas à répondre à l’appel. 

Le roi ne manqua pas, selon sa promesse, de confirmer les 
lettres données par ses commissaires, et nous possédons le texte 
de plusieurs de ces lettres de ratification expédiées de 1333à 1341. 
Elles sont toutes datées de Paris et concernent Dizy-le-Gros 3 , 

rer hors d’icelles Tilles, en lieu qui soit subget susdits sppiaux volages, ils ne 
jouiront pas de cette franchise, tant comme ils demeurent hors desdites Tilles 
en lieu subget desdits appiaux » [Ibid.). 

1. « Et se il advient que lesdits habitans appellent aucuns autres subgets 
susdits appiaux voulages, qui n’ayent semblable franchise, les appellans pour¬ 
ront poursuivre leurs appiaux se il leur plaist, et en ce cas où il ne les pour¬ 
suivraient, ceux qu’ils auraient appellé les pourraient poursuir, se il leur plai¬ 
rait, de leur interest pardevant les gens du ray, et en seraient tenus de 
respondre par voie de adjornement, et s’ils en estoient condampnez, ils paye¬ 
raient l’amende, pour la court demourée tant seulement, et les deffauts, se en 
deffaut se raettoienl après ledit adjornement. Et en cas IA où la partie appel- 
lée ne ferait demande de son intérest, les gens du roy ne pourraient lesdits 
appeliez poursuir, ne traire & amende pour cause des appiaux, ne de la def- 
fante de poursuite » (Ibid., p. 446). 

2. Ces prescriptions, renfermées dans les lettres du 27 novembre 1332 pour 
Tavaux et Pontséricourt, à côté de prescriptions contre « tous autres apiaux 
et adjornemens frivoles », ne se rencontrent pa6 dans toutes les lettres. Elles 
constituent les premières mesures de répression contre l'appel frivole dont 
nous parlerons ci-aprés. 

3. Aisne, cant. de Rozoy-sur-Serre. Lettres de Philippe VI, 1333, juin (Arch. 
nat., JJ 66, n* 1171, fol. 499 v*-500), vidimant les lettres du 27 novembre 1332 
et celles des commissaires Nicolas de Caillouël et Jean d’Aisy, du 27 mars 
1333. On lit à la fin : Par les gens des comptes, H. de Domp \ L’accord avec 
les commissaires fut fait par l’abbé de Cuissy-en-Laonnais (cant. de Craonne), 
qui en avait reçu le pouvoir des habitants. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL TOLACE » ET « APPEL FRIVOLE ». 


551 


« Trémy » ! et « Villiers » 2 , Vervins 3 , Crouy 4 , Rouy : ’, Corbeny 6 , 
Lislet 7 , Missy-sur-Aisne 8 , Glennes 9 , Vasseny 10 , Bancigny 11 , 
Montigny-en-Laonnais 12 , Montcornet 13 , Paissy 14 , Saint-Pierre- 

1. Tergnier, cant. de la Père, arr. de Laon. 

2. Villers, village détruit entre Crépy (cant. de Laon) et Couvron, prés de la 
station du chemin de fer de Reims à Tergnier. Lettres de Philippe VI, 1333, 
novembre (Arch. nat., JJ 66, n* 1174, fol. 500 v*-501), vidimant celles du 
27 novembre 1332 et celles des commissaires du 17 octobre 1333 données A 
Saint-Thomas-en-Laonnais (cant. de Craonne). A la fin : Par la Chambre des 
comptes , Jaques de Boulay. Reddatur camere. Scriptar, Ja. de Bovlaio. 

3. Vervins-en-Thiérache, ch.-l. d'arr. Lettres de Philippe VI, 1333, novembre 
(Arch. nat., JJ 66, n* 1175, fol. 501 v*-503), vidimant celles du 27 novembre 
1332 et celles des commissaires du 10 août 1333 données à Laon. A la fin : Par 
la Chambre des comptes , Ja. de Boulay. Reddatur camere. Collatio facta. 

4. Aisne, cant. de Soissons. Lettres de Philippe VI, 1333, octobre (Arch. 
nat., JJ 66, n* 1180, fol. 504), vidimant celles du 27 novembre 1332 et celles 
des commissaires du 21 août 1333. A la fin, même mention que ci-dessus. 

5. Rouy, comm. d'Ainigny-Rouy, cant. de Cbauny, arr. de Laon. Lettres de 
Philippe VI, 1333, novembre (Arch. nat., JJ 66, n* 1181, fol. 505-506), vidimant 
celles du 27 novembre 1332 et celles des commissaires du 19 juin 1333. Même 
mention finale. 

6. Aisne, cant. de Craonne. Lettres de Philippe VI, 1333, novembre (Arch. 
nat., JJ 66, n* 1179, fol. 503 v*-504), vidimant celles du 27 novembre 1332 et 
celles des commissaires du 19 octobre 1333 données à Vauclerc. Même mention 
finale. 

7. Aisne, cant. de Rozoy-sur-Serre, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 
1333, novembre (Arch. nat., JJ 66, n* 1182, fol. 505 v*-506), vidimant celles du 
27 novembre 1332 et celles des commissaires données k Montcornet le 9 mars 
1333. Même formule finale. 

8. Aisne, cant. de Vailly, arr. de Soissons. Lettres de Philippe VI, 1333, 
octobre (Arch. nat., JJ 66, n* 1206, fol. 513 v*-514), vidimant celles du 
27 novembre 1332 et celles des commissaires données à Laon le lundi 19 juillet 
1333. Même formule finale. 

9. Aisne, cant. de Braine, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 1333, juillet 
(Arch. nat., JJ 66, n* 1227, fol. 521 v-522), vidimant celles du 27 novembre 
1332 et celles des commissaires du 14 mars 1333. A la fin : Registrata est in 
Caméra. Par les gens des comptes , R. de Molins. Collacion est faite. 

10. Aisne, cant. de Braine, arr. de Laon. 

11. Aisne, cant. de Vervins. 

12. Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 1333, juil¬ 
let (Arch. nat., JJ 66, n* 1228, fol. 522-522 v*), vidimant celles du 27 novembre 
1332 et celles des commissaires du 27 mars 1333. 

13. Aisne, cant. de Rozoy-sur-Serre, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 
1333, juin (Arch. nat., JJ 66, n* 1307, fol. 563-563 v*), vidimant celles du 
27 novembre 1332 et celles des commissaires de mars 1333. A la fin : Par les 
genz des comptes , H. de Dom \ Collacion est faite. Reddatur camere. 

14. Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 1333, 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



552 


LE Diorr d’appel 


Aigle*, Moulins 2 , Marie 3 , Berrieux 4 , Origny à , Saint-Thomas 6 , 
Festieux 7 , Condé-sur-Suippe 8 , Chivres 9 , Qamecy 10 , Acy 11 , Vio- 

novembre (Arch. nat., JJ 66, n* 1320, fol. 569), vidimant celles du 27 novembre 
1332 et celles des commissaires du 6 mars 1333. A la fie : Par la Chambre 
de» Comptes , Ja(cques) de Boulay. Collatio facta. Ces lettres concernent éga¬ 
lement Saint-Pierre-Aigle et Moulins qui étaient aussi a en la justice de hon- 
norables hommes et discrez doyen et chapitre de l'église de Laon ». 

1. Aisne, cant. de Vie-sur-Aisne, arr. de Soissons. 

2. Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. 

3. Aisne, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 1334, 25 juin (Arch. nat., 
JJ 66, n* 1365, fol. 588-589), vidimant celles du 27 novembre 1332 et celles de 
Nicolas de Caillouël et de a Sauviaux de Wadencourt », bailli de Vermandois, 
données à Laon le dimanche 9 janvier 1334. A la fin : Par la Chambre des 
comptes, Ja(cques) de Boulay. Reddalur camere. Collacio facta est. 

4. Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 1334, juin 
(Arch. nat., JJ 66, n* 1406, fol. 613-613 v), vidimant celles du 27 novembre 
1332 et celles de N. de Caillouel et de J. d’Aisy du 13 mai 1333. A la fin : Par 
la Chambre des comptes , /. de Cova. Reddalur camere. Collacio est facta. 
Sur Berrieux, cf. ci-dessus, p. 543 et suiv. 

5. Aisne, cant. d'Hirson, arr. de Vervins. Lettres de Philippe VI, 1334, 
6 juin (Arch. nat., JJ 66, n* 1409, fol. 616-617), vidimant celles du 27 novembre 
1332 et celles des commissaires données & Laon le 21 avril 1333. A la fin : Par 
la Chambre des comptes, Ja(cques) de Boulay. Collacio facta. 

6. Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 1334, juil¬ 
let (Arch. nat., JJ 66, n* 1425, fol. 642), vidimant celles du 27 novembre 1332 
et celles des commissaires du 20 octobre 1333. A la fin : Par le roy à votre 
relacion, G. Godefroy. Collacion est faite à l'original. 

7. Aisne, cant. de Laon. Lettres de Philippe VI, 1335, juin (Arch. nat., 
JJ 69, n* 70, fol. 60-61), vidimant celles du 27 novembre 1332 et celles de 
Nicolas de Caillouel et de Pierre le Courant, prévôt de la cité de Laon, succes¬ 
seur de J. d'Aisy, données le vendredi l* r avril 1334. A la fin : Per vos, Molins. 

8. Aisne, cant. de Neufchâtel, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 1335, 
juillet (Arch. nat., JJ 69, n* 79, fol. 72-72 v*), vidimant celles du 17 novembre 
1332 et celles des commissaires susdits données à Noyon le jeudi 14 juillet 
1334. Éd. Ordonnances, t. XII (Paris, 1777, in-fol.), p. 25-27. 

9. Aisne, cant. de Vailly, arr. de Soissons. Lettres de Philippe VI, 1336, 
novembre (Arch. nat., JJ 70, n* 88, fol. 41 v*-42), vidimant celles du 27 novembre 
1332 et celles des commissaires du vendredi 8 novembre 1336. A la fin : Par 
la Chambre des comptes, J. de Cova. 

10. Aisne, cant. de Vailly, arr. de Soissons. Lettres de Philippe VI, 1336, 
décembre (Arch. nat., JJ 70, n* 106, fol 48-48 v*), vidimant celles du 
27 novembre 1332 et celles des commissaires du samedi 30 novembre 1336. 
Même mention finale. 

11. Aisne, cant. de Draine, arr. de Soissons. Lettres de Philippe VI, 1337, 
janvier (Arch. nat., JJ 70, n* 128, fol. 63 v*-64 v*), vidimant celles du 
27 novembre 1332 et celles des commissaires du lundi 4 novembre 1336. Même 
mention finale. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 553 

laine 1 , Deuillet 2 , Servais *, Aubignv 4 , Barizis 5 , « excepté seule¬ 
ment le hamelot que on appelle le Mesnil », Estraon (i et Hary 7 , 
Burelles 8 , Brave-en-Thiérache 9 . 

Comme en 1290, quelques villes, Vervins 1 " par exemple, se 
réservèrent le droit d’interjeter l’appel volage contre leur seigneur 
ou ses lieutenants, malgré la suppression de cet appel, mais les 
seigneurs eux-mêmes, moyennant finance, se procurèrent des 
garanties de même nature contre leurs sujets. Jean, seigneur 
d’Oulche 11 , écuyer et châtelain de Chauny-sur-Oise 12 , ne pouvait 
à Oulche « faire accomplissement de justice » parce que les 
habitants usaient sans mesure de l’appel volage contre lui et « sa 
justice », aussi s’offrit-il, à titre de rachat de ce mauvais usage, 
de donner au roi chaque année à la Saint-Martin 12 deniers 

1. Aisne, coimn. de Maasl-et-VioIaine, cant. d'Oulchy-le-Château, air. de 
Soissons. Lettres de Philip|K* VI, 1337, janvier (Arch. nat., JJ 70, n* 129, 
fol. 64 v-65), vidimant celles du 27 novembre 1332 et celles des commissaires 
du samedi 1" septembre 1336. A la fin : Par les genz des comptes, Ja(cques) 
de Boulag. 

2. Aisne, cant. de la Fêre, arr. de Laon. Marnes lettres. 

3. Aisne, cant. de la Fère, arr. de Laon. Mêmes lettres. 

4. Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 1337, 
février (Arch. nat., JJ 70, n* 140, fol. 68 v*-69 v*), vidimant celles du 
27 novembre 1332 et celles des commissaires du 1" mars 1335. Même men¬ 
tion finale. 

5. Aisne, cant. de Coucy-le-Château, arr. de Laon. Lettres de Philippe VI, 
1337, 31 janvier (Arch. nat., JJ 70, n* 181, fol. 62 v*-63 v*), vidimant celles du 
2 janvier 1337 (identiques à celles du 27 novembre 1332) adressées à N. de 
Caillouêl, au bailli de Vermandois et au prévét de la cité de Laon, et celles 
des commissaires N. de Caillouêl et Raoul de Loizy du jeudi 16 janvier 1337. 

6. Aisne, comm. d’Hary, cant. de Vervins. Lettres de Philippe VI, 1339, 
2 juillet (Arch. nat., JJ 71, n* 279, fol. 186 v*-187 v*), vidimant celles du 
27 novembre 1332 et celles de N. de Caillouêl et de P. Le Courant du dimanche 
27 août 1335. A la fin : Par les gens des comptes , J. de Cova. Visa in caméra 
compotorum domini regis Parisius et ibidem expeditur absque financia, 
J. de Sancto Justo. 

7. Aisne, arr. de Vervins. Mêmes lettres. 

8. Aisne, cant. de Vervins. Lettres de Philippe VI, 1341, juillet (Arch. nat., 
JJ 72, n* 29, fol. 29 v*-34), vidimant celles du 27 novembre 1332 et celles des 
commissaires du mardi 18 décembre 1335. A la fin : Par les genz des comptes, 
P. Briarre. Non debent propler hoc ftnaneiatn , J. de Sancto Justo. 

9. Aisne, cant. de Vervins. Mêmes lettres. A la fin : Par les genz des 
comptes, J. de Cova. Sine alia financia, J. de Sancto Justo. 

10. Lettres de Philippe VI de novembre 1333. Cf. ci-dessus, p. 551, n. 3. 

11. Oulche, Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. 

12. Aisne, arr. de Laon. 




554 


LE DBOIT D'APPEL 


parisis pour chacun des feux composant la ville d’Oulche. Le roi 
accepta ce marché 1 mais se réserva expressément, pour sauve¬ 
garder sa souveraineté, le droit de recevoir les « appiaus de 
défaute de droit et de mauvais et fous jugement » interjetés 
parles habitants d’Oulche contre leur seigneur Jean. Le seigneur 
de « Gevincourt » 2 , Jean de « Sarny » 3 , chevalier, voyait se per¬ 
pétrer chaque jour, à cause des « appeaux volaiges en sa court 
à Gevincourt, par devant son maieur, ses eschevins et son sergent, 
plusieurs fraudes, malices et moult de calompnes », aussi se 
plaignit-il aux commissaires du roi Raoul de Loiry, prévôt de 
la cité de Laon, et Jean Haton, de Laon. Après enquête, ceux-ci 
acceptèrent l'offre faite parle seigneur de < Gevincourt » de don¬ 
ner annuellement au roi, à la Saint-Martin d’hiver, en échange 
de l’exemption de l’appel volage au profit de son maire, de ses 
échevins et de son sergent, 4 sous parisis pour chacune de ces 
personnes 4 . On voit que les seigneurs n’usaient pas tous des 
mêmes moyens pour éviter l’appel volage. Les uns, comme 
Jean d’Oulche, offraient une compensation financière propor¬ 
tionnée au nombre de leurs sujets et exemptaient ceux-ci malgré 
eux, d’autres, comme Jean de « Sarny », achetaient l’exemption 
de leurs officiers de justice seulement. 

Nous avons vu qu’en 1296 le roi avait laissé aux habitants 
des villes exemptes de l’appel volage l’étrange privilège de citer 
en appel à la cour de Laon tous ceux qui n’étaient pas exempts de 

1. Lettres de Philippe VI, 1337, 5 juin (Arch. nat., JJ 70, n* 281, fol. 126 v*- 
127), vidimant celles du 25 novembre 1332 et celles des commissaires données 
à Laon le 30 septembre 1335. C'est un rachat semblable à celui qu’avait fait 
Pierre de Baulne en 1296 (cf. ci-dessus, p. 26-28). L'exemption était faite sans 
consulter la volonté des sujets et même malgré eux. 

2. Juvincourt et Dammarie, Aisne, cant. de NeufchAtel, arr. de Laon. 

3. Cerny-lez-Bucy, Aisne, arr. et cant. de Laon. 

4. 1343, décembre, Paris. Lettres de Philippe VI vidimant celles de Jean de 
Veelle (Vesle et Caumont, cant. de Marie, arr. de Laon), garde du scel du bail¬ 
liage de Vermandois, du 23 août 1343, par lesquelles les commissaires du roi 
reconnaissent l'authenticité de leurs sceaux apposés à d'autres lettres également 
vidimées : 1343, 9 août. Lettres des commissaires Raoul de Loizy, prévôt de 
la cité de Laon, et Jean Haton de Laon, faisant connaître l'accord avec Jean 
de « Sarny » et vidimant les lettres de commission de Philippe VI du 22 mars 
1343 adressées à Raoul de Loizy, Jean Haton et < Raoul le Jeune » (Arch. nat., 
JJ 74, n* 406, fol. 234-235). On lit a la (in : Par les genz des comptes , Math. 
Sine alia financia, Jvst. Collacion est faicte , Math. Fit in domanio bailivie 
Viromandensis de CCC XXXV* penes me Robertum Mignon et J. Clabarl. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DENOMME « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 


555 


cet appel et de ne poursuivre leur appel que « s’il leur plaisait » 1 . 
Le dispositif des lettres de Philippe IV ayant servi de modèle 
aux notaires de Philippe VI, nous retrouvons dans la plupart des 
lettres expédiées parla chancellerie du premier souverain Valois 
la clause stipulant que les habitants exempts de l’appel volage 
pourraient appeler les habitants non exempts et ne poursuivre 
cet appel que s’il leur plaisait. Quelques lettres seulement, con¬ 
cernant les localités de Lislet, Montcornet, Berrieux, Origny, 
stipulent que les habitants exempts seront tenus de poursuivre 
leur appel, mais c’est là une exception, exception très regrettable 
d’ailleurs, car ce privilège donna aussitôt naissance à un grave 
abus que l’on nomma l’appel frivole. 

Des lettres concernant la suppression de l’appel volage à 
Tavaux-et-Pontséricourt‘ 2 , Dizy-le-Gros*, à Laffaux 4 , Orge val r> , 
Burelles 6 , Braye-en-Thiérache 7 , font également mention de la 
suppression de l’appel frivole 8 et accordent à l’appelé le droit 
de poursuivre l’appel à son profit et de faire condamner à son 
tour, « pour la cour demourée », l’appelant qui n’a pas répondu 
à son ajournement, mais ces textes n’insistent pas sur la nature 
de cet abus. C’est seulement dans la seconde moitié du xiv® siècle 

1. Cf. ci-dessus, p. 541. 

2. Ibid., p. 548, n. 3. 

3. Ibid., p. 550, n. 3. 

4. Aisne, cant. de Vailly, arr. de Soissons. Lettres de Philippe VI, 1340, 
décembre, au bois de Vincennes (Arch. nat., JJ 72, n* 307), vidiinant les 
lettres de commission du 2 janvier 1337 et celles des commissaires N. de 
Caillouël et Raoul de Loizy données à Laon le samedi 14 décembre 1430. A la 
lin : Par le roy à la relacion des arcediacres de Reims et dA trenches, 
Malic. Sine alia financia. Seripla iij‘ die Januarii an no Pomini M’ CCCXL 9 , 
R. de Balehan. Pil in domanio Viromandensi de CCCXXIP, R. Mignon. 

5. Aisne, cant. de Laon. Lettres de Philip|>e VI, 1341, juin (Arch. nat., 
JJ 72, n* 196, fol. 126 v*-127 v*), vidimant les lettres de commission du 2 jan¬ 
vier 1337 adressées A N. de Caillouël, au bailli de Vermandois et au prévôt de 
Laon, et celles des commissaires Caillouël et R. de Loizy données le dimanche 
3 juin 1341. A la fin : Par les gens des comptes, J. de Cova. Non debeant 
aliam financia m quarn illam que superins est expressa, J. de Sancto Justo. 

6. Aisne, cant. de Vervins. Lettres de Philippe VI, 1341, juillet (Arch. nat., 
JJ 72, n* 29, fol. 29 v*-34), vidimant celles du 27 novembre 1332 et celles des 
commissaires N. de Caillouël et P. Le Courant du mardi 18 décembre 1335. 
A la fin : Par les genz des comptes , P. Briaire. Non debenl propler hoc 
financiam, J. de Sancto Justo. 

7. Aisne, cant. de Vervins. 

8. Cf. ci-dessus, p. 550, n. 2. 



Digitized 



Original from 

MICHIGAN 


556 


LE DBOIT D'APPEL 


que nous trouvons dans les documents un exposé détaillé de tous 
les dommages causés dans cette région par l'appel frivole. 

Les requêtes présentées au roi contre ceux qui abusaient de 
l’appel frivole sont intéressantes parce qu’elles nous permettent 
de remarquer qu’il y eut, suivant la condition des plaignants, 
deux façons de concevoir les moyens d’échapper à cet abus. 

Les habitants non exempts, victimes du bon plaisir des habi¬ 
tants exempts, songèrent d’abord à se garantir de l’appel frivole 
en se procurant le droit de s’en servir eux-mêmes par l’acquisi¬ 
tion moyennant finance de l’exemption de l’appel volage. Leurs 
demandes renferment des plaintes émouvantes contre la tyrannie 
exercée sur eux par les habitants exempts de l’appel volage. 
Dans les lettres d’exemption obtenues parles habitants de Rozoy- 
sur-Serre 1 en échange de la promesse de verser annuellement 
deux sous parisis par feu 2 , le roi dit que, dans leur humble 
supplique, les habitants lui ont remontré que, < pour ce que il 
sont des appeaux volages de Laon, plusieurs clercs et autres, 
lesquelz ne sont mie desdiz appeaulx, quant aucuns desdiz sup- 
plians ne font leur volenté, ou leur font déplaisir aucun, et aussi 
meu plusieurs fois de leur volenté, sans aucune cause raison¬ 
nable, pour travailler et dommagier lesdiz habitans, les appellent 
souventeffoiz, ou aucuns d’eulz, à nostre court à Laon, parde- 
vant nostre baillif de Vermendois ou son lieutenant, pardevant 
lesquelz il convient que lesdiz habitants ainsi appelez, qui sont 
demourans à dix lieues loing de ladite ville de Laon, y voisent 
tantost en tel estât comme ils sont, ou il conviendrait que il 
nous païassent soixante solz d’amende; et si n’y vont mie lesdiz 
appellans, se il ne leur plaist; pour laquelle cause, lesdiz habi¬ 
tants ainsi appeliez, comme dit est, sont travaillez, grevez et 
dommagiez, et leur en convient laissier à faire leurs besoingnes 
et leurs labourages, et aussi moult finer et despendre du leur, si 
comme il dient » 3 . On comprend le désir qu’avaient les habitants 
de ne plus tarder à s’affranchir moyennant finance. Des lettres 
de même nature, rappelant celles de Philippe VI, abolirent, sous 
les mêmes conditions, l’appel volage dans le « Bourc d’Aisne » 

1. Aisne, arr. de Laon. 

2. 1367, juillet, Sens. Lettres de Charles V (Arch. nat., JJ 100, n* 270, 
fol. 79). Éd. Ordonnances, t. V (1736), p. 29-30. On Ut à la 6n : Soycourt. 
Par le roy en ses requestes, G. de Monlaçu, Visa. 

3. Ibid., p. 29-30. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN. 



DfaOMlfi « APPEL VOLAGE » ET « APPEL F1IVOLE ». 557 

et le « chastel Saint-Mard de Soissons, estans es termes de la 
prevosté foraine de Laon, de la paroisse de Saint-Vast de Sois¬ 
sons jp 1 , dans les localités de Chaourse 2 , Ebouleau 3 et Vic-sur- 
Aisne 4 , dépendant de l’abbaye de Saint-Denis 5 , et ces lettres 
impliquent aussi la suppression de l’appel frivole, car le mot com¬ 
mence à avoir un sens précis, mais n’en parlent qu’accessoire- 
ment, tandis que se prépare, parmi les seigneurs justiciers, un 
formidable mouvement d’opinion, non plus contre l’appel volage, 
mais uniquement et directement contre l’appel frivole. 

En effet, les seigneurs laïcs et ecclésiastiques, assistant aux 
efforts désespérés faits par leurs cours de justice pour retenir 
par-devers elles les causes de leurs sujets et voyant avec inquié¬ 
tude diminuer rapidement les revenus que leur procuraient 
l’exercice de la justice, avaient un puissant intérêt à combattre 
l’abus de l’appel frivole. De leur côté, les sujets, une fois exempts 
de l’appel volage moyennant finance, jouissaient avec un cer¬ 
tain plaisir de l’immunité que leur offrait cet appel dénommé fri¬ 
vole et le droit qu'ils s’étaient réservé d’interjeter appel contre 
leurs seigneurs. L’histoire de cette institution est donc assez 
instructive; elle nous montre la lutte de deux tendances corres¬ 
pondant à deux situations sociales. La supression de l’appel 
volage fut surtout le résultat des plaintes des populations, et la 
répression de l’appel frivole, né de la destruction de l’appel 
volage, fut au contraire due presque uniquement aux pressantes 
requêtes des seigneurs et eut lieu, dans une certaine mesure, 
contre les habitants, puisque la majorité d’entre eux, déjà 
exempts à la fin du xrv e siècle de l’appel volage, pouvaient 
créer des appels frivoles à leur profit. 

Les plaintes des seigneurs justiciers sont d’ailleurs nettement 
dirigées contre leurs sujets. Le prototype des réclamations 
adressées au roi par les seigneurs paraît avoir été la requête pré¬ 
sentée par le chapitre de Reims en 1372 et qui servit de modèle 

1. 1368, janvier, au chastel du Louvre dehors Paris. Lettres de Charles V 
(Arch. nat., JJ 99, n* 536, fol. 167 v\ Éd. Ordonnances, t. V (1736), p. 93-95. 
A la fin on lit : Par le roy en ses requesles, Villem. Maiçnac. Visa. 

2. Aisne, cant. de Rozoy-sur-Serre, arr. de Laon. 

3. Aisne, cant. de Sissonne, arr. de Laon. 

4. Aisne, arr. de Laon. 

5. 1369, décembre, Paris. Lettres de Charles V (Arch. nat., JJ 100, n* 479, 
fol. 148 v*). Éd. Ordonnances, t. V (1736), p. 246-248. A la fin : Par le roy en 
ses requesles, P. de Vergny. Visa, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



558 


LE DROIT D’iPPEL 


aux autres. Nous en connaissons la teneur, à laquelle fut attri¬ 
bué plus tard le nom d 'ordonnance, par le préambule des lettres 
royaux donnant satisfaction aux réclamations des chanoines 1 , 
et ces lettres nous renseignent aussi sur les mesures prises par 
Charles V. Le roi expose que les chanoines se sont plaint que 
« de jour en jour plusieurs, tant leurs subgès comme autres, des 
sentences, jugemens et appointements donnés parles dis de cha¬ 
pitre ou leurs officiers et, qui pis est, sans aucun appointement 
judiciaire, quant on les veut contraindre ou exécuter d’aucune 
chose, appellent ès assises du bailli de Vermandois, non pas une 
fois, mais tant qu’il leur plest, quérans diffuges et dilacions 
irraisonnables pour fuir à justice, pour ce que ils dient et main¬ 
tiennent que, par l’usage et coustume dont on use en la prévosté 
de Laon et ou ressort, ilz pevent appeller ainsi et quanteffois 
que il leur plaist des juridictions et justices subjectes au dit 
bailli de Vermendois en ses assises à Laon et autres, sans renon¬ 
cer à leurs appeaux et sans faire aucune diligence de les pour- 
suir dedens ycelles assises, et cependant se dient exems de la 
jurisdiction et justice dont ilz auront ainsi appellé jusques à la 
prochaine assise dudit bailli ensuivant, sans paier amende de 
nous, ne aux juges dont ilz auront appellé, et par ainsi seront 
leurs causes tenues en estât sans y procéder, et samblablement, 
après ladicte assise, appelleront encore derechief, et si poursui- 
ront pas leurs appeaulx, ne ne il ne y renonceront, et ne paie¬ 
ront pour ce aucune amende, et par se seroient leurs causes 
immortelles et sans fin, ou grant préjudice et dommaige du bien 
de justice... » 

Justement ému, Charles V pensa qu’il était opportun de 
prendre des mesures efficaces. Les requêtes adressées au roi 
furent retournées par celui-ci, sous son « contre-seel », au bailli 
de Vermandois qui dut, avec le concours du procureur du roi, 
faire une enquête afin de contrôler les assertions des plaignants 
et de connaître quelles pourraient être les conséquences de la 
suppression de l’appel frivole. Le bailli et le procureur du roi 
adressèrent aux maîtres des requêtes de l’hôtel du roi, à Paris, 
leur rapport accompagné des dépositions de vingt-cinq témoins, 

1. 1372, 23 avril, au Louvre. Lettres de Charles V abolissant l’appel frivole 
dans les justices appartenant au chapitre de Reims (Arch. nat., JJ 103, n* 170, 
fol. 92-92 v*). Éd. Ordonnances, t. V (1736), p. 470-471. A la fin on Ut : Par 
le roy en ses requesles. Filleul. Thoussoye. Visa. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FBIVOLE ». 559 

puis le bailli, « de bouche et en personne », confirma, en présence 
du roi et des conseillers maîtres des requêtes, les conclusions de 
son enquête qui corroboraient les plaintes des seigneurs justiciers, 
si bien que Charles V se décida à abolir complètement « teles 
appellations frivoles et les cauteles et malices des appeaulx ». 

11 ne s’agissait plus de fixer le montant d’une compensation 
financière, comme c’était l’usage pour la suppression de l’appel 
volage, mais il était seulement nécessaire de refréner un abus 
par des décisions appropriées. Les gens du roi s’inspirèrent de 
la juridiction observée au Parlement de Paris. Il fut décidé que 
tous ceux qui interjetteraient appel au bailli de Vermandois ou à 
son lieutenant, en ses assises de Laon ou autres, pour quelque 
cause ou cas que ce soit, seraient tenus de renoncer « à leur dis 
appeaulx, dedans les huit jours ensuivans qu’ils auront fait ledit 
appel; et si ne le faisoient, et qu’il ne feroient diligence de 
prendre et poursuir leur adjournement dedans temps deu pour 
l’assise prochaine ensuivante, ils paieront et seront tenuz pour 
ce, la somme de soixante soulz d’amende, aus dis suppüans et 
seigneurs de qui il auront appellé ; et si pourront exécuter leur 
jugié, procéder à aller avant, nonobstant leurs appeaulz ; et ou cas 
que les dis appellans prendroient leur adjournement et feroient 
poursuite de leur dit appel dedans temps deu en assise, et qu’il 
seroit dit bien jugié et mal appellé, ou bien appellé et mal jugié, 
que le stile ancien soit sur ce tenu et gardé ainsi que de raison et 
coustume a esté fait et acoustumé faire au temps passé ». Ainsi, 
l’amende de soixante sous qui était imposée aux habitants soumis 
à l’appel volage 1 et coupables de n’avoir pas répondu à l’appel 
menaça aussi tous ceux qui faisaient un usage abusif de l’appel 
frivole, en se basant sur cette clause de leurs lettres d’exemption 
de l’appel volage qui leur permettait d’user de l’appel contre les 
personnes non exemptes et contre leurs seigneurs et de pour¬ 
suivre cet appel s’il leur plaisait. 

Nombreux furent les seigneurs hauts justiciers qui récla¬ 
mèrent à leur profit l’expédition de lettres royaux semblables à 
celles qui avaient été accordées en 1372 pour les justices du cha¬ 
pitre de Reims. Des communes aussi, en tant que jouissant du 
droit de haute justice, furent favorisées et les effets de la nouvelle 
jurisprudence furent bientôt étendus au ressort direct de la pré- 

1. Cf. la requête des habitants de Rozoy-sur-Serre, en 1367, ci-dessus, p. 556. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



560 


LE DBOIT D'APPEL 


vôté foraine de Laon, ce qui montre que les juges royaux souf¬ 
fraient eux-mêmes de cet abus. Nous avons conservé des lettres 
royaux concernant la répression de l’appel volage dans le res¬ 
sort de la prévôté de Soissons 1 , dans les justices des chapitres 
de Laon 2 et de Tours-sur-Marne 3 , dans celles du monastère de 
Saint-Vincent de Laon 4 et des chapitres de Saint-Étienne de 
Chàlons-sur-Marne 5 , de Saint-Thierry de Reims 6 et de Saint- 
Jean de Laon 7 . En rappelant ses lettres données en 1372, 
Charles V accorde les mêmes garanties, en septembre 1378, à la 
commune de Crandelain qui n’en jouissait pas encore « par ce 
que les diz raaieurs, jurez, regars et communauté dessus dicte 
de Crandellain, qui ont esté depuis ladicte ordonnance, n’ont 
pas esté diligents d’en prendre noz lettres pour nostre dicte orden- 
nance fere publier et mettre à exécution » 8 . Puis furent expé¬ 
diées des lettres pour la prévôté foraine de Laon, car le prévôt 
forain avait exposé au roi « par sa complainte > le mal causé par 
l’appel frivole dans le ressort de sa juridiction 9 et d’autres en 

1. 1372, avril, au Louvre. Lettres de Charles V (Arcb. nat., JJ 104, n* 236, 
fol. 100 v*). Éd. Ordonnances, t. V (1736), p. 720-722. A la fin on lit : Par le 
roy en ses requestes, P, Briet. 

2. 1373, août, Paris. Lettres de Charles V (Arch. nat., JJ 104, n* 304, 
fol. 127-127 v). Éd. Ordonnances , t. V, p. 635-636. A la fin : Par le roy à la 
relacion du Conseil, P. Briet; et 1373, 10 août. Mandement de Drouart de 
Hainaut, lieutenant du bailli de Vermandois, aux officiers et sujets de ce 
bailliage, pour la mise à exécution de ces lettres, arch. départementales de 
l’Aisne, G 127. 

3. Marne, cant. d'Ay, arr. de Reims. 1374, mai, Paris. Lettres de Charles V 
(Arch. nat., JJ 105, n* 314, fol. 169-170). Éd. Ordonnances, t. VI (1741), p. 11. 

4. 1374, décembre, Paris. Lettres de Charles V (Arch. nat., JJ 106, n* 99, 
fol. 59-59 v*). Éd. Ordonnances, t. VI, p. 84-86. A la fin : Par le roy à la 
relacion du Conseil, P. de Disy. 

5. 1374, décembre, Paris. Lettres de Charles V (orig. scellé aux arcb. dépar¬ 
tementales de la Marne, G 462, n* 4, copie contemporaine aux Arch. nat., 
JJ 106, n* 327, fol. 172 v*-173). Éd. Ordonnances, t. VI, p. 86-88. A la fin : 
Par le roy à la relacion du Conseil, G. de Montagu . 

6. 1375, mars, Paris. Lettres de Charles V (indiq. : Arch. nat., JJ 106, 
n* 100), et Ordonnances, t. VI, p. 101. 

7. 1375, août, Paris. Lettres de Charles V (indiq. : Arch. nat., JJ 106, n* 100), 
et Ordonnances, t. VI, p. 144. 

8. 1378, septembre, Paris. Lettres de Charles V (Arch. nat., JJ 113, n* 139, 
fol. 64 v*-65). Éd. Ordonnances, t. VI, p. 349-350. A la fin : Par le Conseil 
ou quel vous esties, J. de Lus. Sur Crandelain, cf. ci-dessus, p. 531 et 538. 

9. « Autre semblable et semblablement signée : Par le roy à la relacion 
du Conseil, Maulone, pour la prevosté forainne de Laon », Ibid. Ces lettres 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DENOMME « APPEL VOLAGE » ET « APPEL PBIVOLE ». 561 

faveur des maire et jurés de Bruyères 1 et des « maire, échevins, 
jurez et esgardeurs » de la commune de Crépy-en-Laonnais « qui 
est fondée de fondacion royale » 2 , et des justices de l’abbaye de 
Saint-Pierre-au-Mont de Ghàlons 11 et de l’abbaye bénédictine 
d’Hautvillers 4 . Autres actes pour les « majeurs, eschevins, jurez, 
esgardeurs et autres leurs officiers » de Crépy-en-Laonnais 5 , 
pour la ville de Laon 1 ’, pour le « bailliage de Saint Père aux 
Nonnains » de Reims 7 , pour l’abbaye de Beaulieu en Argonne, 
de l’ordre de Cluni s , rappelant celles qui furent données aux 
chapitres de Reims et de Laon et au couvent de Saint-Jean de 
Laon et particulièrement opportunes puisque les religieux se 
plaignent de leurs sujets « qui touz les jours se rendent exemps 
de leur juridiction sans aucune cause quand ilz veulent estre 
paiez de leurs droiz et reveuues que lesdits subgiez leur 

de septembre 1378 sont vidimées dans des lettres de Charles VI de décembre 
1388, indiquées ci-aprés, et concernant le bailliage de Saint-Père-aux-Nonnains 
de Reims. 

1. Bruyères et Montberault, eant. de Laon. 1380, août, Paris. Lettres de 
Charles V. Orig. scellé de cire verte, bibl. communale de Laon, carton 3, 
n* 30 B (indiq. : Lucien Broche, Inventaire sommaire des documents origi¬ 
naux de la bibliothèque communale de Laon , dans la Rerue des biblio¬ 
thèques, 1902, p. 322, n* 90); copie contemporaine, Arch. nat., JJ 117, pièce 
non cotée entre les numéros 178 et 179, fol. 115 v-116. Éd. Ordonnances, 
t. VI, p. 489-490. 

2. 1382, septembre, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. naL, JJ 121, n* 140, 
fol. 77-77 v*). Éd. Ordonnances, t. VI. p. 667-669. 

3. 1382, février, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 120, n* 147, 
fol. 74-74 v*). Éd. Ordonnances, t. VI, p. 642-644. A la lin : Par le roy à la 
relacion du Conseil, J. de Monteacuto. 

4. Marne, cant. d’Ay, arr. de Reims. 1386, juillet, Paris. Lettres de 
Charles VI (Arch. nat., JJ 129, n* 174, fol. 110-110 v*). Éd. Ordonnances, 
t. VII (1745), p. 149-151. On lit à la lin : Par le roy à la relacion du Con¬ 
seil, P. de Disy. 

5. Aisne, cant. de Laon. 1382, septembre, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. 
nat., JJ 121, n" 140). Éd. Ordonnances, t. VI, p. 667-669. A la lin : Par le roy 
à la relacion du Conseil, P. de Disy. 

6. 1388, mai, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 133, n* 8, 
fol. 3-3 v*). Éd. partielle, Ordonnances, t. VII (1745), p. 189. A la fin : Par 
le roy à la relacion du Conseil, Maulone. 

7. 1388, décembre, Paris. Lettres de Charles VI vidimant celles de Charles V 
données à Paris en septembre 1378 pour le prévôt forain de Laon (Arch. nat., 
JJ 133, n* 253, fol. 146-147). 

8. 1393, novembre, Paris. Lettres de Charles VI vidimant celles de Charles V 
données en avril 1372 pour le prévôt de Soissons renfermées elles-mêmes dans 
un vidimus tiré du registre JJ 104 en novembre 1393, à Paris, se terminant 

1910 36 




562 


LE DROIT D’APPEL 


doivent ». L’usage de l’appel volage était invétéré dans cette 
région au point qu’il fallait sans cesse veiller à l’observance de» 
prescriptions des lettres royaux si l’on ne voulait pas voir repa¬ 
raître ce fâcheux abus. Ainsi, en 1396 1 , Despert de Maubresson, 
écuyer, prévôt forain de Laon, se vit dans l’obligation de deman¬ 
der à Charles VI une confirmation des lettres données par son 
prédécesseur en 1378 sur le modèle de celles d’avril 1372, 
« pour ce que, dit le roi, depuis laditte ordenance, nostre dicte 
prevosté a esté et est continuelment gouvernée par prévoz fer¬ 
miers qui se changent, muent ou renouvellent de trois ans en 
trois ans, et pour cause de laditte mutation, renouvelement de 
ferme, ou négligence des prévoz qui ont esté fermiers de nostre 
dicte prévosté, et depuis ladicte ordenance, on a délaissié par 
inadvertance, à en prendre lettres de nostre dit seigneur ou de 
nous, pour ladicte ordenance ou déclaration faire publier et 
faire mettre à exécution, qui est un très grand grief, dommage 
et préjudice de nous et de la chose publique ». 

Des lettres de même nature furent encore expédiées en faveur 
des cours de justice du prévôt, doyen et chapitre de Soissons 2 , 
situées dans les bailliages de Vermandois et de Senlis, de l’abbaye 
de Notre-Dame de Soissons 3 , de la « court » des maire et jurés 
de Cerny-en-Laonnais 4 , et pour les justices relevant de l'abbaye 


par les mots : Extrait des registres et collaeion faite, G. de Montagu (Arch. 
nat., JJ 145, n* 129, fol. 56-57). Éd. Ordonnances, t. VII (1745), p. 586-587. 
A la fin : Par le roy à la relacion du Grant Conseil, Maulone. 

1. 1396, mai, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 149, n* 225, 
fol. 117 v-118). Éd. Ordonnances, t. VIII (1750), p. 72. A la fin : Par le roy 
à la relacion du Conseil, P. de Disy. 

2. 1395, décembre, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 148, n* 312, 
foi. 160 v-IGI). Éd. Ordonnances, t. VIII, p. 26-27. A la fin : Es requestes 
par vous ten[ues\, présent le Conseil ou quel esloient les evesques de Bayeux, 
de Noyon, de Chartres et dArras, le visconie de Melun et autres du Conseil 
présens, Fréron. Et 1396, 1*' février, vidimus de ces lettres par le bailli de 
Sens, arch. départementales de l’Aisne, G 253 (c&rtnlaire dn chapitre cathédral 
de Soissons, rédigé au xv* siècle), fol. 143. 

3. 1396, janvier, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 149, n* 319). 
Éd. Ordonnances, t. VIII, p. 56-57. A la fin : Par le roy à la relacion du 
Conseil, Fréron. 

4. Aisne, cant. de Craonne, arr. de Laon. 1402, novembre, Paris. Lettres de 
Charles VI (Arch. nat., JJ 157, n* 231, fol. 142 v*-144). Éd. Ordonnances, 
t. Vin, p. 547-548. A la fin : Par le roy à la relacion du Conseil, Fréron. 
Ces lettres font mention de celles de mai 1396 pour le prévôt de Laon. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



Dfaomré « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 563 

de Saint-Denis, dans le bailliage de Vermandois 1 , et pour celles 
du couvent de Saint-Thibaut 2 de Bazoches 3 . 

Au début du xv 4 * siècle, nous nous apercevons que l’interven¬ 
tion répétée des rois de France n’était pas parvenue à abolir le 
mauvais usage de l’appel frivole et que les habitants n’avaient 
pas tardé à trouver un bon moyen pour rendre vaines les pres¬ 
criptions des lettres royaux et interjeter des appels frivoles sans 
se mettre dans le cas d’être passibles d’une amende. En effet, 
« les appelans, désirans tousjours persévérer en leur cautelle et 
malice », interjetaient appel et renonçaient à leur appel avant 
que la huitaine soit écoulée pour ne pas payer les 60 sous 
d’amende suivant les prescriptions des lettres royaux expédiées 
depuis 1372, puis, remarquant qu’il n’était pas dit dans cette 
ordonnance de 1372 « que, pour cause de ladicte renonciation 
faicte à leurs diz appeaulx, ilz seroient tenuz et contrains à 
paier aucune amende », ils recommençaient l’appel la semaine 
suivante et renonçaient à celui-ci avant qu’elle soit écoulée, 
sans se lasser jamais de renouveler, de huit jours en huit jours, 
l’abus de cette mauvaise coutume. Par ce moyen, l’ordonnance 
de 1372 n’était d’aucun effet et les coupables évitaient toute 
amende au profit de leurs seigneurs justiciers. Les seigneurs 
hauts justiciers adressèrent au roi de pressantes requêtes 
pour lui faire connaître cette déplorable situation, et les con¬ 
seillers de Charles VI, gens du Grand Conseil et gens du 
Parlement, prirent des mesures immédiates pour leur don¬ 
ner satisfaction. Il fut décidé que les prescriptions de l’or¬ 
donnance de 1372 concernant l’amende de 60 sous imposée à 
ceux qui, sans renoncer à leur appel, ne le poursuivraient pas, 
continueraient à être en vigueur et qu’en outre une amende de 
20 sous frapperait aussi ceux qui, dans les huit jours, auraient 
renoncé à leur appel, pour leur ôter toute velléité de renou¬ 
veler cet appel de huit jours en huit jours et, au point de vue 
moral, pour les punir d’avoir interjeté un appel jugé par 

1. 1403, janvier, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 157, n* 296, 
fol. 181-181 v*). Éd. Ordonnances, t. VIII (1750), p. 556-557. A la fin : Par le 
roy à la relacion du Conseil, Maulone. 

' 2. Aisne, cant. de Braine, arr. de Soissons. 

3. 1408, septembre, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 163, n* 66). 

Éd. Ordonnances, t. IX (1755), p. 371. A la tin : Par le roy, J. de Rouvres. 


Digitized by 




Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



564 


LE DROIT D’APPEL 


eux-mêmes indigne d’être poursuivi. Les 20 sous d’amende 
devaient être exigés par les seigneurs eux-mêmes à leur profit. 
Des lettres renfermant ces clauses furent octroyées au chambel¬ 
lan Jean de Braine, chevalier, pour les cours de justice qu’il 
possédait dans les bailliages de Vermandois et de Vitry, au 
comté de Braine 1 et en la châtellenie de Pontarcy 2 , qu’il tenait 
du duc d’Orléans, frère du roi, son suzerain en raison de la 
châtellenie de Coucy-le -Château 3 dont relevait Braine et 
Pontarcy 4 . Peu de temps après, les mêmes garanties furent 
accordées au prévôt, doyen et chapitre de Reims, pour mettre 
un terme aux ennuis causés à leurs « bailliz, maires et esche- 
vins, gardes de justice, hommes jugans, sergens et autres offi¬ 
ciers » par les personnes qui appelaient ainsi « frivollement » 5 . 

L’abbaye de Saint-Basle-lez-Reims tenait directement du roi 
plusieurs terres, seigneuries et justices aux bailliages de Ver¬ 
mandois et de Vitry, dans lesquelles sévissait l’abus de l’appel 
volage. En 1412, les religieux ne jouissaient pas encore du droit 
d’imposer à leur profit ceux qui renonçaient à l’appel dans les 
huit jours, l’amende de 20 sous étant, dans le ressort de leurs 
justices, exigée au profit du roi, leur suzerain « sans moyen », à 
l’exemple sans doute de ce qui se passait dans le ressort des 
juridictions royales. L’abbaye ne paraît pas avoir reçu une expé¬ 
dition de l’ordonnance de 1372 et sa situation est particulière, 
mais des lettres royaux de 1411 la concernant 6 sont très inté¬ 
ressantes parce qu elles nous montrent que l’amende de 20 sous 
n’était pas encore suffisante pour restreindre l’abus de l’appel 
frivole. Nous lisons en effet dans ces lettres : « Souventeffoiz 
aucuns cauteleux qui sentent avoir mauvaises causes, voulant 

1. Aisne, arr. de Soissons. 

2. Aisne, cant. de Vailly, arr. de Soissons. 

3. Aisne, arr. de Laon. 

4. 1407, avril, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 161, n* 267, 
fol. 178-178 v*). Ëd. partielle, Ordonnances, t. IX (1755), p. 208-209. A la tin : 
Par le roy à la relacion du Conseil, R. Camus. 

5. 1407, juin, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 161, n* 326). Éd. 
partielle, Ordonnances, t. IX, p. 246. A la fin : Par le roy à la relacion du 
Conseil, Maulone. 

6. 1412, 6 février, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 166, n* 72). 
Ëd. Ordonnances, t. IX (1755), p. 678-680. On lit à la fin : Par le roy à la 
relacion du Conseil , Coingnet. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FBIVOLE ». 


565 


retarder le procès contre eulx commandé, des appointemens 
faiz par lesdiz bailliz ou par lesdiz maires, eschevins, hommes 
jugens ou autres officiers, ou avant que aucun appointement 
soit fait, appellent, et au bout ou dedanz le terme de huit jours 
dessusdiz ou environ renoncent, par laquelle renonciacion ilz 
ne paient seulement que vint solz à nous, comme dit est, après 
laquelle renonciation il convient nécessairement que l’autre par¬ 
tie le face adjourner derechief, pour les mettre en cause, et 
advient souvent que telz frauduleux font troys ou quatre appel- 
lacions successivement, auxquelles ilz renoncent dedanz huit 
jours, comme dit est, avant ce que on puist procéder en la cause, 
dont grant dommaiges et despens s’ensuivent aux parties 
adverses : car les aucuns ne puent estre paiez de ce que on leur 
doit 1 , les autres ont leurs drois induement empeschiez et retar¬ 
dez, et n’en pevent avoir ne droit ne raison, et souventeffois 
advient que pour ces causes ilz leissent leurs bons droiz à pour- 
suir; et, en oultre, advient souventeffoiz que quant lesdiz bailliz, 
maires et eschevins, hommes jugens et autres leurs officiers, ou 
leurs lieuxtenans, ou autres des sergens et officiers desdiz sup- 
plians veulent prendre et arrester en leurs terres aucuns malfaic- 
teurs ou debteurs pour estre pugnis de leurs déliz ou pour faire 
paier leurs créanciers, comme il est acoustumé de arrester pour 
debtes en pluseurs villes de Loy; les délinquens ou obligiez, 
dès 2 que ilz voyent venir lesdiz bailliz, maires, eschevins, ser¬ 
gens ou autres officiers, appellent d’eulx, pour doubte 3 desquelz 
appeaulx et de attempter iceulx officiers ne les osent prendre ne 
arrester; mais se partent les délinquens et se transportent où il 
leur plaist hors de la juridicion desdiz supplians, et dedanz les 
huit jours renoncent à leur appel, et demeurent impugnis et 
pareillement les obligez, et puis y renoncent et s’en vont où il 
leur plaist hors de la jurisdicion dessusdicte, en nous paiant les¬ 
diz vint solz, qui est peu de chose, et ne sont point paiez les cré¬ 
diteurs. » Pour « obvier à telles frivoles appelacions », le roi 
décida que tous ceux qui interjetteraient appel « frivolement » 

1. L'appel frivole était surtout interjeté par les débiteurs pour retarder le 
paiement de leurs dettes en entravant les poursuites judiciaires que leur inten¬ 
taient leurs créanciers. De nombreuses lettres en font foi. 

2. Ms. : De ce. 

3. C’est-à-dire : par peur. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



566 


LE 0E01T d’appel 

et renonceraient à leur appel dans la huitaine paieraient 20 sous 
parisis d’amende aux religieux de Saint-Basle, outre les 20 sous 
qu’ils verseraient au roi : l’amende serait donc de 40 sous pari- 
sis, c’est-à-dire de deux livres parisis, somme assez considérable 
pour faire hésiter ceux qui seraient tentés d’user d’appel frivole. 

Les religieux de l’abbaye de Saint-Martin de Laon, de l’ordre 
de Prémontré implorèrent en 1413 l’intervention du roi qui 
ne leur accorda pas, ainsi qu’il l’avait fait auparavant en faveur 
d’autres seigneurs hauts justiciers, le droit d’exiger l’amende, 
mais décida qu’une amende de 20 sous parisis serait perçue à 
son profit 1 2 . Le montant de l’amende était assez peu élevé et aurait 
pu ne pas faire peur aux personnes mal intentionnées, agis¬ 
sant dans le sens où l’exposent les lettres royaux de 1412 en 
faveur de Saint-Basle, si le gouvernement royal, mieux informé, 
n’avait pas formulé de nouvelles prescriptions tendant à rendre 
de plus en plus difficile l’abus de l’appel frivole. Les juges 
durent désormais, en prononçant leurs sentences interlocutoires, 
ajourner les parties non plus à huit jours, mais à un terme « plus 
long que de huit jours >. La partie adverse relevant de la jus¬ 
tice des religieux de Saint-Martin de Laon aurait alors à choisir 
quatre façons d’agir : 1° se présenter au jour assigné et se 
prêter à la poursuite de la cause ; 2° en appeler et poursuivre 
l’appel ; 3° en appeler et renoncer à l’appel dans la huitaine en 
payant au roi 20 sous parisis d’amende ; 4° en appeler puis ne 
pas renoncer et cependant ne pas poursuivre l’appel, faute punie 
d’une amende de 60 sous parisis. La troisième ligne de conduite 
était auparavant choisie de préférence, car l’appelant renon¬ 
çait à son appel au dernier moment, le huitième jour, si bien 
que le terme assigné pour comparaître était écoulé et que l’on 
était obligé de lui adresser une nouvelle assignation contre 
laquelle il interjetait un nouvel appel qui ne lui coûtait que 
20 sous et retardait le jugement. Les prescriptions des lettres 
de 1413 pour Saint-Martin de Laon rendaient cette ruse impos- 

1. Aisne, cant. de Coucy-le-Châtean, arr. de Laon. 

2. 1413, mai, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 167, n* 135, fol. 211- 
211 v*). Éd. Ordonnances, t. X (1763), p. 144-146. A la fin : Par le roy à la 
relation du Conseil , M, Fréron. Un vidimus de ces lettres fut donné la même 
année par Jean, seigneur de Bains (Oise, comm. de Boulogne-la-Grasse, cant. 
de Bessons-snr-Matz), bailli de Vermandois (arch. départementales de l'Aisne, 
H. 876). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 


567 


sible. Si l’appelant ne renonçait pas dans les huit jours et ne 
poursuivait pas, il payait 60 sous; s’il renonçait durant la hui¬ 
taine, moyennant 20 sous d’amende, il était tout de même obligé 
de comparaître au terme « plus long que de huit jours » fixé par 
les gens de justice, étant dans l’impossibilité de faire, contre le 
même ajournement, deux appels et deux renonciations de suite. 

Après quarante années d’efforts, le gouvernement royal avait 
enfin trouvé le moyen de réprimer le mauvais usage du droit 
d’appel dénommé appel frivole, et les successeurs de Charles VI 
n’eurent plus à intervenir en Vermandois pour donner satisfac¬ 
tion aux plaintes suscitées par cet abus. 

Nous avons abandonné l’histoire de l’appel volage au moment 
où commence, en 1372, un grand mouvement de protestation 
contre l’appel frivole ; mais, tandis que les seigneurs hauts justi¬ 
ciers réclamaient la suppression de cet appel frivole, quelques 
sujets demandaient au roi la suppression de l’appel volage moyen¬ 
nant finance. Les habitants de Bucy-le-Long 1 , qui obtinrent des 
lettres en janvier 1379 2 , rappelèrent les < informations faictes 
solennelment » par les commissaires du roi Philippe VI et deman¬ 
dèrent des lettres semblables à celles qu’étaient alors venus 
prendre les habitants de plusieurs villes et qui étaient transcrites 
sur les registres de la chancellerie. Après « avoir fait veoir et visi¬ 
ter à grant diligence les diz registres », Charles V fit grâce à leur 
requête. Autres lettres en septembre 1395 3 pour Margival 4 et 
pour Serches 5 . Toutefois, les plaintes contre l’appel frivole n’ont 
pas été inutiles puisqu’il est prescrit dans ces lettres que « les 
appellans seront tenuz de poursuivre leurs appeaulx » 6 . 

1. Aisne, cant. de Vailly, arr. de Soissons. 

2. 1379, janvier, Paris. Lettres de Charles V (Arch. nat., JJ 114, n* 118). Éd. 
Ordonnances, t. VI (1741), p. 371-372. A la fin : Par le roy à la relation du 
Conseil, G. de Montagu. 

3. 1395, septembre, Paris. Lettres de Charles VI (Arch. nat., JJ 148, n* 253, 
fol. 118 ▼•, Margival, et n* 254, Serches). Éd. Ordonnances, t. VIII (1750), 
p. 21-22. On lit à la fin : Par le roy à la relation de son grant Conseil 
estant en la Chambre des comptes, où vous, l'evesque de Noyon, mes sire 
Almaury d Orge mont, maistre Oudart de Moulins, maistre Jehan A ne fier, 
Jehan d’Estouteville, grant quantité de seigneurs de ladicte Chambre des 
trésoriez et autres, estiez, Mauhac. 

4. Aisne, cant. de Vailly, arr. de Soissons. 

5. Aisne, cant. de B raine, arr. de Soissons. 

6. On lit dans les lettres pour Margival et pour Serches : « Et pourront 




568 


LE DBOIT D’iPPEL 


Nous avons déjà cité l’explication de l’appel volage donné 
par Boutillierdans sa Somme rural composée dans la dernière 
partie du xiv* siècle avant 1395 1 . A cette époque, l’attention du 
gouvernement royal fut attirée sur les mesures prises par Phi¬ 
lippe VI contre l’appel volage, mesures auxquelles les habitants 
eux-mêmes faisaient allusion dans leurs requêtes, aussi se dis¬ 
posa-t-il à donner satisfaction aux plaignants en prescrivant, 
comme en 1332, des enquêtes locales. Le 18 novembre 1395, 
Jean le Riche, receveur du domaine du roi au bailliage de Ver- 
mandois, et Regnaut de Maisons, procureur du roi en ce bail¬ 
liage, furent nommés commissaires « sur le fait des affranchis- 
semens des appeaulx volages en la prévosté et ressort de 
Laon » 2 . Pour faciliter leur mission, le roi leur dit : « Nous 
vous donnons povoir et auctorité et ausditz habitants congié et 
licence de faire pour ce assemblée de gens en tel nombre comme 
besoing sera, là où vous toutevoies, ou aucun nostre officier par 
vous commis, soit présent et appellé, sanz ce que lesdiz habi- 
tans, qui par la manière et pour la cause devant dicte seront 
ainsi assemblez, puissent estre de ce repris ne traictiez à amende 
par aucuns noz officiers ou seigneurs haulx justiciers, ne 
autres 3 . » Les lettres royaux de commission furent expédiées 
au receveur et au procureur par les « gens des comptes et tré¬ 
soriers du roy » à Paris, qui y joignirent un mandement ordon¬ 
nant de les mettre à exécution 4 . Jean le Riche et Regnaut de 
Maisons commencèrent leur enquête. Les lettres qu’ils accor- 

lesdiz habitant et leurs successeurs et chacun d'eulx appeller et user si comme 
devant des appeaux volages de plait et querele contre leur seigneur, majeur 
et tous autres justiciers quelconques de ladicle ville, et des appartenances 
.d’icelle, en tant comme ilz sont et seront leurs seigneurs et justiciers, se sem¬ 
blable franchise ne leur estoit octroyée ores ou ou temps à venir, de nous ou 
de noz diz successeurs; et aussi se lesdiz habitant et leurs successeurs appel¬ 
aient aucuns autres subgez à yceulx appeaulx volages, qui n'eussent sem¬ 
blable franchise, les appellans seront tenuz de poursuivre leurs appeaulx » 
(Ibid., Ordonnaces, t. VIII, p. 21). 

1. Cf. ci-dessus, p. 528. 

2. 1395, t8 novembre, Paris. Lettres de Charles VI vidimées dans des lettres 
de juillet 1398 citées ci-aprés. Éd. Ordonnances, t. VIII (1750), p. 273-274 et 
p. 638-639, d'après JJ 150, n* 266, où l’acte est vidimé. 

3. Ibid., p. 274. 

4. 1395, 25 novembre, Paris. Mandement des gens des comptes et trésoriers 
du roi au receveur et au procureur du roi dans le bailliage de Vermandois. 
Éd. Ibid., p. 274. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL YOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 


5G9 


dèrent aux habitants de Landouzy-la-Ville 1 , le 23 décembre 
1395 2 , sont semblables à celles que donnèrent leurs prédécesseurs 
Nicolas de Caillouël et autres. La suppression des « appeaulx et 
adjournemens volages et de tous autres appeaulx et adjourne- 
mens frivoles » est faite moyennant la même contribution 
annuelle de deux sous parisis par feu. Les commissaires firent 
ensuite affirmer l’authenticité des sceaux apposés à leurs lettres 
par-devant Gilles, seigneur du « Plaissis-Biron > 3 , chambellan 
du roi et bailli de Vermandois en avril 1396 4 , et Charles VI con¬ 
firma tous ces actes en juillet 1398 5 . 

Tandis que tous payaient pour jouir du privilège envié de ne 
pas répondre à l’appel volage, les arbalétriers de la ville de 
Laon furent assez heureux pour obtenir de Charles V, en août 
1367 6 , l’exemption gracieuse de cette pénible obligation". Jean 
le Mercier, conseiller du roi, obtint aussi, en considération des 
bons services qu’il avait rendus au roi, l’abolition gracieuse des 
« appeaulx et ajournement volages et frivoles * dans le ressort 
de ses justices de la « Freite-Beliart > s et autres lieux de la pré¬ 
vôté foraine de Laon, en faveur des « baillis, gardes de ses jus¬ 
tices, prévostz, majeurs, eschevins, hommes fiefvez, sergens, 
messiers et officiers » exerçant la justice en son nom 0 . 


t. Aisne, cant. d'Aubenton, arr. de Vervins. 

2. Éd. Ordonnances, t. VIII, p. 274-276. 

3. Sans doute le Plessis-Brion, Oise, cant. de Ribécourt. 

4. 1396, avril. Lettres du bailli de Vermandois. Éd. Ibid., p. 276. 

5. 1398, juillet, Paris. Lettres de Charles VI (Arcb. nat., JJ 153, n* 384). 
Éd. Ordonnances, t. VIII (1750), p. 273-276. Ces lettres vidiment tous les 
actes précédemment cités. On lit à la lin : Par le roy à la relacion du Con¬ 
seil, N. de Voisines. 

6. 1367, août. Lettres de Charles V (Arcb. nat., JJ 99, n* 46). Éd. Ordon¬ 
nances, t. V (1736), p. 68. 

7. « Nous voulons que ilz aient en juge notre prévost de ladicle cité de Laon 
et icellui leur députons à l'audicion de toutes leurs causes à mouvoir d'ores 
en avant, en deffendant tant seulement, sanz ce que ilz puissent estre conve¬ 
nus ne trais hors de ladicte cité ne devant autre juge que ledit prévost; ne 
que eulx ne leur biens puissent estre arrestez en aucune manière, et ne vou¬ 
lons que à aucuns arrès ou appeaulx volages il soient conpris, ne pour yceulx, 
se l'en les faisoit contre eulx, estre molestés, et s'aucuns s'esloit eflorcié ou 
s'eflorçoit de congnoistre de eulx ou de leurs causes autrement. 

8. Aujourd'hui la Ferté-Chevresis, Aisne, cant. de Ribemonl, arr. de Saint- 
Quentin. 

9. 1380, avril, Paris. Lettres de Charles V (Arch. nat., JJ 117, n* 18, fol. 12 v- 




570 


LE DROIT D’APPEL 


Au xv* siècle, nous ne constatons plus le désir, témoigné au 
xrv* avec tant d’insistance, de s'affranchir à tout prix de l’appel 
volage. L’usage abusif de l’appel frivole semble alors aboli et 
l’appel volage, interjeté de moins en moins, s’est restreint à 
un cas particulier. Toute personne troublée de fait dans sa pos¬ 
session et prenant les auteurs du trouble sur le fait avait le 
droit de les appeler par appel volage devant le prévôt forain de 
Laon, et les personnes ainsi ajournées par appel volage devaient 
comparaître dans l’état où elles se trouvaient au moment où 
elles avaient été prises en flagrant délit, avec les armes ou 
instruments qu’elles portaient en opérant le trouble, lesquels 
devaient tenir lieu de pièces à conviction : telle était la cou¬ 
tume, en 1556, au moment de la suppression de l’appel volage. 

La suppression de cet ancien usage est constaté dans le 
< Procès-verbal des coutumes générales et particulières du bail¬ 
liage de Yermandois », dressé à Reims, en novembre 1556, à la 
suite de la révision des anciennes coutumes du pays faite par 
Christophe de Thou, président, Barthélemy Fay et Jacques 
Viole, conseillers au Parlement, assistés des députés des trois 
Etats. Au chapitre du procès-verbal, intitulé : « De justice et 
droits appartenans aux hauts justiciers », on lit 1 : 

« On esté aussi leuz trois articles estans audit cayer [des cou¬ 
tumes de la prévôté foraine de Laon], sous ledit tiltre, dont la 
teneur ensuit : le roy a aussi seul la cognoissance des appeaux 
volage qui est telle que toutes les fois qu’un, soy disant et main¬ 
tenant possesseur d’aucun héritage, est troublé et empesché par 
trouble et empeschement de fait en son dit héritage, par un autre, 
et il le trouve en iceluy son héritage, luy faisant ledit trouble et 
empeschement; en ce cas, il loist à tel possesseur, sans com¬ 
mission et ordonnance de juge, de luy-mesme appeller promp¬ 
tement par appel volage celuy ou ceux qui auroit fait ou font 
ledit trouble, à brief jour et heure : néantmoins comparent et 
sont tenuz comparoir les appeliez, en telz estât, c’est-à-dire avec 
les instrumens, armes et bastons dont ils étaient garnis, faisans 

13 t*). Éd. Ordonnance* , t. VI, p. 475-476. A la fin : Par le roy à la relacion 
du Conseil, Maulone. 

1. Bourdot de Richebourg, Nouveau coutumier général, t. II (Paris, 1724, 
in-fol ), p. 554. En télé dn procès-verbal, on trouve le dénombrement très 
intéressant des seigneuries et la liste des députés des trois états. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 571 

le dit trouble de fait 1 , par devant le prévost de ladite prévosté 
foraine, qui est le juge pour le roy, et par devant lequel ledit 
possesseur est tenu faire demande, et conclure formellement et 
de nouvelleté, sans pouvoir prendre autres conclusions sur les¬ 
quelles les appeliez sont tenuz respondre promptement, s’il ne 
leur est baillé délay. Et cela fait, doit ledit prévost renvoyer et 
remettre les parties en ses plaids ordinaires, s’il n’y a cause, 
avant ce faire, d’adjuger quelque provision, comme de séquestre, 
de fournissement de complainte ou autre. Et desdits appeaulx 
volages, y a greffier et greffe particulier. Lequel greffe se baille 
à ferme par monsieur le bailly de Vermandois ou son lieutenant 
général, avec les autres greffes et fermes appartenans au roy, 
à cause de son domaine ; et dont fait faire recepte le receveur 
ordinaire du bailliage de Vermandois. Toutefois, il y a plusieurs 
bourgs et villages en ladite prévosté, manans et habitans d’iceux, 
qui par cy devant ont esté et sont encores exempts desdits 
appeaux volages, moyennant la redevance de deux sols parisis, 
que les non clercs et bigames desdits villages affranchis sont 
tenus payer par chacun an au roy pour leur exemption et dont 
le receveur fait recepte; et est ladite redevance de deux sols 
parisis appelée vulgarement ; Les feux du roy. Lesquels 
articles , par l’advis des trois Estats , ont esté rayez. » 
Ajoutons que Charondas le Caron, dans une édition de la 
Somme rural de Jean Boutillier imprimée en 1603, met en note, 
au bas du paragraphe concernant l’appel volage dont la mention 
est faite ci-dessus 2 : « Cet appel volage et forme de le proposer 
n’a plus de lieu en la practique de France. » 

Nous venons de suivre pendant trois siècles les destinées d’une 
coutume jadis observée dans les bailliages de Vermandois, Vitry 
et Senlis, dans le ressort de la prévôté foraine de Laon, terri¬ 
toire aujourd’hui compris dans les limites des départements de 
l’Aisne, des Ardennes, de la Marne et de l’Oise, et bien que les 
sources concernant son histoire soient abondantes, assez disper¬ 
sées et quelquefois difficiles à interpréter, nous regrettons la perte 
certaine d’autres documents qui nous auraient permis d’étudier 

1. Dans les plaintes contre l’appel volage adressées à Charles V en 1367 par 
les habitants de Rozoy-snr-Serre, noos lisons déjà que les habitants devaient 
venir à Laon « en tel estât comme il sont •. Cf. ci-dessus, p. 556. 

2. P. 528. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



572 


LE DROIT D'APPEL 


de plus près encore cette intéressante institution. L’appel volage 
apparaît dans les textes au milieu du xm* siècle, et quelques 
années plus tard un témoignage nous apprend qu’il était en 
usage depuis un temps « a quo non est memoria » ; il a donc été 
interjeté sous la garantie de la coutume orale avant d’être défini 
dans une coutume écrite; puis, traversant toutes les vicissi¬ 
tudes, il a subsisté jusqu’en 1556. Dans un des pays les plus 
vivants de l’ancienne France, dans celui qui vit naître tant de 
communes et de confédérations communales, une institution 
aussi originale ne pouvait manquer d’être observée avec une 
singulière persistance tant elle s’harmonisait avec le tempérament 
très indépendant des habitants. Quoi de plus précieux, en effet, 
et de plus flatteur pour l’amour-propre d’un humble sujet d’une 
des innombrables justices du Vermandois 1 que ce droit d’appel 
qui lui permettait de braver son seigneur et ses juges et de faire 
indéfiniment attendre au créancier détesté le terme d’un paie¬ 
ment? C’est sur le ton du Romain s’écriant : « Civis sum Roma- 
nus! » que devait être fait ce recours à l’appel volage; mais 
aussi quelle source de troubles que cet usage qui permettait de 
violer les pouvoirs et les droits les mieux établis et quelle cause 
de dissensions parmi les hommes d’un même pays ! La royauté, 
sans doute, y trouvait son compte; l’exercice de la justice è 
Laon lui était profitable aussi bien que l’exemption de l’appel 
volage achetée par un fouage annuel de deux sous parisis par 
feu, et l’amoindrissement de l’autorité morale des juridictions 
féodales n’était pas pour lui déplaire; mais elle fut plus d’une 
fois assez embarrassée pour donner satisfaction aux uns et aux 
autres. Si l’appel volage et frivole a créé des situations fausses, 
si la ruse de ceux qui s’en servaient a souvent déconcerté l’ha¬ 
bileté des jurisconsultes du xv* siècle, il ne fut pas une institu¬ 
tion compliquée et insaisissable au point qu’il soit impossible de 
résumer en quelques mots l’histoire de son évolution : 

Dans les procès intentés par-devant les justices seigneuriales 
situées dans le ressort de la prévôté foraine de Laon, le défendeur 
usait du droit, garanti par une coutume immémoriale, de ne pas 

1. A la fin du xvur siècle, 350 justices seigneuriales ressortissaient au bail¬ 
liage de Laon. Cf. A. Combier, les Justices seigneuriales du bailliage de Ver¬ 
mandois sous l'ancien régime ( Bibl . de la Société des études historiques , 
fasc. 1). Paris, s. d., in-8*, p. 3. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DénOMlrf « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 573 

répondre à la partie adverse en la cour seigneuriale, mais, avant 
qu’aucune sentence eût été prononcée, de porter, par appel 
volage , la cause en litige par-devant les juges royaux siégeant à 
Laon. L’abus de ce privilège créa, au xiii® siècle, des conflits 
de juridiction et des plaintes qui aboutirent à la suppression de 
l’appel volage par Philippe le Bel, de décembre 1295 à février 
1296, moyennant une compensation financière payée en une 
fois. A la fin de l’année 1296, l’appel volage fut rétabli et l’ar¬ 
gent versé fut remboursé, mais les inconvénients de cet abus 
se firent de nouveau sentir. Philippe IV promit une réforme 
le 18 mars 1303 et Philippe VI dut, dès 1332, accorder des 
lettres supprimant l’appel volage, après enquête de commis¬ 
saires spéciaux, moyennant un fouage de deux sous parisis par 
feu. Jusqu’à la fin du xiv° siècle, les rois de France firent grâce 
aux requêtes des populations et accordèrent l’exemption de 
l’appel volage sous les mêmes conditions. 

Depuis 1295-1296, la suppression de l’appel volage fut faite, 
sauf de rares exceptions, en laissant aux habitants exempts le 
droit de citer à Laon par appel volage les personnes non exemptes 
et même leurs propres seigneurs, et cela sans obligation de pour¬ 
suivre cet appel. Les personnes exemptes abusèrent de ce droit en 
multipliant les appels sans jamais les poursuivre, et cette mau¬ 
vaise coutume fut dénommée Yappel frivole. Pour se mettre à 
l’abri d’un tel abus, les sujets non exempts s’empressèrent 
d’acheter l’exemption moyennant un fouage de deux sous pari- 
sis par feu et quelques seigneurs s’assurèrent les mêmes garan¬ 
ties, mais le plus grand nombre des seigneurs hauts justiciers 
n’eut pas cette pensée. Ceux-ci ne purent bientôt plus retenir 
aucune cause par-devers leurs cours de justice rendues désertes 
par cet appel frivole jamais poursuivi et perdirent, avec l’im¬ 
portant produit des droits de justice, une partie de leur autorité. 
Cependant, les sujets apportaient autant d’ardeur à obtenir 
l’exemption de l’appel volage que leurs seigneurs mettaient de 
persistance à combattre l’appel frivole né de cette exemption, et 
cette situation ne pouvait durer. Dès le milieu du xrv® siècle, 
quelques prescriptions des lettres royaux atteignent l’appel fri¬ 
vole, mais les mesures directement prises contre cet abus datent 
de l’ordonnance de 1372 qui, jusque dans le premier quart du 
xv® siècle, fut expédiée en faveur des seigneurs hauts justiciers 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


574 


l’appel VOLAGE ET F1IYOLB. 


et rendue progressivement de plus en plus efficace en imposant 
à ceux qui interjetaient l’appel frivole : 1° 60 sous parisis 
d’amende s’ils ne renonçaient pas à l’appel et néanmoins ne 
le poursuivaient pas ; 2° 20 sous et même 40 sous d’amende 
s’ils renonçaient à l’appel dans les huit jours ; 3° l’obligation de 
comparaître en justice après avoir fait leur renonciation dans 
la huitaine et sans pouvoir interjeter un second appel. 

Enfin l’abus de l’appel frivole disparaît après le premier quart 
du xv* siècle et l’usage de l’appel volage ne se maintient dans la 
coutume que pour intervenir dans un cas de trouble possessoire, 
jusqu’à sa suppression lors de la révision des coutumes de la 
prévôté foraine de Laon en 1556. 

Telle est l’histoire de l’appel dénommé volage et frivole qui, 
pendant trois siècles, causa des troubles assez graves dans l'orga¬ 
nisation judiciaire d’une des plus importantes régions de l’an¬ 
cienne France. 

Maurice Jusselin. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



PIÈCES JUSTIFICATIVES. 


I'. 

Che sunt les viles qui doivent les apiaus en la court 

le Roy a Laon [1295]. 

[Colonne 1.] 

La baillie de Lannois. 

Brici. — Brissy , cant. de Moy, arr. de Saint-Quentin 1 2 3 . 

Acheri. — Achery , cant. de la Fère, arr. de Laon. 

Maroc. — Marest-Dampcourt , cant. de Chauny, arr. de Laon. 
Tournevel. — Tournevelle, f., comra. de Travecy, cant. de la Fère. 
Farnières. — Fargniers , cant. de la Fère. 

Amigni. — Amigny-Rouy , cant. de Chauny, arr. de Laon. 
Pierremande. — Pierremande , cant. de Coucy-le-Chàteau, arr. 
de Laon. 

Barrisi. — Barizis , cant. de Coucy-le-Chàteau. 

Couci. — Coucy-le-Chàteau , arr. de Laon. 

Mont Agut. — Montaigu, cant. de Sissonne, arr. de Laon. 
Marchais. — Marchais , cant. de Sissonne, arr. de Laon. 
Pierrepont. — Pierrepont , cant. de Marie, arr. de Laon. 

Le pont a Froimont 3 . 

Pooelli. — Pouilly , cant. de Crécy-sur-Serre, arr. de Laon. 
Asci. — Assis-sur-Serre , cant. de Crécy-sur-Serre. 
Landricourt. — Landricourt, cant. de Coucy-le-Chàteau. 

Anisi. — Anizy-le-Chàteau , arr. de Laon. 

Ursel. — Urcel, cant. d'Anizy-le-Chàteau. 

Aulers. — Aulers , h., coram. de Bassoles, cant. d’Anizy-le- 
Château. 

Servai. — Se ruais, cant. de la Fère. 

1. Bibl. nat., ms. lat. 9016 (anc. suppl. lat. 1480), n* 19. 

2. Toutes les localités énumérées dans ce paragraphe : « La baillie de Lan¬ 
nois », sont situées dans le département de l'Aisne. 

3. Froidmont-et-Cohartille , cant. de Marie. 




576 


LE DBOIT D’iPPEL 


Chievregni. — Chevregny, cant. d’Anisy-le-Châleau. 
Chamoulle. — Chamouille, cant. de Craonne, arr. de Laon. 
Panci. — Pancy, cant. de Craonne. 

Nuef ville. — La Neuville, faubourg de Laon. 

Le Pont à Buci '. — Pont-à-Bucy, cant. de Crécy-sur-Serre. 
Noviant le Conte. — N ouvion-le-Comte, cant. de Crécy-sur- 
Serre. 

Danisi. — Danizy, cant. de la Fère. 

La Fère. — La Fère, arr. de Laon. 

Et toutes les autres villes par deviers Leon [Laon]. 

Porciens*. 

Saint Jehan ou Bos. — Saint-Jean-aux-Bois, cant. de Chau¬ 
mont-Porcien. 

Maranwès. — Maranwez, cant. de Signy-1’Abbaye. 

La Roumaigne. — La Romagne, cant. de Chaumont-Porcien. 
Tin. — Thin, cant. de Signy-l’Abbaye 
Lannoit. — Launois, cant. de Signy-I’Abbaye. 

Donmeri. — Domevy, cant. de Signy. 

Lalobe. — Lalobbe, cant. de Novion-Porcien. 

Mainmont. — Mesmont, cant. de Novion-Porcien. 

Maclieron Mainil. — Machêroménil, comm. de Corny, cant. de 
Novion-Porcien. 

Novion. — Novion-Porcien, arr. de Rethel. 

Crans Cans. — Grantlchamp, cant. de Novion-Porcien. 
Prouvisi. — Provisy, cant. de Novion-Porcien. 

Biaumont. — Beaumont, comm. de Séry, cant. de Novion- 
Porcien. 

Harbignis. — Herbigny, cant. de Novion-Porcien. 

Seris. — Séry, cant. de Novion-Porcien. 

Anicourt. — Arnicourt, cant. de Rethel. 

Sourbon. — Sorbon, cant. de Rethel. 

Gerson. — Gerson, comm. de Barby, cant. de Rethel. 

Barbi. — Barby, cant. de Rethel. 

Ecli. — Ecly, cant. de Chàteau-Porcien. 

Nantuel. — Nanteuil, cant. de Rethel. 

• • • 

1. Ms. : Bouci. 

2. Toutes les localités citées dans ce paragraphe sont, sauf indication spé¬ 
ciale, situées dans le département des Ardennes. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 


577 


Taisi. — Taizy, cant. de Château-Porcien. 

Aci devant Retest. — Acy-Romance, cant. de Rethel. 

Condet. — Condé-lès-Herpy, cant. de Château-Porcien. 
Saint-Greguel. — Saint-Fer g eux, cant. de Château-Porcien. 
Caumont [ Chaumont-Porcien, cant. de Rethel] et toute la cas- 
telerie quanques li sires de Rosoit [Rozoy-sur-Serre, Aisne, arr. 
de Laon] en tint en bes. 

Erpi. — Herpy, cant. de Château-Porcien. 

Giveroy. — Givron, cant. de Chaumont-Porcien. 

Lovegnis. — Louvergni , cant. de Le Chesne, arr. de Vouziers. 

[Colonne 2.] 

Roumaucourt. — Remaucourt, cant. de Chaumont-Porcien. 
Aute-ville. — Hauteville, cant. de Chaumont-Porcien. 

Sont. — Son, cant. de Château-Porcien. 

Jusainnecourt. — Juzancourt, cant. d’Asfeld. 

Gomont. — Gomont, cant. d’Asfeld. 

Balehan. — Balham, cant. d’Asfeld. 

Bausis. — 

Air. — Aire, cant. d’Asfeld. 

Nisi. — [Nizy-le-Comte, Aisne, cant. de Sissonne] et toutes 
les autres villes par deviers Laon. 

Les Baires. — Les Barres, Aisne, comm. des Autels, cant. de 
Rozoy-sur-Serre, arr. de Laon. 

Vilers. — Villers-devant-le-Thour, cant. d’Asfeld. 

Castiel en Portiien. — Château-Porcien, arr. de Rethel. 

Campaigne. 

Saint-Leu. — Saint-Loup, Ardennes, comm. de Saint-Loup et 
Terrier, cant. de Tourteron. 

Roissi. — Roizy, Ardennes, cant. d’Asfeld, arr. de Rethel. 
Sausse. — Saulces-Monclin ou Saulces-aux-Rois, Ardennes, 
cant. de Novion-Porcien, arr. de Rethel. 

Saint-Rerai. — Saint-Rémy-le-Petit, Ardennes, cant. d’Asfeld. 
Houdelincourt. — Houdilcourt-et-Poilcourt, Ardennes, cant. 
d’Asfeld. 

Poelecourt. — Poilcourt, h., comm. d’Houdilcourt-et-Poilcourt. 
Ecri. — Aujourd’hui Asfeld, Ardennes, arr. de Rethel. 

1910 37 



_ Original from 

UNI^KSITY OF MICHIGAN 


578 


LE DEOIT D’APPEL 


Vaubuisson. — 

Bersy. — Berzy-le-Sec, Aisne, cant. de Boissons. 

Vui. — Vic-sur-Aisne, arr. de Soissons. 

Radones. — Rethondes, Oise, cant. d’Attichi, arr. de Compiègne. 

Saint Estiene. — Saint-Étienne , Oise, cant. d’Attichy, arr. de 
Compiègne. 

Omencourt. — Aumencourt , Aisne, h., comm. d’Auffrique-et- 
Nogent, cant. de Coucy-le-Château, arr. de Laon. 

Pont-Givart. — Pont-Givart, Aisne, h., comm. d'Orainville et 
de Pignicourt (cant. de Neufchàtel, arr. de Laon, Aisne), d’Aumé- 
nancourt-le-Grand et d’Auraénancourt-le-Petit (cant. de Bourgogne, 
Marne). 

Cuvrain-Villc. — Courville, Marne, cant. de Fisme. 

Boy. — Bouy, Marne, cant. de Suippes, arr. de Châlons. 

Bertricourt. — Compertrix , Marne, arr. de Châlons. 

Aguillicourt. — Aguilcourt, Aisne, cant. de Neufchàtel, arr. de 
Laon. 

Waressicourt. — Variscourt, Aisne, cant. de Neufchàtel. 

Condé. — Condé-sur-Suippe , Aisne, cant. de Neufchàtel. 

Sappignieus. — Sapigneul , Marne, h., comm. de Cormicy, cant. 
de Bourgogne, arr. de Reims. 

Gemicourt. — Gemicourt, Aisne, cant. de Neufchàtel. 

Calon. — Châlons-sur-Vesle , Marne, cant. de Ville-en-Tarde- 
nois, arr. de Reims. 

Boufflgni'Rieu. — Bouffignereux , Aisne, cant. de Neufchàtel. 

Guiencourt. — Guyencourt , Aisne, cant. de Neufchàtel, 

Bouvencourt. — Bouvancourt , Marne, cant. de Fismes, arr. de 
Reims. 

Vaus. — Vaux-Varennes, Marne, h., comm. de Bouvancourt. 

Bourguongne. — Bourgogne, Marne, cant. de Reims. 

Ventelai. — Ventelay, Marne, cant. de Fismes. 

Roumains. — Romain, Marne, cant. de Fismes. 

Prouilli. — Prouilly, Marne, cant. de Fismes. 

Montigni. — Montigny-sur-Veste, Marne, cant. de Fismes. 

Paigni. — Pargny, Marne, comm. de Ville-en-Tardenois. 

Glenne. — Glennes, Aisne, cant. de Braine, arr. de Soissons. 

Muscourt. — Muscourt, Aisne, cant. de Neufchàtel. 

Roussi. — Roucy, Aisne, arr. de Laon. 

Coursevreus. — Concevreux, Aisne, cant. de Neufchàtel. 

Marival. — Marival, Aisne, h., comm. de Morfontaine et de 
Taillefontaine, cant. de Vic-sur-Aisne. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FBI VOLE ». 


579 


Willi. — Œuilly, Aisne, cant. de Craonne. 

Pargnant. — Pa.rgna.ri , Aisne, cant. de Craonne. 

Geni. — Geny, Aisne, h., comm. de Cuissy-et-Geny, cant. de 
Craonne. 

Bourc. — Bourg-et-Comin, Aisne, cant. de Craonne. 

Coumi. — Comin , Aisne, f., comm. de Bourg-et-Comin, cant. 
de Craonne. 

Moussi. — Moussy-sur-Aisne, Aisne, cant. de Craonne. 

Biaune. — Beaulne-et-Chivy , Aisne, cant. de Craonne. 

Le Maiel. — 

Vemuel. — Verneuil-Courtonne, Aisne, cant. de Craonne. 

Venderesse. — Vendresse-et-Troyon, Aisne, cant. de Craonne. 

Troion. — Troyon, Aisne, h., comm. de Vendresse-et-Troyon. 

Cemi. — Cemy-en-Laonnois, [Aisne, h., cant. de Craonne] et 
toute le coumune de la ville de Mance [Mancy, Marne, cant. d’Avize, 
arr. d’Épemay]. 


[Colonne 3.] 

Mont Saint Piere.— Mont-Saint-Pierre, Marne, village détruit, 
aujourd’hui maison isolée, comm. de Thillois, cant. de Reims. 

Chaelons. — Châlons-sur-Marne, Marne, ch.-l. du département. 
Et toutes les autres villes par deviers Laon. 

Tieraisse’. 

» 

Meubecourt. — Mesbrecourt-Richecourt, cant. de Crécy-sur- 
Serre, arr. de Laon. 

Rigicourt. — Richecourt,h., comm. de Mesbrecourt-Richecourt. 

Chevennes. — Chevennes, cant. de Sains. 

La Frété. — La Ferté-Chevresis, cant. de Ribemont. 

Le Loroit. — Lavroy ou Louvroy, f., comm. de la Ferté-Che- 
vresis ; aujourd’hui détruite. 

Le Merdeus. — 

Les Puisiaus. — Les Puisarts,t., comm. de la Ferté-Chevresis. 

Monciaus sur Perron. — Monceau-le-Neuf, cant. de Sains. 

Walescours. — Valécourt, f., comm. de Chevresis-Monceau. 

Chievresis. — Chevresis-Monceau, cant. de Ribemont, arr. de 
Saint-Quentin. 

1. Tontes les localités de cette sergenterie sont situées dans le département 
de l’Aisne. 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



580 


LE DROIT D’iPPEL 


Sont. — Sons-et-Ronchères , cant. de Marie. 

Ronchieres. — Ronchères , f., comra. de Sons-et-Ronchères. 
Houssiel. — Housset, cant. de Sains, arr. de Vervins. 

La Nuef Ville de Houssiel. — La Neuville-Housset , cant. de 
Sains. 

Woupais. — Voulpaix , cant. de Vervins. 

Haution. — Haution , cant. de Vervins. 

Marfontaines. — Marfontaine, cant. de Sains. 

Fontaines. — Fontaine , cant. de Vervins. 

Estrees de ça Oise. — ( Étréaupont , cant. de la Capelle, arr. de 
Vervins), quanques en tient du signeur de Couci. 

Laheris. — La Hérie , cant. d’Hirson. 

Origni. — Origny , cant. d’Hirson, arr. de Vervins. 

Landousis. — Landouzy-la-Ville , cant. d’Aubenton, arr. de 
Vervins. 

Jante. — Jeantes , cant. d'Aubenton, arr. de Vervins. 

Brait. — Braye-en-Thiérache, cant. de Vervins. 

Brunehaut Mes. — Brunehamel , bourg, cant. de Rozoy-sur- 
Serre, arr. de Laon. 

Iviers. — Iviers , cant. d’Aubenton. 

Parfondeval. — Parfondeval , cant. de Rozoy-sur-Serre. 

Ouri. — Cuiry-les-Iviers , cant. de Rozoy-sur-Serre. 

Doys. — Dohis , cant. de Rozoy-sur-Serre. 

Mainbresi le Petit. — Mainbressy (en 1398). 

Les Auteus. — Les Autels , cant. de Rozoy-sur-Serre. 

Grant Rieu. — Grandrieux, cant. de Rozoy-sur-Serre. 

Resignis. — Résigny , cant. de Rozoy-sur-Serre. 

Morignis. — Morgny-en-Thièrache , cant. de Rozoy-sur-Serre. 
Saint-Climent. — Saint-Clément , cant. d’Aubenton. 

Marie. — {Marie, arr. de Laon), et toute la chastelerie et les 
autres villes par deviers Laon. 

Soissons 1 . 

Vilers en Praiele. — Villers-en-Prayère } cant. de Braine, arr. 
de Soissons. 

Barbon Val. — Barbonval , cant. de Braine. 

Serval. — Serval , cant. de Braine. 

1. Les localités citées dans ce paragraphe sont situées dans le département 
de l’Aisne. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



D&VOlfMé « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 581 


Longueval. — Longueval, cant. de Braine. 

Blanzi. — Blanzy-lez-Fismes, cant. de Braine. 

Velle. — Vesle-et-Ca.um.ont, cant. de Marie, arr. de Laon. 

Joncheri-sur-Veelle.— J onchery-sur-V esle, Marne, cant. de Fis- 
mes, arr. de Reims. 

Perrain. — Prin, Marne, h., comm. de Oercy-et-Prin, cant. de 
Ville-en-Tardenois, arr. de Reims. 

Saint-Gilleà Assi. — Saint-Gilles, Marne, cant. de Fismes. 

Saint Tibaut. — Saint-Thibaut, cant. de Braine. 

Le Mont Notre Dame. — Mont-Notre-Dame , cant. de Braine. 

Luy. — Lhuys , cant. de Braine. 

Liniers. — Lignières , h., comm. de Chéry-Chartreuse, cant. de 
Braine. 

Lege. — Lesges , cant. de Braine. 

Curi. — Cuiry-Housse, cant. d’Oulchy-le-Château, arr. de Sois- 
sons. 

Pars. — Paars, cant. de Braine 

Mars. — Maast-et-Violaine, cant. d’Oulchy-le-Château. 

Viulaines. — Violaine, h., comm. de Maast-et-Violaine, cant. 
d’Oulchy-le-Château. 


[Colonne 4.] 

Taingnières. — Ta nnière, cant. de Braine. 

Muret. — Muret-et-Crouttes , cant. d’Oulchy-le-Chàteau. 
Siri. — Ciry-Salsogne , cant. de Braine. 

Chassemi. — Chassemy, cant. de Braine. 

Sarmaises. — Sermoise, cant. de Braine. 

Aci devant Soissons. — Acy, cant. de Braine. 

Billi. — Billy-sur-Aisne. 

Valli. — [Vailly, arr. de Soissons], et toute la coumune. 
Soissons de ça le Pont. 

Saint Mard de Soissons. — Saint-Mardi, cant. de Braine. 
Croy. — Crouy , cant. de Soissons. 

Bussi. — Bucy-le-Long , cant. de Vailly. 

Minci. — Missy-sur-Aisne, cant. de Vailly. 

Chivre. — Chivres, cant. de Vailly. 

Treni. — Temy-et-Somy, cant. de Vailly. 

Brait. — Braye. 

Margival. — Marginal, cant. de Vailly. 

Nuef Ville. — Neuville-sur-Margival, cant. de Vailly. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



582 


LE DIOIT D'APPEL 


La Fau. — Laffaux, cant. de Vailly. 

Vergni. — Vregny , cant. de Vailly. 

Serai. — Somi , h., comrn. de Teray-et-Soray. 

Alemans. — Alternant, cant. de Vailly. 

Vaudeson. — Va ndesson, cant. de Vailly. 

Pinon. — Pinon, cant. d’Anizy-le-Château, arr. de Laon. 
Rosière. — Rozières, cant. d’Oulchy-le-Château, arr.de Soissons. 
Vaurain. — Vaurins, f., comrn. de Vaudesson. 

Saint-Ghillains. — Saint-Guislain, f., comrn. de Vaudesson. 
Hostel. — Ostel, cant. de Vailly. 

Sanchi. — Sancy, cant. de Vailly. 

Chavignon.— Chavignon, cant. de Vailly. 

Cerches. — Serches , cant. de Braine. 

Duisi. — Dhuizy, h., comrn. de 8erches. 

Noujant. — Nogent , h., comrn. d’Auffrique-et-Nogent, cant. de 
Coucy-le-Château. 

Vausaillon. — Vauxaillon, cant. d’Anizy-le-Château. 

Couci. — (Coucy-le-Château, arr. de Laon), et toute la chaste- 
lerie et toutes les autres villes encloses dedens ces tes doivent venir 
as apiaus en la cour le Roy à Laon. 


[.A tergo :] Nomina villarum debentium appellationes in Laudu- 
nensi prepositura. 


II*. 

Hec sunt ville et numerus focorum 

CUJUSLIBET VILLE ET DOMINI VILLARUM IN SERJANTERIA 

Laudunensi [1295]*. 

Montagu 1 2 3 . Dominus : cornes de Roussi 4 . Foci, ccc. Nolunt redi- 
mere. 

Erpe 5 6 . Dominus : dominus Johannes d’Eppe. Foci, viij M . 

Couci de lès Eppb*. Dominus : dominus Johannes d’Eppe. 
Foci, nij”. 

1. Arch. nat., J 233, n* 42, deux parchemins cousus ensemble. 

2. Sergenterie de Laon, bailliage de Vermandois. Toutes les localités énumé¬ 
rées ci-après sont situées dans le département de l'Aisne. 

3. Montoigu, cant. de Sissonne, arr. de Laon. 

4. Roucy, arr. de Laon. 

5. Eppes, cant. de Laon. 

6. Coucy-lez-Eppes, cant. de Sissonne, arr. de Laon. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 583 

Ploiart 4 . Doraini : Johannes de Loisi 3 , Johannes de Noire- 
court 3 , Jehans de Puisuel 4 . Foci, Ixxij. 

Arensi 5 . Domini : Johannes de Loisi, Johannes de Noirecourt, 
Jehans de Puisuel. Foci, lxij. 

Vauprbsain 6 . Domini : dominus Nicolaus de Vendi et domina 
Aelidis sua sororia et dominus Jacobus de Montcablon 7 . Foci, xlvij. 

Montcablon. Dominus : dominus Jacobus de Montcablon. 
Foci, vj“. 

Anisi 8 . Dominus : dominus Episcopus Laudunensis. Foci, cccc. 
Loisi. Dominus : Johannes de Loisi. Foci, xxvij. 

Nouviant le Vineus*. Dominus : Episcopus Laudunensis. 
Foci, lxj. 

Brancourt 40 . Dominus : Episcopus. Foci, iiij“. 

Mons 44 . Dominus : Episcopus. Foci, viij 1 *. 

Sancta Crux' 3 . Dominus : abbas Sancti Vincent». Foci, lij. 
Les Creutes ,3 . Dominus : abbas Sancti Vincent». Foci, xxxij. 
Bourguignons 44 . Dominus : Episcopus. Foci, liij. 

Marchais 45 . Dominus : Bedous de Puisius. Foci, iiij”. 

Béni 1 *. Domini 47 : dominus Franciscus de Fusceni 48 , capitulum 
et abbas Sancti Vincent». Foci, Ixxv. 

Vaucieles 43 . Dominus : Episcopus. Foci, xxxviij. 
Pennecourt 30 . Dominus : Episcopus. Foci, xxxj. 


1. Ployart(-et-Vaurseine), cant. de Laon. 

2. Loizy, comm. de Besny et Loizy, cant. de Laon. 

3. Noircourt, cant. de Rozoy-sur-Serre, arr. de Laon. 

4. Puisieux, coram. de Chambry, cant. de Laon. 

5. Arrancy, cant. de Laon. 

6. Vaurseine, comm. de Ployart-et-Vaurseine, cant. de Laon. 

7. Montchâlons, cant. de Laon. 

8. Anizy-le-Château, arr. de Laon. 

9. Nouvion-le-Vineux, cant. de Laon. 

10. Brancourt, cant. d'Anizy-le-Château. 

11. Mons-en-Laonnois, cant. d’Anizy-le-Château. 

12. Sainte-Croix, comm. de Graonne, arr. de Laon. 

13. Le» Creuttes, comm. de Mons-en-Laonnois. 

14. Bourguignon-sous-Montbavin, cant. d'Anizy-le-Château. 

15. Marchais, cant. de Siasonne. 

16. Besny (-et-Loizy), cant. de Laon. 

17. Ms. : Dominus. 

18. Fussigny, comm. de Coartrizy-et-Fussigny, cant. de Sissonne. 

19. Vaucellesf-et-Beffecourt), cant. d’Anizy-le-Château. 

20. Penancourt, comm. d'Anizy-le-Château. 




Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



584 


LE DBOIT D'APPEL 


Foukerolles 4 : Episcopi. Foci, xxiiij. 

Valavregni* : Episcopi. Foci, xxviij. 

Foulenbrai 8 . Dominus : dominus de Couci 4 . Foci, c. 

Aas*. Dominus : castelanus de Couci. Foci, xij. Item, Vilete 9 , 
ejusdem domini. Foci, xvij. 

Oroival 7 . Dominus : dominus Gobertus de Montcablon. Foci, 1. 
Bievre 8 . Domini 9 : dominus Gobertus de la Boue 40 et dominus 
Balduinusd’Aisiel 11 . Foci, iiij” et x. Villa concensit contra domi- 
num. 

Bouconville 4 *. Dominus : dominus Gobertus de la Boue. 
Foci, vj M et xiij. 

Fu88egni' 3 . Dominus Franciscus de Biausne 44 , dominus Ansel- 
mus de Fusceni et dominus Guido de Missi 41 et Franciscus. 
Foci, xviij. 

(Basoces. Dominus : dominus Vidame.) 

Busci'*. Dominus : abbas Sancti Vincentii. Foci, iiij". 

Tierre 4T . Dominus : Johannes de Classi 48 et dominus Guido de 
Monmor. Foci, xlv. 

Arensot 49 . Dominus : Froissardus d’Arensot. Foci, xxxij. 
Estouveles 90 . Dominus : Episcopus. Foci, cet iij. 

Civi* 4 . Dominus : Episcopus. Foci, c. 


1. Fouquerolles, comm. de Merlieux-et-Fouqoerolles. 

2. Valavergny, comm. de Merlieax. 

3. Folembray, cent, de Coucy-le-Château. 

4. Coucy-le-Château, arr. de Laon. 

5. Pont-d'Aast, comm. de Champs, cant. de Coucy-le-Château. 

6. La Villette , h., comm. de Champs, cant. de Coucy-le-Château. 

7. Orgeval, cant. de Laon. 

8. Bièvres, cant. de Laon. 

9. Ms. : Dominus. 

10. La Boué, comm. de Bouconville, cant. de Craonne. 

11. Aizelles, cant. de Craonne. 

12. Bouconville , cant. de Craonne. 

13. Fussigny, cant. de Courtrixy-et-Fussigny, cant. de Sissonne. 

14. Baulne-et-Chivy, cant. de Craonne. 

15. Missy-lez-Pierrepont, cant. de Sissonne. 

16. Bussy-lez-Pierreponl, cant. de Sissonne. 

17. Thierret, comm. de Clacy-et-Thierret. 

18. Clacyf-et-Thierret), cant. de Laon. 

19. Arançol, comm. d’Arrancy. 

20. Étouvelles, comm. de Merlieux-et-Fouquerolles, cant. de Laon. 

21. Chivy-lez-Étouvelles, cant. de Laon. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 585 

La Fère 4 . Dominus : dominus de Couci. Foci, cccc et xx. 

Beffrecourt 3 . Dominus : Episcopus. Foci, xxv. 

La Val 3 . Dominus : Episcopus et capitulum. Foci, c et xvj pro 
Episcopo, et pro capitulo, xv. 

Preele et Tierigni 4 . Dominus : Episcopus. Foci, cc et vij. 

Pierepont 5 , Grant Lus*, Rokignicourt 7 . Dominus : cornes 
de Roussi. Foci, ccc et xx. 

Rogiercourt 8 . Dominus : Radulphus du Sart 9 . Foci, xl. 

Crespi 40 . Dominus : Rex. Foci, v c . Consensit. 

Sarni 44 . Dominus : J. de Sarni. Foci, xxxij. 

Signicourt 43 . Dominus : Episcopus. Foci, xxxij. 

Lisi 43 . Episcopi. Foci, 1. 

Courbes 44 . Dominus : abbas Sancti Vincentii. Foci, xxv. 

(Cresi 43 . Dominus : abbas Sancti Johannis Laudunensis. Foci. 
— Capitulum, thesaurarius Laudunensis et abbas Sancti Vincentii, 
dominus de Couci. Foci cc pro communia et c pro capitulo et the- 
saurario 46 .) 

Fay 47 . Dominus : Robertus Brocars. Foci, xxxiiij. 

Rioucourt 48 . | Dominus : dominus Claremballus de Cievre 49 et 

Caliviel 30 . ( thesaurarius Laudunensis. Foci, Ixx. 

Calvoi 34 . Dominus : dominus Clarembaldus de Cievre. Foci, xij. 


1. La Fère, arr. de Laon. 

2. Beffecourt , coram. de Vaucelles-et-Beffecourt, cant. d’Anizy-le-Château. 

3. Laval, cant. d’Anizy-le-Château. 

4. Presles-et-Thiemy, cant. de Laon.' 

5. Pierrepont, cant. de Marie, arr. de Laon. 

6. Grandlup(-et-Fay), cant. de Marie, arr. de Laon. 

7. Rocquignicourt, comm. d’Ébouleau, cant. de Sissonne. 

8. Rogecourt, cant. de la Fère, arr. de Laon. 

9. Le Sart, comm. d'Anguilcourt-le-Sart, cant. de la Fère. 

10. Crépy, cant. de Laon. 

11. Cemy-lez-Bucy, cant. de Laon. 

12. Senancourt, f., comm. d'Anguilcourt-le-Sart. 

13. Lizy, cant. d’Anizy-le-Château. 

14. Courbes, cant. de la Fère, arr. de Laon. 

15. Crécy-sur-Serre, arr. de Laon. 

16. Ceci a été barré. 

17. Fay, comm. de Grandlup-et-Fay. 

18. Royavcourt-et-Chailvet, cant. d’Anizy-le-Château. 

19. Chivres, cant. de Vailly, arr. de Soiasons. 

20. Chailvet, comm. de Royancourt-et-Chailvet. 

21. Chaillevois, cant. d’Anizy-le-Cbflteau. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




586 


LE DROIT D'APPEL 


Remies 4 . Dominus : capitulum Laudunense. Foci, c et vj. 
Aunoi*. Dominus: magisterJ.deRibemont. Foci, Iiij. Consens^. 
Monnantuel 3 . Episcopi. Foci, vj** et viij. 

Servais 4 . Dominus : Petrus li Bauloniers, Colardus de Princes, 
Petrus de Cresi. Foci, Ix. 

Noviant 5 subtus Couci. Dominus : abbas deNoviant. Foci, iiij**. 
Fromont*. ) Dominus : dominus abbas Sancti Johannis Lau- 
Conhartille 7 . ( dunensis. Foci, Ixxv. 

Vernuel 8 . Dominus : capitulum. Foci, c. 

Charmesi* : Johannes ûlius domini Goberti et dominus Radul- 
phus de Harbesi. Foci, iiij** et vij. 

Le Pont a Buci 40 . Dominus : dominus de Couci. Foci, lij. 
Aubbgni 44 . Dominus : Gobertus de Monchablon. Foci, iiij** et vj. 
Barenton sur Sers 43 . Dominus : capitulum Laudunense. 
Foci, vj**. 

Poblli 43 . Dominus : Episcopus Laudunensis. Foci, vij**. 
Nouviant l’Abesse 44 . Dominus : [abbas] Sancti Johannis. 
Foci, vj**. 

Ciri 48 . Dominus : Rex. Foci, 1. • 

Monciaus sur Serb 4 *. Dominus : dominus de Couci. Foci, lx. 
Aquila 47 juxta Vaucler* 8 . Dominus : capitulum Laudunense. 
Foci, iiij** et xv. 

Roussi. Dominus : dominus de Roussi. Fod, xxiiij. 

1. Remies, c&nt. de Crécy-sor-8erre. 

2. Aulnois, cant. de Laon. 

3. Monampteuil, cant. d’Anixy-le-Château. 

4. Servais, cant. de la Fère. 

5. Nogent, comm. d’Auffrique. 

6. Froidmond~et-Cohartille, cant. de Marie, arr. de Laon. 

7. Cohariille, comm. de Froidmond-et-Coharlille. 

8. Vemeuil-swr-Serre, cant. de Crécj-aur-Serre. 

9. Chermizy, cant. de Craonne. 

10. Pont-àrBucy, cant. de Crécy-sur-Serre, arr. de Laon. 

11. Aubigny , cant. de Craonne. 

12. Barenion-svr-Serre, cant. de Crécy-sur-Serre, arr. de Laon. 

13. Pouilly, cant. de Crécy-sur-Serre, arr. de Laon. 

14. Nouvion-Catillon, cant. de Crécy-sur-Serre, arr. de Laon. 

15. Oiry-Salsogne, cant. de Braine, arr. de Soissoas. 

16. Monceau-les-Leups, comm. de la Fère. 

17. Ailles, cant. de Craonne. 

18. Vauclercf-eLla-Vallée-Poulon), abbaye de Bernardins établie en 1134. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




DÉNOMMÉ « APPEL VOLAGE » ET « APPEL FRIVOLE ». 


587 


Chievregni '. Dominus : Episcopus. Foci, ix“. 

Amigny*. Dominus : dominus Symon de Amigni. Foci, lxx. 

Aci sur Sere 3 . Dominus : dominus de Couci. Foci, iiij" et xiij, 

Brait en Launois 4 . Dominus : capitulum. Foci, cc et x. 

Veelui 5 . Domini : dominus Gobertus de Montcablon et cornes 
de Roussi. Foci, xxxvj. 

Courtesis 6 . Domini : dominus Gobertus de Montcablon et cornes 
de Roussi. Foci, xxxvj. 

Cousi. Dominus : dominus de Cousi 7 . 

[A tergo :] q Nomina villarum et foci capituli Laudunensis : 

Remies, foci, iiij xx xv 8 . 

Serjanteria Laudunensis*. 

Scripta que videntur tangere appellationes Laudunenses 10 . 

1. Chevregny , cant. d'Anizy-le-Château. 

2. Amigny-Houy, cant. de Chauny. 

3. Assis-sur-Serre, cant. de Crécy-sur-Serre. 

4. Braye-en-Laonnois. 

5. Veslttd, cant. de Laon. 

6. Courtrizy-et-Fussigny , cant. de Sissonne. 

7. A côté de chacun des vingt-trois derniers noms de localités se trouve une 
lettre qui indique, conformément à l'ordre de l'alphabet, la place que la ville 
devrait occuper. Nous avons restitué cet ordre. 

8. On trouve, in afbo , l'estimation : Foci, c et vj. 

9. Mention contemporaine. 

10. Mention inscrite en 1313 par l'auteur de l'inventaire des archives de 
Guillaume de Plaisians. Même écriture que celle de l’inventaire (Bibl. nat., 
ms. Dupuy 635, fol. 106, col. 2 et suiv.), qui porte une mention identique : 
Scripta que videntur tangere appellationes Laudunenses. Cf. ci-dessus, p. 545. 





UNE CARTE FRANÇAISE 

ENCORE INCONNUE 

DU NOUVEAU MONDE 

(1584). 

— — - — 


Un magnifique manuscrit dédié à l’amiral duc de Joyeuse, « au 
Havre de Grâce, le premyer jour de may l’an M D LXXXIII », 
contient le résumé des connaissances hydrographiques d’un de 
nos meilleurs cosmographes. Instruments de navigation, hémis¬ 
phères marines, cartes nautiques abondent dans « les Premières 
Euvres de Jacques de Vaulx, pillote en la marine ». Le sous-titre 
indique du reste explicitement, comme matières traitées, « plu¬ 
sieurs démonstrances, reigles praticques, segrezetenseignementz 
très nécessaires pour bien et seurement naviguer par le monde, 
tant en longitude que latitude » l . L’ouvrage eut du succès, 
témoin la réplique qu’en fit l’auteur, en l’agrémentant d’un son¬ 
net, pour « Mgr de Riberpré, grand maistre enquesteur géné¬ 
ral, réformateur des eaues et forestz de France en Normandie ». 
Jacques de Vaulx l’écrivit également en la ville française de 
Grâce, mais un an après la première, en 1584 2 . 

On ne connaissait rien autre de lui. 

I. 

En cette même année 1584, il avait pourtant composé une 
autre œuvre, que, récemment, la section de géographie de la 
Bibliothèque nationale a acquise. C’est une carte d’Amérique à 
grande échelle et dotée d’une nomenclature vingt fois plus riche 

1. Bibl. oat., manuscrit français 150. 

2. Ibidem, ms. français 9175. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



UNE CARTE FRANÇAISE DU NOUTEAU MONDE. 589 

que celle de son atlas d’hydrographie. Elle est datée et signée : 
« Ceste carte a esté faicte par Jacques de Vaulx, pilote entre¬ 
tenu par le Roy en la marine au Havre, 1584 1 2 . » Malgré 
les grandes dimensions (0 m 580 X 0™810) de son parchemin, 
elle n’est que la moitié, semble-t-il, d’un planisphère. Com¬ 
plète vers l’ouest, où elle s’arrête à « la mer Rouge » de Cali¬ 
fornie et à « la coste des Patagons », elle est tronquée au 
Labrador et mutilée au Brésil, dont la proéminence est absente, 
depuis « Yillegaillaon et Jenevre » (Janeiro) jusqu’à la « coste 
des Canibales ». 

C’est une véritable carte politique du continent américain. Le 
drapeau fleurdelisé flotte sur « les terres Neufves », le blason 
royal est accolé à « la Nouvelle-France », qui correspond aux 
Etats-Unis, tandis que l’écu de Castille et Léon timbre « les 
Neufves Espaignes » et « le Péru ». Le Brésil n'a aucune marque 
de propriété, la couronne de Portugal dont il relevait étant depuis 
trois ans en déshérence. 

Or, et l’on saisira d’un trait l’importance de la carte, presque 
simultanément deux vice-rois français voguaient sur l’Atlan¬ 
tique, l’un vers l’Amérique du Sud, l’autre vers l’Amérique du 
Nord. La vieille reine Catherine de Médicis comptait édifier 
notre fortune sur les ruines de l’empire colonial des Portugais. 
Mais la trame de sa politique était si ténue, elle s’élaborait dans 
un tel mystère que l’histoire jusqu’ici n’avait eu aucun soup¬ 
çon du Secret de la reine 1 . De ce secret, je dirai quelques 
mots, car il n’est point sans avoir de relation avec notre 
carte. 

Deux cartes d’un homonyme de notre hydrographe, conservées 
également à la section de géographie 3 , avaient éveillé mon atten¬ 
tion. Dans le « vray pourtraict de Genèvre et du cap de Frie », 
il n’était point malaisé de discerner une reconnaissance militaire 

1. Géographie, C. 4052. 

2. Ch. de La Roncière, Histoire de la marine française. Paris, 1910, in-8*, 
t. IV, p. 168 et 309. 

3. C. 15931 et C. 15932 (fac-similé dans Henlhard, Villegagnon , roi dAmé¬ 
rique; un homme de mer au XVI* siècle (1510-1572). Paris, 1897, in-8*, 
p. 208, et Gabriel Marcel, Reproductions de cartes et de globes relatifs à la 
découverte de l’Amérique des XVI* et XVII* siècles. Paris, 1894, in-fol.; 
Rio Rranco, Frontières entre le Brésil et la Guyane française. Atlas con¬ 
tenant un choix de cartes antérieures au traité conclu à Vtrecht. Paris, 1899, 
gr. in-fol., pl. XXV). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



590 


UNE CARTE FRANÇAISE ENCORE INCONNUE 


de Rio-de-Janeiro. Le fort de l’eau contourné, « yci est le costé 
pour prendre Genèvre », déclarait Jacques de Vau de Claye. 
Et son autre carte, datée de 1579, précisait sa mission au Brésil : 
€ En cet enclos de ce demi rond de compas », — disait une 
légende, qui allait du Cap-à-l’Anglais, près de Pernambouc, 
jusqu’à la rivière de la Croix, — « vous vous fournirez de dix 
mille saulvages pour faire la guerre au Portugois. » Les armes 
dont la pièce est discrètement timbrée nous édifient sur le com¬ 
manditaire de ces voyages d’exploration, qui était le cousin de 
la vieille reine, Philippe Strozzi. Le 7 septembre 1581, Philippe 
recevait du roi, « assisté de la royne sa mère », certaines 
lettres de provisions mystérieuses l’établissant c lieutenant 
général ou vice-roy, sans qu’il fût besoin de le spécifier plus 
particulièrement, en certain endroit où ledit sieur de Strozzi 
8’acheminoit »*. Ce lieu, on l’apprendrait par un pli cacheté à 
n’ouvrir qu’au large. Et, d’une main alourdie par l’âge, voici 
quel magnifique plan de campagne traçait Catherine de Médicis : 
Strozzi achèvera de remettre les Açores sous la domination de 
Don Antonio, prétendant au trône de Portugal. Le mois d’août 
venu, laissant dans les îles des forces suffisantes, il s’acheminera 
avec le reste de son armée vers le Brésil 2 . C’était du Brésil que 
le cousin de la reine était nommé vice-roi. Don Antonio de Crato 
et Catherine, ligués contre le roi d’Espagne pour lui arracher le 
trône de Portugal en déshérence, « étoient demeurés d’accord que, 
luy restabli dans ses Estats, elle auroit pour ses prétentions 
la région du Brésil » 3 . 

Le 26 juillet 1582, Strozzi rencontrait aux Açores la flotte 
espagnole de Don Alvaro de Bazan, marquis de Santa-Cruz, l’un 
des plus habiles marins du temps ; après une sanglante bataille, 
il était vaincu et tué 4 . La mort scella sur ses lèvres le secret de 
la reine ; les vainqueurs ne se doutèrent ni de son titre de vice- 
roi, ni du pays vers lequel s’orientaient ses voiles. 

t. Bibl. de l'Institut, Collection Godefroy 191, fol. 145. 

2. Billet autographe, apostillé le 3 mai 1582 par Henri III (Saint-Pétersbourg, 
bibl. de l’Ermitage, autographes, vol. 19 : Lettres de Catherine de Médicis, 
éd. Baguenault de Puchesse, t. VIII, p. 18, note). 

3. Hermann TalBn, s' de Torsay, la Vie , mort et tombeau de haut et puis¬ 
sant seigneur Philippe de Strozzi. Paris, 1608, in-8*; réimprimé par Cimber 
et Danjou, Archives curieuses de l'histoire de France, 1” série, t. IX, p. 444. 

4. Ch. de La Roncière, Histoire de la marine française, t. IV, p. 192. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DU NOUVEAU MONDE. 


591 


Mais Catherine de Médicis n’avait point abandonné sans 
espoir de retour ses rêves ambitieux. Et c’est encore la cartogra¬ 
phie qui nous permet de deviner ses pensées. La riche nomen¬ 
clature contenue dans la carte de 1584 est l’indice que nous 
nous occupions toujours de l’Amérique du Sud. Un fait le met hors 
de doute. Notre cartographe Jacques de Vaulx recevait, le 
20 novembre 1584, l’ordre formel du roi et de l’amiral de Joyeuse 
d’aller explorer la région des Amazones, pour « rapporter, tant 
par carte que autrement, des moyens et commerce d’iceluy pays ». 
Il prendrait passage à bord du vaisseau de Guillaume Le Héricy 
de Pontpierre 1 , un « rescapé » de l’expédition des Açores 2 . Delà 
nécessité de reviser nos documents hydrographiques, un mal¬ 
heureux incident avait convaincu nos marins. Dix jours avant 
la bataille des Açores, les pilotes de Strozzi avaient, par une sin¬ 
gulière méprise, leurs cartes étant trop courtes, confondu l’île 
San-Miguel avec l’île Santa-Maria 3 . 

Tandis qu’au Brésil nous luttions contre les Espagnols pour y 
établir notre domination, c’est aux Anglais que nous disputions 
l’Amérique du Nord. Le 5 août 1583, ils avaient planté leur 
pavillon à Saint-Jean de Terre-Neuve, et Walter Raleigh allait 
dédier à la Vierge des îles occidentales, sa souveraine, le riche 
territoire de la Virginie 4 . Or, depuis le 3 janvier 1578, il y avait 
déjà pour tout le nord du continent américain un vice-roi fran¬ 
çais, page et favori de Catherine de Médicis, comme Raleigh l’était 
d’Elisabeth. La carte de Jacques de Vaulx nous édifie sur la vice- 
royauté des Terres-Neuves dont était titulaire Tro'ûus du Mes- 
gouez, marquis de la Roche-Helgomarc’h 5 . N’ayant d’autres 
limites que le Labrador et les colonies espagnoles du golfe du 

t. c Jacques de Vaulx, cosmographe et pilote entretenu par le Roy en sa 
marine, reçoit de Mathurin Le Beau, trésorier général de la marine, 50 escus 
soleil à lui ordonnés par l'amiral de Joyeuse pour le voyage qu'il va faire sui¬ 
vant le vouloir de Sa Majesté aux Amazones dans le navire du capitaine Pont- 
pierre, et ce en intention que le dit de Vaulx puisse en rapporter par écrit 
dudit pays, tant par carte que autrement, des moyens et commerce d'iceluy 
pays > (Gosselin, Documents authentiques et inédits pour Fhistoire de la 
marine normande. Rouen, 1876, in-8% p. 157). 

2. Ch. de La Roncière, t. IV, p. 196. 

3. Ibidem , p. 179. 

4. Ibidem , p. 310. 

5. Michelant et Ramée, Relation originale du voyage de Jacques Cartier, 
Appendice, p. 8. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


592 UNE CARTE FRANÇAISE ENCORE INCONNUE 

Mexique, la juridiction de Troïlus s’étendait à tous les pays visités 
par Verrazzano, Cartier et Ribault : Canada et Hochelaga, 
Norombègue, Franciscane ou Nouvelle-France, c’est-à-dire à 
toute la côte de l’Atlantique. 

Comme ces expéditions de découvertes dataient d’assez loin, 
de nouveaux explorateurs y furent envoyés. Tandis qu’un 
Basque de Ciboure dressait le premier routier-pilote de Terre- 
Neuve en 1579 1 , le Havrais Champion rapportait en 1580 de 
Floride un étendard de guerre indien 2 . Étienne Bellinger, de 
Rouen, subventionné parle cardinal Charles de Bourbon, longeait 
la côte de Norombègue au sud du Cap-Breton, découvrait un 
gros village à cent lieues du Cap, puis une douzaine d’autres et 
revenait dans l’été de 1583 avec une cargaison de fourrures, 
peintes à l’envers de couleurs vives 3 : en suite de quoi, le car¬ 
dinal s’associait à l’amiral de Joyeuse pour commanditer une 
entreprise de colonisation en Amérique 4 . La même année, les 
cinq bâtiments malouins de Michel Frotet de la Bardelière 
ramenaient du Saint-Laurent des sauvages à apprivoiser, « pour 
d’aultant faciliter le trafic » 5 . Et l’on colportait à la cour que 
l’un des matelots avait aperçu au delà d’Hochelaga (Montréal) 
l’océan Pacifique 6 . Persuadé tout au moins qu’en remontant le 
fleuve Saint-Laurent on trouverait à la source quelque émis¬ 
saire, un groupe de ces financiers italiens que passionnait la 
recherche des voies d’accès en Chine fournit des fonds à l’ami¬ 
ral de Joyeuse 7 pour tenter une nouvelle exploration du con- 

1. Les Voyages avantureux du capitaine Martin de Boyarsabal de Cubiburu. 
Bordeaux, 1579, in-8*; Ch. de La Roncière, le Premier routier-pilote de Terre- 
Neuve (1579) (extrait de la Bibliothèque de l'École des chartes , t. LXV, 1904). 

2. N. Sainsbury, Calendar of State Papers. Colonial sériés (1574-1664), 

p. 2. 

3. Discourse on Western planting, written in the yere 1584 by Richarde 
Hackluyt at the requeste of Walter Rayhly (éd. Charles Deane and Leonard 
Woods, Documenlary history of the State of Maine , t. II. Cambridge, 1877, 
in-8*, p. 26, 84). 

4. Richard Hackluyt, Divers l'oyages touching the Discovery of America 
and the lslands adjacent. London, 1850, in-8*, p. xi, note. 

5. Août 1583 (Joüon des Longrais, Jacques Cartier. Paris, 1888, in-12, p. 76). 

6. Discourse on Western planting, by R. Hackluyt, p. 115 

7. Lettre de Giulio Busini A Belisario Vinta, Paris, 5-29 mars 1585 (Abel 
Desjardins, Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, t. IV, 
p. 550-552, dans la Collection de documents inédits). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DO NOUVEAU MONDE. 593 

tinent américain dans les conditions analogues à celle de Ver- 
razzano 1 . 

Mais déjà, au printemps de 1584, le vice-roi Troüus du 
Mesgouez s’acheminait vers les Terres-Neuves d’Amérique. Il 
n’avait pas dépassé Brouage que son vaisseau amiral venait à 
sombrer; des trois cents hommes qu’il avait avec lui, les 
survivants se trouvèrent trop peu pour mener à bien le voyage 2 . 

De cette année-là, je l’ai dit, date la carte d’Amérique acquise 
par la section de géographie. On voit dans quelle ambiance elle 
a été faite et quelle utilité immédiate elle offrait. Dans quelle 
mesure Jacques de Vaulx a-t-il tenu compte des explorations de 
son temps pour corriger les erreurs ou combler les lacunes de 
ses devanciers? De quels progrès lui est redevable la cartographie 
normande? C’est ce qu’il me reste à examiner. 

II. 

Mais d’abord, un mot de la projection de notre carte. Elle 
est simple; c’est la projection plate sur un système de roses 
des vents, telle que l’auteur l’expüque dans ses « Premières 
Euvres ». Il en connaissait d’autres, tel « le nouveau stile de 
reigler les cartes marignes », où « la moityé de le sephère est con- 
primée dessus la platte-forme de l’horison, tellement que le poinct 
vertical est joinct avec le centre dudit horison, dont tous les 
rumdz et demys rumds de vent... sont estendeuz en lignes cir- 
cullaires » 3 . Car les hydrographes normands employaient de 
multiples projections, depuis le système du pilote Guillaume Le 
Testu, procédé si ingénieux qu’on y a voulu voir une applica¬ 
tion anticipée du système métrique 4 , jusqu’à la projection sinu¬ 
soïdale de Jehan Cossin (1570), dont on fait honneur à tort à 
l’Anglais Flamsteed, d’un siècle postérieur 5 . 

1. En 1524. 

2. Hackluyt, Discours* on Western planting , p. 26, 101. 

3. Bibl. nat., ms. français 150, fol. 8. 

4 « La Cosmographie universelle selon les navigateurs tant anciens que 
modernes, » 1556 (n. st.) (Bibl. du ministère de la Guerre. Cf. G. Marcel, 
Reproductions de cartes et de globes relatifs à la decouverte de l'Amérique 
du XVI* au XVIII* siècle Paris, 1894, in-4*, texte, p. 95). 

5. On consultera avec fruit un ouvrage sous presse de M. l'abbé Anthiaume, 

1910 38 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



594 


CNE CARTE FRANÇAISE ENCORE INCONNUE 


Contrairement aux cartes marines de l’école dieppoise, celle 
de Jacques de Vaulx est nue. Si bon dessinateur qu’il fût, — ses 
« Premières Euvres » en témoignent, — l’auteur a laissé de 
côté toutes les scènes de genre dont ses prédécesseurs, Descel¬ 
liers, Le Testu, Jacques de Vau de Claye, enjolivaient leurs 
mappemondes. Comme les cartes marines ne contiennent de 
nomenclature que sur le littoral, les hydrographes profitaient 
en effet de la nudité de l’intérieur pour y figurer la faune et la 
flore du pays, en les agrémentant de quelques tableaux d’ethno¬ 
graphie : au Brésil par exemple, Jacques de Vau de Claye nous 
faisait assister à des combats et à des danses d’indiens, à des 
chasses au léopard et à des festins de cannibales où des membres 
humains boucanaient sur le gril. 

Notre Jacques de Vaulx est pourtant bien de l’école hydro¬ 
graphique normande et non de l’école verrazzanien ne, beaucoup 
plus sobre. Que Giovanni da Verrazzano, qui s’était équipé 
en 1523 en Normandie, ait fait si peu école dans la province, 
c’est un fait incompréhensible. Car rien ne subsiste plus du 
doute où l’on est longtemps resté sur l’authenticité de sa relation 
de voyage 1 . 

De celle-ci, on a mis tout récemment au jour un nouvel 
exemplaire. Plus étendu que le texte manuscrit conservé à la 
Biblioteca nazionale de Florence 2 et que la version de Ramusio 3 , 
le manuscrit Cèllere offre toutes les garanties d’authenticité pos¬ 
sibles. C’est la relation adressée par Verrazzano lui-même à deux 
de ses commanditaires lyonnais, « a Leonardo Tebaldi o a Tho- 
raaso Sartini, raercanti in Leone » 4 ; transmettez-la ensuite à 
Ruccelaï, « raandaretelo a Bonacorso Ruscellay, » ajoutait Ver¬ 
razzano ; et l’on sait que « l’orto de Rucelay » est le nom qu’il 


Mémoire sur [enseignement de l'hydrographie au Havre aux XVII’ et 
XVIII’ siècles. Paris, 1910. 

1. Buckingham Smith, An Inguiry into lhe aulhenlicity of documents co n- 
cerning a discovery of Xorlh, America, claimed to hâve been mode by Ver- 
razano. New-York, 1864, in-4*. 

2. Éd. Berchet, Raccolta Colombiana, parte m, vol. II. 

3. Giovan Battista Ramusio, Navigationi et Viaggi, 1556. 

4. Giovanni da Verrazzano, le sue scoperte neli America settentrionale 
(1524), secondo l'inedito codice sincrono Cèllere di Roina, studio di Alessan¬ 
dro Bacchiani, dans le Bollettino délia Société geografica üaliana (1909), 
p. 1274. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DU NOUVEAU MONDE. 


595 


donna à l'un des points de la côte américaine. De Ruccelaï, la 
relation passa entre les mains de rhistorien Paul Jove, également 
gratifié d’un souvenir, « Jovium pormotorium », dans la nomen¬ 
clature du voyage. 

Mais si l’explorateur honora de cette façon son pays d’origine, 
— témoin les noms de « valle Umbrosa, isola Baduaria, isola 
Lascarides, isola Maiolla zenosa 1 , Armelines sûtes, Samioito 
(San-Miniato), la Zertossa », qu’on relève sur le littoral améri¬ 
cain, — il fit large part à la France, dont la Dauphine portait le 
pavillon. Le long de la « Francesca », qu’un isthme dit de 
« Verazanio » 2 séparait de la Floride et qui courait vers le nord 
jusqu’au cap « de Bertoni », les vocables normands foisonnaient ; 
< Diepa, Alifor, Onaflor, Viraflor, Normanvilla » alternaient avec 
les titres des princes et des grands seigneurs qui patronnaient 
l’entreprise : « Batezamo la Costa di Lorena per el cardinale », 
écrivait le navigateur florentin, « el primo promontorio Lanzone, 
el secundo Bonivetto, el fiume piu grande Vandoma (l’Hudson) 
et uno monticello di San Polo per el Conte » 3 . « Aloysia, Santa 
Margarita, Angoleme », sur la côte de « la Francesca », étaient 
les noms de la mère et de la sœur de François I* r , ainsi que de 
son apanage. 

Au lieu de faire sienne cette nomenclature nationale, l’école 
hydrographique dieppoise a adopté celle de deux Espagnols qui 
explorèrent presque en même temps que Verrazzano, en 1524 
et 1525, la côte septentrionale de l’Amérique. De la pointe de la 
Floride jusqu’au Cap-Breton, Lucas Vasquez de Ayllon et Este- 
vam Gomez 4 avaient noté les points suivants : « Cap del Cana- 


1. Nom d’un cartographe génois qui a dressé une des cartes verrazzaniennes : 
« Vesconte de Maiollo conposui hanc cartam in Zanua anno Dny 1527, die 
xx decembris » (H. Barrisse, The discovery of Norlh America. Paris, 1892, 
in-4*, p. 217). 

2. Le manuscrit Cèllere, qui nous donne le nom de l'isthme, ajoute aux ver¬ 
sions déjà publiées cette description : < Uno isthmo de largheza de uno miglio 
e longo circa a 200, nel quale da la nave si vedea el mare orientale... quale e 
quello senza dubio che circuisce le extremitA de la India, Cina e Catayo. Navi- 
camo longo al detto isthmo con speranza continua di trovar qualcbe fretoeper 
poter penetrare a quelli felici liti del Catay » (Bolleltino délia Société geogra- 
flca italiana (1909), p. 1312). 

3. Ibidem, p. 1314. 

4. Dont les découvertes sont parfaitement indiquées dans la carte de Diego 
Ribero (1529), reproduite par Nordenskiôld, Periplus, an essay on the early 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



596 UNE CARTE FRANÇAISE ENCORB INCONNUE 

veral, cap de San Roman, rio del Principe, cap Traflalgar, rio 
del Espiritu Sancto, Costa de Medanos, rio de las Gamas, arcipie- 
lago d’Estevam Gomez, rio Seco, baia de San Juan Baptista, 
rio de Buena Madré, rio de San Antonio, baia de San Christoval, 
cap de Santiago 1 . » Cette nomenclature a passé tout entière, et 
même avec d’autres noms espagnols, « baia Honda, cap de Saint- 
Inigue, la Cunncha... », dans le célèbre atlas que le pilote ha vrais 
Guillaume Le Testu dédiait en 1556 à l’amiral de Coligny 2 , 
puis dans la carte de Jacques de Vaulx 3 qui nous occupe. 

Avant eux, toute l’école dieppoise avait suivi les mêmes erre¬ 
ments. Ouvrons ici une parenthèse sur l’hydrographie dieppoise. 
Longtemps, elle s’était signalée par une abondante production. 
Pour une période d’un quart de siècle, de 1541 à 1566, nous ne 
possédons pas moins de dix cartes marines signées de Nicolas 
Desliens 4 , Pierre Descelliers 5 , Jean Rose 6 , Nicolas Vallard 7 , 
Guillaume Le Testu 8 . Et l’on retrouvera, je l’espère, quelque jour 
la cosmographie ou « les cartes géographiques et hydrographiques 
faittes par Jean de Clamorgan, sieur de Saane, capitaine d’un 
des galions du roy et présentées au roy François 1 er ». Déposée 
en la librairie royale de Fontainebleau, nous apprend l’auteur 


hislory of Charts..., translatai by Francis A. Bather. Stockholm, 1897, atlas, 
pl. XLVIII. 

1. H. Barrisse, The discovery of North America, p. 213, 240; H. Harrisse, 
Découverte et évolution cartographique de Terre-Neuve et des pays circon- 
voisins (H97-1501-1769). Paris, 1900, in-4*, pl. IX. 

2. L'atlas est au ministère de la Guerre. Les cartes d’Amérique ont été repro¬ 
duites par G. Marcel, Reproduction de cartes et de globes relatifs à la décou¬ 
verte de l'Amérique. Paris, 1893, atlas, pl. XXVIII; Arthur Heulhard, Ville- 
gagnon, roi d Amérique; un homme de mer au XVP siècle (1510-1572). Paris, 
1897, in-8% p. 176-177. 

3. Déjà, dans les « Premières Eovres > de Jacques de Vaulx, la nomenclature 
très clairsemée de l'Amérique du Nord trahissait un prototype espagnol : 
« Canaveral, S* Jehan, S* Romain, S** Marye, S 1 Tiaugue (Santiago), S* Jean 
Baptiste, R. gramde dicte R. de Gamas » (Bibl. nat., franç. 150, fol. 29). 

4. Dieppe, 1541 (à Dresde : publiée partiellement par H. Harrisse, Décou¬ 
verte... de Terre-Neuve , pl. XI) et 1563 (Bibl. nat.. Géographie, invent. 242). 

5. Arques, 1546 (U. Harrisse, pl. XIII) et 1550 (H. Harrisse, p). XIV); Biblio- 
theca Lindesiana, by Charles Henry Coote, 1898, 3 vol. in-fol. 

6. 1542 (D r Hamy, Bulletin de géographie historique (1890), n» 2). 

7. Dieppe, 1547 (à Cheltenham, n* 13196). 

8. Atlas de 1556 (n. st.), au ministère de la Guerre; planisphère du 23 mai 
1566, au ministère des Affaires étrangères, dépôt géographique, n* 104. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DD ItOÜVEAD MONDE. 


597 


dans la dédicace de son livre la Chaise au loup , la cosmographie 
comprenait une « carte universelle où estoyent les mers et terres 
assises en longitude et latitude ». Portée en 1645 sous la cote 58 
des livres en grand format dans l’inventaire des frères Dupuy, 
sous la cote 6815 dans le catalogue rédigé en 1682 par Clément, 
elle a disparu de la Bibliothèque nationale à l’époque de la Révo¬ 
lution. On ignore ce qu’elle est devenue. J’ajouterai que son sort 
a été l’une des préoccupations dernières de mon illustre et 
regretté maître M. Léopold Delisle ; deux jours avant cette mort 
foudroyante qui a mis la science en deuil, il m’adressait un dos¬ 
sier formé par lui sur la carte de Clamorgan. 

Sous les fils de Henri II, l’hydrographie normande subit une 
éclipse. Les planisphères de Guillaume Le Testu (1566), Jehan 
Cossin (1570) 1 et Jacques de Vaulx (1583), loin de constituer 
un progrès sur les cartes marines antérieures, marquaient comme 
nomenclature et tracé un vif recul que le Dieppois Guillaume 
Le Vasseur semblait jusqu’ici avoir été le premier à enrayer, et 
seulement en 1601. 

La carte d’Amérique de 1584 prouve que cet honneur revient 
à Jacques de Vaulx. Tout en adoptant la nomenclature hispa¬ 
nique de Descelliers et Testu, il l’a mise à jour et accrue. Aux 
explorations de Ribault au nord de la Floride en 1562-1565 2 se 
rapportent les noms de « port de Moy 3 , rivière de Sayne, Saint- 
Augustin ». Aux abords du Cap-Breton, les indications « baye 
des balleynes, rivière Longue, cap de Mont, montaigne, baye, 
pasaige » semblent provenir d’une exploration récente qui serait 
peut-être celle d’Étienne Bellinger, accomplie l’année d’avant. 

Par contre, notre cartographe a complètement ignoré le rou¬ 
tier-pilote de Terre-Neuve, où Martin de Hoyarsabal fournissait 
toutes les coordonnées nécessaires à dresser la carte marine de 
lHe, distances, rhumbs, sondes, amers. Assez peu fournie pour 
la côte sud 4 , la nomenclature de Jacques de Vaulx n’est riche 
que pour la côte orientale, dont les vocables portugais 5 sont 

1. A la Bibliothèque nationale, section de Géographie. 

2. Cf. pour les sources Ch. de La Roncière, Histoire de la marine française , 
t. IV, p. 47. 

3. C'est-à-dire Mai. 

4. « T* de S* Pierre, les Banqueraux, le Hérieu, S* Laurens, Haulte Spère, 
baye de Plaisance, cap S u Marie, les Trépassez, cap de Raz. » 

5. « Fruraouse, le Farrillaon, Y* d’Espoir, B* de Conception, Bacaillaou, 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



598 


CNE CARTE FRANÇAISE ENCORE INCONNEE 


facilement reconnaissables ; nulle pour le littoral que baigne le 
Saint-Laurent, elle ne connaît pour le Petit-Nord de Terre- 
Neuve 1 qu’une « yle aux gros yeux » 2 et une « yle de Siville », 
qui ne donnent pas la moindre idée des vocables bretons d’une 
terre tout inféodée aux Malouins. 

Le fait est d’autant plus inexplicable que l’hydrographie des 
Terres-Neuves, pour le xvi® siècle presque entier, est tributaire 
des explorations d’un Malouin 3 . C’est de Jacques Cartier que 
dérive la terminologie de nos Dieppois, et Jacques de Vaulx ne 
fait pas exception à la règle. De sa riche nomenclature du fleuve 
Saint-Laurent, une vingtaine de termes existent déjà dans la 
mappemonde dieppoise dite Harleyenne, exécutée au lendemain 
des expéditions de Jacques Cartier 4 : tels « Hochellague, Y° d’An- 
goûlesme, R. de Fouez, Hochellay, Y® de Guenoude, Sainte- 
Croix, Stadin, Y® d’Orléans, Aguechenoda, Y® de Coudres, 
R. de Saguenay, la terre de Tiénot, Saint-Jacques, Saint-Lau¬ 
rent, Saint-Nicollas, Brest, Rabaz, Blanc-Sablon, île de Brion ». 
Les additions faites par Jacques de Vaulx sont assez nombreuses ; 
mais, à part quelques termes assez frappants, comme « Le 
Goaday », elles n’ont rien de caractéristique : « R. de Basse, 
R. Doulce, R. des Boys, port des Ballaynes, la Ballayne vieille, 
l’estroit des Isles, la baye des Sauvaiges » et autres mots sem¬ 
blables ne peuvent nous permettre de conclure que la cartogra¬ 
phie du Saint-Laurent ait progressé depuis Jacques Cartier. Et, 
de fait, ce fut en 1587 seulement que les petits-neveux du grand 
Malouin Michel et Jean Noël, munis de ses cartes marines, pous¬ 
sèrent plus en amont du fleuve 5 . 

La carte de Jacques de Vaulx se termine brusquement en un 
moignon au milieu du Labrador. Et c’est vraiment une décep¬ 
tion : car la mention de « l’Estotillant » et de l’île « Frislande » 

B* S u Catherine. C. de Bonneviste, Y* de Fra Luis, C. de Fougue, Y* Esche- 
nao, Y* de Sirille, Y* aux Gros Yeux, C. de Grat. » 

1. Cf. Ch. de La Roncière, le Premier routier-pilote de Terre-Neuve (1579) 
(extrait de la Bibliothèque de C École des chartes , t. LXV, 1904). 

2. Adoptée par Champlain dans sa Carte géographique de la Nouvelle-France 
en 1613. 

3. H. Harrisse, Découverte... de Terre-Neuve, p. 176. 

4. Reproduite par H. Harrisse, p. 200-201. 

5. Lettre de Jacques Noël A Jean Grout, Saint-Malo, 19 juin 1587 (Joùon des 
Longrais, Jacques Cartier , p. 145). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


DU NOUTEAU MONDE. 


599 


dans le planisphère de ses « Premières Euvres »* prouve que 
Jacques de Vaulx avait connaissance de la fameuse relation de 
voyage, parue en 1558, qui faisait remonter à la fin du xrv® siècle 
la découverte du Nouveau Monde et en attribuait l’honneur au 
Vénitien Antonio Zeno 1 2 . L’on ne sait s’il était également au cou¬ 
rant des explorations toutes récentes depuis que l’expédition de 
Forbisher à la recherche du passage nord-ouest, en 1577, don¬ 
nait un vif intérêt d’actualité à l’étude des régions septentrio¬ 
nales de l’Amérique. 

Le Groenland, exploré à nouveau du côté du détroit de Davis, 
avait été doté d’une nomenclature anglaise, tandis qu’il gardait 
au contraire sur la côte orientale des vocables norvégiens. Par 
une curieuse anomalie, en effet, alors que l’on perdait en Nor¬ 
vège la notion du Groenland, fréquenté pourtant depuis le 
X e siècle, alors que le massacre de marins de Bergen familia¬ 
risés avec sa route mettait fin, vers 1448, à toutes relations 
avec lui 3 , le Groenland apparaissait pour la première fois sur les 
cartes. Le cardinal Guillaume Fillastre en 1427 4 , puis, en 1466, 
Donnus Nicolaus Germanus, qu’on a par erreur appelé Donis 
Nicolas, le faisaient figurer dans leurs adaptations modernes de 
la cosmographie de Ptolémée 5 . Les nombreux vocables que por¬ 
tait alors la côte océanique du Groen and, « Thor, Bever, Naf, 
Vy, Lade, Munder... », passèrent à la fin du xvi® siècle dans 
les cartes marines, notamment dans le magnifique planisphère 


1. Bibl. nat., ms. français 150, fol. 29. 

2. « Libro de' viaggi e scoperte di Nicolô ed Antonio fratelti Zeni dietro la 
prima edizione fatta in Venezia nel M D LVl'I ». dans D. Placido Zurla, Disser- 
tazione intorno ai viaggi e scoperte settentrionali di Xicotô ed Antonio fra - 
tel.i Zeni. Venezia, 1808, in-8* ; The voyages ofthe Venetian brothers Nicolo 
and Antonio Zeno lo the northem seas in lhe XlVth century, éd. Richard 
Henry Mayor. London, Hakluyt Society, 1875, in-8*. Cf., sur le parti que les 
Anglais comptaient tirer de ce voyage, John Dee, Diary. Caraden Society, 
1842, in-8*, à la date du 28 novembre 1577; Ch. de La Roncière, Histoire de 
la marine française, t. IV, p. 309. 

3. E. Beauvois, les Colonies européennes du Markland et de TEscociland 
au XIV • siècle et les vestiges qui en subsistèrent. Nancy, 1877, in-8*, p. 44. 

4. Son manuscrit est actuellement à la bibliothèque de Nancy (R Thomassy, 
les Papes géographes et la cartographie du Vatican. Paris, 1852, in-8*, p. 15). 

5. Joseph Fisher, The discoveries of the Norsemen in America with spé¬ 
cial relation lo lheir early cartographical Représentation, transiated from 
the German by Basil H. Souisby. London, 1903, in-8*, p. 73. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


600 


UNE CARTE FRANÇAISE ENCORE INCONNUE 

des Jansz 1 . Et comme ces cartographes hollandais ont copié 
pour tout le nord de l’Amérique les œuvres de nos pilotes, il est 
loisible de supposer que la partie perdue du planisphère de Jacques 
de Vaulx contenait également le Groenland avec sa terminologie 
norvégienne. 

Si nous descendons du nord vers l’Amérique centrale, nous 
constatons avec surprise la riche nomenclature du golfe du 
Mexique. Notez que l’accès des possessions espagnoles, des 
« Neufves Espaignes » était sévèrement interdit aux étran¬ 
gers 2 3 . Or, les Bahama, les Antilles (l’île de « Couve » ou Cuba 
exceptée) et le golfe du Mexique sont dotés de nombreux 
vocables francisés. De même, la côte du Pacifique, depuis la 
« mer Rouge » de Californie jusqu’à la « coste des Patagons », 
est couverte d’une centaine de noms qui constituent un certain 
progrès sur l’œuvre de Descelliers H . Or, si nos marins fréquen¬ 
taient clandestinement le golfe du Mexique, s’il n’y avait pas 
d’année où quelqu’un de nos corsaires ne fît quelque exploit aux 
Antilles 4 , nous ne devions point pénétrer dans le Pacifique 
avant l’extrême fin du xvii* siècle 5 . Serait-ce donc que notre 
cartographe ait connu le voyage de circumnavigation de Fran¬ 
cis Drake? Non ; nous avions si peu les cartes du célèbre 
navigateur que Henri IV, alors amiral de Guyenne, les deman¬ 
dait l’année suivante, en 1585, à un secrétaire d’État anglais 6 . 
Nous ignorons donc totalement de quelle source viennent les 
additions que Jacques de Vaulx a frites à l’œuvre de Pierre 
Descelliers. Elles portent principalement sur la région au sud 

1. Nova orbis terrarum geographica ac hydrographica tabula , b; Harmen 
Jansz ende Marten Jansz Caerstschryvers in den Pascaerte tôt Edain anno 
1610 (Bibl. nat., Géographie, rouleau 525). Cf. de même la Nova totius terra¬ 
rum orbis geographica ac hydrographica tabula, auctore Guilielmo Blaeuw. 

2. Ch. de La Roncière, Histoire de la marine française, t. IV. 

3. Comparez notre carte avec la carte d'Amérique de Pierre Descelliers de 
1546 publiée en fac-similé dans Nordenskiôld, Periplus, pl. LI. 

4. Gabriel Marcel, les Corsaires français au XVI • siècle dans les Antilles. 
Paris, 1902, in-8* (extrait du Compte-rendu du Congrès international des 
américanistes tenu A Paris en septembre 1900). 

5. E.-W. Dahlgren, les Relations commerciales et maritimes entre la France 
et les côtes de Vocéan Pacifique (commencement du xviii* siècle). Paris, 
1909, in-8*, t. I. 

6. Ch. de La Roncière, Un atlas inconnu de la dernière expédition de 
Drake. Paris, 1909, in-8*, p. 4, note 5. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



DD NOUVEAU MONDE. 


601 


du tropique du Capricorne que Descelliers laissait nue. Mais les 
noms de « P. du Capricorne, Terre Haulte, cap de Bon Espoir, 
l’isle des Mauvais, cap Rouge, coste Blanche, B. Platte, C. de 
Chille, coste des Patagons, R. des Géans... » n’ont rien d’assez 
caractéristique pour qu’on puisse en indiquer l’origine. 

Il en est tout autrement des côtes de l’Atlantique, et bien que 
la forme du rio de la Plata dérive de Descelliers, des additions 
importantes, comme « baie des Anges, Villegaillaon, Jenève... », 
montrent que l’on avait gardé en France le souvenir de l’éphé¬ 
mère France antarctique créée par Villegagnon. 

De la côte orientale de l’Amérique du Sud, les abords de 
La Plata et la partie du Brésil à l’ouest de la « coste des Cani- 
balles » figurent seuls dans la carte de Jacques de Vaulx qui, je 
l’ai dit, est mutilée. La partie proéminente du Brésil se trouvait 
sur la seconde feuille du planisphère, formant diptyque, et que 
nous ne possédons pas. Jacques de Vaulx ne s’est point inspiré 
de la carte exécutée en 1579 par Jacques de Vau de Claye. Rien 
de ces détails pittoresques dont son homonyme dieppois a émaillé 
le littoral : « En ceste rivière, se faict des canifistules, — le cap 
à l’Anglois est terre rouge, — ce petit illet semble d’une barque 
à la voyle, — ycy ce trouve de l’ambre gris 1 . » Mais la nomen¬ 
clature de notre Havrais est beaucoup plus riche que celle du 
Dieppois. Toujours apparentée à celle de Descelliers, elle est 
plus documentée et donnerait peut-être par ses vocables nou¬ 
veaux, € terre platte, rivière de corailj coste verte, coste des 
bois, rivière douce, rivière basse, terre blanche... », la sensation 
d’une description de visu. 

Telle quelle, elle inspira du moins à l’amiral l’idée de con¬ 
fier au cartographe l’exploration de la région des Amazones 2 . Et 
c’est à cette mission, donnée le 20 novembre 1584 à Jacques de 
Vaulx, qu’on peut faire remonter nos projets de colonisation 
dans l’Eldorado de Raleigh, c’est-à-dire en Guyane. 

Ch. de La Roncière. 

1. Bibl. nat., Géographie, C. 15931. 

2. Cf. plus haut, p. 591. 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE 


Commentaire anonyme sur Prudence, d'après le manuscrit 413 
de Valenciennes, par John M. Burnam, professeur à l’Université 
de Cincinnati. Paris, Picard, 1910. ln-8°. 

M. J. Burnam vient de publier, d’après un manuscrit du X* siècle 
qui provient du monastère de Saint-Amand et qui se trouve aujour¬ 
d’hui à la bibliothèque de Valenciennes, un commentaire anonyme de 
l’œuvre de Prudence qui ne peut manquer d’intéresser les philologues. 
M. Burnam se réserve de faire paraître plus tard une discussion 
détaillée du manuscrit et il se contente pour le moment de noter que 
« ce livre a été copié sur un archétype en demi-onciale hiberno* 
saxonne ou insulaire par un scribe bas-allemand ou néerlandais, et 
que l’ouvrage doit être attribué à Remi d’Auxerre ». 

Toutefois, remarquons-le, en attendant une « discussion détaillée », 
il n’aurait pas été inutile de donner, dans une introduction un peu 
plus étendue que la préface de M. Burnam, quelques notions prélimi¬ 
naires sur le commentaire et sur le manuscrit qui auraient mis le lec¬ 
teur à même de mieux apprécier l’intérêt de la publication. 

Le commentaire anonyme s’étend à toute l’œuvre de Prudence; il 
contient, avec des remarques grammaticales et étymologiques, des 
indications historiques et géographiques et aussi de courtes notices 
théologiques. L’auteur explique quelque part très brièvement ce qu’est 
le marcionisme, ailleurs il réfute le manichéisme. Le commenta- 

_ J» 

teur a une connaissance approfondie de l’Ecriture et des Pères dont 
il fait un usage constant ; la littérature latine classique lui est assez 
familière puisqu’il donne à plusieurs reprises des vers de Virgile et 
d’Horace et qu’il cite à tout propos Cicéron, Salluste, Ovide, Juvénal, 
Lucain. Non moins que chez beaucoup d’autres écrivains de la même 
époque, Isidore de Séville jouit, auprès de notre commentateur, d’un 
crédit considérable, ainsi que l’on en peut juger par l’emploi fait des 
Étymologies. 

M. Burnam a enrichi la publication du commentaire anonyme d’un 
précieux appendice qui facilite singulièrement l’étude des sources. A 
la suite de cet appendice, M. Burnam a relevé un certain nombre de 
mots nouveaux altérés ou forgés par l’auteur lui-même : tels qu’tn- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 603 

bonus , fabriqué tout exprès pour expliquer « immanis », consermo- 
cinatio qui est la traduction du grec ovXXoywt6<. 

Une table des vocabula rariora, un index graecus et un index 
latinus achèvent de rendre facilement utilisable aux érudits la publi¬ 
cation du commentaire. 

Nous nous permettrons cependant de faire observer que, sans doute 
par suite de fautes d’impression, l’appendice contient un nombre 
relativement assez considérable de références inexactes : c’est ainsi, 
par exemple (p. 241, v. 747), qu’il faudrait lire Is. Or., XIII, 18, 5 et 
non pas XIII, 8, 5 et que (p. 234, v. 172; p. 235, v. 68) nous ne trou¬ 
vons dans l’ouvrage d'Isidore de Séville aucune des références indi¬ 
quées. 

Il nous semblerait aussi préférable de ne pas employer la même 
abréviation Ps pour signifier deux ouvrages différents : Psalmi et 
Psychomachia. Nous nous demandons enfin s’il ne serait pas plus 
logique, puisque le mot (ll)ierusalem est placé dans l'index latinus, 
sous la lettre H, de ranger aussi le mot ( I)scarioth sous la lettre / 
plutôt que sous la lettre S. 

Emm. Flicoteaux. 

P. Gautier. Étude sur un diplôme de Robert le Pieux pour 
l’abbaye de Saint-Bénigne de Dijon. Paris, Champion, 1909. 
In*8°, 60 pages, 4 fac-similés. (Extrait du Moyen-Age, juillet- 
août 1909, 2 e série, t. XIII.) 

M. P. Gautier vient d’étudier dans une très bonne dissertation un acte 
de Robert le Pieux pour Saint-Bénigne de Dijon conservé en original 
aux archives de la Côte-d’Or sous la cote H'2, n° 14. Ce diplôme du 
25 janvier 1015 confirme les possessions de l’abbaye. M. Pfister le tient 
pour faux, M. Prou comme suspect, M. Petit comme authentique et 
M. Soehnée, réservant son opinion, semble abonder dans le sens de 
M. Petit. L’objet de la savante discussion de M. Gautier est de prou¬ 
ver que ce diplôme est faux. Son raisonnement est très serré, bien 
conduit, appuyé sur une connaissance approfondie de toutes les 
sources de la région à laquelle il a trait; c’est, sans aucun doute, un 
travail excellent, plein d’aperçus sagaces et d’observations très fines, 
d’une grande conscience et de main de bon ouvrier 1 . Les preuves 


1. H. Gautier cite peut-être trop le Recueil des historiens de France qui est 
commode mais qui ne fait souvent pour les diplômes que de reproduire des édi¬ 
tions antérieures auxquelles il est de meilleure méthode de renvoyer. A plus 
forte raison ne doit-on pas citer (p. 235, n. 1) un acte inséré dans la chronique 
d’Hariulf d’après ledit Recueil alors que M. Lot en a donné un texte critique dans 
son édition de cette chronique. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



604 


BIBLIOGRAPHIE. 


sont établies avec tout le soin dont le Recueil des actes de Phi¬ 
lippe /' r nous donne l’exemple 1 2 * 4 . Je souhaiterais peut-être que la 
dissertation fut un peu plus concise et rapide, qu’elle prit moins soin 
de reprendre et de résumer et qu’elle n’eût pas l’allure un peu didac¬ 
tique à laquelle notre besoin de clarté nous entraîne souvent. Le gros 
défaut de cette brochure vient de ce que l’auteur n’est pas assez imbu 
de la doctrine de Ficker, ce en quoi il n’est pas plus coupable que la 
plupart des diplomatistes français. Faute de connaître des résultats 
depuis longtemps produits, vérifiés et précisés en Allemagne, mais qui 
ne sont pas encore vulgarisés chez nous*, M. Gautier, comme M. Pfis- 
ter, s’est étonné que des témoins fussent portés dans un acte de 1015 
avec des titres dont ils n’ont joui que postérieurement. Il en a conclu 
qu’il était en présence d’un faux et, partant de cet a priori , son esprit 
prévenu a découvert de nouvelles irrégularités corroborant sa conclu¬ 
sion initiale, au mépris de la logique et môme des faits. Nous examine¬ 
rons ses arguments dans l’ordre où il les a produits et, grâce à l’excel¬ 
lente facture du travail, nous y trouverons les preuves qui nous sont 
nécessaires dans un sujet qui nous est absolument étranger par son 
côté local. 

L’acte examiné ne saurait, dit-on, être un original, car primitivement 
il n’était pas scellé. Le parchemin n’a pas été incisé. Un sceau a 
pourtant été plaqué puisqu’il reste des morceaux de cire et a-t-on 
bien examiné le parchemin « sous sa forte couche de colle »? La pho¬ 
tographie semble bien révéler deux petites incisions transversales 
parallèles; mais, quand bien môme il n’y aurait pas d’incision, qu’en 
peut conclure M. Gautier, puisqu’il signale aux Archives nationales 
(K 18, n° 3 a ) un diplôme scellé sans incision qu’il ne suspecte pas? Il 
objectera que ce diplôme n’est qu’une copie contemporaine de l’acte 
vraiment original (K 18, n° 3). Mais on ne scelle pas une copie, ou 
alors elle devient elle-même un original. Pourquoi ne pas admettre 

1. Peut-être laisse-t-elle encore quelques desiderata. Il serait souhaitable qu'on 
reproduisit en italiques les lettres abrégées restituées et que la ponctuation 
ancienne fût gardée. Ce sont U des éléments de critique A notre avis plus impor¬ 
tants que l’indication de la coupure des lignes. La reproduction des abréviations 
et de la ponctuation des actes doit servir à l’étude du latin diplomatique. On sait, 
en outre, que les abbayes avaient des écoles où s’enseignaient des façons originales 
et traditionnelles d'écrire qu’il est bon de dégager pour déterminer si les chartes 
proviennent de l’auteur ou du destinataire. M. Lot, dan6 son Hugues Capet 
(p. 424), applique en partie la méthode que nous préconisons. C'est bien le moins 
d'ailleurs de décrire un diplôme du haut moyen âge avec la même rigueur qu’un 
incunable. 

2. Le Manuel de Giry est à cet égard insuffisant. Son chapitre vu (liv. IV, 

| 1) est un exposé bien fruste. Les Allemands nous reprochent avec raison de 
demeurer obstinément dans la tradition bénédictine ; la gloire de Mabillon nous 

paralyse. 


v 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


605 


deux originaux d’un même acte? On convient que l'écriture est 
bien du temps de Robert. M. Gautier observe très justement que 
le scribe change après l’annonce du sceau, mais de ce fait capital, 
et qui est la clef des anomalies qu’il va rencontrer, il ne conclut rien. 
Retenons au passage la Fine remarque d’après laquelle une mention 
d'archiviste au dos de la charte semble de la même main que la pre¬ 
mière ligne du diplôme et laisse supposer que celui-ci émane d'un 
moine de Saint-Bénigne, admettons cette hypothèse que l’auteur nous 
concédera volontiers et passons avec lui à l'étude interne du document. 

Nous examinerons les formules uniques qui sont employées dans le 
diplôme, les singularités. L’invocation est de celles-ci. Qu’en peut-on 
conclure? M. Pfister (Robert le Pieux, p. xxv) signale de nombreuses 
invocations uniques ; admettra-t-on que partout où elles se rencontrent 
il y a eu faux? Le même érudit signale d’ailleurs une expression bien 
voisine de l'invocation incriminée : « Consistentis in unitate deitatis, 
etc. » Si le préambule implique l’œuvre d’un moine, on nous accor¬ 
dera qu’il n’y a rien que de très naturel dans l’hypothèse où l’acte 
émane du destinataire. L’absence de notification parmi les actes de 
Robert, M. Gautier l’avoue, a deux autres exemples, et il est matériel¬ 
lement inexact de dire que la narration suit sans liaison le préam¬ 
bule, puisqu'elle commence par « his itaque ». Avouons que l’amende 
est insolite et que 100 livres seraient plus ordinaires que 1,000; mais 
de l'amende de 600 sous relevée par M. Gautier à celle de notre 
diplôme l'écart est bien moindre que celui que l’on trouve dans les 
divers actes de Robert (20 à 600). Le mot d’aprochrisiarius ne se 
rencontre que dans ce diplôme de Robert, mais les expressions plus 
bizarres de chartigraphus ou de signator relevées par M. Pfister 
sont aussi uniques. D’ailleurs, M. Gautier s’était interdit les argu¬ 
ments de ce genre en avouant qu’il ne pouvait considérer comme 
suspectes les formules qu’il ne retrouverait dans aucun autre des 
diplômes de Robert. Nous ne sommes pas d’accord avec l’auteur sur 
l’interprétation du tune temporis. M. Gautier prétend que cette 
expression signifie seulement que le personnage devant le titre duquel 
elle est placée était présent au moment de la donation. Mais tous les 
témoins sont dans ce cas et il n’y a pas lieu dans l'acte examiné en 
particulier de distinguer de cette façon les souscriptions de Henri, duc 
de Bourgogne, et de Guillaume, abbé de Saint-Bénigne. Si ces deux 
personnages ont été l’objet d’une désignation particulière, c'est que 
leur titre avait changé entre l’acte juridique et l’expédition du 
diplôme 4 . Nous reviendrons plus loin sur cette question. Les syn- 

1. D'ailleurs, de nombreux exemples confirment le sens de tune temporis tel 
que tout le monde l'entend ordinairement. Cf. entre autres une charte de Raoul, 
doyen d’Amiens, de 1167 (Cartvlaire du chapitre d'Amiens, t. I, p. 64, n*44); 
parmi les témoins : Theobaldus episcopus tune temporis arthidîaeonus . 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



606 


BIBLIOGRAPHIE. 


chronismes sont exacts pour le 25 janvier 1015, il ne faut donc pas dire 
plus loin que les éléments de la date ne concordent pas. 

Nous arrivons maintenant à l'étude des souscriptions sur lesquelles 
M. Gautier a fait porter son principal effort. Voyons seulement celles 
dont on a tiré argument. La souscription de la reine Constance, dit-on, 
n’apparait que dans des diplômes de 1022 à 1031 (mais son mariage 
avec le roi Robert remonte à 1005 ou 1006, elle a très bien pu assister 
à la confirmation faite en 1015). Henri n'apparaît comme duc de Bour¬ 
gogne qu’en 1026 (mais il n'est pas impossible qu’il ait eu ce titre en 
1015, il avait alors sept ans, et il n'est pas plus bizarre d’étre duc à 
cet âge que d’être roi à dix ans comme son frère Hugues). Lambert 
ne serait devenu évêque de Langres qu’au début de 1016 (mais le 
diplôme de Robert pourrait n’être que de janvier 1016 ; d’ailleurs la 
date de l’avènement de Lambert n’est pas fermement établie, M. Gau¬ 
tier a affaire à de multiples textes contradictoires, ce qui s'explique 
sans doute par l'emploi de styles différents). Il est incontestable que 
Béraud n’a été évêque de Soissons qu’en 1019, que Girart n’était pas 
encore archidiacre en 1015, que Renaud ne fut comte de Nevers qu’en 
1028, que Baudoin ne souscrivait pas encore les diplômes royaux 
en 1015. 

Reprenons maintenant les conclusions de M. Gautier et voyons ce 
qu’il en reste après notre examen. Le diplôme incriminé peut être 
original, il est l’œuvre d’un moine de Saint-Bénigne, la rédaction 
n’en est pas plus singulière que celle d’un bon nombre d’actes authen¬ 
tiques de Robert. Les éléments de la date concordent. Il n’a été nulle 
part démontré qu’aucun témoin fut mort en 1015, ce qui serait décisif; 
ce qui est simplement prouvé, c’est qu’en 1015 certains témoins ne jouis¬ 
saient pas de leur titre. Qu’y a-t-il d’anormal à cela? Rendons-nous 
compte de la genèse de notre acte et nous verrons que tout s’est passé 
très régulièrement. En janvier 1015, le roi a fait la confirmation relatée 
dans l'acte devant les personnages plus tard portés témoins, il n’est 
pas prouvé qu’il ne put pas être à Dijon ce jour-là et Guillaume, abbé 
de Saint-Bénigne, pouvait alors, de l’aveu de M. Gautier, être revenu 
de Rome, d'ailleurs le nom du lieu peut être celui de l'expédition ou 
plus proprement du scellement, et non celui de l’acte juridique, et 
il n’est pas sur que celui-ci ait eu lieu à Dijon. On n’a pas fini de dis¬ 
cuter sur le sens de la date carolingienne sous data et actum. Les 
moines sont partis, emportant probablement un memoriale, un pro¬ 
cès-verbal de ce qui s’était passé avec le nom des témoins. Leur pri¬ 
vilège était dès lors juridiquement complet et défendu; il n’y avait 
pas péril en la demeure; éventuellement, les témoins seraient venus 
empêcher toute action contraire. Cependant, ceux-ci commençaient 
à mourir, il était prudent de se faire délivrer un acte scellé, 
un témoignage permanent. Les moines ont donc rédigé un acte 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGEAPHIB. 


607 


qu’ils ont copié jusqu’à la formule de récognition. Ils devaient s’ar¬ 
rêter là parce que c’était la place du monogramme et du sceau. Ils 
ont présenté alors leur acte à la reconnaissance, au contrôle du chan¬ 
celier Beaudoin qui, l’ayant approuvé ( laudavil ), l’a fait sceller et y a 
fait ajouter les noms des témoins. Parmi ceux-ci, plusieurs avaient 
obtenu depuis 1015 des fonctions nouvelles, on leur a donné leur titre 
le plus récent, le plus honorifique, sans se préoccuper s’ils le portaient 
le jour où ils furent témoins. La date où le scellement eut lieu importe 
peu à notre raisonnement, nous pouvons pourtant approximati¬ 
vement la fixer, grâce aux dates soigneusement établies par M. Gau¬ 
tier et que nous avons reproduites plus haut. Elle ne saurait être 
antérieure au 11 mai 1028, année où Renaud devint comte de Nevers, 
et il est probable qu'elle a eu lieu aux environs de 1031, comme 
le prétend un historien bourguignon aussi compétent que M. Petit, 
dont nous regrettons de ne pas pouvoir connaître la dissertation 4 . La 
retraite de l'abbé Guillaume expliquerait le tune placé dans sa sous¬ 
cription, comme le sacre de Henri comme roi de France, en 1027, 
explique le tune qui accompagne également son titre de duc. M. Gau¬ 
tier dit bien (p. 243) qu'Adalbéron Ascelin, évêque de Laon, siégea du 
l* r avril 977 au 27 janvier 1030 et que cela détruit l’argument de 
M. Petit. Mais par malheur il n’y a aucune référence à cette date du 
27 janvier 1030, et je crois bien qu’elle est prise dans la Gallia chri - 
stiana (t. XI, col. 522), qui donne le quantième d'après un nécrologe et 
dit simplement adhuc superstes anno 1030 , et le successeur d’Adalbé- 
ron, Gebuin, n’apparait qu’en 1047, d’après le même ouvrage. 

Le diplôme de Robert est donc authentique. Cette conclusion aurait 
évité à M. Gautier l’invraisemblance d’admettre une dualité dans ce 
diplôme et celui dont la chronique de Saint-Bénigne donne une ana¬ 
lyse portant la même date, les mêmes noms des villages dont les droits 
de garde sont abandonnés par le roi, les mêmes témoins, et d'infirmer 
l'acte analysé par la chronique comme le diplôme subsistant. A la 
vérité, l’analyse de la chronique de Saint-Bénigne est assez inexacte 
par certains côtés, mais on n’en peut conclure que le manque de soin 
de son auteur. On ne peut sérieusement admettre deux faux de la 
même date pour le même objet. Reste à expliquer les rapports évi¬ 
dents qu’il y a entre le diplôme de Robert le Pieux et d'autres actes et 
d’abord avec une bulle fausse de Serge I er en ce qui concerne le tor¬ 
rent de Suzon. Mais rien n'est plus facile à admettre que le faussaire 
qui fit la bulle de Serge I er ait emprunté cette phrase au diplôme de 

1. L’intervalle de seize ans entre Ynctio et le recognitio n'a rien de bien extra¬ 
ordinaire. Cf. Cartulaire du chapitre dAmiens, t. I, p. 70, n* 51, dans un acte 
de Thibaut, évêque d’Amiens : Actum est hoc anno MCLXllI ... anno autern 
M C LXX1I in presentia nostra recognitum et conftrmatum. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



608 


BIBLIOGRAPHIE. 


Robert. Il est, en effet, probable que les bulles de Serge I ar et de 
Jean V furent forgées à propos de la querelle relative au cimetière de 
Saint-Bénigne des années 1031 et 1033, elles ont pu alors faire des 
emprunts au diplôme authentique de Robert qui, lui, ne fait aucune 
mention du cimetière, cause des faux. Il ne fait, en somme, que déli¬ 
miter le bourg que Charles le Chauve avait donné à Saint-Bénigne. 
Mais, objecte-t-on, il est conçu dans les mêmes termes que diverses 
interpolations que l’on rencontre dans la copie insérée dans le Cartu- 
laire de Saint-Bénigne (fin du xi* siècle) d’un acte de Charles le Chauve 
et d’un autre du roi Raoul. Là encore il est aisé de supposer que l’in- 
terpolateur a emprunté la phrase commune au diplôme authentique 
de 1015. Le scribe du Cartulaire a ajouté dans la transcription des actes 
de Charles le Chauve et Raoul une phrase du diplôme de Robert, 
comme il a ajouté dans la copie de ce même diplôme de Robert 
un membre de phrase emprunté au diplôme de Charles le Chauve. En 
transcrivant, il glosait et ajoutait les renseignements qu’il tenait par 
ailleurs. Rien d’étonnant à ce que, en 1066, on ait fait mention dans le 
procès-verbal de l’assemblée de Bèze du diplôme de 1015, il y a été 
produit, mais non parmi les pièces fausses. 

Nous croyons donc que le diplôme de Robert le Pieux du 25 janvier 
1015 est un acte authentique, que la chronique de Saint-Bénigne en 
fait mention et qu’il a servi à la fabrication de la bulle de Serge I er , aux 
interpolations du Cartulaire de Saint-Bénigne et au règlement de la 
querelle terminée en 1066 dans l’assemblée de Bèze. On pouvait s’en 
douter a priori, à l’examen de l'original. Si une telle pièce est fausse, 
c’est un faux très savant, et par les fausses bulles qu'ils ont fabri¬ 
quées les moines de Saint-Bénigne n’ont pas fait preuve d’habileté. 
M. Gautier n’a rien prouvé, mais il a certainement fait un travail 
intelligent et utile. Nous ne doutons pas qu’il n’ait d’excellents argu¬ 
ments à nous opposer et notre critique lui semblera sans doute mal 
étayée ; il se peut qu’elle soit fausse, mais n’aurait-elle fait que l'ame¬ 
ner à certaines précisions et surtout à certaines renonciations qu’elle 
n’aurait pas été vaine. 

Cl. Brunel. 


Histoire du comté du Maine pendant le X e et le XI* siècle, par 
Robert Latouche. Paris, H. Champion, 1910. In-8°, vin- 
215 p., plan. (Bibliothèque de l'École des Hautes-Études, 
fasc. CLXXXIII.) 

« L’objet que nous nous sommes proposé, déclare M. Latouche au 
début de son livre, n’a été ni de composer un récit annalistique de l’his¬ 
toire du Maine pendant deux siècles, ni de retracer la biographie des 
comtes qui ont gouverné ce pays. » L’auteur a voulu étudier la forma- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


609 


tioo du comté du Maine, montrer comment un pagus est devenu un fief. 
C’est en quoi son ouvrage, qui se rattache à une conception de plus 
en plus répandue de l’histoire provinciale, est intéressant pour tous 
ceux qui s’occupent des institutions du moyen âge et touche même à 
l'histoire générale. 

Après un aperçu sur les sources narratives et diplomatiques, 
M. Latouche étudie le duché du Maine et le Maine au ix a siècle, puis 
les premiers comtes du x*, et dit la façon dont ceux-ci usurpèrent les 
droits régaliens; il rappelle la carrière du célèbre Herbert Éveille- 
Chien. Le chapitre suivant retrace le conflit de l’influence normande 
et de l’influence angevine sur le comté durant la seconde moitié du 
XI e siècle. L’Anjou l’emporte définitivement au siècle suivant. M. La¬ 
touche analyse l’organisation administrative et féodale du comté et 
des seigneuries qui en dépendent, dit quelques mots du rôle des 
évêques du Mans, ainsi que du développement de la ville et de la 
population urbaine. Il ajoute à son travail de nombreux appendices, 
où il étudie plusieurs catégories d'actes suspects, et débrouille des 
questions de chronologie et de généalogie plus ou moins obscures, 
comme celle des descendants d’Herbert Éveille-Chien ou celle des 
premiers vicomtes du Maine. Un catalogue d’actes, des pièces justifi¬ 
catives et une table alphabétique complètent le volume. , 

M. Latouche connaît parfaitement son sujet, sa critique est très 
pénétrante et son exposé très clair. On pourra regretter seulement 
qu’il l'ait allégé outre mesure : il suppose connus à peu près tous les 
faits et n’y fait guère que des renvois ou des allusions. Dans bien des 
cas, un récit eût été le bienvenu, et de plus fréquentes citations des 
textes narratifs auraient bien trouvé leur place dans ce volume, qui 
n’a que le tort d’être trop court. En étoffant un peu son étude, l’au¬ 
teur aurait probablement trouvé le moyen d'élargir aussi ses conclu¬ 
sions et d'appuyer sur certains points qui sont à peine traités : les 
rapports du comte et du roi, par exemple. 

M. Latouche, qui est généralement fort aimable pour ses contem¬ 
porains, a quelquefois des jugements dépourvus de ménagements sur 
ses devanciers ; était-ce toujours bien nécessaire ? 

Léonce Celier. 

Les écoles et l’enseignement de la théologie pendant la pre¬ 
mière moitié du XII * siècle , par G. Robert. Paris, J. Gabalda 
et C le , 1909. In-8°, xvi-249 pages. 

Ce livre est le résumé de mûres réflexions sur les causes, le déve¬ 
loppement et les résultats de la renaissance intellectuelle qui a mar¬ 
qué la première moitié du xn* siècle. L’auteur a lu les œuvres des 
poètes, des théologiens et des philosophes qui ont absorbé l’attention 

1910 39 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



610 


BIBLIOGRAPHIE. 


des étudiants et occupé les chaires les plus renommées. Abélard l’a 
retenu plus longtemps que les autres parce qu’il a trouvé dans les 
goûts et les œuvres de ce personnage la synthèse des connaissances 
et des aspirations de ses contemporains, le professeur le plus célèbre 
et le représentant du mouvement intellectuel de son temps. « Jamais 
l’importance de la vie scolaire, dit M. Robert, n’a été aussi grande 
qu'au moyen âge. » Ce fait s'explique par la rareté des manuscrits et 
des livres. Toute science se transmet oralement, il faut donc étudier 
les institutions scolaires pour se rendre compte de la formation des 
idées au xn e siècle et s’expliquer la mentalité de cette génération. 

Le cadre était bien vaste. L’auteur se borne à rechercher comment 
l’enseignement théologique a pris naissance sous l’influence des usages 
scolaires appliqués à l’étude des autres connaissances, et pour atteindre 
son but il explore dans tous ses recoins l’histoire de nos écoles épis¬ 
copales et monastiques, celles qui ont formé Hugues de Saint-Victor, 
Jean de Salisbury, Hildebert de Lavardin, Guillaume de Champeaux 
et Abélard. Nature, organisation, nombre des écoles, méthodes d'en¬ 
seignement, extension de l'instruction, telles sont les matières qui 
remplissent la première partie de l’ouvrage. 

Les écoles de Paris étaient les plus célèbres, elles dépassent celles 
des villes de Chartres, d’Orléans, de Melun, de Laon, de Meung, qui 
pourtant sont très vivantes, c’est donc là qu’il faut recueillir des obser¬ 
vations. De discipline générale, il n'en faut pas chercher : on constate 
seulement que la licentia docendi est octroyée par l'évêque et que, 
suivant l'opinion, elle doit être gratuite. Une fois en possession de 
leur titre, les professeurs ne se gênent pas pour vendre très cher leurs 
leçons. Hugues de Chartres, de son propre aveu, avait amassé de 
grosses sommes en enseignant. Quant au sort des étudiants, il ne 
parait pas qu'ils se soient groupés en corporations pour défendre leurs 
intérêts ou assurer leur bien-être. 

Si nous jugions des méthodes suivies par les professeurs d’après les 
critiques que nous relevons dans leurs ouvrages, nous aurions une 
triste idée de leur valeur pédagogique. Adam du Petit-Pont était 
obscur dans l'explication d'Aristote, il l’était de parti pris, prétendant 
que c’était le seul moyen d’avoir des auditeurs. D’autres mêlaient 
tout, confondaient tout. « Ils ne savent pas, dit Hugues de Saint- 
Victor, ce qui appartient à chaque science, à propos de n’importe 
quoi, ils parlent de tout. » 

Néanmoins, les intelligences se développèrent au milieu de ce 
désordre apparent en se passionnant les unes pour le problème des 
universaux, les autres pour la dialectique ou bien encore pour la poé¬ 
sie ou la philosophie. Les esprits s’aiguisèrent en disputant sur une 
foule de questions comme celles de la culture des lettres profanes, de 
la longueur des études, de la connaissance des Écritures, de la pré- 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 611 

dominance de la théologie sur les autres sciences, de l’utilité des arts 
libéraux. 

La deuxième partie de la thèse de M. Robert est consacrée à l’exa¬ 
men des moyens employés dans l’étude et l’explication des Écritures 
et à l’énumération des auteurs qui ont joué le rôle de commentateur 
ou essayé de composer des traités. Son exposé nous montre claire¬ 
ment qu’Abélard fut le créateur de la méthode de la théologie scho¬ 
lastique et l’introducteur de la dialectique dans l'enseignement de la 
théologie. Il considère cet éminent professeur comme le précurseur 
de l'Université de Paris et fait ressortir la valeur de son enseigne¬ 
ment, mais non sans faire de justes réserves. Abélard est un profes¬ 
seur émérite plutôt qu’un puissant génie, il n'a pas toujours su faire 
un bon usage de l'instrument qu'il avait entre les mains. Pas plus que 
ses contemporains, il n’avait de notions précises sur les rapports de 
la raison et de la foi. Il faudra l’intervention d’un saint Thomas 
d’Aquin pour perfectionner l'instrument et élever le magnifique monu¬ 
ment qui porte son nom. 

L’ouvrage se termine par un appendice dans lequel M. Robert passe 
en revue avec un grand sens critique et beaucoup d’érudition les 
divers ouvrages attribués à Abélard. C'est un excellent appendice qui 
rendra grand service aux étudiants. 

L. M. 

Les Miracles de Notre-Dame de Rocamadour au XII • siècle. 
Texte et traduction, avec une introduction, des notes histo¬ 
riques et géographiques, par Edmond Albe, chanoine honoraire 
de Cahors, ancien chapelain de Saint -Louis-des- Français à 
Rome; avec une vue de Rocamadour et plusieurs miniatures... 
dessinées par M. E. Rupin. Paris, H. Champion, 1907. In-8°, 
337 pages. 

La Bibliothèque de l'École des chartes a publié en septembre 1855 
une notice sur le recueil des Miracles de Notre-Dame de Rocama¬ 
dour , rédigé en 1172, qu'avait bien voulu m’indiquer M. Lacabane, le 

# 

savant directeur de notre Ecole, alors que je cherchais un sujet pour 
l’article que nos règlements exigeaient jadis de tout candidat au titre 
de membre de la Société de l’École des chartes. Quelques lecteurs, il 
m’en souvient, avaient estimé que l’intérêt du recueil justifiait assez 
peu tant l’étendue de la notice où je m'étais proposé d’identifier les 
principaux pèlerins de Rocamadour aux approches de l’année 1172 
que celle des extraits dont je l’avais fait suivre; peut-être n’avaient- 
ils pas tort. Tout au contraire, après avoir lu dans une revue locale 
ces mêmes extraits que l’on y avait réimprimés, les érudits du Quercy, 
ainsi que l'historien de Rocamadour, M. Rupin, souhaitèrent la publi¬ 
cation complète du recueil. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



612 


BIBLIOGRAPHIE. 


Trois savants se sont successivement proposé de leur donner 
satisfaction. La mort interrompit le travail du premier, M. l’abbé 
Bouillet, et tandis que M. l’abbé Ulysse Chevalier reprenait le même 
projet de publication, M. l’abbé Albe, qui l’ignorait, faisait paraître le 
volume que nous annonçons tardivement. 

M. l’abbé Albe a reproduit le texte du meilleur des trois manuscrits 
que possède la Bibliothèque nationale (fonds latin n° 16565), manus¬ 
crit que je n'avais connu qu’à la dernière heure et que j’avais insuffi¬ 
samment utilisé, comme l’a justement constaté le nouvel éditeur. A 
côté d’erreurs auxquelles m'avait exposé un texte défectueux et dont la 
plus grave est un singulier contresens dû à l’altération, dans l’un des 
manuscrits, du nom d’un gardien de l’église, M. l’abbé Albe en a cour¬ 
toisement et judicieusement relevé quelques autres, pour lesquelles il 
ne pourrait être invoqué de circonstances atténuantes : je noterais au 
bas de cette page les unes et les autres si un errata attardé de cin¬ 
quante-cinq ans pouvait offrir le moindre intérêt. Ceux de nos sous¬ 
cripteurs de 1855 qui lisent aujourd'hui la Bibliothèque ont assurément 
oublié qu’il y fut jadis question des miracles de Rocamadour, et c’est 
exclusivement à la publication de M. Albe que devra recourir désor¬ 
mais quiconque aura le désir de parcourir les pieuses historiettes 
enregistrées à Rocamadour par un anonyme. 

Dans l'introduction de soixante pages que M. Albe a placée en tète 
des Miracles de Rocamadour, il en est que M. Lacabane, auquel 
était si familière l’histoire du Quercy, eût lues avec une satisfac¬ 
tion particulière, celles, par exemple, où est discutée et écartée la 
légende de Zachée, qui avait été insérée en 1823 dans un bréviaire de 
Cahors. 

Au cours de l’annotation, où il identifie un certain nombre de pèle¬ 
rins, page 196, M. l'abbé Albe propose, avec de prudentes réserves 
d'ailleurs, d’insérer sur la liste des archevêques d’Arles, entre les 
années 1160 et 1164, le nom de Manassès cité dans l'un des miracles. 

L’Académie des inscriptions à décerné en 1908 une mention hono¬ 
rable au recueil des Miracles de Rocamadour. 

G. S. 

L.-H. Labande. Recueil des lettres de l’empereur Charles - 
Quint conservées dans les archives du palais de Monaco. 
Monaco, 1910. In-4°, xvm-136 pages, 4 fac-similés. 

Cette publication de M. Labande est remarquable. On éprouve une 
surprise rare à trouver des textes du xvi* siècle entourés d'un appareil 
critique aussi soigné. 

L'Introduction comprend, avec quelques notes historiques, une par¬ 
tie tout à fait neuve sur les usages de la chancellerie et la diploma- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


613 


tique de Ch&rles-Quiut. M. L&bande est, croyons-nous, le premier 
érudit français qui publie une étude sérieuse sur ces questions. Jus¬ 
qu’aujourd'hui, les textes de cette période n'ont guère donné lieu qu’à 
des travaux de critique interne. 

Les lettres de Charles-Quint qui forment ce recueil sont au nombre 
de soixante-huit, la plupart inédites : elles intéressent l’histoire des 
années 1524 (24 juin) à 1548 (31 janvier). Les destinataires sont 
Augustin Grimaldi, Honoré I* r Grimaldi, Nicolas Grimaldi, Étienne 
Grimaldi, Don Martin Cabrera, le commandeur Icart, Don Pedro de 
Tolède, vice-roi de Naples, le commandeur Gomez-Juarez de Figue- 
roa, le marquis del Vasto et le vice-roi de Sicile. 

Cette correspondance est d’une grande valeur pour l’étude de la 
politique de François I er en Italie et dans la Méditerranée. 

Une table substantielle termine ce luxueux volume, qu’il convient 
de citer comme un modèle d’édition. 

Lucien Rom i En. 

Lettres de Catherine de Médicis, publ. par le comte Baguenault 
de Puchessb. T. X : Supplément. Paris, 1909. In-4°, 
xv-663 pages. (Collection de documents inédits.) 

Grâce à la diligence de M. Baguenault de Puchesse, la grande édi¬ 
tion des lettres de Catherine de Médicis touche à son terme. 

Quelques critiques qu'on ait pu faire justement aux premiers 
volumes de cette œuvre, il convient de reconnaître la constance et 
l’activité des éditeurs, de M. de la Ferrière d’abord et plus encore de 
son successeur. On peut dire que par le nombre, la dispersion, les dif¬ 
ficultés de lecture et d'interprétation des documents, comme aussi par 
l’étendue de l’information qu'exigeait le commentaire, aucune entre¬ 
prise n’offrait plus de difficultés. Son achèvement seul est un mérite 
rare. Aussi serait-il puéril de reprocher aux éditeurs de cette correspon¬ 
dance, qui embrasse plus d’un demi-Biècle de l’histoire d’Europe, les 
erreurs, forcément assez nombreuses, qu’ils ont pu commettre. Ce 
recueil est depuis longtemps déjà et demeurera la base des études sur 
l’histoire de la seconde moitié du xvi* siècle. Seulement, on ne doit 
s’en servir qu’avec critique. 

La moisson qu’apporte M. Baguenault de Puchesse dans ce tome de 
supplément est riche : on y trouve près de 900 lettres nouvelles, sui¬ 
vies de pièces justificatives fort intéressantes. De plus, on a réédité 
quelques lettres que M. de la Ferrière avait déjà publiées d'une façon 
défectueuse. Il n'est que juste de rendre hommage à la perspicacité de 
l’éditeur. Ce supplément embrasse la période de 1537 à 1587. Malheu¬ 
reusement, la plupart des lettres écrites sous les règnes de François I* r 
et de Henri II demeurent toujours perdues : on n’a pu même retrou- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MIC jiüt \l 


614 


BIBLIOGRAPHIE. 


ver la centaine de lettres, dont Charles de Beaurepaire, dans sa 
Notice sur un compte de l’écurie de Catherine de Mêdicis , avait 
prouvé l'existence, pour l’année 1558. Mais, à partir de 1560,1a collec¬ 
tion s’est enrichie de pièces nombreuses et importantes. 

Comme dans les volumes précédents, le principal défaut est l’insuf¬ 
fisance de Yapparatus. Les parties en original, en copie ou en auto¬ 
graphe n’ont pas été très soigneusement indiquées. De même, les 
références sont souvent très vagues. Par exemple, pour les références 
d’archives, que veut dire : Archives de Turin? Il y a à Turin au 
moins quatre ou cinq dépôts publics avec des séries fort nombreuses. 
La référence précise est, si nous ne nous trompons : Arch. di Stato 
di Torino, Lettere principi, Francia, mazzo II ou III. 

En général, il conviendrait d’ajouter à ce grand recueil, qui a été 
conçu dans un esprit surtout historien, une brève étude de diploma¬ 
tique épistolaire, où seraient notés les formes de signature, les varia¬ 
tions d’orthographe, suivant les secrétaires, etc., en somme les éléments 
qui peuvent permettre d’établir l’authenticité d’une lettre douteuse. On 
pourra prendre comme modèle l’excellente édition des lettres de Charles- 
Quint conservées à Monaco, récemment publiée par M. Labande. 
M. Baguenault de Puchesse composera facilement ce petit chapitre, 
qui est nécessaire. 

Voici, pour terminer, quelques remarques sur ce dernier tome. 
P. 3 : la note sur Jean du Bellay est erronée et très insuffisante. P. 5 : 
la lettre d’octobre 1551 au connétable est inintelligible; il faut lire seré 
(sera) au lieu de feré, et restituer des mots omis. P. 6 : la lettre datée 
« 1552, mai », me parait appartenir à l’année 1555 ou à 1558 (négocia¬ 
tions de paix). P. 9 : dans la lettre datée < 1552, juin », il s'agit bien 
du baron de La Garde, mais la date donnée est probablement fausse. 
P. 79 : la lettre « aux cantons catholiques » doit être, je crois, entiè¬ 
rement rejetée comme apocryphe. P. 113 : la correspondance du nonce 
Sebastiano Gualterio, évêque de Viterbe, a été publiée, pour la période 
de la première guerre de religion, par M. J. Susta, Die rômische 
Curie und das Concil von Trient unter Pius IV (Wien, 1904-1909, 
2 vol. in-8°) ; sur ce personnage, voir R. Ancel, Nonciatures de Pauli V , 
t. I, 1™ partie : Introduction. P. 130 : M. Baguenault de Puchesse 
écrit le même nom tantôt Monçon ou Monsson et tantôt Monzon. 
P. 487 : la date « 1558 » donnée à la pièce justificative n° IV est fausse ; 
en réalité, ce document se rapporte à la donation faite le 25 mars 1552, 
par Henri II à Marguerite d’Autriche, épouse d’Octave Farnèse, des 
terres du Quercy, de l’Açenais, du Rouergue et de l'Albigeois, qui cons¬ 
tituaient le douaire d’Eléonore d’Autriche (tout le dossier de cette 

ê 

affaire est conservé aux archives d'Etat de Parme, mazzo : Guerra di 
Parma ); le titre de « régente » que prend Catherine de Médicis suffi¬ 
sait d’ailleurs à fixer la date de 1552. P. 519 : Pierre Tiraqueau était 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


615 


probablement un parent du < tant débonnaire et équitable And. Tira- 
queau », conseiller au Parlement de Paris et ami de Rabelais. P. 574 : 
l'itinéraire doit être utilisé avec prudence, les dates ne correspondant 
pas à l’arrivée ou au départ, mais seulement à une mention du séjour : 
ex., 15k9, l* r octobre, Lyon, alors que nous savons, d’autre part, que 
Catherine fit son entrée à Lyon le 24 septembre. P. 575 : au lieu de 
Saint-André près Tarare, lire Saint-André d’Apchon. P. 643 : au 
lieu de P. de Segaston, s r de Longlée, lire P. de Ségusson. — Les 
noms qui se trouvent dans les pièces justificatives n’ont pas été rele¬ 
vés à la table des matières. 

Il est à souhaiter que dans l’index général, qui est en préparation, 
on s’applique à corriger les nombreuses erreurs biographiques qu’on 
trouve aux indices des premiers volumes. 

Lucien Romier. 

Mémoires du maréchal de Turenne, publiés pour la Société de 
l’Histoire de France, d’après le manuscrit autographe, apparte¬ 
nant à M. le marquis de Talhouët-Roy, par Paul Marichal. 
T. I : 16^3-1653. Paris, Laurens, 1909. In-8°, 379 pages. 

Les Mémoires de Turenne comprendront deux volumes de la 
Société de l’Histoire de France. Ce n’est, à la vérité, pas la première 
fois qu’ils sont livrés au public. En 1735, déjà, ils étaient publiés à la 
suite de l'Histoire du vicomte de Turenne de Ramsay; Aimé 
Champollion, en 1838, en donnait une édition dans la collection 
Michaud et Poujoulat. Ils figurent également dans la Bibliothèque 
historique et militaire, de Liskenne et Sauvan, et dans la Biblio¬ 
thèque de l’armée française. L'édition nouvelle que nous en donne 
la Société de l’Histoire de France est satisfaisante à tous points de 
vue : l’appareil critique en est minutieux; l’orthographe ancienne a 
été respectée. 

Le tome I embrasse les événements survenus depuis 1643, date où 
Turenne reçut le bâton, jusqu’en 1653. Le second volume prolongera 
le récit jusqu’au traité des Pyrénées. 

Ces Mémoires, comme il faut s’y attendre, sont exclusivement 
militaires : point d’anecdotes, peu de renseignements sur les intrigues 
de la cour ou de la ville. La guerre est la grande préoccupation du 
maréchal, il y subordonne toutes choses et s’il nous expose parfois 
son état d'àme, c’est seulement quand l’explication de ses sentiments 
ajoute à la clarté de son récit. Les Mémoires ont la sécheresse gran¬ 
diose d'un bulletin de bataille ; le style en est d’une haute tenue, 
d’une sobriété et d'une vigueur singulières. 

Lorsque Turenne prit, en 1643, le commandement de l’armée du 
Rhin, la situation de nos troupes n’était guère favorable : le duc d’En- 




Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



616 


BIBLIOGHAPHIE. 


ghien était rentré à Paris; Rantzau venait d’étre battu à Totlingen; 
le maréchal de Guébriant mourait de blessures reçues au siège de 
Rothweil. Turenne, qui revenait d'Italie, fut choisi par Mazarin et 
mis à la tête de l'armée. Tout de suite, il entrait en Lorraine et y 
prenait ses quartiers d’hiver. Dès le printemps, il passe le Rhin, 
traverse la Forêt-Noire; son avant-garde, commandée par Reinhold 
de Rosen, défait un corps important de cavalerie bavaroise. Au mois 
de mai, le duc d’Enghien opère sa jonction avec Turenne et les 
armées françaises livrent plusieurs combats devant Fribourg qu'as¬ 
siègent les Bavarois. Une série de succès, la prise de Philipsbourg, 
de Worms, de Mayence, de Creuznach permettent à Turenne de 
prendre ses quartiers à Spire pendant que Condé regagne la France. 

Dès le début de la campagne de 1645, le duc d’Enghien revient, du 
reste, se joindre à Turenne et l'échec de Mergentheim est racheté par 
la prise de Wimpfen et l’éclatante victoire de Nordlingen (3 août). 

Pour compléter la victoire et achever l’écrasement des troupes 
impériales et bavaroises, une prompte action s'impose : de concert 
avec l’armée suédoise, Turenne s’en va à la Cour exposer son plan à 
Mazarin : Wrangel et les Suédois doivent marcher sur la Hesse; l'ar¬ 
mée du roi, passant le Rhin au-dessous de Mayence, ira les rejoindre 
dans le comté de Nassau. Mais ces desseins ne sont pas approuvés 
par le cardinal : celui-ci a, en effet, reçu de l’Électeur de Bavière 
l’assurance que, si les Français ne passent pas le Rhin, lui-même 
n’opérera pas sa jonction avec l’empereur; ordre est donc donné à 
Turenne de rester sur la rive gauche. Il obéit, mais, pendant qu’il 
reste en observation, le pont de bateaux est emporté par une violente 
crue. A ce moment, et peu soucieux de sa parole donnée, le Bavarois 
rejoint les troupes impériales et s’avance avec elles contre les Sué¬ 
dois. Turenne n’hésite pas : passant outre aux instructions du ministre, 
il descend la rive gauche du fleuve, franchit la Moselle à Coblentz, le 
Rhin à Wesel, remonte la rive droite et, après plus d’un mois de 
marches forcées, atteint enfin l'armée suédoise le 10 août 1646. Les 
deux armées marchent alors vers le Danube, s'emparent d’Aschaffen- 
bourg, de Rain, de Landsberg, de TübiDgen : la paix est signée à 
Ulm, laissant Heilbronn aux mains du roi. 

Ici se place un incident curieux, assez rare dans l’histoire militaire 
de l’ancien régime. L’armée française, rappelée après le traité d’Ulm, 
est dirigée vers la Flandre. Mécontents déjà de quitter le théâtre de 
la guerre, les régiments de cavalerie allemands prennent prétexte 
d’un retard de plusieurs mois dans le paiement de leur solde et 
refusent de marcher. En vain, Turenne, qui a pris les devants, revient 
sur ses pas et exhorte les soldats révoltés au calme; Reinhold de 
Rosen, cavalier intrépide et glorieux, toujours comblé de bienfaits par 
Turenne, prend la tête du mouvement. On l’arrête et une véritable 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


617 


expédition s’organise contre les mutins. Ils finissent par rentrer dans 
l’ordre au moment où la rupture du traité d'Ulm ramène les armées 
françaises en Allemagne. Turenne entre en Bavière avec les Suédois, 
bat les Impériaux à Zusmarshausen et signe enfin la paix à Münster. 

La troisième partie des Mémoires nous ramène du lointain champ 
de bataille du Rhin ou de Bavière aux plaines françaises. Avec l’an¬ 
née 1649 commence cette période de la Fronde où Turenne va jouer 
un des grands premiers rôles. Brouillé avec la Cour, il voit le désordre 
se mettre dans son armée; il rentre cependant à Paris. On vient d’ar¬ 
rêter Condé qui a déclaré la guerre ouverte à la Cour. Turenne hésite : 
à quel parti s'arrêter? Il choisit le plus profitable, sinon le plus glo¬ 
rieux, et s'en va, à Stenay, traiter avec les Espagnols. La prise de 
Chàteau-Porcien, de Rethel, de Mouzon précède de peu la retraite de 
Mazarin et la mise en liberté de Condé. Le maréchal revient alors à 
la Cour, dont il se fait le protecteur. Il marche contre Condé, le bat à 
Bleneau, l'immobilise à Étampes, s'éloigne un moment pour observer 
le duc de Lorraine qui rôde avec ses bandes autour de Villeneuve- 
Saint-Georges. Mazarin achète la retraite de cet étrange général. 
Pendant ce temps, l’armée des princes s’est réunie à Paris. Turenne 
la vient attaquer et le combat du faubourg Saint-Antoine se déroule 
sous le fameux canon de Mademoiselle. La Cour s’enfuit à Pontoise, 
Mazarin s’exile une seconde fois ; mais le départ de Condé pour l’Es¬ 
pagne va permettre au roi de regagner Paris et Turenne pourra 
reprendre, pour le compte de la France, les places qu’il a enlevées 
lui-méme à la tête des troupes espagnoles. 

On voit l’intérêt exceptionnel qu’offre ce volume des Mémoires de 
Turenne. On prendra plaisir à le lire, d’autant que des pièces justifi¬ 
catives en grand nombre, et des plus suggestives, complètent le récit 
sur deux points particulièrement intéressants : la marche et la con¬ 
tremarche de Turenne en 1646 et la mutinerie de la cavalerie alle¬ 
mande. 

Robert Burnand. 

Armorial général de France (édit de novembre 1696/, géné¬ 
ralité de Rouen, publié d’après le manuscrit de la Bibliothèque 
nationale, avec introduction, notes et tables, parG.-A. Prévost. 
Rouen, A. Lestringant; Paris, A. Picard, 1910. 2 vol. in-8°, 
lii-411 et 409 pages. (Société de l’histoire de Normandie.) 

D’après les termes de l’édit de novembre 1696 qui prescrivait l’éta¬ 
blissement d'un Armorial général de France , cette mesure n’avait 
d'autre but que de faire disparaître les abus qui s’étaient glissés dans 
l'usage des armoiries et de prévenir ceux qui auraient pu se produire 
dans la suite, en réglant, d'une façon définitive, quelles armes appar- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 





618 BIBLIOGtAPHIB. 

tenaient à chaque personne et à chaque communauté. En fait, l’édit 
avait été inspiré, surtout, par le désir de procurer de nouvelles res¬ 
sources au fisc. 

L'enregistrement des armoiries était subordonné au paiement d’une 
taxe. Les produits du nouvel impôt furent adjugés d’avance à un trai¬ 
tant, Adrien Vanier. 

Pour faire rentrer Vanier dans ses débours et lui procurer un gain 
honnête, ses représentants s’efforcèrent d'imposer des armoiries et, 
par conséquent, le paiement de la taxe à tous les sujets du roi pour¬ 
vus de quelque aisance, consentants ou récalcitrants. 

Les blasons qui se trouvent décrits dans l’Armortal général ont 
été les uns présentés par les intéressés, les autres attribués d'office 
par Charles d’Hozier, « garde » de Y Armorial, ou ses commis. Il en 
est donc d’authentiques et de fantaisistes. C’est pourquoi on ne peut 
se servir de ce recueil comme d'un document héraldique qu’à la con¬ 
dition de critiquer la valeur de ses témoignages. 

Heureusement, le mécanisme même de l'enregistrement a réparti 
les armes en trois séries : 1° armes présentées par les propriétaires 
et admises immédiatement comme valables; 2° armes acceptées après 
vérification ; 3° armes imposées d’office. Bien que des irrégularités se 
soient introduites dans cette classification, on y trouve déjà un pré¬ 
cieux élément de critique. L’érudition des savants locaux, qui prennent 
la peine de publier séparément les registres de VArmorial relatifs à 
chaque province, est appelée à trancher les difficultés subsistantes. 

En ce qui concerne la généralité de Rouen, M. Prévost a constaté 
que, sur 6,052 blasons décrits, 2,369 ont été acceptés de suite au 
moment de leur présentation ; 65 ont été inscrits après avoir été con¬ 
trôlés par les commissaires; 3,618 paraissent indiqués comme attri¬ 
bués d'office. D’après le classement, ce serait la majeure partie des 
armoiries qui aurait été imaginée par les héraldistes officiels. Mais 
M. Prévost a reconnu, dans cette masse de mentions sans valeur, 
la description d’un certain nombre d'armes parfaitement authentiques, 
insérées là, sans doute, à la suite de déclarations tardives. 

Même dans les séries qui ne renferment que des armoiries vérita¬ 
blement portées, les inscriptions ont été faites avec peu de soin. Les 
noms de personne et de lieu sont parfois tellement défigurés qu'ils ne 
peuvent être reconnus que par des érudits familiarisés avec l'histoire 
provinciale. Les prénoms font très souvent défaut. 

M. Prévost a voulu améliorer le texte de VArmorial. Il a utilisé, 
dans ce but, le travail de Charles Le Boullenger, conseiller à la 
Chambre des comptes de Rouen, qui avait été chargé de préparer un 
état des blasons des membres de sa compagnie, en vue de leur inser¬ 
tion dans le registre officiel. Il s’est servi également d’un manuscrit 
de Jacques Chevillard qui a relevé, en 1702, les armoiries présentées 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGBAPHIE. 


619 


par les familles à Y Armorial général et qui y a apporté quelques 
rectifications. Mais il n’a guère recouru aux documents d'archives qui 
lui auraient fourni la matière d’additions et de corrections importantes. 
Sans doute, il lui aurait été difficile d’identifier une foule d'individus, 
appartenant à la petite bourgeoisie, qui sont mentionnés dans l’Ar- 
morial; mais il aurait pu compléter les désignations sommaires de 
personnages tels que les hauts dignitaires ecclésiastiques, les fonc¬ 
tionnaires principaux, les membres des familles considérables. 

Dans les tables qu’il a jointes au deuxième volume de sa publica¬ 
tion, l’éditeur a reproduit exactement les graphies adoptées par les 
scribes de l’Armortaf. Il aurait bien fait de rapprocher, à l’aide de 
renvois, lorsque l’ordre alphabétique les éloignait, les variantes d’un 
même nom de personne ou de lieu. Il se serait acquis la reconnais¬ 
sance des archéologues s’il avait dressé une table des figures héral¬ 
diques. 

Telle qu’elle se présente, la publication de YArmorial de la géné¬ 
ralité de Rouen rendra des services. Elle met à la disposition des 
érudits un document important qui, suivant l’expression employée par 
l’éditeur, constitue « une sorte d’annuaire ou de répertoire où l’on 
rencontre tout ce qui, dans toutes les classes sociales, sortait un peu 
de l’ordinaire, au point de vue pécuniaire ». 

On saura gré à M. Prévost d’avoir étudié, avec beaucoup de soin, 
dans une copieuse introduction, l'histoire de l’établissement de YAr- 
morial général. 

Max Prinet. 

.Armoiries ef familles nobles de la Bresse louhannaise : 
armoiries ouvrières , armoiries particulières et de familles , 
par Lucien Guillemaut. Louhans, impr. L. Romand, 1909. 
In-8°, xxxiv-343 pages, planches et figures dans le texte. 

L’auteur a voulu, avant tout, faire œuvre d’héraldiste. Son inten¬ 
tion est nettement indiquée par le titre du volume; elle est plus expli¬ 
citement déclarée dans l’introduction. Il a décrit un assez grand 
nombre d'armoiries bressanes et en a reproduit environ 130 dans des 
planches hors texte. Malheureusement, descriptions et figures ne con¬ 
cordent pas toujours. Les armes des du Perrieux, des du Breul de 
Sacconey, des Guerret de Grannod, des du Puget de Chardenoux ne 
sont point représentées telles qu’elles sont blasonnées. Celles des 
Durand et des Perreault sont dépeintes d'une manière difficilement 
intelligible; on pourrait croire À de simples lapsus si, deux fois, elles 
n'étaient présentées dans les mêmes termes obscurs (p. 83 et 158, p. 85 
et 306). Je me demande ce que l’auteur entend par < molettes d’éperon 
colletées » (p. 102, 106); la figure donne des molettes ordinaires. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



620 


BIBLIOGRAPHIE. 


C’e«t par erreur que M. Guillemaut charge de deux épées la (asce 
des armes de Philippe Pot. Les fusées des Salins-Vincelles doivent 
être accolées en fasce et non placées l’une sur l'autre (p. 251). 

L’auteur ne s’est pas contenté de dresser un armorial. A propos de 
blason, il a composé un véritable dictionnaire des fiefs et des familles 
notables de la région louhannaise. Parmi les maisons possessionnées 
dans ce pays, il en est un bon nombre qui ont joué un rôle important 
non seulement dans l’histoire provinciale, mais dans l'histoire géné¬ 
rale de la France. Tels sont les Condé, les Longueville, les Chalon, 
les Vienne-Antigny, les Coligny, les La Baume-Montrevel, les Cha¬ 
bot, les Thiard, les Pot, les Rolin, les Bouton, les Scorailles, les 
Tenarre. Ce que l’auteur fait connaître du développement et des vicis¬ 
situdes de leur puissance domaniale présente un réel intérêt. 

M. Guillemaut se plaît à suivre l’évolution des familles; il nous 
donne des notices instructives sur plusieurs races roturières parve¬ 
nues à la noblesse grâce au mérite et à la fortune de quelques-uns de 
leurs membres, comme les Mailly, anciens bourgeois de Chalon, arri¬ 
vés aux premiers offices de la Chambre des comptes de Dole et grati¬ 
fiés d’un titre de marquis au xvm* siècle, comme les Arnoux, autre¬ 
fois marchands à Louhans, dont diverses branches ont tenu des fiefs 
et rempli des charges anoblissantes. Un exemple illustre de l’acces¬ 
sion des familles bourgeoises à la noblesse est fourni par l'histoire 
des Saint-Maurice-Montbarrey ; mais M. Guillemaut a oublié l’origine 
plébéienne de ces princes du Saint-Empire et les a rattachés arbitrai¬ 
rement à la maison de Saint-Mauris-Chàtenois. 

L’auteur a dû consulter un grand nombre de livres et de chartes 
pour réunir les renseignements qu’il a groupés dans son ouvrage. Il 
est fâcheux qu’il ne se soit pas astreint à indiquer, d’une façon précise, 
les textes sur lesquels il a basé chacune de ses affirmations. 

Max Prinet. 

The Aragonese double crown and the Borja or Borgia device , 
with notes upon the bearing of such insignia in the fourteenth 
and fifteenth centuries, by Albert van de Put. Londres, B. Qua- 
ritch, 1910. In-4°, 55 pages, figures et planches. (Publication du 
Gryphon Club.) 

A la fin du xiv* siècle et au début du xv®, les rois d'Aragon avaient 
pour emblème une couronne double. Cette ■ empresa » est mention¬ 
née dans des lettres écrites, au mois de janvier 1393, par Jean I er , roi 
d'Aragon, à son frère Martin et au roi de France. En 1399, Martin 
d’Aragon, le Jeune, roi de Sicile, portait au col « quamdam inpresam 
de duabus coronis » ; en 1408, on voit cité, parmi les joyaux qu’il a 
reçus de son père, un « collar d’aur a corones dobles *. On retrouve 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 621 

des couronnes doubles, brodées sur étoile, dans les inventaires dres¬ 
sés après la mort de Martin le Vieux, roi d’Aragon (1410). 

Un siècle plu9 tard, les Borgia faisaient usage d'une devise consis¬ 
tant en deux couronnes, opposées par la base, dont l'inférieure, ren¬ 
versée, darde des rayons. Cet emblème a été figuré en divers endroits 
des appartements Borgia, au Vatican, sur la façade du château ducal 
de Gandia et sur une peinture représentant François Borgia, évêque 
de Teano et archevêque de Cosenza, en l’église collégiale de Jativa. 

La généalogie des Borgia est extrêmement confuse. Leur nom 
espagnol (Borja) est celui d’une terre d'Aragon dont les anciens sei¬ 
gneurs étaient issus d’un certain Pierre Atarès (mort en 1152), petit- 
fils d’un bâtard du roi d’Aragon, Ramire I er . Il n’existe aucune preuve 
de la parenté des Borgia du xv* siècle avec ces nobles aragonais du 
XII*. Mais il est possible que la famille des papes Calixte III et 
Alexandre VI, parvenue à une situation princière, ait voulu se ratta¬ 
cher à la postérité du roi Ramire et ait adopté, dans cette pensée, 
une devise qui avait été celle des rois d’Aragon, la couronne double. 

M. A. van de Put déploie beaucoup d’érudition à présenter cette 
hypothèse. Ce qu’il dit de l’usage pratique des devises est à retenir. Il 
consacre à quelques-uns de ces emblèmes, en particulier, des notices 
instructives. Les Français s'intéresseront spécialement aux remarques 
qu'il fait sur le cerf-volant de Charles VI et de ses successeurs, la 
couronne de Coucy et le camail d’Orléans. 

Max Prinet. 

Roger Martin du Gard,... L’abbaye de Jumièges (Seine-Infé¬ 
rieure); étude archéologique des ruines. Montdidier, impr. 
de Grou-Radenez, 1909. Gr. in-8°, 308 pages, pl. et 0g. 

M. Martin du Gard vient de publier sa thèse de sortie de l’École des 
chartes en un magnifique volume plein d’hypothèses intéressantes et 
de restitutions savantes ; en beaucoup de cas, il a pu, dans des fouilles 
heureuses, retrouver les fondations de parties disparues des églises et 
des bâtiments claustraux. De la grande église romane, la nef seule est 
encore debout ; le transept est en ruines, le chœur a été reconstruit au 
xiv* siècle. La nef comprend quatre travées doubles et huit travées 
de collatéraux, surmontés de vastes tribunes, couvertes comme les 
bas côtés de voûtes d'arétes dont les lunettes transversales sont plus 
élevées que la clef, ce qui leur donne un aspect assez curieux. Les 
grandes arcades à double rouleau sont en plein cintre, les tribunes 
s’ouvrent sur la nef par trois petites baies encadrées par un arc de 
décharge; au-dessus sont les fenêtres hautes. La nef était couverte 
d’une charpente. Les grandes arcades reposent alternativement sur 
une pile forte et sur une pile faible, suivant un procédé qui deviendra 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



622 


BIBLI0G1APBIE. 


courant plue tard dans plusieurs régions et particulièrement dans 
l'Ile-de-France, avec l’emploi de la voûte sexpartite. Cette alternance 
dans une église couverte de charpentes est difficile à expliquer. Les 
piles fortes sont cantonnées de colonnes, dont l’une, celle qui regarde 
vers la nef, monte jusqu’à l’appui des fenêtres; M. Martin du Gard 
pense qu’elle s’élevait autrefois jusque sous l'entrait de la charpente 
qu’elle supportait; à cette colonne aurait correspondu une ferme forte; 
au-dessus des piles faibles, portant sur des corbeaux placés au haut 
des murs, aurait été lancée une ferme plus faible. Peut-être vau¬ 
drait-il mieux admettre la présence au-dessus des piles fortes d’arcs 
diaphragmes portant ferme. 

Le transept présentait une particularité remarquable ; les grandes 
arcades se prolongeaient j usqu'au chœur et les croisillons étaient entière¬ 
ment couverts de tribunes. M. Martin du Gard a en effet retrouvé les 
fondations des piles intermédiaires et, enchâssée dans les piles ouest 
du carré, l’ancienne colonne semblable à celles de la nef qui portent 
les grandes arcades. Cette disposition était très particulière, car même 
en Normandie, où les tribunes atteignent de grandes proportions, elles 
n’occupent en général qu’une ou plusieurs faces des croisillons. A 
l’est des croisillons étaient percées deux absidioles en hémicycle. 

Les fondations du chœur roman ont été entièrement retrouvées par 
M. Martin du Gard au cours de ses grandes fouilles de 1905. Ce chœur 
comprenait deux travées et une abside en hémicycle et était flanqué 
de collatéraux terminés par un chet plat. Toutes ces dispositions, à 
quelques détails près, étaient celles des églises de Cerisy-la-Forêt, 
Bernay, la Trinité et Saint-Nicolas de Caen, Montivilliers, Lessay, 
Saint-Gabriel, Saint-Georges de Boscherville, Selby, Peterborough, 
Saint-Alban, Durham, Lincoln, Sainte-Marie d’York et Saint-Vigier- 
le-Grand. Le chœur de Jumièges, achevé en 1052 ou 1057, serait un 
des prototypes des chœurs normands. 

En avant de la nef se dressent, de chaque côté du porche, les tours, 
dont la partie basse au moins remonte au début du xi* siècle. On peut 
y distinguer six et peut-être sept campagnes que M. Martin du Gard a 
soigneusement distinguées et qui vont de 1014 à la fin du xi* siècle. 
Elles étaient couronnées de flèches de pierre, basses et octogonales, 
qui tombèrent de 1830 à 1856. Le porche dut être construit en même 
temps que la partie basse des tours; dans la suite (vers 1060), il dut 
être modifié pour s’adapter à la nef. Plus tard, avant la fin du 
XIII e siècle, on remania complètement la façade ; enfin, dans les der¬ 
nières années du xvn* siècle, on éventra au premier étage le mur qui 
séparait le porche de la nef. 

Dans les premières années du xiv* siècle, le chœur fut entièrement 
reconstruit; on voûta d’ogives les deux travées droites et l'hémicycle; 
on prolongea les bas côtés autour de l’hémicycle et l’on ouvrit sur le 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


623 


déambulatoire sept chapelles; le mur extérieur des croisillons fut 
allongé vers l’est de trois travées. Il n’en subsiste aujourd’hui que 
quelques ruines. Enfin, en 1688, on fit au-dessus de la nef un plafond 
simulant une voûte. 

A côté de la grande église, on voit encore les ruines de l’ancienne 
église abbatiale, la petite église Saint-Pierre; M. Martin du Gard a 
pu y retrouver les traces de six églises ou fractions d’églises. Autour 
étaient les bâtiments abbatiaux, cloître, salle capitulaire, celliers, dont 
il ne reste que des ruines plus ou moins considérables. 

M. Martin du Gard a étudié avec le même soin toutes les parties de 
cette grande abbaye ; il a joint à la description des dessins très détail¬ 
lés et des relevés très précis; enfin, dans une série de planches, il a 
donné la restitution des constructions aujourd’hui disparues. De très 
belles héliotypies reproduisent les plus jolis coins et les morceaux les 
plus imposants de ces magnifiques ruines. 

Marcel Aubert. 

M. Sartor. La cathédrale de Reims. Études sur quelques 
statues du grand portail. Reims, L. Michaud, 1910. In-8°, 
17 pages, fig. 

M mc Marguerite Godbillon-Sartor, préparant une grande étude sur 
les statues du portail occidental de la cathédrale de Reims, étonnée 
du style de certaines statues et en particulier du groupe de la Visita¬ 
tion du porche central, a cru pouvoir les attribuer au xvm a siècle. On 
les a longtemps datées du xiv a siècle ; d’aucuns, comme Lübke, y 
voyaient une œuvre de la Renaissance, mais il est aujourd’hui avéré, 
et M. Demaison l’a abondamment prouvé', que ces statues sont de la 
seconde moitié du xiii* siècle. 

M ma Sartor a pensé que la date du 4 octobre 1739 gravée sur la tête 
de la Vierge du groupe de la Visitation était comme la signature de 
l’auteur de la statue, et elle publie à l’appui le procès-verbal des tra¬ 
vaux faits au portail occidental à cette époque. Il n'y est en réalité 
pas question de réfection de statues ; on restaura les colonnettes de 
l’arcature qui encadre les statues et l’un des ouvriers a laissé la trace 
de son passage en gravant cette date. 

Il est certain que ces magnifiques statues ne sont pas d’un style 
courant au xiii* siècle; elles sont évidemment inspirées de l’art 
antique et ressentent l’influence des modèles de l'époque romaine; 
mais on ne pourrait pas davantage les attribuer au xvm a siècle. Et, 
d’ailleurs, elles ne sont pas absolument uniques ; M ma Sartor semble 

1. La Cathédrale de Reimt, son histoire , les dates de sa construction. Caen, 
H. Delesques, 1902, in-8% p. 36-39. 


Digitized by 



Original from 

ERSITYOF MICHIGAN 



624 


9 


BIBLIOGRAPHIE 


avoir oublié que la cathédrale de Bamberg, dont la statuaire est en 
partie copiée sur celle de la cathédrale de Reims, nous offre deux 
types absolument semblables de Vierge et d'Élisabeth. Le D r Weese, 
qui a montré longuement ces ressemblances en 1897, attribue même 
cette Visitation du bas côté du chœur oriental de Bamberg à un 
artiste qui aurait longuement travaillé à Reims avant de se rendre en 
Franconie 1 . 

Il faut donc accepter les choses telles qu'elles sont et conserver 
aux artistes du xiii* siècle l’honneur d’avoir sculpté cet admirable 
groupe. 

Marcel Aubert. 

Chanoine Fr. Durand. L’Église Sainte-Marie ou Notre-Dame 
de Nîmes , basilique-cathédrale(descriptionarchéologique). 
Nîmes, impr. générale, 1906. In-8°, 105 pages, pl. 

M. le chanoine Durand, déjà connu par ses travaux sur Nimes, 
vient de publier une description archéologique de l’église Sainte-Marie. 
Fondée au xi® siècle, légèrement modifiée aux xii* et xiv e , cette 
église a été ravagée à deux reprises au xvii« siècle par les protestants ; 
relevée en 1646, elle a été restaurée par Revoil en 1882. Il semble que 
l’archéologue, après avoir résumé en quelques pages les renseigne¬ 
ments historiques que fournissent les textes sur le monument, aurait 
dû décrire l’église du xi e siècle, en indiquant les morceaux qui sub¬ 
sistent encore de cette époque, puis étudier les quelques changements 
survenus aux xn® et xiv* siècles. Il nous aurait ensuite promené dans 
les ruines du xvn® siècle et montré quel parti en avaient tiré les 
architectes de 1646; enfin, il aurait étudié les restaurations de Revoil. 
Nous aurions connu ainsi l’état de l’église Sainte-Marie aux principales 
époques de son histoire et il nous eût été facile de voir ce qui, dans 
l’église actuelle, subsiste de ces différents travaux. 

L’auteur, au contraire, nous conduit devant la façade qu’il étudie 
d’ailleurs très consciencieusement, ornée d’une jolie frise et flanquée 
d’une tour carrée dont les étages inférieurs sont garnis à l’est d’absi- 
dioles où devaient être des autels; puis il décrit l’intérieur : nef, 
chœur, chapelles, sans suivre un ordre bien rigoureux. Il termine son 
travail par une longue dissertation sur l’orgue et les cloches modernes. 
Mais, même en se conformant à ce plan, qui a l’inconvénient de 
mêler à chaque instant l'historique à la description et de ne pas mon¬ 
trer la suite des travaux qui ont fait l’église actuelle, M. le chanoine 
Durand aurait pu approfondir davantage l'étude de la construction ; 

1. Die Bamberger Domsculpturen. Strassburg, Heitz, 1897, in-8*. (Studien 
zur deulschen Kunstgcschichte, 10. Heft.) * 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


625 


il insiste trop volontiers sur des restaurations de détail, des vitraux 
et des objets d’ameublement modernes ; il transcrit de nombreuses 
inscriptions quelquefois fort intéressantes et il oublie un peu la des¬ 
cription du monument lui-méme, son plan, ses voûtes, ses supports, 
ses profils, sa décoration. Il eût mieux valu réunir en un chapitre 
spécial tout ce qui est accessoire ; le livre en eût été plus clair. 

Cependant, nous devons reconnaître que l’auteur a étudié jusque 
dans ses moindres détails cette église Sainte-Marie et qu’il nous la 
décrit avec grand soin, insistant avec raison sur la façade et le clo¬ 
cher, dont il donne une coupe curieuse. L’illustration est bonne; il 
manque cependant un plan général de la cathédrale et cette lacune 
rend obscurs, pour l’étranger, bien des passages de l’ouvrage. 

Marcel Albert. 

F. de Fossa. Le Château historique de Vincennes. T. II. 
Paris, H. Daragon, 1909. In-4°, 443 pages, pi. et fig. 

Le tome I de cet important travail a paru depuis quelques temps 
déjà 4 , c'est une histoire générale du château de ses origines jusqu’à nos 
jours. Le second volume contient la monographie des divers bâtiments 
du château : donjon, pavillons du roi et de la reine, enceinte, tours, 
sainte chapelle. Chaque monographie comprend deux parties bien dis¬ 
tinctes, l’une historique, anecdotique même, l'autre archéologique; 
c’est cette dernière que je veux retenir ici. 

Du vieux château fort, il reste l'enceinte et le donjon. Achevé en 
1370, le donjon fut souvent habité par Charles V, qui y avait fait 
installer plusieurs pièces avec un luxe et un confortable merveilleux 
si l'on en juge par la description qu’en fait M. de Fossa d'après l’in¬ 
ventaire de Charles V et les comptes de l’argenterie du roi; une des 
salles servait de cabinet de travail et contenait un grand nombre de 
volumes. A la description actuelle du donjon son joints des plans, 
coupes et détails. 

Des grandes constructions que fit élever Louis XIV, il ne reste que 
deux bâtiments : le pavillon du roi et le pavillon de la reine; seul 
ce dernier contient encore quelques souvenirs des travaux de Le 
Vau : la façade, l’escalier d'honneur et çà et là une corniche, des 
boiseries. Toute la fin du volume, — presque la moitié, — est consa¬ 
crée à la sainte chapelle. Elle fut fondée en 1379; le plan et les sou¬ 
bassements sont de l’époque de Charles V ; l’abside et les bâtiments 
annexes de la fin du xiv« siècle ; la voûte du rond-point et la partie 
basse de la façade du commencement du xv* siècle ; les fenêtres flam- 

1. Cf. compte-rendu, dans Bibliothèque de l’École des chartes , septembre- 
décembre 1908. 

1910 40 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


626 


BIBLIOGBAPHIE. 


boyante8 auraient été construites à peu près à la même époque, mais 
elles ne furent mises en place qu'entre 1520 et 1537, époque où l'on 
acheva les voûtes et le gros œuvre. De 1551 à 1572, on élève les 
pinacles de l’abside, pose les combles, aménage l'intérieur et garnit 
les fenêtres de verrières. Malgré cette diversité de styles, la sainte 
chapelle de Vincennes pourrait être comparée à celle de Paris, si 
l'absence de grandes lignes caractéristiques et la trop grande largeur du 
vaisseau, par rapport à sa hauteur, ne nuisaient à sa beauté. Dans un 
dernier chapitre, M. de Fossa décrit les vitraux refaits au xix* siècle 
par Oudinot, qui utilisa les fragments de verrières du xvi e siècle, dont 
l'attribution à Jean Cousin est fort contestable. Ces travaux sont 
reproduits d’après les cartons d’Oudinot en une série de très belles 
planches. 

Concluons avec l’auteur qu’une restauration complète du ch&teau 
serait illogique, puisqu’il y a eu en réalité deux châteaux : celui de 
Charles V et celui de Louis XIV ; mais on pourrait peut-être protéger 
ce qui reste du pavillon de la reine et surtout débarrasser le donjon 
des armes et des machines qui l’encombrent et, sans chercher à le 
restaurer autrement, y organiser un musée. 

Marcel Aubert. 

Essai sur la connaissance et la preuve des Coutumes en jus¬ 
tice, dans l’ancien droit français et dans le système romano- 
canonique, par Hippolyte Pissard, chargé de conférences à la 
Faculté de droit de l’Université de Paris. Paris, A. Rousseau, 
1910. In-8°, 223 pages. 

Dans sa courte introduction, M. Pissard nous prévient qu’il se place 
au point de vue purement historique et descriptif; aussi, de propos 
délibéré, il évite les questions générales touchant au droit coutumier. 
L’objet principal de son essai est la preuve de la coutume dans la 
pratique judiciaire de l’ancienne France, mais, avec raison, il a cru bon 
d’exposer d’abord les théories des romanistes et des canonistes qui 
ont eu de l’influence sur le développement du droit coutumier français. 

A Rome, le juge ne doit pas ignorer la coutume, et, lorsqu'il en a 
une connaissance certaine, raisonnée, il ne peut refuser de l'appli¬ 
quer; quant aux plaideurs, ils ne sont obligés ni à alléguer la coutume 
ni à la prouver. « Le droit romain n'exigeait pas la preuve du droit 
coutumier, mais il n’édictait sans doute aucune règle spéciale sur la 
façon dont le juge le recherchait et dont les plaideurs s'y référaient. » 
Quant aux canonistes et aux légistes, ils ne se préoccupèrent de la 
preuve de la coutume que vers le début du xm* siècle; Azon enseigne 
que la coutume doit être alléguée et prouvée ; il indique même trois 
modes de preuves possibles. Pour tout ce qui concerne la coutume, 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


627 


les glossateurs ont été les initiateurs des canonistes, mais on doit à 
ces derniers l'idée si importante de notoriété. Au plaideur, il incombe 
d’alléguer et de prouver la coutume dont il veut faire état. Comme 
fondement à la coutume, canonistes et glossateurs assignaient, le plus 
souvent, le consentement du peuple constaté par des actes fréquents 
et pendant un certain laps de temps ; les témoins, — au moins deux,— 
devaient donc déposer sur le nombre d'actes et sur le laps de temps; 
de ces renseignements, le juge concluait à la notoriété, et par là même 
à la recevabilité de la coutume, ou à sa non recevabilité comme n’étant 
pas notoire. Bientôt canonistes et légistes admirent aussi la preuve 
d’une coutume par la présentation d’un écrit officiel : livre, jugement 
antérieur contradictoire, ou encore par le témoignage des docteurs et 
des juristes. 

M. Pissard étudie ensuite la constatation de la coutume dans le très 
ancien droit français, à l’époque franque durant laquelle la conformité 
de la sentence avec la coutume semble suffisamment garantie par 
l’expérience personnelle des juges, l’assentiment ou la désapprobation 
des assistants. Cependant, on constate déjà l'usage des enquêtes pour 
constater la coutume. 

Au moyen âge, les tribunaux n’ont qu’à faire appel à ceux qui les 
composent pour connaître la coutume. « Beaumanoir ne suppose pas 
un instant que le plaideur puisse avoir à prouver la coutume » et les 
jurisconsultes français ne se placent qu’au point de vue du juge. Le 
plaideur peut alléguer la coutume, mais il n’est pas obligé de la prou¬ 
ver : c’est au juge à s’éclairer en consultant des collègues, les écrits 
des praticiens ou en ordonnant des enquêtes qu’il dirige à son gré. 
Cependant, une évolution se prépare au sein de la Curia regis : les 
enquêtes vont se faire par turbe et les plaideurs pourront eux-mêmes 
désigner les témoins de la turbe. Si les turbiers sont unanimes à affir¬ 
mer l’existence d'une coutume, le juge doit en tenir compte. Quant 
au Parlement, il garde la haute main sur la preuve de la coutume, il 
ordonne ou refuse l’enquête. 

A partir de la seconde moitié du xiv* siècle prévaut le principe que 
la coutume notoire, c’est-à-dire que tout le monde connaît et que le 
juge a déclarée telle, n’a pas besoin de démonstration tandis que la 
coutume privée doit être prouvée par les plaideurs. Si le tribunal ne 
connaît pas la coutume alléguée, il peut recourir à deux principaux 
moyens d’information et de preuve : l’enquête testimoniale et les 
textes écrits. Dans l’enquête, le juge recherche les faits, actes d’usages 
et sentences antérieures, qui concluent à l’existence de la coutume 
invoquée. M. Pissard s’étend sur ces enquêtes judiciaires et sur les 
enquêtes par turbe relatives aux coutumes dans les pays de droit écrit 
et dans ceux de droit coutumier, avant et après les réformes procé¬ 
durales de saint Louis et le règlement de 1270. Il décrit le domaine 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


628 


BIBLI06EAPHIE. 


géographique et l’extension progressive de l’enquête par turbe ; réser¬ 
vée d'abord aux pays de coutume, elle n’y pénétra pas partout à la 
même époque, puis elle gagna jusqu’au pays de droit écrit. Pendant 
cette période, la coutume, traitée dans la procédure plutôt comme le 
fait que comme le droit, suit ordinairement les règles propres aux 
allégations et à la preuve des faits, mais l’enquête par turbe se déta¬ 
cha bientôt du reste de la procédure. 

Au xv« siècle, « l’enquête sur la coutume se présente toujours 
comme un incident qui peut surgir à.tout moment de la procédure et 
qui doit être vidé dès qu’il a surgi, sur lequel une enquête est pres¬ 
crite par un jugement interlocutoire rendu à la requête des deux plai¬ 
deurs ». < Les dérogations au droit commun commencent à se pro¬ 
duire sitôt après la nomination des commissaires chargés d’enquêter 
sur la coutume ». C’est à ces commissaires que saint Louis avait 
réservé l'élection des turbiers, mais dès le début du xiv* siècle les 
parties eurent le droit de les produire elles-mêmes. Il fallut bientôt 
fixer un minimum et, dans le ressort du Parlement de Paris, on admit 
le chiffre de dix turbiers pour une turbe ; quant au maximum, il ne 
fut déterminé qu’au xvi*; les juristes le fixèrent à dix turbes de dix 
témoins chacune : chaque turbe ne comptant que pour un seul témoin. 
Ces témoins spéciaux, à partir du xv* siècle, sont presque toujours 
des professionnels, des jurisconsultes ou des gens de métier; les textes 
des coutumes et les pièces de procédure nous montrent que déjà le 
rôle de turbiers reste dévolu ordinairement aux avocats, et cela per¬ 
siste aux xvi e et xvn* siècles. Naturellement, le tribunal tient compte de 
la qualité des turbiers pour attribuer à leur témoignage plus ou moins 
de valeur. Dans chaque turbe, il faut l'unanimité, « si un seul des 
turbiers est d’un avis divergent, la turbe entière ne compte pour rien. * 
Les commissaires de la cour n’ont qu'à lui faire un rapport fidèle et 
celle-ci décide sans être nécessairement liée par la décision de la 
turbe. En vertu de la célèbre formule testis unus, testis nullus , on 
exigea dans la pratique, au xv* siècle, au moins deux turbes, et cette 
doctrine fut confirmée par l'ordonnance de Blois en 1498. 

La rédaction des coutumes et ses conséquences en ce qui concerne 
leur preuve en justice attire forcément l'attention de M. Pissard. L’or¬ 
donnance de Montils-les-Tours (1453) avait bien déclaré qu’à l’avenir 
les registres officiels seraient considérés comme seuls modes de preuve 
de la coutume; cependant, il fallut bien admettre que les registres, 
le procès-verbal, ne faisaient foi que de l'état des coutumes à l'époque 
de la rédaction, et les plaideurs purent prouver qu’il y avait des omis¬ 
sions ; il y eut donc encore longtemps des enquêtes sur la coutume, 
mais l’organisation en fut réservée aux parlements et aux autres cours 
souveraines. On comprend cependant que la rédaction officielle des 
coutumes ait rendu rare l’usage des enquêtes par turbe, et l’ordon- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


629 


nance d’avril 1667 n’eut pas de peine à les faire disparaître définitive¬ 
ment. Lamoignon indiqua qu’il fallait revenir à la preuve du droit 
commun : les écrits et les témoins entendus séparément. Les tribu¬ 
naux, il est vrai, admirent aussi l’emploi de deux modes spéciaux de 
preuve : les certificats d’usage et les actes de notoriété. 

En appendice, l’auteur donne un important extrait du Formulaire de 
Guillaume de Paris sur la coutume et d’autres extraits plus courts 
provenant soit des jugés (X** 1, fol. 40), soit d'un manuscrit du Grand 
Coutumier, de la « Somme Rural » de Boutillier, du « Second notaire • 
de Papou ou du « Style des requestes du Palais » édité à la suite du 
« Vray style du Conseil privé » de Ducrot. Il termine par une bonne 
et abondante bibliographie dans laquelle une faute d'impression attri- 
bue au regretté M. Baudouin mon Histoire du Parlement de Paris , 
de l’origine à François / or , et, à ce sujet, je ferai remarquer à M. Pis- 
sard que c’est au tome II de cet ouvrage, p. 131, note 3 (et non p. 132, 
n°2), que je parle d’une troisième turbe appelée lorsque les deux pre¬ 
mières différaient d’avis. Au cours de son travail, il cite par leurs 
noms latins les canonistes et les glossateurs, mais il eût été bon d’in¬ 
diquer en note que Bartholomæus Brixiensis, Johannes Teuto- 
nicus, Hostiensis , Panormitanus, etc..., désignent Barthélemy de 
Brescia, Jean Semeca ou Zemeka, Henri de Suse et Nicolas de Tude- 
schis, etc., Johannes Faber, Johannes Andréas... Jean Faure, Jean 
André. 

L’étude de M. Pissard, intéressante et claire, est bien documentée; 
la discussion des textes et des théories précise, sans inutiles lon¬ 
gueurs, tout en étant presque toujours suffisante ; elle rendra de réels 
services; il faut donc remercier le savant auteur de l’avoir entreprise 
et conduite d’une manière aussi satisfaisante. 

Félix Aubert. 

D r Vincent Samanek. Kronrat und Reichsherrschaft im i3. und 
ik. Jahrhundert. Berlin et Leipzig, W. Rothschild, 1910. Gr. 
in-8 # , ix-203 pages. (Fasc. 18 des Abhandlungen zur mittle- 
ren und neueren Geschichte.) 

Le livre de M. Samanek essaie de déterminer ce qu’était aux xm® 
et xiv # siècles le Conseil privé du roi de Germanie, dont la souverai¬ 
neté se confondait avec celle du chef de l’Empire. En d'autres termes, 
il étudie la part que la cour de l’empereur-roi prenait à l'administration 
directe du pays. L’auteur s’occupe depuis longtemps de ce sujet, 
comme en témoignent divers articles déjà publiés. On peut donc a 
priori le considérer comme particulièrement qualifié pour en parler 
d’ensemble. 

Après avoir critiqué la théorie de Seeliger, qui fait sortir le Conseil 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



630 


BIBLIOGRAPHIE. 


privé (Kronrat) du personnel ordinaire du palais (Familiaritætsver- 
band), M. Samanek nous montre (ch. i) comment, à l’origine, les 
obligations de conseil et de service militaire du vassal envers son 
suzerain suffirent à donner naissance au personnel du palais. Mais, 
dans le Conseil privé, il y a quelque chose de plus : un élément prin¬ 
cier prédomine. En outre, au temps des Hohenstaufen, ce Conseil se 
trouve soumis sur le sol italien, où réside le plus souvent Frédéric II, 
à des conditions particulières d’existence, dont l’effet se constate 
encore après le grand interrègne. 

Le chapitre h poursuit cette étude sous Henri VII et le chapitre m 
sous Charles IV et Wenceslas. Ces deux chapitres, il n'est guère 
possible de les résumer ici, car ils ne peuvent être bien compris qu'à 
l’aide des développements que leur donne l'auteur. Disons seulement 
qu’il distingue soigneusement le Kronrat du Hoftag , note les influences 
étrangères qui s'exercent, constate l’importance croissante du Conseil 
privé après 1313, étudie son fonctionnement comme cour de justice et 
les transformations qu’il subit sous l’action des événements politiques ; 
enfin démontre (ch. rv) le rôle qu’a joué parfois ce Conseil comme 
délégué et représentant du chef de l’Empire. 

Le travail de M. Samanek, extrêmement fouillé, me semble avoir, 
pour la connaissance du sujet dont il traite, l’importance qu’a eue 
chez nous naguère l 'Étude de M. Noël Valois sur le Conseil du roi. 

Alfred Leroux. 

i 

La Faculté de théologie de Paris et ses docteurs les plus 
célèbres, par l'abbé P. Feret,... Époque moderne. T. VI : 
XVIII* siècle : Phases historiques. Paris, A. Picard et fils, 
1909. In-8°, 417 pages. 

Voici déjà plusieurs années que le respectable abbé Feret a entrepris 
ce gros travail qu’est l’histoire de l’une des Facultés de l’antique Uni¬ 
versité de Paris, celle de théologie, et que chaque année voit éclore 
un volume nouveau, consciencieusement élaboré, nourri comme ses 
aînés de renseignements utiles, parfois difficiles à trouver pour ceux 
que la curiosité ou le hasard des recherches conduit à désirer se docu¬ 
menter sur tel ou tel personnage ayant appartenu à la docte Faculté. 

J’aurais souhaité pour le repos de l'auteur que ce volume fût enfin 
le dernier, mais M. l’abbé Feret, en scrupuleux annaliste, nous laisse 
l’espoir d’un 7® volume. 

Il ne nous appartient pas d’anticiper; nous constaterons donc que le 
tome VI contient d'intéressants chapitres sur des questions heureu¬ 
sement épuisées, mais qui ont passionné souvent, à tort ou à raison, 
nos arrière-grands-parents, ceux du moins d’entre eux qui se lais¬ 
sèrent aller au jansénisme, à moins que gallicanistes, voire même 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 


631 


philosophes et souvent sceptiques. C'est Buffon, Montesquieu, Pope, 
Helvetius, J.-J. Rousseau, Marmontel et autres qu'on est bien étonné 
de trouver en cet ouvrage et dont M. l'abbé Feret marque et apprécie 
l’influence bonne ou perverse. 

L’œuvre de M. l'abbé Feret représente, sans contredit, un bien 
grand labeur et de patientes recherches « tantæ molis erat >; qu’il me 
permette de souhaiter lui voir terminer cette histoire d’une Faculté 
qui n'est plus, tout au moins sous la forme d’an tan. 

Édouard de Gigord, 8. J. Les Jésuites d’Aubenas (i60i-i762). 
Paris, Picard [1910]. In-8°, 504 pages, 1 carte, 2 plans et 
22 gravures. 

L’auteur de ce livre consacre un premier chapitre aux « Précurseurs 
(1588-1601) ». Il nomme ainsi les missionnaires que le collège de 
Tournon envoya dans la ville d’Aubenas pendant la courte période où 
elle fut au pouvoir des catholiques, c’est-à-dire de 1587 à 1593. Au 
mois de février 1593, Aubenas fut surpris par les calvinistes qui 
massacrèrent le P. Jacques Salez et son compagnon le F. Guillaume 
Sautemouche. Le R. P. de Gigord résume l’histoire de leur martyre 
d’après les travaux récents de MM. Mazon et Jules Blanc et donne en 
appendice un extrait des Notes sur les Huguenots du Vivarais, par 
M. Mazon, concernant ce sujet. 

La résidence d’Aubenas date de 1601 ; elle fut obtenue du P. Général 
par Guillaume-Louis de Modène, marquis de Montlor et seigneur 
catholique de la protestante ville d'Aubenas. Le collège, établi en 1603 
dans une maison donnée par le cardinal de Joyeuse, fut d’abord un 
établissement des plus modestes, qui ne comprenait que deux classes. 
En 1617, une troisième classe fut créée grâce au clergé et aux notables 
de la ville qui assurèrent une rente de 200 livres pour son entretien. 
La même année, une bulle de Paul V unissait au collège le petit 
prieuré de Sainte-Croix-sous-Aubenas, d’un revenu de 300 livres, et, 
quatre ans plus tard, le P. Général, Mutio Vitelleschi, autorisait la 
transformation de la résidence en collège. Mais les missions conser¬ 
vaient encore dans la résidence d'Aubenas une importance au moins 
égale à celle du collège. Le P. de Gigord établit très bien, à ce sujet, 
que, contrairement à la légende propagée par le Mercure françois , 
il n’y eut pas de conversion en masse des habitants d'Aubenas opérée 
manu militari en 1627 par François d’Ornano-Mazargues, beau-frère 
de la dame d’Aubenas. L'auteur démontre également que, contraire¬ 
ment à l’opinion reçue jusqu'ici, Marie de Montlor, veuve du maréchal 
Jean-Baptiste d'Ornano, n’est pas la fondatrice du collège : l’acte du 
17 septembre 1638 fut inexactement intitulé « Fondation du collège »; 
il ne contient qu’une donation « pour parfaire la fondation dudit col- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


632 


BIBLIOGliPHIE. 


lège ». Marguerite de Montlor, femme de François d’Ornano-Mazargues 
(à la fois sœur et belle-sœur de Marie) mériterait autant ce titre, et 
c’est en toute justice que le P. de Gigord place au premier rang des 
bienfaiteurs du collège le pays de Vivarais, dont les Etats votèrent 
constamment d'importantes allocations aux Jésuites d'Aubenas. 

Le chapitre consacré à la monumentale église du collège contient 
de précieuses indications sur la construction de l'édifice, sur ses pein¬ 
tures (œuvres du Tournonnais François Sevin) et sur ses boiseries ; 
on y voit à l’œuvre « deux hommes qui ont occupé la plus grande 
place dans ce collège depuis son origine jusqu’à sa suppression : le 
P. François Deydier et le P. Antoine-Hercule de Vogüé, plus connu 
sous le nom de P. de Rochecolombe ». Ce dernier parait être l’auteur 
du plan de l'église. 

Le collège lui-méme fut complètement reconstruit en 1731 et 1732. 

Sur l’enseignement et la vie à l’intérieur du collège, le P. de Gigord, 
tout en reconnaissant que « nos documents sur l’histoire littéraire du 
collège d’Aubenas sont très pauvres », donne des détails d'un intérêt 
véritable. 

Une note complémentaire résume l’histoire du collège depuis l’ex¬ 
pulsion des Jésuites jusqu’à nos jours. Collège ecclésiastique de 1762 
à la Révolution, il devint école primaire en 1793 et on n'y conserva que 
les professeurs indispensables pour recevoir < les jeunes citoyens qui 
se présenteront sachant déjà épeler les mots ». En 1802, on y établit 
une école secondaire qui fut dirigée presque constamment par des 
ecclésiastiques jusqu’en 1852. A cette date, Mgr Guibert, alors évêque 
de Viviers, obtint d’y installer son petit séminaire qui fut remplacé en 
1866 par une école de Frères. Ceux-ci durent céder la place en 1879 à 
une école municipale de filles qui occupa le local jusqu’en 1904. 

Un copieux appendice renferme des documents sur les martyrs 
d'Aubenas, sur la résidence et le collège et sur la mission du P. Jean- 
François Régis (saint Régis) à Saint-Laurent-sous-Coiron, en mai 
1634. Il se termine par un catalogue alphabétique du personnel du 
collège, antérieurement à 1762, et par un catalogue chronologique des 
Jésuites morts à Aubenas. 

L’auteur a consulté pour cet important travail les sources les plus 
variées et les a indiquées avec une précision suffisante. En dehors 
des archives départementales de l'Ardèche (qui conservent un fonds 
du collège d’Aubenas) et des archives municipales d’Aubenas, il a 
dépouillé celles de l’évéché de Viviers, celles de la Compagnie de 
Jésus (et principalement les Lettres annuelles qui contiennent un 
grand nombre de détails, parfois vagues, mais souvent très précieux) 
et a connu des pièces des archives d’État, à Rome. De nombreuses 
communications particulières lui ont en outre fourni des pièces tirées 
d'études notariales ou d’archives privées. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


633 


Nous ne pouvons être de l’avis du P. de Gigord lorsqu’il se dit 
tenté (p. 160) « de voir un membre de la famille d’Astorg dans le 
« noble et puissant Charles d’Astory (Astorici) », cité comme bailli de 
Vivarais de 1462 à 1465 dans une pièce moderne de la collection de 
Languedoc (Bénédictins 71). Il s’agit de Charles des Astars, dont la 
carrière est bien connue. 

Il nous faut encore signaler une inadvertance de l’auteur (p. 157) 
qui confond Marie de Montlor, maréchale d'Ornano, avec sa nièce 
Marie d’Ornano, prieure de la Villedieu. 

Par le peu d’importance de ces critiques, on peut juger la valeur de 
l’ouvrage du P. de Gigord. Son travail, documenté avec richesse, je 
dirais presque avec luxe, se présente néanmoins sous une forme facile, 
agréable et sobre. 

Il faut encore savoir gré au P. de Gigord d’avoir complété son livre 
par des plans précis et de l’avoir orné de nombreuses phototypies, 
représentant l’intérieur de l’église du collège et spécialement les boiseries 
des autels et les fresques de la coupole : en effet, les boiseries ont été 
récemment enlevées pour être déposées dans l’église paroissiale d’Au- 
benas; quant aux peintures, elles sont aujourd’hui détruites, avec 
l'église elle-même, dont la démolition est accomplie depuis peu. 

A. Le Sourd. 

Jean Audouard. Le Monitoire. Paris, H. Daragon, 1909. In-8°, 
21 pages. (Édition de la Revue Provincia.) 

Le Monitoire était un ordre du juge d'église affiché à la porte des 
paroisses, lu au prône, qui ordonnait aux fidèles, sous peine d’excom¬ 
munication, de déclarer à leurs curés ce qu’ils pouvaient savoir au 
sujet d’un crime ou d’une affaire civile d'une gravité exceptionnelle. 
En usage dès le xii* siècle, il disparut en 1790; un décret du 10 sep¬ 
tembre 1806 le rétablit, mais à partir de 1814 il n’en fut plus question. 
Les renseignements recueillis,—on les appelait révélations,—étaient 
transmis cachetés et scellés au procureur général. M. Audouard donne 
d’intéressants détails, un peu trop succincts, sur le Monitoire au 
xviii* siècle. Les parties intéressées pouvaient seules le demander; on 
ne devait nommer ni désigner personne, n’employer que le terme 
vague de « quidam » et recourir à la forme interrogative. L'autorité 
judiciaire punissait par la saisie du temporel l’official et les curés qui, 
régulièrement requis par elle, refusaient un monitoire. Dans son ins¬ 
tructive brochure, M. Audouard reproduit deux en-têtes de monitoires 
du xvm e siècle conservés au musée Sextien. Il a raison de conclure 
en disant que l’étude des monitoires ferait un excellent sujet de thèse ; 
on y rencontre en effet des narrations criminelles précieuses à con¬ 
sulter : puisse son appel être entendu. 

F. Aubert. 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



634 


BIBLIOGRAPHIE. 


Jean Audouard. Un drame passionnel à la fin du XVIII • siècle. 
Le crime du marquis d’Entrecasteaux, président à mortier 
au Parlement de Provence (H8k), d’après les archives du Par¬ 
lement de Provence et des documents inédits. Paris, Henri Dara- 
gon. In-8°, 188 pages. 

Ce beau volume, orné de huit planches hors texte et d’un fac-similé 
d’autographe, illustrations inédites empruntées à des collections par¬ 
ticulières, offre tout l’attrait d’un roman. La qualité du criminel, le 
rang de sa famille, une des plus estimées de la Provence, et la consi¬ 
dération dont jouissait la douce victime, d’antique noblesse elle aussi, 
firent de ce drame épouvantable une affaire sensationnelle en France 
et dans une partie de l’Europe. 

Né à Aix le 19 juillet 1758, conseiller au Parlement de Provence le 
4 mai 1776, Jean-Baptiste-Raymond-Joseph-Guillaume Bruno de 
Bruny, marquis d’Entrecasteaux, fut admis le 11 juillet 1782 comme 
président à mortier avec rang, séance et voix délibérative, en survi¬ 
vance de son père. Beau, distingué, lettré, homme du monde et homme 
d'esprit, il méritait la sympathie de tous; à peine âgé de dix-huit ans, 
il avait épousé, en novembre 1776, Angélique-Pulchérie de Castellane 
Saint-Yves qui en avait dix-neuf. Ce mariage d’argent fut d’abord des 
plus heureux : la beauté, la grande douceur, la modestie et la charité, 
les qualités de cœur et d'esprit de la jeune femme retinrent quelque 
temps le jeune magistrat; mais, dès que son père eut quitté Aix pour 
aller à Paris et surtout dès que, par malheur, il eût fait la connais¬ 
sance de la provocante M me de Saint-Simon, veuve d’un conseiller, 
plus âgée que lui, mais qui le domine et qu’il veut épouser, la vie 
conjugale devint un enfer. Cependant, en dépit des plus rudes 
épreuves, des menaces les plus pénibles et même de deux tentatives 
d’empoisonnement, jamais la marquise ne cessa de se montrer 
aimante, attachée à ses devoirs et d’une admirable patience. Parvenue 
à un tel degré de vertu, elle demeurait résignée, attendant que son 
indigne mari revint à de meilleurs sentiments et elle paya de sa vie 
cette confiance qui nous émeut. Le 8 mai 1784, on la trouvait baignant 
dans son sang, la gorge tranchée à coups de rasoir! Le crime avait 
été consommé avec une froide cruauté et, pour dérouter la justice, par 
une habile mise en scène, on avait simulé un vol. Quant au président 
d’Entrecasteaux, il affecta « la sérénité de l’innocence voilée d’une 
feinte douleur » ; après avoir essayé de faire croire à un suicide, il 
insista sur le vol simulé, mais ces ruses furent inutiles. Bien vite le 
lieutenant général criminel, Lange de Saint-Sufïren, et le procureur 
général du roi, Le Blanc de Castillon, eurent la conviction que l’as¬ 
sassin n’était autre que lui-méme et dirigèrent à merveille l’enquête. 
La vénération dont on entourait la victime, sa notoriété, celle de 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


635 


l’assassin et les hautes fonctions qu’il remplissait donnèrent à cette ter¬ 
rible affaire un immense retentissement. Les perquisitions adroitement 
menées confirmèrent le lieutenant général criminel dans sa première 
idée et toutes les hésitations cessèrent quand, le 3 juin, on apprit la 
fuite précipitée du président. Ne se sentant pas en sûreté, celui-ci 
s’était réfugié à Nice puis à Gènes, où il s’embarqua pour Lisbonne. 
Le Parlement de Provence fit les plus louables efforts pour arriver à 
l’arrêter et le ministre des Affaires étrangères, le célèbre Vergennes, 
mit tout en œuvre pour obtenir son extradition. Ce fut sans succès. 
Incarcéré à la prison de Limoerio, le jour même de son débarquement 
(17 juillet), le marquis d’Entrecasteaux adressa, le 23 août, à la reine 
de Portugal une longue lettre, sorte de confession générale, imprégnée 
de la fastidieuse sensibilité de l'époque, lettre cynique dans laquelle 
il ne manifeste de véritable émotion que pour « l'âme divine » de 
M me de Saint-Simon. En terminant, il affectait de réclamer le châti¬ 
ment suprême pour voir finir ses tourments, mais il espérait bien 
attendrir la reine et obtenir sa grâce. Le gouvernement portugais 
refusa de le livrer à la justice française et le maintint dans sa dure 
prison, où il mourut de fièvre maligne le 16 juin 1785, à l’âge de vingt- 
sept ans. Le lendemain, il fut enseveli dans l’église Saint-Martin. 

Pendant ce temps, le procès par contumace s’était déroulé réguliè¬ 
rement à Aix, sans tenir compte de la naissance ni du rang de l'accusé. 
En effet, comme le dit M. Audouard, en matière criminelle, les juges 
des parlements demeuraient toujours incorruptibles. Le 17 novembre 
1784, l’arrêt avait été rendu : d’Entrecasteaux était condamné à faire 
amende honorable, puis à monter sur l’échafaud pour y avoir les 
poings coupés, les bras, les jambes, les cuisses et les reins rompus, 
enfin il resterait exposé sur la roue jusqu’à ce que la mort vint le déli¬ 
vrer. Le jour même eut lieu l’exécution en effigie, deux huissiers 
présents. Ce verdict impitoyable ne nous étonne pas, mais on eût 
aimé que M ma de Saint-Simon, l’instigatrice probable du crime, ait 
été poursuivie, bien que les preuves de sa culpabilité ne semblent pas 
faciles à rassembler. 

A la suite des pièces justificatives, M. Audouard a inséré un très 
bon dictionnaire biographique alphabétique de tous les personnages 
cités, un arbre généalogique de la famille Bruny-d’Entrecasteaux et 
la bibliographie. 

Cette étude, des plus intéressantes, est composée à l’aide de docu¬ 
ments de premier ordre et la lecture en est vraiment attrayante. 
M. Audouard, si familiarisé avec l’histoire des dernières années du 
Parlement de Provence, devrait nous donner l’histoire complète de 
cette célèbre cour souveraine : nul ne semble plus capable que lui de 
mener à bonne fin un semblable travail. 

Félix Aubert. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



636 


BIBLIOGtAPHIE. 


D r Victorin Laval. Lettres inédites de J.-S. Rovère, membre 
du Conseil des Anciens , à son frère Siméon-Stylite , 

ex-évêque constitutionnel du département de Vaucluse. 
Paris, H. Champion, 1908. In-8°, ix-310 pages. 

C’étaient deux bien étranges personnages que les frères Rovère, et 
tels que les révolutions en poussent au premier rang. L’aîné, Joseph- 
Stanislas, 61s d’un petit hobereau de Bonnieux dans le comté Venais- 
sin, avait commencé par changer son nom patronymique de Royère en 
Rovère, afin de se rattacher aux Rovère, ducs d’Urbino. Il s'était 
ensuite affublé d'un titre de marquis, avait trempé dans des affaires 
louches, tout en suivant très irrégulièrement la carrière des armes. A 
la Révolution, il avait dépouillé le vieil homme et s’était fait le pro¬ 
tagoniste des nouvelles idées. Beau parleur, exerçant un charme réel 
sur les foules, il se fit envoyer par ses compatriotes comme député à 
l’Assemblée législative et à la Convention. Adulateur de Robespierre, 
il se tourna à temps contre lui et fut de ceux qui gagnèrent après le 
9 thermidor une situation plus belle. Membre du Conseil des Anciens, 
très influent dans les comités, il eut la malheureuse idée d’être hostile 
par dépit aux membres du Directoire. Aussi le coup d’État du 18 fruc¬ 
tidor lui fut-il fatal et alla-t-il expier à la Guyane le crime d’avoir été 
moins heureux que ses adversaires. 

Son frère, Siméon-Stylite, prit une moins grande envergure. Ce 
n’est pas qu’il n’ait été tout aussi ambitieux ; mais les événements ne 
le servirent pas aussi bien. Il était vicaire général de l’évêque d’Apt 
en 1789. Il embrassa avec non moins d’ardeur que son frère les principes 
de la Révolution et sut se faire une place notable dans les assemblées 
constituées avant l’annexion par les communautés du Comtat unies À 
la ville d’Avignon. Son zèle déborda même sur les départements voi¬ 
sins; il devint vicaire de l'évêque constitutionnel du Gard et président 
de l’administration du district de Nimes. Lorsque le département de 
Vaucluse fut constitué (26 juin 1793), il fut tout naturellement porté 
par les suffrages de ses compatriotes à l’évêché d’Avignon. Mais les 
événements se précipitaient : même le clergé constitutionnel devenait 
suspect. Le nouvel évêque s’empressa donc d’abdiquer (14 février 1794), 
après quatre mois et huit jours d’épiscopat. Il obtint une compensa¬ 
tion avec le poste de vice-consul à Livourne. Il ne l'occupa guère et 
fut obligé de rentrer à Avignon, où il eut, à son tour, la douleur de 
se voir arrêter comme complice des agissements de son frère. 

La perquisition que l’on opéra chez lui fit découvrir 116 lettres que 
lui avait adressées le député au Conseil des Anciens depuis le 11 nivôse 
an IV jusqu'au 28 thermidor an V. On espérait y trouver la preuve 
des agissements contre-révolutionnaires des deux frères et de leurs 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 637 

relations avec les royalistes. Une copie en fut donc adressée immé¬ 
diatement au Directoire exécutif. 

Ce sont ces lettres que le D r Laval a eu l’excellente idée de publier, 
en les annotant très copieusement. Mais ne fallait-il pas faire con¬ 
naître d’une façon précise les personnages mis en cause et leurs rela¬ 
tions avec les Rovère, ne fallait-il pas indiquer pour l’intelligence de 
cette correspondance les événements auxquels il n’était fait que des 
allusions plus ou moins rapides? 

A vrai dire, la politique tient une place assez restreinte dans les 
lettres du député Rovère. Ce qui l’intéresse davantage, ce sont ses 
propres intérêts. Sur ce chapitre, il est intarissable, il multiplie les 
recommandations, il est d’une minutie extrême : entretien de ses 
domaines, acquisition de biens nationaux, accroissement de sa fortune, 
telles sont ses principales préoccupations. 

Il lui faut aussi apaiser les impatiences de son frère, qui s’est vu 
déposséder successivement de son évêché et de son consulat. Il 
entretient donc ses espérances, fait miroiter à ses yeux les avantages 
matériels que la Révolution lui a déjà valus et ceux qu'elle va encore 
lui procurer. L’ex-évéque a des scrupules pour se lancer dans telle 
ou telle affaire : le député n'en a aucun et il s’efforce de persuader son 
frère d'adopter une même ligne de conduite. 

Les lettres qui ont fait l'objet de cette publication, surtout agré¬ 
mentées des notes du D r Laval, font apprécier aussi la situation du 
département de Vaucluse; car c’était aussi un des soucis des deux 
frères d’y maintenir leur crédit. Leur fortune politique dépendait trop 
des sentiments des patriotes vauclusiens à leur égard. A ce titre donc, 
cette correspondance est fort instructive. 

Le D r Laval annonce que cette édition est la préface d’un ouvrage 
important qu'il consacrera à Joseph-Stanislas Rovère. Nul n’est mieux 
préparé que lui à l’écrire : il a amassé tant de documents sur ce per¬ 
sonnage et son entourage qu’il est en mesure de lui consacrer un 
livre de très grand intérêt. On ne peut que souhaiter de le voir promp¬ 
tement se mettre à l’œuvre. 

L.-H. Labande. 

Saint-Valéry de la Ligue à fa Révolution (1589-1789), par 
Adrien Huguet. Paris, Champion, 1909.2 vol. in-8°, flg. (Extrait 
des Mémoires de la Société d’histoire et d'archéologie du 
Vimeu.) 

En un peu plus de douze cents pages, M. Huguet nous raconte l’his¬ 
toire de Saint-Valéry de 1589 à 1789. L'introduction nous mène aux 
origines légendaires de la ville, qui est le pays natal de l’auteur; on 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


Digitized by Google 



638 


BIBLIOGUPHIB. 


ne le sent que trop. Ce Valericain fidèle nous entretient de Leucone, 
Leuconaus , vieux nom que plusieurs ont cru grec (Xmièç vaO<), d’au¬ 
cuns celtique. Il figure pour la première fois dans un diplôme de 
Dagobert, de 536, reconnu faux depuis la pénétrante étude de notre 
confrère Clovis Brunei 1 . C’est une base fragile pour affirmer « l’ori¬ 
gine grecque indiscutable » de Saint-Valéry. Un mémoire, jadis 
fameux, de M. André de Poilly est encore à lire, pour se convaincre 
des écarts où l'imagination, — cette folle du logis, — peut conduire 
un professeur de grec, qui prétend trouver, sans intermédiaire, des 
vestiges de la langue d'Homère et de Thucydide dans le franc parler 
des paysans picards*, mais il ne suffit pas à couvrir la partialité de 
M. Huguet. Celui-ci résume d’ailleurs, — et avec beaucoup de charme, 
— jusqu’au xvi e siècle, ce qu’ont écrit ses devanciers : Florentin Lefils, 
Ernest Prarond, l’abbé Caron. L’histoire de Saint-Valéry au moyen 
âge n’était pas à tenter. Les documents sont trop suspects. Une Vte 
de saint Valéry, source jusqu’ici capitale, vient d’étre restituée, par 
M. Bruno Krusch, à son inventeur, un moine du xi« siècle; M. Clovis 
Brunei a établi qu’en présence des titres anciens de l'abbaye de Saint- 
Valéry « toute présomption devra être pour leur imposture ». 

Aussi M. Huguet agit-il sagement en commençant son livre en 
4589. Dès lors, comme il s’appuie sur des documents incontestés, il 
peut faire œuvre solide et, sur la plupart des points, définitive. Ses 
sources sont, avant tout, les registres des délibérations de l'échevinage, 
de 4594 à 4725, retrouvés récemment dans les combles de l’hôtel de 
ville de Saint-Valéry, avec quelques liasses des comptes des Argen¬ 
tiers. Joignez-y des minutes de notaires, patiemment explorées, et 
quelques actes tirés des archives d’anciennes familles valericaines : 
on pressent tout ce que le livre de M. Huguet peut apporter de 
nouveau pour l’histoire des mœurs et pour l’histoire économique de 
la ville picarde. Mais, non content de dépouiller les archives locales, 
l’auteur s’est rendu à Amiens, aux Archives départementales, puis à 
Paris, où il s’est pleinement convaincu de tout ce que plusieurs 
manuscrits de la Bibliothèque nationale et les séries B 1 * , B s , C 4 , C 5 , 
D J , F a des Archives nationales pouvaient fournir à l’histoire seigneu¬ 
riale et surtout à l’histoire maritime de sa ville. 

A n’embrasser qu'une période de deux cents ans, le livre de 
M. Huguet gagne en précision et en saveur. L’ouvrage capital d’Er- 

1. Les Actes faux de T abbaye de Saint-Valéry, Moyen-Age, 2* série, t. XII 
(mare-avril et mai-juin 1909). 

2. Recherches sur une colonie massilienne établie dans le voisinage de 

Tembouchure de la Somme (Mémoires de la Société d’émulation d’Abbeville, 

1844-1848, p. 69-159). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


639 


nest Prarond, la Ligue à Abbeville, a servi l’auteur dans le récit 
des sièges meurtriers qu’eut à subir la ville, prise et reprise vingt 
fois par les catholiques et les protestants. Mais, dès 1594, il marche 
sans guide, en la seule compagnie, comme il nous l’apprend, des 
scribes ordinaires de l’échevinage, du greffier, du procureur fiscal et, 
dans certaines occasions, du maïeur lui-même. Alors il ne dit que ce 
qu’il sait pour l’avoir déchiffré sur un registre jauni ou sur une minute 
authentique. 

La première partie de l’ouvrage s’arrête à 1600. Les trois divisions 
suivantes embrassent le xvn® et le xvin* siècle, une cinquième partie 
est consacrée au commerce et à la marine. 

Le livre se refuse à l’analyse; c’est plus une chronique qu’une his¬ 
toire. L’érudit trouvera à puiser dans ce recueil de faits, tous caracté¬ 
ristiques de la vie d’une ancienne ville de province, doublée d’un port 
de commerce. Les curieux s’attarderont aux consciencieuses études, 
bourrées d’extraits des registres de l’échevinage, sur les mœurs, usages 
et coutumes. Un chapitre de la seconde partie, intitulé : le Parnasse 
valericain , nous révèle, à Saint-Valéry, un mouvement littéraire 
insoupçonné, dont le curé Jacques Leclercq (né en 1589) fut l’àme. 
Par ces quelques points, le livre de M. Huguet atteint à l’histoire 
générale; il y touche encore par sa cinquième et dernière partie. 
L’histoire du port de Saint-Valéry toujours menacé d’ensablement et, 
malgré tout, florissant, à cause de sa situation géographique, est exposée 
avec précision. Les anciens quais se repeuplent et vivent sous nos 
yeux. Nous entendons s’invectiver les « boutteurs et avaleurs de vin » 
et les « paqueresses de harengs », corporations bruyantes qui incar¬ 
nèrent, aux xvi e et xvii° siècles, la vie commerciale et maritime de 
Saint-Valéry. Grâce aux actes notariés, nous savons la dimension des 
embarcations, leur prix de vente, les noms des capitaines. L’arrivée 
à Abbeville, en 1665, de Josse van Robais, les innovations de Colbert 
donnèrent au commerce valericain un nouvel essor. Au xvin* siècle, 
la ville était à son apogée. Elle jouissait, avec Calais, du monopole 
pour la réception des draps anglais. Par des documents officiels, aussi 
bien que par de nombreux extraits de correspondances privées, 
M. Iluguet nous fait apprécier dans toute son étendue le trafic qui 
reliait alors Saint-Valéry aux grandes villes maritimes du continent. 

Cette gloire est morte. Malgré les efforts tentés par Napoléon I er et 
Louis-Philippe pour rendre à Saint-Valéry sa prospérité ancienne, le 
port s’ensable de plus en plus; délaissée par le flot, la vieille ville, 
cependant, reste belle, surtout au crépuscule, lorsqu’elle se découpe 
sur le ciel. « Il semble, dit l’auteur, quelle veuille se détacher des 
agitations du présent pour se réfugier dédaigneusement dans l’ombre 
du passé et dans l’orgueil de ses souvenirs. » 


Digitized by 




Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


640 


BIBLIOGRAPHIE. 


Car, il faut l’ajouter, M. Huguet, comme Ernest Prarond, son 
illustre compatriote, allie, à l’érudition, la poésie 4 . Son livre a le 
mérité et le charme de contenir de belles pages et d’étre écrit tout 
entier dans un style impeccable et attrayant, qui fait vite oublier 
l'épaisseur, au premier abord inquiétante, de ses deux volumes. 

Marcel Godet. 

Fouilles de Vésone : compte-rendu de 1908 [parM. Ch. Durand]. 
Périgueux, Joucla, 1910. In-8°, 31 pages, avec 4 plans et 
11 planches tirées à la phototypie (non mis dans le commerce). 

On trouvera consignés dans ce mémoire les résultats acquis pen¬ 
dant la troisième campagne des fouilles opérées, grâce à l'initiative 
éclairée de la municipalité de Périgueux, sur l'emplacement de l’an¬ 
tique Vésone. Ces résultats ne le cèdent en rien, pour le nombre et 
pour l’importance, à ceux qui ont été obtenus au cours des deux 
années précédentes et dont nous avons rendu compte ici même 1 2 . Les 
fouilles de 1908 ont consisté en : 1° recherches exécutées aux abords 
de la Tour de Vésone, et qui ont permis de reconnaître le dispositif 
encore ignoré des entrées du temple ; 2° explorations faites dans une 
partie et dans deux tours du mur de l’enceinte gallo-romaine de la 
Cité, mur construit en hâte, pour se garder de la furie des invasions, 
avec les matériaux du grand appareil provenant de la ville romaine, 
notamment des monuments funéraires qui s’y retrouvent en abon¬ 
dance, et dont, par suite, la composition est le meilleur témoin 
de l’histoire épigraphique et monumentale de Vésone; 3° recherches 
exécutées dans les jardins situés au sud de la Tour de Vésone et qui 
ont amené la découverte de l'impluvium d’un atrium , c’est-à-dire 
de la partie centrale d’une maison romaine, dont les substructions 
ont été recherchées et partiellement mises au jour. Ces fouilles ont 
permis de recueillir un certain nombre de monuments et objets 
d’importance, entre autres quatre cippes, une pierre tombale, plu¬ 
sieurs fragments d’inscriptions, une émeraude gravée, des mon¬ 
naies, plusieurs marbres, des débris d’ouvrages de poterie fine et com¬ 
mune. Les travaux, dirigés avec une méthode irréprochable par le très 
distingué adjoint au maire M. Durand, ont été retracés par lui dans 
un compte-rendu substantiel, imprimé avec luxe et enrichi d’illustra¬ 
tions exactes et bien venues, dans le texte et hors texte, qui sont 
également son œuvre. Cette publication honore autant son auteur 

1. Adrien Huguet, Sous les saules , avec une lettre-préface d’Auguste Dor- 
chain. Saint-Valeiy-sur-Somme, 1909, in-12. 

2. Voir pour 1906, t. LXVHI (1907), p. 376-377; pour 1907, t. LXIX (1908), 
p. 702-703. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


641 


que la ville de Périgueux. Elle incline à faire souhaiter de voir 
entreprendre ailleurs des investigations aussi heureusement conçues, 
exécutées avec autant de suite, aussi clairement exposées. 

R. VlLLEPELET. 

P. Gaucklbr, ancien directeur des antiquités et arts de la Tunisie. 
Rapport sur des inscriptions latines découvertes en Tunisie 
de 1900 à 1905. Paris, Impr. nationale, 1907. In-8°, 311 pages. 
(Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires , 
t. XV, fasc. 4.) 

Au fond du golfe de Bougrara se trouve la ville du même nom, l’an¬ 
cienne Gigthi. Déjà, en 1885, M. S. Reinach et notre confrère M. Ern. 
Babelon avaient exploré les ruines de cette cité. Dans les fouilles 
nouvelles qu’il a entreprises, M. Gauckler a dégagé toute la partie 
centrale de la ville antique avec les monuments publics. Parmi les 
inscriptions honorifiques découvertes dans le Forum, il en est une 
vraiment curieuse : c’est un fragment très mutilé d’un texte bilingue, 
latin et néo-punique. C’est le seul exemple d'un document officiel de 
l’époque romaine rédigé non seulement dans la langue des vainqueurs, 
mais encore dans la langue des vaincus. Ainsi donc, à la fin du 
H* siècle de notre ère, alors que Gigthi était déjà constituée en muni- 
cipe, la langue punique était encore employée conjointement avec le 
latin pour des documents officiels. Il semble qu’il en était de même 
dans toute la région des Syrtes. Le temple de Mercure, situé hors 
ville, a une ornementation très soignée. Les chapiteaux du portique 
présentent des festons de c&bles et des nœuds de cordages. Le temple 
renferme un certain nombre d’inscriptions intéressant le sanctuaire. 

A El-Djem, l'ancienne Thysdrus, a été trouvée une dédicace à la 
Lune, datée du règne d'Auguste. C'est l’un des plus anciens textes 
épigraphiques de l’époque romaine que l’on ait encore découvert en 
Afrique. Dans une autre inscription existant au même endroit, le 
titre peu usité de felix imperator donné à Maximien nous étonne au 
premier abord. Mais ceci ne doit pas nous surprendre si nous remar¬ 
quons que cette inscription a dû être dédiée à l’empereur Maximien à 
la suite de ses victoires contre les nomades révoltés des Syrtes*. 
L’tmperafor triomphant traversa alors Thysdrus pour rentrer en 
Italie. 

Dans un certain nombre de monuments du moyen âge, et notam¬ 
ment au château de Coucy, nous trouvons des marques de tâcherons. 
Il y en a également sur les pierres de taille employées à la construc¬ 
tion des piles du pont d’El-Bathan, à Tebourba. Les pierres du para- 

1. Cf. Cagnat, l’Armée romaine d’Afrique, p. 61. 

1910 41 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



642 


BIBLIOGRAPHIE. 


pet et du tablier, qui out été refaits à l’époque arabe, ne présentent 
aucune marque semblable. 

A Oued-Ramel, dans les fouilles de la basilique chrétienne de 
Sainte-Marie du Zit, le motif central du pavement d’une chapelle 
annexe représente un chantier de construction en pleine activité, 
peut-être celui de la basilique elle-même, « avec le surveillant, ou 
l’architecte, donnant ses ordres, un charpentier creusant une mortaise 
dans un madrier, un manœuvre versant l’eau d’une amphore, qu'il 
porte sur l'épaule gauche, dans une auge où un maçon gâche du mor¬ 
tier; un charretier maintenant immobiles les deux chevaux d’une 
araba à deux roues, de laquelle un portefaix décharge une colonne ». 

En défonçant le sol pour planter de la vigne dans le domaine de 
Bordj-el-Ioudi (anciennement Furni), l'on a découvert, en 1898, les 
restes d’un mausolée chrétien. Peu après, l’on a trouvé des mosaïques 
qui paraissent composer le pavement d’une basilique. Citons notam¬ 
ment la mosaïque de Jonas, le tombeau de l’archiàtre (médecin public 
rétribué par une municipalité) Cottinus, des tombeaux d’enfants. Ces 
enfants sont qualifiés innox. Si l’on a attribué parfois l'épithète d’in- 
nocens à des adultes, très souvent, au contraire, innocens sert à 
désigner un enfant. 

L’un des résultats les plus heureux obtenus par M. Gauckler a été 
la découverte de la basilique d’Henchir-Chegarnia (autrefois Uppenna). 
Cette église fut bâtie, avant l’invasion vandale, pour honorer la 
mémoire de martyrs locaux victimes des persécutions païennes et 
pour abriter leurs reliques. Elle se composait d’une construction rec¬ 
tangulaire à une nef et deux bas-côtés; au fond de la nef s’ouvrait 
une abside en cul-de-four; en face, du côté de l’entrée, juste dans 
l’axe central, une absidiole, moitié moins grande. Dans le pavement 
se trouvent encastrées les tombes des évêques Baleriolus et Honorius. 
L'on voit aussi une mosaïque indiquant les noms des martyrs. 

Avec l’aide d’un étranger ami de l’archéologie et de la France, 
M. Jensen, Danois, qui lui fournit généreusement les capitaux, 
M. Gauckler a pu faire creuser le sol à une profondeur assez grande 
pour retrouver les ruines du théâtre de Carthage. Au point de vue 
artistique et architectural, les fouilles ont été très fécondes. Parmi les 
nombreuses statues trouvées, il convient de citer surtout une statue 
colossale d’Apollon debout près d’un trépied. Au point de vue épigra¬ 
phique, la récolte a été moins heureuse, les inscriptions relatives au 
monument lui-même étant, sauf une seule, réduites en miettes. Ce 
théâtre a peut-être été construit au début du II e siècle de notre ère, 
sous le règne d'Hadrien. Il subsista jusqu’en 439, date de l’invasion 
des Vandales qui le détruisirent. 

L'emplacement du théâtre demeura longtemps à l’état de terrain 
vague où les habitants des quartiers voisins venaient jeter leur vais- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 643 

selle. M. Gauckler a retrouvé en cet endroit un millier de lampes 
d’argile. 

Lorsque Scipion s’empara de Carthage, il fit démolir l’arsenal 
punique. Deux dépôts de projectiles ayant, selon toute apparence, 
appartenu à cet arsenal, se trouvent à Carthage. Tous deux renfer¬ 
maient en abondance, recouverts par deux ou trois mètres de terres 
rapportées et de décombres, des boulets de pierre sphériques, grossiè¬ 
rement façonnés. Dans le second se trouvaient aussi d'énormes amas 
de balles de fronde en terre cuite. Ces projectiles sont certainement 
puniques, car sur plusieurs d’entre eux est gravée une lettre apparte¬ 
nant aux alphabets punique ou néo-punique, usités à Carthage au 
il* siècle avant notre ère. 

A l’entrée méridionale de la nécropole de Dermech ont été décou¬ 
vertes des anses d’amphores qui portent des marques de potiers 
puniques. D’autre part, sur la colline de l’Odéon, l’on a trouvé des 
anses d’amphores rhodiennes. 

En somme, de la lecture du rapport de M. Gauckler l’on tire cette 
conclusion que les années de son séjour en Afrique ont été très fruc¬ 
tueuses à tous les points de vue. Non seulement il a trouvé beaucoup 
d’inscriptions et reconstitué le plan de plusieurs forums, thermes et 
basiliques, mais encore il a découvert l'emplacement de l’Odéon de 
Carthage et surtout du théâtre de cette ville, de ce théâtre sans cesse 
cité par Tertullien, saint Cyprien et saint Augustin. 

Georges Lardé. 

C.-M. Briquet. Les Filigranes . Dictionnaire historique des 
marques du papier, dès leur apparition vers 1282 jusqu’en 
1600, avec 39 figures dans le texte et 16,112 fac-similés de fili¬ 
granes. Genève; Paris, Alphonse Picard et fils, 1907. 4 vol. 
gr. in-4°, 836 p. 

On a beaucoup discuté l’utilité pratique des travaux consacrés aux 
filigranes : dans quelle mesure ces marques peuvent-elles nous ren¬ 
seigner sur l’origine d’un papier, sur l’âge d'un manuscrit, sur le pays 
ou la localité où une page à été écrite? Autant de questions dont la 
solution est le plus souvent douteuse. Malgré tout, on est d'accord, en 
principe, sur l’intérét de cette étude, et nous devons grandement nous 
féliciter d’avoir aujourd'hui entre nos mains l’imposant ouvrage que 
lui a consacré, il y a plus de deux ans, un homme dont la compétence 
technique est hors de pair. 

Il est certain qu’en pareille matière l’autorité de M. Briquet prime 
toutes les autres ; voilà de longues années qu'il s’est mis au premier 
rang, parmi ceux qui étudient l'histoire du papier, par ses Recherches 
sur les premiers papiers employés en Orient et en Occident 




Original from 

NINTEKSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


644 

du X* au XIV• siècle et par une série de monographies consacrées 
aux filigranes. Les procédés adoptés par lui dans ses dépouillements, 
les méthodes qu'il a suivies, lui ont assuré la confiance de tous les 
érudits ; son grand ouvrage, né de l'activité à laquelle il a sacrifié sa 
vue, se place sans contestation en tète de tous les travaux similaires. 
Aucun de ses devanciers ou de ses émules n’a poussé aussi loin ses 
investigations ; certes, l’excellente monographie du professeur Charles 
Schmidt sur les papiers employés à Strasbourg de 1343 à 1525 con¬ 
serve tout son intérêt, et l’estime du monde savant reste acquise à 
d’autres mémoires relatifs aux filigranes; il suffira de rappeler ici les 
travaux importants de M. de Likhatchev. Mais en pareille matière 
personne, en ce moment, ne saurait rivaliser avec un auteur qui nous 
apporte 16,112 fac-similés de filigranes, représentant d'immenses 
recherches, poursuivies avec une rigueur admirable dans la plus 
grande partie de l’Europe. C’est avec la conscience la plus scrupuleuse 
qu'il a parcouru et dépouillé, pendant de longues années, les biblio¬ 
thèques et les dépôts d'archives de l’Italie, de la France, de l'Allemagne, 
de l’Autriche-Hongrie, de la Belgique et des Pays-Bas, et s'il n’est pas 
encore arrivé, après tant de recherches, à des conclusions définitives, 
du moins nous apporte-t-il un recueil aussi complet que possible. 
Chacun des volumes dont se compose son grand ouvrage comprend, 
dans sa première partie, la description des filigranes, classés par 
ordre alphabétique suivant les noms des objets qui s'y trouvent repré¬ 
sentés et accompagnés des indications d’origine et des mentions 
bibliographiques. Puis viennent, dans une nouvelle série, et sous les 
mêmes numéros d'ordre, les dessins eux-mèmes. Chaque type figure 
à sa place, avec ses variantes, la plupart du temps très nombreuses. 
On conçoit l'intérêt avec lequel un pareil recueil sera consulté par 
tous ceux qui étudient les papiers des anciens manuscrits et des incu¬ 
nables. 

Est-ce à dire que nous allons arriver, au sujet des filigranes, à des 
conclusions fermes? Dans beaucoup de cas, les doutes subsisteront, 
ainsi que l'ont justement observé les auteurs du catalogue des incu¬ 
nables conservés au British Muséum (Impartie, Londres, 1908; introduc¬ 
tion, p. xv), ce qui ne les a pas empêchés de dire combien ils regrettaient 
de n'avoir pas eu à leur disposition l’œuvre de M. Briquet. 11 faut 
bien reconnaître que beaucoup de filigranes ont été longtemps en 
usage, que les mêmes papiers ont pu être vendus et exportés dans 
des pays divers ou conservés pendant de nombreuses années en 
attendant d'être utilisés. On sait aussi qu'il n'est pas rare de rencontrer 
dans un même volume plusieurs marques de fabrique. L’histoire du 
papier n’est pas encore faite, et les conclusions pratiques que nous 
pourrons un jour en tirer sont réservées à nos successeurs; mais dès 
maintenant il reste acquis que dans des cas particuliers certaines 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


645 


marques parvenues jusqu'à nous ne peuvent pas être antérieures à une 
époque, et il nous semble qu’en attendant mieux ce résultat est fort 
important. Quoi qu'il en soit des progrès et des constatations nou¬ 
velles que l'avenir doit nous apporter, on peut affirmer qu’une étude 
scientifique e9t bien avancée, quand les textes qui la concernent ont 
été recueillis avec un soin et une méthode irréprochables. Le grand 

ouvrage de M. Briquet restera pour les érudits un modèle excellent, 
un instrument de travail indispensable. 

Élie Berger. 

Bibliothèque na.tiona.le. Bulletin mensuel des récentes publi¬ 
cations françaises. Nouvelle série : année 1909. Paris, 
H. Champion. In-8°, xii, 1150, xxxvi et xliv pages. 

On sait que, depuis le mois de janvier 4909, le Bulletin mensuel 
des récentes publications françaises reçues par la Bibliothèque natio¬ 
nale a subi d'importantes modifications. Jusqu'alors, les ouvrages nou¬ 
vellement entrés étaient signalés dans l’ordre alphabétique des noms 
d’auteurs ou des titres anonymes ; et comme le classement alphabé¬ 
tique recommençait avec chaque numéro mensuel, cette disposition 
rendait les recherches fort longues. La principale utilité de ce Bulle¬ 
tin était de permettre au service du catalogue de la Bibliothèque 
nationale d'utiliser les titres imprimés en les découpant et en les col¬ 
lant sur fiches, en plusieurs exemplaires, pour constituer les réper¬ 
toires généraux par noms d'auteurs et par mots typiques de matières 
qui sont à la disposition du public dans la salle de travail. Mais, hors 
de la Bibliothèque, pour les chercheurs qui le consultaient, le Bulle- 
fin était incommode et d'une utilité très restreinte. 

Désormais, dans chaque numéro mensuel, au classement alphabé¬ 
tique est substitué le classement méthodique des notices, qui rap¬ 
proche les ouvrages traitant de sujets identiques ou connexes. De la 
sorte, les lecteurs ont à leur disposition, outre les deux répertoires 
précités, où l’on continue à insérer comme précédemment les notices 
découpées dans le Bulletin, un répertoire systématique qui leur 
signale tous les mois les nouveaux ouvrages acquis par la Bibliothèque 
nationale dans la spécialité qui les intéresse. 

En outre, une numérotation unique, se continuant d’un fascicule 
mensuel à l'autre, a été donnée à toutes les notices d’une même année ; 
ce qui a permis de compléter les douze fascicules parus en 1909 par 
deux tables générales alphabétiques, renvoyant au numéro d'ordre de 
chaque ouvrage : 1° une table des noms d'auteurs, éditeurs et traduc¬ 
teurs ; 2° une table des mots de matières qui caractérisent les sujets 
traités dans chacun des ouvrages annoncés. 

Cette double innovation, la seconde surtout, donne au volume 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


646 


BIBLIOGBAPBIE. 


annuel constitué par la réunion des douze fascicules du Bulletin une 
utilité permanente, non seulement pour les lecteurs qui vont travail¬ 
ler à la Bibliothèque nationale, mais pour quiconque, hors de la 
Bibliothèque, veut faire une recherche bibliographique. Si l’on observe 
en effet que les ouvrages français annoncés par chaque numéro du 
Bulletin comprennent : 1° tout ce qui a quelque importance parmi 
les ouvrages provenant du Dépôt légal qui sont entrés à la Biblio¬ 
thèque nationale pendant le mois précédent; 2° les achats, les dons 
des particuliers et des éditeurs, les envois faits par les ministères, les 
établissements publics et les grandes institutions scientifiques, les 
thèses provenant des échanges universitaires (dons et envois qui 
comblent ou réduisent très sensiblement les lacunes que présente le 
fonctionnement actuel du Dépôt légal), on devra reconnaître que la 
liste raisonnée des ouvrages signalés par le nouveau Bulletin de la 
Bibliothèque nationale (il y en a 11,812 pour 1909) constitue une véri¬ 
table bibliographie annuelle de la production typographique de la 
France, et qu'il complète ou corrige heureusement les répertoires com¬ 
merciaux, tels que la Bibliographie de la France, le Mémorial de 
la librairie française , auxquels il est incontestablement supérieur, 
non seulement par l'exactitude de la rédaction et la rigueur des clas¬ 
sements, mais aussi par l’abondance des renseignements. Il convient 
d’ajouter qu’un double supplément, placé à la fin du volume, avec 
pagination distincte, signale, d’une part les livres anciens entrés à la 
Bibliothèque pendant l’année 1909 par voie d’achat ou par don, d’autre 
part les cartes et plans acquis pendant la même période. 

Le cadre de classement méthodique adopté dans le Bulletin a été 
inspiré dans ses grandes lignes par le vieux cadre bibliographique sui¬ 
vant lequel les volumes sont répartis dans les collections de la Biblio¬ 
thèque et dont les principales divisions sont représentées par une série 
de lettres d'inventaire allant de A à Z. Toutefois, dans certaines 
lettres (L, M, O, P, T), beaucoup de sous-classements qui devenaient 
inutiles, vu le petit nombre d’ouvrages annoncés dans chaque série par 
les numéros mensuels, ont été supprimés; et inversement, on a sup¬ 
pléé par la création de rubriques nouvelles à l’excessive simplification 
qui rapprochait dans certaines lettres (S, V) des matières très diverses. 

A vrai dire, il serait facile de relever dans ce cadre systématique 
certaines lacunes ou certaines inconséquences ; et bien des lecteurs 
pourront s’étonner d’avoir à chercher les ouvrages de droit canonique 
sous la rubrique : Littérature et histoire religieuses, ou de trouver les 
livres sur l’alimentation dans les Sciences médicales près des livres d’hy¬ 
giène, tandis que les livres de cuisine sont sous la rubrique : Sciences, 
commerce, industrie, dans la section : Divers, à côté des ouvrages sur 
le costume, l’écriture, les jeux et les sports. Mais les imperfections 
de ce cadre, qui d’ailleurs peuvent aisément être corrigées par des 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


647 


retouches ultérieures, sont en fait de peu d’importance; car, à partir 
du numéro de février 1909, un sommaire alphabétique des principales 
matières représentées dans le fascicule, avec renvoi aux numéros des 
ouvrages correspondants, évite au lecteur toute hésitation ; et à la fin 
du volume une table générale alphabétique par mots typiques, très 
développée (116 pages sur 2 colonnes), très bien faite, présente sous 
la forme la plus claire et la plus rapide les renseignements les plus 
abondants qu'on puisse désirer. 

Il faut donc féliciter de ces notables améliorations l’administration 
supérieure de la Bibliothèque nationale et les divers fonctionnaires 
de cet établissement à qui est spécialement confiée la rédaction de ce 
Bulletin , notamment notre confrère M. A. Vidier, qui a écrit la pré¬ 
face du volume et qui. dans la nouvelle organisation de ce service, 
a déployé une si intelligente activité. 

Ch. Mortet. 

Léopold Delisle. Instructions élémentaires et techniques pour 
la mise et le maintien en ordre des livres d’une bibliothèque , 
4 e édition. Paris, H. Champion, [1910]. In-8°, 94 pages. 

— Instructions pour la rédaction d’un catalogue de manus¬ 
crits et pour la rédaction d'un inventaire des incunables 
conservés dans les bibliothèques publiques de France. Paris, 
H. Champion, [1910]. In-8°, vm-98 pages. 

Ces deux petits volumes, qui ont paru à peu de mois de distance 
par les soins de M. H. Champion, l’un quelques semaines avant, 
l’autre quelques semaines après la mort du savant qui laisse un si 
grand vide dans la science française, seront particulièrement utiles 
aux bibliographes et aux bibliothécaires. L’un et l’autre sont des 
modèles de précision et de clarté, tels qu’on les pouvait attendre de 
leur auteur. Les Instructions pour la mise et le maintien en ordre 
des livres d’une bibliothèque avaient été publiées en 1890; cette 
quatrième édition témoigne du succès de ce véritable vade-mecum 
du bibliothécaire. 

Les Instructions pour la rédaction d’un catalogue de manus¬ 
crits étaient pour ainsi dire inédites. Elles datent de 1884 et avaient 
été imprimées en épreuves, tirées seulement à quelques exemplaires 
pour les membres de la Commission supérieure des bibliothèques, lors 
de la reprise de la publication du Catalogue général des manuscrits 
des bibliothèques des départements, sous la direction de notre regretté 
confrère Ulysse Robert. Elles sont suivies de la réimpression des 
Instructions pour la rédaction d'un inventaire des incunables , 
publiées par M. L. Delisle en 1886, dans le tome III de la nouvelle 
série du Cabinet historique, et qui ont servi de modèle pour la rédac- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



648 


BIBLI0G1APHIB. 


tion du Catalogue général des incunables, entrepris par la regrettée 
M u » Marie Pellechet. 

H. O. 

G. Lavalley. Catalogue des ouvrages normands de la biblio¬ 
thèque municipale de Caen. I : la Normandie considérée 
dans son ensemble. Caen, Jouan, 1910. In-8°, 612 pages. Prix : 
20 fr. 

Il n’existe pour la Normandie d’autre répertoire bibliographique que 
le Manuel du bibliographe normand d’Édouard Frère (Rouen, 
1858-1860, 2 vol. in-8°), excellent, mais qui pourrait être révisé, com¬ 
plété et qu'il serait nécessaire de mettre à jour 4 . L’entreprise est 
lourde; elle n’aurait, sans doute, chance d’aboutir que par le travail 
concerté de divers collaborateurs. Du moins, des catalogues comme 
celui dont le laborieux bibliothécaire de la ville de Caen vient de 
publier le premier tome la préparent, et, dans une certaine mesure, 
y suppléent. M. Lavalley, dans son Catalogue, qui comprendra trois 
volumes, s'est assigné pour but d’indiquer « les ouvrages ou docu¬ 
ments relatifs à la Normandie, que leurs auteurs appartiennent ou 
non, par leur naissance », à l'ancienne province. En fait, à côté des 
livres et brochures imprimés relatifs à la Normandie, M. Lavalley 
décrit des peintures, dessins, gravures, etc., et même certains textes 
manuscrits 1 2 3 conservés à la bibliothèque municipale de Caen. Plütôt 
qu’un catalogue, le répertoire qu'a conçu M. Lavalley est un inven¬ 
taire de tout ce que la bibliothèque de Caen renferme de normand. 
On ne saurait s’en plaindre, assurément; le principal est d’étre guidé 
à travers ces « richesses ». Pour ce faire, M. Lavalley a pris un moyen 
parti entre le classement des articles par ordre alphabétique des auteurs 
et leur répartition méthodique : il « s’est constamment préoccupé 
d’introduire le plus possible l'ordre alphabétique dans l’ordre métho¬ 
dique ». C’est le système du mot type. Toute monographie est placée 
dans le Catalogue à la lettre initiale du mot significatif de son titre. 
Mais les ouvrages que leur caractère commande de rapprocher ne 
sont pas disposés au hasard de l’alphabet : sous la rubrique Histoire, 
par exemple, se trouvent groupés, par période chronologique, les 
livres, recueils, brochures, etc., intéressant chacune des phases de 
l’histoire de Normandie. De nombreux renvois et des tables remédient 
à ce qu’un tel système présente forcément de subjectif. Une table 

1. L’édition de YAthenx Normannorum du P. Martin, annoté et corrigé par 
MM. V. Bourrienne et T. Genty, est malheureusement suspendue depuis 1905. 

2. Textes manuscrits entrés à la bibliothèque postérieurement à la rédaction 

du Catalogue des manuscrits de la bibliothèque municipale de Caen, par 
M. Lavalley (Caen, 1880, in-8*). 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


649 


générale complétera les 3 volumes, consacrés, le premier à la Nor¬ 
mandie considérée dans son ensemble, le second à la Normandie 
divisée en départements, et le troisième à Caen. — Mais, ce qui fait 
l’intérêt particulier des descriptions bibliographiques établies par 

M. Lavalley, c’est qu’il y a joint fréquemment des remarques cri¬ 
tiques. Beaucoup apportent d'utiles compléments ou des corrections 
aux dictionnaires de biographie normande de Th. Lebreton et de 

N. Oursel. Les 100 pages relatives aux journaux et revues cons¬ 
tituent le premier et sérieux essai d'une histoire de la presse en Basse- 
Normandie. 

R. N. Sauvage. 

Oarlo Frati, A. Sbgarizzi. Catalogo dei codici marciani ita- 
liani, a cura délia direzione délia R. Biblioteca nazionale 
di S. Marco in Venezia. Volume primo (Fondo antico. — 
Classi I, II e III). Modena, 1909. Gr. in-8°, xii-381 pages. 

Ce volume se compose de deux parties distinctes. Dans la première, 
on trouvera la description détaillée des quatre-vingt-six manuscrits 
italiens du Fondo antico, catalogués déjà au xviii* siècle par Anton- 
maria Zanetti ; la seconde est consacrée aux trois premières sections 
de la vaste série dite Appendice. 

Si les manuscrits du Fondo antico sont relativement peu nom¬ 
breux, ils forment un ensemble de tout premier ordre pour l'histoire 
littéraire de Tltalie. Dante et plusieurs de ses commentateurs, Bru- 
netto Latini, Cecco d'Ascoli, Giovanni Villani, Pétrarque, Boccace, 
Leonardo Bruni y sont plus ou moins largement représentés, le plus 
souvent par des exemplaires de choix. C’est dans ce vieux fonds éga¬ 
lement que se trouve (n° 65) le manuscrit autographe du Pastor fido 
de Guarini. 

Constitué par les apports successifs qui, depuis plus d’un siècle, 
sont venus enrichir la Marcienne, l 'Appendice est, par le nombre et 
la variété des manuscrits qu'il renferme, beaucoup plus considérable 
que le Fondo antico. Il est divisé en neuf classes ou sections, dont 
les trois premières seules ont trouvé place dans le présent volume. Ce 
sont les suivantes : Bible et auteurs ecclésiastiques (106 manuscrits) ; 
Jurisprudence et philosophie (173 manuscrits) ; Médecine et his¬ 
toire naturelle (56 manuscrits). 

Les « testi di lingua > (anciennes traductions des diverses parties 
de l’Ancien et du Nouveau Testament et des Pères, Fioretti, etc.) 
sont assez nombreux dans la première de ces trois classes. Dans la 
seconde, on remarquera, à côté de divers statuts municipaux et 
autres, des traductions d’Aristote, de Cicéron, de Sénèque, de Boèce ; 
je signalerai également des copies du Prince de Machiavel et des 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



650 


BIBLIOGRAPHIE. 


Ricordi e Avvertimenti de Guichardin, plusieurs exemplaires du 
Fior di Virtù, un exemplaire du Cortigiano de Castiglione. Enfin, 
dans la troisième, où nous relevons les noms de Michèle Savonarola, 
d’Hippocrate, d’Aldobrandino de Sienne, de Guy de Chauliac, ont été 
réunis un assez grand nombre de traités de chirurgie, d’alchimie, de 
fauconnerie, d’hippiatrique. 

Les notices, rédigées sur un plan uniforme, sont très soignées. A 
la suite d’un certain nombre d’entre elles on trouvera, indépendam¬ 
ment des références indiquées au courant de la description même du 
volume, des renseignements bibliographiques plus ou moins abon- 
é dants. Ces bibliographies, qui supposent des recherches très étendues 
et que les auteurs du catalogue considèrent à juste titre comme les 
« états de service » des manuscrits auxquels elles se rapportent, sont 
appelées à rendre de réels services. Quelques-unes sont très fournies; 
je citerai, par exemple, celle qui suit la notice du manuscrit 13 de 
l’ancien fonds. Ce manuscrit, précieux recueil de textes littéraires en 
vers et en prose, a fait l’objet de nombreuses publications, depuis les 
Documents inédits pour servir à l’histoire littéraire de l’Italie, 
de Frédéric Ozanam, jusqu’à la Crestomazia italiana dei primi 
secoli, de M. Monaci. On ne pourra que savoir très bon gré à 
MM. Frati et Segarizzi de s'être donné la peine de dresser, en une 
vingtaine de lignes en petit texte, la liste de ces différents travaux. 
Plus considérable encore est la bibliographie qui accompagne l’his¬ 
toire de l’empire des Mongols, de Nicolao Manucci, qui forme le 
numéro 44 du même fonds. Les divers travaux parus, principalement 
dans ces derniers temps, sur les manuscrits dantesques de la Mar- 
cienne, et parmi lesquels je rappelerai ceux de M. A. Fiammazzo, ont 
fourni aussi la matière d’appendices bibliographiques relativement 
importants. 

Trois index, — index des auteurs et des matières, index des copistes, 
possesseurs, etc., des manuscrits, index chronologique des manuscrits 
datés, — terminent de la manière la plus utile ce premier volume, qui 
fait augurer très favorablement des six ou sept autres qui devront 
suivre. Souhaitons le prompt achèvement de cette excellente publica¬ 
tion, qui vient combler une grave lacune. 

L. Auvray. 

Tra.cta.tus Fr. Thomae , vulgo dicti de Eccleston , de Adventu 
Fratrum Minorum in Angliam , edidit A. G. Little. Paris, 
Fischbacher, 1909. In-8°, xxix-227 pages. (Collection d’études et 
de documents sur l’histoire religieuse et littéraire du moyen âge, 
t. VII.) 

Le Tractatus de Adventu Fratrum Minorum in Angliam a été 
composé au milieu du xm® siècle par frère Thomas, pour servir d'édi- 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


651 


fication aux Frères Mineurs. Cette chronique, assez informe, mais 
exacte, donne des renseignements précieux sur la fondation des mai¬ 
sons de l’Ordre en Angleterre. Elle a été publiée déjà plusieurs fois : 
par J.-S. Brewer, dans les Monumenta Franciscana (Rolls Sériés), 
par les éditeurs des Analecta Franciscana et partiellement par R. 
Howlett et par le D r Liebermann. La présente édition est due à 
M. A. G. Little, dont on connaît les excellentes études sur les écoles 
et les bibliothèques franciscaines*. Elle se distingue et par une amé¬ 
lioration sensible du texte et par un appareil critique qui ne laisse 
rien à désirer. M. Little s’est servi le premier du ms. 3H9 de sir Tho¬ 
mas Phillipps à Cheltenham, qui avait été signalé à l'attention des 
érudits par le P. Denifle. Il a accompagné le texte d’un savant com¬ 
mentaire et l’a fait suivre d’un Appendice, où l’on trouvera un certain 
nombre de documents inédits et une liste des custodies et des cou¬ 
vents de la province d'Angleterre, avec les dates approximatives de 
leur fondation. 

Ch. Petit-Dutaillis. 

Eugène Déprbz. Étude de diplomatique anglaise , de l’avène¬ 
ment d’Édouard I tT à celui de Henri VII. Le sceau privé, 
le sceau secret, le signet. Paris, Champion, 1908. In-16, 
127 pages. 

Les actes expédiés par la chancellerie des rois d’Angleterre, tels 
que les lettres patentes et les lettres closes, ont fait déjà l’objet d’études 
diplomatiques. Les rôles où on avait soin de les enregistrer ont été 
publiés ou catalogués en partie. Mais les ordres écrits, envoyés par le 
roi, qui avaieut pour effet la rédaction des susdits actes, sont aussi 
dignes d’attirer l’attention; ce sont eux qui forment le sujet de la bro¬ 
chure publiée en 1908 par M. Déprez. Nous ne pouvons résumer ici 
l’examen de détail qu’il a fait de la forme de ces brefs royaux. Mais 
il convient de signaler que M. Déprez a travaillé sur des documents 
inédits, et qu’il a extrait de l’abondante série des Privy Seals 
(Record Office) quatre-vingt-onze lettres de sceau privé et lettres 
secrètes qu’il édite in extenso, pour illustrer les principes de diplo¬ 
matique qu’il établit. Les diplomatistes feront leur profit de ce livre, 

et aussi les historiens. Quelques-uns des actes édités fournissent d’im- 

0 

portantes informations; par exemple le bref d’Edouard I er invitant 
le chancelier et le trésorier à faire quérir immédiatement l’évêque 
de Norwich, à le « prier qu’il vueille estre de nostre Conseil deci 
en avant » et à lui faire prêter le serment d’usage (n° 3); les deux 

9 

brefs d’Edouard II, prenant ses précautions contre les menées de 


1. The grey friors in Oxford. Oxford, Hist. Soc., 1892. 


i 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


652 

sa femme Isabelle (n°* 7 et 55), la lettre d’Édouard III à son féal 
chevalier Nicolas de Tamworth, lui mandant de se rendre dans les 
comtés de Bourgogne, de Nevers et de Rethel, pour délivrer ces 
pays des Grandes Compagnies (n° 35). L'histoire générale utilisera 
également des notions nouvelles sur le progrès et le déclin de la 
langue française dans les actes royaux, sur les erreurs que les dates 
des actes peuvent faire commettre aux érudits qui dressent les iti¬ 
néraires des rois, enfin sur l’organisation de la chancellerie; c’est 
ainsi que le caractère négligent d’Édouard II semble se marquer 
dans l’expédition des brefs, qui sont parfois scellés avec le sceau 
d’une personne de l'entourage royal. En somme, livre riche de ren¬ 
seignements neufs et précis. 

Ch. Petit-Dutaillis. 

Un atlas inconnu de la dernière expédition de Drake, vues 
prises de son bord, par M. Ch. de La Roncière. Paris, Impr. 
nationale, 1909. In-8°, 11 pages, 17phototypies. (Extrait du Bul¬ 
le tin de géographie historique et descriptive , n° 3, 1909.) 

Parmi les manuscrits anglais de la Bibliothèque nationale se trouve 
un atlas de cartes marines provenant du fonds Gaignières que M. de 
La Roncière vient très heureusement d'identifier. Il s'agit des profils 
côtiers levés par un dessinateur à bord du vaisseau même de Drake', 
pendant sa dernière expédition en 1595-1596 : Canaries, Antilles, 
Curaçao, isthme de Panama. Jusqu'ici on savait que Francis Drake 
avait emmené à plusieurs reprises des dessinateurs de talent chargés 
de prendre l'aspect des côtes avec leur coloris, mais aucun de ces 
croquis, pris au cours du voyage de circumnavigation, de 1577 à 1580, 
ou dans les autres expéditions, n'avait été retrouvé. 

La découverte de M. de La Roncière est d’autant plus intéressante 
qu’elle précise la date et les circonstances de la mort du grand navi¬ 
gateur. L'artiste, en effet, venait d’achever, à bord de la Défiance , 
le 28 janvier 1596, le croquis de Puerto Bello, vis-à-vis de l'ilot de 
Buena Ventura, à six lieues en mer, quand la nouvelle de la mort de 
Drake lui fut apportée de l’arrière du vaisseau. Il prit soin de noter 
en bas de son dessin le jour et l’heure de cet événement qui allait 
mettre fin à l’expédition. Il continua à relever les profils des autres 
escales, mais le pavillon amiral ne flotta plus au grand m&t du galion 
minuscule qu’il se plaisait à figurer pour indiquer le point du large 
d'où il prenait la côte. 

M. de La Roncière donne la reproduction des planches i à 17 de 
l’atlas prises avant la mort de Drake. Il n’a pas cru devoir y ajouter 
les cinq dernières, l'intérêt de ces profils très rudimentaires étant his¬ 
torique plutôt que géographique. 

E. Clouzot. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


653 


Henry Cochin. Dante Alighieri, Vite nova, suivant le texte cri¬ 
tique préparé par Michèle Barbi, traduite avec une introduction 
et des notes. Paris, Champion, 1908. In-8°, lxxx-246 pages. 

Je viens bien tard pour parler du livre que M. Henry Cochin a con¬ 
sacré à la Vite Nova de Dante. L’Académie française a décerné l’an 
dernier une de ses hautes récompenses à cet ouvrage qui donne, en 
même temps que la meilleure leçon du texte italien original, une tra¬ 
duction française d'une rare perfection, accompagnée d’une introduc¬ 
tion et de notes qui en accroissent encore le prix. Dans son rapport 
lu à la séance publique du 18 novembre 1909, M. le secrétaire perpé¬ 
tuel de l’Académie, parlant de M. Henry Cochin et de < son charmant 
livre », s’exprimait en ces termes : « M. Cochin a le double mérite, 
particulièrement précieux dans les études italiennes, d’étre le plus 
exact des érudits, curieux du document original, nullement rebuté par 
la poussière des archives, au courant de tous les commentaires anciens 
ou modernes, et aussi le lettré le plus affiné, le plus délicat, le plus 
sensible à la beauté artistique ou morale. » 

En m’associant pleinement à cet éloge, je voudrais signaler d'une 
manière plus spéciale un point intéressant pour l'histoire littéraire du 
moyen âge. Dans sa Vite Nova, écrite en prose italienne, Dante a 
intercalé toute une série de sonnets, dont il est également l’auteur. A 
propos de chacune de ses pièces de vers, il donne ce qu’il appelle les 
divisions, commentaire dans lequel Dante « démonte » en quelque 
sorte son sonnet, expliquant, avec une visible complaisance pour ses 
créations, le plan qu'il s’est proposé et les raffinements de technique 
poétique qu’il s’est efforcé d’apporter à la réalisation de ce plan. Ces 
divisions appartiennent, toutes proportions gardées, à la même caté¬ 
gorie que ces plaidoyers pro domo sua, préfaces, critiques, apologies, 
etc., que tant de littérateurs ont cru devoir donner au public pour faire 
mieux comprendre leurs vues et leurs théories. Elles offrent un carac¬ 
tère professionnel, et, s’il m’est permis d’employer une expression bien 
vulgaire pour un génie tel que Dante, un côté tant soit peu « gende- 
lettre ». Par là, elles ont souvent choqué les délicats. Boccace, com¬ 
mentateur officiel de Dante au xiv* siècle, aurait souhaité qu’on les 
dissociât du reste du texte de la Vite Nova. Pour nous, au contraire, 
qui, grâce à M. Henry Cochin, pourrons désormais les étudier aisé¬ 
ment, elles constituent un document du plus haut intérêt pour l’intel¬ 
ligence de la « poésie courtoise », de cette poésie que les trouvères de 
France et de Provence ont cultivée pendant deux siècles et dont l’au¬ 
teur de la Divine Comédie fut lui-même un brillant adepte au début 
de sa carrière. 

Paul Durrieu. 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



654 


BIBLIOGRAPHIE. 


LIVRES NOUVEAUX 

SOMMAIRE DES MATIÈRES. 

Généralités, 1155, 1193, 1195. 

Sciences auxiliaires. — Chronologie, 1125, 1141, 1271. — Épigra¬ 
phe, 1088, 1203. — Paléographie, 1110, 1113, 1117, 1224, 1319, 1337, 
1341, 1346, 1347, 1372, 1383, 1387, 1432, 1443, 1470. — Manuscrits, 
1073, 1077, 1081, 1095, 1137, 1146, 1149, 1153, 1166, 1174, 1191, 1261, 
1282, 1283, 1296, 1311, 1318, 1320-1321, 1322, 1344, 1376, 1381, 1392, 
1409, 1435, 1451, 1471, 1490. — Papyrus, 1479. — Xylographes, 1068. 
— Imprimés, 1081, 1100,1149,1169,1192,1229,1230, 1293,1424,1428, 
1472 6ts, 1483. — Bibliographie, 1094, 1107, 1186, 1291, 1304. — 
Bibliothèques, 1134, 1187, 1208, 1367. 

Sources. — Légendes, 1165, 1246, 1478, 1491, 1493. — Chroniques, 
1139, 1140, 1199, 1238, 1254, 1256, 1292, 1477. — Correspondances, 
1303.—Archives, 1131, 1176, 1187, 1212, 1221, 1235, 1275, 1350, 1357, 
1366, 1375, 1476. — Cartulaires, 1087, 1090, 1128, 1129, 1168, 1336, 
1466, 1480. — Chartes, 1089, 1118-1120, 1140, 1172, 1265, 1305, 1388, 
1416.— Regestes, 1122-1124, 1394, 1416.— Comptes, 1069.—Nécro- 
loges, 1417. 

Biographie, généalogie. — Artistes, 1063; saints, 1094, 1165, 
1198, 1343. — Adhémar de Monteil, 1058; Albert de Magdebourg, 1410; 
Antoine de La Sale, 1286; Jeanne d*Arc, 1070, 1179,1363, 1415, 1459; 
Benoit XII, 1087, 1252, 1466; s. Bernardin de Sienne, 1171; J. de 
Chalon, 1119; Charles le Chauve, 1301; Charles V, 1071, 1139, 1457; 
Charles VII, 1469; Charles de Blois, 1197, 1280; Clément V, 1089, 
1298; Clément VI, 1466; s. Côme, 1491; Constantin, 1203; Dago¬ 
bert I er , 1354; s. Damien, 1314, 1491 ; Dante, 1398; J. Du Bois, 1469; 
Du Guesclin, 1071; Ebner, 1465; Édouard III, 1122; s. Eusèbe, 1203; 
P. Ferré, 1227; Folquet de Marseille, 1449; s. Fortunat, 1468; s. Fran¬ 
çois d’Assise, 1076; Frangipani, 1187; s. Gamelbert, 1382; s ,e Gene¬ 
viève, 1478; Giotto, 1458; Habsbourg, 1111 ; Héloïse, 1487; Henri V 
d’Angleterre, 1123; Henri VI d’Angleterre, 1124; Henri II de Cham¬ 
pagne, 1092; Hériger, 1243; s. Hermagoras, 1468; Humbert II, dau¬ 
phin, 1119; Ingobert, 1183; Jean II, 1139; Jean de Longueville, 1411 ; 
Justinien, 1324; s. Léger, 1126; s. Léon le Grand, 1395; Libère, 1203; 
Louis IV empereur, 1466; Louis XI, 1303; Marie, abbesse de la Tri¬ 
nité, 1417; Mauroy, 1329; s. Méen, 1135; s. Miltiade, 1203; Nogaret, 
1089; J. Perréal, 1408 ; Philippe le Bel, 1298; Pomponius Laetus, 1494; 
René d’Anjou, 1069; Roger I er de Sicile, 1143; Roger II de Sicile, 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


655 


1143; Ruy8broeck, 1136; Saint-Gelays, 1342; Salomon, évêque de 
Constance, 1495; Savonarole, 1150; Schott, 1428; Siger de Courtrai, 
1473; Simon de Hesdin, 1286; Tbéodoric, 1373; s. Thomas d’Aquin, 
1189,1433; s. Thomas Becket, 1248; Urbain II, 1058; s. Utton, 1382; 
Vegio, 1390 ; Villon, 1364. 

Droit, 1072, 1093, 1163, 1267, 1296, 1322, 1328, 1355, 1369, 1380, 
1401-1403, 1418, 1243, 1426, 1430, 1431, 1439, 1441, 1442, 1446, 1452, 
1475, 1496. 

Institutions, 1079, 1109, 1143, 1213, 1380, 1406. 

Moeurs, histoire économique, 1060, 1078, 1098, 1148, 1217, 1251, 
1310, 1389, 1455, 1456. 

Sciences, enseignement, 1061, 1175, 1180, 1206, 1209, 1222, 1223, 
1242, 1263, 1391, 1393, 1414, 1427, 1450, 1474, 1489. 

Médecine, 1168, 1200. 

Religions. — Judaïsme, 1090, 1249. — Christianisme, 1277; 
papauté, 1084, 1179, 1423; conciles, 1236,1317; croisades, 1092, 1182, 
1379,1466; inquisition, 1281 ; ordres religieux, 1067, 1159, 1198, 1237, 
1239, 1240, 1423; églises nationales, 1178, 1360; liturgie, 1080, 1115, 
1174, 1325, 1376, 1468; pèlerinages, 1422; théologie, 1066, 1185, 1284, 
1447, 1467; lipsanographie, 1302; hérésies, 1323. 

Langues et littératures, 1101, 1246, 1436. — Grec, 1253, 1291, 
1490. — Latin, 1161, 1215, 1253, 1371, 1447, 1486. — Langues 
romanes, 1386; espagnol, 1279; français, 1064, 1078, 1133, 1137, 1138, 
1219, 1228, 1242, 1285, 13096ÏS, 1437, 1440; gascon, 1339-1340; ita¬ 
lien, 1114, 1156, 1157, 1205, 1214, 1300, 1315, 1396, 1398, 1400, 1413, 
1482; provençal. 1449. — Langues germaniques, 1425; allemand, 
1078, 1146, 1185, 1207, 1331; anglais, 1108, 1127, 1151, 1351, 1385, 
1420; anglo-saxon, 1429. — Langues slaves, 1099, 1226, 1268, 1362. 

— Langues Scandinaves, 1196, 1258, 1295. 

Archéologie, 1074, 1082, 1088, 1115, 1116, 1132, 1144, 1145, 1147, 

1159, 1162, 1170, 1190, 1204, 1211, 1231, 1233, 1244, 1250, 1278, 1287, 

1306, 1307, 1313, 1325, 1330, 1332, 1348, 1365, 1374, 1434, 1438, 1444, 

1454, 1481, 1484. — Architecture, 1065, 1105, 1112, 1194, 1218, 1232, 

1316, 1326, 1335, 1352, 1361, 1399, 1448, 1485. — Sculpture, 1177, 
1201, 1202, 1453. — Dessin, 1091, 1349. — Peinture, 1095,1130, 1166, 
1225,1318,1320, 1321, 1333, 1334,1356, 1404, 1471. — Mosaïque, 1181. 

— Gravure, 1424. — Mobilier, 1289, 1419. — Campanographie, 1460. 

— Costume, 1142, 1197. — Sayetterie, 1472. — Armes, 1173, 1299.— 
Dinanderie, 1370. — Numismatique, 1096, 1097, 1160, 1247, 1276. — 
Sigillographie, 1257, 1405. — Héraldique, 1290. — Musique, 1083, 
1133, 1376. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



656 


BIBLIOGRAPHIE. 


SOMMAIRE GÉOGRAPHIQUE. 

Abingdon, 1464; Abbruzzes, 1074; Alton, 1072; Allemagne, 1091, 
1217, 1254, 1304, 1305, 1326, 1355, 1403, 1406, 1421, 1426, 1427, 1434, 
1493; Amida, 1088; Andeli, 1168; Angleterre, 1148,1297,1312; Aniane, 
1129; Aoste, 1204; Aquilée, 1317, 1468; Aquitaine, 1178; Arles, 
1368; Arménie, 1360, 1463; Autriche, 1270; Avignon, 1181; Bâle, 
1206; Bayonne, 14721er; Beckenham, 1106; Belgique, 1138; Berlin, 
1208; Berne, 1308; Bielefeld, 1240; Bobbio, 1443; Boccadasse, 1462; 
Bohême, 1323; Bologne, 1453; Bretagne, 1067, 1290; Briey, 1235; 
Brigaglia, 1354; Bruxelles, 1112; Buchhorn, 1265; Cahors, 1414; Cam¬ 
brai, 1085; Cantimpré, 1327; Capitanate, 1116; Cassel, 1244; Chatil- 
lon, 1119; Cheshire, 1075, 1218; Chypre, 1190; Cobourg, 1259; 
' Cologne, 1262; Constantinople, 1184, 1273; Corbais, 1378; Courtrai, 
1474; Cracovie, 1439; Crécy, 1294; Dijon, 1211; Diyar Bekr, 1088; 
Dole, 1374; Doubs, 1375; Diiren, 1233; Espagne, 1365,1446; Étampes, 
1289; Europe, 1309, 1456; Flandre, 1125; Flensburg, 1221; Flines, 
1234; Florence, 1130, 1177; Foggia, 1116; Fountains-Abbey, 1361; 
France, 1081, 1163, 1200, 1276, 1293; Fribourg-en-Brisgau, 1093; 
Friedberg, 1176; Frise, 1455; Gand, 1250; Gardane, 1132; Garonne 
(Haute-), 1366; Gaule, 1178; Gellone, 1129; Grèce, 1088; Grodno, 
1359; Grunwald, 1152, 1220, 1266, 1358, 1379, 1492; Hainaut, 1475; 
Hastings, 1158; Hautefage, 1194; Hermonville, 1401; Hollande, 
1472 bis; Ile-de-France, 1120; Italie, 1169, 1201, 1202, 1237, 1241, 
1310, 1389, 1448; Jedburgh, 1264; Kaisheim, 1292; Karm-Abu-Minah, 
1260; Kolding, 1188; KOnigsberg, 1336; Lallœu, 1167; Lamothe 
(Cantal), 1103; Lancashire, 1218; Lille, 1472; Limbourg, 1444; 
Lippspringe, 1210; Londres, 1086; Longwy, 1235; Lorette, 1144; 
Lübeck, 1334; Lublin, 1492; Lucques, 1394; Lyonnaises, 1178; 
Maine, 1412; le Mans, 1348; Mattaincourt, 1104; Maurage, 1173; 
Mayence, 1452; Mésopotamie, 1088; Meuse, 1059; Moissac, 1065; 
Mongolie, 1255; Mons, 1327; Mont-Saint-Michel, 1180; Morbihan, 
1275; Moselle, 1235; Mouchan, 1316; le Muy, 1118; Namur, 1109; 
Naples, 1404; Naumburg, 1335; Nice, 1216; Nîmes, 1332; Norvège, 
1353; Norwich, 1288; Oléron, 1430; Orient, 1255; Ostende, 1480; 
Palatinat, 1231, 1313; Palestine, 1092; Paris, 1120, 1121; Pérouse, 
1287, 1399; Plaisance, 1073; Poitou, 1071, 1213; Pologne, 1090,1389; 
Ratisbonne, 1231, 1313, 1485; Rhénans (pays), 1416; Rome, 1105, 
1352,1461 ; Rouen, 1082; Russie, 1251, 1274, 1431, 1454; Saint-Brieuc, 
1442; Saint-Germain-en-Laye, 1245; Saint-Mihiel, 1140; Saint-Prest, 
1338; Saintonge 1407; Sallanches, 1119; Salzbourg, 1466; Sankt- 
Annaberg, 1397; Savoie, 1216; Saxe, 1098; Schuttem, 1174; 
Schwelm, 1305; Seine-Inférieure, 1082, 1476; Sempach, 1308; Sette- 


Digitized by 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


657 


Comuni, 1154; Sicile, 1143, 1402; Silvanès, 1128; Smyrne, 1164; 
Sortino, 1377 ; Stockorn, 1445; Stolp, 1102; Strasbourg, 1162; 
Suffolk, 1384; Suisse, 1419; Sulzbach, 1231; Tannenberg, 1269; 
Teramo, 1145; Terni, 1278; Thouars, 1071; Tolède, 1330; Toulouse, 
1212; Tournai, 1227; Trêves, 1079; Trivières, 1299; Tur-Abdin, 
1088; Udine, 1468; Verdun, 1060; Vérone, 1062; Vesoul, 1345; 
Vibrata, 1145; Vicentin, 1154; Villingen, 1093; Voghera, 1172; 
Warwickshire, 1460; Wasungen, 1481; Weinfelden, 1488; Witten, 
1307 ; Würtemberg, 1096 ; Yonne, 1363. 

1058. Adhémar Labaume (G.-J. d’). Adhémar de Monteil, évéque 
du Puy, légat d’Urbain II, 1079-1098. Le Puy, impr. Peyriller, Rou- 
chon et Gamon, 1910. In-8°, m-55 p. 

1059. Aimond (Ch.). Essai sur la géographie historique de la région 
qui a formé le département de la Meuse, avec deux cartes nouvelles. 
Bar-le-Duc, impr. Contant-Laguerre, 1910. In-8°, p. 173 à 223. 
(Extrait du t. VII, 4* série (1909), des Mémoires de la Société des 
lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc.) 

1060. Aimond (Ch.). Le Théâtre à Verdun à la fin du moyen âge. 
Bar-le-Duc, impr. Contant-Laguerre, 1910. In-8°, 17 p. (Extrait du 

t. VII, 4« série (1909), des Mémoires de la Société des lettres, 
sciences et arts de Bar-le-Duc.) 

1061. Alfragano (Al-FargânT). Il Libro dell’ aggregazione delle 
stelle (Dante, Conv. II, vi, 134) secondo il codice mediceo-laurenziano 
PI. 29-cod. 9 contemporaneo a Dante, pubblicato con introduzione e 
note da Romeo Campani. Città di Castello, casa ed. S. Lapi, 1910. 
In-16, 175 p. (Collezione di opuscoli danteschi inediti o rari, diretta 
da G. L. Passerini, vol. 90.) 3 1. 20. 

1062. Allen (A. M.). A history of Verona; ed. by E. Armstrong; 
with 20 il. and 3 maps. New York, Putnam, 1910. In-8°, x-403 p. 
(Historié States of Italy.) 3 d. 50. 

1063. Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler von der Antike 
bis zur Gegenwart. Unter Mitwirkg. v. 320 Fachgelehrten des In- 

u. Auslandes hrsg. v. Ulr. Thieme u. Fel. Becker. 4. Bd. Leipzig, 
W. Engelmann, 1910. Gr. in-8°, 600 p. 32 m. 

1064. Altfranzôsische (Das) Adamsspiel (Mysterium aus d. 12. Jahrh.) 
Uebers. v. Elisab. Grahl-Schulze m. e. Geleitwort v. Gust. Kôrting. 
Kiel, W. G. Mühlau, 1910. In-8°, 47 p. 0 m. 75. 

1065. Angles (Auguste). L’Abbaye de Moissac. Paris, H. Laurens, 
s. d. Petit in-8°, 96 p., 39 grav. et 1 plan. (Petites monographies des 
grands édifices de la France.) 

1910 42 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



658 


BIBLIOGRAPHIE. 


1066. Angèle de Foligno. Le Livre des visions et instructions de 
la bienheureuse Angèle de Foligno. Traduit par Ernest Hello. 4* édi¬ 
tion, avec avertissement de George Goyau. Paris, A. Tralin, 1910. 
In-16, 336 p. 3 fr. 50. 

1067. Antoine de Sèrbnt. Essai de géographie des établissements 
de l’Ordre de saint François en Bretagne, du xm* au xix* siècle. 
Paris, Impr. nationale, 1910. In-8°, 16 p. (Extrait du Bulletin histo¬ 
rique et philologique, 1909.) 

1068. Are moriendi. Holztafeldruck v. c. 1470. Zwickau, F. Ullm&nn, 
1910. Gr. in-8°, 33 p. (Zwickauer Facsimiledrucke. Nr. 3.) 4 m. 50. 

1069. Arnaud d’Agnel (Abbé G.). Les Comptes du roi René, publiés 
d’après les originaux inédits conservés aux archives des Bouches- 
du-Rhône. T. III. Paris, A. Picard et fils, 1910. In-8°, 517 p. 

1070. Ayroles (Jean-Baptiste-Joseph). La Prétendue « Vie de 
Jeanne d’Arc » de M. Anatole France, monument de cynisme sectaire. 
Lyon, Paris, E. Vitte, 1910. In-16, 192 p. 

1071. Babinet (Léon). Une page de l’histoire du Poitou au xiv* siècle, 
son retour à la France sous Charles V, prise de Poitiers par Du Gués* 
clin le 7 août 1372, reddition de Thouars à Charles V le 30 novembre 
1372 et soumission des barons du Poitou au roi de France. Discours lu 
à la séance publique annuelle de la Société des antiquaires de l’Ouest 
le 3 janvier 1886. Réimprimé après corrections en avril 1910. Poitiers, 
impr. Blais et Roy, 1910. In-8°, 44 p. 

1072. Balmain (J.). Les Franchises et la communauté d'Aiton 
(Savoie). Grenoble, J. Rey, 1910. In-8°, 212 p. et plan. (Collection 
d'études sur l’histoire du droit et des institutions dans le sud-est de 
la France, par un groupe de professeurs et d'étudiants de l’Univer¬ 
sité de Grenoble, II.) 

1073. Balsamo (Aug.). Catalogo dei manoscritti délia biblioteca 
comunale di Piacenza. Parte I. Piacenza, tip. A. Del Maino, 1910. 
In-8 # , 91 p. et 4 pl. 4 1. 

1074. Balzano (Vinc.). L’arte abruzzese. Bergamo, Istituto italiano 
d’arti grafiche, 1910. In-8°, 163 p. et fig. (Collezione di monografie 
illustrate : sérié V. Raccolte d’arte, diretta da Corrado Ricci, n° 8.) 
4 1. 50. 

1075. Barber (Edward), Ditchpibld (P. H.). Memoriale of Old 
Cheshire. London, G. Allen, 1910. In-8®, 208 p. et ill. 15 s. 

1076. Barine (Arvède). Saint François d’Assise et la légende des 
trois compagnons. 6* édition. Paris, Hachette et C 1 *, 1910. In-16, 
x-256 p. 3 fr. 50. 

1077. Barrau-Dihigo (L.). A propos d’un manuscrit historique de 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 659 

Leyde (xiii* siècle). Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 11 p. (Mélanges 
offerts à M. Émile Châtelain.) 

1078. Barth (Bruno). Liebe u. Ehe im altfranzûsischen Fabel u. in 
der mittelhochdeutschen Novelle. Berlin, Mayer u. Mûller, 1910. 
Gr. in-8°, ix-273 p. (Palaestra. 97.) 7 m. 80. 

1079. Bastgen (Hub.). Die Geschichte des Trierer Domkapitels im 
Mittelalter. Paderborn, F. Schôningh, 1910. Gr. in-8°, vm-336 p. 
(GOrres-Gesellschaft zur Pflege der Wissenschaft im katholischen 
Deutschland. Sektion f. Rechts- u. Sozialwissenchaft. 7. Heft.) 8 m. 60. 

1080. Baumstark (Ant.). Festbrevier u. Kirchenjahr der syrischen 
Jakobiten. Eine liturgiegeschichtl. Vorarbeit auf Grund hsl. Studien 
in Jérusalem u. Damaskus, der syrischen Handschriften kataloge v. 
Berlin, Cambridge, London, Oxford, Paris u. Rom u. des unierten 
Mossuler Festbrevierdruckes. Paderborn, F. Schôningh, 1910. Gr. in-8°, 
xn-308 p. (Studien zur Geschichte u. Kultur des Altertums. 3-5. 
Heft., III. Bd.) 8 m. 

1081. Beaulieux (Ch.). Manuscrits et imprimés en France, xv* et 
xvi* siècles. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 14 p. (Mélanges offerts 
à M. Émile Châtelain.) 

1082. Beaurepaire (Charles de). Derniers mélanges historiques et 
archéologiques concernant le département de la Seine-Inférieure et 
plus spécialement la ville de Rouen. Rouen, impr. Gy, 1909. In-8°, 
353 p., avec grav. 

1083. Beck (Jean). Les Musiciens célèbres. La musique des trouba¬ 
dours, étude critique. Paris, H. Laureos, s. d. Petit in-8°, 128 p., 
12 ill. et musique. 

1084. Beet (William E.). The Rise of the Papacy, a. d. 385-461. 
London, C. H. Kelly, 1910. In-8°, 334 p. 3 s. 6 d. 

1085. Bègue. Histoire de Notre-Dame-de-Grâce, patronne du dio¬ 
cèse de Cambrai. Cambrai, O. Masson, 1910. Gr. in-8°, xiv-423 p. 
et grav. 

1086. Benham (William), Welch (Charles). Mediæval London. 
New. edit. London, Seeley, 1910. In-8°, 220 p. 3 s. 6 d. 

1087. Benoît XII (Lettres de) (1334-1342). Textes et analyses publiés 
par le D r Alphonse Fierens. Rome, M. Bretschneider, 1910. In-8°, 
cxxii-588 p. 10 1. 

1088. Berchem (Max van), Strzygowski (Jos.). Amida. Matériaux 
pour l’épigraphie et l’histoire musulmanes du Diyar-Bekr, par B.—Bei- 
trage zur Kunstgeschichte des Mittelalters v. Nordmesopotamien, Hel- 
las u. dem Abendlande, v. S. Mit e. Beitrage : « The churches and 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


660 

monasteries of the Tur Abdin » v. Gertrude L. Bell. Heidelberg, 
C. Winter, 1910. In-fol., vii-390 p., 330 fig. et 23 pl. photogr. 60 m. 

1089. Berger (Élie). Bulle de Clément V en faveur de Guillaume 
de Nogaret. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 5 p. {Mélanges offerts 
à M. Émile Châtelain.) 

1090. Bersohn (Mathias). Diplomataryusz dotyczqcy fcydôw w daw- 
nej Polsce na zrôdlach archiwalnych osnuty (1388-1782). [Cartulaire 
sur les Juifs de Pologne de 1388 à 1782.] Warszawa, Gebethner et 
Wolff, 1910. In-8°, 226 -xxxvii p. 4 r. 

1091. Bbth (Ign.). Die BaumzeichDung in der deutschen Graphik 
des xv. u. xvi. Jahrh. Ein Beitrag zur Geschichte der deutschen 
Landschaftsdarstellg. Strassburg, J. H. E. Heitz, 1910. Gr. in-8°, 
xi-177 p., 112 fig. sur 30 pl. (Studien zur deutschen Kunstgeschichte. 
130. Heft.) 12 m. 

1092. Bettin (Hans). Heinrich II. v. Champagne, seine Kreuzfahrt 
u. Wirksamkeit im hl. Lande (1190-1197). Berlin, E. Ebering, 1910. 
Gr. in-8°, 151 p. et 1 pl. (Historische Studien. 85. Heft.) 4 m. 

1093. Bbybrle (Frz.). Untersuchungen zur Geschichte des âlteren 
Stradtrechts v. Freiburg i. Br. u. Villingen a. Schw. Heidelberg, Cari 
Winter, 1910. Gr. in-8°, 234 p. (Deutschrechtliche Beitrâge. V. Bd.) 
5 m. 80. 

1094. Bibliotheca hagiographica grœca, ediderunt socii Bollandiani. 
Editio altéra emendatior. Accedit synopsis Metaphrastica. Bruxelles, 
Société des Bollandistes, 1909. In-8°, xv-299 p. 15 fr. 

1095. Bibliothèque nationale. Département des manuscrits. Traité 
d’escrime dédié au roi Henri III par G. A. Lovino, de Milan, repro¬ 
duction réduite des 66 miniatures du manuscrit italien 959. (Publié 
par H. Omont.) Paris, Berthaud, 1909. In-8°, 24 p., 66 pl. 

1096. Binder (Christian). Württembergische Münz- u. Medaillen- 
Kunde, neu bearb. v. Jul. Ebner. 6. Heft. 1. Bd. Stuttgart, W. Kohl- 
hammer, 1910. Gr. in-8°, v et 245-293 p., 3 pl. doubles. 1 m. 80. 

1097. Blanchbt (Adrien). Les « Sous gaulois » du v* siècle, lettre 
à M. Maurice Prou. Paris, H. Champion, 1910. In-8°, 6 p. (Extrait 
du Moyen âge, 2* série, t. XIV, janvier-février 1910.) 

1098. Blanckmbistbr (Frz.). Altsachsenland. II. Kultur- u. Sitten- 
bilder. Leipzig, A. Strauch, 1910. In-8°, 139 p. 1 m. 50. 

1099. Bogorodicku (V. A.). Kratkiï ocerk dialektologii i istoriia 
russkago iazyka. [Esquisse de la dialectologie et de l'histoire de la 
langue russe.] Kazan, impr. de l’Université, 1910. In-8°, 148 p. 1 r. 

1100. Bohatta (Hanns). Katalog der Inkunabeln der fürstl. Liech- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 661 

tenatein'schen Fideikommiss - Bibliothek u. der Hauslabsammlung. 
Wien, Gilhofer u. Ransburg, 1910. In-fol., vm-440 p. 30 m. 

1101. Bokadorov (N. K.). Istoriia zapadnoevropeîskoï literatury 
epokhi vozrojdeniia (xiv i xv vv.). [Histoire de la littérature de l’Eu¬ 
rope occidentale aux xiv* et xv* siècles.] Kiev, impr. K. V. Andrusov, 
1910. In-8°, 235 p. 

1102. Bonin (Rud.). Geschichte der Stadt Stolp. 1. Tl. Bis zur Mitte 
des 16. Jabrh. Stolp, H. Langenhagen, 1910. Gr. in-8°, xi-141 p. et 
1 pl. 2 m. 50. 

1103. Bonnafos (Baron de). Notice historique sur le château de 
Lamothe, commune de Calvinet (Cantal), 1322-1910. Aurillac, impr. 
moderne, 1910. In-8°, 31 p. 

1104. Bonnard (Fourier). Au pays de saint Pierre Fourier. Histoire 
du village de Mattaincourt en Lorraine. Avec une lettre de Maurice et 
une préface de Pierre Lelong. Paris, A. Picard et fils, s. d. In-8°, 
xv-240 p. 6 fr. 

1105. Borgatti (Mariano). The mausoleum of Hadrian and the 
Castle of Sant’ Angelo of Rome : an historical and descriptive account. 
Rome, National printing establishment, 1910. In-16, 84 p. et fig. 1 1. 

1106. Borrowman (R.). Beckenham, past and présent. Beckenham, 
T. W. Thornton, 1910. In-4°, 324 p. et ill. 21 s. 

1107. British Muséum. List of books forming the reference library 
in the reading room of the British Muséum. Vol. I, Authors. Vol. II, 
Subjects. London, Frowde, 1910. In-8°. 31 s. 6 d. 

1108. Bronson (Wa. Cochrane). English poems; selected and ed., 
with illustrative and explanatory notes and bibliographies; Old 
English and Middle English periods, 1450-1550. Vol. I. Chicago, 
Univ. of Chic, press, 1910. In-12, x-417 p. 1 d. 

1109. Brouwers (D. D.). L’Administration et les finances du comté 
de Namur du xm* au xv* siècle. Sources. I. Cens et rentes du comté 
de Namur au xm* siècle. T. I. Namur, Ad. Wesmael-Charlier, 1910. 
In-8°, xliv-336 p. et 2 cartes. (Documents inédits relatifs à l’histoire 
de la province de Namur publiés par ordre du conseil provincial.) 5 fr. 

1110. Brugmans (H.), Oppermann (O.). Atlas der Nederlandsche 
palaeographie. ’s-Gravenhage, A. de Jager, 1910. In-fol., xvi-28 p., 
56 pl. 20 fr. 

1111. Bubbrecht (08w.). L’Origine du type familial de la maison 
de Habsbourg. Bruxelles, G. Van Oest, 1910. In-8° carré, v-152 p. 
et 82 fig. 10 fr. 

1112. Buls (Charles). Le Vieux Bruxelles. Travaux élaborés par le 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



662 


BIBLIOGRAPHIE. 


Comité institué sous le patronage de la ville de Bruxelles et de la 
Société d’archéologie de Bruxelles. I. Évolution esthétique. L’évolu¬ 
tion du pignon à Bruxelles. Bruxelles, G. Van Oest, 1908. In-4°, 17 p. 
de texte et 22 pl. 6 fr. 

1113. Burnam (John M.). Un fragment en écriture onciale. Paris, 
H. Champion, 1910. In-4°, 8 p. (Mélanges offerts à M. Émile Châte¬ 
lain.) 

1114. Butler (A. J.). The Forerunners of Dante, a sélection from 
Italian poetry before 1300. London, Clarendon press, 1910. In-8°, 
xxxv-262 p. 6 s. 

1115. Cabrol (Dom Fernand). Dictionnaire d’archéologie chrétienne 
et de liturgie, publié avec le concours d’un grand nombre de collabo¬ 
rateurs. Fasc. 21 : Catéchuménat-Cella. Paris, Letouzey et Ané, 1910. 
Gr. in-8° à 2 col., col. 2593 à 2880, avec grav. et plans. 

1116. CaGGESE (Romolo). Foggia e la Capitanata. Bergamo, Istituto 
italiano d’arti grafiche, 1910. In-8°, 144 p. et 6g. (Collezione di mono- 
grafie illustrate. Sérié I, Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, n° 56.) 
4 1. 50. 

1117. Cagin (Dom Paul). L’Observation paléographique dans l’étude 
du « Sacramentarium triplex » de Saint-Gall. Paris, H. Champion, 
1910. (Mélanges offerts à M. Émile Châtelain.) 

1118. Caillet (Louis). Acte de quittance passé au Muy (Var) le 
10 mars 1393. Précédé d’un rapport de M. Mireur. Draguignan, impr. 
Latil frères, 1910. In-8°, 8 p. (Extrait du Bulletin de la Société 
d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan.) 

1119. Caillet (Louis). Cession de Chàtillon et de Sallanches à Jean 
de Chalon, seigneur d’Arlay, par Humbert II, ancien dauphin de Vien¬ 
nois (25 octobre 1352). Annecy, impr. Abry, 1910. In-8°, 6 p. (Extrait 
de la Revue savoisienne, année 1910, fasc. 1.) 

1120. Caillet (Louis). Documents du xv« siècle relatifs à Paris et 
à l'Ile-de-France tirés de la collection Morin-Pons, à la bibliothèque 
de Lyon. Nogent-le-Rotrou, Daupeley-Gouvemeur, 1909. In-8°, 15 p. 
(Extrait du Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de 
l'Ile-de-France, t. XXXVI, 1909.) 

1121. Caïn (Georges). Les Pierres de Paris. Paris, E. Flammarion, 
1910. In-16, 409 p., 133 ill., 6 plans. 5 fr. 

1122. Calendar of Patent Rolls : Edward III, 1355-1358. London, 
Wyman, 1910. In-8®. 15 s. 

1123. Calendar of Patent Rolls : Henry V, 1413-1416. London, 
Wyman, 1910. In-8°. 15 s. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


BIBLIOGRAPHIE. 663 

1124. Calendar of Patent Rolls : Henry VI, 1446-1452. London, 
Wyman, 1910. In-8°. 15 8. 

1125. Callewaert (Camille). Nouvelles recherches sur la chrono¬ 
logie médiévale en Flandre. Bruges, impr. L. De Plancke, 1909. In-8°, 
56 p. (Extrait des Annales de la Société d'émulation pour l’étude 
de l’histoire et des antiquités de la Flandre , 1 er et 2* fasc., année 

1909. ) 1 fr. 

1126. Camerlinck. Saint Léger, évêque d’Autun (616-678). Paris, 
J. Gabalda, 1910. In-18 jésus, xxm-180 p. (Les Saints.) 

1127. Carpenter (H. C. A.). Die Deklination in der nordhum- 
brischen Evangelienübersetzung der Lindisfarner Handschrift. Bonn, 
P. Hanstein, 1910. Gr. in-8°, xiv-320 p. (Bonner Studien zur engli- 
schen Philologie. 2. Heft.) 10 m. 

1128. Cartulaire de l’abbaye de Silvanès, publié par P. A. Verlaguet. 
Rodez, impr. Carrère, 1910. In-8°, xcvi-640 p., avec grav. et fac- 
similé. (Archives historiques du Rouergue, I.) 

1129. Cartulaire des abbayes d’Aniane et de Gellone, publié d’après 
les manuscrits originaux. Cartulaire d’Aniane, par l’abbé Cassan, 
E. Meynial. Table des noms de personnes et des noms de lieux (der¬ 
nier fascicule des tables). Montpellier, impr. générale du midi, 1910. 
In-4° à 2 col., p. 549 à 688. (Société archéologique de Montpellier.) 
2 fr. 50. 

1130. Cartwright (Mrs. Ady Julia). The Painters of Florence, 
from the 13th to the 16th century. Popular edit. London, Murray, 

1910. In-8°, 390 p. 1 s. 

1131. Casanova (Eug.). L’Archivio di stato in Napoli dal 10 gen- 
naio 1899 al 31 dicembre 1909 : notizie. Napoli, tip. Cultori arti gra- 
fiche, 1910. In-8°, 178 p. et pl. 5 1. 

1132. Chaillan (AbbéM.). Recherches archéologiques et historiques 
sur Gardane. Paris, A. Picard et fils, 1910. In-8°, 181 p., avec grav. 

1133. Chanson (La) française du xv® au xx® siècle. Avec un appen¬ 
dice musical. Paris, J. Gillequin, s. d. Petit in-8°, 326 p. 5 fr. 

1134. Chapot (Victor). L’Organisation des bibliothèques. Paris, 
L. Cerf, 1910. In-8°, 71 p. (Archives, bibliothèques, musées. Publica¬ 
tions de la Revue de synthèse historique.) 2 fr. 50. 

1135. Chasle (H.). Saint Méen. l r ® et 2® parties. Rennes, L. Bahon- 
Rault, 1910. In-16, 56 p. et grav. (Les Saints de Bretagne.) 

1136. Chauvin (Victor). Guillaume de Ruysbroeck. Bruxelles, éta¬ 
blissements Émile Bruylant, 1909. In-8°, 5 p. à 2 col. (Extrait de la 
Biographie nationale, t. XX.) 



664 


BIBU06BAFHIE. 


1137. Chevalerie Vivien; facsimile phototypes of the Sancti Bertini 
manuscript of the bibliothèque municipale of Boulogne-sur-Mer ; with 
an introd. and notes by Raymond Weeks. Columbia, Mo., Univ. of 
Mo., 1909. In-fol., pl. (Univ. of Mo. studies; literary and linguistic 
ser.) 1 d. 25. 


1138. Chot (Joseph), Dbthibr (René). Histoire des lettres françaises 
de Belgique depuis le moyen &ge jusqu’à nos jours. Préface de Paul 
Adam. Charleroi, impr. D. Hallet, 1910. In-4°, xii-605 p. et portr. 5 fr. 

1139. Chronique des règnes de Jean II et de Charles V, publiée 
pour la Société de l’histoire de France, par R. Delachenal. T. I : 
1350-1364. Paris, H. Laurens, 1910. In-8°, 352 p. (Les Grandes Chro¬ 
niques de France.) 

1140. Chronique et chartes de l’abbaye de Saint-Mihiel, publiées 
par André Lesort. Paris, C. Klincksieck, 1909. In-8°, 146 p. (Mémoires 
et documents publiés par la Société nationale des antiquaires de 
France. Fondation Auguste Prost. Mettensia VI. Fasc. l ,r .) 

1141. Chronologie de l’histoire de l’empire grec, des empires turcs, 
de l’empire ottoman, des empires mongols, de Russie, de Pologne, 
de Prusse, de Norvège, de Suède, de Danemark, de Suisse, des Pays- 
Bas et de Portugal. Tours, A. Marne et fils, 1910. In-16, 115 p., avec 
tableaux généalogiques. 

1142. Clinch (G.). English costume from prehistoric times to the 
end of the eighteenth century. Chicago, Mc Clurg, 1910. In-8°, 
xxii-295 p., 131 ill. 2 d. 50. 

1143. Coun (Willy). Die Geschichte der normannisch-sicilischen 
Flotte unter der Regierung Rogers I. u. Rogers II. (1060-1154). Bres- 
lau, M. u. H. Marcus, 1910. Gr. in-8°, vi-104 p. (Historische Unter- 
suchungen. 1. Heft.) 3 m. 60. 

1144. Colasanti (Arduino). Loreto. Bergamo, Istituto italiano 
d’arti grafiche, 1910. In-8°, 123 p., avec fig. et pl. (Collezione di mono- 
grafie illustrate. Sérié I, Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, 
n° 54.) 4 1. 


1145. Colini (Gius. Aug.). Scoperte archeologiche délia valle délia 
Vibrata (Teramo). Vol. I. Parma, tip. L. Battei, 1910. In-8°, xxi-272 p. 
et fig. (Extrait du Bulletino di paletnologia italiana. An. XXXIII, 
n« 6-12; an. XXXIV, n°* 1-4.) 


1146. Collijn (Isak). Neue Bruchstücke der Nibelungen-Handschrift 
L. Uppsala, Akad. bokh., 1910. In-8°, 13 p., 6 pl. (Skrifter utg. ai 
k. Humanistiska vetenskapssamfundet i Uppsala, XIII, 3.) 1 kr. 75. 


1147. Coulon (Raimond). Essai de reconstitution des dodécaèdres 
creux, ajourés et perlés attribués à l’époque gallo-romaine, leur ori- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


665 


gine, leur destination. Rouen, impr. Gy, 1910. In-8°, 56 p. et grav. 
(Extrait du Bulletin de la Société libre d’émulation du commerce 
et de l’industrie de la Seine-Inférieure. Exercice 1909.) 

1148. Coulton (G. G.). A Mediæval garner, human documents 
from the four centuries preceding the Reformation. Selected, transla- 
ted and annotated. London, Constable, 1910. In-8°, 744 p. et ill. 21 s. 

1149. Courant. Bibliothèque nationale. Département des manus¬ 
crits. Catalogue des livres chinois, coréens, japonais, etc. 6" fasc., 
n°» 6147-6409. Paris, E. Leroux, 1910. In*8° à 2 col., p. 433 à 624. 

1150. Cranstoun (E.). Savonarola. London, Stockwell, 1910. In-8®. 
3 8. 

1151. Cynewulf (Poems of). Translated into English prose by 
Charles W. Kennedy. London, Routledge, 1910. In-8°, 360 p. 6 s. 

1152. Czolovvski (Aleksandr). Grunwald 15 lipca 1410. Lwôw, 
Gubrynowicz, 1910. In-8°, 42 p., fig. 0 k. 60. 

1153. Czubek (Jan). Katalog rçkopisôw biblioteki hr. Branickich w 
Suchej. [Catalogue des mss. de la bibliothèque Branicki.] Krakôw, 
G. Gebethner, 1910. In-8°, 86 p. 2 k. 

1154. Dal Pozzo (Ag.). Memorie istoriche dei Sette-Comuni vicen- 
tini. Opéra postuma. Ristampa per cura del comune di Rotzo. Schio, 
tip. G. Nicola, 1910. In-8°, xxiv-264 p. et pl. 

1155. Daniels (Emil). Geschichte des Kriegswesens. II. Das mit- 
telalterl. Kriegswesen. Leipzig, G. J. Gôschen, 1910. Petit in-8°, 144 p. 
(Sammlung Gôschen. 498.) 0 m. 80. 

1156. Dante Alighieri. Commedia. I. Inferno. Ed. ortofonica del 
Gino Rebajoli. Berlin, F. Harnisch, 1910. Gr. in-8°, 167 p. 1 m. 50. 

1157. Dante Alighieri. Le opéré minori, novamente annotate da 
G. L. Passerini. VI. (Le Epistole e la Disputa intorno ail’ acqua e 
alla terra.) Firenze, G. C. Sansoni, 1910. In-24, xii-275 p. 1 1. 20. 

1158. Dawson (Charles). History of Hastings Castle. The castlery, 
râpe and battle of Hastings, to which is added a history of the colle- 
giate church within the castle and its prebends. London, Constable, 
1910. In-8°, 604 p. 42 s. 

1159. Decia (D.). Francescanismo e Giottismo. Firenze, il Cimento 
ed., 1910. In-8°, 52 p. 

1160. De Joncke (Vicomte Baudouin). Les Déformations succes¬ 
sives des types sur les statères d'or atrébates. Bruxelles, Goemaere, 
1910. In-8°, 9 p. et 1 pl. hors texte. 

1161. Delaborde (François). Note sur le Carolinus de Gilles de 




666 


BIBLIOGRAPHIE. 


Paris. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 11 p. (Mélanges offerts à 
M. Émile Châtelain.) 

1162. Delahachb (Georges). La Cathédrale de Strasbourg, notice 
historique et archéologique. Paris, D.-A. Longuet, 1910. In-18,198 p. 
et pl. (Notices historiques et archéologiques sur les grands monuments, 
publiées sous la direction de M. Paul Vitry.) 

1163. Delannoy (Paul). La Juridiction ecclésiastique en matière 
bénéficiai sous l’ancien régime en France. T. I : la Juridiction con¬ 
tentieuse. Bruxelles, A. Dewit, 1910. In-8°, xxxi-217 p. 5 fr. 


1164. Delà ville Le Roulx (J.). L’Occupation chrétienne à Smyrne 
(1344-1402). Paris, Impr. nationale, s. d. In-4°, 10 p. (Extrait du Flo - 
rilegium Melchior de Vogüé.) 

1165. Delbhaye (H.). Le leggende agiografiche. Seconda edizione 
italiana, con notevoli aggiunte, appendice sui martirologi e indice ono- 
mastico. Firenze, tip. fîorentina, 1910. In-16, xxiv-390 p. 2 1. 50. 

1166. Delisle (Léopold). Les Heures dites de Jean Pucelle, manus¬ 
crit de la collection de M. le baron Maurice de Rothschild. Notice. 
Paris, E. Rahir, 1910. In-16, 93 p. et 72 héliogravures. 


1167. Drpotter (J.). Le Pays de Lallœu, histoire, mœurs et insti¬ 
tutions. Lille, R. Giard; Arras, A. Baron-Demiautte, 1910. In-8°, 
324 p., avec plan et grav. 


1168. Deville (Étienne). Le Registre de la léproserie d’Andeli en 
1380. Mémoire lu au Congrès des sociétés savantes, à la Sorbonne, 
section d’histoire et de philologie, séance du 29 mars 1910. Évreux, 
impr. Odieuvre, 1910. In-8°, 21 p. 


1169. De Vinne (Thdr. Low.). Notable printers of Italy during the 
fifteenth century; ill. with facsimiles from early éditions and with 
remarks on early and recent printing. New York, Grolier Club, 1910. 
In-8°, hi- 210 p. et facs. 15 d. 


1170. Diehl (Charles). Manuel d’art byzantin. Paris, A. Picard et 
fils, 1910. In-8°, xi-337 p., avec fig. 15 fr. 

1171. Dinelli (L.). S. Bernardino da Siena e il suo tempo : brevi 
cenni storici, con due documenti inediti, pubbücati nel V centenario 
délia predicazione del santo in Camaiore. Lucca, tip. Baroni, 1910. 
In-16, 101 p. 1 1. 

1172. Documenti degli archivi di Pavia relativi alla storia di Voghera, 
929-1300 (pubblicati a cura di) Luigi Cesare Bollea. Pavia, C. Ros- 
setti, 1909. In-8°, ui-518 p. (Biblioteca délia société storica subalpina, 
diretta da Ferdinando Gabotto, XLVI : Corpus chartarum Italiae, 
XXXIV.) 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 




667 


H73. Dony (Émile). Un marteau d’armes (xv® siècle) trouvé à 
Maurage. Mons, impr. Dequesne-Masquillier et fils, 1909. In-8°, 9 p. 
et fig. (Extrait des Annales du Cercle archéologique de Mons, 
t. XXXVII.) 1 fr. 

9 

1174. Dorez (Léon). Evangéliaire exécuté à l’abbaye de Schuttern 

(vin®-ix® siècles). Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 9 p. (Mélanges 

» 

offerts à M. Emile Châtelain.) 


1175. Douglas (A. H.). The philosophy and psychology of Pietro 
Pomponazzi. New York, Putnam, 1910. In-8°, 318 p. 2 d. 50. 

1176. Dreher (Ferd.). Das stadtische Archiv zu Friedberg i. d. W. 
1273-1910. Ein Umriss seiner Geschichte u. Bestànde. Friedberg. 
Leipzig, Dyk, 1910. In-8°, 32 p. 1 m. 

1177. Du Bois (Alf.). Assimilazione dell’ arte classica in Donatello 
e classificazione cronologica dell' Annunciazione in S. Croce a Firenze, 
studio critico. Piacenza, tip. V. Porta, 1910. In-8°, 21 p. 

1178. Duchesne (L.). Fastes épiscopaux de l’ancienne Gaule. T. II : 
l'Aquitaine et les Lyonnaises. 2° édition, revue et corrigée. Paris, 
Fontemoing, 1910. In-8°, 494 p. 

1179. Dunand (Philippe-IIector). Une page de l’histoire de Jeanne 
d’Arc. Le procès de Rouen et le Saint-Siège, pendant et après (1431- 
1450). 4 e édition, revue, corrigée, augmentée. Paris, G. Beauchesne, 
1910. In-16, 64 p. 

1180. Dupont (Etienne). Une astrologue bretonne au Mont-Saint- 
Michel (1305-1370). Paris, H. Champion, 1910. In-8°, 22 p. (Extrait de 
la Revue de Bretagne.) 

1181. Duprat (Eug.). Notes d’archéologie avignonnaise. I. Les 
mosaïques antiques. Avignon, F. Séguin, 1910. In-8°, 24 p. (Extrait 
des Mémoires de VAcadémie de Vaucluse, 1910.) 


1182. Durrant (W. Scott). Cross and dagger, the Crusade of the 
children, 1212; with 8 ill. by Arth. Buckland. New York, J. Lane, 
1910. In-12, xn-232 p. 1 d. 50. 

1183. Durrieu (Comte Paul). Ingobert, un grand calligraphe du 
ix e siècle. Paris, II. Champion, 1910. In-4°, 14 p. (Mélanges offerts à 

9 

M. Emile Châtelain.) 

1184. Ebersolt (Jean). Le Grand Palais de Constantinople et le 
Livre des cérémonies. Avec un avant-propos de M. Charles Diehl, un 
plan de M. Adolphe Thiers. Paris, E. Leroux, 1910. In-8°, xv-240 p. 

1185. Eckhart’s (Meister) Buch der gôttlichen Trôstung u. Von 
dem edlen Menschen (Liber benedictus). Hrsg. v. Philipp Strauch. 



Digitized by Google 



668 


BIBLIOGRAPHIE. 


Bonn, A. Marcus u. E. Weber, 1910. In-8°, 51 p. (Kleine Texte f. 
theologiscbe u. philologische Vorlesungen u. Uebungen. 55.) 1 m. 20. 

1186. Ehrencron-Müller (H.). Dansk Bogfortegnelse for Aarene 
1901-1908. 12. Hœfte. Kôbenhavn, Gad, 1910. In-4°, 16 p. 1 k. 

1187. Ehrle (F.). Die Frangipani und der Untergang des Archivs 
und der Bibliotek der Pâpste am Anfang des 13. Jabrbunderts. Paris, 
H. Champion, 1910. In-4°, 39 p. et plan. (Mélanges offerts à M. Émile 
Châtelain.) 

1188. EliaSSKN (P.). Holding fra Middelalder til Nutid. Holding, 
l’auteur, 1910. In-8°, 598 p., 17 pl. 9 kr. 50. 

1189. Endres (Jos. Ant.). Thomas v. Aquin. Die Zeit der Hochscho- 
lastik. Mainz, Kirchheim, 1910. Gr. in-8°, 107 p., 64 fig. (Weltge- 
schichte in Harakterbildern. III. Abteilung.) 4 m. 

1190. Enlart (C.). Deux souvenirs du royaume de Chypre au 
Musée britannique et au Musée du cinquantenaire de Bruxelles. 
Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouvemeur, 1910. In-8°, 16 p., 
avec 3 6g. (Extrait des Mémoires de la Société nationale des anti¬ 
quaires de France, t. LXIX.) 

1191. Ernout (A.). Codex Trecensis, n° 554. Paris, H. Champion, 
1910. In-4°, 11 p. (Mélanges offerts à M. Émile Châtelain.) 

1192. Essai de chronologie de l’imprimerie. Principaux innovateurs 
et faits historiques concernant l'imprimerie et les arts graphiques. 
Paris, « Bulletin officiel de l’Union syndicale des maîtres imprimeurs 
de France », 7, rue Suger, 1910. In-4°, 8 p. (Supplément du Bulletin 
officiel, octobre 1910.) 1 fr. 50. 

1193. Excerpta de virtutibus et vitiis. Pars II. Recensuit et praefa- 
tus est Anton. Gerardus Roos, usus collatione codicis Peiresciani a 
Theod. Büttner-Wobst confecta. Berlin, Weidmann, 1910. Gr. in-8°, 
xvi-416 p. (Excerpta historica jussu imp. Constantini Porphyrogeneti 
confecta. Edd. U. Ph. Boissevain, C. de Boor, Th. Büttner-Wobst. 
Vol. II, pars II.) 15 m. 

1194. Fage (René). L’Église de Hautefage (Corrèze). Tulle, impr. 
Crauffon, 1910. In-8°, 19 p. et 1 grav. (Extrait du Bulletin de la 
Société des lettres , sciences et arts de la Corrèze.) 

1195. Fakhri (Al). Histoire des dynasties musulmanes depuis la mort 
de Mahomet jusqu’à la chute du Khalifat « Abbàsîde de Baghd&dz » 
(H-656 de l’hégire = 632-1258 de J.-C.), avec des prolégomènes sur 
les principes du gouvernement, par Ibn At-Tiqtaqà, traduit de l’arabe 
et annoté par Émile Amar. Paris, E. Leroux, 1910. In-8°, XLvn-636p. 
(Archives marocaines. Publication de la mission scientifique du 
Maroc, vol. 16.) 12 fr. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


669 


1196. Falk (H. S.), Torp (Alf.). Norwegisch-dànisches etymolo- 
gisches Wôrterbuch. Mit Unterstützg. der VerfT. fortgeführte deutsche 
Bearbeitg. v. Herm. Davidsen. 18. u. 19. Lfg. Heidelberg. C. Winter, 
1910. In-8°, p. 1361-1520. (Germanische Bibliothek. I. Abtlg. IV. Reihe. 

I. Bd.) 3 m. 

1197. Farcy (L. de). Le Pourpoint de Charles de Blois. Collection 

J. Chappée. Le Mans, impr. Benderitter, s. d. In-4°, 29 p. et grav. 

1198. Fassbinder (Jos.). Der Catalogue sanctorum Ordinis sancti 
Benedicti des Abtes Andréas v. Michelsberg. Bonn, P. Hanstein, 1910. 
Gr. in-8°, 134 p. 2 m. 

1199. Fauquembergue (Journal de Clément de), greffier du Parle¬ 
ment de Paris, 1417-1435. Texte complet publié pour la Société de 
l’histoire de France par Alexandre Tuetey. Avec la collaboration de 
Henri Lacaille. T. II : 1421-1430. Paris, H. Laurens, 1909. In-8°, 
378 p. 9 fr. 

1200. Fay (H. M.). Histoire de la lèpre en France. I. Lépreux et 
cagots du sud-ouest. Notes historiques, médicales, philologiques sui¬ 
vies de documents. Avec une préface de Gilbert Ballet. Paris, II. Cham¬ 
pion, 1910. In-8°, xxvi-786 p., avec 23 grav. 

1201. Ferrari (Giulio). Il legno nell’ arte italiana : riproduzioni, 
in parte inédite, di saggi, dal periodo romano al neo-classico, raccolte 
e ordinate, con testo esplicativo. Milano, U. Hoepli, 1910. In-4°, 24 p., 
fig. et pl. (Collezione artistica Hoepli.) 

1202. Ferrari (Giulio). Lo stucco nell’ arte italiana : riproduzioni, 
in parte inédite, di saggi, dal periodo etrusco al neo-classico, raccolte 
e ordinate, con testo esplicativo. Milano, U. Hoepli, 1910. In-4°, 
21 p., fig. et pl. (Collezione artistica Hoepli.) 

1203. Ferrato (Andrea). Cronologia costantiniana e dei papi s. 
Eusebio e s. Milziade : iscrizioni di s. Damaso attribuite erroneamente 
ai tempi costantiniani, spiegate per i tempi di Liberio papa. S. Pier 
d’Arena, tip. Salesiana, 1910. In-8°, xx-143 p. et pl. 3 1. 

1204. Ferrero (Felice). The Valley of Aosta; a descriptive and his- 
torical sketch of an Alpine valley noteworthy in story and in monu¬ 
ment; with 39 il. and maps. New York, Putnam, 1910. In-8°, xvi- 
336 p. 2 d. 

1205. Ferri (Giov.). Prospetto grammaticale e lessico delle poesie 
di Jacopone da Todi, secondo l’edizione fiorentina del 1490. Perugia, 
Unione tipografica cooperativa, 1910. In-8°, xi-139 p. 

1206. Festschrift zu Feier des 450jàhrigen Bestehens der Universi- 
tàt Basel. Hrsg. v. Rektor u. Regenz. Basel, Helbing u. Lichtenhahn, 
1910. Gr. in-8°, in-553 p. 12 m. 



UN VERS 


iûinal from 


Mh^HIGAN 



670 


BIBLIOGRAPHIE. 


1207. Floeck (Osw.). Die Kanzone in der deutschen Dichtung. 
Berlin, E. Ebering, 1910. Or. in-8°, 407 p. (Berliner Beitrâgezur ger- 
manischen u. romaniscben Philologie. Gennanische Abteilg. N° 27.) 
10 m. 

1208. Fribse (Karl). Geschichte der kônigl. Universitats-Bibliothek 
zu Berlin. Berlin, G. Reimer, 1910. Gr. in-8°, vii-165 p., 2 pl. 3 m. 60. 

1209. Fuuagalli (Giuseppina). Alcune idee pedagogiche di Dante e 
del Petrarca. Firenze, tip. Galileiana, 1910. In-8°, 128 p. 

1210. FOrstenbero (Paul). Geschichte der Burg u. Stadt Lipp- 
springe. Paderborn, Junfermann, 1910. In-8°, 207 p. 3 m. 

1211. Fyot (Eugène). L’Église Notre-Dame de Dijon. Monogra¬ 
phie descriptive. Dijon, F. Rey, 1910. In-8°, xxrv-246 p. avec grav. 

1212. Galabert (François). Toulouse. Archives communales. Tou¬ 
louse, Édouard Privât, 1910. In-8°, 8 p. (Extrait du volume Docu¬ 
ments sur Toulouse et sa région , 1910.) 

1213. Garand (Marcel). Essai sur les institutions judiciaires du Poi¬ 
tou sous le gouvernement des comtes indépendants, 902-1137 (d’après 
les cartulaires poitevins). Poitiers, impr. Bousrez, 1910. In-8®, xv- 

188 p. 

1214. Gauthiez (Pierre). Lectura Dantis : le chant XX* du Purga¬ 
toire. Conférence prononcée à Orsanmichele de Florence pour la 
Société dantesque italienne, le 18 mars 1909. Firenze, G. C. Sansoni, 
1910. In-8°, 43 p. 1 l. 

1215. Geistliche kleinere Gedichte des xii. Jahrh. Hrsg. v. Alb. 
Leitzmann, Bonn, A. Marcus u. E. Weber, 1910. In-8° t 30 p. (Kleine 
Texte f. theologische u. philologische Vorlesungen u. Uebungen, 54.) 
0 m. 80. 

1216. Gerbaix de Sonnaz (C. A. di). I Savoiardi ed i Nizzardi 
negli scorti secoli .1. Roma, tip. Forzani, 1910. In-8°, 31 p. 

1217. Gerdes (Heinr.). Geschichte des deutschen Bauernst&ndes. 
Leipzig, B. G. Teubner, 1910. In-8°, iv-122 p M 21 fig. (Aus Natur u. 
Geisteswelt. Sammlung wissenschaftlich-gemeinverstandl. Darstellgn. 
320.) 1 m. 

1218. Gerrard (J. E.). The Principles of Gothic mould, from Lan- 
cashire and Cheshire churches. London, Young and Sons, 1910. 
In-12, 24 p. 1 s. 

1219. Gierach (Erich). Syncope u. Lautabstufung, ein Beitrag zur 
Lautgeschichte des vorliterar. Franzôsisch. Halle, M. Niemeyer, 1910. 
Gr. in-8°, x-194 p. (Zeitschrift f. romanische Philologie. 24. Heft.) 

5 m. 60. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


671 


1220. Glatman (Ludwik). Wielka wojna. Szkic historyczny w 
piçcsetleniq rocznicç zwyciçstwa pod Grunwaldem (1410-1910). [La 
grande guerre. Anniversaire de Grunwald.] Warszawa, M. Arct, 1911. 
In-8°, 185 p., carte. 0 r. 80. 

1221. Graber (Erich). Das Archiv der Stadt Flensburg. I. Die Be- 
stànde. II. Urkundenregesten. III. Die Flensburgensien. Flensburg, 
Huwald, 1910. Gr. in-8°, v-86 p. 2 m. 50. 

1222. Graf (Geo.). Die Philosophie u. Gotteslehre des Jahjà Ibn 
’Adi u. spàterer Autoren. Skizzen nach meist ungedr. Quellen. Mün- 
ster, Aschendorff, 1910. Gr. in-8°, vm-80 p. (Beitràge zur Geschichte 
der Philosophie des Mittelalters. VIII. Bd. 7. Heft.) 2 m. 75. 

1223. Graves (Fk. Pierrepont). A history of éducation during the 
middle âges and the transition to modem times. New York, Macmil¬ 
lan, 1910. In-12, xv-328 p. 1 d. 10. 

1224. Grenier (A.). Quelques fautes des manuscrits et des textes 

latins touchant les mots composés. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 

# 

15 p. (Mélanges offerts à M. Emile Châtelain.) 

1225. Grossi-Gondi (F.). La dormitio b. Mariae, contributo ad uno 
studio iconografico a proposito di una pittura dell’ antica diaconia di 
S. Maria in via Lata. Roma, tip. Unione ed., 1910. In-8°, 37 p. et fig. 

1226. GrunskiI (N. K.). Drevne-cerkovno-slavianskie teksty. [Textes 
en vieux slavon d’église.] Iuriev, impr. K. Mattiseu, 1910. In-8°, 36 p. 

1227. Guesnon (A.). Le Hautelisseur Pierre Ferré d’Arras, auteur 
de la tapisserie de Tournai (1402). Lille, impr. Lefebvre-Ducrocq, 
1910. In-8°, 16 p. et photogravures. (Extrait de la Revue du Nord , 
août 1910.) 

1228. Guesnon (A.). Publications récentes sur les trouvères et les 
troubadours. Comptes-rendus. Paris, H. Champion, 1910. In-8°, 8 p. 
(Extrait du Moyen-âge , 2 e série, t. XIV, mars-avril 1910.) 

1229. Günther (Otto). Die Wiegendrucke der Leipziger Sammlun- 
gen u. der herzogl. Bibliothek in Altenburg. Ein Verzeichnis. Nach- 
tràge. Leipzig, O. Harrassowitz, 1910. Gr. in-8°, 28 p. (Zentralblatt f. 
Bibliothekswesen. Beihefte.) 1 m. 20. 

1230. Hàbler (Konr.). Typenrepertorium der Wiegendrucke. 
Abt. III. Tabellen. 2. Gotische Typen. Leipzig, R. Haupt, 1910. Gr. 
in-8°, viii-404 p. (Sammlung bibliotheteswissenschaftlicher Arbeiten. 
29. u. 30. Heft.) 30 m. 

1231. Hager (Geo.), Lill (Geo.). Bez.-Amt Sulzbach. 2. Bd. Reg.- 
Bez. Oberpfalz u. Regensburg. München, R. Oldenbourg, 1910. Gr. 



Digitized by Google 



672 


BIBLIOGBAPHIE. 


in-8°, vi-134 p., 94 reproduct., 4 pl., 1 carte. (Die Kunstdenkmàler 
des Kônigr. Bayera. XIX. Heft.) 6 m. 

1232. Hartel (A.). Altàreu. Kanzeln. Eine Sammlg. v. Aufnahmen 
aus den berühmtesten Kircben des Mittelalters u. der Neuzeit. [Aus : 
« Architekton. Details. >] Berlin, Oraamentverlag, 1910. In-fol., m p., 
30 pl. en couleur. 32 m. 

1233. Hartmann (Paul), Renard (Edm.). Die Kunstdenkmàler des 
Kreises Düren. Düsseldorf, L. Schwann, 1910. Gr. in-8°, vn-365 p., 
227 fig., 9 pl. (Die Kunstdenkmàler der Rheinprovinz. IX. Bd. 
1. Abtlg.) 5 m. 

1234. Hautcgeur (Mgr Édouard). Histoire de l'abbaye de Flines. 
Nouvelle édition revue et augmentée. Lille, R. Giard, 1909. In-8°, 
xv-470 p., avec carte, plan, pl. et portr. 

1235. Hauviller (Ernst). Les Archives révolutionnaires du dépar¬ 
tement de la Moselle, à Metz. I. District de Briey. II. District de 
Longwy. III. Actes et correspondances des représentants du peuple. 
Paris, E. Leroux, 1910. In-8°, 37 p. (Extrait des Annales révolution¬ 
naires, janvier-mers 1910, p. 117-125; avril-juin, p. 252-262; juillet- 
septembre, p. 436-448.) 

1236. Hefblb (Charles-Joseph). Histoire des conciles d’après les 
documents originaux. Nouvelle traduction française faite sur la 2* édi¬ 
tion allemande, corrigée et augmentée de notes critiques et bibliogra¬ 
phiques, par Dom H. Leclercq. T. III. Paris, Letouzey et Ané, 1909- 
1910. 2 vol. in-8°, 1,276 p. 

1237. Hefblb (H.). Die Bettelorden u. das religiOse Volksleben 
Ober- u. Mittelitaliens im xm. Jahrh. Leipzig, B. G. Teubner, 1910. 
Gr. in-8°, iv-140 p. (Beitràge zur Kulturgeschichte des Mittelalters u. 
der Renaissance. 9. Heft.) 4 m. 80. 

1238. Helmold’s Chronik der Slaven. Nach der Ausg. der Monu- 
menta Germanise übers. v. J. C. M. Laurent u. W. Wattenbach. 
Mit e. Vorwort v. J. M. Lappenberg. Hrsg. von B. Schmeidler. Leip¬ 
zig, Dyk, 1910. In-8°, xv-271 p. (Die Geschichtschreiber der deut- 
schen Vorzeit. 56. Bd.) 6 m. 

1239. Hemptinnb (Dom Jean de). Notice sur l’Ordre de saint Benoit. 
Abbaye de Saint-André par Lophem. Abbaye de Maredsous, 1910. 
In-12, viii- 175 p. et grav. 2 fr. 

1240. Henniges (Diodor). Geschichte des Franziskanerordens zu 
Bielefeld. Düsseldorf, L. Schwann, 1910. Gr. in-8°, 120 p., 2 pl. (Aus 
Beitràge z. Gesch. d. sticks. Franzishanerprov. u. kl. Kreuze.) 
2 m. 50. 

1241. Hertter (Fritz). Die Podestàliteratur Italiens im 12. u. 13. 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


073 


Jahrh. Leipzig, B. G. Teubner, 1910. Gr. in-8°, v-83 p. (Beitrage zur 
Kulturgeschichte des Mittelalters u. der Renaissance. 1. Tl., 7. Heft.) 
2 m. 40. 

1242. Hilka (Alfons). Das Leben u. die Sentenzen des Philosophen 
Secundus des Schweigsamen in der altfranzôsischen Literatur nebst 
krit. Ausgabe der lateinischen Uebersetzung des Willelmus Medicus, 
Abtes v. Saint-Denis. Breslau, G. P. Aderholz, 1910. Gr. in-8°, 42 p. 
(Extrait des Jahresber. d. schles. Gesellsch. f. vaterl. Cultur.) 1 m. 

1243. Hirzel (Osk.). Abt Heriger v. Lobbes, 990-1007. Leipzig, 
B. G. Teubner, 1910. Gr. in-8°, vi-44 p. (Beitrage zur Kulturge¬ 
schichte des Mittelalters u. der Renaissance. 8. Heft.) 1 m. 80. 

1244. Holtmeyer (A.). Kreis Cassel-Land. Marburg, N. G. Elwert, 
1910. 2 vol. in-fol., xm-376 p., 209 pl. de vues et croquis. (Die Bau-u. 
Kunstdenkmàler im Reg.-Bez. Cassel. IV. Bd.) 18 m. 

1245. Houdard (Georges). Les Châteaux royaux de Saint-Germain- 
en-Laye, 1124-1789, étude historique d'après des documents inédits 
recueillis aux Archives nationales et à la Bibliothèque nationale. Le 
Château vieux. T. I, livre I, le Château des Capétiens, 1124-1364; 
livre II, le Château des premiers Valois, 1364-1539. Saint-Germain- 
en-Laye, M. Mirvault, 1909-1910. In-4°, p. 153 à 192, 201 à 264, 25 à 
47 avec fig. (Les Archives du Pincerais. Bibliothèque historique de 
Saint-Germain-en-Laye et de sa région, l re série, t. I.) 

1246. Huber (Mich.). Die Wanderlegende v. den Siebenschlàfern. 
Eine literargeschichtl. Untersuchg. Leipzig, O. Harrassowitz, 1910. 
Petit in-8°, xxm-574 et 32 p. 12 m. 

1247. Hübl (Alb.) Die Münzensammlung des Stiftes Schotten in 
Wien. 1. Bd. Rômische Münzen. Wien, C. Fromme, 1910. In-fol., 
xii- 342 p. 17 m. 

1248. Hutton (William H.). Thomas Becket, archbishop of Can- 
terbury. London, Pitman, 1910. In-8°, 312 p. (Makers of national 
history.) 3 s. 6 d. 

1249. Index alphabétique de cinquante premiers volumes de la 
« Revue des études juives ». Paris, A. Durlacher, 1910. In-8°à2 col., 
vii- 430 p. 12 fr. 50. 

1250. Inventaire archéologique de Gand. Catalogue descriptif et 
illustré des monuments, œuvres d’art et documents antérieurs à 1830, 
publié par la Société d’histoire et d’archéologie de Gand. Fascicule LI. 
Gand, impr. N. Heins, 1910. In-8°. 3 fr. 50. 

1251. Ivanov (K. A.). Srednevékovaia derevnia i eia obitateli. [Le 

1910 43 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



674 


BIBLIOGRAPHIE. 


village au moyen âge.] Izdanie 3°*. Saint-Pétersbourg, librairie du 
Peterburg. ulebn. m&gaz., 1910. In-8°, 140 p., 31 dessins. 0 r. 75. 

1252. Jacob (Karl). Studien üb. Papst Benedikt XII. (20. XII. 1334- 
25. IV. 1342.) Berlin, R. Trenkel, 1910. Gr. in-8°, v-165 p. 4 m. 

1253. James (N. R.). A Graeco-latin lexicon of tbe thirteenth cen- 
tury. Paris, H. Champion, 1910. In-4«, 18 p. (Mélanges offerts à 
M. Émile Châtelain.) 

1254. Joachimsen (Paul). Geschichtsauffassung u. Geschicbtschrei- 
bung in Deutschland unter dem Einfluss des Humanismus. Leipzig, 
B. G. Teubner, 1910. Gr. in-8°, vi-299 p. (Beitrage zur Kulturge- 
schichte des Mittelalters u. der Renaissance. 1. Tl., 6. Heft.) 8 m. 

1255. Joannes de Plano Carpini. Istoriia Mongolov. Vilhelm de 
Rubruk. Puteèestvie v vostocnyia strany. [Histoire des Mongols. 
Voyage en Orient.] Vvedenie, perevod i primécaniia A. I. Maleina. 
Saint-Pétersbourg, A. S. Suvorin, 1910. In-8°, xvi-219 p., ill. 3 r. 

1256. Johannis, abbatis Victoriensis, liber certarum historiarum. Ed. 
Fedor. Schneider. Tom. II. Libri IV-VI. Hannover, Hahn, 1910. Gr. 
in-8°, iv-343 p. (Scriptores rerum germanicarum in usum scholarum 
ex monumentis Germanise historicis separatim editi.) 5 m. 

1257. Jusselin (Maurice). La Garde et l’usage du sceau dans les 
chancelleries carolingiennes d’après les notes tirouiennes. Paris, 
H. Champion, 1910. In-4°, 9 p. (Mélanges offerts à M. Émile Châte¬ 
lain.) 

1258. Kalkar (Otto). Ordbog til det ældre danske Sprog (1300-1700) 
Trykt paa Carlsbergfondets bekostning. 49 Hæfte. Kobenhavn, Reit- 
zel, 1910. In-8°, 80 p. à 2 col. 2 kr. 50. 

1259. Karche (P. C. G.). Coburgs Vergangenheit. Jahrbücher der 
herzogl. sâchs. Residenzstadt Coburg 741-1822. Mit 1 Bilde : Alt- 
Coburg (1626) nach e. Kpfrst. v. Peter Iselburg u. e. Orts-Pereonen- 
u. Sachregister. Coburg, J. F. Albrecht, 1910. In-8°, vm-647 p. 
2 m. 50. 

1260. Kaufmann (Karl Maria). Die Menasstadt u. das Nationalhei- 
ligtum der altchristlichen Aegypter in der westalexandrinischen 
Wüste. Ausgrabungen der Frankfurter Expédition am Karm Abu 
Mina (1905-1907). I. Leipzig, K. W. Hiersemann, 1910. In-fol., 
x-142 p., 613 reproductions, 70 pl. en héliogravure, 32 pl. photogra¬ 
phiques, nombreux plans et fig. dans le texte. 150 m. 

1261. Keller (Otto). Ueber einen verbrannten Codex des Horaz. 
Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 6 p. (Mélanges offerts à M. Émile 
Châtelain.) 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


675 


1262. Keussen (Herm.). Topographie der StadtKôln im Mittelalter. 
Bonn, P. Hanstein, 1910. In-fol., xxviii-209-457 p. et v-496 p. avec 
cartes. 50 m. 

1263. Killbrmann (Seb.). Die Vogelkunde des Albertus Magnus 
(1207-1280). Regensburg, G. J. Manz, 1910. Gr. in-8°, vni-100 p. 
2 m. 50. 

1264. King (James). History of Jedburgh abbey. Jedburgh, W. 
Easton, 1910. In-8°, 6 d. 

1265. Knapp (Eberh.). Die âlteste Buchhorner Urkunde. Studien 
zur Geschichte des Bodenseegebiets. Stuttgart, W. Kohlhammer, 
1910. Gr. in-8°, 115 p. (Extrait de Württ. Vierteljahrshefte f. Lan- 
desgesch.) 1 m. 50. 

1266. Korzon (Tadeusz). Grunwald. Varsovie, M. Arct, 1910. In-16, 
44 p., carte. 

1267. Kûstler (Rud.). Huldentzug als Strafe. Eine kirchenrechtl. 
Untersuchg. m. Berücksicht. des rôm. u. des deutschen Rechtes. 
Stuttgart, F. Enke, 1910. Gr. in-8°, xvi-118 p. (Kirchenrechtliche 
Abhandlungen. 62. Heft.) 4 m. 80. 

1268. Kott (Frantiéek êt.). Dodatky k Bartoâovu dialektickému 
slovnikii moravskému. [Additions au dictionnaire du dialecte morave 
de Bartosov.] Prague, Bursik et Kohout, 1910. Gr. in-8°, 166 p. 
(Archiv pro lexikografii a dialektologii, VIII.) 3 k. 40. 

1269. Krollmann (C.). Die Schlacht bei Tannenberg, ihre Ursachen 
u. ihre Folgen. Zum 15. VII. 1910 geschrieben. Kônigsberg, Deutsch- 
herr, 1910. Gr. in-8°, 32 p. 1 m. 

1270. Krones (Frz.). Oesterreichische Geschichte. I. Von der 
Urzeit bis zum Tode Kônig Albrechts II (1439). 2., vollstandig 
umgearb. Aufl. v. Karl Uhlirz. Leipzig, G. J. Gôschen, 1910. Petit 
in-8°, 155 p., 11 pl. (Sammlung Goschen. Unser heut. Wissen in 
kurzen, klaren, allgemeinverstandl. Einzeldarstellgn. Neue Aufl. 
104.) 0 m. 80. 

1271. Krusch (Bruno). Das atteste frankische Lehrbuchder Diony. 
sianischen Zeitrechnung. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 13 p. 
(Mélanges oflerts à M. Emile Châtelain.) 

1273. KulakovskiI (Julian). Istoriia Vizantii. [Histoire de Byzance, 
395-518]. I-II. Kiev, impr. S. V. Kuljenko, 1910. In-4°, xvi-536 p., 
cartes et plan. 3 r. 

t 

1274. Kuznecov (S. K.). Russkaia istoriceskaia geografiia. [Géogra¬ 
phie historique russe.] I. Moscou, Institut archéologique, 1910. In-8°, 
hi-197 p. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



676 


BIBLIOGRAPHIE. 


1275. La Martinière (J. de). Archives du Morbihan. Rapport 
annuel. Vannes, impr. Galles, 1910. In-8°, 8 p. 

1276. Landry (Adolphe). Essai économique sur les mutations des 
monnaies dans l’ancienne France, de Philippe le Bel à Charles VII. 
Paris, H. Champion, 1910. In-8°, xvii-228 p. (Bibliothèque de l’École 
des hautes-études. Sciences historiques et philosophiques, 125 e fas¬ 
cicule.) 

1277. Landwehr (J. H.). Handboek der kerkgeschiedenis. I. Oude 
kerkgeschiedenis. Rotterdam, D. Bolle, 1910. In-8°, xiv-168 p. 1 fr. 75. 

1278. Lanzi (Lu.). Terni. Bergamo, Istituto italiano d'arti grafiche, 
1910. In-8°, 150 p. et pl. (Collezione di monografie illustrate, sérié I. 
Italia artistica, diretta da Corrado Ricci, n° 55.) 4 1. 50. 

1279. Larsen (J. K.). Studier over oldspanske Konjunktiver. Histo- 
risk-syntaktiske Undersôgelser paa Grundlag of Texter fra 13.-14. 
Aarhundrede. Kôbenhavn, Gyldendal, 1910. In-8°, 134 p. 2 k. 

1280. La Villerabel (Fl. de). Le Bienheureux Charles de Blois, 
duc de Bretagne (1319-1364). Rennes, L. Bahon-Rault, s. d. In-16, 
67 p. et grav. (Les Saints de Bretagne.) 

1281. Lea (Henri-Charles). Histoire de l’inquisition au moyen âge. 
Ouvrage traduit sur l’exemplaire revu et corrigé par l’auteur. Traduc¬ 
tion de Salomon Reinach. II. L’Inquisition dans les divers pays de la 
chrétienté. Nouvelle édition. Paris, Alcide Picard, 1910. In-18 jésus, 
xix-682 p. avec portrait. 5 fr. 

1282. Lebedev (Aleksandr). Rukopisi bratstva sviatogo kresta v 
Saratovè. (Manuscrits de la confrérie de la sainte Croix à Saratov.] 
Saratov, Commission des archives, 1910. In-8°, 96 p. 

1283. LebèGUE (Henri). Le Waltharius du Parisinus 8488 e . Paris, 
H. Champion, 1910. In-4°, 6 p. (Mélanges offerts à M. Émile Châte¬ 
lain.) 

1284. Lebreton (Jules). Les Origines du dogme de la Trinité. 
Paris, Firmin Didot, 1910. In-8°, xxvi-573 p. (Bibliothèque de théolo¬ 
gie historique, publiée sous la direction des professeurs de théologie à 
l’Institut catholique de Paris.) 8 fr. 

1285. Lecomte (Ch.). Le Parler dolois, étude et glossaire des patois 
comparés de l’arrondissement de Saint-Malo, suivi d’un relevé des 
locutions et dictions populaires. Paris, H. Champion, 1910. In-8°, vi- 
242 p. (Contribution à l’étude des littératures orales. T. I.) 

1286. Lecourt (Marcel). Antoine de La Sale et Simon de Hesdin, 
une restitution littéraire. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 15 p. 
(Mélanges offerts à M. Émile Châtelain.) 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 677 

1287. Lee (Arthur Knight). Perugia, queen of Umbrian cities. Flo¬ 
rence, G. Cecchi, 1910. In-24, 104 p. et pl. 

1288. Leeds (Herbert). Norwich cathédral, past and présent, with 
biographical sketch of the Dean of Norwich. London, Simpkin, 1910. 
In-8°, 124 p. avec ill. 2 s. 6 d. 

1289. Lefèvre (Louis-Eugène). Le Parement d’autel de la comtesse 
d’Etampes au trésor de Sens (xiv® siècle), étude comparative avec 

9 

peinture historique du palais royal d’Etampes. Paris, A. Picard et (ils, 
1910. In-8°, 48 p. et 1 pl. (Extrait des Annales de la Société histo¬ 
rique et archéologique du Gâtinais, année 1910.) 

1290. Le Gall de Kerlinou (E.). Blasons bretons ou Recueil d’ar¬ 
moiries de familles originaires du duché et pays de Bretagne l’ayant 
habité ou y ayant pris alliance. Vannes, impr. Galles. In-8°, 177 p. 

9 

1291. Legrand (Emile). Bibliographie ionienne. Description raison- 
née des ouvrages publiés par les Grecs des Sept-Iles ou concernant 
ces îles, du xv e siècle à l'année 1900. Œuvre posthume complétée et 
publiée par Hubert Pernot. T. I (1494-1854); t. II (1855-1900). Paris, 
•E. Leroux, 1910. Gr. iu-8°, ix-860 p. (Publications de l’École des 
langues orientales vivantes. 5 e série, vol. 6 et 7.) 

1292. LeidinGer (Geo.). Annales Caesarienses (Kaisheimer Jahrbü- 
cher). München, G. Franz, 1910. Gr. in-8°, 37 p. (Sitzungsberichte 
derkonigl. bayerischen Akademie der Wissenschaften. Philosophisch- 
philologische u. histor. Klasse. Jahrg. 1910. 7.) 0 m. 80. 

1293. Lemaître (Henri). Histoire du dépôt légal, Impartie (France). 
Paris, A. Picard et fils, 1910. In-8°, lviii-130 p. (Publication de la 
Société française de bibliographie.) 

1294. Le Paire (Jacques-Amédée). Le Comté de Crécy-en-Brie. 
Lagny, impr. E. Grevin, 1910. In-8°, vm-199 p. 

1295. Lind (E. IL). Norskislàndska dopnamn och fingerade namn 
frân medeltiden. II. 5. Uppsala, Lundequistska bokh., 1910. In-8°, 
p. 641-800. 2 k. 

1296. Lindsay (W. M.). The notae juris of Vaticanus Reg. 886. 

# 

Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 8 p. (Mélanges offerts à M. Emile 
Châtelain.) 

1297. Lindsey (J. S.). Mediæval British history, being the second 
volume of Problems and exercises in British history. London, Simp¬ 
kin, 1910. In-4°, 220 p. 6 s. 

1298. Lizerand (Georges). Clément V et Philippe IV le Bel. Paris, 
Hachette, 1910. In-8°, xlviii-509 p. 

1299. Loë (Baron Alfred de). Découverte d’un casque dans une 


Digitized by 



678 


BIBLIOGRAPHIE. 


tombe franque à Trivières (province de Hainaut). Bruxelles, Vromant, 
1910. In-8°, 11 p. et fig. (Extrait des Annales de la Société d’archéo¬ 
logie de Bruxelles , t. XXIII.) 1 fr. 

1300. Longiave (Ign.). Vocabolario sardo-italiano storico, geogra- 
fico, scientifico, biografico, agricole», folkloristico, proverbistico, bota- 
nico, ecc., con prefazione di Enrico Costa. Disp. I. Sassari, tip. Gal- 
lizzi, 1910. In-4®, p. 1-36. 

1301. Lot (Ferdinand), Halphen (Louis). Le Règne de Charles le 
Chauve (840-877). 1" partie (840-851). Paris, H. Champion, 1909. 
In-8°, vi-238 p. (Annales de l’histoire de France à l’époque carolin¬ 
gienne. Bibliothèque de l’École des hautes-études. Sciences histo¬ 
riques et philologiques, 175* fascicule.) 

1302. Loth (Arthur). La Photographie du Saint-Suaire de Turin, 
authenticité du suaire, documents nouveaux et concluants, avec 
reproductions photographiques. Paris, Oudin, s. d. In-8°, 135 p. 

1303. Louis XI (Lettres de), roi de France, publiées d’après les ori¬ 
ginaux pour la Société de l’histoire de France, par Joseph Vaesen et 
Etienne Charavay. T. XI : Préface, itinéraire et tables, par Joseph 
Vaesen et B. de Mandrot. Paris, H. Laurens, 1909. In-8 # , ix-339 p. 
9 fr. 

1304. Lôwe (Vict.). Bücberkunde der deutschen Geschichte. Kriti- 
scher Wegweiser durch die neuere histor. Literatur. 3., vérin, u. 
verb. Aufl. Altenburg, J. Rade, 1910. In-8°, vm-144 p. 2 m. 40. 

1305. Lüdicke (Rhard.). Die Kônigs- u. Kaiserurkunden der kônigl. 
preussischen Staatsarchive u. des kônigl. Hausarchivs bis 1439. 
Chronologisches Gesamtverzeichnis der Orig.-Ausfertiggn. Leipzig, 
S. Hirzel, 1910. Gr. in-8®, x-184 p., 1 pl. (Mitteilungen der k. preus¬ 
sischen Archivverwaltung. 16. Heft.) 6 m. 

1306. Ludorff (A.). Die Bau- u. Kunstdenkmàler v. Westfalen. 
Hrsg. vom. Prov.-Verbande der Prov. Westfalen, XXXIII. Kreis 
Schwelm. Mit geschichtl. Einleitgn. v. G. Dûtschke. Münster, Pader- 
born, F. Schôningh, 1910. In-fol., vn-43 p., 73 fig. dans le texte, 
16 hors texte, 3 cartes dont 2 coloriées. 2 m. 40. 

1307. Ludorff (A.). Die Bau- u. Kunstdenkmàler v. Westfalen. 
Hrsg. vom Prov.-Verbande der Prov. Westfalen, XXXII. Kreis Wit- 
ten-Stadt. Mit geschichtl. Einleitgn. v. Darpe. Münster, Paderborn, 
F. Schôningh, 1910. In-fol., vii-19 p., 16 fig. dans le texte, 4 hors 
texte, 3 cartes dont 2 en couleur. 1 m. 20. 

1308. Lüthi (E.). Berns Stellungim Sempacherkrieg. Eine Abwehr 
in 2. Aufl. Bern, Stampfli, 1910. Gr. in-8°, 50 p. 0 m. 85. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


679 


1309. Lüttich (Rud.). Ungarnzüge in Europa im 10. Jahrh. Berlin, 
E. Ebering, 1910. In-8°, 174 p. (Historische Studien. 84. Heft.) 4 m. 50. 

1309 bis. Luxemburger (Hans). Die verbalen Pràfixe der franzôsi- 
schen Sprache. I. R—Pràfix im Franzôsischen u. Deutschen. Strass- 
burg, E. van Hauten, 1910. Gr. in-8°, 111 p. 3 m. 50. 

1310. Luzzatto (Gino). I servi nelle grandi proprietà ecclesiastiche 
italiane nei sec. ix e x. Senigallia, soc. tip. Marcbigiana, 1909. In-8°, 
190 p. et pl. 

1311. Macé (Alcide). Le Basiliensis F. III. 15 a (vin* siècle). Paris, 

» 

H. Champion, 1910. In-4°, 15 p. (Mélanges offerts à M. Emile Ch⬠
telain.) 

1312. Mac Naïr (L. J.). A Guide to the study of English history. 
Part 2, 1485-1688. London, A. Rivers, 1910. In-8°, 96 p. 1 8. 

1313. Mader (Fel.). Bez.-Amt Regensburg. 2. Bd. Reg.-Bez. Ober- 
pfalz u. Regensburg. München, R. Oldenbourg, 1910. Gr. in-8°, vi- 
223 p., 150 reproduct., 15 pl., 1 carte. (Die Kunstdenkmàler des 
Kônigr. Bayera, XXI. Heft.) 9 m. 

1314. Maiocchi (Rod.), Moiraghi (Attilio). S. Damiano, vescovo di 
Pavia, appunti biografici. Pavia, L. Fiocchini, 1910. In-4°, 54-xi p. 

1315. Malaspina (Ant.). Délia canzone amorosa di Bonifazio degli 

Uberti. Novara, tip. S. Gaudenzio, 1910. In-4°, 27 p. (Per le nozze di 

Tommaso Malaspina con Adele Casari.) 

» 

1316. Marboutin (J. -R.). L’Eglise de Mouchan. Auch, impr. Cocha- 
raux, 1910. In-8°, 16 p. avec plan. (Extrait du Bulletin de la Société 
archéologique du Gers.) 

1317. Marcuzzi (Giac.) Sinodi Aquileiesi : ricerche e ricordi, con 
appendice di documenti inediti o rari. Udme, tip. Patronato, 1910. 

In-8°, xxxiii-442 p. et pl. 

# 

1318. Marignan (A.). Etude sur le manuscrit de l’Hortus deliciarum. 
Strassburg, J. H. E. Heitz, 1910. Gr. in-8°, 83 p. (Studien zur deut¬ 
schen Kunstgeschichte. 125. Heft.) 3 m. 50. 

1319. Marouzeau (J.). La Graphie ei = i dans le palimpseste de 
Plaute. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 7 p. (Mélanges offerts à 
M. Émile Châtelain.) 

1320. Martin (Henry). Les joyaux de l’Arsenal. I. Psautier de saint 
Louis et de Blanche de Castille, 50 planches reproduisant les minia¬ 
tures, initiales, etc. du manuscrit 1186 de la bibliothèque de l’Arse¬ 
nal. Paris, Berthaud, 1910. In-8°, 27 p., 50 pl. 

1321. Martin (Henry). Les joyaux de l’Arsenal. II. Le Romuleon, 
60 ligures en 40 planches reproduisant les miniatures, initiales, etc. 


Digitized by 





680 


BIBLIOGRAPHIE. 


du manuscrit 667 de la bibliothèque de l’Arsenal. Paris, Berthaud, 

1909. In-8°, 18 p., 40 pl. 

1322. Martin (Olivier). Le ms. Vatican 4790 du grand coutumier 
de Jacques d’Ableiges. Paris, L. Larose et L. Tenin, 1910. In-8°, 
p. 113 à 127 (Extrait de la Nouvelle Revue historique de droit fran¬ 
çais et étranger.) 

1323. Martinû (Joh.). Die Waldesier u. die husistische Reforma¬ 
tion in Bôhmen. Wien, H. Kirsch, 1910. Gr. in-8°, x-137 p. 6 m. 

1324. Martroye (F.). De la date d'une entrée solennelle de Justi¬ 
nien. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur, Paris, 1910. 
In-8°, 27 p. (Extrait des Mémoires de la Société nationale des anti¬ 
quaires de France , t. LXIX.) 

1325. Marucchi (Horace). Le dogme de l’eucharistie dans les monu¬ 
ments des premiers siècles. Bruxelles, Maison de l’action catholique. 

s. d. Jn-12, 30 p. 0 fr. 50. 

1326. Matthaei (Adelb.). Deutsche Baukunst seit dem Mittelalter 
bis gum Ausgang des 18. Jahrh. Leipzig, B. G. Teubner, 1910. In-8°, 
iv-132 p., 62 f., 3 pl. (Aus Natur u. Geisteswelt. Sammlung wissen- 
schaftlich-gemeinverstândl. Darstellgn. 326.) Chaque livraison 1 m. 

1327. Mathieu (Ernest). Les recluseries de Cantimpré et de Saint- 
Nicolas, à Mons. Mons, impr. Dequesne-Masquilliers et fils, 1910. 
In-8°, 7 p. (Extrait des Annales du Cercle archéologique de Mons, 

t. XXXVIII.) 1 fr. 

1328. Maurer (Konr.). Vorlesungen üb. altnordische Rechtsge- 
schichte. Aus dem Nacblass des Verf. hrsg. v. Gesellschaft der Wis- 
senschaften in Kristiana. V. Bd. Altislàndisches Strafrecht u. Ge- 
richtswesen. Leipzig, A. Deichert, 1910. Gr. in-8°, x-820 p. 26 m. 

1329. Mauroy (Albert de). Généalogie historique de la maison de 
Mauroy en Champagne, Bourgogne, Ile-de-France et Poitou. Lyon, 
impr. Vitte, 1910. In-8° carré, 189 p. avec armoiries. 

1330. Mayer (Aug.). Toledo. Leipzig, E. A. Seemann, 1910. In-8°, 
viii- 167 p. (Berühmte Kunststàtten. 51.) 3 m. 

1331. Mayne (Harry). Die altdeutschen Fragmente v. Kônig Tirol 

u. Fridebant. Tiibingen, J. C. B. Mohr, 1910. Gr. in-8°, vm-109 p., 
4 fac-similés. (Sprache u. Dichtung. Forschungen zur Linguistik u. 
Literaturwissenschaft. 1. Heft.) 4 m. 

1332. Mazauric (Félix). Les Musées archéologiques de Nîmes. 
Recherches et acquisitions. Année 1909. Nimes, impr. A. Chastanier, 

1910. In-8°, 61 p. 

1333. Mély (F. de). Les Miniaturistes et leurs signatures. A propos 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 681 

de l’exposition du Burlington Club. Paris, E. Leroux, 1910. In-8°, 
29 p. avec grav. (Extrait de la Revue archéologique.) 

1334. Memling (Hans), der Altarschrein im Dom zu Lübeck 1491. 
9 Kupferàtzgn. nach neuesten Orig. Aufnahmen (1 Bl. Text). Lübeck, 

L. Muller, 1910. In-fol. 100 m. 

1335. Memminger (K.). 880 Jahre Baugeschichte des Naumburger 
Dômes. Gelesen aus Urkunden u. aus dem Bau selbst. 2 m. Anmer- 
kgn. u. Erlàutergn versehene Aufl. Naumburg, E. Schôller, 1910. 
Petit in-8°, 40 p. et fig. 0 m. 50. 

1336. Mendthal (H.). Urkundenbuch der Stadt Kônigsbergi. Pr. I. 
(1256-1400). Kônigsberg, F. Beyer, 1910. Gr. in-8°, 123 p. (Mitteilun- 
gen aus der Stadtbibliothek zu Kônigsberg i. Pr. III.) 2 m. 

1337. Mentz (Arthur). Die Anfügung in den Tironischen Noten. 
Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 9 p. avec fig. (Mélanges offerts à 

M. Émile Châtelain.) 

1338. Mianville (Maurice de). Saint-Prest et ses seigneuries avant 
la Révolution. Chartres, C. Métais, 1910. In-4°, 264 p. avec grav. et 
fac-similé d’autographe. (Archives du diocèse de Chartres, XIX.) 

1339. Millardet (Georges). Études de dialectologie landaise. Le 
Développement des phonèmes additionnels. Paris, A. Picard et fils, 
1910. Petit in-8°, 224 p. (Bibliothèque méridionale, publiée sous les 
auspices de la Faculté des lettres de Toulouse, l re série, t. XIV.) 

1340. Millardet (Georges). Petit Atlas linguistique d’une région 
des Landes, contribution à la dialectologie gasconne. Paris, A. Picard 
et fils, 1910. Petit in-8°, lxiv-644 p. avec fig. et carte. (Bibliothèque 
méridionale, publiée sous les auspices de la Faculté des lettres de 
Toulouse, l re série, t. XIII.) 

1341. Mocquereau (Dom A.). De la clivis épisématique dans les 
manuscrits de Saint-Gall. Paris, II. Champion, 1910. In-4°, 25 p. 

9 

avec musique. (Mélanges offerts à M. Emile Châtelain.) 

1342. Molinier (H. J.). Essai biographique et littéraire sur Octovien 
de Saint-Gelays, évêque d’Angouléme (1468-1502). Rodez, impr. Car¬ 
rère, 1910. In-8°, xxi-308 p. 

1343. Mombritius (B.). Sanctuarium seu vitae sanctorum. Novam 
hanc editionem curaverunt duo monachi solesmenses. Paris, A. Fon- 
temoing, 1910. In-4°, xxix-690 et 829 p. 

1344. Monaci (Ernesto). Un rotolo miniato d’arte francese a Velle- 
tri. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 4 p. (Mélanges offerts à M. Émile 
Châtelain.) 

1345. Monnier (Louis). Histoire de la ville de Vesoul, avec de nom- 




682 


BIBLIOGRAPHE. 


breuses reproductions de monuments et de portraits. T. II. Yesoul 
L. Bon, 1909. In-8°, 448 p. 

1346. Monumenta palaeographica. Hrsg. v. Chroust. I. Abtlg. 2. 
Sérié, 5. Lfg. München, F. Bruckmann, 20 m. 

1347. Monumenta Poloniae palaeographica. Edidit Stanislaus Krzy- 
zanowBki. II. Cracoviae, sumptibus Academiae litterarum, 1910. In-8°, 
16 p. et pl. in-fol. 

1348. Morancé (Joseph). Notice sur le musée archéologique du 
Mans. Le Mans, impr. Monnoyer, 1910. In-8°, p. 249 à 260 (Extrait 
du Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la 
Sarthe, t. XLII.) 

1349. Mortet (Victor). La Mesure de la figure humaine et le canon 
des proportions, d’après les dessins de Villard de Honnecourt, d'Albert 
Durer et de Léonard de Vinci. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 20 p., 
2 pl. et 9 fig. 

1350. Muller (Fz.), Feith (J. A.), Früin (R.), Az (Th.). Manuel 
pour le classement et la description des archives. Traduction française 
et adaptation aux archives belges par Jos. Cuvelier; adaptation aux 
archives françaises par Henri Stein, avec une préface de Henri 
Pirenne. La Haye, A. de Jager, 1910. In-8°, vm-160 p. 4 fr. 80. 

1351. Newcomer (Alphonso Gerald), Andrews (Alice E.). Twelve 
centuries of English poetry and prose. Chicago, Scott, Foresman, 
1910. In-8°, xi-756 p. 1 d. 75. 

1352. Nolan (Louis). The basilica of S. Clemente in Rome. Roma, 
tip. Cuggiani, 1910. In-16, xxi-238 p. et fig. 

1353. Norges Historié fremstillet for det norske folk af prof. dr. A. 
Bugge, riksarkivar E. Hertzberg, dr. phil. Ose. Alb. Johnsen, prof. dr. 
Yngvar Nielsen, prof. J. E. Sars, prof. dr. A. Taranger. Tidsrummet 
ca. 800-1045. 36.-39. Hefte. Kristiania, H. Aschehoug, 1909. Gr. in-8°, 
p. 313-428, avec ill. et pl. 0 k. 50 chaque fascicule. 

1354. Novati (Francesco). Dagoberto I re d’Austrasia e la val Bri- 
gaglia, per la storia d'una falsificazione. Paris, H. Champion, 1910. 
In-4°, 18 p. (Mélanges offerts à M. Émile Châtelain.) 

1355. Opet (Otto). Brauttradition u. Konsensgesprach in mittelal- 
terlichen Trauungsritualen. Ein Beitrag zur Geschichte des deutschen 
Eheschliessungsrechts. Berlin, F. Vahlen, 1910. In-8°, 160 p. 3 m. 60. 

1356. Orcagna (Andrea) (1368-1408(?), Lorenzo Monaco (c. 1370- 
1425) et Masolino (1384-après 1435). Meisterbilder. Eine Auswahl v. 
60 Reproduktionem nach Photographien der Orig.-Aufnahmen, die 
am besten der Künstler Lebenswerte charakteriesieren. Berlin, W. 
Weicher, 1910. In-16, 64 p. (Weicher’s Kunstbüche. 37.) 0 m. 80. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


683 


1357. L’Ordinamento delle carte negli archivi di stato italiani : 
manuale storico archivistico, con prefazione di Pasquale Villari. Roma, 
tip. delle Mantellate, 1910. In-8°, xiv-312 p. (Ministero dell' interno : 
direzione generale dell* amministrazione civile.) 

1358. Orlov (N. A.). Bitva pod Griunvaldom 15 iiulia 1410. [Le 
Combat de Grünwald, 15. VII. 1410.] Kaluga, impr. gouvernementale, 
1910. In-16, 15 p. 

1359. Orlovskiï (E.). Grodnenskaia starina. [Les Antiquités de 
Grodno.] I. Grodno, impr. gouvernementale, 1910. In-8°, 341 p. 1 r. 

9 

1360. Ormanian (Malachia). L’Eglise arménienne, son histoire, sa 
doctrine, son régime, sa discipline, sa liturgie, sa littérature, son pré¬ 
sent. Paris, E. Leroux, 1910. In-8°, x-196 p. 

1361. Oxford (A. N.). The Ruins of Fountains abbey. London, 
Frowde, 1910. In-8°, ill. 3 s. 6 d. 

1362. Pamiatniki slaviano-russkoï pismennosti. I. Velikiia minei 
cetii. [Monuments de la littérature slavonne. Le grand ménologe.] 
Aprèl. Tetrad 1, dni 1-8. Noiabr. Tetrad 1, den 16‘. Dekabr. Den 24. 
Moscou, Commission archéologique, 1910. In-4°, 166-166-166 p. 2 r. 
le fasc. 

1363. Parat (A.). Le Passage de Jeanne d’Arc dans les pays de 
l’Yonne. Avallon, impr. Grand, 1909. Gr. in-8°, 87 p., avec grav. et 
cartes. 0 fr. 60. (Étude historique et patriotique.) 

1364. Paris (Gaston). François Villon, 2* édition. Paris, Hachette, 

ê 

1910. In-16, 196 p., avec grav. (Les Grands Ecrivains français.) 2 fr. 

1365. Paris (P.). Promenades archéologiques en Espagne. Altamira. 
Le Cerro de los Santos. Elche. Carmona. Osuna. Numance. Tarra- 
gone. Paris, E. Leroux, 1910. In-18 jésus, 314 p., 84 pl. 

1366. Pasquier (F.). Archives départementales de la Haute-Garonne. 
Toulouse, Édouard Privât, 1910. In-8°, 7 p. (Extrait du volume Docu¬ 
ments sur Toulouse et sa région , 1910.) 

1367. Patent Office. Catalogue of the library. Vol. I, Authors (et 
supplément). London, Patent Office, 1910. In-4°, 1,007 et 848 p. 10 s. 
6 d. le vol. 

1368. Paulet (Abbé S.). La Primatiale, ou monographie historique 
et descriptive de la basilique Saint-Trophime d’Arles, avec la colla¬ 
boration, pour les documents, de Émile Fassin. Bergerac, impr. J. 
Castanet, 1910. In-8°, 159 p. 

1369. Perrot (Ernest). Les Cas royaux, origine et développement 
de la théorie aux xin® et xiv e siècles. Paris, A. Rousseau, 1910. Gr. 
in-8°, 374 p. 


Digitized by 



684 


BIBLIOGRAPHIE. 


1370. Perry (J. Tavenor). Dinandere, a history and description o( 
mediæval art work in copper, brass and bronze. New York, Macmil¬ 
lan, 1910. In-4°, xn-238 p., 120 ill. 5 d. 50. 

1371. Petra Comestora Historia echolastica. K vydânî upravil 
St. Jan V. Novàk. Prague, Bursik et Kohout, 1910. Gr. in-8°, 320 p. 
(Sbirka pramenuv ku poznàni literàrniho zivota v Ôechâch, na Moravè 
a v Slezsku. II, 9.) 6 k. 25. 

1372. Petzet (Erich), Glauning (Otto). Deutsche Schrifttafeln des 
9.-16. Jahrh. aus Handschriften der k. Kof- u. Staatsbibliothek in 
München. (In 5. Abtlgn.) 1. Abtlg. Althochdeutsche Schriftdenkmâler 
des 9.-11. Jahrh. München, C. Kuhn, 1910. In-fol., 34 p., 15 pl. 6 m. 

1373. Pfeilschifter (Geo.). Theoderich der Grosse. Die Germanen 
in rôm. Reich. Mit Mosaikdr.-Titelbild u. 100 Abbildgn. Mainz, 
Kirchheim, 1910. Gr. in-8°, vm-137 p. (Weltgeschichte in Karak- 
terbildern. II. Abtlg. Mittelalter.) 4 m. 

1374. Pidoux (P.-A.). Promenade historique dans la ville de Dole. 
Courtes notes archéologiques, artistiques et anecdotiques sur les édi¬ 
fices publics et les maisons particulières. Dole, Jacques, s. d. In-8°, 
39 p., H pl. hors texte. 

1375. Pjgallet (Maurice), Dornier (A.). Inventaire sommaire des 
archives communales du département du Doubs antérieures à 1790. 
Ville de Clerval. Besançon, impr. Jacquin, 1910. Gr. in-4° à 2 col,, 
viii-171 p. (Collection des inventaires sommaires des archives dépar¬ 
tementales antérieures à 1790, publiée sous la direction du ministre 
de l'Instruction publique.) 

1376. Pisani (Giuliano). Illustrazione di un codice liturgico musicale 
di Volterra. Volterra, tip. Carnieri, 1909. In-8°, 59 p. 5 1. 

1377. Pisano Baudo (Seb.). Sortino e dintorni. Parte I : ricerche e 
considerazioni storiche. Lentini, tip. Scatà Alemagna, 1910. In-16, 
211 p. 2 1. 50. 

1378. Plûegaerts (Th.). Histoire de Corbais. Étude historique, 
suivie d’une étude géographique par Edm. Bourguignon. Nivelles, 
impr. de la Société archéologique, 1910. In-8°, 248 p., grav., carte et 
pl. hors texte. (Extrait des Annales de la Société archéologique de 
l'arrondissement de Nivelles , t. XI.) 

1379. Pogrom Krzyzakôw pod Grunwaldem. [La Défaite des croisés 
à Grünwald.] Warszawa, impr. K. Chmelewski, 1910. In-8°, 31 p. 

1380. Pollitz (Paul). Strafe u. Verbrechen. Geschichte u. Organi¬ 
sation des Gefàngniswesens. Leipzig, B. G. Teubner, 1910. In-8°, 
vi-140 p. (Aus Natur u. Geisteswelt. Sammlung w’issenschaftlich- 
gemeinverstandl. Darstellgn. 323.) 1 m. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


685 


1381. Poncelet (Albert). Catalogua codicum hagiographicorum lati- 
norum bibliothecæ Vaticanæ. Bruxelles, Société des Bollaudistes, 1910. 
In-8°, viii-595 p. 15 fr. 

1382. Ponschab (Bernh.). Die seligen Utto u. Gamelbert. Die 
Geschichte ihrer Verehrg. u. ihres Lebens. Regensburg, F. Pustet, 
1910. In-8°, vm-108 p., 15 grav. 1 m. 20. 

1383. Poupardin (René). Un fragment en écriture onciale de Julia- 
nus Antecessor. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 5 p. (Mélanges 
offerts à M. Émile Châtelain.) 

1384. Powell (Edgar). A Suffolk hundred in the year 1283. Cam¬ 
bridge, Univ. Press, 1910. In-8°, 156 p., 38 pl. et carte. 10 s. 6 d. 

1385. Price (B. A.). A history of Ablaut in the strong verbs from 
Caxton to the end of the Elizabethan period. Bonn, P. Hanstein, 1910. 
Gr. in-8°, xvi-200 p. (Bonner Studien zur englischen Philologie. 

з. Heft.) 7 m. 

1386. Prinzipienfragen der romanischen Sprachwissenschaft. Wil¬ 
helm Meyer-Lübke zur Feier der Vollendg. seines 50. Lehrsemesters 

и. seines 50. Lebensjahres gewidmet. 1. Tl. Halle, M. Niemeyer, 1910. 
Gr. in-8°, xn-213 p. (Zeitschrift f. romanische Philologie. 26. Heft.) 
6 m. 

1387. Prou (Maurice). Manuel de paléographie latine et française. 
3 e édition, entièrement refondue. Paris, A. Picard et fils, 1910. In-8°, 
519 p., 24 pl. 

1388. Prou (Maurice). Supplique et Bulle du xm e siècle. Paris, H. 
Champion, 1910. In-4°, 10 p. (Mélanges offerts à M. Émile Châtelain.) 

1389. Ptasnik (Joh.). Italia mercatoria apud Polonos saeculo xv 
ineunte. Romæ, Loescher, 1910. Gr. in-8°, xix-109 p. 3 m. 20. 

1390. Raffaele (Lu.). Maffeo Vegio, elenco delle opéré; scritti ine- 
diti. Bologna, ditta N. Zanichelli, 1909. In-8°, 235 p. 5 1. 

1391. Raschid (Des Abu) (um 1068) Philosophie. Aus dem Arab. 
übers. u. erlàutert v. Max Horten. Bonn, P. Hanstein, 1910. Gr. in-8°, 
xii-224 p. 5 m. 

1392. Ratti (A.). Manoscritti di provenienza francese nella biblio- 
teca Ambrosiana di Milano. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 12 p. 
(Mélanges offerts à M. Émile Châtelain.) 

1393. RÂzi u. Tusi (1209 f u. 1273 f). Philosophische Ansichten, 
m. e. Anh. : Die griech. Philosophen in der Vorstellungswelt v. Ràzi 
u. Tusi. Aus Orig.-Quellen übers. u. erlàutert v. Max Horten. Bonn, 
P. Hanstein, 1910. Gr. in-8°, xvm-240 p. 6 m. 

1394. Regesta del Capitolo di Lucca, a cura dei canon. P. Guidi e 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



686 


BIBLIOGUPHIE. 


■ 


O. Parenti. Vol. I. Roms, Loescher, 1910. Gr. in-8°, xi-447 p. (Regeata 
chartarum Italiae. Nr. 6.) 12 m. 

1395. Regnier (Adolphe). Saint Léon le Grand (v* siècle). Paria, 
J. Gabalda, 1910. In-18 jéaua, 215 p. (Les Saints.) 

1396. Rehuhel. Macchie nel sole (comment! ad alcuni paaai délia 
divina Commedia). Roma, tip. Istituto Pio IX, 1910. In-16, 55 p. 

1397. Reisch (Chryaogonu8). Geschichte des St. Annabergea in 
Oberachleaien. Nach ungedr. Quellen bearb. Brealau, Gverlich u. 
Coch, 1910. In-8°, vm-478 p., 58 fig. 4 m. 

1398. Ricci (Corrado). Lectura Dantis : gli ultimi anni di Dante. 
Conferenza letta nella sala di Dante in Orsanmichele, con appendice 
su Dante allô studio di Bologna. Firenze, G. C. Sansoni, 1910. In-8°, 

62 p. 1 1. 

1399. Ricci (Ett.). Lachieaadi s. Proapero fuori delle muradi Peru- 
gia. Perugia, tip. Perugina, 1910. In-4°, 37 p. et 2 pl. 

1400. Rivari (Enr.). Oaservazioni paicologiche aull’ Inferno dan- 
teaco : conferenza letta la sera dell’ 11 dicembre 1909 in Bologna nella 
sala detta dei Fiorentini. Bologna, atab. poligrafico Emiliano, 1910. 
In-8°, 35 p. 

1401. Robert (Gaston). La Juridiction échevinale à Hermonville en 
1467. Reims, impr. L. Monce, 1910. In-8°, 36 p. (Extrait du t. CXXVI 
des Travaux de l’Académie de Reims.) 

1402. Rocchetti (G. B.). Diritto feudale comune e aicolo, con pre- 
fazione del dott. Luigi Genuardi. Tomo II. Palermo, G. Gianfalla, 
1910. In-8°, 93 p. (Biblioteca délia rivista il Diritto.) 4 1. 

1403. Rodeck (Frz.). Beitràge zur Geschichte des Eherechta deutacher 
Füraten bis zur Durchführung des Tridentinuma. Münster, F. Cop- 
penrath, 1910. Gr. in-8°, vi-114 p. (Münatersche Beitràge zur Ge- 
achichtaforachung. 38. Heft.) 2 m. 40. 

1404. Rolfs (Wilh.). Geschichte der Malerei Neapela. Leipzig, E. 
A. Seemann, 1910. Gr. in-8°, vi-440 p., 13 fig. dans le texte, 138 hors 
texte. 25 m. 

1405. Roman (Joseph). Les Dessina de sceaux de la collection de 
Gaignières à la Bibliothèque nationale. Nogent-le-Rotrou, impr. Dau- 
peley-Gouvemeur. Paris, 1910. In-8°, 120 p., avec fig. (Extrait des 
Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France , 
t. LXIX.) 

1406. Rosenstock (Eug.). Herzogsgewaltu. Friedensschutz. Deutsche 
Prov.-Vereammlgn. des 9.-12. Jahrh. Brealau, M. u. H. Marcus, 1910. 
Gr. in-8°, xiv-205p. (Unterauchungen zur deutschen Staats-u. Rechts- 
geschichte. 104. Heft.) 6 m. 40. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


687 


1407. Rougier (Elzéard). Petite Histoire des Santons, avec dessins 
et photogravures en douze fascicules. 7 e et 8 e fasc. Marseille, P. Ruât, 
s. d. 2 fasc. in-8°, 7 e fasc., p. 97 à 112; 8 e fasc., p. 113 à 126. Chaque 
fasc. 1 fr. 

1408. Roy. Jean Perréal, témoignages authentiques sur la date de 
sa mort. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur, 1910. In-8°, 
5 p. (Extrait du Bulletin de la Société nationale des antiquaires 
de France , 1909.) 

1409. Rühl (Franz). Sur un manuscrit négligé de Justinus. Paris, 
H. Champion, 1910. In-4°, 7 p. (Mélanges offerts à M. Émile Châte¬ 
lain.) 

1410. Ruppel (A.). Zur Reichslegation der Erzbischofs Albert v. 

Magdeburg (1222-1224). Rom, Loescher, 1910. Gr. in-8°, 34 p. (Aus 

Quellen u. Forschgn. a. italien. Archiven u. Biblioth.) 1 m. 60. 

# 

1411. SaGet, Cagnibul (A.). Eloge de Jean, comte de Longueville, 
dit le Bâtard d’Orléans. Orléans, impr. Goût, 1910. In-8°, 19 p. et 
portr. (Extrait des Mémoires de la Société d’agriculture, sciences, 
belles-lettres et arts d’Orléans.) 

1412. Saillant (Louis). Au pays du Maine, des Gaulois à nos jours. 
Le Mans, A. Renard. Gr. in-8°, 441 p., avec grav. 6 fr. 

1413. Salvo (Vincenzina). Sulla Vita nuova di Dante. Avola, tip. 
E. Prazza, 1910. In-8°, 24 p. 

» 

1414. Samaran (Ch.). Les Etudiants de l’Université de Cahors à la 
fin du xv« siècle, d’après un document inédit. Toulouse, Edouard 
Privât, 1910. In-8°, 16 p. (Extrait des Annales du Midi, t. XXII, 1910.) 

1415. Sarrazin (Albert). Le Bourreau de Jeanne d’Arc, d’après des 
documents inédits. Rouen, impr. Gy, 1910. In-8°, 82 p., avec. grav. 

1416. Sauerland (Heinr. Volbert). Urkunden u. Regesten zur 
Geschichte der Rheinlande ausdein vatikanischen Archiv. 5. Bd. 1362- 
1378. Bonn, P. Hanstein, 1910. Gr. in-8°, 23. clxiï et 600 p. (Publi- 
kationen der Gesellschaft f. rheinische Geschichtskunde. XXIII, 5.) 
21 m. 

1417. Sauvage (R.-N.). Rouleau mortuaire de Marie, abbesse de la 
Trinité de Caen (f 1404). Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouver¬ 
neur, 1910. In-8°, H p. (Extrait de la Bibliothèque de l’École des 
chartes, t. LXXI, 1910.) 

1418. Scherer. Die Institutionen des Kaisers Justinian. Lateinisch 
u. deutsch nebst Marginalien. Berlin, A. Buntrock, 1910. Gr. in-8°, 
263 p. 6 m. 

1419. Scheuberg (Jos.). Die mittelalterlichen Chorstühle in der 



688 


BIBLIOGRAPHIE. 


Schweiz. Strassburg, J. H. E. Heitz, 1910. Gr. in-8°, vm-127 p., 11 pl. 
coloriées. (Studien zur deutschen Kunstgeschichte. 128. Heft.) 6 m. 

1420. Schipper (Jacob von). A history of English versification. 
New York, Oxford Univ. Press, 1910. In-8°, xix-390 p. 2 d. 90. 

1421. Schmidt (Ludwig). Geschichte der deutschen Stàmme bis zum 
Ausgange der Vôlkerwanderung. I. Abtlg. 4. Heft. 7., 8. Buch. Anh. 
Nachtràge. Register. Berlin, Weidmann, 1910. Gr. in-8°, v et 367- 
493 p. (Quellen u. Forschungen zur alten Geschichte u. Géographie. 
22. Heft.) 4 m. 20. 

1422. Schmitz (Johs.). Sühnewallfahrten ein Mittelalter. Bonn, P. 
Hanstein, 1910. In-8°, 67 p. 1 m. 

1423. Schreiber (Geo.). Kurie u. Kloster im 12. Jahrh. Studien 
zur Privilegierung, Verfassung u. besonders zum Eigenkirchenwesen 
der vorfranziskan. Orden, vornehmlich auf Grund der Papsturkunden 
von Paschalis II. bis auf Lucius III. (1099-1181). Stuttgart, F. Enke, 
1910. Gr. in-8°, xxxiv-296 et vi-463 p. (Kirchenrechtliche Abhandlun- 
gen. 65.-68. Heft.) 27 m. 

1424. Schreiber (W. L.). Manuel de l’amateur de la gravure sur 
bois et sur métal au XV e s. T. V, contenant un catalogue des incu¬ 
nables à figures, imprimés en Allemagne, en Suisse, en Autriche- 
Hongrie et en Scandinavie, avec des notes critiques et bibliogra¬ 
phiques. l re partie : A.-I. Leipzig, O. Harrassowitz, 1910. Gr. in-8°, 
lxxx-302 p. 12 m. 

1425. Schrôder (Heinr.). Beitrage zur germanischen Sprach- u. Kul- 
turgeschichte. II. Ablautstudien. Heidelberg, C. Winter, 1910. In-8°, 
xi-108 p. (Germanische Bibliothek. II. Abtlg. Untersuchungen u. 
Texte. 1. Bd. II.) 3 m. 

1426. Schulte (Aloys). Der Adel u. die deutsche Kirche im Mittel¬ 
alter. Studien zur Sozial-, Rechts- u. Kirchengeschicbte. Stuttgart, 
F. Enke, 1910. Gr. in-8°, xii-460 p. (Kirchenrechtliche Abhandlungen. 
63. u. 64. Heft.) 16 m. 40. 

1427. Schulze (Frdr.), Ssymank (Paul). Das deutsche Studenten- 
tum von der aeltesten Zeiten bis zur Gegenwart. Leipzig, R. Voigtlàn- 
der, 1910. Gr. in-8°, xxiv-487 p. 7 m. 50. 

1428. Scott (S. H.). Martin Schott (1481-1499) et Jean Schott (1500- 
1548). Strassburg, J. H. E. Heitz, 1910. Gr. in-8°, vm-23 p., 1 fac- 
similé. (Schmidt (Charles) : Répertoire bibliographique strasbourgeois 
jusque vers 1530. T. II, supplément.) 2 m. 50. 

1429. Sedgefield (W. J.). Beowulf. Edit, with introd., bibliogra- 
phy, notes, glossary, and appendices. London, Sherratt and Hughes, 
1910. ln-8°, 312 p. 9 s. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


689 


4430. Seerecht (Das) von Oleron nach der Handschrift Haag 0.154. 
Diplomatischer Abdr. n. Einleitg., erganz. Glossar u. e. Handschriften 
probe. Berlin, R. Prager, 4910. Gr. in-8°, vi-20 p. et 4 pl. (Sammlung 
altérer Seerechtsquellen. 5. Heft. 2. Abtlg. [Mittelalter].) 4 m. 

1434. Sergèevi£ (V.). Lekcii i izslédovaniia po drevneï istorii 
russkago prava. [Leçons sur l’histoire ancienne du droit russe.] 4 oe 
izd. Saint-Pétersbourg, impr. de M. M. Stasiulevic, 1910. In-8°, vm- 
666 p. 3 r. 

4432. Serruys (Daniel). Contribution à l’étude des « canons » de 
l’onciale grecque. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 40 p. (Mélanges 
offerts à M. Émile Châtelain.) 

4433. Sertillanges (A.-D.). Saint Thomas d’Aquin. Paris, F. Alcan, 
4940. In-8°, vii-334 et 352 p. (Les Grands philosophes.) 12 fr. 

1434. Seymour de Ricci. Catalogue of a collection of Germanie 
antiquities belonging to J. Pierpont Morgan. Paris, impr. C. Berger, 
4910. Gr. in-8°, iv-36 p. et 32 pl. 

1435. Seymour de Ricci. Un fragment en onciale du « Pro Plan- 
cio » de Cicéron. Paris, H. Champion, 4910. In-4°, 8 p. (Mélanges 
offerts à M. Émile Châtelain.) 

1436. Singer (S.). Mittelalter u. Renaissance. Die Wiedergeburt 
des Epos u. die Entstehg. des neueren Romans. Tübingen, J. C. B. 
Mohr, 1910. Gr. in-8°, vii-56 p. (Sprache und Dichtung. Forschungen 
zur Linguistik u. Literaturwissenschaft. 2. Heft.) 1 m. 80. 

1437. Sôderhjelm (Werner). La Nouvelle française au xv« siècle. 
Paris, H. Champion, 1910. In-8°, xii-239 p. (Bibliothèque du xv e siècle, 
t. XII.) 

4438. SohN'Wiener (Ernst). Die Entwicklungsgeschichte der Stile 
in der bildenden Kunst. 1. Bd. : Vom Altertum bis zur Gothik. Leip¬ 
zig, B. G. Teubner, 1910. In-8°, vi-128 p. et 57 fig. (Aus Natur u. 
Geisteswelt. Sammlung wissenschaftlich-gemeinverstandl. Darstellgn. 
317.) 4 m. 

1439. Sokolowski (Eug.). Krakau im 44. Jahrh. Ein Beitrag zur 
Geschichte des Magdeburger Rechts in Polen. Marburg, Ebel, 1910. 
Gr. in-8°, iv-81 p. 2 m. 

1440. Sommer (H. Oskar). The vulgate version of the Arthurian 
romances; ed. from manuscripts in the British Muséum. V. 3, pt. I, 
Le livre de Lancelot del Lac. Washington, D. C. Carnegie Inst., 
4910. In-4°, 430 p. (Carnegie Institution publ.) 5 d. 

4441. Spagnolo (D. Antonio). Una leggina di Giustiniano in un 

1910 44 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



690 


BIBLIOGRAPHIE. 


miscellaneo Veronese del secolo xi-xii. Paris, H. Champion, 1910. 
In-4°, 4 p. (Mélanges offerts à M. Émile Châtelain.) 

1442. Statuts synodaux de l’église de Saint-Brieuc (1480-1507), tra¬ 
duits en français par l’abbé L. Campion. Paris, H. Champion, 1910. 
In-8°, 59 p. 

1443. Steffen8 (Franz). Ueber die Abkürzungsmethoden der 
Schreibschule von Bobbio. Paris, H. Champion, 1910. In-4°, 13 p. et 
pl. (Mélanges offerts à M. Émile Châtelain.) 

1444. Sternberg (Léo). Limburg als Kunststâtte. Zeicbnungen v. 
Hans Aulmann. Giessen, 1910. Or. in-8°, 55 p., fig., 15 pl. (Extrait 
des Mitteilungen d. Vereinigg. z. Fôrderg. d. Künste in Hessen 
u. im Rhein-Maingeb.) 3 m. 

1445. Stockhorner v. Starein (Frhr. Otto). Zur Geschichte der 
Burg Stockhorn in Niederôsterreich. Heidelberg, C. Winter, 1910. 

Gr. in-8°, vn-64 p. 1 m. 80. 

# 

1446. Stocquart (Emile). La Condition des enfants de famille, des 
célibataires et des prêtres au moyen âge en Espagne. Liège, impr. La 
Meuse, 1910. In-8°, 19 p. (Extrait de la Revue de l’Université de 
Bruxelles, mars 1910.) 

1447. Storr (Raynor). Concordance to the Latin original of the 
four books known as De Imitatione Christi, given to the world A. 
D. 1441 by Thomas a Kempis, with full contextual quotations. Lon¬ 
don, Frowde, 1910. In-8°, 616 p. 10 s. 6 d. 

1448. Straek (Heinrich). Brick architecture of the middle âges and 
the Renaissance in Italy. New York, W. Helburn, 1910. In-fol., 
46 pl. 8 d. 

1449. STROriSKi (Stanislaw). Le troubadour Folquet de Marseille. 

9 

Edition critique précédée d’une étude biographique et littéraire et sui¬ 
vie d’une traduction, d’un commentaire historique, de notes et d’un 
glossaire. Cracovie, Académie des sciences, 1910. In-8°, xm-145*-285 p. 
10 k. 

1450. Strunz (Frz.). Geschichte der Naturwissenschaften im Mittel- 
altcr. Im Grundriss dargestellt. Stuttgart, F. Enke, 1910. Gr. in-8°, 
vn-120 p., 1 fig. 4 m. 

1451. Sturel (René). A propos d’un manuscrit du musée Condé. 
Paris, H. Champion, 1910. In-4°, H p. (Mélanges offerts à M. Émile 
Châtelain.) 

1452. Stutz (Ulr.). Der Erzbiscbof v. Mainz u. die deutsche Kônigs- 
wahl. Ein Beitrag zur deutschen Rechts- u. Verfassungsgeschichte. 
Weimar, H. Bühlau, 1910. Gr. in-8°, xn-141 p. 4 m. 



•w 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. G91 

1453. Supino (J. B.). La sculptura in Bologna nel secolo xv, ricerche 
e studi. Bologna, N. Zanichelli, 1910. In-8°, 222 p. 31 fig. 

1454. Suslov (V. V.). Pamiatniki drevne-russkago iskusstva. 
[Monuments de l’art russe ancien.] III. Saint-Pétersbourg, Académie 
des beaux-arts, 1910. In-4°, 38 p., 7 pl. 10 r. 

1455. Swart (F.). Zur friesischen Agrargeschichte. Mit Karte : Die 
fries. Landschaften im 13. Jahrh. Leipzig, Duncker u. Humblot, 1910. 
Gr. in-8°, xii-384 p. (Staats- u. sozialwissenschaftliche Forschungen. 
145. Heft.) 10 m. 

1456. Tarasov (N. Q.), Moravskiî (S. P.). Kulturno-istoriceskiia 
kartiny iz jizni zapadnoï Evropy iv-xvm vékov. [Tableaux de la vie 
de l’Europe occidentale du iv° au xviii* siècle.] Moscou, impr. 1. Kus- 
nerev, 1910. In-8°, xi-194 p., ill. 1 r. 40. 

1457. Tardif (J.). Histoire de Charles V, de H. Delachenal. T. I 
et II (1338-1364). Notice. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouver- 
neur, 1910. In-8°, 10 p. (Extrait de la Revue historique, t. OIII, 1910.) 

1458. Thode (IIenry r ). Giotto. Mit 158 Abbildgn. nach Gemalden u. 
Skulpturen. Bielefeld, Velhagen u. Klasing, 1910. Gr. in-8°, 157 p. 
(Künstler-Monographien. 43.) 4 m. 

1459. Thomas (Antoine). Le « Signe royal » et le secret «le Jeanne 
d’Arc. Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur, 1910. In-8°, 
5 p. (Extrait de la Revue historique, t. CIII, 1910.) 

1460. Tilley (H. E.), Walters (H. B.). The Church bells of War- 
wickshire : their founders, inscriptions, traditions, and uses. Lon¬ 
don, Cornish Bros., 1910. In-4°, 240 p., ill. et pl. 12 s. 6 d. 

1461. Tomassetti (Gius.). La campagna romana antica, medioevale 
e moderna. Vol. IL (Via Appia, Ardeatina ed Aurélia.) Roma, E. 
Loescher e C. W. Regenberg, 1910. In-8°, vm-562 p., fig. et pl. 30 1. 

1462. Tomei (Cam.). Boccadasse antico e novo. Genova, tip. délia 
Gioventù, 1910. In-8°, vi-306 p. et fig. 

1463. Tournebize (François). Histoire politique et religieuse de 
l’Arménie. T. I, depuis les origines des Arméniens jusqu’à la mort de 
leur dernier roi (l’an 1393). Avec une table alphabétique des noms et 
des matières et 3 cartes. Paris, Firmin-Didot, s. d. Iu-8®, 876 p. 10 fr. 

1464. Townsend (J.). A History of Abingdon. London, Frowde, 
1910. In-8°. 7 s. 6 d. 

1465. Traber (Johs.). Die Herkunftder selig genannten Dominika- 
nerin Margareta Ebner geboren Zirka 1291, gestorben 20. VI. 1351. 
Hrsg. vom histor. Verein f. Donauwfirth u. Umgegend. Donauwôrth, 
Histor. Verein, 1910. Gr. in-8°, vm-41 p. 1 m. 



692 


BIBLIOGRAPHIE. 


1466. TuCek (Ernst.). Untersuchungen über das registrum super 
negotio romani imperii. — KovaC (Karl). Die Verzeichnisse des Lyo- 
ner Kreuzzugeszehnten aus der Erzdiôzese Salzburg. — Rümler 
(Karl). Die Akten der Gesandschaften Ludwigs des Baiern an Bene- 
dikt XII. und Klemens VI. Innsbruck, Wagner, 1910. Gr. in-8°. 
(Quellenstudien aus dem historischen Seminar der Universitàt Inns¬ 
bruck. 2. Heft.) 6 m. 

1467. Vacant (A.), Mangbnot (E.). Dictionnaire de théologie catho¬ 
lique, contenant l'exposé des doctrines de la théologie catholique, 
leurs preuves et leur histoire, publié avec le concours d’un grand 
nombre de collaborateurs. Fasc. 31 : Dogme-Duns Scot. Paris, Letou- 
zey et Ané, 1910. Gr. in-8°, col. 1601 à 1920. 

1468. Vale (Gius.). I santi Ermacora e Fortunato nella liturgia di 
Aquileia e di Udine. Udine, tip. del Crociato, 1910. In-8°, 86 p. et 
facsimile. 

1469. Valois (Noël). Conseils et prédictions adressés à Charles VII 
en 1445, par un certain Jean du Bois. Nogent-le-Rotrou, impr. Dau- 
peley-Gouverneur, 1909. In-8°, 40 p. (Extrait de VAnnuaire-Bulletin 
de la Société de l'histoire de France, année 1909.) 

1470. Van Den Gheyn (J.). Rectifications paléographiques. Paris, 

# 

H. Champion, 1910. In-4°, 8 p. (Mélanges offerts à M. Emile Châtelain.) 

1471. Van Den Gheyn (J.). Histoire de Charles Martel. Reproduc¬ 
tion des 102 miniatures de Loyset Liédet (1470). Bruxelles, Vromant. 
Petit in-8° carré, 23 p. et 102 pl. hors texte. 20 fr. 

1472. Vanhaeck (Maurice). Histoire de la sayetterie à Lille. T. I et 
II. Lille, impr. Lefebvre-Ducrocq, 1910. In-8°, 376 et vii-417 p. (Société 
d’études de la province de Cambrai. Mémoires, t. XVI et XVII.) 

1472 bis. Van Stockum (Jr. W. P.). La librairie, l’imprimerie et la 
presse en Hollande à travers quatre siècles, documents pour servir à 
l’histoire de leurs relations internationales, recueillis et annotés. 
Publié à l’occasion de la VII* session du Congrès international des 
éditeurs à Amsterdam. La Haye, l’auteur, 1910. In-fol., iv-8 p., 105 pl. 

1472/er. Veillet (Chanoine René). Recherches sur la ville et sur 
l’église de Bayonne. Manuscrit publié pour la première fois, avec des 
notes et des gravures, par M. l’abbé V. Dubarrat et M. l’abbé J.-B. 
Daranatz. T. I. Pau, A. Lafon et V e Ribaut, 1910. In-4°, cvm-587 p. 

1473. Vercruysse (Henry). Étude critique des sources relatives à 
la personnalité du sorboniste Siger de Courtrai, doyen de Notre-Dame, 
a Courtrai. Courtrai, impr. Eug. Beyaert, 1910. In-8°, 49 p. (Extrait 
des Mémoires du Cercle historique et archéologique de Courtrai , 
t. IV.) 2 fr. 


% 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



BIBLIOGRAPHIE. 


693 


1474. Vercruyssb (Henry). L’école chapitrale et les établissements 
d’enseignement moyen à Courtrai, jusqu a la fin du xvi* siècle. Cour- 
trai, impr. Eug. Beyaert, 1909. In-8°, 29 p. (Extrait du Bulletin du 
Cercle historique et archéologique de Courtrai, 6 e année, 1908- 
1909, 2 e livraison.) 1 fr. 50. 

1475. Verriest (Léo). Exécutions capitales en Ilainaut aux xiv«et 
XV e siècles. Notes extraites des comptes des mortemains de Hainaut, 
conservés aux archives départementales du Nord, à Lille. S. 1. n. d. 
(Mons, impr. Dequesne-Masquillier et fils), 1910. In-8°, 3 p. (Extrait 
des Annales du Cercle archéologique de Mons, t. XXXVIII.) 0 fr. 25. 

1476. Vernier (J.-J.). Inventaire sommaire des archives départe¬ 
mentales antérieures à 1790. Seine-Inférieure. Archives civiles. 
Séries C et D. Table générale. Rouen, impr. Lecerf et fils, 1910. Gr. 
in-4° à 2 col., 213 p. 

1477. Villehardouin, Froissart, Joinville, Commines. Les Chro¬ 
niqueurs français. Œuvres choisies. Paris, J. Gillequin, s. d. In-16, 
200 p. (Tous les chefs-d’œuvre de la littérature française.) 

1478. Vita sanctae Genovefae virginis, Parisiorum patronae. Prole- 
gomena conscripsit, textum ed. Carol. Kiinstle. Leipzig, B. G. Teub- 
ner, 1910. Petit in-8°, xlviii-20 p. 1 m. 20. 

1479. Vitelli (G.). Un papiro del museo greco romano di Alessan- 

dria. Paris, II. Champion, 1910. In-4°, 7 p. (Mélanges -offerts à 
0 

M. Emile Châtelain.) 

1480. Vlietinck (Ed.). Cartulaire d’Ostende. Texte original, avec 
notes et additions, précédé d’une introduction historique. Anvers, 
impr. De Vlijt, 1910. In-4°, 304 p. 5 fr. 

1481. Voss (G.). Herzogth. Sachsen-Meiningen. Kreis Meiningen. 
Amtsgerichtsbez. Wasungen. Jena, G. Fischer, 1910. Gr. in-8°, iv-xv 
et 131-272 p., 107 fig. et 4 pl. (Bau- u. Kunstdenkmiiler Thüringens. 
Bearb. v. P. Lehfeldt u. G. Voss. 36. Heft.) 4 m. 

1482. Vossler (Karl). Die gôttliche Komôdie. Entwicklungsge- 
schichte u. Erkliirg. II. Bd. 2. (Schluss-) Tl. Erklarung des Gedichtes. 
Heidelberg, Cari Winter, 1910. In-8°, 907-1241 u. m p. 5 m. 

1483. Voullième (Ernst). Die Inkunabeln der ôffentlichen Biblio- 
thek u. der kleineren Büchersammlungen der Stadt Trier. Mit e. Ein- 
leitg. « Zur Geschichte der Stadtbibliothek » v. Stadtbibliothek. Dr. 
Gottfr. Kentenich. Leipzig, O. Harrassowitz, 1910. Gr. in-8°, xxxvm- 
226 p. (Zentralblatt zum Bibliothekswesen. Beih. 38.) 11 m. 

1484. Vullo (Salvatore). Il diavolo nelle belle arti. Palermo, tip. 
Optima, 1910. In-8°, 15 p. 




694 


BIBLIOGRAPHIE. 


1485. Wagner (Hans). Studien über die romanische Baukunst in 
Regensburg. Regensburg, A. Coppenrath, 1910. In-8°, 80 p., 39 fig. 
2 m. 


1486. Walde (Alois). Lateinisches etymologisches Wôrterbuch. 2. 
umgearb. Aufl. Heidelberg, C. Winter, 1910. In-8°, xxxi-1044 p. 
(Indogermaniache Bibliotbek. II. Reihe : Wôrterbücher. 1. Bd.) 
10 m. 40. 


1487. Waleffe (Maurice de). Héloïse, amante et dupe d’Abélard (la 
Fin d’une légende). Paris, Nilsson, s. d. In-16, iv-224 p., avec grav. 
(Les Femmes illustres.) 

1488. Wâlli (J. J.). Geschichte der Herrschaft u. des Fleckens 
Weinfelden. Weinfelden, A.-G. Neuenschwandersche Buchh., 1910. 
Gr. in-8®, xi-475 p., 14 reproductions hors texte. 4 m. 80. 

1489. Weimer (Herm.). Geschichte der Padagogik. Leipzig, G. J. 
Gdschen, 1910. Petit in-8°, 155 p. (Sammlung Gôschen. Unser heut. 
Wissen in kurzen, klaren, allgemeinverstandl. Einzeldarstellgn. Neue 
Aufl. 145.) 0 m. 80. 

1490. Wessely (Charles). Un nouveau fragment de la version 
grecque du Vieux Testament par Aquila. Paris, H. Champion, 1910. 
In-4®, 8 p. (Mélanges offerts à M. Émile Châtelain.) 

1491. Weyh (Wilh.). Die syrische Kosmas-u. Damian-Legende. 
Schweinfurt, E. Stoer, 1910. In-8°, 25 p. 1 m. 

1492. WLADZirtSKi (Prince J.). 1410-1910. Grunwald i koscidl Panny 
Maryi w Lublinie. [Grunwald et l’église N.-D. de Lublin.] Lublin, 
impr. M. Kossakowskia, 1910. In-fol., 47 p. 

1493. Wolfram (E.). Die germanischen Heldensagen als Entwicke- 
lungsgeschichte der Rasse. Leipzig, M. Altmann, 1910. In-8°, 248 p. 
3 m. 


1494. Zabughin (Vladimiro). Giulio Pomponio Leto; saggio critico. 
Vol. II, libro II. Grottaferrata, tip. Italo-orientale S. Nilo, 1910. 
In-8°, xxvii-238 p., fig. et pl. 10 1. 

1495. Zeller (Ulr.). Bischof Salomo III v. Konstanz, Abt v. St. 
Galien. Leipzig, B. G. Teubner, 1910. Gr. in-8°, xi*107 p. (Beitrage 
zur Kulturgeschichte des Mittelalters u. der Renaissance. 10. Heft.) 4 m. 

1496. Ziegel. Istoriia slavianskikh zakonodatelstv. [Histoire des 
législations slaves.] Varsovie, impr. du Cercle d’enseignement, 1910. 
In-8°, p. 349-364. 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


CHRONIQUE ET MELANGES 


— Par arrêté ministériel, en date du 11 novembre 1910, ont été 

9 

nommés élèves de première année de l’Ecole des chartes, dans l’ordre 
de mérite suivant : 

MM. 

1. Luppé (C/iarfes-Célestin-Louis-Pierre de), né à Paris, le 18 fé¬ 
vrier 1892. 

2. Pocquet du Haut-Jussé (Bart/iélemy-Marie-Joseph), né à 
Rennes (Ille-et-Vilaine), le 21 novembre 1891. 

3. Virebayre (Pierre-Marie-Émile), né à Saint-Jean-du-Bruel 
(Aveyron), le 11 août 1888. 

4. Cluzel (Raymond), né à Mauriac (Cantal), le 7 octobre 1890. 

5. Flipo ( Vmcenf-Ernest-Albert), né à Roubaix (Nord), le 
16 avril 1889. 

6. Doré (Poberf-Gustave), né à Cherbourg (Manche), le 28 sep¬ 
tembre 1890. 

7. Loubatier (Raymond- Noël), né à Châteauroux (Indre), le 
25 décembre 1890. 

8. Baubet (Victor- Baptiste), né à Béage (Ardèche), le 15 octobre 
1886. 

9. Leblanc (André-Just-Émile), né à Paris, le 18 mai 1887. 

10. Cahier (Charies-Léon-Paul-André), né à Nice (Alpes-Mari¬ 
times), le 5 novembre 1891. 

H. Duchesne (Léon-Hubert), né à Paris, le 2 juillet 1890. 

12. Robert (Daniel-Gaston), né à Marseille (Bouches-du-Rhône), 
le 15 novembre 1890. 

13. Allenou (Jean-Jules-Marie), né à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord), 
le 16 octobre 1887. 

14. Paul (Pierre), né à Allègre (Haute-Loire), le 26 mai 1887. 

On été admis hors rang, à titre étranger : 

MM. 

Bovet (André), né à Neuchâtel (Suisse), le 1 er décembre 1890. 

Gorka (Alexandre), né à Rawa (Pologne autrichienne), le 12 dé¬ 
cembre 1887. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


696 CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

— Par arrêté ministériel, en date du 20 octobre 1910, M. Étienne 
Dejean, directeur des Archives, membre du Conseil de perfectionne¬ 
ment de l’École des chartes, a été nommé président de ce Conseil en 
remplacement de M. Léopold Delisle. 

— Par arrêté ministériel, en date du 19 décembre 1910 t notre con¬ 
frère M. Paul Meyer a été nommé vice-président de la Commission 
supérieure des bibliothèques, en remplacement de M. L. Delisle. 

— Notre confrère M. le comte R. de Lasteyrie a été élu, en rem¬ 
placement de M. L. Delisle, membre du Conseil de perfectionnement 
de l’École des chartes par l’Académie des inscriptions et belles-lettres 
dans sa séance du 21 octobre 1910. 

— Notre confrère M. A. Thomas a été élu dans la même séance 
membre de la Commission de l’histoire littéraire de la France. 

— L'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans sa séance du 
23 décembre 1910, a élu au nombre de ses correspondants notre confrère 
M. Labande. 

— Par décrets présidentiels, en date des 6 et 29 décembre 1910, 
nos confrères MM. Charles Bémont, Charles Mortet et C. Enlart ont 
été nommés chevaliers de la Légion d’honneur. 

— Par décret présidentiel, en date du 21 décembre 1910, notre con¬ 
frère M. le comte de Lasteyrie, professeur d’archéologie du moyen 
âge à l'École des chartes, a été admis, sur sa demande, à la retraite 
et nommé professeur honoraire. 

— Par arrêté ministériel, en date du 7 novembre 1910, notre con¬ 
frère M. Paul Meyer, vice-président de la section d’histoire et de phi¬ 
lologie du Comité des travaux historiques, a été nommé président de 
la même section en remplacement de M. Léopold Delisle, décédé. 

— Par un autre arrêté, en date du même jour, notre confrère 
M. Henri Omont a été nommé vice-président de la même section du 
Comité. 

— Par arrêté ministériel, en date du 23 novembre 1910, notre con¬ 
frère M. L. Clédat a été renommé pour trois ans doyen de la Faculté 
des lettres de l’Université de Lyon. 

— Par arrêté ministériel, en date du 30 novembre 1910, notre con¬ 
frère M. Auguste Dumas, archiviste de la Dordogne, a été institué agrégé 
des Facultés de droit (section d’histoire du droit), et par un autre 
arrêté, en date du même jour, il a été chargé d’un cours d’histoire 
générale du droit français à la Faculté de droit de l’Université 
d’Aix. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



697 


CHBONIQUE ET MÉLANGES. 

— Par arrêté ministériel, en date du 10 novembre 1910, notre con- 
frère M. Charles Bourel de La Roncière, conservateur-adjoint au 
Département des Imprimés de la Bibliothèque nationale, a été nommé 
conservateur du même Département. 

— Par un autre arrêté, en date du 14 novembre 1910, nos confrères 
MM. J. Guibert et A. Vidier ont été nommés conservateurs-adjoints, 
le premier au Département des Estampes, le second au Département 
des Imprimés. 

— Par arrêté ministériel, en date du 20 octobre 1910, ont été nom¬ 
més sous-bibliothécaires à la Bibliothèque nationale nos confrères 
MM. Ch. Dubus et A. Martin, au Département des Imprimés, et 
H. Labrosse, au Département des Manuscrits. — Par d’autres arrêtés, 
des 22 et 27 décembre 1910, ont été nommés nos confrères M. Fran¬ 
çois Bruel bibliothécaire au Département des Estampes et M. Marcel 
Aubert sous-bibliothécaire au même Département. 

— Par arrêté ministériel, en date du 6 octobre 1910, nos confrères 

# 

MM. Hirschauer et Romier ont été nommés membres de l’Ecole fran¬ 
çaise de Rome et M. R. Michel a été nommé membre hors cadre. 

— Notre confrère M. Charles Chevreux a été nommé sous-chef du 
cabinet du ministre du Travail. 

— Notre confrère M. A. Maisonobe a été nommé sous-préfet de 
Carpentras. 

— Notre confrère M. le comte de Manneville, premier secrétaire à la 
légation de France à Athènes, vient d'être nommé en la même qua¬ 
lité à Bruxelles. 

— Nos confrères MM. Max Prinet et Marcel Aubert ont été auto- 

9 

risée, le premier à faire à l’Ecole des chartes un cours libre d’héral¬ 
dique et de sigillographie à partir du 9 novembre dernier; le second 
à donner des leçons d’archéologie du moyen Age pendant le premier 
semestre 1909-1910. 

— Notre confrère M. A. Prudhomme a été proclamé, le 24 décembre 
1910, représentant élu du corps des archivistes près la Commission 
supérieure des Archives. 

— Notre confrère M. Élie Berger a été élu par l'Institut, dans sa 
séance trimestrielle du 4 janvier 1911, l'un des conservateurs du Musée 
Condé, à Chantilly. 

— Par arrêté, en date du 2 juin 1910, il a été institué au ministère 
de l'Instruction publique une commission de recherches sur l’histoire 
économique dans les territoires qui ont fait autrefois partie de la 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



698 CHRONIQUE ET MELANGES. 

France. Nos confrères MM. P. Marichal et Charles Schmidt ont été 
nommés membres de cette commission. 

— Par arrêté préfectoral, en date du 18 août 1910, notre confrère 
M. Charles Desages a été nommé archiviste départemental des Côtes- 
du-Nord. 

— Par arrêté préfectoral, en date du 29 octobre 1910, notre con¬ 
frère M. J. Régné a été nommé archiviste départemental de l’Ardèche. 

— Par arrêté préfectoral, en date du 27 décembre 1910, notre con¬ 
frère M. Ë. Desplanque a été nommé archiviste départemental de la 
Loire-Inférieure. 

— Par arrêté municipal du 15 novembre 1910, notre confrère M. J. 
Ruinaut a été nommé attaché à la bibliothèque historique de la ville 
de Paris. 

— Notre confrère M. Marcel Gastineau a été nommé secrétaire de 
la bibliothèque de la manufacture nationale de Sèvres. 

— Par divers arrêtés municipaux, de septembre et octobre 1910, ont 
été nommés nos confrères MM. Béreux, archiviste-bibliothécaire de la 
ville de Bourges; Caillet, conservateur de la bibliothèque et des 
archives anciennes de la ville de Limoges ; Graziani, archiviste-biblio¬ 
thécaire de la ville de Bayonne ; et Loirette, bibliothécaire de la ville 
de Pau. 

— Par arrêté municipal, en date du 25 novembre 1910, notre con¬ 
frère M. Jacques Laurent a été nommé conservateur-adjoint de la 
bibliothèque de la ville de Dijon. 

— Notre confrère M. Barbeau a été nommé bibliothécaire de la 
bibliothèque française de Tunis. 

— Notre confrère M. G. Ritter a été chargé d’un cours de paléogra¬ 
phie du moyen âge à l’École des lettres et sciences de Rouen. 


— Notre confrère M. Henri Courteault a obtenu la 2 e médaille au 
Concours des Antiquités nationales; nous reproduisons la partie du 
rapport de notre confrère M. Noël Valois, où est appréciée en ces 
termes son histoire de Bourg -Saint-Andéol : 

« Dix-huit à vingt lieues seulement séparent à vol d’oiseau Die de 
Bourg-Saint-Andéol, la petite ville vivaroise assise sur la rive droite 
du Rhône. Mais ce n’est pas, à proprement parler, l’histoire de cette 
dernière cité qu’a voulu écrire M. Henri Courteault, archiviste aux 
Archives nationales, dans un superbe volume, publié sous les auspices 
du marquis de Nicolay, qui obtient à notre concours la deuxième 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


699 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

médaille. Les très nombreux documents dont s'est servi M. Courteault 
avaient été recueillis pour la plupart, il y a fort longtemps, par notre 
infatigable et très regretté confrère A. de Boislisle, dans le dessein de 
tracer un tableau exact du milieu où s'est formée, où a grandi la mai* 
son de Nicolay. Ce n'est donc pas une succession de menus faits, 
rangés suivant l’ordre chronologique, qu’il faut chercher dans ces 
pages, mais d'abord quelques éclaircissements sur les origines du 
Bourg-Saint-Andéol, puis une description de la ville et de ses monu¬ 
ments, l’énumération de ses églises, de ses couvents, de ses écoles, 
de ses institutions charitables, la nomenclature des familles qui y 
partageaient la suzeraineté avec l’évêque de Viviers, et surtout l’étude 
approfondie de l’organisation judiciaire, financière, municipale, le 
tableau des diverses classes de la société, de leurs usages, de leurs 
mœurs, de leurs occupations industrielles, commerciales, agricoles, à 
l’époque où vécurent les premiers Nicolay, c’est-à-dire au xiv e et au 
xv e siècle. Grâce à l’abondance vraiment extraordinaire des rensei¬ 
gnements que M. Courteault a pu réunir sur la vie de cette petite 
cité, renseignements puisés aux sources les plus sûres, et, je l’ajoute¬ 
rai, grâce à la netteté de ses vues, à la variété de ses connaissances, 
à l'habileté de sa mise en œuvre, il a projeté une lumière des plus 
vives sur l'état de la société bourgeoise du midi de la France. Les 
rapprochements, les comparaisons qu’il a su établir avec d’autres 
organisations analogues donnent à cette étude de premier ordre, et 
où n’ont pu être relevées que de bien rares imperfections de détail, un 
intérêt beaucoup plus général que celui qui s’attache d'ordinaire à une 
simple monographie locale. » 


NÉCROLOGIE. 

BARTHÉLEMY TERRAT. 

Notre confrère Barthélemy Terrât est décédé le 6 novembre à 
Lyon au cours d'une visite chez M. le docteur Chavanne, l’un de ses 
gendres. Ses obsèques ont eu lieu à Paris le 11 du même mois. La 
Société de l’École des chartes y était représentée par M. Paul Viollet, 
son président, qui a prononcé un discours reproduit ci-dessous. Bar¬ 
thélemy Terrât était né à Saint-Genest-Malifaux (Loire), le 2 juillet 
1845. Il avait fait ses études classiques au lycée de Saint-Étienne et 
obtenu le prix d’honneur de philosophie dans le concours institué 
entre les lycées départementaux. Il appartenait chez nous à la promo¬ 
tion du 19 janvier 1875. Aux justes éloges dont M. Paul Viollet a 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



700 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

honoré sa mémoire, nous ajouterons qu’il dirigea, durant plusieurs 
années, la Conférence d’études historiques instituée en 1876 par la 
Société bibliographique et à laquelle, alors et depuis, ont pris part un 
assez bon nombre de nos confrères et non des moins distingués. C’est 
en l’assistant dans cette tâche, dans laquelle nous lui succédâmes, 
que nous avons pu personnellement apprécier l’étendue et la solidité 
de ses connaissances, l'ardeur éclairée de son dévouement et de son 
zèle. 

Marius Sepet. 

DISCOURS DE M. PAUL VIOLLET, 

PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ DE L'ÉCOLE DES CHARTES. 

Les membres de la Société de l’École des chartes perdent en Bar¬ 
thélemy Terrât un confrère et un ami. L’École des chartes, cette 
ruche dont le miel s’appelle amour du travail, amour de la vérité his¬ 
torique, essaime dans toutes les directions. Les archivistes paléo¬ 
graphes apportent, en effet, dans les Universités de l’État et dans les 
Instituts catholiques une contribution magnifique au progrès général 
des études. 

Terrât fut un des maîtres excellents de cette Faculté libre de droit 
de l’Institut catholique de Paris, auquel le malheur qui nous réunit 
me procure l'occasion de rendre hommage, occasion, hélas ! que 
j’eusse souhaitée tout autre! 

Les fortes études de Terrât le préparaient avec une belle régula- 

# —« 

rité à la carrière qu’il devait embrasser. Elève de la Faculté de droit 
de Paris et de l’École des chartes, lauréat de la Faculté de droit, 
secrétaire de la Conférence des avocats, il subit très brillamment 
toutes les épreuves du doctorat et de l’agrégation de droit, avant de 
soutenir, en 1875, à l’École des chartes, devant des maîtres dont les 
noms appartiennent au livre d’honneur de l’érudition, Rozière et Tar¬ 
dif, sa thèse sur la tradition dans l’ancien droit français, étude qui fut 
très remarquée. Ce double bagage, vaillamment porté par un cerveau 
solide et un esprit lucide, assura à Terrât, dès ses débuts comme pro¬ 
fesseur, un succès tel qu’à Douai, où il enseigna la procédure civile 
et le droit pénal, quelques-uns de ses collègues se plaisaient à assister 
à ses cours. 

De la Faculté de droit de Douai, Faculté de l’État, Terrât passa, au 
moment même de sa création, à la Faculté libre de l'Institut catho¬ 
lique de Paris. Il conserva toujours avec ses anciens collègues des 
Facultés de l’État de cordiales relations qu’atteste ici même la pré¬ 
sence d’amis fidèles. 

Vous avez pu, Messieurs, apprécier, non seulement le maître, le 
travailleur, mais, mieux que tout cela, l’homme. Il enseigna chez 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



70 î 


CHIOIUQUE ET MELANGES. 

vous, indépendamment du droit civil, une science à laquelle ses études 
personnelles l’avaient parfaitement préparé, l’histoire du droit : j’ima¬ 
gine, par conséquent, que vous avez dù recueillir le fruit le meilleur de 
cette vie laborieuse qu'il voulut consacrer tout entière à l'enseigne¬ 
ment. 

L’Institut catholique perd le doyen de sa Faculté de droit, profes¬ 
seur éminent qui lui faisait le plus grand honneur. Nous perdons à 
la Société de l’École des chartes un confrère aimé de tous. 

Au nom de la Société, j'adresse à la famille tout entière de notre 
ami, à sa compagne dévouée, l’expression de notre respectueuse et 
profonde sympathie. 


PIERRE AUBRY. 

Le 6 septembre dernier ont eu lieu à Paris les obsèques de notre 
confrère Pierre Aubry, décédé quelques jours auparavant, à Dieppe, 
à la suite d’un accident d’escrime. Survenue en pleine période des 
vacances, cette brusque disparition passa presque inaperçue de la 
plupart de ceux qui connaissaient et qui estimaient Pierre Aubry : ils 
n'apprirent sa fin prématurée qu’à leur retour à Paris ; et l'École des 
chartes elle-même ne put lui adresser l’adieu qu’elle donne d’ordi¬ 
naire à la tombe de chacun de ses fils. Mais il n'est pas trop tard 
encore pour rendre un suprême hommage à ce jeune savant si labo¬ 
rieux, si consciencieux, si accueillant et désintéressé, dont l’œuvre 
déjà imposante par son étendue et sa qualité ouvrit tant de voies nou¬ 
velles en un domaine à peu près inexploré et dont la mort va laisser 
un vide si difficile à combler dans le monde des études musicolo- 
giques. 

Né à Paris le 14 février 1874, Pierre Aubry suivit les cours du col¬ 
lège Stanislas et entra à l’École des chartes en 1894. Sa vocation, se 
manifesta presque aussitôt : il n’avait guère publié qu’un volume de 
poésies (1892) quand il s’occupa de réunir et d’annoter, pour l’œuvre 
de Paul Desjardins, « l’Union pour l’action morale », Huit chants 
héroïques de l'ancienne France (X// e -XV7//° siècle), dont la 
seconde édition parut en 1896 avec une préface de Gaston Paris. Il 
avait trouvé sa voie, et toutes sès études, toutes ses recherches devaient 
désormais converger vers l’histoire de la musique et, en particulier, 
l’histoire de la musique française du moyen âge. 

La thèse qui lui valut le diplôme d’archiviste paléographe (26 jan¬ 
vier 1898) fut la première pierre du monument élevé par lui à la gloire 
de nos vieux maîtres ; il avait pris pour sujet : la Philologie musi- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



702 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

cale des trouvères, ce qui ne laissa pas d’embarrasser le Conseil de 
perfectionnement, car, si la partie philologique du travail trouvait un 
examinateur tout désigné parmi les professeurs de l’École, il n’en 
était pas de même de la partie musicale : finalement, on dut faire 
appel à un spécialiste, et ce fut Bourgault-Ducoudray qui, par excep¬ 
tion, siégea dans le jury de soutenance. 

Entre temps, Pierre Aubry s’était fait recevoir licencié ès lettres en 
1894 et licencié en droit en 1896. Il était entré en relations suivies 
avec les Bénédictins de Solesmes, les maîtres de la Paléographie 
musicale, dont il devint le disciple et l'ami. Enfin, il s'intéressa à 
l’œuvre des chanteurs de Saint-Gervais et se lia avec leur fondateur, 
l’admirable Charles Bordes, travaillant avec lui, par la parole et par 
la plume, à la restauration de la musique sacrée. 

L’occasion d’exposer ses doctrines et sa méthode lui fut heureuse¬ 
ment fournie vers la même époque par Mgr Péchenard, directeur de 
l’Institut catholique : appelé rue d’Assas pour y professer la musico¬ 
logie sacrée (1898-1899), il réunit ses conférences en un volume remar¬ 
quable par l'étendue des connaissances et la solidité de la démonstra¬ 
tion : Mélanges de musicologie critique : la Musicologie médié¬ 
vale, histoire et méthodes (1900, in-fol.). Après avoir étudié l'œuvre 
des érudits qui ont amené la musicologie du moyen âge au point où 
elle se trouve aujourd’hui, — dom Jumilhac, dom Gerbert, l’abbé 
Lebeuf, Fétis, de Coussemaker, dom Pothier et dom Mocquereau, — 
il s’attacha à expliquer < comment les méthodes critiques de la science 
contemporaine sont applicables à l’histoire et à la philologie musicales, 
c’est-à-dire comment à l’histoire de la musique on doit appliquer les 
méthodes historiques : méthode de critique diplomatique, s’il s'agit 
d’éclairer un chapitre obscur d’histoire musicale à l'aide de chartes 
ou de diplômes; méthode de critique des sources narratives, si, à 
l’aide des historiens ou des annalistes, nous comblons un chapitre de 
cette histoire; méthode des sciences juridiques, si, d’aventure, nous 
faisons intervenir le droit canonique dans nos études, ce qui, en musi¬ 
cologie religieuse, n'aurait rien d’inattendu »; enfin, il insista sur la 
philologie musicale, déclarant « que la phonétique, que la morpholo¬ 
gie, que la syntaxe gouvernent la langue mélodieuse des sons comme 
la langue des mots; qu’un texte musical ne s’établit pas autrement 
qu'un texte littéraire, et que les principes de critique qui sont de règle 
ici sont applicables là; bref, que l’on doit préparer l’édition d’un gra¬ 
duel ou d’un antiphonaire comme celle d’un texte d’Homère ou d'une 
chanson de geste ». 

Au moment où allait paraître cette véritable < profession de foi », 
Pierre Aubry, sorti diplômé de l’École des langues orientales pour la 
langue arménienne en 1900, se préparait à partir pour un voyage en 
Orient. Curieux d'aller étudier sur place les textes et les origines du 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



703 


CHBOlfIQUE ET MELANGES. 

chant arménien, il s'était préparé sérieusement à la mission officielle 
dont on l’avait chargé, et pendant plusieurs mois, en compagnie de 
son confrère et ami Gaston Duval, il visita le Caucase, l’Arménie et 
le Turkestan, recueillant au cours de ces investigations, souvent 
pénibles et quelquefois périlleuses, une abondante moisson de docu¬ 
ments, mis en œuvre à son retour en France. 

Dès lors, il fit deux parts de sa vie, donnant l’une à la femme 
exquise qui fut sa compagne affectueuse et dévouée, à sa famille, à 
ses nombreux et fidèles amis, et consacrant l’autre à la musique. Ce 
furent alors des conférences à Paris, en province et à l’étranger, 
d’innombrables articles dans les revues (Correspondant, Tribune 
de Saint-Gervais, Revue musicale. Bulletin de la S. I. M., etc.) 
et toute une suite de livres, dont certains offrent une importance 
capitale par leur étendue et leur nouveauté et dont on se bornera à 
citer ici les principaux : les Proses d'Adam de Saint-Victor (avec 
M. l’abbé Misset, 1900), Lais et descorts français (avec MM. Brandin 
et Jeanroy, 1901), le Rythme tonique des églises chrétiennes au 
moyen âge (1903), les Plus anciens monuments de la musique 
française (1905), Cent motets du XIII e siècle (1908; 3 vol. d’après 
le manuscrit de Bamberg), Iter hispanicum (1908; notices et extraits 
des manuscrits de musique ancienne étudiés dans les bibliothèques 
d’Espagne, au cours d’un voyage en ce pays), Trouvères et trou¬ 
badours (1909), etc. Tout en poursuivant ses recherches dans les 
archives et les bibliothèques, il visitait aussi les musées et réunissait 
une riche collection de documents iconographiques concernant la 
musique, d’où il s’occupait, ces temps derniers, de tirer, en collabo¬ 
ration avec M. Gustave Lyon, une curieuse iconographie de la harpe. 
Enfin, il venait de terminer la révision du texte d’un travail de 
longue haleine sur le Chansonnier de l'Arsenal (trouvères du XII e - 
XIII e siècle ), dont l’achèvement pourra être très probablement assuré. 

Ce serait mal connaître Pierre Aubry que de restreindre son activité 
et son influence aux études des origines de la musique : aucune ten¬ 
tative musicale ne le laissait indifférent, et s’il a participé vaillamment 
à la création et au développement de la Schola cantorum, s’il a col¬ 
laboré à l’enseignement de l’École des hautes études sociales, s’il a 
été parmi les premiers adhérents de la Société des amis de la musique, 
c’est qu'il était un artiste en même temps qu’un savant. Les problèmes 
techniques les plus ardus ne le rebutaient point, au contraire, mais il 
ne s’intéressait pas moins aux graves problèmes de la notation qu’aux 
questions relatives à la chanson populaire et au folk-lore ; les œuvres 
des trouvères et des troubadours le retenaient au même titre que les 
productions de la musique sacrée ; il aimait de même le xviii* siècle 
français, et la preuve en est non seulement dans l’étude musicale et 
la transcription qu'il a donnée des Caractères de la danse, de J.-F. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


704 CHRONIQUE ET MELANGES. 

9 

Rebel (1905; avec M. Emile Dacier), mais dans le livre qu’il préparait 
sur Grétry quand la mort l’a frappé; enfin, la plus récente école 
musicale ne le laissait point indifférent, et de même qu’il avait réuni 
ses amis pour leur faire entendre, en d'inoubliables soirées, les plus 
anciens monuments de la musique instrumentale française, les prin¬ 
cipales productions du violoniste du xvm e siècle J.-M. Leclair et 
nombre d’autres œuvres oubliées, ressuscitées grâce à lui, de même 
il leur avait réservé, tout récemment, la primeur d’une charmante 
pièce d’ombres, tirée de la vieille « chantefable » d 'Aucassin et Nico - 
lette, et dont il avait fourni le thème au musicien et au dessinateur, 
tous deux très modernes. 

Quant à sa cordialité, à sa franchise, à la sûreté de ses relations, 
tous ceux qui ont pu l’approcher sont unanimes à reconnaître que 
chez Pierre Aubry les qualités du cœur allaient de pair avec les dons 
de l'intelligence. « Ce jeune savant si sérieux, si riche d’idées et de 
faits et de projets, si attaché aux règles du labeur scientifique, était 
généreux, plein de dévouement, toujours prêt à aider ceux qui tra¬ 
vaillent utilement » ; ainsi s’est exprimé M. J. Combarieu dans l’allo¬ 
cution qu'il a prononcée sur la tombe de son collaborateur et ami. Et 
M. Romain Rolland a pu dire, presque dans les mêmes termes : « Ce 
grand savant était un homme simple et bon, qui vivait en dehors de 
toutes les coteries, dédaigneux de toute réclame, méprisant fièrement 
le succès bruyant et facile. Il avait le juste sentiment de la grande 
œuvre qu’il élevait; mais nul n’était plus empressé à mettre modeste¬ 
ment sa science au service de toute œuvre utile ». 

Le voilà enlevé à trente-cinq ans, alors qu’il avait encore tant de 
choses à dire que nul autre ne dira, alors que sur de si laborieuses et 
si originales recherches, sur des matériaux si promptement amassés, 

commençait à s’élever une œuvre dont la science française avait tous 

_ 0 

les droits d’être fièrel II est de ceux, comme l’Ecole des chartes en a 
perdu tant d’autres, qui sont morts avant d’avoir donné toute leur 
mesure. Néanmoins, comme a dit encore M. Romain Rolland, « son 
souvenir ne s’effacera pas non seulement de la pensée de ceux qui 
l’ont connu, mais de cette science musicale à laquelle il avait voué sa 
vie. Son nom reste attaché à l’histoire de ce beau moyen âge français 
qu’il aimait. Heureux, malgré tout le tragique d’une mort si soudaine 
et si prématurée, heureux ceux qui, comme lui, s’endorment après 
avoir bien travaillé t Le champ qu’ils ont labouré se couvrira de mois¬ 
sons qui parleront d’eux longtemps encore après qu’ils ne seront plus 
là pour les voir ». 

Émile Dacier. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


CHRONIQUE ET MELANGES. 


705 


HENRI DE ROUX. 

Henri de Roux était né le 28 août 1867 à Hyères (Var). Reçu à 
l'École des chartes après de fortes études au collège Stanislas, il 
obtint, en 1891, le diplôme d’archiviste paléographe par une thèse 
sur la Chancellerie du roi René en Anjou et en Provence, étude 
qui n'a point été publiée. 

Immédiatement attaché au catalogue des imprimés de la Biblio¬ 
thèque nationale, Henri de Roux y parcourut, jusqu’au grade de 
bibliothécaire, les lentes étapes de la carrière qu’il avait choisie. Il 
aimait la Bibliothèque nationale, à laquelle il rendit de vrais services. 
Dès 1892, il avait collaboré à la rédaction du a Catalogue des livres 
provenant des collections d’Eugène Piot ». Chargé depuis, pendant 
quelque temps, de la direction du Bulletin mensuel des publications 
françaises, il en devait rester jusqu’à sa mort l’un des principaux 
collaborateurs. Détaché en dernier lieu au bureau du public, il 
accordait aux lecteurs, malgré sa faiblesse physique, une bien¬ 
veillance toujours prête à suppléer l'insuffisance de leurs recherches. 

Sous des apparences modestes, de Roux, étranger à toute intrigue, 
cachait une érudition sérieuse, un goût très vif et très sûr de l’histoire, 
une préoccupation avisée des problèmes du temps présent. Il 
écrivit pour la Société d’histoire de Berlin, dans les Jahresberichte 
der Geschichtswissenschaft, de 1896 à 1898, le compte-rendu des 
ouvrages relatifs à l’histoire moderne de la France. Les Contem¬ 
porains ont publié de lui, sous les pseudonymes « H. de Ruffi » et 
< Henri Argos », de nombreuses biographies sur les personnages de la 
Révolution, époque dont l’étude l’attirait particulièrement. Il préparait 
encore divers articles pour le Dictionnaire d’histoire et de géo¬ 
graphie ecclésiastiques, lorsque la mort le frappa, le 12 septembre 
dernier, dans cette terre de Provence dont il avait conservé le culte. 

Henri de Roux était d’une urbanité parfaite, d’une humeur toujours 
égale, d’une charité souvent plus large que ses ressources. Ses con¬ 
victions religieuses, qui s’alliaient à une extrême tolérance, l’aidaient 
à supporter sans aigreur l’épreuve constante d’une santé délicate. Sa 
mort a été un deuil véritable pour ses collègues et pour bien des 
habitués de la Bibliothèque nationale, car ceux qui le connaissaient 
le tenaient pour ami. 

Amand Rastoul. 


1910 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


706 


CHRONIQUE HT MELANGES. 


S 


HENRI DUPONT. 

Nous avons le très vif regret d’enregistrer encore le décès d’un de 
nos jeunes confrères M. Henri Dupont; né à Séry-les-Mézières (Aisne), ' 
en 1883, il s’y est éteint, le l« r décembre 1910, dans sa 27® année. 
M. Henri Dupont appartenait à la promotion du 15 février 1908 et 
avait obtenu le titre d’archiviste paléographe avec une thèse sur le Sois- 
sonnais de 1787 à 1790; l’assemblée provinciale, l’organisation 
du département . L’École pratique des hautes études l’avait chargé 
en 1905 d’une mission en Allemagne et en 1909 il avait concouru avec 
succès pour l’obtention de l’une des places d’attaché à la bibliothèque 
historique de la ville de Paris. 


L’ÉCOLE DES CHARTES ET L’HISTOIRE. 


La Revue internationale de l’Enseignement a publié récemment 
(1910, n° 12) un fragment de la leçon d’ouverture du cours de diplo¬ 
matique pour l’année scolaire 1910-1911, faite à l’École des chartes 
le 3 novembre 1910 par M. Maurice Prou. Donnant à ses élèves les 
conseils pour le choix et la rédaction de la thèse qu’ils doivent pré¬ 
senter afin d’obtenir le diplôme d’archiviste paléographe, notre confrère 
a été amené à répondre aux critiques récemment formulées contre 
l’esprit scientifique de l’École des chartes. 

Quelques « lettrés ont fait entendre des doléances, d’ailleurs jus¬ 
tifiées, sur l’abandon par les jeunes historiens des traditions fran¬ 
çaises de composition, de rédaction et d’expression... A en croire 
l’un des collaborateurs de la Revue politique et parlementaire , 
l’auteur de tout le mal serait l’École des chartes » qui, en méfiance à 
l’égard des « hypothèses fécondes », des « idées larges et vivifiantes », 
ayant peu de souci de la forme, proposerait comme idéal à l’historien 

de déchiffrer et de publier des textes, de classer des dossiers. 

» 

Notre confrère rappelle que si, par définition, l’Ecole des chartes 
se propose de former des archivistes capables de rechercher les docu¬ 
ments, d’en dresser l’inventaire et de les publier, l’organisation de 
son enseignement et la méthode quelle s’efforce de donner à ses élèves 
lui permettent de prétendre à former en même temps des archivistes 
et des historiens. Les chartistes savent distinguer un archiviste d’un 
historien. Mais l’érudition est à la base de l’histoire. L’archiviste est 
l’auxiliaire indispensable de l’historien et « l’historien est l’érudit qui 
de l’analyse passe à la synthèse ». 

« Le nom de thèse donné au dernier exercice scolaire témoigne 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


CHKOIVIQUE ET MELANGES. 707 

# 

assez que l’idéal d'un élève de l’Ecole des chartes ne doit pas être de 
réunir des collections de documents ou de faits. Si une thèse est une 
suite de propositions qu'il faut démontrer, elle exige que l'auteur sache 
grouper les faits, puis en dégager des idées ou des lois. On admet ici 
comme thèse tout mémoire dont le sujet relève de l’enseignement de 
l’École. Vous pourrez, suivant vos inclinations, choisir entre 
l’histoire politique et celle des institutions, l’histoire économique et 
môme celle des idées, la biographie, etc. Nous acceptons aussi, 
comme thèse, l’établissement d’un texte latin ou de langue vul¬ 
gaire... » 

Mais il faut prendre garde que, si l’on admet « comme thèse l’édi¬ 
tion d’un texte, d’un poème français du moyen âge, par exemple, c’est 
à condition que le candidat joigne au texte un mémoire où il exposera 
le classement des manuscrits, déterminera le dialecte, expliquera la 
métrique, discutera la date de l'œuvre, etc. ». Pareillement, si le can¬ 
didat a fait un catalogue d’actes, il devra y ajouter une étude de diplo¬ 
matique. 

« Tous travaux qui, à proprement parler, sont philologiques et non 
historiques, mais qui, plus que des œuvres d’histoire proprement dite, 
plus que des récits d’événements, plus que des biographies, et, autant 
que des études sur l’histoire du droit, réclament la connaissance et 
la pratique des règles de la logique, l'habileté dans la composition 
littéraire, l’appropriation du vocabulaire aux idées. Car, il n’y a pas 
d’exercice plus propre à développer tout ensemble la force et la 
finesse de l’intelligence que la recherche des relations entre divers 
manuscrits, leur répartition en groupes et familles, et, ce classement 
une fois établi, rien n’est plus difficile et ne veut plus de souplesse et 
de précision dans la langue que d'en exposer clairement les résul¬ 
tats. On en dirait autant des études de diplomatique. Ainsi ces 
mémoires, qui tout d’abord ne paraissent demander que patience et 
exactitude, sont au contraire de ceux où un étudiant peut le mieux 
témoigner de son aptitude à la composition et de son talent 
d’écrivain... 

c On a prêté aux chartistes le désir d’assimiler l’histoire aux sciences 
physiques, en d’autres termes de considérer l’histoire comme une 
science d’observation et non comme un genre littéraire, ce qui entraî¬ 
nerait, dit-on, la négligence de la forme. 

« Singulière science que celle qui ferait fi de l’ordre dans les pen¬ 
sées et de l’exactitude dans l’expression. Dans les sciences, contraire¬ 
ment à l’opinion commune, la forme importe plus qu’en littérature. 
Mais il faut s’entendre sur la forme. Si bien écrire consiste à char¬ 
ger le discours d’ornements inutiles, et, comme on dit, de fleurs de 
rhétorique, ce n’est pas assurément cette forme-là que des écrivains 
scientifiques doivent donner à leurs ouvrages; mais personne ne 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



708 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

prétendra qu’un bon écrivain est celui qui cherche les effets de style ; 
non, et ceux-là moins que personne qui, conservateurs des bonnes tra¬ 
ditions, admirateurs des classiques, se lamentent sur la décadence de 
la langue française et ont signalé le péril que lui font courir l'igno¬ 
rance de la syntaxe et celle du vocabulaire. Mais, si l’écrivain digne 
de ce nom est celui qui soumet sa pensée aux règles de la logique, lui 
donne le mouvement convenable et choisit le mot propre, on ne peut 
pas dire qu’il y ait opposition entre le fond et la forme, entre l’esprit 
scientifique et l'esprit littéraire. C’est une obligation pour le savant de 
s’exprimer proprement. 11 ne lui est pas permis d’employer des for¬ 
mules ou des mots imprécis. Les mots doivent recouvrir exactement 
les faits ou les idées. Qu’un poète écrive « vert » au lieu de « bleu », 
si la rime l’exige, le mal ne sera pas grand. On permet aux lyriques 
un certain vague et du désordre, même dans la pensée, encore que 
les meilleurs n’usent pas de cette liberté. Mais il serait aussi fâcheux 
pour un prosateur, surtout pour un écrivain scientifique, d’employer 
un mot impropre que pour un musicien d’indiquer un son par la note 
d'un autre son. La méthode scientifique, qui n’est, après tout, que 
l’exactitude minutieuse dans l'observation et le raisonnement, resterait 
vaine et infructueuse si elle n’était complétée par une pareille exac- 
titude dans l’expression. Ainsi, parce que l’Ecole des chartes a une 
discipline scientifique, elle doit conseiller à ses élèves un soin égal du 
fond et de la forme... » 

B 

L’Ecole des chartes ne repousse pas les idées générales ; elle n’a pas 
le mépris de la forme. M. Prou estime même que « s’il y a en France 
un lieu où notre langue, telle que les auteurs classiques l'ont fixée, 
puisse trouver un refuge, s’il est un corps qui soit capable d’en arrêter 
la décomposition et même de la ramener à sa forme naturelle, c’est 
l'Ecole des chartes. 

< En effet, nous étudions les monuments anciens de notre langue qui 
deviennent familiers, je ne dirai pas aux seuls philologues, mais à 
tous ceux qui se donnent à l'histoire des âges postérieurs au xn e siècle. 
La recherche de l’origine des mots permet d’en connaître le sens pré¬ 
cis ou de se rendre compte de leurs changements de valeur; la con¬ 
naissance de la construction des phrases en bas-latin nous explique 
les bizarreries apparentes de la syntaxe française et ces gallicismes 
devant lesquels nos contemporains reculent souvent effarouchés, faute 
de les connaître. Enfin, n’est-ce pas dans les vieux auteurs que ceux 
de l'époque classique, et d’autres plus récents, ont retrempé la langue 
épuisée par l’âge ? 

« Il y a une raison pourquoi les chartistes devraient écrire le fran¬ 
çais mieux que personne. La connaissance du latin ne leur est-elle pas 
indispensable comme elle l’est à tout historien, et non pas seulement 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



709 



OlfIQUE ET MELANGES. 


à ceux qui traitent de l’antiquité ou à ceux qui traitent du moyen 
âge, mais à tout historien? A moins que l’on ne biffe de l’histoire les 
temps antérieurs au xvm* siècle, puisqu’au moyen âge le latin était 
la langue des gens cultivés, que le français n’était employé que dans 
la littérature frivole, que jusqu’à la fin du xvi* siècle tous les penseurs, 
théologiens, philosophes, juristes, historiens, même les pamphlétaires, 
et au xvii* siècle encore les théologiens et les philosophes, d’un mot 
tous ceux qui provoquent et dirigent l’action, ont usé du latin pour 
exprimer leur pensée... » 

C’est surtout si, pour apprendre le latin, on a suivi l’ancienne 
méthode, qui donnait au thème un rôle égal, sinon prépondérant, au 
moins dans les commencements, à celui de la version, que l’étude 
du latin contribuera à la connaissance du français et donnera à la 
langue de la précision, de la souplesse et tout ensemble de la fermeté. 
Car la transposition des idées du français en latin oblige à chercher 
sous les mots la pensée, à analyser les phrases et à déterminer exac¬ 
tement la valeur de chaque vocable. Or, le thème latin a été inscrit 

0 

au nombre des épreuves du concours d’entrée à l'Ecole des chartes. 

S’il y a un « esprit nouveau » à la Sorbonne, et plus généralement 
dans l’enseignement supérieur, et si l’on constate un affaissement de 
la culture littéraire, c’est hors de l’enseignement et, en tout cas, 
ailleurs que dans l’enseignement des Facultés et des écoles de hautes 
études qu’il en faut chercher les causes. 


L’ACADEMIE DES INSCRIPTIONS 
ET LES ARCHIVISTES PALÉOGRAPHES. 

Depuis 1833, les noms des élèves de l’École des chartes, qui ont 
obtenu au début de l’année le diplôme d'archiviste paléographe, sont 
proclamés, immédiatement après le discours du président, dans la 
séance publique annuelle de l’Académie des inscriptions. Les extraits 
suivants des registres des procès-verbaux des séances de l'Académie 
permettront de se rendre compte de l’origine et des causes de cette 
coutume. 


Séance du vendredi 4 janvier 1833. 

M. le ministre de l’Instruction publique rappelle à l'Académie que, 
d’après une disposition de l’Ordonnance royale en date du 11 novembre 
1829 qui reconstitue l'École des chartes, ceux des élèves de cette 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


710 CHRONIQUE ET MELANGES. 

École, qui dans leurs deux années de cours auront lait preuve de 
capacités et de talent, doivent obtenir des brevets d’archivistes paléo¬ 
graphes et avoir droit à une partie des places qui viendraient à vaquer 
dans les bibliothèques autres que celle du Roi. Le ministre annonce 

9 

que cette année cinq élèves de l’Ecole lui ont été désignés comme 
méritant les récompenses que l’Ordonnance leur permet d’espérer. 

Mais, attendu que le fait se présente pour la première fois et qu’au¬ 
cune mesure n’a été prise pour régler le mode d’exécution de l’article 
indiqué ci-dessus, le ministre prie l'Académie de lui communiquer ses 
vues sur cet objet, afin que le plan qui sera arrêté dans cette occa¬ 
sion puisse servir de base à un règlement, que l'on adoptera d’une 
manière définitive et dont l’exécution ne rencontrera à l’avenir aucun 
obstacle. La Compagnie décide que cette lettre sera renvoyée à l’exa¬ 
men d’une Commission composée de ceux de ses membres qui font 
actuellement partie de la Commission de l'Ecole des chartes et qu’un 
rapport sur cette matière sera fait dans le plus court délai possible. 

Séance du vendredi 25 janvier 1833. 

M. le président, au nom d’une Commission nommée par l’Acadé¬ 
mie, d’après une lettre de M. le ministre de l’Instruction publique, 
lit un rapport sur la forme et le mode de distribution des brevets 
d’archivistes paléographes qu’il convient d’accorder aux élèves de 
l'École des chartes qui se sont distingués par leurs progrès et leurs 
talents. La Commission est d’avis que ces brevets soient décernés 
chaque année dans la séance publique de l’Académie royale des ins¬ 
criptions et belles-lettres. L’Académie adopte les conclusions du 
rapport. 

Séance du vendredi 8 février 1833. 

M. le ministre de l’Instruction publique annonce dans une lettre [du 
2 février] que les brevets d’archivistes paléographes qui, d’après l’Or¬ 
donnance du H novembre 1829, doivent être décernés aux plus 
habiles élèves de l’École des chartes, seront rédigés dans la forme 
indiquée par l’Académie et que les noms de ces élèves seront procla¬ 
més dans les séances publiques annuelles de la Compagnie. 

M. Champollion-Figeac adresse à l'Académie les noms des élèves 
pensionnaires que l’École des chartes a nommés pour les années 1833 
et 1834. Ce sont MM. Fallot, Rédet, L. David, Douât d’Arcq, Thomassy 
et Levassor. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 


711 


DATE D’UNE MINIATURE 
D’UN MANUSCRIT DE CHARLES V. 

L’un des manuscrits le plus justement célèbres de la « librairie » de 
Charles V est la Bible « historiale », conservée aujourd’hui au musée 
Meerman-Westreenen, à La Haye, et qui fut donnée au roi par son valet 
de chambre, Jean de Vaudetar 1 2 3 4 . La miniature initiale, où le roi est 
représenté recevant des mains de Jean de Vaudetar ce très beau 
manuscrit, est bien connue depuis qu’un fac-similé en couleur en a 
été publié par Jules Labarte dans Y Inventaire du mobilier de 
Charles V *. Mais l’éditeur a omis de reproduire l’inscription en lettres 
d’or, qui, dans l’original, est placée en regard de la miniature. Voici le 
texte de l’inscription, plusieurs fois imprimé 3 et intéressant à divers 
titres, notamment par les indications chronologiques qu’il fournit : 
« Anno Domini millesimo trecentesimo septuagesimo primo istud opus 
pictum fuit ad preceptum et honorent illustras] principis Karoli, regis 
Francie, etatis sue tricesimo quinto et regni sui octavo ; et Johannes 
de Brugis, pictor regis predicti, fecithanc picturam propria sua manu. » 

Ces lignes paraissent suffisamment claires par elles-mêmes. Encore 
est-il nécessaire de les bien entendre et d’en tirer tout ce qu’elles 
contiennent. En premier lieu, Charles V étant né le 21 janvier 1338 et 
non le 21 janvier 1337, suivant l’opinion longtemps admise 4 * , il faut 
forcer d'une unité le millésime de l'année et lire 1371 v. st. ou 1372 n. st., 
pour qu’il y ait concordance entre ce millésime et l’âge du roi, tel qu’il 
est indiqué. 

De plus, le fait relaté dans l’inscription est postérieur au 21 jan¬ 
vier 1372, date à laquelle le prince est entré dans sa trente-cinquième 
année 8 . Il est aussi, puisqu'on le rapporte à la huitième année du règne, 
antérieur au jour de Pâques (28 mars) 1372, point de départ d’une nou¬ 
velle année, la neuvième 6 . Mais, de cela, nous avons une preuve directe, 

1. L. Delisle, Recherches sur la librairie de Charles V, partie I. Paris, 
H. Champion, 1907, in-8*, p. 74-76 et 148-149. 

2. Paris, Impr. nat., 1879, in-4*. (Collection de Documents inédits.) 

3. Je me contenterai de renvoyer aux deux ouvrages suivants : H. Bouchot, 
Inventaire des dessins exécuter pour Roger de Gaignières, etc. (Paris, Plon, 
1891, in-8*), t. I, p. 44, n* 338; L. Delisle, Recherches sur la librairie de 
Charles V, t. I, p. 148-149. — Gaignières, qui avait fait copier la miniature, 
avait également fait reproduire l'inscription avec beaucoup de soin et en lettres 
d’or, comme dans l'original (Bibl. nat., Cabinet des estampes, Oa 12, fol. 4-6). 

4. Histoire de Charles V, t. I, p. 1 et n. 1. 

5. Charles V est né le 21 janvier, jour de la fête de sainte Agnès. 

6. La huitième année du règne va du 6 avril 1371 au 28 mars 1372, d’une 

fête de Pâques a l’autre. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



712 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

car on sait que la Bible a été offerte à Charles V par Jean de Vaudetar 
le 28 mars, c'est-à-dire le jour même de Pâques 1 . 

La grande miniature, reproduite par Labarte, a donc été achevée 
entre le 21 janvier et le 28 mars 1372. L’intérêt de cette constatation 
est mince, je le concède, mais, en pareille matière, il est assez rare de 
pouvoir apporter des précisions, et c’est pourquoi les observations qui 
précèdent, si minutieuses soient-elles, ne m’ont pas semblé tout à fait 
superflues. 

R. Delachenal. 


NOTE CRYPTOGRAPHIQUE 
DANS UN MANUSCRIT DE JEAN DE TRITENHEIM. 

La Bibliothèque royale de Berlin a fait récemment l'acquisition d’un 
manuscrit nouveau, datant du xiv« ou xv* siècle, des Rerum Saxoni- 
carum libri III de Widuking de Corvey, qui a jadis appartenu au 
célèbre bibliographe Jean de Tritenheim, abbé de Saint-Jacques, près 
Würzburg (1506-1517), et qui vient d’être l’objet d’une savante notice 
de M. O. Hôlder-Egger, publiée dans le Neues Archiv (t. XXXV, 
p. 776). A la description du volume est jointe une planche en photo- 
typie qui reproduit une note autographe de Jean de Tritenheim, tracée 
sur le dernier feuillet, et dont voici la transcription : 

« Anno Domini w. 2d. rb., tercio idus octobris, ego Joannes Trite- 
< mius abbas pro isto codice dedi abbati et monasterio divi ifflurifouaet 
« {tyètr)0rnri8c«c4iYéa opuscula sancti Anselmi. Consenserunt abbas, prior 
« et seniores. » 

Dans cette note, la date et le nom de l'abbaye d'où provenait le 
volume ont été tracés en caractères cryptographiques, dont l'explication, 
retrouvée par M. le D r Emile Jacobs dans la Polygraphia de Jean de 
Tritenheim, a été très ingénieusement exposée par lui dans la même 
revue (t. XXXVI, p. 203-208). 

Dans la date le millésime manque, et 2d qui, d’après la table de la 
valeur numérale des lettres donnée à la fin du livre V de la Polygra¬ 
phia, aurait la valeur de 104, doit être interprété, semble-t-il, 400; rb 
correspond bien à 92 et on a ainsi la date : 1492. Quant au nom de 
l’abbaye d’où provenait le volume, Jean de Tritenheim pour l’écrire 
s’est servi d’une simple combinaison indiquée au livre VI de sa Poly¬ 
graphia et dans laquelle les lettres de l’alphabet latin, suivant leur 

1. L. Delisle, op. cit., t. I, p. 76. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


CHRONIQUE ET MELANGES. 713 

numéro d’ordre, se trouvent désignées par la valeur numérale des 
lettres ou chiffres grecs, ainsi qu’il suit : 

abcdefghi klmnopqrst 
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 

a ^ y 8 e ç Ç v) 0 t la ip ty i3 u iç iÇ iij tô 

On peut facilement lire ainsi le nom dissimulé par ce cryptogramme 
et qui n'est autre que celui de la célèbre abbaye de Saint-Pantaléon de 
Cologne : 

te a ty i$ a ta e (6 iy 0 ctj 0 ty y t{ ta t3 ty 0 a. 

15 1 13 19 1 11 5 14 13 9 18 9 13 3 14 11 14 13 9 1. 

Pan taleonis in C o l o n i a. 


ADDITIONS DE M. L. DELISLE 

A SON EXEMPLAIRE DES 

ÉTUDES SUR LA CLASSE AGRICOLE EN NORMANDIE. 

La riche bibliothèque ainsi que les nombreux papiers et notes his¬ 
toriques et paléographiques de M. Léopold Delisle ont été récemment 
déposés à la Bibliothèque nationale par les soins de son frère M. Xavier 

Delisle, en conformité des intentions maintes fois exprimées de son 

» 

vivant 1 2 * * * par le regretté maître dont l'Ecole des chartes gardera fidè¬ 
lement la mémoire. Parmi ceux des livres qui sont ainsi entrés dans 
nos collections nationales se trouve un exemplaire de ses Études 
sur la condition de la classe agricole et l’état de l’agriculture en 
Normandie au moyen âge 9 , portant de nombreuses notes et addi¬ 
tions marginales de la main de M. L. Delisle. Ces notes, dont 
quelques-unes ont été coupées par le couteau du relieur, sont impri¬ 
mées plus loin ; elles formeront une sorte de complément des Addi¬ 
tions et corrections déjà données par l’auteur aux pages 731-740 de 
ses Études. La plupart remontent à une date ancienne et ont été 
ajoutées peu après la publication du livre; elles sont empruntées 
principalement au registre F de Philippe-Auguste (ms. latin 9778; 


1. Voir notamment Bibliothèque de t École des chartes (1909), t. LXX, p. 244. 

2. Évreox, 1851, in-8*, lvi et 758 p. Ouvrage couronné et publié par la 

Société libre d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l’Eure. — Il en a 

été publié une reproduction par le procédé anastatique à la librairie Honoré 

Champion en 1903. 


Digitized by Google 


il 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


714 CHROIUQUB ET H8LARGES. 

anc. ms. 9852,3) et aux collections de chartes normandes de Léchaudé 
d’Ânisy, aujourd’hui conservées à Caen dans les archives départemen¬ 
tales du Calvados. 

Page 5, note 18 : Roger, abbé du Bec, céda à l’abbaye de S. André 
c très vavassorios >. Collection Léchaudé, S. André , 2. 

P. 6, n. 25 : 1248. Relaxatio hommagii, relevii et servicii equi, que 
ab eisdem (canonicis S. Barbare) petebat (Rog. de Rupetra) ratione 
cujusdam vavassorie in parrochia de Canapevilla site. Coll. Léchaudé , 
S* e Barbe, I, n° 25. — 1311. Procès au sujet d’un « servise de cheval 
masie », entre l’abbesse de Caen et certains hommes d'Oistreham, 
qui étaient en hommage « de certaine vavassourie ». Coll. Léchaudé, 
Trinité, I, n° 130. 

P. 7, en marge de la ligne 7 : Dominus de Waquel... debet tenere 
unum militera vel v. vavassores quando submonetur. Reg. Phil.-Aug., 
ms. 9852,3, fol. 224 v°. Inquis. de foresta Leonum. 

P. 34, n. 10 : Vers 1190. Bordagium quod est juxta suum gardinum 
et duo alia bordagia que sunt juxta ecclesiam de Molins. Carta Gil- 
leb. de Pruilaco; orig. Coll. Léchaudé, S. André, n° 64. — Vers 
1210. Omnes dicti homines debent habere festagium, scilicet festum 
et 8ex chevronos, et pro hiis debet bordellum vi. den. et domus 
xii. den. Inquisitio de foresta Andel. Reg. Phil.-Aug., ms. 9852,3, 
fol. 218 v. 

P. 35, n. 18 : 1262. Masnagium. Carta Hugonis Gaufridi; orig. 
Coll. Léchaudé, Trinité, I, 75. 

P. 36, n. 19: 1250. A Montgommerï domum meam de Monte Oomeri 
cum masura. Carta Rie. Berart ; orig. Coll . Léchaudé, S. André, 
n° 51. 

P. 37, n. 36 : 1277. Unam virgatam et dimidiam in sua crota. Carta 
offlcialis Bajocensis. Coll. Léchaudé, S u Barbe, 1, n° 30. 

P. 37, n. 37 : Vers 1200, dans le Maine. Quandam oscham terre 
continentem decem et octo ortulos. Charte de Rad. Porcus pour 
Savigni. Coll. Léchaudé , Savigni, I, 13. —1235. Au Boshion : Cum 
vin. acris terre sitis apud Boleel inter terras de Aureis vallibus et 
ouchas de Bosco Huon. Carta Johannis de Bosco Huon. Archives 
de VHôtel-Dieu d’Évreux. 

P. 39, n. 42 : Voy. une sentence du bailli d’Alençon (1339) pour 
l’abbaye de 8. André. Coll. Léchaudé, S. André , n° 69. 

P. 51, n. 105 : 1221. Au Vaudreuil : Unam acram et dimidiam ad 
pascua boum, quas St. Medietarius tenebat de nobis ad medietatem. 
Reg. Phil.-Aug., ms. 9852,3, fol. 201 v®. 

P. 57, n. 15 : 1252. A Ouilli : Sex panes siliginis saanatos ad 
Natale. Charta Will. le Guerrier; orig. Coll. Léchaudé, Vignats , 7. 

P. 59, n. 28 : Voy. plusieurs exemples du mot droitura avec ce 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 715 

sens dans un censier du xm* siècle. Chart. Portus-Regii, ms. 130 
[latin 10997], fol. 122. 

P. 61, n. 36 : 1179. A Landisac : Auxilium Sancti Jobannis. Chart. 
Sav. in episc. Baioc., n° xlv. 

P; 63, n. 50 : 1302. A Ouville (Cart. de S.-Pierre-sur-Dive) : Item, 
treis souz pour une reseantisse, etc. Lettre du vicomte d'Auge. Coll. 
Léchaudé, Grès tain, n° 3. 

P. 65, n. 61 : 1252. A Ouilli : Berbiagium de tercio anno in tercium 
annum. Coll. Léchaudé, Vignats, 7. 

P. 68, n. 84 : 1302. A Ouville (Cart. de S.-Pierre-sur-Dive) : In 
redditibus serviciis, hommagiis, trincessimis, releviis. Carta Rob. de 
Trembleio ; orig. Coll. Léchaudé , Grestain. 

P. 80, n. 141 : 1252. A Ouilli : Cum omnibus precariis et herciatu- 
ris. Coll. Léchaudé, Vignats , 7. 

P. 87, n. 189 : Sur le ban de Gaillon, voy. Deville, Comptes de 
Gaillon, p. ix. 

P. 90, en marge de la 1. 11 : 1252. Julienne, abbesse de Caen, 
racheta de t Lucas de Vallibus prandium de festo S. Trinitatis quod 
ipse habebat in dicto festo in abbatia S. Trinitatis. » Carta Juliane 
abbatisse; orig. Coll. Léchaudé, Trinité, I, n° 70. 

P. 95, n. 6 de la p. 94, le texte de la pièce citée a été corrigé sur le 
Reg. Phil.-Aug., ms. 9852,3, fol. 1 v°. L 2 : aliorum virorum religio- 
sorum necnon burgensium et aliorum proborum virorum de com¬ 
mun!. — L. 3 : boni hommes viri et fideles. — L. 5 : pro hiis probis 
fuerint. — L. 7 : et illi xij nominati ab eis jurabunt. — L. 9 : dictam 
talliam, nec parcent alicui, nec aliquem gravabunt odio vel amore, pre- 
cio vel timoré, seu quo umque alio modo et assidebunt dictam talliam. 
— L. 10-11 : tallie. Eligentur etiam... alii iiij or . — L. 12 : et scribentur 
nomina eorum secreto tamen ita. — L. 13 : publicetur... scriptura 
facta. — L. 16 : ab illis ipsis prestito. 

P. 117, n. 41 : Bonnes gens, je vous recommande l’œuvre de ceste 
eglise, qui a peu de rentes, etc. Prône du dioc. d’Avranches, dans 
le Manuale (in-4® goth., impr. vers 1521), fol. ccr°. 

P. 132, en haut de la page : Vers 1240. Divers achats de terres (?). 
Reg. Ph.-Aug., ms. 9852,3, fol. 209 r°. 

P. 161, n. 96 : Vers 1190? Ut habeant (monachi S. Andree) libéré 
communem pasturam ejusdem ville (de Livarroth) animalibus suis. 
Carta Will. Crespin. Coll. Léchaudé, S. André, n° 18. 

P. 167, n° 116 : 1395. A Airan : La commune d'autre but. Coll. 
Léchaudé, S. André, n° 7. — 1431. A Agi : D’un bout sur la com¬ 
mune. Coll. Léchaudé, S ,e Barbe, I. 

P. 176, n. 9 : Cf. l’Instruction de 1408, apud D. Martene, Ampl. 
coll., VII, 416. 

P. 192, n. 77 : Banelée de sablon. Comptes de Gaillon, 19, etc. — 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



716 


CH&ONIQUE ET MELANGES. 

Au bas de la page : Civière. 1416 : Pro quadam chiviere à fisseaulx. 
Comptes d’Orval, 19 r°. 

P. 193, n. 82 : Brouete. Comptes de Gaillon, p. 5, 10. 

P. 229, en marge de la 1.11 : En 1050, les moines du Mont S. Michel 
achètent une faveur de Main, évêque de Rennes, « pretio xx. solidorum 
cenomannensium atque unius equi badii bene ambulatorii ». Carta 
Maint, Redonensis episc.; orig. Coll . Léchaudé, Mont S. Michel, 
n° 14. 

P. 231, en haut de la page : En 1154, Jean, comte d’Eu, reçut 
« unum dextrarium » de Roger de Montbrai, à qui il faisait une con¬ 
cession. Coll. Léchaudé, S. André, 3. 

P. 246, n. 121:1414. Et xxvi. b. (ordei) vadunt impingando porcos... 
Et vin. b. cum dimidio (ordei yvernag.) vadunt impingando porcos. 
Comptes d’Orval, fol. 2 v°. 

P. 274, en haut de la page : [Carta Thomæ Mali] Filiastri; orig. Coll. 
Léchaudé, S* e Barbe, I, n° 18. 

P. 278, n. 38 : Vers 1200. Quinque acras in prato et in rosaria. 
Carta de Olleio; orig. Coll. Léchaudé , Barbey n° U. — 1234. 

Apud Putot : Prata et roserias. Carta S. Ludovici. Reg. Phil.-Aug., 
ms. 9852,3, fol. 208 v°. 

P. 297, n. 1 : Vers 1215. Terra cultilis. Carta Math, de Fauc.; orig. 
Coll. Léchaudé, S 1 * Barbe, I, 20. 

P. 297, n. 2 : Cf. D. Carpentier, v° Ahenagium. 

P. 303-304, n. 28 : L’original est aux archives de la Seine-Infé¬ 
rieure, muni de onze sceaux. Il fournit d’importantes rectifications 
[notées en marge]. 

P. 315, n. 97 : 1414. Recep. lxii. b. vennaturarum. Comptes d’Or- 
val, fol. 3 r®. 

P. 315, n. 102 :1414. Recep. n m vi ec pesas et de vechas... Le favas... 
Le seglas et yvenagas valuit. Comptes d’Orval, fol. 3 r®. 

P. 331, n. 90 : 1409. A Cauvicourt : Le moulin à voide. Coll. 
Léchaudé, S. André , n° 77. 

P. 338, en marge de la 1.17 : 8 janvier 1412, n. st. Arch. Seine-Inf., 
Bondeville. 

P. 339, en marge de la 1.12 : 21 novembre 1450. Arch. Seine-Inf., 
Bondeville. — En marge de la 1. 15 (8° bis) : 1454. Louis de Boneur, 
dict de la Rochette, conseiller maistre d’ostel du roi et maistre enques- 
teur de ses eaues et forests en Normandie et Picardie. Arch. Seine- 
Inf., Bondeville. — Au bas de la page (11°) : 25 mai 1465. Guillaume 
de Casenove, dit Coulomp, escuier, vice-amiral de France, maistre 
enquesteur en Normandie et Picardie. Arch. Seine-Inf., Bondeville. 

P. 340, en marge de la 1. 8 (12° bis) : 1491. Jehan de Coulandes, 
escuier, seigneur d'Épretot, maistre enquesteur. Arch. Seine-Inf., 
Bondeville. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MELANGES. 717 

P. 346, n. 58 : 1225. A la Haie-Malherbe : Et plesseicium circa pla- 
teas illas. Caria Ludovici VIII. Reg. Phil.-Aug., ms. 9852,3, 
fol. 206 r°. 

P. 351, n. 82 :1416. Quadrigando jannium coquendo fabas. Comptes 
d’Orval, fol. 19 r°. 

P. 357, au bas de la page : 1283. Apud Cadomum juxta arborem 
de Vaucheules. Coll. Léchaudé, Troam, 107. 

P. 367, en marge de la 1. 19 : Fagotarii Longip[ontis] ... fagotos 
quos ex.... faciunt. Reg. Phil.-Aug., ms. 9852,3, fol. 22... 

P. 395, en haut de la page : xii® s. In qua (parrochia S. Germani 
Angou) grangiam unam edificaverant monachi de Barbere infra metas 
a Cisterciensis ordinis patribus constitutas, unde sanctimoniales (de 
Vileirs) conqueri cogebantur. Coll. Léchaudé, Villers, 9. 

P. 396, n. 310 : 1200. Apud Choenol, campum de Loncboel ...ta 
Leticie de Bruecort; orig. Coll. Léchaudé, Villers, 6. 

P. 413, n. 388 : 1212, dans la forêt de Compiègne : In ballivia Corn- 
pend, que durât de bosco. Reg. Phil.-Aug., ms. 9852,3, fol. 219. 

P. 435, en marge de la 1. 13 : Les vignes d’Évreux sont citées en 
1237 (Chartul. S. Nich. Ebrolc., n° 17) et en 1250. 

P. 459, note, § 5, après 1409-1410 : Cf. un compte de 1503. Comptes 
de Gaillon, p. 32. 

P. 463, en haut de la page : 9 avril 1415. ... pro... dictorum messo- 
rum. Comptes d’Orval, fol. 10 r°. 

P. 469, n. 332 : 1230. Ipsi tenentur venire ad meum pressorium 
esnam vini dicte vinee pressorare. Chartul. S. Nich. Ebrolc., n°42. 

P. 484, n. 80 : En novembre 1851, M. Guérard m'a montré dans un 
ms. du x* s., contenant des traités de médecine et proposé à la Biblio¬ 
thèque nationale, une recette pour la préparation du moret. Cette bois¬ 
son se composait de quatre parties de jus de mûres (jus morœ silves- 
tris) et d’une partie de miel. 

P. 485, n. 1 : Vers 1190. Gardinum quod fuit Hugonis de Gibori. 
Carta Gilleb. de Pruilaio; orig. Coll. Léchaudé, S. André , 64. — 
1252. Gardignum. Carta Joh. de Pierrette; orig. Coll. Léchaudé, 
S u Barbe, I, 27. 

P. 485, n. 2 : Vers 1200. Cortillagium. Carta Leticie de Bruecort; 
orig. Coll. Léchaudé, Villers, 6. 

P. 486, au bas de la page : 1417. Pro portando bletam, faciendo pra- 
tellum apud Constancias. Comptes d’Orval, fol. 29 v®. 

P. 487, en haut de la page : 1417.apud Esenguer- 

villam faciendo tonnellas orti apud Constancias. Comptes d’Orval, 
fol. 29 v®. 

P. 500, n. 75 : Avant 1204, à Évreux : Usque ad insitam Yveti et 
... usque ad permanerium. Carta Rad. de Esneutrevilla. Chart. 
S. Nich . Ebrolc., n® 35. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




718 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

P. 513, n. 5 :1220, à Crépi : Molendinum de Choisellis. Carte Phil.- 
Aug., Reg. Phil.-Aug., ms. 9852,3, fol. 86r°. 

P. 516, n. 32 : 1218. Non poterunt facere molendinum apud Bono- 
lium, nec ad aquam, nec ad ventum, nec ad equos, nec alio modo. 
Carte Phil. reg., Reg. Phil.-Aug., ms. 9852,3, fol. 167 v*. — 1218. 
Autorisation de construire • apud Meriacum molendinum ad ven¬ 
tum ». Ibid., fol. 203 r°. — 1220. Autorisation de construire à Crépi 
« molendina ad ventum ». Ibid., fol. 86 v°. 

P. 521, n. 54 : 1241. Pro omni m[olta] sicca vel alia; Sym. de Sepi- 
bus. Coll. Léchaudé, S. André, n° 

P. 529, n° 10 : 1240, ad mensuram nostri granarii. Carte Ph. abba- 
tis Darbereii. Coll. Léchaudé, S u Barbe, I, 26. 

P. 541, n. 67 : Sous Henri I er , dans la charte de fondation du 
prieuré d’Orval : Heddebat duos busellos frumenti. Comptes d’Orval, 
fol. 31 v°. 

P. 542, en haut de la page : [Nov.] 1270. v. boissellos frumenti, et 
unam minam ordei et decem reis avene ad mensuram Falesie. Carte 
Rob. de S. Martino; orig. Coll. Léchaudé, S. André , n° 59. 

P. 543, n. 94 : Vers 1190. Dans une charte il est question d’une pen¬ 
sion de 15 setiers de blé. Coll. Léchaudé, Villers, 8. Dans un acte 
peu postérieur on parle de la moitié de cette pension, qu'on estime à 
7 setiers, 1 mine. Ibid., 5 et 7. 

P. 568, n. 269 : 1234. A Putot : In quatuor asqueriis salis, u. s. t. 
Carte S. Ludovici, Reg. Phil.-Aug., ms. 9852,3, fol. 208 v°. 

P. 569, en marge de la 1. 5 : Corde de bois en 1503. Comptes de 
Gaillon, p. 31. 

P. 571, n. 291 : xin* s. Et treces cepis. Chart. Portv^-Regii, 
ms. 130 [latin 10997]. — 1388. Une tresse d'oignons. Lettre du comte 
d’Alençon ; orig. Coll. Léchaudé, Falaise,... 

P. 587, n. 73 : 1415. Item ix. b. quos illi qui debent solverunt ad 
precium regis. Comptes d’Orval,... 

P. 587, n. 74 : 1195. A S^Quentin-en-Vermandois : Nullus panifex 
panem faciet nisi ad obolum. Reg. Phil.-Aug ., ms. 9852,3, fol. 83 r°. 

P. 665, pièce v, ligne 4 : unam acram ; Cosin Esgare unam acram ; 
Osberno Huelin unam acram ; psberno Samedi. — L. 6 : Radulfo de 
Quercu. 

P. 666, 1. 2 : xv. boissellos. — L. 6 : Cartul. de Préaux, n° 203. 

P. 673, pièce ix, 1. 1 : Census de Bretevilla, I. de Versone. 

P. 734 (add. et corr. p. 260) : Le ms. catalogué sous le n° 2251 du 
Catalogue de M. Grille [Angers, 1851] contient un volumineux traité 
sous ce titre : < Liber de proprietatibus apum ». — Il y a un court 
traité sur les abeilles dans le ms. suppl. lat. n. 21 [latin 9328]. 

P. 738 (add. et corr. p. 357, 1. 14) : 1222. Usque ad ulmum de Mar- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



CHRONIQUE ET MÉLANGES. 719 

chesbarnei. Carta Phil.-Aug. pro communia Chambliaci, Reg. 
Phil.-Aug., ms. 9852,3, fol. 87 v°. 

Errata : P. 677, xi, 1. 2, lire : Relicta. — P. 681, xxxi, 1. 2, lire : 
Galt. — P. 685, xlix, 1. 7, lire : fuit. 


LA NOUVELLE SOCIÉTÉ PALÉOGRAPHIQUE 

DE LONDRES. 

La huitième partie de The New Palaeographical Society, qui 
vient de paraître par les soins de Sir E. M. Thompson, de Sir G. F. 
Warner et de M. F. G. Kenyon, comprend les planches 176 à 200 de 
cette importante collection, dont voici le détail : 

176 a et b. Quittance et contrat de mariage, à Alexandrie ; papyrus 
grec du i or siècle av. J.-C. — Berlin, Musées impériaux, papyrus 65 R 
et 66 R. 

177. Protocole d’un livre de comptes grec-arabe ; papyrus de l’an¬ 
née 706-707. — Londres, British Muséum, papyrus 1473. 

178. Octateuque; ms. grec du xi* siècle. — Parham Library, 
Zouche ms. 66. 

179 a. Actes des Apôtres; ms. grec daté de 1044. — Londres, 
British Muséum, Additional ms. 20003. 

179 b. Actes et Êpîtres; ms. grec daté de 1087. — Londres, British 
Muséum, Harley ms. 5537. 

180. Évangiles; ms. grec daté de 1366. — Londres, British Muséum, 
Burney ms. 18. 

181. Chronique, dite de Frédégaire; ms. en onciale latine, anté¬ 
rieur à 678 (?). — Paris, Bibliothèque nationale, ms. latin 10910. 

182. Évangiles; ms. en onciale latine du vm* siècle. — Oxford, 
Bibliothèque Bodléienne, Bodley ms. 857 (Auct. D. 2. 14). 

183 a et b. Martyrologe de S. Jérôme; ms. en minuscule anglo- 
irlandaise du vm a siècle. — Paris, Bibliothèque nationale, ms. la¬ 
tin 10837. 

184. S. Jérôme, Commentaire sur les Épîtres de S. Paul; ms. en 
minuscule anglo-saxonne du vm e -ix* siècle. — Paris, Bibliothèque 
nationale, ms. latin 9525. 

185-186. Sacramentaire de Drogon, évêque de Metz (830-850) ; ms. 
en minuscule Caroline du ix* siècle. — Paris, Bibliothèque nationale, 
ms. latin 9428. 

187. Orose, Histoire universelle, traduction anglo-saxonne; ms. 
du x* siècle. — Helmingham Hall (Suffolk), bibliothèque de 
Lord Tollemache. 

188. Pierre Lombard, Commentaire sur les Psaumes; ms. copié 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



720 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

pour l’archevêque de Brême, Hartwig, en 1166. — Davenham, Malvern, 
bibliothèque de M. C. W. Dyson Perrins. 

189-191. Psautier, en latin, avec peintures; ms. du xii* siècle. — 
Glasgow, Hunterian Muséum, ms. U. 3. 2. 

192. S. Grégoire, Dialogues, traduction française; ms. copié par 
Angier, moine de Sainte-Frideswide d’Oxford, en 1212 [1213]. — Paris, 
Bibliothèque nationale, ms. français 24766. 

193. Boccace, Genealogia deorum gentilium; ms. copié à Venise 
en 1388. — Londres, British Muséum, Egerton ms. 1865. 

194-195. Heures, dites de Sobieski, exécutées pour Marguerite, sœur 
de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, à l’époque de son mariage avec 
Arthur, comte de Richemont (1423). — Windsor, bibliothèque du roi 
d’Angleterre. 

196. Registre de chartes, etc., traduites en anglais, pour les reli¬ 
gieuses de l’abbaye de Godstow, près Oxford (1450-1460). — Oxford, 
Bibliothèque Boldéienne, Rawlinson ms. B. 408. 

197. Chartes anglaises, en latin et en français (1306-1328). — 

Londres, British Muséum, Addit. Charter 23834 et Westminster Abbey 

Muniments 6227, 12375 et Coronation II. 

» 

198. Inspeximus par le roi Edouard III d’un accord en Parlement 
relatif à Richard d’Arundel (1331). — Londres, British Muséum, Har- 
ley Charter 83, C. 13. 

199 a. Charte de l’abbaye de Westminster pour Simon Montacute, 
évêque de Winchester (1334-1335). — b. Registre de plaids de Gla- 
stonbury (1344). — Londres, Westminster Abbey Muniments 21281, et 
British Muséum, Campbell Charter xm, 19. 

200. Chartes anglaises (1347-1357). — Bibliothèque du collège d’Eton, 
et Londres, Westminster Abbey Muniments 7618 et 21276. 


SOCIÉTÉ FRANÇAISE 

DE REPRODUCTIONS DE MANUSCRITS A PEINTURES. 

Une Société pour la reproduction des manuscrits à peintures vient 
de se fonder à Paris ; nous extrayons de la notice en distribution les 
passages suivants qui montreront le but et indiqueront les projets de 
cette nouvelle Société : 

« L’incendie à j amais déplorable qui a ravagé la Biblioteca nazionale 
de Turin dans la nuit du 25 au 26 janvier 1904 a montré une fois de 
plus la nécessité pour tous les gouvernements de préserver d’une des¬ 
truction complète et toujours imminente les merveilles que contiennent 
leurs dépôts. L’émoi a été si vif que partout des cris d’alarme ont été 
lancés, mais, hélas l bien faiblement entendus. L’Académie des ins- 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



721 


CHRONIQUE ET MÉLANGES. 

criptions et belles-lettres, sur la proposition de M. S. Reinach et de 
M. Dieulafoy, a bien émis le vœu qu’un crédit fût voté pour photo¬ 
graphier les manuscrits les plus précieux, la Chambre des députés a 
bien été saisie d’un projet de loi resté caduc; l’indifférence des pou¬ 
voirs publics a laissé refroidir ces nobles intentions et le temps s’est 
écoulé sans qu'aucune des mesures proposées ait été suivie d’effet... 

« Cependant plusieurs conservateurs de bibliothèques, à Paris, 
Londres, Bruxelles, firent paraître un certain nombre de reproduc¬ 
tions de peintures de manuscrits qui offraient un grand intérêt, 
comme instruments de travail, mais que la prudence des éditeurs 
rendait trop rares et qui se présentaient sous des formats trop réduits. 
Ajoutons aussi quelques travaux de luxe, publiés isolément, qui ne 
pouvaient faire concevoir aucune espérance de continuité dans l’avenir. 

« C’est alors qu’émus de cette indifférence, qui menaçait de se pro¬ 
longer jusqu’à ce qu’un nouveau désastre vint réveiller les esprits de 
leur torpeur, nous voulûmes prendre l’initiative d’une société particu¬ 
lière chargée de reproduire les peintures des plus beaux manuscrits 
par des procédés photo-mécaniques appropriés et dans les meilleures 
conditions possibles. 

« Notre but est donc de constituer avec le temps un vaste Cor 
pictuntrum mnnuscriptorum codicum. A moins d’exception 
nous ne pouvons prévoir, nous comptons nous cantonner dans « - 
classe de reproductions; le champ suffira amplement à notre act v 
et nécessitera l’emploi de toutes nos ressources... 

« Pour assurer la conservation et la reproduction si utiles de ces 
magnifiques originaux, il nous faut le concours scientifique et pécu¬ 
niaire de tous les amis de l'art et de tous les érudits qui s’occupent de 
la période médiévale. 

« Grâce à la subvention que la générosité de M. le baron Eugène 
Fould-Springer, notre président, a bien voulu mettre à notre disposi¬ 
tion à titre de premier encouragement, grâce encore à la libéralité de 
M. Jacques Doucet, notre trésorier, le fondateur de l’admirable biblio¬ 
thèque d’art installée à Paris, 19, rue Spontini, qui veut bien nous 
prêter le concours de ses photographes et de ses bibliothécaires, nous 
avons pu constituer la Société dont il s’agit et nous sommes à même, 
sans attendre les cotisations de nos futurs collègues, de commencer 
nos travaux... 

« Si notre Société est française par l’initiative qui l’a fait naître et 
par le Comité qui la dirige, elle entend cependant être mondiale par 
les collaborations sur lesquelles elle compte s’appuyer et par la nature 
des publications qu’elle fera paraître. Aussi se propose-t-elle de 
demander aux conservateurs des différentes grandes bibliothèques de 
lui dresser par ordre d’urgence une liste des plus beaux manuscrits à 
peintures confiés à leur garde et non encore publiés, et c’est dans ce 

1910 4G 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


722 


CHRONIQUE ET MELANGES. 

tableau qu'elle choisira, au fur et à mesure que ses ressources le lui 
permettront, les spécimens à reproduire des différents siècles et des 
différentes écoles. 

« En attendant, sur la proposition de M. Henri Omont, et pour réali¬ 
ser ainsi un rêve souvent caressé et toujours ajourné de M. Léopold 
Delisle, le grand érudit dont le monde savant pleure la perte récente, 
nous nous sommes décidés à choisir, comme premier objet de notre 
activité, la reproduction intégrale de tous les feuillets d’une splendide 
Bible moralisée, que l’on peut mettre au rang des plus admirables 
travaux que les artistes français aient produits au xm® siècle... 

« Cette Bible, qui comprend 638 feuillets, enluminés d’un seul côté, 
est ornée de plus de cinq mille médaillons peints, disposés au nombre 
de huit sur chaque feuille, à raison de quatre par colonne et placés en 
regard du texte correspondant des livres saints et des commentaires 
moraux et exhortatifs qui l’accompagnent et l’éclairent. 

« L'exemplaire que nous avons décidé de reproduire forme trois tomes, 
divisés arbitrairement et aujourd’hui séparés par la vicissitude des 
temps. Le premier se trouve à la bibliothèque Bodléienne d’Oxford ; 
le second, provenant de Saint-Germain-des-Prés, est conservé à 
Paris dans notre Bibliothèque nationale, et le troisième fait partie du 
fonds Harléien au British Muséum. Huit feuillets, seuls subsistants d’un 
second exemplaire et qui permettent de compléter le premier, ont été 
recueillis par M. Pierpont Morgan dans sa riche collection de New-York. 

« Cette reproduction, pour laquelle nous avons obtenu les autorisa¬ 
tions nécessaires, formera quatre volumes des publications de la 
Société : le 1 er renfermera la préface et 140 planches environ; les 2 e 
et 3* comprendront 180 planches chacun ; le 4 e contiendra 140 planches 
et les index. Ce dernier volume donnera en plus une vingtaine de 
planches tirées des miniatures d’autres Bibles allégorisées, historiées 
ou moralisées, dispersées dans différents dépôts d'Europe... 

« Entre temps, si nos ressources le permettent, nous comptons don¬ 
ner la reproduction complète d’un ou deux manuscrits d’un autre 
genre, d'une autre époque ou d’une autre école, moins importants, 
mais toujours de premier ordre. 

« Comité directeur. — Président : M. le baron Eugène Fould- 
Springer. Vice-présidents : MM. Émile Picot et Henri Omont. 
Secrétaire : M. le comte Alexandre de Laborde. Secrétaire adjoint : 
M. Amédée Boinet. Trésorier : M. Jacques Doucet. Trésorier adjoint : 
M. Albert Vuaflart. — Comité de publication : MM. Jules Guiffrey, 
comte Paul Durrieu, Henry Martin. 

« La notice suivie des statuts de la Société sera adressée, franco, à 
toute personne qui fera parvenir sa demande au secrétaire, M. le comte 
Alexandre de Laborde, 81, boulevard de Courcelles, Paris (VIII*). » 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



TABLE DES MATIÈRES 


P*§e« 


La frontière de la France et de l'Empire sur le cours inférieur de 

l’Escaut du ix e au xm* siècle, par Ferdinand Lot. 5 

Note sur un manuscrit de la bibliothèque de Charles V, par 

R. Delachenal.. 33 

Un prétendu voyage de Philippe VI de Valois dans le midi de 

la France en 1349, par Jules Viard.39 

Rouleau mortuaire de Marie, abbesse de la Trinité de Caen 

(+ 1404), par R.-N. Sauvage.50 

Découverte de deux importants manuscrits de la « Librairie » 
des ducs de Bourgogne, par le comte Paul Durrieu .... 58 


Les origines du monastère de Nouaillé, par L. Levillain . . . 241 
L’ancien manuscrit de saint Hilaire, n° 483 de la bibliothèque 

de l'Arsenal, par L. Delisle.299 

Une prétendue dispense du mariage de Henri de Bourbon et de 
Marguerite de France en août 1572, par Eugène Saulnier . . 305 
Lettres de Giovanni Dalmatio au cardinal Farnèse, 1558-1559, 


par Lucien Romier.311 

Matériaux pour l'édition de Guillaume de Jumièges préparée 

par Jules Lair, préface de Léopold Delisle.481 

Le droit d’appel dénommé « appel volage » et « appel frivole », 

par Maurice Jusselin.527 

Une carte française encore inconnue du Nouveau-Monde (1584), 
par Ch. de La Roncière.588 

Bibliographie. 72,333,602 

Livres nouveaux. 152,388,654 

Chronique et mélanges. 201,438,695 


ERRATA. 

P. 202, 1. 3, au lieu de : notre confrère M. Henry d’Arbois de Jubainvillc, 
lire : M. H. Weil. 

P. 203, 1. 9, au lieu de : Del&fosse, lire : Delahaye. 




Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 















TABLE ALPHABÉTIQUE* 


Abbaye. — Voir Jumièges, Lé- 
rins, Saint-Bénigne de Dijon, 
Villers en Brabant. 

Abbeville.Bibliothèque,archives, 
musées, personnel, 203. 

Académie des inscriptions et 
belles-lettres, personnel, 202, 
696; — prix, 203, 443, 698. 

Académie (Lj des inscriptions 
et les archivistes paléographes, 
709. 

Académie française. Prix, 443. 

Acte inédit du roi Louis VII 
(1178), 466. 

Agricoles (Classes) en Norman¬ 
die, 713. — Salaires agricoles 
à Bouilhonnac en 1511-1512, 
358. 

Ailly (Pierre d j, évêque de Cam¬ 
brai (1350-1420). Ses œuvres 
françaises, 97. 

Aimond (Abbé Ch.). La cathé¬ 
drale de Verdun. Etude histo¬ 
rique et archéologique, 363. 

Aix. Sénéchaussée, conflit avec 
le parlement Maupeou, 132. — 
Université, personnel, 696. 

Albe (Edmond), Les Miracles de 
N.-D. de Rocamadourauxii e s., 
611. 

Albon de Saint-André (Jacques 
d’), maréchal de France (1512- 
1562), 113. 

Aléandre (Jérôme), Lettres (1510- 
1540), 115. 

Allemagne. Conseil privé du roi 
de Germanie aux xm e et 
xiv e s., 629. — L’élection des 
rois allemands dans le < Cor¬ 
pus juris canonici », 115. 


9 

Allenou (Jean), élève de l’Ecole 
des chartes, 695. 

Amérique. Carte de 1584, 588. 

Amiens. Les bûchers des stalles 
de la cathédrale, 97. 

*Anchier (Camille), officier de 
l’Instruction publique, 202. 

Andegaviana, 137. 

Angleterre. Droit canon, 119.— 
Etablissement des Frères Mi¬ 
neurs, 650. — Feuillet de la 
Bible, 468. — Le sceau privé, 
le sceau secret, le signet, 651. 

Anglo-Saxon (The) cnronicle, 
373. 

Anjou. Andegaviana, 137. — 
Comté, au xi* s., 72. 

Antoine de Padoue (Saint), thau¬ 
maturge franciscain (1195- 
1231), 372. 


« Appel frivole », 527. 

« Appel volage », 527. 

Aragon (La double couronne des 
rois d’), 620. 

* Arbois de Jubainville (Henri d’), 
discours prononcés à ses ob¬ 
sèques, 204. 

Arc (Jeanne d’), 222. — Maison 
à Orléans, 106. 

Archéologie. Cours à l’Ecole des 
chartes, 697. — Voir Jumièges, 
Nîmes, Paris, Reims, Saint- 
Philibertde G randlieu, Verdun. 

Archives. Commission supé¬ 
rieure, 445, 697. 

Archives privées. Sources de 
l’histoire nationale belge qui 
y sont conservées, 377. 

Archives. — Voir Ardèche, Cal¬ 
vados, Chambre des comptes, 


1. Les noms précédés d'un astérisque sont ceux des archivistes paléographes 
ou anciens élèves pensionnaires de l’École des chartes. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 725 


Charente, Colonies, Côtes-du- 
Nord, Loire-Inférieure, Mar¬ 
seille, Ministère de la marine, 
Monaco, Seine. 

Archivistes paléographes (Les) 
et l’Académie des inscriptions, 
709. 

Ardèche. Archives, personnel, 
698. 

Armancourt (Comte d’), C har très, 
notes héraldiques et généalo¬ 
giques, 345. 

Armoiries de la Bresse louhan- 
naise, 619; —du cardinal An- 
glic Grimoard, 470. 

Armoiries (Les) écartelées des 
conjoints, d’après les sceaux 
français, 366. 

Armorial général de France (édit 
de novembre 1696), généralité 
de Rouen, 617. 

Arsenal (Bibliothèque de 1’). L’an¬ 
cien manuscrit de saint Hilaire, 

299. 

Assistance (L’) et l’État à la veille 
de la Révolution (1764-1790), 
133. 

Assistance publique, personnel, 
442. 

Atlas pittoresque de la France, 
480. 

Aubenas. Jésuites (1601-1762), 
631. 

* Aubert (Félix). — Comptes ren¬ 
dus : l’Efficacia del diritto ca- 
nonico in Inghilterra, 119; 
Essai sur la connaissance et 
la preuve des Coutumes en 
justice, dans l’ancien droit 
français et dans le système 
romano-canonique, 626; His¬ 
toire de la dime ecclésiastique 
principalement en France Jus¬ 
qu’au Décret de Gratien, 117 ; 
le Monitoire, 633; Un conflit 
entre le parlement Maupeou 
et la sénécnau8séed’Aix(l774), 
132 ; Un drame passionnel à la 
fin du xviii* s. Le crime du 
marquis d’Entrecasteaux, pré¬ 
sident à mortier au parlement 
de Provence (1784), 634. 

'Aubert (Marcel), secrétaire-ad¬ 
joint de la Société de l’École 
des chartes, 201; sous-biblio¬ 


thécaire au département des 
Estampes de la Bibliothèque 
nationale, 697 ; autorisé à don¬ 
ner des leçons d’archéologie à 
l’École des chartes, 697. — 
Comptes rendus : l’Abbaye de 
Jumièges (Seine-Inférieure), 
621 ; la Cathédrale de Reims, 
études sur quelques statues du 

G rand portail, 623; le Château 
istorique de Vincennes, t. II, 
625; l’Église Sainte-Marie ou 
N.-D. de Nîmes, basilique ca¬ 
thédrale, description archéo¬ 
logique, 624; Ernoul Boulin, 
Alexandre Huet et les autres 
huchers des stalles de la ca¬ 
thédrale d’Amiens, 97 ; les Ri¬ 
chesses d’art de la ville de 
Paris. Les édifices religieux, 
Moyen âge, Renaissance, 125. 
•Aubry (Pierre), La musique et 
les musiciens d’église en Nor¬ 
mandie au xiii» s., d’après le 
Journal des visites pastorales 
d’Odon Rigaud, 127. Notice 
nécrologique, 701. 

Aude (Itinéraire du prince noir 
à travers le pays de 1’), 358. 
Audouard (Jean), Le Monitoire, 
633; Un conflit entre le parle¬ 
ment Maupeou et la sénéchaus- 
séed’Aix (1774), 132; Un drame 
passionnel à la fin du xviii* s., 
634. 

Autriche. Ordonnances de chan¬ 
cellerie, 377. 

•Auvray (Lucien). — Compte 
rendu : Catalogo dei coaici 
marciani italiam, a cura délia 
direzione délia R. Biblioteca 
nazionale di S. Marco in Ve- 
nezia, vol. I, 649. 

Ayen (Corrèze). Courte chronique 
(1560-1585), 357. 

Babut (E.-Ch.), Priscillien et le 
priscillianisme, 332. 
Baguenault de Puchesse, Lettres 
de Catherine de Médicis. T. X. 
Supplément, 613. 

Bailliages de Champagne. Or- 
ÎTJJdonnance de Philippe le Bel 
(1294), 236. 

Bar (Duché de). Les corporations 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



726 TABLE ALPHABÉTIQUE. 


ouvrières au xiv e et au xv°s., 
346. 

* Barbeau (Louis), bibliothécaire 
à Tunis, 698. 

Basile I er , empereur de Byzance 
(867-886) et la civilisation by¬ 
zantine à la fin du IX e s.,.338. 
Baubet (Victor), élève de l’École 
des chartes, 695. 

Bauchond (M.l. Mémoires de la 

f >rocession ae la ville de Va- 
entienne, écrits en 1653, 108. 
Baudrillart (Mgr Alf.), Diction¬ 
naire d’histoire et de géogra¬ 
phie ecclésiastiques, 370. 
Bayonne. Bibliothèque, person¬ 
nel, 698. 

'Beauquier (Charles), membre de 
la Chambre des députés, 203. 
Beauvais. Recueil mémorables 
d’aulcuns cas advenus depuis 
l’an 1573, 98. 

Belgique. Sources de l’histoire 
nationale conservées à l’étran- 
er dans les archives privées, 
77. 

‘Bémont (Charles), chevalier de 
la Légion d’honneur, 6%. — 
Rôle gascon d’Édouard I er re¬ 
trouve, 219. 

‘Béreux (Jean), bibliothécaire à 
Bourges, 698. 

* Berger (Élie), conservateur du 
musée Condé, à Chantilly, 
697. —Compte rendu : les Fi¬ 
ligranes. Dictionnaire histo¬ 
rique des marques du papier, 
dès leur apparition vers 1282 
jusqu’en 1600, 643. 

*Bernus (Pierre). — Compte ren¬ 
du : Lettres de Louis XI. T. X 
et XI, 341. 

* Berthelé ( Joseph ), Enhemeris 
campanograpnica, 479; Mont¬ 
pellier en 1768 et en 1836,105. 
Bible (Un double feuillet de la) 
retrouvé en Angleterre, 468. 
Bibliographie générale des car- 
tulaires français ou relatifs à 
l’histoire de France, 92. 
Bibliothèque (Instructions élé¬ 
mentaires et techniques pour 
la mise et le .v.aintien en ordre 
des livres d’une), 647. 
Bibliothèque nationale. Bulletin 


mensuel des récentes publica¬ 
tions françaises, 471, 645. — 
Collection De Vinck, 125. — 
Personnel, 441, 697. 

Bibliothèques. Commission su¬ 
périeure, 696. —Voir Arsenal, 
Bayonne, Bourges, Caen, Di¬ 
jon , Limoges, Paris, Pau, 
Sèvres, Tunis, Venise. 

Blancard (Théodore), Les Ma- 
vroyeni. Histoire d’Orient de 
1700 à nos jours, 382. 

* Bloch (Camille), L’Assistance et 
l’Etat en France à la veille de 
la Révolution (1764-1790), 133. 

*Boinet (Amédée), Les Richesses 
d’art de la ville de Paris. Les 
édifices religieux, Moyen âge, 
Renaissance, 125. 

*Bondois (Paul). — Compte ren¬ 
du : la Carrière d’un favori, 
Jacques d’Albon de Saint-An¬ 
dré, maréchal de France (1512- 
1562), 113. 

Bordeaux. Université, personnel, 
202, 442. 

Borgia (Devise des), 620. 

Bouché-Leclercq. — Extrait de 
son discours a la séance pu¬ 
blique annuelle de l’Académie 
des inscriptions, 203. 

Bouilhonnac (Aude). Les salaires 
agricoles en 1511-1512, 358. 

Boulin (Ernoul), 97. 

Bourbonnais (Parler) aux xin» et 
xiv e s., 96. 

Bourg-Saint-Andéol (Le), 354, 
699. 

Bourges. Bibliothèque, person¬ 
nel, 698. 

Bourgogne (Ducs de). La littéra¬ 
ture française à leur cour, 
367. — Manuscrits de leur li¬ 
brairie, 58. — Ordonnances 
sur la justice, 120. 

Bovet (André), élève de l’École 
des chartes, 695. 

Bresse louhannaise. Armoiries 
et familles nobles, 619. 

Briquet (C.-M.), Les Filigranes, 
643. 

*Bruel (Alexandre), membre de la 
Commission de comptabilité 
de la Société de 1’ ,cole des 
chartes, 201. 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



TABLE ALPHABETIQUE. 727 


*Bruel (François), bibliothécaire 
au département des Estampes 
de la Bibliothèque nationale, 
697 ; récompense sur le prix 
Charles Blanc (Acad, franç.), 
443; Bibliothèque nationale. 
Département des Estampes. 
Un siècle d’histoire de France 
par l’estampe, 1770-1871. Col¬ 
lection De Vinck. Inventaire 
analytique, 125. 

* Brunei (Clovis). — Compte ren- 
rendu : Aude sur un diplôme 
de Robert le Pieux pour l’ab¬ 
baye de Saint-Bénigne de Di¬ 
jon, 603. 

*Brutails (Auguste), chargé d’un 
cours de paléographie à l’Uni¬ 
versité de Bordeaux, 442. 

Bruxelles. Légation de France, 
697. 

Bulletin mensuel du département 
des imprimés de la Biblio¬ 
thèque nationale, 471, 645. 

Burnam (John). Commentaire 
anonyme sur Prudence, d'après 
le manuscrit 413 de Valen¬ 
ciennes, 602. 

*Burnand (Robert), attaché à la 
Bibliothèque historique de la 
ville de Paris, 202. — Compte 
rendu : Mémoires du maréchal 
de Turenne. T. II : 1643-1653, 
615. 

Burriach (Château de), 381. 

Byzance (Basile I er , empereur 
de) et la civilisation byzantine 
à la fin du IX e s., 338. 

Caen. Abbesse de La Trinité 
(1404), 49. — Bibliothèque mu¬ 
nicipale, catalogue des ou¬ 
vrages normands, 648. 

Cagnat. — Discours aux obsè¬ 
ques: de M.d’ArboisdeJubain- 
ville, 212; de M. Delisle, 455. 

Cahier (Charles), élève de l’École 
des chartes, 695. 

*Caillet (Louis), bibliothécaire de 
Limoges, 698; lauréat du prix 
Gobert, 203. 

‘Calmette (Joseph). — Compte 
rendu : les Ordonnances aes 
ducs de Bourgogne sur l’orga¬ 
nisation de la justice dans le 
duché, 120. 


Calvados. Archives, personnel, 
442. 

Cambrai. Evêque, voir Pierre 
d’Ailly. 

Cam^anographica ( Ephemeris ), 

Carcassonne. La cité à la fin du 
xv e s., 358. — Saint-Nazaire, 
châsse de saint Gimer, 358. 

Carpentras. Sous-préfet, 697. 

Carreras y Candi (Francesch), 
Lo Castell de Burriach d de 
Sant Vicents, 381. 

Carte française encore inconnue 
du Nouveau-Monde (1584), 588. 

Cartulaires français ou relatifs à 
l’histoire de France, 92. 

Castrips (Comte Henry de), Les 
sources inédites de l'histoire 
du Maroc de 1530 à 1845. 
l r * série : Dynastie saadienne, 
1530-1660, 384. 

Catherine de Médicis. Lettres, 
613. 

Cauchie (A.), Les sources de 
l'histoire nationale conservées 
à l’étranger dans les archives 
privées, 377. 

* Cauwès ( Paul-Louis ), chargé 
d'un coure d’économiepolitique 
à la Faculté de droit de l’Uni¬ 
versité de Paris, 442; doyen 
de la Faculté de droit de Paris, 
202 . 

*Celier (Léonce). — Compte ren¬ 
du : Histoire au comté du Maine 
pendant les x* et xi* s., 608. 

*Cnalandon (Ferdinand).— Comp¬ 
tes rendus : Basile I er , empe¬ 
reur de Byzance (867-886) et la 
civilisation byzantine à la fin du 
IX* 8 ., 338; les Mavroyeni, 382; 
le Voyage de frère Guillaume 
de Rubrouck (1253-1255), 383. 

Chambre des comptes. Archives. 
Registres Saint-Just, 123. 

Chambre des députés, personnel, 
203. 

Champagne. Ordonnance de Phi¬ 
lippe le Bel concernant le res¬ 
sort des bailliages (1294), 236. 

Champeaux (Ernest), Les Ordon¬ 
nances des ducs de Bourgogne 
sur l’organisation de la justice 
dans le duché, 120. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



728 


TABLE ALPHABÉTIQUE. 


Chancellerie allemande (Ordon¬ 
nances de la), 377. 

Chantilly. Musée Condé, person¬ 
nel, 697. 

Chapelles. — Voir Eglises. 

* Charavay (Étienne), Lettres de 

Louis XI, 341. 

Charente. Archives, personnel, 
442. 

Charles V, 78. — Manuscrits de 
sa bibliothèque, 33, 468, 711. 

Charles-Quint, 378. — Chancel¬ 
lerie, 377. — Lettres conser¬ 
vées dans les archives du pa¬ 
lais de Monaco, 612. 

Charles le Téméraire. La litté¬ 
rature française à sa cour, 367. 

Charte (La plus ancienne) sur 
papier, 238. 

Chartres. Notes héraldiques et 
généalogiques, 345. 

Château historiquedeVincennes, 
625. 

*Chatel (Eugène), discours pro¬ 
noncés à ses obsèques, 216. 

Chichmaref (V.)j Guillaume de 
Machaut, poésies lyriques, 94. 

Chronique : anglo-saxonne, 373; 
— écrite à Ayen, 357. 

‘Clédat (Léon), chargé d’un cours 
de paléographie a la Faculté 
des lettres ne l’Université de 
Lyon, 442; doyen de cette Fa¬ 
culté, 696. — Compte rendu : 
le Parler bourbonnais aux xin® 
et xiv c s., 96. 

‘Clouzot (Etienne). — Compte 
rendu : Un atlas inconnu de 
la dernière expédition de Drake 
(1596), 652. 

• ‘ -1 (Raymond), élève de 

i.oole des chartes, 695. 

* • • i(Claude).— Un manuscrit 

. , armes du cardinal Anglic 

1 «rimoard, 470. 

Cocliin (Henry), Dante Alighieri, 
Vita nova, 653. 

Colette (Sainte), 373. 

Colonies. Archives historiques, 
240. 

Comité des sociétés des beaux- 
arts, personnel, 202. 

Comité des travaux historiques, 
personnel, 696. 

Commission de recherches sur 


l’histoire économique dans les 
territoires qui ont fait autre¬ 
fois partie de la France, 697. 

Commission supérieure des ar¬ 
chives, 445, 697. 

Commission supérieure des bi¬ 
bliothèques, 696. 

Conciles carolingiens, 335. 

Corporations ouvrières dans les 
duchés de Lorraine et de Bar 
au xiv® et au xv e s., 346. 

Corpus juris canonici (L’élection 
desroisallemandsdansle),115. 

Côtes-du-Nord. Archives, per¬ 
sonnel, 698. 

*Couderc (Camille), officier de 
l’Instruction publique, 202. 

*Coulon (Auguste). — Compte 
rendu : les Armoiries écarte¬ 
lées des conjoints d'après les 
sceaux français, 366. 

‘Courteault (Henri), 2 e médaille 
au concours des Antiquités 
nationales, 443,699 ; Le Bourg- 
Sain t-Andéol, 354. 

Coutumes ( Connaissance et 
preuve des), 626. 

Créteil (Seine). Premiers monu¬ 
ments de son histoire. I : Ori¬ 
gines. Deux monnaies méro¬ 
vingiennes. Le diplôme de 
l’an 900, 126. 

Cryptographie dans un manuscrit 
ae Jean de Tritenheim, 712. 

‘Curzon (Henri de). — Compte 
rendu : la Musique et les mu¬ 
siciens d’église en Normandie 
au xiip s., d’après le Journal 
des visites pastorales d’Odon 
Rigaud, 127. 

Cybard (Saint), étude critique 
d’hagiographie, 76. 

*Dacier (Emile).— Notice nécro¬ 
logique sur Pierre Aubry, 701. 

Dal-Gal (Nicolas), Saint Antoine 
de Padoue, thaumaturge fran¬ 
ciscain (1195-1231), 372. 

Dalmatio (Giovanni). Lettres au 
cardinal Farnèse (1558-1559), 
311. 

Dambrine (E.), Créteil (Seine), 
remiers monuments de 6on 
istoire. I : Origines. Deux 
monnaies mérovingiennes. Le 
diplôme de l'an 900, 126. 



Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



TABLE ALPHABETIQUE. 729 


Décret de Gratien (Dîme ecclé¬ 
siastique en France jusqu’au), 

m. 

Dante Alighieri, Vita nova, 653. 
Dejean (Etienne), président du 
Conseil de perfectionnement 
de l’Ecole des chartes, 696. 
*Delachenal (Roland), lauréat du 

Î rix Gobert, 203; Histoire de 
Charles V, 78. — Date d’une 
miniature d'un manuscrit de 
Charles V, 711. — Note sur 
un manuscrit de la biblio¬ 
thèque de Charles V, 33. 
•Delahaye (Jules), membre de la 
Chambre des députés, 203,723. 
* Delisle ( Léopolo ), président 
d’honneur de la Société de 
l'Ecole des chartes, 201 ; dé¬ 
cédé, 447. — Instructions pour 
la mise et le maintien en 
ordre des livres d’une biblio¬ 
thèque, 647 ; Instructions pour 
la rédaction d'un catalogue de 
manuscrits et pour la rédac¬ 
tion d’un inventaire des incu¬ 
nables conservés dans les 
bibliothèques publiques de 
France, 647. — Additions à 
son exemplaire des Etudes sur 
la classe agricole en Norman¬ 
die, 713.—L’ancien manuscrit 
de saint Hilaire de la bibliothè¬ 
que de l’Arsenal, 299.— Manus¬ 
crits bénéventains et wisigothi- 
ques, 233. — Un manuscrit de 
Charles V et un double feuillet 
d’images de la Bible, retrouvés 
en Angleterre, 468.—Une lettre 
de Pascal II à Robert Courte- 
Heuse, duc de Normandie, 465. 
*Demante (Auguste-Gabriel), no¬ 
tice nécrologique, 215. 

* ."irez (Eugène), Etude de di- 
jilomatinno anglaise, de l'avè¬ 
nement d'Edouard I er à celui 
de Henri VII. Le sceau privé, 
le sceau secret, le signet, 651. 

* Desages (Charles), archiviste des 
Côtes-du-Nord, 697. 

* Desplanque (Emile), archiviste 
de la Loire-Inférieure, 698. 

' Deville (Etienne), Index du Mer¬ 
cure de France, 478. 

De Vinck (Collection), Biblio¬ 


thèque nationale, Département 
des Estampes, 125. 

Dictionnaire d’histoire et de géo¬ 
graphie ecclésiastiques, 370. 

•Dieudonné (Adolphe), officier de 
l’Instruction publique, 202; 
Mélanges numismatiques, 130. 
— Compte rendu : Une traite 
de Philippe le Bel. Contribu¬ 
tion à l’histoire de la lettre de 
change, 129. 

Dijon. Abbaye de Saint-Bénigne. 
Diplôme de Robert le Pieux, 
603. — Bibliothèque de la 
ville, personnel, 698. — Uni¬ 
versité, personnel, 442. 

Dîme ( La ) ecclésiastique en 
France jusqu’au Décret de 
Gratien, 117. 

Diplomatique. Discours d’ouver¬ 
ture du cours de M. Prou, 706. 

Diplomatique anglaise, 651. 

Diplôme : de l’an 900. Créteil 
(Seine), 126; — de Robert le 
Pieux pour l’abbaye de Saint- 
Bénigne de Dijon, 603. 

Doré (Robert), élève de l’École 
des chartes, 695. 

Doutrepont (Georges), La litté¬ 
rature française à la cour des 
ducs de Bourgogne, 367. 

Drake (Un atlas inconnu de la 
dernière expédition de), 652. 

Droit canon en Angleterre, 119. 
— L’élection des rois alle¬ 
mands dans le « Corpus juris 
canonici »,115. — VoirDime. 

Droit français. Connaissance et 
preuve des Coutumes en jus¬ 
tice, 626. — Droit d’appel : 
appel volage, appel frivole, 527. 
— Le Monitoire, 633. 

*Dubus (Charles), sous-bibliothé¬ 
caire au département de® impri¬ 
més de la Bibliothèque natio¬ 
nale. 697. 

Duchesne (Léon), élève de l’École 
des chartes, 695. 

* Dumas (Auguste), agrégé des 
Facultés de droit (section d’his¬ 
toire du droit), 696; chargé 
d’un cours d’histoire générale 
du droit français à la Faculté de 
droit de l’Université d’Aix, 696. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



730 TABLB ALPHABETIQUE. 


* Dupont (Henri), notice nécrolo¬ 

gique, 706. 

Durand (Ch.), Fouilles de Véso- 
ne : compte rendu de 1908,640. 
Durand (Cnanoine Fr.), L’église 
Sainte-Marie ou N.-D. de 
Nîmes, 624. 

* Durand (Georges), Ërnoul Bou¬ 

lin, Alexandre Huet et les 
autres huchers des stalles de 
la cathédrale d’Amiens, 97. 

* Durrieu (Paul), membre hono¬ 

raire de l’Académie royale des 
beaux-arts de Milan, 441. — 
Deux importants manuscrits 
de la librairie des ducs de 
Bourgogne, 58. — Discours 
aux obsèques de M. d’Arbois 
de Jubainville, 213. — Compte 
rendu : Dante Alighieri, Vita 
nova, 653., 

‘Duvernoy (Émile). — Les cor¬ 
porations ouvrières dans les 
duchés de Lorraine et de Bar 
, au xiv 8 et au xv c s., 346. 
École des chartes. Conseil de 
perfectionnement, 441, 696. — 
Cours libres, 697. — Examens, 
438. —Nominations : d’élèves, 
695; d’archivistes paléogra- 
hes, 281 ; du secrétaire, 202 ; 
’un professeur honoraire, 696. 
— Traitement des professeurs, 
443. — L’École des chartes et 
l’histoire, 706. — Voir Archi¬ 
vistes et Société de l’École des 
, chartes. 

École des lettres et sciences de 
, Rouen, personnel, 698. 

École française de Rome, per- 
, sonnel, 697. 

École régionale des beaux-arts 
, de Rennes, personnel, 202. 
Édouard I or . Etude de diploma¬ 
tique anglaise, 651. — Rôle 

g ascon retrouvé, 219. 
w ises et chapelles de Lyon, 99. 
— Voir Nîmes, Reims, Saint- 
Philbertde Grandlieu, Verdun. 
*Emanuelli (François), notice né¬ 
crologique, 219. 

* Engerand(Louis),bibliothécaire à 
la Bibliothèque nationale, 441. 
Entrecasteaux (Marquis d’), prési¬ 
dent à mortier au parlement de 


Provence(1784). Un drame pas¬ 
sionnel à la fin du xviii* s., 634. 

Ephemeri8 campanographica, 
479. 

Escaut, Frontière de France et 
de l’Émpire, du ix a au xni 8 s., 5. 

Espagne. Charles-Quint, roi, 378. 

‘Espinas (Georges). — Comptes 
rendus : les Corporations ou¬ 
vrières dans les duchés de 
Lorraine et de Bar au xiv* et 
au xv 8 s., 346; Histoire de 
l’ancienne industrie du fer en 
Lorraine, 351 ; Mélanges nu- 
mismatiques, 130; Mémoires 
de la procession de la ville de 
Valentienne (1653), 108. 

Estampe (Un siècle d’histoire de 
France par 1’), 125. 

‘Estienne (Charles), notice né- 
. crologique, 219. 

Évêques, leur mense, 336. 

Faculté (La) de théologie de Pa¬ 
ris et ses docteurs les plus cé¬ 
lèbres. T. VI, 630. 

Farnèse (Cardinal), Lettres à lui 
envoyées par Giovanni Dal- 
matio (1558-1559), 311. 

Fayen ( Arnold ), Lettres de 
Jean XXII (1316-1334), 111. 

Ferdinand I er . Chancellerie, 377. 

Feret (Abbé P.). La Faculté de 
théologie de Paris. Epoque 
moderne. T. VI, 630. 

Filigranes (Les) du papier, 643. 

‘Flicoteaux (Émmanuel). 
Compte rendu : Commentaire 
anonyme sur Prudence, d’après 
le manuscrit 413 de Valen¬ 
ciennes, 602. 

Flipo (Vincent), élève de l’Ecole 
des chartes, 695. 

Fossa (F. de), Le château histo¬ 
rique de Vincennes. T. II, 625. 

‘Fournier (Paul). — Compte ren¬ 
du : Histoire de Charles V, 78. 

Français (Instruction pour la 
publication des anciens textes), 
224. 

France. Armorial général, 617. 
— Atlas historique, 91. — 
Atlas pittoresque, 480. — Car- 
tulaires français ou relatifs à 
l’histoire de France, 92. — 
Dîme ecclésiastique jusqu'au 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 731 


Décret de Gratien, 117. — 
Frontière sur le cours inférieur 
de l’Escaut, 5. — Imprimeurs 
depuis les origines de l’impri¬ 
merie jusqu'à la Révolution, 
93. — Origine des menses au 
ix* s. dans le temporel des 
églises et des monastères, 336. 
— La propriété ecclésiastique 
aux époques romaine et mé¬ 
rovingienne, 336. 

François d’Assise (Saint). Son 
action sociale, 372. 

Frati (Carlo), Catalogo dei codici 
Marciani italiani, vol. I, 649. 
Galante (Andrea), L’efficacia del 
diritto canonico in Inghilterra, 
119; L’epistolario del cardi¬ 
nale Cnristoforo Madruzzo 
resso l’archivio di stato di 
nnsbruck, 379. 

Gallia typographica, 93. 

‘Gandilhon (Alfred), correspon¬ 
dant du Comité des sociétés 
des beaux-arts, 202. 

* Gastineau (Marcel), secrétaire de 

la bibliothèque de la manufac¬ 
ture nationale de Sèvres, 698. 

Gauckler (P.), Rapport sur des 
inscriptionslatinesdécouvertes 
en Tunisie de 1900 à 1905, 641. 

‘Gautier (Pierre), Étude sur un 
diplôme de Robert le Pieux 
ourl’abbaye de Saint-Bénigne 
e Dijon, 603. 

Géographie ecclésiastique. Dic¬ 
tionnaire, 370. 

* Germiny (Maxime de), archiviste- 

trésorier de la Société de 
l’École des chartes, 201. 

Gigord (Édouard de), Les Jésuites 
(l’Aubenas (1601-1762), 631. 

‘Godet (Marcel), conservateur de 
la bibliothèque, archiviste com¬ 
munal et conservateur des mu¬ 
sées d'Abbeville,203.—Compte 
rendu : Saint-Valéry de la Li¬ 
gue à la Révolution (1589- 
1789), 637. 

Gomme (E. E. C.), The Anglo- 
Saxon chronicle, 373. 

Gôrka (Alexandre), élève de 
l’École des chartes, 695. 

Gossart (Ernest), Charles-Quint, 
roi d’Espagne, 378. 


‘Grandjean (Charles), sous-chef 
des secrétaires-rédacteurs du 
Sénat, 442. 

Gratien, Décret, 117. 

‘Graziani (Paul), bibliothécaire à 
Bayonne, 698. 

Grimoard (Un manuscrit aux 
armes du cardinal Anglic), 470. 

‘Guibert (Joseph), conservateur- 
adjoint au département des 
Estampes de la Bibliothèque 
nationale, 697. 

‘Guigue (Georges). — Compte 
rendu : Histoire des églises et 
chapelles de Lyon, 99. 

‘Guilhiermoz (Paul), membre de 
la Commission de la collection 
des « Mémoires et documents > 
de la Société de l’Ecole des 
chartes, 201. 

Guillaume de Machaut. Poésies 
lyriques, 94. 

Guillaume (Frère) de Rubrouck. 
Son voyage (1253-1255), 383. 

Guillemaut (Lucien), Armoiries 
et familles nobles de la Bresse 
louhannaise : armoiries ou¬ 
vrières, armoiries particulières 
et de famillçs, 619. 

‘Guillemot (Étienne), officier 
d’Académie, 202. 

Guipuzcoans (Marins), 381. 

* Halphen (Louis), chargé du cours 
d’histoire du moyen âge à 
l’Université de Bordeaux, 202; 
chargé d’un cours des sciences 
auxiliaires de l’histoire à la Fa¬ 
culté de lettres de l’Université 
de Bordeaux, 442; le comté 
d’Anjou au xi* s., 72. 

Henri IV. Dispense pour son 
mariage avec Marguerite de 
France, 305. 

Henri VII. Diplomatique, 651. 

Héraldique. Chartres, 345. — 
Cours libre à l’École des char¬ 
tes, 697. — Voir Armoiries. 

‘Herbet (Félix), membre du Con¬ 
seil supérieur de l’Assistance 
publique, 442. 

‘Herbomez (Armand d’), notice 
nécrologique, 460. — Comptes 
rendus : Charles-Quint, roi 
d’Espagne, 378; la Cité de 
Liège au moyen âge, 375; les 




Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



732 TABLE ALPHABÉTIQUE. 


Sources de l’histoire nationale 
conservées à l’étranger dans 
les archives privées, 377. 

‘Héron de Villefosse (Antoine). 
— Discours aux obsèques de 
M. Chatel, 218. 

Hilaire (Saint), ancien manu¬ 
scrit, 299. 

Hilaire de Barenton, L’action so¬ 
ciale de François d’Assise, 372. 

‘Hirschauer (Charles), membre 
de l’Ecole française de Rome, 
697. 

Histoire (L’Ecole des chartes et 
1’), 706. 

Huchers (Les) des stalles de la 
cathédrale d’Amiens, 97. 

Huet (Alexandre), 97. 

Hugelmann (Karl Gottfried), Die 
deutsche Koenigswahl im Cor¬ 
pus juris canonici, 115. 

Huguet (Adrien), Saint-Valéry 
de la Ligue à la Révolution 
(1589-1789), 637. 

Huon Le Roi de Cambrai, Vie 
de saint Quentin, 93. 

‘Imbert (Léo), archiviste de la 
Charente, 442. 

Imprimeurs de France depuis les 
origines de l’imprimerie jus¬ 
qu’à la Révolution, 93. 

Incunables (Instructions pour la 
rédaction d’un inventaire des) 
conservés dans les bibliothè- 

3 ues publiques de France, 647. 
e française. Gouverneur, 442. 
Indulgence de la Portioncule et 
la critique moderne, 112. 
Inscriptions latines découvertes 
en Tunisie de 1900 à 1905,641. 
‘Isnard (Albert). — Compte ren¬ 
du : Inventaire analytique des 
ordonnances enregistrées au 
Parlement de Paris jusqu’à la 
mort de Louis XII, 123. 

‘Jacob (Louis), officier d’Acadé- 
mie, 202. 

‘Jacqueton (Gilbert). — Compte 
rendu : les Sources inédites 
de l’histoire du Maroc de 1530 
à 1845. l r « série : Dynastie 
saadienne (1530-1660), 384. 
‘Jarry (Eugène), Une relique na¬ 
tionale. La maison de Jeanne 
d’Arc à Orléans, 106. 


Jean XXII. Lettres, 111. 

Jean Sans-Peur. La littérature 
française à sa cour, 367. 

Jean de Tritenheim (Note cryp¬ 
tographique dans un manu¬ 
scrit de), 712. 

« Journal des savants ». Table, 
478. 

Jumièges (Abbaye), étude archéo¬ 
logique, 621. 

‘Jusselin (Maurice). — Acte iné¬ 
dit du roi Louis VII (1178), 
466. — Le droit d’appel dé¬ 
nommé appel volage et appel 
frivole, 527. — Ordonnance de 
Philippe le Bel concernant 
le ressort des bailliages de 
Champagne (1294), 236. 

Justice (La) dans le duché de 
Bourgogne, 120. 

Kurth (Godefroy), La cité de 
Liège au moyen âge, 375. 

‘Labande (Léon-Honoré), corres¬ 
pondant de l’Académie des 
inscriptions et belles-lettres, 
696 ; Recueil de lettres de l’em¬ 
pereur Charles-Quint conser¬ 
vées dans les archives du pa¬ 
lais de Monaco, 612. — Comp¬ 
tes rendus : Audegaviana, 137; 
l’Assistance et l’Etat en France 
à la veille de la Révolution 
(1764-1790), 133; Recueil mé¬ 
morable d'aulcuns cas adve¬ 
nus depuis l'an 1573 tant à 
Beauvais qu’ailleurs, 98; Let¬ 
tres inédites de J.-S. Rovère, 
membre du conseil des An¬ 
ciens, à son frère Siméon- 
Stylite, ex-évéque constitu¬ 
tionnel du département de 
Vaucluse. 636; Ville de Mar¬ 
seille. Inventaire sommaire 
des archives communales an¬ 
térieures à 1790, 103. 

‘Labrosse (Henri), sous-bibliothé¬ 
caire au département des Ma¬ 
nuscrits de la Bibliothèque na¬ 
tionale, 697 ; officier d’Àcadé- 
mie, 202. 

‘La Martinière (Jules Machet de), 
archiviste du Morbihan, 202; 
Saint Cybard, étude critique 
d’hagiographie, 76. 

Lângfors (Artur), La vie de saint 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


TABLE ALPHABÉTIQUE. 733 


Quentin par Huon Le Roi de 
Cambrai, 93. 

Langlois (Ernest), chargé d’un 
cours de paléographie à la 
Faculté des lettres de l’Uni¬ 
versité de Lille, 442. — Comp¬ 
tes rendus : Guillaume de 
Machaut, poésies lyriques, 94 ; 
la Vie de saint Quentin, 93. 

Langues. Catalan, xi e -xn e s., 
380. — Français. Instruction 
pour la publication des anciens 
textes, 224. — Parler bourbon¬ 
nais aux xiii° et xiv e s., 96. 

Lardé (Georges). — Comptes 
rendus : Note sur les divers 
registres Saint-Just conservés 
aux anciennes archives de la 
Chambre des comptes, 123; 
Rapport sur des inscriptions 
latines découvertes en Tunisie 
de 1900 à 1905, 641. 

La Roncière (Charles de), con¬ 
servateur du département des 
Imprimés de la Bibliothèque 
nationale, 697 ; membre de la 
Commission des archives au 
ministère de la Marine, 202 ; 
Un atlas inconnu de la der¬ 
nière expédition de Drake 
(1596), 652. — Une carte fran¬ 
çaise encore inconnue du Nou¬ 
veau-Monde (1584), 588. 

Lasteyrie (Robert de), professeur 
honoraire à l’École des char¬ 
tes, 696; membre du Copseil 
de perfectionnementde l’École 
des chartes, 696; L’église de 
Saint - Philibert - de - G randlieu 
(Loire-Inférieure), 359. — Dis¬ 
cours aux obsèques de M. De- 
lisle, 451. 

Latouche (Robert), archiviste du 
Tarn-et-Garonne, 442 ; His¬ 
toire du comté du Maine pen¬ 
dant les x e et xi e s., 608. — 
Compte rendu : le Comté d'An¬ 
jou au xi* s., 72. 

Lauer (Philippe), officier de l'Ins¬ 
truction publique, 202. — Con¬ 
seils pratiques relatifs à la 
photographie des manuscrits, 

Laurent (Jacques), conservateur- 


adjoint de la bibliothèque de 
la ville de Dijon, 698. 

Laval (Victorin), Lettres iné¬ 
dites de J.-S. Rovère, membre 
du Conseil des Anciens, à son 
frère Siméon-Stylite, ex-évê¬ 
que constitutionnel du dépar¬ 
tement de Vaucluse, 636. 

Lavalley (G.), Catalogue des 
ouvrages normands ae la bi¬ 
bliothèque de Caen. I : la Nor¬ 
mandie considérée dans son 
ensemble, 648. 

*Lavergne (Géraud), Le parler 
bourbonnais aux xin*etxiv 0 s., 
96. 

Leblanc (André), élève de l’École 
des chartes, 695. 

Leblond (Victor), Recueil mémo¬ 
rable n'aulcuns cas advenus 
depuis l'an 1573 tant à Beau¬ 
vais qu’ailleurs, 98. 

Le Boucq (Simon), Mémoires de 
la procession de Valentienne 
(1653), 108. 

*Le Brethon (Paul), bibliothécaire 
honoraire à la Bibliothèque 
nationale, 442 ; officier de l’Ins¬ 
truction publique, 202. 

*Le Cacheux (Paul), officier de 
l'Instruction publique, 202. 

*Lecestre (Léon), conférencier à 
l’Institut catholique, 203. 

*Ledos (Eugène-Gabriel), mem¬ 
bre adjoint de la Commission 
de publication de la Société 
de rEcole des chartes, 201. — 
Comptes rendus : Épheme- 
ri8 campanographica, 479; 
Louis XVI, étude historique, 
343; Montpellier en 1768 et en 
1836, 105; Table du « Journal 
des savants », 478. 

* Lefèvre-Pontalis (Eugène), mem¬ 

bre de la Commission de 
comptabilité de la Société de 
l’Ecole des chartes, 201. 

*Lefranc (Abel), chevalier de la 
Légion d’honneur, 441. 

* Legrand (Théodoric). — Comp¬ 

tes rendus : Lo Castell de 
Burriach 6 de Sant Vicents, 
381 ; Documents en langue 
catalane (haute' vallée du 
Sègre, xi®-xn° s.), 380; Nave- 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



734 TABLE ALPHABETIQUE. 


gantes Guipuzcoanos, 381. 

Leland (John), The itinerary in 
or about the years 1535-1543, 
374. 

‘Lelong (Eugène), vice-président 
de la Société de l’Ecole des 
chartes, 201. 

‘Lemaître (Henri), bibliothécaire 
à la Bibliothèque nationale, 
441. — Comptes rendus : 
l’Abbaye de Villers-en-Bra- 
bant aux xn® et xm® s., 110; 
l’Action sociale de François 
d’Assise, 372; Collection De 
Vinck, 125; Gallia typogra¬ 
phies, 93; l’Indulgence de la 
Portioncule et la critique mo¬ 
derne, 112; les Œuvres fran¬ 
çaises du cardinal Pierre 
d’Ailly, évéque de Cambrai 
(1350-1420), 97 ; Saint Antoine 
de Padoue, thaumaturge fran¬ 
ciscain (1195-1231), 372. 

Lepreux (Georges), Gallia typo¬ 
graphies, 93. 

Lérins (Abbaye de), Histoire et 
monuments, 356. 

Le Hoi de Cambrai (Huon), Vie 
de saint Queutin, 93. 

‘Leroux (Alfred). — Comptes 
rendus : Courte chronique 
écrite à Ayen (Corrèze), 1560- 
1585, 357; Die deutsche Kœ- 
nigswahl im Corpus juris ca- 
nonici, 115; Konrad und 
Reichsherrschaft im 13 u. 
14 Jahrh., 629. 

Lesne (Abbé E.), L’origine des 
menses dans le temporel des 
églises et des monastères de 
France au tx® s., 336. 

‘Lesort (André), correspondant 
du Comité des sociétés des 
beaux-arts, 202; chargé du 
cours de l’histoire de l’archi¬ 
tecture à l’École régionale des 
beaux-arts de Rennes, 202. 
— Comptes rendus : la Ca¬ 
thédrale de Verdun. Étude 
historique et archéologique, 
363; Dictionnaire d’histoire et 
de géographie ecclésiastiques. 
l® r fasc., ôlO; Priscillien et le 
priscillianisme, 332. 

‘Le Sourd (Auguste). — Compte 


rendu : les Jésuites d’Aubenas 
(1601-1762), 631. 

Lettre de change (Histoire de 
la), 129. 

Lettres de Jérôme Aléandre 
(1510-1540), 115; de Catherine 
de Médicis, 613; de Charles- 
Quint, 612 ; de Giovanni Dal- 
matio au cardinal Farnèse 
(1558-1559), 311 ; de Jean XXII 
(1316-1334), 111; de Louis XI, 
j 41; du cardinal Madruzzo, 
379; de Pascal II à Robert 
Courte-Heuse, duc de Nor¬ 
mandie, 465; de J.-S. Rovère, 
membre du Conseil des An¬ 
ciens, à son frère Siméon- 
Stylite, 636. 

Levasseur (Émile). — Discours 
aux obsèques de M. d'Arbois 
de Jubainville, 208. 

‘Levillain (L.), Origines du mo¬ 
nastère de Nouaulé, 241. 

Liège au moyen âge, 375. 

Lille. Université, personnel, 442. 

Limoges. Bibliothèque, person¬ 
nel, 698. 

Littérature (La) française à la 
cour des ducs de Bourgogne, 
367. — Commission d’histoire 
littéraire de la France, 5%. 

Little (A. G.). Tractatus Fr. Tho- 
mae, vulgo dicti de Eccleston, 
de adventu Fratrum Minorum 
in Angliam, 650. 

Livres nouveaux, 152, 388, 654. 

Loire-Inférieure. Archives, per¬ 
sonnel, 698. 

‘Loirette (G.), bibliothécaire à 
Pau, 698. 

Londres. Nouvelle Société paléo¬ 
graphique, 719. 

Longnon (Auguste), Atlas histo¬ 
rique de la France depuis 
César jusqu’à nos jours, 91. 

Lorraine. L/ancienne industrie 
du fer, 351. — Les corpora¬ 
tions ouvrières au xiv® et au 
xv® s., 346. 

‘Lot (Ferdinand), membre de la 
Commission de la collection 
des « Mémoires et documents » 

ê 

de la Société de l’Ecole des 
chartes, 201 ; maître de con¬ 
férences d'histoire du moyen 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


TABLE ALPHABÉTIQUE. 



âge à la Faculté des lettres de 
l’Université de Paris, 442. — 
La frontière de la France et 
de l’Empire sur le cours infé¬ 
rieur de l’Escaut du ix* au 
xiii* s., 5. — Comptes ren¬ 
dus : The Anglo-Saxon chro- 
nicle, 373; Èischofsgut und 
Mensa episcopalis, 336; Monu- 
menta Germaniae historiés, 
concilia aevi karolini, 335; 
l’Origine des menses dans le 
temporel des églises et des mo¬ 
nastères en France au ix® 8., 
336; la Propriété ecclésiastique 
en France aux époques romai¬ 
ne et mérovingienne, 336; 
Saint Cybard, étude critique 
d’hagiographie, 76. 

Loubatier( Raymond-Noël), élève 
de l’Ecole aes chartes, 695. 
Louis VII. Acte inédit(1178), 466. 

Louis XI. Lettres, 341. 

Louis XVI, 343. 


Luppé (Charles de), élève de 
TÊcole des chartes, 695. 

Lyon. Eglises et chapelles, 99. 

Lyon (Université de), personnel, 
442, 696. 

Mabilly (Philippe), Ville de Mar¬ 
seille. Inventaire sommaire 
des archives communales an¬ 
térieures à 1790, 103. 

Machaut (Guillaume de), Poésies 
lyriques, 94. 

Madruzzo (Christoforo), Sa cor¬ 
respondance, 379. 

Maere (R.), Notice archéologique 
sur l’abbaye de Villers-en- 
Brab&ntaux xn« etxni e s., 110. 

Maine (Comté du), histoire pen¬ 
dant les x« et xi* s., 608. 

Maisonobe (Abel), sous-préfet 
de Carpentras, 697. 

Maître (Léon). — Comptes ren¬ 
dus : les Écoles et l’enseigne¬ 
ment de la théologie pendant 
la première moitié du xii* s., 
609; l’Église de Saint-Phili- 
bert-de-Grandlieu (Loire-In¬ 
férieure), 359. 

Mandrot (Bernard de), Lettres 
de Louis XI, 341. 

Manneville (Henri de), premier 


secrétaire à la légation de 
France à Bruxelles, 697. 

Manuscrit : aux armes du car¬ 
dinal Anglic Grimoard, 470; 
de Charles V, 33, 468, 711; 
de saint Hilaire, 299; de Saint- 
Martin de Tours, 469; de Jean 
de Tritenheim, 712; n° 413 de 
Valenciennes, 602. 

Manuscrits. Conseils pratiques 
relatifs à la photographie, 477. 
— Instructions pour la rédac¬ 
tion d’un catalogue, 647. — 
Manuscrits à peintures. Socié¬ 
té française ae reproduction, 
720. — Manuscrits bénéven- 
tains et wisigothioues, 233. — 
Manuscrits ae la librairie des 
ducs de Bourgogne, 58. 

Maréchal de France. Jacques 
d’Albon de Saint-André (lbl2- 
1662), 113. 

Marguerite de France, dispense 
pour son mariage avec Henri 
de Bourbon, 305. 

‘Marichal (Paul), membre de la 
Commission de recherches sur 
l’histoire économique dans les 
territoires nui ont fait autre¬ 
fois partie ae la France, 697. 
— Mémoires du maréchal de 
Turenne, 615. 

Marie, abbesse de la Trinité de 
Caen (1404), 49. 

Marine (Établissement des Inva¬ 
lides de la). Administrateur, 
442. — Voir Ministère de la 
Marine. 

Maroc. Histoire (1530-1845), 384. 

Marseille. Inventaire sommaire 
des archives communales an¬ 
térieures à 1790, 103. 

‘Martin (André), sous-bibliothé- 
caire au département des im¬ 
primés de la Bibliothèque na¬ 
tionale, 697. 

‘Martin (Germain), chargé d’un 
cours de législation financière 
à la Faculté de droit de l’Uni¬ 
versité de Dijon, 442. 

Martin (J.-B.), Histoire des égli¬ 
ses et chapelles de Lyon, 99. 

‘Martin-Chabot (Fernand), offi¬ 
cier d’Académie, 202. 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



TABLE ALPHABETIQUE. 


736 

‘Martin du Gard (Roger), L’ab¬ 
baye de Jumièges, 621. 

•Martineau (Alfred), gouverneur 
intérimaire de l’Inde française, 

442. 

* Mathieu (Georges), Courte chro¬ 
nique écrite a Aven (Corrèze), 
1560-1585, 357. 

Matrod (Henri), Le voyage de 
frère Guillaume de Rubrouck 
(1253-1255), 383. 

Mavroyeni ( Les),histoire d’Orient 
de 1700 à nos jours, 382. 

Maximilien I er . Chancellerie, 
377. 

Médicis (Catherine de). — Voir 
Catherine. 

Mensa episcopalis, 336. 

Menses, leur origine dans le 
temporel des églises et des 
monastères en France au ix*s., 
336. 

« Mercure de France » (1672- 
1832). Index, 478. 

‘Meyer (Paul), vice-président de 
la Commission supérieure des 
bibliothèques, 696; président 
de la section d’histoire et de 
philologie du Comité des tra¬ 
vaux historiques, 696. — Ins¬ 
truction pour la publication 
des anciens textes français, 
224. 

•Michel (Robert), membre (hors 
cadre) de l’Ecole française de 
Rome, 697 ; 2 e prix Gobert, 

443. 

*Micheli (Léopold), notice nécro¬ 
logique, 462. 

Milan. Académie royale des 
beaux-arts, personnel, 441. 

Miniature (Date d’une) d’un ma¬ 
nuscrit de Charles V, 711. 

Ministère de la Marine. Archives, 
personnel, 202. 

Ministère du Travail, personnel, 
697. 

Miret y Sans (Joaquin), Docu¬ 
ments en langue catalane 
(haute vallée du Sègre, xi*- 
xii« s.), 380. 

*Mirot (Léon), secrétaire de la 
Société de l’Ecole des chartes, 
201 ; officier de l’Instruction 
publique, 202.— Comptes ren¬ 


dus : l’Abbaye de Lérins, 356 ; 
Atlas historique de la France 
depuis César jusqu’à nos jours, 
91 ; Bibliographie générale des 
cartulaires français ou relatifs 
à l’histoire de France, 92; la 
Châsse de saint Gimer, 358; 
la Cité de Carcassonne à la 
fin du xv* s., 358; Nouvelles 
recherches sur l’itinéraire du 
Prince Noir à travers les pays 
de l’Aude (29 octobre-16 no¬ 
vembre 1355), 358; le6 Salaires 
agricoles à Bouilhonnac (Aude) 
en 1511-1512, 358. 

Mombritius (Boninus), Sanctua- 
rium, seu vitae sanctorum, 371. 

Monaco(LettresdeCharles-Quint 
conservées dans les archives 
du palais de), 612. 

Monastère de Nouaillé, 241. 

Monastères. Menses, 336. 

Monitoire (Le), 633. 

Monnaies tDeuxi mérovingien¬ 
nes. Créteil (Seine), 126. 

Montpellier en 1768 et eu 183f> 
105. 

Monumenta Germaniae histo¬ 
rien, 335. 

•Moranvillé (Henri), membre de 
la Commission de comptabili¬ 
té de la Société de l'École des 
chartes, 201. — Compte ren¬ 
du : Sainte Colette (1381-1447), 
373. 

Morbihan, archives, personnel, 

202 . 

Moreau (E. de), L’abbaye de Vil- 
lers-en-Brabant aux XII e et 
XIII e s., 110. 

*Morel-Fatio (Alfred), membre de 
la Commission de la collec¬ 
tion des « Mémoires et docu¬ 
ments » de la Société de 
l’École des chartes, 201 ; mem¬ 
bre de l’Académie des inscrip¬ 
tions, 441. 

*Moris (Henry), L’abbaye de Lé¬ 
rins : histoire et monuments, 
356. 

•Mortet (Charles), chevalier de la 
Légion d’honneur, 696. — 
Compte rendu : Bibliothèque 
nationale. Bulletin mensuel 
des récentes publications fran- 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



I 


TABLE ALPHABETIQUE. 


737 


çaises. Nouvelle série, 1909, 
645. 

*Mortet (Victor), bibliothécaire 
de l re classe a la bibliothèque 
de l’Université de Paris, 442. 

Mullot (Henry), Nouvelles re¬ 
cherches sur l’itinéraire du 
Prince Noir à travers les pays 
de l’Aude (29 octobre-16 no¬ 
vembre 1355), 358. 

Musées nationaux. Organisation, 
444. — Voir Abbeville, Chan¬ 
tilly. 

Musiaue et musiciens d’église 
en Norjnandie au xin® s., 127. 

Neuilly. École Sainte-Croix, per¬ 
sonnel, 443. 

* Neuville (Didier), administrateur 
de l’établissement des Inva¬ 
lides d e la Marine, 442. 

Nîmes. Église Sainte-Marie, des¬ 
cription archéologique, 624. 

Normandie. Classes agricoles, 
713. — Musique et musiciens 
d’église au xni® s., 127. 

Nouaillé (Monastère de), Ori¬ 
gines, 241. 

Nouveau-Monde (Une carte fran¬ 
çaise du) (1584), 588. 

Numismatiques (Mélanges), 130. 
— Voir Monnaies. 

Odon Rigaud (1248-1369), arche¬ 
vêque de Rouen. Journal des 
visites pastorales, 127. 

‘Oraont (Henri), membre ordi¬ 
naire de la Commission de 
publication de la Société de 
l'École des chartes, 201 ; vice- 
president de la section d’his¬ 
toire et de philologie du Co¬ 
mité des travaux historiques, 
696. — La plus ancienne 
charte sur papier, 238. — Note 
cryptograpnique de Jean de 
Tritenheim, 712. — La nou¬ 
velle Société paléographique 
de Londres, 720. — Comptes 
rendus : Instructions pour la 
mise en ordre des livres d’une 
bibliothèque, 647 ; Instructions 

{ tour la rédaction d'un cata- 
ogue de manuscrits et pour 
la rédaction d’un inventaire 
des incunables des bibliothè¬ 
ques publiques de F rance, 647 ; 

1910 


Itinerary of J. Laland, 374; 
Lettres familières de Jérôme 
Aléandre (1510-1540), 115; 
Sanctuarium, seu vitae sanc- 
torum, 371. 

Ordonnances : enregistrées au 
Parlement de Paris jusqu’à la 
mort de Louis XII, 123; de 
Philippe le Bel concernant le 
ressort des bailliages de Cham¬ 
pagne (1294), 236; des ducs 
ae Bourgogne sur la justice 
dans le duché, 120. 

Orléans. La maison de Jeanne 
d’Arc, 106. 

Paléographie. Cours à Bordeaux, 
442; à Rouen, 698. — New 
palaeographical Society, 719. 

Papier (La plus ancienne charte 
sur), 238. — Voir Filigranes. 

Paquier (J.), Lettres familières 
de Jérôme Aléandre (1510- 
1540), 115. 

Paris. Bibliothèque historique, 
personnel, 202, 698. — Edi¬ 
fices religieux, Moyen âge. 
Renaissance, 125. — Faculté 
de théologie et ses docteurs 
les plus célèbres, t. VI, 630. 
— Institut catholique, person¬ 
nel, 203. — Parlement. Or¬ 
donnances enregistrées jusqu’à 
la mort de Louis XII, 123. — 
Rues, changements de noms, 
238. — Université, personnel, 

202, 442, 443. — Voir Biblio¬ 
thèque nationale. 

Parlement Maupeou. Conflit avec 
la sénéchaussée d'Aix, 132. 

Parlement de Paris. Ordonnan¬ 
ces enregistrées jusqu’à lamort 
de Louis XII, 123. 

Parlement de Provence. Voir 
Entrecasteaux. 

Pascal II. Lettre à Robert 
Courte-Heuse, duc de Nor¬ 
mandie, 465. 

*Passy (Louis), membre de la 
Chambre des députés, 203. 

Pau. Bibliothèque, personnel, 

203, 698. 

Paul (Pierre), élève de l’École des 
chartes, 695. 

‘Pelletan (Camille), membre de 
la Chambre des députés, 203. 

47 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



Digitized by 



TABLB ALPHABETIQUE. 


‘Périnelle (Georges), professeur 
à l ’école Sainte - Croix-de- 
Neuilly, 443. 

Perrot (Ernest), Note sur les 
divers registres Saint-Just 
conservés aux anciennes ar¬ 
chives de la Chambre des 
comptes, 123. 

* Petit-Du taillis (Charjes). — 
Comptes rendus : Etude de 
diplomatique anglaise, de l’avè¬ 
nement d’Edouard I« r à celui 
de Henri VII. Le sceau privé, 
le sceau secret, le signet, 651 ; 
Tractatus Fr. Thomae, vulgo 
dicti de Eccleston, de adventu 
Fratrum Minorum in Angliam, 
650. 


Philippe le Bel. Ordonnance 
concernant le ressort des bail¬ 
liages de Champagne (1294), 
236. — Traite, 129. 

Philippe VI de Valois, 39. 

Philippe le Hardi, duc de Bour¬ 
gogne. La littérature française 
a sa cour, 367. 

Philippe le Bon. La littérature 
française à sa cour, 367. 

Photographie des manuscrits. 
Conseils pratiques, 477. 

‘Pidoux (André), Sainte Colette 
(1381-1447), 373. 

Pierre d’Ailly, évêque de Cam¬ 
brai (1350-1420), ses œuvres 
françaises, 97. 

Pissard (Hippolyte), Essai sur la 
connaissance et la preuve des 
coutumes en justice dans l’an¬ 
cien droit français et dans le 
système romano-canonique, 


Pocquet du Haut-Jussé (Barthé¬ 
lemy-Marie-Joseph), élève de 
l’École des chartes, 695. 

* Portai (Charles), officier de l’Ins¬ 

truction publique, 202. 
Portioncule (Indulgence de la) 
et la critique moderne, 112. 
Pôschl (Arnold). Bischofsgut und 
Mensa episcopalis, 336. 

Pottier (Edmond).— Discours aux 
obsèques : de M. d’Arbois de 
Jubainville, 204; de M. Delisle, 
447. 

* Poupardin (René), membre ad¬ 

joint de la Commission de pu¬ 


blication de la Société de 
l’Ecole des chartes, 201 ; secré¬ 
taire de l'Ecole des chartes, 
202; officier de l'Instruction 
ublique, 202. — Compte ren- 


S um 

u : 


>P< 

syllabique 


Tachygraphie 
italienne, 465. 

‘Poux (Joseph), La châsse de 
Saint-Gimer, 358; La cité de 
Carcassonne à la fin du xv® s., 
358; Nouvelles recherches sur 
l'itinéraire du Prince Noir à 
travers les pays de l’Aude 
(29 octobre-16 novembre 4355), 
358; Les salaires agricoles à 
Bouilhonnac (Aude) en 1511- 
1512, 358. 

Prévost (G.-A.), Armorial géné¬ 
ral de France (édit de novem¬ 
bre 1696), généralité de Rouen, 
617. 

‘Prévost (Michel), bibliothécaire 
à la Bibliothèque nationale, 

441. 

Prince Noir (Itinéraire du) à tra¬ 
vers les pays de l’Aude (25 oc¬ 
tobre-16 novembre 1355), 358. 

‘Prinet (Max), chargé d’un cours 
libre d’héraldique et de sigil¬ 
lographie i l’École des chartes, 
697; officier de l’Instruction 

« e, 202 ; Les armoi- 
irtelées des conjoints 
d’après les sceaux français, 
366. — Comptes rendus : The 
Aragonese double crown and 
the Borja or Borgia device, 
620; Armoiries et familles 
nobles de la Bresse louhan- 
naise : armoiries ouvrières, 
armoiries particulières et de 
familles, 619 ; Armorial géné¬ 
ral de France (édit de no¬ 
vembre 1697), généralité de 
Rouen, 617; le Bourg-Saint- 
Andéol, 354; Chartres. Notes 
héraldiques et généalogiques, 
345. 

Priscillien et le priscillianisme, 
332. 

Procession de la ville de Valen¬ 
ciennes (1653), 108. 

‘Prost (Henry), sous-archiviste- 
adjoint aux archives de la 
Seine, 202. — Compte rendu : 
la Littérature française à la 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 



739 


TABLB ALPHABETIQUE. 


cour des ducs de Bourgogne, 
367. 

•Prou (Maurice), membre de la 
Commission de la collection 
des • Mémoires et documents » 
de la Société de l’Ecole des 
chartes, 201; membre ordi¬ 
naire de l’Académie des ins¬ 
criptions et belles-lettres, 202, 
723. — Leçon d'ouverture du 
cours de diplomatique à l’Eco¬ 
le des chartes (extraits), 706. 

Prudence (Commentaire ano¬ 
nyme sur), 602. 

* Prudhomme (Auguste), repré¬ 

sentant élu du corps des ar¬ 
chivistes près la Commission 
supérieure des Archives, 697. 

Quentin (Vie de saint), par Huon 
Le Roi de Cambrai, 93. 

•Quicherat (Jules) et les change¬ 
ments de noms des rues de 
Paris, 238. 

* Rastoul (Amand). — Notice né¬ 

crologique sur Henri de Roux, 
705. 


Reclus (Onésime), Atlas pitto¬ 
resque de la France, 480. 

•Régné (Jean), archiviste dépar¬ 
temental de l'Ardèche, 698. 

Reims (Etude sur quelques sta¬ 
tues du grand portail de la 
cathédrale de), 623. 

René (Le P.), de Nantes, L'indul¬ 
gence de la Portioncule et la 
critique moderne, 112. 

Rennes. Ecole régionale des 
beaux-arts, personnel, 202. 

Révolution française. Documents 
inédits publiés par le Minis¬ 
tère de l'instruction publique, 
139. 


Rieder (Karl), Conseils prati- 

3 ues relatifs à la photographie 
es manuscrits, 477. 

Rigaud (Odon). Voir Odon Ri- 
gaud. 

* Ritter (Georges), bibliothécaire- 
adjoint de la ville de Rouen, 
203 ; chargé d’un cours de pa¬ 
léographie du moyen âge à 
l’Ecole des lettres et sciences 
de Rouen, 698. 

Robert, (Daniel-Gaston), élève 
de l’École des chartes, 695. 
Robert (Gaston), Les écoles et 


l’enseignement de la théologie 
pendant la première moitié 
au xn« s., 609. 

Robert le Pieux. Diplôme pour 
l’abbaye de Saint-Bénigne de 
Dijon, 603. 

Robert Courte-Heuse, duc de 
Normandie. Lettre à lui adres¬ 
sée par Pascal II, 465. 

Rocamadour (N.-D. de). Miracles 
au xn e s., 611. 

Rôle gascon d'Edouard I er re¬ 
trouvé, 219. 

•Romier (Lucien), membre de 
l'Ecole française de Rome, 
697. — La carrière d’un favori : 
Jacques d’Albon de Saint- 
André, maréchal de France 
(1512-1562), 113. — Lettres de 
Giovanni Dalmatio au cardi¬ 
nal Farnèse (1558-1559), 311. 
— Comptes rendus : l’Episto- 
lario del cardinale Christoforo 
Madruzzo presso l'Archivio di 
stato di Innsbruck, 379; Kanz- 
leiordnungen Maximilians I, 
Karls V u. Ferdinand I, 377; 
Lettres de Catherine de Médi- 
cis, t. X, 613; Recueil des 
lettres de l’empereur Charles- 
Quint conservées dans les ar¬ 
chives du palais de Monaco, 
612. 

Rouen. Archevêque, voir Odon 
Rigaud. — Bibliothèque, per¬ 
sonnel, 203. — Ecole des let¬ 
tres et sciences, personnel, 698. 

Rouleau mortuaire de Marie, 
abbesse de la Trinité de Caen 
(1404), 49. 

•Roux (Henri de), officier de l'Ins¬ 
truction publique, 202; notice 
nécrologique, 705. 

Rovère (J.-S.), membre du Con¬ 
seil des Anciens. Lettres à son 
frère Siméon-Stylite, 636. 

•Ruinaut (Joseph), Bibliothécaire 
de la ville ae Pau, 203 ; atta¬ 
ché à la bibliothèque historique 
de la ville de Paris, 698. 

Saint-Gimer (La châsse de), 358. 

Saint - Philibert - de - Grandlieu. 
Eglise, 359. 

Saint-Valéry, de la Ligue à la 
Révolution (1589-1789), 637. 

Salembier (L.), Les œuvres fran- 




Digitized by 



Original from 

UNIVERSITYOF MICHIGAN 


740 TABLE ALPHABETIQUE. 


çaises du cardinal Pierre 
d’Ailly, évoque de Cambrai 
(1350-1420), 97. 

Samanek ( Vincenz), Kronrat und 
Reichsherrschaft im 13. u. 
14. Jahrh., 629. 

Sanctuarium, seu vitae sancto- 
rum, 371. 

Sant Vicents (Seigneurs de), 381. 

Sartor (M me ), La cathédrale de 
Reims. Etudes sur quelques 
statues du grand portail, 623. 

* Saulnier (Eugène). Une pré¬ 
tendue dispense du mariage 
de llenri ue Bourbon et ae 
Marguerite de France (1572), 
305. 

‘Sauvage (René), archiviste-ad¬ 
joint du Calvados, 442. — 
Rouleau mortuaire de Marie, 
abbesse de la Trinité de Caen 
(1404), 49. — Compte rendu : 
Catalogue des ouvrages nor¬ 
mands de la bibliothèque mu¬ 
nicipale. de Caen. I : la Nor¬ 
mandie considérée dans son 
ensemble, 648. 

Sceaux français (Les armoiries 
écarteléesdes conjoints d’après 
les), 366. 

Schiaparelli (L.), Tachigrafia sil- 
labica nelle carte italiane, 465. 

‘Schmidt (Charles), membre de 
la Commission de recherches 
sur l’histoire économique dans 
les territoires qui ont fait 
autrefois partie de la France, 
697. 

Segarizzi (A.), Catalogo dei co- 
clici Marciani italiani, vol. I, 
649. 

Seine. Archives, personnel, 202. 

Sénat, personnel, 442. 

Sénéchaussée d’Aix. Conflit avec 
le parlement Maupeou, 132. 

Seoane y Ferrer (D. Ramon), 
Navegantes Guipuzcoanos, 
381. 

‘Sepet (Marius), Louis XVI, étu¬ 
de historique, 343. — Notice 
nécrologique sur Barthélemy 
Terrât, 699. — Sur Jeanne 
d’Arc, 222. — Compte rendu : 
Une relique nationale. La 
maison de Jeanne d’Arc à Or¬ 
léans, 106. 


‘Servois (Gustave). — Compte 
rendu : les Miracles de N.-D. 
de Rocamadour au xm* s., 611. 

Sèvres. Bibliothèque de la ma¬ 
nufacture nationale, person¬ 
nel, 698. 

Société de l’École des chartes, 
bureau et commissions, 201. 

Société française de reproduc¬ 
tions de manuscrits a pein¬ 
tures, 720. 

Soderhjelm (Werner), La vie de 
saint Quentin par Huon Le Roi 
de Cambrai, 93. 

* Stein (Henri), membre ordinaire 

de la Commission de publica¬ 
tion de la Société de l’Ecole 
des chartes, 201 ; Bibliographie 
générale des cartulaires fran¬ 
çais ou relatifs à l’histoire de 
France, 92; Inventaire analy¬ 
tique des ordonnances enre¬ 
gistrées au Parlement de Pa¬ 
ris jusqu’à lamort de LouisXII, 
123. 

* Tardif (Joseph). — Notice nécro¬ 

logique sur M. Demante, 215. 

Tarn-et-Garonne. Archives, per¬ 
sonnel, 442. 

‘Tempier (Dauphin), notice né¬ 
crologique, 464. 

‘Terrât (Barthélemy), notice né¬ 
crologique, 699. 

Théologie. Énseignement pen¬ 
dant la première moitié du 
xii® s., 609.— Faculté de Pa¬ 
ris, 630. 

‘Thomas (Antoine), membre de 
la Commission de l’histoire lit¬ 
téraire de la France, 696. 

‘Tissier (Jean), Table du Journal 
des savants, 478. 

Tours (Un manuscrit de Saint- 
Martin de), 469. 

Traite de Philippe le Bel, 129. 

‘Travers (Emile). — Discours 
aux obsèques de M. Delisle,457. 

Tritenheim. — Voir Jean de 
Tritenheim. 

‘Tmdon des Ormes (Amédée).— 
Compte rendu : la Faculté de 
théologie de Paris et ses doc¬ 
teurs Tes plus célèbres. Epo¬ 
que moderne. T. VI : xvm e s. 
Phases historiques, 630. 

‘Tuetey (Alexandre). — Discours 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 741 


aux obsèques de M. Chatel, 
217. 

Tunis. Bibliothèque française, 
personnel, 698. 

Tunisie (Rapport sur des ins¬ 
criptions latines découvertes 
en) de 1900 à 1905, 641. 

Turenne. Mémoires, 615. 

Universités. — Voir Aix, Bor¬ 
deaux, Lille, Lyon, Paris. 

Uzureau (F.), Anaegaviana, 137. 

‘Vaësen (Joseph), Lettres de 
Louis XI, 341. 

Valenciennes. Bibliothèque. Ma¬ 
nuscrit 413, 602. — Proces¬ 
sion en 1653, 108. 

Valéry (Jules), Une traite de 
Philippe le Bel. Contribution 
à l’histoire de la lettre de 
change, 129. 

* Valois (Noël), membre ordinaire 
de la Commission de publica¬ 
tion de la Société de l’Ecole 
des chartes, 201 ; membre de 
la Commission de la collection 
des « Mémoires et documents » 
de la Société de l’Ecole des 
chartes, 201 ; membre du Con¬ 
seil de perfectionnement de 
l’Ecole aes chartes, 441. — 
Rapport sur le concours des 
Antiquités nationales (extrait), 
699. 

Van de Put (Albert), The Ara- 
gonese double crown and the 
Borja or Borgia device, 620. 

Van der Essen (L.), Les sources 
de l’histoire nationale conser¬ 
vées à l’étranger dans les ar¬ 
chives privées, 377. 

Venise. Bibliothèque nationale 
de Saint-Marc, 649. 

Verdun. Cathédrale, 363. 

Vésone. Fouilles, 640. 

‘Veyrier du Muraud (Paul), no¬ 
tice nécrologique, 219. 

‘Viard (Jules). Voyage de Phi¬ 
lippe VI de Valois dans le 
midi de la France, 39. — 
Comptes rendus : Créteil 
(Seine), premiers monuments 


de son histoire, 126; Lettres 
de Jean XXII (1316-1334), 111. 

Viard (Paul), Histoire de la dîme 
ecclésiastique principalement 
en France jusqu’au Décret de 
Gratien, 117. 

‘Vidier (Alexandre), conserva¬ 
teur-adjoint au département 
des Imprimés de la Bibliothè¬ 
que nationale, 697. — Le nou¬ 
veau Bulletin mensuel du dé¬ 
partement des Imprimés de la 
Bibliothèque nationale, 471.— 
Compte rendu : Collection de 
documents inédits sur l’his¬ 
toire économique de la Révo¬ 
lution française, 139. 

‘Villepelet (Robert). — Compte 
rendu : Fouilles de Vésone; 
compte rendu de 1908, 640. 

Villers-en-Brabant. Abbaye aux 
xii« et xiii* s., 110. 

Vincennes. Château historique, 
625. 

‘Viollet (Paul), .président de la 
Société de l’Ecole des chartes, 
201 ; bibliothécaire en chef de 
1™ classe à la bibliothèque de 
l’Université de Paris, 442. — 
Discours aux obsèques : de 
L. Delisle, 453; de Barthéle¬ 
my Terrât, 700. — Notice né¬ 
crologique sur l’abbé Paul Vey¬ 
rier du Muraud, 219. 

Vogt (Albert), Basile I er , empe¬ 
reur de Byzance (867-886) et 
la civilisation byzantine à la 
fin du ix e s., 338; Dictionnaire 
d’histoire et de géographie 
ecclésiastiques, 370. 

Virebayre (Pierre), élève de l’E¬ 
cole des chartes, 695. 

Walther (Andréas), Kanzlei- 
ordnungen Maximilians I., 
Karls V. u. Ferdinands I., 377. 

Werminghoff (Albert), Monu- 
menta Germaniae historica, 
concilia, 335. 

Weyhmann (Alf.), Histoire de 
l’ancienne industrie du fer en 
Lorraine, 351. 

Bon à tirer, 31 janvier 1911. 


Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daupblby-Goüvbrnbdr. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 


Digitized by 



Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 



3* BV. 


BIBLIOTHÈQUE 


0C1 £ 


DE L’ÉCOLE 


DES CHARTES 


REVUE D'ÉRUDITION 


CONSACRÉE SPÉCIALEMENT A LETUDE DU MOYEN AGE. 


LXXI. 


TROISIEME ET QUATRIEME LIVRAISONS. 


Mal-Août 1910. 


PARIS 

LIBRAIRIE ALPHONSE PICARD ET FILS 

RUE BONAPARTE, 82 

1910 


La Bibliothèque de l'Ecole des chartes paraît tous les deux mois, 
par livraisons de six à huit feuilles, et forme tous les ans un 
volume grand in-S° d’environ quarante feuilles. 

Abonnement, annuel, pour.l’aris, 10 fr. — Départements, 12 fr. — 

Etranger, 15 fr. 


Digitized by Google 


Original from 

UNIVERSITY OF MICHIGAN 




Pag«» 


TROISIEME ET QUATRIEME LIVRAISONS. 


TABLE DES MATIERES. 


I. Les origines du monastère de Nouaillé, par L. Levil- 


241 


LA IN 


II. L ancien manuscrit de Saint-Hilaire, n°483 delà biblio¬ 
thèque de l’Arsenal, par L. Delisle .299 

III. Une prétendue dispense du mariage de Henri de Bour¬ 
bon et de Marguerite de France, en août 1572, par 


Eugène Saulnier 


305 


IV. Lettres de Giovanni Dalmatio au cardinal Farnèse 

1558-1559], par Lucien Romier. 311 

V. Bibliographie. 

E.-Ch. Bahut, Priscillien et le priscillianisme (A. 
Lesort), 332. — Albcrtus Wehminghoff, Monumenta 
Germauiae historica. Legum sectio III. Concilia. To- 
mus II : Concilia aevi Karolini (P. Loti, 335. — D r Arnold 
Poschl, Bischofsgut und Mensa episcopalis; abbé E. 
Lesne, L’origine des mensesdans le temporel des églises 
et des monastères de France au IX e siècle; In., La pro¬ 
priété ecclésiastique en France aux époques romaine et 
mérovingienne (Id.), 330. — Albert Vogt, Basile I er , 
empereur de Byzance (807-886), et la civilisation byzan¬ 
tine à la lin du ix® siècle (F. Chalandon), 338. — 

J. Vaësen et B. de Mandrot. Lettres de Louis XI..., 
t. X et XI (P. Bernus), 341. — Marias Sepet, 

Louis XVI, étude historique (E.-G. L.), 343. — Comte 
d’Armancourt, Chartres. Notes héraldiques et généalo¬ 
giques (M Prinet),’ 345. — Em. Duvbrnoy, Les cor¬ 
porations ouvrières dans les duchés de Lorraine et de 


Bar au xiv® et au xv* siècle (G. Espinas), 340. — D r Alf. 
Weyhmann, Histoire de l'ancienne industrie du fer 
eu Lorraine (Id.), 351. — Henri Courteault, Le Bourg- 
Saint-Audéol (M. Prinet), 354. — Henry Mûris, L’ab¬ 
baye de Lérins : histoire et monuments ÏL. M ), 356. — 
Georges Mathieu, Courte chronique écrite à Aven (Cor¬ 
rèze), 1560-1585 (A. L.), 357. — Joseph Poux, I.a cité de 
Carcassonne à la fin du xv e siècle; Id., La châsse de Saint- 
Gimer; Id., Les salaires agricoles à Bouilhonnac (Aude) 
eu 1511-1512; Id. et Henry Mullot, Nouvelles recherches 
sur l’itinéraire du Prince Noir à travers les pays de l'Aude 
(29 octobre- 16 novembre 1355) (L. M.), 358. — R. de Las- 
teyrie, L'église de Saiut-Philbert-de-Grandlieu (Loire- 
Inférieure) (L. Maître), 359. — Abbé Ch. Aimont, La 
cathédrale de Verdun. Etude historique et archéolo¬ 
gique (A. Lesort), 363. — Max Prinet, Les Armoiries 
écartelées des conjoints d’après les sceaux français (A. 
Coulon), 366. — Georges Doutrepont, La littérature 
française à la cour des ducs de Bourgogne : Philippe le 
Hardi, Jean sans Peur, Philippe le Bon, Charles le 
Téméraire (H. Prostl, 367. — Mgr Alf. Baudrillart, 
Alf. Vogt et Urb. Rouziès, Dictionnaire d’histoire 
et de géographie ecclésiastiques. Fasc. I : Aachs-Achot 
iA. Lesort), 370. — Boninus Mombritius, Sanctua- 
rium, seu vitae sanctorum (H. O.), 371. — P. Nicolas 
Dal-Gal, O. F. M., Saint Antoine de Padoue, thauma¬ 
turge franciscain (1195-1231); Hilaire de Barenton, 
L Action sociale de François d’Assise (H. L.), 372. — 
André Pidoux, « Les Saints ». Sainte Colette (1381-1447) 
iH. Moranvilléi. 373. — E. E. C. Gomme, The Anglo- 
Saxon chrouicle (F. Lot), 373. — John Leland, The iti* 
nerary of John Leland in or about the years, 1535-1543 
iH. O.), 374. — Godefroy Kurth, La cité de Liège au 
moyen âge (A. d’Herbômezl, 375. — A. CAUCHIB et 
L. van der Essen, Les sources de l’histoire nationale 
conservées à l’étranger dans les archives privées (Id.), 377. 


UNIVERÎ 





by Google 















Librairie Alphonse PICARD et Fils, rue Bonaparte, 82, Paris. 


VIENNENT DE PARAITRE : 

DÉCHELETTE (Joseph). Manuel d’archéologie préhistorique, celtique 
et gallo-romaine. T. II, l re partie: Aye du bronze. 4* vol. in-8°, 512 p., 
212 fig., 5 pl., carte hors texte . . 15 fr. Rel. toile.17 fr. 

Appendices au t. II : I. Liste bibliographique des dépôts de l’âge du 
bronze en France. II. Inventaire des moules de l'âge du bronze 
découverts en France. III. Inventaire des épées et poignards 
de fer de l’époque de Ilallstatt découverts en France. 1 vol. in-8°, 
191 p. . . 5 fr. Rel. toile.. . . 7 fr. 

DIEHL (Ch.), membre de l'Institut, professeur à la Faculté des lettres de 
l’Université de Paris. Manuel d’art byzantin. I vol. in-8°, xi-837 p. 
et 420 grav., br. . . 15 fr. Rel. toile.17 fr. 

PROU (M.), membre de l'Institut. Manuel de paléographie latine et fran¬ 
çaise, 3 e édition entièrement remaniée. 1 vol. in-8°, 509 p., et 1 album de 

24 pl. fac-similé, en 1 carton in-4°, br. .15 fr. Rel. toile . . 17 fr. 

EUSÈBE. Histoire ecclésiastique. Livres V-VIII : Marc-Aurèle—Dioclé¬ 
tien. Texte grec et traductiou française, par E. Grapin. 1 vol. in-12, 
561 p.5 fr . J 

BATIFFOL (Mgr). Histoire du Bréviaire romain. 3 e édition refondue. 

1 vol. in-12.3 fr. 50 

DENIFLE, H. O. P. Luther et le luthéranisme. Étude faite d’après les 

sources. Traduit de l'allemand, avec préface et notes, par J. Paquier, 
docteur ès lettres. T. I. 1 vol. in-12.3 fr. 50 

DELAVILLE LE ROULX (J.). Mélanges sur l’Ordre de Jérusalem. 

1 vol. in-4°.15 fr. 

Réunion de dix-huit mémoires, avec un erratum général et une table 
onomastique générale. b •' 

R. P. MORTIER, O. P. Histoire des maîtres généraux de l’Ordre des 
Frères Prêcheurs. T. V. : lkHl-1559. 1 vol. in-8°, 674 p. ... 10 fr. 

DELACHENAL (R.). Histoire de Charles V. T. I et II : 1338-136'4. 2 vol. 

in-8°, br., pl... . 20 fr. 

Ouvrage auquel l’Académie des inscriptions et belles-lettres a 
accordé le premier prix Gobert. 

, 9 

MICHEL (Robert), membre de l’Ecole française de Rome. L’administra¬ 
tion royale dans la sénéchaussée de Beaucaire au temps de saint 
Louis. 1 vol. in-8°, 1 carte.15 fr. 

Ouvrage auquel l’Académie des inscriptions et belles-lettres a 
accordé le second prix Gobert. • • • ' i*'. : 

THOMAS (Abbé), curé doyen de Notre-Dame de Dijon. Le Concordat de 
1516, ses origines, son histoire au XVI e siècle. I. Les origines du 

Concordat de 1.516. II. Les documents concordataires. III. Histoire 
du Concordat de 1516 au XVI e siècle. 3 vol. in-8°.22 fr. 50 

MOLINIER (J.-IL). Mellin de Saint-Gelays. Étude sur sa vie, sur 

ses œuvres (l'i90-1558i. 1 vol. in-8°.7 fr. 50 

— Essai bibliographique et littéraire sur Octovien de Saint-Gelays. 
évêque d’Angoulême (1469-1502). 1 vol. in-8° . .4 fr. 

BRY (M.-J.). Les vigueries de Provence. Aperçu de leur histoire jus¬ 
qu’à la fin du XVI* siècle; leur organisation et leur rôle au XVII* et 
au XVIII e siècle. 1 vol. in-8°, carte.10 fr. 

LIBERSAT (J.). La justice criminelle du magistrat de Boulogne-sur- 
Mer, de 1670 à 1790. 1 vol. in-8°.5 fr. 

BORRELLI DE SERRES (Colonel). Recherches sur divers services 
publics du XIII e au XVII e siècle. T. III : Notices relatives au XIV e 

• et au XV e siècle. 1 vol. in-8°.10 fr. 

Le gérant : A. Picard. 


Nogent-le-Rotrou, imprimerie Daüpeley-Gouvebsbur. 


Diqitized b 




Go gle 


















Delisle, Instructions élémentaires et techniques pour 
la mise et le maintien eu ordre des livres d'une biblio¬ 
thèque; Id., Instructions pour la rédaction d'un cata¬ 
logue de manuscrits et. pour la rédaction d’un inventaire 
des incunables conservés dans les bibliothèques publiques 
de France (H. O.), 647. — G. La valley, Catalogue des 
ouvrages normands de la bibliothèque municipale de 
Caen. I : la Normandie considérée dans son ensemble 
(R.-N. Sauvage), 648. — Carlo Fratj, A. Segarizzi, 
Catalogo dei codici marciani italiani, a cura délia dire- 
zione délia R. Riblioteca nazionale di S. Marco in Vene- 
zia (L. Auvray), 649. — A. G. Little, Tractatus 
Fr. Thomae, vulgo dicti de Eccleston, de adventu Fra- 
trurn Minorum in Angliam (Ch. Petit-Dutaillisi, 650. 
— Eugène Déprez, Etude de diplomatique anglaise, de 
l’avènement d’Edouard I er à celui de Henri VII. Le sceau 

Ê rivé, le sceau secret, le signet (Id.), 651. — Ch. de La 
LOXCJère, Un atlas inconnu de la dernière expédition 
de Drake (E. Clouzot), 652. — Henry COCHIN, Dante 
Alighieri, Vita nova (P. Durrieu), 653. 

Livres nouveaux, 654. 

V. Chronique et Mélanges, 695. 

* * _ __ 

Ecole des chartes et Société de l'Ecole des chartes, 695. 
— Nécrologie : Barthélemy Terrât (M. Sepet et P. Viol- 
let), 699; Pierre Aubrv iE. Dacier), 701 ; Henri de Roux 
(A. Rastoul), 705; Henri Dupont, 706. — L’Ecole des 
chartes et l’histoire, 706. — L’Académie des inscriptions 
et les archivistes paléographes, 709. — Date d’une minia¬ 
ture d un manuscrit de Charles V i R. Delachenal>,711- — 
Note cryptographique dans un manuscrit de Jean de Tri- 
tenheim, 712. — Additions de M. L. Delisle à son exem¬ 
plaire des Etudes sur la classe, agricole en Normandie , 
713. — La nouvelle Société paléographique de Londres, 
719. — Société française de reproductions de manuscrits 
à peintures. 720. 

Table des matières, 723. 

VI. Table alphabétique, 724. 


LES LIVRAISONS PRÉCÉDENTES CONTENAIENT 
bàfîZl. ‘ ' • * LES ARTICLES SUIVANTS : 

La frontière de la France et de l’Empire sur le cours inférieur de 
l'Escaut, du ix° au xn° siècle, par Ferdinand Lot. — Note sur un 
manuscrit de la bibliothèque de Charles V, par 1t. Delachenal. — 
Un préteudu voyage de Philippe VI de Valois dans le midi de la 
France eu 1349, par Jules Viard. — Rouleau mortuaire de Marie, 
abbesse de la Trinité de Caen (f 1404), par 1t.-N. Sauvage. — Décou¬ 
verte de deux importants manuscrits de la « Librairie » des -ducs de 
Bourgogne, par le comte Paul Dt JRHIBU. — Les origines du monas¬ 
tère de Nouaillé, par L. Levillain. — L'ancien manuscrit de Saint- 
Hilaire, n° 483 de la bibliothèque de l’Arsenal, par L. Delisle. — 
Une prétendue dispense du mariage de Henri de Bourbon et de Mar¬ 
guerite de France, en août 1572, par Eugène Saulnier. — Lettres de 
Giovanni Dalmatio au cardinal Farnese (1558-1559), par Lucien 
Romier. 


La Bibliothèque de l'École des chartes , paraissant tous 
les deux mois, par livraison de six à huit feuilles, forme, chaque 
année, un volume grand in-8 u d’environ quarante feuilles. 

Le prix de l’abonnement est de 10 fr. par an pour Paris, 
12 fr. pour les départements, et 15 fr. pour l'étranger. 


Adresser les réclamations ou autres envois francs de port. 












































» 


UNTÆRSTTV OF MK>*GAN 


i 

\\ 3 9015 03944 5286 


I 

te 

f, 


R.--,. 




Corn 


merc!al Micro fûrm 


1998 


♦